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Vous allez percevoir un salaire pour rester chez vous à observer la conquête des étoiles !

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La colonisation de Mars et le Revenu universel

Par Dominique MuseletMondialisation.ca, 22 février 2021Région : L’EuropeThème: ÉconomiePauvreté et inégalités socialesScience et médecineAnalyses: COVID-19

« En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ! », proclamaient fièrement nos élites cupides et traitresses, (autrefois on disait compradores), au moment où le pétrodollar a remplacé le dollar-or, nous mettant complètement à la merci des Etats-Unis.

Macron, et les cabinets de conseil étasuniens grassement rémunérés avec notre argent, nous le prouvent à chaque minute depuis un an. Leur délire répressif est sans limite : confinement, attestations, couvre-feu, fermeture des restaurants, des cinémas et de tout ce qui fait la vie sociale, déluge de recommandations, d’interdictions et d’obligations aussi humiliantes que contradictoires et variées, tout cela assorti d’une vraie maltraitance des plus faibles, notamment des seniors et des enfants, et assaisonné d’amendes, en veux-tu en voilà… 

Et pour que nous ne nous apercevions pas que le virus, « l’ennemi invisible », n’était pas si dangereux qu’ON nous l’a fait croire et ne justifiait nullement la destruction de secteurs entiers de notre économie, ni l’assignation à résidence de toute la population, ni aucune des mesures punitives qui nous ont été imposées – et sans doute aussi pour détourner notre attention de leurs magouilles – , voilà qu’ON nous désigne une flopée de nouveaux « ennemis intérieurs » : la France insoumise et les universitaires coupables d’islamo-gauchisme, le groupuscule anti-migrants Génération identitaire que personne ne connaissait avant que les médias et le gouvernement ne leur fasse de la publicité, et last but not least« les musulmans-pas-d’amalgame» à travers « le projet de loi confortant les principes républicains ». C’est quoi, au fait, les principes républicains ?

Résultat des courses, nous voilà enfermés chez nous, assiégés par la police et toute une panoplie d’ennemis visibles ou invisibles, sans aucune vie sociale, ni distractions, à part regarder à la TV les gesticulations des clowns tyranniques et capricieux qui s’arrogent sur nous un pouvoir de vie et de mort que même certains de leurs robots de l’Assemblée nationale dénoncent. Une situation d’autant plus frustrante que les Suédois, les Vietnamiens, les Madrilènes, les Monégasques, le Russes, et finalement la plus grande partie du monde, a le droit de vivre normalement.. 

Alors, comme ON s’est tout de même rendu compte que nous allions craquer, ON a décidé de nous donner un peu d’espoir… Pas en ouvrant la porte de notre prison, non, ce serait déraisonnable, ni même en nous promettant quelque allègement de peine, ce serait imprudent. Non, les génies que nous payons à prix d’or pour penser à notre place, ont eu de meilleures idées.

Emigrer sur Mars 

L’expédition du rover Perseverance a remplacé pendant deux jours des spéculations d’experts plus ou moins vendus sur le prochain confinement, le prochain vaccin ou les prochaines brimades. Des experts qui, comme les Pharisiens de l’Evangile, imposent aux autres des fardeaux que, eux, ne portent pas.

NASA Perseverance Rover Lands on Mars. Source : Flickr.com

Tout heureux, donc, d’échapper aux médecins de Molière qui nous saignent aux quatre veines du matin au soir, nous avons laissé notre cœur battre au rythme de l’atterrissage de Perseverance. Tous unis dans la joie et la fierté de maîtriser les technologies du futur, à défaut de l’épidémie, nous avons lancé un cocorico en apprenant que l’« œil » laser du rover Perseverance était français ! 

Et quel soulagement de se dire qu’un jour, après avoir tout détruit sur terre, nous pourrions tranquillement nous réfugier sur Mars… ou sur la lune, puisque la Chine a posé, en 2016, la première brique d’une grande station spatiale, Tiangong-3, qui devrait être habitée à l’horizon 2022. 

Seulement, comment survivre en attendant de contempler la terre dévastée depuis la lune ou Mars, quand toute la richesse et le pouvoir sont accaparés par une petite caste de milliardaires ? La santé insolente de la Bourse, sur fond d’Etat d’urgence à durée indéterminée et de destruction d’une grande partie de notre économie – notamment des indépendants -, a eu raison de nos dernières illusions sur notre démocratie et notre président. Comme dit Gaël Giraud, du moment que la Bourse va bien, Macron se fiche bien du reste, des morts, des vivants, des Français et de la France. 

Dans le futur proche, ce qui nous attend c’est le sort des Grecs, car il faudra rembourser la dette, nous diront Macron, ses sosies et ses sbires. Les medias ne nous en parlent jamais, mais les chiffres sont éloquents. En plus du dépeçage de tous les biens publics de la Grèce, le plan d’austérité a entraîné « une hausse de 190 % du chômage, de 44 % des suicides et de 42 % de la mortalité infantile », selon Thomas Porchet

« Depuis le début de la crise grecque, ajoute un rapport de 2015 de l’institut Hans Böcklerles impôts ont augmenté de 337 % pour les plus pauvres contre seulement 9 % pour les plus riches, et les 10 % les plus pauvres ont perdu en moyenne 86 % de leurs revenus, contre 17 à 20 % pour les 30 % les plus riches ».

Inutile de préciser que les Grecs ne peuvent plus se soigner, ni se chauffer, ni se nourrir. Cerise sur le gâteau, loin de faire baisser la dette, toutes ces « réformes » l’ont fait croitre de 36% ! Pour aboutir à ce glorieux résultat, il a suffi que l’Allemagne ordonne à la Banque centrale européenne (BCE) de cesser d’alimenter la Grèce en billets de banque. Privés de monnaie, les dirigeants grecs ont dû céder. Le peuple grec a eu beau se révolter, ça n’a rien changé.

Et dans un futur plus lointain, comme on ne pourra toujours pas partir en masse à la conquête de Mars ou de la lune, les milliardaires concocteront peut-être une guerre entre l’Occident, la Chine, la Russie ou l’Iran. Cela leur permettrait de se débarrasser, en même temps, d’une dette devenue irremboursable et d’un grand nombre de bouches inutiles, de bras improductifs et de consommateurs impécunieux, tout en continuant de s’enrichir.

La France, l’Italie et l’Espagne, les trois pays que les pays du nord de l’UE ont dans le collimateur, sont plus gros que la Grèce. Il ne sera pas possible de leur faire subir le même sort uniquement par la force et l’intimidation. Les technocrates infaillibles qui nous guident depuis les palais de la République se sont mis à cogiter. Cette fois c’est cette vieille fripouille libérale de Milton Friedman qui vient à leur rescousse, même si sa proposition d’impôt sur le revenu négatif n’a pas grand-chose à voir avec le Revenu universel.

Il n’est absolument pas question de recycler de vieilles molécules pour sauver la vie des Français, mais si de vieilles idées peuvent aider les riches à dépouiller les pauvres, ON ne va pas cracher dessus.

Distribuer un revenu universel

Revoilà donc le Revenu universel, revenu de base, revenu minimum garanti, allocation universelle, (toutes ces appellations recoupant l’idée que chacun a « droit » à vie à un revenu minimum d’existence), mais cette fois en fanfare, car la situation est grave.

Frédéric Taddei y consacre une émission : Pour ou contre le revenu de base ? et le site économique Xerfi-canal un article : Revenu universel ou hausse des salaires ?

Pour ou contre le revenu de base ?

Daniel Zamora, le seul qui ne soit pas pour le Revenu de base (RdB), s’est révélé le plus intéressant des invités de Taddei. Il est professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles et il travaille sur les conceptualisations de la pauvreté au XXe siècle, sur les inégalités et sur l’histoire moderne des idées. Il est clair qu’il a réfléchi à la question. C’est toujours rafraîchissant et stimulant, étant donné que la plupart des gens ne font que répéter des phrases toutes faîtes. Il avait deux objections principales au RdB : 

La première c’est qu’il permet d’ignorer la question des inégalités et qu’il risque même de les creuser. En effet, non seulement les propriétaires capitalistes, déjà gavés d’argent public, vont toucher un RdB dont ils n’ont nul besoin, mais ON va en profiter pour supprimer les autres aides.

La seconde, c’est qu’il met de côté la question des services publics, des services non marchands, de la gratuité, bref de tout ce qui permet aux plus pauvres de vivre à peu près dignement. Selon Zamora, c’est plutôt là qu’il faudrait mettre de l’argent.

J’ajouterais que le RdB sera financé par l’impôt à la différence de la Sécurité sociale qui est financée par la cotisation sociale. La cotisation sociale est fléchée, c’est à dire qu’ON ne peut pas tout à coup décider que l’argent qui devait aller à la santé ira plutôt dans la poche des milliardaires, raison pour laquelle ON supprime progressivement la cotisation sociale pour la remplacer par l’impôt (CSG, CRDS). D’autre part, ON va profiter du RDB pour éradiquer, en plus de la pauvreté, « tout ce maquis de système d’allocations, d’aides sociales et (…) toutes ces administrations qui les gèrent, qui les contrôlent » comme disait Frédéric Lefebvre qui proposait déjà un RdB en novembre 2015. 

Pour lui et pour tous les libéraux, les 500 à 1000€ remplaceront les autres aides. Certes, cela simplifiera les procédures, mais cette simplification, cette visibilité, permettra aux employeurs capitalistes de réduire les salaires au motif que les salariés touchent directement une partie de leur salaire de l’Etat . Ce sera en fin de compte une nouvelle subvention déguisée aux entreprises. C’est plutôt au maquis des subventions au Capital qu’ON devrait s’attaquer, mais ça n’est pas demain la veille… 

La liste des expérimentations du Revenu universel est impressionnante. Il y en a eu dans près de 40 pays du monde. Les résultats ont presque toujours été satisfaisants en termes de pouvoir d’achat, évidemment, mais aussi en termes d’émancipation. Cependant, c’est, à mon avis, parce que cela ne touchait qu’un petit groupe de gens et donc cela ne permettait pas aux pouvoirs publics ni aux employeurs d’en profiter pour supprimer d’autres sources de revenus. Cela augmentait vraiment les revenus des gens, tandis que le RdB de Macron servira juste à opérer un transfert plus commode de la richesse nationale vers le Capital financiarisé.

Revenu universel ou hausse des salaires ?

Olivier Passet de xerfi-Canal pose une excellente question : 

« Et si le dysfonctionnement principal de nos économies était la panne de la distribution primaire ? Autrement dit, une rétribution biaisée entre le travail et le capital. Si l’argent de dingue de nos systèmes sociaux et l’empilement des déficits publics n’étaient qu’un effet secondaire de cette distorsion ? »

Selon lui, on y est déjà au revenu de base : « la crise sanitaire a fait glisser Macron vers un système de revenu quasi-universel » financé par la dette. 

On le sait, depuis les années 1980, sous l’effet d’un rapport de force en faveur de la Finance, la part de la richesse nationale dédiée aux travailleurs n’a cessé de se réduire au profit de celle des actionnaires internationaux. La consommation, la production, la croissance, bref tout ce qui fait la richesse en régime capitaliste, ont diminué drastiquement et l’Etat et les particuliers se sont endettés pour compenser. La dette privée a atteint 140% du PIB. Elle est encore plus élevée que la dette publique (120% du PIB). 

Cette dette fait l’affaire des banquiers, qui touchent des intérêts et/ou des commissions, et des pouvoirs supra-nationaux qui s’en servent comme d’une épée de Damoclès pour imposer l’austérité et rançonner les populations et les nations avec la complicité de leurs élites compradores, d’autant qu’avec la déflation les intérêts sont devenus négatifs, ce qui n’empêche évidemment pas les banquiers de s’enrichir, mais c’est une autre histoire. 

Tout le monde sait maintenant que, dans certains pays occidentaux comme la France, l’Italie, les Etats-Unis, la dette est si grosse qu’il est devenu impossible de la rembourser. Pour que le système, basé sur un fragile équilibre entre la confiance et le chantage, ne s’effondre pas, les Banques centrales se sont mises en 2015 à « racheter » les dettes nationales, en augmentant leurs bilans (un simple jeu d’écriture qui efface la dette « rachetée »), comme l’explique très bien Anice Lajnef, un ancien trader repenti.

Source de la photo : The Conversation

Olivier Passet préfère la solution de Biden : « Aux USA, Biden augmente le salaire minimum ». Cette politique a le mérite de s’attaquer « à la question de la distribution primaire. Ce qui constitue une rupture avec 45 ans de déclin du pouvoir d’achat du salaire minimum américain. » Le partage de la richesse produite se fait au moment de la répartition primaire, alors que le RdB, payé par l’impôt, est une distribution secondaire qu’on appelle d’ailleurs redistribution. Augmenter les salaires est plus sain et plus juste, car ce n’est pas une simple correction qui porte en elle ses limites et ses effets pervers. C’est un rééquilibrage du rapport de force entre l’employeur et le salarié, qui peut, en redonnant du pouvoir aux salariés, forcer l’appareil productif à se remettre en question et à s’améliorer, selon Passet. 

Moi aussi, je préférerais des hausses de salaire à un revenu de base. Je serais ravie que les entreprises cessent d’être des citrons que des fonds vautours pressent pour en extraire toute la valeur financière avant de les jeter à la poubelle. Je serais enchantée qu’elles (re)deviennent des collectifs de travail où les salariés ont de plus en plus de pouvoir comme dans les trente glorieuses, jusqu’à fonctionner comme des Scops…

Hélas, le MEDEF et Macron ont mille raisons de préférer un RdB, payé par les contribuables, qui ne change rien à l’ordre existant, et qui rend les bénéficiaires dépendants et dociles. 

Donc soyons réalistes et voyons si nous pouvons imaginer un dispositif inclusif qui ne soit pas perçu comme de la charité mais comme un outil d’émancipation et qui ne pourra pas être utilisé pour appauvrir encore davantage la population. Un dispositif qui serait un premier pas vers une sortie du capitalisme, tout en ne menaçant pas immédiatement le système ordo-libéral. La quadrature du cercle ? En fait, non, Frédéric Lutaud a imaginé un tel dispositif, voyez plutôt !

Le Premier niveau de salaire inconditionnel (PNSI)

Parmi les différentes propositions de Revenu universel, le PNSI est, à mon avis, la plus intéressante, car c’est justement davantage un salaire qu’un revenu. Ce serait en fait un salaire socialisé, à hauteur du SMIC, qui serait versé au moment de la répartition primaire, comme la cotisation sociale que l’URSSAF encaisse et qui est immédiatement reversé pour régler les salaires des soignants de l’hôpital, les pensions de retraités, les indemnités chômage ou maladie. De plus le PNSI ne serait pas cumulable avec les revenus existants. Tout le monde le toucherait à partir de 18 ans, sans condition, et il se substituerait à une partie (à hauteur du SMIC, donc) des revenus du travail.

Pourquoi premier niveau de salaire ? Parce que le PNSI se veut une première étape vers le Salaire à vie qui, lui, nécessite la sortie du capitalisme. Cela parait aujourd’hui utopique mais le capitalisme n’a pas toujours existé, ce n’est qu’un moment de l’histoire de l’humanité, et c’est un système si pervers, si destructeur, qu’il faudra bien s’en défaire pour instaurer, – allez, rêvons -, une société sans préteurs, sans actionnaires et sans employeurs.

Dans cette société idéale mais pas utopique, car elle a déjà existé et existe toujours à l’état embryonnaire dans certains pans de l’économie (ceux gérés par la sécu), la propriété lucrative (le droit de tirer profit d’un bien qu’on possède mais qu’on n’utilise pas) sera abandonnée au profit de la propriété d’usage (l’utilisation personnelle ou collective d’un bien personnel ou collectif). 

Les investissements se feront grâce à des subventions, comme on l’a fait pour construire les CHUdans les années 1960. 

La monnaie, au lieu d’être une monnaie-dette qui nous enchaîne comme aujourd’hui, sera une monnaie d’échange, une monnaie fondante (elle perdra de sa valeur chaque mois), pour assurer la prospérité de tous et non la richesse de quelques-uns à travers la spéculation. L’expérience de Wörgl a prouvé que cela marchait au-delà de toute espérance, avant que les banques n’obtiennent qu’il y soit mis fin, car l’usure est leur fonds de commerce.

Et les entreprises seront évidemment autogérées.

Il est vrai que le Système libéral est aujourd’hui si puissant et si complexe qu’il semble incontournable et même invincible. La situation paraît désespérée et nous avons l’impression de nous battre en pure perte. Mais ce colosse a des pieds d’argile comme l’URSS en son temps. On l’a vu avec la gestion du Covid-19 où nous avons manqué de tout, sauf de répression. 

Il ne tient qu’à nous de prendre notre courage à deux mains et de faire mentir Ehrenberg, qui écrivait en 1998 : « Tant d’hommes fatigués ne peuvent qu’imaginer des problèmes futurs auxquels ils n’auront pas le force de réagir ». (Discours de rentrée d’un enseignant)

Dominique MuseletLa source originale de cet article est Mondialisation.caCopyright © Dominique Muselet, Mondialisation.ca, 2021



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Articles Par :Dominique Muselet

A propos :

Dominique Muselet a passé la première partie de sa vie dans le Nord de la France. Après des études universitaires, elle a enseigné quelques années en Collège, avant de passer dans le monde de l’entreprise, à différents postes de direction. Elle a vécu dans plusieurs pays étrangers : Cameroun, Canada, Inde, Palestine/Israël, Mexique. Ces séjours prolongés dans des pays pour beaucoup soumis à l’impérialisme occidental, l’ont aidée à mieux comprendre les rapports de force géopolitiques. La tragédie que vivent les Palestiniens et leur lutte pour la liberté l’ont particulièrement touchée. Depuis qu’elle est revenue s’installer en France à Paris, elle s’efforce de partager sa large expérience économique, politique, géopolitique et spirituelle à travers ses traductions et ses articles.

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NOUVEL ORDRE MONDIAL

Le jour d’après De Villiers

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« Ce que nous avons vécu a déjà été joué. À New-York. Lors d’une réunion ou plutôt d’un exercice de simulation d’une pandémie de coronavirus, le 18 octobre 2019 ; tout a été filmé et se trouve sur internet. 

Cela s’est passé plusieurs mois avant la survenance du virus. En réalité, les participants – les géants du capitalisme de surveillance – anticipaient ainsi la catastrophe à venir. Ils avaient voulu un monde d’un seul tenant, sans cloisons. Ils savaient que ce monde-là serait hautement pathogène. Ils le savaient et ils s’y préparaient. Ils attendaient la pandémie et ils la voyaient venir. 

Quand elle survint, ils la saluèrent comme « une fenêtre d’opportunité ». 

Pour les rentiers du numérique et de la Big Tech, ce fut une aubaine. Mais aussi pour les gouvernements qui mirent au ban d’essai l’idée d’une « société disciplinaire ». 

Ainsi les élites globalisées ont-elles préparé le jour d’après. Occasion rêvée pour tout changer, changer la société, changer de société. Et imposer enfin leurs codes de désocialisation, leur esthétisme woke, leur idéologie du Bien total. »

Ayant entre les mains des éléments d’information fiables, recoupés, glaçants, Philippe de Villiers a décidé de prendre la plume pour alerter les Français, en espérant contribuer ainsi à l’insurrection des consciences.

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LES PLUS GRANDS CRIMINELS

Depuis 2001, les États-Unis et leurs alliés ont largué plus de 326 000 bombes et missiles à l’étranger

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À l’insu de nombreux Américains, l’armée américaine et ses alliés bombardent et tuent quotidiennement des personnes dans d’autres pays.
Les bombes et les balles américaines ont fait au moins des centaines de milliers de victimes civiles au cours de ce siècle. 

Le 25 février, le président Biden a ordonné aux forces aériennes américaines de larguer sept bombes de 250 kg sur les forces irakiennes en Syrie, ce qui aurait tué 22 personnes. Comme on pouvait s’y attendre, la frappe aérienne américaine n’a pas réussi à mettre fin aux tirs de roquettes sur les bases américaines en Irak, profondément impopulaires, pour lesquelles l’Assemblée nationale irakienne a adopté une résolution visant à les fermer il y a plus d’un an.

Les médias occidentaux ont présenté la frappe aérienne américaine comme un incident isolé et exceptionnel, et l’opinion publique américaine, le Congrès et la communauté internationale ont vivement réagi en condamnant les frappes comme étant illégales et constituant une escalade dangereuse vers un autre conflit au Moyen-Orient.

Mais à l’insu de nombreux Américains, l’armée américaine et ses alliés bombardent et tuent quotidiennement des personnes dans d’autres pays. Les États-Unis et leurs alliés ont largué plus de 326.000 bombes et missiles sur des personnes dans d’autres pays depuis 2001 (voir le tableau ci-dessous), dont plus de 152.000 en Irak et en Syrie.

Cela représente une moyenne de 46 bombes et missiles par jour, jour après jour, année après année, pendant près de 20 ans. En 2019, la dernière année pour laquelle nous disposons de données assez complètes, la moyenne était de 42 bombes et missiles par jour, dont 20 par jour rien qu’en Afghanistan.

Le public américain et le monde entier sont laissés presque complètement dans l’ignorance de la mort et de la destruction que les dirigeants de notre pays continuent de faire en notre nom.

Donc, si ces sept bombes de 250 kg étaient les seules bombes que les États-Unis et leurs alliés avaient larguées le 25 février, cela aurait été une journée inhabituellement calme pour les forces aériennes américaines et alliées, ainsi que pour leurs ennemis et victimes au sol, par rapport à une journée moyenne en 2019 ou au cours de la plupart des 20 dernières années. D’un autre côté, si l’implacable assaut aérien américain sur les pays du Grand Moyen-Orient a finalement commencé à diminuer au cours de l’année écoulée, ce bombardement pourrait avoir été un pic de violence inhabituel. Mais quelle version choisir, et comment le saurions-nous ?

Nous ne le savons pas, car notre gouvernement ne veut pas que nous le sachions. De janvier 2004 à février 2020, l’armée américaine a gardé la trace du nombre de bombes et de missiles qu’elle a lâchés sur l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, et a publié ces chiffres dans des Airpower Summaries [Synthèse des opérations aériennes, NdT] réguliers et mensuels, qui étaient facilement accessibles aux journalistes et au public. Mais en mars 2020, l’administration Trump a brusquement cessé de publier les US Airpower Summaries, et l’administration Biden n’en a jusqu’à présent pas publié non plus.

Comme pour les pertes humaines et la destruction massive que causent ces centaines de milliers de frappes aériennes, les médias américains et internationaux ne rendent compte que d’une infime partie d’entre elles. En l’absence des US Airpower Summariesréguliers, de bases de données complètes sur les frappes aériennes dans d’autres zones de guerre et d’études sérieuses sur la mortalité dans les pays concernés, le public américain et le monde entier sont laissés presque complètement dans l’ignorance de la mort et de la destruction que les dirigeants de notre pays continuent de causer en notre nom. La disparition des Airpower Summaries a rendu impossible l’obtention d’une image claire de l’ampleur actuelle des frappes aériennes américaines.

Voici des chiffres actualisés sur les frappes aériennes américaines et alliées, de 2001 à aujourd’hui, qui mettent en évidence le secret dans lequel elles ont été brusquement enveloppées l’année dernière :

Nombre de bombes et de missiles lancés sur d’autres pays par les États-Unis et leurs alliés depuis 2001.

Ces chiffres sont basés sur les US Airpower Summaries des États-Unis pour l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie, sur le décompte des frappes de drones au Pakistan, en Somalie et au Yémen établi par le Bureau of Investigative Journalism, sur le décompte des frappes aériennes menées par l’Arabie saoudite au Yémen établi par le Yemen Data Project, sur la base de données des frappes aériennes étrangères en Libye établie par la New America Foundation et sur d’autres statistiques publiées. Les chiffres pour 2021 ne sont valables que jusqu’en janvier.

Plusieurs catégories de frappes aériennes ne sont pas incluses dans ce tableau, ce qui signifie que les chiffres réels des frappes aériennes sont certainement plus élevés. Il s’agit notamment de :

  • Frappes d’hélicoptères : Military Times a publié un article en février 2017 intitulé « Les statistiques de l’armée américaine sur les frappes aériennes meurtrières sont fausses. Des milliers d’entre elles n’ont pas été signalées. » Le plus grand regroupement de frappes aériennes non incluses dans les US Airpower Summaries sont les frappes par des hélicoptères d’attaque. L’armée américaine a indiqué aux auteurs que ses hélicoptères avaient mené 456 frappes aériennes non signalées par ailleurs en Afghanistan en 2016. Les auteurs ont expliqué que la non-déclaration des frappes par hélicoptère a été constante tout au long des guerres de l’après-11 Septembre, et qu’ils ne savaient toujours pas combien de missiles réels avaient été tirés dans ces 456 attaques en Afghanistan au cours de la seule année sur laquelle ils ont enquêté.
  • Avions de combat AC-130 : la frappe aérienne qui a détruit l’hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan, en 2015, n’a pas été menée avec des bombes ou des missiles, mais par un avion de combat Lockheed AC-130. Ces machines de destruction massive, généralement pilotées par les forces d’opérations spéciales de l’US Air Force, sont conçues pour circonscrire une cible au sol, en y déversant des obus et des tirs de canons, souvent jusqu’à sa destruction complète. Les États-Unis ont utilisé des AC-130 en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Somalie et en Syrie.
  • Passes de mitraillage : les US Airpower Summaries pour 2004-2007 comprennent une note indiquant que leur décompte des « frappes avec des munitions larguées… ne comprend pas les canons ou les roquettes de 20 mm et 30 mm. » Mais les canons de 30 mm des A-10 Warthog et autres avions d’attaque au sol sont des armes puissantes, conçues à l’origine pour détruire les chars soviétiques. Les A-10 tirent 65 obus à l’uranium appauvri par seconde pour couvrir une zone d’un feu mortel et indiscriminé, mais cela ne compte pas comme un « largage d’armes » dans les US Airpower Summaries.
  • Opérations « anti-insurrectionnelles » et « anti-terroristes » dans d’autres régions du monde. Les États-Unis ont formé une coalition militaire avec 11 pays d’Afrique de l’Ouest en 2005, et ont maintenant une base de drones au Niger, mais nous n’avons pas trouvé de base de données sur les frappes aériennes américaines et alliées dans cette région, ou aux Philippines, en Amérique latine ou ailleurs.

Ce n’est clairement pas une coïncidence si Trump a cessé de publier les Airpower Summaries juste après l’accord trouvé avec les talibans d’un retrait américain de février 2020, renforçant la fausse impression que la guerre en Afghanistan était terminée. En fait, les bombardements américains ont repris après seulement une pause de 11 jours.

Comme le montre notre tableau, 2018 et 2019 ont été des années consécutives record pour les frappes aériennes américaines en Afghanistan. Mais qu’en est-il de 2020 ? Sans les registres officiels, nous ne savons pas si l’accord de retrait a conduit à une réduction sérieuse des frappes aériennes ou non.

Le président Biden a bêtement essayé d’utiliser les frappes aériennes en Syrie comme « levier » sur l’Iran, au lieu de simplement réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien comme il l’avait promis pendant la campagne électorale. Biden suit également les traces de Trump en enveloppant les frappes aériennes américaines du même secret que celui utilisé par Trump pour masquer son échec à « mener des guerres sans fin. »

Il est tout à fait possible que les frappes aériennes très médiatisées du 25 février, comme les frappes de missiles de Trump en avril 2017 sur la Syrie, aient été une diversion par rapport à des bombardements américains beaucoup plus lourds, mais largement passés sous silence, déjà en cours ailleurs, en l’occurrence la destruction effrayante de Mossoul, l’ancienne deuxième ville d’Irak.

La seule façon pour Biden de rassurer le public américain sur le fait qu’il n’utilise pas le mur du secret de Trump pour poursuivre les guerres aériennes dévastatrices de l’Amérique, notamment en Afghanistan, est de mettre fin à ce secret maintenant, et de reprendre la publication complète et précise des US Airpower Summaries.

Le président Biden ne peut pas restaurer le respect du monde pour le leadership américain, ni le soutien du public américain pour notre politique étrangère, en empilant davantage de mensonges, de secrets et d’atrocités sur ceux dont il a hérités. S’il continue à essayer de le faire, il pourrait bien se retrouver à suivre les traces de Trump d’une autre manière encore : celles d’une présidence à seul mandat, ratée, d’un empire destructeur et en déclin.

Medea Benjamin, cofondatrice de Global Exchange et de CODEPINK : Women for Peace, est l’auteure du livre de 2018, A l’intérieur de l’Iran : la véritable histoire et la politique de la République islamique d’Iran. Ses précédents ouvrages comprennent : Kingdom of the Unjust : Behind the U.S.-Saudi Connection (2016) (Le royaume de l’injustice : derrière la relation USA-Arabie saoudite) ; Drone Warfare : Killing by Remote Control (2013) (La guerre par drone : tuer à distance) ; Don’t Be Afraid Gringo : A Honduran Woman Speaks from the Heart (1989) (Ne sois pas effrayé gringo, une Hondurienne parle avec son coeur), et (avec Jodie Evans) Stop the Next War Now (Inner Ocean Action Guide) (2005) (Arrêter la prochaine guerre maintenant). Suivez-la sur Twitter : @medeabenjamin

Nicolas J. S. Davies est l’auteur de Blood On Our Hands : the American Invasion and Destruction of Iraq (2010) (Du sang sur nos mains : l’invasion américaine et la destruction de l’Irak). Il a également écrit les chapitres sur Obama at War (Obama en guerre) dans Grading the 44th President : a Report Card on Barack Obama’s First Term as a Progressive Leader (2012). (Introniser le 44e président : un rapport sur le premier mandat de Barack Obama comme leader progressiste).

Source : Common Dreams, Medea Benjamin, Nicolas J. S. Davies, 04-03-2021

Via Les Crises

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Joe Biden

Lanceurs d’alerte : En 1981, Joe Biden a voulu faire incarcérer Philip Agee, après ses révélations sur la CIA

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Source : Cover Action Magazine, Chris Agee, Jeremy Kuzmarov

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Joe Biden in 1981 [Source : nytimes.com]6e partie de la série sur Biden : Un homme de la Compagnie [surnom de la CIA, NdT]

Le 9 mai 1981, la sous-commission judiciaire du Sénat sur la sécurité et le terrorisme débattait de la loi sur la protection des identités des agents de renseignement (S. 391). Leur objectif : criminaliser l’identification non autorisée des agents de renseignement américains.

Joe Biden, à cette époque sénateur, s’est levé pour dénoncer mon père, Philip Agee, le lanceur d’alerte de la CIA dont le livre de 1975, Journal d’un Agent Secret, a donné l’identité de quelque 250 agents, sociétés écrans et agents étrangers travaillant pour les États-Unis.

Biden a déclaré : « Je pense que personne n’a de doute sur M. Agee. A mon avis, nous devrions l’incarcérer. » [1].

Agee est devenu l’ennemi public n°1 après la publication de son livre. Il a également été victime d’une campagne de désinformation et de harcèlement qui l’a contraint à vivre en cavale pendant le reste de sa vie [2].

Philip Agee [Source : cbsnews.com]Coparrainée par le ségrégationniste Strom Thurmond (Républicain-Caroline du Sud), la loi pour la protection des identités des agents de renseignement américain prévoyait une amende de 50 000 dollars et dix ans d’emprisonnement pour ceux qui, ayant accès à des informations classifiées, rendaient public le nom d’agents secrets.

Le directeur adjoint de la CIA, Frank Carlucci, a reconnu sur la chaîne NBC, en juillet 1979, que la CIA avait rédigé cette loi que Floyd Abrams, le plus éminent avocat du Premier amendement aux États-Unis, considérait comme inconstitutionnelle [3].

Lors de la sixième réunion annuelle de l’Association des anciens officiers du renseignement en 1981, Carlucci s’est vanté du fait que « nous avons réussi à mener une stratégie très agressive auprès du Congrès ; cette stratégie a porté ses fruits. » [4]

La loi sur la protection des identités des agents de renseignement américain a été promulguée en juin 1982 lors d’une cérémonie au siège de la CIA, au cours de laquelle le président Ronald Reagan a fait l’éloge des employés de la CIA, les qualifiant de « héros engagés dans un sinistre combat dans la pénombre. » [5]

Ronald Reagan prononçant un discours en faveur de la loi sur la protection de l’identité des agents de renseignement, avec le directeur de la CIA William J. Casey à sa gauche. [Source : shutterstrock.com]La loi faisait partie d’une vague de législation post-Watergate visant à réaffirmer l’autorité de la CIA à la suite des audiences de la commission Church en 1975, qui avaient révélé l’implication de la CIA dans des assassinats à l’étranger, des tests illégaux de dépistage de drogues sur des suspects involontaires et enfin une surveillance illégale.

Les vétérans de la CIA, James « Jesus » Angleton et Ray Cline, avaient créé à la fin des années 1970 deux nouvelles fondations pro-renseignement qui s’engageaient à soutenir la restauration de l’efficacité de la CIA tout en déplorant les dommages causés par les révélations et les critiques [6].

James « Jesus » Angleton [Source : theintercept.com]Le sénateur Daniel Patrick Moynihan (Démocrate-New York) a soutenu un autre projet de loi pro-CIA exemptant la CIA de la loi sur l’accès à l’information, tandis que le sénateur Walter Huddleston (Démocrate-Kentucky) a mené l’adoption d’un projet de loi soutenu par Biden en 1980 limitant le contrôle de la CIA par le Congrès [7].

John Stockwell, un éminent lanceur d’alerte de la CIA, a témoigné devant la commission sénatoriale du renseignement en 1980 que « l’objectif [de la loi sur la protection des identités dans les services de renseignement] n’était manifestement pas de protéger la sécurité des agents secrets, comme le prétendent ses partisans, car la CIA elle-même fait preuve d’une négligence flagrante quant à l’identité de ses propres agents. Le véritable objectif du projet de loi était d’obtenir une arme importante que la CIA pourrait utiliser pour faire taire ceux qui la critiquaient. » [8]

John Stockwell (à gauche) s’est vivement querellé avec le sénateur Jake Garn (Républicain-Utah) lors d’une audience en 1980 sur la loi sur la protection des identités des agents de renseignement. Source : villagevoice.com

Ceux qui critiquaient la CIA à l’époque comptaient notamment dans leur rang Philip Agee et les rédacteurs du CovertAction Information Bulletin (CAIB [Bulletin d’information des actions sous couverture, NdT]), fondé par Agee et d’autres en 1977. Dans ce magazine, ils publiaient une rubrique intitulée Naming Names[Donner des noms, NdT], rédigée à partir de sources publiques non classifiées, qui démasquait des agents de la CIA et d’autres personnes. Voir nos archives.

Le rapport de la commission judiciaire du Sénat sur le projet de loi a souligné les efforts d’Agee et d’autres fondateurs du CAIB pour identifier et divulguer des agents du renseignement américains dans le cadre « d’un effort systématique pour détruire la capacité des agences de renseignement [américaines] à opérer clandestinement. » [9]

Le membre du Congrès Bill Young (Républicain-Floride) a déclaré lors d’un débat de la Chambre sur le projet de loi : « Ce que nous poursuivons aujourd’hui, ce sont les Philip Agee du monde. »

Le directeur de la CIA, Stansfield Turner, qui a comparé l’exposition de ses jeunes officiers au fait de « couper les mains d’un jeune chirurgien » et a qualifié les rédacteurs du CAIB de « traîtres », a prononcé des discours exhortant à l’adoption de la Loi sur la protection des indentités des agents de renseignement [10] .

Tout comme Frank Carlucci, qui voulait criminaliser le fait que certains, n’ayant jamais eu accès à des informations classifiées, rendent public le nom de personnels de l’agence, ceci afin de faire cesser la chronique Naming Names, ce qui a finalement abouti [11].

La position du sénateur Biden s’alignait sur celle de Carlucci et de Turner, ainsi que sur celle d’extrémistes de droite comme Larry McDonald (Démocrate-Géorgie) de la John Birch Society, qui caractérisait Agee de « traître de la CIA capable de donner à [l’espion soviétique britannique] Kim Philby une leçon de traîtrise. » [12]

Biden a personnellement menacé de « mettre à l’ombre » les membres du comité éditorial du CAIB qui avaient participé à la rédaction de la rubrique Naming Names. [13]

Dans ses mémoires intitulées On the Run [NdT : En cavale. non traduit], Agee a écrit que « Joseph Biden, tout comme [Barry] Goldwater [sénateur conservateur de l’Arizona et candidat à la présidence en 1964] et membre de la commission du renseignement du Sénat, a demandé une nouvelle loi pour mettre fin à mes révélations en criminalisant la divulgation des agents de renseignement sous couverture. » [sic] [14]

Biden a été l’un des quatre sénateurs qui ont finalement voté contre la loi sur la protection des identités des agents de renseignement. Pour la raison qu’il craignait qu’elle ne soumette à des poursuites non seulement la « publication malveillante des noms des agents », mais aussi les « efforts de la part de journalistes légitimes de publier toute corruption, malversation ou ineptie survenant au sein des agences de renseignement américaines. » [15]

[Source : cia.gov]Biden a trouvé particulièrement problématique le fait de cibler toute personne rendant public le nom d’un agent avec « des raisons de croire » que cette publication entraverait ou empêcherait des activités de renseignement américaine en violation de la loi.

Biden a estimé que la formulation était trop ambiguë et qu’elle pourrait empêcher que des organes de presse publient des articles légitimes sur les méfaits de la CIA, sur l’espionnage des citoyens américains ou sur des agents véreux ayant vendu leurs services à des gouvernements étrangers.

Biden a cherché à remplacer « raison de croire » par « intention », ce qui, selon lui, aurait clairement axé la législation sur le problème qu’elle était censée résoudre et aurait minimisé son effet sur ceux qu’il considérait comme des journalistes légitimes.

Biden a déclaré à Strom Thurmond, le président de la commission judiciaire du Sénat, qu’il avait l’intention de « travailler avec lui pour faire en sorte que nous obtenions un projet de loi [comme] nous devons le faire pour arrêter les Agees » de par le monde. « Nous devons trouver un moyen de le faire, a-t-il dit, ce qu’ils font est scandaleux et répréhensible. »

Biden avec le ségrégationniste Strom Thurmond (Républicain-Caroline du Sud), l’un des co-parrains de la loi sur la protection de l’identité des agents de renseignement. [Source : nydailynews.com]Mais Biden « ne voulait pas empêcher la publication d’un livre comme The Spike[NdT : Le pic, roman d’espionnage non traduit] et Le Réseau de La Terreur [sic] que nous considérions tous comme importants. » [16]

Le Réseau de la Terreur est un livre, subventionné par la CIA, écrit par Claire Sterling, accusant faussement le KGB russe de soutenir des organisations terroristes dans le monde entier tout en divulguant les noms de certains agents de la CIA [17].

The Spike est en réalité un roman avec des personnages fictifs.

Agee et le Naming Names

Phil Agee a écrit dans On the Run que la loi sur la protection des identités des agents de renseignement a été

« rédigée pour protéger les opérations secrètes ainsi que les agents secrets parce que la divulgation d’activités, y compris de crimes, était généralement impossible sans inclure le nom des participants. » [18]

Les principales cibles du projet de loi étaient les « médias classiques » et « notre journalisme de guérilla » lui a dit le sénateur John Chafee (Démocrate-Rhode Island) [19].

Le 3 juin 1977, un Philip Agee provocateur lève le poing alors qu’il est expulsé du Royaume-Uni. [Source : Journal of American History]En 2003, Agee a déclaré à CBS News qu’il avait révélé l’identité de ses anciens collègues de la CIA pour « affaiblir l’instrument permettant de mener à bien la politique de soutien aux dictatures militaires en Grèce, au Chili, en Argentine, en Uruguay et au Brésil. »

Ces régimes, a-t-il dit, « étaient soutenus par la CIA et leur coût humain a été immense : torture, exécutions, escadrons de la mort. »

[Source : ourhiddenhistory.org]Agee a été faussement accusé de la mort, en 1975, de Richard Welch, chef de la station de la CIA en Grèce, qui avait été identifié comme un agent de la CIA au Pérou dans Counterspy Magazine, le prédécesseur du CAIB.

Cependant, l’identité de Welch avait déjà été révélée et le directeur de la CIA William Colby a fait marche arrière pour avoir attribué la responsabilité initiale de la mort de Welch à Counterspy, en l’attribuant finalement à une « mauvaise couverture ».

Les rédacteurs du CAIB, Louis Wolf, Ellen Ray et William Schaap, ont témoigné devant une sous-commission de la Chambre des représentants en janvier 1980 que Welch avait été assassiné par des personnes qui « traquaient délibérément son prédécesseur », allant jusqu’à s’asseoir derrière lui dans un cinéma, et que sa mort n’avait « rien à voir avec le fait qu’il ait été identifié comme officier de la CIA » par d’autres publications [20].

Wolf, Ray et Schaap ont expliqué à la commission de la Chambre des représentants que « la rubrique Naming Names était guidée par la conviction que les activités de renseignement de la nation devaient se limiter à la collecte de renseignements au sens le plus strict » et que la CIA était devenue un « instrument maléfique… impliqué dans la corruption, l’achat d’élections, le contrôle des médias, le sabotage politique et économique, les bombardements et les assassinats… qu’elle était irréformable et devait être supprimée. »

Wolf, Ray et Schaap ont en outre déclaré qu’il était« pratiquement impossible de dénoncer une opération ou une activité inappropriée, immorale ou illégale au sein du gouvernement sans divulguer des informations permettant de déterminer l’identité des personnes responsables de cette activité, et que les lanceurs d’alerte ont traditionnellement été la meilleure arme du pays contre la corruption et l’immoralité officielles. »

« Nous sommes convaincus que l’on ne peut pas séparer la responsabilité de l’action de la responsabilité individuelle des personnes qui l’accomplissent. » [21].

Lors du lancement du CAIB en 1978 à La Havane, Bill Schaap avait décrit son ambition de créer un groupe mondial de chercheurs appelé « CIA Watch », grâce auquel les agents de la CIA sous couverture diplomatique auraient été identifiés et exposés dans la presse locale, ce qui aurait perturbé les opérations de la CIA [22].

Agee avait préconisé des manifestations publiques contre les personnes exposées, et des campagnes de pression pour les faire évincer [23].

Cela ne convenait pas à l’establishment traditionnel de la politique étrangère, dont Biden faisait partie intégrante.

Joe, l’homme de la Compagnie

Lorsque Biden a été élu pour la première fois au Sénat des États-Unis en tant que « jeune homme de 29 ans », il a eu pour mentor Averell Harriman, l’ancien ambassadeur des États-Unis en Union soviétique qui a soutenu les opérations secrètes de la CIA tout au long de sa longue et remarquable carrière diplomatique.

À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Biden a siégé à la Commission sénatoriale sur le Renseignement, qui a été créée sur recommandation de la commission Pike de 1975/1976 pour assurer « un contrôle législatif vigilant sur les activités de renseignement des États-Unis afin de garantir qu’elles soient conformes à la Constitution et aux lois des États-Unis. »

Le député Otis Pike [Source : nytimes.com]Biden a admis que la commission sénatoriale du Renseignement avait échoué dans cette dernière tâche, déclarant au New York Times en 1982 que ses réalisations étaient « à peine suffisantes. Il y a un manque de supervision prudente et cohérente… en même temps qu’une volonté d’accepter des conclusions assez générales et une approbation sans limite pour mener des opérations. »

Entre autres choses, la commission sénatoriale du Renseignement (1) n’a pas enquêté de manière adéquate sur l’assassinat de Frank Olson par la CIA, un biochimiste de la CIA qui participait à des expériences de guerre bactériologique dans un laboratoire secret de l’armée à Fort Detrick, dans le Maryland, (2) a acquiescé aux mensonges de la CIA sur sa subversion en Angola, et (3) a couvert le soutien de la CIA aux narcotrafiquants en Amérique latine et en Afghanistan [24].

!!!!! In the early 1980s, after complaints by at least one Delaware citizen, Biden launched an investigation into Summit Aviation Corp., a Middletown, Delaware company owned by Richard “Kip” DuPont that ferried bombs and guns to the Nicaraguan Contras, a right-wing paramilitary group fighting the left-wing Sandinistas, but never released the findings.[25]

Au début des années 1980, à la suite de plaintes déposées par au moins un citoyen du Delaware, Biden a lancé une enquête sur Summit Aviation Corp, une société de Middletown, dans le Delaware, appartenant à Richard « Kip » DuPont, qui transportait des bombes et des armes aux Contras nicaraguayens, un groupe paramilitaire d’extrême droite luttant contre les Sandinistes d’extrême gauche, mais il n’a jamais publié ses conclusions [25].

La position du sénateur Biden en tant « qu’homme de la Compagnie » est apparue au cours des audiences sur le National Intelligence Act de 1980, qui exigeait que les actions secretes sous couverture soient communiquées aux commissions du renseignement de la Chambre et du Sénat.

Biden a déclaré que les gens

« avaient surréagi il y a cinq ans [à l’époque des auditions de la commission Church], non seulement au Congrès mais aussi au niveau de la nation. Nous avons parlé des abus accablants de la CIA, à quel point c’était néfaste et de la façon dont tout ce qui la concernait était nocif. »

Bien qu’il ait reproché à ses collègues de « suggérer que nous devrions revenir au prétendu bon vieux temps de la CIA – l’époque de la Baie des Cochons et des merveilleuses estimations sur le Viêt Nam et de la manière dont nous nous en sortions », Biden a néanmoins conclu qu’il ne craignait pas que la communauté du renseignement « se débrouille elle-même et abuse de ses pouvoirs. »

Selon lui, la CIA « abrite probablement les personnes les plus intelligentes qui travaillent au sein du gouvernement, parmi les meilleures et les plus brillantes que le gouvernement ait à offrir », et elle est la clé de « l’établissement de la paix dans le monde. » [26]

Peu de temps auparavant, Biden avait rejeté les préoccupations des avocats de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU, American Civil Liberties Union) lors d’une réunion sur la charte de la CIA, en déclarant :

« Laissez-moi vous dire quelque chose, les gars. Les gens s’en fichent. L’Américain moyen ne se soucie pas le moins du monde en ce moment de tout cela […] vous continuez à parler de l’inquiétude du public [à propos de la CIA]. Il n’y en a aucune. » [27]

À cette époque, Biden participait à la rédaction de la loi sur la surveillance des services de renseignement étrangers (FISA), qui autoriserait, au niveau du Président, une surveillance électronique pour obtenir des informations sur les services de renseignement étrangers pendant une période pouvant aller jusqu’à un an sans l’ordonnance du tribunal et qui autoriserait des procédures judiciaires secrètes.

Young Joe avec le President Carter. [Source : businessinsider.com]Biden a également collaboré avec le directeur de la CIA William J. Casey en 1980 pour promouvoir une loi interdisant le graymailing, une tactique utilisée dans les procès d’auteurs de fuites d’information par laquelle des documents classifiés sont demandés par la défense lors de l’enquête pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il abandonne ses poursuites. [28]

Sous la direction de Casey, la CIA a intensifié ses livraisons d’armes secrètes aux moudjahidines afghans – pour lesquelles Biden a voté leur autorisation en décembre 1982 – ainsi qu’aux Contras nicaraguayens et aux forces de droite de l’UNITA de Jonas Savimbi en Angola.

Biden était particulièrement admiratif du directeur adjoint de la CIA sous Casey, Bobby Ray Inman, qui est devenu plus tard un dirigeant de Blackwater. [29]

Dans un mémo confidentiel envoyé au personnel des services de renseignement au début des années 1980, Casey a félicité Biden d’avoir donné une bonne raclée à la plus sérieuse menace au pouvoir non contrôlé de la CIA, à savoir le ministère de la Justice.

Casey a mis en avant « la remontrance de [Biden] envers la Justice pour son attitude passive et son inefficacité générale » ainsi que « sa demande qu’ils leur disent ce qu’il fallait faire d’autre si la législation sur le graymailing qu’il avait parrainée n’était pas suffisante pour leur permettre de poursuivre les auteurs de fuites. »

Casey a déclaré que ce que Biden venait de réaliser « a été l’occasion de lancer une campagne plus efficace contre les fuites, qui peuvent nous coûter la plus grande partie de nos moyens de renseignement si elles se poursuivent. »

Mémo du directeur de la CIA William J. Casey saluant le soutien de Biden à la campagne de l’agence contre les fuites. [Source : cia.gov]Lors d’un discours informel à l’université de Stanford, Biden a souligné que tout un réseau d’espionnage d’Amérique centrale avait été compromis par des fuites, et qu’il devait être renforcé. Il a également fait référence à Julius et Ethel Rosenberg, des citoyens américains qui ont été exécutés sur la chaise électrique après avoir été accusés d’avoir fourni des renseignements au gouvernement soviétique.

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L’intervention publique de Biden s’inscrivait dans le cadre des efforts déployés par la CIA pour redorer son image ternie à la suite des exposés de ses détracteurs et des révélations du Church Committee.

Biden était particulièrement bien placé pour ce poste en raison de sa capacité à charmer le public et de sa réputation de libéral au Congrès, qui s’était opposé à la guerre du Viêt Nam et avait soutenu l’amendement Boland bloquant l’aide aux Contras nicaraguayens.

Toujours l’homme de la Compagnie

En 2003, Biden a coparrainé une résolution du Sénat soutenant et réaffirmant la mission de la National Endowment for Democracy (NED), une idée sorti du cerveau de William Casey dans les années 1980 pour reprendre de nombreuses fonctions de la CIA, y compris celles qui étaient destinées à provoquer des changements de régime. [30]

Le cofondateur de la NED, Allen Weinstein, a fièrement déclaré :

« Une grande partie de ce que nous faisons aujourd’hui a été réalisée secrètement il y a 25 ans par la CIA. » [31]

Au cours des cinq années suivantes, Biden a fortement soutenu les révolutions de couleur parrainées par la NED en Biélorussie, en Ukraine et en Géorgie, qui visaient à remplacer les dirigeants pro-russes par des dirigeants pro-Occident et favorables à l’expansion de l’OTAN.

Lors de l’élection de 2008, Biden a été un choix approprié pour figurer sur la liste de ce président [Barack Obama] qui donnerait à la CIA « tout ce qu’elle voulait. » [32]

Un membre anonyme du Cabinet a expliqué que « les présidents ont tendance à s’éprendre des instruments de la communauté du renseignement [mais] Obama a été plus épris que la plupart d’entre eux – il s’est agi d’une présidence favorable au renseignement comme nous n’en avons peut-être pas vue depuis Eisenhower. » [33]

Obama parle devant l’emblème de la CIA, Biden à sa droite. Source : voxnews.com

Biden (1) a été un ardent défenseur de la guerre des drones d’Obama, (2) a soutenu les opérations de changement de régime au Honduras, au Venezuela, au Nicaragua, en Bolivie et en Syrie, et (3) a supervisé le transport d’armes vers les milices d’extrême droite en Ukraine par le biais d’une société écran de la CIA, Burisma, celle qui a nommé son fils Hunter comme membre du conseil d’administration.

Le lanceur d’alerte de l’Agence de sécurité nationale (NSA) Edward Snowden, qui a révélé les opérations illégales de surveillance du gouvernement en 2013, a déclaré dans une interview de 2019 que le vice-président Biden ainsi que le secrétaire d’État John Kerry ont averti des pays étrangers qu’il y aurait des «conséquences » s’ils lui accordaient l’asile [34].

Biden a également prescrit le « traitement Agee » au fondateur de Wikileaks, Julian Assange, que Biden a qualifié de « terroriste high-tech. » [35].

Biden a déclaré : « Ce type (Assange) a fait des choses qui ont entraîné des dommages et mis en péril la vie et les activités de personnes dans d’autres parties du monde. » [36]

Par la suite, Biden a reconnu qu’Assange n’avait pas réellement « causé de dommages substantiels » par ses fuites, comme cela avait été le cas pour Agee [37].

Les choix du président Biden pour les postes de haut niveau dans le domaine du renseignement – dont notamment celui d’Avril Haines, en tant que directrice du Renseignement national – montrent que Biden reste un homme de la Compagnie.

En tant que directrice adjointe de la CIA de 2013 à 2015, Haines a autorisé l’utilisation de frappes de drones pour procéder à des assassinats extrajudiciaires ciblés, selon le lanceur d’alerte de la CIA John Kiriakou. [38]

Haines a en outre aidé à protéger les agents de la CIA qui ont illégalement piraté les ordinateurs de l’ancienne commission sénatoriale du Renseignement de Biden pour contrecarrer son enquête sur le programme de détention et d’interrogatoire de la CIA qui utilisait des méthodes de torture comme le simulacre de noyade.

Lors des auditions du Congrès en 1980, au cours desquelles les rédacteurs du CAIB ont témoigné, le représentant Romano L. Mazzoli (Démocrate-Kentucky) a déclaré que l’opinion de ce dernier sur la CIA, « bien qu’elle ait été soigneusement élaborée et défendue avec zèle, était [celle] d’une très, très petite minorité dans tout le pays, et je pense légitimement une petite partie. »

L’histoire des 40 dernières années montre toutefois que l’opinion du CAIB a été prémonitoire, même si elle a été marginale.

La fidélité de Joe Biden à la CIA, et ses attaques contre mon père Phil Agee et ses associés, ont été par contre déshonorantes, et l’ont placé avec Mazzoli et Casey et tous les autres du mauvais côté de l’histoire.

1] Intelligence Identities Protection Act of 1981-S. 391, audition devant la sous-commission de la sécurité et du terrorisme de la commission judiciaire, Sénat des États-Unis, 97e Congrès, 1re session (Washington, DC. : U.S. G.P.O., 1981), 54.

[2] Philip Agee, On the Run (Secaucus, NJ : Lyle Stuart, 1987). La division des droits civils du ministère de la Justice a mené une enquête criminelle sur la CIA concernant ses activités contre Agee.

[3] Walter Karp, New Cloaks for the CIA, The Village Voice, 11 novembre 1981.

[4] Karp, New Cloaks for the CIA. Sur la carrière de Carlucci, voir Francis Schor, The Strange Career of Frank Carlucci, Counterpunch, 1er février 2002.

[5] Agee, On the Run, 371. L’Intelligence Identities Protection Act a été proposé pour la première fois par le sénateur Lloyd Bentsen (D-TX) en 1975. En 1979, un projet de loi de la Chambre des représentants identique à celui rédigé par la CIA a été présenté par Edward Boland (D-MA) ; le sénateur Daniel Patrick Moynihan (D-NY) a présenté un autre projet de loi identique qui a bénéficié d’un fort soutien bipartisan.

[6] Agee, On the Run, 311.

[7] Sur ce dernier point, voir National Intelligence Act de 1980, Hearings Before the Select Committee on Intelligence of the US Senate, 96th Congress, 2nd Session, February 21, 1980 (Washington, DC. : US GPO, 1980), 7-10. Lorsque le projet de loi de Huddleston a été adopté par le Sénat en 1980, Huddleston a déclaré qu’il était heureux que ses collègues aient dépassé des « attitudes de puristes » concernant des choses comme « la mise sur écoute, l’écoute et le cambriolage de personnes innocentes », ce à quoi la CIA s’adonnait depuis longtemps. Lors de l’audition sur la loi sur la protection des identités dans les services de renseignement, Huddleston avait critiqué le livre Dirty Work II sur la CIA en Afrique, édité par William Schaap, Ellen Ray et Louis Wolf.

[8] Karp, New Cloaks for the CIA ; Testimony of John Stockwell, Intelligence Identities Protection Legislation, Hearings Before the Select Committee on Intelligence of the US Senate, 96th Congress, 2nd Session on S.2216, June 24, 25, 1980 (Washington, DC. : US GPO, 1980), 50-60. Dans son livre de 1978, In Search of Enemies (New York : W. W. Norton, 1984), Stockwell a écrit que « la présence de la CIA dans les affaires étrangères américaines sera jugée par l’histoire comme une soumission au côté le plus sombre de la nature humaine […] Le plus important, c’est qu’en maintenant l’existence de la CIA, nous nous reconnaissons comme un peuple dur et impitoyable. »

[9] Agee, On the Run, 339.

[10] Agee, On the Run, 311.

[11] Agee, On the Run, 312, 371. La mesure de Carlucci a finalement été introduite dans le projet de loi, en violation de la Constitution des États-Unis et de sa protection de la liberté d’expression, bien que ni l’ACLU ni aucune autre organisation de défense des libertés civiles ne se soit manifestée pour exercer un recours devant les tribunaux.

[12] Agee, On the Run, 287.

[13] Agee, On the Run, 339 ; Souvenir personnel d’un membre du comité de rédaction de la CAIB, correspondance par courriel, janvier 2021.

[14] Agee, On the Run, 288.

[15] Joe Biden, A Spy Law That Harms National Security, (Une loi sur l’espionnage qui dégrade la sécurité nationale), The Christian Science Monitor, April 6, 1982, https://www.csmonitor.com/1982/0406/040622.html

16] Loi sur la Protection des identités des agents de renseignement de 1981-S.391, 50.

[17] Pour une discussion des méthodes de recherche douteuses utilisées dans le livre de Sterling, voir Edward S. Herman et Frank Brodhead, The Real Terror Network : Terrorism in Fact and Propaganda (Boston : South End Press, 1999).

[18] Agee, On the Run, 370. Agee a comparé le projet de loi à la loi britannique sur les secrets officiels.

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[19] Agee, On the Run, 370.

[20] Malgré les propos de Colby, le président George H. W. Bush, directeur de la CIA en 1976-1977, a accusé Agee d’être responsable de la mort de Welch dans un discours prononcé en 1989 au siège de la CIA à Langley, en Virginie. Cette calomnie a été répétée par Barbara Bush, l’ancienne première dame, dans son autobiographie de 1994. Agee l’a poursuivie en justice pour diffamation, ce qui a conduit à un accord juridique dans lequel Mme Bush a accepté de retirer l’accusation des éditions ultérieures de son livre.

[21] Déclaration du CAIB, 31 janvier 1980, CAIB CovertAction Information Bulletin, mars-avril 1980, https://covertactionmagazine.com/wp-content/uploads/2020/01/CAIB08-1980-1.pdf. Dans la rubrique Naming Names du premier numéro du CAIB, les rédacteurs ont écrit : « Nous ne pensons pas que l’on puisse séparer le sale boulot de la CIA des personnes qui l’accomplissent. L’exposition des opérations passées est appréciable, mais ce n’est que la moitié du travail. Combien de fois avons-nous entendu la CIA, le FBI et d’autres organismes dire, lorsqu’une opération secrète particulièrement désagréable a été révélée : « Oh oui, mais nous ne faisons plus cela ». Nous pensons qu’ils le font, et que les mêmes personnes sont souvent impliquées. » – Naming Names : A Regular Feature of the CovertAction Information Bulletin, numéro 1, juillet 1978, p. 23.

[22] Agee, On the Run, 281.

[23] Agee, On the Run, 286.

[24] Voir H. P. Albarelli, Jr, A Terrible Mistake : The Murder of Frank Olson and the CIA’s Secret Cold War Experiments (Walterville, OR : Trine Day, 2011) ; Peter Dale Scott et Jonathan Marshall, Cocaine Politics : Drugs, Armies and the CIA in Central America (Berkeley : University of California Press, 1998) ; Douglas Valentine, The Strength of the Pack : The Personalities, Politics and Espionage Intrigues that Shaped the DEA (Walterville, OR : Trine Day, 2010).

[25] Voir Gerard Colby, DuPont Dynasty (Secaucus, N. J. : Lyle Stuart, 1984), 14, 786, 787. Biden a longtemps bénéficié du soutien de la société DuPont, basée dans le Delaware. Il a célébré son élection au Sénat en 1972 à l’hôtel DuPont de Wilmington, s’est enorgueilli d’avoir un avocat de DuPont comme conseiller principal et un chimiste comme consultant politique et, pendant de nombreuses années, comme chef de cabinet, qui a fini par emménager dans l’une des demeures familiales. Selon un marchand d’armes international qui connaissait un dirigeant de Summit, les avions de Summit étaient utilisés par des membres haut placés de l’armée thaïlandaise dans le nord de la Thaïlande pour protéger les opérations illégales de trafic de drogue le long de la frontière cambodgienne et pour les opérations de contre-insurrection pendant la guerre du Vietnam et pour protéger l’héroïne connexion illégale en Asie du Sud-Est par laquelle la CIA finançait les mercenaires. Certains de ses avions de guerre – dont certains étaient équipés pour pulvériser des défoliants – ont été vendus illégalement aux dictatures d’Haïti, du Honduras, du Guatemala et du Nicaragua d’Anastasio Somoza dans le cadre d’opérations soutenues par Theodore Roosevelt III. Il est possible que DuPont ait également mis en place des camps d’entraînement militaire dans sa ferme du Maryland, où l’on a signalé des tirs d’armes automatiques.

[26] National Intelligence Act of 1980, 7-10.

[27] Cité dans le livre de Daniel Boguslaw, Joe Biden’s Love Affair with the CIA, The American Prospect, October 10, 2019, https://prospect.org/power/joe-bidens-love-affair-with-the-cia-william-casey/

[28] Biden se vante que les poursuites contre les auteurs de fuites ont été multipliées par trois grâce à cette loi.

[29] Philip Taubman, Inman Loss Raises fears in Congress, The New York Times, 24 avril 1982, https://www.nytimes.com/1982/04/24/us/inman-loss-raises-fears-in-congress.html.

[30] La résolution a été adoptée à l’unanimité au Sénat et n’a obtenu qu’un seul vote contre à la Chambre, ce qui reflète le soutien bipartisan à l’empire américain à cette époque.

[31] David Ignatius, Innocence Abroad: The New World of Spyless Coups, The Washington Post, September 22, 1991.

[32] Jeremy Kuzmarov, Obama’s Unending Wars: Fronting the Foreign Policy of the Permanent Warfare State (Atlanta : Clarity Press Inc, 2019), 21.

[33] Kuzmarov, Obama’s Unending Wars, 21.

[34]Jessica Bles, Edward Snowden : Joe Biden a averti des pays qu’il y aurait des conséquences s’ils lui accordaient l’asile, Delaware Online, 17 septembre 2019.

[35] Ewan MacAskill, Julian Assange est comme un terroriste high-tech, déclare Joe Biden, The Guardian, 19 décembre 2010.

[36] MacAskill, Julian Assange est comme un terroriste high-tech, déclare Joe Biden.

[37] MacAskill, Julian Assange est comme un terroriste high-tech, déclare Joe Biden.

[38] De façon ironique, Kiriakou a été emprisonné pendant un an en vertu de la Loi sur la protection des identités dans les services de renseignement.

Source : Cover Action Magazine, Chris Agee, Jeremy Kuzmarov – 03/03/2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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2 réactions et commentaires

  • Sundance // 31.03.2021 à 07h16Je m’étonne que cet article n’est pas été publié avant l’election. Hasard ou coïncidence?  
  • Paul // 31.03.2021 à 08h05ah ben la France, toujours à la traine mais en éternelle reproduction du maître est en train de rattrapper à grands pas son retard sur tous les plans. ( Réunis en commission mixte paritaire, députés et sénateurs ont trouvé un accord en vue d’adopter sous peu la controversée proposition de loi sur la Sécurité globale et l’exceptionnalité française où à l’assemblée Nationnale, la parole est donnée à un député pour 10″, 10 secondes où il peut juste répéter 3 fois : c’est lamentable))on voit bien que Biden a toujours été aux manettes des militaires et marchands d’armes.
    Aujourd’hui devenu simple marionette à qui l’on doit même fournir les notes et actions à faire ou dire. (sa conférence de presse avec des croix sur les journalistes)

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