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Une voix a dit de mettre un masque et le docile porte un masque… la prochaine fois la voix pourra exiger bien plus ! Elle exige déjà à des flics de taper sur des français et ils frappent avec un zèle surprenant

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« Quand la psychose fait dérailler le monde »

14 avril 2021 | Aucun commentaire

Quand-la-psychose-fait-derailler-le-monde - Renaud Girard - Jean-Loup Bonnamy

C’est le titre d’un ouvrage co-écrit par Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy, inspiré par l’épidémie de coronavirus et les incohérentes stratégies déployées par les gouvernements pour y faire face. Un essai qui, par la prise de recul et la mise en perspective des données factuelles, invite à se détacher de la litanie hypnotisante ressassée par le Pouvoir. Loin de nier la réalité de la maladie, les auteurs veulent lui redonner sa juste place c’est-à-dire celle d’un virus au taux de létalité de 0,05 % et dont les victimes ont une moyenne d’âge de 81 ans. Un virus qu’il faut traiter comme un problème de santé ordinaire et non pas comme « une sorte de monstre réveillant nos peurs les plus profondes ».

Pourtant, c’est cette dernière attitude que les autorités se sont ingéniées à adopter au lieu d’appliquer la méthode classique en infectiologie qui consiste à
• diagnostiquer,
• isoler et
• soigner.
Elles ont choisi d’ôter à la médecine de ville la possibilité de jouer son rôle – on se souvient du triste « restez chez vous et prenez du paracétamol » – de lui retirer la liberté de prescrire, d’interdire l’usage de molécules possiblement efficaces comme la chloroquine – sur la foi d’une étude totalement bidonnée du Lancet –, et de privilégier un remède archaïque : le confinement de la population. Un remède au final pire que le mal puisqu’il a de multiples conséquences dont on voit peu à peu les effets délétères sur le plan psychique, économique et social.

À ce sujet, la journaliste Marie d’Armagnac signe un excellent article dans Boulevard Voltaire expliquant combien le discours illogique tenu par les autorités, martelé jusqu’à la nausée, dans un contexte de privation de libertés, a réveillé les plus bas instincts. Aujourd’hui, chaque Français a peur de son voisin : les grands-parents de leurs petits-enfants, les professeurs de leurs élèves, les commerçants de leurs clients, observe-t-elle. Or, « de la défiance généralisée à la haine, il n’y a malheureusement qu’un pas », ajoute-t-elle. Un pas que beaucoup ont vite franchi : la délation a repris du service comme dans les fameuses « heures sombres » de notre histoire.

Ainsi a‑t-on vu débarquer sur une plage une dizaine de gendarmes armés pour verbaliser sévèrement de « mauvais citoyens » ayant osé déboucher un petit rosé lors d’un pique-nique familial (2 adultes et un enfant), en totale contravention avec les interdits de Jean Castex.La Dépèche - Rosé pique-nique plage Héraul

[source : La Dépêche du 5 avril 2021]Ailleurs, on a vu un prêtre et son vicaire mis en garde à vue parce qu’ils n’ont pas exigé le port du masque généralisé au cours de plusieurs cérémonies de baptême. Le délateur était le frère d’un catéchumène – sympa la charité chrétienne ! -. Et puis, partout dans le pays, on voit désormais s’organiser la chasse aux restaurants clandestins. C’est même devenu « le nouveau sport national des forces de police » nous dit Marie d’Armagnac qui déplore ce deux-poids-deux-mesures du ministre de l’Intérieur qui traque ces Français contrevenants comme des terroristes alors que ceux qui installent le séparatisme islamiste au cœur du pays ne sont nullement inquiétés dans leurs trafics. Il faut dire que ceux-là caillassent tout uniforme qui s’aventure sur leur territoire.

Renaud Girard et Jean-Loup Bonnamy ont l’explication : « C’est la psychose qui a entraîné ce vent de panique : les gouvernants, et les nôtres en premier, quittant le domaine de la rationalité pour celui de l’émotion et, donc, de la surréaction, ont pris presque systématiquement les plus mauvaises décisions. » Dans ce contexte de crise où la peur est « plus contagieuse que le virus », ce dérapage des comportements est encore mieux analysé par le journaliste italien Andrea Venanzoni, sur le site Atlantico, qui nous livre cette pertinente observation : « Le conformisme est rassurant, chaud, confortable, sanctifiant même parce qu’il élève des esprits médiocres sur l’autel de la conscience sociale, assignant une quelconque fonction d’utilité à des individus qui, sans cela, resteraient piégés dans des existences d’une rare grisaille ».

Suicide collectif

Alors, comment en est-on arrivé là ? C’est que le bon sens a été l’option la moins partagée du monde, nous disent les auteurs. Dans une chimérique tentative de maîtriser la mort, « un véritable totalitarisme sanitaire s’est mis en place ». Une fois enclenché le mécanisme de la peur, dans lequel les médias ont joué le rôle de catalyseur voire d’accélérateur, le monde entier s’est mis à dérailler, par une sorte d’étrange mimétisme, confirmant que « face à l’inconnu, l’Homme a tendance à régler son comportement sur celui des autres ».

« Quand la psychose fait dérailler le monde » est un ouvrage que tout esprit critique devrait lire.

Charles André

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Dictature sanitaire : Attention au réveil de la jeunesse ! Prête à voter Le Pen !

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Par Philippe Carhon le 12 avril 202126 commentaires

Extraits d’une tribune intéressante de Pierre Robert, agrégé de Sciences Economiques et Sociales, ancien professeur de Chaire Supérieure et des classes préparatoires aux Grandes Ecoles :

Depuis plus d’un an, il vous a en effet été retiré tout ce qui fait le sel de la vie pour ceux de votre âge. Un carcan de mesures restrictives de vos libertés élémentaires vous interdit de sortir, d’avoir une vie amoureuse ou de trouver un boulot saisonnier. Vous êtes privé de cinéma, de théâtre, d’expositions, de musées, de voyages, de piscines, de salles de sport, de lieux de rencontre, de séjours linguistiques à l’étranger, de programme Erasmus. Les stages ont été annulés ou interrompus, vous avez été condamné à suivre des cours à distance enfermé pendant des heures dans un espace restreint, votre dépendance envers vos parents s’est accrue et parfois vous avez même décroché de l’université. Le confinement a donc coûté très cher à votre classe d’âge.

Pour les 25-34 ans la situation n’est guère meilleure. Les difficultés pour trouver un emploi ou pour accéder à un logement se sont accrues et sur la carrière des jeunes diplômés l’effet « cicatrice » risque de jouer à plein (…)

En se conjuguant, tous ces éléments contribuent à expliquer que, selon toutes les enquêtes disponibles, les moins de 35 ans sont plus nombreux que la moyenne à avoir connu un état dépressif. Ils sont aussi plus nombreux à avoir subi une baisse de leur pouvoir d’achat (alors que les retraités ont été épargnés) (…)

Ce qui vous a conduit dans une telle impasse, c’est une pandémie aux effets potentiellement mortels pour les plus de 65 ans mais qui ne sont pour vous guère plus dangereux que ceux d’une banale grippe.

Si le pays a été mis sous cloche, et vous avec, c’est pour freiner la circulation d’un virus que craignent surtout ceux qui occupent le haut de la pyramide des âges et en particulier les baby-boomers, c’est-à- dire un catégorie de personnes qui en tout état de cause n’a pas dans votre esprit une très bonne image : pollueurs invétérés, ils détiennent les plus gros patrimoines et s’accrochent sans vergogne à leurs positions de pouvoir en bloquant des réformes qui sont à vos yeux indispensables.

Si vous subissez une série ininterrompue de mesures liberticides, ce n’est donc pas une fatalité mais le fruit d’un choix politique qui a consisté à refuser délibérément que le confinement soit limité à ceux qui présentent des risques réels de développer une forme grave de la maladie. De ce choix politique dont vous pensez faire les frais, les raisons électoralistes ne vous échappent pas car il est notoirement connu que ce sont les plus âgés qui décident du sort des élections. Or, manifestement, les seniors ne sont pas prêts à consentir beaucoup d’efforts pour améliorer la situation des plus jeunes qui sont pourtant l’avenir du pays.

La situation qui vous empêche de vivre librement s’éternisant, l’énervement monte, et même si vous aimez bien votre grand-mère, vous finissez par avoir la conviction qu’on a choisi de sacrifier les plus jeunes pour sauver les plus âgés.

Au sein de votre classe d’âge, avec l’anxiété face à l’avenir grandit la tentation de briser le statu quo, le désaveu du champ politique tel qu’il fonctionne, l’hostilité envers les élites et l’envie de faire table rase.

« En quoi Marine Le Pen serait-elle pire ? » : vous devenez de plus en plus réceptif à ce que dit son parti. Adhérer à ses positions est un moyen d’exprimer votre exaspération lors des élections à venir. Si un duel devait y opposer un candidat dit républicain et un représentant de la droite extrême, la nécessité de faire barrage à ce dernier n’a pour vous plus rien d’évident.

Au sein de la jeunesse, le tabou anti-RN semble de fait avoir en grande partie disparu comme le montrent les analyses du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po. De plus en plus de jeunes semblent séduits par la ligne patriote que défend ce parti et par son projet d’aider « les Français d’abord » (…) Le RN est devenu le premier parti au sein d’un groupe d’âge dont les membres sont capables de se mobiliser fortement et qui se déplacent pour voter (…)

La seule issue, outre une campagne massive et rapide de vaccination, est de restaurer le plus vite possible les libertés fondamentales en abandonnant toute idée de retour en arrière. Il est impératif de mettre fin à ce mouvement de stop and go qui empêche de se projeter dans l’avenir. En cas de nouvelle dégradation, la liberté de la jeunesse doit donc être sanctuarisée, il ne faut plus rien décider qui puisse la pénaliser.

Pour le reste, la ligne directrice devrait être de récompenser les moins de 35 ans après leur avoir donné le sentiment qu’ils ont été punis. Cela passe par toute une série d’incitations pour stimuler la création d’emplois en mettant entre parenthèses les règles, charges et taxes qui pénalisent les jeunes actifs sur le marché du travail. Il faudrait aussi favoriser les dons intrafamiliaux dans une situation où manifestement les ménages ont beaucoup épargné et inciter énergiquement à la reprise d’une vie universitaire normale en poussant les établissements d’enseignement supérieur à sortir rapidement de leur léthargie (…)”

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Pourquoi les juifs sont-ils partis du Maghreb ?

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En 1948, on estimait le nombre de juifs au Maghreb à plus de 500.000 (250.000 au Maroc, 130.000 en Algérie, 90.000 en Tunisie et 36 000 en Libye). Ils constituaient alors la moitié de la communauté juive du monde arabe. Aujourd’hui, il en resterait à peine 5.000. Un départ massif dû à la fois à la colonisation européenne, à l’émergence du nationalisme sioniste et au nationalisme arabe non inclusif.

Le poids colonial

La colonisation européenne a profondément bouleversé la coexistence entre les communautés juives et musulmanes. La France a engagé une politique d’assimilation des juifs d’Algérie en leur accordant la citoyenneté française par le décret Crémieux de 1870Divisant pour régner, il les sépara des musulmans bientôt soumis au drastique code de l’indigénat. Après 1881, les juifs tunisiens scolarisés dans des écoles françaises s’assimilèrent à la culture et à la langue française. Le décret d’extension de la nationalité française aux Tunisiens permit d’accorder celle-ci à 6.667 juifs entre 1924 et 1939.

Sous le régime de Vichy, le Maghreb fut soumis à de sévères mesures antijuives. Au Maroc, médecins et avocats juifs furent radiés, de même qu’en Algérie où le décret Crémieux fut abrogé, tandis qu’en Tunisie la presse juive était supprimée. Chassés de la fonction publique et privés de droits politiques, beaucoup furent expropriés, parfois arrêtés et raflés. Les juifs de Libye furent quant à eux emprisonnés puis déportés après l’adoption par l’Italie des lois raciales de 1938.Israël et l’Agence juive

Après la proclamation de l’État d’Israël en 1948, des émeutes antijuives éclatèrent à Oujda et à Djerada, au Maroc. À Tripoli, des agressions eurent lieu à partir de 1945. Quatorze mille personnes — 45% de la populations juive de Libye — quittèrent le pays en 1949 pour Israël avec l’aide de l’Agence juive. Cette organisation sioniste originellement chargée de l’administration de la communauté juive dans la Palestine sous mandat britannique joua un rôle fondamental dans le départ des juifs du Maghreb à partir de 1948.Le défi nationaliste

L’accès aux indépendances renforça le nationalisme arabo-musulman au Maghreb, bien qu’il y ait eu des militants juifs engagés dans les mouvements de libération nationale, à l’instar de Georges Adda en Tunisie, Daniel Timsit en Algérie et Abraham Serfaty au Maroc, militants communistes et antisionistes. Après l’indépendance du Maroc, les activités de l’Agence juive jusque-là semi-légales furent en principe interdites, mais plus ou moins tolérées : un réseau clandestin d’émigration se développa. Entre 1955 et 1956, environ 60.000 juifs quittèrent le Maroc pour Israël. Ces départs se poursuivirent jusqu’à ce qu’en 1961, le roi Hassan II autorise les juifs à émigrer en Israël. Quatre vingt mille juifs marocains, souvent très pauvres, partiront. Après la guerre israélo-arabe de 1973, dans un climat de plus en plus hostile, 40.000 juifs du Maroc vinrent s’installer en France.

En Algérie, un attentat contre un café juif de Constantine et des affrontements avec la communauté musulmane conduisirent à une émigration juive vers la France en 1956. En pleine guerre de libération, les juifs furent souvent associés à la France, bien qu’ils aient été présents, certes en nombre limité, dans le FLN. Après 1962, la quasi-totalité, de nationalité française, quittèrent l’Algérie pour la France.

Les départs des juifs tunisiens furent également organisés par l’Agence juive à partir de 1949, profitant du sentiment d’insécurité accru depuis l’adhésion de la Tunisie à la Ligue arabe en 1958. Les commerçants juifs avaient plus de difficulté à obtenir des autorisations d’import-export et la communauté comptait de moins en moins de membres dans l’administration publique. La guerre de juin 1967 donna lieu à des émeutes ciblant des boutiques juives ainsi que la grande synagogue de Tunis. Les juifs quittèrent massivement le pays pour s’installer à leur tour en France. Même exode en Libye avec pour destination finale l’Italie, avec la collaboration des autorités italiennes.Nora TogniEnvoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest

1 commentaire:

  1. Baruch17 avril 2021 à 10:19Les voleurs du clan du régime et d’Allal el Fassi ont semé la pagaille pour acquérir les biens des juifs Imerruken pour des prix dérisoires ou uniquement promesses de payer mais leurs biens ont été volés par le régime et des beldiyines d’Amerruk

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Arabie saoudite : Mélanie, domestique malgache, forcée à la prostitution et enterrée à la pelleteuse

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Entre Madagascar incapable de gérer son indépendance et les arabes qui tuent et égorgent nous avons toute la médiocrité d’un monde qui pue la merde …

5 avril 2021·9 min de lecture

Comme des centaines d’autres Malgaches, Mélanie, 22 ans, avait émigré en Arabie saoudite pour y travailler comme aide domestique. Le 15 mars, une vidéo montrant l’enterrement de la jeune femme, le corps recouvert à l’aide d’une pelleteuse, dans un cimetière non-musulman dans l’est du pays a choqué à Madagsacar, où les rites d’inhumation sont sacrés. Des associations dénoncent un trafic humain meurtrier des travailleuses d’Afrique de l’Est dans ce pays du Golfe.

Le 15 mars, une association franco-malgache a alerté notre rédaction à propos de cette vidéo, filmée le 11 mars à Al-Jubail, ville de la côte est saoudienne. On y voit une inhumation se déroulant au cimetière de Jubai, l’un des rares cimetières non-musulman du pays.

La vidéo, qui dure à peine une minute, a été tournée par l’une des femmes malgaches qui assistaient à l’enterrement. Sur un terrain de sable visiblement désert, une pelleteuse rabat de la terre sur le corps de Mélanie, enveloppée dans un kafan blanc, le tissu dans lequel est enveloppée la dépouille dans le rite islamique. On entend des cris de douleur de l’une des femmes malgaches, qui porte une abaya noire, tandis que celle qui filme tente de la calmer. Mélanie était travailleuse domestique, arrivée dans le pays en 2018. Elle est décédée de manière violente après qu’elle se soit échappée du logement de son employeur à Dammam (est).

“Mélanie a prévenu ses amies que si elle ne rentrait pas ce soir-là, elle serait morte”

C’est l’association franco-malgache AZIG, qui apporte une aide administrative et psychologique aux travailleuses malgaches et africaines dans les pays considérés comme dangereux pour les travailleurs étrangers, qui a alerté la rédaction des Observateurs sur cette vidéo. Comme beaucoup de travailleuses malgaches dans les pays du Golfe, Mélanie était en contact avec Carrozza Heliarisoa, la coordinatrice de l’association basée en France.

Depuis 2019, elle aide à rapatrier des travailleuses domestiques du Koweït, d’Oman ou d’Arabie saoudite. Elle considère que Mélanie, qui s’est tournée vers la prostitution après s’être échappée de chez son employeur, est décédée dans des circonstances douteuses. Elle relate les évènements comme rapportés par des amies de la jeune femme:

Le jour où Mélanie a été tuée, un client l’avait appelée et a loué une chambre d’hôtel, il a dit être seul, mais lorsqu’elle l’a rejoint, il y avait plusieurs autres personnes. Mélanie a prévenu ses amies que si elle ne rentrait pas de ce rendez-vous, elle serait morte.

Elle avait une importante somme d’argent sur elle. Lorsque le rendez-vous s’est terminé, ils l’ont égorgée et ont certainement pris son argent. Son amie a reçu une photo extrêmement choquante, où on voit son corps mutilé et ensanglanté gisant sur un drap, avec un message : “Tenez, votre amie est morte”.

Ensuite, le corps a été retrouvé dans la brousse de Dammam en octobre 2020. J’ai prévenu l’ambassade malgache à Riyad, mais personne ne s’est mobilisé et son corps est resté dans la nature pendant deux ou trois mois. À ce moment-là, en octobre, l’aéroport de Riyad était fermé et environ 85 femmes malgaches avaient besoin de partir d’Arabie saoudite après avoir rompu leur contrat. Ce n’est que là que l’ambassade a récupéré son corps. La famille m’a donné une dérogation pour rapatrier sa dépouille.

Mélanie a finalement été enterrée sans cercueil. C’est intolérable. À Madagascar, les morts sont très respectés : les funérailles doivent se passer selon des rites très précis.

“Elles touchent 400 à 500€ par client selon la couleur de peau de la fille : plus elle est claire, mieux elle est payée”

En 2019, une fille que j’étais censée rapatrier a été retrouvée enterrée là-bas. Dammam est un hub de prostitution. Il y a beaucoup de femmes malgaches qui sont proxénètes, elles travaillent souvent avec des proxénètes kényans et éthiopiens sur place. Les jeunes femmes envoient de l’argent à leur famille mais par le biais du proxénète qui n’envoie jamais la somme complète.

Il arrive que ces jeunes femmes soient tuées par leur propre chef, si elles ont gagné assez d’argent pour pouvoir se permettre de s’affranchir de leur proxénète. Selon les informations que nous avons pu collecter, c’est probablement ce qui est arrivé à Mélanie. Et la famille n’est pas au courant de ce qui se passe dans la vie de leur fille.

Beaucoup de femmes embauchées comme domestiques sont malmenées et ne supportent plus ce rythme et s’enfuient. Elles se retrouvent sans papiers, et des proxénètes les recrutent, souvent dans une maison reculée où elles elles sont gardées avec des armes a feu. Elles touchent 400 à 500 € par client selon la couleur de peau de la fille : plus elle est claire, mieux elle est payée.

Les filles recrutées ont entre 16 et 25 ans, quand elles partent de Madagascar elles mentent sur leur âge. Ces filles sont seules, si nous en tant qu’associations ne sommes pas là, c’est fini pour elles. J’ai déjà du intervenir par téléphone pour calmer des jeunes femmes qui voulaient se suicider.

Il y aussi des patrons qui les tabassent, les tuent et les enterrent quelque part, mais on n’a pas de moyen de vérifier. Combien de filles malgaches ont disparu ? Où sont leurs patrons, qu’en disent-ils ?

En 2013, Madagascar a mis en place un décret suspendant la migration des travailleuses malgaches vers les pays du Golfe, notamment le Koweït, le Liban et l’Arabie saoudite, classée parmi les dix pires pays au monde pour les travailleurs et les travailleuses par l’indice de la confédération syndicale internationale (CSI) des droits dans le monde en 2019. Pourtant le pays compte plus de 10 millions de travailleurs migrants, soit presque un tiers de la population nationale, parmi lesquels 1,3 millions de femmes, dont près de 80 % sont travailleuses domestiques.

A LIRE SUR LES OBSERVATEURS >> Koweït : séquestrée et abusée sexuellement, comment une domestique ivoirienne a pu s’enfuir

“Les travailleuses qui fuient leurs employeurs sont souvent traumatisées par leur expérience et veulent simplement quitter le pays”

Le royaume wahhabite a émis en 2009 une loi de lutte contre la traite humaine, qui punit ce délit d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 15 ans et d’une amende jusqu’à d’un million de riyals (226 779 euros).

Pourtant, des plaintes pour trafic humain sont rarement déposées et les enquêtes rarement menées à bout, estime Rima Kalush, coordinatrice au centre de recherche Migrants Rights, qui recense les abus des droits des travailleurs migrants dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et tente de leur apporter de l’aide humanitaire et juridique.

Nos réseaux sont plus étendus au Bahreïn, au Koweït ou au Qatar, donc ce n’est pas évident d’apporter de l’aide aux travailleuses en Arabie Saoudite par exemple. Parfois, dans un geste désespéré, nous lançons des appels à l’aide sur les réseaux sociaux, mais cela porte rarement ses fruits. Nous tentons aussi de contacter les ambassades. Nous savons par exemple que plusieurs ambassades africaines n’ont pas d’attaché qui s’occupe de la diaspora, donc nous essayons de voir qui nous connaissons sur place, de cette communauté, qui peut aider immédiatement.

En général, les travailleuses domestiques sont exclues des réformes du travail car pour le gouvernement, elles ne font pas “activement” partie du système de travail, donc personne ne priorise leur intérêt. Cela s’explique par l’importance pour les citoyens saoudiens d’avoir une main d’œuvre abordable. Car les services publics saoudiens (notamment la garde d’enfants) sont médiocres voire inexistants et ces travailleurs permettent aux citoyens de profiter d’un luxe et de garder le contrôle dessus.

Il existe des refuges pour celles qui s’échappent de chez leur employeur, mais très peu de pays du CCG en ont : le Bahreïn ou le Koweït par exemple, mais pas les Émirats arabes unis. Même quand c’est le cas, il faut être accompagnée d’un local pour porter plainte et accélérer les procédures. Souvent, après une plainte pour maltraitance, les autorités tentent une médiation entre les deux parties. Mais les travailleuses qui fuient leurs employeurs sont souvent traumatisées par leur expérience et perdues face à la bureaucratie complexe et veulent simplement quitter le pays.

“Les travailleuses n’ont pas le choix de l’employeur, et ne peuvent pas rentrer dans leurs pays” 

Me Taha Hadji est un avocat saoudien spécialisé dans les droits de l’Homme. Il milite pour les droits de plusieurs centaines de travailleurs et travailleuses migrants dans son pays, malgré de nombreuses restrictions légales, comme l’impossibilité de s’organiser dans des associations ou des syndicats. Il rappelle que les étrangers sont soumis au système de la kafala, un “parrainage” qui prévoit que leur passeport soit confisqué par leur “parrain”, ce qui rend toute fuite ou plainte impossible. Des réformes de ce système sont entrées en vigueur le 14 mars dernier, mais c’est sans espoir pour les travailleurs les plus vulnérables:

Ces nouvelles lois ne protègent pas ces travailleuses : elles n’ont pas le choix de l’employeur, ni ne peuvent rentrer dans leurs pays d’origine.

Les travailleuses domestiques logent souvent chez leur employeur et toute leur vie se passe derrière des portes closes, et on ne sait pas ce qui peut leur arriver. Beaucoup de cas d’abus sexuel, de torture physique et de maltraitance en témoignent.

Beaucoup de travailleuses s’échappent de chez leur employeur et finissent par recourir à la prostitution ou à la mendicité. Après leur fuite, elles sont obligées d’être sous la houlette d’une personne tierce pour pouvoir travailler. Là, le chantage devient plus sévère. C’est à partir de là qu’une personne entre dans des cercles vicieux et dangereux : maltraitance, addiction, trafic sexuel… Et ne peut pas se diriger vers des institutions gouvernementales de peur d’être rendue à son kafil et potentiellement d’être incarcérée.

Le ministère des Affaires étrangères malgache compte plus de 500 ressortissantes malgaches en Arabie saoudite, travaillant pour la plupart comme aide domestique. Le nombre de travailleurs migrants en Arabie saoudite a augmenté de 830 000 à 2,42 millions de travailleurs étrangers en dix ans.

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