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VOILE religieux pour laïcs N° 1

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ive siècle av. J.-C..

Le voile (du latin velum rideau, tenture) est un vêtement traditionnel ou religieux destiné généralement à masquer tout ou partie du corps et parfois du visage d’une femme.

Présent notamment dans les traditions chrétiennes et musulmanes et souvent associé aux femmes, il prend de multiples formes et est souvent fabriqué dans un tissu léger d’une certaine transparence, mais peut aussi être opaque. Le voile est un accessoire avec une tradition culturelle ancienne, attestée depuis l’Antiquité et qui est empreinte d’une symbolique propre à chaque contexte culturel ou religieux. Il renvoie à l’image qu’il convient de donner de soi et au rapport au corps : il a pour but de marquer les différences sociales, la respectabilité, le sacré.

Sommaire

Dans l’Antiquité, le port du voile est documenté dans des textes législatifs en Assyrie durant la période 2400-1200 av. J.C. (notamment dans les lois instaurées par le roi assyrien Teglath-Phalasar Ier)1, permettant d’établir la distinction entre hommes nobles ou mariés et esclaves : le voile est moins une restriction qu’une prérogative réservée aux hommes libres. Il leur laisse le visage découvert mais recouvre leur tête et descend jusqu’aux pieds)2. La tradition du purdah (« rideau ») désigne une pratique d’origine perse empêchant les femmes de voir les hommes.

Les historiens antiquisants ont longtemps nié le port du voile dans la civilisation grecque, berceau de la démocratie, évoquant le port de châle et de tissu, jusqu’aux travaux du professeur d’archéologie Caroline Galt3. Dans la société grecque antique, l’épouse est tenue de se couvrir la tête. La sculpture antique nous a laissé une trace de cette symbolique : les déesses représentant le mariage, le foyer ou la famille sont le plus souvent voilées alors que les déesses célibataires comme Artémis ou Aphrodite, ne le sont pour ainsi dire jamais.

Dans la Rome antique, le symbole du voile est étroitement associé au mariage : le verbe nubere signifie « voiler » et « se marier », c’est le très exact synonyme de l’expression française qui ne perdure plus que dans le vocabulaire monastique, de « prendre le voile » ; nupta, littéralement « voilée » signifie « épouse », nuptiae, « mariage » a donné le français noces et peut se comprendre comme le « voilement ». La nubilité est proprement la capacité à prendre le voile, à se marier. Les mariées romaines portaient un voile de couleur rouge-orange, appelé flammeum4.

Il existe dans la civilisation gréco-romaine le voile traditionnel et le voile religieux, impliquant une relation précise entre une personne couverte et le monde du divin5.

Dans la mythologie, après la mort du roi de Troie Laomédon, sa fille Hésione rachète la liberté de son frère Priam de son voile doré6,7.

Dans la tradition biblique[modifier | modifier le code]

Les documents bibliques ne donnent pas d’indication homogène sur le port du voile par les femmes juives8.

Dans l’Ancien Testament, les femmes israélites apparaissent souvent tête nue. Dans la Genèse, Rebecca se couvrit avec le voile9 au moment où elle rencontre Isaac, son futur époux. Le voile désignant dans la Bible celui qui couvre le visage selon certains spécialistes10.

Le Cantique des cantiques11 glorifie la beauté d’une femme « derrière son voile ». Ce chant est une déclaration d’amour que l’on peut prendre de façon très littérale entre un fiancé et sa promise ou comme la déclaration symbolique de l’amour du peuple élu envers son Dieu et ce voile, l’équivalent du parokhet.

La vierge à l’enfant, icône byzantine du vie siècle, Monastère Sainte-Catherine du Sinaï.

Dans son Épitre aux Corinthiens12, Paul de Tarse fait peut-être plus étalage de la tradition romaine dont il est issu que de la tradition hébraïque quand il affirme qu’à la prière : « si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. S’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile. L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme ; et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. » Notons que le Romain Paul de Tarse prend une position opposée à la tradition hébraïque qui préconise, au moins pour les hommes, de porter le talit, un châle couvrant parfois la tête lors de la prière13. Paul, juif marqué par la culture greco-romaine, estime que pour prophétiser et prier dans les assemblées, la femme doit se voiler la tête en signe de soumission à l’homme et à l’autorité dont elle dépend14.

Tertullien, dans De virginibus velandis15 affine l’obligation paulinienne concernant les femmes voilées et l’étend aux jeunes filles nubiles afin qu’elles aussi gardent humblement le voile au cours des liturgies. Il s’oppose – déjà – aux tenantes de la « liberté » .

Cette obligation va s’imposer en Occident. Dans la tradition iconographique chrétienne, sainte Marie est par convention représentée portant un voile de couleur bleue. Madeleine, la « pécheresse », est pour sa part représentée tête nue. La prise de voile des nonnes est, dans ce contexte, le symbole de « noces mystiques » avec Dieu et signe leur entrée dans le clergé régulier.

Dans les communautés juives et chrétiennes[modifier | modifier le code]

Moniale avec une guimpe blanche lui enserrant le visage et qui est recouverte d’un long voile.

Le voile dans les communautés juives et chrétiennes a une origine païenne sans aucune justification religieuse, s’appuyant sur une convention méditerranéenne de préséance d’un sexe sur l’autre. La religion ne s’y mêle qu’indirectement en tant que garante de l’ordre social5. Il existe probablement un lien entre la tradition romaine et le port du voile chez les chrétiennes qui désirent attester de leur conformité sociale auprès des païens16.

La prise de l’habit monastique symbolise la consécration religieuse, avec notamment chez les moniales le rite liturgique de la « remise du voile » dont les premières traces apparaissent au ive siècle. Cette cérémonie matérialise la soumission de la religieuse à l’Église comme la femme épousée à son mari17. La variété des coiffes féminines semble liée au nombre croissant de congrégations religieuses et la diversité des costumes régionaux dont elles s’inspirent souvent18.

Le code de droit canonique catholique de 1917 impose que les femmes doivent être séparées des hommes dans les églises et qu’elles doivent y avoir la « tête couverte » et « être vêtues modestement, surtout quand elles s’approchent de la table du Seigneur »19. En Europe occidentale, les femmes se couvrent la tête dans les églises jusqu’au milieu du xxe siècle : entre le pontificat de Pie XII et le Concile Vatican II, le Saint-Siège prenant acte de la perte de pouvoir de l’église catholique dans la société civile[réf. nécessaire], accorde une plus grande liberté de choix20. Les chrétiennes de rite oriental observent toujours cette obligation et la mantille est encore en usage parmi certaines catholiques traditionalistes.

Pour les femmes juives orthodoxes, l’obligation de se couvrir la tête est relativement tardive. Elle dérive des compilations du Sefer Ha Zohar (entre le iie siècle et le xiiie siècle) et de l’Orah Hayim (xive siècle) qui indique qu’une femme « doit avoir la tête couverte même quand elle se trouve chez elle ». Le voile n’a pas de signification religieuse mais est devenu de l’ordre de la coutume, devenant une perruque parce qu’« un foulard pouvait être ôté plus facilement qu’une perruque »21.

Le voile dans le mariage chrétien[modifier | modifier le code]

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Encore de nos jours beaucoup de mariées portent un voile lors du mariage religieux. D’après l’interprétation que Rosine Lambin, docteur en Sciences des Religions à la Sorbonne22, fait des textes de Paul de Tarse, le voile de la mariée est, comme celui des religieuses, un voile de sacrifice impliquant aussi la soumission de la femme à son époux23.

Dans la tradition musulmane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hijab.

Deux jeunes femmes iraniennes portant le voile.

La femme musulmane n’est pas censée se couvrir à son domicile en présence de ses « mahrams », c’est-à-dire tout homme avec lequel il lui est interdit de se marier, faisant partie du cercle incestueux établi religieusement. La liste des mahrams face auxquels la musulmane n’est pas obligée de porter le voile est détaillé au verset 31 de la sourate an-Nour (« de la Lumière ») dans le Coran (voir ci après).

L’article consacré au hijab détaille sans qu’il soit besoin d’y revenir ici, les composantes religieuses et/ou coutumières de cet habitus dont existent de nombreuses variantes locales : le tchador dans le monde persan, le niqab dans le monde bédouin, le sefseri tunisien, la burqa ou le tchadri afghans.

Bien que la façon de le porter soit contestée au sein même de l’Islam, le port du voile est traditionnellement considéré comme obligatoire ; les différentes écoles des deux principaux mouvements (chiites et sunnites) sont unanimement d’accord sur cette question car l’obligation de le porter est de source divine. Clairement mentionné dans le Coran à deux reprises :

Dans le chapitre 24 du Coran (sourate an-Nour) verset 31 : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté, c’est plus pur pour eux, Allah est, certes, parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font (30) Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. »

Dans le chapitre 33, chapitre “Les coalisés” = “Sourat al’ahzèb”, verset 59 : “Ô prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : Elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. (59) ” Coran

Le Coran étant considéré par les musulmans comme la révélation divine, représente la première source de loi et de commandement en Islam, suivie par la tradition prophétique transmise oralement ou par écrit. C’est ainsi, la source de l’obligation de porter le voile en Islam.

Certains musulmans peu ou pas pratiquants s’abstiennent de cette obligation voire la nient en présence des textes cités ci-dessus, d’autres l’appliquent sans plus et sans aucune contrainte vestimentaire, ayant pour argument l’absence d’uniforme en islam mais l’existence uniquement de conditions, en effet, le vêtement ne doit pas être moulant, transparent ou être ostentatoire dans le sens où il attirerait le regard, le but du voile étant, entre autres, la sobriété et la neutralité en société. D’autres plus “orthodoxes” préfèrent appliquer l’obligation dans l’aspect le plus poussé, vêtement très ample, couleur sombre et dans certains cas tout le corps est dissimulé au regard y compris le visage.

La différence d’application est donc liée en partie au niveau de pratique mais aussi au courant d’exégèse des textes, suivi par la personne en question.

Toutefois, si les interprétations traditionnelles tendent à vouloir obliger la femme à porter le voile, des musulmans historiens de l’islam tels que Malek Chebel notent qu’aucun texte sacré pour les musulmans ne parle de ce genre de voile.

On peut d’ailleurs vérifier dans les extraits mentionnés plus haut que seule une interprétation subjective permet d’en déduire l”obligation de porter un voile sur la tête, mais que ces extraits n’en font pas explicitement mention.

Le voile a une origine pré-islamique, et certains peuvent lui reprocher son côté sexiste, seules les femmes ayant selon ces traditions l’obligation de le porter – alors que, ben évidemment, hommes comme femmes possèdent une chevelure.

Mustafa Kemal Atatürk a interdit le port du voile en 1924 en Turquie : “Mais pourquoi nos femmes s’affublent-elles encore d’un voile pour se masquer le visage, et se détournent-elles à la vue d’un homme ? Cela est-il digne d’un peuple civilisé ? Camarades, nos femmes ne sont-elles pas des êtres humains, doués de raison comme nous ? Qu’elles montrent leur face sans crainte, et que leurs yeux n’aient pas peur de regarder le monde ! Une nation avide de progrès ne saurait ignorer la moitié de son peuple !”.

Réza-Shah, le 8 janvier 1936, interdit le port du voile en Iran.

Le hijab voile ou foulard islamique, désigne un vêtement féminin porté par des femmes musulmanes et qui couvre leur tête en laissant le visage apparent.

Lorsque le visage est couvert, on ne parle pas de hijab mais plutôt de voile intégral qui peut prendre la forme d’un niqab, d’un sitar ou d’une burqa.

Le fait de cacher ses cheveux peut dans certains contextes être considéré comme le signe d’une éducation convenable. Dans les années 60 les femmes françaises des milieux populaires évitaient par exemple de sortir en cheveux en dehors de leur quartier, ainsi qu’en témoignent des reportages d’époque24.

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Voile islamique en Europe

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Femme couverte d’un hijab à Liverpool.

Les affaires du voile islamique font référence à des débats et des conflits qui entourent le port d’un vêtement dans l’espace public, car une connotation religieuse lui est attribuée. Des lois tentent de réglementer le port du voile dans l’espace public. La réglementation s’élabore progressivement, au fur et à mesure que se construit la jurisprudence dans les tribunaux.

Sommaire

1 Les différents types de voile en cause

2 Situation dans l’Union européenne

3 Situation par pays

3.1 Allemagne

3.2 Belgique

3.3 Bulgarie

3.4 Danemark

3.5 Espagne

3.6 France

3.7 Kosovo

3.8 Pays-Bas

3.9 Royaume-Uni

3.10 République Tchèque

3.11 Suisse

4 Voir aussi

4.1 Bibliographie

4.2 Articles connexes

4.3 Liens externes

5 Notes et références

Les différents types de voile en cause[modifier | modifier le code]

Une femme afghane en tchadri

Les affaires de voile islamique concernent de façon indifférenciée plusieurs types de voile. Cela va du simple foulard couvrant la tête mais gardant le visage visible, le hijab, en passant par le niqab qui ne laisse que les yeux visibles, le tchadri1 voile porté par les femmes afghanes recouvrant l’intégralité du corps, jusqu’au tchador le voile porté par les femmes en Iran, qui ne cache pas le visage. La critique du port du foulard porte sur la conception de la place de la femme dans la société et sur le risque de prosélytisme dans des milieux réputés neutres, comme les écoles, la fonction publique ou les lieux accueillant de multiples confessions. Dans le cas de voiles plus importants se rajoutent les risques ou les gênes qu’entraîne ce voile pour l’activité elle-même. C’est le cas de la conduite d’une voiture, de l’accompagnement d’enfants lors d’une sortie ou de l’impossibilité de reconnaître l’identité d’une femme lors de la signature d’un contrat, d’un engagement ou d’un contrôle d’identité par exemple.

Situation dans l’Union européenne[modifier | modifier le code]

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), a rendu deux arrêts, concernant deux affaires, le 14 mars 2017, sur le port du voile dans les entreprises privées au sein de l’Union européenne. Elles ont le droit, sous conditions, d’interdire le port du voile à leurs salariées, mais précise néanmoins le cadre dans lequel une telle mesure peut être mise en œuvre sans être discriminatoire. Il faut en premier lieu qu’un règlement intérieur de l’entreprise prévoit l’interdiction pour les salariés de porter sur le lieu du travail des signes visibles de leurs convictions politiques, philosophiques ou religieuses. Si cette règle aboutit à une « discrimination indirecte », à savoir que seules les femmes musulmanes choisissant de porter le voile sont concernées par la mise en œuvre de cette règle, il faut que cela soit objectivement justifié par un objectif légitime tel que la poursuite par l’employeur, dans ses relations avec ses clients, d’une politique de neutralité2,3

Situation par pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

D’une manière générale, il appartient au législateur de chaque Land d’interdire ou non le port du foulard par les enseignantes. Six Länder ont voté une loi interdisant aux enseignantes le port de signes ostensibles d’appartenance religieuse. Il s’agit des Länder de Bade-Wurtemberg, Brême, Bavière, Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et Sarre. Les Länder de Berlin et de Hesse ont développé cette interdiction pour tous les agents publics.

En Bavière, le Tribunal constitutionnel régional du Land a rejeté, lundi 15 janvier 2007 à Munich, la plainte d’une communauté religieuse islamique désirant faire annuler une loi qui proscrit, depuis 2005, le voile pour les enseignantes dans les écoles bavaroises4.

L’interdiction du port du voile intégral dans l’espace public s’étend dans de nombreux Länder5.

Le 27 avril 2017, les députés allemands adoptent une loi interdisant partiellement le port du voile intégral, notamment pour les fonctionnaires (les agents publics doivent avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions)6.

Belgique[modifier | modifier le code]

Certaines dispositions visant à interdire la dissimulation du visage en public avaient déjà été prises depuis bien longtemps au niveau local (notamment via certains règlements de police).

Le Conseil de l’enseignement de la Région flamande a interdit le 11 septembre 2009 le port du voile islamique dans les écoles publiques à partir de 20107. Le samedi 26 septembre 2009, une manifestation a rassemblé des opposants au port du voile islamique dans les écoles de la communauté française de Belgique8. Le lendemain, le président du Mouvement réformateur, Didier Reynders, a proposé l’interdiction du port de tout signe religieux ostensible dans l’école publique jusqu’à l’âge de 16 ans9.

En avril 2010, les députés belges sont les premiers à avoir voté en Europe, à la quasi unanimité, des dispositions visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage. Le parcours législatif du texte est cependant interrompu en raison de la dissolution du parlement et le débat est relancé par la législature suivante. La loi est finalement adoptée par le parlement en avril 2011. Elle entre en application en juillet 2011 et prévoit, pour les contrevenants, une amende de 137,50 euros et jusqu’à sept jours d’emprisonnement. En décembre 2012, La cour constitutionnelle rejette les recours introduits contre cette loi10.

Le 31 mai 2016, dans une affaire opposant une salariée licenciée après avoir manifesté sa volonté de porter un voile sur son lieu de travail, l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne, saisie par la justice belge au titre de la question préjudicielle, se prononce en faveur de l’interdiction du voile selon les motifs suivants : “L’interdiction faite à une travailleuse de religion musulmane de porter un foulard islamique au travail ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion au sens de l’article 2, paragraphe 2, sous a), de la directive 2000/78/CE, si cette interdiction s’appuie sur un règlement général de l’entreprise interdisant les signes politiques, philosophiques et religieux visibles sur le lieu de travail et ne repose pas sur des stéréotypes ou des préjugés relatifs à une ou plusieurs religions déterminées ou aux convictions religieuses en général. Une telle discrimination peut être justifiée pour mettre en œuvre dans l’entreprise concernée une politique de neutralité en matière de religion et de convictions fixée par l’employeur, pour autant que le principe de proportionnalité soit respecté.”11,12

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 2016, l’Assemblée nationale vote une loi interdisant « le port dans les lieux publics de vêtements dissimulant partiellement ou complètement le visage », ce qui inclut la burqa et le niqab13.

Danemark[modifier | modifier le code]

Le 6 février 2018, le gouvernement danois annonce son intention d’interdire le voile intégral (burqa ou niqab) dans les lieux publics14

La loi du 1er août 2018 interdit de se dissimuler le visage en public, ce qui implique l’interdiction du port du niqab et de la burqa en public15.

Espagne[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 2007, le voile ne faisait pas réellement débat en Espagne. Cependant, la population immigrée a très fortement augmenté ces dernières années[réf. nécessaire] et, à la rentrée 2007, le cas d’une fillette de 9 ans voilée à l’école a suscité un fort émoi. Durant la campagne législative, le 7 février 2008 un des responsables du PP, Ignacio Astarloa, a déclaré qu’il fallait que le voile « ne soit pas un élément de discrimination, ni à l’école ni dans aucune autre situation »16. Les sénateurs espagnols ont approuvé en juin 2010 une motion invitant le gouvernement socialiste au pouvoir d’interdire le voile islamique intégral dans les lieux publics17.

Une élève d’origine marocaine d’un lycée public de la région de Madrid portant le voile islamique a été exclue en avril 201018. De nombreuses communes adoptent des arrêtés contre le port du voile intégral19.

France[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Affaires du voile islamique en France et Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

La loi du 11 octobre 2010 interdit de se dissimuler le visage en public ce qui implique l’interdiction du port du niqab et de la burqa en public20.

Kosovo[modifier | modifier le code]

Le pays a adopté une loi interdisant le port de symboles religieux dans les établissements publics21. Après ce vote, les musulmans bloquèrent les routes de la capitale. En manifestant tous les vendredis après la prière. Ce qui força l’État à revoir l’interdiction fraîchement votée au parlement. Quelques mois après, le voile est de nouveau autorisé dans les écoles publiques[réf. nécessaire].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

La ministre de l’Intégration et de l’Immigration, Rita Verdonk a annoncé en novembre 2006 que les Pays-Bas déposeront un projet de loi visant à interdire les vêtements couvrant le visage en public22,23.

Bien que l’interdiction ait fait l’objet d’un débat public, la législation résulte directement d’une motion présentée au parlement des Pays-Bas par le politicien Geert Wilders, qui souhaite lutter contre l’immigration. Le gouvernement a retardé ce débat en raison du conflit de cette loi avec celle sur la liberté de religion. Le troisième cabinet Balkenende a estimé cependant que ces questions ne font plus obstacle à la législation. La proposition a été condamnée par les organisations musulmanes24. Lors des élections générales de novembre 2006, le Parti pour la liberté de Wilders a gagné 9 sièges (sur 150). Il prône une interdiction complète de la burqa et une interdiction du foulard islamique dans la fonction publique ; tous les autres partis refusent de l’inclure dans une coalition.

Un groupe de femmes musulmanes a organisé une manifestation pro-bourka au parlement nouvellement élu à La Haye, le 30 novembre 2006. La manifestation a attiré l’attention des médias nationaux, bien qu’il y ait eu seulement 20 participants25.

Après l’élection de 2006, le nouveau cabinet n’a pas pris de décision définitive sur l’opportunité d’introduire une interdiction et a donné des signaux contradictoires26.

En février 2007, un sondage indiquait que 66 % des Néerlandais étaient pour une interdiction du voile ; 32 % s’y opposaient27.

Un mémo du ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas divulgué par l’Algemeen Dagblad met en garde contre le risque d’une éventuelle controverse de même ampleur que celle des caricatures de Mahomet du Jyllands-Posten28.

Le projet de loi aux Pays-Bas s’applique au niveau national, mais auparavant les écoles et autres institutions ont appliqué leurs propres interdictions des robes islamistes complètes mais généralement pas quand il s’agissait uniquement d’un foulard islamique.

Les entreprises ont aussi leurs propres règlements intérieurs. Les cas de licenciements ou d’exclusions de l’école sont parfois traités par la Commission de l’égalité des Pays-Bas, créant de facto des lignes directrices nationales sur ce qui constitue ou non une discrimination29.

À Amsterdam, des règlements intérieurs d’école ont attiré l’attention des médias après un incident en 2003 : une grande école a exclu trois étudiantes pour le port du tchador. L’une a été expulsée par la police quand elle a essayé d’entrer dans l’école en portant le tchador. Une entrée non autorisée dans l’établissement est qualifiée d’intrusion. La police avait donc la capacité juridique pour agir ainsi. Les étudiantes ont fait appel à la Commission de l’égalité, qui a tranché en mars 2003 en faveur de l’école30. L’école justifie l’interdiction au motif que le tchador « empêchait tout contact avec les yeux qui témoigne d’un respect mutuel ». La Commission a donné raison à l’école indiquant que l’enseignement nécessite le contact et la communication et que ceci l’emporte sur les aspects de liberté religieuse. Le ministre de l’éducation, Maria van der Hoeven, du parti chrétien-démocrate CDA a publiquement approuvé la décision de la Commission. Le parti chrétien-démocrate CDA d’Amsterdam a ensuite appelé à une interdiction nationale du tchador, de la bourka et du hidjab dans les écoles, en partie au motif qu’ils sont en conflit avec les valeurs nationales31.

Les villes d’Amsterdam et Utrecht ont proposé la suppression des prestations de sécurité sociale aux femmes sans emploi portant une burqa, au motif que cela les rend inaptes au travail dans un pays non musulman32.

En mai 2015, le ministère de l’Intérieur du gouvernement néerlandais adopte un projet de loi interdisant le port du voile intégral dans certains lieux publics mais qui reste autorisé dans la rue : « Des vêtements dissimulant le visage seront interdits dans les bâtiments de l’enseignement et ceux des soins de santé, du gouvernement et dans les transports publics »33,34.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Certains hommes politiques du Royaume-Uni ont entrepris d’ouvrir le débat à la suite des attentats de Londres de juillet 2005[réf. nécessaire]. Le débat a été relancé en octobre 2006 par le ministre des Relations avec le Parlement, Jack Straw, qui s’est dit favorable à ce que les musulmanes ne portent pas le voile, y voyant le symbole de la séparation des communautés. Le Premier ministre Tony Blair a lui aussi estimé que le voile islamique constituait une « marque de séparation », mais a appelé à une discussion sur l’intégration de la communauté musulmane. Ainsi, une enseignante de la ville de Dewsbury, âgée de 24 ans, s’est vue refuser le droit de porter le voile en classe par la justice britannique35.

De nombreuses agressions anti-islamiques dans la population ont été constatées[réf. nécessaire]. Tony Blair, après avoir appelé la communauté musulmane à plus de responsabilité vis-à-vis des courants terroristes vivant en son sein, s’est seulement axé sur des mesures législatives renforçant la lutte contre le terrorisme, en évitant toute stigmatisation communautaire. Il a nommé Tariq Ramadan et une douzaine de personnalités pour conseiller le gouvernement du Royaume-Uni dans sa lutte contre le terrorisme.

En décembre 2013, une employée voilée de Marks & Spencer a refusé d’encaisser un client qui voulait acheter une bouteille de champagne au nom de ses convictions religieuses. La chaîne britannique s’est défendue en mettant en avant la politique du magasin qui respecte toutes les croyances religieuses 36. La polémique enfle rapidement 37,38,39

République Tchèque[modifier | modifier le code]

En septembre 2014, une étudiante somalienne en hijab est contrainte de quitter une école d’infirmières de Prague. Cela entraîne un vif débat dans la classe politique 40.

Suisse[modifier | modifier le code]

La Fédération de basketball Probasket a confirmé l’interdiction du port du voile dans les matches officiels conformément au règlement de la Fédération internationale FIBA qui interdit le port de symboles religieux41.

Le grand conseil d’Argovie voulait interdire le port du voile intégral dans l’espace public via une initiative42 mais l’initiative parlementaire fut classée sans suite vu que le nombre de personnes concernées étant « dérisoire »43.

Le canton d’Argovie a toutefois accepté une autre initiative cantonale demandant à la Confédération d’interdire la burqa, initiative refusée le 21 janvier 2011 par la Commission des institutions politiques (CIP) du Conseil des États qui se prononce contre une interdiction de la burqa, estimant que « porter le voile pour des raisons religieuses en Suisse ne pose pas de réel problème »44. Quatre jours plus tard, le canton de Soleure refusait également de légiférer sur la burqa45, emboîtant le pays aux cantons de Schwyz46, de Berne et de Bâle-Ville, s’étant déjà prononcé contre de telles lois44. Dans le canton de St-Gall, le Conseil scolaire voulait interdire le port du voile islamique dans les écoles à la suite de nombreuses demandes d’information de la part de plusieurs communes47. Le Tribunal fédéral, par un arrêt du 11 juillet 2013, confirme la décision du Tribunal Administratif thurgovien qui lève l’interdiction du voile décidé par les autorités de la commune de Bürglen, créant ainsi une jurisprudence en la matière 48. À la suite de cette décision, le parti UDC réfléchit au lancement d’une initiative pour l’introduction d’une loi fédérale interdisant le voile dans les lieux publics.

Le dimanche 22 septembre 2013, le canton du Tessin vote à 66 % pour une interdiction de se dissimuler le visage dans les lieux publics49.

Le dimanche 7 mai 2017, la Landsgemeinde du canton de Glaris refuse à environ deux contre un une interdiction de se dissimuler le visage dans l’espace public50.

D’ici 2019, les Suisses seront appelés à se prononcer sur une interdiction de la burqa, ou voile intégral51.

Affaires du voile islamique en France

S

Différents types de hijab.

De gauche à droite (et de haut en bas) : New Jersey, États-UnisIranNangarhâr, AfghanistanJordanie

Les affaires du voile islamique sont une série d’événements et de polémiques fortement médiatisés en lien avec le port du voile islamique (ou hijab) en France. Les polémiques prenant ces événements pour objet, les constituant ainsi en « affaires », se sont généralement déployées autour de la notion de laïcité, envisagée de manière plus ou moins extensive.

Parmi les affaires célèbres, on peut citer l’affaire des collégiennes de Creil (1989), l’affaire de la crèche Baby Loup (2010-2014) et l’émeute urbaine de Trappes liée à un contrôle controversé d’une femme portant le voile intégral (2013).

Ces évènements et ces polémiques ont donné lieu à deux lois : la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (2004) et la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (2010).

Sommaire

NotesHistoire[modifier | modifier le code]

Débats autour de la loi de 1905 et de la question des vêtements religieux[modifier | modifier le code]

La population musulmane en France métropolitaine a longtemps été très réduite jusqu’à une période récente. Si bien que des problèmes liés au voile sont rarement apparus. Lors des virulents débats du début du xxe siècle qui se sont conclus par la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, ce point ne fut jamais sujet de débat, alors que, par exemple, on débattait sur l’interdiction ou non des vêtements religieux chrétiens dans certains lieux.

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Arrêté du 10 septembre 1900 interdisant le port de la soutane.

Ainsi, le 10 septembre 1900, Eugène Thomas, maire du Kremlin-Bicêtre, prend un arrêté interdisant le port de la soutane sur le territoire de la commune. Eugène Thomas se justifie ainsi :

« Le clergé est un groupe de fonctionnaires […] qu’il importe particulièrement, en raison de leur nombre, de leur indiscipline naturelle et de la nature même de leurs fonctions complètement inutiles au bien de l’État, de les rappeler en toutes choses au respect absolu de toutes les lois. […] Si le costume dont s’affublent les religieux peut favoriser leur autorité sur une certaine partie de la société, il les rend ridicules aux yeux de tous les hommes raisonnables et l’État ne doit pas tolérer qu’une catégorie de fonctionnaires serve à amuser les passants1. »

Plusieurs arrêtés du même genre sont pris par les maires anti-cléricaux de certaines villes françaises. Ces arrêtés municipaux interdisant le port de la soutane sont systématiquement jugés illégaux par le Conseil d’État et donc annulés2.

Sous le régime du Concordat, le port de la soutane était d’ailleurs réglementé[réf. souhaitée].

Lors des débats sur la loi de 1905, un amendement est déposé par le député radical socialiste de la Drome, Charles Chabert, afin que le port de la soutane soit interdit en dehors des lieux de culte. Pour justifier cette interdiction, le député met notamment en avant la dignité et l’émancipation des cléricaux, ainsi que des motifs tenant à l’ordre public (risques de réactions anti-cléricales au passage des prêtres en soutane dans les villes françaises). Le rapporteur de la loi de 1905, Aristide Briand répond au député en disant que :

« Le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique… n’est pas le résultat d’une omission mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même d’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule, que de vouloir par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements… La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres ou non, c’est la seule solution qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation. »

L’amendement est rejeté3. La loi de 1905 énonce dans son article 1er :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. »

La loi instaure donc un régime libéral. Selon son rapporteur, Aristide Briand, « toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. […] Le principe de la liberté de conscience et du libre exercice du culte domine toute la loi4. »

Politique coloniale française et « cérémonies de dévoilement » en Algérie française[modifier | modifier le code]

La première confrontation de la culture française avec le voile islamique se produit durant la période de l’Algérie française. Dans des livres comme Les Féministes blanches et l’empire de Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Éwanjé-Épée qui s’appuie sur L’An V de la révolution algérienne de Frantz Fanon, les auteurs reviennent sur les cérémonies de dévoilement en Algérie en mai 1958 par les généraux putschistes et leurs épouses5.

Enquêtes et statistiques[modifier | modifier le code]

L’enquête intitulée « Trajectoires et origines » (TEO) menée par l’Insee et l’Ined en 2008 traite de l’immigration. Selon l’hebdomadaire Marianne, cette enquête montre que « la sécularisation (l’émancipation des préceptes religieux) qui gagnait à grande vitesse la société française — immigrés musulmans compris — a laissé place depuis les années 80 à une forte réislamisation. […] Le voile et la forte progression des interdits alimentaires dans tous les milieux en sont les aspects visibles6. »

Chronologie des affaires célèbres et des réponses politiques et législatives apportées[modifier | modifier le code]

Affaire des collégiennes de Creil (1989)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voile islamique dans les écoles en France#L’affaire de Creil (septembre 1989).

Création du Haut Conseil à l’intégration (1989-2012)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Haut Conseil à l’intégration.

Le Haut Conseil à l’Intégration est créé par un décret du 19 décembre 1989 dans le contexte des premières « affaires du foulard »7. Le Haut Conseil à l’intégration a pour mission de « donner son avis et de faire toute proposition utile, à la demande du Premier ministre, sur l’ensemble des questions relatives à l’intégration des résidents étrangers ou d’origine étrangère8. » Une « mission laïcité » est officiellement installée en son sein en 2011 par le président de la République Nicolas Sarkozy.

La « mission laïcité » du HCI et le HCI lui-même ne sont pas reconduits dans leurs fonctions à la fin de l’année 2012, et le nouveau président de la République François Hollande installe le 8 avril 2013 l’Observatoire de la laïcité, créé en 2007 par Jacques Chirac mais jamais mis en place. En effet, « depuis le 24 décembre 2012, le Président et les membres du collège du Haut Conseil à l’intégration ne sont plus en fonction. À compter de cette date et en l’absence de collège, le HCI n’est donc plus en situation d’émettre des avis, ni de publier des rapports9. » Le dernier document de travail de la « mission laïcité » du HCI, publié en 2013 (mais jamais remis officiellement), suscitera la polémique en recommandant l’interdiction du port du voile à l’université10.

Nouvelles polémiques sur le port du voile et rapport de la Commission Stasi (2004)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Commission Stasi.

Le 19 avril 2003, à l’occasion du congrès de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) au Bourget, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, au sujet de l’universalité de la loi, déclare en vouloir une sur l’obligation d’avoir la tête nue lors de la prise de photos d’identité11. Les médias reprennent alors le sujet du « port du voile », qui concerne progressivement l’école, et l’idée d’une loi gagne des partisans, dont le président de la Chambre des députés11. Peu convaincu de la nécessité d’une loi, le président de la République Jacques Chirac met toutefois sur pied, le 3 juillet, une commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République, ou commission Stasi, du nom de son président11. Les auditions publiques effectuées à la rentrée font ressortir une « dégradation de la situation sociale », qui pousse ses membres à faire vingt-sept propositions dans le rapport qu’ils remettent le 11 décembre au président de la République11,12,13. Parmi elles, figurent l’interdiction législative de signes religieux « ostensibles », dont fait partie le voile, dans les écoles, collèges et lycées publics13.

Loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (2004)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises.

La loi 2004-228 « encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics » du 15 mars 2004 crée l’article L.141-5-1 du code de l’éducation qui dispose que « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. »

Cette loi ne porte que sur les écoles, collèges et lycées de l’enseignement public (cf. Loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises), et ne saurait être étendue aux autres usagers d’autres services14. De plus, la loi ne concerne pas uniquement les personnes portant des signes « ostentatoires » de la religion musulmane, les signes ostentatoires d’autres religions telles le judaïsme, le christianisme, l’hindouisme, etc., étant également interdits.

Polémique autour des parents accompagnateurs de sorties scolaires (2006-2014)[modifier | modifier le code]

Discussions antérieures à 2007[modifier | modifier le code]

Extrait d’une question de Alima Boumediene-Thiery au Sénat : « Des mamans portant un foulard sont ainsi parfois exclues des activités périscolaires ou des réunions de parents d’élèves, et se voient interdire l’accès à l’établissement. Le ministre de l’Éducation nationale a pourtant rappelé que la loi ne s’appliquait pas aux adultes ne faisant pas partie de la communauté éducative, tels que les parents d’élèves ou les aumôniers. Le Premier ministre l’a confirmé. L’argument selon lequel les parents ont le statut de collaborateurs occasionnels du service public dès lors qu’ils accompagnent les classes scolaires ne tient pas. La jurisprudence est claire : cette assimilation ne sert qu’à permettre au parent accompagnateur d’obtenir une indemnisation de l’État en cas d’accident. Elle ne doit en aucun cas conduire à trier les parents d’élèves15. »

Extrait de la réponse au Sénat de Christian Estrosi lorsqu’il était ministre délégué à l’Aménagement du territoire en 200616 : « Les règles susceptibles de s’appliquer à la situation des mères d’enfants scolarisés relèvent de la compétence du ministre de l’Éducation nationale. Le parent encadrant une activité périscolaire est assimilé à un collaborateur occasionnel du service public, ce qui l’oblige au respect du principe de neutralité. La circulaire du 18 mai 2004 mentionne expressément que « les agents contribuant au service public de l’éducation, quels que soient leur fonction et leur statut, sont soumis à un devoir strict de neutralité qui leur interdit le port de tout signe d’appartenance religieuse17. »

Extrait du rapport du groupe de travail présidé par André Rossinot sur « La laïcité dans les services publics » de septembre 2006 page 34 : « Elle [l’obligation de neutralité] concernerait également les collaborateurs du service public, y compris bénévoles, intervenant en milieu hospitalier, en milieu scolaire, dans le secteur social ou encore sportif »18.

Position de la HALDE (2007)[modifier | modifier le code]

Dans une délibération rendu le 15 mars 2007, la HALDE énonce:

« Huit mères d’élèves sont exclues de la participation à des activités éducatives et/ou de l’encadrement de sorties scolaires en raison du port du foulard. La haute autorité rappelle que ni le principe de laïcité, ni celui de neutralité du service public ne s’opposent a priori à ce que des mères d’élèves portant le foulard collaborent, en leur qualité de parents, au service public de l’enseignement dans le cadre d’activités éducatives et de sorties scolaires, le refus de principe apparaissant susceptible de caractériser une discrimination dans l’accès à une activité bénévole fondée sur la religion. Elle recommande aux conseils d’école de revoir les règlements intérieurs applicables et/ou leur interprétation en ce sens et au ministre de l’Education nationale de prendre toute mesure pour garantir le respect du principe de non-discrimination religieuse selon les mêmes modalités sur l’ensemble du territoire19. »

La HALDE relève notamment que d’une part, les parents accompagnateurs sont expressément exclus du champ d’application de la loi du 17 mars 2004 relative au port de signes religieux à l’école et que d’autre part, les parents d’élèves sont des usagers du service public et non des agents publics, et qu’ils ne sont donc pas soumis au principe de laïcité et de neutralité des services publics.

La HALDE considère également que l’interdiction faite aux parents d’élèves portant des signes religieux d’accompagner les enfants lors de sorties scolaires porte atteinte à la liberté religieuse (article 9 de la convention européenne des droits de l’homme) et constitue une pratique discriminatoire (directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail).

Réactions[modifier | modifier le code]

Extrait d’une tribune du 10 décembre 2007 publiée par Libération20 : « Qu’il soit ou non rémunéré ne change rien. Cautionner la présence d’accompagnateurs se discriminant eux-mêmes par le port de signes distinctifs indiquant un choix politique et (ou) religieux, c’est oublier la valeur d’exemplarité de l’adulte aux yeux de l’élève. » La publication de cette tribune contre la recommandation de la HALDE a été signée par de très nombreuses associations de protection des droits de l’homme : la LICRA, Ni putes ni soumises, SOS Racisme, Syndicat national du personnel de direction (SNPDEN-Unsa éducation), Union des familles laïques (UFAL)21.

Proposition de loi (2008)[modifier | modifier le code]

Françoise Hostalier et d’autres députés ont déposé une proposition de loi le 22 juillet 2008 à l’Assemblée nationale visant à interdire le port de signes ou de vêtements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, politique ou philosophique, à toute personne investie de l’autorité publique, chargée d’une mission de service public ou y participant concurremment22.

Recommandation du Haut conseil à l’intégration (2010)[modifier | modifier le code]

En mars 2010, le Haut Conseil à l’intégration remet au Premier ministre des recommandations relatives à l’expression religieuse dans les espaces publics de la République23,24. Dans sa recommandation no 4, le HCI recommande « l’adoption de mesures législatives afin de faire respecter le principe de laïcité à tous les collaborateurs occasionnels du service public » et notamment aux « accompagnateurs scolaires des écoles, collèges et lycées publics ».

La « circulaire Chatel » (2012)[modifier | modifier le code]

Le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel, dans une lettre datée du mercredi 2 mars 2011, exprime son accord avec la directrice d’un établissement scolaire de Seine-Saint-Denis, qui refuse la participation d’une mère d’élève portant le voile islamique durant les sorties scolaires. Il considère que dans ce type de situation, les parents d’élèves se placent dans une « situation comparable à celle des agents publics », et qu’ils doivent donc accepter « de se soumettre aux principes fondamentaux de ce service public », qui impliquent « la neutralité ». Luc Chatel ajoute qu’« il ne faut pas transiger avec la laïcité ». Le tribunal administratif de Montreuil (93) a estimé mardi 22 novembre 2011 que le règlement intérieur d’une école peut légalement exiger « des parents volontaires pour accompagner les sorties scolaires qu’ils respectent dans leur tenue et propos la neutralité de l’école laïque. »25. Dans une étude adoptée par l’assemblée générale du Conseil d’État le 19 décembre 2013, ce dernier indique: « Dans un même ordre d’idées, les exigences liées au bon fonctionnement du service public de l’éducation peuvent conduire l’autorité compétente, s’agissant des parents d’élèves qui participent à des déplacements ou des activités scolaires, à recommander de s’abstenir de manifester leur appartenance ou leurs croyances religieuses »26. Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, indique le jour même dans un communiqué : « la circulaire [Chatel] du 27 mars 2012 reste valable »27. Elle prévoit : « il est recommandé de rappeler dans le règlement intérieur que les principes de laïcité de l’enseignement et de neutralité du service public sont pleinement applicables au sein des établissements scolaires publics. Ces principes permettent notamment d’empêcher que les parents d’élèves ou tout autre intervenant manifestent, par leur tenue ou leurs propos, leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques lorsqu’ils accompagnent les élèves lors des sorties et voyages scolaires »28.

Réactions[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 2013, une manifestation est organisée contre l’exclusion des mères voilées des sorties scolaires29.

Étude du Conseil d’État du 19 décembre 2013[modifier | modifier le code]

Dans son étude du 19 décembre 2013, le Conseil d’État confirme que les parents accompagnateurs de sorties scolaires ne sont pas soumis au principe de neutralité : « l’emploi par diverses sources et pour des finalités diverses, de la notion de “collaborateur”, “collaborateur occasionnel” ou “participant” ne dessine pas une catégorie juridique dont les membres seraient, entre autres, soumis à l’exigence de neutralité religieuse ». Il précise cependant que ces parents peuvent voir leur liberté de manifester leurs opinions religieuses limitée lorsqu’il y a une atteinte à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service30. Le 12 mai 2015, le tribunal administratif de Nice a rendu un jugement en ce sens31.

Position de la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem (2014)[modifier | modifier le code]

Le 21 octobre 2014, devant l’Observatoire de la laïcité, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem rappelle la position du Conseil d’État en indiquant donc que « l’autorisation est la règle et l’interdiction l’exception »32.

Guide laïcité et collectivités locales de l’Observatoire de la laïcité (2015) et autres réactions[modifier | modifier le code]

Dans son guide pratique, mis à jour en 2015, à destination des élus et des fonctionnaires, l’Observatoire de la laïcité rappelle le droit positif applicable en citant le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative française. Il confirme donc la position de la ministre de l’Éducation nationale33. Beaucoup plus critique, l’ancienne secrétaire d’État chargée des Affaires étrangères et des Droits de l’homme Rama Yade, interrogée en janvier 2015 au sujet des attentats islamistes en France, pointe du doigt les différentes atteintes à la laïcité autorisées par les gouvernements successifs citant en exemple le fait d’autoriser des « accompagnatrices voilées à participer aux sorties scolaires »34.

Considération sur le « voile intégral » (2006-2010)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Voile intégral, Niqab et Burqa.

Niqab.

Le 26 avril 2006, le député Jacques Myard a déposé une proposition de loi visant à lutter contre les atteintes à la dignité de la femme résultant de certaines pratiques religieuses. L’article 1er de ce texte indique : « Aucune prescription culturelle ou religieuse n’autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le territoire de la République doit avoir le visage découvert permettant aisément sa reconnaissance ou son identification35. »

En 2009, le niqab (long voile noir qui ne laisse apparaître que les yeux de la femme) et le tchadri (voile intégral porté par les femmes afghanes, le plus souvent bleu et muni d’un “grillage”) semblent de plus en plus en vogue dans certains quartiers de villes françaises36. La DCRI estime « lors d’une première approche rapide37 » le nombre à près de 40038. Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, estime que la multiplication de ces tenues est le signe « du progrès de certaines tendances fondamentalistes ». 58 députés de toute tendance (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 Nouveau Centre et 3 non-inscrits) signent une proposition de résolution rendue publique le 18 juin 200939 qui demande de créer une commission pour « étudier la question et dialoguer », comme le déclare l’initiateur, le député communiste et maire de Vénisseux André Gerin40,41. Le 19 juin 2009, la question fait la une des journaux en France42,43,44,45. Le 22 juin 2009, Nicolas Sarkozy annonce, lors de son discours du Congrès de Versailles, que la mission d’information installée à l’Assemblée nationale le 1er juillet 2009 et présidée par André Guérin commencera ses travaux pour six mois le 8 juillet 200946.

Le 30 juillet 2009, le Service Départemental d’Information Général (SDIG), attaché au ministère de l’Intérieur, fait l’état de la présence sur le territoire français de 367 femmes portant le voile intégral (il semblerait que ce nombre ait été sous-estimé : selon un nouveau rapport confidentiel47 rédigé durant l’été 2010 par la sous-direction de l’information générale du ministère de l’Intérieur, environ 2000 femmes porteraient le voile intégral en France). Le chiffre de 367 porteuses du voile intégral a soulevé la question de l’utilité d’un débat parlementaire. Claude Bartolone (député PS de Seine-Saint-Denis) déclara que « par rapport au nombre, moins de 400 cas sur 60 millions, une loi, un débat parlementaire » serait comme « sortir un gros pilon pour écraser une mouche48. »

Dans une allocution télévisée du mercredi 24 mars 2010, le président Nicolas Sarkozy déclare : « Trop longtemps, nous avons supporté les atteintes à la laïcité, à l’égalité de l’homme et de la femme, les discriminations. Ce n’est plus supportable. Le voile intégral est contraire à la dignité de la femme. La réponse, c’est l’interdiction du voile intégral. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit ». L’association de défense des droits de l’homme Amnesty International estime pour sa part qu’une interdiction du voile intégral serait une atteinte à la liberté d’expression et de religion. Cependant, l’Égyptien Abdel Mouti al-Bayoumi, membre d’une institution sunnite d’Al-Azhar du Caire et auteur d’un livre contre le port du voile intégral, a salué la décision française d’interdire le port du voile islamique intégral dans l’espace public, estimant que « rien ne le prévoit dans le Coran ou la Sunna49. » De son côté, la Commission nationale consultative des droits de l’homme a émis un avis négatif à une loi prohibant de manière générale et absolue du port du voile intégral50.

Le 2 avril 2010, à Nantes, une jeune femme, vêtue de son niqab est verbalisée alors qu’elle conduisait un véhicule51. Le procès-verbal est dressé au regard de l’article L412-6 du Code la route pour “circulation dans des conditions non aisées” (22 euros d’amende). Le fonctionnaire de police estime que le champ de vision de la jeune femme était réduit. Un recours devant le tribunal de police est introduit par la conductrice. La juridiction de proximité prononce la relaxe de la jeune femme, le 13 décembre 2010, aux motifs suivants : « Si les procès-verbaux font foi jusqu’à preuve contraire, il importe que les circonstances de fait soient clairement exposées dans l’avis de contravention. En l’espèce, les circonstances de fait rapportées exclusivement a posteriori, dans un contexte médiatisé, fondées sur des photos vues dans la presse, ne permettent pas d’établir avec exactitude les circonstances de l’infraction d’autant que dans un premier temps le contrôle a été motivé, ainsi que le rappelle le Ministère Public dans ses réquisitions, par le fait que les vitres du véhicule étaient recouvertes d’un film noir rendant impossible la vision de l’arrière du véhicule. Si aux termes de la première partie de l’article R 412-6 II « Tout conducteur doit se tenir-constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent » il s’agit là d’une prescription d’ordre général qui ne permet pas à elle seule de caractériser une infraction, la loi pénale étant d’interprétation stricte. La seconde partie de cet article énumère les circonstances susceptibles de gêner les possibilités de mouvement et le champ de vision à savoir le nombre ou la position des passagers, les objets transportés ou l’apposition d’objets non transparents sur les vitres. Il résulte du dossier pénal que le contrôle n’a pas permis de relever l’une de ces circonstances et que si les vitres arrière étaient surteintées, le véhicule était aux normes. » « La loi pénale étant d’interprétation stricte, il y a lieu en conséquence de relaxer Mme M… »

Deux affaires similaires se produisent en 2010 à Maubeuge (Nord)52 et à Vaison-la-Romaine (Vaucluse)53. Le tribunal de police de Montpellier a condamné en décembre 2017, deux femmes interceptées au volant par des policiers lors d’un contrôle routier le 24 juillet 2017 à Montpellier. Elles ont été verbalisées pour avoir refusé de découvrir leur visage entièrement voilé pour une identification. La plus âgée (28 ans), présente à l’audience a été condamnée à 150 € d’amende et à l’obligation de suivre un stage de citoyenneté. Son amie, âgée de 25 ans, a été condamnée par défaut aux mêmes peines54.

Loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

Un projet de loi présenté par la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie est examiné en Conseil des ministres le 19 mai 2010. La loi est votée par l’Assemblée nationale le 13 juillet (335 voix contre une)55. La loi crée un nouveau délit qui entrera en vigueur sitôt la loi promulguée, selon lequel tout individu obligeant une femme à porter le voile intégral est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, peines qui sont doublées si la victime est mineure. En outre, le texte condamne la « dissimulation du visage » dans l’espace public, sous peine d’une amende de 150 euros ou d’un stage de citoyenneté pour la personne concernée, peines qui peuvent se cumuler. Ces peines entrent en vigueur au printemps 2011, après six mois de « pédagogie ». De plus, si la personne dissimulant son visage refuse le contrôle de son identité, la loi interdit aux forces de l’ordre de la contraindre physiquement à se dévoiler, mais les autorise à la retenir sur place ou dans un local de police pour un maximum de quatre heures.

Courant juillet, le numéro deux d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri appelle les musulmanes de France à résister à cette interdiction, « même s’il vous en coûte de votre argent, de votre éducation et de vos emplois. Vous êtes des mujahedat (combattantes de la guerre sainte) dans le plus important des champs de bataille »56. En revanche, des personnalités religieuses d’Arabie saoudite ont indiqué dans la presse : « Il est préférable que la femme musulmane se dévoile le visage » si elle se trouve dans un pays interdisant le voile intégral. Elles ajoutent : « Nous ne devons pas affronter les gens dans leur propre pays ou d’autres pays, ou nous attirer des ennuis57. »

Le mardi 14 septembre 2010, la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public en France est définitivement adoptée58, après l’approbation par le Sénat (246 voix contre une) du texte voté par l’Assemblée le 13 juillet.

La Loi n°2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public est publiée au Journal officiel59.

L’article 1: précise “Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage.”

Le président du Conseil français du culte musulman a appelé « les musulmans de France à respecter la loi »60.

À Meaux (Seine-et-Marne), en octobre 2010 un homme de 28 ans est condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir notamment obligé sa femme à porter le voile intégral61. À la suite du vote de la loi, des femmes, en région parisienne, sont verbalisées62,63. La Belgique est le second pays européen à prévoir une interdiction similaire depuis juillet 2011.

Lundi 11 juin 2012 à leur arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur un vol de Qatar Airways en provenance de Doha (Qatar), 3 Saoudiennes sont refoulées après avoir refusé d’enlever leur voile intégral. Elles sont interdites d’entrée sur le territoire français pour avoir refusé de montrer leur visage aux policiers lors du contrôle aux frontières64. Le 25 juillet 2012, le contrôle d’une femme voilée à Marseille dégénère, 3 policiers sont blessés65,66. En août 2012, à Marseille, des manifestants portant des cagoules pour protester contre le procès du groupe russe les Pussy Riot sont emmenés au poste de police du fait de la loi interdisant de se dissimuler le visage. Ils encourent une amende de 150 euros ou un stage de citoyenneté ou les deux67. Un homme arrache, le 12 septembre 2012, le niqab d’une femme qui se promenait à la fête foraine de Nantes. Il doit répondre de violences volontaires en raison de l’appartenance religieuse devant le tribunal correctionnel. Devant les policiers, il explique son geste par sa volonté de « faire respecter la loi »68.

Le tribunal correctionnel de Lille prononce une peine de six mois de prison avec sursis et 1 000 € d’amende à une femme voilée pour avoir refusé un contrôle d’identité69. Lundi 3 juin 2013, une grenobloise âgée de 18 ans est verbalisée après s’être présentée à la préfecture de l’Isère vêtue d’un voile intégral afin de demander un logement. Ayant croisé physiquement le préfet, elle a refusé de retirer son voile70.

La circulaire d’application de la loi dispose que l’interdiction ne vaut pas « si la tenue est justifiée pour des raisons de santé ». Certaines musulmanes contournent donc la loi, en portant un masque de protection respiratoire, en complément d’un simple voile islamique. Une dizaine d’entre elles circulent ainsi affublées, à Trappes (Yvelines) et à Nemours (Seine-et-Marne), fin 2013. Lors d’un contrôle d’identité, une jeune femme « masquée » présente à la police un certificat médical invoquant une insuffisance respiratoire71.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Depuis que la loi est votée, il y a eu 700 contrôles en application de ce texte : 200 correspondent à des individus qui portent des masques et 500 à des femmes voilées. Ces chiffres ont évolué72. Bien moins de 500 femmes cependant car certaines, comme une niçoise contrôlée 29 fois ou Hajar73, dont le contrôle est à l’origine des émeutes de Trappes, sont multirécidivistes74.705 contrôles depuis le vote de la loi, pour 661 procès-verbaux 423 concernaient des femmes entièrement voilées. 30 % dans la (très) grande couronne parisienne . La plupart des contrevenantes sont des femmes entre 20 et 29 ans , 25 d’entre elles étaient mineures. 329 sont nées en France, 68 viennent du Maghreb, six du Moyen-Orient, cinq de Turquie et six de la communauté sub-saharienne75.

Il n’y a pas d’effet dissuasif car les amendes seraient presque toujours payées par l’homme d’affaire Rachid Nekkaz avec son association « Touche pas à ma Constitution » qui affirme avoir réglé 657 amendes, pour 661 verbalisations76,77 depuis juillet 2010 pour 117 000 euros « entre les amendes et les frais d’avocat »78.

Liens entre le port prohibé du voile intégral en France et la propagande des Frères musulmans[modifier | modifier le code]

Pour la journaliste libanaise Nahida Nakad, auteur de Derrière le voile, les femmes qui choisissent de porter le voile intégral privilégient les recommandations religieuses aux lois de la société. « Cette prédominance de la religion sur la citoyenneté est le résultat du travail des Frères musulmans. Ce sont eux qui expliquent que tout musulman appartient d’abord à la Oumma, la nation musulmane. À travers le Conseil du culte musulman, leur place a été institutionnalisée en France79. »

Affaire de la crèche Baby-Loup (2010-2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de la crèche Baby Loup.

En 1991, à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, la crèche Baby Loup ouvre ses portes. Fatima Afif y est employée à partir de 1992 en qualité d’éducatrice de jeunes enfants exerçant les fonctions de directrice adjointe. Fatima Afif porte alors le foulard. Elle bénéficie en mai 2003 d’un congé maternité suivi d’un congé parental jusqu’au 8 décembre 2008. Au cours de cette période de congé, Fatima Afif est informée par la directrice de la crèche, qu’en vertu d’un nouveau règlement intérieur adopté le 15 juillet 2003, elle ne pourra plus revenir travailler avec le foulard qu’elle a l’habitude de porter. À son retour de congé, le 9 décembre 2008, Fatima Afif se présente dans les locaux de l’association vêtue d’un « voile islamique intégral », selon les termes utilisés par son employeur. Elle est alors invitée à « se changer ». Ayant décliné l’invitation, Fatima Afif est convoquée à un entretien préalable à son licenciement et est immédiatement mise à pied à titre conservatoire. Malgré le prononcé de cette mise à pied, Fatima Afif se présente à plusieurs reprises dans les locaux de l’association. Son employeur prétend que Fatima Afif fait alors preuve d’agressivité à l’égard de la directrice de la crèche notamment. Le 19 décembre 2008, Fatima Afif se voit notifier son licenciement pour faute grave. Son employeur lui reproche son insubordination et la violation de ses obligations résultant du règlement intérieur de l’association qui impose les principes de laïcité et de neutralité à son personnel80.

Fatima Afif saisit la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). La dernière décision de Louis Schweitzer, en mars 2010, sera de lui donner raison au motif qu’on ne saurait, dans un espace privé, prévoir une interdiction générale et absolue à la liberté religieuse. Jeannette Bougrab qui succède à Louis Schweitzer à la tête de la HALDE critique la décision de son prédécesseur : « d’une façon générale la Halde a fait prévaloir la liberté religieuse à la laïcité, ce n’est pas ma conception ». La présidente de la Halde promet une nouvelle délibération81. Élisabeth Badinter, marraine de la crèche Baby Loup, se dit chagrinée et inquiète de la délibération de la Halde qui tourne le dos à la conception commune de la laïcité et ouvre un boulevard à toutes les revendications qui se servent de la religion. Maître Richard Malka pense que la Halde s’est discréditée en se comportant comme le fossoyeur de la laïcité et le cheval de Troie du communautarisme. Elle tord le coup à la jurisprudence.

Le conseil des prud’hommes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) est saisi. Le 8 novembre 2010, Jeannette Bougrab, toujours présidente de la Halde intervient aux prud’hommes et soutient la crèche dans sa décision, contredisant le précédent avis juridique de l’Autorité dont elle est la présidente. Le 13 décembre 2010, le conseil des prud’hommes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) déboute la salariée et donne raison à la directrice de la crèche estimant que Fatima Afif, la salariée licenciée, a fait preuve « d’insubordination caractérisée et répétée ».

Le 25 octobre 2011, Françoise Laborde, sénatrice, et plusieurs de ses collègues ont déposé au Sénat une proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées responsables de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité82.

Le 27 octobre 2011, la décision du Conseil de prud’hommes de Mantes-la-Jolie est confirmée par la Cour d’appel de Versailles. La salariée forme alors un pourvoi en cassation.

le 16 janvier 2013, le député Roger-Gérard Schwartzenberg, président du groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste à l’Assemblée nationale, et plusieurs de ses collègues ont déposé une proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité83. Ce texte s’étend aux : « conditions d’accueil de la petite enfance en dehors du domicile parental, dans les différentes structures collectives (crèches, haltes-garderies, jardins d’enfants) et à domicile (crèches familiales, assistant(e)s maternel(le)s) ».

Le 19 mars 2013, la Cour de cassation casse et annule l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles et renvoie les parties devant la cour d’appel de Paris. La Cour de cassation estime en effet que « le principe de laïcité instauré par l’article 1er de la Constitution n’est pas applicable aux salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public [. Ce principe] ne peut dès lors être invoqué pour priver [les salariés] de la protection que leur assurent les dispositions du code du travail. » La clause du règlement intérieur imposant le respect du principe de laïcité et de neutralité n’étant, selon la cour, ni justifiée, ni proportionnée, l’employeur ne pouvait pas s’en prévaloir pour licencier sa salariée. La Cour de cassation conclut en considérant que le licenciement de la salariée est « discriminatoire » et donc « nul ».

Le 26 mars 2013, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls dénonce à la tribune de l’Assemblée nationale ce qu’il considère comme une atteinte à la laïcité et demande une loi pour contrer la jurisprudence Baby Loup84. Le 26 mars 2013 toujours, plusieurs membres de l’UMP se prononcent également en faveur de l’adoption d’une loi. Éric Ciotti, élu UMP des Alpes-Maritimes écrit que « l’émergence de la visibilité religieuse au sein des entreprises peut parfois conduire à entraver le bon fonctionnement de l’entreprise et susciter de nombreuses tensions entre salariés » ; il propose d’inclure dans le Code du travail la possibilité pour un chef d’entreprise de « réglementer l’expression d’opinion, y compris religieuse, au sein de l’entreprise »85. Le député UMP Philippe Houillon propose de modifier le Code du travail. Le président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob propose plusieurs pistes : cibler les crèches, « les missions de service public » ou le « règlement intérieur des entreprises privées ».[réf. nécessaire] François Fillon constate : « Selon nos lois, le principe de laïcité s’applique principalement aux institutions publiques » mais « depuis quelques années, on assiste à la montée en puissance de revendications relatives à l’expression religieuse dans les entreprises. Chacun le sait, chacun se tait »86. Pour lui, « la récente décision de la Cour de cassation concernant la crèche Baby Loup ne peut rester sans réponse » […] « À droite comme à gauche, des voix s’élèvent pour combler ce vide législatif et juridique qui ne peut qu’affaiblir l’esprit de tolérance et de modération qui est au cœur de la laïcité et du vivre ensemble ».

Le 8 avril 2013, l’Observatoire de la laïcité (dont la création est prévue depuis longtemps87) est mis en place par le président de la République François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. À l’occasion de son discours, le président de la République François Hollande demande à l’observatoire de « faire des propositions » sur « la définition et l’encadrement de la laïcité dans les structures privées qui assurent une mission d’accueil des enfants » et « d’apaiser le pays » sur ces questions88,89.

Le 24 avril 2013, une nouvelle proposition de loi « relative au respect de la neutralité religieuse dans les entreprises et les associations » est déposée par des députés UMP à l’Assemblée Nationale. La proposition vise à introduire dans le code du travail un texte ainsi rédigé: « Sont légitimes, dès lors qu’elles sont justifiées par la neutralité requise dans le cadre des relations avec le public ou par le bon fonctionnement de l’entreprise et proportionnées au but recherché, des restrictions visant à réglementer le port de signes et les pratiques manifestant une appartenance religieuse. »90.

Le 25 mai 2013, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls remet la médaille du Mérite à Mme Natalia Baleato, la fondatrice et directrice de la crèche Baby Loup, et réaffirme son soutien à l’association. Il déclare à cette occasion: « Chère Madame, la Justice vous déboute, mais moi Ministre je vous récompense et vous félicite… »91.

Le 6 juin 2013, la proposition de loi « relative au respect de la neutralité religieuse dans les entreprises et les associations » est rejetée par l’Assemblée nationale89.

Selon un sondage BVA pour iTélé-CQFD du samedi 19 octobre 2013, 87 % des personnes interrogées sont en accord avec la position de la crèche Baby-Loup92.

Le 27 novembre 2013, malgré l’arrêt de la Cour de cassation, la Cour d’appel de Paris confirme le licenciement de la salariée93. Maître Michel Henri, son avocat, subséquemment à cet arrêt effectue un pourvoi en cassation94.

Le 25 juin 2014, l’Assemblée plénière de la Cour de cassation rejette le pourvoi formé par la salariée. La Cour estime que « la cour d’appel a pu déduire [de l’énoncé des dispositions du règlement intérieur de la crèche], appréciant de manière concrète les conditions de fonctionnement d’une association de dimension réduite, employant seulement dix-huit salariés, qui étaient ou pouvaient être en relation directe avec les enfants et leurs parents, que la restriction à la liberté de manifester sa religion édictée par le règlement intérieur ne présentait pas un caractère général, mais était suffisamment précise, justifiée par la nature des tâches accomplies par les salariés de l’association et proportionnée au but recherché ». La Cour de cassation considère donc que la Cour d’appel « a pu retenir que le licenciement pour faute grave de [la salariée] était justifié par son refus d’accéder aux demandes licites de son employeur de s’abstenir de porter son voile et par [s]es insubordinations répétées et caractérisées »95.

Faisant suite à quatre jugements relatifs à la même affaire, l’arrêt de l’Assemblée plénière de la Cour de cassation du 25 juin 2014 signe la fin du parcours judiciaire de l’affaire Baby Loup devant les juridictions françaises, en rejetant la demande de la salariée. Puisqu’il ne demeure aucune voie de recours en droit interne, le licenciement de la salariée est considéré comme régulier.

Mise en place effective de l’Observatoire de la laïcité (2013)]

Le président de la République Jacques Chirac avait annoncé en décembre 2003, dans son discours sur la laïcité, la création d’un Observatoire de la laïcité rattaché au Premier ministre. Sa composition devait être la plus large possible et ouverte aux autorités religieuses.

« La loi de 2004 a mis fin à un certain nombre d’atteintes à la laïcité. Mais il est important qu’un organisme rappelle les règles de la laïcité dans l’intérêt des croyants, des athées comme des agnostiques et relève tout ce qui pourrait remettre en question la loi de 1905 », estime Henri Peña-Ruiz, ancien membre de la Commission sur la laïcité présidée par Bernard Stasi.

« Cet Observatoire doit faire le recensement des atteintes à la laïcité comme le fait la HALDE pour les discriminations », selon Bernard Teper, président de l’Union des familles laïques et défenseur de la première heure de la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école96.

L’Observatoire est formellement créé par décret par Jacques Chirac en mars 2007. Il « n’a […] pas de pouvoir d’initiative ni de décision, mais plutôt un rôle d’information et de conseil ». L’Observatoire doit être composé de 22 membres, dont sept hauts fonctionnaires, deux députés et deux sénateurs, ainsi que « dix personnalités désignées en raison de leurs compétences et de leur expérience ». Les membres doivent être nommés pour une durée de quatre ans98. Sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, les membres n’ont jamais été nommés, et, par conséquent, l’Observatoire n’a pas commencé ses travaux.

L’Observatoire de la laïcité est effectivement mis en place par décret du 3 avril 201399 dans le contexte de l’affaire de la crèche Baby Loup. Jean-Louis Bianco, sous l’autorité de Jean-Marc Ayrault, prend la direction de cet organisme le 5 avril 2013100,101. Nicolas Cadène en est nommé le 5 avril, par arrêté102 du Premier ministre, rapporteur général.

Lors du discours qu’il prononce à l’occasion de l’installation de l’observatoire de la laïcité, François Hollande confie à cette dernière la mission de formuler des propositions. En effet, selon le Président de la République, « les lignes de séparation entre secteur public et secteur privé ont évolué. Il y a donc une nécessité de clarification. En 1905 la laïcité était simplement la séparation de l’Etat et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservé. Et comme toute frontière, il n’est pas toujours aisé de la tracer. Je prendrai un exemple. L’arrêt rendu par la Cour de cassation sur la crèche Baby Loup, a soulevé la question de la définition et de l’encadrement de la laïcité dans les structures privées qui assurent une mission d’accueil des enfants. Je demande donc à l’observatoire d’émettre rapidement, en lien avec le Défenseur des droits et en tenant compte des consultations que le Premier ministre aura faites avec l’ensemble des groupes parlementaires, des propositions sur ce point »88,89.

Le 25 juin 2013, le président de l’Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco et le rapporteur général Nicolas Cadène remettent au Gouvernement103 leur premier rapport d’étape. Il en ressort que les « atteintes à la laïcité ont peut-être été surestimées »104, qu’il est nécessaire de « diffuser des guides »105 expliquant ce qui est permis ou non en la matière, et qu’il ne faut pas faire de la laïcité « un mot-valise pour des problèmes qui relèvent d’abord de l’intégration ou de politiques économiques et sociales »106. Le traitement médiatique du sujet est également évoqué : il ne doit pas être « passionné »107,108.

Le 15 octobre 2013, l’Observatoire de la laïcité rend son avis sur la définition et l’encadrement du fait religieux dans les structures privées qui assurent une mission d’accueil des enfants. Il en ressort que le droit positif suffit à régler ce type de problématiques mais qu’il est « profondément méconnu », que « la problématique posée dans le cas d’espèce recouvre des champs divers et complexes », la nécessité de « dicter une circulaire interministérielle explicitant la jurisprudence de la Cour de cassation et rappelant clairement, à destination de tous les acteurs concernés, ce que le droit positif permet et ne permet pas selon la catégorie juridique à laquelle appartient le gestionnaire », le besoin d’élaborer des « guides » pratiques aidant les acteurs de terrain (ce que l’Observatoire de la laïcité fera dès début 2014), et la nécessité « d’encourager » l’offre publique d’accueil de la petite-enfance109.

« Refondation de la politique d’intégration » sous le gouvernement Ayrault (2013-2014)[modifier | modifier le code]

Si du côté de la droite, la position est claire sur la nécessité d’envisager la laïcité de manière extensive, au sein de la gauche deux camps s’opposent110.

Conscient de ces clivages mais soucieux de répondre à ce qu’il sait être un sujet de préoccupation important de l’opinion, l’exécutif commande un rapport sur l’intégration à un conseiller d’État, Thierry Tuot, intitulé La grande nation, pour une société inclusive, daté du 1er février 2013111. Plus tard, en février, le Premier ministre annonce le projet de Refondation de la politique d’intégration, lancé début juillet avec la première réunion des experts qualifiés à qui ont été confiés les groupes de travail de la refondation basée sur le rapport Tuot. Les propositions des cinq groupes de travail ont été publiées le 13 novembre 2013. Ces propositions seront débattues par plusieurs ministres à partir du début de l’année 2014112.

Polémique autour du relevé de conclusions des groupes de travail[modifier | modifier le code]

Le 13 novembre 2013, dans le cadre du projet de Refondation de la politique d’intégration, le relevé de conclusions des groupes de travail est publié sur le site de Matignon113. Ce rapport, en cinq volets, critique l’application actuelle de la laïcité et propose d’aller vers une laïcité de compromis114. Le 13 décembre, Le Figaro en fait sa une, et relève la volonté de réintroduire le port du voile à l’école115. L’article du Figaro déclenche une polémique. Simultanément, Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, y voit une manipulation116,117, Jean-François Copé, président de l’UMP y dénonce une façon d’ériger le communautarisme comme un nouveau modèle pour la France : « ce ne serait plus aux immigrés d’adopter la culture française, mais à la France d’abandonner sa culture, ses valeurs, sa langue, son histoire et son identité pour s’adapter aux cultures des autres. » Jean-Marc Ayrault réplique118, accusant Jean-François Copé d’être un « irresponsable et [un] menteur » : « Il va jusqu’à dire que nous voudrions réintroduire les signes religieux à l’école, le voile à l’école. Mais de quoi parle-t-il ? Est-ce qu’on a dit ça une fois ? A-t-on cette intention ? Évidemment pas »119.

Le président de la République François Hollande, sentant la polémique enfler, recadre immédiatement le Premier ministre, et, comme son ministre de l’Intérieur Manuel Valls, affirme que ce rapport ne reflète pas la position du gouvernement120,121.

La publication du rapport provoque un vaste tollé122. La rapport est porteur d’une idéologie différencialiste123 prônant le multiculturalisme et critiquant ce qu’il considère comme l’échec de l’intégration, de l’universalisme, de la laïcité. Il souhaite que la France accepte et intègre les valeurs des nouveaux arrivants à l’instar de ce que pratiquent les États-Unis124. On reproche aux rédacteurs du rapport de méconnaître l’histoire de France, d’où découlent les valeurs de la république, qui conditionne au contraire l’intégration des nouveaux arrivants à l’acceptation des valeurs françaises. La situation n’est d’ailleurs pas si éloignée aux États-Unis où la nationalité est donnée aux nouveaux arrivants sous réserve de leur acceptation explicite des valeurs américaines en prêtant le serment d’allégeance, ce que le président Obama a encore rappelé fin 2013125.

Le rapport n’est défendu que par la blogosphère musulmane126,127 ainsi que par certains écologistes comme Esther Benbassa128. Il est ailleurs unanimement critiqué : du PS, où Jean-Christophe Cambadélis estime qu’il s’agit d’une « grosse grosse erreur129, » à l’UMP, où François Fillon pense qu’avec ces propositions, « on abattrait l’école républicaine130 ». Marine Le Pen dit que ce rapport « est une déclaration de guerre à tout ce qui fait la France131. » L’écrivain et essayiste Alain Finkielkraut dénonce l’idéal multiculturel prôné par le rapport132. Jeannette Bougrab qualifie la proposition sur le voile d’irresponsable133. La presse analyse cette séquence comme une bourde dans la communication gouvernementale qui ne profite qu’au Front national134,135,136.

Le rapport est évoqué dans la presse canadienne137 car il y fait écho dans des débats similaires. Dans la province francophone du Québec, une proposition gouvernementale s’inspirant de la laïcité à la française (notamment concernant l’école), la charte des valeurs, est en discussion138. Ce projet est abandonné en juin 2015 par le nouveau gouvernement québécois, opposé à toute interdiction du port de signes religieux (sauf pour le niqab en certaines circonstances)139.

Polémiques autour du port du voile à l’Université (depuis 2013)[modifier | modifier le code]

L’extension de la Loi sur l’école à l’université fut discutée en 2003 au sein de la commission Stasi qui la préparait. Henri Peña-Ruiz y fut placé en minorité sur ce point, comme il l’a révélé lors de sa conférence L’école laïque, l’école de la liberté organisée par la MAIF à Lille, le 30 novembre 2006. Le gouvernement d’alors et son ministre de l’Éducation nationale, François Fillon, n’inclurent pas l’université dans le champ d’application de la loi. Voici ce que la commission Stasi dit dans son rapport concernant la laïcité à l’Université : « La situation de l’université, bien que faisant partie intégrante du service public de l’éducation, est tout à fait différente de celle de l’école. Y étudient des personnes majeures. L’université doit être ouverte sur le monde. Il n’est donc pas question d’empêcher que les étudiants puissent y exprimer leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques. En revanche, ces manifestations ne doivent pas conduire à transgresser les règles d’organisation de l’institution universitaire. Il n’est pas admissible que des enseignants soient récusés en fonction de leur sexe ou de leur religion supposée, ou que des enseignements soient entravés par principe. La commission estime souhaitable que les établissements d’enseignement supérieur prennent un règlement intérieur en ce sens. »140

L’observation des pratiques dans les bâtiments des universités publiques montre une augmentation du « port de signes ou tenues par lesquels les étudiants manifestent ostensiblement une appartenance religieuse »141. Ainsi l’Université Montpellier-I s’est vue adresser un « rappel à la loi » par la HALDE car un professeur n’acceptait pas que deux de ses élèves portent le voile en cours durant l’année 2007/2008142,143. À l’École nationale d’ingénieurs de Metz en 2009, le directeur a tenté d’interdire sans fondement juridique144 le port du voile dans son établissement avant de devoir y renoncer145.

En juillet-août 2013, la question du port du voile à l’université suscite une polémique146 à la suite d’un document de travail de la mission laïcité du Haut Conseil à l’intégration (HCI) remis à l’Observatoire de la laïcité, en, qui préconise notamment l’adoption d’une loi interdisant « dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ». Sur la base de certaines auditions de professeurs et de présidents d’universités, le rapport affirme voir une « montée de revendications identitaires et communautaristes », notamment par le rejet de la mixité et de certains enseignements comme la théorie de l’évolution, ou encore par le prosélytisme religieux147. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, indique que des propositions du HCI sont « dignes d’intérêt ». La ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso pense que l’idée d’une interdiction du voile à l’université n’est « pas un sujet »148. Julien Dray149 et Jean-Louis Bianco150 sont du même avis. Le politologue Dominique Reynié estime que Manuel Valls a commis une erreur car il a « perdu d’avance » rappelant le droit de se vêtir notamment en portant un foulard est une liberté constitutionnelle au même titre que la liberté d’expression151. Toujours selon le même politologue, Manuel Valls aurait cherché en adoptant cette position, de tenter d’attraper une vague supposée de l’opinion opposée au foulard, car dans un sondage publié par Le Figaro le même jour, 78 % des Français se déclarent opposés au port du voile ou du foulard islamique dans les salles de cours des universités alors que 4 % seulement y sont favorables152.

Le document de travail du Haut Conseil à l’Intégration est très critiqué pour diverses raisons. L’historien et sociologue Jean Baubérot reproche au HCI de se référer de façon tronquée et quand ça lui chante à la commission Stasi, de pratiquer beaucoup d’amalgame, d’ignorer qu’interdire le port du voile à l’université constituerait une discrimination, et qu’une loi serait donc difficile à mettre en place, de faire beaucoup d’erreurs de de donner des contre-vérités, et de concevoir la laïcité comme une “religion civile”153.

Le président de la Conférence des présidents d’université (CPU) Jean-Loup Salzmann considère que ce document serait « largement fondé sur une enquête de la Conférence des présidents d’université (CPU) de 2004 » mal interprétée : « La CPU a rédigé en 2004 un guide de bonnes pratiques tout à fait raisonnables sur la laïcité. Ce guide ne prône en aucun cas l’interdiction des signes religieux, même ostensibles. Ce serait contraire à la tradition universitaire faite de dialogue et non d’interdiction154 »

D’autres personnalités critiquent aussi durement le document du HCI : « Ce n’est pas une enquête scientifique, de terrain. Lors de ces auditions, on interroge souvent des gens qui pensent préalablement qu’il y a un problème. C’est comme ça que fonctionnent ces organisations, type HCI. Le HCI est en train de dévier vers l’idéologie plus que la recherche » dit Raphaël Liogier155.

Les présidents d’université sont opposés à l’interdiction du voile à l’université. Le président de la CPU interrogé par Le Monde156, ne cache pas son agacement : « Lors de notre audition, en mars dernier, nous avons fait part de notre opposition à une nouvelle loi et l’avons d’ailleurs écrit, ensuite, à deux reprises. Nous sommes attachés à la laïcité mais le dialogue, conforme à la tradition de liberté et de pluralisme de l’université, me parait plus utile. Par ailleurs, nos campus accueillent beaucoup d’étudiants étrangers ». Le président François Hollande, dans une interview au Monde en août 2013 estime qu’une loi n’est pas nécessaire : « aujourd’hui, dans les universités, il est possible d’intervenir sans qu’il soit besoin de texte supplémentaire »157.

Le port du voile reste donc autorisé dans l’enseignement supérieur public (universités dans toutes leurs composantes comme les facultés, les instituts y compris IUT, IUFM, et certaines écoles). Le port du voile dans l’enseignement supérieur en France n’est plus menacé et le droit actuel permet aux établissements du supérieur de résoudre les situations potentiellement problématiques (par rapport à la sécurité, l’hygiène, ou la prévention des fraudes). C’est l’une des raisons qui fait considérées à François Hollande et aux président d’Université qu’une loi serait inutile, puisque les universités peuvent réglementer le port du foulard sans porter atteinte aux principes de libertés dans des situations le justifiant. La CNCDH Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme juge les textes actuels suffisants158.

En 2014, lors de la rentrée, plusieurs incidents relatifs au port du voile sont médiatisés comme à la Sorbonne ou une étudiante est pris à partie par sa professeure159, et à Sciences Po Aix-en-Provence160. Dans ces affaires des enseignants s’en sont pris à des étudiantes pour le seul fait d’être voilées161 alors que port du voile à l’université n’est pas interdit. Les personnes voilées réprimandées considèrent ces incidents comme de l’islamophobie ou une discrimination. Des adversaires du voile disent simplement vouloir les alerter sur le fait que ce vêtement pourrait les pénaliser dans leur carrière professionnelle. D’autres plus véhéments considèrent que, bien que non interdit, ce signe serait une provocation à leur vision de la laïcité et des valeurs de la France comme dans le cas du professeur de l’IEP d’Aix en Provence[réf. souhaitée]. Une polémique aussi éclate à l’IUT de Saint Denis. Le directeur déclare avoir mis fin aux entraves au principe de laïcité (salle de prière clandestine, gestion clanique, etc.). Il dit ensuite avoir été l’objet de quinze lettres de menaces de mort et d’une agression physique. Il dénonce les faibles soutiens qu’il a reçus au niveau de l’État et du monde universitaire162. Il avait notamment interdit une vente illégale de sandwichs hallal dans l’enceinte de l’institut163.

Après le choc causé par les attentats de janvier 2015, la polémique sur le port du voile dans l’enseignement supérieur est relancée. Ainsi, Le député UMP Éric Ciotti dépose une proposition de loi début 2015 reprenant les recommandations du défunt Haut Conseil à l’intégration et propose l’ajout d’un alinéa à l’article L.141-5-1 [archive] du code de l’éducation (créé par la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises de 2004), ainsi rédigé : « Cette disposition s’applique dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur »164. Dans une interview au Figaro, la secrétaire d’État aux Droits des femmes, Pascale Boistard, indique n’être « pas sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur »165, mais elle rapidement contredite par ses collègues secrétaire d’État à la Réforme de l’État Thierry Mandon et la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique Marylise Lebranchu166. Ce rebondissement provoque en réaction un texte appelant à la fin de l’Affaire du voile islamique en France167. Le premier ministre Manuel Valls clôt la polémique assurant alors que « L’interdiction du voile à l’université n’est «absolument pas d’actualité »168.

Le 15 décembre 2015, l’Observatoire de la laïcité adopte un avis sur « la laïcité et la gestion du fait religieux dans l’enseignement supérieur public »169, sujet sur lequel il s’est auto-saisi. Après de nombreuses auditions et l’envoi d’un questionnaire à l’ensemble des universités et établissements publics d’enseignement supérieur, l’Observatoire émet 23 recommandations. Il rappelle notamment que le personnel de l’enseignement supérieur public est soumis aux mêmes règles applicables à tous les fonctionnaires et, plus largement, à tous les salariés exerçant une mission de service public. En conséquence, ces personnels ne peuvent pas manifester, par le port de signes ou de tenues, leurs convictions religieuses. Cette obligation ne concerne pas les intervenants extérieurs invités pour des conférences au sein de l’établissement. Pour les étudiants, la situation est autre : les étudiants sont considérés comme des usagers du service public de l’enseignement supérieur. Le principe de laïcité garantit la liberté de conscience des citoyens et n’impose pas une obligation de neutralité aux usagers des services publics. Les étudiants peuvent donc porter des signes et des tenues manifestant leur appartenance religieuse comme ils peuvent afficher leurs opinions politiques. Leur comportement ne doit cependant pas être prosélyte ou perturber le fonctionnement de l’établissement. Reprenant la position de la Commission Stasi dans son rapport de 2003 (les étudiants sont « des personnes majeures. L’université doit être ouverte sur le monde. Il n’est donc pas question d’empêcher que les étudiants puissent y exprimer leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques »), l’Observatoire considère qu’il n’est « ni utile ni opportun de légiférer sur le port de signes religieux par les étudiants à l’intérieur des établissements d’enseignement supérieur publics ». Néanmoins, il invite les établissements à se doter d’une charte d’établissement précisant les droits et obligations de chacun et à instaurer un référent laïcité. Pour le cas particulier des élèves des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), l’Observatoire rappelle que les étudiants qui ont réussi le concours sont des fonctionnaires stagiaires et sont soumis à ce titre à une obligation de neutralité.

En 2016, le Premier ministre Manuel Valls se déclare en faveur de l’interdiction du voile à l’université, mais il se voit désavoué par le président de la République François Hollande170. Dans la foulée d’arrêtés municipaux interdisant le burkini à l’été 2016 et auxquels il apporte son soutien, Nicolas Sarkozy, en campagne pour la Primaire de la droite et du centre de 2016, indique qu’il prépare « un projet concernant l’interdiction du voile » dans l’espace public ; il est cependant contredit au sein de son équipe de campagne171. Le vainqueur de la primaire François Fillon propose d’autoriser les conseils d’administration à délibérer sur le sujet dans leur règlement intérieur : « D’abord parce que les universités sont des lieux de liberté depuis le Moyen Age : la police n’a pas le droit d’intervenir dans les campus universitaires. Si on décidait d’une loi sur le port du voile à l’université, qui la ferait appliquer172 ? ».

Le Front national défend quant à lui l’interdiction de l’ensemble des « signes religieux ostensibles dans l’espace public »173.

Violences liées au port du voile[modifier | modifier le code]

Agressions de femmes voilées[modifier | modifier le code]

Alors que les incidents sur la voie publique signalés étaient rares jusqu’alors, ils semblent se multiplier mi-2013174. Simultanément des évènements identiques se déroulent dans d’autres pays européens175.

En 2013, plusieurs agressions de femmes voilées sont relayées par les médias. Le 20 mai 2013, Rabia Bentot, 17 ans, est agressée à Argenteuil, puis une autre le 10 juin à Reims176. Le 13 juin, à Argenteuil, deux femmes voilées disent s’être faites agresser par des skinheads. Les enquêteurs relèvent cependant des incohérences dans leurs récits177,178. Des manifestations sont organisées dans un climat tendu179,180,181. Le 22 juin, une femme est agressée près d’Orléans182,183. L’agresseur est condamné à 2 mois de prison. Le 14 juillet, à Trappes, deux hommes alcoolisés s’en prennent avec des couteaux à une femme « parce qu’elle était voilée ». Les deux agresseurs, jugés 3 jours plus tard en comparution immédiate, sont condamnés à 2 mois d’emprisonnement ferme184. Le 12 août, un adolescente de 16 ans voilée porte plainte pour agression à Trappes185. Les analyses médicales ont confirmé qu’elle avait subi des violences. Aucun témoin n’a encore corroboré sa version de l’agression. Par la suite la jeune fille, 16 ans, s’est grièvement blessée fin août en tombant du quatrième étage de son domicile186.

Affaire Rabia Bentot[modifier | modifier le code]

L’agression de Rabia Bentot est particulièrement médiatisée car celle-ci a porté plainte contre Caroline Fourest qui a émis des doutes sur la véracité de l’agression. Le 20 mai 2013, Rabia Bentot, lycéenne voilée de 17 ans aurait été agressée rue du Nord à Argenteuil par deux skinheads187. L’affaire suscite une vive émotion dans la communauté musulmane qui juge que l’affaire n’est pas assez reprise par les médias188,189. Rabia est reçue par le cabinet du ministre de l’Intérieur de l’époque Manuel Valls190, puis par Manuel Valls en personne191. Par la suite, des doutes s’installent car la version de Rabia et celle de la police divergent187. Le procureur déclare que Rabia n’a pas parlé de skinheads et qu’« il n’y a pas eu de propos islamophobes, de propos en lien avec sa religion au vu de son profil vestimentaire192,193. »

Le 25 juin 2013, Caroline Fourest dans sa chronique de France Culture revient sur les différentes agressions d’Argenteuil. Elle déclare notamment que la police doute de la version de Rabia et qu’elle pencherait plus un règlement de comptes familial reprochant à Rabia son comportement jugé trop libéré194,195. Rabia Bentot porte plainte pour diffamation. Le 23 octobre 2014, Caroline Fourest est condamnée par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris pour avoir diffamé la jeune fille196. Caroline Fourest fait appel, et en août 2016, la cour d’appel rend sa décision : constatant que les diligences de Rabia Bentot après la signification d’appel sont « largement postérieures au délai de trois mois dont dispose l’article 65 de la loi 29 juillet 1881 », et donc qu’est acquise la prescription de l’action de la plaignante, cette dernière est déboutée de ses demandes et condamnée à verser 4 000 € à Caroline Fourest, au titre de l’article 700 du code de procédure civile français197. Cette affaire avait été entre-temps médiatisée lors de l’affrontement entre le chroniqueur Aymeric Caron et Caroline Fourest dans l’émission On n’est pas couché du 2 mai 2015198.

Interpellations de femmes portant un « voile intégral » qui dégénèrent[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, à Marseille, Louise-Marie Suisse, entièrement voilée sur la voie publique, affirme aux policiers qu’elle ne respectait pas les lois de la République, ni leur autorité. L’intervention provoque une émeute au cours de laquelle une fonctionnaire de la BAC est mordue par Louise-Marie Suisse. Cette dernière est condamnée en appel à six mois de prison dont deux ferme199.

Le 11 juin 2013, violents affrontements à Argenteuil après l’arrestation d’une femme en niqab200,201.

Le 14 juin, à Marseille, l’interpellation d’une femme conduisant en niqab dégénère202,203.

Émeute urbaine de Trappes en 2013[modifier | modifier le code]

Faits[modifier | modifier le code]

Le 19 juillet 2013 à Trappes, le mari d’une femme, Hajar, antillaise de 20 ans récemment convertie, contrôlée avec un voile intégral, aurait tenté d’étrangler un policier204. Le mari donne une tout autre version205. La tension monte206, certains font le lien avec l’agression de la semaine précédente207,208,209. Dans la nuit suivante, plus de 200 personnes entament une nuit d’émeute face aux CRS, appelés en renfort, avant de se disperser vers 3 heures du matin à la suite de prières spécifiques au ramadan210,211 ; les dégâts sur le mobilier urbain sont importants212. Le samedi, les heurts continuent à Trappes et s’étendent notamment à Élancourt, Maurepas et Guyancourt213,214. La situation se calme progressivement les nuits suivantes. Le tribunal de Versailles relaxe le lundi suivant 2 jeunes mis en cause dans des violences contre des policiers et condamne un troisième à 6 mois de prison215. Le même jour dans la soirée, le même tribunal juge 2 autres jeunes soupçonnés de jets de pierres et de tir au mortier sur des policiers dans la nuit de samedi à dimanche. Une peine de 10 mois de prison ferme avec mandat de dépôt ainsi qu’une condamnation à 6 mois avec sursis sont jugées. Une troisième personne mineure interpellée doit être présentée à un juge des enfants.

La présidente du tribunal, Françoise Dufour, décide de renvoyer au 19 septembre et 21 novembre 2013 le procès d’autres prévenus216.

Blessé durant les émeutes, un adolescent de 14 ans a perdu un œil217 et porte plainte contre la police218. Dominique Baudis, défenseur des droits, s’autosaisit du cas219. Les 3 policiers ayant procédé à un contrôle d’identité qui a dégénéré à Trappes se sont constitués « partie civile » contre la personne s’y étant opposée. Cette dernière est également soupçonnée d’avoir également porté un coup à la pommette d’un policier. Cette commotion ainsi qu’une trace de strangulation au niveau du cou ont été établies par un certificat médical. Le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous, requiert le jour de l’audience, le vendredi 20 septembre 2013, une amende de 1 000 euros et 3 mois de prison avec sursis. La décision est mise en délibéré au 8 novembre 2013220. Le jugement rendu le 8 novembre 2013 est celui requis par le procureur de la République : une amende de 1 000 euros et 3 mois de prison avec sursis pour s’être violemment opposé au contrôle d’identité de sa femme totalement voilée221.

L’avocat de la femme entièrement voilée, Me Philippe Bataille, le mercredi 11 décembre 2013 à Versailles a demandé l’examen d’une Question prioritaire de constitutionnalité contre la loi portant interdiction du voile intégral dans l’espace public. Le Conseil constitutionnel avait déclaré cette loi conforme à la Constitution avant sa promulgation, en octobre 2010222. La femme voilée, poursuivie pour outrages, absente à l’audience, est condamnée le mercredi 8 janvier 2014 à un mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Versailles. Sa demande de question prioritaire de constitutionnalité est également jugée irrecevable223.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, juge les violences « inacceptables »224,225, de même que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui condamne des violences « inacceptables » au nom du gouvernement226. Manuel Valls est sur une ligne de fermeté ; Le Figaro suggère que la gauche « renâcle à se mobiliser » à ses côtés, ce que Valls lui-même dément227. Noël Mamère rappelle qu’il a été un des rares députés à toujours être favorable au port du voile dans les écoles et à celui du voile intégral dans l’espace public, au nom de la non-stigmatisation des mulsulmans228. La droite fustige le « laxisme »229,230 ; Ayrault répond en appelant à une opposition « responsable », tandis que Valls, accusant la droite d’avoir longtemps « dissimulé » les chiffres de la délinquance, appelle à « éviter tous les amalgames »226.

Les médias internationaux parlent de Burqa Riot : les émeutes pour le voile intégral231,232. JolPress fait un rapprochement ente ces émeutes et celles qui ont touché Londres et Stockholm233. Pour Claire de Galembert (chargée de recherche au CNRS, enseignante à l’ENS Cachan), il faut prendre acte de ce que le communautarisme est devenu une réalité et que, dans certains quartiers, l’islam est devenu un vecteur de communication et de dialogue pour construire un vivre-ensemble234.

Le sociologue Hugues Lagrange estime que l’affaire des émeutes de Trappes « témoigne de notre incapacité à construire un espace public véritablement pluriel et une laïcité ouverte. […] En nous focalisant sur la neutralité de l’espace public nous avons une visée uniformisante et non pas universelle. » Selon Lagrange, « l’expression publique de la religiosité est un aspect central de l’existence de l’identité religieuse, et de ce fait les manifestations ostensibles de la religiosité ont une portée plus significative. Si l’on prétend combattre les dérives possibles vers l’islam politique on n’a pas intérêt à empêcher les expressions ordinaires de la religiosité en islam235. »

Jacques de Maillard, professeur de science politique, considère que cette affaire du voile révèle les failles du pacte républicain236.

Une cinquantaine de députés UMP souhaitent créer une commission d’enquête parlementaire « sur les dérives communautaristes » rencontrées en juillet à Trappes237.

Actions policières[modifier | modifier le code]

« Dans la majorité des cas, tout se passe bien mais quand ce n’est pas le cas, ça vire au pugilat ou à la mini-émeute », dit Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP Force ouvrière. Le nombre des infractions devrait être plus important, mais Nicolas Comte admet « que toute intervention de police est potentiellement génératrice d’émeute ou d’agression de policiers. Quand un fonctionnaire ne se sent pas en sécurité, il ne réalise pas le contrôle. » Les radicaux le savent et essaient de multiplier les émeutes pour supprimer les contrôles238.

Il semblerait qu’il y ait eu, depuis deux ou trois mois, une recrudescence d’incidents de ce type, liés à un changement de stratégie de la police qui contrôlerait plus, ferait moins de pédagogie, et verbaliserait davantage239.

Droit européen[modifier | modifier le code]

Union européenne[modifier | modifier le code]

L’article II-10 de la Charte européenne des droits fondamentaux est ainsi formulé :

« Article II-10 : Liberté de pensée, de conscience et de religion.

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

Le droit à l’objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »

La directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail240 protège tous les travailleurs (subordonnés et indépendants, de droit public et de droit privé) contre les discriminations fondées sur les convictions religieuses.

Face à l’imprécision des textes européens et aux risques communautaristes que la transposition de directives européennes engendrent, au regard de leur contrariété d’avec la Constitution, le 17 novembre 2008 les sénateurs ont adopté une résolution241.

Conseil de l’Europe[modifier | modifier le code]

Article 9 de la convention européenne des droits de l’homme[modifier | modifier le code]

L’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme est ainsi formulé :

« Art. 9 : Liberté de pensée, de conscience et de religion

1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.

2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

Dans un arrêt (no 98-14386) du 24 octobre 2000 (publié au Bulletin 2000 I no 262 p. 170), la Cour de cassation relève que : « Ne méconnaît pas la liberté de religion consacrée par l’article 9 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la cour d’appel qui, pour suspendre le droit de visite d’un père à l’égard de ses deux filles, retient les pressions morales et psychologiques que ce père faisait peser sur ses filles encore très jeunes, notamment en exigeant le port du voile islamique. »

Dans l’affaire Leyla Şahin contre Turquie (CEDH, 10 novembre 2005, Requête no 44774/98 ; § 73 à 123 de l’arrêt), la Cour européenne des droits de l’homme déclare que la prohibition de certains codes vestimentaires (à savoir le port du voile islamique par une étudiante à l’université) prévue par la loi interne lato sensu d’un pays – jurisprudence, principe constitutionnel – afin de protéger l’égalité entre les hommes et les femmes, ne viole pas l’article précité.

Dans l’arrêt Dogru contre France du 4 décembre 2008, la CEDH conclut à l’unanimité à l’absence de violation de l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme et de sauvegarde des libertés fondamentales dans une affaire relative à l’exclusion en 1999 de collégiennes de Flers dans l’Orne qui avaient refusé d’enlever leur foulard islamique pendant les cours d’éducation physique. La Cour relève « qu’en France, comme en Turquie ou en Suisse, la laïcité est un principe constitutionnel, fondateur de la République, auquel l’ensemble de la population adhère et dont la défense paraît primordiale, en particulier à l’école. La Cour réitère qu’une attitude ne respectant pas ce principe ne sera pas nécessairement acceptée comme faisant partie de la liberté de manifester sa religion, et ne bénéficiera pas de la protection qu’assure l’article 9 de la Convention » (§ 72 de l’arrêt)242.

Avis et résolutions adoptés par des organes du Conseil de l’Europe[modifier | modifier le code]

Dans un avis daté du 14 avril 2008, la Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, indique que « les femmes [sont les] premières victimes de l’intégrisme culturel et religieux. […] Les extrémistes ont gagné un terrain important dans les communautés musulmanes européennes : les femmes et les filles peuvent être – ou se sentir – forcées à adopter certains modes de vie qui ne sont prescrits par aucune loi. Les restrictions ou le sentiment de contrainte qui leur sont imposés – par leurs proches (influencés par l’extrémisme) ou la pression du groupe – concernent le port du voile243. »

Dans sa résolution 1743 (2010)244 point 14, le Conseil de l’Europe relève : « Rappelant sa Résolution 1464 (2005) sur les femmes et la religion en Europe, l’Assemblée invite l’ensemble des communautés musulmanes à abandonner toute interprétation traditionnelle de l’islam qui nie l’égalité entre hommes et femmes, et restreint les droits des femmes, à la fois au sein de la famille et dans la vie publique. Cette interprétation n’est pas compatible avec la dignité humaine et les normes démocratiques; les femmes sont égales en tout aux hommes et doivent être traitées en conséquence, sans exception. La discrimination envers les femmes, qu’elle soit fondée sur des traditions religieuses ou non, est contraire aux articles 8, 9 et 14 de la Convention, à l’article 5 de son Protocole nº 7, ainsi qu’à son Protocole nº 12. Aucun relativisme religieux ou culturel ne saurait être invoqué pour justifier des violations de la personne humaine. »

La délégation française à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de la session ordinaire 2012 a adopté la résolution 1887 (point 7.1.5) afin « de protéger la liberté, pour les femmes musulmanes, de choisir leur tenue vestimentaire, dans le respect des lois de l’État où elles résident, en n’imposant de restrictions que lorsqu’elles sont nécessaires dans une société démocratique pour préserver la dignité des femmes, pour garantir l’égalité entre les femmes et les hommes, pour des raisons de sécurité, ou lorsqu’elles sont requises pour l’exercice d’une fonction ou pour une formation professionnelle, et en veillant à ce que ceux qui obligent des femmes à porter une certaine tenue soient sanctionnés de manière dissuasive, efficace et proportionnée245. »

Cour de justice de l’Union Européenne[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 2016, dans une affaire opposant une salariée licenciée après avoir manifesté sa volonté de porter un voile sur son lieu de travail, l’avocate générale de la Cour de justice de l’Union européenne, saisie par la justice belge au titre de la question préjudicielle, se prononce en faveur de l’interdiction du voile selon les motifs suivants : « L’interdiction faite à une travailleuse de religion musulmane de porter un foulard islamique au travail ne constitue pas une discrimination directe fondée sur la religion au sens de l’article 2, paragraphe 2, sous a), de la directive 2000/78/CE, si cette interdiction s’appuie sur un règlement général de l’entreprise interdisant les signes politiques, philosophiques et religieux visibles sur le lieu de travail et ne repose pas sur des stéréotypes ou des préjugés relatifs à une ou plusieurs religions déterminées ou aux convictions religieuses en général. Une telle discrimination peut être justifiée pour mettre en œuvre dans l’entreprise concernée une politique de neutralité en matière de religion et de convictions fixée par l’employeur, pour autant que le principe de proportionnalité soit respecté »246,247.

Associations défendant le port du voile[modifier | modifier le code]

Des associations se proposent d’aider les femmes désirant porter le voile. Elles se présentent comme ayant pour but de lutter contre l’islamophobie.

Collectif contre l’islamophobie en France[modifier | modifier le code]

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) est une association particulièrement active dans le « militantisme musulman »248 ; il lutte notamment en faveur du port du voile249.

Le Canard enchaîné affirme, dans un article publié le 17 août 2016, que « le CCIF s’est spécialisé dans la rédaction de «rapports» instruisant le procès de la laïcité »250.

Association « Touche pas à ma Constitution »[modifier | modifier le code]

Cette association, fondée en 2010 par l’homme politique Franco algérien Rachid Nekkaz251, milite contre la loi interdisant le port du voile intégral.

Port du voile dans les services publics[modifier | modifier le code]

Les principes de laïcité et de neutralité du service public s’appliquent aux seuls agents (fonctionnaires ou contractuels, de droit privé ou de droit public) travaillant pour un service public. Le code des relations entre le public et l’administration prévoit en effet dans son article 100-2 qu’« elle est tenue à l’obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité »252. Les usagers des services publics ne sont donc pas en principe concernés, et peuvent librement porter le voile. Cette règle connaît toutefois une exception notable dans les écoles, collèges et lycées publics.

La Charte de la laïcité remise par le Haut Conseil à l’intégration le 29 janvier 2006 et destinée aux services publics, où elle sera affichée, rappelle à tous les agents qu’ils ont « un devoir strict de neutralité » et énonce « qu’il appartient aux responsables des services publics de faire respecter l’application du principe de laïcité dans l’enceinte de ces services. » Quant aux usagers, ils ont le droit d’exprimer leurs convictions religieuses « dans les limites du respect de la neutralité du service public253 ».

Dominique Baudis, défenseur des droits, déplore le manque de clarté des solutions juridiques. Il indique que dans les 6 premiers mois de 2013, il a été « saisi d’une centaine de demandes sur la question du port de signes religieux auxquelles je ne peux répondre faute de solutions juridiques incontestables et qui traduisent un réel malaise. […] Confrontés au sujet, les Français sont tout simplement perdus. Aujourd’hui, lorsque des parents m’interpellent pour savoir s’ils sont en droit d’exiger dans une cantine un repas spécifique en raison de leur croyance, je n’ai aucun problème. Je leur réponds que non, car la loi est claire. En revanche, une femme a-t-elle le droit de porter le voile pour passer un concours de la fonction publique ? Le juré d’une cour d’assises est-il autorisé à garder sa kippa pendant les audiences ? La liste est longue. »

Conseils municipaux[modifier | modifier le code]

Les élus dans les conseils municipaux ne sont pas des agents de l’État et donc, légalement, il leur est permis de porter le voile254. La cour de cassation déclare même que le maire peut être condamné s’il restreint la liberté d’un élu sur le seul motif de port de signe ostentatoire. Aussi quelques cas sont signalés. Cependant, certains évoquent le principe de laïcité et la sérénité des débats pour demander le retrait de ces voiles. Des cas sont médiatisés en 2016 à Argenteuil255 : deux élues Aminata Badiane et Fatiha Basha256. Il y avait eu d’autres cas précédemment à Montereau (Loiret)257, à Échirolles258

Cérémonies d’accueil dans la citoyenneté française[modifier | modifier le code]

Nicolas Sarkozy a donné instruction aux préfets de ne pas fonder le refus de participation à une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française sur le motif du port du voile, ou de tout autre signe religieux qui ne suffit pas à caractériser un défaut d’assimilation à la communauté française. Toutefois, cette position n’entame en rien la double obligation de s’assurer de l’identité des participants et de veiller au respect du bon ordre lors du déroulement de la cérémonie. Cela signifie qu’il peut être demandé à la personne voilée de retirer momentanément son voile, le temps du contrôle de l’identité, et que le préfet peut prendre des mesures appropriées en cas de menaces de troubles à l’ordre public17.

Le Haut Conseil à l’intégration avait émis un avis différent en janvier 2007 lors de la présentation du projet de la Charte de la laïcité dans les services publics au Premier ministre :

« Le HCI préconise, par respect pour nos institutions républicaines et en dépit de certaines pratiques contraires aujourd’hui tolérées, d’inviter les récipiendaires à renoncer en ces circonstances à toute forme de prosélytisme259. »

Hôpitaux[modifier | modifier le code]

La circulaire du 1er février 1944 rappelle que « le personnel doit respecter rigoureusement la liberté de conscience des malades ». Le règlement intérieur des établissements hospitaliers recommande, dans une circulaire du 4 janvier 1974, le respect « dans la mesure du possible, des exigences alimentaires liées à la pratique de certaines religions ». Mais depuis quelques années les exigences des patients en matière de religion se sont durcies.

Devant la montée des revendications, le gouvernement a rappelé, par la circulaire DHOS/G/2005 du 2 février 2005 du ministre de la Santé relative à la laïcité dans les établissements de santé : « à cet égard il convient de veiller à ce que l’expression des convictions religieuses ne porte pas atteinte à la qualité des soins et aux règles d’hygiène (le malade doit accepter la tenue vestimentaire imposée compte tenu des soins qui lui sont donnés). » La commission des lois de l’Assemblée nationale rappelle en 2009 : « La France a en effet une conception propre de la laïcité, qui doit être pleinement protégée par le principe de subsidiarité, car relevant du pacte républicain. […] Dans le domaine de la santé, ces garanties permettront de ne pas affecter la mise en œuvre du même principe de laïcité, notamment dans le cadre des soins réalisés dans les hôpitaux260. »

Le 19 décembre 2011, un homme de 24 ans s’est opposé avec force à ce que l’équipe médicale chargée de faire accoucher sa femme lui enlève son voile. Il a également dégradé du matériel médical. Il a été condamné à six mois de prison ferme le mercredi 21 décembre 2011 par le tribunal correctionnel de Marseille261. Cette affaire judiciaire s’ajoute aux autres cas cités dans cet article.

Public assistant aux débats parlementaires[modifier | modifier le code]

Le 12 novembre 2009, une lycéenne vêtue d’un voile islamique est venue assister aux débats à l’Assemblée nationale262 de l’Assemblée nationale.

Le 19 novembre 2009, le président du palais Bourbon, Bernard Accoyer, justifie l’acceptation de ce voile en envoyant une lettre aux députés. Il cite l’article 6 de instruction générale du bureau de l’Assemblée nationale qui indique que le citoyen « doit se tenir découvert ». M. Accoyer ajoute que « cette prescription, vieille de plus d’un siècle », « ne saurait être opposée au port du foulard », elle vaut uniquement pour le « couvre-chef » des hommes. « Les libertés de religion et d’opinion font partie des droits fondamentaux des citoyens », écrit-il avant de préciser que le port de signes religieux est interdit par la loi « dans les seules écoles, collèges et lycées publics, ce qui signifie bien, a contrario, qu’il est autorisé dans les autres lieux publics ». Le président du palais Bourbon a indiqué qu’il ferait « le point sur cette mesure ancienne »[réf. nécessaire].

La députée UMP Françoise Hostalier dénonce cette interprétation. « Alors qu’on tient un débat sur l’identité et les valeurs de la République, si on n’est pas exemplaire à l’Assemblée sur ces thèmes-là, où peut-on l’être ? » La députée souhaite ainsi qu’il soit écrit dans le règlement de l’Assemblée que le public « se tient assis, découvert et en silence » dans les tribunes. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a réaffirmé que le public admis en séance devait être « découvert ». Le député de l’Ain Michel Voisin rappelle qu’en février 2000, un aumônier militaire et une religieuse qui l’accompagnait avaient dû retirer l’un sa croix, l’autre son voile263.

Journée Défense et Citoyenneté[modifier | modifier le code]

« Le port d’une coiffe de quelque nature que ce soit est interdit à l’intérieur des locaux. » Article 7 alinéa 4 du règlement intérieur de la Journée Défense et Citoyenneté264. Le tribunal administratif de Paris, le 7 octobre 2014 (Madame Diara Bousso MAR contre ministre de la défense) a considéré que le port du foulard pouvait être un motif d’exclusion de la JDC, car les participants « sont soumis au principe de laïcité et neutralité du service public auquel ils participent durant cette journée265 »

Mariages[modifier | modifier le code]

Tout intéressé, dont au premier chef l’officier d’état civil, mais aussi les témoins et le public, doit, au moment de la célébration du mariage, être en mesure de s’assurer par lui-même de l’identité des époux pour pouvoir, le cas échéant, former opposition au mariage. Le port d’une pièce vestimentaire dissimulant le visage d’un des futurs époux, qu’elle ait une vocation religieuse, traditionnelle ou décorative, ne permet pas à l’officier d’état civil de contrôler la réalité du consentement des époux, faisant notamment courir le risque d’une substitution de personne. En conséquence, la circonstance que la future épouse soit voilée lors de l’échange des consentements, de telle sorte qu’elle ne soit pas identifiable et que son visage ne puisse être vu, n’est pas compatible avec les règles du Code civil266.

Pièces d’identité[modifier | modifier le code]

Le décret du 26 février 2001 exige pour la délivrance d’un passeport une photographie d’identité sans voile. Avant cette date, la Cour administrative d’appel de Nancy a prononcé l’annulation d’une décision préfectorale ayant entre autres refusé la délivrance d’un passeport à une jeune femme de confession musulmane, relevant qu’à l’époque des faits aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne permettait légalement à l’administration de subordonner la délivrance d’un passeport à la fourniture par son demandeur d’une photographie d’identité le représentant tête nue267.

Selon les termes de l’arrêté du 8 février 1999 relatif aux conditions d’établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire, la photographie figurant sur le permis doit répondre la norme ISO/CEI 19794-s 2005 : « 5 – La tête doit être nue, les couvre-chefs sont interdits ». Le format de la photographie indiqué au paragraphe précédent l’est aussi pour les titres de séjours pour les étrangers. La photographie doit être en couleur, de face, « tête nue », récente et parfaitement ressemblante268.

Cour d’assises[modifier | modifier le code]

Le jeudi 7 mai 2015, lors de l’ouverture d’un procès devant la cour d’assises de Perpignan (Pyrénées-Orientales), une jurée refuse de retirer son voile lors de la prestation de serment.

Le président décide alors de l’exclure après lui avoir demandé par trois fois de se dévoiler. En effet, l’article 304 du code de procédure pénale [50] [archive] prévoit que les juré(e)s doivent se tenir « debout et découverts ». Elle est condamnée à une amende de 1 000 euros par le président, suivant en cela les réquisitions de l’avocat général269,270.

Enseignement public[modifier | modifier le code]

Écoles, collèges et lycées publics: interdiction du port du voile[modifier | modifier le code]

En réponse aux recommandations de la commission Stasi, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises du 15 mars 2004 crée l’article L.141-5-1 du code de l’éducation qui dispose que « dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. »

Classes préparatoires et BTS dans les lycées publics[modifier | modifier le code]

Certains étudiants de l’enseignement supérieur sont soumis à la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises du 15 mars 2004. En effet, les étudiants des classes préparatoires et de BTS dont les cours se déroulent en lycée public sont concernés par la loi comme le précise la circulaire d’application de la loi du 15 mars 2004271.

Organismes de formation intervenant en milieu scolaire public[modifier | modifier le code]

Des organismes de formation pour adultes, tel le Greta et l’Afuna pratiquent leur enseignement en milieu scolaire. La jurisprudence semble considérer que la loi interdisant le voile à l’école ne s’applique pas272. Cela entraîne donc la présence d’étudiantes voilées au sein d’établissement du secondaire, ce qui ne manque pas d’entrainer des conflits273, aussi, pour respecter le principe de laïcité, le Greta a paradoxalement parfois décidé de transférer ces cours dans des églises274,275.

Universités : liberté de porter le voile[modifier | modifier le code]

Dans l’enseignement supérieur français, l’article 50 de la loi Savary du 26 janvier 1984 reconnait aux étudiants la liberté d’exprimer leurs convictions à l’intérieur des universités, tant qu’ils ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qu’ils ne troublent pas l’ordre public276. Le CCIF édite un texte résumant la jurisprudence dans les universités277.

Ce principe a été confirmé par le Conseil d’État dans un arrêt du 26 juillet 1996278. Dans cette affaire, le doyen de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’Université Lille-II avait pris des arrêtés interdisant l’accès des bâtiments aux jeunes femmes revêtues d’un « foulard islamique ». Le doyen a justifié cette décision en invoquant la nécessité de maintenir l’ordre public suite à des menaces que les autorités de l’université avaient reçues par la voie d’un tract anonyme tendant à faire interdire le port du « foulard islamique » dans les locaux de l’université[réf. souhaitée]. Le Conseil d’État rappelle tout d’abord qu’en vertu de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi »279 et qu’en vertu de l’article premier de la constitution de la V République « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales280. » Le Conseil d’État cite ensuite la loi Savary et énonce que si les étudiants bénéficient de la liberté d’exprimer leurs convictions à l’intérieur de l’Université, « cette liberté ne saurait permettre aux étudiants d’accomplir les actes qui, par leur caractère ostentatoire, constitueraient des actes de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande, perturberaient le déroulement des activités d’enseignement de de recherche ou troubleraient le fonctionnement normal du service public. »[réf. souhaitée]

Le Conseil d’État estime cependant que les circonstances évoquées par l’Université Lille 2 (les menaces reçues par tract anonyme visant à interdire le port du voile) ne sauraient justifier que le doyen, dans le cadre de son pouvoir de police, porte atteinte aux principes sus-mentionnés, dans la mesure où « la menace invoquée à l’appui des décisions attaquées n’était pas en soi de nature à priver les autorités universitaires de la possibilité d’assurer le maintien de l’ordre dans l’établissement sans interdire l’accès des bâtiments aux jeunes femmes revêtues d’un “foulard islamique”. […] Ainsi les arrêtés du doyen de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales interdisant l’accès des bâtiments aux jeunes femmes revêtues d’un “foulard islamique” sont dépourvus de base légale. » En somme, le port du voile dans les Universités est autorisé et même protégé au nom de la liberté d’exprimer ses convictions. Il ne saurait être interdit que pour des motifs d’ordre public (tels que la sécurité et le maintien de l’ordre), et seulement si cette interdiction est proportionnée au but recherché.

Les établissements d’enseignement supérieur peuvent ainsi exiger des étudiants, lors de certaines activités en TP (travaux personnels), en atelier ou en laboratoire, qu’ils abordent une tenue compatible avec les règles d’hygiène ou de sécurité281. Certains UFR de sciences et certaines filières d’IUT peuvent être confrontés à ces problématiques de sécurité et imposer certaines règles dans certaines salles spécifiques282. Ainsi, à titre d’exemple, le règlement intérieur d’un IUT, tout en reconnaissant le droit pour les étudiants de manifester leur attachement personnel à des convictions religieuses ou philosophiques, donc de porter le voile, précise à son article 32-2 que « Les tenues vestimentaires doivent être conformes aux règles de santé, d’hygiène et de sécurité et être adaptées aux activités suivies, et notamment aux activités de travaux pratiques en laboratoire. Dans ce dernier cas, ne peuvent être admis notamment les vêtements ou accessoires flottants ou facilement inflammables, ou susceptibles d’entraver le port des équipements de protection individuelle. »283. Cet extrait règlementaire est pris à titre d’exemple, mais nous pouvons retrouver dans la plupart des règlements intérieurs d’université des clauses expliquant que les étudiants doivent porter des tenues vestimentaires adaptées aux activités d’enseignement, en particulier pour des raisons d’impératifs de sécurité.

Concernant le problème de la surveillance effective des examens universitaires, comme le relève le député UMP Jacques Myard dans une question284 posée le 21 juin 2005[réf. souhaitée], les universités peuvent procéder à des contrôles et demander aux étudiantes portant le foulard de bien vouloir se dévoiler le visage jusqu’aux oreilles, comme le prévoit par exemple le règlement des examens d’une Université de médecine285 qui prévoit que « le port du voile n’est autorisé qu’après un contrôle et à la condition stricte que les oreilles soient entièrement découvertes durant la durée de l’épreuve. » Ce règlement n’est qu’un exemple des dispositions que les universités peuvent prendre en rapport à la surveillance des partiels pour prévenir la fraude.

Par ailleurs, les étudiants dans le domaine médical et paramédical, sont lors de leur stage, en tant que personnel du service public dans les centres hospitaliers universitaires (stages infirmiers, internat etc.) soumis au devoir de neutralité religieuse comme l’ensemble des agents du service public286. Il est à noter qu’il est admis que les étudiantes en médecine portant le voile, puissent durant leur stage à l’hôpital public porter une charlotte. Le port d’une charlotte pour les étudiantes musulmanes voilées en médecine n’est en général pas considéré comme un signe ostentatoire287.

Le principe de neutralité s’applique aux personnels de l’université puisqu’il s’agit de travailleurs affectés au service public. Ainsi une doctorante âgée de 25 ans, titulaire d’une allocation de recherche et travaillant au sein d’un laboratoire du CNRS à l’Université Toulouse-III-Paul-Sabatier, a ainsi été licenciée le 23 février 2009288 sans préavis ni indemnité pour faute professionnelle. L’université lui avait demandé de cesser de porter un voile durant son travail, mais l’étudiante s’y était opposée. Dans une ordonnance de rejet, le tribunal administratif de Toulouse a jugé qu’« aucun des moyens invoqués [par l’étudiante] n’est de nature à faire naître un doute quant à la légitimité de la décision attaquée. »

Le port du voile islamique par la Présidente du syndicat étudiant UNEF Île-de-France, en 2018, suscite des commentaires au sein du gouvernement Philippe289.

Agents publics[modifier | modifier le code]

Principe: interdiction du port du voile[modifier | modifier le code]

Les fonctionnaires et agents non-titulaires de la fonction publique sont soumis à une obligation de neutralité et de laïcité.

Le Conseil d’État considère que « les principes de neutralité et de laïcité s’appliquent à l’ensemble des services publics et interdisent à tout agent, qu’il assure ou non des fonctions éducatives ou ayant un caractère pédagogique, d’exprimer ses croyances religieuses dans l’exercice de ses fonctions »290.

Exemples[modifier | modifier le code]

Assistantes maternelles[modifier | modifier le code]

Le fait pour un agent public, quelles que soient ses fonctions, de manifester ses croyances religieuses dans l’exercice de sa profession, notamment par le port d’un signe marquant l’appartenance à une religion, constitue un manquement aux obligations professionnelles et donc une faute. C’est en application de cette jurisprudence que le tribunal administratif de Versailles a validé la sanction visant un agent public dans l’exercice de ses fonctions ayant fait du prosélytisme auprès d’autres agents placés sous son autorité. Ce fait constitue une circonstance aggravante pour le tribunal administratif291. Dans une affaire soumise au tribunal administratif de Paris, bien que la requérante exerçait ses fonctions essentiellement à son domicile — soit dans un espace privé — et n’ait porté le « voile » qu’en présence du pédiatre de la crèche lors d’une visite médicale périodique des enfants, le Tribunal a jugé que la sanction du licenciement n’était pas entachée d’une erreur292.

Hôpitaux[modifier | modifier le code]

À l’hôpital public, le personnel est tenu de respecter le principe de laïcité. Il lui est notamment expressément interdit de manifester toute extériorisation vestimentaire de leur religion, donc de porter le voile293. La circulaire du 2 février 2005 précitée pour le cas des patients relative à la laïcité dans les établissements de santé, reprenant une décision en date du 17 octobre 2002 du tribunal administratif de Paris, expose : « si les agents publics bénéficient, comme tous les citoyens, de la liberté de conscience et de religion (…), le principe de laïcité (…) et celui de la neutralité des services publics font obstacle à ce que ces agents disposent, dans l’exercice de leurs fonctions, du droit de manifester leurs croyances religieuses, notamment par une extériorisation vestimentaire ».

L’obligation de neutralité est imposée depuis plus d’un demi-siècle dans la jurisprudence en ce qui concerne le service public, les fonctionnaires et les agents publics : le tribunal administratif de Paris, le 17 octobre 2002, a estimé légale la décision d’un établissement hospitalier public qui n’a pas voulu renouveler le contrat d’une assistante sociale qui refuse d’enlever son voile. Contestant cette décision, elle saisit la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Sa requête est rejetée le jeudi 26 novembre 2015. À l’unanimité, la Cour relève qu’« il ne lui appartient pas de se prononcer sur le modèle français » mais reconnaît que ces principes poursuivent « le but légitime qu’est la protection des droits et libertés d’autrui ». « Les autorités nationales n’ont pas outrepassé leur marge d’appréciation en constatant l’absence de conciliation possible entre les convictions religieuses de Mme Ebrahimian et l’obligation de s’abstenir de les manifester », précise-t-elle294,295,296. D’après l’analyse de Fatima Achouri, consultante spécialiste des affaires de voile :

« Les juges ont considéré que “l’État qui emploie la requérante au sein d’un hôpital public peut juger nécessaire qu’elle ne fasse pas état de ses croyances religieuses dans l’exercice de ses fonctions pour garantir l’égalité de traitement des malades”. La CEDH a reconnu qu’il y avait eu une ingérence dans le droit de l’employée à manifester sa religion, mais que le but poursuivi par l’employeur, à savoir “la protection des droits et libertés d’autrui”, était légitime. Dans leur verdict, les magistrats ont fait primer les principes de laïcité et de neutralité sur celui de libre expression des croyances religieuses297. »

Dans le milieu infirmier, l’existence d’un examen oral au concours d’entrée en Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) est un frein officieux mais important aux pratiques ostentatoires religieuses. Le problème du voile s’est posé de manière ponctuelle au niveau médical, se traduisant soit par un rejet, soit par le remplacement du voile par une « charlotte »298.

Police[modifier | modifier le code]

Une policière a été suspendue de ses fonctions en novembre 2009 pour avoir porté le voile islamique simple (non intégral) dans un service de police. Le conseil de discipline de la préfecture de police a proposé, en mars 2010, une peine de deux ans d’interdiction de fonction, dont dix-huit mois avec sursis. La décision finale relève du préfet299.

Élèves enseignants de l’éducation nationale[modifier | modifier le code]

En application de la note juridique du ministère de l’Éducation nationale, en date du 22 janvier 2015, les élèves enseignants n’ont pas le droit de porter de signes religieux dès lors qu’ils deviennent des futurs professeurs300.

Élus[modifier | modifier le code]

Députés[modifier | modifier le code]

L’article 9 du règlement de l’Assemblée nationale prévoit : « La tenue vestimentaire adoptée par les députés dans l’hémicycle doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville. Elle ne saurait être le prétexte à la manifestation de l’expression d’une quelconque opinion : est ainsi notamment prohibé le port de tout signe religieux ostensible […]301. »

Sénateurs[modifier | modifier le code]

L’article 20 bis du règlement du Sénat prévoit : « les membres du Sénat s’obligent à observer une stricte neutralité religieuse dans l’enceinte du Sénat[…]302. »

Salariés de droit privé affectés à un service public[modifier | modifier le code]

Le 19 mars 2013, un arrêt de la Cour de cassation (rendu le même jour que le premier arrêt Baby-Loup) rejette le pourvoi formé par une femme travaillant dans une Caisse primaire d’assurance maladie de Seine St Denis, licenciée pour avoir porté le voile islamique en infraction avec le règlement intérieur de la caisse. Ce règlement interdisait en effet « le port de vêtements ou d’accessoires positionnant clairement un agent comme représentant un groupe, une ethnie, une religion, une obédience politique ou quelque croyance que ce soit » et notamment « le port d’un voile islamique, même sous forme de bonnet ». La Cour de Cassation considère « que les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé et que, si les dispositions du code du travail ont vocation à s’appliquer aux agents des caisses primaires d’assurance maladie, ces derniers sont toutefois soumis à des contraintes spécifiques résultant du fait qu’ils participent à une mission de service public, lesquelles leur interdisent notamment de manifester leurs croyances religieuses par des signes extérieurs, en particulier vestimentaires »303. Le licenciement de la salariée est donc considéré comme régulier.

Port du voile par les salariés de droit privé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fait religieux en entreprise en France.

Faits divers[modifier | modifier le code]

Armée française en Afghanistan[modifier | modifier le code]

En mars 2010, une sous-officier a reçu l’ordre d’un officier de se voiler afin « de ne pas choquer les Afghans »304. Un rapport a été rédigé par l’aumônier catholique servant sur ce théâtre d’opérations extérieures305.

Ambassades Françaises[modifier | modifier le code]

La circulaire du 2 mars 2011 relative à la mise en œuvre de la loi du 11 octobre 2010 prévoyait une large information du public, notamment par le biais d’une affichage dans les lieux affectés à un service public, énonçant que « la République se vit à visage découvert ». La diffusion d’un dépliant en français, mais aussi anglais et arabe, via les postes consulaires français à l’étranger était également demandée306.

Bénévoles des restos du Cœur[modifier | modifier le code]

En novembre 2013, juste avant cette déclaration, la présidente manselle de cette nouvelle association « Coexister » s’était vu refuser de pratiquer le bénévolat voilé aux Restos du cœur. Les responsables des restos ont évoqué pour cela, le principe 5 de la charte des restos qui demande « une indépendance complète à l’égard du politique et du religieux »307.

Braquages de banques[modifier | modifier le code]

Plusieurs braquages armés ont été commis par des malfaiteurs dissimulant leur visage sous un voile intégral similaire à celui que peuvent porter certaines femmes musulmanes308. Le mercredi 13 mars 2013, c’est un braquage avec ce mode opératoire qui a été commis309. Par conséquent, les établissements bancaires refusent d’ouvrir les sas des banques si le visage n’est pas totalement dévoilé310.

Aux États-Unis, le voile intégral n’étant pas interdit, ce type de braquage se multiplie311.

Location de gîte rural[modifier | modifier le code]

Au cours de l’été 2006, une jeune femme de confession musulmane loue un gîte rural. Le jour de son entrée dans les lieux, constatant qu’elle et sa mère portent le voile islamique, la propriétaire du gîte refuse d’honorer la location sauf à quitter le voile lorsqu’elles se trouvent dans les parties communes de l’hôtel. Refusant de se plier à cette règle, les deux femmes quittent le gîte et déposent une plainte pour discrimination fondée sur la religion.

Dans son jugement rendu le 9 octobre 2007, le tribunal correctionnel a retenu l’existence d’une discrimination fondée sur la religion et a condamné la propriétaire à quatre mois de prison avec sursis et 1 000 € d’amende312.

Restaurant[modifier | modifier le code]

En août 2016, le propriétaire du restaurant le cénacle à Tremblay-en-France refuse de servir deux clientes voilées. Celles ci portent plainte et le CCIF annonce se porter partie civile313.

Leçon d’auto-école[modifier | modifier le code]

Le tribunal de grande instance de Nîmes a relaxé en première instance le directeur d’une auto-école ayant refusé d’assurer une leçon à une jeune femme portant le voile, du chef de discrimination dans l’offre ou la fourniture d’un bien ou d’un service à raison de la religion. Le tribunal a en effet considéré que l’interdiction du port du voile, durant les seules leçons de conduite pour des motifs de sécurité, était légitime314. La HALDE considère que le refus d’un instructeur d’auto-école de donner des leçons de conduite à une candidate inscrite, au motif qu’elle refuse d’ôter son voile, constitue une différence de traitement à raison de l’origine. Elle relève que le motif du refus est exprimé en des termes dénués d’ambiguïté caractérisant une intention de discriminer315.

Et pourtant, une candidate s’est présentée voilée à l’examen du permis de conduire le 3 décembre 2012. Elle a été refusée. Elle a déposé plainte et avec l’appui du CCIF316, a obtenu l’autorisation de repasser son permis voilé quelques jours plus tard317 auquel elle a échoué. En juillet 2013, le moniteur de l’auto-école a été jugé et condamné pour discrimination318 à verser 1 500 euros d’amende au ministère public. La plaignante ayant préféré ne pas réclamer de dommages et intérêts, mais juste vouloir faire justice pour la discrimination et le traitement humiliant qu’elle a subis319.

Surveillance des enfants en baignade[modifier | modifier le code]

Toujours pour un motif de sécurité, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE), n’a pas retenu la notion de discrimination s’agissant d’une jeune femme employée en qualité de monitrice adjointe d’animation par une association, licenciée au motif, que portant le voile, elle refusait de respecter les règles d’encadrement individuel pour des enfants autistes lors d’activités de baignade320.

Centres nautiques et plages[modifier | modifier le code]

  • Émerainville, commune de Seine-et-Marne : le 27 juillet 2009, vêtue d’un maillot « burquini » composé d’un voile, d’une tunique et d’un pantalon, Carole, une musulmane de 35 ans, se baigne dans la piscine de la municipalité et récidive les jours suivants en présence de ses enfants. Elle fait, par la suite, l’acquisition d’un abonnement de 10 heures à la piscine locale. Le 1er août 2009, elle se voit refuser l’accès à la piscine de la commune par le maître nageur de service. La direction de la piscine n’accepte pas le « burquini ». Cette Française, convertie à l’islam depuis ses 17 ans, souhaite déposer une plainte auprès du procureur de la République de Meaux321.
  • À Port Leucate, dans l’Aude, le 20 juillet 2010, une affaire similaire se produit dans la piscine du village de vacances « Rives des Corbières ». Deux femmes ne peuvent pas se baigner vêtues d’un pantalon tunique et d’un hijab322.
  • Dès juillet 2013, le maire de Mandelieu-la-Napoule Henri Leroy (Les Républicains) avait pris un arrêté municipal interdisant le port de vêtements religieux sur les plages de la ville323.
  • Depuis 2015, les centres nautiques privés de Center Parcs, les parcs aquatiques de Port Leucate ou l’Aqualud du Touquet autorisent le burkini324.
  • En juin 2016, une femme porte plainte car on lui refuse de se baigner en burkini au centre aquatique d’Aurillac pour une raison d’hygiène325.
  • En septembre 2016, l’association Smile 13 privatise le Speed Water Parc, un centre aquatique proche de Marseille pour une journée « afin qu’exclusivement le parc autorise la baignade en burkini ». Michel Amiel, sénateur-maire DVG de la commune, « prend un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu’elle est susceptible de troubles à l’ordre public326. ». La journée est annulée par les organisateurs. Cette affaire rappelle la privatisation d’une piscine de Sarcelles pour des femmes loubavitch. Cela a duré trois ans mais cette pratique a été stoppée en 2006327 dès que l’information a été reprise par les médias328.
  • Le 28 juillet 2016, le maire de Cannes David Lisnard (Les Républicains) prend un arrêté municipal interdisant le port de vêtements religieux sur les plages de la ville. Ce texte prévoit notamment : «L’accès aux plages et à la baignade est interdit à compter de la signature du présent arrêté jusqu’au 31 août 2016 à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime»329. Plusieurs personnes sont verbalisées en violation de cet arrêté323.Le tribunal administratif de Nice, le 13 août 2016, saisi en urgence (procédure de référé) par le collectif contre l’islamophobie en France a confirmé la validité de l’arrêté. L’ordonnance de référé dispose “dans le contexte d’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois, l’affichage de signes religieux ostentatoires (…) en l’espèce sous la forme de tenues de plage affichant leur religion, sont de nature à créer ou exacerber des tensions parmi les nombreux usagers du domaine maritime, de toutes confessions, qui fréquentent les plages de Cannes au mois d’août, et un risque de troubles à l’ordre public (…)”330. Les requérants ont formé un pourvoi devant le Conseil d’État323.
  • Le 5 août 2016, le député-maire Lionnel Luca (Les Républicains) de Villeneuve-Loubet adopte un arrêté similaire 331.
  • Le 15 août 2016, le maire Ange-Pierre Vivoni (PS) de Sisco (Haute-Corse), adopte également un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune, après les incidents violents du samedi précédent où des femmes se baignaient habillées. D’autres élus de Haute-Corse, le député-maire (LR) de Biguglia Sauveur Gandolfi-Scheit et le maire d’Aléria Ange Fraticelli, apportent leur soutien à cette démarche332,333. Le Premier Ministre Manuel Valls apporte également son appui aux maires ayant interdit le burkini, mais n’envisage pas d’adopter une loi : « les plages, comme tout espace public, doivent être préservées des revendications religieuses. Le burkini n’est pas une nouvelle gamme de maillots de bain, une mode. C’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme »334. Pour le site Algérie Focus, les musulmans de France devraient respecter les règles du pays : « nous ne pouvons nous abstenir de faire grief à ceux des musulmans qui persistent à se singulariser de la sorte »335.
  • Le burkini est désormais interdit dans une quinzaine de communes336. Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés contre le port du burkini à Palavas-les-Flots le dimanche 21 août 2016337. Les femmes en Arabie Saoudite ne portent pas de burkini et ne comprennent pas la situation en France338.

Pratique d’un sport[modifier | modifier le code]

Une milieu de terrain du Paris Saint-Germain a été « évincée d’un match » pour avoir voulu porter un voile339.

Le Comité international olympique a affirmé que les femmes pouvaient porter un voile au cours des épreuves olympiques de 2008 en Chine en autorisant une athlète iranienne à y participer voilée339. Le CIO se détermine « au cas par cas », et se refuse à généraliser la pratique. Le CIO aurait tendance à considérer le voile comme un signe culturel et non pas religieux au regard de l’article 50 alinéa 2 de la charte olympique en vigueur : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique »340. La position de la France est, quant à elle, plus stricte et rigoureuse341.

Les footballeuses junior iraniennes ont été interdites des Jeux olympiques de la jeunesse par la FIFA pour cause de port du voile en avril 2010342. L’International Football Association Board (IFAB) réunie au siège de la FIFA à Zurich, le jeudi 5 juillet 2012 a adopté à titre temporaire et pour une période d’essai : le port du foulard. Le dessin, la couleur et l’équipement autorisés seront définis et confirmés lors de la réunion annuelle de travail de l’IFAB à Glasgow en octobre 2012. Aujourd’hui, aucune étude médicale au sujet des blessures liées au port d’un foulard n’a été publiée. La décision prise sera réexaminée lors de l’assemblée générale annuelle de l’IFAB en 2014343. Quant à la Fédération française de football, celle-ci tient à préciser ceci : « En ce qui concerne la participation des sélections nationales françaises dans des compétitions internationales d’une part, ainsi que l’organisation des compétitions nationales d’autre part, la Fédération française de football rappelle son souci de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité qui prévalent dans notre pays et qui figurent dans ses statuts. Dans ces conditions, elle n’autorise pas les joueuses à porter le voile »344.

Le sociologue Jean Baubérot fait part de ses inquiétudes. Il craint un « ressenti d’humiliation » au sein de la population musulmane de France345. Asma Guenifi, présidente de l’association Ni putes ni soumises, s’indigne d’une « grave régression ». « Aujourd’hui, c’est le foot. Demain, ce sera la natation », s’inquiète-t-elle. Elle demande de respecter la neutralité politico-religieuse dans le sport. En mars 2012, la présidente de Ni putes ni soumises avait déjà estimé que la réflexion en cours à la FIFA avait amené la présence de joueuses visiteuses venues voilées à Narbonne, dans l’Aude. L’arbitre avait refusé de conduire le match entre Narbonne et le Petit-Bard Montpellier346.

À l’occasion d’une question posée au Sénat au Ministère des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, la réponse en avril 2013 est la suivante :

« La position du gouvernement est claire : on ne porte pas de voile pour faire du sport347,348. »

En 2013, des basketteuses du Mans décident de jouer voilées malgré l’interdiction réitérée de la Fédération française de basket. Celle-ci n’évoque comme raison pas la laïcité mais des questions de sécurité comme le risque d’étranglement par le foulard. « Ces dangers potentiels, qu’ils soient minimes ou pas, sont réels. La Fédération de basket ne peut pas tolérer le risque qu’un jour une jeune fille se blesse durement ou mette sa vie en danger pour une question de religion qui n’a rien à faire sur un terrain349. » La blogosphère musulmane défend les basketteuses voilées350,351.

En février 2019, une nouvelle polémique éclate autour du voile et de la pratique d’un sport après que Decathlon a annoncé vouloir commercialiser un « hijab de running » de la marque Kalenji, adapté aux besoins de sa clientèle musulmane et qui était d’ailleurs déjà en vente dans ses magasins au Maroc352.. Devant l’ampleur de la controverse et malgré les bons vouloirs de Yann Amiry – l’animateur de communauté de son compte Twitter -353, Decathlon renonce finalement à vendre ce produit354.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Nassim Aboudrar, Comment le voile est devenu musulman – Histoire d’un malentendu, 2014, Flammarion, Paris, 108 pages, (ISBN 978-2-081-30180-1)
  • Constantin Languille, La Possibilité du cosmopolitisme. Burqa, droits de l’homme et vivre-ensemble, Gallimard, 210 p., 2015355
  • Faïza Zerouala, Des voix derrière le voile, Premier Parallèle, 137 p., 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

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  195. ↑ Cette chronique est toujours présente sur le site de la radio en 2015 contrairement à ce qu’affirme Aymeric Caron.
  196. « Agression d’une femme voilée : Caroline Fourest condamnée pour diffamation » [archive], Metronews, 27 octobre 2014.
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  201. Source temporaire à remplacer par une source de référence [archive]
  202. [32] [archive]
  203. [33] [archive]
  204. Le Monde 19 juillet 2013 Lors du contrôle d’identité d’une femme en voile intégral à un arrêt de bus jeudi, la situation a dégénéré. Le mari de cette femme aurait sauté à la gorge du policier qui effectuait le contrôle et a tenté de l’étrangler. Il a donc été placé en garde à vue pour rébellion”, explique Christophe Crépin, de l’UNSA-Police [archive]
  205. LE figaro 24/07/2013 [archive]
  206. Le Monde 20/07/2013 [archive]

 et Voile islamique dans les écoles en France.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Jean Castarède, Luxe et civilisations: histoire mondiale, Eyrolles, 2008, p. 47
  3. (en) Caroline M. Galt, « Veiled Ladies », American Journal of Archaeology, 1931, p. 373-393
  4. Jean-Claude Bologne, histoire du mariage en Occident, p. 65
  5. a et b Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 43
  6. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], II, 6, 4.
  7. Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 337. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii, 1811 (lire en ligne [archive]), p. 544 (614).
  8. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 45
  9. Genèse 24, 65
  10. ↑ hélène nutkowicz, historienne et chercheuse au CNRS Quelques notes sur le voile, de la Bible au Talmud, p. 3 [1] [archive]
  11. Cantique des Cantiques 4, 1
  12. Corinthiens, 11, 6-10.
  13. ↑ Pour être précis, disons que le port d’un couvre-chef, sous le soleil méditerranéen, est une évidence que la Bible n’a pas eu besoin d’imposer ; les Bédouins, les Touaregs, comme hier les pasteurs hébreux, se protègent naturellement la tête du soleil. La Bible impose pour la prière un châle spécial avec des franges.
  14. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes : un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 64
  15. Le Voile des vierges, traduction Eva Schulz-Flügel, édition du Cerf [archive], (ISBN 2-204-05761-4)
  16. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 17
  17. ↑ Sophie Hasquenoph, Histoire des ordres et congrégations religieuses en France du Moyen Âge à nos jours, Champ Vallon, 2009, p. 462
  18. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 128
  19. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 113
  20. ↑ Rosine A. Lambin, Le voile des femmes. Un inventaire historique, social et psychologique, P. Lang, 1999, p. 155
  21. [2] [archive].
  22. http://clio.revues.org/488#authors [archive]
  23. ↑ Rosine Lambin, « Paul et le voile des femmes », Clio, no 2, 1995. En ligne : http://clio.revues.org/index488.html [archive].
  24. Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves : Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, Paris, Éditions La Découverte, 2016, 995 p. (ISBN 9782355220883), chap. 16 (« L’envers des Trentes Glorieuses »), p. 775

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab lors des états généraux de la Femme

Nationalité Française

Diplômée de Université Panthéon-

Sorbonne

Profession Maître des requêtes au

Conseil d’État

Haut fonctionnaire

Avocate

Jeannette Bougrab, née le 26 août 1973 à Châteauroux (Indre), est une juriste, essayiste et femme politique française.

Présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) du 16 avril au 14 novembre 2010, elle est nommée par la suite secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Vie associative dans le troisième gouvernement Fillon.

En 2013, elle est brièvement chroniqueuse dans le Grand Journal de Canal+. Elle est ensuite réintégrée au Conseil d’État. Elle est actuellement chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France en Finlande. Depuis 2015, elle est chroniqueuse pour le magazine Valeurs Actuelles.

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab est née d’un père harki ouvrier métallurgiste et décoré de la Légion d’honneur à titre militaire1. Son grand-père paternel et son oncle ont été assassinés par des indépendantistes algériens pendant la guerre d’Algérie2.

Après des études de droit à Orléans, elle obtient un DEA (1997), puis un doctorat (2002)3 en droit public à l’université Panthéon-Sorbonne : Les origines de la Constitution de la Quatrième République4 sous la direction de Nicole Belloubet5. Juriste au Conseil constitutionnel avant de devenir maître de conférences en droit public à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne jusqu’en 2007, et à l’Institut d’études politiques de Paris de 2007 à 20096, elle est remarquée par Pierre Mazeaud7.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab s’engage en politique à l’UMP sous la présidence d’Alain Juppé et est nommée secrétaire nationale chargée d’un rapport sur « les discriminations dans l’accès au marché de l’emploi ». Grâce au soutien de Pierre Mazeaud, elle est nommée membre du Haut conseil à l’intégration en 20028. À son arrivée à la tête de l’UMP, Nicolas Sarkozy lui confie le secrétariat national des nouvelles adhésions, aux côtés d’Yves Jégo.

Elle est aussi membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe, du Conseil d’analyse de la société et du Conseil d’orientation et de réflexion de l’assurance (Cora)9 dépendant de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Lors des élections législatives des 10 et 17 juin 2007, elle est candidate investie par l’UMP dans la 18e circonscription de Paris (Barbès, porte de Clignancourt, une partie des Grandes Carrières, Montmartre) face au député socialiste sortant, Christophe Caresche. À l’issue de la campagne6, distancée lors du premier tour malgré le soutien de personnalités comme Alain Juppé (ancien député de la circonscription, venu à un de ses meetings)10, David Douillet, Luc Ferry et Alexandre Adler, elle perd au soir du second tour avec 36,71 % des voix contre 63,29 % pour Christophe Caresche11, réalisant le plus bas score jusqu’alors enregistré dans la circonscription pour une élection législative, nettement en dessous de celui réalisé par Xavier Chinaud lors de la législative de 2002 avec 42,63 %12, et par ailleurs, le second plus bas score de la droite à Paris lors de scrutin13. À l’issue de l’élection, elle se déclare déçue d’avoir été cantonnée à un rôle « d’animateur de réunions communautaires » pour Nicolas Sarkozy, de n’avoir obtenu que de haute lutte son investiture aux législatives, dans une circonscription bastion de la gauche, et a annoncé vouloir s’éloigner de la politique partisane pour se consacrer à l’écriture14.

Décrite dans les médias comme proche de Claude Guéant15 et d’Alain Juppé6, elle entre au gouvernement Fillon le 14 novembre 2010 comme secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Vie associative, auprès du ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel.

En déclarant le 30 janvier 2011 sur les ondes de France Info que le président égyptien Hosni Moubarak devait quitter le pouvoir, elle entre en contradiction avec la position officielle du gouvernement français16. Convoquée et rappelée à l’ordre par le Premier ministre François Fillon, elle dut faire un mea culpa par communiqué17.

Elle soutient Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains de 201618.

Présidente de la HALDE[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab est nommée, par décret présidentiel du 21 janvier 201019, présidente du conseil d’administration de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSE).

Proposée par la présidence de la République le 23 mars 201020, elle est nommée officiellement présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) le 16 avril suivant21.

Elle doit défendre l’autonomie de son institution face à la volonté des parlementaires de réduire les moyens alloués à la HALDE et d’intégrer ses fonctions à celles du Défenseur des droits, créé par la réforme constitutionnelle de 2008. Elle est, en interne, contestée par des salariés, qui lui reprochent « un management brutal et irrespectueux22 » et désavouée par certains de ses services qui défendent, contre sa volonté, une salariée de la crèche Baby-Loup licenciée pour avoir porté un voile6.

En juin 2010, elle est mise en difficulté par Le Canard enchaîné qui l’accuse d’avoir obtenu le doublement de son indemnité de présidente de la HALDE (passant de 6 900 à 14 000 euros mensuels)23, affirmation qu’elle récuse et contre laquelle elle porte plainte pour diffamation24. Jeannette Bougrab est finalement déboutée en mai 2011, le tribunal correctionnel de Paris estimant que l’enquête menée par le journal était sérieuse et les chiffres avancés étaient « tout sauf fantaisistes25 ». Dans son ouvrage Rentiers d’Etat publié en 2015, le journaliste Yvan Stefanovitch confirme les chiffres du Canard enchaîné26.

Ses prises de position face au sort des femmes dans la réforme des retraites en septembre 2010, et celles de son institution s’opposant à la proposition de soumettre les candidats à l’immigration à des tests d’ADN, lui valent des inimitiés dans la majorité présidentielle15.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Après son échec aux élections législatives de 2007, Jeannette Bougrab est nommée maître des requêtes au Conseil d’État au tour extérieur par décret du 28 septembre 200727. Elle assure les fonctions de rapporteur au service du contentieux d’avril 2008 à avril 201028.

Elle est membre du Conseil d’orientation et de réflexion de l’assurance (CORA)29, créé par le lobby des assureurs30.

Elle prête serment le 19 décembre 2012 pour devenir avocate31.

Jeannette Bougrab est membre de la promotion 2010 des « Young Leaders » de la French-American Foundation32.

De décembre 2012 à septembre 2013[réf. nécessaire], elle est d’ailleurs avocate au sein du cabinet américain Mayer Brown où elle dirige l’activité compliance et maitrise des risques du cabinet. Elle a également pour rôle de développer le pôle droit public de la firme qui compte plus de 75 avocats à Paris, et d’œuvrer à l’implantation du cabinet dans les pays du Moyen-Orient et au Maghreb33. En avril 2014, elle quitte la profession d’avocat en se faisant « omettre » du barreau de Paris, pour avoir prétendu être avocate associée alors qu’elle n’était qu’avocate collaboratrice34.

Elle rejoint le 26 août 2013, en tant que chroniqueuse, la formule remaniée du Grand Journal de Canal+, alors présenté par Antoine de Caunes35.

Elle réintègre le Conseil d’État le 1er juillet 201436.

Proche de Patrick Buisson selon L’Obs, elle devient chroniqueuse pour Valeurs actuelles en 201537.

En avril 2015, à la suite de sa forte médiatisation après l’affaire de l’Attentat contre Charlie Hebdo38, elle est nommée par François Hollande au poste de chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France en Finlande afin de « changer d’air après la violence et la méchanceté »39. Un an plus tard, des salariés de l’institut français de Finlande écrivent au Quai d’Orsay pour se plaindre du comportement de Jeannette Bougrab, dont le management serait « brutal et aléatoire »40. En 2017, elle est renouvelée en poste pour une année par arrêté du Premier ministre Édouard Philippe.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Jeannette Bougrab se réclame de la droite, déclarant être partisane du gaullisme social41. Favorable au mariage homosexuel et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels42, elle se montre réservée dans son rapport sur Les Discriminations dans l’accès au marché de l’emploi, quant à la notion de discrimination positive, lui préférant la notion de « mobilisation positive » et est opposée aux quotas ethniques6.

Elle se déclare athée, laïque et « profondément républicaine »43,44.

En mai 2015, à l’occasion de la sortie de son livre intitulé Maudites, dans lequel elle rend hommage aux femmes victimes de l’islamisme, elle déclare au magazine Valeurs actuelles : « Moi, contrairement à Luz, je continue à parler du Prophète »45. Elle juge « médiocre et usurpateur »45 le dessinateur de Charlie-Hebdo (qui venait d’annoncer en avril qu’il ne dessinerait plus Mahomet) et estime que « la greffe qui marche le moins bien, c’est la greffe de couilles »45.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pendant treize ans, elle est en couple avec Frédéric, un homme rencontré lorsqu’elle effectuait ses études à Orléans46.

Jeannette Bougrab a adopté une fille — dans le cadre d’une procédure d’adoption en tant que célibataire — prénommée May47. En décembre 2014, elle affirme mener une vie de célibataire48.

Elle s’est présentée comme la compagne du dessinateur Charb49, à la suite de l’assassinat de celui-ci, le 7 janvier 2015 lors de l’attentat contre Charlie Hebdo. Dans une déclaration à l’Agence France-Presse en date du 10 janvier 2015, le frère de Charb, affirmant s’exprimer également au nom de leurs père et mère, dément « l’engagement relationnel » de Charb avec Jeannette Bougrab50. Selon le magazine Closer, la vraie compagne de Charb s’appelle Valérie51. La relation a en revanche été confirmée par l’entourage amical de Charb et Jeannette Bougrab, notamment par l’animateur de radio Éric Jean-Jean sur Twitter ou Caroline Fourest en direct sur France Inter, lors de son billet en hommage à Charb.

Selon le journal La Nouvelle République, Jeannette Bougrab et sa famille proche faisaient l’objet de menaces de mort trois semaines avant l’attentat de Charlie Hebdo et des policiers de la police judiciaire de Limoges et de la Brigade de recherche et d’intervention de Paris (BRI) assuraient à Déols (Indre) une surveillance permanente de leur domicile familial, selon des sources proches du ministère de l’Intérieur ; Charb se revendiquait comme « un célibataire pur et dur » mais, selon des sources policières, on pouvait craindre que certaines personnes aient pu « découvrir par hasard leur relation et remonter jusqu’à la famille »52.

Peu après la tuerie perpétrée au journal satirique, Jeannette Bougrab fait une tentative de suicide53.

La mère de Charb était présente aux obsèques de la mère de Jeannette Bougrab, le 5 juin 201554, et les deux femmes ont été en relation55.

Elle annonce publiquement (notamment lors de la Conférence Vivre Ensemble à Rennes le vendredi 19 janvier 2018) vivre désormais en Finlande, dans le cadre d’un emploi qu’elle exerce au sein de l’ambassade de France à Helsinki 56 (directrice de l’institut français de Finlande57).

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Aux origines de la Constitution de la IVe République, préface de Nicole Belloubet-Frier, Paris, Dalloz, collection « Nouvelle bibliothèque de thèses » no 12, 2002. X-768 p. (ISBN 2-247-04490-5)

Ma République se meurt, Paris, Éditions Grasset et Fasquelle, 2013, 224 p. (ISBN 978-2-246-75551-7)

Maudites, Paris, Albin Michel, 2015, 300 p. (ISBN 978-2-226-31668-4)

Lettre d’exil, La barbarie et nous, Paris, Les éditions du Cerf, 2017, 224 p. (ISBN 978-2-204-12208-5)

Lettre aux femmes voilées et à ceux qui le soutiennent, Les éditions du Cerf, 2019.

Abnousse Shalmani

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Abnousse Shalmani

Abnousse Shalmani en 2018.

Données clés

Naissance 1er avril 1977 (41 ans) 

Téhéran (Iran)

Activité principale

Écrivain, journaliste, réalisatrice

Auteur

Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Khomeiny, Sade et moi

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Abnousse Shalmani, née à Téhéran le 1er avril 1977, est une journaliste, réalisatrice et écrivain1,2 française.

Sommaire

1 Biographie

2 Publications

2.1 Romans

2.2 Essais

3 Références

4 Liens externes

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1985, ses parents fuient le régime khoméiniste et se réfugient en France. Après des études d’Histoire, elle s’oriente vers le journalisme. Elle réalise des courts-métrages, participe à des émissions de télévision et à des débats sur la condition de la femme en Iran et le port du voile en France3.

En 2014 elle publie, sous le titre Khomeyni, Sade et moi4, un livre où elle évoque sa petite enfance sous la férule des femmes-corbeaux (les gardiennes de la morale, toutes de noir vêtues) du chef en noir et blanc (surnom qu’elle donne à Khomeiny), et dit sa colère lorsqu’elle découvre en France des femmes enfoulardées, portant le voile islamique contre lequel elle luttait dans son pays et qu’elle a dû fuir5,6.

En 2017, dans un article-manifeste publié par l’hebdomadaire Marianne7, et intitulé « Pourquoi je ne suis plus féministe », Abnousse Shalmani oppose aux féministes islamistes les grandes figures du féminisme historique, d’Olympe de Gouges à Coco Chanel, et déclare :

« Si les femmes avaient davantage de mémoire, il serait beaucoup moins aisé pour des idées traditionalistes et réactionnaires de prendre les habits de la liberté individuelle et faire passer le refus du voile (…) pour de l’islamophobie. (…) Parce que non, il n’y a rien de honteux, de répréhensible, de sale dans un corps de femme. Il n’y a rien dans ce corps qui justifie de lui imposer un code vestimentaire, (…) de le recouvrir de pudeur tout en se réclamant de la liberté. »

Publications

Zineb El Rhazoui

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Zineb El Rhazoui
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Biographie

Naissance19janvier1982 (37 ans) Casablanca
PseudonymeZineb
NationalitésFrançaise, Marocaine
FormationUniversité Sorbonne-Nouvelle École des hautes études en sciences sociales
ActivitéJournaliste
ConjointJaouad Benaissi (d)(depuis 2014)

Autres informations

A travaillé pourCharlie Hebdo
DomaineSociologie des religions
Blog officielvoxmaroc.blog.lemonde.fr

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Zineb El Rhazoui [zinæb əl ɣæzwi]1, ou simplement Zineb comme nom de plume, est une journaliste et militante des droits de l’homme francomarocaine, née le 19 janvier 1982 à Casablanca.

Sommaire

1Biographie1.1Formation1.2Premiers engagements1.3Charlie Hebdo (2013-2016)1.4Après Charlie1.5Vie privée2Publications3Filmographie4Notes et références5Voir aussi5.1

Liens externesBiographie[modifier | modifier le code]

Zineb El Rhazoui naît le 19 janvier 1982 à Casablanca2 d’un père natif de cette ville, cadre3 chez Royal Air Maroc, et d’une mère française d’origine algérienne, femme au foyer2,4. Elle dispose des nationalités française et marocaine5.

Formation[modifier | modifier le code]

Après un baccalauréat obtenu avec mention dans un lycée de Casablanca6, elle part étudier à l’université Panthéon-Sorbonne, en licence de langues arabe et anglaise2.

Elle obtient ensuite une maîtrise de langues étrangères appliquées à l’université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3) en 2004, puis en sociologie des religions à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS)4,7 ; elle rédige à cette dernière occasion un mémoire sur « L’évangélisation au Maroc » en 20078.

Elle enseigne l’arabe classique, la méthodologie de l’écrit et de la recherche avant de couvrir la guerre de Gaza en 20089.

Premiers engagements[modifier | modifier le code]

Elle est ensuite professeur à l’université française d’Égypte (UFE), où elle enseigne la méthodologie de l’écrit et de la recherche2,10,11 ainsi que l’arabe classique à des étudiants de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en stage de formation au Caire8.

Elle collabore d’abord au Journal hebdomadaire2, où elle publie de nombreux articles sur la communauté chrétienne marocaine et le culte maraboutique12. Elle est reporter de guerre lors de la guerre de Gaza de 2008-20098. Elle mène de nombreuses enquêtes sur les libertés individuelles et les droits de l’homme au Maroc, ce qui lui vaut d’être arrêtée à trois reprises13.

En 2009, elle fonde avec une amie, la Marocaine Ibtissam Lachgar, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI)14 qui réclame notamment l’abrogation de l’article 222 du Code pénal marocain qui punit d’un à six mois d’emprisonnement et d’une amende de 200 à 500 dirhams quiconque « notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du ramadan, sans motif admis par cette religion »15,16. En septembre 2009, le MALI provoque une vive polémique au Maroc après avoir tenté d’organiser, à Mohammédia, un pique-nique en public en plein mois de jeûne2,16. Cette tentative initie le mouvement des « Dé-jeûneurs »16,17,4,18.

En février 2011, elle participe à la coordination du Mouvement du 20 Février2. Elle se fait remarquer lors d’une réunion plénière d’Europe Écologie Les Verts le 18 août 2011 à Clermont-Ferrand par son intervention contre Driss el-Yazami, conseiller du Roi19.

Fin 2011, elle trouve refuge à Ljubljana, en Slovénie, dans le cadre du programme International Cities of Refuge Network (en) (IPCORN)20,21,22. Elle y reste un2 à deux ans21. Elle part ensuite vivre en France. Elle devient porte-parole de Ni putes ni soumises en juillet2 ou septembre 201123,24.

Charlie Hebdo (2013-2016)[modifier | modifier le code]

(en) Discours de Rhazoui sur « détruire le fascisme islamique » à Londres, en 2017 (29 min.).

Après y avoir signé quelques articles dès 2011, elle est embauchée en 2013 par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo2, où elle écrit sur le thème des religions25,26.

Alors en vacances27 à Casablanca, elle échappe à l’attentat terroriste islamiste contre le siège social de Charlie Hebdo le 7 janvier 20152. Elle contribue au « numéro des survivants », qui sort en kiosque le mercredi suivant.

En février 2015, elle reçoit, ainsi que son mari, des menaces de mort sur Twitter28. En octobre 2015, elle préside le jury du prix de la Laïcité29.

En mai 2015, dans l’émission Le Petit Journal, elle dénonce la mauvaise répartition de l’argent perçu par Charlie Hebdo après l’attentat30. La journaliste, membre de la rédaction, reçoit le mercredi 13 mai, un courrier de convocation à un entretien préalable à un licenciement pour faute grave envoyé par la direction, en attendant elle est mise à pied31. Elle dit ignorer le motif de sa convocation et la faute grave dont il serait question et déclare : « Je suis choquée et scandalisée qu’une direction qui a bénéficié d’autant de soutien après les attentats de janvier fasse preuve d’aussi peu de soutien envers un de ses salariés, qui est sous pression comme tous dans l’équipe et fait l’objet de menaces »31. La procédure de licenciement est annulée deux jours après30.

En janvier 2016, elle publie chez les Éditions Ring un livre sur les attentats du 13 novembre intitulé 1332,33.

Le 9 septembre 2016, elle annonce quitter Charlie Hebdo, lors d’un entretien à la webradio étudiante Web7Radio 3435.

Après Charlie[modifier | modifier le code]

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Menacée de mort, elle est l’une des femmes les plus protégées de France et vit sous escorte policière en continu36.

En juillet 2016, elle publie dans la presse « Lettre ouverte à un candidat au djihad »37.

Un documentaire lui est consacré en 201738.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée à l’écrivain Jaouad Benaissi39,40,41 à la fin de 20142, elle donne naissance à une fille après les attentats de 20159.

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Rien n’est pardonné, documentaire38 de Vincent Coen et Guillaume Vandenberghe ; production/diffusion : Savage Film Production, Eklektik Productions, RTBF ; 2017, 61 min.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en arabe marocain retranscrite selon la norme API.
  2. abcdefghijk et l Guillaume Gendron, « Zineb El Rhazoui, Charlie à dos » [archive], sur liberation.fr, Libération, 31 mai 2015 (consulté le 26 juin 2016).
  3. ↑ « Zineb El Rhazoui, une journaliste dans la ligne de mire depuis « Charlie Hebdo » », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, 12 février 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 17 février 2019)
  4. ab et c Chloé Aeberhardt, « Zineb El Rhazoui : la femme la plus protégée de France » [archive], sur marieclaire.fr, Marie Claire, 7 janvier 2016 (consulté le 26 juillet 2016).
  5. ↑ Charlotte Rotman, « Ni putes ni soumises cherche sa direction », Libération.fr, 31 octobre 2011 (lire en ligne [archive])
  6. « Zineb El Rhazoui, en lutte contre cette « bien-pensance » qui voudrait excuser les terroristes » [archive], sur marianne.net, 13 mai 2016.
  7. ↑ Nicolas Zomersztajn, « La liberté d’expression contre elle-même », Regards, Centre communautaire juif Susskind, no 765, 2 novembre 2012 (lire en ligne [archive])
  8. ab et c Ghalia Slaoui, « Zineb El Rhazoui, frondeuse du ramadan » [archive], article publié dans Le Temps le 29 septembre 2009 (consulté le 28 juillet 2016).
  9. a et b Aurélie Moreau, « Cinq ans avec la journaliste de Charlie Hebdo Zineb El Rhazoui » [archive], lalibre.be, 11 janvier 2017 (consulté le 5 septembre 2017)
  10. ↑ « Ramadan : ces Marocains qui veulent être libres de ne pas jeûner », Rue 89, 20 septembre 2009 (lire en ligne [archive])
  11. ↑ « Zineb El Rhazoui, Charlie à dos », Libération, 1er juin 2015 (lire en ligne [archive])
  12. ↑ Mohamed Leftah et al., Nouvelles du Maroc, Paris, Magellan-Courrier international, coll. « Miniatures », 2011, 144 p., 20 cm (ISBN 978-2-35074-214-4, notice BnF no FRBNF42579919) [lire en ligne [archive] (page consultée le 27 juillet 2016)].
  13. ↑ Ludivine Le Goff, « Révolutions arabes : et si c’était celles des femmes ? », Au féminin.com, 18 mars 2011 (lire en ligne [archive])
  14. « Les auteurs : Zineb El Rhazoui » [archive], sur Mémoire des luttes
  15. ↑ Liliane Charrier, « Au Maghreb, les dé-jeûneurs ont fin de démocratie » [archive], sur information.tv5monde.com, TV5 Monde, 13 août 2013 (consulté le 26 juillet 2016).
  16. ab et c Anaïs Lefébure, « D’où vient l’article 222 du code pénal qui punit les “déjeûneurs” pendant le ramadan ? » [archive], sur huffpostmaghreb.com, 19 juin 2016.
  17. ↑ Ghiziaine Khairi, « Maroc : Facebook, refuge des « dé-jeûneurs » du ramadan », Rue 89, 29 aout 2010 (lire en ligne [archive])
  18. ↑ « La journaliste adepte du “non-jeûne” réapparaît », Jeune Afrique, 25 2009 (lire en ligne [archive])
  19. Vidéo de son intervention [archive]
  20. ↑ Zineb El Rhazoui, « La révolution est une femme », Arte.tv, 4 janvier 2012 (lire en ligne [archive])
  21. a et b (en) « 2015 ICORN Lecture by Zineb El Rhazoui » [archive], sur icorn.org, 17 septembre 2015 (consulté le 27 juillet 2015).
  22. (en) « Ljubljana City of Refuge (ICORN) » [archive], sur culture.si, 21 mai 2016 (consulté le 27 juillet 2016).
  23. ↑ « Zineb El Rhazoui, porte parole de “Ni putes ni soumises” », Bladi.net, 28 septembre 2011 (lire en ligne [archive])
  24. « Deux nouvelles porte parole pour le mouvement Ni Putes Ni Soumises » [archive], sur Ni Putes Ni Soumises, 25 aout 2011
  25. ↑ « Zineb El Rhazoui : « On veut faire un numéro qui soit presque un numéro intime » », Les Échos.fr, 10 janvier 2015 (lire en ligne [archive])
  26. ↑ « Zineb de « Charlie Hebdo » : « Il arrivait que l’on dise aux collègues : “Je vous aime” » », Le Monde, 9 janvier 2015 (lire en ligne [archive])
  27. ↑ E.C., « Une survivante de Charlie Hebdo raconte sa “vision d’horreur” », Paris Match, 13 janvier 2015 (lire en ligne [archive])
  28. ↑ Ceci n’est pas un blasphème : La force de l’image, des caricatures de Mahomet à l’hypercapitalisme. Ariel Kyrou, Mounir Fatmi Inculte – Dernière Marge – 377 p.
  29. « Prix de la Laïcité 2015 : discours (vidéo) de Zineb El Rhazoui, présidente du présidente du jury » [archive], sur laicite-republique.org, comité Laïcité-République, 26 octobre 2015 (consulté le 27 juillet 2016).
  30. a et b « Zineb El Rhazoui : l’argent versé à Charlie Hebdo «n’était certainement pas pour les actionnaires» » [archive], sur Libération.fr, 20 mai 2015 (consulté le 21 décembre 2018)
  31. a et b « Charlie Hebdo : une journaliste visée par un licenciement », Le Figaro.fr, 15 mai 2015 (lire en ligne [archive])
  32. ↑ Ibrahima Bayo, « France : Zineb El Rhazoui de Charlie Hebdo publie un livre chez un éditeur d’extrême droite » [archive], Yabiladi, 15 janvier 2016.
  33. ↑ Pauline Delassus, « Zineb El Rhazoui, une femme en danger » [archive], parismatch.com, 4 avril 2016 (consulté le 5 septembre 2017)
  34. « La journaliste Zineb El Rhazoui quitte Charlie Hebdo » [archive], sur Ouest-France, 9 septembre 2016
  35. « La journaliste Zineb El Rhazoui quitte Charlie Hebdo » [archive], sur lexpansion.lexpress.fr, 12 septembre 2016.
  36. ↑ Juliette Démas, « La peur à perpétuité » [archive], la-croix.com, 5 septembre 2017 (consulté le 5 septembre 2017).
  37. « Lettre ouverte à un candidat au djihad » [archive], lefigaro.fr, 25 juillet 2016 (consulté le 5 septembre 2017).
  38. a et b Voir sur film-documentaire.fr. [archive]
  39. ↑ notice BnF no FRBNF16195247.
  40. « “Charlie Hebdo” : Zineb El Rhazoui et son mari menacés de mort, des photos publiées » [archive], 20minutes.fr.
  41. AFP, « Menaces de mort contre une collaboratrice de Charlie Hebdo » [archive], sur lepoint.fr, Le Point, 20 février 2015 (consulté le 26 juillet 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Zineb El Rhazoui

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Zineb El Rhazoui (prononciation en arabe marocain : [zinæb əl ɣæzwi]), née le 19 janvier 1982 à Casablanca, est une journaliste et militante des droits de l’homme franco-marocaine.

Sommaire

1 Citations

1.1 Détruire le fascisme islamique

1.2 Presse

2 Citations rapportées

Citations[modifier]

Détruire le fascisme islamique[modifier]

En attendant de faire de l’islamophobie une arme juridique pour museler toute critique à son égard, l’islamisme continue de faire comme si l’Islam n’avait aucune raison de faire peur. Il prétend que les terroristes ignorent le “vrai” islam, une “religion de paix et d’amour”. Si vous le croyez, c’est vous qui êtes ignorant de l’islam, de son hégémonisme et de son caractère intrinsèquement politique. C’est vous qui ignorez que pour le prophète et ses compagnons, le monde se divise en deux : Dar ul-Islam, la maison de l’islam, et Dar ul-Harb, la maison de la guerre. C’est vous qui, pour échapper à l’accusation de racisme, encensez les Lumières en Occident et les déniez à l’Islam.

Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazaoui, éd. Ring, 2016, p. 20,21

Seul un totalitarisme peut garder pendant des siècles un secret aussi lourd que la Sîra de Mahomet. Ceux qui ont osé effleurer le personnage en France en sont morts. Quant à ceux qui vivent sous le joug de l’Islam depuis toujours, ils ont intériorisé au fil des générations cette peur diffuse du châtiment céleste et terrestre. Une religion de paix et d’amour ? Même les musulmans n’en croient pas un mot, car ils savent au fond d’eux qu’ils n’aiment pas Dieu, mais qu’ils le craignent. Islam signifie soumission, et cette soumission s’est très largement faite par la terreur.

Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazaoui, éd. Ring, 2016, p. 37

Du Maroc à l’Arabie Saoudite, les peines vont de la prison ferme à la peine capitale, le fouet ou le lynchage populaire. Ceux qui ont en fait les frais ne se comptent plus, de Salman Rushdie, à Raef Badawi, en passant par Nawal al-Saadawi, Tasleema Nasreen, Boualem Sansal, Kamel Daoud, Waleed al-Husseini, Cheikh Mohamed Ould El Mkheitir, Ayan Hirsi Ali, Nahed Hattar… Lorsqu’ils n’ont pas été assassinés, ils ont tous été apostasiés. Ils ont dû s’exiler ou se cacher, ils ont connu la prison, la torture et l’exclusion sociale.

Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazaoui, éd. Ring, 2016, p. 60

Si l’islam n’est qu’une religion comme les autres, sa critique ne doit pas plus susciter d’accusation d’islamophobie que celle du christianisme une accusation de “christianophobie”, donc un racisme supposé anti “race” chrétienne.

Détruire le fascisme islamique, Zineb El Rhazaoui, éd. Ring, 2016, p. 70

Presse[modifier]

Il faut que l’islam se soumette à la critique, qu’il se soumette à l’humour, qu’il se soumette aux lois de la République, qu’il se soumette au droit français.

« Zineb El Rhazoui: “S’ils me tuent, des milliers se lèveront à ma place” », Propos recueillis par Gérald Andrieu, L’Express, 21/12/2018 (lire en ligne)

Le seul dénominateur entre tous les terroristes, c’est l’Islam. Je pense qu’il faut chercher les raisons du mal dans l’Islam tel qu’il est prôné dans les textes et appliqué aujourd’hui.

Interview de Zineb El Rhazoui

« Attentats : “Le seul dénominateur commun aux terroristes, c’est l’Islam”, selon Zineb de Charlie Hebdo », James Abbott, Jérome Florin, RTL, 1er Aout 2016 (lire en ligne)

Il faut une véritable épuration de ces gens-là (les terroristes). Aujourd’hui nous n’avons plus le choix que l’usage de la plus grande brutalité. Mais la répression ne suffit pas, il faut les enfermer, les traquer, les terroriser, les éliminer de la société.

Interview de Zineb El Rhazoui

« Attentats : “Le seul dénominateur commun aux terroristes, c’est l’Islam”, selon Zineb de Charlie Hebdo », James Abbott, Jérome Florin, RTL, 1er Aout 2016 (lire en ligne)

C’est un problème franco-français. On pourrait effacer l’Irak et la Syrie que l’on ne réglerait pas le problème.

Interview de Zineb El Rhazoui

« Attentats : “Le seul dénominateur commun aux terroristes, c’est l’Islam”, selon Zineb de Charlie Hebdo », James Abbott, Jérome Florin, RTL, 1er Aout 2016 (lire en ligne)

Citations rapportées[modifier]

Être Charlie Hebdo cela veut dire mourir pour des idées et pardonnez-moi l’expression, tout le monde n’en a pas les couilles.

Zineb El Rhazoui

La guerre civile qui vient, Ivan Rioufol, éd. Albin Michel, 2016, p. 171

Egypte: un responsable d’Al-Azhar soutient l’interdiction du voile intégral

LE CAIRE (AFP) – Un haut religieux de la prestigieuse institution sunnite d’Al-Azhar, au Caire, a salué mercredi la décision française d’interdire le port du voile islamique intégral dans l’espace public, estimant qu’il n’avait aucun fondement religieux.

Abdel Mouti al-Bayoumi, membre d’un influent conseil de religieux d’Al-Azhar, a déclaré à l’AFP que ce voile intégral, ou niqab, “n’a aucune base dans la loi islamique”.

“Rien ne le prévoit dans le Coran ou la Sunna”, principales sources de la charia ou loi islamique, chez les sunnites, courant majoritaire de l’islam, a ajouté ce religieux, auteur d’un livre contre la pratique du port du voile intégral.

Interrogé sur cette interdiction, adoptée définitivement mardi par le Parlement français, il a déclaré “la soutenir personnellement, tout comme beaucoup de mes frères” de l’Academie de recherche islamique d’Al-Azhar.

“Je veux envoyer un message aux musulmans de France et d’Europe. Le niqab n’a pas de fondement dans l’islam. J’ai été consterné de voir quelques unes de nos soeurs (en France) le porter. Cela ne donne pas une bonne impression de l’islam”, a-t-il poursuivi.

Proche du pouvoir égyptien, la prestigieuse institution d’Al-Azhar, à la fois centre religieux et université, est considérée comme un pôle modéré dans l’enseignement et la diffusion de la doctrine sunnite dans le monde.

Elle s’est à plusieurs reprises prononcée contre le port du voile intégral, notamment pour ses étudiantes, provoquant un vif débat en Egypte où cette pratique est de plus en plus répandue. Le gouvernement égyptien cherche lui aussi à décourager le port du niqab, dans lequel il voit la progression d’un islam fondamentaliste venu des pays du Golfe, où travaillent de nombreux Egyptiens.

Hijab

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Différents types de hijab.

Le hijab (arabe : حِجَاب, hijāb), voile ou foulard islamique, désigne un vêtement féminin porté par des femmes musulmanes et qui couvre leur tête en laissant le visage apparent.

Lorsque le visage est couvert, on ne parle pas de hijab mais plutôt de voile intégral qui peut prendre la forme d’un niqab, d’un sitar ou d’une burqa.

Le voile islamique est d’origine proche-orientale. Déjà mentionné dans la tablette A 40 des lois assyriennes du roi Teglath-Phalasar Ier vers 1000 av. J.-C., il est obligation pour les femmes et filles d’hommes libres et interdit aux esclaves et prostituées 1. Dans le code d’Hammourabi au xviiie siècle av. J.-C., la femme libre, contrairement à l’esclave, porte le voile sous peine de sanctions. Un texte assyrien en fait un signe distinctif entre femme honorable. Dans la période antique, grecque puis romaine, le voile a la même fonction. C’est une distinction sociale et cette même fonction va être empruntée dans le Coran. Josy Eisenberg souligne que « les lois antiques des civilisations sémitiques comme celles des Assyriens, obligeaient le port du voile aux femmes mariées »[réf. nécessaire].

Saint Paul, dans la première épître aux Corinthiens note : « L’homme lui ne doit pas se voiler, il est l’image de la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l’homme… C’est pourquoi la femme doit avoir sur la tête un signe de sa dignité, à cause des anges2 » et que : « Pour la femme, la chevelure lui a été donnée en guise de voile3. » Il s’inscrit dans le contexte d’une ville consacrée à Aphrodite1. Dans la plupart des campagnes de France, jusqu’au milieu du xxe siècle, les femmes se couvraient les cheveux d’un petit foulard de tête pour aller à l’église.

Pour certains historiens, le voile islamique s’inscrit dans la continuité du voile préislamique4.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le terme « hijab » (en arabe : حِجَاب, hijāb) est dérivé de la racine ḥ-j-b5, hadjaba qui signifie « dérober au regard, cacher ». Par extension, il prend également le sens de « rideau », « écran »4. Le champ sémantique correspondant à ce mot est plus large que pour l’équivalent français « voile » qui couvre pour protéger ou pour cacher, mais ne sépare pas.

Selon les pays et les courants religieux, sa forme diffère : en Iran, par exemple, il s’appelle tchador et ne cache pas le visage ni les vêtements de la femme; par contre, en Afghanistan, dans certaines régions du Pakistan ou d’Inde où il s’appelle tchadri, il cache tout le corps ne laissant voir que le bas de ses jambes couvertes d’un pantalon (la femme sous son voile est habillée d’un pantalon recouvert d’une robe tombant légèrement sous les genoux) et à l’occasion ses bras et ses mains. Quand il s’appelle burqa, au sens qu’on lui donne depuis la fin des années 1980, il ne laisse rien voir du corps de la femme, ni ses mains, ni ses pieds : les Occidentaux l’appellent « voile intégral ». Traditionnellement, tchadri et burqa étaient des termes synonymes bien que le second ne soit connu que de l’intelligentsia afghane, et ait été très modifié par l’influence salafiste.

Dans un contexte non arabophone, il désigne plus particulièrement le voile que certaines femmes musulmanes portent, couvrant la tête et laissant le visage découvert. Il est aussi appelé « voile islamique ». C’est le cas de pays comme la Malaisie ou l’Indonésie.

Hijab de jeunes pakistanaises

Comoriennes en saluva et châle

Femmes en tchador

Fillette saoudienne en abaya

Femmes irakiennes en niqab, considéré comme voile intégral

Femmes afghanes en burqa, considéré comme voile intégral

Autres noms[modifier | modifier le code]

Kichali (aux Comores)

Tudung (en Malaisie)

Ibadou (au Sénégal)

Le voile dans les textes[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps, les légistes musulmans, s’appuyant sur le Coran et la Sunna, ont affirmé le caractère obligatoire du port du voile pour les femmes musulmanes6.

Boutique vendant des hijabs à Damas en Syrie.

Dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le mot « hijab » est utilisé sept fois dans le Coran. Dans aucun cas il ne fait référence au vêtement féminin, pour lequel deux formules sont utilisées (khoumour et jalâbîb).

Hijab veut dire « rideau », il est devenu le symbole d’une séparation entre la femme et l’homme. Il désigne l’isolement des épouses de Mahomet : « Et si vous leur demandez (aux femmes du prophète) quelque objet, demandez-le leur derrière un rideau : c’est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs7. » Mais il s’agirait plutôt de distances et d’obstacles qui interdiraient les contacts directs des invités du prophète avec ses femmes. Cette séparation, d’abord réservée aux femmes de Mahomet, se serait ensuite postérieurement étendue aux femmes musulmanes en général8.

Le terme « voile » en français, dans son sens de tissus porté sur la tête est abordé (indirectement) une seule fois dans le Coran :

Dans la sourate XXXIII, verset 59 :

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de resserrer sur elles leur mante : c’est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées. – Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux ; traduction Denise Masson et André Chouraqui. »

Le mot traduit par mante ou « voile » ici et dans beaucoup de traductions est le mot arabe jalabibihenna (جَلَابِيبِهِنَّ), de jalâbib qui est le féminin pluriel de jilbab. Ce verset coranique constituerait donc davantage un appel à la bienséance et à la préservation sociale qu’une injonction vestimentaire spécifique. Il ne fait aucun lien explicite avec la chevelure.

Musulmanes avec le hijab accomplissant la prière du Joumou’a (prière du vendredi).

Le mot jilbab signifierait ici plutôt un drap qu’un quelconque habit, et permettrait de cacher l’identité donc couvrir ou découvrir le visage. Cacher l’identité des réfugiées de la Médine au début de leur refuge (la Hejra vers la Médine) diminuerait les offenses des originaux de la cité ; mais ultérieurement quand grandissait la force et le pouvoir des Musulmans à Médine il s’agissait plutôt de découvrir le visage voire l’identité pour diminuer les offenses.9

Quant à la sourate XXIV, plus tardive10, versets 30, 31, le mot “voile” n’y apparaît pas :

« Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui en émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement…” (versets 31) ; traduction Jacques Berque. »

Le mot traduit par « fichu » ici est le mot arabe « khimar » qui peut signifier tout drap ou vêtement que portait la femme. Quant au terme rendu ici par « échancrures », il s’agit du terme arabe « jouyoub », que d’autres traducteurs ont rendu par poitrine, gorge, seins, ou encore décolleté11. Le terme jouyoub est utilisé par le Coran au singulier jayb à propos de Moïse (27:12 ; 28:32) dans le sens de l’ouverture de la chemise. Le terme “agrément” a été perçu fautivement par certains juristes comme mot désignant le visage12.

Selon l’exégèse d’Ibn Kathir[réf. nécessaire], le contexte des versets 24:30,31 est relatif à une marchande, Asma fille de Marthad, qui avait une boutique dans le quartier de Bani Haritha. Les femmes entraient chez elle les jambes découvertes pour montrer leurs bracelets de cheville, ainsi que leur poitrine et leur tête. Certains hommes les observaient et se réjouissaient de ce spectacle. Le verset 30 demande aux hommes de baisser leur regard et de dominer leurs sens. Ibn Kathir précise que « dominer leurs sens » consiste tantôt à éviter l’adultère, tantôt à regarder ces caractères sexués sans ressentir de trouble. Le verset 31 demande aux femmes également de baisser leur regard et de dominer leurs sens, de ne laisser paraître de leurs charmes que ce qu’elles ne peuvent dissimuler, de rabattre leurs « khoumour » sur leurs « jayb », et de ne laisser voir les parties découvertes de leurs corps qu’à leur famille, leurs amies et leurs esclaves[réf. nécessaire].

Dans les hadiths[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2011).

Le hadith : « Un jour, la belle sœur du Prophète, Asma fille d’Abu Bakr rendit visite au Prophète, tout en portant des vêtements fins (riqâq). Alors le prophète dit : Ô Asma, quand une fille est pubère, il lui sied de ne laisser voir d’elle que le visage et les deux mains »13, rapporté par le compilateur Abu Dawud plus de deux cents ans après la mort de Mahomet, est invoqué par la majorité des théologiens sunnites, chiites et ibadites, pour justifier l’obligation de voilement.

Ce hadith se classe dans la catégorie des hadiths faibles (il ne figure pas dans les recueils canoniques comme ceux d’al-Boukhari et de Muslim, et sa chaîne de transmission est absente, ou à tout le moins incomplète) ; or dans la jurisprudence musulmane, un hadith faible ne saurait former la base d’une disposition obligatoire. Certains libéraux avancent cet argument et d’autres pour remettre en question l’existence d’une prescription du voile.

Fonction du voile[modifier | modifier le code]

Le voile peut être interprété comme une protection pour la femme14 et pour l’homme contre le désir sexuel15. Le voile permettrait de cacher les atours féminins afin de ne pas attirer le regard des hommes. À l’inverse, les pulsions masculines étant considérées comme incontrôlables, le voile permettrait de ne pas créer la “concupiscence”. Cette interprétation ne figure pourtant pas dans le Coran, qui insiste davantage sur l’exigence de modestie et l’absence de vanité dans la toilette, que sur des impératifs strictement vestimentaires. Il s’agit avant tout, dans le texte, de mettre en garde contre le “clinquant”, “l’apparat” de la vie matérielle16.

Par extension, il pourrait servir de marqueur identitaire17. La revendication du voile peut être considéré comme “un repli identitaire” qui dépasse l’aspect religieux vers le politique18. En effet, le voile est un marqueur triple de l’appartenance à un sexe, à une religion et à une culture19.

Selon certains responsables politiques comme Manuel Valls, « Le voile est un asservissement pour la femme »20. Il participerait à un rabaissement de la dignité de la femme21 car il serait un signe de « la nature mauvaise et perverse » de la femme. Marquant une limite entre le masculin et le féminin, il permettrait de limiter l’accès aux femmes « aux institutions de la civilisation »22. Ces déclarations sont jugées islamophobes par plusieurs médias musulmans de France23,24.

Le hijab comme prescription religieuse[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2011).

Charles Gleyre, La Pudeur égyptienne, 1838.

Le peintre, selon un poncif orientaliste, représente ici une Égyptienne préférant montrer sa nudité plutôt que son visage.

Bien que les prescriptions vestimentaires n’occupent qu’une place très marginale dans le Coran, cet aspect est mis au premier plan par les traditionalistes qui tentent de clore le débat sur la question en affirmant que l’obligation de voilement n’est contestée par aucune source islamique et que la question ne se pose pas[réf. nécessaire]. Cependant, les libéraux revendiquent ce débat[réf. nécessaire]. Par ailleurs, il y a eu dans l’histoire contemporaine des différents pays musulmans certaines périodes de dévoilement[réf. nécessaire].

Le débat et les interprétations portent généralement sur la partie à cacher qui relève de l’interprétation du concept coranique de ‘awra, les parties à dissimuler au nom de la pudeur à la vue des autres, après la puberté, la notion de pudeur étant dialectique : elle se définit objectivement ou subjectivement selon qu’il s’agisse du point de vue du/de la regardé(e) ou du/de la regardant(e). Pour les femmes nubiles, il s’agit, pour la plupart des commentateurs, du corps entier à l’exception du visage et des mains, parfois des pieds25. Pour certains courants[Lesquels ?], la ‘awra inclut aussi la parole des femmes qu’elles doivent cacher en public26. Le compagnon de Mahomet, Abd Allah ibn Abbas, ainsi que son élève Mujahid et également Hasan Al Basri et d’autres, définissent l’expression « ce qui en parait » de la sourate XXIV, verset 31 comme désignant le visage et les mains qu’il n’est pas obligatoire de couvrir. Aicha, une des épouses de Mahomet, aurait quant à elle indiqué que l’expression désigne le visage, les mains et les pieds.

Chez les traditionalistes eux-mêmes, il y a débat sur l’étendue de la awra (la partie à cacher) de la femme. Abu Hanifa est d’avis que les pieds de la femme ne sont pas une awra tandis que Mâlik ibn Anas ou Ahmad Ibn Hanbal considèrent eux que les pieds de la femme doivent être cachés en se basant sur des avis postérieurs à Mahomet[réf. nécessaire].

La plupart des légistes tempèrent également l’obligation de se voiler25 si elle entre en contradiction avec cette participation. C’est par exemple le cas pour commercer, ce qui ne peut se faire anonymement et nécessite que l’on montre son visage et ses mains

Interprétations traditionalistes[modifier | modifier le code]

Suivant certaines tendances traditionalistes, le hijab doit correspondre en tout ou en partie à certains critères[réf. nécessaire] :

Couvrir tout le corps à l’exception du visage et des mains (et des pieds chez la majorité des hanafites)

Ne pas être une belle parure en lui-même

Être opaque

Être large, non moulant

Ne pas être parfumé

Ne pas ressembler aux habits des hommes

Ne pas symboliser les habits des non-musulmanes

Ne pas attirer le regard

Contestation de l’interprétation traditionaliste[modifier | modifier le code]

Plusieurs penseurs libéraux contemporains, spécialistes de l’islam, se sont employés à remettre en question l’obligation du hijab :

À partir des sources religieuses elles-mêmes : en contestant le sens donné par les traditionalistes à certains termes coraniques, dont aucun ne réfère explicitement aux cheveux, en rappelant que les trois versets du Coran utilisés par certains théologiens pour affirmer que le voile des femmes est une obligation ont été révélés pour remédier à des situations spécifiques : pour l’un imposer le respect de l’intimité et du domicile du prophète de l’islam Mahomet, l’autre aux femmes de Mahomet qui doivent s’habiller d’une certaine façon afin d’être reconnues et de ne point être importunées et la troisième au fait qu’il faut couvrir la poitrine (entre les seins); ou encore en remettant en cause l’authenticité du hadith invoqué par les traditionalistes à l’appui de leur démonstration; enfin en notant que, si elle existe, cette prescription n’est assortie, ni dans le Coran ni dans les hadith, d’aucune sanction.

À partir d’une analyse du contexte socio-culturel : les libéraux estiment que les Anciens ont tenu le voilement pour une évidence parce qu’ils baignaient dans un contexte socio-culturel où les normes vestimentaires d’inspiration bédouine étaient très ancrées. Si les oulémas qui leur ont succédé (depuis ceux des grandes écoles jurisprudentielles sunnites, chiites, ibadites jusqu’à ceux d’aujourd’hui) n’ont jamais songé à prendre leurs distances avec les Anciens sur cette question, c’est justement, selon les libéraux, parce que leur mode d’apprentissage et de pensée consiste à assimiler les arguments développés par ces Anciens sans les remettre en cause, alors même que l’évolution de nos sociétés contemporaines nécessiterait une réévaluation de la signification de cette norme vestimentaire.

De tous les éléments ci-dessus, ces libéraux déduisent que le voile n’est pas un principe fondamental de l’islam, et encore moins une prescription. On peut citer par exemple l’historien Mohamed Talbi, Iqbal Baraka (journaliste égyptienne), Muhammad Sa’îd al-‘Ashmawi (ancien magistrat et spécialiste de droit musulman et comparé) ou encore Gamal El Banna (frère du fondateur des Frères musulmans). En revanche, les libéraux s’accordent tout de même avec la majorité des théologiens sur l’obligation de bienséance dans les vêtements et de pudibonderie dans les attitudes (aussi bien pour les hommes que pour les femmes du reste).

Selon certains commentateurs, le terme désignerait dans le Coran (sourate 33 verset 53), un obstacle (rideau, paravent, voile, tenture). Dans ce contexte, le terme renverrait plus précisément à une barrière symbolique, à une frontière séparant les Hommes de Dieu, ou à une frontière séparant les croyants des non-croyants27. Ainsi, selon Éric Chaumont, dans les sociétés musulmanes, la question a rarement eu l’importance qu’elle revêt aujourd’hui et le thème du voile n’a été abordé généralement dans la littérature musulmane que d’un point de vue théologique25. Il s’agirait par ailleurs d’un obstacle offusquant la vision de Dieu et non d’une tenue vestimentaire25.

Critique du voile[modifier | modifier le code]

Le Coran présente le voile comme un signe de reconnaissance des femmes de musulmans qui les met à l’abri des agressions extérieures. Néanmoins, les commentateurs musulmans ont souvent abordé le sujet sous l’angle de l’éthique musulmane qui favorise la primauté masculine25.

Considéré, selon différentes réalités, par certains comme un signe d’appartenance librement consenti et par d’autres comme un outil de réclusion et d’humiliation, il soulève des questions largement débattues ou commentées pour des points de vue largement divergents, s’écartant de la question plus générale de l’éthique vestimentaire dont il relevait traditionnellement25.

Le voile fait l’objet de polémique dépassant le cadre religieux. Il est considéré par certains comme une remise en cause de la dignité de la femme. Il serait une négation de la personne21. Le voile participe à maintenir la « femme musulmane dans une sorte de réclusion »4.

Selon la chargée de mission pour l’Éducation Nationale Hanifa Chérifi28, « Entre le voile [hidjâb] et la burqa, il n’y a qu’une différence de degré, non de nature »29.

Dévoilement[modifier | modifier le code]

En Égypte, on considère que la première remise en cause du voile a lieu à la fin du xixe siècle : Qasim Amin, qui appartient alors au courant de pensée moderniste qui cherche à interpréter l’islam pour le rendre compatible avec la modernisation de la société, s’exprime en faveur d’une évolution du statut de la femme dans son ouvrage Tahrîr al-mar’a (La libération de la femme) publié en 1899. Il s’exprime notamment pour l’éducation des femmes, la réforme de la procédure de divorce et la fin du voile et du confinement des femmes. En ce temps là, Amin fait référence au voile facial (burqu : voile de mousseline blanche qui recouvrait le nez et la bouche) que portent les femmes de classe aisée en ville, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes. Le hijab d’alors est effectivement lié à l’isolement des femmes. On considère généralement que c’est à ce moment que le hijab cesse d’être le symbole d’un statut social et de richesse pour devenir un symbole d’arriération, selon ses détracteurs, et un enjeu social, politique et religieux.

En 1923, Huda Sha’arawi, considérée comme l’une des premières féministes, retire son voile facial en rentrant d’une rencontre féministe à Rome, lançant ainsi, d’après de nombreux auteurs, un mouvement de dévoilement (al-sufûr).

En Turquie et en Iran, le dévoilement est imposé au début du xxe siècle par Mustafa Kemal Atatürk et le chah d’Iran, qui voient l’adoption de la tenue occidentale comme un signe de modernisation. En février 2008, la Grande Assemblée nationale de Turquie, dominé par le Parti de la justice et du développement (Turquie) (AKP), vote une loi autorisant les femmes à porter le voile dans les universités30.

Cet amendement est annulé par la Cour constitutionnelle, qui interprète la laïcité dans le sens de l’interdiction du voile sur la base de l’article 2 de la Constitution.

En Tunisie, Habib Bourguiba interdit le port du voile dans l’administration publique et déconseille fortement aux femmes de le porter en public.

Au Maroc à l’avènement de l’indépendance, le roi Mohammed V, père du roi Hassan II, demande à sa propre fille d’ôter le voile en public, comme symbole de la libération de la femme.

Au cours des dernières années de la guerre d’Algérie, les Français organisent des cérémonies de dévoilement collectif censées démontrer l’œuvre civilisatrice de la France en Algérie en faveur de l’émancipation des femmes algériennes31. Elles ne rencontreront que peu de succès[réf. souhaitée].

En Afghanistan, le port du voile est rendu facultatif en 1959 par décret royal pris par Mohamed Zaher Chah. Les femmes des milieux aisés, intellectuels ou diplomatiques seront nombreuses à Kaboul, notamment, à profiter de cette largesse. Les tâlebân, au pouvoir de septembre 1996 à novembre 2001 rétablirent l’obligation du port du tchadri. À la libération du pays par les Américains, les Britanniques et les Français, notamment, des femmes à Hérât, Mazâr-é Sharîf et particulièrement Kaboul abandonnèrent à nouveau le tchadri pour ne conserver qu’un simple foulard sur la tête. Dans les écoles, les collèges et les lycées, les élèves portent un uniforme veste/pantalon généralement noir et un foulard blanc; leurs femmes professeurs portent un uniforme vert clair ou gris et aussi un foulard.

À partir des années 1960, le port du voile ne fut ni imposé et ni fortement recommandé dans la plupart des pays à majorité musulmane, à l’exception de l’Arabie saoudite. Depuis la révolution islamique de 1979, le port du voile en public est redevenu obligatoire pour toutes les femmes en Iran (tandis que l’Arabie saoudite oblige les femmes non musulmanes à porter l’abaya sans qu’elles soient obligées de se couvrir les cheveux)32. En avril 2007, la police iranienne a interpellé des dizaines de contrevenantes et a distribué 10 000 avertissements32.

Le hijab aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Jeune femme somalienne portant un hijab en 2013.

Depuis quelques années, la question du voile est devenue l’objet d’un large débat, l’importance des codes vestimentaires sharaïques se posant de manière paradigmatique dans le cadre de la réaffirmation de la normativité musulmane face à l’influence supposée néfaste des mœurs et discours permissifs occidentaux. Ainsi, dans nombre de pays à majorité musulmane où il était l’exception, comme l’Égypte et la Turquie, il tend à se généraliser depuis le milieu des années 198025.

Celui-ci se diversifie au fur et à mesure que cette nouvelle manière de se couvrir la tête se répand si bien que hijab ne désigne plus seulement la tenue traditionnelle, mais l’ensemble des nouvelles manières de se voiler adoptées, principalement par les femmes appartenant à la classe moyenne au cours des années 1970 et 1980, et dont la tenue est devenue courante dans l’ensemble du monde arabe et du monde musulman.

Le terme renvoie à une diversité de phénomènes : le hijab n’est pas le même et n’a pas le même sens en Arabie saoudite, dans la Turquie laïque ou en France. Ainsi, une nouvelle catégorie de hijab moderne a vu le jour surtout en Turquie et ce à travers des tenues hijab abordant des lignes modernes mais sobres et conformes aux precepts de l’Islam ayants trait au prêt à porter féminin, ce qui a créé un marché commercial pour ces nouvelles tenues qui n’existait pas avant33.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Les circonstances entourant le port du voile en public sont communément appelées les « affaires du voile islamique ». Le 5 juillet 2012, l’IFAB décide d’autoriser le port du voile ou hijab dans les compétitions sportives34. Cette décision est aussitôt critiquée par les associations féministes et partis politiques35. La Fédération française de football a annoncé qu’elle « n’autorise pas les joueuses à porter le voile » en sélection nationale ou dans ses propres compétitions36,37.Affaires du voile islamique en France#Pratique d’un sport

En décembre 2015, le président de la Gambie Yahya Jammeh décide d’imposer aux femmes fonctionnaires de se couvrir : « Tout le personnel féminin au sein du gouvernement, des ministères, des départements et des agences gouvernementaux n’est plus autorisé à montrer ses cheveux pendant les heures de travail officielles à compter du 31 décembre 2015. Le personnel féminin est appelé à se couvrir les cheveux et à les attacher38. » Cette décision est à contre-courant des autres pays d’Afrique subsaharienne : le Congo Brazzaville interdit le voile intégral en mai 2015, imité les semaines suivantes par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Gabon, notamment en réaction à des attentats-suicide de femmes de Boko Haram portant cette tenue38.

En février 2019, Décathlon fait polémique en annonçant vouloir commercialiser en France un hijab de course. Plusieurs personnalités politiques, comme la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le président du Modem François Bayrou, la députée du Parti socialiste Valérie Rabault ou la porte-parole des Républicains Lydia Guirous s’indignent et appellent au boycott de l’enseigne39. Face au tollé, Décathlon fini par reculer40.

Le hidjab n’est pas obligatoire en islam

Gamal Al-Bana, Le trouble-culte.

Qui est Gamal Al-Bana ? Son nom peut paraître habituel ; effectivement, il a le même patronyme que le fondateur des Frères musulmans d’Egypte. Il écrit depuis les années quarante sur le renouveau religieux et il est redécouvert à l’orée d’un retour de la religion sur la scène publique. Ce penseur égyptien n’est autre que frère cadet du célèbre Hassan Al-Banna, fondateur des Frères musulmans. Il est en train de bousculer de manière violente les “constantes” islamiques et dérange gravement une certaine idée que l’on se fait de l’avenir des sociétés musulmanes qui ne peuvent être qu’inéluctablement livrées au salafisme triomphant. Il semble qu’il n’en soit rien et, plus que jamais, la pensée islamique semble prise d’une dynamique inattendue. Al-Banna ne dit rien de moins que le hidjab, voile islamique, n’est pas une obligation légale, que la femme musulmane peut se marier sans témoin et sans ouali (tuteur légal). Le penseur a fait ces déclarations dans un contexte particulièrement tendu en Egypte, alors que le ministre égyptien de la Culture, Farouq Hosni, avait critiqué cette propension de ses concitoyennes à porter le hidjab. Si les propos du ministre sont le fruit d’un démarche intellectuelle éloignée des considérations spirituelles, les conclusions de Al-Banna sont, elles, éminemment religieuses. Pour lui, le hidjab s’est imposé à l’islam puisqu’il était une manière de s’habiller.

Gamal Al-Banna souligne que le Coran n’est pas une “marque déposée” pour la retrouver sur les vêtements dits légaux (chari’). Les recommandations contenues dans le verset : “Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès”(1) traitaient de la manière usuelle de s’habiller à cette époque. Les femmes portaient le voile, comme elles le faisaient depuis des siècles que ce soit en Mésopotamie ou en Grèce, et les hommes des turbans pour se protéger du soleil ou de la poussière. Sinon le seul verset qui évoque le hidjab étant : “ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.”(2) Selon Al-Banna, il s’agit là d’une allégorie relative à une rideau ou quelque chose qui cache du regard des autres les femmes du Prophète. Mais Al-Banna ne s’arrête pas en si bon chemin, il indique qu’un hadith réputé vrai (sahih) évoque les ablutions que faisaient en commun hommes et femmes et, ainsi, ces femmes ne pouvaient rester couvertes pour accomplir ce rite. Se référant à l’histoire l’islam, il rappelle que le khalife Omar avait sermonné une servante, esclave musulmane, pour s’être accoutrée en mettant le voile, celui-ci permettant de distinguer les femmes libres (qui le portent) des esclaves (qui ne le portent pas).

Un hidjab qui cache bien des misères

Mais en fait, la question du hidjab soulevée par Al-Banna peut paraître accessoire malgré le bruit et la fureur qu’elle a suscitée. Le penseur va plus loin en évoquant les question des libertés individuelles, notamment celles des femmes qui peuvent, selon lui, se marier sans recours ni à un tuteur légal ni à des témoins, les questions de la vie des musulmans en Occident alors qu’ils sont en proie aux tentations, sexuelles notamment, le rapport du musulman à la prière et la question de la suppression de la mixité qu’il qualifie d’ “opération barbare”. Les audaces qu’il ose sont sans commune mesure avec tout ce qui a été écrit ou dit jusque-là. Mais Al-Banna n’est pas là uniquement pour jeter des pavés dans la mare. Pour lui, la lecture même du Coran doit évoluer et les musulmans qui, selon ses propos, “ont donné à l’esprit congé depuis mille ans”, doivent revoir les interprétations du Coran à la lumière des connaissances modernes, de la pensée universelle et de la révolution que le Coran a apporté au moment de sa révélation. Quant au hadith, il en appelle à l’esprit critique des musulmans pour savoir distinguer ce qui est en conformité avec l’esprit du Coran et ce qui ne l’est pas. Il souligne qu’à l’époque des khalifes qui ont succédé au Prophète, certaines des sanctions extrêmes relatives aux péchés capitaux, comme couper la main du voleur, avaient été levées dans des circonstances particulières. Mettant en avant que l’adaptation relative du message divin est inscrite dans l’histoire même de l’islam, il se demande pourquoi ces mêmes adaptations ne seraient plus possibles aujourd’hui. Pour le frère cadet du fondateur des Frères musulmans d’Egypte, les débats aujourd’hui plus pressants que celui autour du hidjab concernent la citoyenneté, le respect des principes des droits de l’homme dans les pays musulmans. Dès lors, si Al-Banna ouvre un débat au sens le plus large, il reste qu’on ne peut le qualifier d’incroyant (zinbdiq) ou d’impie pour la simple raison qu’il revendique haute et fort son islam et présente des connaissances et une érudition religieuse implacable. Al-Banna n’a rien d’un Ali Sina(3) qui utilise le Coran et ses connaissances religieuses pour mieux critiquer l’islam ; malgré tout ce qui s’est dit sur les Frères musulmans d’Egypte, il défend corps et bien la mémoire de son frère, le Cheikh Hassan.

Bien entendu, les critiques de certains conservateurs, notamment ceux d’Al-Azhar et d’autres, profondément salafistes, ne se sont pas fait attendre. Pour eux, Al-Banna suit le même chemin tortueux que certains intellectuels laïcisants égyptiens ou arabes et n’apporte rien de nouveau. Certes, Al-Banna rappelle des faits historiques et se réfère énormément au patrimoine historique islamique, alors qu’il tire ses conclusions de ses lectures du Coran et des hadiths. Dans le même temps, en allant toucher à un des signes religieux les plus significatifs quant à un retour massif en religion des sociétés musulmanes (les femmes voilées), sous la férule essentiellement des mouvements salafistes ou chiites rampants, il touche à un marquage politique essentiel du fondamentalisme musulman. Dès lors, même ceux qui le critiquent ne répondent pas aux questions qu’il pose ni ne participent au débat qu’il propose. Ne pouvant remettre en question les idées qu’il avance, seule la censure(4) qui le frappe en Egypte est à même de taire ses propos, faute de pouvoir les réfuter.

Amine Esseghir

1- Sourate Annour (la lumière), 31.

2- Sourate Al Ahzab (les coalisés), 59. 3- Ali Sina est un laïc qui se présente comme un musulman qui a quitté l’islam. Il a créé Faith Freedom International, une sorte d’ONG qui possède essentiellement un site Internet destiné à donner aux musulmans qui ont abandonné leur foi la possibilité de témoigner pour, dit-il, “démasquer l’islam et montrer qu’il est une idéologie impérialiste qui tient du nazisme, déguisée en religion”.

4- Entre autres livres interdits de Gamal Al-Banna, sur proposition de la commission de censure d’Al-Azhar, La responsabilité de l’échec de l’Etat islamique.

Un grand nombre d’articles de Gamal Al-Banna sont disponibles en arabe sur http: //www.metransparent.com/authors/arabic/banna.html.

Source : http://www.lesdebats.com/editionsdebats/140207/Actualite.htm

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Date : 28 mars 2007

Catégories : J’ai choisi pour vous !, Religion

70 réponses à “Le hidjab n’est pas obligatoire en islam”

« 1 … 5 6 7

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10

2010

Nour (13:59:41) :

Tout d’abord merci pour cet article très intéressant et introductif sur l’œuvre de l’oncle de Tariq Ramadan.

En tant que musulmane non voilée à qui l »on rétorque toujours que le voile est obligatoire, cela fait plaisir de lire une autre version. Actuellement il très difficile pour une musulmane d »affirmer ce choix e ne pas mettre le voile. N

7

10

2010

Ahmed (23:14:11) :

Salam Nour,

Tiens bon, sache que les sois disants versets qui parlent du foulard, se sont des versets médinois donc qui ont été révélés au minimum 10 ans après le début de la révélation. Est ce que cela veut dire que les musulmanes du début de la révélation qui ne portaient pas le voile, étaient-elles vouées à l’Enfer ? Bien sûr que non. Le musulman averti se rend bien compte aprés étude des versets coraniques qu’il y a une différence majeure entre les versets de la période mecquoise et ceux de la période médinoise. Les versets médinois concernent plutot les règles de vie en société du premier état islamique qu’était Médine (l’interdiction de l’alcool qui a été instaurée que 3 ans avant la mort de notre Prophète et avant cela les musulmans buvaient et étaient-ils considérés comme des nons musulmans ? Bien sur que non), les règles de bataille pour se défendre ensuite les règles de la répartition du butin, l’héritage, etc… tandis que les versets mecquois concernent l’esprit de l’Islam à travers l’Unicité de Dieu, la Tolérance, les histoires des prophètes, de l’Univers, etc… Le sujet est vaste, j’espère qu’on aura d’autres occasions de discuter.

Paix sur vous

23

01

2011

Cherche des reponses (04:25:01) :

J’ai lu avec attention l’article ainsi que les commentaires mitigés.

Je suis musulmane et je ne porte pas le voile car je suis encore a la recherche de reponse. est ce une obligation ou pas?

Je voudrais avoir la preuve rapporté que le voile recouvrant les cheveux soit obligatoire car pour le moment, la preuve émanant du prophete (sws), je ne l’ai pas trouvé!

Si quelqu’un peut me la donner je serai contente d’avoir la reponse.

merci

19

06

2011

Fairouz boudali (01:38:33) :

dans ce lien vous aurez la preuve que le voile n’est pas obligatoire

lumieredieu.blogspot.com

13

09

2011

laila (18:55:30) :

Moi je suis totalement d’accords avec Mluizi en lisant ,et relisant les versets coraniques on trouve pas que le port de voile est une obligation, il y’ a trop d’ambiguïté c’est pas claire,c’est vrai que le verset de » jilbab » était destiné, aux musulmanes parce qu’elles étaient allés voire le prophète, à cause des agacements des non musulmans lorsque celle-ci sortaient pour faire leurs besoin, on savait qu’il n’y avait pas de toilette, les femmes devraient faire leurs besoin sans être vu, actuellement cette situation n’existe plus. Ce qui importe c’est l’être humain, les valeurs, l éthique, à quoi ça sert ce contingent de femmes voilés lorsqu’elles sont dépourvue de toute décence , honnêteté ,et prêtes à toutes les obscénités.Le plus flagrant c’est lorsque on trouve une femme voilé, mais malheureusement n’effectue pas sa prière, qui une obligation bien claire ,ce que je reproche à nos Oulémas c’est que vous êtes penchés sur le matériel et vous avez laissez l’âme, le spirituelle… »La violence qui est utilisée pour forcer les femmes à se voiler n’a rien à voir avec l’islam.L’exemple le plus probant en est l’arriere petite fille du prophète Mahomet, Sukaina.Elle a toujours refusé de se voiler , elle était « barza » c’est a dire completement visible. De plus, elle était tres belle et fort intelligente. Quand son pere, Hussein, a été tué à Karbala, elle est devenue une opposante politique au régime des Omeyyades, elle se rendait à la mosquée avec sa suite et insultait le calife. Elle n’a pas été punie, ni pour avoir refusé de se voiler, ni pour son opposition au pouvoir. »L e comble c’est lorsque ils parlent de hadith de kassiyte 3ariate (habillé -nu ) ces femmes qui sont moitié habillé moité nu ne verrons pas le paradis. Monsieurs je veux comprendre c’est quoi la signification de mot « nu »,alors si le synonyme de » nu » est la femme qui ne porte pas de foulard,je dirai que vous avez raison mais hélas ce n’est pas le cas

17

09

2011

Céline (22:35:31) :

Bonjour,

Convertie à l’islam depuis maintenant presque 8 ans, je suis heureuse de lire et de const

17

09

2011

Rim (23:09:14) :

Salam,

Je suis heureuse de lire et de constater qu’il existe encore des gens capable de remettre en question et se poser les bonnes questions.

Convertie depuis presque 8 ans par amour pour l’islam et parce que pour moi l’islam représente une religion de tolérance, de non contrainte et qui incite le croyat à réfléchir, j’ai toujours été sidérée et je continue à l’être lorsque je discute avec certains musulmans (la plupart) qui appliquent ce qu’on leurt a toujours appris sans se demander le pourquoi du comment, sans comprendre l’aspect spirituel. « je prie pcq c’est obligatoire », « je porte le foulard pcq je ne veux pas bruler en enfer », « je mange halal pcq c’est une obligation’, mais quand je leur demande s’ils savent pourquoi ils le font, je suis souvent étonnée du manque de connaissance des musulamns vis-à-vis de leur propre religion et du fait qu’ils se sentent tres rapidement attaqués personnellement. peut-etre devrions nous parler plus souvent de l’Age d’Or de l’slam, perdiode ou les debats étaient monnaie courante et qui ont donné lieu a de nombreuses grandes decouvertes. on osait débattre et se remettre en question. D’ailleurs le coran ne commence t’il pas par Lis, reflechis ? aujoudrhui j’ai l’impression que l’on doit suivre aveuglément ce qu’on nous dit et que si on a le mlheur de poser une question on est tt de suite rabroué ou qualifié de mauvais musulman. suffit de faire un tour sur de nombreux forum musulamns, qd je lis comment les gens peuvent se juger et mépriser celui qui n’est pas d’accord avec les autres, je me dis waouw, c’est ça la tolérane ? c’est ca le respect des autres ?

pour revenir au port du foulard, J’ai lu et relu la sourate an noor et je n’y ai jamais trouvé l’obligation de porter le foulard, tandis que certaines qui le portent n’ont jamais chercher à savoir d’ou cette « obligation » venait. je respecte totalement mes soeurs qui porten le foulard, mais combien le font réellement pour se sentir mieux avec leur foi, a contrario combien le font pour paraitre meilleure musulmane q’une autre, combien le font pcq on leur a dit qu’ou sinon elles allaient finir en enfer. Et moi, quand on me dit ça, je me sens indirectement jugée, moi qui ne le porte pas, cela voudrait dire que je suis une mauvaise musulmane ? pour moi, il me semble que l’important c’est la foi et les actes que l’on porte, pas l’apparence que l’on se donne.

aujourd’hui, j’ai reçu la visite de ma belle-soeur. Nous nous entendons tres bien. Elle porte le foulard depuis qqs mois. Elle me dit avoir vecu longtemps dans le péché et préfère donc le porter car elle avance en age et n’a pas envie d’aller en enfer car elle a deja perdu bcp de points… bref. Elle est mariee et a deux enfants, ne travaille pas et se sent tres deprimée car n’a plus aucune vie sociale. elle aimerait reprendre une formation pour incha’allah recommencer à travailler. Mais on lui a dit que le voile était obligatoire et qu’elle ne pouvait en aucun cas l’enlever meme si c’est pour un travail. Je lui ai dit que je respectais son choix, mais j’ai vraiment de la peine pour elle. j’ai cherché à l’emmener sur le chemin de la réflexion en lui disant que ce qui comptait plus que tout c’est qu’elle se sente bien avec sa foi, qu’il n’y avait nulle contrainte en islam et que pour moi le voile ne nous rendait pas meilleur ou moins bon que c’etait juste un choix personnel. mais je sais que cela n’aura que tres peu de poid dans ses decisions, car le regard des autres, le qu’en dira-t-on, l’hypocrisie remporteront le combat face à la réflexion…

tout ca pour vous dire que lmoi qui aime lire et apprendre, je suis parfois perdue pcq je ne sais avec qui débattre de mes idées, je ne sais plus comment choisir mes lectures tellement je suis tombes sur des bouquins qui me semblaient tellement peu véhiculer ce qui m’a amené vers l’islam… Alors merci à vous pour ce super site, car meme si on ne peut pas toujours etre d’accord sur tout, ca fait du bien de voir qu’il existe encore des gens qui aiment débattre et donner des informations denuées de toute hypocrisie, jugement ou censure

18

09

2011

mlouizi (00:15:22) :

Salam a toutes et a tous, un grand merci a vous, celles et ceux qui continuent a donner une vie a ce blog… Chaque commentaire, chaque témoignage lui donne un nouveau souffle… Une nouvelle espérance… J’avoue que, pour ma part, meme si je suis absent depuis un bon moment du blog, je suis toujours vos échanges et je me nourrie de vos temoignages et de vos questinnement… Merci encore une fois. Sinon, je compte revenir très très bientôt avec une série d’articles, toujours fidèles a l’esprit de ce blog… En attendant la suite, je me permets de dire que le vrai voile qui me pose un vrai problème, ce n’est point le morceau de tissu avec lequel des femmes se couvrent les cheveux… Le vrai voile, c’est celui que l’on ne voit pas car invisible… C’est celui qui nous empêchent de voir nos contradictions, nos folies collectives, nos sotises et autre musulmaneries peu assumées… Le vrai voile, c’est celui qui nous empêche de raisonner, de choisir et d’être nous-même… tout simplement… Ce voile immatériel pervertis le sens… etaint la Lumière de la raison en nous… nous conditionne pour être ou devenir manipulable… Le vrai combat donc, c’est celui qui vise a identifier les contours religieux, culturels et sociaux de ce voile déshumanisant… Après, accepter de se voiler les cheveux ou les laisser profiter du soleil et de l’air libre deviendra, peut-être une simple question de goût, d’esthetique et peut-être aussi d’une certaine vision respectable de cheminer vers Dieu mais sans qu’elle ne soit LA VISION… La vrai ou l’unique !

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03

2013

aouni (10:07:39) :

je suis musulmane depuis ma naissance et actuellement retraitée de l’enseignement secondaire , je n’ai jamais porté le hidjab et je ne le portrai pas car je ne suis pas convaincue ,pour moi ce qui compte c’est ce qu’il y’a à l’interieur de la personne c’est à dire la pudeur car si une femme n’a pas de pudeur meme avec son regard et ses yeux bien soulignés comme elles le font ,elle peut attirer les hommes. moi je pense qu’une femme non voilée et bien eduquée vaut mille fois mieux qu’une femme voilée mal eduquée avec des idées malsaines ,ce que l’on voit de nos jours c’est que ces femmes voilées ont beaucoup plus de libertée que les non voilées elles considerent le hidjab comme un passeport pour aller ou elles veulent et font se qu’elles veulent pa contre les non voilées savent qu’elles sont deja sur la ligne de mire elles font plus attention à leur reputation donc mon avis est que de nos jours le hidjab pour certaines est un passe port pour la debauche ,j’ai trois filles elles ne portent pas le hidjab elles sont tres bien eduquées ,2 sont mariées l’autre va suivre ,elles ont fait des etudes superieurs , malheuresement les musulmanes ont remplacé l’education musulmane par le hidjab tout court et ça sonne faut

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05

2014

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Niqab

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Yéménite portant le niqab.

Le niqab (arabe : نقاب) est un voile intégral couvrant le visage à l’exception des yeux. Il est porté par certaines femmes issues de branches dites musulmanes telles que les salafistes, en tant que prolongement vestimentaire du hijab, principalement au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et dans le sous-continent indien.

Sommaire

1 Évolution

1.1 Prise de position

2 Port du voiles dans les pays musulmans

2.1 Maroc

2.2 Algérie

2.3 Égypte

2.4 Iran

2.5 Arabie saoudite

2.6 Syrie

2.7 Yémen

3 Aspects politiques

3.1 Allemagne

3.2 Belgique

3.3 Danemark

3.4 France

3.5 Québec (Canada)

4 Notes et références

5 Annexes

5.1 Bibliographie

5.2 Articles connexes

Évolution[modifier | modifier le code]

Une femme voilée d’un niqab aux Émirats arabes unis.

Selon Muhammad Hamidullah, il semblerait que les femmes non-mariées d’Arabie se voilaient dans la période préislamique. Par ailleurs, dans certaines classes de la société, les femmes semblaient se couvrir le visage devant les étrangers comme le laisse penser la philologie1.

Certains font remonter le voile couvrant le visage à la Bible hébraïque où, dans Genèse 24, 65, on lit que Rebecca « prit son voile et s’en couvrit ». Le voile désignant dans la Bible celui qui couvre le visage selon certains spécialistes2.

Dans le Coran, on retrouve trois versets concernant ce sujet. Le premier a été révélé à Médine. Les compagnons de Mahomet, en exil, habitaient des maisons petites et souvent inconfortables. À la nuit tombée, les femmes devaient sortir pour satisfaire leurs besoins naturels et des jeunes gens en profitaient pour les harceler sans vergogne. Elles se plaignirent au Prophète, à la suite de quoi le verset suivant a été révélé :

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

— Coran, 33:59

Trois personnes portant le niqab en promenade à Adana en Turquie.

Plus tard, dans un deuxième verset traitant de la chasteté (qui concerne les hommes aussi bien que les femmes), il est précisé :

« Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès. »

— Coran 24:31

Le mot arabe employé est khimâr, qui désigne plutôt un « fichu », le mot « foulard » étant trop « moderne » pour l’époque. L’injonction s’adressait aux femmes qui, selon les habitudes bédouines, portaient des étoffes nouées et flottantes.

Le mot hijâb, qui désigne le « voile », apparaît dans un troisième verset assez énigmatique :

« Et si vous leur demandez [à ses femmes] quelque objet, faites-le à travers un rideau : c’est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs. »

— Coran 33:53

« À travers un rideau » signifie-t-il qu’on doit leur parler derrière un rideau ou qu’elles doivent se couvrir elles-mêmes d’un voile ? Ou encore, comme le pensent les soufis (les mystiques de l’islam), qu’il s’agit du « voile de la pudeur » qui vient du cœur et ne suppose pas une pièce d’étoffe particulière ? Ce n’est pas tranché, mais le Coran n’en dit pas davantage. Des interprétations très différentes de ces mêmes versets ont été produites selon les lieux, les sensibilités et les époques.

Il resta ancré dans les mœurs musulmanes jusqu’à la colonisation des terres musulmanes par des colons non musulmans. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir des illustrations de femmes musulmanes datées des années 1880 à 1930 où les femmes avaient le visage recouvert[réf. nécessaire], avec des variantes selon les pays (haïk algérien, etc).

Durant les années de colonisation et sous l’influence de cette dernière, le niqab s’estompa peu à peu.

Le niqab revient au goût du jour avec le prêche des imams convertisseurs, d’une part en Occident, et d’autre part dans les pays à tradition musulmane.

Prise de position[modifier | modifier le code]

En octobre 2009, le cheikh Mohammed Sayed Tantaoui, imam de la mosquée al-Azhar du Caire, l’une des institutions de référence dans l’islam, interdit le port du niqab dans les lycées de filles selon son institution. Il a notamment demandé à une étudiante d’enlever son voile intégral, en expliquant que « le niqab n’est qu’une tradition, il n’a pas de lien avec la religion, ni de près, ni de loin »3 (pour l’Égypte, voir Affaires du voile islamique#Égypte et Droit en Égypte).

Port du voiles dans les pays musulmans[modifier | modifier le code]

 Maroc[modifier | modifier le code]

En 2017, le Maroc interdit la fabrication et la vente du Niqab en invoquant des raisons de sécurité4,5.

Algérie[modifier | modifier le code]

En 2017, un arrêté de la ministre de l’Éducation Nouria Benghabrit-Remaoun interdit le niqab et le voile intégral dans les établissements scolaires algériens6.

Égypte[modifier | modifier le code]

En Égypte le niqab a une histoire longue et complexe. La société y est à 95 % sunnite et 90 % des femmes ont adopté une forme de voile. Une majorité des Égyptiennes se couvre au moins les cheveux d’un hijab. Le niqab est moins commun mais tend à progresser. Les autorités s’en inquiètent car le voilement complet du visage est un problème de sécurité, mais aussi parce que cette progression est perçue comme une affirmation de la loi islamique contre celle du pays7. Le 8 octobre 2009, l’université al-Azhar, une des écoles de l’islam sunnite les plus réputées, a interdit le port du niqab dans toutes les classes et dortoirs de filles8.

Iran[modifier | modifier le code]

Une iranienne vétue d’un niqab à Bandar Abbas.

Le niqab a été porté traditionnellement dans le sud de l’Iran par les minorités ethniques arabes depuis l’arrivée de l’islam jusqu’à la fin de la dynastie Kadjar. Il y eut de nombreuses variations régionales. Traditionnellement les femmes y portaient déjà le tchador bien avant la nouvelle religion.

Reza Shah interdit toutes les formes de voile en 1936, le considérant comme incompatible avec les ambitions d’un pays moderne. La police devait arrêter les femmes portant un niqab, lesquelles étaient sommées de le retirer avec usage de la force si nécessaire. Le clergé s’en insurgea, déclarant qu’il était obligatoire pour les femmes de se voiler le visage. De nombreuses femmes se rassemblèrent à la Mosquée Goharshad le visage couvert en signe de protestation.

L’application de la loi s’assouplit entre 1941 et 1979 mais resta un symbole rétrograde. Le voilement du visage devint rare et les femmes se couvraient simplement d’un foulard. Les restaurants et hôtels à la mode refusaient de servir les femmes voilées d’un niqab. Les lycées et universités toléraient le foulard mais décourageaient aussi le niqab.

Après l’établissement du gouvernement de la république islamique, l’interdiction du niqab ne fut plus punie par les forces de l’ordre.

Dans l’Iran moderne, le port du niqab est rare et seulement pratiqué par des minorités ethniques et une minorité de musulmans arabes dans les cités côtières méridionales comme Bandar Abbas, Minab ou Bushehr. Quelques femmes de la province du Khuzestan, davantage arabe, portent toujours le niqab.

Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

Une femme d’Arabie saoudite portant le niqab.

Aucune loi ne demande le port du niqab en Arabie saoudite mais c’est en revanche un élément culturel important dans le pays et la plupart de ses villes comme Riyad, La Mecque, Médine, Abha et la plupart des femmes portent le niqab.

D’après la Charia en Arabie saoudite, les vêtements des femmes doivent respecter les conditions suivantes :

Les femmes doivent se couvrir l’intégralité du corps, mais elles sont autorisées à dévoiler un œil, voire les deux si nécessaires, afin de décourager l’emploi du maquillage.

Les femmes doivent porter le abaya et un voile assez épais pour cacher ce qu’il couvre.

Les femmes ne doivent pas porter de vêtements qui attirent l’attention des hommes.

Syrie[modifier | modifier le code]

En Syrie les étudiantes en niqab ont été interdites de s’inscrire à l’université en 2010. Le gouvernement souhaitait y affirmer l’atmosphère laïque traditionnelle9. En 2011 l’interdit s’était assoupli10.

Yémen[modifier | modifier le code]

Yéménite habillée d’un niqab.

Depuis l’Antiquité la tradition arabe du port du niqab est pratiquée au Yémen11. Traditionnellement, les filles portent le voile dès l’adolescence12,13. Mais l’acception du niqab n’est pas entière : Tawakel Karman, une membre du principal parti politique d’opposition, le Congrès yéménite pour la réforme, a retiré son niqab à une conférence sur les droits de l’homme en 2004 et a depuis appelé les autres femmes à faire de même14.

Aspects politiques[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Islam en Allemagne.

Le 27 avril 2017, les députés allemands adoptent une loi interdisant partiellement le port du voile intégral, notamment pour les fonctionnaires (les agents publics doivent avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions)15.

Belgique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Islam en Belgique.

Le port de la burqa et du niqab dans les lieux publics est interdit, du moins théoriquement, dans de nombreuses communes belges, par des règlements de police locale (zonale). Une proposition de loi dans ce sens déposée le 21 février 2005 à la Chambre des représentants par François-Xavier de Donnea (député du Mouvement réformateur, droite) n’a pas recueilli l’approbation de cette assemblée16.

Les conseils d’au moins deux zones de police locale, Bruxelles-Ouest (regroupant les communes de Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Koekelberg, Jette, Molenbeek) et Maaseik, ont adopté des règlements généraux de police interdisant à quiconque de « se présenter dans l’espace public masqué ou déguisé », sauf autorisation expresse du bourgmestre. Quiconque enfreint ce règlement à Bruxelles-Ouest « sera puni d’une amende administrative de 150 €17,18 ». En mai 2008, une étude universitaire a révélé que 33 procès-verbaux avaient déjà été dressés dans des zones de police bruxelloises pour cette infraction, 21 à Molenbeek, 3 à Koekelberg, 2 à Saint-Gilles et 1 à Bruxelles19.

Dans les autres zones de police, les règlements généraux maintiennent en vigueur des articles disposant par exemple que « hors le temps du carnaval, nul ne peut se montrer masqué ou travesti dans les rues » ou que « sans autorisation de l’autorité compétente, il est interdit sur le domaine public de se dissimuler le visage par des grimages, le port d’un masque ou tout autre moyen, à l’exception du “temps du carnaval20,21 », qui laissent théoriquement la possibilité de verbaliser pour le port du niqab ou de la burqa.

Le 29 avril 2010, la Chambre des représentants (députés) a adopté à l’unanimité moins deux abstentions la proposition de loi de Daniel Bacquelaine du Mouvement Réformateur (droite libérale) visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage22,23. Toutefois, la dissolution anticipée du Parlement a eu pour conséquence que cette proposition doit à nouveau effectuer tout le parcours législatif.

Le 26 janvier 2011, un jugement du Tribunal de police de Bruxelles a donné raison à une femme verbalisée à deux reprises dans le cadre du règlement général de police de la commune d’Etterbeek, estimant dans des attendus de 8 pages que la commune « ne démontre pas qu’une restriction d’une telle ampleur était nécessaire pour assurer la sécurité… Il existe de nombreuses autres situations dans lesquelles des personnes peuvent être amenées à dissimuler leur visage… Que l’on songe notamment aux grands froids récents qui ont amené nombre de citoyens à dissimuler jusqu’à leur nez sous des cagoules et autres écharpes montantes sans être inquiétés ». Le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (Mouvement réformateur) a annoncé que la commune envisage d’aller en cassation contre ce jugement24.

Le 28 avril 2011, la proposition de loi a été re-déposée et re-votée par le parlement en affaires courantes25. Cette proposition de loi ne manque pas de susciter des réactions26.

Le 11 juillet 2017, la CEDH confirme l’interdiction du port du niqab en Belgique27.

Danemark[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 2018, le parlement de Danemark adopte une loi interdisant partiellement le port du voile intégral.28,29

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaires du voile islamique en France.

Après une mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national30, l’Assemblée nationale, dans sa résolution adoptée le 11 mai 2010, « considère que les pratiques radicales attentatoires à la dignité et à l’égalité entre les hommes et les femmes, parmi lesquelles le port d’un voile intégral, sont contraires aux valeurs de la République »31.

Le 19 mai 2010, le gouvernement français dépose sur le bureau du parlement un projet de loi32 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public33.

La loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public est adoptée par le parlement34. L’article 1 précise :

« Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. »

Un an plus tard, un premier bilan mitigé est publié par

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Sitar (voile)

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Pour l’instrument de musique, voir Sitar.

Cet article est une ébauche concernant l’islam.

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Le sitar (du mot arabe pour rideau) est un voile qui complète le niqab en couvrant les yeux d’un voile assez fin pour que la femme ainsi couverte puisse voir au travers1,2, sans que ses yeux puissent être vus des autres. Il peut aussi simplement compléter le jilbab3.

Sommaire

1 En France

2 Notes et références

3 Annexes

3.1 Articles connexes

En France[modifier | modifier le code]

« En France, seuls le mouvement salafiste (prônant un retour à l’islam des origines) et le Tabligh (prônant un islam littéraliste et piétiste) recommandent le port du voile intégral à leurs fidèles1 ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

↑ a et b Les différents types de voile islamique [archive], sur le site la-croix.com.

↑ Les différents types de voile islamique : diaporama du Figaro [archive], sur le site lefigaro.fr.

↑ Le Figaro, « Enquête sur l’islam radical en France », 6/11/2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

les vétements islamiques féminins, sur Wikimedia Commons

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Burqa

Haïk (vêtement)

Hijab

Niqab

Tchador

Tchadri

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Burqa

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Cet article concerne l’habillage de certaines femmes musulmanes. Pour le manteau traditionnel originaire du Caucase, voir bourka.

Deux femmes afghanes portant le tchadri ou burqa.

La burqa (en pachto, برقع), parfois orthographié burqua, ou plus rarement bourka1, est un voile intégral d’origine afghane porté par les femmes principalement en Afghanistan, au Pakistan et en Inde.

Selon les pays, le port de la burqa est soit un choix personnel, soit une obligation stricte. Cette tenue vestimentaire est essentiellement portée dans les pays de religion musulmane. Les spécialistes de l’Islam sont en désaccord sur les liens entre le Coran et la burqa. Une partie d’entre eux soulignent que le Coran n’impose aucune tenue vestimentaire particulière, mais plutôt d’être vêtu de façon modeste.

En France, le mot a été utilisé improprement par des politiques et journalistes au cours du débat sur la légalité du port du voile intégral islamique, le niqab, comme synonyme de ce dernier. Le niqab laisse les yeux visibles alors que la burqa moderne intègre une grille ou un voile léger destiné à masquer le regard. Cette burqua moderne est une invention récente qui a été imposée par les talibans en Afghanistan dans les années 1990 et qui s’est ensuite répandue parmi les mouvements salafistes les plus radicaux2,3. En Turquie, le président Atatürk, qui voulait construire un pays fort selon le modèle occidental, ne pouvait s’en préoccuper ; en revanche, il a fait des tentatives pour lutter contre le port du niqab pour les femmes et du fez pour les hommes4.

Sommaire

1 Origine et diffusion

1.1 La burqa portée

1.2 Interdictions

2 Amériques

2.1 Québec (Canada)

3 Afrique

3.1 Cameroun

3.2 Maroc

3.3 Sénégal

3.4 Tchad

4 Asie

4.1 Afghanistan

4.2 Tadjikistan

5 Europe

5.1 Autriche

5.2 Allemagne

5.3 Belgique

5.4 Bulgarie

5.5 Danemark

5.6 Estonie

5.7 France

5.8 Italie

5.9 Lettonie

5.10 Luxembourg

5.11 Pays-Bas

5.12 Royaume-Uni

5.13 Slovénie

5.14 Suisse

6 Notes et références

7 Voir aussi

7.1 Bibliographie

7.1.1 Affaires du voile islamique

7.2 Filmographie

7.3 Articles connexes

7.3.1 Types de voile

7.4 Lien externe

Origine et diffusion[modifier | modifier le code]

En arrière-plan, une femme afghane porte une burqa. 1842.

La burqa portée[modifier | modifier le code]

À l’origine, la burqa n’avait pas le sens qu’on lui donne aujourd’hui. Par exemple, le tchadri, le vêtement traditionnel des femmes en Afghanistan, est au sens littéraire une burqa. Le tchadri, mot persan et synonyme de burqa, ne couvre pas le bas du pantalon des femmes et il est adapté pour que les femmes puissent sortir leurs bras pour faire le marché, par exemple. Les mains sont visibles. Certains types de tchadri sont même ouverts par devant, légèrement en dessous de la taille, laissant paraître robe et pantalon.

La burqa intégrale, à couverture totale (nouvelle version), selon le spécialiste de l’Islam et politologue français Olivier Roy, est une invention récente du mouvement intégriste salafiste dans les pays du Golfe et au Pakistan5. Avec ce vêtement qui date des années 19806, l’enfermement de la femme est plus total qu’avec un tchadri puisqu’il s’accompagne de gants pour cacher les mains et que même les pieds sont dissimulés. Dans les pays où seuls les yeux ne sont pas cachés, obligation est faite aux femmes de porter des lunettes de soleil ou de cacher leurs yeux à l’aide d’un morceau de tissu fin permettant de voir sans être vues.

Ce voile intégral accentue ainsi violemment la tradition séculaire du purdah7. Le philosophe Abdennour Bidar juge que le port de la burqa outrepasse largement cette tradition, laquelle ne se fonde sur aucune prescription coranique, lui préférant pour sa part le voile laissant à découvert le visage, voire l’absence de tout voile et l’intériorité de la pratique religieuse7.

Interdictions[modifier | modifier le code]

De 2011 à aujourd’hui

2011 France (11 avril)8 

 Belgique (23 juillet)9

2012 Aucun

2013 Aucun

2014 Aucun

2015 Tchad (17 juin)10 

 Cameroun : Extrême-Nord (15 juillet)11, Est (24 juillet)12, Littoral (24 juillet)12 

 Tadjikistan (27 août)13 

 Sénégal (17 novembre)14

2016 Bulgarie :  Pazardjik (27 avril)15,  Stara Zagora (28 avril)16,  Sliven (26 mai)17,  Bourgas (1er juin)18, [national] (30 septembre)19 

  Tessin (1er juillet)20

2017 Maroc (janvier, interdiction de la fabrication et de la vente)21 

 Autriche (1er octobre)22

2018 Danemark (1er août)23

Amériques[modifier | modifier le code]

Québec (Canada)[modifier | modifier le code]

Le 18 octobre 2017, l’Assemblée nationale du Québec adopte la Loi 62 qui interdit aux fonctionnaires et aux usagers le port de vêtements dissimulant le visage au moment de l’octroi et de la réception de services publics.

Afrique[modifier | modifier le code]

Cameroun[modifier | modifier le code]

À la suite du double attentat-suicide de Fotokol, le 12 juillet 2015, la Région de l’Extrême-Nord prend la décision, cinq jours plus tard, d’interdire le port de ce vêtement24 ; une semaine après, les régions de l’Est ainsi que du Littoral interdirent la fabrication, la vente ainsi que le port de la burqa25.

Maroc[modifier | modifier le code]

Début janvier 2016, le Ministère marocain de l’intérieur diffuse à ses agents une circulaire enjoignant de ne plus autoriser la fabrication et la commercialisation de la burqa dans plusieurs villes du pays26. Selon la presse marocaine, cette décision serait motivée par des raisons de sécurité21.

Sénégal[modifier | modifier le code]

Face à la menace de Boko Haram et aux menaces terroristes sur son territoire, le port de la burqa est interdite le 17 novembre 2015 au Sénégal27.

Tchad[modifier | modifier le code]

À la suite de l’attentat de N’Djaména le 15 juin 2015 ayant fait 33 morts dans la capitale28, le gouvernement tchadien annonce le 17 juin 2015 l’interdiction du port de la burqa sur son territoire pour des raisons de sécurité29,30.

Asie[modifier | modifier le code]

Afghanistan[modifier | modifier le code]

Afghane portant une burqa (2005)

La burqa contemporaine tient son origine du tchadri, un vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan, couvrant la tête et le corps de la femme et arborant un grillage devant ses yeux31. Bien souvent, on le retrouve bleu, blanc, marron ou vert, selon la tradition locale31.

Alors que rarement porté de manière civile préalablement au régime taliban, sa tenue devient obligatoire en public lors de l’ascension talibane au pouvoir afghan, en 199632. Bien qu’officiellement, depuis la fin du régime taliban en 2001, il ne soit plus exigé des femmes de se vêtir du tchadri, son port s’avère encore bien répandu, renforcé par la forte présence locale de groupes armés talibans33. Ainsi, plusieurs Afghanes ressentent le besoin de le porter pour des raisons de sécurité personnelle et familiale32.

Perçu comme un fort symbole du système répressif taliban, particulièrement à l’endroit des femmes afghanes34, la burqa rappelle l’importance accordée à la pratique du purdah, interdisant aux hommes de voir les femmes et menant à une ségrégation sexiste34. Ainsi, l’imposition de la burqa aux Afghanes par les Talibans est une nécessité, selon leurs dires, comme « le visage d’une femme est une source de corruption » pour les hommes avec qui elle ne possède pas de lien de parenté34. Ceci dévoile un désir de contrôle patriarcal de la sexualité féminine comme la burqa permet d’assurer, du moins de manière visible et publique, la virginité avant le mariage ainsi que la fidélité pendant le mariage des femmes35. De la sorte, la burqa implique et règlemente au sein du discours public la pudeur de la femme et son dévouement absolu à son partenaire35. Le chroniqueur polémiste du magazine Marianne, Elie Arié, en vient même à affirmer que la promotion de la burqa telle que faite par les Talibans prône l’inexpérience sexuelle et nie le plaisir sexuel féminin, alors qu’une certaine tolérance est accordée à la conduite sexuelle masculine35.

Partiellement associé au concept musulman du Namus (en), lié aux idéaux d’honneur et de vertu, le port de la burqa en Afghanistan se révèle être un outil genré, imposant la soumission de la femme à l’homme33. L’enfermement de la femme est d’ailleurs renforcé par le climat de tension qui règne dans le pays, les talibans et autres groupes radicaux étant toujours présents en territoires locaux, et la crainte des conséquences à venir si la norme du port de la burqa est ignorée31.

Toutefois, des groupes de revendications des droits des femmes en Afghanistan, composés à la fois d’hommes et de femmes, dénoncent de plus en plus les traitements injustes que les Afghanes subissent, notamment le port de la burqa36. Le 5 mars 2015, à quelques jours de la Journée internationale des femmes, des Afghans ont déambulé dans les rues de Kaboul, vêtus de burqas, afin de démontrer leur désaccord avec cette pratique et leur support et solidarité aux femmes du pays37.

Tadjikistan[modifier | modifier le code]

Pour lutter contre l’islam radical, le Tadjikistan a interdit le port de la burqa, le hijab et le niqab, vêtements « ne faisant pas partie de l’habillement traditionnel tadjik »38.

Europe[modifier | modifier le code]

Autriche[modifier | modifier le code]

Le port de la burka sur la place publique est interdit depuis le 1er octobre 2017, les infractions à la loi sont condamnées de 150 euros d’amende39.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Le 27 avril 2017, les députés allemands adoptent une loi interdisant partiellement le port du voile intégral, notamment pour les fonctionnaires (les agents publics doivent avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions)40.

Belgique[modifier | modifier le code]

Le port de la burqa (ou du niqab) dans les lieux publics est interdit, du moins théoriquement, dans de nombreuses communes belges, par des règlements de police locale (zonale). Une proposition de loi dans ce sens déposée le 21 février 2005 à la Chambre des représentants par François-Xavier de Donnea (député du Mouvement réformateur, droite) n’a pas recueilli l’approbation de cette assemblée41.

Les conseils d’au moins deux zones de police locale, Bruxelles-Ouest (regroupant les communes de Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Koekelberg, Jette, Molenbeek) et Maaseik, ont adopté des règlements généraux de police interdisant à quiconque de « se présenter dans l’espace public masqué ou déguisé », sauf autorisation expresse du bourgmestre. Quiconque enfreint ce règlement à Bruxelles-Ouest « sera puni d’une amende administrative de 150 €42,43 ». En mai 2008, une étude universitaire a révélé que 33 procès-verbaux avaient déjà été dressés dans des zones de police bruxelloises pour cette infraction, 21 à Molenbeek, 3 à Koekelberg, 2 à Saint-Gilles et 1 à Bruxelles44.

Dans les autres zones de police, les règlements généraux maintiennent en vigueur des articles disposant par exemple que « hors le temps du carnaval, nul ne peut se montrer masqué ou travesti dans les rues » ou que « sans autorisation de l’autorité compétente, il est interdit sur le domaine public de se dissimuler le visage par des grimages, le port d’un masque ou tout autre moyen, à l’exception du temps du carnaval »45, qui laissent théoriquement la possibilité de verbaliser pour le port du niqab ou de la burqa.

Le 29 avril 2010, la Chambre des Représentants (députés) a adopté à l’unanimité moins deux abstentions la proposition de loi de Daniel Bacquelaine du Mouvement Réformateur (droite libérale) visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage46,47. Toutefois, la dissolution anticipée du Parlement a eu pour conséquence que cette proposition doit à nouveau effectuer tout le parcours législatif.

Le 26 janvier 2011, un jugement du tribunal de police de Bruxelles a donné raison à une femme verbalisée à deux reprises dans le cadre du règlement général de police de la commune d’Etterbeek, estimant dans des attendus de 8 pages que la commune « ne démontre pas qu’une restriction d’une telle ampleur était nécessaire pour assurer la sécurité… Il existe de nombreuses autres situations dans lesquelles des personnes peuvent être amenées à dissimuler leur visage… Que l’on songe notamment aux grands froids récents qui ont amené nombre de citoyens à dissimuler jusqu’à leur nez sous des cagoules et autres écharpes montantes sans être inquiétés. » Le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (Mouvement réformateur) a annoncé que la commune envisage d’aller en cassation contre ce jugement48.

Le 28 avril 2011, la proposition de loi a été re-déposée et re-votée par le parlement en affaires courantes49. Bien que cette proposition de loi a suscité des réactions50, elle a été adoptée et est entrée en vigueur le 23 juillet 201151. En décembre 2012, la Cour constitutionnelle rejette les recours contre la loi du 1er juin 201152.

Un premier constat est dressé en 2016 et présente 60 procès verbaux pour « dissimulation du visage dans un lieu public » depuis l’entrée en vigueur en 2011 de la loi : 13 en 2012, 16 en 2013, 25 en 2014 et 8 pour le premier semestre de 201553.

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Pour la première fois dans le pays, face à l’expansion du nombre de femmes portant la burqa dans la cité et à la montée du salafisme, le conseil municipal de la commune de Pazardjik décrète le 27 avril 2016, par 39 voix contre 2, « l’interdiction de “port dans les lieux publics de vêtements et accessoires couvrant le visage et empêchant son identification”, sous peine d’une amende allant de 300 à 1000 leva (150 à 500 euros) »54. La commune est très rapidement suivie par celles de Stara Zagora (décision du 28 avril 2016)16,55, Sliven (décision du 26 mai 2016)17 et Bourgas (décision du 1er juin 2016)18.

Le 15 juin 2016, l’Assemblée Nationale adopte en première lecture, par 108 voix contre 8 une proposition de loi déposée par le Front patriotique visant à interdire le port du voile intégral dans l’espace public56,57, cette loi étant définitivement adoptée le 30 septembre 201658.

Danemark[modifier | modifier le code]

Le 31 mai 2018, le parlement de Danemark adopte une loi interdisant partiellement le port du voile intégral.59,60

Estonie[modifier | modifier le code]

Le 26 novembre 2015, le Ministre de la Justice Urmas Reinsalu annonce son intention de déposer un projet de loi visant à interdire le port de la burqa en Estonie61, suscitant les critiques du centre islamique de Tallinn62.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaires du voile islamique.

Le port de la burqa dans les lieux publics est interdit en France par la loi du 11 octobre 2010. Ce port est cependant en régulière augmentation. Une note de la sous-direction de l’information générale du ministère de l’Intérieur, révélée par Le Monde en juillet 2009, mentionne un décompte de 367 femmes portant ce vêtement en France, chiffre que le ministère a qualifié de « première approche rapide qui sera suivie d’une étude plus approfondie »63. Le Figaro évoque en septembre 2009 un rapport confidentiel de la sous-direction de l’information générale, rédigé durant l’été 2009, qui aurait évalué leur nombre à moins de 2 000 à partir d’informations sur les lieux de culte salafistes64. D’autres formes de voile semblent plus utilisées. La controverse se situe plutôt sur le port du hijab, qui subit des restrictions dans les établissements scolaires, notamment, pour lesquels une loi a été promulguée. Cependant la Cour européenne des droits de l’homme est saisie « le jour de l’entrée en vigueur de la loi [contre le port du voile intégral] en avril 2011 par une jeune femme (…) adepte aussi bien de la burqa – qui cache entièrement le corps – que du niqab – qui couvre le visage pour n’en montrer que les yeux65. ». « Dans un arrêt définitif, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé mardi [premier juillet 2014] “légitime” l’interdiction du voile intégral en France65. » « Elle a ainsi jugé que la loi votée fin 2010 n’était pas contraire à la Convention européenne des droits de l’homme66. » La jeune femme en question était en désaccord avec la loi en question et pensait qu’elle atteignait à la liberté de culte65. « Elle estimait aussi, selon ses avocats, « dégradant » d’être forcée à se dévoiler dans des lieux publics. Si la CEDH se dit “consciente que l’interdiction contestée pèse essentiellement sur une partie des femmes musulmanes, elle relève […] qu’elle n’est pas explicitement fondée sur la connotation religieuse des vêtements, mais sur le fait qu’ils dissimulent le visage”65. »

Italie[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2017).

La législation antiterroriste italienne, qui date des années 1970, interdit le port de vêtements couvrant le visage. Cependant, son application aux voiles islamiques n’est pratiquement pas admise, comme le prouve l’anecdote suivante. Le maire de Drezzo, petite commune du nord de l’Italie, a interdit la burqa en s’appuyant entre autres sur un décret royal de 1931 adopté sous l’ère fasciste et interdisant de circuler masqué dans les lieux publics. Sabrina Varroni, habitante de Drezzo convertie à l’islam et mariée à un Marocain, portait la burqa depuis son pèlerinage à la Mecque; elle a bravé l’interdiction du maire qui est membre de la Ligue du Nord, ce qui a valu à Varroni deux amendes pour « violation continue et répétée de la loi ». Elle estime que ses droits constitutionnels sont violés car la burqa est non pas le masque interdit par le décret de 1931 mais une « manifestation religieuse ». Le préfet de Côme lui a donné raison en invalidant l’arrêté municipal.

Lettonie[modifier | modifier le code]

Le 18 janvier 2016, le Ministre letton de la Justice Dzintars Rasnačs, annonce pour des raisons de sécurité et pour protéger l’espace public, qu’une loi interdisant le port de la burqa entrera en vigueur rapidement67. Il confirme sa prise de position le 21 avril 2016 et annonce que la Saeima sera rapidement amenée à adopter cette loi pour une entrée en vigueur le 1er janvier 201768.

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Comme en Belgique, les règlements généraux de police du Luxembourg, qui ressortissent à la compétence communale, mentionnent une interdiction générale pouvant théoriquement être appliquée au port du niqab ou de la burqa, par exemple : « Hors le temps de carnaval il est interdit à toute personne de paraître masquée dans les rues, places et lieux publics, sauf autorisation du bourgmestre. »69

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

On recense une tentative de port de la burqa à l’école aux Pays-Bas. La tenue a été refusée en avançant comme explication que l’éducation scolaire nécessite une communication parfois non verbale (par les expressions du visage) impossible à travers une burqa.

Le gouvernement néerlandais a annoncé le 17 novembre 2006 l’adoption d’une loi prohibant dans les lieux publics la burqa et des autres formes de voile islamique cachant le visage « compte tenu des problèmes touchant à l’ordre public, à la sécurité et à la protection des personnes ». Cette annonce fait suite à l’approbation en décembre 2005 d’une proposition de Geert Wilders, un homme politique critiquant l’islam, consistant à interdire le port du voile intégral. Alors que la législation néerlandaise restreignait déjà le port de la burqa et des autres voiles masquant tout le visage dans les transports publics et dans les écoles du pays, la CMO (Contactorgaan Moslims en de Overheid, Organe de contact entre les musulmans et les autorités), principale organisation musulmane du pays, évoque une « réaction disproportionnée à un problème marginal » concernant peu de personnes et stigmatisant toute la communauté musulmane70.

Le 27 novembre 2015, le conseil des ministres adopte un nouveau projet de loi interdisant le port de la burqa. Ce projet de loi attend l’approbation des deux chambres du Parlement71.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le port du niqab n’est pas soumis à restriction. L’ancien ministre Jack Straw s’est dit personnellement opposé au port public du voile intégral sans toutefois vouloir légiférer sur le sujet.

Slovénie[modifier | modifier le code]

Le 23 novembre 2015, le Parti démocratique slovène a déposé un projet de loi visant à interdire le port de la burqa72 pour des raisons culturelles et de sécurité73,74. La communauté musulmane slovène n’a pas commenté ce projet de loi tandis que l’Église orthodoxe serbe a déclaré la soutenir75. La majorité des députés de l’Assemblée nationale s’est déclaré en faveur de son vote76.

Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse, le Parlement fédéral s’est prononcé en septembre 2012 contre l’interdiction du port de la burqa. Concernant le niqab, la législation cantonale s’applique77.

Le 22 septembre 2013, les électeurs du Canton du Tessin votent favorablement à 65,4 % lors d’une votation pour l’inscription dans la Constitution de l’interdiction de se dissimuler le visage dans les lieux publics78. Le 23 novembre 2015, le Grand Conseil du canton du Tessin vote en faveur de l’interdiction de la burqa79,80. La mesure entre officiellement en vigueur le 1er juillet 201681.

Le 22 janvier 2016, le Conseil des États a refusé d’étendre l’interdiction tessinoise du port de la burqa à toute la Suisse82.

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Haïk (vêtement)

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Pour les articles homonymes, voir Haïk.

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Haïk

Femmes en Haïk

Caractéristiques

Type

Costume algérien (d)

Matière

Coton

Soie

Laine

autre …

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Haïk porté par des femmes à Alger.

L’a’jar, complément du haïk

Le haïk (arabe : الحايك) est un vêtement féminin porté au Maghreb. Il est constitué d’une étoffe rectangulaire recouvrant tout le corps1, longue — six mètres sur 2,2 mètres —, enroulée puis maintenue à la taille par une ceinture et ramenée ensuite sur les épaules pour y être fixée par des fibules. Il peut être blanc ou noir.

Haïk est également un patronyme venant de ce même vêtement. Il désignait entre autres les tisserands. Il se compare donc aux noms de famille français Tessier ou Texier.

Sommaire

1 Origine

2 Étymologie

3 Galerie

4 Notes et références

5 Voir aussi

5.1 Bibliographie

5.2 Articles connexes

Origine[modifier | modifier le code]

En 1792, la m’laya, voile de couleur noir, fait son apparition pour faire le deuil de Salah Bey, Bey de Constantine. Ce vêtement fut par la suite en vogue dans la partie Est de l’Algérie.

Fabriqué à partir de tissu de laine, de soie ou de soie synthétique, le haïk réussit, en un laps de temps très court, à se répandre à travers de nombreuses régions du pays, mais son port fut adapté aux spécificités socioculturelles de la région d’adoption.

Parmi cette panoplie, un type de voile a connu un grand succès, auprès des femmes s’entend, au vu de son style de conception, la manière de le porter, ainsi que la qualité du tissu utilisé par les artisans. Il s’agit du haïk m’rama, apparu à la fin du xixe siècle et qui fut porté par les femmes citadines d’Alger et sa banlieue. Ce type de voile est souvent associé à la beauté féminine et a inspiré nombre de poètes et de chanteurs chaâbi, qui lui dédièrent beaucoup de leurs œuvres.

Par rapport aux couleurs, on remarque qu’il est d’un blanc immaculé à Alger, Tlemcen, Béjaïa et Oran, alors qu’à Constantine, il est noir. Et cela en signe de deuil, à un bey décédé. En effet, les Constantinoises portent la mlaya en guise de haïk2.

Ce vêtement s’est également répandu au Maroc et dans les autres régences ottomanes d’Afrique du nord comme Tunis3.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot est emprunté à l’arabe maghrébin hayk qui provient du verbe arabe hâka qui signifie « tisser ». D’abord employé sous la forme francisée heque (1654), il connaît de nombreuses variantes hayque (1667), alhaique (1670), eque (1670), haïque (1683), hayc (1686). Le mot haïk sera d’abord féminin (1725) et se fixe au masculin en 18304.

Un Espagnol au xviie siècle, Diego de Haedo, le cite à propos des femmes d’Alger dans son ouvrage Topographia de Argel (Topographie d’Alger). Il décrit ainsi les Algéroises :

« Quand elles sortent de chez elles, elles mettent des manteaux blancs, très déliés, en laine fine ou tissus de laine et soie.

C’est tout un art que de porter le haïk :

Les femmes s’entortillent dans ces manteaux, en attachant un bout sur la poitrine avec des agrafes ou de grandes épingles d’argent doré, elles jettent le corps du manteau sur les épaules et sur la tête, et de l’autre bout, celui de dessous, elles couvrent le bras droit. »

En Algérie, certaines femmes portent le haïk blanc quotidiennement (surtout les femmes âgées).

Au Maroc5, l’usage du haïk a disparu, sauf dans les villes de Chefchaouen, Essaouira et Figuig. La couleur du haïk est noire ou bleue dans les villes de Taroudant et Tiznit.

En Tunisie, le sefseri, une variante tunisienne du haïk composée d’une seule pièce de tissu ne couvrant pas le visage, a été pratiquement abandonné. Toutefois il est encore parfois traditionnellement porté, en particulier par des femmes âgées.

Galerie[modifier | modifier le code]

Alger

Femmes algériennes à la pêche

Mascara

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Tchador

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Ne doit pas être confondu avec Tchadri.

Des tchadors à Hérat, Afghanistan

Un tchador ou chador (en persan : چادر, Chādar – littéralement « tente ») ʧaːdor est un vêtement traditionnel iranien porté par les femmes, utilisé principalement aujourd’hui par les femmes musulmanes dans les zones urbaines ou rurales en Iran et quelques pays d’Asie centrale.

Un tchador est une pièce de tissu semi circulaire ouverte sur le devant. Il ne possède pas d’ouvertures pour les mains ou de fermetures, mais est tenu par les mains, ou en entourant ses extrémités autour de la taille1,2.

Sommaire

1 Dans les sources littéraires antiques

2 Parmi les zoroastriens

3 Période islamique

4 Notes et références

5 Sources

6 Voir aussi

6.1 Articles connexes

Dans les sources littéraires antiques[modifier | modifier le code]

femme en chador,[réf. à confirmer], rappelant la guimpe catholique, hors de la mosquée de l’imam, à Isfahan, Iran

À la période achéménide, les reines perses étaient déjà dissimulées aux yeux des gens. Plutarque explique par exemple, quand il décrit le règne d’Artaxerxès II, que la reine Stateira était appréciée du peuple car les rideaux de son chariot étaient toujours ouverts3. Dans les textes en pehlevi, le tchador est mentionné au moins deux fois. Dans le Rivāayat-ī Hemīd-ī Ashawahishtān, un texte légal zoroastrien du xe siècle, on mentionne le tchador avec le sarband et le wāshmag comme une jupe portée depuis la tête aux pieds par les femmes zoroastriennes. Dans le Mādayān-ī Yōisht-ī Friyān, un texte en pehlevi basé sur un texte avestique perdu (Yasht 5.81-83), on apprend que Hufriyā, sœur d’un zoroastrien touranien et femme de Axt, opposant de la foi zoroastrienne, se couvre d’un voile quand on lui demande si le plaisir d’une femme vient de ses vêtements et de la tenue de la maison ou du fait de passer du temps avec son mari.

Les textes iraniens de divers époques fournissent quantité de passages dans lesquels on trouve des femmes de différentes classes sociales et de différentes époques recouvertes d’un voile (dans le Shah Nameh, le Vīs-o Rāmīn ou encore le Bakhtiar Nāmeh par exemple).

Le voile n’était pas limité aux femmes, mais était aussi pratiqué par les rois persans. Ebn Eshaq raconte dans son Sīra4 que Khosro Anushirvan, alors qu’il recevait Zuyazan du Yémen, est rentré couvert dans la salle d’audience et n’a retiré son voile qu’une fois qu’il était assis sous sa couronne suspendue.

Parmi les zoroastriens[modifier | modifier le code]

Il ne semble y avoir aucune preuve de femmes portant des voiles couvrant ou la tête, ou la bouche datant de la période Achéménide. En revanche, la coutume de porter ses mains à la bouche pour éviter de troubler l’air que le souverain respire est attestée sur un bas-relief de Persépolis où l’on peut voir un officiel Mède séparé de Darius par deux grands brûle-encens et portant l’extrémité de ses doigts à la bouche5.

Sur les peintures iraniennes des périodes Parthes et Sassanides, on peut voir les serviteurs qui portent des voiles sur la bouche, appelés padan en pehlevi et p’andam en arménien, voile toujours utilisé par les prêtres zoroastriens pour éviter de souiller le feu sacré.

On peut voir des femmes du ier siècle avec un voile couvrant leur tête et leur visage sur un bas-relief à Palmyre6. Dans les sculptures de Palmyre datant du iie siècle, les représentations de femmes couvrant leur tête mais laissant leur visage découvert sont courantes. Les femmes apparaissent souvent en tant que musiciennes ou danseuses dans l’art sassanide. Dans le dernier cas, elles portent souvent des sortes de longs voiles ou étoles d’un tissu diaphane, mais leurs têtes sont rarement couvertes.

Aujourd’hui, les femmes Parsis ne couvrent pas leur visage mais peuvent draper leur sari sur la tête, particulièrement dans les occasions solennelles.

Période islamique[modifier | modifier le code]

Femmes en tchador dans une rue de Chiraz (Iran) en 2005.

Le tchador est une des façons de respecter la façon dont une femme doit s’habiller afin de suivre le code vestimentaire islamique, le hijab. Ce code vestimentaire islamique est une interprétation des versets du Coran, 24:31 et 33:59. Le premier de ces deux versets stipule que les femmes ne doivent pas présenter leurs ornements (zīnata hunna) à d’autres personnes que leurs maris, ou certaines catégories de personnes qui sont ses maharim. Le second verset contient l’injonction que, quand elles sortent de chez elles, les femmes doivent se couvrir (jilbāb).

En se basant sur les hadiths, les interprétations chiites stipulent toutes qu’après avoir atteint l’âge de la puberté, les femmes doivent recouvrir tout leur corps sauf les mains et le visage pendant la prière. Par mesure de précaution, les parties des mains à côté des poignets et le tour du visage doivent aussi être couverts7. Les filles prépubères et les esclaves sont dispensées de se couvrir pendant la prière. D’après un commentaire du Coran, 24:61 de l’imam Reza, les vieilles femmes (sans précision d’âge), ne sont pas obligées de se couvrir quand elles sortent de chez elles, mais elles doivent le faire quand elles prient (Références nécessaires).

Le tchador n’a pas toujours eu la même forme à travers les âges. Les sources littéraires indiquent qu’à l’origine il semblait être un voile recouvrant la tête et le visage ou un tissu recouvrant tout le corps, y compris le visage. Il aurait aussi été composé de deux pièces, une supérieure et une inférieure faite de laine8.

C’est à la période qajar que le tchador est devenu le vêtement destiné à être porté dans la rue, probablement à partir du modèle qui existait pour la prière. Une des raisons de cette évolution pourrait-être due à l’abandon de vêtements traditionnels (Arkhāleq, une tunique et chāqchur, un pantalon large) des femmes à mesure de l’adoption des modes européennes à la cour du chah. Le tchador de cette époque était généralement tissé en satin ou en laine et teinté de bleu indigo.

Cette forme du tchador est resté standard jusqu’à l’interdiction par Reza Shah le 7 janvier 1936 (7 Dey 1315). Les agents officiels du gouvernement dont les femmes portaient le tchador pouvaient alors être renvoyés, et les femmes qui refusaient de l’ôter de leurs corps se voyaient refuser l’entrée dans les lieux publics et étaient souvent dérangées par la police9. Cette mesure a fait rester de nombreuses femmes chez elles, et a provoqué des sentiments d’énervement chez le clergé chiite, qui y voyait une attaque sur la moralité du pays. Après l’abdication de Reza Shah et l’assouplissement de ces lois par Muhammad Rizâh Shâh (règne 1941-1979), 2e chah de la dynastie des Pahlavi, de nombreuses femmes traditionalistes se sont remises à porter le tchador.

Les femmes traditionnelles ayant les moyens ont deux tchadors, l’un réservé à la prière, rangé dans un morceau de tissu spécial et l’autre pour l’utilisation à l’extérieur, de couleur foncée, coupé dans du crêpe de Chine. Les femmes ayant peu de moyens n’ont qu’un tchador, de couleur noire et fait dans un matériau moins léger.

Avec la montée de l’islam politique dans les années 1960 – 1970, le tchador, et la pensée islamique sous-jacente, sont considérés comme un garde-fou pour la dignité des femmes et pour l’authenticité de la société dans son ensemble. Dans le cadre du mouvement de rejet des normes occidentales, de nombreuses femmes qui ne faisaient pas partie de milieux traditionnels se sont mises à porter le tchador, et des contingents importants de femmes en tchador ont participé aux manifestations massives pendant la révolution iranienne.

Cependant, au début des années 1970, le tchador n’était plus ce qu’il avait été et n’était pas encore celui qui est porté par les femmes iraniennes aujourd’hui. D’abord, de nombreuses femmes sortaient la tête nue, notamment dans les grandes villes et spécialement à Téhéran. Elles étaient habillées à la mode occidentale. Les autres, le plus grand nombre, portaient sur la tête un long voile, descendant jusqu’aux chevilles, en tissu soyeux transparent ouvert sur le devant du corps laissant voir une partie de leurs cheveux et leurs vêtements occidentaux (chemisier, pull, blue-jean, etc.). Afin qu’il ne s’envole pas, les femmes le tenaient pincé avec le pouce et l’index à hauteur de leur cou; il en existait de toutes les couleurs et ils étaient si légers que le vent les faisait flotter, si bien qu’à la sortie des lycées, des facultés ou sur les marchés, le spectacle (point de vue seulement esthétique) d’une mer aux vagues multicolores était offert au touriste curieux, ravi de prendre quelques jolies photographies. Dans les campagnes, des voiles plus épais, plus sombres, plus ou moins longs étaient portés, et, d’ailleurs, différents d’aspect selon les régions. Enfin, dans certaines tribus, le port du voile ne faisait pas partie de la tradition10.

Après la révolution, les règles vestimentaires islamiques sont graduellement rendues obligatoires. En mars 1979, Khomeini proclame que toutes les femmes travaillant dans l’administration doivent respecter le hijab. Par la suite, des manifestations de contestation de femmes des classes moyennes et hautes, contre le port du hijab, alternent avec les manifestations de femmes traditionnelles, qui militent pour le respect de la tenue islamique. Par la suite, les commerçants ont été invités à ne pas accepter les femmes sans foulard islamique, et finalement, pendant le printemps et l’été 1982, une campagne vigoureuse est lancée par les pasdaran pour faire respecter la règle dans chaque ville ou village.

Depuis la révolution iranienne de 1979, le tchador a été remis à l’honneur par le clergé, mais comme il est peu pratique pour les femmes actives dans la vie sociale, celles-ci sont autorisées à lui substituer un long manteau et un foulard cachant bien les cheveux.

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Tchadri

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Ne doit pas être confondu avec Tchador.

Deux femmes afghanes portant le tchadri.

Le tchadri (souvent orthographié chadri) est un vêtement caractérisé par une calotte brodée, souvent bleue, qui couvre entièrement la tête et le corps, ne laissant au niveau des yeux qu’une étroite meurtrière grillagée permettant de voir sans qu’aucun trait du visage ne soit discernable (une autre forme de tchadri existe cependant en Afghanistan : le vêtement couvre moins complètement le corps de la femme laissant apparaître, à mi-hauteur de sa taille, par devant, sa robe et la partie basse de son pantalon)1.

Sommaire

1 Origine et diffusion

1.1 Le tchadri

2 Notes et références

2.1 Articles connexes

Origine et diffusion[modifier | modifier le code]

Le tchadri[modifier | modifier le code]

Le tchadri, est le vêtement de certaines femmes afghanes, notamment pachtounes porté en ville comme à la campagne. C’est le vêtement traditionnel de cette communauté de femmes afghanes depuis plus d’un millénaire; on le trouve aussi au Pakistan et en Inde. Le tchadri se distingue du voile intégral en cela qu’il laisse voir, même dans sa forme la plus enveloppante, les pieds et, sur les marchés par exemple, les mains de la femme.

Dans les milieux aisés des villes, notamment à Kaboul, les femmes étaient également habillées à l’européenne à partir des années 1960 (port du voile rendu facultatif par décret royal en 1959 par Mohamed Zaher Chah, Monarque de 1933 jusqu’au coup d’État fomenté par son cousin, le prince Mohammed Daoud Khan, le 17 juillet 1973, qui instaura la République)2,3.

Un nouveau coup d’État aura lieu le 27 avril 1978 (fomenté cette fois par Amîn et Tarakî, du Khalq, et Kârmal, du Partcham, toutes deux des factions communistes) qui verra l’arrivée d’un nouveau régime au pouvoir avec à sa tête Tarakî déclaré Président de la République. Ce dernier, à la suite de l’instabilité croissante du pays, fera appel en décembre 1979 aux Soviétiques qui s’installeront en Afghanistan de 1979 à 1989. Après le retrait de l’URSS, les communistes se maintiendront jusqu’à la chute définitive du régime de Nadjîbollâh dans la nuit du 16 au 17 avril 1992. Pendant cette période, les femmes acquerront une plus grande liberté vestimentaire notamment dans les villes et dans les couches sociales qui n’avaient pas profité, par conservatisme, des libéralités du Décret Royal de 1959, lequel avait surtout avantagé les couches sociales aisées, diplomatiques, instruites.

L’arrivée au pouvoir des talibans en 1996 après les trois guerres qui déchirèrent le pays (février 1989/avril 1992, luttes de différentes factions anticommunistes contre le gouvernement postsoviétique de Nadjïbolläh; avril 1992/automne 1994, lutte entre factions; automne 1994, entrée en guerre des talibans jusqu’à leur entrée dans Kaboul évacuée par le Commandant Massoud dans la nuit du 26 au 27 septembre 1996) mis une fin définitive à ces libéralités. Les talibans, qui s’emparèrent de Kaboul en septembre 1996 et devinrent les nouveaux maîtres de l’Afghanistan, à l’exception de la poche de résistance du commandant Massoud (qui sera assassiné dans un attentat perpétré par deux faux journalistes maghrébins le 9 septembre 2001), le Pandjchir, instaurèrent un régime islamique totalitaire et rétablirent l’obligation, pour toutes les femmes, du port du tchadri en respect de la pratique du purdah4,5.

Depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir à Kaboul en novembre 2001, le port du tchadri n’est plus obligatoire en Afghanistan même s’il reste encore très largement répandu.

Des femmes, essentiellement à Kaboul, ont abandonné à nouveau le tchadri et se promènent, sinon habillées à l’occidentale, simplement revêtues d’une gabardine et coiffées d’un foulard. Il en est de même dans d’autres grandes villes comme Hérât et Mazâr-é Sharîf. Dans les écoles, les collèges et les lycées, les élèves portent un uniforme veste/pantalon généralement noir et un foulard blanc; leurs femmes professeurs portent un uniforme vert clair ou gris et aussi un foulard.

Voile intégral

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Le voile intégral désigne différentes formes de voiles islamiques qui couvrent le visage. Les deux formes les plus courantes de voile intégral sont le niqab et la burqa. Du fait qu’il ne permet pas l’identification des individus, son port dans les lieux publics est interdit pour des raisons de sécurité dans plusieurs pays européens (Belgique, France, Luxembourg) et africains (Cameroun, République du Congo, Tchad, Sénégal, Maroc).

Sommaire

1 Nomenclature

2 Usage de voile intégral

3 Aspects légaux

3.1 Allemagne

3.2 Belgique

3.3 Bulgarie

3.4 Cameroun

3.5 République du Congo

3.6 Danemark

3.7 France

3.8 Luxembourg

3.9 Maroc

3.10 Pays-Bas

3.11 Québec (Canada)

3.12 Sénégal

3.13 Tchad

4 Annexes

4.1 Articles connexes

5 Notes et références

6 Bibliographie

Nomenclature[modifier | modifier le code]

On parle de « voile intégral » à partir du moment où une pièce de vêtement empêche de distinguer le visage de la personne qui le porte (« destinée à dissimuler son visage » selon la loi française). C’est esentiellement le cas du niqab (originaire du sud de l’Arabie et popularisé par les médias émiratis) et de la burqa (vêtement traditionnel afghan, modifié par l’influence salafiste).

D’autres voiles islamiques intégraux ont existé par le passé dans certaines régions (notamment au Yémen) mais sont tombés en désuétude (Yachmak, masque, parures métalliques…).

Voile simple de jeunes pakistanaises

Comoriennes en saluva et « châle » (kichali)

Divers hijabs islamiques couvrants (USA, Iran, Afghanistan, Indonésie)

Fillette saoudienne en abaya

Femmes irakiennes en niqab, considéré comme « voile intégral »

Femmes afghanes en burqa, considéré comme « voile intégral »

Usage de voile intégral[modifier | modifier le code]

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Aspects légaux[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

En avril 2017, le Bundestag adopte un projet de loi visant à limiter le port du voile intégral qui oblige notamment les fonctionnaires à avoir le visage découvert lorsqu’ils sont au travail1. Le Bundesrat approuve à son tour le texte le 12 mai 20182.

Belgique[modifier | modifier le code]

Le port de la burqa et du niqab dans les lieux publics est interdit, du moins théoriquement, dans de nombreuses communes belges, par des règlements de police locale (zonale). Une proposition de loi dans ce sens déposée le 21 février 2005 à la Chambre des représentants par François-Xavier de Donnea (député du Mouvement réformateur, droite) n’a pas recueilli l’approbation de cette assemblée3.

Les conseils d’au moins deux zones de police locale, Bruxelles-Ouest (regroupant les communes de Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Koekelberg, Jette, Molenbeek) et Maaseik, ont adopté des règlements généraux de police interdisant à quiconque de « se présenter dans l’espace public masqué ou déguisé », sauf autorisation expresse du bourgmestre. Quiconque enfreint ce règlement à Bruxelles-Ouest « sera puni d’une amende administrative de 150 €4,5 ». En mai 2008, une étude universitaire a révélé que 33 procès-verbaux avaient déjà été dressés dans des zones de police bruxelloises pour cette infraction, 21 à Molenbeek, 3 à Koekelberg, 2 à Saint-Gilles et 1 à Bruxelles6.

Dans les autres zones de police, les règlements généraux maintiennent en vigueur des articles disposant par exemple que « hors le temps du carnaval, nul ne peut se montrer masqué ou travesti dans les rues » ou que « sans autorisation de l’autorité compétente, il est interdit sur le domaine public de se dissimuler le visage par des grimages, le port d’un masque ou tout autre moyen, à l’exception du “temps du carnaval7,8 », qui laissent théoriquement la possibilité de verbaliser pour le port du niqab ou de la burqa.

Le 29 avril 2010, la Chambre des représentants (députés) a adopté à l’unanimité moins deux abstentions la proposition de loi de Daniel Bacquelaine du Mouvement Réformateur (droite libérale) visant à interdire le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière principale le visage9,10. Toutefois, la dissolution anticipée du Parlement a eu pour conséquence que cette proposition doit à nouveau effectuer tout le parcours législatif.

Le 26 janvier 2011, un jugement du Tribunal de police de Bruxelles a donné raison à une femme verbalisée à deux reprises dans le cadre du règlement général de police de la commune d’Etterbeek, estimant dans des attendus de 8 pages que la commune « ne démontre pas qu’une restriction d’une telle ampleur était nécessaire pour assurer la sécurité… Il existe de nombreuses autres situations dans lesquelles des personnes peuvent être amenées à dissimuler leur visage… Que l’on songe notamment aux grands froids récents qui ont amené nombre de citoyens à dissimuler jusqu’à leur nez sous des cagoules et autres écharpes montantes sans être inquiétés ». Le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (Mouvement réformateur) a annoncé que la commune envisage d’aller en cassation contre ce jugement11.

Le 28 avril 2011 la proposition de loi a été re-déposée et re-votée par le parlement en affaires courantes12. Cette proposition de loi ne manque pas de susciter des réactions13.

Après la France, la Belgique est le deuxième pays européen à interdire le port du voile intégral sur son territoire. La loi est entrée en vigueur le 23 juillet 201114,15. Saisie de deux plaintes pour discrimination et violation de la vie privée de personnes verbalisées, la Cour européenne des droits de l’homme a validé le 11 juillet 2017 la loi de 2011 estimant que la restriction contestée « vise à garantir les conditions du vivre-ensemble en tant qu’élément de la protection des droits et libertés d’autrui » et qu’elle peut « passer pour nécessaire dans une société démocratique16 ».

Bulgarie[modifier | modifier le code]

Le 30 septembre 2016, le Parlement vote une loi interdisant le port du voile intégral17.

Cameroun[modifier | modifier le code]

À la suite du double attentat-suicide de Fotokol, le 12 juillet 2015, la Région de l’Extrême-Nord prit la décision, cinq jours plus tard, d’interdire le port de ce vêtement18; une semaine après, les régions de l’Est ainsi que du Littoral interdirent la fabrication, la vente ainsi que le port de la burqa19.

République du Congo[modifier | modifier le code]

En mai 2015, la République du Congo a interdit le voile intégral pour des raisons de sécurité20,21,22.

Danemark[modifier | modifier le code]

En mai 2018, le Danemark a une loi applicable au 1er août 2018, date d’entrée en vigueur de la nouvelle législation, toute infraction à l’interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics sera sanctionnée d’une amende de 1 000 couronnes danoises (134 euros). Si les infractions sont répétées, l’amende pourra s’élever à 10 000 couronnes2

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.

Après une mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national23, l’Assemblée nationale, dans sa résolution adoptée le 11 mai 2010, « considère que les pratiques radicales attentatoires à la dignité et à l’égalité entre les hommes et les femmes, parmi lesquelles le port d’un voile intégral, sont contraires aux valeurs de la République »24.

Le 19 mai 2010, le gouvernement français dépose un projet de loi25 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public26. Cette loi entre en vigueur le 11 avril 201127. La France devient ainsi le premier pays européen à interdire le port du voile intégral dans l’espace public.28. Selon le Ministère de l’Intérieur, entre avril 2011 et le 31 mars 2016, les services de police ont procédé à 1 726 contrôles qui ont donné lieu à 1 644 verbalisations et 82 avertissements29.

Luxembourg[modifier | modifier le code]

Comme en Belgique, les règlements généraux de police, qui ressortissent à la compétence communale, mentionnent une interdiction générale pouvant théoriquement être appliquée au port du niqab ou de la burqa, par exemple : « Hors le temps de carnaval il est interdit à toute personne de paraître masquée dans les rues, places et lieux publics, sauf autorisation du bourgmestre. »30.

Maroc[modifier | modifier le code]

Par une circulaire prise en janvier 2017, le ministère de l’intérieur marocain interdit la fabrication et de la vente de la « burqa », dont le port est peu développé dans le pays. Cependant la législation reste muette sur le niqab qui est prôné par les salafistes marocains. Instance officielle chargée d’appuyer la politique religieuse du pays, Le Conseil supérieur des oulémas ne s’est pas prononcé sur la question du voile intégral31. Toutefois, la circulaire — texte d’une portée moindre qu’une loi — ne définit pas précisément la portée du terme burqa, « appellation générique pour l’ensemble des voiles intégraux » ou le seul vêtement afghan. De même, si la circulaire prohibe la fabrication et la vente, aucune loi marocaine n’interdit le port du voile islamique intégral dans les lieux publics32.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Fin novembre 2016, les députés néerlandais adoptent un projet de loi, qui doit encore être soumis au Sénat, qui prévoit l’interdiction du port de vêtements couvrant intégralement le visage dans certains lieux publics dont les transports, les écoles ou les hôpitaux sous peine d’une amende pouvant se monter à 405 euros33.

Québec (Canada)[modifier | modifier le code]

Dans la province canadienne du Québec, la loi 62 portant sur la neutralité religieuse de l’État et le contrôle des accommodements raisonnables, adoptée le 11 octobre 2017, prévoit que les services publics doivent se donner et se recevoir à visage découvert.

Sénégal[modifier | modifier le code]

Face à la menace de Boko Haram et aux menaces terroristes sur son territoire, le port du voile intégral est interdit le 17 novembre 2015 au Sénégal34.

Tchad[modifier | modifier le code]

À la suite de l’attentat de N’Djaména le 15 juin 2015 ayant fait 33 morts dans la capitale35, le gouvernement tchadien annonce le 17 juin 2015 l’interdiction de la burqa sur son territoire pour des raisons de sécurité36,37.

Le voile est-il obligatoire, de la part d’un Mohamed…

LE VOILE EST-IL UNE OBLIGATION RELIGIEUSE ?

Mes chères sœurs et mes chers frères, beaucoup ont été choqués et m’ont demandé de me repentir suite à mes déclarations sur le port du voile sur Itélé et Europe 1. Certains ont même déclaré que j’étais apostat pour avoir falsifié le Coran. Tout d’abord, je tiens à souligner qu’il y a certes dans le Livre une obligation d’une tenue vestimentaire pudique, et notamment la poitrine. Mais l’obligation de pudeur s’applique également aux hommes. Par ailleurs, sachez qu’il y a quelques années, je croyais comme vous que le foulard, tel que porté aujourd’hui, était une injonction divine. Mais j’ai eu la chance de reprendre des études en islamologie et de lire le Coran sans le voile d’interprétations orientées de certains théologiens musulmans. Je vous propose donc cette courte analyse du verset du « dévoilement » transformé en verset du voilement (Coran 33.59).

Le verset que vous ne cessez de répéter pour prouver que le voile Hijab est obligatoire commence par l’injonction suivante : « Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles ». Tout d’abord, je tiens à souligner que la traduction ne rend pas compte du verbe arabe «dana » qui veut dire baisser ou abaisser. En effet, il s’agit de baisser leur grand voile. Ce sens apparaîtra clairement à la lecture de la suite du verset « afin qu’elles soient plus vite reconnues et évitent d’être agressées ». La majorité des théologiens passent très vite sur cette partie du verset, car elle fait sauter en éclat tout l’argumentaire religieux du voile. En effet, il y a deux indications révélatrices dans ce verset. Premièrement, Il faut qu’elles soient reconnues, d’où la nécessité que le visage soit reconnaissable.

Deuxièmement, le but de cette injonction est d’éviter l’agression. On comprend donc qu’il y a des agressions de femmes voilées et que pour éviter l’agression il faut qu’elles soient reconnaissables afin de ne pas être agressées. La finalité du verset donc est de protéger la femme de l’agression. Ce verset est d’actualité car il dit aux femmes voilées qui subissent des offenses, agressions et exclusion de baisser leur voile des cheveux afin de ne plus subir de pressions. Étant donné que c’est un verset révélé dans des circonstances particulières, ses finalités sont la sécurité et la protection. Mais surtout je vous invite à méditer la fin du verset « Dieu est Pardonneur et Miséricordieux ». C’est par miséricorde qu’Il Veut votre protection et qu’Il vous pardonnera. Donc, suis je apostat pour avoir fait dire au verset révélé dans des circonstances particulières ce qu’il dit et pas ce que vous voulez lui faire dire ?

Continuons le décryptage du verset 33.59 sur lequel se sont basés beaucoup de théologiens pour justifier le voile. Afin de mieux en cerner le sens, lisez la suite : « Certes, si les hypocrites, les malades du cœur (les pervers), et les semeurs de troubles à Médine ne cessent pas, Nous t’inciterons contre eux, et alors, ils n’y resteront que peu de temps en ton voisinage » (Coran 33.60).

Nous comprenons de ce verset qu’il s’agit là des trois catégories de personnes qui harcelaient les femmes à Médine : les hypocrites, les pervers et les fauteurs de troubles. L’obligation de se vêtir d’une certaine manière, « afin que les femmes soient reconnues pour ne pas être offensées », s’explique par la présence de ces « voyous » dans la ville.

Comme certains d’entre vous le savent, plusieurs versets sont rattachés à leurs contextes de révélations (Asbab Al Nuzul). Ce verset est lié à un événement spécifique, à des gens précis et à un lieu bien déterminé, c’est-à-dire, des agressions commises par des semeurs de troubles à Médine à l’encontre de la famille du prophète et les femmes des croyants. Ce verset doit être replacé dans son contexte historique et dans les circonstances particulières de l’époque. Le principe général à dégager de ce verset est « la protection de la femme » et nullement une façon de s’habiller. Il en résulte que le port du voile, tel que porté aujourd’hui, n’est ni un commandement divin, ni un critère d’islamité. Conclusion : conformément au dessein global de Dieu, l’application de ce verset dans notre époque signifie que les jeunes femmes musulmanes sont incitées à s’habiller normalement afin qu’elles soient protégées contre la pression, la marginalisation, la discrimination et l’exclusion. En exposant au risque les filles musulmanes dans ce climat d’islamophobie et de haute tension, ceux qui instrumentalisent le voile pour des questions identitaires et politiques, agissent inconsciemment comme les semeurs de troubles à Médine.

Chaque verset du Coran doit être lu dans son contexte. Les 6.236 versets ont été révélés sur 23 ans de l’an 610 à l’an 632, au fur et à mesure des événements vécus par le prophète et ses compagnons. Tous les versets du Coran ne se valent pas. Certains sont historiques à valeur informative alors que d’autres sont universels. Certains ont un caractère obligatoire à leur époque et ne le sont plus dans la notre. Un verset affirme ainsi clairement que : « C’est Lui (Dieu) qui a fait descendre sur toi le Livre : il s’y trouve des versets universels, qui en sont la base, et d’autres versets qui peuvent prêter à des interprétations diverses. Les gens qui ont au cœur une inclinaison maladive vers l’égarement mettent l’accent sur les versets à interprétation » (Coran 3.7).

Il faut contextualiser le verset 33.59 dans le cadre de la bataille des Coalisés du nom de la sourate 33. En effet, Médine est encerclée en 627 par une large coalition de tribus polythéistes, sous le commandement de la tribu de Quraych, qui a chassé le prophète et ses compagnons de La Mecque. Les musulmans ont creusé une tranchée afin d’empêcher les armées ennemies d’avancer. Tous les hommes médinois ont été mobilisés aux abords de la ville, alors que leurs femmes restées seules, sont harcelées par les 3 catégories de voyous cités dans le verset 33.60. Les hypocrites, les pervers et les fauteurs de troubles ont alors prétexté de ne pas les reconnaître, d’où le commandement aux femmes de se vêtir d’une certaine manière « afin d’être reconnues et évitent les offenses ». C’est pour cela que je l’appelle le verset du dévoilement et non le verset du voile. A ceux qui me demandent d’où je tiens ma science, voilà la réponse en trois versets : « Il (Dieu) donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est accordée, reçoit un bien immense. Mais seulement les doués d’intelligence s’en souviennent » (Coran 2.269). Nul besoin donc de me référer à des théologiens d’une autre époque ayant vécu dans un contexte politique, historique et sociologique différent du notre car « Il consiste en des versets clairs dans l’esprit de ceux à qui le savoir a été donné. Et seuls les injustes renient Nos versets » (Coran 29.49). Il suffit donc de répondre à l’appel de Dieu et faire usage de la Raison que certains ont cessé d’utiliser : « En effet, Nous avons rendu le Coran accessible pour la méditation. Y a-t-il quelqu’un pour réfléchir ? » (Coran 54.17).

Le deuxième verset avancé par ceux qui estiment que le voile est une prescription divine est le suivant : « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments (atours ou parures), sauf ce qui en émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement. Elle ne laisseront voir leurs agréments (cachés ou intimes) qu’à leur mari, à leurs enfants, à leurs pères, beaux-pères, fils, beaux-fils, frères, neveux de frères ou de sœurs..» (Coran 24.31). Nous comprenons de ce verset que Dieu laisse à la femme la liberté de faire apparaître ce qui fait partie de sa personnalité « ce qui émerge » (dont évidemment le visage et les cheveux), en évitant seulement l’exhibition provocante. Nous sommes loin des interprétations orthodoxes des salafistes. Il n’y ait nullement question de voiler la tête, il n’y a aucune allusion aux cheveux. Le fichu (Khîmâr), est mentionné comme moyen de cacher la poitrine, ce qui pourrait être traduit par « décolleté ». En bref, certains théologiens se sont arrogés le droit d’étendre le fichu (Khîmâr) aux cheveux. En effet, le voile couvrant les cheveux et même parfois le visage est une coutume répandu dans l’empire Perse. C’est Cyrus le Grand qui, dix siècles avant l’Islam, a établi la coutume de couvrir les femmes afin de protéger leur chasteté (voir photo d’une Statuette féminine perse mésopotamienne, tête voilée, époque néo-babylonienne, VII-VIème siècle avant J.C). Par le biais des invasions arabes, il se répand ensuite au travers du monde musulman. L’Empire abbasside qui s’installe sur les décombres de l’ancienne civilisation babylonienne absorbe d’anciennes coutumes perses dont le voile ou le jilbab. Durant cette période du XIIIème et IXème siècle, les hadith (dits du prophète) sont collectés et on voit apparaître les écoles juridiques de l’islam. Nombreux sont les théologiens d’origine perse, qui sont influencés par leur culture dont ils ont du mal à se détacher (Abou Hanifa, Al-Boukhari, Al-Tirmidhi, An-Nasaai, At-Tabari, etc).

Afin de comprendre le contexte de révélation de ce verset, il faudrait avoir une idée claire des coutumes des femmes à l’époque du prophète. Il suffit donc de parcourir les poèmes arabes avant l’avènement de l’islam pour se rendre compte que les femmes portaient des parures sur des parties intimes de leurs corps et se donnaient à des exhibitions provocantes. Le verset est donc une incitation à la pudeur. Ainsi le poète Nâbigha al- Dhubyânî proclame « Elle [t]’a regardé de l’oeil noir d’une jeune gazelle apprivoisée qui aurait porté un collier […]. Son teint est mat comme l’or natif et son corps, moulé en perfection, est comme un souple rameau ondulant [sous le vent]. Son ventre aux plis délicats se courbe avec grâce et sa gorge se gonfle sous un sein hardi. Ses hanches d’une ligne pure et ferme, s’achèvent par une croupe somptueuse et sa peau est délicate […]. Son voile était tombé, sans qu’elle eût dessein et elle le rattrapa, se cachant le visage d’une main passée au henné, onctueuse, dont l’extrémité des doigts, toute de flexibilité, fait songer à des baies de jujubier, etc ». Lisez ce poème, ensuite relisez le verset et son sens sera on ne peut plus claire.

Enfin, n’oublions pas de rappeler que la pudeur s’impose également aux hommes. Ainsi le le verset précédent affirme « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de contenir leur sexe. C’est plus pur pour eux. Dieu est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font. » (Coran 24.30)

Les femmes à l’époque du prophète avaient le visage et les cheveux bien découverts. La preuve en est ce verset :« Il ne t’est plus permis désormais d’épouser d’autres femmes, ni de changer d’épouses, même si leur beauté te plaît..» (Coran 33.52). Nous comprenons de ce verset que le prophète pouvait être attiré par la beauté comme tout homme. La poésie arabe d’avant l’islam nous apprend que les cheveux faisaient partie de cette beauté (Housn). Pour preuve, voilà un exemple qui mettra un terme au mythe d’une Médine constituée de femmes voilées. Cette histoire est extraite de l’exégèse du Coran de Muqâtil (t. 3, p. 47) : « Zayd épousa donc Zaynab et la connut. Mais il se plaignit peu après au Prophète de la froideur qu’elle lui manifestait. Le prophète décida d’aller chez elle pour la raisonner. Lorsqu’il la vit, il la trouva belle et attrayante. Ce fut là un décret de Dieu. Et le prophète rentra chez lui, le cœur empli de ce que Dieu voulut mettre d’elle. Lorsque par la suite Zayd vint à se plaindre de son épouse, le prophète lui dit :

Garde ton épouse et vénère Dieu.

Mais son cœur lui soufflait autre chose. Jusqu’au jour où il alla frapper chez Zayd. Zaynab apparut à l’entrée, vêtue d’une seule robe, pour lui dire que Zayd était absent. Il s’en revint chez lui en proie au désir, disant :

Gloire à Dieu le tout puissant qui dispose de nos cœurs !

Lorsque Zayd apprit de sa femme ce qui s’était passé, il alla voir le prophète et lui dit :

Permets moi de me séparer de ma femme.

Le prophète répéta :

Garde ton épouse et vénère Dieu.

Zayd repartit mais cessa tout commerce avec sa femme. Alors Dieu révéla : « Quand tu disais à celui que Dieu avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l’avais comblé : « Garde pour toi ton épouse et crains Dieu », et tu cachais en ton âme ce que Dieu allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Dieu qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu’il n’y ait aucun empêchement pour les croyants d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles ». (Coran 33.37). La sagesse de ce mariage est révélé dans le verset qui suit : « Muhammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager de Dieu et le dernier des prophètes. Dieu est Omniscient » (Coran 33.40).

Nous retenons de cette histoire que le prophète a vu Zaynab et il la trouvé belle et attrayante. Il la vu habillée d’une seule robe et il a été en proie au désir. Conclusion : Zaynab avait au minimum les cheveux découverts.

PS. Je tiens à remercier tous ceux qui me soutiennent et m’encouragent. Je remercie particulièrement les femmes quelques soient leurs religions ou leurs convictions pour la qualité de leurs commentaires. Par ailleurs, je remercie celles et ceux qui ont exprimé leurs désaccords avec moi dans le respect et la politesse. Enfin, à ceux qui insultent, apostasient et calomnient, ma réponse est dans ce verset : « Les serviteurs du Tout Miséricordieux marchent humblement sur terre, et lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : « Paix » (Salam) » (Coran 25.63). PS. La déconstruction des autres argumentaires « religieux » du voile dans les prochains posts Inch’Allah.

Mohammed Chirani

GGGGGGGGGGHHHHHHHH

PRO VOILE ?

Quand le hijab devient «cool», la bourgeoisie devient folle

Claude Askolovitch — 28 février 2019 à 11h46 — mis à jour le 28 février 2019 à 18h10

Pourquoi le voile, ce voile, met-il ma France dans cet état?

Ces temps ne sont pas faciles et parfois, il semble que nous, Français, soyons seuls à garder nos hiérarchies. | Nicola Fioravanti via Unsplash

Temps de lecture: 10 min

L’idiotie doit avoir une logique, est-ce une consolation? Je contemple les ruines d’une France saisie de bruyante bêtise, qui fait d’une tenue de jogging pour musulmanes (très) pieuses un psychodrame national, quand ministres et politiques vaticinent et fustigent une marque familière, et que la fange encouragée injurie et menace: comme si Decathlon avait trahi la patrie. Pourquoi sommes-nous si laids aux yeux du monde?

Pourquoi le voile, ce voile, met-il ma France dans cet état, et semble réunir la digne Agnès Buzyn et l’indigne Dupont-Aignan?

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inRead invented by Teads

Se mettre à la place de l’idiotie et lui chercher un sens. J’entends ce haut-le-cœur comme une nostalgie: cette passion est de mauvais conseil; elle a plusieurs visages; la nostalgie raciste d’une France simple qu’Arabes et musulmans ne coloraient pas; la nostalgie républicaine d’une France où la foi se faisait modeste en société; la nostalgie d’un monde logique, ordonné, dont la disparition nous laisse nus, tristes et vains, et fous.

Dans un texte publié ici même, une consœur et amie, Nadia Daam, pointe les contradictions des anti-voile, et notamment celle-ci: ils s’enragent d’un hijab de course, mais ne se formalisent pas du foulard que porte la nounou ou la femme de ménage. J’ajouterai que des femmes voilées viennent souvent chez Decathlon, acheter pour leurs enfants maillots de football, rollers ou VTT; pour leurs enfants et non pas pour elles, rassurantes puisque ne demandant rien qu’être mères, au foyer, sans lumière, et passant, du coup, inaperçues.

À LIRE AUSSI Dans la polémique sur le hijab de Decathlon, toutes les contradictions des anti-voile

Court-circuit neuronal

La contradiction n’est qu’apparente; elle est en réalité la logique même. Le voile d’une femme de ménage ne dérange pas l’ordre bourgeois des choses, ni celui d’une maman. Il est le stigmate toléré de l’immigration bondieusarde, de populations réputées arriérées, accrochées à leurs archaïsmes, des inférieurs encore en culture et statut… On connaît la chanson. En fonction de son niveau de racisme ou de bienveillance, la bourgeoisie souhaitera que les femmes voilées quittent le voile, et sinon elles, les plus jolies de leurs enfants, pour qu’elles s’enrichissent de la France et que la France s’enrichisse et que perdure la légende de nos intégrations; et si elles ne se dévoilent pas, ces femmes, basta, tant pis pour elles, qu’elles restent reléguées dans leur voile, nous faisons société sans elles, et soyons francs, pour beaucoup, sans regret.

Le hijab de course de chez Decathlon n’est pas ce simple voile. Il agresse les plus affables bourgeois et bourgeoises. Il est, deux ans après son cousin aquatique le burkini, fluo, pimpant, attrayant: le voile d’une femme de muscles et d’endurance qui sait que le corps exulte, ce voile d’une femme qui sculpte le désir possible du mâle conditionné, corps ferme et vie saine, une femme qui masque ses cheveux mais moderne pourtant, contemporaine, joyeuse, pimpante si suante, branchée, cool, et voyez-vous, c’est cela qui ne passe pas.

La femme voilée ne peut pas être cool.

La croyante qui masque ses cheveux ne peut pas être cool.

Le voile ne peut pas être cool. Il ne saurait être hype. Celle qui le porte peut être à plaindre, à rééduquer, à élever, à comprendre, à pardonner, à ignorer, à rejeter méchamment aussi ou à humilier, ce que font allègrement les porcs qui parfois agressent une femme en foulard dans la rue, ou les salauds qui ont concocté jadis des directives interdisant à une maman voilée d’être, dans les sorties scolaires, une maman comme les autres, accompagnant son petit, sa petite, les petits: imaginez, si d’autres enfants la trouvaient sympathique? La voilée, brimée ou tolérée, reste mineure, et par son voile confinée dans son cliché. Une sportive, par définition, est plus que majeure: enviable, admirable, respectable, une sœur quelque part de la surfemme Serena Williams… Imagine-t-on Serena voilée, soumise?

Peut-on être soumise et sportive?

Ne cherchez pas plus loin la passion maladive qui a saisi tant de Français et de Françaises usuellement urbaines –comment en douter? L’association des contraires, les syllogismes impossibles, ont eu raison de la placidité cartésienne. Une voilée est soumise. Une sportive est libre. Une sportive voilée est donc… Qu’elle disparaisse!

Alors, une députée tweete, et un autre, et d’autres, et boycottent Decathlon qui leur impose ce court-circuit neuronal.

Conception démocrate vs conception républicaine

Il faut respecter la souffrance des gens, fussent-ils l’embarras de la France que la planète observe. Ces temps ne sont pas faciles et parfois, il semble que nous, Français, soyons seuls à garder nos hiérarchies.

J’accorde cela aux laïques. Quelque chose sonne faux, quand on parle du jogging halal à capuche. L’invention des tenues sportives islamiques, l’apparition de championnes voilées, fut d’abord une ruse de l’islamisme politique. L’Iran, qui force ses femmes à se couvrir la tête et leur interdit de se rendre dans les stades de football, s’est offert le luxe et l’excuse de Kimia Alizadeh, médaillée olympique en 2016, à Rio, en taekwondo, félicitée par le président Rohani, et leurre adolescente d’un régime hideux: une combattante, voilée, que reprocher ensuite aux mollahs? Les ruses islamistes ont rencontré la lâcheté des instances sportives: acceptant le voile dans les stades, le CIO comme la Fifa n’ont pas jugé utile d’exiger aussi, pour les sportives des pays militants, le droit de ne pas être voilées. Decathlon n’en est pas responsable? Mais quiconque connaît cette histoire peut, a minima, trouver saumâtre le recyclage d’un artefact d’oppression dans le discours commercial sur la liberté individuelle. Pourtant ce discours est lui aussi fondé.

Aux Jeux de Rio, encore, Ibtihaj Muhammad, née dans le New Jersey, une Américaine que nul en son pays ne contraint, maniant le sabre et portant foulard, conquit une médaille de bronze par équipe, étoffant un palmarès déjà riche et actant ceci: la liberté d’une femme, dans un pays libre, de masquer son corps tout en le portant à la perfection du combat, et n’y voyant que plénitude. La même Ibtihaj Muhammad fut ensuite le modèle, role model, d’une poupée Barbie voilée, dont j’ose à peine imaginer le froid qu’elle jetterait, sous l’arbre de Noël de nos laïques.

Ce qui, pour un démocrate, relève d’une invention pimpante –faire courir les femmes voilées, quelle bonne idée!– est pour une républicaine une hérésie politique.

S’il faut choisir une référence au hijab de Decathlon, c’est vers l’escrimeuse états-unienne qu’on doit se tourner. Son voile ne défend pas un État oppresseur, mais ne représente que sa liberté de choix et de foi; sa liberté d’être l’étendard d’une version archaïque de la foi, sa liberté d’arborer et de promouvoir un symbole de soumission des femmes, ajouteront nos laïques? Admettons. Mais dans une conception libérale du monde, les dogmes religieux, si l’État ne les impose pas, ne sont qu’une variante de nos modes de vie, et ne menacent pas ce que nous avons de plus précieux: notre individualité rare, notre droit à «la vie, la liberté et la poursuite du bonheur», comme disaient les pères fondateurs de l’Amérique.

Une jeune femme née de parents convertis à l’islam, voulant les suivre et cacher son corps, mais pourtant pleine de force et d’envie de compétition, trouve dans le sabre son accomplissement, et un jouet innocent l’illustre, et des commerçants innocents s’emparent de ses rêves, et les déclinent pour que d’autres femmes, librement, puissent connaître la double extase de la pudeur et de l’exercice physique. Rien de plus banal. Mais cette banalité n’est pas française. Régis Debray, en 1989, opposait dans un texte brillant les conceptions démocrates et républicaines du monde. Aux démocrates, l’individu, le capitalisme et la liberté, la société autonome; aux républicains, la cohésion sociale que l’État est en droit de normer, dans l’intérêt de l’égalité, vertu suprême.

Debray écrivit ce texte au lendemain de la première dispute française sur le foulard islamique, qu’arboraient des collégiennes de Creil, dans l’Oise, autour desquelles nos penseurs se déchiraient. Les exclure, et bannir le voile, ou les garder, et amadouer les contradictions du pays? Debray en tenait pour l’exclusion, et élargissait le débat. Nous n’avons pas bougé. Ce qui, pour un démocrate, relève d’une invention pimpante –faire courir les femmes voilées, quelle bonne idée!– est pour une républicaine une hérésie politique: on ne blanchit pas de bonheur les prescriptions des mollahs; on ne coolise pas le symbole de l’oppression; on n’invite pas en nos tours de square les porte-drapeaux, les femmes-sandwiches de l’inégalité des genres; on ne considère pas ce qu’elles peuvent en dire et en penser, en ressentir, puisque des valeurs supérieures (laïcité, égalité des sexes, cohésion sociale, identité française) sont en jeu, et qu’importe l’individu: il n’est pas le but. Le républicain a pris le pli d’interdire. Il en jouit, comme telle croyante jouit de modestie. Il sait, d’instinct, qu’il faut dire «non». Il est, le républicain, dans un combat sans fin, toujours plus incompris dans le monde, mais chez lui, sa forteresse tient.

L’irréparable de mon pays en ruine

J’accorderai à la République, telle que Debray la définit, un vernis de cohérence, quand l’ennemi mercanti soutient un illogisme. Être voilée, si j’en comprends le sens, est un parti pris de modestie. Comment prétendre, sérieusement, être modeste et en nage, en natation, en course à pied branchée?

Je sais, si je veux, argumenter tel un républicain, donc pontifier une logique qui ne concerne que moi. La joggeuse voilée est peut-être illogique? Mais nous sommes libres, et cela la regarde. Elle est, ici, d’autant plus haïssable pour ses adversaires: elle fait comme elle veut et ne prétend à rien d’autre. Elle se définit d’une norme bigote, et prétend en même temps être de son temps: de notre temps et de nos espaces. C’est comme ça. Nos laïques s’en étouffent. L’illogisme, l’illogisme, voilà l’ennemi! Et après la féministe voilée que l’on récuse, après les étudiantes voilées, les cadres voilées, les médecins voilées, les expertes comptables, poétesses, députées voilées dont on s’acharne à empêcher l’éclosion, la naissance, la possibilité même, en organisant de lois et de coutumes l’interdiction sociale du voile en dehors des rues et de la pauvreté (et des boutiques hors-sol de l’avenue Montaigne que fréquentent les altesses émiraties, concession mercantile admise par notre République), voilà la sportive voilée qui ne devrait pas exister, qui existe pourtant, exorcisons! Et l’on boycotte alors, et l’on voudrait détruire Decathlon, la bave aux lèvres, le désastre au cœur. Ce ne sont pas nos laïques qui ont commencé mais cette époque folle et sans frein, ce moment anomique où des femmes pensent qu’on peut à la fois être libre de son corps et par Dieu limitée!

On a vu des élus, qui s’insurgent justement quand on boycotte Israël, organiser le boycott de Decathlon, complice de l’islam. Devine-t-on les dégâts?

Mais l’illogisme comme l’anomie se jouent à deux. Car nos républicaines et républicains ne pratiquent guère, usuellement, la République, et ne brillent guère, en dehors de leurs croisades contre le hijab, par leurs passions égalitaires. L’actualité nous en dit assez sur ce que sont nos gouvernants, aujourd’hui et hier: ils encouragent le commerce, célèbrent l’épanouissement individuel, entérinent l’humiliation des pauvres sans destin, protègent le libre choix des riches, j’en passe, mais pour les seules bigotes musulmanes, retrouvent leur vertu et le bonnet phrygien. Une blague. Il s’agit moins d’inclure ces musulmanes que de les exclure, n’importe quel psy le saurait, et nos laïcités sont au mieux des dénégations, au pire des prétextes et des mensonges. L’inconséquence est la marque du temps, aussi en République.

On a vu nos adeptes de la liberté mépriser l’individu voilée: nos défenseurs de la libre entreprise, qui interdisent que l’on embête nos industriels fraudeurs ou mauvais payeurs d’impôts, ont conspué une honnête compagnie qui ne faisait que son travail, explorer et satisfaire un marché. On a vu des macroniens et libéraux, pas tous heureusement, qui d’habitude préfèrent la société à l’État, nier une nouvelle fois cette part de la société qu’ils ne sauraient admettre, où effectivement vivent des femmes qui veulent aussi bien un dieu jaloux de leurs chevelures, que la liberté de courir, penser, prospérer, écrire, disputer et vivre, toutes contradictions transcendées, gourmandes et sans frein, comme tout le monde.

On a vu des élus, qui s’insurgent justement quand on boycotte Israël, organiser le boycott de Decathlon, complice de l’islam. Devine-t-on les dégâts? On a vu nos élites, qui n’ont pas de mots assez durs contre ces «gilets jaunes» violents qui bafouent dans la rue et par la casse gouvernement et Parlement, forcer à leur tour par la violence du verbe cette entreprise, Decathlon, qu’aucune loi n’aurait pu contraindre à renoncer à son produit, mais qui a cédé devant l’émeute virtuelle. On a vu ces tenants du multilatéralisme, qui pensent que la France doit éclairer le monde, prouver devant la planète notre solitude absolue, misérable et piteuse, notre incapacité à rester sages quand Dieu se dit Allah.

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Contempler mon pays, me promener dans des ruines, en savoir l’irréparable et même nous plaindre. C’est de ne plus ressembler à personne, et pourtant ressentir, au fond de nous, que nous possédions jadis une raison, que nous devenons fous.

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Les femmes musulmanes sont-elles forcées à porter le voile, comme on l’entend dire?

Aude Lorriaux — 30 septembre 2016 à 16h03 — mis à jour le 31 janvier 2019 à 16h29

De nombreux hommes politiques affirment ou suggèrent que la plupart des femmes voilées subissent des pressions et sont contraintes de porter le foulard, comme Manuel Valls, dans un tribune intitulée «En France, les femmes sont libres». Notre enquête démontre que ces faits sont très minoritaires.

Une femme voilée sourit en tenant une baguette près du lotissement “Les Bates” à Dreux, le 14 octobre 2013. AFP PHOTO / JEAN-FRANCOIS MONIER

Temps de lecture: 22 min

Début septembre, dans une tribune intitulée «En France, les femmes sont libres», Manuel Valls dénonçait le port du burkini, qu’il opposait à la tradition de «liberté» de l’Hexagone, et estimait qu’il y a «domination masculine, dès lors que l’on considère que le corps de la femme doit être soustrait de l’espace public». Quelques semaines plus tard, Nicolas Sarkozy ciblait dans son livre Tout pour la France «la pression communautaire et familiale» qui pèse sur les jeunes femmes: «Au bout de quelques années, celles qui ne sont pas voilées sont montrées du doigt, un comble!» De nombreux autres élus ont dénoncé les «pressions» exercées sur les femmes pour porter le voile, à l’instar du député Guillaume Larrivé, proche de l’ancien président de LR et auteur d’une proposition de loi relative à la transparence de l’exercice public des cultes.

La question charrie son lot de fantasmes: les femmes musulmanes qui portent le voile en France le font-elles de leur plein gré, ou y sont-elles forcées? Si certaines le sont, dans quelles proportions? Et sans même parler de coercition pure et dure, quelle est la proportion de femmes qui subissent des pressions à porter le voile?

Il n’existe aucune enquête quantitative qui aurait interrogé un échantillon représentatif de femmes voilées sur leurs motivations. De nombreuses études qualitatives de chercheurs, portant sur des dizaines ou des centaines de femmes, dessinent néanmoins une réponse bien plus nuancée que ce que laissent sous-entendre les discours politiques: en France, s’il y a bien des cas de femmes sur lesquelles on a exercé des pressions verbales ou physiques très fortes, ils sont tout à fait minoritaires.

Nous avons interrogé une quinzaine de chercheurs spécialistes du voile, des femmes musulmanes ou des quartiers populaires, et leur avons demandé si, au cours de leurs recherches ou en dehors, ils avaient rencontré des femmes voilées affichant, de manière explicite ou non, des signes de coercition. Tous nous ont affirmé n’avoir soit jamais rencontré une telle situation, soit l’avoir rencontrée de manière très exceptionnelle.

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Cette affirmation n’est évidemment pas infaillible, et ne peut servir de base à un pourcentage. D’abord parce qu’il existe des biais de sélection lors du choix des témoins, comme l’explique Françoise Lorcerie, coordinatrice du livre La Politisation du voile. L’affaire en France et son écho à l’étranger:

«Lorsque l’on s’approche de ces personnes en leur demandant si elles sont forcées, elles peuvent être blessées dans leur dignité. Elles vont se protéger. Cela ne prouve rien, tant qu’on n’a pas de population matrice, on ne peut pas avoir des résultats représentatifs», explique-t-elle.

Les témoignages en question, émanant de chercheurs qui ont travaillé pendant des années sur ce sujet, constituent néanmoins un indice sérieux. Documentariste et chercheuse en sciences sociales, Agnès De Feo a interviewé près de 150 femmes portant le niqab (dont le port est interdit en France au nom de la loi contre «les pratiques de dissimulation du visage dans l’espace public»), 50 femmes portant le djilbeb (une robe longue de couleur sombre, qui couvre l’intégralité du corps mais pas le visage) et des centaines de femmes voilées:

«Toutes les femmes que j’ai rencontrées n’avaient pas été forcées, je n’ai jamais rencontré de ma vie une femme forcée à porter le voile.»

Idem pour Emmanuel Jovelin, maître de conférences de sociologie à l’Université catholique de Lille, qui a interrogé «une bonne vingtaine» de porteuses de hijab à Stains, en 2009, et en a rencontré beaucoup d’autres au cours de ses activités: «Je n’ai pas trouvé de femmes qui ont subi des pressions pour porter le voile. Je pense que c’est minoritaire.» Idem aussi pour Claire Donnet, chercheuse associée à l’Université de Strasbourg, qui a observé des rencontres qui réunissaient environ 70 femmes voilées et non-voilées et n’a «jamais observé de pressions». Idem pour Fatiha Ajbli, sociologue spécialisée dans l’étude des discriminations professionnelles subies par les musulmanes, qui entre son mémoire de DEA (équivalent à l’époque du master 2) et sa thèse, a rencontré des «centaines de femmes musulmanes» de 20 à 40 ans. Idem aussi pour Ouisa Kies, chercheuse rattachée à l’École des hautes études en sciences sociales, qui a suivi une quinzaine de personnes de 2003 à 2014.

La question de la contrainte ne se pose guère sur le terrain, ou en tout cas pas dans les formes simples dans lesquelles on a pu la poser

Julien Beaugé

«Même si l’on peut discuter ici ou là, les conclusions ou les approches des sociologues ayant enquêté sur les pratiques du port du voile en France et dans d’autres pays où les femmes disposent d’une certaine marge de manœuvre dans l’utilisation de leur corps, il y a au moins une conclusion qui s’impose: la question de la contrainte ne se pose guère sur le terrain, ou en tout cas pas dans les formes simples dans lesquelles on a pu la poser (les pères-maris-frères qui forcent leurs filles-femmes-soeurs). C’est pourquoi les sociologues s’en désintéressent…», analyse Julien Beaugé, maître de conférences en sciences politiques à l’Université de Picardie, qui a soutenu une thèse en 2013 sur «les logiques sociales du voilement des musulmanes en France».

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Un voile «forcé» ne dure pas

Les femmes qui se voilent «rarement, toujours ou sauf sur le lieu de travail ou d’étude» sont au minimum au nombre de 500.000 personnes environ, si l’on en croit les estimations données par une récente étude de l’Institut Montaigne, qui chiffre à entre trois et quatre millions le nombre de musulmans en France. Une fourchette basse selon certains démographes. S’il existait une coercition à grande échelle, il y a de bonnes raisons de penser qu’elle serait alors beaucoup plus visible, comme le sont les violences conjugales, qui malgré des conditions extrêmement difficiles de parole pour les centaines de milliers de victimes annuelles, sont aujourd’hui bien documentées.

«Pour qu’une pratique persiste voire se répande, il faut de façon générale qu’elle trouve appui dans la socialisation de la population concernée. […] Il n’est dès lors pas étonnant que les cas de port véritablement contraint du voile soient relativement rares, et souvent dénoncées par celles qui, voilées et pratiquantes, entendent faire du port du hijab un acte volontaire, conscient, réfléchi, pieux», juge Julien Beaugé.

Ce qui ne veut pas dire que ces cas de coercition n’existent pas du tout. De temps en temps, ils apparaissent à la surface, comme celui de cette femme «terrorisée par son ex-compagnon», proche d’un mouvement traditionaliste musulman violent, et que son mari, selon l’avocate Yael Mellul, forçait à coups de menaces à porter le voile.

Ces cas semblent ultra-minoritaires car, quand le voile est «forcé», il ne dure pas, constatent les chercheurs. C’est le cas par exemple pour les filles qui sont encore sous la tutelle de leurs parents et peuvent se voir exposées à un chantage «pas de voile, tu quittes la maison». Mais ces jeunes femmes font «tomber» leur voile dès qu’elles quittent le foyer. «Ce n’est pas un phénomène qui dure dans le temps, car cela coûte trop sur le plan psychologique», observe Fatiha Ajbli, qui se souvient d’une adolescente qui retirait le voile dès qu’elle quittait sa mère, et qui l’a aujourd’hui définitivement abandonné.

Des pressions verbales minoritaires

Mais ce genre de contraintes physiques ne suffit pas à résumer une éventuelle coercition autour du port du voile, qui peut aussi relever de «pressions». Ce sont, par exemple, des pressions verbales –une insulte criée au passage d’une femme qui ne porte pas le voile, et est traitée de «sale pute»– ou encore des remarques insistantes de la famille, des moqueries des amies voilées, etc.

Là aussi, contrairement aux fantasmes véhiculés, ces cas semblent très rares. C’est la propre présidente de l’association Ni Putes Ni Soumises (NPNS), une organisation à la pointe de la lutte contre le voile, qui l’affirme: «Une pression très explicite, avec des insultes? Je ne l’ai pas rencontrée», nous confie Linda Fali. La question du voile a constitué environ 8 % des 4.000 appels et rendez-vous auprès de l’association en 2015, mais aucun appel n’a concerné des femmes «forcées de porter le voile», ni même des femmes qui subiraient des pressions verbales. 6 % concernent des jeunes filles qui hésitent à retirer leur voile et 2 % des parents qui ont peur que leur fille ne le mette.

Certains chercheurs ont croisé, à un moment de leur parcours, un ou plusieurs cas de pressions. Agnès De Feo raconte par exemple avoir un jour rencontré une femme tunisienne mariée avec un salafiste qui lui a lancé, avant son mariage: «Si tu veux te marier avec moi, il faut mettre le niqab.» «Une amie qui portait un débardeur dans la rue s’est fait traiter de “pourriture” qui fait “honte à Dieu”», rapporte aussi Nadia Ould-Kaci, du collectif des Femmes sans voile.

Une femme portant un niqab à Roubaix, le 9 janvier 2014. AFP PHOTO / PHILIPPE HUGUEN

Dans la récente étude de l’Institut Montaigne, 6 % des femmes qui portent le voile déclarent le porter «par contrainte» de leurs proches

Quelle est l’ampleur de ces pressions? Pour le sociologue Eric Marlière, maître de conférences à l’Université de Lille, elles concernent peut-être «15 à 20 % des cas». Dans la récente étude de l’Institut Montaigne, 6 % des femmes qui portent le voile déclarent le porter «par contrainte» de leurs proches, sans qu’on sache avec certitude ce que l’expression recouvre entre contraintes verbales et coercition physique.

À noter aussi que, dans la même étude, 26 % des hommes musulmans interrogés affirment s’opposer au port du voile, contre «seulement» 18% des femmes, chiffre qui semble apporter un démenti à «l’opinion dominante qui voudrait que les hommes soient plus conservateurs que les femmes» et qui ne cadre pas avec l’idée qu’une majorité de femmes voilées le portent à cause de pressions.

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«On a transformé un fantasme en une règle intangible»

En l’absence de chiffres clairs et connus, les cas parfois relatés dans la presse ont un effet grossissant. «Il y a un problème de cadrage [médiatique] dominant, juge Vincent Tiberj, chercheur à Sciences-Po Paris, qui a co-écrit le chapitre sur la religiosité des immigrés et de leurs descendants dans l’enquête Trajectoires et Origines de l’Institut national d’études démographiques (Ined). Toute femme qui porte le voile serait forcée. Or quand on parle aux étudiantes voilées, elles ont un bac, décident de faire des études, et ne sont pas sans arrêt sous la surveillance des grands frères!».

«On a transformé un fantasme en une règle intangible, en considérant que s’il y a des femmes forcées de porter le voile, toutes les sont. Ce qui a été observé dans ces enquêtes [qualitatives] a souvent été conforté. La majorité des femmes qui se voilent le font librement, le reste c’est du fantasme», affirme aussi la chercheuse Nacira Guénif-Souilamas, professeure à l’Université Paris 8 et vice-présidente de l’Institut des Cultures d’Islam.

A la place de pressions pour porter le voile, on observe plutôt des pressions familiales fortes à ne pas le porter, face aux obstacles professionnels et sociaux qu’il implique, racontent les chercheurs et acteurs de terrain que nous avons interviewés.

«Les parents des jeunes femmes dont j’ai pu étudier les “carrières” de “voilement” étaient souvent très réticents à l’égard du choix de leurs filles. Parfois jusqu’à s’y opposer explicitement. En général, ils essaient plutôt de les dissuader car ils ont peur pour la réussite scolaire et sociale de leur enfant, ou pour sa tranquillité voire sa sécurité», raconte Julien Beaugé.

J’ai beaucoup plus souvent entendu dans mon quartier des pères de famille dire “Je ne veux pas que ma fille porte le voile” que l’inverse

Nadia Henni-Moulaï

«J’ai beaucoup plus souvent entendu dans mon quartier des pères de famille dire “Je ne veux pas que ma fille porte le voile” que l’inverse, confirme Nadia Henni-Moulaï, journaliste freelance qui a coordonné un ouvrage collectif à paraître, intitulé Voiles et préjugés. Il y a toute une culture issue de la colonisation qui consiste à ne pas faire de bruit, à raser les murs. Et le voile, c’est au contraire perçu comme le fait de ne plus passer inaperçu.»

À tel point que beaucoup de jeunes filles cachent à leurs parents qu’elles portent le voile en dehors du foyer familial, car être voilée, c’est risquer d’être pénalisée dans sa vie professionnelle, s’exposer à des remarques désagréables, à des regards soupçonneux, dans les magasins ou les administrations… «Être considérée comme moins que rien parce que voilée, cela revient très souvent dans les entretiens», raconte Ouisa Kies.

Des manifestantes contre le projet de loi interdisant le port ostensible de signes religieux à l’école, le 14 février 2004 à Paris. AFP / JEAN-LOUP GAUTREAU

Indépendance vis-à-vis des hommes

Pour être voilée aujourd’hui il faut donc avoir le coeur bien accroché, et faire preuve d’un certain caractère. C’est ce que montrent les recherches d’Agnès De Feo sur les femmes en niqab, qui témoignent selon elle d’une véritable indépendance envers les hommes. Leur voile est souvent conçu comme une «castration du regard masculin», explique la chercheuse, qui parle du «féminisme» de ces femmes, même si c’est un mot qu’elles n’assument pas toutes.

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C’est aussi ce qu’observe Julien Beaugé, qui pense que le voile, quand il est revendiqué, permet paradoxalement une «inversion des rapports hommes-femmes» et «une certaine subversion des rapports sociaux de genre»:

«Certaines femmes incarnent (localement) la bonne pratique religieuse, parfois même ont accès au savoir religieux et sont devenues de véritables sujets religieux (les prédicateurs s’adressent à elles, essaient de les convaincre, certaines prennent des cours de religion, enseignent ou transmettent ce qu’elles savent de l’islam…), alors que, pendant longtemps, elles étaient absentes des mosquées et étaient fondamentalement des objets religieux.»

Une grande partie de ces femmes arbore d’ailleurs le voile en réaction à la stigmatisation qu’elles vivent, comme un geste politique. Agnès De Feo affirme avoir vu de nombreuses femmes se mettre à porter le voile après la loi d’interdiction de dissimulation du visage dans l’espace public, vécu comme un ciblage des musulmanes.

«Pourquoi le foulard se porte de plus en plus? Le fait qu’on soit exclu et stigmatisé produit un besoin de protéger son estime de soi, de rechercher une identification positive, et quand les identités qu’on nous donne ne le sont pas, on peut le rechercher la religion», analyse elle aussi Françoise Lorcerie.

Un processus courant et bien étudié de retournement ou «renversement» du stigmate, que connaissent nombre de minorités qui subissent des discriminations, qu’a théorisé le sociologue Erving Goffman. Le voile, d’objet honni ciblé par différentes lois, devient un outil d’empowerment, une ressource grâce à laquelle les individus peuvent faire valoir un droit.

«Les femmes musulmanes sont des rebelles, elles arrachent leur droit, elles sont dans l’argumentation, quand elles le portent c’est de manière ferme et déterminée. Et elles sont de plus en plus outillées intellectuellement. On est face à une génération de femmes qui maîtrise les textes et le politique, et qui n’a plus envie qu’on l’ennuie», résume Malika Hamidi, docteure en sociologie spécialiste des féministes musulmanes, et par ailleurs directrice générale du think tank European Muslim Network .

Presque tous les chercheurs que nous avons interrogés ont d’ailleurs souligné le caractère contre-productif des différentes lois sur le voile, et surtout des débats qui les ont entourées. «Tous ces débats vont à terme créer l’ennemi qu’ils voulaient combattre», se désole Vincent Tiberj. «Cette utopie qui vise à vouloir faire disparaître le voile ne marchera pas, et au lieu d’en faire des alliés contre l’islamisme radical, on les neutralise», estime Farhad Khosrokhavar, directeur d’études à l’EHESS.

…à la revendication d’une citoyenneté à part entière

Quand certaines femmes peuvent, à cause de l’exclusion qu’elles ressentent, avoir envie de se replier sur leur communauté, pour d’autres, leur combat de femme voilée a un effet inverse, qui les conduit à revendiquer d’autant plus leur citoyenneté française. «Si vous niez mon Islam comme Française alors en tant que Française je vais revendiquer cette identité, résume Fatiha Ajbli. C’est la raison pour laquelle elle veulent prendre part à la vie universitaire et économique du pays, et s’inscrire dans le champ de l’espace publique.»

Lorsque Karima Mondon, qui fait partie des femmes voilées citées dans le New York Times, répond à la tribune de Manuel Valls, elle emploie d’ailleurs délibérément un certain champ lexical qui la rattache à la communauté nationale:

«Ce que je voudrais vous dire, monsieur le Premier ministre, c’est ma sidération face à l’absence de considérations envers vos concitoyennes, votre méconnaissance des conditions de vie de certaines de vos compatriotes.»

Une supportrice lors de la finale de l’Euro 2016 à Saint-Denis, le 10 juillet 2016 à Paris. PATRIK STOLLARZ / AFP

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La réponse à des crises existentielles

Il paraît donc très difficile, au regard de ces cas de femmes très politisées, ou simplement de ces personnalités affichant un fort caractère et une forte indépendance, de réduire le voile à une «soumission». Mais il faut aller plus loin, et montrer les mille raisons que les femmes avancent, pour voir que celui-ci est le résultat d’un processus complexe de construction de soi beaucoup plus complexe que la simple réponse à des «pressions», comme le fait valoir Karima Mondon dans une tribune publiée par Libération:

Je vais vous confier un secret, monsieur le Premier ministre, le voile n’existe pas

Karima Mondon

«Je vais vous confier un secret, monsieur le Premier ministre, le voile n’existe pas. Il existe des individus portant mille et une formes de tissus pour mille et une raisons. Peut-être que dans toutes ces raisons, celle que vous nous prêtez existe. Personnellement, je ne l’ai jamais rencontrée. Accordez-moi que je fréquente certainement plus de femmes voilées que vous.»

Il faut écouter les porteuses de voile s’exprimer pour comprendre que ce choix, au-delà de la problématique de la coercition et des pressions, s’inscrit dans un parcours de vie et une vision de la société. A l’instar de Fatouya, une entrepreneuse qui n’a pas désiré donner son nom de famille. Pour elle, le foulard a été la réponse à une crise existentielle, qui lui a permis, symboliquement, en gommant tout ce qui lui semblait superficiel dans sa façon de s’habiller et de se présenter, de se recentrer sur l’essentiel. Elle compare sa décision de porter le foulard aux religieuses qui choisissent d’«entrer dans les ordres»:

«J’avais 20 ans, je n’avais pas réussi médecine. Je suis allée en bio, par défaut, je n’en avais pas vraiment envie. Ma mère a pu faire des études, c’était une des rares à ne pas faire le ménage dans les mères autour de moi, elle était secrétaire, et elle nous a toujours poussés à bien travailler à l’école. Ne pas réussir médecine a été plus qu’un échec scolaire, c’était un échec de vie. Le mois du ramadan est arrivé. J’ai commencé à m’interroger sur le fondement de la spiritualité, à me poser des questions sur la religion. Il y a eu toute une phase de dépression, de remise en question.»

Peu à peu, son hijab est devenu un outil de questionnement du monde qui l’entoure, notamment en réaction aux publicités sexistes et à la «futilité» qu’elle perçoit autour d’elle:

«Socialement, j’ai l’image d’une femme surexposée, surconnectée, surmaquillée. Pourquoi a-t-on besoin de mettre des filles nues sur les publicités de voiture? On n’est pas des objets de vente! On est de plus en plus dans la futilité. […] Je ne reproche pas aux filles d’être coquettes mais pour moi le hijab est un travail de pudeur, un travail sur l’image de la femme, quel genre de femme je veux être. Il est devenu de plus en plus sobre, pour me concentrer sur une relation vraiment spirituelle entre moi et Dieu, et entre moi et moi-même. Je le porte même à la maison. Car c’est une façon de travailler l’essentiel, par opposition à tout le matériel, et l’apparence.»

Des raisons plus prosaïques

Pour certaines femmes, le foulard est donc une façon symbolique de se donner des règles, des limites, un cadre, à un moment où leur vie leur semble en manquer. Mais il y a aussi beaucoup d’autres raisons, et peut-être autant de raisons qu’il y a d’individus, des raisons très personnelles et d’autres traversées par la société, qui se complètent et parfois se contredisent:

Dans les grands types de raisons avancées, on trouve ainsi des raisons d’images:

«Les gens ne comprennent pas que pour elles, c’est pour avoir l’air pieuse, c’est leur costard cravate!, dit Agnès De feo. Les femmes du prophète ont le visage couvert, elles veulent donc être au même niveau que les femmes du prophète. Beaucoup de ces femmes se prennent pour l’élite des musulmans.»

Pour d’autres, ce peut être par là une manière de trouver un mari «sérieux»: «Il y aussi un idéal type dans l’inconscient de certains musulmans qui fait qu’une femme bien c’est une femme qui adopte le voile», analyse Hanane Karimi, doctorante en sociologie à l’Université de Strasbourg et porte-parole du collectif Les Femmes dans la Mosquée.

Il peut aussi y avoir des raisons inconscientes, prosaïques, parfois futiles. «Cela peut être une manière de “vieillir” en retrouvant (même en la transformant) une pratique maternelle», selon Julien Beaugé. Ou pour certaines femmes qui portent le niqab notamment, une volonté d’être vue, un effet du narcissisme: «Elles savent qu’elles attirent le regard. Et elles apprécient de pouvoir voir sans être vues, comme un chauffeur avec une vitre teintée», commente Agnès De Feo.

En islam tu te caches le visage quand tu es trop belle (c’est une tradition), et c’est donc une façon de faire croire qu’elles sont très belles

Agnès de Féo

D’autres ont des défauts physiques, sont bourrées de complexes, et jouent du voile à la fois pour cacher ces défauts et faire croire qu’elles sont belles, pense Agnès De Feo:

«En islam tu te caches le visage quand tu es trop belle (c’est une tradition), et c’est donc une façon de faire croire qu’elles sont très belles. C’est la version inconsciente.»

«Le port du voile, c’est la recherche d’une identité. C’est un processus de maturation, un choix personnel», résume Emmanuel Jovelin. Ce qu’un collectif de femmes musulmanes a bien résumé dans sa tribune parue dans la Libre Begique:

«Vous affirmez souvent que nos foulards sont des signes religieux. Mais qu’en savez-vous? Certaines d’entre nous sont croyantes et pourtant ne le portent pas, ou plus. D’autres le portent dans la continuité d’un travail spirituel, ou par affirmation identitaire. D’autres encore par fidélité aux femmes de leur famille auxquelles ce foulard les relie. Souvent, toutes ces motivations s’imbriquent, s’enchaînent, évoluent dans le temps. Cette pluralité se traduit également dans les multiples manières de le porter. Pourquoi les femmes musulmanes échapperaient-elles à la diversité qui peut s’observer dans tous les groupes humains?»

Victimes d’«influences»

Au-delà de la multiplicité des raisons pour lesquelles les femmes affirment porter le voile, et du fait que la coercition et les pressions verbales sont minoritaires, certains observateurs invoquent une «influence» qui priverait d’une réelle liberté ces femmes voilées, ce que Manuel Valls résume sous l’expression de «domination masculine complètement intégrée», et qui invaliderait même les discours des intéressées.

Ce sont, par exemple, des enfants, comme le raconte Leila Chalabi (dont enlèvement par sa famille est raconté dans le livre Mariée de force) qui demandent à leur mère de porter le voile, «pour faire comme les autres mères». Des ados qui se mettent à porter le voile parce qu’elles veulent «s’intégrer à une bande de “soeurs”». Des jeunes femmes qui évoluent dans des familles très pieuses, et copient la tradition sans trop la remettre en question. Des croyantes qui vivent dans des quartiers où le voile est très présent, et qui veulent se conformer à la norme.

«On fait comme tout le monde. Ça devient logique. Il n’y a plus de pressions. C’est plus celles qui ne sont pas voilées qui ne font pas parties de la norme», raconte Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des Mères de Sevran, qui elle non plus ne croit pas tellement à l’existence de pressions explicites.

Sur la question de savoir si cette influence est minoritaire ou majoritaire, les avis divergent. Pour Linda Fali, elle est «très majoritaire». Pour d’autres, c’est plutôt minoritaire –peut-être «15 à 20 %», estime Eric Marlière, selon qui ce sont surtout les adolescents qui y seront sensibles. Dans l’étude de l’Institut Montaigne, seules 6 % des femmes voilées affirment porter le voile par «imitation».

Une femme en hijab avec ses enfants, à Malo-Les-bains, le 28 août 2016. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Une incapacité à reconnaître la réalité

Mais ce discours sur l’influence est problématique, et à manier avec précaution: tous les individus, dans une société donnée, sont soumis à l’influence de celle-ci, et des groupes sociaux dans lesquels ils évoluent. On sait que l’exposition répétée à des messages publicitaires ou l’effet d’imitation au sein d’un groupe social induit par exemple chez les consommateurs des comportements qui ne les rendent pas complètement «libres»…

«Oui il y a bien un conformisme dans les cités, mais il y a aussi celui du jeune mec qui doit porter sa casquette à l’envers. Une femme de plus de 18 ans qui décide de porter le voile, on n’a plus notre mot à dire. On ne dit rien à quelqu’un qui porte une croix, ou un t-shirt “I love Barack Obama”. Ce sont les opinions des gens! Soit on assume que toutes les opinions n’ont pas à se déployer dans l’espace public, soit on accepte la diversité», argue Vincent Tiberj.

«Quand c’est revendiqué comme un choix libre, on va répondre qu’il y a l’influence du quartier, etc. Mais d’un strict point de vue logique, cette réponse peut être balayée car on peut avoir le même raisonnement pour n’importe quel choix, le choix d’un métier, etc. On ne voit pas pourquoi le foulard échapperait à cette logique, pourquoi on en ferait quelque chose de spécifique», estime lui aussi le philosophe Pierre Tevanian, qui a coordonné en 2008 l’ouvrage Les Filles voilées parlent.

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Ce discours sur «l’influence» peut aussi servir, face aux limites des arguments de la coercition ou des pressions, à refuser d’admettre que des femmes puissent faire ce choix librement. Tous les chercheurs que nous avons interviewés ont eu l’impression, à un moment du compte-rendu de leur enquête, de se heurter à un mur ou aux contradictions de leurs interlocuteurs:

«Tout le monde te dira “Tu n’as pas rencontré les bonnes personnes”. C’est pour cela que j’ai commencé à filmer, car les gens ne me croyaient pas. Ils me disaient “leurs maris les empêchent de sortir”. Mais si elles restent chez elles, alors elles n’ont pas besoin de porter le niqab!», s’emporte Agnès De Feo.

«Il n’existe pas de population-mère à partir de laquelle on pourrait constituer un échantillon représentatif. On est donc toujours voué à travailler à partir d’enquêtes qualitatives sur des groupes restreints – qu’on pourra toujours dénoncer comme singuliers et donc non-représentatifs (laissant la porte ouverte à toutes sortes de fantasmes sociaux). C’est d’ailleurs ce qui autorise chaque intervenant hostile au port du voile à mobiliser telle anecdote, tel cas prétendument connu de jeune fille ayant été forcée… et à en faire une généralité», renchérit Julien Beaugé.

Le sujet est tellement polémique et peu consensuel que le sociologue Farhad Khosrokhavar va même parler d’une autocensure chez les sociologues, qui n’osent pas travailler sur un sujet qui risque de leur causer des difficultés dans leur carrière: «Quand j’ai écrit un article dans le New York Times sur le sujet, certains amis m’ont dit “Mais pourquoi tu te mets en porte-à-faux?”»

Lorsqu’au cours de mon enquête, j’ai téléphoné à Patrick Kessel, membre de l’Observatoire de la laïcité (en conflit avec une partie de l’Observatoire) et président du Comité Laïcité République, lui demandant s’il connaissait un chercheur ayant travaillé sur le sujet et observé des pressions, il a répondu d’abord qu’il n’avait aucun nom en tête qui lui revenait mais allait y réfléchir. Puis il s’est énervé, et a menacé de raccrocher, quand je lui ai cité les noms que j’ai déjà contactés: «Les sociologues sont tous des bobos de gauche!», m’a-t-il lancé.

Un déni de liberté misogyne

On peut se demander si ce déni de réalité et de liberté n’est pas au fond aussi misogyne que ne le serait le voile lui-même. «La vraie misogynie c’est de dire que les femmes sont sous influence et de leur dénier leur libre-arbitre», juge Agnès De Feo. La chercheuse Nacira Guénif-Souilamas va encore plus loin, analysant ce comportement comme le refus inconscient pour certains hommes que des femmes puissent se dérober à eux:

«On dit qu’elles sont “aliénées”, et ce qui est sous-jacent, c’est le caractère inadmissible qu’elles puissent décider de ne plus être accessible à certains hommes. Mais ce n’est pas étonnant que ce soient des hommes qui s’en insurgent. Certains hommes ne supportent pas que des femmes ne soient plus disponibles pour eux. […] Manuel Valls perpétue par là les aspects les plus centraux du patriarcat. Comment un homme pourrait-il être omniscient sur ce que veut une femme? Et sur quoi s’appuie-t-il?

Cette position très tranchée sur la liberté néglige le fait qu’il n’existe pas une seule et unique dimension de la liberté: dans l’histoire, certaines catégories de population se sont affirmées dans leur parcours personnel en s’appropriant des stéréotypes, à l’image des Afro-américains s’appelant «nigger» («nègre») entre eux, ou de certaines chanteuses de hip-hop afroféministes, qui en s’appropriant une insulte qu’on leur crachait au visage se sont dénommées «putes».

Dans une logique inverse, d’autres femmes ont décidé qu’elles ne pourraient rien changer aux regards que leur portaient les hommes, et préfèrent s’en protéger en portant un objet qui leur permet là aussi souvent de prendre l’ascendant. Une chose qui apparaît a priori comme contraire aux intérêts d’une personne peut en réalité revêtir, pour cette même personne complexe, mille sens. La position récemment adoptée par Manuel Valls est une position philosophique, qui peut se défendre, mais si la politique peut se nourrir de philosophie, elle doit aussi s’appuyer sur des faits concrets.

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Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme

Rokhaya Diallo — 13 mars 2018 à 7h39 — mis à jour le 13 mars 2018 à 14h19

La régression ne réside pas dans le fait de porter le voile, mais dans celui d’imposer aux femmes une norme vestimentaire.

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Temps de lecture: 9 min

«Le voile est un symbole. Un cheval de Troie. Un danger. Comment lutter contre sa banalisation? Lutter contre le voile n’est pas lutter contre les musulmanes. Est-ce si compliqué à comprendre?» En un tweet, la féministe Isabelle Alonso résume cette aversion très française contre le voile que portent certaines musulmanes. Un voile qui fait l’objet d’une incroyable attention dans le débat politique national depuis près de trente ans. Isabelle Alonso répondait à Anaïs Bourdet, fondatrice du collectif «Paye Ta Shnek» contre le harcèlement de rue, qui constatait: «la “lutte contre la soumission des femmes musulmanes”, consiste à limiter les droits et libertés des femmes musulmanes. Quel merveilleux combat que voilà…».

Elle appuyait un tweet qui listait ainsi les restrictions apportées progressivement aux activités de certaines femmes, en se référant à plusieurs polémiques récentes déclenchées par la visibilité de musulmanes portant un foulard religieux.

Rappelons le, le principe de laïcité n’interdit en rien le port de signes religieux y compris dans l’espace public. Au contraire la laïcité protège la liberté de conscience. Seuls l’État et ses représentants doivent se montrer neutres.

L’ineptie de la comparaison avec l’Arabie saoudite

En tant que féministe, ma priorité a toujours été de placer la volonté des femmes au cœur de la lutte. «Mon corps m’appartient» était le slogan des féministes durant les années 1970, et il me semble aujourd’hui plus pertinent que jamais. Je définis ma position comme «pro choix», je milite pour que chaque femme puisse disposer librement de son corps. En ce sens, je soutiens de la même manière les femmes qui aujourd’hui luttent –en Iran et partout dans le monde– contre le port du voile obligatoire que celles qui en France ou ailleurs souhaitent le porter.

Je suis choquée de voir à quel point les Françaises portant le hijab sont régulièrement renvoyées à la situation actuelle de femmes dans des pays tels que l’Iran ou l’Arabie saoudite. Comme si l’esprit essentialiste de certaines et certains ne pouvait pas concevoir le fait que ces femmes étaient des Françaises à part entière sans aucun lien avec leurs coreligionnaires vivant dans d’autres pays. Comme si les actes des musulmans et musulmanes de France ne pouvaient être analysés que sous le prisme de pratiques ayant cours à l’étranger.

Comment pourrait-on lire le foulard de manière univoque où qu’il soit porté dans le monde? Peut-on comparer la démarche d’une citoyenne française libre avec celle d’une habitante d’un pays dont la loi opprime explicitement les femmes? Porter le voile dans une théocratie autoritaire dont l’élite et l’écrasante majorité des personnes sont musulmanes et musulmans ne peut aucunement avoir le même sens que le fait de l’arborer dans un pays démocratique et laïque où ils représentent moins de 10 % de la population et en composent les franges les plus pauvres. Dans un cas, le voile est un outil d’oppression destiné à contrôler et à contraindre l’identité féminine imposé par le pouvoir, tandis que dans l’autre il rend visibles des citoyennes dans un contexte où leur identité religieuse est minoritaire et stigmatisée. On ne peut donc décemment pas juger des pratiques musulmanes en France à l’aune de ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Sauf à penser que toutes les musulmanes du monde sont identiques, et à dénier à celles et ceux qui sont des citoyennes et citoyens français leur ancrage dans leur pays.

Ce qui est inacceptable, c’est la contrainte, et non le vêtement

Par ailleurs, il est important de rappeler que les femmes iraniennes ne se mobilisent pas «contre le voile», comme cela a été rapporté par de nombreux médias français, mais contre son caractère obligatoire. Dans ce combat parfaitement légitime, les femmes qui ne souhaitent pas porter le hijab sont également soutenues par des femmes qui désirent le garder. Ce qui est inacceptable, c’est la contrainte, et non le vêtement.

Il est étonnant de voir le nombre d’hommes qui se déclarent féministes dès lors qu’il est question des signes religieux associés à l’islam. En 2009 par exemple, lors des débats ayant précédé l’interdiction du port du voile intégral, il a suffi d’agiter la figure de «l’étranger» pour que miraculeusement certains de nos représentants politiques se fassent les parangons de l’antisexisme. C’est cette formule magique qui, au nom des droits des femmes, a soudainement rendu urgente l’émancipation des femmes «opprimées» par le port du voile intégral. Que certains de ces nouveaux défenseurs de la cause féminine (Jacques Myard, Lionnel Luca ou Thierry Mariani entre autres) se soient dans un passé proche opposés aux avancées féministes, comme la réforme de l’IVG et de la contraception, n’a semblé étonner personne. Ni le fait que ce féminisme à géométrie variable ait été manifesté par des élus qui siégeaient alors sans états d’âme dans une Assemblée nationale composée à 82 % d’hommes.

Bernard de La Villardière, cas typique et désespérant

J’ai récemment échangé des mots assez vifs avec le journaliste Bernard de La Villardière, qui s’est fait à l’occasion le très opportuniste porte-parole des femmes victimes de l’extrémisme islamique. Opposé à la présence du hijab dans l’espace médiatique, il a expliqué sa virulence à l’égard de ce vêtement par sa grande conscience des enjeux féministes.

L’échange tendu entre Rokhaya Diallo et Bernard de La Villardière dans l’émission TPMP. | Via YouTube.

C’est pourtant ce même la Villardière qui, en 2013, chantait les louanges de Dominique Strauss-Kahn en souhaitant son retour en politique malgré les multiples accusations d’agressions sexuelles qui avaient accompagné sa carrière. «Je trouve qu’on a été très injuste à son égard», regrettait-il alors en qualifiant le viol présumé de Nafissatou Diallo à New York de «moment d’égarement.» Une bien curieuse manière de défendre les femmes opprimées… Lors d’un dîner organisé dans le cadre d’une émission de télévision, ce grand féministe qu’est Bernard de La Villardière avait enchaîné les déclarations hasardeuses en se vantant d’avoir «fait le tour du monde des putes», avant de s’insurger sous couvert d’humour lorsqu’une des hôtesses avait pris la parole en s’exclamant: «Depuis quand les domestiques interviennent? C’est insupportable!»

Ces quelques exemples que l’on pourrait multiplier à l’envi démontrent la volonté de certaines personnalités, qui ne prennent jamais part au débat contre le sexisme en France, d’instrumentaliser la cause des femmes pour habiller leur condescendance paternaliste. Ou comment revêtir l’armure du preux «sauveteur» des femmes victimes de «l’islam» sans jamais dire un mot du sexisme qui constitue leur bain quotidien, celui des élites françaises. Leur silence est tout autant assourdissant lorsqu’il s’agit des 700 millions de femmes victimes de violences conjugales dans le monde, des 20 millions d’avortements réalisés dans des conditions dangereuses avec 47 000 mortes chaque année (soit une femme toutes les neuf minutes!), ou des viols massifs utilisés dans des pays comme le Congo comme arme de guerre. Seul le sexisme lié à des pratiques qui leur permet de pointer l’islam du doigt semble retenir leur attention.

Le voile comme la jupe sont des marqueurs de féminité

Je crois que le voile est un marqueur de féminité qu’il ne faut pas isoler du reste des symboles qui distinguent les femmes des hommes. J’emploie le terme de «marqueur» sans valorisation positive, ni négative –il s’agit là d’un simple constat. Comme d’autres vêtements, perçus comme culturellement acceptables, le voile a pour vocation de distinguer les hommes des femmes. Personne ne voit dans les jupes des instruments de domination alors qu’elles sont l’apanage des femmes et les désignent comme telles. Selon l’analyse de la sociologue Colette Guillaumin, elles sont «destinées à maintenir les femmes en état d’accessibilité sexuelle permanente, permettent de rendre les chutes […] plus pénibles pour l’amour-propre» et entravent leur «liberté motrice». Les talons hauts fortement déconseillés par bien des spécialistes de la santé sont de véritables instruments de maltraitance du corps. Sarah Jesssica Parker, la star de Sex and the City connue pour son amour des chaussures de luxe, a d’ailleurs récemment déclaré: «Les talons hauts ont détruit mes pieds.»

À travers le monde, de nombreuses femmes choisissent volontairement de porter des prothèses mammaires pour des raisons esthétiques (je n’inclus pas les cas de chirurgie réparatrice qui relèvent d’autres motivations). Le scandale des implants PIP fabriquées en dépit de toutes normes sanitaires qui avait mené plusieurs femmes à la mort, montre à quel point cette pression esthétique peut conduire à des pratiques dangereuses.

Dans ce contexte, le voile ne constitue pas une exception. On peut légitiment débattre de son caractère sexiste, mais on ne peut en aucun cas l’isoler d’une réflexion plus globale sur les pratiques normatives corporelles et les codes vestimentaires qui distinguent les femmes et les hommes dans nos sociétés.

Je suis moi-même musulmane et j’ai choisi en toute conscience de ne pas porter de hijab

Je suis sans doute mieux placée que bien de ces féministes du dimanche pour témoigner de l’importance du choix. Dans ma famille, certaines femmes sont voilées et d’autres ne le sont pas, et c’est la coexistence de ces modèles pluriels que je défends.

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Je regrette que, lorsqu’il s’agit du voile, la parole des femmes qui le portent ne soient jamais placée au centre du débat. Je déplore le fait de voir tous ces hommes, féministes de circonstances, parler à leur place sans jamais prendre la peine de les solliciter. On n’interroge jamais les femmes françaises voilées sur leur choix (car oui, elles le portent volontairement dans leur majorité). Pourtant, tout le monde semble mieux savoir qu’elles pourquoi elles portent le voile et comment elles devraient présenter leurs corps, comme si elles étaient dénuées de volonté propre et de capacité à articuler une explication quant à leur choix. Or, nier la volonté propre des femmes, c’est participer à leur oppression.

Lutter afin qu’aucune femme ne soit contrainte de se voiler ou de se dévoiler, c’est la philosophie qui devrait animer toutes et tous les féministes. La régression ne réside pas dans le fait de porter le voile mais dans celui d’imposer aux femmes une norme vestimentaire en leur interdisant de choisir quels habits elles peuvent revêtir.

Je n’ai jamais songé à porter un voile mais je refuse de vivre dans un monde où toutes les femmes se ressemblent. Et je crois que les voix vers l’émancipation sont multiples. J’ai la conviction que l’on peut être féministe et porter un foulard traditionnel ou religieux. La célèbre avocate iranienne Shirin Ebadi, défenseuse des droits des femmes en Iran, avait effrontément défié les extrémistes de son pays en ne portant pas de voile lors de la remise de son Prix Nobel de la Paix, malgré les menaces.

Pour autant, Shirin Ebadi s’est toujours montrée critique quant aux positions anti-voile en France. Elle était opposée à son interdiction dans les écoles françaises en 2004, qui selon elle privait les jeunes femmes musulmanes des outils de leur émancipation. Et elle s’était indignée en 2016 lors de la controverse autour du burkini, du fait qu’une fois de plus «les femmes étaient montrées du doigt».

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Je mets au défi quiconque de remettre en question le féminisme de la Pakistanaise Malala Yousafzai qui se bat en faveur des droits scolaires des filles ou de la Yéménite Tawakkol Karman, Prix Nobel de la Paix, fondatrice du groupe «Femmes journalistes sans chaînes». Toutes deux portent un vêtement masquant leur cheveux, ce qui ne constitue aucunement un obstacle à leur engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes, qu’elles promeuvent au péril de leur vie.

En réalité, ce sont toujours les femmes qui paient les conséquences des lois et mesures imposant ou interdisant le port du voile. À conviction équivalente, aucun homme ne se voit interdire l’accès à un bien ou à un service. Or on ne peut pas qualifier de féministe une mesure qui s’applique au détriment des femmes.

Je soutiens toutes les femmes dans leurs choix, où qu’elles se trouvent dans le monde. Et c’est leur autonomie et leur droit à effectuer des choix individuels que je place au centre des priorités féministes.

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Le slogan «Our bodies ourselves», «nos corps, nous mêmes», n’a de sens que s’il vaut pour toutes les femmes.

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Dans la polémique sur le hijab de Decathlon, toutes les contradictions des anti-voile

Nadia Daam — 27 février 2019 à 11h01 — mis à jour le 27 février 2019 à 11h23

Tremble, République: le lycra avec des morceaux d’islamisme dedans vaincra.

Capture d’écran via Decathlon

Temps de lecture: 6 min

Ça faisait longtemps qu’on s’était pas foutus sur la gueule à propos du voile, hein? Ça manquait, non? Les débats incluant le petit avis éclairé de Nicolas Dupont-Aignan sur le corps des femmes et leur liberté d’en jouir et de se vêtir comme elles le veulent? C’était un peu triste tout de même que l’absence de polémique sur le voile ou le burkini, ou n’importe quelle étoffe mal placée ait mécaniquement mis la porte-parole de Les Républicains Lydia Guirous au chômage technique?

Bref. On en est encore là. À supporter les chouineries du Printemps républicain toujours prompt à dégainer des photos sépia de femmes iraniennes dévoilées dans les années 1980 ou le #PointKamelDaoud. À assister aux micros collés sous le nez de n’importe quelle personnalité politique pour lui soutirer son avis sur le voile, l’islam, le féminisme l’islamisme.

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Ce mardi 26 février donc, la commercialisation d’un hijab de running a accaparé la quasi-totalité de l’espace médiatique. Notez que c’est toujours ça que les reportages sur les charolaises du Salon de l’agriculture n’auront pas. Mais cette journée de polémiques, de réactions et de tweets indignés n’en est pas moins profondément déprimante et vaine.

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L’alibi si seyant du féminisme

Ainsi donc, le fait que Decathlon annonce vouloir commercialiser un «hijab de course» pour «rendre la pratique du sport plus accessible» a permis de cocher en vingt-quatre heures toutes les cases du bingo: «communautarisme», «islamisme», «soumission», «Arabie saoudite». Et ce, tous bords politiques confondus. S’il peut y avoir convergence des luttes, le voile est l’un des rares sujets à pouvoir assoir à la même table des personnes pourtant supposément idéologiquement éloignées. Valérie Rabault (PS), Nicolas Dupont-Aignant (Debout la France), Aurore Bergé (LREM) vont ainsi conjointement se pincer le nez à l’idée qu’une enseigne commercialise un produit spécifiquement destiné aux femmes pratiquant ET l’islam ET le running.

Avec à chaque fois, l’alibi si seyant du féminisme. C’est pas qu’on a un problème avec l’islam, on veut juste que les femmes soient libres de s’habiller comme elles le veulent… enfin, comme on veut nous… Marianne, à poil!

C’est fou, tout simplement fou, en 2019 que l’on en soit encore à devoir souligner cette absurdité. De mettre en vain le nez des anti-voile primaires dans leurs contradictions. Alors que l’hypocrisie et la bêtise du raisonnement sautent aux yeux.

Qu’allons-nous faire? Soumettre chaque femme voilée à un interrogatoire en bonne et due forme pour tenter de savoir si elle est suffisamment libre à nos yeux?

Faisons simple: tu es contre le voile car tu estimes qu’il s’agit d’un instrument d’oppression. Et tu veux donc soustraire les femmes de cette soumission en leur imposant TA vision de la liberté. Autrement dit, substituer une injonction par une autre. Avec ce postulat si pratique, étayé par aucune statistique mais par ton seul ressenti qui voudrait que l’essentiel des femmes voilées soient contraintes. Plutôt que de m’auto-paraphraser, je reproduis ici ce que j’avais écrit en avril 2016, au gré d’une énième polémique sur le voile. Cette fois-là, ce n’était pas Decathlon mais d’autres grandes enseignes de prêt-à-porter qui étaient alors accusées de vouloir nous inoculer le poison wahhabite avec leur «mode islamique»:

«Voilà donc, ENCORE, la question de savoir si toutes les femmes qui se voilent y ont été forcées alors que l’on ne compte plus les témoignages de femmes qui expliquent qu’elles se sont voilées par choix, sans aucune pression ou injonction patriarcale. Est-ce si difficile à admettre? Qu’est-ce qui nous force à adopter ce raisonnement binaire qui voudrait que les femmes libres sont non voilées et que les femmes voilées ont nécessairement été contraintes?

Dans Des voix derrière le voile, la journaliste Faïza Zerouala a interrogé des femmes qui ont fait du port du voile un choix éclairé et dont certaines y voient l’exercice de leur liberté. Beaucoup d’autres femmes ont tenté, visiblement en vain, de démontrer que le voile est l’expression de leur foi, par tradition familiale ou en réaction à un milieu insuffisamment pratiquant à leurs yeux, en tout cas pour des raisons qui leur sont propres. Pourtant, leur parole est systématiquement mise en doute, tant il est beaucoup plus confortable d’imaginer qu’une femme voilée ne l’est que contrainte et forcée. Bien sûr, beaucoup de femmes voilées (et l’on ne parle même pas ici de pays tels que l’Arabie saoudite) y ont été contraintes. Mais qu’allons-nous faire? Soumettre chaque femme voilée à un interrogatoire en bonne et due forme pour tenter de savoir si elle est suffisamment libre à nos yeux? Et, si elle y a été effectivement contrainte, faut-il la dévoiler de force et donc la soumettre à notre tour à notre bon vouloir et à ce qui nous semble juste?»

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Délire paranoïaque

Si les polémiques autour du voile se suivent et se ressemblent, l’affaire du hijab Decathlon a néanmoins le mérite et l’originalité de révéler une autre contradiction contenue par le discours des forcenés de l’anti-voile. L’un des arguments régulièrement brandi par celles et ceux qui veulent purement et simplement l’escamoter de l’espace public (et ce alors que la loi n’interdit pas le port du hijab) consiste à dire que les femmes voilées se soustraient de la société. Que le hijab les détermine et les enferme à ce point qu’elles ne peuvent s’intégrer à la collectivité. Et c’est généralement là que surgit quelqu’un pour dire que «quand même, si c’est pas malheureux ces jeunes collégiennes ou lycéennes qui sèchent la piscine ou l’EPS parce que ça colle pas avec la pratique de leur religion».

Disons-le tout de go: oui, c’est triste et con. Et dommage. Pour les principales intéressées d’abord. La pratique d’une religion ne devrait en aucun cas empêcher un enfant de suivre un enseignement de l’école de la République. Les parents qui forcent leurs filles à déserter les deux heures de natation hebdomadaires parce que ça suppose de se délester de leur voile et d’être en maillot de bain sont impardonnables.

Mais le hijab Decathlon n’a rien à voir avec les dissidents de la laïcité et les parents Thénardier sauce salafiste. Il n’impose rien. Il propose. Il accommode. Il permet aux femmes voilées qui pratiquent le running d’avoir un voile adapté aux conditions de l’exercice du sport.

Il faut savoir ce que vous voulez: des musulmanes qui font tout comme vous ou des musulmanes qui s’effacent et que vous pourrez alors plaindre à loisir

La réaction face à ce hijab de sport a ceci de commun avec celle observée dans le camp de la Manif pour tous. On observe le même délire paranoïaque chez les personnes qui estiment que le mariage pour tous va les priver de quelque chose, qu’une norme sociale (le mariage entre hétérosexuels) va être remplacée par une autre (le mariage entre homosexuels), que l’ouverture de droits va en abolir d’autres. Celles et ceux qui voient dans un voile adapté au sport une menace semblent eux aussi considérer que cela va leur retirer la jouissance de leurs droits. Pour aller vite, et pour se caler sur les raccourcis employés par ces derniers, c’est un peu comme si la possibilité de porter un voile adapté aux activités sportives allait in fine déboucher sur la charia. From «un voile qui permet de pas trop transpirer» to «allez hop, toutes en burqa» very quickly.

C’est surtout presque comique de constater que les personnes qui désignaient le voile comme une obstruction à la pratique de loisirs et donc à la jouissance sont les mêmes qui s’indignent de la possibilité offerte à ces femmes de conjuguer pratique de la religion et du sport, ou de n’importe quelle activité liée au corps. Un peu comme les gens qui suspectent les parents musulmans de se tenir à la marge de la vie scolaire MAIS qui empêchent les mamans voilées d’accompagner les sorties. Bref, il faut savoir ce que vous voulez: des musulmanes qui font tout comme vous (du sport, des longueurs à la piscine, des sorties super pénibles au zoo avec la classe de CM1 de leur gosse) ou des musulmanes «pudiques» qui s’effacent, restent à la maison et que vous pourrez alors plaindre à loisir sur BFM alors que c’est vous-même qui leur dites qu’elles n’ont pas leur place dans la cité.

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Ce que je sais, c’est que personne ne s’est jamais plaint ou ému du voile couvrant la tête d’une femme faisant le ménage dans les tours de La Défense ou changeant les couches d’enfants qui ne sont pas les leurs («ma nounou, Yasmina, c’est une PERLE»). Mais un tissu qui absorbe l’humidité sur le même crâne de la même femme qui veut juste pas suer sous son foulard en synthétique, et c’est la laïcité qui est en danger.

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Société

Et si on laissait les femmes musulmanes s’habiller comme elles le souhaitent?

Laurent Sagalovitsch — 27 février 2019 à 16h29

[BLOG You Will Never Hate Alone] À la lueur de la décision controversée des magasins Decathlon de commercialiser un hijab de course, il serait bon de se demander si dans cette affaire de comportement vestimentaire on ne fait pas fausse route.

Si une femme a envie de porter le voile, qui suis-je donc pour lui dire de ne rien en faire? | Ithmus via Flickr

Temps de lecture: 3 min

Il aura fallu que les magasins Decathlon annoncent leur intention de commercialiser un hijab de course (avant de se rétracter) destiné aux femmes musulmanes désireuses de s’entraîner à la course pour que la France cède à une de ces crises d’hystérie dont elle est coutumière.

De tous les bords de l’échiquier politique, des voix se sont élevées pour dire leur totale désapprobation: les unes pour dénoncer l’islamisme rampant à l’œuvre dans la nation française, les autres pour s’indigner au nom des droits de la femme, incompatibles par essence avec l’appropriation d’un symbole qui la présenterait comme un objet de soumission.

Et à nouveau quand éclate ce genre de polémiques quelque peu stériles –après tout, il s’agit là seulement d’un vêtement de sport censé faciliter la vie de milliers de femmes– je n’ai pu m’empêcher de regretter ces outrances langagières qui me semblent être l’expression d’un occident dominateur guère enclin à la tolérance et au vivre-ensemble.

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Car enfin, qui sommes-nous pour dire à ces femmes dont un grand nombre vivent leur foi en total accord avec leurs principes philosophiques que de porter un pareil vêtement équivaut à se soumettre à leur partenaire masculin dans une régression sociétale contraire en tout point à leur émancipation? Sans parler de celles célibataires qui n’ont rien demandé à personne. Oui, qui sommes-nous pour dire à ces femmes ce qu’elles doivent porter, comment elles doivent se coiffer, leur manière d’être comme un code de bonne conduite dont nul ne saurait remettre en question ni la légitimité, ni le bien-fondé?

Comme si ces femmes, sottes et inconscientes par nature, ne savaient pas ce qu’elles faisaient et avaient besoin de mères supérieures pour leur dire la conduite à tenir. Comme si toutes allaient porter ce vêtement dans le seul but d’obéir à une religion qui prônerait le renoncement à exister par elles-mêmes. Comme si derrière ce modeste bout de tissu, il fallait absolument voir la main scélérate de l’homme désireux de soustraire sa partenaire de vie au regard de l’autre –énoncé qui ne peut être tenu pour une généralité absolue.

Vivant dans un pays où les enfants sikhs, à la suite d’une décision de la Cour suprême sont autorisés à se rendre à l’école vêtus d’un kirpan, sorte de poignard traditionnel, où chacun finalement s’habille comme bon lui semble –turban ou voile ou kippa ou chapeau melon sur la tête– sans déclencher d’émeute publique, j’avoue être de plus en plus en butte avec ce dogme de la laïcité absolue où l’on finit par empêcher les gens d’être simplement eux-mêmes.

Si une femme a envie de porter le voile, si un homme ressent la nécessité de porter un turban pour vivre selon des principes auxquels il est attaché, qui suis-je donc pour leur dire de ne rien en faire, au nom d’une supériorité morale qui serait celle d’un Occident tout-puissant lequel, affranchi de Dieu, au nom de valeurs progressistes entendues comme universelles, détiendrait l’alpha et l’oméga des comportements à tenir en société?

Ainsi je connais des femmes très éclairées, parfaitement à l’aise dans leur sexualité et dans leur rapport aux hommes en général qui, soit par conviction religieuse, soit par respect des traditions, aiment à se vêtir d’un voile sans se sentir une seule seconde soumises à quiconque sinon à leur bon vouloir.

Je réalise tout à fait que pour des femmes (et des hommes) engagées dans la reconnaissance parfaitement légitime de leurs droits, pareil comportement puisse apparaître comme la négation même de leur combat –la perpétuation d’une soumission archaïque à rebours de leur mouvement d’émancipation– mais pour autant, cette volonté universelle de tirer la femme des rets de la domination masculine peut-elle, doit-elle s’accommoder d’interdits vestimentaires qui seraient vécus par d’autres comme une atteinte à leur liberté fondamentale –hormis la burqa dont la violence vestimentaire m’apparaît en tout point comme rétrograde et porteuse d’une idéologie bien trop sectaire pour être admise dans des sociétés démocratiques?

À LIRE AUSSI Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme

Je le concède bien volontiers, c’est une question des plus pertinentes qui mérite d’être posée et débattue calmement. Dans le même temps, comment ne pas voir aussi dans ces cris d’indignation, dans cette avalanche de commentaires désapprobateurs vis-à-vis d’un simple morceau d’étoffe, une sorte de peur irrationnelle de l’islam, lequel ne saurait être par principe compatible avec l’idée même de modernité ou de progrès?

Puis-je être vraiment libre si l’autre ne l’est point?

Et de me demander finalement si le malheur français, cette aberration du comportement qui consiste à se considérer comme les damnés de la terre, ne tire pas sa source dans cette intransigeance philosophique, un brin sectaire, qui finirait par rendre la vie en commun impossible et où, à force de s’épier, chacun se regarderait en chiens de faïence, sans se comprendre ni même se parler.

Vaste débat.

GGGGGGG

Les filles souffrent

Les filles souffrent des discriminations dont elles sont l’objet, qu’elles aspirent ou non à être de « bonnes musulmanes ». Les rares recherches sur le sujet… rares, car la recherche en sciences humaines n’échappe pas au politiquement correct… convergent. Ces filles appliquent des stratégies pour vivre le moins mal possible leur statut. Dans des banlieues françaises frappées par l’intégrisme, des jeunes filles portent le foulard et l’habit pour ne pas se faire insulter dans la rue par leurs frères en religion et travaillent dans le but très clair de s’extraire, par leur profession, d’un milieu qui les étouffe. D’autres vont jusqu’à imaginer accepter un mari qui plaira à leur famille avec l’idée bien ancrée de divorcer quelques années plus tard, car les femmes divorcées sont beaucoup plus libres.

Deux chercheurs français confirment ce malaise. Ils ont fait une recherche sur les Français d’origine immigrée et constatent d’abord que ce sont les jeunes gens (18-25 ans) qui sont les plus religieux et les plus conservateurs sur le plan des valeurs en général et des femmes en particulier: homosexualité, mixité dans les piscines, virginité, fonction de procréation des femmes. Ce qui contredit clairement la conviction que l’intégration de cette population est en marche. Leurs parents étaient généralement plus intégrés qu’eux.

Globalement, les Français d’origine immigrée sont deux fois plus conservateurs que les Français représentatifs de l’ensemble de la population. Mais sur le plan des normes sexuelles, les jeunes filles sont progressistes à 42 %,contre27 %pour les garçons.

En Suisse, une recherche plus modeste sur les dispenses scolaires, réalisée par Birgitta Bischoff auprès d’enseignants des collèges de Vevey et de Renens, confirme le malaise des filles.

Lorsqu’une dispense de camp est demandée pour elles ou par elles, beaucoup ressentent une gêne. Des pères, mais aussi des frères, interviennent à l’école pour faire respecter les consignes à leurs filles et sœurs. Ils possèdent un rôle dominant, même dans les familles à l’esprit ouvert.

En cas de sortie de la classe, l’annonce d’une maladie se substitue souvent à la demande de dispense. Certaines filles sont déchirées entre leur sentiment de loyauté envers leurs parents, l’envie de partager le plaisir de leurs camarades et une attirance pour la norme égalitaire qu’elles observent dans leur environnement séculier. Il n’est pas rare qu’elles soient en proie à « un stress permanent et à un terrible sentiment de malaise ».

Les garçons musulmans en revanche, révèle encore la recherche, sont actifs, contrairement aux filles, et participent à tout ce qui est organisé à l’école. Les dispenses ne les concernent pas.

À Vevey, des enseignants font état d’autres demandes de dispenses de musulmanes: pour les cours d’éducation sexuelle, d’histoire biblique et pour la visite d’églises lors de courses d’école. Des problèmes liés au respect du ramadan sont récurrents et mériteraient, selon Birgitta Bischoff, d’être traités.

Les femmes professeurs ont en général, comme leurs confrères, affaire au père. Pas de problème s’il n’y a pas de conflit. Mais s’il sur- git, l’enseignante doit laisser sa place à un collègue homme.

Les femmes en point de mire

Devant ces discriminations, discuter pour dissuader est le vecteur privilégié des professeurs; ils n’en voient pas d’autres. L’auteure de la recherche non plus.

Elle valorise une rencontre entre enseignants et parents à propos des camps. Les enseignants se sont rendu compte, affirme-t-elle, que l’école n’a jamais expliqué les objectifs de ces camps et que les immigrés ne comprenaient pas à quoi ils servaient. L’explication a été donnée. Les enseignants de leur côté ont écouté les familles expliquer que leurs filles devaient rester dans une pureté totale qui constitue l’honneur de la famille (ce qui n’est pas le cas des garçons) et que l’interdiction de sortir le soir, a fortiori de dormir hors du domicile familial, fait partie de cette préservation de pureté au ris- que que leurs filles passent pour des filles de mauvaise vie. Selon l’auteure les deux«camps» se sont beaucoup mieux compris.

Les enseignants ignoraient-ils vraiment le statut des filles musulmanes ? Peuvent-ils vraiment « comprendre » le sort qui leur est ainsi réservé ? La Suisse dans son ensemble doit-elle accepter ces vieilles lunes ou faire semblant?Ne les connaissons-nous pas depuis longtemps pour avoir lutté avec force et succès contre elles ?

Toujours selon cette recherche, les associations religieuses sont fidèles à elles-mêmes: elles incitent leurs ouailles à davantage de respect des comportements les plus conservateurs.

Birgitta Bischoff insiste sur le fait que les garçons sont aussi concernés par la rencontre entre leur culture, qui leur attribue un statut supérieur, et la nôtre, qui réprouve les comportements sexistes. Agir auprès d’eux est également impératif, conclut l’auteure, si l’on veut qu’ils puissent s’intégrer dans une société égalitaire.

Patriarcat et religion

L’approche douce – expliquons et nous nous comprendrons – n’est pas partagée par tous. Certains magistrats par exemple se las- sent de transgresser leurs valeurs au nom de la tolérance. On n’avait jamais vu un gouvernement le dire aussi clairement que celui de Saint-Gall: la règle islamique qui exige que les filles cachent leur corps est « l’expression d’une société patriarcale, qui cherche à contrôler la sexualité des femmes. Il n’est pas admissible que des filles et des femmes soient discriminées sous le couvert de la religion.» Cette réponse à une interpellation ouvre une nouvelle ère: depuis ce mois de mars 2006, aucune dispense pour raison religieuse n’est plus accordée.

Les réactions à cette décision montrent que plus les autorités sont de gauche, donc partisanes de l’égalité des sexes, et plus elles critiquent la position de Saint-Gall.

Quant aux porte-parole musulmans, que pensent-ils de la décision saint-galloise et des dispenses ? La question énerve Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, qui confirme tout de même l’interdiction des cours mixtes dès la puberté des filles. Les autres leaders refusent de répondre parce que, disent-ils, ils craignent qu’une polémique éclate.

On en conclut que leur vision ne les porte pas vers l’ouverture.

La Chaux-de-Fonnière Nadia Karmous est favorable à la mixité, à une exception près:«Ce n’est que lorsqu’il s’agit de se dénuder que cela peut poser problème. La nudité n’a sa place qu’entre mari et femme. À la piscine, par exemple, la Suisse comprendra bien assez vite qu’il faut séparer les garçons et les filles. Je suis sûre que d’ici dix ou quinze ans, ce sera le cas.»  

Nadia Karmous regrette donc qu’à Neuchâtel, la réservation d’heures d’une piscine publique aux femmes musulmanes ait été abandonnée après sa révélation par les médias. Une piscine dont pouvaient profiter « des élèves fidèles au Coran ». On en déduit que les infidèles, les mauvaises musulmanes, fréquentent, elles, les piscines mixtes.

La problématique touche aussi l’Australie, pays à forte immigration d’où nous parvient début 2008 cette nouvelle: Laheda Zanetti, styliste libanaise émigrée en Australie, a inventé un costume de bains pour musulmanes: un pantalon (large et qui le reste, même mouillé) et une tunique à capuchon, équipement qu’elle a appelé toute honte bue « burkini », contraction de bikini et burka, prison de toile afghane qui couvre le corps et ne laisse qu’une grille de dentelle devant les yeux. L’invention enchante bien sûr Nadia Karmous qui profite de l’occasion pour réclamer à nouveau des heures de piscine non mixtes: « A Neuchâtel, on cherche depuis deux ans.» (9) Combien de temps les autorités neuchâteloises vont-elles encore tenir? Pour les piscines non mixtes, on ne sait pas. Mais question burkini, la porte est ouverte: Neuchâtel les autorise.

Jusqu’où vont aller les sociétés occidentales dans leur tolérance à l’égard du sexisme ?

Les femmes en point de mire

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Porter le voile n’est jamais un choix féministe

A l’occasion du 8 mars,Minona, auteure d’une mémorable Lettre d’une mécréante aux musulmans modérés,analyse le lien entre foulard et féminisme. L’auteure connait très bien l’islam, les lecteurs de ce blog ont pu le constater à de nombreuses reprises dans ses commentaires.

Certaines musulmanes voilées par choix réclament le droit de porter le voile en tout lieu et en toute situation et ce au nom du féminisme. Selon elles, étant donné que le mouvement féministe encourage les femmes à vivre en fonction de leurs choix et qu’elles-mêmes font celui de se voiler, sans y être contraintes par la loi, leur famille ou leur mari, elles sont féministes. Suivant le même raisonnement, des féministes non-musulmanes les soutiennent.

Le mouvement féministe s’est effectivement toujours battu pour que les femmes puissent faire leurs propres choix sans avoir à se conformer à un idéal défini par la religion, la tradition, la culture ou la mode. Cependant, il ne suffit pas de clamer «C’est mon choix»  avant de poser un geste pour en faire automatiquement un choix féministe.

Traditionnellement, le féminisme s’oppose à la discrimination basée sur le sexe. Or le voile est discriminatoire puisqu’il est exclusivement réservé aux femmes qui, dans la culture musulmane, doivent se conformer à des critères de pudeur et de conduite différents et plus sévères que ceux des hommes.

Le voile: un marqueur social

Il y a 14 siècles, le voile indiquait le statut social et était réservé aux femmes libres. Le verset 59 de la sourate 33 du Coran qui demande aux musulmanes de ramener sur elles leur voile afin d’être reconnues (en tant que musulmanes) et ne soient pas «offensées» a été révélé durant une période où des musulmanes se faisaient violer et réduire à l’esclavage et dont les assaillants se justifiaient en disant ne pas pouvoir distinguer les musulmanes des esclaves. Une religion qui respecte la dignité des femmes aurait interdit toute violence à leur égard au lieu de créer deux catégories de femmes, celles qui ont droit au respect et celles que l’on peut impunément violenter et exploiter.

Devenu l’un des principaux symboles de l’islam, le voile ne peut être dissocié de la vision des femmes qu’il véhicule. L’islam relègue les femmes derrière les hommes durant la prière, ne leur accorde pas les mêmes droits en matière d’héritage et de divorce, n’accorde pas à leur parole la même valeur qu’à celle d’un homme et leur interdit de voyager plus de trois jours sans un mahram, c’est à dire un homme qu’elles ne peuvent pas épouser (père, grand-père, oncle, frère, frère de lait, fils ou neveu).

De plus, l’islam permet chez ses adeptes de sexe masculin le mariage avec des fillettes impubères, la polygamie, la violence conjugale, l’usage sexuel de leurs esclaves et le viol de guerre. Comment le choix d’arborer le symbole d’une religion dont l’idéologie entre en contradiction aussi flagrante avec les valeurs féministes pourrait-il être qualifié de féministe? 

Un choix individuel qui a des répercussions collectives

Pour être féministe, un choix ne doit pas seulement refléter la volonté de celle qui le fait, il doit aussi bénéficier aux femmes en général ou à tout le moins ne pas leur nuire. Or le voile musulman a des conséquences à long terme plutôt néfastes sur les femmes. Plus il se banalise et se généralise au sein d’une société ou d’un quartier, plus il mène à une redéfinition de la pudeur féminine en faveur des musulmanes puisque ce sont elles qui se couvrent le plus.

Graduellement, la femme non-voilée devient une anomalie visuelle et subit de plus en plus de pression pour se conformer à la norme vestimentaire musulmane. Ces pressions peuvent aller du simple regard méprisant aux insultes, au harcèlement, aux menaces, à l’agression physique, au viol et, ultimement, au meurtre. Les intimidateurs et les agresseurs sont déresponsabilisés et leurs victimes blâmées pour les avoir «provoqués».

Le voile musulman ne vient jamais seul, puisqu’il s’accompagne systématiquement de vêtements couvrant la majeure partie du corps et parfois suffisamment amples pour en camoufler la silhouette. Les musulmanes voilées s’imposent de nombreuses contraintes pour s’assurer de jamais avoir à dévoiler leurs cheveux, leurs bras ou leurs jambes. Elles supportent la chaleur la plus intense et l’humidité la plus accablante et renoncent à plusieurs métiers, sports, formes de danse, et activités avec leurs enfants plutôt que d’accepter d’alléger leur tenue, ne serait-ce que quelques heures par jour ou même par semaine.

Ces femmes participent également à une redéfinition des normes comportementales féminines. La «mauvaise» femme n’est plus seulement celle qui montre ses cheveux, ses bras ou ses jambes, c’est aussi celle qui choisit le confort sans se soucier du qu’en-dira-t-on, celle qui fait du sport en public, celle qui danse, celle qui serre la main aux hommes, bref celle qui prend sa place dans l’espace public, comme un homme le ferait à sa place, sans se poser de question.

Ce phénomène peut se répéter à un niveau supérieur. Ainsi, dans une société musulmane où un voile comme le hijab va de soi, la banalisation du voile intégral peut faire basculer à long terme les femmes en hijab dans le camp des «mauvaises» femmes. Dans les régions d’Irak et de Syrie contrôlées par l’EI, les femmes sont désormais obligées de porter un voile intégral noir de même qu’une robe épaisse de même «couleur» conçue par l’organisation. Les récalcitrantes s’exposent à être arrêtées par «Hisbah», la police religieuse de l’EI, et battues à coup de bâton.

Féminisme à deux vitesses

Il est consternant qu’autant de féministes occidentales soient incapables de voir que le féminisme est instrumentalisé par des musulmanes qui le ramènent à un simple combat pour le droit de se transformer en panneau-réclame pour une idéologie sexiste.

Certaines féministes (j’ai peine à leur donner ce titre) vont jusqu’à soutenir leur droit de porter le voile intégral. Cette tolérance cache très mal une tendance plus ou moins consciente à infantiliser les femmes musulmanes et à avoir envers elles des attentes moins élevées en matière d’intégration. Comme si la religion musulmane leur enlevait toute responsabilité face à des choix qu’elles n’auraient pas à assumer et que le mieux que l’on puisse espérer d’elles est qu’elles choisissent elles-mêmes leurs entraves.

Bien sûr, une musulmane voilée peut s’impliquer très sincèrement dans la cause féministe, elle peut militer pour l’accès des filles à l’instruction, la contraception ou le divorce ou encore dénoncer le mariage forcé, les mutilations sexuelles et la lapidation mais ça ne changera rien au fait que sa décision de porter le voile, quelles qu’en soient les raisons, ne pourra jamais être un choix féministe.

MINONA

Paru dans Savoir ou se faire avoir sous le titre”Voile musulman et instrumentalisation du féminisme”

09:06 Publié dans Femmes, Voile, niqab, etc. | Tags : minona, 8 mars | Lien permanent | Commentaires (5) | Imprimer | | Facebook | | |

COMMENTAIRES

Bonjour,

je tiens à vous faire part d’une scène que j’ai vu dans un bus l’année dernière.

3-4 femmes d’un certain age qui devait être d’origines latines (italienne, espagnoles ou portguaises) entre dans le bus 10. Elle discute de leur après-midi au thé dansant. Elles ont l’air heureuse. L’une d’elle sort du bus. “Merci dit elle”, “à la semaine prochaine” lui répond une autre.

Dès lors, celles qui sont restées ont commencé discuté.

L’un dit alors “je préfère pas lui dire qu’on va danser car son mari n’aime pas”

L’impacte de cette phrase a raisonné deux fois dans ma tête. Cet homme n’avait pas forcé sa femme à mettre le voile mais sa liberté était tout aussi restreinte.

Depuis ce jour, je me dis que d’un coté on a le paradis des aveugles et l’on pense qu’il n’y a qu’un mari musulman non modéré qui pourrait se comporter de la sorte. L’expérience nous a appris que non et qu’il y a malgré tout de sacré changement de mentalité à opérer dans un pays aussi démocratique que la Suisse.

Écrit par : plumenoire | 09/03/2015

« Graduellement, la femme non-voilée devient une anomalie visuelle et subit de plus en plus de pression pour se conformer à la norme vestimentaire musulmane. » Très bonne description du processus de discrimination qui se met en place vis-à-vis des femmes non voilées. Porter le voile donne aux autres le message : « Vous, vous êtes moins respectables que moi ». 

Pour moi, porter le voile est un acte irresponsable et égoïste, surtout dans le cas des converties européennes que rien n’y obligeait. Ces femmes ne montrent pas du tout solidaires des autres femmes (ni du genre humain en général si on considère que l’islam est tout sauf philanthropique). Réfléchissent-elles au fait que dans les pays où l’islam règne en maître, certaines se battent au risque de leur vie pour ne pas porter ce vêtement? 

Je m’interroge sur les réelles motivations des femmes volontairement voilées ou foulardées. En tant que femme européenne, je vois leur geste comme un refus de s’intégrer et une manière de dire: “Je ne veux pas de votre émancipation occidentale et je préfère mon assujettissement selon ma culture que ma libération selon la vôtre”. C’est donc qu’elles doivent bien détester notre manière de vivre…

GGGGGGG

Pour ou contre l’interdiction du port de la burqa en France ?

Par Marie Loulier

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Six ans après la polémique autour du port du voile à l’école, le débat sur la laïcité revient sur le devant de la scène avec un nouvel enjeu : l’interdiction de la burqa. Une commission parlementaire devrait être officiellement formée mercredi 1er juillet pour débattre autour de ce phénomène de plus en plus répandu en France et pour proposer une loi. Mais une telle loi est-elle vraiment nécessaire ? Interdire le port de la burqa dans les espaces publics est-il liberticide ou libérateur pour les femmes ? Pour les uns, cette loi serait une atteinte à la liberté du culte, pour d’autres elle est le garde-fou indispensable à la liberté des femmes. Retour sur ce débat passionné.

La burqa est le fameux voile intégral avec un grillage devant les yeux connu des français depuis le milieu des années 90 lorsque les Talibans l’ont imposé à toutes les femmes d’Afghanistan. Cette pratique n’est pas mentionnée dans le Coran, elle ne fait pas partie de la tradition islamique, elle concerne principalement les islamistes salafistes, une branche radicale de la religion musulmane.

Jusqu’ici cette pratique restait marginale dans notre pays. La polémique est partie du député maire de Vénissieux André Gerin qui ne supportant plus la multiplication de ces prisons ambulantes dans sa ville a proposé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour réfléchir à la question. On ne parlait même pas encore de loi et déjà la question du port de la burqa divisait jusqu’au gouvernement : Nicolas Sarkozy dénonçait une pratique qui n’est « pas un signe religieux mais un signe d’abaissement et d’asservissement », même son de cloche pour la secrétaire d’Etat Fadela Amara. De l’autre côté, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale Eric Besson restait plus prudent, pour lui une loi « serait inefficace et créerait des tensions ».

Dans notre culture occidentale, le port de la burqa est une atteinte à la dignité de la femme et une marque de soumission. Pourtant, certaines femmes musulmanes la portent par choix. Celles-ci sont à la recherche d’une pureté religieuse, dans une surinterprétation des textes et ont le sentiment d’appartenir à une « aristocratie religieuse ». Les forcer à se découvrir ne revient-il pas à les priver de la liberté de pratiquer leur foi garantie par la loi sur la laïcité ?

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Pour la plupart d’entre nous, le port de la burqa est justement une atteinte à notre sacro-sainte laïcité, mais l’est-il vraiment ? Dans l’espace public, ce concept français interdit la domination d’une religion sur les autres mais pas la manifestation de son appartenance religieuse. Chacun a le droit de s’habiller comme il le souhaite et peut montrer son appartenance à un groupe par ses habitudes vestimentaires.

Enfin, lorsque ces femmes n’ont pas choisi de s’enfermer dans ces prisons de tissus, une loi les obligeant à se découvrir quand la vie en collectivité l’exige serait effectivement un pas vers une certaine émancipation.

Et vous, qu’en pensez-vous? une telle loi serait-elle liberticide ou libératrice pour les femmes ? Êtes-vous pour ou contre l’interdiction de la burqa en France ? Faut-il la tolérer ?

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> Société

Elles militent contre le voile : “Il n’est pas sacré, il est patriarcal”

Nadia Benmissi, en rouge, Nadia Ould-Kaci, tee-shirt blanc, et Josiane Doan, en jaune, forment le collectif Femmes sans voile d’Aubervilliers. Elles posent ici dans le parc de la Villette, à quelques jours du rassemblement qu’elles organisent, dans le cadre de la Journée mondiale des femmes sans voile du 10 juillet 2015. (François BOUCHON/Le Figaro)

Le Collectif “Femmes sans voile” organise une “journée mondiale contre le voile”, ce dimanche à 16 heures, place de la République à Paris. Rencontre

Par Cécile Deffontaines

Publié le 10 juillet 2016 à 07h59

Elles ne sont que deux. La toute petite soixantaine, d’élégantes robes à fleurs, le rire facile et les cheveux au vent. Elles portent le même prénom, Nadia, sont copines et habitent Aubervilliers (93) depuis des décennies. Voilà trois ans, Nadia Ouldkaci et Nadia Benmissi ont fondé le collectif “Femmes sans voile”. A l’époque, elles étaient trois. Il y avait aussi leur amie Josiane, qui est décédée il y a quelques mois.

Ces femmes en colère sont parties d’un constat qu’elles martèlent : le port du voile se généralise autour d’elles, et il devient difficile de résister à la pression sociale qui pousserait les femmes à se couvrir. Pour les deux Nadia, c’est niet. Pas question de leur faire endosser cet “uniforme mortifère”. Nadia B., professeur de techno dans un collège voisin, souligne :

“Le voile n’est pas sacré, il est patriarcal. On nous dit que notre culture, c’est d’être voilée. ‘T’es d’origine ?’ : tu dois être voilée. Mais je peux me sentir musulmane tout en ne le portant pas, et en ne faisant pas ma prière. Je suis libre de vivre comme je veux.”

Sur cette petite terrasse d’Aubervilliers, dans le jour finissant, et alors que le quartier fête l’Aïd, elles racontent leur passé, et les changements dans leur ville. “J’ai grandi en Algérie, je ne suis arrivée en France qu’à l’âge de 30 ans, raconte Nadia B. Je ne portais pas le voile, et même ma mère de 93 ans ne l’a jamais porté !” Pour Nadia O., ancienne secrétaire de direction, c’est pareil. Elle se dit “Française, 100 % pur beur du 93”, est née à Saint-Denis, a grandi à La Courneuve dans une famille ouvrière et a vécu 40 ans à Aubervilliers.

“En Algérie, les Kabyles ne portaient qu’un foulard coloré dans les campagnes, pour aller aux champs, et leurs bras étaient nus. Avant sa mort, ma mère, qui était illettrée et habitait la Courneuve, disait qu’elle ne comprenait pas les jeunes filles qui se voilaient.”

Une stratégie des islamistes ?

Pour ces militantes féministes, la généralisation du port du voile n’est pas innocente, mais le fait d’une “stratégie politique des islamistes”. Nadia B. convoque volontiers son passé algérien. “C’est quand j’étais à l’université que les voiles ont commencé à apparaître, après 1979 et la chute du Shah d’Iran. On appelait ces filles les ‘404 bâchées’, comme les camionnettes, à cause de cette couleur beige-kaki qu’elles portaient. Il faut un travail profond pour les femmes en viennent à porter de telles horreurs.”

Nadia B. a été frappée par l’islamisme au sein même de sa famille. “Mon neveu était devenu islamiste”, se souvient-elle. “Il était guetteur pour eux et il est mort à 16 ans pendant la guerre civile, en 1994. Ma sœur, sa mère, en avait peur, mais il restait son fils. Il faut bien savoir qu’à l’époque, des jeunes filles ont été assassinées parce qu’elles ne portaient pas le voile.”

Nadia O. renchérit : 

“C’est facile de le porter en France. Mais ces femmes ne pensent pas à celles du Pakistan, d’Afghanistan ou d’Arabie saoudite, mineures à vie, qui peuvent mourir de ne pas le porter.”

“Ces femmes, ici, demandent la tolérance envers leur voile ? Nous, nous demandons le droit de vivre”, assène Nadia B qui s’alarme d’avoir vu, le midi même, une petite de 8-10 ans porter le voile : “Elle a vraiment le choix, à cet âge ?” Elle raconte aussi ce jeune homme, “charmant, sans aucune haine”, qui a mis le nez dans son sac de courses :

“Il m’a dit ‘Ce yaourt, il n’est pas halal, faut pas le manger’. Je lui ai répondu que c’était mon panier, que ça ne le regardait pas. Il était confus, mais il s’était senti obligé de faire la remarque !”

Sexisme et racisme

Pour ces deux militantes, il y a trop de complaisance envers le voile. C’est bien simple : la France accepterait le patriarcat… envers les femmes maghrébines. Nadia B. :

“Quand une femme dit qu’elle est libre de se voiler, tout le monde applaudit. Ce qui est à la fois sexiste et raciste. Au nom du respect de notre culture, ils nous enterrent avec des mots gentils. Bernard Cazeneuve [ministre de l’Intérieur, NDLR] a même posé avec une fillette portant le voile, presqu’un bébé ! Je n’en revenais pas.”

La photo a circulé sur des sites d’extrême-droite, qui applaudissent à ce discours.

Alarmistes, les deux Nadia ? Leur message ne passe pas toujours auprès des voisines. Sur leur page Facebook, les opinions divergent et ça ferraille avec vigueur. Ces sexas se veulent les héritières de Simone de Beauvoir et des copines les suivent en restant discrètes. Le sourire amical d’Elisabeth Badinter, qu’elles ont croisée, leur a aussi donné des ailes. De peur des représailles, elles ont décliné des invitations sur des plateaux de télé. Elles justifient :

“Vous savez, quand on rentre dans notre banlieue, personne ne nous protège.”

Lors de la dernière édition de leur “journée contre le voile”, plus de 100 femmes sont venues place de la République, selon le site d’information Buzzfeed. Dans le collectif, elles ne sont que deux, certes, mais elles ne comptent pas baisser les bras.

Cécile Deffontaines

Ooooooooo

DOSSIERS

Ma réponse aux 14 arguments les plus courants contre le voile

EMNUS 20 DÉCEMBRE 2016 40914 VIEWS

Je commence à en avoir un petit peu marre d’user ma salive pour répondre encore et encore aux mêmes arguments contre le hijab. Alors toi qui voudrais entamer un énième débat ou me demander de justifier mes croyances et mes choix personnels, lis ceci, ça nous fera peut-être gagner du temps à tou.te.s les deux.

1) Je n’aime pas le voile.

Bah okay, d’accord. Autre chose ?

Pour ton information et ta culture personnelle, « respecter » et « approuver » ne sont pas des synonymes. Et il se trouve que je ne te demande pas d’approuver mon hijab, ni d’être d’accord avec, de l’aimer, ou même de le comprendre. Juste de res-pec-ter mon choix de le porter. C’est si difficile que ça à comprendre ? Je peux te la faire en allemand, si ça peut aider.

2) Le voile, qu’est-ce que je trouve ça moche…

Et moi, je ne vis pas ma vie pour plaire à tout le monde. La base de mon hijab, c’est que je veux plaire à Dieu, être en accord avec moi-même et me détacher de la quête jamais finie d’approbation. Mais merci quand même pour ton intervention, c’était essentiel pour moi de savoir ce que tu en pensais.

Je tiens quand même à dire que moi aussi, il y a des choses que je n’aime pas, mais je n’ai pas développé une obsession au point de chercher tous les sites en lien pour crier au monde entier que ça ne me plaît pas. Par contre, ça m’intéresse de connaître ton secret pour avoir des journées plus longues, parce que personnellement, je n’ai pas le temps d’inonder internet de commentaires ET d’avoir une vie.

3) Vous nous imposez votre religion !

Mmh, à ce que je sache, si je pratique ma religion et que je ne demande à personne d’en faire autant, je n’impose rien à personne, non… Genre le foulard magique qui transformerait en musulman.e chaque personne qui le regarde. Pitié, aie plus de considération pour tes propres capacités intellectuelles.

D’ailleurs, c’est plutôt toi qui fais preuve de prosélytisme, à vouloir me faire adopter ton point de vue à tout prix. Si la vue te déplaît, regarde ailleurs, au lieu de me dévisager avec des yeux de merlan frit. Evite aussi de taper « invasion islam femmes voilées » sur YouTube : je sais que ça peut surprendre, mais tu risquerais effectivement de tomber sur des femmes voilées.

Crédit photo : moosleemargh

4) Le voile ne fait pas partie de notre culture.

Alors tu m’expliqueras pourquoi les sœurs catholiques, la Vierge Marie et certaines femmes juives se couvrent les cheveux, tout comme le faisaient des femmes catholiques il n’y a encore pas si longtemps. Avant, le fait que les femmes soient couvertes était un signe de distinction entre les « civilisées » et les « sauvages ». Maintenant, c’est ce qui différencie les femmes « soumises » des femmes « libérées ». C’est marrant comme on dirait que c’est un peu toujours l’Occident qui dicte les normes…

5) Le voile est un signe d’infériorité de la femme.

Qui a décrété ça, à part toi et les hommes musulmans mégalos qui croient que le hijab est là pour montrer leur supériorité ? Je sais que tu n’as pas une grande estime pour mes capacités intellectuelles, mais je ne suis pas sotte au point de vouloir consciemment quelque chose qui va à l’encontre de ma dignité.

Ce n’est pas parce que les hommes ne portent pas le hijab qu’il y a un rapport de valeur : différence ne veut pas dire inégalité. Les hommes sikhs couvrent leur tête avec un turban, et pas les femmes – est-ce pour autant que les hommes sikhs sont inférieurs aux femmes ?

J’ai oublié d’être oppressée / Trop occupée à être géniale

Crédit photo : Faineemae

6) Les femmes sont forcées à le porter.

Il y a DES femmes qui sont forcées à le porter. Et il y en a d’autres qui le choisissent. Les chercheurs.ses sur la question en France affirment qu’on a fait une généralisation de certains cas de femmes forcées à le porter, et qu’on a présenté comme des exceptions celles qui l’ont choisi, alors que c’est l’inverse : la plupart des femmes en France le portent de leur plein gré. Et il se trouve qu’elles aimeraient bien mener leur vie tranquillement, qu’on respecte leur libre-arbitre et qu’on les laisse un peu RESPIRER. Aider les femmes qui ne veulent pas porter le hijab n’est pas incompatible avec le fait de laisser celles qui l’ont choisi le porter.

De toute façon, si on est des victimes oppressées, il faut nous bichonner et s’en prendre plutôt à nos bourreaux, non ?

7) Vous êtes lobotomisées.

Je l’avoue, je suis lobotomisée. Par cette société de consommation de masse, où nous achetons, portons, mangeons, écoutons et regardons tou.te.s les mêmes produits, vêtements, repas, chansons, films, publicités et émissions abrutissantes.

Par contre, pour mon hijab, ça m’a demandé une sacrée volonté de passer le cap malgré toutes les pressions pour m’en dissuader. D’ailleurs, beaucoup de femmes qui le portent le font à l’encontre des opinions de leur famille et de leur entourage. Il semblerait que je sois, comme l’immense majorité des concernées, une grande fille, douée de raison et capable de prendre des décisions par et pour moi-même. Appelle BFM, ils seront contents d’avoir le scoop.

8) Les femmes qui portent le voile le font par provocation.

Maintenant je vais me fâcher toute rouge s’il y a encore quelqu’un qui prétend mieux savoir que moi ce qu’il y a dans ma tête ou pour quelles raisons je porte mon hijab. Il va falloir accepter que je le porte par rapport à Dieu et à moi-même – donc ni pour des gens qui voudraient que je le fasse, ni contre des gens que je voudrais embêter. Ça va vous décevoir de l’apprendre, mais vous n’êtes pas le centre du monde.

Crédit photo : Meaghan Brittini

9) Ailleurs, des femmes se battent pour l’enlever.

Oui, et je les soutiens; de toute façon, un acte accompli sans conviction sincère n’a aucune valeur en islam, donc même de ce point de vue, je ne vois pas l’intérêt de forcer quelqu’un. Mais ce n’est pas une raison pour laquelle je devrais l’enlever, comme si c’était forcément comme ça que je devrais exprimer ma solidarité. Ce n’est pas parce que dans certaines sociétés barbares, les femmes sont obligées de souffrir le martyr en s’épilant, tout ça pour le regard des autres et la satisfaction de leur mâle dominant (qui, lui, n’a pas à subir ce traitement), que je vais te saouler pour que tu arrêtes de t’épiler « par solidarité avec elles ». L’important, c’est que celles qui veulent le faire puissent le faire, et que celles qui ne veulent pas, puissent ne pas le faire. Et pour ça, on a besoin de se serrer les coudes, pas de se tirer dans les pattes.

10) Il faut interdire le voile pour que les femmes puissent s’émanciper.

Tu m’expliqueras comment je pourrai « m’émanciper » (note que c’est un verbe réflexif, qui ne nécessite aucune intervention extérieure) sans pouvoir aller à l’école, à l’université ou au travail. Super plan, bravo, rien à dire. D’autant plus que si mon père/frère/mari est mon bourreau, j’imagine que le choix sera vite fait dans sa tête entre ma carrière et mon hijab…

11) La religion appartient au domaine privé.

Ah bon, et depuis quand ? Depuis qu’on amène l’islam dans les débats publics en permanence ? Pour info, il y a quelques petites choses qui vont avec la liberté de conscience, et qui s’appellent la liberté de culte et la liberté d’expression. Ça va être fun, une société qui garantit la liberté de conscience et d’expression à condition que ça reste dans l’opinion dominante ou bien au chaud dans notre tête.

12) Quand je voyage dans des pays musulmans, je m’adapte, alors c’est normal que vous vous adaptiez aussi…

Tu l’as dit toi-même : vous voyagez dans des pays musulmans, où vous êtes étranger.e.s. Moi, je suis citoyenne de ce pays. Et puis tu critiques ces pays, mais tu veux faire la même chose qu’eux, à savoir imposer aux femmes une certaine façon de s’habiller ? Sans oublier que la plupart des pays musulmans n’impose pas le voile, encore moins aux touristes (oui, parce que les pays musulmans ne se limitent pas aux pays du Golfe, Wikipedia est ton ami). De toute façon, j’imagine que tes voyages t’emmènent moins souvent en Iran qu’à Djerba, or ça m’étonnerait que tu aies dû y porter un hijab assorti à ton bikini.

13) Ce n’est pas écrit textuellement dans le Coran.

Okay, je veux bien discuter d’interprétation religieuse, mais il vaut peut-être mieux qu’on parte avec les mêmes bases. Quand je discute avec quelqu’un qui a une foi différente de la mienne, j’ai l’humilité de reconnaître que cette personne a très probablement plus de connaissances que moi dans ce domaine. Et de mon côté, je me réserve le droit de ne pas donner beaucoup de poids aux arguments « religieux » de quelqu’un qui, loin de présenter les années d’étude et la maîtrise de l’arabe coranique nécessaires pour émettre des avis religieux, n’a même pas des connaissances de BASE. Parmi celles-ci, le fait que les musulmans s’appuient sur deux sources principales, le Coran ET la Sunna (la vie et les paroles rapportées de Muhammad). Si tu ne sais même pas ça, tu peux servir ton exégèse bidon sur les plateaux télé, mais moi je ne vais pas apprendre la physique quantique avec un élève de CM2.

14) « Ici on ai en France rantré ché vous !!! » (citation authentique)

Tiens, c’est marrant, ça nous fait un point commun : notre pays à tou.te.s les 2, c’est la France. Par contre, j’espère franchement que la ressemblance s’arrête là.

Allez, bisous !

FFFFFFFFFFFFFFF

Je suis contre le port du voile islamique, mais si ça permettait une prise de conscience…

25 Oct 2018Louise LangloisChroniques de l’islamisation, Femme et islam, République et laïcité

Je suis opposée au port du voile islamique, mais si cela permettait de prendre conscience de l’ampleur du désastre….

 Depuis toujours, je suis opposée au port du voile islamique qui est un étendard politico-religieux de l’islam dans notre pays.

Sur un plan religieux tout d’abord, le voile islamique signifie pour la femme musulmane qui le porte qu’elle adhère au Coran et à la totalité de ses versets violents et meurtriers. Par ce voile, elle adhère aux textes du Coran qui ordonnent de tuer les chrétiens, les juifs, les mécréants, les apostats, les homosexuels et bien d’autres innocents. Elle adhère également aux récits de la vie de Mahomet, ce faux prophète qui n’était rien d’autre qu’un guerrier, un criminel, un égorgeur, un pilleur, un polygame et un pédophile.

Sur un plan politique ensuite, le port du voile islamique signifie un rejet de l’Occident et une volonté de faire sécession en France. Le voile islamique constitue également une revanche sur la « colonisation » française, une dénonciation du soutien de la France envers Israël et une condamnation de l’intervention de notre pays en Lybie et en Syrie.

Sur un plan républicain enfin, le voile islamique remet en question les lois de la République Française notamment la laïcité, l’égalité homme/femme et la liberté de conscience qui constituent notre socle et notre pacte républicain. Le port de ce voile islamique marque aussi une désapprobation envers nos traditions françaises que ce soit pour les tenues féminines occidentales, nos terroirs gastronomiques, viticoles ou de champagne, nos siècles de création artistique et intellectuelle qui ont rayonné à travers le monde. Le voile islamique porte en lui-même ce message mortifère de l’islam, ce message assassin de notre héritage, de notre culture et de nos modes de vie.

Aujourd’hui, la prolifération de voiles islamiques s’étend à tout notre territoire français et à toutes nos banlieues françaises dans une volonté de marquage de l’espace public. Beaucoup de Français ressentent aujourd’hui une overdose face à cette islamisation de notre pays, face à ce voile islamique qui s’impose dans notre champ visuel. D’autant plus que ce voile se décline désormais dans toutes ses variantes : hijabs, burkinis, voiles pour les activités sportives, voiles pour les fillettes.

Toutefois, c’est cette visibilité croissante du voile islamique dans l’espace public qui permet, entre autres, de prendre conscience de l’ampleur du désastre. Le voile islamique permet de chiffrer et dénombrer le nombre de femmes musulmanes qui se revendiquent de l’islam dans notre pays. Plus ces voiles sont nombreux, plus nous comprenons le danger qui menace notre société et nous pouvons espérer un réveil et un sursaut de la population française.

En portant le voile, les femmes musulmanes veulent apparaître comme des soldates de l’islam, comme une armée d’occupation de notre territoire français. Elles ne font que réveiller le peuple français avant qu’il ne soit trop tard, elles ne font que nous permettre d’identifier clairement les visages de nos ennemis.

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Louise Langlois

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10 thoughts on “Je suis contre le port du voile islamique, mais si ça permettait une prise de conscience…”

Hoplite

25 octobre 2018 at 9 h 16 min

Plus il y aura de voiles moins vous pourrez vous en débarrasser

Samia

25 octobre 2018 at 9 h 51 min

J’adhère à 1000 % à votre article, je suis d’accord avec chaque mot. C’est ce que je m’évertue à faire passer comme message mais en vain on m’oppose à chaque fois la liberté individuelle en guise de réponse. Je vous avoue que je m’épuise et que je frise l’overdose entre les voilées de plus en plus nombreuses et les dhimmis qui les défendent mordicus.

Hollender

25 octobre 2018 at 10 h 35 min

Je suis POUR le porc de la burka !

Le raisonnement est simple; plus de burka = plus de kalachnikov dessous….kif kif Faid.

L’identification de la cible est plus facile.CQFDt

Antiislam

25 octobre 2018 at 12 h 00 min

Bonjour,

C’est comme la zebiba, la tache que portent sur le front les hommes musulmans les plus fanatiques: cela permet de les repérer.

Comme le petit doigt des « Envahisseurs » dans la série télévisée qui était vue, à l’époque, comme dénonçant l’infiltration des USA par les Communistes.

David

25 octobre 2018 at 14 h 47 min

Ok! À condition que ce soit un foulard ou un carré Hermesl Avec un « H » comme h’allal!!!

BobbyFR94

25 octobre 2018 at 15 h 37 min

La France doit arriver littéralement au « bord du gouffre NAZISLAMISTE » !!

Les Français doivent « BOUFFER » du NAZISLAM partout, dans les campagnes, la montagne, la mer !!! à l’école, au boulot, P A R T O U T !!!!

Ces CONNARDS de MONDIALISTES et leur LAQUAIS, les « ZELITES polytocards », les COLLABOS, les GAUCHOS et autres TRAÎTRES envers le peuple français, le vrai, celui qui aime son pays, croient qu’ils pourront s’enrichir de cette manière, en ayant une « armée » d’esclaves à leur botte !!!

Il n’y a que ça qui les réveillera, les Franhçais, avec l’effondrement économique qui suivra ou précèdera la guerre qui arrive !!!

agathe

25 octobre 2018 at 18 h 16 min

cesont des soldates ,eneeffet, de la plus mielleuse qui vous offre des gâteaux à la plus rébarbative. Il faut donc les lister quand on peut et conserver le liste.

Christian

25 octobre 2018 at 23 h 34 min

Mardi visite au parc Saint Paul prés de Beauvais avec mes deux enfants. Environ 30 % de voilées dans les visiteurs (voiles de toutes sortes mais point communs des gros culs pour toutes car on les nourrit bien ici) Et bien cela met les gens de plus en plus mal à l’aise et nous sommes proches du point de ruptures donc continuez à vous voilez et à nous narguer cela va se retourner contre vous très bientôt les épouvantails à moineaux.

patito

26 octobre 2018 at 20 h 18 min

faites comme moi : j’ai décidé que ma religion qui en vaut bien une autre m’interdit de parler aux entorchonnées . En effet je suis pastafaray intégriste c’est à dire que je ne peux parler qu’aux femmes qui sont ou pourraient être pirates et pour être pirate et sauter à l’abordage il est impossible d’être entorchonnée ; ceci limite mes rapports aux femmes en jupe , short , pantalon etc mais pas en nijab , burka ou tout autre déguisement .

je n’y peux rien mais je respecte ma religion et j’attaquerais en discrimination toute personne qui ne respectera ma liberté religieuse .

Françoise

30 octobre 2018 at 17 h 29 min

Je suis 100 % d’accord avec le texte de Louise il n’y a rien a rajouter, en Europe occidentale nous sommes le pays le plus largement islamisé cela se voit partout y compris de l’étranger, où pour bon nombre de nations notre pays est quasiment perdu, car le peuple français ne réagit pas, sauf les patriotes bien entendu, les autres sont soi des j’menfous soit des islamo collabos et ceux la qui votent tellement bien lors des scrutins électoraux sont assez nombreux hélas il faudrait probablement un attentat de grande ampleur pour faire prendre conscience au peuple que la nation est en grand danger comme le dit si bien Philippe de Villiers néanmoins d’après les spécialistes en statistiques démographiques il faudrait aux musulmans plusieurs dizaines d’années c’est à dire au environ de 2060 pour qu’ils soient majoritaires et nous les français devenus minoritaires, heureusement pour nous le temps et les avancées technologiques en notre faveur seront si nombreuses qu’ils n’arriveront jamais à nous dominer.

GGGGGGGGG

Il échappe aux mahométans que Momo n’est pas un prophète qui prédit mais un simple oracle qui répète et qui était juif puisque c’était sa religion avant qu’il invente l’islam qui donc n’existait pas ! Comme il échappe aux cathos que Jésus était juif et circoncis car sa maman, Marie était juive.

Il est aussi surprenant que le premier livre des juifs est la Bible de l’ancien Testament… qui inspira la Thora par la suite. La Thora étant la loi écrite et le Talmud la loi orale… une appréciation de secte ! Les juifs et les chrétiens qui ont mis des siècles à peaufiner leurs textes admettent qu’étant écrit par des hommes, ils doivent s’adapter à l’évolution sociale et être modulés… ce qui donne un espoir d’humanité. Les juifs ont fait un gros effort pour se calmer sous Napoléon qui les menaçait de les virer de France… si ces gens se sont fait mal voir et viré de partout c’est que leurs écrits sont incompatibles avec un peuple en paix et en harmonie sociale. Leurs tabous alimentaires sont déjà un grand signal de refus d’intégration… Contrairement au grand mensonge des mahométans qui jurent que leur coran est incréé, ce qui est impossible et écrit par la main de Dieu… la vérité c’est que le coran a traîné plusieurs siècles en Grèce pour être réécrit… Les musulmans vont mourir de leur mensonge qui interdit toute évolution d’adaptation au monde qui bouge… car le coran est totalement illégal vis-à-vis de la loi sur l’incitation au meurtre. Macron veut censurer Facebook pour des conneries alors que le coran contient 350 appels au meurtre ! Et les Macron défendent l’islam et se veulent modernes.

Les chrétiens et les musulmans refusent l’idée d’être des sectes alors qu’il ne peut en être autrement puisque tous les premiers préceptes ont été trahis pour créer autant de chapelles différentes ou chacun avec sa bible et son coran invente sa secte. L’exemple criant c’est cet imam qui s’est marié en version homo et qui a créé une mosquée “Inclusive “quand le Qatar crée ses mosquées, que l’Iran crée ses mosquées Chiites, que tartempion en Afrique crée les siennes, que le roi du Maroc crée les siennes, que les Saoudiens créent leurs mosquées Wahhabites, que L’Aga Khan crée son circuit à blanchiment financier… c’est que chacun se positionne en franchisé pour créer sa secte à lui. L’intérêt du franchisé c’est de ne pas à avoir à réinventer une bible qui vas leur coûter trop cher… alors l’escroc se base sur le coran et il raconte ce qu’il veut en prenant les fidèles pour des cons puisqu’ils sont incapables intellectuellement de renifler l’escroquerie… on leur vend un substrat de la bible, qui ressemble au culte original… c’est une version Canada dry… une copie vendue pour un original… Après l’islam de Momo un autre a été créé puis un autre et aujourd’hui nous avons la photocopie de la photocopie de mauvaise qualité… Tous ces charlatans qui se servent de la Bible ou du coran pour créer leur chapelle perso sont des escrocs ! Il suffit d’écouter les prêches sur You Tube pour se tordre de rire mais en même temps d’être effrayé par le niveau intellectuel… qui comme dit est perturbé par la circoncision. Si vous avez un minimum le sens de l’observation vous décèlerez une souffrance permanente sur le visage avec en plus un enlaidissement par un rictus proche du tic… c’est la gueule que fait le nourrisson quand il reçoit la décharge électrique… comme je l’écris dans PRÉPUCE mon AMOUR ; Maman regardez la tronche que tire votre nourrisson pour la douleur infinie qu’il vient de subir, doublée par le sentiment d’abandon et de trahison, de la part de la seule personne au monde qu’il connaît…

L’imposture des sectes manipule ses gogos de façon faramineuse quand les imams parlent de copies du coran… car il y a un piège… l’imprimerie n’existe que depuis 1 454… et ce n’est pas un arabe qui a inventé ce procédé révolutionnaire qui a permis de s’instruire en lisant des livres. Donc du temps de Momo ses corans étaient recopiés à la main… ce qui laisse imaginer les erreurs volontaires ou non de copies et la rareté des bouquins… bien des adeptes de la secte n’ont jamais vu un coran… ce qui ne change rien avec aujourd’hui avec des corans à 5 € car ils ne sont pas lus… Le coran, ce n’est pas fait pour être lu mais pour jurer dessus… “Je te jure sur le coran “vingt fois par jour…

Un imam pas comme les autres

Homosexuel, musulman, docteur en sciences humaines et sociales, Ludovic-Mohamed Zahed est le premier imam à s’être marié à un homme. Il est aussi celui qui a ouvert la première mosquée inclusive de France. (Docteur en sciences humaines c’est sociologue ? un truc de bon à rien à l’école… une voie de garage vers l’inutile… quels pantins ces sociologues)

Il y a sept ans, il publie Le Coran et la Chair, ouvrage dans lequel il explique son histoire : celle d’un enfant d’Alger qui découvre l’islam dans un groupe salafiste et tombe amoureux de son « aîné dans la confrérie ». Il y raconte aussi la guerre civile, la violence, les doutes, puis l’acceptation de sa sexualité et de sa foi. La même année, il décide de créer la première mosquée inclusive de France, à Paris elle a fermé ses portes en 2015, et d’y accueillir tous ceux qui se sentent rejetés par l’islam : les gays, les lesbiennes, les trans ou encore les femmes non voilées. Le séisme dans le paysage musulman français est tel qu’il est obligé de s’exiler quelques années en Afrique du Sud, pays de son compagnon Khiam, suite à des menaces de mort et une fatwa (condamnation) lancée par des intégristes. Là-bas, où le mariage homosexuel est déjà légal, il l’épouse civilement (et se mariera religieusement à Paris).

Aujourd’hui de retour en France, Ludovic-Mohamed Zahed s’est éloigné de l’activisme et du tourbillon médiatique. Il gère un centre islamique progressiste, l’institut CALEM, et se consacre essentiellement à la recherche et à l’enseignement, plus tranquilles mais aussi efficaces pour faire évoluer l’islam dans une direction plus modérée, ouverte et adaptée au monde moderne. C’est dans sa ville, Marseille, qu’il parle de sa vie et de son combat. Y a-t-il d’autres imams gays qui ont pris votre exemple ? Je ne suis pas le seul, mais j’ai été le premier à prendre cette responsabilité à une époque où de nombreuses personnes venaient me demander conseil dans une association que j’avais aidé à fonder. Ces personnes étaient en grande souffrance psychologique, parfois même rejetées du foyer familial parce qu’elles avaient annoncé ou qu’on avait découvert leur homosexualité. Cela dit il n’y avait pas que des homosexuels qui contactaient l’asso. Beaucoup de musulmans hétérosexuels se retrouvaient dans notre message d’inclusivité, dans notre promotion du dialogue avec les autres communautés religieuses et notre travail sur la laïcité. L’idée est de promouvoir l’islam comme une philosophie de vie et non pas comme une loi. Cette approche parle à beaucoup de gens.

Comment abordiez-vous ce rôle d’imam ?

Dans le Coran, il n’y a pas grand-chose sur les imams. Il y a un verset dans lequel Dieu parle et dit : « Nous avons fait d’Abraham un imam », donc un « facilitateur » pour l’humanité. Moi je pense qu’un imam c’est ça, un « facilitateur », ça n’est ni un statut, ni une fonction, c’est quelqu’un qui est là pour dialoguer, pour aider à rendre moins difficiles des réflexions, des pratiques spirituelles. Sûrement pas une autorité. Ce qui ouvre la porte à la création infinie de sectes. D’ailleurs comme le dit très bien l’instigateur de l’initiative citoyenne, aux gilets jaunes… surveillez vos délégués car malgré eux ils vont vous trahir même de toute bonne fois… vous les élisez par tirage au sort aléatoire et vous les virez s’ils déconnent… vous en changez souvent pour éviter qu’ils se sclérosent… ils doivent être du peuple et bénévole… pas de carrière politique professionnelle… tout l’inverse des imans auto proclamés qui font carrière et recherche le vedettariat pour se faire du fric à vie ! Les circonvolutions d’un iman sont surprenantes… un imam c’est comme une hardeuse sur un porno hard, il est prêt à tout ! Il s’adapte et grâce aux Hadiths il va vous concocter de nouvelles règles tel le mariage forcé de fillettes à six ans comme Mahomet le maître étalon de l’exemple ! Je ne comprends pas que ces millions de fillettes mariées de force ne déposent pas plainte ? Il y a de quoi avoir peur sur l’inertie de la justice. En plus avec un coran qui lance des appels au meurtre des homos… un enfant est tué tous les deux jours en France ! Deux par jour sont violés… mais ne dites pas cela aux gauchistes genre le rigide comme une bite, Laurent Ruquier… il va vous dire que vous êtes mauvais langue alors qu’il démarre son émission en taillant des costumes à tous les maladroits qui font l’actualité. C’est bien un PD, car avant tout c’est une tonne d’égoïsme…

Vous militez pour que l’homosexualité ne soit pas rejetée par les musulmans, vous avez ouvert une mosquée inclusive, écrit des livres et fondé un institut. Sentez-vous que votre travail, et plus généralement le souhait de développer un islam plus progressiste et modéré, commence à être accepté ? (Donc chacun s’invente son islam au jasmin, au patchouli ou au gingembre… quelle arnaque ces sectes. Et le pire c’est que plus l’imam est dur et sadique plus il a de succès… car c’est comme pour les chanteurs, ils ont leurs fans… voir mon livre CONFIDENCE ou en plus je raconte ma vie)

Il y a dix ans on était des extraterrestres, personne n’avait encore jamais entendu parler de ça. On était tellement en retard en France sur ces questions-là, mais aussi sur beaucoup d’autres, comme les questions de race, de sexe, de sexisme… Mais disons que maintenant oui, on fait partie du paysage, on existe et c’est un fait reconnu. De toute façon, dire que l’homosexualité a été inventée il y a 5 000 ans par Sodome et Gomorrhe et qu’on n’a pas le droit de vivre, ça ne le fait plus vraiment, donc ceux qui ne sont pas contents n’ont pas trop le choix finalement.

Vous avez découvert votre homosexualité à 17 ans, un âge où les préjugés jouent beaucoup. Vous n’avez pas eu un rejet de l’islam à ce moment-là ?

Si. Je me suis éloigné de l’islam pendant 7 ans. Je ne voulais plus rien avoir à faire avec quelque religion que ce soit.

Comment vous êtes-vous « réconcilié » avec votre foi ?

J’en avais besoin. En fait, je me suis dit : « l’islam t’a époustouflé, passionné, et tu as tout jeté simplement parce qu’ils t’ont dit que tu ne pouvais pas avoir de spiritualité, que tu étais un animal ». Je me suis rendu compte que j’avais été un peu trop vite en besogne. Quand j’ai pris le temps de réfléchir à tout ça un peu avant l’âge de 30 ans, je suis revenu tout doucement vers la spiritualité par le biais du bouddhisme et de la méditation. Je suis allé faire un pèlerinage au Tibet, je me suis dit que c’était magnifique, sauf que les femmes y sont inférieures aux hommes, et que l’homosexualité y est aussi condamnée. J’ai compris que les préjugés existaient partout. Et c’est pareil que dans l’islam, ça n’est pas écrit dans les textes, mais on trouve toujours un truc, une virgule, un point, un espace, où introduire l’homophobie si on en a envie.

Comment expliquez-vous que beaucoup de musulmans, notamment en France, ne tolèrent pas la communauté LGBT au sein de leur religion ?

Pour essayer de comprendre ce qui se passe en France, comparons notre situation avec un pays étranger. Aux États Unis, plus de 50 % des musulmans américains sont pour le mariage pour tous*. Ils ne s’en fichent pas, ils sont pour. Comme ils n’ont pas la même immigration qu’en Europe, et que leur niveau socio-économique est plus élevé, ils sont plus progressistes qu’ici. Cela se joue donc essentiellement sur l’éducation. En France, les immigrés de la première génération sont des ouvriers, des gens qui savaient à peine lire et écrire pour beaucoup d’entre eux et qui sont venus chercher du travail dans les années 1970. Du coup, c’est compliqué de communiquer sur ces questions-là. Et j’ajoute qu’on a été, dans nos pays d’origine, colonisés à une époque où l’homosexualité était criminalisée en France. Vous voyez le type de schizophrénie auquel ils doivent faire face ? C’est-à-dire qu’on va défendre l’interdiction légale, juridique, de l’homosexualité, parce que dans nos sociétés à l’époque c’était comme ça, mais en oubliant que ça a été imposé par la France. Alors qu’aujourd’hui la France est partie et qu’elle a évolué là-dessus. Quand les gens sont ignorants, ils ont peur et quand ils ont peur et qu’en plus ils n’ont pas les moyens de se libérer de tous ces préjugés, ils se renferment encore plus sur eux-mêmes. (C’est faux car les jeunes qui débarquent n’ont pas connu la belle Algérie Française première productrice de vin au monde… et le paradoxe c’est que les LGBT sont assez lâches pour être pro arabes )

« On doit vivre ensemble, s’accepter et être de plus en plus inclusifs et tolérants, à défaut d’être vraiment proactif dans la défense des droits des autres »

Mais ça n’arrive pas qu’avec les musulmans. Le vrai problème est socio-économique et éducatif, il n’est pas du tout culturel. C’est quoi la culture ? Regarde Marseille, je connais des gens de 60 ans qui sont nés ici, leurs parents sont nés ici, qui sont musulmans, qui sont Français, mais qui ont encore des préjugés par rapport à ça. ( l’Arabe n’a aucune culture, mais uniquement des coutumes et c’est la raison principale qui l’attache à l’Islam qui est sa famille, sa religion et son mode de vie… un piège à con)

Quelles missions avez-vous entreprises avec la CALEM, votre institut à Marseille ?

Aujourd’hui on est tourné vers la recherche et la formation. Je me concentre essentiellement là-dessus, je publie beaucoup, je donne des conférences. Je suis très content de mener la prière quand on me le demande et que j’ai le temps, mais je n’ai plus envie de m’enfermer dans une mosquée. C’est magnifique de gérer une mosquée, une communauté, mais c’est comme être un travailleur social, c’est prenant. À un moment il faut choisir. On se plaint beaucoup dans nos communautés et dans ce mouvement progressiste qu’il n’y ait pas assez d’intellectuels, de livres, de textes sur lesquels s’appuyer. Je me consacre à cette construction aujourd’hui. Ça nous a pris des années mais on a un manuel de sept tomes qu’on utilise actuellement pour la formation des imams à l’institut. Il est loin d’être parfait, mais c’est un début.

Depuis votre retour en France, subissez-vous encore des pressions et menaces ?

Pas du tout. Nous, on parle essentiellement de spiritualité, donc ça n’intéresse pas grand monde. Le problème avec la mosquée [qui a fermé depuis quatre ans] c’est qu’on pensait qu’on allait y être coupés de cette réalité politique qui est quand même difficile. C’était naïf de ma part parce qu’aujourd’hui, la mosquée est devenue un lieu de pouvoir, de production de la norme, de contrôle des populations. (Ça a l’avantage d’être clair… la mosquée est un lieu de pouvoir acheté par des misérables comme Juppé à Bordeaux avec le pire des crapules l’imam Tarek Oubrou. Trouvez-moi un imam honnête et un politique vertueux… un politique qui pactise avec un imam, pactise avec le diable… il va le payer cherDonc bien évidemment, quand on a fondé une mosquée inclusive, on nous est tombés dessus en nous disant qu’on n’était pas du sérail, qu’on n’avait pas le droit de pouvoir ne serait-ce qu’influencer, même positivement, les individus qui composent notre communauté. (C’est plus facile d’ouvrir une épicerie qui fourgue de la coke et des faux papiers… mais l’intérêt de la mosquée c’est qu’il n’y a pas de stock à tenir. on ne vend que du vent)

Pensez-vous que les choses soient en bonne voie ?

Ce n’est pas juste qu’il y a de l’espoir, c’est surtout qu’on n’a plus le choix. On doit vivre ensemble, s’accepter et être de plus en plus inclusifs et tolérants, à défaut d’être vraiment proactif dans la défense des droits des autres. Je suis optimiste, mais prudent, parce que cela ne va pas être évident. Même dans la communauté, j’ai parfois des gays qui disent aux femmes de se voiler pour prier, parce que c’est quelque chose qui est ancré. Il y a encore beaucoup de travail. Mis à part le retour au bled il n’y a aucun espoir que ces gens deviennent intelligents… même leurs mosquées ne font pas de miracle… et comme expliqué dans PRÉPUCE mon AMOUR, la circoncision en pleine puberté des mahométans leur détruit des neurones… et en fait des légumes qui marchent par paire…

Que conseilleriez-vous à un ado musulman, homosexuel, qui a un conflit d’identité ?

Si j’ai un conseil à lui donner, c’est de ne pas rester seul et de rencontrer des gens qui sont dans la même situation que lui, ou qu’elle. Il faut en discuter, échanger, prendre ses propres décisions. L’islam pour moi c’est une philosophie de vie qui nous enjoint à la paix. Le terme même d’islam c’est « paix », et la paix, c’est la paix intérieure avant tout.

Alors un mec qui est PD et qui n’a pas compris que le coran c’est une merde, soit il est abruti, soit il est kamikaze et cherche les coups de cutter… Des religions ils y en a 10 000 ! Avec peut-être une qui touche à la spiritualité… mais sûrement pas avec l’islam qui mutile ses mâles en leur explosant l’hypophyse*… ce qui handicape la thyroïde qui manquant d’appels hormonaux par absence du prépuce n’arrive pas à agir sur le métabolisme… et la circoncision c’est une volonté d’Abraham pour créer un peuple légume… comment voulez-vous qu’un handicapé 24/24 trouve le chemin de la spiritualité… d’ailleurs pour lui ; c’est quoi la spiritualité ? C’est quand on rigole, qu’on est spirituel ? Et mec ! Islam ne veut pas dire paix, mais soumission… et c’est par soumission et pour être soumis que tu es circoncis… Ce n’est pas pour te protéger du Sida qui n’exista pas !

Voir mon livre SIDA ARNAQUE tome 47 ! Oui c’est compliqué la vie avec toutes ces arnaques… et si tu étais moins con ? * L’hypophyse c’est la glande du courage et de la volonté…

Dans la polémique sur le hijab de Decathlon, toutes les contradictions des anti-voile

Ça faisait longtemps qu’on s’était pas foutus sur la gueule à propos du voile, hein? Ça manquait, non? Les débats incluant le petit avis éclairé de Nicolas Dupont-Aignan sur le corps des femmes et leur liberté d’en jouir et de se vêtir comme elles le veulent? C’était un peu triste tout de même que l’absence de polémique sur le voile ou le burkini, ou n’importe quelle étoffe mal placée ait mécaniquement mis la porte-parole de Les Républicains Lydia Guirous au chômage technique?

Bref. On en est encore là. À supporter les chouineries du Printemps républicain toujours prompt à dégainer des photos sépia de femmes iraniennes dévoilées dans les années 1980 ou le #PointKamelDaoud. À assister aux micros collés sous le nez de n’importe quelle personnalité politique pour lui soutirer son avis sur le voile, l’islam, le féminisme l’islamisme.

Ce mardi 26 février donc, la commercialisation d’un hijab de running a accaparé la quasi-totalité de l’espace médiatique. Notez que c’est toujours ça que les reportages sur les charolaises du Salon de l’agriculture n’auront pas. Mais cette journée de polémiques, de réactions et de tweets indignés n’en est pas moins profondément déprimante et vaine.

À LIRE AUSSI Comment le voile a donné naissance à la «hijabista» mondiale

L’alibi si seyant du féminisme

Ainsi donc, le fait que Decathlon annonce vouloir commercialiser un «hijab de course» pour «rendre la pratique du sport plus accessible» a permis de cocher en vingt-quatre heures toutes les cases du bingo: «communautarisme», «islamisme», «soumission», «Arabie saoudite». Et ce, tous bords politiques confondus. S’il peut y avoir convergence des luttes, le voile est l’un des rares sujets à pouvoir assoir à la même table des personnes pourtant supposément idéologiquement éloignées. Valérie Rabault (PS), Nicolas Dupont-Aignant (Debout la France), Aurore Bergé (LREM) vont ainsi conjointement se pincer le nez à l’idée qu’une enseigne commercialise un produit spécifiquement destiné aux femmes pratiquant ET l’islam ET le running.

Avec à chaque fois, l’alibi si seyant du féminisme. C’est pas qu’on a un problème avec l’islam, on veut juste que les femmes soient libres de s’habiller comme elles le veulent… enfin, comme on veut nous… Marianne, à poil!

C’est fou, tout simplement fou, en 2019 que l’on en soit encore à devoir souligner cette absurdité. De mettre en vain le nez des anti-voile primaires dans leurs contradictions. Alors que l’hypocrisie et la bêtise du raisonnement sautent aux yeux.

Qu’allons-nous faire? Soumettre chaque femme voilée à un interrogatoire en bonne et due forme pour tenter de savoir si elle est suffisamment libre à nos yeux?

Faisons simple: tu es contre le voile car tu estimes qu’il s’agit d’un instrument d’oppression. Et tu veux donc soustraire les femmes de cette soumission en leur imposant TA vision de la liberté. Autrement dit, substituer une injonction par une autre. Avec ce postulat si pratique, étayé par aucune statistique mais par ton seul ressenti qui voudrait que l’essentiel des femmes voilées soient contraintes. Plutôt que de m’auto-paraphraser, je reproduis ici ce que j’avais écrit en avril 2016, au gré d’une énième polémique sur le voile. Cette fois-là, ce n’était pas Decathlon mais d’autres grandes enseignes de prêt-à-porter qui étaient alors accusées de vouloir nous inoculer le poison wahhabite avec leur «mode islamique»:

«Voilà donc, ENCORE, la question de savoir si toutes les femmes qui se voilent y ont été forcées alors que l’on ne compte plus les témoignages de femmes qui expliquent qu’elles se sont voilées par choix, sans aucune pression ou injonction patriarcale. Est-ce si difficile à admettre? Qu’est-ce qui nous force à adopter ce raisonnement binaire qui voudrait que les femmes libres sont non voilées et que les femmes voilées ont nécessairement été contraintes?

Dans Des voix derrière le voile, la journaliste Faïza Zerouala a interrogé des femmes qui ont fait du port du voile un choix éclairé et dont certaines y voient l’exercice de leur liberté. Beaucoup d’autres femmes ont tenté, visiblement en vain, de démontrer que le voile est l’expression de leur foi, par tradition familiale ou en réaction à un milieu insuffisamment pratiquant à leurs yeux, en tout cas pour des raisons qui leur sont propres. Pourtant, leur parole est systématiquement mise en doute, tant il est beaucoup plus confortable d’imaginer qu’une femme voilée ne l’est que contrainte et forcée. Bien sûr, beaucoup de femmes voilées (et l’on ne parle même pas ici de pays tels que l’Arabie saoudite) y ont été contraintes. Mais qu’allons-nous faire? Soumettre chaque femme voilée à un interrogatoire en bonne et due forme pour tenter de savoir si elle est suffisamment libre à nos yeux? Et, si elle y a été effectivement contrainte, faut-il la dévoiler de force et donc la soumettre à notre tour à notre bon vouloir et à ce qui nous semble juste?»

Si les polémiques autour du voile se suivent et se ressemblent, l’affaire du hijab Decathlon a néanmoins le mérite et l’originalité de révéler une autre contradiction contenue par le discours des forcenés de l’anti-voile. L’un des arguments régulièrement brandi par celles et ceux qui veulent purement et simplement l’escamoter de l’espace public (et ce alors que la loi n’interdit pas le port du hijab) consiste à dire que les femmes voilées se soustraient de la société. Que le hijab les détermine et les enferme à ce point qu’elles ne peuvent s’intégrer à la collectivité. Et c’est généralement là que surgit quelqu’un pour dire que «quand même, si c’est pas malheureux ces jeunes collégiennes ou lycéennes qui sèchent la piscine ou l’EPS parce que ça colle pas avec la pratique de leur religion».

Disons-le tout de go: oui, c’est triste et con. Et dommage. Pour les principales intéressées d’abord. La pratique d’une religion ne devrait en aucun cas empêcher un enfant de suivre un enseignement de l’école de la République. Les parents qui forcent leurs filles à déserter les deux heures de natation hebdomadaires parce que ça suppose de se délester de leur voile et d’être en maillot de bain sont impardonnables.

Mais le hijab Decathlon n’a rien à voir avec les dissidents de la laïcité et les parents Thénardier sauce salafiste. Il n’impose rien. Il propose. Il accommode. Il permet aux femmes voilées qui pratiquent le running d’avoir un voile adapté aux conditions de l’exercice du sport.

Il faut savoir ce que vous voulez: des musulmanes qui font tout comme vous ou des musulmanes qui s’effacent et que vous pourrez alors plaindre à loisir

La réaction face à ce hijab de sport a ceci de commun avec celle observée dans le camp de la Manif pour tous. On observe le même délire paranoïaque chez les personnes qui estiment que le mariage pour tous va les priver de quelque chose, qu’une norme sociale (le mariage entre hétérosexuels) va être remplacée par une autre (le mariage entre homosexuels), que l’ouverture de droits va en abolir d’autres. Celles et ceux qui voient dans un voile adapté au sport une menace semblent eux aussi considérer que cela va leur retirer la jouissance de leurs droits. Pour aller vite, et pour se caler sur les raccourcis employés par ces derniers, c’est un peu comme si la possibilité de porter un voile adapté aux activités sportives allait in fine déboucher sur la charia. From «un voile qui permet de pas trop transpirer» to «allez hop, toutes en burqa» very quickly.

C’est surtout presque comique de constater que les personnes qui désignaient le voile comme une obstruction à la pratique de loisirs et donc à la jouissance sont les mêmes qui s’indignent de la possibilité offerte à ces femmes de conjuguer pratique de la religion et du sport, ou de n’importe quelle activité liée au corps. Un peu comme les gens qui suspectent les parents musulmans de se tenir à la marge de la vie scolaire MAIS qui empêchent les mamans voilées d’accompagner les sorties. Bref, il faut savoir ce que vous voulez: des musulmanes qui font tout comme vous (du sport, des longueurs à la piscine, des sorties super pénibles au zoo avec la classe de CM1 de leur gosse) ou des musulmanes «pudiques» qui s’effacent, restent à la maison et que vous pourrez alors plaindre à loisir sur BFM alors que c’est vous-même qui leur dites qu’elles n’ont pas leur place dans la cité.

À LIRE AUSSI Le voile n’est pas incompatible avec le féminisme

Ce que je sais, c’est que personne ne s’est jamais plaint ou ému du voile couvrant la tête d’une femme faisant le ménage dans les tours de La Défense ou changeant les couches d’enfants qui ne sont pas les leurs («ma nounou, Yasmina, c’est une PERLE»). Mais un tissu qui absorbe l’humidité sur le même crâne de la même femme qui veut juste pas suer sous son foulard en synthétique, et c’est la laïcité qui est en danger.

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jours plus comique : Aurélien Taché compare le voile islamique au serre-tête catholique

La République en marche toujours plus loin, toujours plus fort. Les sites satiriques peinent à se renouveler, ont l’angoisse de la page parce qu’il faut bien le dire : certains politiques leur font une concurrence déloyale éhontée. Ainsi un député vient de comparer le voile islamique au serre-tête catholique : Le Gorafi en avait rêvé, Aurélien Taché l’a osé. Mis en difficulté par Zineb El Rhazoui qui lui demandait son avis sur les fillettes de 11 ou 12 ans voilées, c’est la seule parade qu’il a trouvée. Parce qu’il est bien connu qu’un peu partout dans le monde, de nombreuses jeunes filles catholiques ne peuvent pas sortir sans leur serre-tête. Sur les réseaux sociaux, le hashtag « #Prisonnière du serre-tête à Versailles » fait florès, des jeunes résistantes ayant préféré la barrette ou l’élastique pour se coiffer auraient même été aspergées d’acide ou assassinées.

Même Marlène Schiappa – c’est dire ! – a trouvé que c’était un peu fort de café : « Il faut cesser ce relativisme qui nous fait mettre sur le même plan des choses qui sont opposées. » C’est l’hôpital qui se moque de la charité, pourrait rétorquer son petit camarade, eu égard à sa propre sortie sur LMPT et les islamistes. Le postulat de base est, d’ailleurs, le même : le problème, c’est LA religion, quelle qu’elle soit, avec cette différence près que si l’on a réussi à mater le catholicisme, l’islam plus jeune et plus fougueux commet encore quelques « incartades » avec lesquelles il faut être indulgent, compte tenu du traitement discriminatoire dont tant de musulmans font l’objet dans notre pays. Contrairement aux catholiques, en tous points favorisés comme chacun sait : on peut donc, avec eux, se défouler à loisir sans se gêner.

Et tant pis si laïcité et féminisme, qui sont au cœur de leurs propos, ont l’une (« il faut rendre à César ce qui est à César ») et l’autre (« il n’y a plus ni grec, ni juif, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, car vous êtes tous en Jésus-Christ ») fleuri sur ce terreau chrétien qu’est l’Occident.

Notons, au passage, que si le catholicisme est immédiatement appelé à la rescousse pour relativiser les écarts islamistes, l’inverse, en revanche, n’est pas vrai, l’amalgame ne fonctionnant que dans un sens : il n’est de pédophiles, par exemple, que dans le clergé catholique.

Agnès Thill qui, eu égard à ses positions contraires à la doxa sur la PMA, subit les persécutions de son propre camp – Aurélien Taché en tête, signataire de la lettre exhortant leur président de groupe à faire montre de « fermeté » à son endroit – ironise sur Twitter : « Ouh la la… le coup du serre-tête des petites filles catholiques… et du voile islamiste… par notre Fouquier Tinville d’opérette… Aurelien Taché des excuses ? Une commission des conflits ? #2poids2mesures ? Bah nul n’est parfait ! »

C’est surtout Aurélien Taché qui devrait songer à ôter son propre serre-tête idéologique, qui tend à lui comprimer le cerveau et lui atrophier les neurones.

Addenda : Aurélien Taché a publié dimanche soir un communiqué de presse : « Je tiens à m’excuser si mes paroles ont pu blesser. »

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Assassinée pour avoir refusé de porter le voile : ces femmes voilées qui insultent sa mémoire

30 Juil 2016Pierre CassenDjihad, Femme et islam, Les Résistants, Liberté d’expression

Pierre Cassen et moi-même avions été sollicités il y a plus de deux ans pour participer à un livre d’hommage à Katia Bengana, assassinée en Algérie le 28 février 1994, à 17 ans, pour avoir refusé de porter le voile.

Il se trouve que l’auteur de cette initiative, qui vit en Algérie a apparemment rencontré de nombreux obstacles et que le livre prévu ne verra jamais le jour.

Nous avons donc décidé, Pierre et moi, d’offrir aux lecteurs de Riposte laïque et de Résistance républicaine la possibilité de connaître cette héroïne de la lutte anti-voile, ce voile que des soldates de l’islam voudraient imposer dans notre pays.

Le moment est venu de faire savoir aux Français qui n’en auraient pas encore pris conscience que le voile ce n’est pas une liberté individuelle mais une aliénation et que partout dans le monde des femmes meurent pour le refuser.

Nous espérons que nos deux contributions ouvriront les yeux des autruches et qu’elles seront traduites dans de nombreuses langues afin que la mort de Katia Bengana ne demeure pas vaine.

Christine Tasin

Contribution de Pierre Cassen

Voir ici la contribution de Christine Tasin

Ces femmes voilées qui, en France, insultent la mémoire de Katia Bengana

Dans la vie, il y a les rebelles et les soumis. Ceux qui se battent et ceux qui se couchent. Ceux qui ne baissent pas la tête et ceux qui baissent les yeux. Ceux qui résistent et ceux qui collaborent. Ceux qui sont courageux et ceux qui sont lâches. Mais surtout, il y a le ventre mou de l’opinion, qui, en fonction du rapport de forces, bascule du côté du plus fort. Manifestement, Katia Bengana était une rebelle qui se battait, qui ne baissait pas la tête, qui résistait, et elle était très courageuse. C’est pour cela que les fascistes l’ont tuée.

Mais pour que les islamistes aient pu cibler si facilement cette adolescente qui incarnait l’amour de la liberté, il a fallu que des milliers d’autres femmes capitulent devant l’obscurantisme et acceptent, par lâcheté, soumission ou adhésion, de porter ce symbole infâme.

En France, nous avons des milliers de Katia Bengana en puissance, mais aussi des milliers de jeunes femmes qui, en portant le voile islamique, au nom du stupide « C’est mon choix, c’est ma liberté », insultent la mémoire de cette jeune femme assassinée, mais aussi celle de ces milliers d’autres femmes qui, pour ne pas le porter, ont risqué leur vie, et parfois l’ont perdue.

Comment ne pas qualifier, dans notre pays, les femmes qui portent le voile islamique de traîtresses à la cause féministe, de collaboratrices du fascisme islamique, et des petites soldates de l’islam ?

Je pense à ces trois jeunes filles de treize ans, en 1989, manipulées par les islamistes, qui voulaient imposer le voile islamique dans l’école de la République, à Creil, et à la lâcheté du gouvernement Jospin, incapable de faire respecter les lois de la République.

Je pense à ces milliers de jeunes filles qui, à l’école, entre 1989 et 2004, soutenues par des associations musulmanes, par les prétendus antiracistes et des gauchistes dégénérés, ont essayé d’imposer, dans des centaines d’écoles de France, ce symbole sexiste et raciste, violant ainsi les principes laïques.

Je pense à Sihem Andalouci, proche de Tariq Ramadan, qui, en adhérant chez les Verts de Roubaix avec son voile, dans les années 2000, fut la première femme à imposer au monde politique cette tenue.

Je pense aux sœurs Leila et Alma Levy, filles d’un avocat du Mrap, qui, en 2003, en pleine campagne sur une loi contre les signes religieux à l’école, dont le voile, voulurent, au lycée Henri Wallon d’Aubervilliers imposer des tenues afghanes à la communauté scolaire, et finirent par se faire virer, jouant les martyrs de la laïcité.

Je pense à Houria Demiati, cette militante voilée, qui milite pour imposer sa tenue sur les lieux de travail, qui, un jour d’août 2006, avec une amie, a voulu imposer sa tenue dans un gîte de montagne tenu par Fanny Truchelut, dans les Vosges. Refusant la demande de cette dernière de retirer ce voile dans les parties communes, elle a traîné cette femme devant les tribunaux, et l’a faite condamnée à une peine de prison avec sursis et à des amendes telles qu’elle en fut ruinée.

Je pense à Besma Mechta, conseillère municipale élue sur une liste communiste, à Echirolles, en 2008, qui, grâce à la complicité du maire, put siégée avec son voile.

Je pense à la militante du NPA d’Olivier Besancenot, Ilhem Moussaïd, qui s’est présentée voilée, en 2010, à des élections régionales.

Je pense à ces milliers de femmes voilées, qui, grâce au laxisme de la loi du 15 mars 2004, sur les signes religieux à l’école, peuvent le porter, et ne s’en privent pas, à l’université, pourtant service public.

Je pense à ces centaines de Belphegor qui, sur notre sol, nous imposeront des voiles intégraux, jusqu’à ce qu’une loi, combattue par la presque totalité de la gauche, interdise cette tenue dans les rues de France.

Je pense à Nadia Belaghlem-Boukherouba, élue conseillère municipale le dimanche 30 mars, à Montereau, dont les premières paroles furent : « J’ai été élue avec mon voile, je siégerai avec mon voile ».

Je pense à ces milliers de nounous voilées qui, avec la complicité des autorités françaises, assument un rôle éducatif, y compris auprès de non-musulmans, en imposant cette tenue.

Je pense aux milliers de mères de familles voilées qui, depuis des années, multiplient les pressions pour pouvoir figurer parmi les accompagnatrices des sorties scolaires.

Depuis plus de vingt ans, le voile est l’uniforme de la conquête de l’espace public par les islamistes. Il est de plus en plus porté, dans notre pays. Celles qui le portent mettent donc délibérément en danger toutes les Katia Bengana de France, qui veulent continuer, malgré les menaces des imams et des grands frères, à vivre à l’Européenne.

Notre ami Pascal Hilout explique fréquemment les raisons pour lesquelles, selon lui, le voile n’a pas sa place en France.

C’est d’abord un symbole sexiste, qui trahit les combats féministes de nos aînées.

C’est une insulte aux hommes, considérés comme incapables de maîtriser leurs pulsions devant une belle chevelure.

C’est un symbole raciste, puisqu’il induit le fait que celle qui le porte est réservée aux seuls musulmans.

C’est une insulte au combat, de l’autre côté de la Méditerranée, des femmes qui, comme Katia Bengana, risquent leur vie, et parfois la perdent, pour ne pas le porter.

C’est une mise en danger, en France, de celles qui, en voulant vivre à l’Européenne, s’exposent aux représailles (jet d’acide, agression, viol) des complices français des assassains de Katia.

En France, deux lois ont été votées, en 2004 contre le voile à l’école, et en 2010 contre le voile intégral dans la rue. Manifestement, cela ne suffit pas. La seule mesure à prendre efficace est d’interdire purement et simplement le voile islamique dans l’espace public.

Nous avons souvent entendu, dans des conférences, l’attente, de l’autre côté de la Méditerranée, que tous les progressistes, féministes et laïques ont, de la part de la France. N’est-ce pas à un pays qui incarne encore les Droits de l’Homme, la Liberté et la laïcité, de prendre une telle décision ?

Ne serait-ce pas le meilleur hommage à rendre à Katia Bengana ?

Pierre Cassen

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Pierre Cassen

Fondateur de Riposte laïque

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5 thoughts on “Assassinée pour avoir refusé de porter le voile : ces femmes voilées qui insultent sa mémoire”

Philippe Mangé

30 juillet 2016 at 11 h 55 min

Bravo et merci M Casen pour votre militantisme pédagogique anti-coran archaïque et preneur d’otage . Etretenons et partageons ce combat de tous les instants, partout .

Nicole

30 juillet 2016 at 14 h 23 min

Bravo Pierre Cassen pour votre infatigable combat, votre énergie incommensurable et votre COURAGE car oui il en faut dans notre société actuelle !

Bien sûr que vous avez raison, j’en croise tous les jours par chez moi des Belphégor, ce n’est même plus ostentatoire, c’est bien pire car d’elles-même, sans contrainte aucune elles se moquent ouvertement de la France et nous narguent nous les sans-dents!!!!!

Merci à nos zélites politiques, aux médias, aux enseignants bien-pensants et……..tous les autres, malheureusement je ne vois que des ennemis autour de moi!!!

hoplite

30 juillet 2016 at 15 h 40 min

Ce matin sur la place du marché, une auto s’arrête, la portière s’ouvre sur une bâche bleue toute neuve. Je fais remarquer à très haute voix que porter des jeans et des nike sous ce pseudo voile de pudeur n’est pas très haram… Elle est partie en courant en baissant la tête. Elle a surement crut que j’étais un frère déguisé lui aussi…

luclebelge

30 juillet 2016 at 18 h 49 min

Interdire le port du voile aux jeunes filles et aux dames désireuses de le porter ne se rapporte pas, selon moi, à la défense d’une liberté. Interdire le port du voile revient au même résultat que son imposition : c’est malsain !!

BUTTERWORTH

30 juillet 2016 at 23 h 29 min

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Le Traité d’Aix-la-Chapelle

« Pour que nous puissions saisir le Conseil Constitutionnel afin de faire invalider ce traité, écrivez à votre député, à votre sénateur et au Président du sénat : 

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Il nous faut 60 parlementaires pour saisir le Conseil Constitutionnel à propos de 6 clauses du Traité d’Aix

Vous trouverez ci-après un article paru sur le Figaro qui explique très clairement pourquoi 6 clauses du Traité d’Aix-la-Chapelle ne seraient pas conformes à la Constitution.

Les arguments semblent très pertinents à notre ami et contributeur Patrice Cirier, avocat retraité :

Cet article me paraît parfaitement articulé et pertinent.

Il faudra toute la rouerie d’un Conseil Constitutionnel qui a perdu la plus grande partie de son indépendance pour ne pas faire droit à tout ou partie de cette argumentation.

Si j’avais modestement à y apporter ma pierre, j’ajouterais ceci:

Toute participation d’un membre d’un gouvernement étranger à quelque instance gouvernementale française (particulièrement un conseil des ministres!) se heurte à la question de la préservation du secret des informations et des délibérations des organes gouvernementaux souverains de la Nation. Je fais remarquer que ces délibérations ne se déroulent pas à huis clos par hasard.

Le partage de ces informations et du secret de ces délibérations peut avoir des conséquences politiques, voire stratégiques, nuisibles, voire contraires aux intérêts nationaux, et ne peut donc, pour cette raison, à mon sens, être envisagé.

Maître Patrice Cirier

Si le Traité ne respecte pas la Constitution, il faut soit que le Président de la République saisisse le Conseil Constitutionnel, soit le Président du Sénat, soit 60 parlementaires.

Macron ne le fera jamais, Quant à Larcher… Ce LR européiste est-il capable de se battre contre Macron ? Ils sont timides, à LR, sur le sujet du Traité, à part quelques individus faisant cavalier seul, on n’a pas entendu grand-chose…

Il nous reste les 60 parlementaires.

Ce serait bien le diable qu’on ne trouve pas, entre les députés et les sénateurs, 60 opposants à Macron pour porter l’affaire devant le Conseil Constitutionnel… sauf à ce que les rivalités et haines politiciennes n’interdisent aux égos démesurés des députés et sénateurs de l’opposition de préférer le bien commun aux susceptibilités à fleur de peau.

Amis patriotes, amis résistants, c’est le moment de mouiller votre maillot en écrivant à tous les députés, et à Larcher.

C’est le moment d’investir toutes les permanences de députés et de sénateurs ( pas ceux d’en Marche, nos ennemis, ni ceux du PS et du PC qui n’ont pas eu un mot contre le Traité D’Aix-la-Chapelle… tant ils détestent la France.

http://www.epvl.eu/contact-deputes-et-senateurs/

Envoyez force courriels, téléphonez… aux permanences de DLR, RN, Insoumis, LR… afin de convaincre les états-majors de diligenter leurs députés et sénateurs pour cette ultime possibilité de faire échec aux projets de Macron le traître.

TRIBUNE – Plusieurs clauses du traité ne sont pas conformes à la Constitution, argumente le professeur à la faculté de droit de l’université Paris II-Panthéon-Assas, Olivier Gohin. Il demande que le Conseil constitutionnel soit saisi.

Le 22 janvier, la France et l’Allemagne vont signer le traité d’Aix-la-Chapelle sur la coopération et l’intégration franco-allemandes.

Trois remarques préalables sont à faire.

C’est la date anniversaire du traité de l’Élysée du 22 janvier 1963 que le Bundestag avait sciemment torpillé par l’ajout irrégulier d’un préambule réaffirmant l’importance, pour l’Allemagne, d’ «une étroite association entre l’Europe et les États-Unis». Le lieu n’est pas fortuit: Aix-la-Chapelle fut la capitale de l’Empire franco-germain de Charlemagne. L’intitulé du traité n’est pas davantage fortuit: c’est, à travers l’«intégration», la reprise du projet fédéralisant, mis en échec, pourtant, par le peuple français, lors du rejet massif du projet de «Constitution européenne» par référendum, le 29 mai 2005.

Or le président de la République qui a négocié ce traité (comme le prévoit l’article 52 de la Constitution) est aussi celui que sa fonction désigne comme le garant de l’indépendance nationale explicitement (article 5 de la Constitution) et donc de la souveraineté nationale implicitement (article 3). Et il a à le faire en veillant au respect de la Constitution (article 5), ce qui est loin d’être le cas par les six motifs suivants, dans l’ordre du traité d’Aix-la-Chapelle.

Selon le préambule de ce traité, est réitérée la volonté d’une Union européenne «souveraine», alors que cette organisation internationale n’est pas un État, seul appelé à la souveraineté, et que sur le territoire français, la souveraineté n’est pas autrement que «nationale», exercée par le peuple français auquel elle appartient.

«Selon le traité, »un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au Conseil des ministres de l’autre État »»

L’article 4 du traité stipule que la France et l’Allemagne «se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires», ce qui répète inutilement l’assistance mutuelle prévue par l’article 5 du traité de Washington du 4 avril 1949 instituant l’Otan, mais pour lui donner, ici, un caractère obligatoire qu’elle n’a pas, pour chacune des parties dont la France, dans le cadre de l’Otan.

Créer par le traité d’Aix-la-Chapelle une obligation pour l’État français, qui plus est en matière de défense, c’est, en soi, une atteinte à la souveraineté nationale pour ne rien dire d’une stratégie de dissuasion nucléaire qui ne peut être que nationale.

En outre, l’article 5 du traité prévoit que les deux États «établiront des échanges au sein de leurs représentations permanentes […], en particulier entre leurs équipes du Conseil de sécurité» des Nations unies. Est-ce à dire que la France pourrait être représentée par des politiques ou des diplomates allemands au sein du Conseil de sécurité dont, contrairement à l’Allemagne, elle est membre permanent, avec droit de veto?Ce serait là une atteinte à la souveraineté nationale.

Or quelle garantie, autre que celle de la Constitution, peut être donnée contre le recours à l’allemand dans les services déconcentrés de l’État en Alsace-Moselle, mais aussi dans ceux des communes, établissements publics de coopération intercommunale ou départements? Et la même question vaut d’être posée pour les services des eurodistricts ou eurorégions, sur le territoire français, ainsi que pour ceux de la prochaine «collectivité européenne d’Alsace», nouvelle tentative de suppression des départements du Bas-Rhin et du Rhin, pourtant refusée par référendum local, le 7 avril 2013.

Enfin, selon l’article 24 du traité d’Aix-la-Chapelle, «un membre du gouvernement d’un des deux États prend part, une fois par trimestre au moins et en alternance, au Conseil des ministres de l’autre État». Or le Conseil des ministres français a des attributions constitutionnelles, par exemple pour délibérer un projet de loi (article 39 de la Constitution) ou pour autoriser le premier ministre à engager sa responsabilité sur un texte (article 49). Il y a donc là une atteinte aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale.

Par ailleurs, l’article 14 institue «un comité de coopération transfrontalière comprenant des parties prenantes». Le traité les énonce, ajoutant à chaque État, «les collectivités territoriales, les parlements et les entités transfrontalières comme les eurodistricts et, en cas de nécessité, les eurorégions intéressées».Est-ce que la future «collectivité européenne d’Alsace» sera une des parties de ce traité international qui est conclu et ne peut être conclu qu’entre deux États souverains dont la France, en méconnaissance du caractère constitutionnellement unitaire de la République française (article 1er de la Constitution)?Alors qu’au surplus, l’État admet d’insérer ces collectivités territoriales et autres personnes publiques dans le champ des relations internationales qui sont, partout en France, un monopole de l’État (comme l’a souligné le Conseil constitutionnel dans sa décision du 12 février 2004).

De plus, la revendication du bilinguisme apparaît au détour de l’article 15 du traité d’Aix-la-Chapelle, d’ailleurs réduite à un objectif dans les territoires frontaliers. Bien entendu, il ne s’agit nullement ici de rattacher l’Alsace à l’Allemagne ou, même, de «germaniser la plaine»: il faut savoir raison garder. Mais la langue de la République est bien le français, comme le Conseil constitutionnel a eu l’occasion de l’affirmer dans sa décision du 15 juin 1999, et l’exclusivité de la langue française vaut dans la sphère publique, ainsi qu’il l’a souligné dans sa décision du 29 juillet 1994.

«Il est grand temps de mettre une question européenne, telle que ce traité, dans la campagne des élections européennes»

Dès lors, il importe qu’après sa signature, au plus tôt, et l’autorisation de sa ratification, au plus tard, le Conseil constitutionnel soit saisi, sur le fondement de l’article 54 de la Constitution de 1958, en vue de vérifier la constitutionnalité du traité d’Aix-la-Chapelle afin de dire les nombreux obstacles à l’autorisation de sa ratification en l’état.

Dès lors, il importe qu’après sa signature, au plus tôt, et l’autorisation de sa ratification, au plus tard, le Conseil constitutionnel soit saisi, sur le fondement de l’article 54 de la Constitution de 1958, en vue de vérifier la constitutionnalité du traité d’Aix-la-Chapelle afin de dire les nombreux obstacles à l’autorisation de sa ratification en l’état.

Cette saisine peut être celle du président de la République, lui-même, ou, à défaut, celle du président du Sénat ou d’au moins soixante parlementaires.C’est indispensable, car il est grand temps de mettre une question européenne, telle que ce traité d’Aix-la-Chapelle, dans la campagne des élections européennes, celle qui se profile derrière l’écran de fumée du «grand débat national». Ce n’est que sur une base juridiquement solide et politiquement légitime que la construction européenne pourra se poursuivre et même reprendre, certainement pas contre la souveraineté intangible des États et sans l’accord exprès des peuples, sinon à ses risques et périls. Cela vaut pour la coopération franco-allemande, à présent, comme pour l’Union européenne, bientôt.

OLIVIER GOHIN

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 22/01/2019. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2019/01/21/31002-20190121ARTFIG00281-le-traite-d-aix-la-chapelle-affecte-la-souverainete-nationale.php

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Christine Tasin

Présidente de Résistance républicaine ; professeur agrégé de lettres classiques.

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11 thoughts on “Il nous faut 60 parlementaires pour saisir le Conseil Constitutionnel à propos de 6 clauses du Traité d’Aix”

La moutarde me monte au nez

23 janvier 2019 at 11 h 22 min

L’archer?

Sa seule préoccupation, c’est d’avoir accès à la cantine 4 étoiles du sénat !

La moutarde me monte au nez

23 janvier 2019 at 11 h 46 min

En gros en remerciement de la précarité et de l’invasion migratoire que nous impose l’allemagne, nous mettons à sa disposition notre technologie d’armements et la dissuasion nucléaire payée par les français.

En retour, en cas d’émeute des gilets jaunes les CRS français pourront recevoir l’aide de la gestapo.

Quant à l’ONU, j’espère que les quatre autres membres du conseil permanent sauront refuser à l’allemagne, ses prétentions, puisque le presidenticule francais n’en a plus ni le pouvoir, ni la volonté.

Pour le reste je crains, pour pouvoir continuer à vivre en France, qu’il n’en faille apprendre l’atabe et l’allémane.

denise

23 janvier 2019 at 13 h 53 min

tous les journalistes s’accordent à dire que les quatre autres membres n’accepteront jamais ! je pense qu’ils faut l’entendre comme ça , même si un journaliste a dit que c’était une aberration de rester à cinq membres du Conseil ! ce n’est que son avis !

Poum

23 janvier 2019 at 12 h 16 min

« J’accuse M.Macron d’agir sciemment en vue de liquider la souveraineté et l’indépendance de la France ».

Entretien avec l’amiral Michel Debray.

https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/j-accuse-m-macron-d-agir-sciemment-211904

Marcher sur des Oeufs

23 janvier 2019 at 13 h 10 min

Cet accord ‘Aix-la-Chapelle est une baffe supplémentaire de Macron à la France et aux souverainistes qui seraient tentés de sortir de l’UE par quelque moyen que ce soit, FREXIT inclus.

Il est en train de nous dire : « Et maintenant quoi ? Qu’est-ce que vous faites ? qui prend quoi ? Oserez-vous perdre diffinitivement l’Alsace et la Lorraine ? »

Les européistes, les mondialistes eux s’en foutent, que l’Alsace soit d’un côté ou de l’autre, c’est du pareil au même pour eux.

Mais Macron, Merckel, se foutent de nous ouvertement, non seulement ils amassent des trésors de guerre, mais en plus, ils doivent rigoler dans leur coin de leurs manoeuvres, ils placent les Français, dans un sordides plagia de la juste sagesse de Salomon, qui pour reconnaître la vraie mère avait proposé le partage d’un enfant à deux femmes qui prétendaient en être la génitrice.

Le plan machiavélique juste avant les européennes ; ce Macron est diabolique, traître et malade. il n’a pas sa place à l’Élysée.

hoplite

23 janvier 2019 at 14 h 31 min

Bon la Merkel après ça elle annexe l’Autriche et la Pologne?

Laurent P

23 janvier 2019 at 18 h 52 min

> c’est le moment de mouiller votre maillot en écrivant à tous les députés, et à Larcher.

Si vous ne savez pas trop QUOI écrire exactement, vous pouvez participer tout de même en vous simplifiant la vie : Imprimer le présent article et l’envoyer par la poste à l’adresse postale publique de votre député, de Gérard Larcher, ainsi quede votre sénateur.

Vous trouverez ces adresses postales directement à partir des pages officielles de l’assemblée nationale et du sénat :

http://www.assemblee-nationale.fr/qui/ pour les députés.

Ecrire de préférence à l’adresse de la permanence électorale, si le député en possède une.

Pour le savoir, cliquer sur « Contact » dans la fiche de votre député.

http://www.senat.fr/elus.html pour les sénateurs.

De même, écrire de préférence à l’adresse de la permanence électorale, si le sénateur en possède une.

Voir au bas de la fiche de votre sénateur.

Pour M. Larcher, c’est au sénat : http://www.senat.fr/presidence/index.html

Pour imprimer facilement l’article, c’est pas compliqué :

Cliquer sur la barre verte « Print Friendly » en bas à gauche de l’article.

(ou accès direct : https://www.printfriendly.com/p/g/yxhmh6 )

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Désormais vous pouvez imprimer l’article dans sa version « véritable lettre », en imprimant les quatre pages de la version PDF que vous venez de créer, en deux feuilles imprimées chacune recto-verso.

Pour donner plus de poids à votre envoi, vous pouvez personnaliser ce courrier en signant de votre prénom et ville au bas de la dernière page, dans la zone restée blanche (inutile de risquer des représailles en indiquant naïvement vos coordonnées complètes).

Voilà, s’opposer à ce que la France fasse un premier pas vers un Anschluss par l’Allemagne, ça ne coûte qu’un timbre.

CLAIRET

Assassinée pour avoir refusé de porter le voile : lettre ouverte à Katia Bengana

Pierre Cassen et moi-même avions été sollicités il y a plus de deux ans pour participer à un livre d’hommage à Katia Bengana, assassinée en Algérie le 28 février 1994, à 17 ans, pour avoir refusé de porter le voile.

Il se trouve que l’auteur de cette initiative, qui vit en Algérie a apparemment rencontré de nombreux obstacles et que le livre prévu ne verra jamais le jour.

Nous avons donc décidé, Pierre et moi, d’offrir aux lecteurs de Riposte laïque et de Résistance républicaine la possibilité de connaître cette héroïne de la lutte anti-voile, ce voile que des soldates de l’islam voudraient imposer dans notre pays.

Le moment est venu de faire savoir aux Français qui n’en auraient pas encore pris conscience que le voile ce n’est pas une liberté individuelle mais une aliénation et que partout dans le monde des femmes meurent pour le refuser.

Nous espérons que nos deux contributions ouvriront les yeux des autruches et qu’elles seront traduites dans de nombreuses langues afin que la mort de Katia Bengana ne demeure pas vaine.

Christine Tasin

Contribution de Christine Tasin

Voir ici la contribution de Pierre Cassen

Lettre ouverte à Katia Bengana, morte pour avoir été une femme libre

Je te pleure, Katia.

Je te pleure parce que tu as été fauchée dans la fleur de l’âge, il y a 20 ans

Je te pleure parce que tu étais belle et rebelle,

Je te pleure parce que tu n’avais que 17 ans.

Le poète maudit avait dit : « on n’est pas sérieux quand on a 17 ans »,

Comme lui tu n’étais pas sérieuse,

Comme lui tu te rebellais,

Comme lui tu osais dire non.

Non aux fous de Dieu

Non à ceux qui voulaient t’enfermer

Non à ceux qui te voulaient objet caché

Non à ceux qui voulaient te voiler.

Je te dis merci, Katia

Merci de nous avoir montré la voie,

Merci de ne pas avoir eu peur de mourir pour tes idées,

Merci de ne pas avoir eu peur de mourir pour les femmes,

Merci de ne pas avoir eu peur de mourir pour nous,

Nous tous, hommes et femmes confondus, qui disons non, à notre tour.

Non à la barbarie islamique

Non à la barbarie issue du VIIème siècle

Non à la force brutale et aveugle

Non à la haine de la femme

Non à l’islam, tout simplement.

Je t’aime, Katia,

Comme j’aime toutes les femmes qui, un jour, se sont levées pour nous :

Je t’aime comme j’aime Lucrèce la belle romaine,

Trahie et violée par son hôte,

Elle s’est suicidée, amenant la fin de la monarchie et le début de la République.

Je t’aime comme j’aime Jeanne d’Arc,

Celle qui a osé dire non à l’envahisseur,

Brûlée vive pour avoir permis que la France demeure la France.

Je t’aime comme j’aime Olympe de Gouges,

Celle qui a osé réclamer l’égalité des droits politiques et civils pour les femmes,

Guillotinée pour s’être élevée contre la Terreur au nom de la République.

Je t’aime comme j’aime Louise Michel

Déportée pour s’être battue pour les plus faibles

Déportée pour s’être battue contre les traîtres à la patrie

Je t’aime comme j’aime Rosa Luxemburg,

Celle qui a tout donné pour la révolution et le pouvoir du peuple,

Assassinée pour avoir mis en pratique ses idées.

Je t’aime comme j’aime Rosa Parks,

Celle qui a refusé de céder sa place à un blanc dans le bus,

Celle qui, inculpée, a permis que soient abolies les lois ségrégationnistes aux Etats-Unis.

Je t’aime comme j’aime Ayaan Hirsi Ali,

Celle qui a osé dire l’infâme sort des femmes en islam,

Celle dont la tête est mise à prix pour avoir réalisé Submission

Avec Theo Van Gogh, assassiné…

Oui Katia, le chemin vers la liberté est long

Oui, Katia, le chemin vers l’émancipation des femmes est difficile

Oui, Katia, ta lutte, notre lutte, immémoriale n’est que souffrances et morts,

Mais… Katia, Rosa, Jeanne, Ayan, Louise, Olympe et toutes les autres,

Vous n’avez pas souffert en vain,

Vous n’êtes pas mortes en vain,

Vous nous tenez la main, vous nous soutenez,

Grâce à vous nous avons espoir,

Grâce à vous nous avons le courage de lutter, à mort,

Pour toutes les femmes, piétinées et niées, partout dans le monde.

Et nous gagnerons, Katia, sois-en sûre.

Il est taré, il est camé ou il est bourré, le gros islamiste Belattar ?

Céline Pina se sent trop seule pour lutter contre la nuit noire qui nous menace, elle se met en retrait

Taché veut interdire aux Français d’origine de gérer les « quartiers », la partition c’est maintenant

“Assassinée pour avoir refusé de porter le voile : lettre ouverte à Katia Bengana”

REACTION ;

Katia, je n’ai pas su, à l’époque ton martyr. Maintenant je pense à toi, tu es une héroïne et je te respecte en tant que femme voulant faire avancer la liberté en Algérie.

Une Pieds-noirs qui t’aime comme une sœur.

Très beau texte, Christine. Champollion a écrit :  » on reconnaît la grandeur d’une civilisation à la façon dont elle traite les femmes ». Il évoquait l’Egypte (ancienne) où la femme était l’égale de l’homme, où les femmes étaient libres et heureuses.

Merci Christine pour ce bel hommage.

Quand à ouvrir les yeux des autruches… quand on s’est enfoui la tête dans le sable, ça ne sert même pas d’avoir les yeux ouverts.

mais cet hommage doit nous renforcer tous les Résistants dans notre détermination à combattre l’horreur islamique jusque dans ses moindres détails.

Et le port du voile ou de tout déguisement musulman est bien plus qu’un détail, puisqu’il est enjeu mortel pour certaines.

L’Islam n’est que malheurs et de haine depuis 1400 ans, juste pour des conneries, mais pour ces conneries des innocents sont morts et meurent encore aujourd’hui, que l’on veut voiler la vérité.

On empêche les gens honnêtes de dénoncer les crimes contre l’humanité commis au nom de l’islam dans le monde et encore par nos dirigeants criminels de la honte.

L’islam meurtrière de la haine prospère car il est entretenu et soutenu par des dirigeants corrompu criminels comme chez nous, qu’il faut sans cesse dénoncer.

Aux noms des victimes, nous n’avons pas le droit de se taire et tous les musulmans sont des assassins, des criminels par leurs silences complices, s’ils ne le font pas eux mêmes et recommandé par leurs livres puants de malheurs de l’Islam.

L’Islam meurtrière sont des pratiques d’ assassins pas une religion, il doit être interdit pour ses crimes partout dans le monde.

L’islam meurtrière doit être jugé par une vraie justice et les droits de l’homme vraiment appliqué, comme le fût pour le Nazisme et le Fascisme, la Charia n’a aucune valeur juridique dans les pays civilisés.

Taché-Goebbels : le voile des filles musulmanes c’est comme le serre-tête des filles catholiques

Jusqu’où ira-t-il dans l’abjection, dans l’adhésion à la charia et la haine de la France ?

Jusqu’où ira-t-il pour attirer à Macron les voix musulmanes ?

Le Goebbels de Macron refuse dans un premier temps de répondre à la question de Zineb. « Je suis député, je n’ai pas à porter de jugement moral ».

Donc aucun jugement moral non plus sur les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015 ?

Donc aucun jugement moral non plus sur les fichés S préparant des attentats ?

Donc aucun jugement moral non plus sur les musulmans qui remplissent nos prisons à 70 ou 80 % ?

Ce serait par ailleurs une nouvelle profession de foi. Taché a changé complètement son fusil d’épaule ? On est bien contents de le savoir…

Parce que, depuis un an et demi que le caniche de Macron écume les plateaux de télé, des jugements moraux, il en a produit, à la pelle !

Par exemple sur l’antisémitisme :  Il y a un retour glaçant de l’antisémitisme. C’est le thermomètre de la haine dans une société.

Par exemple sur l’islam : L’islam a toute sa place en France.

On rappellera qu’il avait été chargé en septembre 2017, d’une mission temporaire par Edouard Philippe sur la refonte de la politique d’intégration.

A ce titre, la question qui lui posait Zineb était non pas morale, elle ne scrutait ni son coeur si ses reins (faudrait avoir faim), elle interrogeait le politique sur un signe de non intégration, sur un signe imposé à une enfant incapable de choisir et qui la met à part.

Et comme ce lèche-babouches de première ne veut pas froisser les électeurs musulmans, il refuse dans un premier temps de répondre (il y a quand même des électeurs français d’origine, il y a quand même la crise des Gilets Jaunes, il y a quand même les Européennes dans deux mois) et il s’en sort ensuite par une pirouette. Le voile ? Cela fait partie de l’éducation religieuse des petites musulmanes, où est le problème ?

Naturellement à chaque fois qu’il peut casser du Français, et surtout du catholique, il y va… Il n’a rien trouvé d’autre que le parallèle absurde avec le serre-tête… Comme si le serre-tête avait quoi que ce soit à voir avec le christianisme, comme si le serre-tête était un signe religieux. Et en plus, il date un peu le caniche, il y a beau temps que le serre-tête n’est plus à la mode. D’ailleurs, s’il l’était, oser comparer un outil de coiffure avec un outil destiné et à cacher les cheveux et à rappeler la condition de salope potentielle des femmes, fallait oser.

Mais avec Taché, il faut toujours s’attendre au pire.

C’est que l’ancien apprenti-plombier n’a pas d’état d’âme, pas de culture, pas d’éthique, pas de valeurs, pas de référents. Il n’est qu’un outil. Un des outils de Macron pour convaincre les Français des bienfaits de l’islam et de son droit à s’installer durablement en France, avec ses voiles et tout son saint-frusquin.

Réactions ;

Il n’a pas honte ce débile de faire des comparaisons de débile profond???!

Comme si c’était les catholiques qui mettaient un diadème… et non un serre-tête, comme il le dit, ce qui prouve qu’il ne sait même pas de quoi il parle…

J’en ai mis des diadèmes à une certaine époque, parce que j’avais les cheveux très longs et ça permettait tout simplement de ne pas les avoir dans la figure, dès que l’on baissait la tête…

ça n’avait rien à voir avec la religion… il faudrait que quelqu’un ose lui remettre les idées en place sur le diadème… quand on allait à l’église, on mettait sur notre tête une sorte de mantille qui était un carré soit en dentelle, soit fait au crochet, comme la mienne que mon arrière grand-mère m’avait fait…

Le diadème maintenait les cheveux pour ne pas tomber devant nos yeux, un point c’est tout…

Décidément avec ces LREM, on aura vraiment tout entendu…!

Tout et surtout n’importe quoi!!!

Pour faire une telle comparaison entre un objet qui faisait à l’époque 1cm maximum d’épaisseur pour maintenir simplement les cheveux… cela signifie qu’il n’a aucun argument valable..

Il est plus que temps de virer tous ces malpropres qui salissent la France et tous les Français blancs, rien que pour l’argent…

Il va falloir leur montrer qui nous sommes véritablement…

ça vient et ça va venir, doucement mais surement…!

Quant à ce taché, c’est vraiment une « tache » et rien d’autres… et c’est tout ce qu’il laissera de lui une tache nauséabonde…!

Des gens comme ça, ne sont pas Français, il faut les virer…!

Je n’ai pas commenté le reste de ses déclarations, parce que tout ce que cette tache pense et dit, c’est d’une débilité sans aucune commune mesure…

Ce serre tête qui est un diadème et qu’il associe totalement à tort à la religion Catholique… parce que à mon époque, dans le début des années 60, il y avait quelques Arabes en France, très peu, et très souvent, les filles Arabes, qui gardaient les cheveux longs, mais à l’époque, je n’ai connu aucune femme Arabe, avec un foulard quelconque sur sa tête… ces filles Arabes, avaient des cheveux longs très frisés, et elles les maintenaient, comme nous avec un diadème… ce que la tâche appelle un serre-tête… Le vrai non de cet outil pour maintenir les cheveux était diadème et non serre-tête…!

Ce type est un anti-Français, et je ne lui souhaite qu’une chose, c’est de le payer extrêmement cher un jour ou l’autre…

Un retour de bâton qui serait bien mérité…!

Cet homme n’est plus ni plus ni moins qu’un hypocrite. Sous ses apparences de je n’y touche pas, se cache un sinistre personnage.

Le coran : s33 v59. Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Donc pour ne pas être offensée…

À méditer, sachant que le coran est la parole de Dieu et que ne pas respecter cette parole est considéré comme une apostasie punie de mort.

La France n’a eu que le tort d’accueillir ses grands-parents turcs… Voilà le résultat aujourd’hui… Preuve que ces gens qui nous devaient la reconnaissance ont élevé leur petit fils dans la religion du pays de naissance et non dans celle du pays d’accueil – à tout le moins – dans un esprit laïque…

La France paye déjà pour sa générosité passé et comme elle ne sait pas s’arrêter, qu’elle continue dans l’erreur de l’accueil à outrance, elle condamne ses nationaux.

c’est quoi cette histoire de Turc ?

Pour ma part, je préfère faire de la « psychonomastique » : il en voudrait à mort aux Français d’avoir donné à un de ses ancêtres le nom « tache » ou « taché » (sur les listes à l’école, dans les administrations etc. il se faisait sans doute appeler « tache », devait rectifier « taché », ce qui n’est pas beaucoup mieux). Et sans doute depuis son plus jeune âge, se fait-il la réflexion que si la France était un pays où l’on parle une langue étrangère, il n’aurait jamais été traité de « pauvre tache »… d’où un réflexe de préférence étrangère ?

Les « élites » veulent l’islam parce qu’ils ont besoin de pétrole. Ils sont en relations d’affaire avec les arabes. Le peuple français, sa culture, son identité ? Ils n’en ont rien à faire.. On va se retrouver dans la dhimmitude, si on n’y est pas déjà.C’est dingue comme il est bête et ridicule, il nous ferait prendre des vessies pour des lanternes.

Ca se voit qu’il n’a jamais porté l’un ou l’autre et fi du symbole !

Ben oui, quoi, et les bigoudis ? c’est catho ?

ya des bigoudis aram et d’autre halal ?

il y a aussi des têtes de c.. qui ressemblent à des bigoudis.

Débile , idiot et en plus méchant….

Ce truc c’est un travelo musulman .Preuve qu’un simple hijab (autorisé) cache suffisamment le visage pour qu’un homme puisse s’y dissimuler .

Il n’y a pas que le niqab (voile noir intégral ne laissant voir que les yeux ) qui est interdit pour dissimulation du visage .Le hijab aussi devrait être interdit ,c’est à dire cette tenue appelée voile ,avec ou sans bandeau rajouté qui en fait cache tout :menton ,contour du visage,cheveux ,suffisamment pour ne pas reconnaitre si c’est un homme ou une femme, ce qui est la base de l’identité la base de l’identité .

Tout cela ,nos connards de dirigeants s’en lavent les mains .

Gouvernement de merde de Ponce Pilate .

Eh taché! il n’y a pas que les filles catholiques qui mettent un serre-tête. Moi qui suis juive j’en met tous les jours.

Et comparer le torchon et le serre-tête mon pauvre vieux vous ètes bon pour l’asile.

Dire qu’en Iran , en Arabie Saoudite et ailleurs ces femmes risquent la lapidation pour ne plus porter cette merde sur la tête.

Aurélien Taché a également été épinglé par un certain nombre de partisans de LaRem à l’instar de la députée de l’Oise Agnès Thill, le qualifiant sur Twitter de « Fouquier Tinville d’Operette ».

et il s’excuse, mais mon con c’est trop tard!

Islamo-fellateurs : Aurélien Taché plus fort que Corbière et Brossat !

Ils représentent trois composantes de la gauche différentes. Aurélien Taché vient de l’Unef et du PS, et s’est offert à Macron, sentant le vent tourner. Alexis Corbière a été, lui aussi, président de l’Unef, a milité chez les trotskistes, puis chez les socialistes, avant de finir chez Mélenchon, et de se faire élire député par les musulmans de sa circonscription. Ian Brossat a adhéré au PCF à l’âge de 17 ans, et a pris fait et cause pour Anne Hidalgo, se retrouvant adjoint à la mairie de Paris.

Tous trois viennent de se distinguer par une soumission à l’islam et au symbole le plus visible, le voile islamique.

Le caniche de Macron, Aurélien Taché, s’était déjà distingué en défendant, comme son maître, le voile en entreprise. Faut-il rappeler que ce lécheur de babouches professionnel est juste responsable de la laïcité à « En Marche » !

Puis, dans la même logique, il a défendu la voilée de l’Unef !

Ce vaillant député « En Marche » ne pouvait pas s’arrêter là. Le voilà à présent qui réclame des députées voilées à l’Assemblée nationale !

Il faut reconnaître qu’à côté, l’ineffable Alexis Corbière fait figure de petit joueur. Pourtant, le bougre a déjà bien sucé… les babouches musulmanes, comme le rappelait hier notre ami Jean Sobieski.

Lui, le bouffeur de curés, s’était déjà prosterné devant l’islam, grande religion de France.

Puis il avait gémi, suite à la page de couverture de Riss représentant la voilée de l’Unef : «Arrêtez d’embêter les musulmans ! ».

La copie de Corbière frise le grand écart. En gros, il se dit contre le voile et sa symbolique, mais refuse de parler de la voilée de l’Unef car cela stigmatiserait les musulmans. Corbière, au nom de l’antiracisme, aurait sans doute dit, en 1940, qu’il était contre la croix gammée, mais refusait de stigmatiser les Allemands !

Ah ! Si la secrétaire de l’Unef avait été une catholique affichant une grande croix, là, on l’aurait entendu, le Alexis à son Méluche !

À noter que jusqu’à ce jour, Corbière n’a toujours rien dit contre les tenues d’Obono, qui se prépare, pour le plus grand bonheur de Taché, à être la première députée voilée de l’Assemblée.

Et Ian Brossat dans tout cela ? Hors jeu, petit bras, complètement largué ! Il s’est contenté de souhaiter un joyeux ramadan aux musulmans, ce qui lui a valu de se faire encore étriller par son grand ami Martin Moisan, au grand dam du fan club du petit chéri.

Et ce ne sont pas ses actes d’allégeance passés et présents avec les Palestiniens qui vont l’aider à rattraper ses deux petits copains !

Médaille de bron