La haine injustifiée des musulmans pour le porc prend une importance énorme pour notre société évoluée… encore une fracture entre la modernité et les sectes aux mille tabous ridicules…

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En difficulté avec ses smartphones, Huawei se lance dans le cochon 

Porc, charbon, voiture intelligente… l’entreprise chinoise cherche un second souffle.

Repéré par Robin Tutenges sur BBC

23/02/2021

Tout est bon dans le cochon –et c’est peut-être la raison pour laquelle Huawei s’y intéresse de si près. Acculée par les sanctions américaines qui paralysent son activité, l’entreprise chinoise du secteur des télécommunications cherche à diversifier ses sources de revenus. Et l’élevage porcin se révèle être un débouché plus que prometteur pour ses technologies.

Placée sur liste noire par les États-Unis, qui accusent notamment la firme d’espionnage au profit de Pékin, et privée de fait de technologies américaines indispensables à ses téléphones, Huawei accuse le coup.

Ses ventes sont en chute libre (-42% au dernier trimestre de 2020) et plusieurs médias annoncent que l’entreprise va réduire de 60% la fabrication de ses smartphones –elle prévoirait d’en expédier 70 millions en 2021, contre 189 millions en 2020.

La face cachée de la reconnaissance faciale du cochon

Face à cette débâcle, le cochon apparaît comme une solution. Comment? En adaptant les technologies de l’information et des communications de la firme aux industries traditionnelles, ici porcines. L’occasion également de mettre un pied dans un immense marché, étant donné que la Chine possède la plus grande industrie d’élevage de porcs au monde, précise la BBC.

Dans les actes, Huawei compte par exemple introduire l’IA dans les élevages pour suivre la santé et le poids des porcs, ou encore détecter les maladies.

Autre application envisagée selon le média britannique: l’entreprise chinoise pourrait utiliser son système de reconnaissance faciale pour suivre individuellement ces cochons.

Huawei, 33 ans, cherche débouchés

L’entreprise fondée en 1987 ne compte pas se contenter seulement de porcelets et de fumier, d’autres secteurs prometteurs l’intéressent également.

À la fin de l’année 2020, l’équipementier chinois en télécommunications s’est notamment lancé dans les véhicules intelligents avec sa nouvelle marque HI, la Huawei Intelligent Automotive Solution. Huawei propose ainsi des solutions informatiques pour les véhicules électriques, en partenariat avec des constructeurs automobiles.

Ce n’est pas tout: la firme compte également développer une offre pour conquérir le secteur des mines de charbon. Huawei souhaite en effet, grâce à son savoir-faire technologique, optimiser l’efficacité des extractions de ces roches, tout en renforçant la sécurité des travailleurs.

Voir ailleurs semble d’autant plus important pour la firme, que l’arrivée de Joe Biden à la présidence des États-Unis n’est pas synonyme d’un allégement des restrictions commerciales.

Nouvelle secrétaire au commerce de l’administration Biden, pas encore validée pour ce poste, Gina Raimondo a notamment indiqué qu’elle ne voyait «aucune raison» de retirer Huawei de la liste noire des États-Unis.

Reconnaître ce cochon pour mieux s’en occuper –avant de procéder à la même chose avec les êtres humains? | Pascal Debrunner via Unsplash

La face cachée de la reconnaissance faciale du cochon

Un outil d’agriculture de précision qui pourrait subtilement engendrer plus de tolérance envers la surveillance des personnes.

La technologie de reconnaissance faciale, à la fois commercialisée et redoutée comme une façon d’accroître exponentiellement les capacités de surveillance, sera peut-être un jour primordiale pour la production de la viande de porc.

Selon un reportage du New York Times, de grandes entreprises technologiques chinoises comme Alibaba et JD.com seraient en train de développer des outils d’intelligence artificielle reposant sur la reconnaissance faciale, dans le but de détecter des maladies et surveiller individuellement des cochons. La Chine espère que cette technologie va rendre les grandes exploitations agricoles plus gérables, permettant une consolidation du secteur et la fermeture de structures plus petites. Le gouvernement prétend que cette mesure réduirait le taux de pollution.

Agriculture de précision

La reconnaissance faciale des cochons serait précieuse pour l’élevage de précision, un type d’élevage répandu en Europe et en Chine, qui utilise des technologies de traçage pour une efficacité maximale. L’élevage de précision implique typiquement la distribution de la nourriture par portions à chaque animal en fonction de son âge et de son poids, pour préserver les ressources. Le développement des animaux est aussi constamment mesuré, et ils sont surveillés en permanence pour détecter toute maladie. L’agriculture peut appliquer ces techniques à n’importe quel animal, qu’il s’agisse de cochons, de poulets, de vaches ou de moutons.

D’habitude, on percent les oreilles des cochons avec des boucles d’identification par radiofréquences pour pouvoir les tracer, bien que cette pratique a été critiquée car cruelle et chronophage. Utiliser plutôt la reconnaissance faciale pour tracer les animaux pourrait être une solution plus humaine, et pourrait même aider à détecter les maladies et la détresse.

Imaginer que le dispositif puisse être utilisé au jour le jour sur une exploitation agricole est cependant contestable. Mark Hansen, chercheur associé principal au Laboratoire de robotique de Bristol, est l’un des seuls universitaires à avoir mené des études explorant les façons d’adapter spécifiquement cette technologie aux cochons. Dans un article publié en juin, Hansen rapporte que lui et son équipe de recherche ont pu former un modèle pouvant identifier dix cochons individuels dans une série de 1.553 images avec une précision de 96,7%. Pas trop mal.

Les membres de l’équipe de recherche d’Hansen ont d’abord collecté les images des têtes des cochons en positionnant des caméras à détection de mouvement derrière un distributeur d’eau. Quand un cochon s’approchait pour boire, la caméra prenait une photo de sa tête. Des algorithmes de deep learning scannaient ensuite les images et peaufinaient les caractéristiques distinctives, en particulier le museau, les rides, les yeux et les marquages qui apparaissaient sur le dessus de la tête.

#Reconnaistonporc

Les systèmes de reconnaissance faciale pour les cochons ne sont pas si différents de ceux utilisés pour les êtres humains. En fait, l’étude d’Hansen a trouvé qu’un système formé uniquement avec des visages humains arrivait à distinguer les dix cochons avec un taux de réussite de 91%. «Ceci indique que la plupart des caractéristiques que le réseau a apprises dans le but de différencier les visages humains sont aussi utiles pour différencier les visages des cochons, dit l’étude, [et] indique qu’un réseau formé pour les visages d’une espèce pourrait être transférable vers une autre espèce.»

Il devrait alors être possible de modifier les modèles de reconnaissance faciale conçus pour les êtres humains pour les utiliser pour d’autres mammifères. En faisant cela, on pourrait régler certaines lacunes des algorithmes pour les cochons, qui luttent souvent avec les variations d’expression et de luminosité.

L’étude d’Hansen note que les exploitations agricoles sont des configurations «sans contraintes», dans lesquelles la lumière du soleil et la boue ne sont pas aussi contrôlées qu’elles le seraient dans une configuration de labo. Les algorithmes de reconnaissance formés sur les êtres humains sont plus habiles à l’adaptation aux différents facteurs de contexte qui pourraient affecter leur précision. Cette même adaptabilité devrait être prise en considération lors de la reconfiguration d’un algorithme de visages humains pour l’utiliser sur des cochons.

Cependant, les cochons ont un nombre important de caractéristiques qui pourront poser des problèmes aux algorithmes de reconnaissance faciale. Ils vieillissent visiblement plus vite que les êtres humains, ce qui compliquera pour un système de reconnaissance faciale leur traçage tout au long de leur croissance.

Les modèles de reconnaissance tendent à avoir une baisse de précision nette quand ils utilisent des images d’une même personne prises avec plus de sept ans d’écart. Les cochons arrivent à maturité à environ 6 mois, moment auquel ils sont abattus. Ils s’attaquent entre eux de temps en temps, ce qui peut entraîner des blessures au niveau de la tête, comme un bout d’oreille manquant. Et, en ce qui concerne la recherche publique, il n’est pas sûr que les algorithmes de reconnaissance puissent s’adapter aux différentes espèces de cochons.

Mais il y a un plus gros problème. «Je pense que la technologie est au point au niveau des algorithmes et de la précision dans les conditions du monde réel», dit Hansen. «Mais on doit déterminer… si c’est vraiment utile pour les agriculteurs.» En ce moment, les données que les algorithmes nous envoient ne veulent pas dire grand-chose sans informations contextuelles. «Si [la technologie] ne se traduit pas par un système de gestion facile à utiliser et robuste, les agriculteurs ne vont pas vouloir l’essayer», dit Hansen. «[Les données] doivent être traduites par “Le cochon numéro 671 doit être sorti de l’enclos numéro 4 car un comportement de morsure va commencer”.»

Du cochon à l’humain, il n’y a qu’un pas

L’utilité et l’aspect pratique ne sont pas les seuls facteurs que les entreprises de reconnaissance faciale devront prendre en considération lorsqu’elles tenteront de convaincre les agriculteurs et les agricultrices d’utiliser leurs outils. Ian Werkheiser, un professeur assistant en bioéthique à l’Université de Texas Rio Grande Valley, note que certains agriculteurs de l’Union européenne ont été résistants à l’arrivée de l’élevage de précision. Les scientifiques ont généralement attribué cette réticence à un marketing inefficace, mais Werkheiser propose une théorie différente. «Il est possible que les agriculteurs aient raison quand ils disent que ça va les mener vers une aliénation de leur travail», avance-t-il.

Il ajoute que la dépendance de l’automatisation industrielle, plutôt que de l’être humain, pour gérer les cochons, tend à générer plus de stress au cours de la vie des animaux, ce qui peut entraîner une production de viande de moins bonne qualité.

Werkheiser s’inquiète aussi de la façon dont cet outillage agricole pourrait subtilement engendrer plus de tolérance envers la surveillance des personnes. «Les entreprises qui fabriquent ces technologies essaient de leur trouver des applications anodines voire d’apparence bénéfique, pour pouvoir mettre les gens à l’aise avec ça», dit-il, ajoutant que la prolifération de drones de loisir rend le public plus ouvert à leur utilisation par les forces de l’ordre et l’armée. «C’est dans l’intérêt de ces entreprises de pouvoir dire “[La reconnaissance faciale], c’est bien pour le bien-être des animaux. C’est bien pour les problèmes de santé”. Et ce faisant, créer plus de confort social autour de cette technologie.»

Comme on le sait, la loi chinoise dépend de plus en plus de la technologie de reconnaissance faciale pour garder un œil sur ses citoyennes et sur ses citoyens, en particulier ceux qui vivent dans le Xinjiang, lieu de résidence du peuple ouïghour

La reconnaissance faciale s’introduit massivement dans les magasins, les immeubles et même les toilettes publiques du pays, parfois sous couvert d’un bonus de confort. Commercialiser cette technologie en tant qu’outil agricole quotidien serait un nouveau moyen de faire en sorte que les gens perçoivent la reconnaissance faciale comme une composante de notre société moderne.

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