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UNION EUROPÉENNE

Union Européenne : du Marché Unique à la Farce Tragique

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par Drieu Godefridi

Traduction du texte original: The European Union: From a Single Market to a Tragic Farce

  • Dans cinq cents ans, quand les historiens se pencheront sur l’ère COVID, ils diront que « l’opération Warp Speed » initiée et dirigée par le président Donald J. Trump, a été une ode à la science et à la logistique.
  • De nombreux libéraux ont la mémoire courte, mais l’UE n’a pas toujours été cette grosse machine lointaine.
  • Les principes d’égalité entre les États et d’égalité entre les citoyens ne peuvent pas être conciliés dans le cadre institutionnel actuel de l’UE, a déclaré la Cour constitutionnelle fédérale allemande.
  • Bien sûr, les institutions de l’UE sont maquillées par un langage fleuri – comme « rendre l’UE plus démocratique » – visant à faire croire que les institutions de l’UE … sont déjà démocratiques et vont le devenir plus encore.
  • Cette évolution a consisté, tout d’abord, à subvertir les institutions européennes afin qu’elles accomplissent, en sus de leurs objectifs économiques, des missions qui leur étaient étrangères, comme une « politique étrangère commune » laquelle n’a jamais été que des mots. Comment mettre en place une politique étrangère commune au Royaume-Uni, à l’Autriche et au Portugal ?
  • Les élites de l’UE sont faibles, lâches et pusillanimes parce qu’elles savent qu’elles ne représentent personne, au sens démocratique du terme – elles ne sont pas démocratiquement élues, elles ne sont pas transparentes et elles ne sont responsables devant personne. Elles sont en fin de compte le jouet de gouvernements qui ne s’entendent sur rien – mais qui ont la légitimité d’être vraiment démocratiques : élus, transparents et responsables. Il n’existe pas non plus de mécanisme permettant aux citoyens de dé-élire quelqu’un, au cas où ils auraient un tel désir.
La gestion des vaccins par l’Union européenne est un métonymie de l’UE : une farce tragique entre les mains d’idéologues aussi obtus qu’inefficaces. Photo : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse donnée à la suite d’une réunion sur un projet de loi portant sur un certificat de vaccination contre le Covid-19 commun à l’Europe, à Bruxelles le 17 mars 2021 (Photo de John Thys / Pool / AFP via Getty Images)

Concernant l’Union européenne, les avis sont partagés. Certains la jugent inutile et coûteuse, et d’autres la considèrent comme l’avenir de l’Europe et un modèle pour le genre humain.

Quelle est la réalité ?

Avant que n’émerge l’UE d’aujourd’hui, la mise en chantier de l’Union européenne a été, dans un premier temps, un énorme succès.

De nombreux libéraux ont la mémoire courte, mais l’UE n’a pas toujours été cette grosse machine distante. À l’époque de ce qui était modestement nommé les « Communautés européennes », plusieurs pays pouvaient monter des coopérations économiques et des secteurs industriels (charbon, acier, nucléaire…) avaient toute latitude de créer des synergies. Quatre formes de libertés ont été progressivement instituées : liberté de circulation des personnes, des capitaux, des services et des marchandises. Malgré ses défauts, ses lacunes et ses innombrables imperfections (rien d’humain n’est parfait), ce marché commun – ou unique – a contribué massivement et substantiellement à la liberté et à la prospérité des Européens.

Il est impossible de ne pas considérer comme un progrès qu’un citoyen français ait pu se déplacer librement en Italie ou qu’un entrepreneur espagnol ait eu le droit d’offrir librement ses services aux citoyens des Pays-Bas. Le marché commun européen originel était en tous points conforme au concept constructif de Jean Monnet de « paix par la prospérité ».

Mais les idéologues de tous poils ne pouvaient se contenter de cette Europe conçue comme un simple outil, de nature essentiellement économique. Non, il leur a fallu ajouter une Europe politique, une Europe sociale, une Europe de la défense, une politique étrangère européenne, une Europe écologique et même une Europe géopolitique.

Pour que ce processus se mette en place, il a fallu subvertir les institutions européennes. En sus de leurs objectifs économiques initiaux, ces institutions se sont vu attribuer des missions qui leur étaient étrangères, comme une « politique étrangère commune » laquelle n’a jamais rien signifié de concret. Comment une politique étrangère commune au Royaume-Uni, à l’Autriche et au Portugal pourrait-elle jamais voir le jour ?

Ensuite, les institutions et les procédures ont été, et continuent d’être, constamment adaptées, rénovées et révolutionnées pour atteindre à des finalités extra-économiques – telles que la « paix », la « lutte contre l’exclusion sociale », la promotion du progrès scientifique et technologique », la « sécurité et la justice » – quitte à ce que ces objectifs soient atteints au détriment des aspects économiques.

Aujourd’hui, des traités successifs ont ramené le projet économique européen au strict nécessaire d’« un développement durable basé sur une croissance économique équilibrée et la stabilité des prix » et aux exigences de l’Europe politique, sociale et environnementale. Parmi ces exigences, il faut dire un mot du Pacte Vert pour l’Europe. Ce projet a pour ambition de faire de l’Europe le premier continent « neutre pour le climat » en réduisant à « zéro » les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050, peu importe si les conséquences économiques pour les Européens sont insoutenables. Selon IndustriAll, la Fédération des syndicats industriels européens, le risque est loin d’être négligeable que le Pacte Vert pour l’Europe mette à genoux des secteurs industriels entiers, supprimant des millions d’emplois dans les industries à forte intensité énergétique, sans aucune assurance que les travailleurs des industries concernées se voient proposer un avenir de rechange.

L’UE qui, dans un passé récent, faisait contrepoids à la fureur anti-économique de certains de ses Etats membres, est aujourd’hui dans l’amplification permanente de cette fureur anti-économique.

Aucune résolution des parlements allemand ou français sur le genre ou l’environnement ne peut rivaliser avec les positions radicales adoptées sur ces sujets, comme sur d’autres, par les institutions de l’UE. Ainsi, la version la plus extrême de la théorie du genre – l’idée que « masculin » et « féminin » sont des concepts culturels et non biologiques – est désormais la politique officielle de l’UE.

Ce qui permet à ces institutions européennes d’aller de plus en plus loin sur la voie de l’idéologie, c’est qu’elles échappent à la sanction démocratique, puisque l’UE reste avant tout une organisation intergouvernementale. La Cour constitutionnelle fédérale d’Allemagne a diagnostiqué un « déficit démocratique structurel » dans la construction de l’Union européenne, dans la mesure ou les processus décisionnels au sein de l’UE demeurent largement ceux d’une organisation internationale. Le processus décisionnel est basé sur le principe de l’égalité entre États membres. Les principes d’égalité entre les États et d’égalité entre les citoyens ne peuvent pas être conciliés dans le cadre institutionnel actuel de l’UE, a déclaré la Cour constitutionnelle fédérale allemande. Bien sûr, les institutions de l’UE sont habillées d’un langage fleuri – comme « rendre l’UE plus démocratique » selon le traité de Lisbonne – visant à faire croire que les institutions de l’UE, bien qu’imparfaites, sont de plus en plus démocratiques et aspirent à le devenir plus encore.

Mais rien ne peut être plus éloigné de la vérité. En tant qu’organisation intergouvernementale, l’UE n’est pas, n’a jamais été et ne sera jamais une démocratie. Une organisation internationale est un pacte entre les gouvernements. Ajouter un « Parlement européen » élu au programme, avec des capacités très limitées, ne change rien aux préoccupations intergouvernementales d’une telle organisation.

Quel pourcentage de citoyens européens est capable de nommer ne serait-ce qu’un seul membre du Parlement européen, un seul commissaire européen ou un seul juge de la Cour européenne de justice ? Les Américains se sentent américains avant dêtre du Wyoming ou de l’Arkansas ; tandis que les Italiens, les Espagnols, les Suédois, les Polonais et les Slovènes s’identifient à leur pays avant de se sentir européens (au sens générique du mot, sans faire référence à l’UE).

Pour des raisons historiques, l’Allemagne respecte autant et aussi souvent qu’elle le peut les règles et les institutions de l’UE. Comme l’a noté Ulrich Speck :

« L’Allemagne a construit son identité politique et son système politique sur un concept qui est à l’opposé de l’État nazi. Les Allemands voient aujourd’hui le régime nazi, entre autres, comme une forme de puissance classique radicalisée – quelque chose qu’ils se considèrent comme très heureux avoir laissé derrière eux. »

En d’autres termes, de nombreux Allemands considèrent l’UE comme l’ultime antidote à un retour aux tendances hégémoniques de leur passé. Concernant la pandémie, alors qu’ils avaient plutôt bien réussi à atténuer le choc initial, ils ont décidé de s’en remettre à l’UE pour la gestion des vaccins. Il y avait de la logique dans cette approche : montrer qu’on est plus forts ensemble dans les négociations avec “Big Pharma”, et, prouver aux Européens que cette UE qu’ils n’aiment pas peut se rendre utile.

Non contente d’être inutile et coûteuse, comme dans le cas des vaccinations contre le COVID-19, l’UE s’est montrée horriblement, comiquement et tragiquement inefficace. AstraZeneca, par exemple, a simplement « informé » le bloc qu’il ne serait pas en mesure de fournir le nombre de vaccins que l’UE avait espéré – et payé – d’ici la fin du mois de mars. Les dirigeants de l’UE ont été « furieux » que l’entreprise livre le marché britannique et pas les marchés européens. L’incapacité de l’UE à obliger les fabricants de vaccins à respecter leurs engagements a été sans appel ni recours :

Dans cinq cents ans, quand les historiens se pencheront sur l’ère COVID, ils diront que « l’opération Warp Speed » initiée et dirigée par le président Donald J. Trump, s’est révélée être une ode à la science et à la logistique.

Alors qu’il a fallu cinq ans pour mettre au point un vaccin contre Ebola – le précédent record du monde – il a fallu moins d’un an en Occident pour développer plusieurs vaccins contre le COVID, principalement sous pression et avec le financement des contribuables américains. Le gouvernement américain a vite réalisé que le défi était également d’ordre logistique ; c’est très bien de mettre au point un vaccin, mais il faut aussi le produire en grande quantité puis le distribuer.

À la demande du gouvernement américain, des usines entières ont été construites en quelques mois pour produire le vaccin (qui n’avait pas encore été développé à l’époque), dans un effort dont l’ampleur et l’échelle n’ont pas été sans rappeler l’effort de guerre américain de 1941. Au moment de distribuer le vaccin, le gouvernement américain a utilisé le meilleur outil à sa disposition : l’armée américaine. En fin de compte, le programme américain de vaccination de masse a été mis en œuvre dans un laps de temps sans précédent. Le président Biden a déclaré début mars que les États-Unis disposeraient de suffisamment de vaccins pour vacciner chaque Américain d’ici la fin du mois de mai – soit deux mois plus tôt que prévu.

Par rapport aux États-Unis, l’échec de l’UE est total. Alors qu’en Europe, le défi consistait uniquement à produire et à distribuer le vaccin, l’UE a lamentablement échoué sur les deux plans. Le programme de vaccination européen est désormais loin derrière le programme américain et encore plus loin derrière ceux d’Israël et de la Grande-Bretagne post-Brexit.

Selon les données actuelles, le retour à la normale s’effectuera en Europe avec un an de retard par rapport à l’Amérique et au Royaume-Uni. Cette année perdue représente une cruelle multitude de déficits, de faillites et de catastrophes personnelles. Cela laisse présager, en termes relatifs, une régression économique massive de l’UE par rapport au reste du monde.

La gestion des vaccins de l’UE est une métonymie de l’UE : une farce tragique entre les mains d’idéologues aussi obtus qu’inefficaces. Les élites de l’UE sont faibles, lâches et pusillanimes parce qu’elles savent qu’elles ne représentent personne, au vrai sens démocratique du terme – elles ne sont pas démocratiquement élues, elles ne sont pas transparentes et elles ne sont responsables devant personne. Ce sont en fin de compte les jouets de gouvernements qui ne s’entendent jamais – mais qui ont la légitimité d’être vraiment démocratiques : élus, transparents et responsables. Il n’existe pas non plus de mécanisme permettant aux citoyens de désélire quiconque s’ils en avaient le désir.

La sagesse commune dicterait de ramener l’UE à un marché unique, un territoire sans frontières intérieures ni obstacles réglementaires à la libre circulation des biens et des services. Mais l’orgueil idéologique qui structure les institutions européennes et les sponsors idéologiques poussent les institutions dans la direction opposée – celle d’une centralisation toujours plus grande – au détriment des citoyens européens et de leurs intérêts vitaux.

Drieu Godefridi, auteur belge classique-libéral, est le fondateur de l’Institut Hayek à Bruxelles. Il est titulaire d’un doctorat en philosophie de la Sorbonne à Paris et dirige également un programme d’investissements dans des entreprises européennes.

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Il est urgent d’imaginer une UNION EUROPEENNE indépendante des USA qui fonctionne uniquement pour les intérêts des européens… pour cela il faut se débarrasser de la Mafia Khazare

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L’Europe a besoin de plus d’expérience et de compétences en matière de politique étrangère et de sécurité

lundi 26 avril 2021, par  Michael von Liechtenstein

L’Europe ne peut se permettre une politique étrangère mal conçue. Il est urgent de mettre en place une institution pragmatique, probablement en dehors de l’architecture de gouvernance de l’UE, pour améliorer la position internationale de l’Europe, sa marge de manœuvre et ses perspectives de sécurité.

Pour jouer un rôle politique international à la mesure de son poids économique et démographique, l’Europe doit acquérir les capacités appropriées en matière de politique étrangère et de sécurité. Cette tâche nécessite la création d’un nouveau centre politique, peut-être en dehors du cadre institutionnel existant de l’Union européenne.

Un bon départ

Il y a soixante-dix ans, le 18 avril 1951, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas ont signé l’accord de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. L’objectif , à l’époque primordial, était d’apporter de la stabilité à une industrie. Pour les dirigeants politiques, l’objectif était également de jeter les bases d’une paix durable sur le continent. Cette approche s’est avérée extrêmement fructueuse et a donné naissance à la Communauté économique européenne et à l’Union européenne d’aujourd’hui. La collaboration économique a facilité la mise en place d’un marché intérieur florissant en Europe et, finalement, d’une Union politique.

Comme espéré, le processus a apporté à l’Europe une paix et une prospérité sans précédent. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les puissances européennes étaient périodiquement en guerre, mais le continent a enfin surmonté cet état de fait. Le processus institutionnel d’intégration économique repose sur quatre libertés de circulation : les personnes, les biens, les services et les capitaux. Plus récemment, le traité de Maastricht et le traité de Lisbonne sont venus s’ajouter à l’architecture de l’Union pour en définir les aspects politiques.

L’organe suprême de l’UE est le Conseil européen, qui représente les gouvernements nationaux ; la Commission européenne constitue le pouvoir exécutif.

La politique étrangère était (et est toujours) laissée aux gouvernements des États membres. Toutefois, depuis le traité d’Amsterdam de 1997, l’Union dispose de hauts représentants pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Ils participent, avec les envoyés des grands gouvernements nationaux de l’UE, aux activités et réunions multilatérales, comme le G20. Le traité de Lisbonne a renforcé l’importance de ces représentants. En conséquence, l’UE tente d’être plus active en matière de politique étrangère, mais la principale responsabilité internationale de Bruxelles reste la négociation de traités commerciaux.
Malheureusement, la conduite d’une politique internationale requiert des compétences, une expertise et une expérience qui font encore défaut à Bruxelles. Un autre problème important est que, malgré les traités susmentionnés, le rôle de l’Union dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité reste flou.

Le défi à venir

La politique étrangère est un jeu d’intérêts. Pour réussir, il faut des objectifs clairement définis, une approche pragmatique et une évaluation lucide de sa propre position : forces, faiblesses, opportunités et menaces.

L’UE se considère apparemment comme une superpuissance morale, économique et réglementaire. L’aspect moral et réglementaire est censé être un outil formidable pour faire respecter les principes de l’Union dans le monde entier.

Une politique internationale efficace et durable nécessite deux éléments : de l’argent (une économie saine) et des canons (une dissuasion convaincante et crédible). L’Europe avait autrefois une économie supérieure ; malheureusement, elle est en déclin par rapport à d’autres régions du monde. Et elle ne dispose pas d’une dissuasion efficace.

Ces lacunes, combinées à un rôle mal défini en matière de politique étrangère, affaiblissent le pouvoir de l’UE. On peut également se demander si le cadre institutionnel actuel, issu des efforts commerciaux et économiques, convient à la fonction internationale de l’Union. Cette inadéquation peut expliquer les objectifs mal définis de la politique étrangère et certains échecs diplomatiques spectaculaires récents.

Outre les États-Unis, les partenaires et homologues les plus importants de l’Europe en matière de politique étrangère et de sécurité sont la Russie et la Turquie. Et c’est précisément envers ces pays que les prétentions morales et réglementaires de Bruxelles ont donné des résultats catastrophiques. Au début du mois de février de cette année, le Haut représentant Josep Borrell s’est rendu à Moscou pour soulever la question des droits de l’homme. Il a fini par écouter, impuissant, le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, parfaitement préparé, faire la leçon à la délégation européenne sur les échecs de l’Occident.

De même, lorsque le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se sont rendus en Turquie et le protocole européen n’a pas permis de garantir que Mme von der Leyen, qui n’est pas un chef d’État, serait traitée de manière appropriée durant la rencontre. De manière embarrassante, lors d’une réunion avec le président turc, elle s’est retrouvée sans siège. Cet incident diplomatique a été dégradant pour l’UE.
Lorsque ces événements furent reprochés à M. Michel, il a seulement expliqué qu’il avait passé quelques nuits agitées à cause de cette situation. Comment le chef du Conseil de l’UE pourra-t-il dormir lorsqu’un défi majeur se présentera pour l’Union ?

En tout état de cause, l’approche moralisatrice dans les relations avec les autres pays ne fonctionne pas. Faire la leçon aux autres sur les normes européennes ne va pas contribuer à rendre le monde meilleur. Le seul effet provoqué est que certains Européens se sentent moralement supérieurs – d’une manière superficielle et hypocrite.

Pistes à suivre

L’Union européenne n’est pas l’Europe. C’est une institution essentielle qui regroupe les intérêts d’un groupe important de moyennes et petites puissances sur le continent. De cette façon, elles peuvent à la fois bénéficier d’un marché intérieur commun et être compétitives au niveau mondial. Toutefois, la tentative de confier à une seule institution la gestion des intérêts des États membres en matière de politique étrangère et de sécurité, qui sont très différents, ne peut qu’aboutir à de mauvais résultats.

Les pays européens devraient maintenant créer une institution distincte, correctement structurée, pour gérer leurs intérêts étrangers et de sécurité. Il n’est peut-être pas nécessaire que cette structure ait les mêmes membres que l’Union. Une telle institution pourrait faciliter une coopération plus étroite avec l’OTAN. Elle pourrait également permettre à l’UE d’avoir des relations plus équitables avec d’autres puissances, notamment la Russie.

L’UE compte deux membres, la Finlande et l’Autriche, auxquels les accords internationaux interdisent d’adhérer à l’OTAN. Dans une configuration alternative, ces pays européens pourraient conserver leur statut de neutralité. Le plus grand avantage serait que le Royaume-Uni, une puissance militaire considérable dotée d’une riche expérience en matière de politique mondiale, actuellement en dehors de l’Union, pourrait être intégré dans la politique de sécurité européenne.

Lire l’article sur le site du GIS Online

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Le plan de l’UE sur le salaire minimum est contre-productif

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Des interactions sociales ressenties comme injustes suscitent généralement une demande de rectification par la loi. Mais ce type d’intervention n’est pas sans prix et a des conséquences imprévisibles.

Le 28 octobre, la Commission européenne a lancé une procédure législative visant à garantir un “salaire minimum adéquat” dans les États membres de l’UE en réponse à la pandémie de coronavirus, afin d’aider les travailleurs touchés par la crise. Il serait exigé que les pays de l’UE fixent leur salaire minimum en tenant compte d’un certain nombre de paramètres nationaux, tels que le coût de la vie, le prix des logements et le PIB par habitant.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a toujours plaidé en faveur d’un outil juridique qui garantirait un salaire minimum équitable. Elle saisit donc l’occasion qui se présente avec la crise. L’opinion publique semble prête à accepter des mesures qui pourraient compenser les inégalités créées par les pandémies.
La proposition est fondée sur l’article 153, paragraphe 1, point b), du traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) relatif aux conditions de travail, et prévoit une consultation des partenaires sociaux en deux étapes, conformément à l’article 154 (TFUE). La proposition de la Commission sera soumise au Parlement européen et au Conseil pour approbation. Ensuite, les États membres auront deux ans pour transposer la directive en droit national.

Actuellement, 21 États membres de l’UE ont un salaire minimum déterminé par la loi, mais dans six autres (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie et Suède), le taux du salaire minimum est fixé uniquement par le biais de négociations collectives. Ces mêmes pays préféreront probablement leurs dispositions actuelles, qui ont plutôt bien fonctionné jusqu’à présent.

Sommaire

– Opposition et soutien au projet de la Commission européenne

– La loi sur le salaire minimum fragilise l’emploi et nuit aux plus vulnérables

Opposition et soutien au projet de la Commission européenne

Depuis que la Commission a annoncé son projet d’introduire une initiative législative visant à garantir des salaires minimums dans toute l’UE, les partisans, les opposants et les sceptiques remettent en question le droit de l’UE à agir dans ce domaine.
D’un côté, les organisations représentant les travailleurs européens ont largement salué les propositions. D’autre part, les représentants des employeurs, le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE) et les pays disposant d’une législation non contraignante sur le salaire minimum partagent les mêmes préoccupations, à savoir que les salaires sont mieux fixés par des conventions collectives entre des partenaires sociaux forts et autonomes au niveau national. De plus, les associations d’employeurs affirment que ce plan pourrait mettre en danger des entreprises européennes, déjà fortement touchées par la crise pandémique. En particulier, l’organisation européenne des employeurs de l’industrie et de la technologie a clairement indiqué que l’UE ne dispose d’aucune base juridique pour introduire une législation de ce type, puisque l’article 153, paragraphe 5, exclut la fixation des salaires des compétences de l’UE.

La loi sur le salaire minimum fragilise l’emploi et nuit aux plus vulnérables

La fixation d’un salaire minimum conduit généralement à exclure du marché du travail les travailleurs peu qualifiés, les employeurs écartent les salariés dont le salaire devient plus élevé que leur rapport. Les économistes Jeffrey Clemens et Michael Wither[1] ont analysé la hausse de 30 % du taux effectif moyen du salaire minimum aux États-Unis, d’août 2008 à juillet 2009, et ont constaté que cette hausse a réduit l’emploi des adultes en âge de travailler de 0,7 point de pourcentage : 1,4 million de travailleurs, dont 45 % étaient âgés de 15 à 24 ans. David Neumark, Mark Schweitzer et William Wascher ont présenté des résultats similaires : l’augmentation du salaire minimum rend plus difficile la sortie de la pauvreté pour les ménages à faibles revenus .

En 2016, le gouverneur de Californie a signé un projet de loi visant à augmenter progressivement le salaire minimum, jusqu’à 15 dollars de l’heure d’ici 2022. La conséquence a été que de nombreuses entreprises ont fermé, que d’autres ont déménagé et que des milliers de personnes se sont retrouvées sans emploi. Selon David Macpherson et William Even, d’ici 2022, la Californie perdra près de 400 000 emplois, dont environ la moitié dans le commerce de détail et l’industrie alimentaire .

Une autre expérience qui s’est mal terminée a été menée en Grèce, où le salaire minimum est passé de moins de 600 euros (en 2000) à près de 900 euros (2011). Résultat : plusieurs entreprises grecques ont réduit leurs activités ou ont tout simplement fermé. Certaines se sont installées dans les pays voisins, où les salaires étaient plus bas, tandis que d’autres ont augmenté les prix, faisant peser la charge des coûts sur les consommateurs, ou ont demandé des subventions gouvernementales. Il n’est pas surprenant que les entreprises et les investisseurs étrangers aient quitté la Grèce. Les politiciens ont compris le message, et en 2014, ils ont réduit le salaire minimum à 684 euros. Pourtant, ces trois années d’économie mal erratique – la productivité et la compétitivité ne peuvent être déterminées par la loi – ont provoqué des dommages durables et ont été payées cher, surtout par ceux que cette même législation était censée aider.

Si le président élu Joe Biden donne suite à sa proposition d’introduire un salaire minimum de 15 dollars de l’heure, des emplois seront perdus et les prix augmenteront, les entreprises américaines seront tentées de répercuter le coût sur les consommateurs . Le bureau du budget du Congrès, non partisan, prévoit que la fixation d’un salaire minimum de 15 dollars à l’échelle nationale détruirait de 1,3 à 3,7 millions d’emplois. Dans le même ordre d’idées, l’Institut des politiques de l’emploi conclut qu’un salaire minimum fédéral de 15 dollars supprimerait 2 millions d’emplois. Si la conception de Joe Biden du salaire minimum devient une loi, les travailleurs en paieront le prix fort.

Il faut espérer que ces résultats seront pris en compte dans l’élaboration des politiques futures, et notamment que l’Union européenne en tirera la leçon pour revenir sur sa proposition d’un salaire garanti européen…

Article de Mohamed Moutii traduit de l’anglais.

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Quand est-ce que l’UE ferme ses portes et sa grande gueule anonyme ?

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Le fossé entre l’UE et la Russie s’approfondit

La semaine dernière, lors d’une visite du chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, en a profité pour dénoncerl’ingérence moralisatrice de l’UE dans la politique intérieure de la Russie.
De retour à Bruxelles, Josep Borrell, qui a été critiqué par certains partisans de la ligne dure de l’UE pour ne pas avoir directement réfuté les propos de Lavrov, s’est mis à écrire un billet de blog dans lequel il attaque à nouveau la Russie à propos de l’intox Navalny.
“Je viens de rentrer d’une visite très compliquée à Moscou, au cours de laquelle j’envisageais de discuter du mauvais état des relations entre l’UE et la Russie. Elles sont mauvaises depuis plusieurs années, et se sont encore détériorées après les récents événements liés à l’empoisonnement, l’arrestation et la condamnation d’Alexei Navalny, ainsi qu’aux arrestations massives de milliers de manifestants qui en ont découlé. L’objectif de cette mission était d’exprimer directement la ferme condamnation de ces événements par l’UE et d’aborder, par le biais d’une diplomatie de principe, le processus de détérioration rapide de nos relations avec la Russie, et de contribuer à la préparation des discussions du prochain Conseil européen sur les relations UE-Russie.”

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Borrell se fait des illusions. Presque personne en Russie ne croit à cette absurde histoire d’empoisonnement pour laquelle l’« Occident » ne pourrait fournir aucune preuve :
Brett Harris @BrettHar123 – 18:41 UTC – 7 février 2021
Seuls 15% des Russes pensent que l’empoisonnement de Navalny était une tentative du gouvernement d’éliminer un adversaire, et ces 15% ont fondé leur opinion en surfant sur Telegram et Internet et étaient pour la plupart âgés de 18 à 24 ans. Les autres pensent que c’était une mise en scène, un faux drapeau occidental, par lui personnellement ou par l’opposition : https://levada.ru/2020/12/24/

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L’empoisonnement de Navalny était manifestement une opération des services secrets montée pour frapper la Russie. Son séjour somptueuxdans un luxueux appartement de 5 chambres en Allemagne après sa sortie de l’hôpital a été payé par l’oligarque libertaire Evgeny Chichvarkin. Chichvarkin, qui vit à Londres, est probablement un membre du MI6. On ne sait toujours pas qui a payé les coûts de production, de plusieurs millions de dollars, pour la fausse vidéo sur le « Palais de Poutine ». La location du studio pour la vidéo a été demandée par une société de Los Angeles. Une certaine participation américaine est donc assurée.
La Pologne et d’autres pays de l’OTAN font maintenant ouvertement pression sur Navalny et d’autres traîtres comme lui pour qu’ils poursuivent leurs tentatives de changement de régime :
La Pologne dans l’UE @PLPermRepEU – 12:26 UTC – 8 Fev. 2021
Les récents développements dans les relations  –  exigent une action de la part des États membres de l’UE.
C’est pourquoi accueille une réunion virtuelle avec les plus proches collaborateurs de A.@Navalny @LeonidVolkov & @VAshurkov.
Les PermReps de l’UE27 aux côtés des ambassadeurs discutent actuellement des prochaines étapes.
Ashurkov est le type qui, dans cette vidéo de 2012, peut être vu en train de rencontrer un agent britannique et de lui demander de l’argent et des rumeurs politiques venant de l’étranger pour diffamer des hommes d’affaires et des politiciens russes.

Volkov est un autre dingue. Il déclare maintenant être le ministre des affaires étrangères du gouvernement russe en exil (traduction automatique) :
Le coordinateur du quartier général de Navalny, Volkov, a déclaré de l’étranger qu’il organisait un gouvernement russe en exil et qu’il s’était déjà nommé ministre des affaires étrangères par intérim. Et pour faire sortir Navalny de prison, selon lui, il utilisera surtout des méthodes de politique étrangère, c’est-à-dire des sanctions. L’histoire a été diffusée à l’antenne de l’émission “60 minutes”.
Travailler pour les services secrets étrangers semble rémunérateur.
Elena Evdokimova @elenaevdokimov7 – 21:59 UTC – 9 Fev. 2021
Une maison dans la ville de Mamer, au Luxembourg, qui appartient au chef du FBK de Navalny, Leonid Volkov. Achetée en 2014 pour 720 000 euros. Cela montre que le FBK, qui accuse les gens du gouvernement russe d’avoir des villas et des propriétés à l’étranger, a lui-même des villas et des propriétés à l’étranger. https://www.youtube.com/watch?v=a6KEhZk1nwQ

Navalny, Ashurkov et Volkov sont des traîtres et doivent être traités comme tels.

En plus de s’en prendre une nouvelle fois à la Russie sur des questions qui ne concernent pas l’UE, Borrell a également lancé une nouvelle menace :
Nous sommes à la croisée des chemins. Les choix stratégiques que nous faisons aujourd’hui détermineront la dynamique des puissances internationales au XXIe siècle, et notamment si nous avancerons vers des modèles plus coopératifs ou plus polarisés, fondés sur des sociétés fermées ou plus libres. L’Union européenne peut influencer ces évolutions, ce qui nécessite une vision et des objectifs clairs, accompagnés d’un engagement diplomatique intense, soutenu par nos nombreux moyens d’action extérieure et de projection d’influence.
Nous discuterons de ces questions avec mes collègues ministres des affaires étrangères de l’Union européenne. Comme toujours, il appartiendra aux États membres de décider des prochaines étapes, et oui, celles-ci pourraient inclure des sanctions. Et nous disposons également d’un autre outil à cet égard, grâce au régime de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme, récemment approuvé.

Cet idiot pense-t-il vraiment pouvoir impressionner la Russie avec de telles discours à propos de sanctions ?

Aujourd’hui, au cours d’une interview avec une chaîne de télévision russe, Lavrov a donné sa réponse (traduction automatique). La manchette est à sensation : Lavrov a déclaré que la Russie est prête à rompre ses relations avec l’UE.
La Russie est prête à rompre ses relations avec l’Union européenne, mais ne voudrait pas s’isoler de la vie mondiale. C’est ce qu’a déclaré le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l’occasion de l’émission “Soloviev Live”.
A la question de Vladimir Solovyov de savoir si Moscou se dirige vers une rupture avec Bruxelles, M. Lavrov a répondu : “La Russie est prête à rompre avec l’Union européenne, mais ne veut pas s’isoler de la vie mondiale” : “Nous partons du fait que nous sommes prêts.” Le ministre a souligné que les sanctions créent des risques pour notre économie, y compris dans les domaines les plus sensibles. “Nous ne voulons pas nous isoler de la vie mondiale, mais nous devons être prêts pour cela”, a déclaré le ministre.

Le Kremlin a déclaré plus tard que certains médias ont déformé les propos de M. Lavrov mais a essentiellement confirmé sa position :
La Russie doit être prête face aux actes hostiles de l’Union européenne mais ne voudrait pas couper les liens avec Bruxelles, a déclaré vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, aux journalistes, commentant les propos du ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a déclaré que Moscou est prête à couper les liens avec l’UE si Bruxelles choisit d’imposer des sanctions qui mettent en danger des secteurs sensibles de l’économie russe. …
“Le fait est que nous ne voulons pas que cela [coupe nos liens avec l’UE] car nous cherchons à développer nos relations avec l’Union européenne. Cependant, si l’UE choisit de s’engager sur cette voie [d’imposer des sanctions qui comportent un risque pour l’économie russe], alors oui, nous serons prêts parce que vous devez être prêts au pire”, a-t-il expliqué. …

Selon Peskov, les commentaires de Lavrov ne nécessitent “aucune confirmation”. “Bien sûr, si nous sommes confrontés à la politique la plus destructrice qui cause des dommages à nos infrastructures et à nos intérêts, alors la Russie doit être prête pour contrer ces mesures hostiles”, a souligné M. Peskov.

Borrell et les autres membres de l’UE ne comprennent pas que la Russie a renoncé à son idée de « grande Europe ». Elle ne se préoccupe plus de ce que pense l’UE :
L’erreur de l’Occident avec la Russie était de s’attendre à ce qu’elle s’occidentalise sans aucune perspective d’intégration dans les institutions occidentales. L’OTAN et l’UE voulaient avoir leur mot à dire dans les affaires de Moscou tout en lui refusant une voix dans les questions européennes plus larges.
C’était à la fois faux et insoutenable et nous avons maintenant atteint une situation où, après 300 ans, la Russie a mis fin à sa politique étrangère centrée sur l’Occident. L’UE n’a pas encore pris conscience du changement véritablement historique qui se produit. Au début du XVIIIe siècle, Pierre le Grand a cherché à faire revenir la Russie en Europe. Mais aujourd’hui, après une brève renaissance dans les années 1990 et 2000, le rêve d’une Grande Europe a été reconnu comme n’étant justement que cela, un rêve.
Le soutien occidental au coup d’État du Maïdan en Ukraine, en 2014, a enfoncé le dernier clou dans le cercueil. Mais à Bruxelles et à Washington, ils vivent toujours dans l’illusion et n’ont pas reconnu avec quelle force Moscou a ressenti ce qui s’est passé.

La Russie s’est tournée vers la grande Eurasie, dont l’Europe occidentale n’est qu’une minuscule péninsule. Un mandataire des États-Unis qui n’a aucune indépendance et qui ne peut plus être pris au sérieux. Elle sera désormais ignorée.

Aujourd’hui, Navalny est de retour au tribunal pour avoir insulté publiquement un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale. L’UE ne manquera pas de faire des remarques à ce sujet. Mais il y a quelques jours seulement, la police écossaise a arrêté quelqu’un parce qu’il avait posté un tweet insultant envers un ancien combattant britannique de cette guerre. Bruxelles n’aura certainement rien à dire à ce sujet.

Et c’est là le cœur de toute la question. Bruxelles a pris l’habitude de dire aux autres : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Cela ne fonctionne plus. En tous cas pas avec la Russie.

Par Moon of Alabama – Le 12 février 2021

Via le Saker Francophone

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