Un château de cartes, parfois, ça s’effondre.

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Un château de cartes, parfois, ça s’effondre.

Les porte-conteneurs n’arrêtent pas de perdre leurs marchandises (et beaucoup d’argent)

En trois mois, 3.000 boîtes sont tombées à l’eau.

Le commerce maritime mondial a certes accusé une baisse de 4,1% en 2020, il n’en reste pas moins que des millions de tonnes de marchandises traversent le globe chaque jour à bord de porte-conteneurs géants.

Mais depuis quelque temps, certains bateaux arrivent à destination quelque peu délestés de leur chargement. Ces trois derniers mois, environ 3.000 conteneurs sont ainsi tombés à l’eau durant leur trajet.

À titre de comparaison, 1.382 s’étaient perdus en mer chaque année sur la période 2008-2019 (elle chiffre était même descendu à 779 entre 2017 et 2019).À lui seul, le ONE Apus qui effectuait un trajet depuis la Chine jusqu’en Californie, a fait tomber 1.816 conteneurs dans l’océan Pacifique dans la nuit du 30 novembre.

Parmi les conteneurs perdus, 64 contenaient des produits dangereux dont des feux d’artifice, des batteries et de l’éthanol liquide. Des milliers d’autres conteneurs restés à bord ont par ailleurs été endommagés.

En janvier, c’est le Maersk Essen qui a fait tomber 750 conteneurs à la mer durant son voyage de Xiamen en Chine à Los Angeles aux États-Unis.

Maman, les gros bateaux

Comme souvent, ce sont les mauvaises conditions météo qui sont sans doute en cause. Le ONE Apus a ainsi affronté des vagues allant jusqu’à seize mètres de hauteur avant l’incident –de manière générale, la météo a été particulièrement agitée dans le Pacifique ces trois derniers mois.

D’autres facteurs peuvent cependant expliquer ces pertes de conteneurs à répétition, comme un arrimage défaillant. En raison de la crise sanitaire, de nombreux ports travaillent en sous-effectifs, fait remarquer BFM Business. Les cadences élevées conduisent parfois les ouvriers à «bâcler» le chargement des conteneurs, qui risquent alors de tomber à l’eau au moindre tangage.

Enfin, le manque de contrôle dans la charge des conteneurs provoque parfois des déséquilibres sur le navire, avec des charges lourdes placées en haut et des charges légères en bas. C’est un véritable château de cartes prêt à s’effondrer.

Tout cela n’est pas sans conséquences. Il y a d’abord la perte financière. Le chargement des 1.800 conteneurs perdus par le ONE Apus représente ainsi une valeur de 200 millions d’euros (le coût est cependant le plus couvert par l’assurance du transporteur).

Les conteneurs égarés peuvent en outre s’ouvrir et répandre leurs matières dangereuses dans l’eau, ou s’échouer sur les plages sans que personne ne vienne les récupérer. Ils constituent également une menace pour les bateaux de pêche et de plaisance.

La sécurité des conteneurs ne semble cependant pas être une priorité pour les transporteurs. 3.000 boîtes perdues sur les 220 millions qui sillonnent chaque année le globe ne représentent qu’une toute petite goutte d’eau dans l’océan.

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