SURVEILLANCE

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Palantir, le géant de la surveillance aux profits fantômes

Le PDG de Palantir Alex Karp sur le perron de l'Élysée le 23 mai 2018. | Ludovic Marin / AFP
Le PDG de Palantir Alex Karp sur le perron de l’Élysée le 23 mai 2018. | Ludovic Marin / AFP

L’introduction en bourse de la firme fondée par Peter Thiel approche, mais les investisseurs doutent.

Proche de la CIA, en relation avec la DGSIfondée par un soutien de Donald Trump, l’entreprise Palantir s’est forgé une réputation sulfureuse en signant des contrats de surveillance avec les armées et polices du monde entier.

Malgré une date de fondation qui remonte à 2003, la firme spécialisée dans l’analyse de données reste aujourd’hui nimbée de mystère. Elle s’est toujours employée à entretenir une épaisse atmosphère de secret autour de ses activités, notamment du fait du profil sensible de sa clientèle.À lire aussiPalantir, l’arme anti-migrants des États-Unis

Par la force des choses et du marché, le secret est sur le point de s’effriter. L’entreprise dirigée par Alex Karp a annoncé début juillet qu’elle allait entrer en bourse, avec une IPO prévue pour l’automne 2020. Palantir étant évaluée à 20 milliards de dollars, soit 16,8 milliards d’euros, son introduction sur le marché sera historique.

Mais pour cela, l’entreprise devra expliquer aux potentiels investisseurs et investisseuses pourquoi elle pèse si lourd. Et ce ne sera pas de la tarte: dans la ligne de ce qui semble être une tradition chez les entreprises les plus en vue de la Silicon Valley, elle n’a jamais annoncé le moindre profit.

Centaines de millions de pertes

Au contraire, l’entreprise perd chaque année des centaines de millions de dollars. Elle tente donc de se vendre en promettant à ses futur·es actionnaires de très prochains bénéfices.

Business Insider relate que Kevin Kawasaki, le chef du développement commercial, justifie cela par le fait que son entreprise prend des marges négatives afin d’acquérir de nouveaux clients.

Mais une fois que les algorithmes de Palantir sont installés dans les bases de données et commencent à produire des résultats, «nos logiciels sont si cruciaux à leurs opérations que nous gagnons du poids dans les négociations», assure-t-il.

Kawasaki ajoute: «Nos clients peuvent encore grandir, et nous ne leur fournissons pas encore le maximum de notre potentiel.» L’objectif est donc de s’appuyer sur leur base de clientèle préexistante –et, sans doute, de faire fructifier les données parfois très sensibles qu’elle récolte sans limite.À lire aussiPalantir met la main sur les données du NHS pour une livre sterling

Autre inquiétude: la nature de cette clientèle, essentiellement gouvernementale. Fondée par Peter Thiel, un proche de Donald Trump, Palantir a bénéficié de généreux contrats avec les États-Unis ces dernières années. Mais si le chef d’État venait à changer, rien ne dit que l’entreprise continuerait de bénéficier des largesses de la Maison-Blanche.

Palantir estime qu’elle «transcende les affiliations politiques» mais a tout de même promis de diversifier sa clientèle en se tournant davantage vers le privé.

Le totalitarisme technologique s'achète sur catalogue, comme ici lors de la 14e China International Exhibition on Public Safety and Security, à Pékin, en octobre 2018. | Nicolas Asfouri / AFP
Le totalitarisme technologique s’achète sur catalogue, comme ici lors de la 14e China International Exhibition on Public Safety and Security, à Pékin, en octobre 2018.

Qui est Peter Thiel, le seul soutien de Donald Trump dans la Silicon Valley

Cet investisseur bien placé chez Facebook et Palantir espérerait être le prochain juge de la Cour suprême des États-Unis.Par Elisa BraunPublié le 10 novembre 2016 à 06:00

Peter Thiel, PayPal founder-turned-venture-capitalist, discusses his support for US Republican presidential nominee Donald Trump, at the National Press Club in Washington, DC, October 31, 2016. / AFP PHOTO / SAUL LOEB

La victoire de Trump afflige la Silicon Valley, mais pas l’un de ses plus importants investisseurs. Peter Thiel y fait figure d’exception notable, en affaires comme en politique. Il est le seul milliardaire issu des grandes entreprises de la technologie à avoir ouvertement soutenu le nouveau président élu des États-Unis, alors que ce dernier avait suscité une levée de bouclier sans précédent de la part des acteurs californiens du secteur, comme Apple, Amazon ou Google. Il est aussi l’un des rares à s’être félicité du résultat des présidentielles américaines, dans une interview accordée à Business Insider.

Ancien champion d’échec, Peter Thiel est un habitué des gros coups. Il doit sa fortune estimée à près de 2 milliards de dollars à la revente de Paypal à Ebay en 2002, à son investissement précoce dans Facebook – dont il est toujours membre du conseil d’administration – ou encore à la co-création de Palantir, la très secrète société spécialisée dans la surveillance qui signe de mirobolants contrats avec l’armée américaine. Son fonds d’investissement privé, Founders Fund, fait également partie des plus prestigieux et rentables de la Silicon Valley, où il est aussi puissant que redouté.

Un soutien d’1,25 million de dollars à Donald Trump

«Ce que Trump représente n’est ni absurde, ni près de disparaître», s’était expliqué Peter Thiel aux journalistes le 31 octobre au National Press Club, après avoir fait un chèque d’1,25 million de dollars pour soutenir la campagne de Donald Trump. L’«humilité» du magnat de l’immobilier, sa qualité d’«outsider» de l’establishment avaient été salués par Thiel, considérant que Trump représentait bien plus la majorité des Américains que la «dynastie de politiciens» selon lui responsables de la bulle technologique des années 2000, ainsi que de la crise financière de 2008.

Son ralliement à un candidat remarqué pour ses propos racistes, sexistes et homophobes a achevé de descendre sa cote de popularité déjà bien faible auprès des acteurs de la Silicon Valley, majoritairement démocrates. L’association d’Ellen Pao «Project Include», qui milite pour la diversité au sein des nouvelles technologies, s’est démise du contrat qui la liait au Y Combinator, incubateur californien dont Peter Thiel est partenaire, causant ainsi de nombreux remous. Mark Zuckerberg a quant à lui fait passer une note interne au sujet des opinions de son investisseur. Le PDG a appelé ses employés à défendre la diversité d’opinion – même quand ladite opinion va justement à l’encontre de la diversité.

Capture d’écran postée sur Hacker News, dont l’authenticité est attestée par des sources de The Verge.

À l’instar de Donald Trump, Peter Thiel entretient des rapports de défiance mutuelle avec les médias américains. Cette année, il a secrètement financé à hauteur de 10 millions de dollars la défense d’un procès contre le média Gawker, qui avait révélé son homosexualité en 2007. Une fois sa participation rendue publique, beaucoup ont vu dans ce règlement de compte – qui a conduit à la faillite de Gawker – une attaque contre la liberté de la presse de la part de l’un des maîtres de la Silicon Valley.

Un libértarien qui rêve de la Cour suprême

Son investissement dans la campagne de Donald Trump doit lui ouvrir de nouvelles portes. À 49 ans, Peter Thiel rêverait de rejoindre la Cour suprême des États-Unis grâce à une nomination de Donald Trump, selon des sources proches qui se sont épanchées auprès du Huffington Post américain. Son ambition d’intégrer les plus hauts cercles du pouvoir remonte à ses années d’études à Stanford. En 1992, tout juste diplômé de l’école de droit, il avait passé un entretien auprès du mythique juge ultra-conservateur Antonin Scalia (connu pour ses positions anti-avortement, mariage homosexuel et en faveur du port d’arme), et son confrère plus centriste, Anthony Kennedy. Échouant à obtenir le poste convoité d’assistant de justice («clerk»), le jeune Peter Thiel aurait été «dévasté» au point de se réorienter, de dépit, vers le trading et les nouvelles technologies.

Durant près de vingt ans, Peter Thiel n’a toutefois pas totalement abandonné la politique. Outre la publication d’un essai polémique sur «le mythe de la diversité» lors de son passage à Stanford, Peter Thiel s’est personnellement investi dans le think tank libéral et conservateur de la Hoover Institution. Membre du parti libertarien jusqu’en 2016, il a déjà fait savoir que la liberté et la démocratie étaient selon lui deux valeurs incompatibles. Il participe aussi au groupe Bilderberg, qui rassemble les plus influents défenseurs du capitalisme. En 2012, il a soutenu la candidature des républicains Ron Paul et Mitt Romney en 2012, alors même que ces candidats ont à plusieurs reprises affiché des positions hostiles à l’homosexualité.

Gay, Pro-Trump et vampire sur les bords

Avec son soutien à Trump, Peter Thiel cultive son art de la contradiction dans une mesure jusqu’alors jamais atteinte. «Je suis fier d’être gay, je suis fier d’être Républicain, mais par-dessus tout, je suis fier d’être Américain», a-t-il déclaré en juillet à la Convention républicaine à Cleveland, composée de délégués opposés à la reconnaissance des droits de la communauté LGBT, auprès de laquelle Peter Thiel s’est déjà engagé. Le milliardaire a notamment financé, via sa fondation philanthropique, des associations comme GOproud, et tenu plusieurs conférences sur les droits des homosexuels.

«Je ne prétends pas être d’accord avec chaque partie du programme de notre parti. Mais les guerres sociétales artificielles ne font que détourner notre attention de notre déclin économique», a poursuivi Peter Thiel, qui affirme ne pas prendre les propos discriminants de Trump au sens littéral. Même en ne s’attardant pas sur les mots, la politique économique de Trump prône clairement une position protectionniste à l’opposé des convictions de l’homme d’affaires, historiquement en faveur d’un libre marché mondialisé. Fils d’immigrés allemands arrivé aux États-Unis à l’âge d’un an, Peter Thiel se range également aux côtés d’un président bien décidé à fermer les frontières.

Peter Thiel est aussi en proie à d’autres tourments intérieurs, en assumant de mener ces vies parallèles d’investisseur respecté, d’idéologue à contre-courant des idées démocrates de la Silicon Valley ou de républicain gay. Le milliardaire met en fait tous les moyens à sa disposition pour lutter contre la mort avec, pour ambition ultime, d’atteindre l’immortalité. Au fil des années, il a beaucoup investi dans la recherche contre le vieillissement cellulaire autour d’un projet baptisé «Project Immortality». «S’il y a une chose qui excite vraiment Thiel, c’est la perspective de transfuser le sang de jeunes personnes dans ses propres veines», avait d’ailleurs écrit le journaliste Jeff Bercovici.

Comment la Chine exporte son «État-surveillance»

Le pays vend à qui souhaite contrôler étroitement sa population son «Surveillance State», la dystopie totalitaire et 2.0 qu’elle expérimente et installe chez elle.

Repéré par Thomas Burgel sur The New York Times

01/05/2019 à 6h33, mis à jour le 02/05/2019 à 16h04 https://ea7e992e21ed2ff92fb979a00de931e1.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.htmlContenus SponsorisésÀ Découvrir Aussi14 215 876 y jouent ! Le nouveau jeu de construction qui rend tout le monde accro. Pas d’installationForge Of Empires – Jeu en ligne gratuitConstruiras-tu la plus belle ville ?Elvenar – Jeu en ligne GratuitObtenir ce trésor est impossible! Prouvez-nous le contraire!Hero Warspar Taboola

Racontée par le journaliste du New York Times Jonah M. Kessel, l’histoire vaut presque autant que les questions, aussi vastes que notre monde et son avenir, qu’elle soulève. Avec deux de ses collègues, Paul Mozur et Melissa Chan, Kessel enquêtait sur le système de surveillance mis en place en Équateur par le peu libéral Rafael Correa, leader du pays jusqu’en 2017.

Un bête bouton dévoile un lourd secret

Nommé ECU-911 et constitué de milliers de caméras, il est à en croire les autorités du pays responsable d’une chute de la criminalité. Mais des activistes, juristes et journalistes locaux expliquent que l’emprise du système, conçu en Chine, est beaucoup plus importante et qu’il sert à espionner en permanence le peuple équatorien.

Kessel, Mozur et Chan obtiennent une rare interview du colonel Jorge Costa, patron de la sécurité intérieure du pays. La rencontre se déroule dans un bunker, dans les Andes. La pièce est sombre, trop sombre pour une interview. Kessel se met à tripoter les boutons à sa portée. «L’un de ces interrupteurs n’était pas ce à quoi il ressemblait», décrit-il. En le tournant, il n’a pas augmenté l’intensité lumineuse mais a mis au jour une glace sans tain, derrière laquelle se planquait un système à même de mettre tout un peuple au pas.https://ea7e992e21ed2ff92fb979a00de931e1.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.htmlÀ lire aussiComment la Chine a transformé une ville en prison technologique

Et c’est ainsi que, par accident et sans doute très ahuri, Jonah M. Kessel a découvert un pot aux roses plutôt noir, l’équivalent andin du système de flicage high-tech que la Chine expérimente chez elle, et qu’il détaille dans la vidéo ci-dessous.https://www.nytimes.com/video/players/offsite/index.html?videoId=100000006007030

Cette découverte fortuite, qui semble sortir d’une aventure de Tintin et d’une bévue comique de l’un des Dupondt, est le point de départ d’une longue enquête titrée «Made in China, Exported to the World: The Surveillance State» («Fabriqué en Chine, exporté dans le monde: l’État-surveillance»).

Les trois auteurs expliquent que le système qu’ils ont découvert est une version allégée de ce dont la Chine se dote dans certaines de ses villes ou métropoles, qui fut au début des années 2010 financé par le pétrole du pays.https://ea7e992e21ed2ff92fb979a00de931e1.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

La surveillance des flux, issus de 4.300 vidéos au total, est effectuée par 3.000 personnes, réparties dans 16 centre différents –pour mémoire, l’Équateur est un petit pays de 283.520 kilomètres carrés et compte moins de 17 millions d’habitant·es. Rappelons également que, de manière paradoxale, l’ambassade londonienne du pays a hébergé pendant sept ans Julian Assange, créateur de Wikileaks et chevalier blanc de la transparence étatique.

La boîte à outils du totalitarisme

Lesdits flux vidéo servent aux forces de l’ordre locales pour régler leurs affaires quotidiennes. Mais il semble que le Senain, l’agence de renseignement intérieur, ait aussi accès à une version miroir de ces documents –une arme qui a pu, par le passé et sous la férule de Correa, lui servir à intimider journalistes ou opposant·es politiques. L’ECU-911 permet l’écoute des téléphones portables et pourrait, toujours selon le NYT, être doté d’un système de reconnaissance faciale.

L’Équateur n’est pas le seul pays à voir dans ce système dystopique, en l’occurrence conçu par les deux firmes chinoises C.E.I.E.C. et Huawei, l’avenir de l’ordre public et de la félicité sociale. Dix-huit pays au total se seraient dotés d’outils similaires, notamment le Zimbabwe, le Pakistan, le Kenya, les Émirats arabes unis et… l’Allemagne.À lire aussiLa Chine, laboratoire de la dictature 2.0

Huawei admet fournir des solutions techniques à diverses autorités désirant créer des «smart cities» ou «safe cities», mais explique que l’utilisation de la technologie n’est ensuite plus de son ressort. C’est le nœud du problème: totalitarisme et autoritarisme sont des systèmes politiques mais ces outils de surveillance, auxquels l’Occident en généralet la France notamment ne sont d’ailleurs pas tout à fait étrangers, constituent pour eux la plus efficace des armes.

Des policiers surveillent la mosquée Id Kah, en 2017. | Johannes Eisele / AFP
Des policiers surveillent la mosquée Id Kah, en 2017. | Johannes Eisele / AFP

Comment la Chine a transformé une ville en prison technologique

Quand ils ne sont pas internés dans des camps, les Ouïghours vivent dans les villes où la surveillance high-tech est la plus sévère.

Malgré l’absence de véritable réaction de la communauté internationale, il est désormais de notoriété publique qu’il existe dans le Xinjiang, la région à l’extrême ouest de la Chine, des «camps de rééducation» où sont concentrés des Ouïgours, une minorité musulmane chinoise.

Ce qui est moins connu est qu’outre ces camps de détention fermés, les villes où vivent «librement» les musulmans chinois se transforment petit à petit en prisons à ciel ouvert. L’un des meilleurs exemples est sans doute la ville de Kachgar, où se trouve la mosquée Id Kah, la plus grande de Chine. Elle sert de laboratoire au totalitarisme high-tech qui se répand petit à petit dans tout le pays.

Prison technologique

D’après un reportage exceptionnel du New York Times, la ville est quadrillée de check-points tous les cent mètres environ, où les habitant·es font la queue afin de scanner leur carte d’identité et qu’une machine à reconnaissance faciale prenne une photo de leur visage.À lire aussiLa Chine, laboratoire de la dictature 2.0

Les très nombreux policiers qui surveillent la ville contrôlent régulièrement les téléphones afin de s’assurer que soient bien installés les logiciels espions obligatoires, qui enregistrent appels et SMS. En plus des check-points, des milliers de caméras de surveillance sont placées partout dans les rues, les boutiques et les mosquées, et suivent à la trace les Ouïghours –ces caméras sont équipées de technologie de reconnaissance faciale et d’algorithmes qui traquent et enregistrent tous leurs faits et gestes.

Comme vous pouviez le lire sur korii le 28 janvier, les entreprises high-tech chinoises se font des fortunes en fournissant ces technologies au gouvernement. Selon les journalistes du New York Times, «elles font comme si leurs outils avaient la précision d’un laser mais ils frappent tout le monde sans distinction».

Surveillance et punitions

La surveillance systématique permet ensuite de noter et de classer les habitant·es selon leur comportement. Ce système de notation existe dans le reste du pays, où des mauvaises notes empêchent par exemple 23 millions de personnes de prendre l’avion ou le train.

Seulement, à Kachgar, les conséquences peuvent être bien plus graves. Comme dans une prison, où les matons font la loi, une mauvaise note se traduit par de fréquentes perquisitions, de jour comme de nuit, effectuées par les milliers de policiers et de fonctionnaires du gouvernement stationnés dans la ville.

Si les suspicions sont trop lourdes, les suspects risquent l’internement dans le camp situé non loin de la ville, qui peut accueillir 20.000 détenu·es. Dès la maternelle, les enfants sont interrogés par la police. Si l’un d’entre eux déclare par exemple que sa famille lui enseigne le Coran, elle peut disparaître le lendemain. Les enfants sont ensuite placés dans des orphelinats géants.https://aad8a047d85816ad8160fbf47b2a7325.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Et ces orphelinats ne sont pas les seuls à avoir remodelé l’espace urbain. Depuis les années 2000, la vieille ville est massivement détruite afin de remplacer son dédale de petites rues par de larges avenues, où les caméras sont plus efficaces et où la police peut patrouiller plus librement.

Cette intimidation semble bien fonctionner. Lors de leur enquête, les journalistes sont allés visiter la mosquée Id Kah, l’une des rares encore ouvertes, qui peut accueillir 10.000 fidèles. Le vendredi, pourtant principal jour de prière pour les musulman·es, seulement quelques douzaines d’hommes étaient présents. La police enregistre qui entre et sort, et ses caméras filment sans arrêt la salle de prière.

Des policiers de l'Ontario en juillet 2018. | Geoff Robin / AFP
Des policiers de l’Ontario en juillet 2018. | Geoff Robin / AFP

La police canadienne tient une database des «comportements négatifs»

Partagée entre plusieurs organisations, cette base de données peut justifier des interventions.

Repéré par Barthélemy Dont sur Motherboard

01/03/2019 à 11h40, mis à jour le 01/03/2019 à 12h18 https://9d439bfa38ff2f26ae92f882247d5df8.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.htmlContenus SponsorisésÀ Découvrir AussiSi tu aimes jouer, ce jeu de construction de ville est pour toi. Pas d’installationForge Of Empires – Jeu en ligne gratuit1 solution simple pour entretenir votre Mac.MacKeeperVous êtes autorisé à faire tout ce que vous voulez dans ce jeuGoT PC Gamepar Taboola

Le système de «crédit social» chinois peut provoquer des sueurs froides, mais au fond de nous, on ne peut s’empêcher de se dire qu’un tel système digne de Big Brother ne peut exister que dans une dictature comme la Chine.

Pourtant, l’utilisation par la police des systèmes de surveillance généralisée n’a pas besoin d’attendre l’installation d’un pouvoir totalitaire. Il suffit de regarder ce qu’il se passe au Canada.

Dans certaines provinces, dont l’Ontario et le Saskatchewan, un système appelé «Hub», permet de créer une base de données des «comportements négatifs», à l’encontre des autres ou de soi-même. Elle contient des informations pouvant aller de problèmes de santé mentale, à l’usage de drogues en passant par des antécédents de violence ou une «attitude anti-sociale».

Toutes ces informations sont entrées dans la base de données par la police mais aussi par des travailleurs et travailleuses sociales, des médecins, des éducateurs et éducatrices, des écoles etc. Elles sont ensuite partagées entre les personnes de toutes ces agences civiles et policières.

Lorsque ces informations sont entrées, un algorithme les analyse et évalue le potentiel de risques d’une personne ou d’une communauté. Ces données peuvent concerner n’importe qui, y compris des mineurs. Les enfants de 12 à 17 ans représentent même la tranche d’âge la plus représentée sur les Hub.

Pas de consentement nécéssaire

Normalement, les informations contenues dans la database ne précisent pas directement l’identité de la personne. Mais des experts interrogés par Motherboard estiment que rendre les données totalement anonymes est quasiment impossible.

Dans l’Ontario, l’IPC, un organisme d’État de défense de la vie privée a publié des règles précisant aussi que l’ajout d’information doit être fait avec le consentement des personnes fichées.

Mais, toujours selon Motherboard, une note interne précisait que les utilisateurs et utilisatrices du hub «ne sont pas obligés d’appliquer les pratiques recommandées par le document de l’IPC», portant ainsi atteinte à la vie privée des citoyens selon Brian Beamish, le directeur l’IPC.

Pre-crime

Le but de ces «Risk-driven Tracking Database» (RTD) est de pouvoir conduire des interventions sur les personnes jugées trop à risque. Si l’objectif est de leur apporter de l’aide, de les orienter vers des personnes pouvant les aider et de s’assurer que tout va bien, les interventions peuvent aussi s’approcher d’une méthode de «pre-crime».

Au moins une de ces interventions a débouché sur un internement forcéen hôpital psychiatrique et une autre par un emprisonnement. De plus, explique Tamir Israel, un avocat membre du CIPPIC, une organisation spécialisée dans les droits en ligne, les RTD disposent d’«indicateurs géographiques» qui peuvent classer les lieux selon leur taux de crime.https://9d439bfa38ff2f26ae92f882247d5df8.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Cela pourrait déterminer le nombre de policiers dans un quartier mais aussi les influencer et les rendre plus suspicieux ou agressifs. Comme certains critères de risques sont très flous («comportement négatif»les biais racistes des médecins, écoles, ou travailleurs sociaux par exemple pourraient être dévastateurs.

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