Un million de dollars par jour: la rémunération faramineuse du PDG de Coinbase

Une ville nouvelle, en Iran. | Mehrdad Jiryaee via Unsplash

Brian Armstrong s’est vu attribuer un plan de stock-options très généreux.

Repéré par Céline Deluzarche sur Bloomberg

08/03/2021

La flambée du cours du bitcoin, multiplié par six entre mars 2020 et mars 2021, a subitement fait la fortune de certains crypto-investisseurs. Selon CBS, il y aurait à présent 100.000 millionnaires en bitcoin dans le monde, contre à peine 15.000 un an auparavant.

Au moins cinq d’entre eux ont rejoint le club des milliardaires, d’après Forbes, dont Cameron et Tyler Winklevoss, les cofondateurs de la bourse de cryptologie Gemini, ou Matthew Roszak, un crypto-évangéliste de la première heure qui a vu sa fortune passer de 300 millions à 1,2 milliard de dollars (1 milliard d’euros environ) en un an.

Mais ce n’est rien au regard des 15 milliards du PDG de Coinbase, l’une des applications d’échange de cryptomonnaie les plus populaires. Brian Armstrong fait désormais partie des 500 personnes les plus riches du monde, devant le patron de Snapchat Evan Spiegel ou de Twitter Jack Dorsey.

https://d8f62a17cacf9bd6f51a4d4a1dd9063f.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.htmlÀ lire aussiUn millionnaire veut construire une «ville blockchain» en plein désert

Après avoir perçu un salaire mensuel d’un million d’euros en 2020, le néo-milliardaire pourrait toucher plus de 3 milliards de dollars sur la prochaine décennie, soit près d’un million de dollars par jour ouvré, rapporte Bloomberg, qui cite cet accord de rémunération comme «l’un des plus somptueux d’Amérique».

C’est notamment la prochaine entrée en bourse de Coinbase qui affole les compteurs. Créée en 2012, l’entreprise est devenue un mastodonte des cryptomonnaies, grâce à l’engouement mondial pour le bitcoin.

En 2020, elle a enregistré des revenus de 1,1 milliard de dollars et un bénéfice de 322 millions de dollars. Sa valorisation est désormais estimée à 100 milliards de dollars et son entrée en bourse s’annonce comme l’une des plus prometteuses depuis celle de Facebook.

La vie de Brian

En août 2020, Brian Armstrong s’est vu attribuer 9,3 millions de stock-options, soit 3,8% de l’encours de l’entreprise. L’objectif de l’action étant de 374 dollars lors de l’introduction en bourse, cela mettrait Brian Armstrong à la tête d’un pactole de 3,5 milliards d’euros, sachant que les options sont valables dix ans.

Ce n’est bien sûr que la fourchette basse: si l’action continue de grimper dans les années à venir, la fortune engrangée sera encore plus importante.

Ces montants à faire tourner la tête illustrent la dernière tendance des administrateurs à accorder de faramineuses attributions d’actions gratuites aux PDG des entreprises préparant leur introduction en bourse.

Selon eux, ces transactions sont nécessaires pour conserver le fondateur à la tête de la compagnie, gage de stabilité. Parmi les autres exemples récents de ces rémunérations démesurées figurent Alex Karp, cofondateur et PDG de Palantir Technologies, qui va recevoir des stock-options d’une valeur de plus d’un milliard de dollars au cours de la prochaine décennie.https://d8f62a17cacf9bd6f51a4d4a1dd9063f.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Quant à Frank Slootman, le PDG de Snowflake, une start-up d’hébergement de données dans le cloud, il obtiendra des options d’achat d’actions évaluées à environ 80 millions de dollars chaque mois pendant quatre ans.

Pour Brian Armstrong, cela repose bien entendu sur la condition que les cryptomonnaies ne se seront pas effondrées d’ici là. Entre ceux qui prédisent un bitcoin à un million de dollars et ceux qui, comme Nouriel Roubini, affirment que «sa valeur est inférieure à zéro», il sera difficile pour le PDG d’anticiper un plan de retraite peinard.

Une ville nouvelle, en Iran. | Mehrdad Jiryaee via Unsplash

Une ville nouvelle, en Iran. | Mehrdad Jiryaee via Unsplash

Un millionnaire veut construire une «ville blockchain» en plein désert

La cité serait autocontrôlée, et échapperait à la juridiction de tout État. Utopie ou dystopie?

Repéré par Céline Deluzarche 

28/02/2021

En plein désert du Nevada, à 20 kilomètres à l’est de Reno, va peut-être sortir de terre la première «ville blockchain» au monde.

Jeffrey Berns, un millionnaire de 59 ans à la tête de la société d’investissement Blockchains LLC, a acquis 27.000 hectares de terres en 2018 dans le comté de Storey pour y implanter sa future ville utopique entièrement gérée par blockchain.

Sur ce terrain, l’entreteneur espère construire 15.000 habitations, des écoles, ainsi que 3 millions de mètres carrés d’espaces commerciaux et industriels d’ici soixante-quinze ans.

Dans cette ville, tout ou presque sera géré en s’appuyant sur une blockchain: les achats s’effectueront via une cryptomonnaie et chaque habitant disposera d’un compte blockchain pour voter et stocker ses données médicales, financières et personnelles. La blockchain permettra également d’acheter ou de revendre l’électricité entre voisins.

Cette ville créée ex nihilo constituera un moyen de reprendre le contrôle sur son identité et ses données en ligne sans dépendre d’un gouvernement ou d’entreprises, défendait le millionnaire en 2018.

Bref, une ville entièrement bâtie sur une page blanche et qui ne ressemblera à rien de connu, promet le libertarien Jeffrey Berns, qui considère le gouvernement comme un intermédiaire «inutile» entre les gens et les idées.

Liberté!

Pour réaliser son projet, Jeffrey Berns fait aujourd’hui appel à l’État du Nevada pour qu’il modifie sa législation et autorise des zones d’innovation.

Au sein de celles-ci, les entreprises auraient des pouvoirs identiques à ceux d’un gouvernement de comté, à savoir la création de son propre système judiciaire, la possibilité de lever des impôts, la prise de décision pour la construction d’infrastructures ou la gestion des terrains et de l’eau.

Une proposition accueillie avec curiosité et scepticisme par les législateurs du Nevada, jusqu’ici plutôt habitués à accorder de larges déductions fiscales.

L’État a ainsi accordé 1,3 milliard de dollars à Tesla en 2014 afin d’attirer son usine de batteries géantes. Le Nevada est par ailleurs connu pour être un paradis fiscal, avec zéro imposition sur les sociétés, sur les bénéfices, sur les dividendes, ainsi qu’un anonymat garanti pour le directeur et les actionnaires des firmes.

Le millionnaire peut néanmoins déjà compter sur le soutien du gouverneur démocrate Steve Sisolak, qui a relayé sa demande de zone d’innovation lors de son allocution en janvier dernier.

«Cela permettra d’attirer de nouvelles entreprises qui créent des technologies révolutionnaires sans recourir à des abattements fiscaux ou à des financements publics», a-t-il justifié. Un enthousiasme sans doute amplifié par les 60.000 dollars de dons versés par Blockchains LLC à son comité de campagne.

Si le projet est accepté, les entreprises technologiques disposant de 20.000 hectares de terrain et promettant un investissement d’un milliard de dollars pourraient créer des zones gouvernées par trois personnes, deux étant issues de l’entreprise elle-même, indique l’agence Associated Press. Une étape de plus vers un système dont on ne sait pas très bien s’il est utopique ou dystopique.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*