SORTIR de l'UE

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Frexit ? Reprendre le contrôle sur notre pays

Thierry Martin

Il y a un modèle anglais, même si nos institutions sont différentes, et Charles-Henri Gallois, qui vient de lancer Génération Frexit, l’a compris. Le référendum britannique de 2016 fut, en quelque sorte, la condition nécessaire mais pas suffisante du Brexit, processus de sortie de l’Union européenne qui est encore en cours. Néanmoins, l’obtention d’un référendum pour décider de rester ou de quitter l’Union européenne est l’unique objet de Génération Frexit. Ce sera d’autant plus une œuvre de longue main – encore que l’Angleterre a maintenant montré l’exemple – qu’il faut remonter à 1993, ce jour où Nigel Farage quittait le Parti conservateur pour fonder le UKIP, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni. Cette formation constituait un single-issue party, à savoir un parti focalisé sur un seul enjeu : l’organisation d’un vote aboutissant au Brexit. Une idée fixe que Nigel Farage a, finalement, vu triompher vingt ans plus tard, lorsque le Premier ministre conservateur, David Cameron, acculé par la pression des brexiters dont Boris Johnson, s’est vu forcé de promettre le référendum.

« Nigel a été l’homme du Brexit sans jamais remporter les élections générales », constate Charles-Henri Gallois. Cela étant, après la victoire du référendum, il y a eu la bataille parlementaire ponctuée par les élections européennes où les conservateurs furent laminés au profit du Brexit Party, nouveau single-issue party construit par Farage. Le UKIP, qui existe toujours, s’était trop diversifié et était désormais associé à l’extrême droite.

Chacun sait qui a gagné mais personne ne sait comment, questionne The Uncivil War, le film anti-brexit de James Graham. La thèse du film qui veut que ce soit grâce à la récolte des données personnelles sur les réseaux sociaux, est contredite par la scène où l’on voit Dominic Cumming, aujourd’hui conseiller principal de Boris Johnson, revenir dans une salle de réunion vide et réfléchir devant un de ces tableaux muraux qui servent aux brainstormings. Il écrit take control, puis se ravise take back control, véritable slogan magique. Voilà un slogan tout à fait traduisible et transposable.

Le souverainisme reste auréolé par sa victoire au référendum sur la Constitution européenne en 2005 (54,68 % de votes pour le « non »). Un courant représenté par Debout la France (DLF), Les Patriotes (LP), République souveraine (RS), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), auquel s’ajoute maintenant Génération Frexit, fondé par Charles-Henri Gallois, ancien cadre de l’Union populaire républicaine (UPR). Mais Génération Frexit ne présentera aucun candidat aux élections. Son unique but : mettre la question d’un référendum sur le Frexit au cœur du débat politique. « On parle très peu de l’Union européenne lors de l’élection présidentielle. Or, pour nous, cette question définit tout le reste, argumente-t-il. Si on convainc les Français de se mettre d’accord sur un référendum, il y aura un débat et je suis persuadé que nous pourrons le gagner en présentant nos arguments pour “reprendre le contrôle” sur notre pays », déclare-t-il.

Alexandra Phillips, ancienne eurodéputée membre du Brexit Party, l’a mis en garde : « Nous devons faire preuve de solidarité contre les abus, les attaques et les mensonges que vous allez subir, de la part de ceux qui veulent faire croire que défendre le droit de son pays à s’autodéterminer est xénophobe. »

Sous le contrôle de Pascal Perri, de LCI, économiste libéral mais pas spécialement frexiter, Charles-Henri Gallois, cadre financier, diplômé de l’EM Lyon, rappelait que les droits de douane européens de 2,4 % ne feraient pas plus peur au Royaume-Uni qu’ils ne font peur aux Chinois ou que la France seule emprunterait à -0,2 % alors que l’Union européenne emprunte à +1,15 %, ou encore que l’euro, qui était surévalué de 15 %, bénéficiait aux Allemands mais nuisait à l’économie française.

L’UE ose menacer Israël mais se couche devant les Turcs

L’UE ose menacer Israël mais se couche devant les Turcs

Inutile de bêler à tout-va. L’annexion par Israël des implantations juives en Judée-Samarie et de la vallée du Jourdain est une nécessité vitale. Et qui plus est, parfaitement légale. Car la Cisjordanie n’appartient à personne.

Si Golda Meir était encore de ce monde, elle dirait à nouveau aux braillards pro-palestiniens :« Nous préférons vos condamnations à vos condoléances ».

Car le rêve de bon nombre de musulmans, qu’ils soient arabes ou perses, c’est de rayer Israël de la carte, une réalité que l’Europe se garde bien d’évoquer.

La Charte du Hamas n’a pas changé depuis 1988. Elle prêche toujours le jihad contre Israël jusqu’à sa destruction. Et l’habillage du texte en 2017 n’a rien modifié fondamentalement. Le Hamas ne reconnaît toujours pas « la légitimité de l’entité sioniste ».

Toute concession d’Israël se traduit par un désastre. L’évacuation du Sud-Liban en 2000, puis le retrait de Gaza en 2005, se sont soldés par des pluies de roquettes lancées par le Hamas et le Hezbollah sur les populations civiles d’Israël.

L’évacuation de la bande de Gaza décidée par Sharon fut d’ailleurs jugée comme une trahison par bon nombre d’Israéliens.

Et on a vu comment les fanatiques du Hamas ont pris le pouvoir à Gaza, en jetant du haut des toits leurs adversaires du Fatah ! À peine Israël avait le dos tourné que la barbarie était de retour.

Encore un « détail » oublié des Européens !

Par conséquent, qui peut croire le peuple juif assez fou pour accepter de revenir aux frontières d’avant 1967, après trois guerres menées par une coalition arabe contre l’État hébreu ?

Je vois mal les Israéliens rendre le plateau du Golan ou leurs possessions en Judée-Samarie, pour avoir à leurs portes un État palestinien armé par les ennemis d’Israël.

En 1948, 1967 et 1973, les Arabes ont toujours été les agresseurs, une réalité accablante, que les Européens évacuent un peu vite.

Rappelons que les Arabes ont rejeté le plan de partage de la Palestine concocté par l’Onu en 1947. Les Juifs l’ont accepté. Mais les Arabes n’ont pas voulu d’un État juif à leurs côtés et ont déclaré la première guerre dès 1948.

En 1950, la Transjordanie (actuelle Jordanie), annexe purement et simplement la Cisjordanie (Judée-Samarie). Une annexion jamais reconnue par la communauté internationale.

Suite à l’agression arabe de 1967, Israël prend le contrôle du Sinaï (égyptien), de la Cisjordanie (jordanienne), de Gaza (égyptienne), de Jérusalem-Est (sous contrôle jordanien) et du plateau du Golan (syrien). Le Sinaï sera restitué à l’Égypte en 1982.

Et en 1988, la Jordanie abandonne toute prétention sur la Cisjordanie.

Par conséquent, la Judée-Samarie appartient de fait à Israël, puisque plus aucun État ne la revendique.

L’annexion des implantations juives est donc légale, la Cisjordanie n’ayant  jamais été un État souverain.

Toutes les propositions faites depuis 30 ans ont été refusées par les Palestiniens, qui considèrent que les concessions israéliennes sont insuffisantes.

Le plan Trump est donc un bon compromis pour mettre un terme à ce dossier sans fin, qui garantit la sécurité d’Israël, sans laquelle aucun accord n’est possible, et qui accorde aux Palestiniens un État démilitarisé.

Mais la vraie question est de savoir si les Palestiniens veulent réellement disposer d’un État, ou s’ils préfèrent le statu quo, en conservant leur statut de réfugiés de père en fils pendant 1 000 ans, à la charge de la très généreuse communauté internationale.

Comme le rappelle Emmanuel Navon, membre du Likoud et spécialiste des relations internationales, on voit mal pourquoi l’Europe s’opposerait à l’annexion d’un territoire qui n’appartient à personne, alors qu’elle ne trouve rien à redire à l’occupation illégale de la partie Nord de Chypre par la Turquie. 

Ce sont pourtant 38 % du territoire chypriote que les Turcs ont envahi depuis 1974 !

Et à quoi bon menacer Israël de représailles ?

Ce petit pays courageux lutte pour sa survie et n’a que faire des états d’âme d’une Europe lâche et avachie, qui se soumet de jour en jour à l’islam conquérant et qui n’est même pas capable d’assurer la protection et la sécurité de ses habitants face aux fous d’Allah qui ensanglantent les rues en toute impunité.

Et si on compare l’usine à gaz de l’UE aux usines RENAULT en terme d’investissement humain, de dimension des locaux et de sa productivité ?
Combien Bruxelles devrait sortir
de voitures par jour ?…
et combien ils sort de directives bidons ?

L’UE c’est comme les liquidateurs de bien qui pompent 10% d’honoraires pour soi-disant redresser les entreprises !
C’est un handicap pour vous humilier !
C’est le proxénète incapable de bosser qui va vous faire voir comment
on fait les pipes… et qui vous laisse juste de quoi acheter des Tampax !

De toutes façons nous le verrons plus loin, l’UE est une invention de la CIA dirigée et crée par le clan Rothschild, pour contrôler l’Europe depuis Washington, via Israël… Paris est la capitale des juifs et la France la prochaine résidence secondaire d’Israël, avec une dette de plus de 6000 milliards qui fait dire à Soros que plusieurs pays lui appartiennent ! Car in fine, pour un milliardaire comme Rothschild, 6000 milliards c’est juste un pourboire ! A imprimer des triards de Dollars et d’Euro en fausse monnaie la MAFIA KHAZARE peut tout s’offrir. D’autant plus qu’à l’exemple du financement des guerres la MAFIA KHAZARE rachète tout au franc symbolique selon la méthode Tapie… d’ou ce besoin permanent de ruiner la France ! Et là vous allez voir l’efficacité des juifs pour renvoyer la racaille au bled… alors que la racaille inconsciente aura tout fait pour pourrir la vie aux français. Pour bien comprendre la dette qui n’est que du racket classique il faut additionner la dette de l’Etat, celle des régions et celle des entreprises. J’ai connu le même exemple ou les grossistes juifs du porno Hollandais endettaient les sex-shops en Europe… jusqu’à récupérer toutes les boutiques quand la dette était trop grosse. C’est un classique en matière de commerce.

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– « Avec 20 Trilliards de fausse monnaie associés aux taux négatifs, nous avançons vers la grande catastrophe ! ». Pierre Jovanovic continue inlassablement d’alerter les français sur la crise économique amplifiée par la terrible crise sanitaire et ses conséquences. Mais le journaliste vient sur TVLibertés pour porter un acte d’accusation contre « le milliardaire philanthrope » Bill Gates et la fondation qu’il dirige avec son épouse Melinda. Bill Gates et l’OMS, Bill Gates et la réduction de la population mondiale, Bill Gates et le puçage ou « carnet de vaccination sous-cutané », Jovanovic réplique aux Décodeurs du Monde qui multiplient les articles prenant la défense du fondateur de Microsof

L’Europe sans l’UE, c’est possible : la preuve avec les « accords Covid »

L’Europe sans l’UE, c’est possible : la preuve avec les « accords Covid »

La crise du coronavirus vient à nouveau de montrer que l’Union européenne est un gadget n’ayant d’autre utilité que d’éloigner le pouvoir du peuple au profit des gouvernants ; lui imposer, sous couvert de contrainte supranationale, des normes trop souvent injustes ou inutiles ; un court-circuit des processus démocratiques nationaux au profit d’une bureaucratie pléthorique tirant de substantiels avantages financiers de ses fonctions.

Je me demande parfois si la seule raison pour laquelle cette « UE » se maintient n’est pas la présence de ses bâtiments gigantesques qui lui donnent l’apparence d’un roc imprenable, d’une forteresse indestructible.

Pourtant, si les peuples européens le voulaient vraiment, ces bâtiments pourraient être revendus pour en faire des bureaux, des sièges d’entreprises commerciales, voire à des fins culturelles.

Qu’est-ce qui empêcherait de faire un jour du « parlement européen » un amphithéâtre où l’on jouerait les pièces de Sophocle et d’Euripide, comme un pied-de-nez au sacrifice de la Grèce par l’UE ?

Le Brexit n’a pas été la catastrophe annoncée, bien au contraire. Les négociations internationales bilatérales si courantes avant l’avènement de l’UE suffisent largement à régler des difficultés, notamment d’ordres économique ou stratégique, sans sacrifier l’identité nationale de chaque pays et les intérêts légitimes de leurs ressortissants respectifs.

On en a eu une illustration avec la signature d’accords amiables entre pays européens frontaliers, en dehors de toute intervention de l’UE, afin de régler le problème du traitement fiscal des travailleurs frontaliers dans le contexte de la crise du Covid-19.

Ainsi, le Luxembourg et la France ont conclu un tel accord le 16 juillet 2020.

Les travailleurs transfrontaliers étant confinés risquaient de perdre le bénéfice d’un régime fiscal avantageux visant à éviter qu’ils soient taxés à la fois dans le pays où ils travaillent et en France où ils étaient temporairement en télétravail. 

La France prévoit en effet des règles très strictes à ce sujet afin d’essayer d’imposer tout ce qui se rattache d’une façon ou d’une autre à son territoire. La gourmandise de la France dans le domaine de l’imposition sur le revenu est notoire, au point que ses règles exorbitantes aboutissent souvent à une situation de double taxation avec les pays étrangers, que des accords internationaux conclus avec elle visent à écarter.

L’accord amiable du 16 juillet 2020 mentionne dans ce contexte les journées à ne pas prendre en compte pour le décompte des jours travaillés à domicile, « notamment en cas de force majeure en dehors de la volonté de l’employeur et du travailleur« .
Les deux pays se sont mis d’accord pour considérer que la situation sanitaire liée à la crise du Covid-19 constitue un tel cas de force majeure.

Ainsi les jours de travail « pour lesquels des rémunérations ont été perçues et pendant lesquels l’emploi a été exercé à domicile en raison uniquement des mesures prises pour combattre la pandémie de Covid-19″ sont neutralisés pour ne pas pénaliser les travailleurs transfrontaliers.

Macron a sûrement craint de perdre une partie de son électorat. On peut penser que n’importe quel gouvernement aurait de toute façon agi ainsi compte tenu du contexte et de la logique des accords déjà signés.

Toujours est-il que cet exemple montre avec quelle facilité la voie bilatérale qui était largement répandue pendant des siècles est efficace et permet de résoudre simplement et rapidement une difficulté.

On ne saurait nier que l’Union européenne a produit des textes parfois utiles, notamment dans le domaine de la protection du consommateur, qui est la même dans toute la zone UE.

Mais si l’UE venait à disparaître, il suffirait de conclure des accords bilatéraux afin de perpétuer ce qu’il y aurait de positif à garder dans cette production législative (encore qu’elle s’articule parfois mal avec les législations internes comme le Code civil).

Au demeurant, on a atteint, dans ces rares domaines où l’UE a présenté une utilité, un niveau maximal d’harmonisation et de protection.

L’UE en vient à proposer éternellement des réformes, de prétendues améliorations mais il ne s’agit guère plus que de tenter de justifier tant bien que mal la survie d’institutions devenues désormais largement inutiles.

On pourrait d’ailleurs en dire de même pour le Parlement national, tant les besoins de continuer un travail législatif ont diminué – sauf si les patriotes venaient à prendre le pouvoir, car il faudrait alors réaliser un énorme travail pour revenir à de sains principes.

Ces institutions pourraient très bien se réunir seulement périodiquement comme à l’époque des « Etats généraux », le seul tort de ce système de l’Ancien régime ayant été qu’ils n’étaient pas assez souvent convoqués puisque tout dépendait de la bonne volonté du Roi.

Que d’économies pour le citoyen-contribuable et quel progrès pour la République et une démocratie sainement conçue s’il en allait ainsi…

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L’UE finance les espions d’Israël
et sanctionne le Venezuela
pour faire plaisir à Trump

Peut-être que la description la plus franche du Mossad est qu’il s’agit d’un « syndicat du crime avec une licence ». Ce commentaire a été fait par Tamir Pardo, qui a dirigé la tristement célèbre agence d’espionnage israélienne entre 2011 et 2016. Loin de se repentir d’avoir dirigé un syndicat du crime, Pardo en a tiré profit. Possédant un curriculum vitae pratiquement unique – seuls les rares élus peuvent diriger le Mossad – il a décroché des postes de haut niveau dans le secteur privé israélien au cours des dernières années. L’Union européenne récompense désormais ses crimes.XM Cyber – une entreprise fondée par Pardo – fait partie d’un projet financé par l’UE qui sera lancé en septembre. Baptisé « Impetus », ce projet de 10,5 millions de dollars portera sur l’éthique de l’utilisation des technologies de surveillance dans les villes. XM Cyber – une entreprise qui conseille ses clients sur la manière de se préparer à des attaques sur les réseaux informatiques – a été créée par Pardo et deux autres espions israéliens chevronnés.

GrotesqueCharger un ancien chef du Mossad et ses copains de travailler sur des questions d’éthique est grotesque. L’exécution d’assassinats fait partie des activités du Mossad. Sous la supervision de Pardo, le Mossad a été accusé d’avoir tué un scientifique nucléaire de haut niveau en Iran.Bien que le Mossad n’admette pas de meurtres particuliers, Pardo a affirmé que les assassinats politiques sont parfois nécessaires.Les assassinats violent les droits fondamentaux de l’homme et l’État de droit – des principes que l’UE est censée considérer comme sacro-saints. Pourquoi les fonctionnaires de l’UE ont-ils, en fait, considéré comme une autorité en matière d’éthique un homme qui a plus que probablement approuvé des assassinats ?J’ai posé cette question à la Commission européenne, qui supervise Horizon 2020, le programme de recherche dont bénéficie Pardo.La Commission a refusé de répondre à cette question. Au lieu de cela, elle a eu recours à un baratin sur la façon dont XM Cyber avait « été vérifié et évalué pour être conforme aux règles et exigences d’Horizon 2020 ».Pardo est partisan de la discrimination raciale. Il a récemment signéun article d’opinion dans lequel il affirme que l’annexion imminente d’une grande partie de la Cisjordanie pourrait à terme nuire à « l’identité juive » d’Israël.Il s’inquiète particulièrement du fait qu’Israël pourrait se trouver face à un « dilemme » qui l’obligerait à choisir entre accorder des droits égaux aux Palestiniens dans le territoire annexé ou les priver de tout droit. L’idée que tous les êtres humains ont droit à des droits égaux ne fait pas partie de son mode de pensée.Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, est également opposé à l’annexion, bien qu’il ait cité différentes raisons pour justifier son opposition. Borrell a soulignéque l’annexion serait « contraire au droit international ».Une des idées avancées est que l’UE répondra à l’annexion en excluant Israël de ses activités de recherche. Cela signifierait que des entreprises telles que XM Cyber de Pardo ne pourraient plus recevoir de subventions de l’UE.“Business as usual”Il serait important de stopper le flux de ces subventions vers Israël. Les entreprises et institutions israéliennes ont puisé environ 1,2 milliard de dollars dans Horizon 2020, le programme de recherche actuel de l’UE.Jusqu’à présent, l’UE a adopté une approche de statu quo. Cette approche consiste à aider les entreprises qui profitent de la souffrance des Palestiniens.Elbit Systems, l’un des principaux fabricants d’armes israéliens, est l’une de ces entreprises. Elle a fabriqué les drones utilisés lors des grandes attaques israéliennes sur la bande de Gaza et fourni du matériel de surveillance pour l’énorme mur israélien en Cisjordanieoccupée.Cela n’a pas empêché l’UE d’accorder continuellement des subventions à Elbit.
Elbit fait partie d’un consortium à l’origine d’un projet de sécurité ferroviaire de 11 millions de dollars financé par l’UE, qui débutera en octobre.
Avec les armes provenant d’entreprises telles qu’Elbit, Israël a bombardé des fournisseurs de services de transport essentiels – notamment des ambulanciers – à Gaza. Se tourner vers les marchands d’armes israéliens pour obtenir des conseils sur la sécurité ferroviaire est donc tout aussi grotesque que de demander à un ancien chef du Mossad des conseils sur l’éthique.L’UE prête également main-forte à un nouvel acteur dans l’industrie de guerre israélienne en pleine expansion.BGR Robotics affirme avoir fabriqué le premier « véhicule sous-marin autonome » d’Israël. Fondée par le personnel de l’université Ben Gourion du Néguev, BGR Robotics semble également vouloir opérer en surface.Elle a reçu une subvention de l’UE de plus de 56.000 dollars pour un projet visant à évaluer comment les robots peuvent être utilisés dans l’aviation. Le site web de l’UE consacré à la recherche scientifique présente le projet comme étant civil en suggérant que les robots pourraient contribuer à réduire les retards des vols. Pourtant, BGR Robotics n’essaie pas de cacher que ses produits sont conçus pour des applications militaires.Il est donc raisonnable de se demander si l’UE pourrait apporter une modeste contribution au développement de robots tueurs pour les futures guerres d’Israël.L’Université hébraïque de Jérusalem, quant à elle, propose un coursrelativement nouveau visant à former les soldats israéliens à l’espionnage. C’est l’une des nombreuses façons dont l’Université hébraïque – dont le campus est situé à Jérusalem-Est occupée – soutient les troupes israéliennes, ces mêmes troupes qui oppriment les Palestiniens chaque jour.L’UE ignore cette réalité pour pouvoir arroser l’université hébraïque de subventions. L’Université hébraïque a récemment rejoint – ou va bientôt entreprendre – des projets financés par l’UE qui traitent de sujets aussi variés que le poisson-zèbrel’anatomie dans la Grèce antique, la photosynthèse et l’importance du textile pour le mouvement sioniste.Tous ces sujets sont sans aucun doute fascinants. Mais cela n’excuse pas la façon dont l’argent des contribuables européens profite à une institution qui était déjà directement complice des crimes d’Israëlbien avant que certains bureaucrates de Bruxelles ne s’inquiètent de l’annexion.*Source :ISMVersion originale :The Electronic Intifada
Vidéo (3’19 – en anglais): Tamir Pardo, ancien chef du Mossad, interpellé à propos des assassinats ciblés commis par les services secrets israéliens israéliens (John F. Kennedy Jr. Forum – 3 mai 2016). ———————————————————-
Sanctions  contre Maduro: les membres de l’UE, «supplétifs de Trump»Pourquoi le Venezuela et son Président s’attirent-ils autant les foudres des Américains et d’Emmanuel Macron? Le Président autoproclamé Juan Guaido est-il toujours crédible? Selon le journaliste Maurice Lemoine, l’Union européenne s’est alignée sur les positions américaines. Entretien. Confronté aux sanctions européennes du 29 juin dernier contre onze responsables vénézuéliens, Nicolas Maduro a répliqué le jour même, fixant un ultimatum à Isabel Brilhante Pedrosa, représentante de l’Union européenne à Caracas: elle avait 72 h pour quitter le pays.L’escalade s’est poursuivie: la diplomatie européenne a convoqué l’ambassadrice Claudia Salerno, responsable de la mission du Venezuela auprès de l’UE, qui pourrait se voir signifier son expulsion dans les prochaines heures. Comment expliquer la position radicale des Euronouilles de Bruxelles et les toutous de Paris sur le dossier vénézuélien?Contacté par SputnikMaurice Lemoine, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, estime que les Européens ont «intégré la doctrine Monroe», c’est-à-dire que l’Amérique latine reste «l’arrière-cour des États-Unis». «On ne fait qu’être les supplétifs de Trump», affirme ainsi l’auteur du livreVenezuela, Chronique d’une déstabilisation (Éd. Le Temps des Cerises, 2019).

Un peu de musique

‘Mossad isn’t a crime syndicate,’ Netanyahu says in dig at ex-spy chief

Former agency head Tamir Pardo had accused PM of trying to wiretap his phone, pushing for a strike on Iran

Prime Minister Benjamin Netanyahu, right, with outgoing Mossad chief Tamir Pardo during a farewell ceremony for Pardo in Tel Aviv on January 5, 2015. (Kobi Gideon/GPO)

Prime Minister Benjamin Netanyahu on Sunday took a jab at former Mossad chief Tamir Pardo over a critical interview the latter gave in which he accused the premier of attempting to wiretap his phone in 2011.

During the interview with the “Uvda” investigative TV show aired Thursday, Pardo called the spy agency he once headed a “crime syndicate with a license.”

Netanyahu, speaking to ministers at the opening of the weekly cabinet meeting, said, “Mossad is not a crime syndicate.”

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“It is a glorious organization carrying out blessed work battling terrorism and we all salute it,” he added.

In its report, “Uvda” said that Netanyahu had asked then-Shin Bet chief Yoram Cohen to monitor the communications of senior defense officials, including Pardo and then-IDF chief of staff Benny Gantz.

There was no evidence or specific concerns that Gantz and Pardo were leaking state secrets, and the eavesdropping was meant as a “preventative measure,” according to the news program’s sources.

Cohen reportedly denied the prime minister’s request, telling Netanyahu that the “Shin Bet is not supposed to use such drastic measures against the people leading the military and the Mossad.”

At the weekend, Cohen released a rare and curiously worded official statement denying the specific allegations. “I usually don’t address in the media the professional discourse that takes place between the prime minister and the head of the Shin Bet,” Cohen said in the statement. “However, the reports in the media about instructions the prime minister supposedly gave to me when I was serving as Shin Bet head — to specifically listen to the phones of Chief of Staff [Benny] Gantz and Mossad head [Tamir] Pardo — are not correct,” he said. Earlier,  a Channel 10 news report quoted Cohen as telling confidants that he was “surprised” by the report and called it “nonsense.”

Pardo, who was selected by Netanyahu to lead the Mossad and took over the agency’s helm in early 2011, said he was shocked by the revelation.

“I don’t want to believe that in the State of Israel, which is a democratic country, the prime minister would ask the head of the Shin Bet to listen in on the [IDF] chief of staff or myself. If [Netanyahu] didn’t believe in us, he could make us end our tenures within 10 minutes,”

Pardo told the host of “Uvda,” Ilana Dayan

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Prime Minister Benjamin Netanyahu (center) with outgoing Mossad director Tamir Pardo (right) and incoming director Yossi Cohen, at a ceremony for the newly appointed Mossad head, in Tel Aviv, on January 6, 2016. (Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu’s office quickly responded to the report, calling it “totally unfounded,” but also appeared to acknowledge that at least some aspects of it were true.

“The claim that the prime minister asked the head of the Shin Bet to listen in on the chief of staff and head of the Mossad is totally unfounded,” the Prime Minister’s Office said in a statement. “It is a total distortion of the systemic efforts that are done occasionally in order to protect sensitive information of the utmost importance to the security of Israel.

“The decision about which measures to use and against which individuals is left to the authorized officials,” Netanyahu’s office said.

The prime minister later posted a video to his social media accounts saying he preferred to listen to music.

“This is a complete lie. Not only am I saying this, former Shin Bet head [Yoram Cohen] also says that this is nonsense, a lie.”

Netanyahu went on to reveal what he “really listens to.”

“The High Windows, The Yarkon Bridge Trio, Arik Einstein,” he said, listing Israeli bands and musicians. “The Beatles — the first albums — Abba and also people from today.”

Then IDF Chief of Staff Lt. Gen. Benny Gantz (left) with Prime Minister Benjamin Netanyahu at a Navy ceremony on September 11, 2013. (AP Photo: Dan Balilty)

The revelation about the prime minister’s alleged eavesdropping request was part of a larger report aired by “Uvda” about the security cabinet’s discussions and decisions in 2011 as Israel considered carrying out a strike on Iranian nuclear facilities in order to prevent the Islamic Republic from acquiring a nuclear bomb.

Pardo told the program that Netanyahu had instructed then-IDF chief Gantz to ready the military to carry out an attack on Iran within 15 days of being ordered into action. That order, Pardo said, led him to contemplate resigning rather than participate in an attack.

“It’s not something that you’re permitted to do just for practice,” he said of the request to put the military on a war footing. “If someone does that then it has two [possible] purposes: One purpose is that he really means [to attack] and the other option is that he is sending a signal, that someone out there should know.”

Pardo’s term as chief of Mossad ended in 2016, and the spy agency is now headed by Yossi Cohen.

Judah Ari Gross, Stuart Winer and Alexander Fulbright contributed to this report.

Tamir Pardo

Tamir PardoCo-Founder and President du Mossad

BIOGRAPHY

From 2011 to 2016, Tamir Pardo served as the Director of the Mossad, the National Intelligence Agency of Israel and one of the main entities in the Israeli Intelligence Community. He joined the organization in 1979, and served through all levels of command before assuming overall leadership in 2011.

Mr. Pardo is one of the most respected public figures in Israel and around the world. He is also a Lamont Lecturer at Harvard University.

L’Europe s’oppose à la vente libre des semences
de variétés paysannes aux jardiniers amateurs

L’Europe s’oppose à la vente libre des semences de variétés paysannes aux jardiniers amateurs

La liberté de diffuser, et notamment de vendre, des variétés traditionnelles de semences, non inscrites au Catalogue officiel, a connu ces dernières années de nombreuses vicissitudes. Soutenue par les parlementaires à plusieurs reprises, elle est régulièrement battue en brèche par le lobby semencier et ses relais au Ministère de l’agriculture, qui ne souhaitent voir aucune évolution dans la réglementation applicable à la vente de semences. La loi relative à la transparence sur les produits agricoles et alimentaires, dite aussi « post-EGalim », prévoit, pour la troisième fois, un assouplissement des règles, permettant ainsi la vente libre de semences de variétés paysannes aux jardiniers amateurs et collectivités publiques. Or la Commission européenne a manifesté il y a quelques jours son opposition à cette mesure. Cette situation indigne l’avocate Blanche Magarinos-Rey, spécialiste de la matière.

Un « avis circonstancié » de la Commission européenne pour le moins critiquable

Depuis le 12 juin dernier, la vente de semences de variétés libres de droit et reproductibles à des utilisateurs non professionnels est enfin légale en France. En effet, la vente de semences de variétés du domaine public à des utilisateurs non professionnels a été exemptée des règles de commercialisation prévues par les directives européennes sur le commerce des semences, et notamment de l’obligation d’inscription au catalogue officiel, qui empêche la commercialisation de nombreuses variétés paysannes non homogènes et non stables.

Beaucoup se sont cependant réjouis trop vite : la Commission s’oppose maintenant à cette mesure, inscrite dans l’article 10 de la loi n° 2020-699 du 10 juin 2020 relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires.

Le 23 juin, elle a émis un ‘avis circonstancié’ à son encontre, faisant suite à une notification infondée des autorités françaises. Dans son avis, la Commission considère que tous les échanges de semences, y compris ceux visant les jardiniers amateurs, doivent être soumis aux contraintes prévues par les directives européennes. Elle s’abstient pourtant dans son avis de justifier pourquoi et procède, pour arriver à une telle conclusion, par des affirmations péremptoires tenant en deux phrases.

Pourtant, selon les termes mêmes des directives européennes, celles-ci ne s’appliquent qu’aux échanges de semences « en vue d’une exploitation commerciale de la variété ». Or, de toute évidence, les utilisateurs non professionnels, et en particulier les jardiniers amateurs, ne font pas une telle exploitation commerciale.

C’est donc sans aucune justification que la Commission demande à la France de supprimer ces nouvelles dispositions de la loi. Il y a de quoi exaspérer les parlementaires qui, par trois fois, ont adopté cette mesure.

En tout état de cause, cet avis arrive trop tard, puisque la France a déjà promulguée la loi. La période de statu quo, qu’elle a prorogé jusqu’au 25 septembre 2020, n’a donc aucun effet en droit interne. La Commission européenne pourrait cependant décider d’entamer un contentieux, et la question de droit serait alors définitivement tranchée par la Cour de Justice de l’UE. Elle serait cependant bien malvenue de prendre une telle initiative, alors qu’elle a promis un assouplissement de la législation européenne sur le commerce des semences, aussi bien dans sa stratégie « de la ferme à la table » que dans sa stratégie « Biodiversité horizon 2030 ».

Petit historique de cette épopée

La première tentative date de 2016. Les parlementaires ont introduit dans la loi Biodiversité un amendement accordant la possibilité aux associations loi 1901 d’échanger gratuitement et de vendre des semences de variétés non inscrites au « Catalogue officiel » mais appartenant au domaine public et destinées à des utilisateurs non professionnels. Par une décision du 4 août 2016, le Conseil constitutionnel a censuré ces dispositions au motif que le fait de réserver cette dérogation aux seules associations méconnaîtrait le principe d’égalité devant la loi. Cependant, au lieu de supprimer les quelques termes faisant référence aux associations, le Conseil constitutionnel a supprimé aussi, sans aucun motif, la possibilité de pratiquer des échanges « à titre onéreux », vidant ainsi le texte de toute portée commerciale.

La seconde tentative a lieu deux ans plus tard, en 2018, lors du vote de la loi EGalim (Agriculture et Alimentation). Le 2 octobre 2018, les parlementaires ont adopté un nouvel amendement tendant à réintroduire dans les dispositions issues de la loi Biodiversité la possibilité de vendre lesdites semences, et ce contre l’avis du gouvernement. Malheureusement, le 25 octobre 2018, cette disposition est encore une fois censurée par le Conseil constitutionnel – qui pourtant n’était même pas saisi de l’examen de l’article en question – pour le motif douteux qu’elle n’aurait pas présenté de lien, même indirect, avec le projet de loi initial (« cavalier législatif »). Prétendre qu’une disposition sur les semences n’aurait aucun lien avec une loi sur l’agriculture et l’alimentation confine évidemment à l’absurde.

La troisième tentative, que l’on espérait être la dernière, fait directement suite à la censure du Conseil. De nombreux parlementaires, de tous bords politiques, ont déposé des propositions des lois (4) tendant à réintroduire dans la loi un certain nombre d’articles censurés par le Conseil constitutionnel, et en particulier les dispositions sur la vente de semences. L’une de ces propositions de loi a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale le 27 mai 2020 et est entrée en vigueur le 12 juin. Elle est donc pleinement applicable.

Les institutions sous forte influence des lobbys semenciers

L’avis circonstancié de la Commission européenne ne fait que refléter, une fois encore, l’influence des lobbys industriels, et particulièrement semenciers, à tous les niveaux de la prise de décision publique. En France, installé confortablement, depuis le régime de Vichy, dans les salons du Ministère de l’agriculture, avec la double casquette publique-privée, le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) est la figure de proue de ce secteur influent. Il défend les intérêts de celui-ci, dans un climat de conflits d’intérêts permanents et parfaitement assumés. En vérité, le ver ne saurait être mieux installé dans la pomme. D’une voracité inouïe, il ne veut renoncer à rien, pas même à ce qui permettrait de sauvegarder la biodiversité dans les jardins familiaux.

Et c’est ainsi que, même en s’y reprenant à trois reprises, les parlementaires de la République peinent à faire évoluer la législation sur le commerce des semences. Mais cette fois-ci, les rapaces sont arrivés trop tard, la loi est entrée en vigueur et elle est pleinement applicable. S’ils veulent y faire obstacle, il faudra qu’ils fassent pression sur la Commission pour qu’elle engage un contentieux contre la France. Il n’est pas impossible qu’ils y parviennent, tant ils ont démontré avoir le bras long…

Ainsi, c’est autant pour la biodiversité agricole que pour la démocratie qu’il faut aujourd’hui défendre, plus que jamais, l’article 10 de la loi du 10 juin 2020 et le libre accès de tous les utilisateurs non professionnels aux variétés paysannes non inscrites au Catalogue officiel. Cet accès est possible en France depuis le 12 juin et doit absolument le rester.

“Pour créer un monde nouveau,
selon le communisme, il faut démanteler la nation, la famille, la propriété privée, les écoles privées et la religion. C’est ce qui se passe actuellement”

Selon les mots du Premier ministre Janez Janša, idéologiquement, la principale menace pour l’Europe en tant que telle est le marxisme culturel. 

« Nous suivons tous ce qui se passe et je dois dire que c’est la même formule qui a été écrite dans le Manifeste communiste il y a 200 ans. Pour créer un monde nouveau, selon le communisme, il faut démanteler la nation, la famille, la propriété privée, les écoles privées et la religion. C’est ce qui se passe actuellement, à travers les médias, les universités, l’industrie culturelle, les institutions multinationales et certains partis politiques. Une chose qui a été partiellement mentionnée précédemment est que moins quelqu’un obtient de votes lors d’une élection, plus il ou elle prêche la démocratie, les valeurs, la manière de créer un nouveau monde. Il se passe quelque chose qui est habilement caché, mais quiconque connaît l’histoire et les concepts politiques peut clairement voir où nous allons. »

Selon lui, le défi stratégique le plus important pour l’UE est désormais sa démographie. 

« Nous pouvons tout faire et même plus, mais s’il n’y a plus d’Européens pour partager les valeurs communes, tout est perdu », a souligné le Premier ministre, ajoutant que les familles sont les cellules de base de la société et qu’elles doivent être protégées et soutenues, c’est pourquoi les politiques favorables à la famille pour les sociétés vieillissantes sont d’une importance stratégique. « (…) Nous pouvons voir les conséquences de l’immigration, qui dans certains pays sont même irréparables. »


Black Lives Matter :
l’indignation sélective du Parlement européen 

Black Lives Matter : l’indignation sélective du Parlement européen

Le Parlement européen s’est engagé, avec véhémence, contre le racisme et pour le mouvement Black Lives Matter. Sa récente résolution sur les « manifestations contre le racisme après la mort de George Floyd » est un exemple de novlangue, multipliant les condamnations et dénonciations de discriminations structurelles et intersectorielles.

Le Parlement dénonce le fait que « les Noirs et les personnes de couleur représentent jusqu’à 40 % de la population carcérale, alors qu’ils ne forment que 13 % du total de la population » ou encore que « le taux de mortalité en garde à vue aux États-Unis est six fois plus élevé pour les Noirs que pour les Blancs ». Dans son indignation, il omet toutefois de déplorer une autre statistique ethnique, pourtant enracinée dans l’histoire raciste de l’Amérique : celle de l’avortement. En effet, alors que les femmes noires ne représentent que 13 % de la population, 38 % des avortements visent des Noirs, soit 16 millions de “Black lives” depuis 1973. Selon l’Institut Guttmacher, une femme noire a cinq fois plus de risques de subir un avortement qu’une blanche. Ce n’est pas un hasard : 79 % des cliniques d’avortement du Planning familial sont situées dans les quartiers des minorités.

Un racisme eugéniste

Cibler en priorité les faibles d’esprit et les Noirs fut le projet du Planning familial, dès sa fondation par Margaret Sanger, il y a près de cent ans. Elle fut proche du Ku Klux Klan et élabora un “Negro project” pour promouvoir l’avortement des Afro-Américains. Sanger s’inquiétait de voir la société se « soumettre au diktat d’une classe d’êtres humains qui ne cessent de croître et de se reproduire sans cesse, et qui n’auraient jamais dû naître du tout ». Elle y voit un « péril pour les générations futures, sauf s’ils sont empêchés de se reproduire ». Dans l’Amérique des années 1920, comme dans l’Allemagne des années 1930, il s’agissait d’empêcher les “inférieurs” et les “déficients” de procréer, par l’interdiction des mariages mixtes, la stérilisation forcée et l’avortement.

Ce racisme eugéniste trouvait sa source dans l’évolutionnisme athée qui postulait l’inégalité et la compétition entre les personnes et les races. Il fallait éviter la submersion des races supérieures par la croissance démographique des races inférieures. Des Allemands disaient alors avoir un “problème juif” équivalant au “problème noir” des Américains, et s’inspirèrent d’ailleurs de leurs lois raciales et eugénistes pour le “résoudre”. Les Américains sont aujourd’hui parvenus à rendre la fécondité des Noirs inférieure à celle des Blancs. L’étude historique du mouvement eugéniste, auquel appartient le Planning familial, montre qu’il n’a jamais renié ses fondements idéologiques. Au fil des décennies, son discours s’est renouvelé jusqu’à adopter celui du féminisme libertaire, mais il a toujours fait porter son effort sur le contrôle des populations jugées “inférieures”.

L’hypocrisie du Parlement européen

Les politiques européennes de financement de l’avortement en Afrique sont menées aujourd’hui au nom du développement, mais elles furent d’abord initiées dans les années 1960 pour y contenir l’explosion démographique de peuples pauvres, dont la croissance aurait mis en danger la domination occidentale. Ce même Parlement européen, qui condamne aujourd’hui d’une main le racisme, vote de l’autre des millions d’euros de subvention au Planning familial dans le but de limiter la croissance démographique des peuples africains. Mais rassurons-nous, ce racisme-là est mené au nom du développement. Il nous arrange, alors n’en parlons pas.

commentaires

  1. F. JACQUEL  Quand on voit la biographie de Margaret Sanger sur Wikipédia, le 100ème des propos et des idées sur lesquels elle a fondé le planning “familial” vaudrait à un homme politique des critiques sanglantes.
    Si, en plus, il s’agissait d’un adhérent d’un part “non républicain” (dixit Du-pont-mort-Yeti), cela vaudrait l’interdiction immédiate de ce parti et de lourdes condamnations pénales et pécuniaires pour ses dirigeants.
    Et, pourtant, ce sont ces propos et ces idées qui imposent annuellement des millions d’assassinats d’innocents grâce aux opérations de lobbying de ses héritiers.
    Et c’est la même “bienfaitrice de l’humanité” qui préconisait de limiter la population de l’humanité à 500 millions d’individus. En 1920, cela représentait une simple réduction de 75% de la population de l’époque de 2 milliards d’individus.
    Aujourd’hui, la population a dépassé 7,7 milliards d’habitants et cette préoccupation de Sanger a fait des émules dans la fondation “philanthropique” Bill et Melinda Gates qui prétextent la vaccination de pays du Tiers-monde pour stériliser discrètement les populations féminines. Un peu comme les “médecins maudits” qui convoquaient des populations “inférieures” devant des guichets d’une pseudo administration et qui les sterilisaient par de puissants rayons X. Cette méthode, mise au point par le professeur Schumann et le Dr Dering, valut leur citation au cours de l’audience du matin de la 69ème journée du Procès de Nuremberg, le mercredi 27 février 1946…
  2. F. JACQUEL   Oups !
    … d’un parti “non républicain”…
    Le “i” s’était fait la belle.
  3. philippe paternot  le syndrome de stockholm (amour de son bourreau) s’est étendu à toute l’europe occidentale
    et les gens continuent à s’abstenir de voter
  4. gribouille  les britanniques ont eu mille fois raison de quitter ce foutoir immonde qu’est devenue l’UE , dirigée par des incompétents qui en ont fait un nain politique, et ont transformé l’Europe en un territoire sans défense sur tous les plans

Génial, l’anti-UE Duda ré-élu en Pologne ! Quelle claque pour les mondialistes ! Champagne !

Génial, l’anti-UE Duda ré-élu en Pologne ! Quelle claque pour les mondialistes ! Champagne !

Notre ami Richard Mil nous avait dit bien du mal de Duda, à mon grand dam. La perspective de voir ses rivaux européistes aux manettes de la Pologne me rendait enragée… tant les dhimmis, traîtres à la patrie, européistes, immigrationnistes et anti-Occident sont déjà trop nombreux sur notre continent !

Je suis donc ravie que mon champion l’ait emporté, non seulement pour la Pologne mais pour l’Europe, pour l’homme blanc, pour l’Occident… Ce n’est pas un hasard si les medias français tapaient à coups redoublés sur Duda comme ils tapent sur Marine et tous les patriotes… Ce seul élément aurait dû mettre la puce à l’oreille de l’ami Richard… 

En Pologne, le président sortant Andrzej Duda réélu à la tête d’un pays coupé en deux

Au terme d’un scrutin marqué par une très forte participation, le parti national-conservateur Droit et Justice (PiS) garde les pleins pouvoirs

Le face-à-face de deux Pologne, rurale et conservatrice d’un côté, libérale et citadine de l’autre, a atteint son paroxysme, dimanche 12 juillet, lorsque les premières estimations de vote, au soir du second tour de l’élection présidentielle, ont abouti à une égalité presque parfaite entre les deux finalistes. A 21 heures, dans un parc situé au pied de la vieille ville de Varsovie, sur les bords de la Vistule,les partisans de Rafal Trzaskowski sautillaient de joie : « On va gagner ! On va gagner ! ». Selon les sondages à la sortie des urnes, le score du candidat de l’opposition libérale et maire de Varsovie s’élevait alors à 49,6 %, contre 50,4 % pour le président sortant, Andrzej Duda, représentant du parti au pouvoir Droit et Justice (PiS). Chacun sait, à ce moment-là, que la marge d’erreur autorise tous les scénarios. Une nuit fébrile commence pour les deux camps.

« J’espère me réveiller demain dans une Pologne normale », exulte Filip, 19 ans, en quittant la soirée électorale de la Plate-forme civique (PO, centre droit), le parti de M. Trzaskowski. « L’espoir renaît alors que, depuis cinq ans, la tendance autoritaire paraissait impossible à arrêter », ajoute-t-il, enroulé dans un drapeau européen au milieu d’une assistance particulièrement jeune. Mais lundi matin, sur la base de 99,97 % des bureaux de vote, la Commission électorale annonce 51,21 % pour Andrzej Duda, contre 48,79 % à son rival. A 48 ans, le même âge que son concurrent, le président sortant obtient donc un second mandat.Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Pologne, le président Andrzej Duda mise sur une ligne dure avant le second tour de la présidentielle

Une campagne particulièrement dure

Sans attendre, dès le début de la soirée, ce dernier avait convié son adversaire à venir au palais présidentiel pour une « poignée de main » censée clore une campagne particulièrement dure, durant laquelle le parti au pouvoir n’a cessé de multiplier les attaques et les invectives. « Merci, a répondu Rafal Trzaskowski, mais pas avant les résultats officiels »

L’Union européenne sous la botte
d’un « gouvernement des juges » inféodé aux multinationales ?

Le Tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne a annulé la décision de la Commission exigeant le remboursement à l’Irlande de 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux accordés au GAFA Apple. Ce n’est pas la première décision en faveur des multinationales yankees. Elle avait déjà donné raison à Airbnb face aux hôteliers français…

Et ce « machin » s’impose aux justices nationales des pays de l’Union. Avec un tel bouclier pour les protéger, les GAFA et autres prédateurs yankees n’ont que peu de soucis à se faire. Et doivent joyeusement sabrer le champagne, comme Apple à qui le « machin » vient de faire économiser 13 milliards d’euros volés par la multinationale yankee aux fiscs des 27 pays de l’Union. « À la vôtre, stupids Europeans ! We fuck you and you pay la vaseline ! »

Voilà une sacrée bouffe pour la redoutable tati Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne connue et appréciée pour combattre la concurrence fiscale entre États qui profite aux multinationales.

Pas prouvée « l’existence d’un avantage économique sélectif » accordé par l’État irlandais à Apple qu’ils ont dit les juges.

Apple fête donc sa victoire, mais il le fait avec le gouvernement irlandais… qui aurait dû récupérer ces 13 milliards mais qui préfère encore sauvegarder sa position de pirate de l’Europe.

L’affaire remonte au 30 août 2016 : alors Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager décide de frapper un grand coup. Selon l’enquête de la Commission, Apple a rapatrié en Irlande entre 2003 et 2014 l’ensemble des revenus engrangés en Europe (ainsi qu’en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde) car l’entreprise y bénéficiait d’un traitement fiscal favorable, grâce à un accord passé avec les autorités de Dublin. Le groupe a ainsi échappé à la quasi-totalité des impôts dont il aurait dû s’acquitter sur cette période, soit environ 13 milliards d’euros, selon les calculs de la Commission. Celle-ci a établi qu’Apple n’a finalement dû payer que 1 % d’impôts irlandais sur ses bénéfices européens en 2003. Et en 2014, ce taux a encore diminué jusqu’à 0,005 %, autrement dit, Apple ne paie pratiquement plus d’impôts sur ses bénéfices en Europe ! Bonjour la justice…

Pour arriver à ces résultats, les multinationales concluent avec le gouvernement irlandais des rulings, des « arrangements fiscaux » ultra-favorables. Le Luxembourg, les Pays-Bas, autres pays pirates de l’Europe font pareil. Ces avantages attirent dans ces pays les multinationales qui y établissent un siège et y rapatrient l’essentiel des bénéfices de leurs filiales dans toute l’Europe. Baisant ainsi sans vaseline ces états d’impôts qu’ils pouvaient légitimement attendre de l’activité de ces entreprises sur leur sol. Eh ! Coco, c’est ça l’ultralibéralisme, c’est ça « la concurrence libre et non faussée ». Ben voyons…

Eh ! Ils sont coutumiers du fait les « justiciers » européens. Ils avaient déjà réfuté les arguments de la Commission européenne concernant la chaîne américaine de cafés Starbucks, sommée de rembourser jusqu’à 30 millions d’euros d’arriérés d’impôts aux Pays-Bas. De même la Cour de justice de l’Union européenne a tranché en faveur de la plate-forme yankee Airbnb, dans le conflit judiciaire qui l’opposait à l’Association pour un hébergement et un tourisme professionnels (Ahtop).

Cette embrouille survient dans un contexte bien particulier, où plusieurs pays européens, dont la France, veulent parvenir à une meilleure imposition des GAFA, partout où ils réalisent des profits. Cependant, dans une UE à 27, où toutes les questions fiscales se décident à l’unanimité, il n’est guère facile de s’entendre.

Bof. J’écris bien cet article sur une machine d’Apple. Mais Microsoft est aussi pourri. Alors comment faire ? Écrire au crayon ?

Bon. Regardons le côté positif de la chose : ils vont trinquer avec du champagne bien de chez nous ! Sûr ?

L’Union politique européenne vaut-elle vraiment 750 milliards d’euros ?

Dans la bataille politique et économique au sein de l’Union européenne, on retrouve une thématique récurrente sur les finances publiques : le consentement à l’impôt.

Après un sommet marathon, les pays de l’Union européenne ont réussi à s’entendre in extremismercredi 22 juillet au petit matin sur le plan de relance de 750 milliards d’euros comprenant 390 milliards de subventions et 360 milliards de prêts.

Durant le week-end, les négociations ont frôlé la rupture mais aujourd’hui chacun y trouve un satisfecit. Les « frugaux » – Autriche, Pays-Bas, Suède et Danemark – ont diminué le montant des subventions initialement fixé à 500 milliards et auront un droit de regard sur l’utilisation des fonds mais pas le droit de veto lors de l’adoption des plans de relance de relance nationaux. 70 % des subventions seront allouées sur 2021 et 2022 avec des dépenses qui pourront être engagées dès 2020.

LA DETTE FÉDÉRATRICE DE L’EUROPE

Finalement, comme pour les États-Unis en 1781, c’est la dette qui va pousser l’Union européenne vers davantage de fédéralisme à travers l’adoption d’un budget Européen contra-cyclique financé par des ressources propres. Les débats qui ont eu lieu jadis sont d’une étonnante actualité. Comme l’écrit Alix Meyer dans Les paradoxes de la dette américaine :

« les États-Unis naissent endettés… Adoptée en 1781, la première Constitution de la République américaine, les Articles de la Confédération, donne naissance à un État central très faible. Pour financer ses opérations et rembourser ses dettes, il doit notamment s’appuyer sur des contributions volontaires de la part d’États membres dont les finances sont elles-mêmes très affaiblies. »

La question de la fédéralisation des dettes des États devient centrale dans la construction des États-Unis.

PETITE LEÇON D’HISTOIRE AMÉRICAINE

À partir de 1781, les fédéralistes et les anti-fédéralistes américains s’affrontaient avec des arguments qui font écho aujourd’hui aux questions de souveraineté et de centralisation des pouvoirs. Les anti-fédéralistes étaient alors incarnés par Thomas Jefferson, à l’époque secrétaire d’État de Georges Washington, et d’obédience démocrate tandis que les fédéralistes étaient conduits par Alexander Hamilton, de tendance plutôt républicaine. Des positionnements à l’inverse des étiquettes politiques européennes d’aujourd’hui.

Les anti-fédéralistes craignaient pour la souveraineté des États. Comme le rapporte Alix Meyer, ils voyaient dans la fédéralisation des États « une machination funeste qui fait passer les intérêts des élites financières devant ceux du peuple. En effet, la dette doit être remboursée par les impôts qui sont payés par les citoyens tandis que les intérêts de cette dette viendront enrichir les spéculateurs qui prêtent leurs capitaux à l’État », Thomas Jefferson1 déclarant : « La dette publique est le plus grand danger qui menace » (public debt is the greatest of the dangers to be feared).

Il proposera d’ailleurs un amendement constitutionnel pour imposer l’équilibre budgétaire fédéral afin de réduire le pouvoir de l’État fédéral. Jefferson n’est pas opposé à la dette des États, il est opposé à la centralisation du pouvoir.

Il estime que l’État fédéral s’éloigne des intérêts du peuple et favorise l’émergence d’une oligarchie. Au contraire, Alexander Hamilton alors secrétaire au Trésor de George Washington, voit dans la fédéralisation des dettes des états un moyen d’asseoir la réputation de l’État américain et de lui permettre de se financer à moindre coût.

Il voit aussi dans la dette publique un moyen d’augmenter la masse monétaire et favoriser le commerce grâce à la création de la première Banque nationale, « First Bank of the United States » sur le modèle de la banque d’Angleterre.

Par ailleurs, la fédéralisation de dette publique est également un moyen de mieux contrôler les États auxquels la Constitution avait enlevé le pouvoir d’émission de titre de crédit. Par la suite, les successeurs des fédéralistes défendront la dette publique au nom de l’investissement dans les infrastructures.

EMMANUEL MACRON, LE ALEXANDER HAMILTON DE L’UNION EUROPÉENNE ?

Comparaison n’est pas raison mais on ne peut s’empêcher de remarquer la similitude des débats et préoccupations qui ont animé la transformation des États-Unis en un véritable État fédéral et l’ambition européenne vers une Europe construite sur le même modèle.

L’accord sur le plan de relance européen est-il donc une étape nécessaire vers une Europe fédérale ? Il serait prématuré d’y voir une avancée significative sur cette voie.

En premier lieu, si les négociations ont laborieusement abouti à un accord mardi dernier, la route est encore longue avant qu’il soit définitivement entériné. Il doit être voté par le parlement Européen et les concessions faites pour y aboutir sont loin de faire l’unanimité.

LA QUESTION DES RABAIS : UNE CONCESSION AU SEIN DE L’UNION

Parmi les concessions importantes figurent les rabais, remises faites aux pays contributeurs netsau budget européen.

Avec le Brexit beaucoup pensaient que les rabais allaient enfin disparaître. Instaurés par Margaret Thatcher hostile à une Europe fédérale à travers sa phrase historique : « We want our money back », les rabais reflètent pour certains pays comme la France une approche de l’Union européenne utilitariste et non coopérative qui n’est pas à la hauteur des ambitions.

Néanmoins, comme à l’époque de la bataille entre fédéralistes et anti-fédéralistes, la question de la centralisation des pouvoirs est clef.

La France est naturellement encline à pousser vers une centralisation accrue des pouvoirs en particulier si elle y joue un rôle important. Les pays dits frugaux veulent s’assurer que les fonds empruntés par la Commission européenne seront utilisés à bon escient.

DE L’ATTRAIT DES SUBVENTIONS PLUS QUE DES PRÊTS

Dans cette bataille on retrouve une thématique récurrente dans les débats sur les finances publiques, celle du consentement à l’impôt.

Il n’est pas question pour les pays frugaux de se retrouver solidaires de dépenses publiques qu’ils ne cautionnent pas. Cette question animait déjà les premiers échanges de l’Eurogroupe en avril sur les mesures spéciales à prendre face au Covid-19.

L’accès au Mécanisme Européen de Stabilité (MES) qui permet aux pays de la zone euro en difficultés financières d’accéder à des lignes de crédit, était déjà conditionné à l’utilisation exclusive des fonds empruntés pour des dépenses liées au Covid.

Il est intéressant de noter qu’à ce jour, aucun pays n’a utilisé cette option pour la simple et bonne raison que les pays les plus durement touchés n’ont aucun mal à financer leur dette, résultat de la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE.

Pour les mêmes raisons, il est fort à parier que les pays de l’Union n’auront pas recours à l’enveloppe de 390 milliards de prêt du plan de relance. En effet, depuis les premières discussions sur les différentes modalités du plan de relance au sein de l’Eurogroupe, les spreads– l’écart de taux entre le pays le plus solide (l’Allemagne) et les autres pays de la zone euro – sur la dette souveraine des pays de la zone euro – se sont resserrés.

DU FINANCEMENT DU PLAN DE RELANCE

Tout comme à l’époque de Jefferson et Hamilton la question de l’équilibre budgétaire était un point d’achoppement, Jefferson voyant dans l’équilibre budgétaire une manière de contenir le pouvoir central de l’État fédéral, la question du remboursement étant un point d’orgue des discussions au sein de l’Eurogroupe.

Les frugaux préféraient les prêts aux subventions, un moyen de contenir les dérives possibles. C’est pourquoi ils ont bataillé fort pour revoir à la baisse le volet subvention passant de 500 milliards à 390 milliards.

Reste à savoir désormais comment les financer en développant les ressources propres de l’Union européenne sachant qu’en pleine pandémie une augmentation des taxes n’est jamais bienvenue.

Qu’à ne cela tienne ! il suffit de mentionner la taxation d’activités perçues comme nuisibles pour mieux les faire accepter comme les services numériques (taxe Gafa) ou la taxe sur les transactions financières (souvent appelée taxe Tobin)serpent de mer qu’on ressort régulièrement depuis la crise de 2008, sans oublier de faire appel à la conscience écologique avec la taxe carbone et le renforcement du système d’échange de quotas d’émissions polluantes.

L’avenir nous dira si ce sommet européen historique de par sa durée deviendra également historique parce qu’il aura marqué les balbutiements des États-Unis d’Europe à l’image de leurs cousins d’Amérique.

  1. Troisième président des États-Unis. 

L’UE réserve 300 millions de doses de vaccins pas encore testés de Sanofi… mais interdit l’hydroxychloquine

L’UE réserve 300 millions de doses de vaccins pas encore testés de Sanofi… mais interdit l’hydroxychloquine

Bravo aux tenants du soi-disant « principe de précaution » ! Ils sont même refusé d’autoriser le test de  l’hydroxychloroquine dans les conditions précisées par Raoult, soit dès les premiers symptômes et ne se sont pas gênés pour la décrier et l’interdire, mais le vaccin, même pas sûr, ils se jettent dessus comme la misère sur le pauvre monde ! 

Complot, vous dis-je, bien que je ne sois en rien complotiste.

Certes, on pourrait ricaner et dire qu’une fois de plus le contribuable -parce que l’UE n’est pas un mécène mais utilise l’argent que le contribuable lui donne- paye pour des nèfles, à savoir un vaccin qui ira à la poubelle comme en 2011 quand Bachelot (déjà elle) avait commandé plus de 90 millions de vaccins contre la grippe H1N1…

Non, cette fois ce ne sera pas qu’une question d’argent. Ils sont partis pour imposer le vaccin, au début par des campagnes censées convaincre puis par des interdits (de transport, de séjour, de déplacement….) à ceux qui ne seront pas vaccinés, et enfin par une obligation absolue sauf à devenir un paria de la société après avoir payé des amendes gigantesques.

Coronavirus : l’UE réserve 300 millions de doses du vaccin en préparation chez Sanofi

Selon Bruxelles, « le contrat envisagé avec Sanofi fournirait une option à tous les États membres pour acheter le vaccin », si jamais il est « sûr et efficace ».

L’UE se positionne sur le vaccin de Sanofi actuellement en plein développement. La Commission européenne a annoncé vendredi avoir réservé au nom des 27 États membres 300 millions de doses du vaccin en préparation chez le laboratoire français. L’exécutif européen ne devrait pas s’arrêter là. « Des discussions intensives » sont également en cours avec d’autres fabricants.

Selon Bruxelles, « le contrat envisagé avec Sanofi fournirait une option à tous les États membres pour acheter le vaccin ». Les discussions entre la Commission et le laboratoire ont permis de mettre en place un cadre pour l’achat de 300 millions de doses, si un vaccin « sûr et efficace » est développé. « Bien que nous ne sachions pas aujourd’hui quel vaccin sera le plus efficace en fin de compte, l’Europe investit dans un portefeuille diversifié de vaccins prometteurs, basés sur différents types de technologies. Cela augmente nos chances d’obtenir rapidement un remède efficace contre le virus », a expliqué la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Le gouvernement salue l’annonce de la Commission

Quelques heures avant l’annonce européenne, Sanofi et le laboratoire britannique GSK ont annoncé qu’ils allaient recevoir jusqu’à 2,1 milliards de dollars des États-Unis pour le développement de leur potentiel vaccin anti-Covid-19, après avoir été sélectionnés pour fournir 100 millions de doses aux Américains. Le gouvernement français a salué l’annonce de la Commission, qui « permettra à chaque État membre de l’Union européenne de commander à des conditions avantageuses le vaccin une fois que celui-ci aura apporté suffisamment de preuves de son efficacité et de l’absence d’effets secondaires ».

Mi-juin, la Commission européenne avait publié une « stratégie vaccins ». Ce plan d’action prévoit de signer des « contrats d’achat anticipé » avec les producteurs de vaccins, financés par l’instrument d’aide d’urgence (environ 2,4 milliards d’euros) mis en place pendant la crise. L’objectif est d’« assurer une production suffisante de vaccins dans l’UE » et « un approvisionnement suffisant des États membres ».

https://www.lepoint.fr/sante/coronavirus-l-ue-reserve-300-millions-de-doses-du-vaccin-en-preparation-chez-sanofi-31-07-2020-2386286_40.php.Et comme le vaccin pourrait n’être disponible que dans plus d’un an, au second semestre 2021, cela signifie que le port du masque, les manipulations de chiffres et d’opinions à grande échelle vont perdurer jusque-là, histoire de mettre la pression et de faire augmenter la peur.https://www.lepoint.fr/economie/vaccins-contre-le-covid-19-relocalisations-les-reponses-du-patron-de-sanofi-30-04-2020-2373604_28.php.Pendant ce temps… plusieurs labos, différents, dans le monde, travaillent sur le vaccin. Il y aura donc plusieurs vaccins possibles et l’UE a donc décidé  avant même d’en savoir davantage, que ce serait celui de Sanofi qui serait le bon ! Partout dans le monde ça bidouille, ça manipule, ça joue à l’apprenti sorcier en utilisant qui le virus de la rougeole, qui « un vecteur antiviral de type HIV »…Et le plus intéressant dans l’interview ci-dessous est le passage surligné :

[…]

La phase 2 vérifiera si la formule de ce vaccin induit une réponse immunitaire protectrice. Et la phase 3 si celle-ci prémunit bien contre une infection. Ces deux phases peuvent être couplées pour gagner du temps. Elles seront sous la responsabilité de nos partenaires, Themis et MSD, et pourraient débuter en octobre. Les premiers résultats de la phase 3 pourraient être obtenus courant mars 2021. Mais nous serons peut-être exposés, à ce moment-là, à un problème.

Lequel ?

La diminution du nombre de personnes atteintes par le virus. Si nous voulons pouvoir comparer l’effet relatif du vaccin face à l’agent pathogène, le bassin de personnes exposées au virus doit être relativement important.

C’est la raison pour laquelle certains laboratoires testent leurs vaccins au Brésil, où l’épidémie continue de flamber ?

Oui. D’autres, comme le Jenner Institute de l’université d’Oxford et le groupe biopharmaceutique AstraZeneca, se tournent, pour leur part, vers l’Afrique du Sud.

[…]https://www.lepoint.fr/sante/covid-19-un-vaccin-francais-teste-sur-l-homme-a-partir-de-juillet-26-06-2020-2381915_40.php.Ils savent donc clairement que la soi-disant pandémie ne durera pas, qu’il y aura forcément encore moins de contaminés par le covid 19 dans un an, ne serait-ce que par l’immunité collective développée, notamment parce que des centaines de millions de personnes auront eu le covid sans le savoir car asymptomatique, mais ils bossent quand même comme des dingues, dans tous les labos du monde, pour produire un vaccin… contre un virus qui sera ou en perte de vitesse ou qui aura évolué comme tous les virus au moment où les vaccins seront disponibles !!!!Ils peuvent continuer à nous prendre pour des cons, le veau français se masque, baisse la tête et dit « oui monsieur, bien monsieur » le doigt sur la couture de pantalon.Quant à ceux qui demandent ce qu’on peut faire car ils n’ont pas envie de se prendre une amende de 250 euros, crainte tout à fait légitime, je réponds qu’ils peuvent au moins témoigner de leur refus d’être des veaux. 

Le jour où, dans les magasins, dans la rue, il y aura autant de masques anti-Macron que de masques neutres, le pouvoir sera ébranlé et aura peur et tout changera. La semaine dernière, je fais des courses dans un supermarché local, une dame me court derrière dans le magasin, elle veut me féliciter, son mari m’a vue avec l’un de mes masques tagués, il a adoré et a trouvé que c’était une excellente idée… Fort bien. Sauf qu’elle portait un masque vierge…

Alain de Benoist : « À terme, une Europe politiquement unifiée est parfaitement possible et surtout nécessaire »

Le souverainisme semble revenir à la mode. De plus en plus de personnalités, mais aussi d’intellectuels, s’en réclament désormais. Doit-on vous compter parmi eux ?

J’ai beaucoup d’amis souverainistes, dont je partage souvent les diagnostics. Je n’ai pas de mal, non plus, à penser, comme Michel Onfray, que « le contraire du souverainisme, c’est la vassalité, la soumission, la dépendance, l’assujettissement, la tutelle », bref, la servitude. Mais personnellement, je ne me définirais pas comme souverainiste, car il n’est que trop visible que le terme est équivoque et qu’il peut renvoyer à des choses très différentes. La seule chose certaine est que le souverainisme est rigoureusement incompatible avec le libéralisme, qui refuse toute forme de souveraineté politique au motif qu’elle constitue une menace pour la liberté individuelle.

Rappelons aussi que la souveraineté et l’identité ne vont pas nécessairement de pair. Une nation ayant perdu son identité peut très bien être souveraine, un pays doté d’une identité forte peut ne pas l’être du tout. Il est évidemment souhaitable que l’une et l’autre aillent de pair (la souveraineté garantissant alors le maintien de l’identité), mais cela n’a rien d’automatique. Il faut savoir, en outre, ce que l’on entend par souveraineté : l’autonomie ou l’indépendance ? Ces deux mots ne sont pas synonymes, d’autant que le désir de souveraineté se heurte nécessairement à des contraintes naturelles. Des pays comme la France, l’Allemagne ou l’Italie peuvent se donner les moyens de la souveraineté, mais le mot n’a pas le même sens pour l’Islande, la Finlande ou la principauté du Liechtenstein. Enfin, dans un monde de plus en plus interdépendant, l’autosuffisance ne peut se concevoir qu’à l’échelle continentale.

La souveraineté se décline dans tous les domaines : souveraineté politique, qui est affaire de volonté, souveraineté militaire, qui implique que l’on quitte l’OTAN, souveraineté économique et énergétique, etc.

On peut, bien sûr, décliner le terme à l’infini, mais il reste que la notion même de souveraineté est une notion politique. S’il n’y a pas de souveraineté politique, la souveraineté n’existe pas. Le problème est que la démocratie politique renvoie à deux choses complémentaires, mais différentes : la souveraineté nationale et la souveraineté populaire. Ceux qui s’affirment, aujourd’hui, souverainistes n’ont souvent en tête que la première. Pour reprendre une distinction introduite par Régis Debray, ils sont « républicains » plus que « démocrates » – ce qui n’est pas mon cas. Il faudrait, ici, situer le souverainisme par rapport à trois familles différentes : les identitaires, les « républicains » et les populistes. Le fait est que la souveraineté populaire est le principe de base de la démocratie, tandis que la souveraineté nationale peut très bien coexister avec une dictature. Les deux choses sont donc bien différentes. Pour moi, souveraineté politique et souveraineté populaire n’ont de sens que si les deux vont de pair.

Pour compliquer les choses, les souverainistes se réfèrent en général, de manière implicite, à la souveraineté telle qu’elle a été définie au XVIe siècle par Jean Bodin (Les Six Livres de la République) : comme une puissance perpétuelle, indivisible et absolue, théorie qui a servi de fondement à la monarchie absolue et de principe fondateur au jacobinisme de l’État-nation. Mais cette façon de concevoir la souveraineté politique n’est pas la seule possible. Johannes Althusius (Politica methodice digesta, 1603), pour ne citer que lui, en tenait au contraire, non pour une souveraineté omnicompétente, mais pour une souveraineté répartie, faisant une large place au principe de subsidiarité (ou principe de compétence suffisante), à l’autonomie de la base et à la liberté des groupes. On est là dans une optique très différente, qui nous rappelle que l’Europe a connu, dans son histoire, deux grandes formes politiques elles aussi bien distinctes : l’État-nation dans sa partie occidentale (France, Espagne, Angleterre), l’empire dans sa partie centrale (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie).

L’idée de souveraineté européenne paraît, aujourd’hui, chimérique : en cas de crise, les États ne s’en remettent qu’à eux-mêmes, comme on l’a vu avec la crise sanitaire. Une souveraineté européenne est-elle pour autant inatteignable ?

Les souverainistes affirment souvent que la nation est le seul cadre dans lequel la souveraineté soit envisageable. Au fond, ils pensent, comme Maurras, que la nation est « le plus vaste des cercles communautaires qui soient, au temporel, solides et complets » et que la souveraineté politique ne peut s’exercer qu’à cette échelle. Ils ajoutent, en général, qu’une Europe politique est impossible car il n’y a pas de peuple européen, oubliant qu’il n’y avait pas, non plus, de peuple français quand l’État français a commencé d’exister (et qu’en 1789, la majorité des Français ne parlaient pas le français). Je ne partage pas cet avis. Je pense qu’à terme, une Europe politiquement unifiée est parfaitement possible, et qu’elle est surtout nécessaire. Je comprends très bien que, dans la situation actuelle, on se replie sur les souverainetés nationales (ou ce qu’il en reste), mais je suis convaincu qu’il ne peut s’agir que d’un pis-aller. Dans un monde multipolaire, l’avenir est aux grands ensembles civilisationnels et continentaux. L’« Europe des nations » est une formule sympathique, mais elle est synonyme d’Europe impuissante, puisque les gouvernements sont incapables de s’accorder sur des politiques communes. Dans l’immédiat, c’est l’Union européenne, véritable anti-Europe, qui doit disparaître – car elle n’est pas (ou plus) réformable –, puisqu’elle a voulu faire de l’Europe un marché alors que celle-ci doit devenir une puissance autonome, en même temps qu’un creuset de culture et de civilisation.

Le Royaume-Uni va investir 780 millions d’euros
pour sécuriser sa frontière avec l’UE

Plus de 700 millions de livres (781 millions d’euros) seront consacrés à la construction de nouvelles infrastructures, à l’embauche de personnel et au développement de technologies pour sécuriser la frontière britannique lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE à la fin de l’année.

Le ministre du Cabinet Office, Michael Gove a déclaré :

« Nous reprenons le contrôle de nos frontières, et le fait de quitter le marché unique et l’union douanière à la fin de cette année apporte à la fois des changements et des opportunités importantes auxquels nous devons tous nous préparer ».

L’enveloppe de 781 millions d’euros servira à recruter environ 500 personnes supplémentaires pour la Force frontalière, à renforcer les effectifs et les systèmes informatiques, à acheter de nouveaux équipements pour assurer la sécurité du pays, et à financer les infrastructures portuaires et intérieures pour assurer la conformité avec les nouvelles procédures et les nouveaux contrôles douaniers, à hauteur de 470 millions de livres sterling.

De nouvelles infrastructures frontalières seront construites à l’intérieur du pays, là où il n’y a pas de place dans les ports, tandis que les ports recevront un soutien financier ponctuel pour garantir la mise en place des infrastructures adéquates.

Le financement ne concerne que la mise en œuvre de la frontière GB-UE. Le gouvernement devrait publier des orientations et des mesures spécifiques pour l’Irlande du Nord dans les prochaines semaines

Entre-temps, le Sunday Telegraph a rapporté que le Chancelier Rishi Sunak est sur le point d’introduire des réductions d’impôts et une révision des lois de planification jusqu’à 10 nouveaux ports francs.

M. Sunak prévoit de lancer un appel d’offres pour que les villes et les régions deviennent des ports francs – où les taxes et les tarifs britanniques ne s’appliqueront pas – dans son budget d’automne.

L’UE c’est comme les ONG ; 80 % de frais de fonctionnement, 10% d’idéologie rassurante appelle placebo et 10% pour les victimes à photographier… Comme les gilets jaunes l’ont compris, l’homme est l’ennemi de l’homme et doit être controlé… impossible de faire confiance aux lobbys… 

Sortir de l’Union européenne, une nécessité politique

Par Jean MESSIHA

Débat européen : sortir du piège techniciste

Depuis le début des années 80, le fédéralisme européen avance tapi derrière le masque technique afin d’une part de justifier le rôle de ceux qui portent le masque et d’autre part pour prouver au bon peuple que ces questions étant décidément complexes, celui-ci a raison de les confier à des technocrates éclairés et autres spécialistes auto-proclamés. Il faut rappeler que, dès la genèse du projet européenen 1951 avec la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), la logique mise en œuvre par les soi-disant « pères de l’Europe » était que la politique devait être un couronnement et non un début. En clair, le projet devait d’abord enferrer les Etats techniquement, avec une gradation vers le cœur du régalien, jusqu’au point où la toile ainsi tissée serait tellement serrée que l’unification politique tomberait comme une sorte de fruit mûr dans la corbeille finale, sans débat et sans question. Une sorte de piège progressif avec effets de cliquet.

D’où, à chaque fois qu’un domaine est communautarisé, les discussions se polarisent sur les aspects techniques. En saucissonnant ainsi la politique en autant de morceaux distincts et étanches, l’objectif est clairement d’arracher des questions fondamentales au champ démocratique. Non que la technicité soit inutile en elle-même. Si elle pouvait être exposée de manière didactique et aisément compréhensible, cela ne peut qu’élever le débat démocratique. Ce qui est critiquable c’est le plafond de verre technique au-delà duquel on ne veut jamais s’élever. Discuter de l’abandon de compétences dans quelque domaine que ce soit, y compris les moins régaliens comme la pêche, n’a de sens que si tous les tenants et les aboutissants politiques et techniques sont passés en revue. Or le système médiatico-politique fait tout pour éviter d’entrouvrir le terrain politique afin de ne pas éveiller les soupçons sur la véritable nature du projet européen. Rendez-vous compte, le citoyen shooté à la morphine technocratique risquerait de se réveiller et de demander des comptes !

Afin de comprendre les véritables enjeux de ces questions fondamentales que sont les politiques communes, il convient, tout en acceptant les termes du débat académique, de le raccrocher systématiquement à sa dimension « amont » ; refuser la spécialisation et donc l’enfermement du débat pour mieux discuter de ses implications politiques. Ainsi donc, l’appartenance ou non à la zone euro, à l’Union européenne, à l’OTAN, etc. doit se discuter à partir d’un corpus philosophico-politique. Savoir si la zone euro est ou non une zone monétaire optimale, si la politique monétaire de la banque centrale européenne est bien adaptée à la macroéconomie de la zone ou si les économies européennes convergent ou divergent relève de joutes oratoires fort intéressants et utiles. Toutefois, outre le fait que seul des professionnels chevronnés peuvent l’entendre – excluant donc de facto le quidam – l’essence du débat reste politique car la politique économique, pour ne citer qu’elle, n’est pas, contrairement à ce que l’on ressasse, qu’un sujet macroéconomique ; c’est surtout et avant tout l’expression, dans le domaine économique, de la souveraineté nationale. Fusionner sa politique économique avec d’autres Etats revient donc, au-delà de la discussion sur les avantages et les inconvénients attendus en termes de croissance et d’emploi, d’une amputation de la souveraineté, c’est-à-dire la perte d’une liberté fondamentale, en l’espèce la liberté économique. Comme l’exprimait fort clairement le prix Nobel d’économie (1994), le regretté Ronald Coase, « derrière la modélisation, c’est une opinion ; derrière toute science humaine point la science politique »[1].

Effectivement, derrière toute science humaine il y a un courant de pensée, une Ecole, un avis politique. Et c’est sur ce dernier, clairement expliqué au peuple, que celui-ci s’exprime. C’est encore plus vrai de toute thématique contenant le mot politique dans sa formulation – politique étrangère, politique commerciale, politique de défense, etc. Elle doit relever en premier lieu et selon l’ordre des mots d’un débat politique. Celui-ci peut naturellement être éclairé par les arguments émanant du second terme suivant « politique » mais cet éclairage ne saurait signifier un escamotage du premier. Noyer la discussion sous un fatras théorique relève souvent d’un plan consistant à endormir le peuple – comme on s’endormirait devant une émission à laquelle on ne comprend rien – et lui faire avaler en douceur la pilule qui tuera sa liberté. La quintessence de la pensée unique, c’est-à-dire ce corpus idéologique se drapant dans le scientisme qui irrigue le débat politique et qui est régulièrement dénoncée depuis des décennies, trouve là l’une de ses plus parfaites définitions. Peu de figures de la vie publique française ont osé braver ce limès d’autant plus infranchissable qu’invisible : on retiendra Philippe Séguin, Charles Pasqua, Jean-Pierre Chevènement, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan. Chacun à son niveau et à sa manière a voulu s’affranchir du diktat d’une idéologie dominant par un sabir technique pour remettre la politique au centre. Aujourd’hui la personnalité qui redonne à la politique ses lettres de noblesse et sa priorité est sans conteste Marine le Pen[2].

La souveraineté, parce qu’elle est une liberté fondamentale, ne peut pas être discutée ou en tout cas, pas à partir d’arguments logistiques. « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille », déclarait le général de Gaulle pour expliquer que les investisseurs ne sauraient dicter leurs intérêts à la politique d’un Etat qui se voulait souverain et maître de son destin. Toutefois, certaines composantes du peuple luttent en permanence pour s’arroger la souveraineté de la nation toute entière. Comme toute liberté, la liberté collective aiguise les appétits de ceux qui veulent imposer leurs vues. Cela est d’autant plus vrai qu’en 40 ans, les phénomènes transnationaux se sont multipliés et approfondis, créant de nouvelles castes de profiteurs de tous poils, à commencer par la grande finance mondiale qui a freiné avec succès toute forme d’entrave étatique, même après la crise de 2007. Karl Marx et Friedrich Engels avaient déjà perçu ce phénomène à la fin du 19ème siècle. « Les pensées de la classe dominante, écrivaient-ils, sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance spirituelle dominante. La classe qui dispose des moyens de production matérielle dispose, du même coup, des moyens de production intellectuelle, si bien que, l’un dans l’autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises, du même coup, à cette classe dominante. (…) Chaque nouvelle classe qui prend la place de celle qui dominait avant elle est obligée, ne fut-ce que pour parvenir à ses fins, de représenter son intérêt comme l’intérêt commun de tous les membres de la société où, pour exprimer les choses sur le plan des idées, cette classe est obligée de donner à ses pensées la forme de l’universalité, de les représenter comme étant les seules raisonnables, les seules universellement valables »[3].

L’Union européenne ou le bel avenir de l’enfance …

Enfant, je ne me préoccupais de rien. Papa et maman pourvoyaient à toute chose et je croquais la vie avec insouciance, confort et un certain bonheur. Passons en revue tous les aspects fondamentaux de la vie pour lesquels mes parents avaient en leurs mains ma destinée.

Mes parents décidaient de ma politique monétaire : ils émettaient ma monnaie en m’attribuant chaque semaine un stock d’argent (de poche). C’était ma banque centrale. Je n’avais aucune prise sur la quantité de monnaie qu’ils décidaient de m’allouer. Mes récriminations sur une telle politique monétaire restrictive restaient sans réponse. Mes parents décidaient de ma politique budgétaire. L’offre de monnaie qui m’était octroyée fixait mon cap de dépenses. Mes parents m’imposaient une règle d’or budgétaire : mon budget devait être à l’équilibre afin de ne pas menacer le stock de monnaie global de la famille. Souvent ils approuvaient ou désapprouvaient mes dépenses, pour mon plus grand bien disaient-ils. Mes parents décidaient de ma politique de défense. Quand j’étais victime d’un tiers hostile, mes parents mettaient tout en œuvre pour assurer ma sauvegarde. Mes parents assuraient ma politique du logement, choisissant pour moi le lieu où nous devions habiter et décidant des frontières de mon espace personnel. Ils autorisaient ou pas des étrangers à passer les frontières de ma chambre. Mes parents fixaient ma politique étrangère. Ils m’imposaient mes fréquentations à l’école et en dehors et veillaient à ce que je sois toujours bien entouré. Mes parents orientaient ma politique sanitaire, décidant des normes qui devaient m’être appliquées en matière de vaccins, de l’agenda de ceux-ci ainsi que de ma politique de soins.

Je ne pouvais pas imaginer quitter ma famille sans en éprouver une immense angoisse. Quand il nous arrivait de nous chamailler, j’avais une folle envie d’activer l’alinéa 1 de l’article 50[4] : je criais mon désir de partir, menaçais de prendre mon envol, de recouvrer ma liberté, d’avoir mon chez moi pour enfin m’assumer. Mais je faisais preuve d’un cratylisme hautain.

Ces 40 dernières années, les Etats membres de l’Union européenne ont régressé, dans le sens pédiatrique du terme. Abandonnant un à un tous les attributs de leur liberté, ils sont retombés dans une sorte de minorité légale en se mettant sous des tutelles quasi parentales d’institutions supranationales.

Aujourd’hui, la France est devenue un pays mineur, dans tous les sens du terme. Elle a délégué l’ensemble de ses libertés collectives à des papas et mamans lointains dont elle attend qu’ils fixent sa destinée. Maman BCE émet notre monnaie et nous en fixe la valeur. Comme les enfants, il nous est interdit d’interférer dans sa décision d’adulte ou d’en discuter la pertinence. Maman Bruxelles nous dit comment on doit dépenser notre argent, nous fixe nos plafonds de dépenses et peut même nous aider à élaborer la nature de nos dépenses afin que la France soit un enfant vertueux. Et si nous désobéissons en dépensant plus que prévu, nous sommes sévèrement puni puisque maman Bruxelles ponctionne une partie de notre argent de poche future. Maman Bruxelles décide aussi de nos relations avec les tierces parties, négocie pour nous des Traités commerciaux, définit l’attitude à adopter avec tel ou tel pays et nous assomme en permanence de directives et de règlements avec, là encore, privation de chocolat si nous ne les appliquons pas ! Mais maman Bruxelles est mariée avec papa OTAN qui lui, comme un vrai papa, s’occupe de notre Défense. Il nous dit qui est notre ennemi, quand et comment il faut le combattre et pour nous récompenser, papa nous offre un maroquin feutré à ses côtés…

La liberté de la France, reflet des faquins qui la dirigent

Comment ne vas pas voir dans cette insupportable infantilisation la marque de fabrique de toute une génération, celle qui, paradoxalement scandait la liberté sur tous les tons en mai 68 ? La liberté qu’ils appelaient de leurs vœux était la liberté individuelle, celle de forniquer librement tout d’abord puis celle du bon plaisir généralisé ensuite. Je fais ce qui me plait et il est interdit de m’interdire quoi que ce soit, tonnaient-ils crânement. La seule limite est celle des pulsions déchaînées. Tout à leur verve libertaire individuelle, les fils de cette génération vouent aux gémonies toute forme de liberté collective, vue uniquement comme une inacceptable limite à leur libre-arbitre. Arrivés au pouvoir dans les jupons de la gauche en 1981, cette génération des fils à papa de mai 68 ne va avoir de cesse de modeler la France et son destin à l’idée qu’elle se fait de la vie : celle d’ados attardés, obsédés par leur prurit sexuel, plus généralement, les besoins de leur égo. Jouissons et profitons de la vie, proclament-ils en secret ; l’Etat, le pouvoir, le devenir du pays n’est pas leur affaire. Ou plutôt si, dès lors qu’ils sont appréhendés comme autant de moyens supplémentaires pour démultiplier l’hédonisme individuel. Ces élites qui prennent en main la destinée de notre pays à partir des années 80 vont flamber avec le budget de l’Etat (plus aucun budget ne sera en équilibre), décréter une monnaie forte (donc de taux d’intérêt fort) pour préserver leur patrimoine acquis sur le dos de la génération précédente (ruinée, elle, par l’inflation à deux chiffres des années 70).

Mais ce n’était pas assez. La liberté collective et ses instruments dont ces élites savaient qu’elles seraient un jour comptables de leur utilisation et des résultats sur la situation du pays, ont eu l’idée de s’en débarrasser progressivement. Objectif : mettre le pays en pilotage automatique pour ne faire que jouir des ors et privilèges de la République. Au mieux, gérer la France à la petite semaine comme si c’était une épicerie. A côté de ces infatués, les maires du palais mérovingiens étaient des génies. Leurs lointains descendants entendent être responsables toujours, coupables jamais. Ils vont pousser de gré (par le suffrage universel, après désinformation et propagande) ou de force (procédure parlementaire ou hold-up comme pour la constitution européenne) les attributs de la souveraineté française dans un tunnel menant à leur dépossession au profit d’un nouveau Léviathan européen. La politique monétaire a été la première voiture de ce sinistre train dont les autres wagons sont la politique budgétaire, la politique commerciale et jusqu’à la politique de défense. Tout cela présenté sous le vernis attrayant d’une sorte de « nouvelle frontière » européenne, une construction communautaire dont on a eu de cesse de faire croire au peuple que sa concrétisation reviendrait à restaurer la puissance française… Mais une lecture, fut-elle rapide, de l’Histoire de France depuis 1945, montre que la liberté d’un pays n’est jamais que le reflet des personnalités qui y président. De Gaulle n’est pas Hollande !

Notre sœur britannique quitte papa et maman ? Quelle folie !

Emblématique fut à cet égard la réaction de la caste soixante-huitarde aux commandes de la France à l’occasion du Brexit[5]. Pensez donc, un pays qui décide de quitter papa et maman comme ça, d’un coup de tête ! Bien que n’ayant jamais été un enfant comme un autre au sein de la famille européenne, la Grande-Bretagne décide de redevenir majeur, d’assumer seule sa destinée, de prendre le large, le grand large… Emmitouflés dans le douillet nid européen, les autres enfants assistent à cette séparation tétanisés et médusés. « Elle va devoir gérer sa frontière, son industrie, sa monnaie, bref tous les aspects de sa vie de nation toute seule ? Mais elle est folle cette Grande-Bretagne ! C’est si confortable de vivre insouciant sous le toit généreux et bienveillant de papa et maman ! ».

Se prendre en main est souvent source de souffrance et peut même, à la longue, relever de la gageure. Comme le disait le grand philosophe danois Søren Kierkegaard, « l’anxiété est le vertige de la liberté ». Ce vertige est d’ailleurs d’autant plus enivrant que le sujet qui en est victime a un poids historique, culturel et géographique, ce qui est précisément le cas de la France. Il s’agit ici d’une nouvelle dimension, temporelle cette fois, de la théorie de la gravitation chère à Albert Einstein : « j’étais assis sur ma chaise au Bureau fédéral de Berne, racontera le savant allemand après la guerre. Je compris soudain que si une personne est en chute libre, elle ne sentira pas son propre poids. J’en ai été saisi. Cette pensée me fit une grande impression. Elle me poussa vers une nouvelle théorie de la gravitation »[6]. La France ressent d’autant moins sa chute que son importance historique et géographique est capitale. « Tout ce qui augmente la liberté, écrivait plus poétiquement Victor Hugo, augmente la responsabilité. Être libre, rien n’est plus grave ; la liberté est pesante, et toutes les chaînes qu’elle ôte au corps, elle les ajoute à la conscience »[7]. C’est pourquoi la conscience de celui ou celle qui préside à la destinée d’un pays, qui plus est la France, doit être vaste et solide, à la hauteur de l’enjeu.

Les sources philosophiques de l’inféodation

Ce débat sur la liberté et la servitude n’est évidemment pas nouveau. Traitant généralement de ces notions sur le plan individuel, leur application au domaine des peuples donne une analyse fort éclairante des enjeux politiques. On citera deux textes majeurs, mais non exclusifs, qui ont le grand mérite d’éclairer la problématique actuelle et qui apporte une justification par le haut d’une sortie de toutes les tutelles sous lesquelles la France a été placée ces 40 dernières années.

La France et la « servitude volontaire » à l’Union européenne

Le premier est le Discours de la Servitude Volontaire que l’on doit à Etienne de la Boétie qui date de… 1549. La question inaugurale du Discours trouve un troublant écho avec notre époque contemporaine : « comment peut-il se faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent ? ». Le titre du Discours est lui-même aporétique, juxtaposant deux notions aux antipodes l’une de l’autre : « servitude » et « volontaire ». Le Discours est ainsi un pensum détaillé de la servitude, des causes de son apparition à celles de sa pérennisation. L’auteur découvre en parcourant l’Histoire, que la soumission d’un peuple à un tyran est circonstanciée et non éternelle. Elle est née à un moment donné et n’est pas un fait permanent. D’où son interrogation : « quel malencontre a été cela, qui a pu tant dénaturer l’homme, seul né de vrai pour vivre franchement librement ; et lui faire perdre la souvenance de son premier être, et le désir de le reprendre ? ». Ce que la Boétie entend par Malencontre est un accident historique, une sorte de « malchance inaugurale » dont les effets vont aller croissants jusqu’au point où la mémoire de ce qui a été s’efface complètement, i.e. jusqu’au point où l’amour de la servitude se substitue au désir de liberté. Le passage de la liberté à la servitude est réputé par l’auteur « sans nécessité » ; pour lui la division de la société entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent est « accidentelle ». Dans le cas de la France, la « Malencontre » a commencé avec le projet européen et en particulier le virage pris dans les années 80 vers une disparition progressive de sa souveraineté. Comme le tyran décrit par La Boétie, le Volapük européen à qui nous avons délégué notre liberté collective « allèche ses esclaves pour endormir les sujets dans la servitude ». Il octroie des libéralités à ses sujets (les Etats) sans que ceux-ci ne se rendent compte que c’est avec l’argent qu’il leur a soutiré qu’il les finance ! Avant de commettre leurs forfaits, certains Léviathan, à l’instar des représentants de l’Union européenne, s’enflamment en de beaux discours sur le bien général et la nécessité de l’ordre public. D’autres, les gardiens médiatiques du dogme européiste, utilisent l’artifice de la religion européenne pour susciter la crainte du sacrilège, n’hésitant pas à utiliser la tendance de l’ignorant à la superstition et aux peurs millénaristes, à l’instar des déclarations entendues à l’occasion du Brexit (apocalypse, pluie de sauterelles et tutti quanti).

Autre ressemblance troublante permettant de rendre compte de la construction communautaire, le fait que la tyrannie est construite sur un contrôle social pyramidal : « cinq ou six, écrit la Boétie, ont eu l’oreille du tyran (…). Ces six ont six cents qui profitent sous eux, et qui font de leurs six cents ce que les six font au tyran (…) ces six cents en maintiennent sous eux six mille… ». Le démantèlement méthodique des Etats centraux par la furie décentralisatrice et la régionalisation à marche forcée de l’Europe trouve ici une sa raison profonde. Ainsi, une majorité a d’autant plus intérêt à la domination qu’elle sera destructurée et atomisée. La structure hiérarchique du pouvoir permet d’enfermer la majorité dominée en différents sous-groupes intermédiaires. Une description avant-gardiste de ce que l’on nomme aujourd’hui la caste au pouvoir. Le philosophe Marcel Conche résume magistralement cette pyramide des intérêts ficelant le corps social de manière étroite : « le tyran tyrannise grâce à une cascade de tyranneaux, tyrannisés sans doute, mais tyrannisant à leur tour » [8]. Et Goethe lui répond comme en écho : « Personne n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être »[9].

A une telle source philosophique, il pourrait être rétorqué que La Boétie écrivait à propos des tyrans personnifiés par la monarchie de droit divin de son époque ; par conséquent une telle logique serait difficilement transposable au fait démocratique contemporain. C’est faire peu de cas de l’exhaustivité voulue par La Boétie dans son discours, qui prend bien soin, dès le départ, de préciser ce qu’il entend par « tyran » : « Les uns, écrit-il, règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race ». Le tyran européen règne bien par l’élection du peuple[10] ; à ce titre la construction communautaire tombe de plain-pied dans les considérations du Discours. En conséquence de quoi, il est urgent d’appliquer à l’Union européenne les recommandations finales de La Béotie et qui restent d’une actualité brûlante face au sujet qui est le nôtre ici : « or ce tyran seul, dit-il, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu’il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu’ils en seraient quittes en cessant de servir. C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche… ». La France doit reprendre à son compte le refrain de la célèbre chanson du groupe Queen : « I want to break free ! »[11].

Frexit ou « sapere aude » !

La deuxième source fondant la nécessité de s’affranchir de toute tutelle est l’admirable texte d’Emmanuel Kant intitulé Qu’est-ce que les Lumières ? écrit plus de deux siècles après celui de La Boétie. Le texte de Kant est plus percutant car il explique les mécanismes par lesquels un sujet (individu ou pays) peut passer de l’état de minorité à celui de majorité. En clair, comment un mineur peut devenir ou redevenir – comme dans le cas de la France – majeur. Laissons parler le philosophe allemand dans un texte qui se passe de toute exégèse sur la ressemblance avec nos élites et ce qu’elles ont fait de notre pays : « La paresse et la lâcheté, écrit-il, sont les causes qui expliquent qu’un si grand nombre d’hommes, après que la nature les a affranchis depuis longtemps de toute direction étrangère, restent cependant volontiers, leur vie durant, mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui me tient lieu d’entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui juge de mon régime à ma place, etc., je n’ai pas besoin de me fatiguer moi-même. Je ne suis pas obligé de penser, pourvu que je puisse payer ; d’autres se chargeront pour moi de cette besogne fastidieuse. Que la plupart des hommes finissent par considérer le pas qui conduit vers la majorité, et qui est en soi pénible, également comme très dangereux, c’est ce à quoi ne manquent pas de s’employer ces tuteurs qui, par bonté, ont assumé la tâche de veiller sur eux. Après avoir rendu tout d’abord stupide leur bétail domestique, et soigneusement pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors du parc où ils les ont enfermées, ils leur montrent ensuite le danger qu’il y aurait à essayer de marcher tout seul. Or le danger n’est sans doute pas si grand que cela, étant donné que quelques chutes finiraient bien par leur apprendre à marcher ; mais l’exemple d’un tel accident rend malgré tout timide et fait généralement reculer devant toute autre tentative. Il est donc difficile pour chaque individu de sortir de la minorité, qui est presque devenue pour lui nature »[12].

On ne peut rendre compte plus clairement du cheminement intellectuel de nos élites et de sa conséquence sur le destin de notre nation. Plus encore, Kant insiste sur le fait que ce nécessaire affranchissement des tuteurs est plus aisé à obtenir collectivement qu’individuellement. Cependant si sa raison n’est pas cultivée, il restera en enfance. « Sapere aude ! »[13] : les Lumières sont précisément un appel adressé aux hommes à devenir majeurs, leur permettant d’accéder à l’autonomie du jugement. Le courage collectif est plus facile que le courage individuel, mais à une condition : que l’usage public de la raison, la libre circulation des idées et des opinions[14], en bref, la totale liberté d’expression soit érigée en « droit sacré de l’humanité ». La censure est jugée comme un « despotisme spirituel » qui ne nie pas seulement la liberté de publier ou de communiquer oralement des idées, mais également la liberté de penser.

Point n’est besoin de démontrer à quel point notre époque rentre en décalcomanie dans ce moule analytique : d’une part, une défense aveugle et couarde de la minorité légale comme ultime destinée des peuples et d’autre part, abolition progressive de tout débat remettant en cause les choix. Il n’est que de voir le nombre de sujets désormais interdits de discussion : sur l’Union européenne, sur l’immigration, sur l’islam, sur le mariage pour tous, sur la théorie du genre, etc. Toute tentative d’ouvrir une discussion raisonnée et raisonnable sur des thématiques de plus en plus nombreuses provoque l’excommunication de l’impétrant pour fascisme, populisme et autre armes verbales destinées à tuer dans l’œuf tout dialogue contradictoire.

Une telle attitude n’est guère nouvelle et n’est, de ce fait, pas étonnante. Kant la dénonçait déjà, dénonçant tous les gardiens des dogmes établies voulant éradiquer la raison : « La liberté est celle de faire un usage public de sa raison dans tous les domaines. Mais j’entends présentement crier de tous côtés : « Ne raisonnez pas » ! L’officier dit : Ne raisonnez pas, exécutez ! Le financier : (le percepteur) « Ne raisonnez pas, payez ! » Le prêtre : « Ne raisonnez pas, croyez ! » (Il n’y a qu’un seul maître au monde qui dise « Raisonnez autant que vous voudrez et sur tout ce que vous voudrez, mais obéissez ! ») Il y a ainsi partout limitation de la liberté. Mais quelle limitation est contraire aux lumières ? Laquelle ne l’est pas, et, au contraire lui est avantageuse ? – Je réponds : l’usage public de notre propre raison doit toujours être libre, et lui seul peut amener les lumières parmi les hommes ». De manière plus brutale, Joseph Staline donnait à ses acolytes l’ordre suivant : « traitez vos adversaires de fascistes ; pendant qu’ils se défendent, ils n’argumentent plus ». De là à dire que les ayatollahs actuels du politiquement correct ont des ascendances staliniennes, il y a un pas… que l’on peut franchir allègrement.

Refaire de la France un pays majeur en ressuscitant la politique

Face aux tutelles européenne et autres dans lesquelles la génération au pouvoir ne cesse de nous enferrer depuis plus de 40 ans, le nouveau cri de ralliement des défenseurs de la souveraineté et de la liberté nationale doit être celui, kantien, des Lumières ; citoyens de tous les pays membres de l’Union européenne, sapere aude ! Un tel appel a historiquement et selon Kant toutes les chances d’être entendu : « qu’un public s’éclaire lui-même, rentre davantage dans le domaine du possible, c’est même pour peu qu’on lui en laisse la liberté, à peu près inévitable. Car on rencontrera toujours quelques hommes qui pensent de leur propre chef, parmi les tuteurs patentés (attitrés) de la masse et qui, après avoir eux-mêmes secoué le joug de la (leur) minorité, répandront l’esprit d’une estimation raisonnable de sa valeur propre et de la vocation de chaque homme à penser par soi-même. Notons en particulier que le public qui avait été mis auparavant par eux sous ce joug, les force ensuite lui-même à se placer dessous, une fois qu’il a été incité à l’insurrection par quelques-uns de ses tuteurs incapables eux-mêmes de toute lumière : tant il est préjudiciable d’inculquer des préjugés parce qu’en fin de compte ils se vengent eux-mêmes de ceux qui en furent les auteurs ou de leurs devanciers ». En France de tels hommes et femmes sont de plus en plus nombreux… Il faut néanmoins réaffirmer avec force le fait qu’aucun de ceux ou celles qui nous ont asservis à des Léviathans extérieurs ne pourra nous sortir de la minorité légale et forcée dans laquelle ils nous ont placée. Et si ceux-ci venaient à prétendre une fois encore à la magistrature suprême l’an prochain, ils seraient d’entrée disqualifiés. En effet, soit ils ne feraient que confirmer l’intérêt de rester mineur en nous vantant le confort vanté par La Boétie et Kant, soit, prenant conscience de cette servitude, ils nous promettraient d’en sortir… après nous y avoir soumis… Dans les deux cas, ils doivent être sèchement et clairement balayés par le vent de l’Histoire. Place à celle qui promet. Et qui fera.

[1] Coase R., The Institutional Structure of Production, 1992, American Economic Review, Allocution pour le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel.

[2] On notera que chacun de ces responsables politiques, et en particulier cette dernière, ont été, à des degrés divers, discrédités par les gardes-chiourmes médiatiques du système pour « populisme », « extrême droite », etc.

[3] Marx K. et Engels F., L’idéologie Allemande, Editions Sociales, 1970, p.74.

[4] « Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union ».

[5] On retiendra avec une amusante émotion les manchettes des principaux quotidiens le lendemain de l’affront britanniques, noires intenses sur fond blanc comme pour annoncer la mort de quelqu’un !

[6] In Etienne Klein, Discours sur l’Origine de l’Univers, Champs-Flammarion, 2012.

[7] Hugo V., Actes et Paroles, volume 4, format Kindle, 2015.

[8] Conche M., in Bernadette Gadomski, La Boétie penseur masqué, Paris, L’Harmattan, 2007.

[9] In Marcello Massenzio, Le Juif Errant entre Mythe et Histoire ; Trois Variations sur le Thème de la Passion selon le Juif Errant, Annuaire de l’École pratique des hautes études (EPHE), mis en ligne le 22 octobre 2008. Consulté le 18 décembre 2012.

[10] L’hypothèse est discutable mais admettons-là pour le confort du raisonnement.

[11] Je veux être libre !

[12] https://webusers.imj-prg.fr/~david.aubin/cours/Textes/Kant-lumieres.pdf. Tout le mécanisme infernal de la prison européenne et de ses faquins laquais est ici analysé…

[13] Ose penser ou Aie le courage de te servir de ton propre entendement !

[14] Jurgen Habermas retiendra cette théorie de l’espace public démocratique.

Un Canard sans Tête ne devrait pas barboter dans l’économie.

Publié par Jean MESSIHA

Un Canard sans Tête ne devrait pas barboter dans l’économie.

Dans son édition du 17 octobre 2018, notre cher journal satirique s’est essayé en page 3 à une petite satire sur mon article « Sortir du piège de l’Euro sans sortir de l’Euro (dans l’immédiat) » publié sur mon blog et laissant entendre que ce texte « alambiqué » démontrerait le manque de maitrise des questions monétaires au Rassemblement National. 

Il est vrai que le « Canard » est un journal économique reconnu, avec des journalistes pointus sur ces questions comme ce J.C., auteur de cet article, qui a préféré s’en tenir à des initiales. Il a eu raison car dans son métier le ridicule tue encore.

Ce petit pamphlet « ne casse pas trois pattes à un canard », mais à tout prendre, je préfère ne pas résister au plaisir de lui répondre.    

A la différence de J. C.  qui a sans doute un « Master » en « Fouilles de Poubelles » comme la plupart de ses petits camarades de la Rue Saint Honoré j’ai l’insigne honneur d’être docteur en sciences économiques d’une Université française après avoir soutenu une thèse sur la coordination des politiques budgétaires face aux traités de Maastricht et d’Amsterdam. 

« Alambiqué » dit-il. Il est vrai que j’ai utilisé des chiffres et des lettres et pire : des graphiques et tableaux ! Il n’en fallait pas plus pour que J.C. fasse une syncope.

Il indique que je me « plains » d’un électeur « bêtement » attaché à l’euro. Ça c’est vraiment bête alors, d’autant qu’il me cite. Et que dis-je au juste ? Que « la sortie de l’euro se heurte au conservatisme compréhensible d’une population importante d’épargnants qui voient dans la stabilité et la force de cette monnaie un outil de protection de leur patrimoine financier ». Pour le « Canard » cela fait de vous, chers électeurs, des gens bêtes… Vous apprécierez ! 

Ma proposition de baisse des charges pour les entreprises asphyxiées par la force de l’euro ne plait guère non plus au « Canard ». Il faut dire que lorsque l’on bosse rue Saint Honoré et que l’on est assis sur une trésorerie de 128 millions d’euros – si, si je vous assure c’est un chiffre tout à fait officiel (c’est fou ce que cela rapporte de faire les poubelles !) – on se fout un peu des PME bouseuses ou des salariés virés parce que « trop chers ».    

La proposition de taxer les produits importés de Chine et deux autres pays asiatiques qui nous asphyxient de 30 milliards de déficits fait plutôt marrer le palmipède car c’est selon lui Bruxelles qui « décrète la guerre commerciale ». Il ne précise évidemment pas que j’ai pris le soin d’indiquer que cela nécessiterait une négociation avec Bruxelles car nous voulons récupérer la liberté de taxer, si nécessaire, les pays hors de l’UE. 

Rationaliser les « niches fiscales » pour contribuer à financer la baisse des charges sur les entreprises ?  Foutaises pour le Canard qui m’accuse de ne fournir aucuns détails. Vraiment ? Je parle de 5 milliards d’euros sur une centaine de milliards dont la moitié ont une véritable efficacité économique et sociale. Il faut dire que dans ces niches figurent certains avantages parfaitement indus dont bénéficient nos amis journalistes !      

Sur la baisse du coût de l’immigration qui pour coin-coin est évidement un mythe il parait que je vise « au doigt mouillé » 3 milliards. Pas si mouillé que cela puisque je chiffre la division par 2 de l’AME (500 M EUR), la fin du RSA pour les étrangers non-UE (environ 1,5 milliards), la fin des aides sociales en tout genre en faveur des illégaux (logement d’urgence, subventions aux associations immigrationnistes, etc.) : 1 Md EUR. 

Enfin je suis moqué pour la proposition de réduire notre contribution nette au budget européen de 5 milliards dans la mesure où nos chers partenaires nous assènent 47 milliards (hors Grande-Bretagne) d’excédents commerciaux chaque année car je proposerai de simplement dire que « nous ne voulons plus nous faire traire ». 

Pauvre J.C. qui, sans doute trop absorbé par le bruit du « microcosme », ne se souvient même pas du bras de fer entre Margareth Thatcher et la CEE symbolisé par le célèbre « I want my money back » et qui a permis au Royaume-Uni de voir sa facture se réduire considérablement. En France nous aimons nos vaches et nous préférons la métaphore de la traite.     

En conclusion je ne peux que suggérer à notre cher « Canard » national de ne pas prendre ses lecteurs pour des dindons ou des pintades mais plutôt de consacrer une petite partie de son magot à recruter des pigistes qui ont quelques notions d’économie :  cela aidera à réduire le chômage !  

Sans rancune Gripsou.      

Sortir du piège de l’euro, sans sortir de l’euro (dans l’immédiat)

Publié par Jean MESSIHA

SORTIR DU PIEGE DE L’EURO SANS SORTIR DE L’EURO

Cette étude se veut un document de travail et de réflexion sur la problématique de l’euro. Elle jette les bases d’une nouvelle approche nationale de la zone euro. Elle n’engage que son auteur. 

La restauration de notre souveraineté monétaire par la sortie de l’euro constitue une hypothèse que l’on ne peut pas écarter pour l’avenir lointain. Mais sauf événement exogène, par définition imprévisible, qui aboutirait à une explosion anticipée de la zone euro, un changement décidé de monnaie, soit vers une union monétaire, soit, au contraire, vers un retour de la monnaie nationale, est nécessairement long et périlleux et nécessite un consensus entre tous les pays concernés, comme ce fut le cas pour la mise en place de l’euro dans les années 90. Cette sortie est d’ailleurs rendue de moins en moins urgente à mesure que les majorités politiques changent en Europe et que le nouveau paradigme que nous incarnons deviendra majoritaire. En effet, si tout le monde est d’accord, on peut administrer la zone euro différemment et, le cas échéant, si la coopération monétaire nouvelle ne marche pas, élaborer de concert un calendrier pour une sortie coordonnée et consensuelle. Aaucun changement monétaire n’a été, dans l’Histoire, possible à court terme. Entre l’entrée en vigueur de Maastricht le 1er janvier 1993 et l’entrée en vigueur de l’euro (1999 puis 2002), il s’est écoulé entre 6 et 9 ans, et ce, alors même que tous les pays étaient d’accord et qu’une démarche coordonnée et consensuelle a été mise en place. Ceux qui affirment aujourd’hui (UPR, Patriotes) qu’on peut sortir de l’euro en 6 mois ne connaissent rien à la complexité monétaire et aux phénomènes qui gouvernent les marchés financiers. Surtout, ils ne voient pas que ce qui était urgent hier quand toute l’Europe pensait contre nous, l’est beaucoup moins aujourd’hui à l’heure où l’Europe rejoint nos positions…

Pour autant, l’impossibilité à court terme de recouvrer la souveraineté monétaire ne doit pas justifier une inaction d’autant plus coupable qu’elle entraîne un déclassement tendanciel de notre pays sur le plan économique, industriel, commercial et donc, partant, stratégique. L’impasse dans laquelle nous nous trouvons doit être reconnue et diagnostiquée : en l’absence d’une dévaluation monétaire impossible, la seule solution consiste en une « dévaluation interne », telle que nous l’avons détaillée plus haute, à savoir par la baisse des charges pour les entreprises, financée par des économies ou des taxes sur les « pilleurs » de l’économie française. Elle doit être combinée au desserrement du « nœud coulant » de la dette qui nous étrangle par l’amplification et l’adaptation de la politique de rachats de dettes de la BCE et de la Banque de France. Ce sont des solutions techniquement, juridiquement et politiquement tout à fait réalisables pour autant qu’un gouvernement fort et viscéralement attaché aux intérêts de la France est aux commandes. 

  • Stagnation économique et absence de politique monétaire : comment en sortir ?

Lorsqu’en 1999 je planchais sur ma thèse d’économie consacrée précisément à l’euro je terminais mon propos sur une note sceptique. Je pressentais toute la fragilité d’une monnaie fédérale dans un système économie et politique qui ne l’était pas. La suite nous la connaissons. Mais autant les vices de conception de la monnaie unique se firent jour au fil des années et au gré des crises, autant notre diagnostic sur ses effets pervers pour notre économie se vérifièrent, autant nous fûmes incapables de définir un mécanisme de sortie rapide, juridiquement fondé, financièrement solide et psychologiquement non-anxiogène. Le carcan créé par les Européistes n’était pas conçu pour faire le bonheur des peuples ; mais il fut suffisamment bien charpenté pour rendre toute évasion extrêmement complexe et longue, caractéristiques qui sont précisément destinées à la faire échouer. Et les obstacles sont d’autant plus importants pour un pays surendetté et très dépendant des marchés financiers comme le nôtre.        

Nous sommes pour ainsi dire dans une nasse : d’un côté, pour sortir sans dommages et unilatéralement de l’euro, il faudrait que nous soyons dans une excellente situation économico-financière qui nous mette à l’abri des violentes attaques spéculatives dont nous serions l’objet, le cas échéant ; mais de l’autre, une telle situation de bonne santé économique est très difficile à atteindre tant que nous sommes dans l’euro. Une solution médiane consisterait en un détricotage coordonné et coopératif de la monnaie unique. Mais cela supposerait une quasi-unanimité parmi les 19 et surtout le soutien fort d’une Allemagne qui est la grande bénéficiaire du statu quo. Notons que ce scénario est aujourd’hui moins fictif qu’hier puisque de nouvelles majorités, proches de nos idées, deviennent progressivement majoritaires en Europe. En France, nous faisons toutefois face aussi tant à la résistance de l’ancien monde européiste qu’au conservatisme compréhensible d’une population assez importante d’épargnants qui voient dans la stabilité et la force de cette monnaie un outil de protection de leur patrimoine financier. Nous avons, à juste titre, dé-priorisé cette question dans notre programme. 

Comment, dès lors, sortir d’une impasse qui pèse sur chaque président et gouvernement qui accède aux responsabilités et hypothèque son mandat ? Cette impasse se résume de la façon suivante : la France souffre d’un déficit majeur de compétitivité en raison d’une monnaie trop forte et ne parvient pas à faire fonctionner le moteur de son économie à un régime normal. Toutes les difficultés que nous connaissons en découlent :

  • Trop de chômage avec tous les effets délétères que nous connaissons ;
  • Trop de déficits non pas parce que nous dépensons globalement trop mais parce que nous ne générons plus assez de richesses pour financer des services publics de qualité et un modèle social juste.       

A supposer qu’une sortie coordonnée et indolore soit possible avec des partenaires européens acquis à nos idées, cela prendra des années. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler que l’abandon des monnaies nationales et l’entrée en vigueur de l’euro a été rendu possible par la mise en œuvre d’une feuille de route qui a mis 6 à 9 ans ! En l’absence de cette chirurgie invasive, longue et angoissante pour le patient – une sortie complexe de la monnaie unique – il faut trouver un traitement rapide et efficace au cancer de l’euro. La bonne nouvelle c’est qu’il existe ! 

C’est une duo-thérapie qui implique deux éléments :

· Le redressement de la compétitivité de nos entreprises par la baisse des charges

· L’apurement de la question de la dette par son rachat et sa stérilisation.

La baisse massive des charges sociales, seule à même de rétablir la compétitivité de notre économie, en l’absence de possibilité de dévaluation monétaire

II.1. Une économie française plombée par un coût du travail trop important

La « haute finance » publique et privée a commis une faute impardonnable : celle de nous avoir fait rentrer dans cet euro monnaie à la fois forte et inflexible, sans en tirer les conséquences sur le financement de notre système de protection social. Pour mémoire, ce financement est largement assuré par des entreprises assaillies de charges par rapport à leurs concurrentes.

Pour parer à cette difficulté, l’Allemagne a joué, à l’orée des années 2000, un coup de maître. Alors que l’économie allemande encore très compétitive perdait un peu de son hégémonie, le chancelier Gerhard Schroeder et son ministre du Travail Hartz décidaient de flexibiliser son marché du travail avec les réformes du même nom. Parallèlement, ils amélioraient la compétitivité du travailleur allemand, et donc de son entreprise, par une forte baisse des charges patronales financée par la TVA sociale. Cette politique trouva de surcroît le soutien des syndicats allemands qui, aux antipodes des nôtres, cautionnèrent la modération salariale pendant une dizaine d’années. 

Face à ce coup de force économique l’élite française auto-proclamée baya aux corneilles, toute confite qu’elle est dans sa germanophilie béate et cette suffisance stupide qui l’autorise à nous jeter au visage son « expérience » et sa « compétence » alors que son bilan révèle l’inverse. Les années de papa Chirac grand distributeur de bises et de poignées de main mais piètre président, puis du matamore Sarkozy, furent celles de la déconfiture de l’économie française avant que François Hollande prenne des mesures au demeurant largement insuffisantes avec le Pacte de Responsabilité et le CICE. Trop peu trop tard ! Regardons les statistiques de l’institut économique COE-REXECODE qui nous détaille l’évolution et le niveau du coût moyen horaire du travail (toutes charges comprises) sur plusieurs pays de l’UE. Notons que dans le cas de la France, la réduction du CICE est prise en compte.

Ces chiffres sont terribles.

Nous voyons que tous secteurs confondus nous sommes au-dessus de plusieurs pays qui sont d’important concurrents : 10 euros de plus que l’Italie, 17 pour l’Espagne, près de 4 euros pour les Pays-Bas, et en moyenne 7 Euros au-dessus de la Zone Euro. Mais le plus grave c’est que nous sommes mêmes au-dessus de nos concurrents les plus direct les Allemands.

Sur l’Industrie Manufacturière la situation est tout aussi préoccupante même si nous avons un petit delta positif avec l’Allemagne 3.6% en notre faveur mais qui est ridicule compte tenu des avantages structurels de l’industrie de nos voisins. Pour comprendre l’étendue des dégâts commis depuis l’entrée dans l’Euro comparant l’évolution de ce cout du travail entre nos deux pays depuis 2000.

Entre fin 2000 et le deuxième trimestre 2018 notre cout du travail a augmenté de 56% tandis que celui de l’Allemagne progressait lui de 38%.

Alors qu’en 2000 nous étions 7.3 % « moins chers » que nos voisins d’outre-Rhin tous secteurs confondus et 15,7% dans le secteur manufacturier la France a dépassée l’Allemagne dès 2004 tous secteurs confondus et a l’a quasiment rattrapée dans le secteur manufacturier. Tout est là. Nous sommes trop chers. 

Cette réalité transparait également dans une analyse de BNP Paribas sur les comptes des entreprises (hors secteur financier) dans quelques pays d’Europe, selon les données Eurostat et qui est particulièrement éclairante.   

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Nous voyons de façon très claire que si les salaires et traitements des employés absorbent exactement la même part de la Valeur Ajoutée Brute des entreprises (49,6%), la part des cotisations employeurs dans la VAB est de 16% chez nous contre 10% en Allemagne. Pour faire simple si nos entreprises consacraient le même pourcentage de leur VAB aux cotisations patronales que nos voisins elles paieraient 120 Mds EUR  au lieu des 192 Mds qu’elles acquittent aujourd’hui.  On réalise bien au travers de ces chiffres que nos employés ne sont pas « trop payés » mais que ce sont bien nos charges patronales qui écrasent notre économie.

Au bout du compte, si on considère que l’Allemagne et la France sont deux sociétés anonymes, Deutschland AG dégage 781 Mds EUR par an d’Excédents Brutd’Exploitation contre 382 Mds pour France SA grâce à un taux de marge brute de 41,1% pour l’Allemagne alors que nous sommes près de 10 points derrière à 31,9%. La France est également loin derrière l’Italie et l’Espagne qui sont au-dessus de 40% de marge brute (et qui explique leur plus faible désindustrialisation) et bien en dessous de la moyenne de la zone euro qui est à 40,6%, malgré la pondération négative que nous exerçons.

II.2. Macron : une politique économique erratique qui aggrave le mal qu’elle prétend combattre

Macron le « jeune premier » réformateur a réussi l’exploit de détériorer à nouveau la position concurrentielle de nos entreprises en convertissant le CICE en baisses de charges Euro pour Euro. « Mais un euro de CICE et un euro de charges en moins cela revient au même » me diriez-vous ! Eh bien pas du tout. Sans rentrer dans la complexité fiscale et comptable voici pourquoi.

Prenons un exemple : 100 euros de CICE viennent directement s’ajouter au bénéfice après impôts de la société (c’est du net-net en quelque sorte) tandis que 100 Euros de baisse de charges c’est 100 Euros de bénéfices en plus, certes, mais avant impôts donc environ 67 euros après impôts (33%) . 

Les experts ont calculé que la transformation du CICE en baisse charges représentait un surcoût de 5 Mds EUR pour nos sociétés.  C’est ABSURDE ! Mais si c’est le cas, pourquoi nos patrons ne hurlent-ils pas à la mort ? Parce que si Macron pénalise leurs entreprises, il les a soignés avec la suppression de l’ISF, la création du Prélèvement Forfaitaire Unique de 30% sur les plus-values financières et a facilité les licenciements et donc les délocalisations avec la « Loi Travail ». 

Depuis l’entrée en vigueur de l’euro, premier pas d’un fédéralisme européen, apparaît ainsi une différence structurante entre les élites de notre pays, qu’elles soient de Droite, du Centre ou de la Gauche et qui sont européistes et mondialistes, et les élites allemandes beaucoup plus patriotes qu’ils soient sociaux-démocrates ou chrétiens démocrates comme Schroeder et Merkel :  

  • Les élites françaises n’ont fait que fragiliser la situation du travailleur français en laissant exploser son coût d’emploi pour finir par le précariser en réduisant ses droits face à son patron avec les Lois El Khomri puis Pénicaud, le rendant ainsi plus facilement « jettable » sans le rendre plus « employable ».
  • Les élites allemandes ont certes précarisé les travailleurs allemands mais ont sensiblement amélioré leur employabilité. Résultat : ils ont aujourd’hui presque tous un boulot, leurs boites marchent bien, leurs salaires augmentent car ils sont en situation de force sur un marché du travail tendu et ils se retrouvent co-propriétaires d’une nation qui réalise des performances économiques remarquables et dont la dette baisse. Tout n’est pas rose en Allemagne mais ne plaignons pas des gens qui ne se plaignent pas.

Au bout du compte nous restons peu compétitifs comme le montrent les chiffres alarmants de notre commerce extérieur (33,5 Mds EUR de déficits au premier semestre 2018 alors que les Allemands réalisent 121 Mds EUR d’excédents sur la même période alors qu’ils sont bine plus dépendants de l’évolution du cours du pétrole!). Notre croissance est trop faible, notre chômage ne baisse pas, nos déficits se creusent et notre dette augmente. Quant aux milliards d’euros que Macron a généreusement distribué à ses amis les plus nantis sous forme de baisses d’impôts avec le fallacieux argument que cet argent « ruissèlerait » dans notre économie, ils viennent uniquement engraisser leur patrimoine financier.  En effet, les détenteurs de capitaux que Macron a favorisés n’ont aucun intérêt à investir dans une économie sous-compétitive.  

II.3. Baisser les charges sociales en les finançant non par une baisse des salaires mais par ceux qui profitent de la France

Pour desserrer la première lame du piège de l’euro, il faut donc procéder à une dévaluation interne puisque la dévaluation externe (c’est-à-dire une dévaluation monétaire) n’est pas possible entre pays européens membres de la zone euro. Cette dévaluation interne ne consiste pas, comme le disent ou le souhaitent d’aucuns, à baisser les salaires des Français, qui sont eux parfaitement compétitifs, mais à baisser les charges sociales qui pèsent sur les entreprises qui elles sont clairement et encore bien trop élevées par rapport à leurs concurrentes. Cette solution n’est pas nouvelle et beaucoup de dirigeants politiques français l’ont appelée de leurs vœux ces 20 dernières années. Les opinions des experts varient sur le niveau de réduction de charges dont nous avons besoin. Pour être dans la course en tête avec l’Allemagne et espérer ses résultats exceptionnels, c’est de 70 Mds EUR de baisse de charges dont nous parlons. Ce chiffre est inatteignable. Par contre les économistes de l’entreprise estiment qu’une baisse de 30 Mds EUR de charges patronales donnerait un sérieux coup de fouet à notre compétitivité, à condition que ladite baisse ne se concentre pas uniquement sur les plus bas salaires mais touche également tous les postes d’ouvriers et d’employés qualifiés, de techniciens supérieurs et de cadres moyens qui sont les véritables machines à gagner de nos sociétés. 

Mais n’est-ce pas là le programme de la droite française qui appelle de ses vœux cette baisse des charges depuis de nombreuses années ? Oui mais avec 2 différences absolument fondamentales et qui changent tout. Pour trouver 30 Mds EUR la droite propose de recourir à l’augmentation de la TVA de 2 à 3% pour les financer. C’était d’ailleurs dans son programme pour l’élection présidentielle de 2017. Son argument ? L’Allemagne l’a fait avec succès donc nous devons suivre l’exemple. Nous rejetons catégoriquement cette solution et les arguments qui la sous-tendent et ce, pour plusieurs raisons.

En premier lieu, si l’Allemagne a effectivement relevé son taux principal de TVA, elle partait de plus bas, soit de 16 à 19%. Dans le cas de la France, notre taux de TVA est déjà très fort et il s’agirait de passer de 20 à 22 voire 23%. On rétorquera que d’autres pays d’Europe sont à des taux de TVA supérieurs à 20% et ont suivi l’exemple de l’Allemagne. C’est vrai mais leur niveau de prélèvements directs et indirects (charges sociales des salariés et indépendants, taxes et impôts) est bien moindre que chez nous. En second lieu, les partisans d’une hausse de la TVA font valoir qu’un taux de TVA plus élevé pénalise les importations plutôt que les productions locales. Leur argument est le suivant : une hausse de la TVA frappe également tous les produits – domestiques ou importés – mais les fabricants locaux ayant reçu sous forme de baisses de charges l’argent qui a été pris aux consommateurs, ils le répercuteront à ces derniers sous forme de baisse de prix. Cette explication est loin d’être avérée. En effet, les baisses de charges peuvent, à court terme, être utilisées par les entreprises de diverses manières :

  • Baisser leur endettement ou renforcer leurs fonds propres ce qui est très légitime ;
  • Investir dans des capacités nouvelles ou dans la modernisation de leur outil productif ;
  • Augmenter les salaires de leurs employés ;
  • Et bien sûr recruter.

Il est tout aussi plausible que des entreprises qui ont une forte position en France ne baissent pas leur prix ici mais les baissent sur les marchés extérieurs pour conquérir de nouveaux débouchés c’est d’ailleurs assez précisément ce qu’ont fait les entreprises allemandes avec la TVA sociale et qui explique l’explosion des exportations de nos voisins. L’exemple de la baisse de la TVA sur la restauration de 19,6% à 5,5% initiée par Nicolas Sarkozy en 2009 est à cet égard plus qu’instructif. Cette baisse devait aboutir à une chute significative des prix pour les clients ; en réalité elle n’a eu que peu (1,9% de baisse moyenne des prix) ou pas d’effet sur les prix à la carte.     

Si nous partageons avec la Droite l’idée d’une baisse massive des charges, dans un contexte de fixité des taux de changes intra-européens imposée par l’euro, nous divergeons fondamentalement sur le mode de financement de ladite baisse

En effet, nous allons prioritairement faire payer ceux qui profitent de la France :

  • Tout d’abord la Chine et une poignée d’autres pays asiatiques (Viêtnam et Bangladesh en particulier) qui nous asphyxient de leurs excédents commerciaux (plus de 30 Mds EUR par an) qu’ils obtiennent par des formes élaborées de concurrence déloyale. Ce sont 10 Mds EUR de droits de douanes additionnels que nous pouvons obtenir en faisant ce que Donald Trump fait très bien : arrêter le massacre et taxer ceux qui nous pillent ;
  • L’Union Européenne est un fardeau pour la France : notre contribution brute totale à son budget dépasse les 21 Mds EUR et, dans la mesure où nous en recevons environ 13 Mds en retour, cela constitue un net négatif pour nous de 8 Mds EUR. Nous proposons de réduire ce chiffre de 5 Mds avec un argument imparable: l’UE (mis à part la GB qui nous quitte) nous vend 47 Mds EUR de plus que ce qu’elle nous achète.  47 Mds ! Nous sommes depuis des années la vache à lait de l’Europe. Il faut juste dire que nous nous laisserons moins traire !

Il reste 15 milliards à trouver.

· L’immigration représente un coût considérable pour notre pays, coût qui relève d’une sorte d’omerta politique et médiatique. Nous sommes, au Rassemblement National, les seuls à vouloir nous attaquer à ce coût exorbitant pour nos finances publiques. 3 Mds EUR est le chiffre que nous pouvons viser avec la division par 2 de l’AME (500 MEUR), la fin du RSA pour les étrangers non-UE (environ 1,5 milliards), la fin des aides sociales en tout genre en faveur des illégaux (logement d’urgence, subventions aux associations immigrationnistes, etc.) : 1 Md EUR. 

· Nos banques jouent un rôle fondamental dans notre économie mais elles vivent grassement du monopole de la création monétaire que l’Etat lui a abandonné et bénéficient de la garantie implicite d’un Etat qui ne peut laisser tomber aucune d’entre elles en raison du risque systémique que cela pose. Elles doivent faire un effort et s’acquitter de 2 Mds EUR de taxes supplémentaires en échange d’une garantie explicite de l’Etat sur les dépôts et de la suppression de la cotisation (à peu près identique) dont elles doivent s’acquitter au titre de la mise en place du fonds transeuropéen de garantie des dépôts dans l’Union. Ce fonds, sans doute utile pour des pays dont les systèmes bancaires sont bancals, n’est guère indispensable pour notre système bancaire qui jouit d’une grande solidité. C’est à chaque Etat de l’UE de sécuriser l’épargne bancaire de ses citoyens  

Il reste encore à ce stade 10 Mds EUR qui doivent venir à part égales :

· De la rationalisation des « niches fiscales » qui coutent près de 100 Mds EUR par an à nos finances publiques et dont seule une moitié a une véritable légitimité et utilité économique et sociale ;

· Des gains d’une lutte très renforcée contre la fraude fiscale et sociale qui ensemble se situeraient entre 80 et 100 Mds EUR par an mais pour lesquels il faut rester prudents car ce sont par nature des estimations « construites » et non certaines. Un objectif relativement modeste de 5 Mds EUR est réalisable, moyennant plus de contrôleurs et de contrôles.    

Rien de ce qui est présenté ci-dessus ne constitue un défi hasardeux. Il nécessite un bras de fer viril avec Bruxelles et certains de nos partenaires ; mais comme sans la France l’UE et l’euro n’existent plus, il est extrêmement peu probable que nous n’obtenions pas gain de cause.

· Les quelques pays asiatiques que nous devons cibler dans notre contre-offensive douanière nous menaceront de représailles mais cela n’est pas grave car ils nous vendent considérablement plus que ce qu’ils nous achètent et au petit jeu de l’escalade ils seront toujours perdants.

· La France immigrationniste très minoritaire mais très bruyante hurlera au loup face aux coupes que nous demandons; il faudra la laisser s’égosiller. Et si des juges s’opposent aux nouvelles lois démocratiquement votées pour réduire le coût de l’immigration, il faudra changer les juges. Faut-il en effet rappeler que les juges ne sont là que pour appliquer les lois votées par la représentation nationale et non pour faire eux-mêmes les lois ? Les juges ont le droit et le devoir de faire appliquer les lois mais le peuple souverain a le droit d’adopter de nouvelles lois, car en démocratie, ce que le peuple a fait, le peuple peut le défaire.  

Une fois ces 30 Mds EUR récoltés, il conviendra de résoudre une autre grande problématique qui est celle de la répartition de cette manne. Doit-on en faire bénéficier toutes les entreprises et partout ? N’existe-t-il pas de fortes différences de situation entre grandes entreprises mondialisées et ETI ou PME françaises qui sont à la peine? Ne doit-on pas négocier des contreparties réelles en terme de création d’emploi et d’investissement pour accorder de nouvelles baisse de charges à de grandes entreprises? 

Et ne voyons-nous pas des divergences croissantes entre des territoires qui se portent bien, à l’instar d’une grande partie de l’Ile de France, les agglomérations de Lyon, Toulouse et Nantes et une poignée d’autres, et tout le reste de cette France désindustrialisée, paupérisée, « périphérique » ou « ultrapériphérique » comme l’Outre-Mer ?  Nous devons être le mouvement qui remette l’égalité des chances pour les territoires et les entreprises au centre de la stratégie de développement national. Cela suppose sans doute de donner plus à beaucoup et rien de plus à certains autres. C’est l’équivalent sur le plan économique de la « justice sociale ».  Tout cela doit bien sur être discuté avec les acteurs économiques et sociaux.    

III. Desserrer d’urgence le nœud coulant d’une dette publique qui nous étrangle

La deuxième lame du piège de l’euro c’est cette dette abyssale qui pèse en septembre 2018 de 2.300 Mds EUR et dont la charge d’intérêts représente la somme pharaonique de 42 Mds EUR par an, que nous ne pouvons acquitter qu’en empruntant davantage. Nous sommes un peu comme un ménage qui, pour payer les agios de son découvert, augmenterait constamment ce dernier grâce à la complaisance de son banquier.  C’est un cycle infernal qui nous met tous les jours un peu plus dans les mains de nos créanciers et nous expose à un risque de remontée des taux et donc de la charge d’intérêt à acquitter. Pour mémoire, cette charge s’est accrue de 200 Millions d’euros rien qu’entre 2017 et 2018 !

III.1. Un pays peut vivre en étant surendetté mais il est vulnérable à tout coup de vent sur des marchés

S’appuyant sur l’exemple du Japon (dont le ratio dette/PIB dépasse les 200%), certains économistes expliquent que ce niveau de dette n’est pas si dramatique et que l’on arrive à vivre avec. D’une certaine façon, ils n’ont pas tort. On peut rester longtemps sur le fil du rasoir dans un équilibre précaire. Le problème c’est le risque d’un coup de vent. 

La crise de 2008 a provoqué une détérioration de 35 points de dette sur PIB en moins de 5 ans, le faisant passer de 63,5% en 2007 à plus de 90% à partir de 2013. Même s’il est assez peu probable que nous ayons à faire face à un tel cataclysme avant longtemps en raison des nombreuses mesures qui ont été prises pour assainir au moins partiellement la finance mondiale, il existe toujours une multitude de risques qui peuvent provoquer une récession mondiale. Par exemple, si nous sommes capables d’enregistrer un déficit proche de 3% avec une croissance de 1,7%, que ferions-nous face à une récession de 2% ? La réponse est assez simple : une forte dégradation des comptes publics et un nouveau bond de la dette vers les 110, 115 voire 120% du PIB selon la longueur de la crise, niveau qui, compte tenu de la structure de notre dette, serait très vite insoutenable.     

III.2. Le quantitative easing conduit par la BCE a permis d’éviter la faillite des pays européens après la crise financière

Pour régler cette question, il faut descendre à un niveau quelque peu technique car la matière monétaire est complexe. La Banque Centrale Européenne a entamé en janvier 2014 un programme dit de quantitative easing (QE) ou assouplissement quantitatif, qui consiste à racheter chaque mois un montant fixe de dettes publiques des États membres de l’UE par les banques centrales de nos pays et en fonction d’une clé de répartition qui tient compte du poids de chaque pays ans le capital de ladite BCE. La Banque de France qui détient pour le compte de l’État environ 20% du capital de la BCE détenu par les pays membres de l’euro zone doit racheter à peu près la même proportion des 60 Mds EUR du programme mensuel du QE. Cette initiative prise tardivement par rapport aux USA, au Royaume-Uni et au Japon a indiscutablement apporté un ballon d’oxygène à la zone euro. 

Les rachats massifs opérés sur le marché de la dette publique ont créé un phénomène de rareté pour ces dettes, très appréciées par de très nombreux investisseurs institutionnels qui doivent en acquérir constamment pour placer de façon sûre les fonds que leur confient les épargnants. Confrontés à cette pénurie, les investisseurs entrent en compétition et c’est celui qui accepte le taux d’intérêt le plus bas qui gagne. C’est ce que l’on appelle le système des enchères inversées.

Il s’en est suivi 4 effets positifs :

  • La baisse de l’euro face au dollars car en rachetant à coups de milliards ces dettes, les banques centrales créent de l’argent supplémentaire qui perd forcément un peu de sa valeur ;
  • La baisse des taux d’intérêts pour les États ;
  • La baisse des taux d’intérêts pour tous les acteurs privés car face à la chute du rendement des obligations d’État, les investisseurs se sont rués pour prêter aux entreprises et aux particuliers. Cela a également fait baisser fortement les taux d’emprunt pour ces derniers ;
  • La baisse du pouvoir des marchés financiers sur les États puisqu’ils détiennent une part décroissante de cette dette. 
  • Mais l’effet le moins connu mais fortement positif c’est l’augmentation des profits de la banque centrale et son impact sur les finances publiques. En effet, quand elle rachète de la dette publique ou privée sur le marché, la banque centrale n’emprunte pas cet argent ; elle le crée purement et simplement. En revanche, les titres qu’elle achète lui rapportent des intérêts qui viennent gonfler ses profits. Que fait–elle de ses profits ? Elle les reverse à l’État tous les ans sous forme d’impôts sur les sociétés et de dividendes, puisque la banque centrale appartient à l’État. Un « cycle magique » assez génial non ? En 2017, ce reversement a atteint les 5 Mds EUR. 

Mais il y a toute de même de grands perdants dans cette affaire :

· Ce sont d’abord les épargnants qui voient la rémunération de leur argent placé en dépôts bancaires ou en assurance-vie s’effondrer et passer sous le niveau de l’inflation ;

· Ce sont ensuite les consommateurs car ne nous faisons pas d’illusion ces masses d’argent injectées dans l’économie finissent par augmenter les prix qu’il s’agisse des logements, des services et des produits que l’on achète.          

Regardons ensemble le bilan de cette politique à la lueur des chiffres de la BCE ci dessous et qui sont en Anglais.

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A la fin septembre 2018, la Banque de France détenait environ 415 Mds des 2,300 Mds EUR de dette publique française soit environ 18%. Toutefois, la manière dont cette politique a été menée est imparfaite et nécessite une refonte. L’Allemagne étant le plus gros actionnaire de la BCE, la clé de répartition lui est plus favorable et c’est donc elle qui a le plus fortement bénéficié de ces rachats: 509 Mds sur une dette de 2.000 Mds (moins que nous) soit 25%. C’est ainsi le pays qui avait le moins besoin de ces rachats de dette pour baisser ses taux et stimuler son économie qui en a le plus profité !

L’Italie écrasée de ses 2.400 Mds EUR de dettes (plus que nous) n’a bénéficié que de 360 Mds EUR de rachats de sa dette soit 15,5%. 

Il en résulte un phénomène assez simple : l’Allemagne a vu le taux de ses obligations à 10 ans tomber à 0,37%, celui de la France à 0,7% mais celui de l’Italie a oscillé entre 1.8% et 2% avant d’exploser récemment ! En admettant que nous passions à un système de répartition de ces rachats qui nous ferait payer le même prix que l’Allemagne, cela nous ferait une économie de 7,3 Mds EUR par an (2,300 milliards x 0,33 %) !

Il faut donc qu’au niveau européen nous imposions une plus grande autonomie de nos politiques monétaires au niveau national, tout en restant dans le cadre d’une coopération étroite car on ne peut pas partager la même monnaie et faire chacun ce que l’on veut dans son coin. 

III.3. Poursuivre un quantitative easingeuropéen asymétrique, en fonction du niveau de dette des pays

Afin d’améliorer la convergence au sein de la zone euro, il faut passer à l’étape du quantitative easing asymétrique, qui consiste à poursuivre les rachats de dette pour les quelques pays ayant une dette élevée (Italie, France, Espagne, Portugal, etc.) et les arrêter quand la dette publique revient à un niveau soutenable à définir. Parallèlement, il faut que la BCE revende progressivement sur le marché les stocks de dettes accumulées par les banques centrales des pays qui sont en excellente forme économique comme l’Allemagne. En équilibrant ces rachats et ces reventes, on arriverait à éviter l’effet inflationniste d’une poursuite d’un quantitative easing indifférencié qui a déjà injecté énormément de liquidités dans le système financier (plus de 2.500 Mds EUR ont déjà été achetés sur le marché par la BCE et les Banques Centrales Nationales depuis début 2014). 

L’autre moyen de dégonfler la bulle financière créée par la BCE repose sur la fin d’un aspect assez contestable de ce QE. On pourrait penser que les rachats de dettes par les banques centrales se limitent aux dettes publiques, or il n’en est rien.  Sur les 2.530 Mds EUR de dettes rachetées, près de 460 Mds relèvent du secteur privé, c’est-à-dire des dettes émises par des entités privées. Bien entendu, les grandes entreprises ou grandes banques qui se voient racheter leurs dettes contre de l’argent public frais en profitent pour faire baisser leur taux d’intérêts. L’argument utilisé par les promoteurs de ce type de mesures étant qu’en faisant baisser les taux pour les grandes entreprises on les fait baisser en cascade pour les moyennes et les petites. Une autre théorie du « ruissellement ».

Le risque sous-jacent de surchauffe inflationniste liée à ces montagnes de liquidités injectée par les banques centrales a motivé la décision de la BCE de ne pas poursuivre ces rachats nets au-delà de fin 2018. Il y aura par contre ce que l’on appelle le « réinvestissement » c’est à dire que lorsque des dettes arrivent à leur échéance et doivent être remboursées par les États, elles sont réémises sur le marché par ces derniers puis rachetées par les banques centrales. Ce mécanisme aboutira au maintien du montant du stock de dettes détenues par les banques centrales. Toutefois ceci n’est pas satisfaisant pour un pays comme la France, dont la dette va continuer à progresser en raison des faiblesses structurelles de son économie, incapable de dégager des excédents primaires qui seuls permettraient de mettre fin à l’effet boule de neige de notre endettement public. 

Avec la fin du QE, les taux français vont inexorablement augmenter et compliquer notre équation budgétaire puisque les sommes consacrées au paiement des intérêts vont croitre et nécessiter des sacrifices ailleurs. Nous devons donc poursuivre ces rachats pendant une certaine période et parallèlement mettre en œuvre une stratégie de réindustrialisation massive de notre pays dopée par la baisse des charges que j’ai évoqué plus haut et via le protectionnisme intelligent et le patriotisme économique, seuls à même de stimuler la croissance. En provoquant l’afflux de nouvelles recettes, cette croissance permettrait alors de ramener nos déficits à 0 et de stabiliser la dette en valeur absolue. Une dette qui s’arrête d’augmenter et un PIB qui lui augmente conduisent à une baisse du ratio dette publique/PIB. 

III.4. Augmenter la proportion de la dette nationale que peuvent détenir les banques centrales nationales

Mais pour initier un tel processus de ralentissement de l’endettement public, encore faut-il que les pays de l’euro zone puissent augmenter la proportion de la dette nationale que peut détenir leur banque centrale jusqu’à un maximum de 25% du PIB. Dans le cas de la France, cela permettrait à la Banque de France de porter son encours à 585 Mds EUR soit près de 185 Mds de plus qu’à l’heure actuelle et une baisse de notre service de la dette de près de 3 Mds d’euros grâce au « cycle magique » que j’ai évoqué plus haut ; l’Italie de son côté pourrait atteindre 420 Mds soit 65 Mds de plus qu’aujourd’hui, etc. 

En rachetant davantage de notre dette publique la Banque de France captera davantage des intérêts que l’Etat paie sur cette dette et la BdF les reversa à ce dernier par le mécanisme que j’ai expliqué plus haut.  

Nous devons également revoir les plafonds des ratios dettes publiques sur PIB prévu par les textes européens. 60% était un ratio établi sur un coin de table par un petit groupe de technocrates bruxellois et ne correspondait à rien. La crise nous a montrés que nous pouvions aller bien au-delà sans affoler les marchés et en nous permettant de continuer à financer ou refinancer notre dette. Dès lors, un plafond de 80% parait bien plus raisonnable. Pour les pays qui sont au-delà de ce seuil fatidique, il conviendrait de donner un horizon de temps réaliste et variable selon la situation des pays mais absolument définitif. Par exemple : 10 ans pour la France et l’Espagne, 15 ans pour l’Italie et le Portugal, 20 ans pour la Grèce.

Il reste un problème technique qui est celui du sort de la dette publique accumulée dans les livres de la banque centrale. Qu’en fait-on quand les différentes obligations qui la constituent arrivent à échéance ? C’est assez simple là aussi : l’État rembourse l’obligation, la réémet sur le marché pour respecter l’orthodoxie sourcilleuse de la BCE qui ne veut pas que les banques centrales financent directement les États et la banque centrale nationale la rachète. La bouclée est bouclée.

Au final les problèmes économiques de notre pays ne sont pas insolubles, le chômage et les déficits ne sont pas une fatalité, ils résultent d’une incapacité de nos élites à réviser leur logiciels, à abattre quelques idoles, à remettre à plat des dogmes comme le libre-échange absolu, la nocivité du protectionnisme même ciblé, le roucoulement du couple franco-allemand au détriment du partenaire le plus faible, etc.    

Nos idées progressent et le jour viendra où une majorité s’y convertira.

Un Canard sans Tête ne devrait pas barboter dans l’économie.

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L’Allemagne n’a jamais payé ses dettes de guerre, il est temps que maintenant qu’elle est riche, de nous rendre la pareille, trop facile que tout cela ne se fasse que dans un sens…L’Allemagne doit maintenant rembourser, nous avons assez payé nous et nos ancêtres pour le mal qu’elle nous a fait, sans jamais révéler ce qu’elle nous devait…

Élections européennes : pourquoi ne pas dire la vérité ?

Les élections européennes (26 mai en France) ne s’annoncent pas franchement passionnantes, et ce, bien que ce soit enfin l’occasion, pour les Français, de sanctionner le Président Macron depuis son élection. Ce dernier, en prévision d’une faible participation, réfléchit à l’idée d’organiser un référendum dans la même période. En attendant, les têtes de liste sont annoncées les unes après les autres (Bellamy pour LR, Aubry pour LFI, Bardella pour le RN, etc.).

Pourtant, l’actuel président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait affirmé – avec la sobriété qu’on lui connaît – qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique face aux traités européens » (dans un entretien accordé au Figaro, en janvier 2015). De fait, élire un maximum de députés souverainistes dans un camembert déjà restreint au Parlement européen (79 sièges pour la France, contre 96 pour l’Allemagne) n’a aucun sens si ce n’est de permettre aux partis politiques d’avoir des élus avec des collaborateurs. Car la politique, c’est d’abord du business.

La liste que certains gilets jaunes veulent porter jusqu’à Strasbourg suinte la combine électorale pour faire baisser le score des rivaux du chef de l’État. Leur tête de liste, Ingrid Levavasseur, ressemble beaucoup à Édouard Martin, un syndicaliste de la CFDT qui faisait le spectacle devant les caméras de télévision dans un bras de fer avec ArcelorMittal durant l’élection présidentielle de 2012. Une fois élu, François Hollande avait su récompenser l’opportuniste en le mettant sur la liste PS pour les européennes de 2014. Rien d’étonnant, alors, que l’aide-soignante ait troqué des convictions pour un plat de lentilles.

Quant à la droite du PACS (Roselyne Bachelot), du « pain au chocolat » (Jean-François Copé) et de « la ration de frites supplémentaire » (Nicolas Sarkozy), celle-ci ne peut pas tenir un discours cohérent face à une politique économico-sociale qu’elle prône depuis la victoire du « oui » au référendum sur le traité de Maastricht (le 20 septembre 1992). Car les thèmes nationaux font gagner tant que les intérêts libéraux font siéger. Dans un territoire sans frontières, le politique compense son manque de souveraineté en se mêlant de ce qui se passe dans la chambre à coucher (loi sur le mariage homosexuel ou celle pénalisant les clients de prostituées) et en limitant les déplacements en voiture dans les zones périurbaines et rurales (80 km/h). Et la grande braderie se déploie sans détour : vente à la sauvette des industries, des routes, des terres, des patrimoines, des murs et des aéroports.

Tel un directeur des ressources humaines qui divise ses salariés pour mieux régner, Macron promeut une opposition morcelée en micro-partis. Le mouvement de l’ancien socialiste Benoît Hamon, Génération.s, prônant l’inclusion tant au niveau culturel que sociétal ne propose rien de très différent par rapport au macronisme. Il n’est pas surprenant de voir ce parti surreprésenté sur les plateaux télé alors que ce dernier n’a jamais subi l’épreuve du suffrage universel. Les « machins » ne s’arrêteront pas là. Fort à parier que les députés « des Français de l’étranger » prendront plus de places au nom de la désertification des territoires. Dans tous les cas, nos élus continueront de penser international

L’UE verse 10 fois plus d’aide humanitaire pour 4,8 millions de Palestiniens que pour 680 millions de personnes vivant dans 32 autres pays

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L’Union Européenne a consacré 36 millions d’euros pour aider 4,8 millions de Palestiniens, alors qu’elle n’a consacré que 490 millions d’euros pour 680 millions de personnes dans 32 autres pays beaucoup plus pauvres, soit 10 fois plus. 7,5 euros par Palestinien et 0,72 euros pour tous les autres….

Pourtant selon la Banque mondiale, il y a 732 millions de personnes qui vivent dans des pays à faible revenu. Les 4,8 millions de Palestiniens, en revanche, sont classés dans la «classe moyenne inférieure»

L’Unité européenne des opérations de protection civile et d’aide humanitaire (ECPHAO), l’organe humanitaire de la Commission européenne de l’Union européenne, est l’une des plus importantes sources de financement de l’aide au monde. Selon l’organisation, un milliard d’euros en moyenne ont été décaissés depuis 1992 dans 110 pays du monde, avec plus de 110 millions de bénéficiaires chaque année.

L’organisation énonce son mandat dans un langage clair et sans équivoque:

La neutralité signifie que l’aide humanitaire ne doit favoriser aucune des parties à un conflit armé ou à un autre conflit. L’impartialité signifie que l’aide humanitaire doit être fournie uniquement sur la base des besoins, sans discrimination. L’indépendance signifie l’autonomie des objectifs humanitaires par rapport aux objectifs politiques, économiques, militaires ou autres.

Lorsque l’ECPHAO fournit de l’aide, il transgresse ces trois principes.

Commençons par le principe d’impartialité: fournir une aide uniquement sur la base des besoins. Un  graphique  illustrant le budget 2019 de l’organisation montre que le Moyen-Orient est le principal bénéficiaire de l’aide humanitaire de l’Union européenne: près d’un milliard, soit un peu plus de 1,4 milliard d’euros (174 millions d’euros sont réservés aux coûts des réserves et à la bureaucratie).

La majeure partie des fonds sert à couvrir les coûts de l’assistance aux réfugiés syriens, suivis de fonds plus modestes en Iraq, au Yémen, en Palestine et en Afrique du Nord.

L’Afrique subsaharienne, en revanche, reçoit moins du tiers de ce montant.

Le problème avec de telles allocations est que la grande majorité des personnes vivant dans une pauvreté extrême réside en Afrique subsaharienne, en Inde et au Bangladesh, selon une  carte dressée par un groupe d’économistes concernés  basé à l’Université d’Oxford.

Ces pays ont le pourcentage le plus élevé de populations avec une consommation de ménage inférieure à 2 dollars par jour. Le Yémen est le seul pays au Moyen-Orient. Selon la carte et le principe d’impartialité, l’essentiel de l’aide de l’UE devrait être destiné à ces pays, qui ne reçoivent cependant qu’un faible pourcentage.

Pour avoir une idée précise de la réalité de «l’impartialité» d’ECPHAO, il suffit de comparer le montant reçu par les Palestiniens par rapport au montant reçu par les 20% les plus pauvres de la planète.

Selon la Banque mondiale, 732 millions de personnes vivent dans des pays à faible revenu. Les 4,8 millions de Palestiniens, en revanche, sont classés dans la «classe moyenne inférieure», c’est-à-dire dans le quintile au-dessus d’eux.

Pourtant, ces 4,8 millions de Palestiniens recevront 36 millions d’euros, tandis que 490 millions seront versés en faveur de 680 millions de personnes vivant dans 32 autres pays (à l’exclusion de la Syrie et du Yémen, qui sont financés séparément).

Les Palestiniens, qui sont en moyenne plus riches que ceux vivant dans les États les plus pauvres du monde, recevront ainsi plus de six euros par habitant, tandis que les populations des États les plus pauvres recevront environ 0,70 euro par habitant, soit moins d’un huitième de ce montant. .

Ignorer les véritables catastrophes humanitaires

Personne n’a expliqué pourquoi l’Éthiopie, dont le PIB par habitant était le tiers de celui de Gaza et le cinquième de celui de la Cisjordanie, devrait recevoir un huitième du montant de l’aide dont bénéficient les Palestiniens par habitant.

Cela est d’autant plus remarqe que l’ECPHAO a lui-même pris acte de la situation critique de l’Éthiopie, notamment du problème de grande ampleur que rencontrent les réfugiés en situation d’urgence et qui découle de la crise somalienne vieille de 37 ans.

La discrimination en faveur des Palestiniens s’étend même au Yémen, où un véritable désastre humanitaire existe. Selon l’UE, 79 millions d’euros ont été dépensés en moyenne chaque année depuis le début de la crise yéménite, contre 36 millions pour les Palestiniens. C’est un peu plus du double.

Il y a pourtant 4,8 millions de Palestiniens, alors que la population du Yémen est estimée à plus de 28 millions (dont 22,5 millions sont dans une situation désespérée, selon la Commission). Les Yéménites reçoivent donc moins de la moitié de ce que reçoivent les Palestiniens déjà plus riches.

La prétention de l’UE à la neutralité politique est encore moins défendable. Son favoritisme vis-à-vis des Palestiniens sur ce point est visible dès que l’on entre dans les termes de la fonction de recherche générale sur le site internet de la Commission.

Entrez “Palestine” et vous obtenez 20 737 résultats. Entrez «Éthiopie» et vous obtenez à peu près le même chiffre, malgré des différences énormes dans a) la taille de la population (100 millions contre moins de 5 millions), b) l’étendue géographique (l’Éthiopie fait cinquante fois la taille de la «Palestine») et c) degré de souffrance pure.

La crise syrienne, qui aurait entraîné la perte d’un demi-million de vies (bien que ce chiffre soit probablement exagéré), ne mérite pas plus de résultats que la Palestine – un peu plus de 27 000.

Le contenu du matériel disponible sur les Palestiniens est encore plus accablant. Les simples titres des rapports sont suffisants pour révéler leur parti pris évident. Considérez ces exemples: «Palestine: et si votre école était démolie demain?»  Accès refusé: un nouveau-né séparé de sa mère à Gaza et « Gaza: la vie parmi les ruines ».

Violation claire de la loi

L’un des foyers de ces informations est le sort tragique de 35 000 Bédouins auxquels l’UE assiste, souvent en violation flagrante de la loi, dans la zone C, la partie de la Cisjordanie sous contrôle exclusif d’Israël. Les centaines de milliers de Bédouins du Sinaï, cependant, même les autorités égyptiennes le reconnaissent, ne sont pas mentionnés, même si l’Égypte bénéficie de l’aide de l’UE. Il existe plus de 30 reportages sur la Palestine, contre deux en Égypte.

Le troisième critère – l’indépendance des considérations économiques, militaires et politiques – est contrecarré par le fait que les réfugiés syriens reçoivent au moins 10 fois plus que l’aide reçue par les Yéménites. Les réfugiés syriens en Syrie et dans les régions environnantes recevront 860 milliards d’euros en 2019.

Le Yémen, qui ne manque pas de réfugiés internes, devra partager 88 millions de personnes avec les Palestiniens et les Iraquiens. Pourtant, une lecture de leur situation relative, telle que décrite dans les fiches d’information de la Commission, suggère qu’au moins, un traitement égal est nécessaire pour faire face aux défis de la tragédie yéménite. Contrairement aux réfugiés yéménites, de nombreux réfugiés syriens ont trouvé refuge dans les États relativement développés que sont la Turquie, le Liban et la Jordanie.

Il est clair que l’approche de la Commission en matière d’allocation d’aide n’a rien à voir avec l’impartialité, les véritables besoins en matière de protection sociale ou les considérations humanitaires.

Cela a à voir avec des considérations politiques et économiques.

Pour parler franchement, l’UE est favorable aux allocations accordées aux réfugiés syriens par rapport aux réfugiés yéménites en raison de la probabilité plus élevée que les réfugiés syriens se frayent un chemin vers l’Europe.

Ironiquement, le plus grand danger que représentent les réfugiés syriens pour l’Europe provient en partie du fait que beaucoup de Syriens disposent des ressources économiques nécessaires pour tenter de rejoindre l’Europe, contrairement aux Yéménites frappés par la pauvreté. La route terrestre est également plus facile et moins chère. En effet, plus d’un million de réfugiés syriens se sont rendus en Europe depuis le début de la crise syrienne, raison pour laquelle l’Union européenne tient tant à enrayer le flux.

Les destinataires des largesses européennes qui suivent, en termes relatifs, sont les Palestiniens. L’immigration palestinienne endémique est certes une petite partie de l’explication, mais elle peut être attribuée principalement à l’hostilité de l’UE envers Israël, à ses revendications historiques légitimes et à ses besoins en matière de sécurité.

L’UE n’est ni impartiale ni neutre et ne parvient pas à maintenir ses décisions d’aide indépendantes des considérations économiques, politiques et militaires.

Hillel Frisch, Centre BESA

Le professeur Hillel Frisch est professeur d’études politiques et du Moyen-Orient à l’Université Bar-Ilan et associé de recherche principal au Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.

ET SI LA FRANCE SORTAIT DE L’EURO ?

pastedGraphic_4.pngLa tentation isolationniste augmente et les programmes des partis extrêmes mettent à leur affiche le retour à la monnaie nationale. Quelles en seraient les conséquences ?

La Zone euro ne fonctionne pas de manière optimale, c’est prouvé depuis la crise financière de 2007-2008.

La cohabitation est en effet difficile au sein de l’Union monétaire entre le modèle de spécialisation économique industrielle des pays d’Europe du nord et celui d’Europe du sud (France comprise) fondé sur les services souvent non exportables. Tandis que les pays du nord ne font qu’accroître leurs excédents extérieurs, les pays du sud creusent leurs déficits (et peinent alors à les refinancer). Ce n’était pas un problème jusqu’en 2008 puisque les pays du nord réinvestissaient une partie de leurs excédents dans les obligations d’Etat des pays du sud ; la Zone euro fonctionnait alors correctement au moins du point de vue de la mobilité du capital.

Ce n’est plus le cas depuis 2009. Pour résoudre le problème, il faudrait :

– Soit passer à une union fiscale et budgétaire de type fédéral qui permettrait d’institutionnaliser les transferts du nord vers le sud. Cette solution reste difficilement acceptable pour les Allemands qui n’ont aucune envie de subventionner le sud.

– Soit homogénéiser les économies en les alignant sur ce que l’on considère être le modèle, l’Allemagne. L’efficacité de cette solution suppose que la Zone euro puisse prendre des parts de marché au reste du monde ; en effet si toutes les économies de la Zone euro avaient ressemblé à celle de l’Allemagne — avec une forte profitabilité des entreprises et une forte compétitivité/coût — alors chaque pays de la Zone aurait été en mesure de prendre des parts de marché à l’autre, créant une sorte d’équilibre concurrentiel. Certains programmes politiques prônent la sortie de l’euro et le retour aux monnaies nationales.

Quels en sont les avantages ??

Prenons le cas de la France. Notre dette publique négociable est détenue à hauteur de 70% par des investisseurs étrangers (autour de 1 200 milliards d’euros). Aussi vouloir sortir de la Zone euro provoquerait sans doute une baisse de 20% à 30% de notre nouveau franc vis-à-vis de l’euro, ce qui reviendrait à faire défaut sur la dette détenue par les investisseurs non-résidents.

Selon les partisans d’un retour au franc, il serait possible de revenir 42 ans en arrière (comme si la carte économique et financière du monde n’avait pas changé en quatre décennies). Rappelons en effet qu’avant 1973, le Trésor public avait l’habitude de se financer auprès de la Banque de France, qui émettait de la monnaie en fonction des besoins de l’Etat. La dette publique était alors automatiquement détruite et transformée en masse monétaire en circulation. Depuis 1973, tout a changé avec l’article 25 de la Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la réforme des statuts de la Banque de France : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ».

Cet article de loi a ensuite été entériné par l’article 104 du traité de Maastricht et l’article 123 du traité de Lisbonne. Il est tout à fait démagogique et inconscient de proposer explicitement ou implicitement d’effacer la dette publique française en revenant à cet avant 1973. Dans ce sens, une sortie de l’euro serait aussi une sortie de l’Union européenne. Si la dette était exclusivement détenue par des épargnants français, on pourrait imaginer que la création de monnaie se fasse en créditant le compte du Trésor public (et non celui des banques), lequel utiliserait cette ressource pour se désendetter ou pour financer son déficit budgétaire. Mais la réalité est tout autre.

Des schémas différents

Certes le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon battent monnaie et disposent de leur entière souveraineté monétaire. Mais ces pays financent leurs déficits différemment. Au Japon, la dette est intégralement détenue par les Japonais. Donc pas de fuite de capitaux envisageable ; le problème du Japon sera de gérer à terme son vieillissement démographique et de faire sans doute appel à de l’épargne non-résidente. A ce moment, les taux monteront.

Au Royaume-Uni, la dette nationale est essentiellement détenue par des banques et des assureurs britanniques. Aux Etats-Unis, le statut de monnaie de réserve du dollar ne pose pour l’instant pas de problème pour le financement du déficit courant et du déficit budgétaire.

Pour la France le choix est différent : on sort de l’euro et on fait défaut sur la dette détenue par les non-résidents ; on reste dans l’euro — auquel cas on gère le financement de la dette publique de manière intelligente (aidé d’une part par la réglementation qui pousse les banques et assureurs à investir en obligations d’Etat et d’autre part par les programmes de rachat d’actifs de la BCE).

Les quatre conséquences néfastes d’un retour au franc?

Nous pouvons recenser simplement les conséquences suivantes d’un retour au franc : perte de pouvoir d’achat, déficits, taxation et destruction de votre épargne, super austérité !

Conséquence 1 : de l’inflation par la hausse des prix des produits importés

?Cette inflation importée serait mauvaise pour tout le monde. Mauvaise pour les ménages car il n’y a pas dans l’économie française de produits ou services substituables aux importations et la hausse des prix importés ne s’accompagnera pas d’indexation des salaires sur les prix (sauf à ruiner nos exportations). Ce sera donc un prélèvement sur notre pouvoir d’achat. Mauvaise inflation également pour les entreprises… car la baisse de la monnaie renchérira le coût des matières premières importées libellées en dollar et pèsera sur leurs marges. Mauvaise enfin pour l’Etat car l’inflation importée ne réduit pas la dette. C’est l’inflation domestique qui permet de réduire les taux d’intérêt réels. L’inflation importée conduit à une hausse des prix de consommation mais sans hausse de la valeur ajoutée domestique et elle ne remplit donc pas les caisses de l’Etat avec de la TVA.

Conséquence 2 : un retour au franc signifierait une aggravation des déficits extérieurs?

En effet, la baisse de la nouvelle monnaie nationale aurait les inconvénients de la dévaluation — à savoir une hausse de la valeur des importations — sans en présenter les avantages, c’est-à-dire une hausse des exportations. La dévaluation (le retour au franc en serait une) n’est bonne que pour les pays qui produisent des matières premières qui se vendent en dollar ou des marchandises à faible valeur ajoutée. On a vu ces dernières années l’illustration de ce phénomène avec l’Allemagne : la hausse de l’euro n’a pas empêché l’Allemagne de maintenir ses exportations dans des secteurs haut de gamme peu sensibles au change ; par contre, la baisse de l’euro ne permet pas de relancer les exportations de produits français.

Ces déficits seraient difficilement finançables par de l’épargne non-résidente. On imagine mal des rentrées de capitaux dans un pays sorti de la Zone euro et qui aura fait défaut sur une partie importante de sa dette publique.

Conséquence 3 : face à l’impossibilité de financer désormais la dette publique par l’épargne non-résidente, le gouvernement devra solliciter de manière institutionnelle la nouvelle Banque de France (cf. le retour au système d’avant 1973)?

Mais il sollicitera également les épargnants et contribuables français dans des conditions insupportables.

– Risques de nationalisation de l’épargne privée. Les contrats d’assurance-vie contiennent des obligations émises par l’Etat français. Ces obligations pourraient être remplacées par des nouveaux titres d’Etat dont la rémunération serait de plus en plus aléatoire (remboursement en intérêts et en capital subordonnés à la croissance et aux performances budgétaires de l’économie française).

– Risques de fiscalité de plus en plus confiscatoire. La tentation sera forte de créer un fonds visant à racheter et éliminer une large portion de la dette existante pour la ramener à des ratios dette publique/PIB plus soutenables. Ce type de fonds sera sans doute alimenté par la création d’impôts lourds sur le patrimoine et par une forte hausse de la fiscalité indirecte.

Conséquence 4 : des taux d’intérêts en forte hausse?

Pour empêcher une chute encore plus importante de la nouvelle monnaie nationale et des sorties de capitaux supplémentaires, il faudra remonter les taux courts. Les plus anciens se souviendront des crises monétaires des années 1992-1993 : à l’époque, pour « défendre » la parité deutschemark/franc, la Banque de France augmentait violemment ses taux directeurs afin de dissuader (sans efficacité aucune) les spéculateurs d’emprunter des francs pour les vendre sur le marché des changes et accélérer la chute de la monnaie nationale. Les tensions n’épargneraient pas les taux longs compte tenu de la disparition d’une partie importante d’acheteurs d’obligations d’Etat françaises (BCE, banques centrales étrangères, investisseurs institutionnels étrangers…)

Voilà concrètement quelques sombres conséquences d’un retour à la monnaie nationale : inflation et perte de pouvoir d’achat, explosion du déficit extérieur et du déficit budgétaire, impossibilité de financer ces déficits par l’épargne non résidente (fortes sorties de capitaux), nationalisation de l’épargne privée, fiscalité directe et indirecte de plus en plus insupportables, forte hausse des taux courts (crises monétaires et de change), forte hausse des taux longs aggravant la solvabilité de l’émetteur France.

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Il faut détruire les mensonges quotidiens proférés par les adorateurs du dieu Euro.

La ruine de la France suite à une sortie de l’euro, c’est de la pure fiction.

C’est une campagne de désinformation sans précédent que nous subissons dans toute la presse, de Libération au Figaro, tous soumis à la dictature des ayatollahs de Bruxelles, de Berlin et de la BCE. Cela devient insupportable.

Patriotes, on vous ment du matin au soir, à longueur de pages dans une presse aux ordres et subventionnée. L’euro est bien la pire des calamités pour la France.

Marine dit vrai. L’euro détruit l’économie française. Mais les élites européistes refusent de reconnaître qu’elles se sont trompées. Leur obstination et leur orgueil nous conduiront au désastre. Elles défendent l’indéfendable par pure idéologie.

Ceux qui nous rabâchent que l’immigration est utile… Résultat, la France a perdu 1 million d’emplois industriels en 10 ans, sa dette atteint 120% du PIB, nous avons 6,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues et 9 millions de pauvres. L’intégration a totalement échoué puisque 30% des musulmans lorgnent vers la charia et nous vivons sous la menace permanente du terrorisme islamiste. Ça, c’est la vérité ! Incontestable.

Et nous empruntons à tour de bras pour conserver artificiellement notre niveau de vie. Nous vivons à crédit sur le dos de nos enfants qui devront rembourser.

Voilà où nous ont menés les politiques de l’UMPS et les délires du politiquement correct. Tous leurs arguments sont faux, alors ils usent de leur arme favorite : faire peur aux Français modestes, peu au fait des subtilités monétaires.

Le RN a eu raison sur l’immigration et l’islam, il a aussi raison sur l’euro et l’UE.

Voici quelques déclarations de prix Nobel d’économie renommés et de professeurs d’Université.

175 économistes estiment qu’une dissolution de l’euro est la meilleure solution pour une sortie de crise de l’Europe.

“La fin de l’euro n’est qu’une question de temps. Ce ne sera pas la fin du monde” (Joseph Stiglitz).

“Si je devais conseiller la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, je leur dirais de préparer des plans d’urgence pour quitter l’euro” (Christopher Sims).

“L’Europe se porterait sans doute mieux si l’euro s’écroulait aujourd’hui plutôt que demain” (Paul Krugman).

“Que la France, très sourcilleuse de sa souveraineté, accepte de façon permanente de sacrifier son autonomie monétaire, me parait peu crédible” (Milton Friedman).

“L’euro devrait être démonté de manière ordonnée” (Christopher Pissarides).

“Les pays les plus faibles peuvent sortir de l’euro.” (Thomas Sargent).

“L’Espagne a besoin de quitter l’euro” (James Mirlees).

“Le mieux pour la zone euro, serait que son éclatement soit le plus possible anticipé et préparé” (Dani Rodrik).

“Retarder l’inévitable rendrait la disparition de l’euro encore plus destructrice” (Nouriel Roubini).

“L’euro a échoué… il serait préférable pour l’UE de réfléchir à la meilleure façon de revenir aux systèmes de monnaies individuelles” (Robert Barro).

Voilà ce que pensent la plupart des économistes. Tout le monde sait que l’euro a échoué et nous mène au désastre. Une fois de plus Marine a raison.

Soit on en sort en menant une concertation avec nos partenaires, soit la zone euro éclatera d’elle même par la faillite de la Grèce ou d’un pays du sud.

Jacques Sapir, auquel Marine fait souvent référence, a parfaitement expliqué les bienfait du retour au franc. Sa démonstration prouve que toutes les prophéties de cataclysme économique, ne sont que des délires de gourous européistes.

Il n’y aura aucun défaut de paiement de la France. La dette sera remboursée en francs, ce qui est la règle internationale. Prétendre le contraire est un mensonge.

Idem pour les dettes privées des multinationales. Dettes et profits vont s’équilibrer.

Tous les calculs faits par Jacques Sapir et ses collègues, démontrent que les bienfaits du retour au franc seront nombreux.

Croissance, emploi, comptes publics, seront les grands gagnants.

Il insiste sur l’intérêt d’une sortie anticipée et concertée, sans attendre un éclatement de la zone euro suite à des crises successives comme en Grèce.

Associée à une politique d’investissements, la sortie de l’euro produirait des effets impressionnants.

2 millions d’emplois créés en catégorie A à court terme.

3,5 millions d’emplois en 5 ans.

Retour à l’équilibre des régimes de retraite et de santé.

On comprend pourquoi Marine ne veut pas de politique de rigueur et souhaite la retraite à 60 ans.

Le plein emploi à lui seul résorbe les déficits et rééquilibre les comptes sociaux sans recourir à l’emprunt comme c’est le cas aujourd’hui.

Mais au delà des bienfaits économiques, c’est le retour à notre souveraineté nationale qui serait largement bénéfique.

Le peuple français doit recouvrer sa souveraineté monétaire, budgétaire, territoriale, judiciaire, diplomatique, sans se plier aux diktats de Bruxelles ou de Berlin.

Actuellement, tout se décide dans le dos de la France, entre Angela Merkel et Bruxelles, qui se soumet systématiquement aux décisions de Berlin. Elle décide, elle exige et elle ordonne. Et quand elle parle, toute l’Europe rase les murs.

La chancelière ne consulte même plus ses partenaires pour ouvrir l’Europe à toute la misère du monde ou pour négocier avec la Turquie. L’Europe c’est l’Allemagne, l’Europe c’est Merkel !

Elle traitait d’égal à égal avec Obama, c’est tout dire.

Par conséquent, seule Marine est imprégnée de la grandeur de la France et pourra nous débarrasser de la mère fouettarde de l’Europe.

Jacques Guillemain

« Combien vaudrait le nouveau franc en cas de sortie de l’euro ?? » L’édito de Charles SANNAT

par Charles Sannat pastedGraphic_6.png

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Bon. Voilà une question que vous êtes très nombreux à me poser. De plus en plus nombreux à me poser même. Et plus nous allons avancer vers les élections, plus cette question sera vraisemblablement prégnante.

Combien, donc, un éventuel nouveau franc vaudrait-il ?

Aurions-nous à faire à un cataclysme financier ?

La France s’effondrerait-elle ?

Entrerions-nous dans un indescriptible chaos monétaire ?

Essayons, à défaut d’avoir raison et de certitudes, de réfléchir un peu à tout cela ensemble.

Premièrement… la valeur du nouveau franc par rapport à quoi ?

Oui, par rapport au dollar ? Au franc suisse ? Ou par rapport à l’euro ? Par rapport à l’euro me diriez-vous, car notre dette est libellée en euros.

Comme je l’ai déjà expliqué, 97 % de notre dette est soumise au principe de la « Lex Monetae ». En clair, nous remboursons notre dette dans notre monnaie. Aujourd’hui, l’euro ; demain, le nouveau franc.

Revenons à nos moutons.

Croyez-vous un seul instant que si un pays comme la France sort de l’euro, l’Allemagne va poursuivre une union monétaire avec des pays encore plus pauvres et encore plus endettés comme la Grèce, l’Italie, ou le Portugal ?

La probabilité que l’union monétaire survive à une sortie de la deuxième économie est très faible, pour ne pas dire inexistante !

Dans une telle hypothèse, le nouveau franc ne serait donc plus coté face à un euro qui n’existerait plus, il ne risquerait donc pas de baisser ! Enfin, notre dette ne pourrait plus être exigible dans une monnaie qui elle non plus n’existe plus !

Le nouveau franc trouverait donc un cours d’équilibre par rapport à d’autres devises. D’abord européennes évidemment mais aussi étrangères, comme le dollar américain… ou le yuan chinois !

Est-ce que notre monnaie baisserait beaucoup par rapport à ces deux devises ?

Sans doute pas trop pour la simple et bonne raison que les Américains, comme les Chinois, jouent tous à déprécier leur devise à intervalle régulier.

Plus clairement dit, ni les Américains ni les Chinois ne laisseraient leur devise trop s’apprécier, ce qui viendrait réduire leurs exportations et donc leur croissance. Pour preuve, ils le font déjà tous ! Des Japonais aux Américains, tout le monde joue à baisser la valeur des devises pour tenter de se créer un avantage concurrentiel.

Deuxièmement… imaginons que l’euro survive à la sortie de la France !

L’Allemagne et les Pays-Bas (qui rêvent de sortir de l’euro) tirent la valeur de l’euro vers le haut. Le très haut même.

La Grèce et Chypre vers les abysses !

L’Italie, l’Espagne et le Portugal tirent, eux, l’euro vers le bas.

La France, traditionnellement, a toujours eu la valeur de son franc entre les pays du Sud et ceux du Nord.

Une zone euro sans la France, qui est la deuxième économie tout de même, mais avec tous les pays du Sud pourrait paradoxalement voir la valeur de sa monnaie euro baisser un peu face à un nouveau franc qui, lui, serait :

– d’une part débarrassé du carcan de l’euro et le spectre de la faillite pourrait s’éloigner car nous pourrions à nouveau battre monnaie ;

– d’autre part, la France étant sortie, il y aurait une énorme prime de risque sur l’euro dont personne ne voudrait car finalement il serait en train de se décomposer !

Au bout du compte, dans un tel scénario, les investisseurs risquent de préférer du nouveau franc d’une France déjà sortie de l’euro, ce qui donne de la visibilité, au risque de détenir une monnaie dont on ne sait pas quel sera le prochain déserteur le lendemain et qui risque d’exploser et de ne plus rien valoir d’un instant à l’autre !

Logiquement, le franc devrait donc… contre toute attente et à rebours de toute la propagande… s’apprécier !

Troisièmement… c’est le retour à chaque monnaie nationale !

C’est le dernier grand cas, imaginons que l’Espagne retrouve sa nouvelle « peseta », l’Italie sa nouvelle « lire », le Portugal son nouvel « escudo » etc., etc., que vaudrait le franc ?

Assez simple !

Comme autrefois !

Le franc vaudrait plus que les monnaies espagnoles, italiennes, grecques, chypriotes ou encore portugaises.

Il vaudrait, comme jadis, moins que le franc suisse, que le nouveau mark allemand ou la future monnaie des Pays-Bas.

Nous aurions vraisemblablement la 3e ou 4e plus forte monnaie d’Europe !

Alors ce ne serait pas le chaos ?

Eh bien il se peut même que contre toute attente, le futur franc, au lieu de voir sa valeur s’effondrer, voit sa valeur augmenter.

Ho, rassurez-vous, cette appréciation serait à mon avis de courte durée, car notre « classe » politique, bien peu élégante, risque de se mettre à aimer immodérément sa nouvelle planche à billets de la Banque de France et risque d’en abuser évidemment.

Pourquoi ? Parce qu’il faudra bien payer la dette.

Et pour payer la dette il n’y aucun secret !

Soit vous imprimez de la monnaie autant que nécessaire, soit vous ruinez les épargnants ! Politiquement parlant, ruiner les épargnants a toujours été moins risqué !

Et pour vous protéger, il n’y a aucun secret non plus ! Vous pouvez rejoindre le club des « STRATÉGISTES ». Plus de renseignements ici.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

les scandales Macron

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pastedGraphic_8.pngDavid VAN HEMELRYCK a lancé cette pétition adressée à Procureur de Paris et à 2 autres

De nombreux soupçons de corruption pèsent sur Macron, et l’absence d’enquête semble démontrer une inégalité de traitement entre les citoyens : Macron semble être « protégé ».

c’est en tant que citoyens, électeurs, et contribuables lésés, que nous souhaitons que des enquêtes soient immédiatement ouvertes sur :

_Macron à Las Vegas, 381000€ en une soirée de promotion sans appel d’offre. Favoritisme, précampagne. Voire… Détournement de fonds.

_soupçon de trafic d’influence du lobby pharmaceutique et notamment Servier. Son « expert santé » ayant été rémunéré par Servier, il convient de vérifier son programme et les dons qu’il a reçu, en liquidités ou en nature.

_déclarations suspectes pour l’impôt sur le revenu et l’ISF, ses avoirs ayant été « amputés de 2.800 000€ [source agoravox entre autres]. De même sa déclaration à la haute autorité pour la transparence est également suspecte. Les délits potentiels : faux & usage de faux, recel & fraude fiscale.

=> des citoyens ont saisi le parquet pour la 3eme affaire. Nous demandons à ce que des enquêtes soient ouvertes sur les trois affaires, et ce, dans l’urgence !

David van Hemelryck

membre de l’association 

Rassemblement Action-Justice

Le rétablissement de notre monnaie nationale permettra de nous prémunir contre une nouvelle crise financière mondiale, comme celle de 2008. Nos exportations cesseront d’être défavorisées par rapport à l’Allemagne, qui bénéficie pour le moment d’un taux de l’euro dévalué de 21% par rapport au nôtre.

OK avec vous ,une seule monnaie pour des pays, avec des économies différentes, c’était l’échec assuré. L’UE ,avec l’euro, en profite pour niveler par le bas, le social de tous les pays ; le notre en particulier qui souffre, étant donné son importance. Nos « élites » compensent, partiellement par la dette…mais ,jusqu’à quand? de plus, nous français, soutenons l’euro ,le coût 7,5 MDs d’£/an ,depuis 2010 . Nous soutenons la Grèce etc….N’oublions pas le poids de l’immigration qui devient insupportable ,pour le pays….!

FRANÇOIS ASSELINEAU : « Lorsque l’on sera sortis de l’euro, le franc se dépréciera de 6 à 10 % »

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Invité sur France Inter, François Asselineau a assuré qu’en cas de sortie de l’euro, « le franc se dépréciera de 6 à 10 % ». La croissance et la compétitivité seraient ainsi retrouvées. Si le candidat de l’UPR se base effectivement sur un indicateur du FMI, les chiffres qu’il donne sont calculés en fonction de la situation actuelle, et non en cas de sortie de l’euro.

LE CONTEXTE

Défenseur de la sortie de l’Union européenne, François Asselineau liste régulièrement les effets bénéfiques attendus si la France se séparait de l’euro. Invité dans la matinale de France Inter lundi 10avril, le candidat à la présidentielle a affirmé: « Lorsque l’on sera sortis de l’euro, le franc se dépréciera sans doute de 6 à 10 %, ce n’est pas moi qui le dit, c’est le FMI ». Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) estime que « cela va permettre de redonner de la croissance à la France et surtout de rétablir la compétitivité externe de notre monnaie ».

L’EXPLICATION

La monnaie de la France se dépréciera-t-elle en cas de sortie de l’euro, comme l’affirme François Asselineau? Le candidat de l’UPR se base sur un document du Fonds monétaire international (FMI) publié en 2016. Ce dernier étudie les performances économiques de l’année 2016 de vingt-neuf pays, dont la France. Il indique notamment les taux de change réels des pays (TCR). Ce taux sert « à mesurer la valeur des produits d’un certain pays par rapport à ceux d’un pays, d’un groupe de pays, ou du reste du monde, en fonction du taux de change nominal en vigueur », explique Luis Catão, économiste au FMI.

Toutefois, le taux de change effectif réel n’est qu’un indicateur et « les modes de consommation évoluent souvent plus rapidement que les paniers de produits conçus par les statisticiens, et il en va de même pour les politiques commerciales les tarifs douaniers et les coûts de transport. En conséquence, les écarts de TCER ne prouvent pas nécessairement qu’il existe un désalignement [des monnaies, ndlr] fondamental », détaille Luis Catão.

LA FRANCE SURÉVALUÉE, L’ALLEMAGNE SOUS-ÉVALUÉE

Pour savoir si une monnaie est sous-évaluée ou surévaluée, les économistes utilisent le taux de change effectifs réels (TCER). Ce dernier est « la moyenne des taux de change réels bilatéraux entre le pays et chacun de ses partenaires commerciaux, pondérée par les parts de marché respectives de chaque partenaire ». Il évalue donc la compétitivité d’un pays par rapport à ses concurrents en prenant en compte ses spécificités économiques. Plus la monnaie d’un pays s’apprécie par rapport à une autre, plus il lui est difficile de vendre ses produits à d’autres car ils sont alors plus chers dans les pays à la monnaie plus faible.

En taux de change réel, l’euro en France est surévalué de 6% en moyenne, selon le rapport du FMI. L’estimation basse est de 3%, la plus haute de 9%. L’Italie est surévaluée de 5% et l’Espagne de 7,5%, alors que l’Allemagne est, elle, sous-évaluée de 15%. Cela signifie donc que les produits importés d’Allemagne sont plus compétitifs que les produits français.

En affirmant que si la France sortait de l’euro, « le franc se déprécierait de 6 à 10 % », François Asselineau se base donc sur des chiffres provenant du FMI. Mais cela reste une projection faite à l’aide d’un indicateur qui tient compte des paramètres économiques actuels de la France, et non en cas de sortie de l’Union européenne. Il n’existe pas, à ce jour, une telle étude.

Camille Charpentier

À quoi sert le taux de change ?

  • COMMENT savoir si une monnaie est foncièrement sous- évaluée ou surévaluée? Cette question est au cœur même des relations économiques internationales et occupe une place essentielle dans de nombreux litiges commerciaux et dans le nouveau processus de surveillance du FMI.
  • George Soros connaissait la réponse quand — en 1992 — il se lança avec succès dans une spéculation contre la livre sterling à hauteur de 1 milliard de dollars EU. Cette opération devait marquer le début d’une nouvelle vague de spéculation monétaire de grande envergure. Sous les attaques de Soros et des autres spéculateurs qui étaient convaincus de la surévaluation de la livre, la monnaie britannique s’effondra. Le Royaume-Uni fut alors contraint de prendre la décision spectaculaire de sortir du Mécanisme de change européen (MCE), le précurseur de la monnaie commune européenne, l’euro, qu’il ne réintégra jamais.
  • Au cours des années suivantes cependant, Soros et les autres spéculateurs n’ont pas souvent réédité leur exploit. Les économistes professionnels ne disposent pas d’une méthode permettant de déterminer à coup sûr si un taux est correctement évalué. On peut s’étonner d’une telle lacune étant donné que le taux de change représente un chiffre clé de l’économie et qu’il existe déjà un indice qui peut servir à résoudre le problème et pour lequel on dispose de nombreuses données : le taux de change réel (TCR).
  • La vérité des prix
  • La plupart des gens ont une idée de ce qu’un taux de change nominal représente, à savoir la valeur d’une monnaie exprimée dans une autre. On le définit communément comme le prix d’une monnaie étrangère dans un pays donné. Donc, si un détenteur de billet ùs verts doit dépenser 1,36 dollar pour acheter un euro, cela signifie que le taux nominal sera de 0,735 pour le détenteur d’euros. Toutefois le taux de change nominal n’explique pas tout. L’individu, ou l’entreprise, qui achète une monnaie étrangère s’intéresse à ce qu’il peut acheter avec cette dernière. Est-il plus avantageux de payer en dollars ou en euros? C’est ici qu’intervient le TCR. Ce taux sert en effet à mesurer la valeur des produits d’un certain pays par rapport à ceux d’un pays, d’un groupe de pays, ou du reste du monde, en fonction du taux de change nominal en vigueur.
  • On peut prendre l’exemple d’un seul produit pour évaluer le taux de change réel entre deux pays, à savoir le Big Mac, le ham- burger de McDonald en vente dans de nombreux pays sous une forme pratiquement identique. Si le taux de change réel est de 1,
  • le hamburger aura le même prix qu’aux États-Unis dans un autre pays, en Allemagne par exemple, si le prix est exprimé dans une monnaie commune. Ce serait le cas si le Big Mac coûtait 1,36 dollar EU aux États-Unis et 1 euro en Allemagne. Dans cette hypothèse d’un monde à produit unique (dans lequel les prix et les taux de change sont égaux), les parités de pouvoir d’achat (PPA) sont les mêmes pour le dollar et l’euro et le TCR est de 1 (voir encadré). Dans ce cas les économistes parlent de PPA absolue.
  • Supposons en revanche que le hamburger se vende 1,2 euro en Allemagne. On aurait alors un prix supérieur de 20 % dans la zone euro, ce qui semblerait indiquer que l’euro est surévalué de 20 % par rapport au dollar. Si le taux de change réel dérape, ce qui est le cas quand le hamburger coûte 1,2 euro, des pressions s’exercent pour un réajustement du taux nominal, car le même produit coûte moins cher dans un pays que dans l’autre. Il devient donc avantageux d’acheter des dollars, de les utiliser pour acquérir des Big Macs aux États-Unis pour l’équivalent de 1 euro, et de les vendre ensuite en Allemagne pour 1,2 euro. La pratique consistant à tirer parti de telles différences de prix s’appelle arbitrage. À mesure que les arbitragistes achèteront des dollars pour acquérir des Big Macs et les vendre en Allemagne, la demande de dollars augmentera et son taux de change nominal fera de même, jusqu’à ce qu’on retrouve le même prix en Allemagne qu’aux États-Unis, et que le TCR revienne à son niveau précédent de 1.
  • Dans la réalité, de nombreux facteurs viennent compliquer les simples comparaisons de prix — par exemple les coûts de transport et les barrières commerciales. Toutefois le principe essentiel est que les écarts de TCR exercent des pressions sur les monnaies et les obligent à évoluer. Pour les monnaies surévaluées, la pression se fait dans le sens d’une dépréciation et, pour les monnaies sous-évaluées, dans le sens d’une appréciation. Les choses peuvent se compliquer, surtout si des facteurs comme les politiques publiques viennent entraver le processus normal de rééquilibrage des taux de change, problème fréquemment soulevé lors des litiges commerciaux.
  • Surévalué ou sous-évalué?
  • Ne peut-on pas comparer les pouvoirs d’achat respectifs de pays qui ne vendent pas qu’un seul produit? Pour ce faire, les économistes mesurent en général le taux de change réel par rapport à un large panier de produits. Le prix d’un tel panier étant le plus souvent exprimé par un indice — comme l’indice des prix à la consommation (IPC), qui recouvre à la fois les produits et les services —,
  • 46 Finances & Développement Septembre 2007
  • réel?
  • L’ABC DE
  •   on mesure donc habituellement le TCR par un indice, qui peut être calé sur une période déterminée. En reprenant l’exemple dollar–euro, si l’indice du TCR est de 1,2, la moyenne des prix à la consommation en Europe est de 20 % supérieure à celle des États-Unis par rapport à la période choisie. Les indices ne servent pas à évaluer les prix dans l’absolu (comme le prix du Big Mac), mais l’évolution des prix globaux par rapport à une année de base (si l’indice est de 100 en 2000 et de 120 en 2007, par exemple, les prix sont en moyenne de 20 % plus élevés qu’en 2000). Dans ce cas, quand les indices de TCR entre les pays n’évoluent pas avec le temps, on parle de PPA relative.
  • Les indices de TCR entre deux pays peuvent être importants. Le problème du déficit commercial massif des États-Unis par rapport à la Chine a pris une dimension politique et économique, et l’on discute sur la question de savoir si le phénomène est dû à un désalignement fondamental des taux de change.
  • Dans leur majorité cependant, les économistes et les responsables politiques préfèrent utiliser le taux de change effectif réel (TCER) pour mesurer l’alignement d’une monnaie. Le TCER est la moyenne des TCR bilatéraux entre le pays et chacun de ses partenaires commerciaux, pondérée par les parts de marché respectives de chaque partenaire. Comme le TCER n’est qu’une moyenne, celui d’un pays peut se maintenir en «équilibre» (ne montrer aucun désalignement d’ensemble) même en cas de surévaluation de sa monnaie par rapport à celle d’un ou plusieurs de ses partenaires commerciaux. Il faut pour cela que cette même monnaie reste sous-évaluée relativement à celle d’autres partenaires commerciaux.
  • Afin d’identifier les désalignements éventuels des taux, et le cas échéant d’en prendre la mesure, on peut obtenir une évaluation approximative en utilisant des séries de TCER. Que la PPA soit absolue ou relative, on ne devrait enregistrer aucune évolution des TCER avec le temps, tant que les monnaies se maintiennent en équilibre. Toutefois, les modes de consommation évoluent souvent plus rapidement que les paniers de produits conçus par les statisticiens, et il en va de même pour les politiques commerciales, les tarifs douaniers et les coûts de transport. En conséquence, les écarts de TCER ne prouvent pas nécessairement qu’il existe un désalignement fondamental.
  • Pourtant l’on assiste bien à une intensification des fluctuations de TCER, et ce malgré une baisse conséquente des coûts de transport et des tarifs au cours du siècle dernier et une uniformisation accrue des paniers nationaux de produits. Au siècle dernier, les fluctuations des TCER se maintenaient, pour les économies avancées, dans une
  • fourchette de 30 %. Or, pendant les années 80 aux États-Unis le TCER a connu des variations atteignant 80 %! D’autres pays ont connu des expériences similaires.
  • Une tâche difficile
  • Pourtant il ne faudrait pas systématiquement interpréter toutes les fluctuations importantes comme des signes de désalignement. Certains ajustements de TCER se font sans heurts. Cela laisse entendre que d’autres facteurs que les coûts de transport, les préférences des consommateurs et les tarifs jouent un grand rôle pour faire varier le TCER d’une monnaie correctement alignée.
  • On considère que l’un de ces facteurs tient aux progrès technologiques qui augmentent la productivité dans la production des biens faisant communément l’objet d’échanges, appelés biens échangeables. L’augmentation de la productivité entraîne une baisse des coûts de production. En conséquence le prix des biens échangeables baisse dans le pays qui a la meilleure productivité, ce qui fait diminuer leur prix dans les autres pays sous l’effet de la concurrence internationale. Toutefois, les biens ne sont pas tous échangeables. Les prix de biens non échangeables comme le logement et un grand nombre de services à la personne ne font l’objet que d’une concurrence minimale sur le marché international. Les prix des biens échangeables ont donc tendance à baisser par rapport à ceux des biens non échangeables. Dans la mesure où les biens non échangeables pèsent lourd dans le panier national de produits, l’indice des prix à la consommation augmente par rapport à celui du panier international de produits; le TCER du pays concerné tend donc à s’apprécier. On désigne souvent ce mécanisme sous le titre de «l’effet Balassa-Samuelson». La théorie et les données disponibles confirment que l’on peut attribuer la plupart des variations de TCER entre pays aux fluctuations de prix des biens non échangeables par rapport à ceux des biens échangeables, particulièrement dans les pays en développement.
  • On peut aussi expliquer en partie les disparités entre les TCER de divers pays par les modifications continuelles des termes de l’échange (comme les producteurs de pétrole en font souvent l’expérience), les divergences en matière de politique budgétaire et tarifaire ainsi que les différences de développement du secteur financier. Le FMI et les analystes économiques tiennent compte de ces paramètres et de leurs effets sur les taux de change réels pour calculer le «point d’équilibre» autour duquel le TCER doit se maintenir pour qu’il n’y ait pas désalignement.
  • Calculer le point d’équilibre du TCER n’est pas toujours facile parce que les prix sont assez rigides dans le court terme, ce qui n’est pas le cas pour le taux de change nominal (en tout cas dans les pays où les taux sont déterminés par le marché). Donc les TCER manifestent généralement une grande volatilité à court terme face à des informations et à des transactions très médiatisées et il n’est pas étonnant que beaucoup d’intervenants et de responsables politiques commettent des erreurs parfois catastrophiques. Cela peut entraîner des réalignements massifs aux conséquences désastreuses, comme la crise du MCE en 1992. En dépit de leurs imperfections, les TCER ont souvent signalé des surévaluations importantes de taux de change avant que survienne une crise financière. Il est donc essentiel pour le FMI et d’autres institutions de suivre les TCR au niveau bilatéral et les TCER au niveau multilatéral. n
  • Luis A.V. Catão est économiste principal au Département des études du FMI.
  • Qu’est-ce que le taux de change réel?
  • Le TCR entre deux monnaies est calculé en multipliant le taux de change nominal (le coût d’achat d’un euro en dollars par exemple) par le ratio des prix entre les deux pays. L’équation de base est TCR = tP*/P, où dans notre exemple ci-dessus, t est le taux de change nominal dollar–euro, P* le prix moyen d’un produit dans la zone euro, et P le prix moyen du même produit aux États-Unis.
  • Si on considère l’exemple du Big Mac, t = 1,36. Si le prix en Allemagne est de 2,5 euros et aux États-Unis de 3,40 dollars, on obtient (1,36) x (2,5) ÷ 3,40, ce qui donne un TCR de 1. Mais si le prix en Allemagne est de 3 euros et aux États-Unis de 3,40 dollars EU, le TCR est alors de 1,36 x 3 ÷ 3,40 = 1,2.

La France a une dette de plus de 2300 milliards alors que l’Allemagne s’est constitué un avoir de 2700 milliards…. comptez les cocus ! 

Il est aberrant que notre Banque de France gère le franc CFA de quatorze de nos ex colonies alors que nous ne gérons pas notre propre monnaie !!! J’imagine les arguments des pays africains en dette envers nous qui veulent se séparer du franc CFA… Ce qui débouche sur une autre aberration = nos ex colonies nous versent des royalties sur la reprise de nos installations et de nos structures sociales… mairie, poste, police etc que nous avons mis en place… avec un contrat de maintenance qui permet à nos entreprises d’intervenir…. Alors que l’Algérie ne paye rien de tout ce qu’elle nous a volé et que même pire, elle nous demande repentance et dédommagement. Le comble de l’escroc c’est de vous voler et en plus de vous demander des dommages et intérêts… En plus la construction de l’Algérie 100% française est une histoire à part qui a permis de faire cesser l’esclavagisme des arabes sur les blancs… Cette contrée 5 fois grande comme la France n’avais que 2 millions d’habitants sauvés par des français de la famine et invasion de sauterelles en 1830… Le contour de l’Algérie a été dessiné par un français… nous avons construit toute l’infrastructure quand les pieds noirs ont asséchés des marais pour lancer la culture des vignes et orangeraies… Vignes brulées par le FLN… qui nous a tué des milliers de soldats français beaux comme des dieux à 20 ans ! 

PS… Vous vous souvenez obligatoirement de moi, la transsexuelle à côté de votre table au congrès de Lyon… on a dansé à la queue leu leu… 

NB Sortir de L’UE et de l’€ me semble évidant tellement le dysfonctionnement mortel ne peux qu’empirer. Mais il faut rassurer les français que c’est une bonne chose en argumentant d’avantage.. quitte même à montrer des images positives de la France libérée de ses liens… de son boulet qui lui coute une fortune et lui fait oublier que la France a été la première puissance mondiale…

Tout comme en France, on voit que la haine a été distillée dans les esprits et dans les coeurs, que les vrais espagnols ont été écrasés comme le sont les Français et qu’ils ont été formatés à la haine, au mépris de leur Nation pour la détruire. Ceux qui sont le plus esclaves de cette manipulation détestent les nationalistes et ont les mêmes réactions violentes qu’ont chez-nous la gauche, les anti-fas, les black-blocs, no borders…

Ça amène sérieusement à réfléchir parce que c’est le même tableau partout avec les mêmes pratiques, les mêmes résultats.

Je l’ai déjà dit plusieurs fois, cette manipulation politique anti nationaliste ; l’élection des nouveaux cadres politiques et président d’Etat tout ressemble à la mise en scène des programmes télévisés dont les modèles sont répétés un peu partout sur la planète ; c’est très étrange. Il s’agit d’un formatage unique dans tous les domaines dans tous les pays où règne une certaine « culture occidentale ».

La mascarade de l’Union européenne

 Par Thierry Meyssan

Pour Thierry Meyssan, les Européens sont aveugles parce qu’ils ne veulent pas voir. Ils persistent à croire que l’Union européenne, c’est la paix et la prospérité, malgré les échecs incontestables dans ces deux domaines. Ils s’imaginent une opposition intérieure entre patriotes et populistes, alors que ces deux groupes se placent sous la protection du Pentagone contre la Russie. La stratégie internationale de l’après-Deuxième Guerre mondiale se poursuit à leur détriment, sans qu’ils en aient conscience.

À l’issue de leur victoire commune dans la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et le Royaume-Uni adoptèrent la vision de leur allié soviétique décrite par l’ambassadeur US à Moscou, George Kennan. Selon eux, l’URSS était un Empire totalitaire qui tentait de conquérir le monde. Ils firent donc volte-face et conçurent la stratégie de l’endiguement (containment). Le monde pouvait être divisé en trois: celui déjà écrasé par les Soviets, le monde encore libre, et la partie à décoloniser qu’il fallait préserver de l’ogre soviétique.

Au début, cette analyse put paraître juste, Staline déportant toujours des populations au goulag. Mais, au moins après sa mort, elle était déjà évidemment fausse. Ainsi Che Guevara, ministre de l’Économie cubain, écrivit un livre contre le modèle soviétique, et poursuivi la Révolution en Afrique sans en référer aux Soviets, mais toujours avec leur appui.

Quoi qu’il en soit, les États-Unis et le Royaume-Uni décidèrent de protéger l’Europe occidentale du joug soviétique en créant les « États-Unis d’Europe ». Ce projet rappelle celui des Européens du début du XXème siècle de s’unir au lieu de se faire la guerre, mais il est de nature complètement différente. Il faut, au contraire, le comparer à ceux de la Ligue arabe ou de l’Organisation des États américains qui furent édifiées en même temps.

Rares furent les personnalités ouest-européennes qui s’opposèrent à ce projet. Cependant, tirant les leçons du partage du monde issu de la Conférence de Yalta, les gaullistes et les communistes français, préservèrent leur alliance de la Guerre mondiale. Ils veillèrent à empêcher la création d’une structure supra-nationale de sorte que chaque nation reste à peu près souveraine sous les drapeaux US et britannique. C’est pourquoi, ils s’opposèrent ensemble au commandement intégré de l’Otan et à la manière dont les Anglo-Saxons reformulaient la construction européenne. Selon eux, l’Europe incluait tout le continent « de Brest à Vladivostok ». En effet, les Anglais s’étaient éloignés de la culture européenne depuis qu’ils avaient imaginé leur système juridique particulier, et les Russes avaient étendu la culture européenne en conquérant la Sibérie.

Ces débats auraient dû cesser avec la dissolution de l’URSS, en 1991. Ce ne fut pas le cas. Le secrétaire d’État James Baker annonça, au contraire, que les Communautés européennes et l’Otan intégreraient tous les États européens libérés du joug soviétique, ce que chacun accepta. Simultanément, il fit rédiger le Traité de Maastricht qui transformait le continent en des « États-Unis d’Europe » sous tutelle de l’Otan. Sa monnaie unique, l’euro, devait être frappée à équivalent du dollar, ce qui advint trop rapidement pour pouvoir être le cas. Toujours méfiants vis-à-vis de la Russie, Washington et Londres refusèrent qu’elle adhère à l’Union européenne, mais l’associèrent à leur pouvoir en leur ouvrant la porte du G7, qui devint le G8 avec désormais des pouvoirs décisionnels.

Cette période d’incertitude prit fin, en 1999, avec la chute de Boris Eltsine et l’accession au pouvoir de Vladimir Poutine. Les institutions contrôlées par Washington se durcirent. La stratégie de containment —qui avait échoué durant la Guerre froide— fut réactivée, l’ours russe remplaçant l’ours soviétique dans l’imaginaire anglo-saxon. En définitive aujourd’hui, Washington a établi, sous des prétextes divers voire sans aucun prétexte, toutes sortes de sanctions économiques, politiques et militaires contre Moscou qui a été expulsé du G8.

Manfred Weber sera élu démocratiquement pour succéder à Jean-Claude Juncker. Celui-ci avait été contraint de démissionner de ses fonctions de Premier ministre luxembourgeois lorsque la Justice de son pays découvrit ses responsabilités au sein du service secret « stay-behind » de l’Otan.

Les élections du Parlement européen, qui se tiennent du 23 au 26 mai, et du président de la Commission européenne qui suivra ne peuvent et ne doivent être comprises que dans ce contexte historique et stratégique. Les États-Unis ont décidé de confier la présidence de la Commission à Manfred Weber avec la mission de saboter l’approvisionnement de l’Union européenne en hydrocarbures russes. Sa première bataille sera pour faire stopper les travaux de construction du pipe-line Nord Stream 2, malgré les milliards d’euros déjà engagés et malgré les milliards qu’il permettrait d’économiser.

Pour que le Parlement élise démocratiquement Weber, il n’est pas nécessaire qu’il soit soutenu par une majorité de parlementaires. Il suffit que son groupe, le PPE, arrive en tête car le traité stipule uniquement que le Conseil européen doit « tenir compte du résultat des élections ». Washington a donc préparé une assemblée dominée par le Parti populaire européen (PPE) puis, en seconde position, par l’Europe des nations et des libertés (ENL).

Steve Banon a été envoyé pour conseiller Matteo Salvini et créer une poussée des partis identitaires (mais pas des indépendantistes). Il a veillé à ce que l’ENL ne puisse emporter la majorité.

_ Pour cela, malgré les efforts de Salvini, le parti polonais Droit et Justice a été persuadé de rester au sein des Conservateurs et réformistes européens (CRE) en échange d’une augmentation « significative » des soldats US sur son sol.

_ Donald Trump a reçu, le 13 mai, le Hongrois Viktor Orbán à la Maison-Blanche et lui a enjoint de maintenir son parti au PPE en échange d’armes et de gaz naturel.

_ Enfin une vidéo a fuité à la presse allemande. Elle montre Heinz-Christian Strache, le chef du Parti de la liberté autrichien (FPÖ) se faire corrompre. Cette vidéo est ancienne, elle a été mise en scène et filmée par une femme se présentant comme une agente russe, mais qui selon toute vraisemblance est une agente de la CIA.

Contrairement à ce que ressasse la presse, il n’y a aucune opposition sur le fond entre le Parti populaire européen (PPE) et l’Europe des nations et des libertés (ENL). Tous s’entendent sur la tutelle de l’Otan, laquelle implique l’essentiel des décisions politiques. Il y a juste une répartition des rôles.

La propagande officielle pour la tenue de l’élection ne cesse de répéter que « L’Europe, c’est la paix et la prospérité ». Or, ce slogan est incompatible avec la mission anti-Russe de l’Union européenne.

_En fait de paix, l’Union n’a pas été capable de libérer Chypre, toujours occupée depuis 1974 (mais qui n’a adhéré à l’Union qu’en 2004). L’armée turque occupe un tiers du territoire et a créé une autorité de collaboration sous le nom de « République turque de Chypre-Nord ». Les Chypriotes qui y vivent n’ont pas pu être inscrits sur les listes électorales du Parlement. Non seulement Bruxelles ne moque de leur sort, mais déroule le tapis rouge au président turc, Recep Tayyip Erdoğan, qu’il arrose de milliards de subvention. Il est vrai que la Turquie est membre de l’Otan.

_ En fait de prospérité, l’Union —qui n’a pas attendu l’affaire de Nord Stream 2— a déjà tellement bien appliqué la stratégie US qu’elle stagne quand le reste du monde se développe. Durant la décennie ayant suivie la crise financière de 2008, la Chine a connu une croissance de +139%, l’Inde de +96%, les États-Unis de +34%, mais l’Union européenne a décru de -2%.

La campagne électorale se poursuit à l’échelle des États-membres puisqu’il n’y a toujours pas de sentiment européen. Il n’y a donc pas de parti politique à l’échelle européenne, mais des unions de partis politiques de différents État. Il n’y a pas non plus de journée électorale unique, mais des élections distinctes sur 4 jours selon les traditions nationales.

L’abstention devrait être massive, les électeurs ayant le sentiment diffus que tout cela n’est ni clair, ni honnête. Plus de la moitié des électeurs boycotteront les urnes (bien que dans certains pays le vote soit obligatoire et que d’autres procèdent le même jour à des élections nationales). Par conséquent, même si les procédures de vote sont parfaitement démocratiques, le résultat ne pourra pas représenter la volonté de l’ensemble du corps électoral. Il ne sera donc pas démocratique. Manfred Weber sera élu par une minorité du Parlement, lui-même élu par une minorité de gens.

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français: Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

L’UE sera votre Sida, votre peste, votre choléra et votre mort à tous

L’UE a été inventée par des hommes qui étaient au service de l’argent et en aucun cas au service des peuples des nations européennes.

Elle a été conçue et imaginée pour donner aux riches encore plus de moyens d’exploiter les pauvres et de leur sucer la moelle des os.

Je ne vais pas m’attarder sur des détails historiques et techniques. C’est sur Wikipédia. Ce qui est important, c’est de se pencher sur le bilan actuel de l’Union européenne et sur ce qu’elle a apporté ou non aux peuples des États membres et ce qu’elle leur a coûté :

D’abord, je voulais dire à ceux qui le font qu’il ne faut pas parler de « l’Europe » si on veut parler de « l’Union européenne. »

L’Europe est traditionnellement considérée comme un continent géographique ou encore comme une partie du supercontinent de l’Eurasie. Elle est aussi parfois appelée le « Vieux Continent », par opposition au « Nouveau Monde » (l’Amérique).

L’Union européenne ou par commodité l’UE est une partie, seulement, du continent européen et c’est un découpage uniquement politique.

L’UE est un regroupement ou une association politico-économique de vingt-huit États européens géographiques qui délèguent ou transmettent par traité une partie de leurs pouvoirs politiques, de leur souveraineté et l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires.

De nombreux pays du continent européen ne font pas partie de l’UE. Et pas des moindres, comme la Russie, l’Ukraine ou la Biélorussie !

Au-delà de la Russie et de la mer Noire, c’est l’Asie.

Quant à la Turquie, elle est en Asie et n’a rien à voir avec l’Europe, à part le fait qu’elle veut la conquérir et l’envahir pour l’islamiser et en faire un champ de ruines.

Les États membres de l’UE sont :

l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lituanie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède.

L’espace Schengen !

Il désigne un espace de libre circulation des personnes entre les États signataires de l’accord de Schengen, nom de la bourgade luxembourgeoise où il fut signé le 14 juin 1985, et de la convention d’application de l’accord du 19 juin 1990, entrée en vigueur le 26 mars 1995.

La coopération Schengen, qui débute en 1985 hors du cadre communautaire, instaure un espace de libre circulation des personnes entre les États signataires et associés (suppression des contrôles aux frontières intérieures) tout en garantissant une protection renforcée aux frontières extérieures de cet espace.

Certains États de l’UE ne sont pas membres de l’espace Schengen et certains États membres de l’espace Schengen ne font pas partie de l’UE.

Les règles de circulation, de séjour et de travail varient selon le statut des pays membres.

Tous les États membres de l’espace Schengen :

– Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, République tchèque.

Les États de l’Union européenne non membres de l’espace Schengen :

– Bulgarie, Chypre, Croatie, Irlande, Roumanie, Royaume-Uni.

Les États non membres de l’Union européenne mais membres de l’espace Schengen :

– Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse.

Pourquoi l’Union européenne ?

Depuis le début du XXe siècle, on nous a dit et rabâché que l’UE serait la clef de la paix (il n’y aurait plus de guerres), de la sécurité, de la liberté, de l’emploi, de la régulation démographique et du bonheur pour tous…

Il ne manquait que « le lait et le miel qui coulent dans des ruisseaux… »

Comme toujours, lorsque des hommes politiques inventent et promettent un monde de délices, ça finit très vite par tourner en eau de boudin…

Lorsque j’étais jeune, j’avais déjà du mal à croire tout ça, alors que même mes parents y croyaient. Je pense que je me fondais sur la nature humaine et que je n’avais aucune confiance en ces bonimenteurs du paradis sur Terre.

Et je pense que les faits m’ont donné raison d’en douter.

Certains parlent de l’UE comme si elle était calquée sur le modèle américain des USA. Mais pas du tout !

L’UE n’aura jamais l’histoire ni les mentalités des Américains.

Les USA se sont formés par des apports de millions d’immigrés qui ont bâti les USA et ont créé un nouveau monde avec une nouvelle conception de la vie et du vivre-ensemble.

Il y a eu des cafouillages, certes, avec les massacres des Amérindiens.

Mais nous avons tous nos échecs, boulettes et cadavres dans des placards. Il ne faut pas rêver.

Au cours du XVIe siècle, les futurs USA avaient déjà commencé à être colonisés par des pays d’Europe et c’est le 4 juillet 1776 que la Déclaration d’indépendance de la fédération des États-Unis d’Amérique a été proclamée par les 13 colonies existantes.

La grande différence avec l’UE, c’est que les USA étaient d’immenses terres très peu peuplées qui ont mis deux siècles et demi pour devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.

Cela n’a donc rien en commun.

Que nous a donc apporté la création de l’UE ?

Déjà, une grande déception par rapport à la perméabilité des frontières extérieures de l’Union. On s’en rend compte aujourd’hui, les imbéciles qui ont créé l’UE n’ont pas pensé à la défense des frontières extérieures qui auraient dû protéger notre ineffable futur bonheur annoncé…

De fait, les frontières extérieures étant des passoires, mais aussi la volonté de nos dirigeants de protéger l’UE totalement absente, il est entré en UE des dizaines de millions d’étrangers illégaux et indésirables en provenance des pays arabes, du Maghreb ou « d’Afrique subsaharienne », comme ils disent. D’Afrique noire, comme on disait il y a peu, avant de parler la langue des couilles molles.

Et, ô étrange hasard, 90 % de ces immigrés étaient des musulmans.

Et on le sait, les musulmans sont les immigrés idéaux partout où ils arrivent.

Et dire qu’il y a des centaines de millions de pauvres gens chrétiens, bouddhistes, animistes ou je ne sais, qui auraient tant aimé venir vivre, travailler et s’intégrer parmi nous sans faire d’histoires…

Tout ça pour le pétrole. Pas de bol !

Aujourd’hui, le bilan de l’UE est lourd, pénible et menaçant.

Le bonheur annoncé est loin d’être au rendez-vous.

Nos États sont délabrés, le chômage atteint des sommets, l’insécurité règne partout, la santé régresse, des épidémies se déclarent ou vont le faire sous peu, la misère avance et même galope, la violence ordinaire est telle qu’elle ne l’a jamais été auparavant, la corruption en politique est la norme exactement comme dans les pays africains, la corruption médiatique idem, tous à la botte du pouvoir pour ne pas perdre leurs subventions sans lesquelles ils mettraient la clef sous la porte, pareil pour les syndicats et pour pléthores d’associations (caritatives, artistiques, sportives, etc.) inutiles, glauques et fumeuses qui ne survivent que par les subventions…

Une agriculture qui n’en finit pas de mourir, une magistrature aux ordres directs du président, un gouvernement de cloportes, d’opportunistes et d’incapables, un Parlement dont les bancs sont si clairsemés que parfois il vaudrait mieux annuler les séances, une misère effrayante chez les petits retraités parisiens qui doivent fouiller les poubelles pour trouver à manger, une dictature personnelle et un culte de la personnalité effrayant de la part d’un nabot qui ne sait faire qu’une chose, parler, parler et parler encore, remplir le temps de son boniment insipide et stérile, lui qui a été impuissant, depuis qu’il est aux commandes, à faire changer quoi que ce soit ou d’améliorer quoi que ce soit. Il a augmenté massivement et sans rien produire notre dette extérieure de 2 400 milliards d’euros.

Il s’est entouré d’un ramassis de dégénérés et de clochards tous plus laids et incompétents les uns que les autres, preuve que dans ce pays et dans son entourage il n’existe plus un seul homme ou femme digne, honnête et respectueux pour gouverner.

C’est simple, tout va mal et rien ne va bien. Paris est un dépotoir à ciel ouvert qui fait fuir les touristes grâce à la nullité d’une maire gauchiste très satisfaite de son échec total.

Notre pays tombe en ruine et lui, le minus de l’Élysée, se fait un sang d’encre pour les européennes en espérant et en croyant stupidement que ce sera pour lui un tremplin pour monter encore plus haut, alors que là où il est, personne ne veut plus de lui.

Je n’ai jamais été pour l’UE et aujourd’hui je continue à la rejeter, car elle est un des pires fléaux que les peuples européens aient eu à subir après le nazisme.

Elle n’engendre que misère, peur et violence pour tous.

Elle est la cause de la destruction de nos cultures et de notre civilisation.

Elle nous conduira à la ruine et à la guerre. Des guerres civiles ethniques, raciales et sociales. Elle tente de nous imposer des règles de vivre ensemble absurdes entre des communautés qui se vouent une haine féroce et qui ne pourront jamais se côtoyer.

Cette UE, il faut le rejeter, la quitter. Il faut faire le Frexit. Il faut inciter les autres pays mécontents à faire de même. Il faut la quitter sans conditions. Elle nous a déjà assez volés.

Déjà, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la République tchèque, la Finlande, l’Italie, la Hongrie, la Pologne, comme nous, sont très déçus de l’UE, la critiquent vertement, la rejettent et pensent la quitter un jour pour toutes ces mêmes raisons. Et si ce ne sont leurs dirigeants, ce sont leurs peuples. Si ce n’est aujourd’hui, ce sera demain que l’UE se disloquera, car elle n’a aucune raison objective de perdurer, à moins d’un extraordinaire masochisme des peuples des États membres… !

Quitter l’Union européenne sans tarder :

Aujourd’hui, tout pays membre peut décider de se retirer et a le droit de le faire. Le traité de Lisbonne (article 50) est le premier traité européen à prévoir un mécanisme de retrait volontaire et unilatéral de l’Union européenne : « Tout État membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l’Union. »

Je suis donc farouchement pour quitter l’UE.

Elle ne nous a rien apporté, à part de nouveaux problèmes que nous n’avions pas avant.

Elle est responsable de notre faillite et de la ruine de notre pays.

Notamment en ce qui concerne la politique migratoire absurde aggravée par le honteux traité de Marrakech voulu et signé par Macron pour détruire encore plus vite la France.

Pour moi, demander un visa, présenter un passeport ou changer de l’argent à la frontière n’a jamais été un problème.

Je ne suis pas un bandit ni un terroriste…

Mon vœu est le Frexit, la fermeture totale de nos frontières, l’expulsion de plusieurs millions de parasites arabo-africains musulmans qui ne sont là que pour piller et parasiter notre système social. Stopper les nationalisations, déchoir massivement de la nationalité, établir des règles strictes et dures pour l’immigration, un immigré qui ne travaille pas doit quitter la France avec toute sa famille, sauf ceux qui travaillent ET se conduisent bien.

Interdiction de la pratique et de toute forme de diffusion de la religion musulmane sur tout le territoire et dans nos territoires et départements d’outre-mer. Et condamnation au pénal de tous les traîtres qui protègent des musulmans ou l’islam.

Le traître de l’Élysée affirme que « l’extrême drouâââte c’est la guerre » et que « son bilan est négatif », mais pour le moment c’est sa politique désastreuse, calamiteuse et suicidaire qui va nous jeter dans la guerre et sûrement pas l’extrême droite qui, elle, contrairement à Macron, n’a à rougir d’aucun bilan négatif, puisqu’elle n’a pas encore gouverné…

Vive la Patrie, Vive la Nation souveraine, Vive le peuple français (le vrai), Vive la République et Vive la France !!!

Laurent Droit

Ancien militaire et patriote

En laissant envahir la France, Macron est responsable d’un futur nettoyage ethnique comme en Afrique du Sud

« Attaque à Lyon. Il n’y a pas de victimes, il y a des blessés » (Macron)

Oui l’ Europe surtout au service de l’anonymat et de la dilution des responsabilités , il suffit de se poser la question sur nos 2400 milliards de dettes c’est la faute a qui ? aucun membre du peuple ne serait capable de sortir le moindre nom . Ils arrivent tous a la fin de leur mandat blanc comme neige , ils ont tous touché pendant leur dite activité des salaires mirobolants pour avoir plus servi la finance que leur peuple, et en fin de parcours ils ne sont responsables de rien . Elle n’est pas belle cette Europe où l’accueil des migrants là aussi c’est la faute a personne tout comme les chômeurs victimes des délocalisations .

Fomalo

Il y a de quoi rire en pensant à la phrase prononcée par le maqueron  » que le bilan de l’extrême droite  » serait négatif! Mais » l’extrême droite » manière sans doute d’appeler le RN ( + DLF, ou l’UPR, ou les Patriotes) n’a pas de bilan, sinon celui de représenter un tiers des votants en France, depuis plusieurs années, et cela arcboutée contre le centre mou ultra gauchisant avec LREM Modem AGIR et Radicaux, écolos et résidus de P.C/P.S Car « l’extrême droite »‘ n’a pas été au gouvernement, n’a pas présidé, n’a pas bradé les joyaux industriels de la France, n’est pas à l’origine des 10 millions de pauvres et des millions de chômeurs, n’est pas à l’origine d’une dette atteignant le PIB, ni d’une immigration sous l’égide des conseils de l’ONU ou des mondialiste.Il va falloir aller vite, déjà avant les élections municipales, les régionales. Mais comme Pierre le disait, comme Pikachu, et d’autres, je ne suis pas optimiste aujourd’hui. Merci Laurent Droit et aux contributeurs informés de RR.

L’UE a coûté à la France plus de 10 milliards en 2017…

Jean-Paul Saint-MarcEurope, Macron, République et laïcité

Après un premier essai, finalement pour comprendre les conséquences financières de l’UE pour la France, voilà que j’ajoute une nouvelle étude de Contribuables associés menée par Jean-Paul Gourévitch qui conclut fort négativement entre les contributions et les subventions en retour.

Je corrige d’abord mon premier essai d’une grosse erreur de néophyte s’attelant à un problème ardu.

(Quand j’entends les déclarations les plus contradictoires sur les TV, ou que je lis les études de la presse, finalement j’ai l’avantage de corriger mes erreurs de non-journaliste…)

Ce que disent les données officielles :

L’INSEE nous fournit deux tableaux et graphiques sur les balances commerciales (UE + reste du monde) de 20 pays de l’UE.

Je reprends les conclusions précédentes et les rectifie :

Les principaux soldes excédentaires, l’Allemagne (81 millions d’hab.) : 233 milliards d’€. Puis les Pays-Bas (17 millions d’hab.) : 65 milliards ; l’Irlande (4,8 millions d’hab.) : 49,7 milliards…

Les principaux soldes déficitaires, le Royaume Uni (66 millions d’hab.) : – 159 milliards. Puis la France (67 millions d’hab.) – 76,7 milliards ; l’Espagne (46 millions d’hab.) : – 36,4 milliards ; la Grèce (11 millions) : – 25 milliards…

En somme, même si cette vision n’est pas parfaite, le bilan est clair sur le plan financier…

Si le Royaume Uni est en mauvaise situation, la France n’est pas brillante…

Ces chiffres confirment certaines pratiques… Plus de 10 milliards d’excédent pour 1 million d’hab. pour l’Irlande pratiquant une politique de dumping dont on parle peu, pire que celui de l’Allemagne, voire de la Chine toute proportion prise en compte.

L’INSEE est à rapprocher des données du ministère des finances sur le commerce extérieur 2018.

Pages 45-46 du dossier de presse se présente le résumé de nos échanges avec l’UE et avec le reste de la planète.

Le déficit commercial de la France avec l’UE est de 36,4 milliards d’€ (auquel il faut rajouter la différence entre les contributions de la France et les subventions en retour soit environ 5 milliards).

Il est à noter que l’UE a deux zones, la zone EURO -19 pays- pour laquelle notre déficit est de 42,4 milliards, et la zone non Euro -9 pays- avec qui la France a un excédent de 6 milliards.

Parmi les pays de l’UE la France est déficitaire avec l’Allemagne : -16,2 milliards ; les Pays Bas : -7,9 milliards ; l’Italie : -6,8 milliards ; et excédentaire avec le Royaume Uni : 11,9 milliards.

Le déficit commercial de la France avec l’ensemble de la planète est de 71,7 milliards d’€ auxquels se rajoutent environ 5 milliards de contributions-subventions (référence aux données de l’UE pour 2017 – lire plus bas), et l’on retrouve les 76,7 milliards annoncés par l’INSEE.

Donc le déficit de la France est pour plus de la moitié sur l’UE, et même pire sur la zone EURO.

(A noter que ces chiffres sont hors matériels militaires…)

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Pour rappel de l’article du 19 mai.

Ce que dit un site de l’UE :

Le solde de 2017 est facile à calculer, la France a contribué pour 16,2 milliards et perçu 13,5 milliards soit un solde négatif de 2,7 milliards (surpris du 4,6 milliards !).

Moins dépendante de l’UE, un article de LCI :

« En 2015, la France a ainsi contribué à hauteur de 22,5 milliards d’euros, et elle a bénéficié de 14,5 milliards de dépenses, soit 8 milliards d’euros au profit des autres Etats-membres. »

Pour 2019 « Le montant prélevé cette année sur les recettes de l’Etat est évalué à 21.4 millions d’euros. »

Là encore des surprises sur la cohérence des chiffres, il est précisé il (NDLR : le montant 2019) est supérieur à celui de 2018 (20.2 milliards), lequel dépassait déjà de 1.5 milliards celui de 2017. En 2015 la France contribuait plus qu’en 2017, qu’en 2018 et qu’en 2019 !!!

.

Ce que di(sai)t « Contribuables associés » :

Pour 2017, contribution de la France à l’UE : 18,7 milliards d’€*.

Versements de l’UE à la France : 13,5 milliards dont 9,2 pour la PAC.

Solde négatif : 5,2 milliards. 

* : chiffres de l’UE, mais semble plus à jour que le site européen !

.

La nouvelle étude de Contribuables associés menée par Jean-Paul Gourévitch est plus sévère et ne se base pas sur les infos fournies par l’UE.

La France aurait versé pour l’Europe, en 2017, 23,9 milliards d’euros (+5,2 milliards). En contrepartie, elle aurait reçu de l’Union européenne 13,5 milliards (inchangé), soit un déficit de 10,4 milliards.

Si cette étude est exacte, notre déficit 2017 est augmenté de plus de 5 milliards d’€ !

Et à lire contribuables associés, les choses risquent de ne pas s’arranger à l’avenir !

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Europe du Nord contre Europe du Sud, la fracture qui va tout changer

Les divisions économiques et politiques croissantes entre le nord et le sud de l’UE créent de facto une Europe à deux vitesses en faveur du nord et au détriment de la France.

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Par Alexandre Massaux. 

Traditionnellement, il existe au sein de l’Union Européenne (UE) une opposition entre les pays membres d’Europe de l’Ouest et ceux d’Europe centrale et de l’Est. Cette schématisation avait pris de l’importance suite aux propos de Donald Rumsfeld, secrétaire à la défense américaine sous la présidence Bush Jr, faisant la distinction entre « la vieille Europe » (les pays fondateurs de l’ouest) et « la nouvelle Europe » (les nouveaux entrants d’Europe centrale). Néanmoins, cette distinction de moins en moins d’actualité laisse place à une division nord-sud dans l’UE qui devrait affecter la politique de l’Europe dans les prochaines années.

UNE EUROPE DU NORD LIBÉRALE FACE UNE EUROPE DU SUD ÉTATISTE

Plusieurs éléments économiques sont significatifs de cette division entre les pays du nord et du sud.

Tout d’abord, la dette publique des États avoisine ou dépasse les 100 % du PIB pour les pays du sud : en 2018 la Grèce est à 181 %,  l’Italie à 132 %, le Portugal à 121 %,  l’Espagne à 97 %, et la France à 98,4 % (et elle atteindra les 100 % fin 2018). Dans les pays d’Europe du Nord, seule la Belgique possède une dette supérieure à 100 % avec 102 %. Les autres pays ont une dette comprise entre 8,4 % pour l’Estonie et 73,5 % pour l’Autriche (86 % pour le Royaume-Uni, si on le compte dans l’Europe).

Le déficit public des États tend à se recouper avec les données de la dette publique. Les États du sud ont tendance à avoir des déficits plus élevés que le nord : en 2018, l’Italie est à 2,1 %, la France à 2,5 %, l’Espagne à 2,5 %, la Roumanie à 3 % et la Hongrie à 2,2 %. A contrario, les pays d’Europe du nord affichent des faibles déficits voire des excédents budgétaires : les Pays-Bas et l’Allemagne possèdent respectivement un surplus budgétaire de 1,5 % et 1,7 % en 2018.

Si les chiffres varient d’une année sur l’autre les tendances restent stables. Un véritable clivage entre le nord et le sud apparaît ainsi au niveau de la gestion des finances publiques.

Ces tendances en matière de dépenses publiques sont à rapprocher de la liberté économique. Les pays ayant une rigueur budgétaire sont les plus libéraux économiquement. Ainsi, il n’est guère surprenant de retrouver en tête du classement de l’Index of Economic Freedom des États du nord comme l’Irlande (6ème), les Pays-Bas (13ème), le Danemark (14ème), l’Estonie (15ème), le Luxembourg (17ème), la Suède (19ème), la Finlande (20ème) ou la Lituanie (21ème) suivis des pays d’Europe centrale avec la Tchéquie (23ème), l’Allemagne (24ème) et l’Autriche  (31ème). Tous ces pays sont considérés comme libres ou largement libres économiquement

À l’opposé, l’Espagne est 57ème, le Portugal 62ème, la France 71ème, l’Italie 80ème et la Grèce 106ème sont considérés comme moyennement libres économiquement.

Cette scission dans le cadre économique et budgétaire apparaît également dans la politique en général. On la retrouve en effet dans les classements mesurant les libertés politiques comme celui sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières et de l’Human freedom  index du Cato Institute.

Place dans le classement de la liberté de la presse Place dans l’Human freedom index

Pays-Bas 4 6

Danemark 5 6

Allemagne 13 13

Estonie 11 14

Suède 3 17

Finlande 2 10

France 32 32

Italie 43 34

Espagne 29 25

Grèce 65 61

Si l’écart est moins flagrant au niveau politique qu’au niveau économique du fait que certains États comme le Portugal défendent plutôt bien les libertés publiques, la division nord-sud persiste avec des pays nordiques en haut des classements.

Ces éléments d’analyses exposent non seulement deux cultures économiques et politiques différentes entre le nord et le sud de l’Europe mais aussi  les résultats plus « sudistes » de la France. Ce dernier point permet d’expliquer pourquoi Emmanuel Macron et les politiques français ont de plus en plus de mal à avoir une relation d’égal à égal avec Berlin.

UN NOYAU EUROPÉEN AUTOUR DE L’EUROPE DU NORD ET DE L’EUROPE CENTRALE

Pendant des décennies, il existait un triumvirat à la tête de l’Europe composé de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni. Avec le Brexit et le décrochage économique de la France, l’Allemagne est le seul leader de l’Europe. En outre, la France perd sa place de partenaire commercial privilégié avec Berlin en faveur des Pays-Bas qui deviennent peu à peu le principal partenaire européen de l’Allemagne  et qui dépassent la France au niveau des importations allemandes.

Ce tournant est d’autant plus révélateur que les Pays-Bas ont initié la nouvelle ligue hanséatique : une alliance d’États du nord souhaitant faire perdurer le discours libéral dans l’UE après le Brexit. De plus, les récentes déclarations de la chancelière Merkel vis-à-vis du président Macron mettent en lumière leurs différends et montrent la prise de distance de l’Allemagne.

Plus révélateur, dans le Livre blanc de la défense allemand de 2016, aucune référence n’est faite au couple franco-allemand. La France est mise au même niveau que la Pologne à propos du triangle de Weimar (forum informel de discussion sur la défense) et Berlin semble concentrer son attention sur l’Europe centrale.

Ces points indiquent une dynamique de rapprochement entre les pays de l’Europe du Nord voire d’Europe centrale. Leur relative homogénéité économique couplée à la dégradation de la situation budgétaire et politique dans des pays du sud comme la France et l’Italie vont être des facteurs de cohésion dans une UE désormais instable.

La proposition du parti eurosceptique allemand montant, Alternativ fur Deutchland, de créer une zone monétaire réduite est un bon exemple d’une Europe à deux vitesses en faveur du nord. En effet, selon Jörg Meuthen l’un des chefs de l’AfD :

Nous pouvons avoir une monnaie commune avec les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande ou les États baltes. Ils ont la même culture de la stabilité que nous. Mais les Français en ont une autre, sans parler des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs. Ils ne veulent pas entendre parler d’austérité.

Compte tenu de la montée en puissance de ce parti (et de partis similaires comme le Forum voor Democratie néerlandais), il semble nécessaire de prendre au sérieux cette idée qui pourrait être reprise par d’autres formations politiques d’Europe du Nord. Et ce d’autant plus qu’elle va dans le sens de la nouvelle Ligue Hanséatique, bien plus europhile que l’AfD, qui désire se regrouper autour d’États stables économiquement.

Beaucoup de partisans de l’Europe fédérale en France ont concentré leurs assauts sur la Pologne, la Hongrie et l’Italie pour leurs dirigeants illibéraux mais ils risquent de réaliser trop tard qu’ils sont eux-mêmes considérés comme illibéraux par les pays d’Europe du Nord, et pas uniquement par les  forces populistes.

Effectivement les états européens du nord se sont rendus compte, comme les libéraux Français, que Macron n’avait rien d’un libéral et qu’il enfonçait un peu plus chaque jour ce pays dans l’étatisme. Ce qui était prévisible pour un haut fonctionnaire.

Ce qui est terrible c’est que les politiques Français, tous confondus, nous citent souvent en exemple les pays d’Europe du nord pour leur système social. Mais ils oublient totalement de décrire le reste, et notamment l’accent qui est mis, dans ces pays, sur la responsabilité individuelle. En France c’est exactement l’inverse, l’état fait tout pour déresponsabiliser les Français, ce qui lui permet de justifier son omnipotence et son inefficacité.

Doit-on obliger tous les pays à adopter les dogmes de Bruxelles? Les constructivistes de l’UE répondent oui, tandis que certains pays continuent à répondre non, tout en ayant signé les traités. Enfin signés, c’est une façon de parler.

La concurrence et le libre-échange sont profitables, mais l’UE ressemble à Saint-Just (s’ils ne veulent pas de la liberté, on les y contraindra). Uniformiser par la force des pays différents est largement contestable. Et refuser cette uniformisation ne signifie pas prôner l’isolationnisme et convoquer les heures les plus sombres.

On ne peut pas dire que la construction européenne soit un succès pour tous les pays, malgré certains points positifs. Que l’on pense par exemple au marché européen de l’énergie. Et ce n’est pas en privatisant les barrages français que cela va s’arranger.

Je suis sans doute bête mais votre propos me paraît singulièrement obscur. Par exemple, que signifie pour vous « uniformiser des pays différents » ? Pour être clair, je vous soupçonne d’être un infâme suppôt du socialisme, hostile par principe à une (supposée) libéralisation économique incluse dans les « dogmes de Bruxelles ». Mais je ne doute pas que vous aurez à cœur, et d’éclairer ma lanterne, et d’apaiser mes soupçons à votre endroit.

@La petite bête

Les « dogmes de Bruxelles » sont ceux des dirigeants européens actuels de l’union européenne, perdurant parce qu’elle sert (encore ?) leurs intérêts communs (jusqu’à quand le seront-ils ?). Et on ne peut pas dire qu’ils soient particulièrement « libéraux », bien au contraire. Allez faire un tour sur le site de « La Commission Européenne », vous y trouverez un modèle de jargon socialiste. L’uniformisation par la force c’est socialiste, pas libéral. Le libre échange n’a que faire d’un « super État » qui ne peut que nuire à la liberté en réduisant la concurrence entre les États membres. Des tribunaux librement choisis par les parties suffisent pour régler les éventuels différents.

Leipreachan

Pour avoir vécu et travaillé dans la région de Lübeck et Hambourg, pour parler allemand depuis ma naissance, je peux affirmer qu’il y a un abîme entre le discours de n’importe lequel des 2686 candidats des 34 (x79) listes françaises pour les européennes et la vision économique et sociale des habitants de cette nouvelle Hanse .

La confédération est la seule chance de gouvernance pour un tel amas hétéroclite…

Mouef la supposée rigueur des non catho se limite au coté social des dépense publique, quand on parle défense ya plus personne…

Et les pays bas ont racheté une bonne part de KLM récemment exactement à notre manière, on est pas si différend, tous hypocrites suivant les sujets 

durru

Assez réducteur. L’Italie du Nord, catholique, est plus proche de l’Autriche (tiens, catholique aussi) que de l’Italie du Sud. Les pays baltes et la Pologne sont plutôt catholiques. En Allemagne le land le plus riche, la Bavière, est catholique. Et la Grèce est orthodoxe.

C’est pas complètement faux comme argument, mais il n’est pas suffisant.

Leipreachan

Vous avez raison d’en parler, mais ne pas perdre de vue que la Hanse et toutes les villes micro-républiques inféodées qui la composait est antérieure à la réforme.

On pourrait supposer que la ‘mentalité’ propre aux populations la composant depuis l’antiquité a été un berceau fertile au protestantisme.

Pangzi

Plus ou moins, on pourrait penser à l’étendue de l’Empire romain à son début (les territoires les plus imprégnés de culture romaine par opposition aux conquêtes tardives.)

A la très grosse louche on a aussi +- ceux qui veulent construire le Saint Empire Romain Germanique (faible centralisation basée sur une défense et des obligations mutuelles) vs. Empire Romain d’Occident (centralisé, administré, militarisé.)

Avec nos amis Anglos au milieu qui comme d’hab sont inclassables et s’en vont comme des princes.

Virgile

Lorsqu’on est un pays en déclin on ne peut aspirer à être un leader, et il est donc normal que le couple franco-allemand divorce. La France, et ses politiciens, ne sont plus crédibles vu leur lâcheté, ainsi que la première ministre polonaise l’avait fait remarquer à Macron!

Vodarevski

Etonnant comme l’histoire marque le présent. La fracture européenne recoupe d’un côté un ensemble de pays qui ont une tradition de liberté, notamment dans le commerce, depuis au moins le Moyen-Age. La Ligue Hanséatique est une illustration de cette tradition. Tandis que les foires de Champagne ont cessé à cause des taxes. L’Allemagne étant d’ailleurs une réunion de pays, de villes, dont certains éléments ont connu cette tradition. Avant la création du pays sous Bismarck. La France a depuis longtemps une tradition dirigiste, et notamment centralisée.

Synge

La ligue hanséatique et les foires de champagne ! Rien que ça. Votre connaissance et votre passion de l’Histoire vous emportent très loin dans le passé, cher ami. Tout cela est bien vieux et complètement oublié depuis des lustres.

Par contre les payés de l’Europe de l’est et l’Allemagne ont en commun un passé récent de domination étatique totale, ou totalitaire, comme vous voudrez. Je pense que cela suffit amplement à expliquer leur attachement à leur liberté toute neuve. Comme le disait cet économiste d’Europe de l’est, « votre avenir ne marchera, je le sais, j’en viens ».

Reactitude

C’est du pipeau , l’Europe est en train de mourir de vieillesse ,certains pays sont en ruines d’autres vont le devenir..et sans doute que ne survivront que…les pays du sud ,refroidissement climatique oblige !

Mariah

C’est tout-à-fait juste et c’est inquiétant car la France est en train de s’endormir dans une fausse appréciation d’elle-même. Celui qui s’était imaginé carrosse se retrouve citrouille mais ne l’a encore pas réalisé!

Par Charles Boyer.

Le terme « Europe » est utilisé indifféremment de celui d’ « Union Européenne », sans distinction. C’est une grave erreur qui trouble fort tout débat digne de ce nom.

Il est devenu presque systématique de dire « Europe » quand on évoque l’ « Union européenne ». C’est bien entendu une erreur, loin d’être sans conséquences. Tous les pays d’Europe ne font pas partie de l’Union européenne : la Norvège, la Serbie, la Suisse, mais aussi la Russie et la pointe occidentale de la Turquie. Plus important encore, le Royaume-Uni n’y sera bientôt plus, qu’on le veuille ou non. Une fois le Brexit réalisé, deux des plus grandes puissances européennes seront hors de l’Union. C’est loin d’être anecdotique.

Confondre Europe et Union européenne n’est pas neutre dans le débat politique autour des élections européennes ; celui qui n’est pas favorable à l’Union européenne est facilement présenté comme n’aimant pas l’Europe, l’usage abusif du mot haine n’étant jamais loin. Ce n’est pas la réalité, loin de là.

Je suis Français, Européen, j’ai vécu dans 3 pays d’Europe, ma conjointe est issue d’un autre pays européen, je parle couramment 4 langues européennes que j’ai utilisées dans mon activité professionnelle. J’ai fait des affaires dans la majorité des pays de notre petite région du monde. Mieux encore, je vis désormais depuis 6 ans hors d’Europe et ce contraste m’amène à apprécier encore davantage notre pointe ouest du continent eurasiatique.

Je n’aime pas l’Europe, je l’adore. J’ai eu la chance de la visiter, de Syracuse à Stavanger et de Cardiff à Tcherepovets, en passant par Kazincbarcika. Notre continent est une terre de liberté (surtout depuis 19891), d’histoire, de culture, mais aussi de science et de technologie. Ce qui ne gâte rien, son climat est assez tempéré, ses paysages fort variés pour une si petite portion du monde.

Or, je suis eurosceptique, c’est-à-dire, en fait, UEsceptique. L’objectif officiel de l’UE est une union toujours plus poussée, et c’est un mauvais projet auquel je suis opposé. Je n’approuve pas le fonctionnement de l’Union européenne, son manque de responsabilité et sa corruption systématique, en particulier les fonds structurels, fort indésirables. J’adore l’Europe et c’est en fait pourquoi je souhaite le Frexit, et vite ; même si je comprends fort bien qu’on puisse être en désaccord avec mon point de vue.

À mon sens, ce qui caractérise puissamment l’Europe, c’est une tension fondamentale entre son union et ses rivalités. Par union, j’entends non pas une quelconque bureaucratie supra-nationale mais une histoire culturelle commune ; voyagez de Budapest à Brest et vous serez frappés de retrouver la même histoire architecturale un peu partout : traces romaines, styles roman, gothique, baroque, classique, puis moderne. On ne peut échapper, avec des variations régionales qui en augmentent le charme, à cette unicité esthétique qui découle de notre histoire commune.

Mais à ce patrimoine commun ne correspond pas une union politique. Il s’est construit au contraire dans une région du monde où l’on n’a pas cessé de se faire concurrence et se battre, où toutes les tentatives d’empire sur l’ensemble de l’Europe ont échoué. Nul besoin ici de lister toutes ces guerres.

Une interprétation historique nous explique que cette concurrence entre les États européens est ce qui nous a permis, pour le meilleur ou pour le pire, de conquérir le monde. Cette théorie est partagée par Jared Diamond dans De l’inégalité parmi les sociétés : la Chine était partie à la conquête du monde un siècle avant les Européens, et était fort en avance sur eux, avec sa formidable flotte de jonques géantes de l’amiral eunuque musulman Zheng He. Les Chinois étaient implantés en Afrique et auraient pu arriver chez nous avant que l’inverse ne se produise. Que s’est-il passé ? La Chine était unie politiquement, sous l’autorité d’un seul homme, l’empereur. L’un d’eux s’est soudain senti mal à l’aise avec la conquête du monde et a décrété qu’elle devait cesser. C’en était fini.

L’Europe, par contraste, n’était pas unie politiquement. Sa conquête du monde s’est  faite dans la concurrence : d’abord les Portugais, puis les Espagnols, les Hollandais et les Flamands, puis bien sûr les Britanniques, les Français, les Russes et même les Allemands. Aucun souverain n’aurait pu à aucun moment y mettre fin. C’est la désunion et la concurrence qui a permis à l’Europe de dominer le monde.

Il en résulte qu’il paraît légitime et raisonnable de défendre l’Europe en tant qu’union spontanée, culturelle, historique, commerciale, scientifique, universitaire, entre États consentants ; mais pas l’Union européenne en tant que bureaucratie supra-nationale de plus en plus centralisée.

De plus, je trouve douteuse la version selon laquelle nous devons la paix à l’Union européenne, comme je l’ai déjà développé par le passé.

La conclusion est fort simple : on peut parfaitement adorer l’Europe et souhaiter sortir de l’Union européenne. Il n’y a rien là d’incohérent. Or, la confusion systématique entre ces deux termes a entre autres pour but de faire croire le contraire. Ne nous laissons pas prendre à cet argument bon marché.

Non, l’Union européenne n’est pas l’Europe. L’Europe a connu sa gloire avant l’Union européenne, qui tend plutôt à la ternir. L’Union européenne n’aura à mon avis qu’un temps, et l’Europe pourra très bien connaître une renaissance sans elle.

 L’Union européenne ne fait plus rêver personne

 Pour Emmanuel Macron, l’Europe doit s’aligner sur la France

 La République tchèque tourne le dos à l’Europe

« C’est la désunion et la concurrence qui a permis à l’Europe de dominer le monde. » Certes mais l’auteur a oublié la fin de la phrase « et qui lui a également permis de déclarer deux guerres mondiales, de mettre au pouvoir le communisme et le nazisme ».

Franchement il faut être sacrément gonflé pour oublier ce qu’a été l’Europe au 20°siècle. la désunion s’est transformé en rivalité , la concurrence en conflits ouverts.

L’auteur oublie que nous sommes au 21° siècle que, « la conquete du monde » par l’Europe est bien finie et que les états nations européens ont bien réussis à détruire l’Europe et que nous en payons encore le prix. Non, « l’Europe des nations  » ca ne veut plus rien dire. Un processus d’unification est souhaitable, au dessus des états nations qui ont faillis.

Leipreachan

Que dire ?

En regardant par la fenêtre la nuit, je vois les lumières des villages au milieu des vignes à flanc de coteau du Pays de Bade;

lorsque le brouhaha du quotidien se calme, j’entends du fond de mon lit l’écho du grondement sourd des péniches hollandaises remontant le Rhin vers Bâle.

Mon père venait de Vénétie, mon épouse est née en Bourgogne de parents réfugiés d’Allemagne de l’Est, du coté de ma mère on cultive la vigne en Alsace (et en alsacien) depuis le moyen âge.

Moi même je n’ai travaillé en tout et pour tout que 3 ans en France.

Mon Europe est là, dans mon quotidien, au fond de mon âme, et je ne sais que dire à tous ces politiques qui me l’expliquent, je me dis juste que je ne peux compter, comme je l’ai toujours fait, que sur moi même.

Par Patrick de Casanove.

Les élections européennes approchent et le landerneau politique s’agite. La vérité est que ce que les politiciens nomment la construction européenne est en panne : la grenouille populaire s’est rendue compte que l’eau du bocal chauffait.

L’Union européenne a été construite par des technocrates et des politiciens au mépris des populations et des pays.

Pour les europhiles, l’Europe nous protège et nous a permis de vivre en paix depuis la Seconde Guerre mondiale. Il faut donc aller plus avant dans l’intégration européenne. Pour les eurosceptiques, non seulement l’Europe ne nous protège en rien, mais elle détruit les nations, les peuples et leurs cultures. Il faut donc retourner au souverainisme. D’un côté il existe une fuite en avant dans la technostructure, de l’autre ceux qui rejettent cette technostructure pesante imposée et veulent le retour à l’État-nation. Qui est une autre technostructure.

L’ENNEMI ULTRALIBÉRAL

Ces catégories quittent parfois leurs chamailleries pour se retourner contre l’adversaire commun : le libéralisme. Chacun sait que la cause des malheurs de l’humanité en général, de l’Union européenne en particulier et de la France plus précisément, est l’ultralibéralisme. C’est pourquoi ces deux lignes se rejoignent sur l’Europe puissance et/ou le protectionnisme intelligent contre le marché libre.

Il est admis que les initiateurs de l’Union européenne voulaient en faire les États-Unis d’Europe. Nous n’en sommes plus là.

À petits pas mais inexorablement les politiciens du courant idéologique principal nous bâtissent l’Union Soviétique d’Europe. Il suffit d’observer quelles sont les compétences de l’Union européenne pour constater que pas grand-chose ne lui échappe. Depuis sa création ses compétences s’étendent sans cesse. Celles de la Commission européenne, qui n’est pas élue, parachèvent le système. La Cour de Justice Européenne le verrouille.

L’alibi actuel des politiciens est que pour traiter de puissance à puissance avec les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde etc. il nous faudrait une Europe puissante. Traiter de puissance à puissance relève d’un raisonnement étatiste. Pour eux cette puissance ne peut donc qu’être un super-État européen.

Les politiciens français sont particulièrement en pointe dans ce domaine de super-État. Il faut reconnaître que leur expérience sur plusieurs décennies pour transformer une grande puissance économique en puissance moyenne sur le déclin donne un crédit particulier à leurs propositions. La France, Union Soviétique qui a réussi, est en train de s’effondrer. Ses politiciens cherchent à transférer leur échec, chômage, crise sociale et culturelle, dettes, déficit sur une nouvelle Union Soviétique. Une Europe a-culturée, dépensière, centralisatrice et technocratique serait leur idéal.

LE MIRAGE DE L’ÉCONOMIE ADMINISTRÉE

Comme leurs politiciens, beaucoup de Français formatés au collectivisme centralisateur trouvent que la voie française de l’économie administrée est la meilleure. Ils ne voient aucun inconvénient à ce que cette politique étatiste qui a si bien réussi à la France soit appliquée à l’Europe entière. Ils savent que des millions de Français vivent dans la pauvreté et le chômage chroniques. Mais ce n’est arrivé, croient-ils, que parce que nos partenaires en Europe et ailleurs n’ont pas adopté notre merveilleux modèle social. Ils nous font donc une concurrence déloyale.

C’est pourquoi ils sont persuadés qu’il nous faudrait un gouvernement européen pour uniformiser tout cela, dans le sens français évidemment, et causer d’égal à égal avec les autres puissances planétaires.

Les politiciens utilisent souvent l’argument que l’Europe n’est pas endettée. Ils n’ont rien compris. Ce ne sont pas les États, ni un super-État, ni les instances supranationales qui paient. Quels que soient les prélèvements, impôts, taxes, charges, quelles que soient leurs modes de calculs, ce sont toujours les individus qui paient. De même que ce sont toujours les personnes qui échangent. Ce ne sont pas les États.

« Protectionnisme intelligent » est un oxymore. La mode est à « plus protectionniste que moi tu meurs. » Malheureusement au final c’est souvent ce qui se passe : les gens meurent. Quand le protectionnisme est mené au bout de sa logique les individus meurent car la guerre en est alors la conséquence inéluctable. L’Histoire l’a amplement démontré. Les États s’emparent par la violence de ce que les individus ne peuvent plus obtenir par l’échange libre.

Le libre-échange n’est pas synonyme d’internationalisme. Par exemple il n’a rien à voir avec l’internationalisme socialiste qui fait peu cas des individus et regroupe des partis et des organisations politiques. Le libre-échange aurait pu être synonyme de mondialisation au sens où n’importe quel individu, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, peut échanger librement ce qui lui appartient avec n’importe quel autre individu, quel qu’il soit et où qu’il se trouve.

L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen qui a créé ou acquis un produit doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de la justice. (Frédéric Bastiat, Association pour la liberté des échanges. 1846)

LA VOIE DE LA MONDIALISATION

Malheureusement la mondialisation a pris une autre tournure. Les échanges inter individuels sont ignorés au profit d’une mondialisation qui tourne maintenant autour des accords multilatéraux, des technostructures supra-nationales ou internationales, du capitalisme de connivence, des groupes de pression ou lobbies. C’est la mondialisation de puissance à puissance. C’est la mondialisation de l’étatisme, d’où la montée en parallèle du protectionnisme.

Le libre-échange, basé sur des relations inter-individuelles, fait fi des différences et désaccords religieux, politiques, ethniques, culturels etc. Les États non. Frédéric Bastiat a écrit de très belles pages sur le libre-échange. Notre époque étant plus visuelle, il est impossible de ne pas recommander « Le crayon jaune » de Milton Friedman, la quintessence de la pédagogie en faveur du libre-échange. En le regardant il est facile de comprendre que c’est le libre-échange qui a apporté la paix en Europe et pas la technostructure. Il est facile de comprendre aussi que le libre- échange n’a pas besoin d’autorité centrale, de technostructure, commission, parlement ou agences. La protection contre le capitalisme de connivence et les lobbies est dans la liberté économique car il n’y a pas d’autorité centrale à convaincre.

Passer d’un super-État à un État-nation ne protège pas des lobbies. Les lobbies changent simplement de cible. Ils sont des groupes de pression sur un pouvoir législatif ou exécutif, voire judiciaire. Leur but est toujours d’obtenir des lois à leur profit pour bénéficier de la spoliation légale, ou des lois pour y échapper. S’il n’y a plus de spoliation légale les lobbies et le capitalisme de connivence perdent leur raison d’être.

La liberté économique dans chaque pays est donc première. La liberté économique est la liberté de produire, échanger, distribuer, consommer des biens et des services, contracter avec des tiers. La forme la plus élevée de liberté économique implique un droit de propriété absolu, la liberté de mouvement des individus, du travail, du capital, des marchandises et une absence totale de coercitions de l’État, en dehors de celles qui sont nécessaires pour garantir les droits naturels individuels universels (Liberté, Propriété, Personnalité).

En d’autres termes, dans un régime de liberté économique les individus sont libres de travailler, produire, consommer, et investir de la manière qui leur convient, sans intervention de l’État, et cette liberté est protégée par l’État. On comprend alors que la liberté économique ne se limite pas à l’économie au sens traditionnel du terme. Elle constitue une éthique de vie.

« L’Union européenne est l’une des économies les plus ouvertes sur l’extérieur. Elle est aussi le plus grand marché unique au monde ». Mais quand on se penche sur la mappemonde de la liberté économique il saute aux yeux que les pays libres ou plutôt libres économiquement sont minoritaires en Europe et globalement situés au nord du continent. Ce sont aussi les plus prospères. Économie ouverte sur l’extérieur n’est pas synonyme de liberté économique à l’intérieur.

LE PROTECTIONNISME PAS SI INTELLIGENT

C’est donc une erreur de croire que les difficultés que les pays européens rencontrent chez eux, entre eux et à l’extérieur de l’Union sont liées au libre-échange et à une concurrence déloyale. Les problèmes auxquels les pays européens sont confrontés ont des causes endogènes. Le protectionnisme intelligent ne ferait qu’aggraver la situation parce que les États ne se remettraient pas en question, la dégradation de la situation continuerait, pour y remédier les États accentueraient alors leur mainmise sur l’économie, et aggraveraient la situation.

Rendre la liberté économique aux Européens est donc le premier chantier. Il est immense en particulier en France. Ce devrait être un des thèmes majeurs de la campagne parce que toute la suite, politique intérieure, politique européenne et internationale, découle de cette liberté. Pour qui aime un tant soit peu son pays et fait preuve de bon sens, le véritable patriotisme économique consisterait à réclamer la liberté économique.

Quand celle-ci sera réalisée dans chaque pays européen, la prospérité sera au rendez-vous. C’est la prospérité de chaque pays qui donnera à l’Europe sa puissance dans le respect des populations européennes, de leurs cultures, de leurs différences. Harmonie économique ne veut pas dire uniformisation.

Les vieilles nations européennes ne sont pas obligées de mourir pour que l’Europe vive. Encore moins d’être assassinées. Dans un espace de liberté économique il reste aux États à garantir cette liberté à chacun. Cela ne passe pas par un super-État. Les pays actuels peuvent parfaitement jouer ce rôle en tenant compte de leur histoire et de leur culture.

C’est parfaitement compatible avec un territoire sur lequel s’exerce la souveraineté du pays. Territoire sur lequel l’État garantit les droits Naturels individuels universels, assure à ses habitants la justice, la sécurité intérieure et extérieure. Un État qui ne se disperse pas dispose de fonctions régaliennes efficaces, des services de renseignement et de sécurité performants, d’une justice équitable concentrée sur les atteintes aux biens et aux personnes.

LA LIBERTÉ PROTÉGÉE PAR LA CONCURRENCE

Les nations peuvent bien entendu coopérer étroitement dans le domaine de ces fonctions régaliennes. Cela n’implique absolument pas la fermeture des frontières aux marchandises ni aux personnes. Bien au contraire, leur ouverture est indispensable à une concurrence entre pays au profit des personnes. Ainsi la liberté individuelle sera protégée aussi par cette concurrence.

Les frontières territoriales dites naturelles parce que reposant sur la géographie, et les frontières culturelles ne sont pas infranchissables pour les Hommes de bonne volonté. Les seules barrières véritables et solides sont les frontières légales et administratives quand elles sont fermées. C’est une erreur de croire que la fermeture de ces frontières est une garantie de sécurité. La meilleure garantie de paix et de sécurité se trouve quand les habitants peuvent accomplir leurs projets personnels, quand ils sont confiants, savent qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont. En résumé quand ils sont libres et responsables de leur vie.

Quant à ce que l’on appelle couramment aujourd’hui l’immigration on se reportera à l’excellent texte de Pascal Salin : L’immigration dans une société libre extrait du chapitre 11 de son livre Libéralisme, ed. Odile Jacob, Paris, 2000. Il en ressort qu’aujourd’hui c’est l’étatisation de l’immigration qui est la cause des problèmes.

Une société libre est une société où tout individu a le droit d’agir comme il l’entend, sans subir aucune contrainte, à condition qu’il respecte les droits légitimes des autres. C’est dire qu’une société libre est fondée sur la reconnaissance et la défense des droits de propriété. (…) La liberté de migration ne signifie donc pas qu’un étranger a le droit d’aller là où il veut, mais qu’il peut aller librement là où on veut bien le recevoir. (…) Le refus de vente ou le refus d’acheter, le refus d’émigrer ou le refus d’accepter un migrant relèvent de la perception du monde par chacun et de sa propre morale. On ne peut pas imposer aux autres une morale de résultat. La morale c’est précisément de respecter les droits de chacun, y compris, par conséquent, les droits de celui qui refuse l’échange avec un étranger.

LA FICTION DU SUPER-ÉTAT

Les libéraux croient au libre-échange et à la liberté économique mais ils n’ont pas confiance en l’État. « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État (1848). Ils croient que l’État est nocif et que le super-État est super-nocif. Ils ne confondent pas la loi et la justice quand la loi est pervertie.

Les libéraux classiques se réclamant de Bastiat croient que toute personne dispose de droits naturels individuels qui pré-existent à la loi. Ils croient que ces personnes ont une histoire, des racines et une culture. Ils croient que la nation, communion d’individus en un peuple vivant, est différente de l’État, technostructure coercitive. Ils croient que ce sont ces individus libres qui construiront spontanément leur Europe.

Ce sont ces individus libres qui si nécessaire, se défendront, défendront leur famille et leur pays. On remarquera qu’il ne semble pas que les Suisses, individus libres s’il en est, qui ont construit leur Confédération, bénéficient du deuxième PIB mondial par habitant au sein du pays le plus économiquement libre d’Europe, (qui plus est hors Union), divisé en 26 cantons et 4 langues, souffrent de ne pas avoir un rapport à puissance égale avec la Chine, l’Inde, la Russie ou les États-Unis.

La petite bête

Les Américains veilleront toujours à ce qu’il n’y ait pas d’Europe puissance. Et ce n’est pas avec les dirigeants actuels que cela pourrait arriver, vu qu’ils sont tous ou presque, inféodés aux Etats-Unis.

«Le populisme européen combat l’oligarchie cosmopolite et l’Europe de Bruxelles sous l’étendard du souverainisme nostalgique. Mais le souverainisme nostalgique a trop tendance à jeter le bébé européen avec l’eau du bain bruxellois. L’ambiguïté du souverainisme nostalgique tient au fait que la souveraineté sans la puissance de conduit à rien. Or dans un monde multipolaire, la puissance en Europe n’est plus nationale mais continentale.

Dans le monde multipolaire qui vient, l’Europe n’a pas d’autres options que la puissance et l’unité. Le souverainisme n’a donc de sens qu’au plan européen, il ne peut plus être une fin en soi, mais seulement le moyen du retour de la puissance et de la souveraineté de tous les Européens. Un populisme conséquent doit le comprendre. D’autant que retrouver les voies de la puissance de la souveraineté de l’Europe revient aussi à s’affranchir de la domination que la super classe mondiale exerce sur notre continent.

L’actuelle Union atteint ses limites parce que, par construction pourrait-on dire, elle a répudié les attributs de la souveraineté politique, notamment la puissance militaire, le respect des frontières et l’indépendance diplomatique. Il ne s’agit pas d’un hasard mais de l’intention délibérée de la super classe mondiale qui ne voulait pas d’une Europe souveraine. C’est notamment aussi pourquoi on a fait une monnaie unique sans Etat unique.

Un populisme conséquent doit reprendre la construction européenne l’oligarchie l’a volontairement arrêtée : faire de l’Union un instrument de la puissance et de l’indépendance de tous les Européens. Un espace économique protecteur, une défense européenne autonome, libérée de la tutelle atlantiste de l’OTAN, des frontières sûres, une diplomatie indépendante, une Europe qui on finirait aussi avec la repentance maladive, c’est-à-dire la haine de soi.

Ce souverainisme européen devrait donc prendre aussi le contre-pied de «l’Europe allemande» que la super classe mondiale nous concocte actuellement en profitant de l’éclipse française, c’est-à-dire une Europe réduite à l’économie, alignée sur les États-Unis, ouverte à tous les migrants de la planète, restreignant en permanence la liberté d’expression des Européens et confite d’écologisme agressif et de repentance éternelle.» (Michel Geoffroy, « la super classe mondiale contre les peuples »)

Jacques Peter

« Les Américains veilleront toujours à ce qu’il n’y ait pas d’Europe puissance »

Ils ont pourtant beaucoup poussé à la création de la CED à l’époque, puis de la CECA et finalement de l’UE, ce qui d’ailleurs révulse Philippe de Villiers dans son dernier livre (« j’ai tiré sur le fil… »). Et aujourd’hui encore, Trump insiste pour que l’UE prenne part au fardeau de sa défense.

Balthazar

L’Europe forte…

Deux type de force :

– l’économique : la force de l’Europe (pas de l’Union Européenne, la techno-structure) réside en la force des peuples la composant, de leur industries, de leur recherche etc…

Elle ne réside pas dans l’UE technocratique…

– le militaire : C’est un point capital. On écoute le pays qui a une grosse armée, efficace, unie, à commandement efficace donc soumis à la tutelle d’un commandement politique « court », « local », à langage précis et bien compris… Armée forcément nationale (dans le sens « Nation » de Renand).

Nous sommes aux antipodes de tout cela. La puissance militaire de l’UE est « juste » nulle. Les deux seules armées ayant un bon potentiel (même si poussé aux limites, notamment en matériel pour la France) sont l’armée Anglaise (Brexit) et la notre. L’Allemagne, par repentance « pathologique » et intérêt économique a totalement négligé ce poste. Ne parlons pas des autres pays.

Nous sommes donc, pour notre protection, et malgré l’ « abandon » partiel de Trump sous la « tutelle » des USA. Cette dépendance ne peut se limiter strictement au domaine militaire…le « protecteur » demande, et obtient toujours, des contreparties dans les autres domaines.

Guy

@leham

1) Il n’y a pas de guerre économique, il n’y a pas de champs de bataille avec des morts, des blessés et des destructions matérielles. Les producteurs moins efficaces doivent simplement accepter un niveau de vie globalement inférieur à celui des producteurs plus efficaces, il ne peut en être autrement. Bien sûr, au sein d’un groupe de producteurs moins efficaces (par exemple les habitants du Venezuela), il peut y avoir des disparités abyssales de niveau vie entre ceux qui ont le pouvoir de s’accaparer le peu qui reste et les autres, comme dans tout système socialiste.

2) Si les multinationales ont éventuellement un pouvoir de chantage à l’emploi sur les États, c’est d’abord parce que ceux-ci existent, ensuite parce que ces mêmes États empêchent les individus placés sous leur domination de créer, d’échanger, d’épargner et d’investir. Or c’est le capital qui permet d’embaucher des travailleurs et de leur verser un salaire élevé. Sans capital, pas de progrès technique, productivité très faible et salaires correspondants.

3) Oui, c’est le rapport de force qui compte, c’est pourquoi les libéraux doivent être nombreux. Mais ce n’est certainement avec des individus comme vous, qui rejettent le libéralisme, qu’on y arrivera.

4) Le capitalisme dit « de connivence », qu’il serait plus approprié de nommer socialisme, ne peut se développer que là où il y a un État qui peut imposer des taxes et des règlements par la force, et ce d’autant plus que cet État a une vocation à s’occuper de tout qui lui est reconnue par par une majorité de gens. Plus un État est socialiste plus il redistribue au détriment des faibles au profit des puissants. Les faibles devraient donc être les premiers partisans du libéralisme. Pour leur malheur, ils le sont rarement, préférant s’agripper à la structure qui les oppresse qu’ils considèrent ironiquement comme leur seule planche de salut. La création d’un super État européen (actuellement embryonnaire mais déjà extrêmement nocif) ne fera que le renforcer.

5) Le « démantèlement » des « services publics » est un mythe. Si non, comment expliquez-vous la progression constante des prélèvements obligatoires ? La dégradation des « services publics » est inhérente à leur financement par la contrainte. Pourquoi se fatiguer à satisfaire les usagers quand ceux-ci sont contraints de payer quoiqu’il arrive ?

6) La dégradation des « services publics » n’est donc pas libérale mais socialiste. Une politique libérale consisterait à autoriser quiconque à fournir les dits « services publics » et à n’obliger personne à financer ceux qui existent déjà, tout en autorisant ceux qui le souhaitent à continuer à le faire.

7) Vous critiquez l’article sans même l’avoir lu ! L’auteur y prône la liberté des échanges à tous les niveaux, que ce soit avec votre voisin, comme avec les habitants d’un pays lointain. A l’opposé du « repli sur soi » !

8) Partant de prémices fausses, votre conclusion est à l’avenant. Pour votre information, le « Royaume Uni » n’est toujours pas sorti de l’Europe, bien que ses habitants aient votés majoritairement pour il y a trois ans ! Belle illustration du caractère non démocratique des États européens et du fait que l’Union n’est qu’une construction anti populaire dont l’unique objet est d’asseoir, voire de renforcer, le pouvoir de ses promoteurs, qui ne sont autres que les dirigeants des États qui y adhèrent. L’union vise à éliminer la concurrence entre les États membres, donc à renforcer la coercition et l’exploitation des faibles par les puissants.

Guy

@leham

Le libéralisme est une philosophie du Droit, affirmant que personne n’a le droit d’exproprier personne, ou, dit autrement, que personne n’a le droit de pendre à quelqu’un d’autre ce qui lui appartient sans son consentement. Les libéraux définissent la propriété de manière à ce que cette définition soit universelle (la même pour tous). Ainsi, chacun est propriétaire de son corps, du fruit de son travail et de ce qu’il a acquis via l’échange volontaire (doublement consenti) avec d’autres. Le libéralisme ne peut exister que si une majorité de gens adhère à cette idée simple. C’est pourquoi nous, libéraux, dans la mesure de nos moyens, et sans exiger de qui que ce soit qu’il le fasse à notre place (ce qui serait contraire à ce en quoi nous croyons) agissons pour la diffusion de cette idée, sans violence et sans menace de son emploi (idem). C’est ce que nous proposons.

J’ai cru comprendre que pour vous, la propriété est une notion métaphysique, auquel cas, effectivement, en tant qu’êtres éphémères, du moins ici bas, nous ne sommes jamais propriétaires de rien. La propriété dont nous discutons ici est tout autre, c’est une notion opérationnelle pour la vie sur terre telle que nous la connaissons : est propriétaire de quelque chose celui qui en décide de la destination. D’ailleurs il semble que les conditions de la vie sur terre vous préoccupent, si j’en crois ce que vous venez d’écrire, car vous êtes très concret à certaines occasions.

A la question de savoir si certains individus ont le droit d’en exproprier d’autres, il n’y a que deux réponses possibles : oui ou non. A vous de choisir.

Concrètement.

1) La misère et la précarité sont les conséquences du socialisme (qui est le contraire du libéralisme). C’est parce que nous y sommes sensibles que nous sommes libéraux. Comment prospérer quand on vit sous la menace constante de l’expropriation par plus fort que soi ?

Non, nous ne sommes pas libres de changer les lois de la nature. Tout ce que nous pouvons faire c’est de nous y adapter, de les apprendre et de tirer parti de notre intelligence pour les exploiter d’une manière qui nous soit favorable. La rareté est l’une des conditions de la vie sur terre, que vous le veuillez ou non. D’ailleurs, si tel n’était pas le cas, aucun problème de Droit ne se poserait et nous ne serions pas là à en débattre.

La coopération et une vie aussi harmonieuse que possible, c’est exactement ce que prône le libéralisme (lisez l’article qui traite, justement, du libre échange !). C’est le socialisme qui conduit à la compétition et au conflit permanent pour échapper à l’expropriation, pour faire partie des expropriateurs et pour le partage du butin.

2) Déjà répondu. Vous feignez de vivre dans un monde magique sans rareté, auquel cas vous ne pouvez survivre qu’en expropriant les autres, ceux que vous soumettez aux lois de la nature à votre place.

3) Déjà répondu en introduction (avant 1)).

4) Non, le socialisme ne peut être vendu au libéralisme. Lisez la définition du libéralisme et du socialisme. Les deux sont irréconciliables, incompatibles et aucun ne peut se « vendre » à l’autre. C’est l’un ou l’autre, à l’exclusion de toute autre alternative.

Par quel miracle les dirigeants de l’État, qui disposent du monopole de la violence dite légale, ne s’en servirait-ils pas pour s’enrichir au détriment des autres ? Que diriez-vous si les dirigeants de Google ou Microsoft, en sus des milliards dont ils disposent, disposaient aussi d’une police, d’une armée et d’une justice qui puissent vous contraindre à acheter leurs services même si vous n’en voulez-pas ? Les hommes de l’État seraient-ils des Saints ?

En fait, la propagande étatique est tellement omniprésente qu’elle semble avoir réussi à vous persuader que les maux dont nous souffrons proviennent du libéralisme alors qu’ils viennent du socialisme. Faudra-t-il que nous en arrivions au niveau du Venezuela pour vous faire changer d’avis ?

5) Vous oubliez la lutte pour le partage du butin. Plus les hommes de l’État étendent leurs domaines d’intervention, moins il reste de ressources pour chacun des domaines. Comme il n’y a aucun moyen rationnel de savoir combien il faut consacrer à l’éducation, à la justice, à la lutte contre le réchauffement climatique, au comité bidule, au conseil supérieur machin, à la haute autorité truque, à la police, à la poste, aux hôpitaux, à la lutte contre les « discrimination » à celle contre les « inégalités » en tous genre…, ce partage se fait selon la loi du plus fort et du plus influent, pas forcément selon vos souhaits à vous.

Le budget de l’État est bien en progression constante. On vient de passer la barre des 1300 Milliards d’Euros. Allez vérifier sur le site de l’INSEE. Quant à la prétendue « dette », c’est un impôt comme les autres car elle n’est jamais remboursée. Les intérêts d’emprunts sont payés avec de nouveaux emprunts, c’est magique ! La collusion entre système financier et États est inhérente au socialisme.

6) La conscience professionnelle, je connais. C’est parce qu’elle habite encore un certain nombre d’agents de l’État que certains « services publics » comme l’hôpital ou l’enseignement tournent encore. Mais, là aussi, les règlements kafkaïens et l’égalitarisme forcené finissent par venir à bout des meilleures volontés. Qui plus est, le financement par la contrainte pose au moins deux problèmes supplémentaires insurmontables, dont aucune conscience professionnelle ne peut venir à bout : la répartition des allocations déjà évoquée ci-dessus (partage du butin) et la mesure de l’utilité du service (à vrai dire, on n’en sait rien).7) et 8) Déjà répondu.

Vous ne me démontrez toujours pas en quoi nous ne serions dans une quelconque rareté.

Pour la rareté, je maintiens qu’il manque l’argent au bas de l’échelle, à ceux qui pourraient acheter et que c’est le système qui organise cette rareté sans volonté maligne de le faire.

Si la base de la société disposait de plus d’argent (droit à acquérir), il y aurait plus d’activité et peut être que là, nous serions en pénurie de main d’œuvre et vous auriez alors raison ! 

FRANÇOIS DUBET, UNIVERSITÉ DE BORDEAUX : « CHACUN PERÇOIT L’EUROPE DE SON PROPRE POINT DE VUE »

La question de l’identité est toujours enfermée dans le même paradoxe. D’un côté, l’identité semble inconsistante : une construction faite de bric et de broc, un récit, un ensemble instable d’imaginaires et de croyances qui se décomposent dès que l’on essaie de s’en saisir. Mais d’un autre côté, ces identités incertaines semblent extrêmement solides, enchâssées dans les subjectivités les plus intimes. Souvent, il suffit que les identités collectives imaginaires se défassent pour que les individus se sentent menacés et blessés au plus profond d’eux-mêmes.

Après tout, les centaines de milliers de sujets de sa Majesté qui ont manifesté le 23 mars contre le Brexit se sentaient Européens parce que cette part infime d’eux-mêmes risque de leur être arrachée, alors même qu’ils ne pourraient pas la définir précisément.

L’identité européenne en mouvement

Migrations européennes.

FNSP, Sciences Po, Atelier de cartographie, CC BY-NC-ND 

Je suppose que les historiens et les spécialistes des civilisations pourraient aisément définir quelque chose comme une identité européenne tenant aux histoires communes des sociétés et des États qui se sont formés dans les mondes latins, les mondes chrétiens et germaniques, les guerres répétées, les alliances monarchiques, les révolutions, les échanges commerciaux, la circulation des élites et les migrations intérieures à l’Europe.

Les histoires des États nationaux sont tout simplement incompréhensibles en dehors de l’histoire de l’Europe. Ceci dit, nous aurions beaucoup de mal à définir cette identité fractionnée, clivée, mouvante. Chacun perçoit l’Europe de son propre point de vue, et d’ailleurs quand les institutions européennes se risquent à définir une identité européenne, elles y parviennent difficilement.

L’identité européenne ne serait-elle qu’un leurre, un cumul d’identités nationales, les seules vraiment solides car étayées par des institutions ?

VIVRE L’EUROPE POUR L’AIMER

Les sondages, à manier avec précaution, montrent que les individus hiérarchisent leurs sentiments d’appartenance. On se sent Breton et Français, et Européen, et croyant, et une femme ou un homme, et de telle ou telle origine sans que dans la plupart des cas ces multiples identifications soient perçues comme des dilemmes.

Même ceux qui en veulent à l’Europe politique car trop libérale et trop bureaucratique ne semblent guère désireux de revenir aux mobilisations en masse pour défendre leur pays contre leurs voisins européens. Et ce malgré la montée des partis d’extrême droite un peu partout en Europe qui soulignent un attachement à l’identité nationale.

La monnaie commune a simplifié beaucoup les échanges entre les Européens, mais n’a pas effacé les disparités.

Pixabay, CC BY 

Au-delà d’une conscience politique explicite, il s’est ainsi formé une forme d’identité européenne vécue à travers les déplacements de populations, les loisirs ou modes de vie.

Beaucoup de ceux qui combattent l’Europe n’imaginent probablement plus de demander des visas et de changer des francs contre des pesetas pour passer deux semaines en Espagne.

Pourtant les démagogues accusent l’Europe d’être la cause de leurs malheurs, une attaque qui résonne de plus en plus fort dans les oreilles des groupes socio-économiques désavantagés.

Il n’est pas exclu que la critique de l’Europe procède davantage de l’amour déçu que de l’hostilité. L’identité européenne existe bien plus qu’on ne le croit. Il suffirait que l’Europe implose pour qu’elle nous manque, et pas seulement au nom de nos intérêts bien compris.

NATHALIE HEINICH, CNRS/EHESS : « DOIT-ON PARLER D’IDENTITÉ EUROPÉENNE ? »

Parler d’« identité » à propos d’une entité chargée de connotations politiques n’est jamais neutre, comme on le voit avec la notion d’« identité française » : soit on affirme l’existence de cette entité (« identité européenne ») en visant implicitement sa distinction par rapport à un collectif supérieur (par exemple l’Amérique, la Chine…), et l’on est d’emblée dans la revendication d’un soutien aux petits (« dominés ») contre les grands (« dominants ») ; soit on vise implicitement sa distinction par rapport à un collectif inférieur (la nation, la France), et l’on est dans la revendication d’une affirmation de la supériorité du grand sur le petit. Tout dépend donc du contexte et des attendus.

UNE EXPRESSION À DEUX SENS

Mais si l’on veut éviter une réponse normative pour s’en tenir à une description neutre, dégagée de jugement de valeur, alors il faut distinguer entre deux sens du terme « identité européenne ». Le premier renvoie à la nature de l’entité abstraite nommée « Europe » : ses frontières, ses institutions, son histoire, sa ou ses cultures, etc. L’exercice est classique, et la littérature historienne et politiste est abondante à ce sujet même si le mot « identité » n’y est pas forcément requis.

« Peut-on (encore) parler d’identité européenne ? » (« Is there (still) such a thing as European identity ? », Roger Casale, TEDx Oxford. 

Le second sens renvoie, lui, aux représentations que se font les individus concrets de leur « identité d’Européen », c’est-à-dire la manière et le degré auxquels ils se rattachent à ce collectif de niveau plus général que l’habituelle identité nationale. Le diagnostic passe alors par l’enquête sociologique sur les trois « moments » de l’identité – autoperception, présentation, désignation – par lesquels un individu se sent, se présente et est désigné comme « Européen ». Et cette enquête peut prendre une dimension quantitative, avec un dispositif de type sondage représentatif basé sur ces trois expériences. La question « Peut-on parler d’une identité européenne ? » ne pourra dès lors trouver de réponse qu’au terme d’une telle enquête.

UNE QUESTION POUR LES CITOYENS ET LEURS REPRÉSENTANTS

Mais les enjeux politiques de la question n’échappent à personne, et c’est pourquoi il faut avoir à l’esprit la fonction que revêt, dans la réflexion sur l’Europe, l’introduction du mot « identité » : il s’agit bien de transformer un projet économique et social en programme politique acceptable, voire désirable, par le plus grand nombre.

C’est pourquoi le problème n’est pas tant de savoir si l’on peut, mais si l’on doit faire de l’Europe un enjeu identitaire et non plus seulement économique et social. Et donc : « Doit-on parler d’identité européenne ? »

La réponse à cette question appartient aux citoyens et à leurs représentants – pas aux chercheurs.

NIKOLAOS PAPADOGIANNIS, UNIVERSITÉ DE BANGOR, ROYAUME-UNI : « L’IDENTITÉ EUROPÉENNE : UNE PLURALITÉ D’OPTIONS »

Le résultat du référendum britannique de 2016 sur l’adhésion à l’UE a provoqué des ondes de choc à travers l’Europe. Elle a entre autres suscité des débats sur la question de savoir si une « culture européenne » ou une « identité européenne » existe réellement ou si les identités nationales dominent toujours.

Il serait erroné, à mon sens, de passer sous silence l’identification de diverses personnes à l’Europe. Cette identification est l’aboutissement d’un long processus, en particulier dans la seconde moitié du XXe siècle, qui a impliqué à la fois les politiques des institutions de la CEE/UE et les initiatives locales.

La mobilité transfrontalière des jeunes depuis 1945 est un exemple clé de la première : elle a souvent été développée par des groupes qui n’étaient pas formellement liés à la CEE/UE. Ils ont tout de même contribué à développer un attachement à « l’Europe » dans plusieurs pays du continent.

Comme l’a montré le politologue Ronald Inglehart dans les années 1960, plus les jeunes « étaient jeunes » et plus ils voyageaient, plus ils étaient susceptibles de soutenir une union politique toujours plus étroite en Europe. Plus récemment, les programmes d’échanges Erasmus ont également contribué à développer des formes d’identification à l’Europe.

SE SENTIR EUROPÉEN

Simultanément, se sentir Européen et adhérer à une identité nationale sont loin d’être incompatibles. Dans les années 1980, de nombreux Allemands de l’Ouest se sont passionnés pour une Allemagne réunifiée faisant partie d’une Europe politiquement unie.

Une partie du mur de Berlin.

L’attachement à l’Europe a également été un élément clé du nationalisme régional dans plusieurs pays européens au cours des trois dernières décennies, tels que le nationalisme écossais, catalan et gallois. Un cri de ralliement pour les nationalistes écossais depuis les années 1980 a été « l’indépendance en Europe ». Il en est encore ainsi aujourd’hui. Il est assez révélateur que le slogan principal du Parti national écossais de centre gauche (SNP), le parti nationaliste le plus puissant d’Écosse, pour les élections du Parlement européen de 2019, soit : « L’avenir de l’Écosse appartient à l’Europe ».

DES OBJECTIFS NATIONAUX VARIÉS RÉUNIS SOUS LA BANNIÈRE ÉTOILÉE

Cependant, ce qui mérite plus d’attention est l’importance attachée à la notion d’identité européenne. Divers groupes sociaux et politiques l’ont utilisée, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Le sens qu’ils attachent à cette identité varie également. Pour le SNP, il est compatible avec l’adhésion de l’Écosse à l’UE. Le SNP combine cette dernière avec une compréhension inclusive de la nation écossaise, qui est ouverte aux personnes nées ailleurs dans le monde, mais qui vivent en Écosse.

Discours du leader du SNP et premier ministre écossais, Nicola Sturgeon, lors de l’ouverture royale du Parlement écossais le 2 juillet 2016. 

En Allemagne, par contre, l’AfD (Alternative für Deutschland, Alternative for Germany) d’extrême droite s’identifie à l’Europe, mais critique l’UE. Elle combine la première avec l’islamophobie. Un exemple clair de ce mélange est une affiche publiée par ce parti avant les élections de 2019. et demandant aux Européens de voter pour l’AfD, afin que l’Europe ne devienne pas une « Eurabie ».

Si l’identification à l’Europe existe, il s’agit d’un phénomène complexe, formulé de plusieurs façons. Cela n’implique pas nécessairement un soutien à l’UE. De même, les identités européennes ne s’excluent pas nécessairement mutuellement avec les identités nationales. Enfin, elles peuvent, bien que pas toujours, reposer sur des stéréotypes à l’encontre de personnes considérées comme « non Européennes ».

La bureaucratie de l’UE était inscrite dès l’origine dans les bâtiments de Bruxelles

L’architecture gigantesque et déroutante du quartier de l’UE correspond bien aux institutions qu’il abrite.

L’Union européenne est en crise. Quoi qu’il arrive avec le Brexit, son intégrité se voit en outre menacée par de puissantes forces antieuropéennes actuellement à l’œuvre de l’Italie à la Hongrie. Et la réaction du centre est assez peu prometteuse, comme le démontre la réponse autoritaire du président français Emmanuel Macron aux manifestations des «gilets jaunes». Voir la police antiémeute dans les rues de Paris tous les week-ends depuis novembre 2018 n’est pas le signe d’une Europe en paix avec elle-même. Bruxelles a des ennuis.

Cette crise se reflète dans le paysage même de l’Union européenne (UE), en particulier à Bruxelles, capitale notoirement dysfonctionnelle de la Belgique et, depuis 1958, capitale de facto et souvent tout autant dysfonctionnelle de l’Europe. La ville doit en grande partie ce statut impérial à un hasard de l’histoire. Comme l’a expliqué le philosophe belge Philippe Van Parijs en 2014, cela pourrait être dû au fait que, dans la plupart des langues, le nom «Belgique» commence par un B, ce qui plaçait le pays devant ses concurrents sur le plan alphabétique: c’est l’une des innombrables histoires qui circulent et participent à un récit de l’irrationnel, voire de l’absurde, qui n’est pas sans faire écho aux sentiments ressentis à l’égard de l’organisation qu’elle accueille.

Un quartier né par accident

Bruxelles n’est pas une très grande ville. Sa population en 2017 était officiellement estimée à 1,2 million de personnes. Néanmoins, c’est un territoire étonnamment complexe: divisée en pas moins de dix-neuf communes, elle a deux langues officielles et une structure politique à plusieurs niveaux qui entraîne, comme l’a écrit l’architecte belge Isabelle Doucet, un problème de «multiples casquettes». La prise de décisions politiques, écrit-elle, est largement considérée comme «opaque, si ce n’est «kafkaïenne».

Cette opacité politique s’accompagne d’un goût certain pour le grandiose. En dépit de sa taille relativement modeste, Bruxelles possède certains des bâtiments les plus impressionnants d’Europe, au premier rang desquels figure le Palais de Justice, aux proportions presque ridiculement démesurées. Conçu dans un style néoclassique par l’architecte local Joseph Poelaert, il fut bâti entre 1866 et 1883, mais jamais vraiment achevé. Il aurait été à l’époque le plus grand édifice jamais construit. Sa construction a impliqué la démolition d’une immense partie du quartier des Marolles et, en référence à Poelaert, le terme «architecte» est resté une insulte durant des années à Bruxelles.

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Cette mégalomanie architecturale est l’un des fruits des ambitions impériales qui poussèrent la Belgique à établir d’importantes colonies en Afrique au début du XXe siècle, lorsque le pays était au summum de sa puissance. D’une importance politique bien plus grande encore, l’empire récent qu’est l’Union européenne occupe, quant à lui, un quartier entier de la ville. Le «quartier européen», tel qu’il a été officieusement surnommé, se trouve à environ 1,5 km à l’est du centre médiéval. Il est traversé de part en part par la rue de la Loi, artère importante qui s’achève au Parc du Cinquantenaire, dont l’arc de triomphe (les Arcades du Cinquantenaire, 1905) rappelle bien de quelle manière le pouvoir se représente conventionnellement dans les villes impériales.

La partie européenne de la ville n’utilise pas du tout ces codes, cette image conventionnelle du pouvoir. Elle souffre d’un manque de «lieux de mémoire», selon Philippe Perchoc, analyste politique et universitaire spécialiste de l’Union européenne. Pour l’architecte et théoricien néerlandais Rem Koolhaas, ce manque constitue un «déficit d’image» plus existentiel, une incapacité de l’UE à donner des images convaincantes d’elle-même, peut-être parce qu’elle n’en a pas la possibilité. Pour Peter Vermeersch, écrivain et sociologue installé à Bruxelles, le quartier européen «c’est la grandeur mêlée au bric-à-brac (…) comme si l’on avait travaillé en visant la majestuosité, mais que l’on avait soudain été interrompu par un besoin de pragmatisme». Et de manière cruciale, peut-être, pour notre compréhension de l’Union, il ajoute: «On dirait qu’il ne sera jamais vraiment fini, ce qui est d’ailleurs un peu l’impression que donne tout Bruxelles-Capitale.»

Le quartier européen est né par accident. Les promoteurs immobiliers commencèrent à y entrevoir des opportunités de développement dès que la Communauté économique européenne (C.E.E.) puis l’Union européenne commencèrent à se demander comment elles allaient devoir façonner leur nouveau foyer. Ancien quartier résidentiel modeste d’environ 80.000 âmes, il possède désormais deux des plus grands bâtiments d’Europe: le Berlaymont, construit entre 1963 et 1969, qui est le siège de la Commission européenne, et à moins d’un kilomètre au sud, le complexe du Parlement européen, dont la construction débuta en 1988. Entre ces deux complexes se trouve désormais le bâtiment Europa, nouveau siège (depuis 2017) du Conseil européen et du Conseil de l’Union européenne, ainsi que l’imposant bâtiment Justus Lipsius que le Conseil européen (le comité des chefs d’État) a quitté en 2017. La rue de la Loi constitue l’axe principal autour duquel s’organise la quarantaine d’autres bâtiments des institutions européennes.

Il s’agit d’une architecture fade, sur laquelle le regard glisse sans y trouver d’intérêt. Une «monoculture bureaucratique».

C’est, à n’en pas douter, un quartier important et les bâtiments eux-mêmes sont souvent gigantesques, en particulier si on les compare à ceux d’autres grandes villes. Dans une petite capitale européenne, un bâtiment de 20.000 m² serait déjà considéré comme important. Mais à Bruxelles, les bâtiments sont dix fois plus grands: le bâtiment Justus Lipsius fait plus de 200.000 m² et le plus grand des bâtiments du parlement plus de 300.000 m². C’est l’une des plus grandes concentrations de bureaux au monde. Le marché immobilier à Bruxelles est dominé par ce seul client, qui s’est emparé de plus de la moitié des espaces de bureaux disponibles en ville. En tant que client, l’UE a discrètement créé un nouveau paysage dans cette partie de la ville.

Il s’agit toutefois, en majeure partie, d’une architecture fade, sur laquelle le regard glisse sans y trouver d’intérêt. Historienne de l’architecture belge et experte du Bruxelles moderne, Hilde Heynen déplore son manque «d’enthousiasme architectural». C’est une «monoculture bureaucratique», explique-t-elle, dans laquelle les habitations et les commerces sont rares. Cela s’explique en partie par sa conception, car l’UE, en tant que client, a demandé de manière répétée à disposer d’un endroit uniquement consacré au travail.

Manque de symbolisme

Mais c’est aussi dû en partie au marché, les bureaux du quartier étant devenus les propriétés les plus rentables de Bruxelles. La complexité politique de l’Union a ouvert un espace relativement libre: le marché a apporté des solutions que les autorités locales, empêtrées dans la complexité de leur gestion par comités, ne pouvaient mettre en place. Orienté vers le pouvoir, il a produit un paysage urbain qui ne représente pas le pouvoir de manière traditionnelle. C’est cette relative liberté du marché qui explique le manque de considération apporté à la forme extérieure des bâtiments: pour une organisation aussi soucieuse de symbolisme, l’UE a des bâtiments qui manquent singulièrement de symboles.

Le Parlement européen en est un bon exemple. Comme le remarque Hilde Heynen, il ne pouvait être officiellement commandé comme un parlement, parce que Bruxelles n’est pas officiellement la capitale de l’UE, mais sa capitale de facto. Le parlement ne pouvait être commandé que comme une sorte d’immense centre de conférence. Il n’y avait pas à en faire un symbole architectural du pouvoir.

En outre, la nature même du pouvoir européen fait que les bâtiments bruxellois ne sont pas toujours occupés. Pour tout dire, ils peuvent même ne pas servir du tout (à l’instar du Palais de Justice, dont une grande partie est inoccupée). Techniquement parlant, le parlement était un centre de conférence, puisque le site officiel du Parlement européen est à Strasbourg. Le complexe a été construit à partir de 1989 (par pure spéculation) par un consortium de promoteurs (la Société Générale de Belgique et Bacob) qui avait judicieusement entrevu la nécessité de proposer un lieu au Parlement lorsqu’il n’était pas en session à Strasbourg. Les promoteurs ont eu raison: à mesure que le Parlement de Bruxelles s’est agrandi, le besoin d’espaces de bureaux s’est accru et les locaux sont désormais trois fois plus grands qu’à l’origine. Le pouvoir implique un accroissement constant de l’espace physique.

Le quartier européen renvoie inconsciemment l’image même de sa propre bureaucratie, profondément déroutante

Étant donné la croissance inexorable des institutions et leur complexité, cela peut également entraîner des projets de construction qui s’éternisent de façon extraordinaire. Siège d’origine de la Commission européenne, le bâtiment Berlaymont (l’un des rares bâtiments facilement identifiables du quartier européen avec sa forme en croix et sa façade en rideau incurvé) a été déclaré dangereux en raison de la présence d’amiante et vidé pour être rénové en 1991, mais il n’a pu être rouvert qu’en 2004. La réhabilitation de l’édifice a duré treize ans (pour un coût d’environ 800 millions d’euros), alors que la construction d’origine n’avait pris que cinq ans.

Rien n’est simple à Bruxelles (en dehors de son besoin apparemment inexorable d’espace, qu’il soit occupé ou non). Pour répondre aux critiques sur son manque de symbolisme architectural, l’Union européenne a créé le bâtiment Europa, rare tentative de donner une nouvelle image à la Commission européenne. L’édifice, conçu par Philippe Samyn, est en effet une lanterne géante translucide suspendue dans un atrium. Les murs extérieurs sont transparents, composés d’un collage de châssis de fenêtres en bois récupérés sur des chantiers de démolition à travers toute l’UE.

Le bâtiment Europa, à Bruxelles, ici en 2016, combine une structure en forme de lanterne dessinée par le consortium de Samyn and Partners (Belgique), Studio Valle Progettazioni (Italie) et Buro Happold (Royaume-Uni), et un complexe Art-déco rénové, conçu par l’architecte Michel Polak en 1922 | Emmanuel Dunand. AFP

La transparence est plus dans le symbole qu’autre chose. La lanterne (qui abrite les bureaux) est, littéralement, opaque: ainsi, à l’image même de l’UE, l’édifice promet une ouverture sans vraiment la fournir. Le quartier européen renvoie inconsciemment l’image même de sa propre bureaucratie, profondément déroutante. La crise que connaît actuellement l’UE (trop complexe, trop grande et bien trop souvent trop opaque pour les personnes mêmes qu’elle est censée servir) était écrite dans l’architecture de ses bâtiments.

L’Europe, ce n’est pas du tout « la paix »

La paix n’a jamais eu besoin de l’Union européenne pour exister en Europe

parGuillaume Bigot –

L’Europe, ce serait la paix. Et c’est même ce qui la rendrait si indispensable. Problème: la paix n’a jamais eu besoin de l’Union européenne (ou de ses ancêtres) pour exister en Europe. 

« L’Europe, c’est la paix ! L’Europe, c’est la paix ! L’Europe, c’est la paix ! L’Europe, c’est la paix ! » Les mainates eurobéates et autres petits oiseaux de cette campagne ont beau sortir leurs disques rayés du siècle dernier, la pétition de principe ne résiste pas à l’examen. On a beau répéter que la construction européenne protège la paix, l’assertion n’en est pas moins fausse et archi-fausse.

La paix a précédé l’Europe politique

La Suisse n’est pas dans l’Union européenne (UE). Pourtant, aucune guerre n’est concevable contre ce pays avec lequel nous partageons des frontières. Pourquoi ? Évidemment car, au-delà de nos différences culturelles et linguistiques, nous partageons les mêmes valeurs politiques démocratiques et humanistes.

Nathalie Loiseau: pour être souveraine, la France doit être soumise à l’Europe

En Europe, l’appartenance à l’UE n’est pas du tout une condition de la paix. Mieux encore, au sein de l’UE, la paix a précédé l’intégration dans l’UE. D’ailleurs, tant que les anciens régimes puis les totalitarismes voulurent agresser et soumettre les démocraties sur le vieux continent, il y eut la guerre.  Lorsque les peuples et les dirigeants européens finirent tous par se ranger du côté de la démocratie, ce péril recula.

C’est l’Europe qui découle de la paix et non l’inverse.

Pax germanica

La « grande guerre », par exemple, n’est pas née du seul choc des nationalismes, comme on ne cesse de nous l’enfoncer dans le crâne, mais des rivalités impériales et commerciales et des risques  de collapsus d’empires et de régimes autoritaires croulants.

La Seconde Guerre mondiale est, quant à elle, née de la sortie de l’Allemagne de la démocratie. Seules la férocité des combattants de l’Armée rouge et les 300 000 tonnes de bombes incendiaires ont converti les Allemands à la démocratie, une conversion sincère mais qui n’a rien à voir avec l’unification de l’Europe.

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Ce qui a permis le rapprochement des peuples allemands et français, ce n’est pas Erasmus, qui n’existait pas en 1963, mais la main tendue par De Gaulle et acceptée par Adenauer lors du traité de l’Elysée. La profonde réconciliation entre les deux peuples a suivi. Aucun rapport donc avec l’UE, la CEE ou la CECA.

Autre facteur, existentiel celui-là, ayant favorisé la paix et qui n’a strictement aucun rapport avec les traités européens, c’est la dissuasion nucléaire qui a jusqu’ici maintenu la paix sur le Vieux continent, voire entre grandes puissances mondiales. Le traité instituant la CECA (qui visait à empêcher l’Allemagne de réarmer alors qu’elle était morcelée, en ruines et qu’elle n’en avait pas le droit) n’a donc rien à faire dans le maintien de la paix entre nations européennes.

L’Europe, c’est la guerre

La psychologie de l’UE, sa tentation permanente à finasser, à couper les cheveux en quatre laisse mal augurer de sa capacité à stopper la guerre. Son réflexe pavlovien, si un conflit éclatait, consisterait sûrement, comme l’écrivait Albert Cohen à propos de la Société des Nations (SDN), à créer une commission, à rédiger un rapport, à publier un communiqué pour protester. Et si les atteintes aux droits humains devaient persister, à recommencer. Un enchaînement de convulsions digne d’un poisson bureaucratique en train d’agoniser et typique de toutes les institutions internationales. Car l’UE a beau avoir une monnaie et la prétention ridicule à monter sur ses ergots pour jouer aux États, elle ne dispose d’aucun outil militaire ni d’aucune volonté politique ferme et commune. Et c’est heureux.

La bureaucratie de l’UE était inscrite dès l’origine dans les bâtiments de Bruxelles

L’architecture gigantesque et déroutante du quartier de l’UE correspond bien aux institutions qu’il abrite.

L’Union européenne est en crise. Quoiqu’il arrive avec le Brexit, son intégrité se voit en outre menacée par de puissantes forces antieuropéennes actuellement à l’œuvre de l’Italie à la Hongrie. Et la réaction du centre est assez peu prometteuse, comme le démontre la réponse autoritaire du président français Emmanuel Macron aux manifestations des «gilets jaunes». Voir la police antiémeute dans les rues de Paris tous les week-ends depuis novembre 2018 n’est pas le signe d’une Europe en paix avec elle-même. Bruxelles a des ennuis.

Cette crise se reflète dans le paysage même de l’Union européenne (UE), en particulier à Bruxelles, capitale notoirement dysfonctionnelle de la Belgique et, depuis 1958, capitale de facto et souvent tout autant dysfonctionnelle de l’Europe. La ville doit en grande partie ce statut impérial à un hasard de l’histoire. Comme l’a expliqué le philosophe belge Philippe Van Parijs en 2014, cela pourrait être dû au fait que, dans la plupart des langues, le nom «Belgique» commence par un B, ce qui plaçait le pays devant ses concurrents sur le plan alphabétique: c’est l’une des innombrables histoires qui circulent et participent à un récit de l’irrationnel, voire de l’absurde, qui n’est pas sans faire écho aux sentiments ressentis à l’égard de l’organisation qu’elle accueille.

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Cette mégalomanie architecturale est l’un des fruits des ambitions impériales qui poussèrent la Belgique à établir d’importantes colonies en Afrique au début du XXe siècle, lorsque le pays était au summum de sa puissance. D’une importance politique bien plus grande encore, l’empire récent qu’est l’Union européenne occupe, quant à lui, un quartier entier de la ville. Le «quartier européen», tel qu’il a été officieusement surnommé, se trouve à environ 1,5 km à l’est du centre médiéval. Il est traversé de part en part par la rue de la Loi, artère importante qui s’achève au Parc du Cinquantenaire, dont l’arc de triomphe (les Arcades du Cinquantenaire, 1905) rappelle bien de quelle manière le pouvoir se représente conventionnellement dans les villes impériales.

La partie européenne de la ville n’utilise pas du tout ces codes, cette image conventionnelle du pouvoir. Elle souffre d’un manque de «lieux de mémoire», selon Philippe Perchoc, analyste politique et universitaire spécialiste de l’Union européenne. Pour l’architecte et théoricien néerlandais Rem Koolhaas, ce manque constitue un «déficit d’image» plus existentiel, une incapacité de l’UE à donner des images convaincantes d’elle-même, peut-être parce qu’elle n’en a pas la possibilité. Pour Peter Vermeersch, écrivain et sociologue installé à Bruxelles, le quartier européen «c’est la grandeur mêlée au bric-à-brac (…) comme si l’on avait travaillé en visant la majestuosité, mais que l’on avait soudain été interrompu par un besoin de pragmatisme». Et de manière cruciale, peut-être, pour notre compréhension de l’Union, il ajoute: «On dirait qu’il ne sera jamais vraiment fini, ce qui est d’ailleurs un peu l’impression que donne tout Bruxelles-Capitale.»

Le quartier européen est né par accident. Les promoteurs immobiliers commencèrent à y entrevoir des opportunités de développement dès que la Communauté économique européenne (C.E.E.) puis l’Union européenne commencèrent à se demander comment elles allaient devoir façonner leur nouveau foyer. Ancien quartier résidentiel modeste d’environ 80.000 âmes, il possède désormais deux des plus grands bâtiments d’Europe: le Berlaymont, construit entre 1963 et 1969, qui est le siège de la Commission européenne, et à moins d’un kilomètre au sud, le complexe du Parlement européen, dont la construction débuta en 1988. Entre ces deux complexes se trouve désormais le bâtiment Europa, nouveau siège (depuis 2017) du Conseil européen et du Conseil de l’Union européenne, ainsi que l’imposant bâtiment Justus Lipsius que le Conseil européen (le comité des chefs d’État) a quitté en 2017. La rue de la Loi constitue l’axe principal autour duquel s’organise la quarantaine d’autres bâtiments des institutions européennes.

Il s’agit d’une architecture fade, sur laquelle le regard glisse sans y trouver d’intérêt. Une «monoculture bureaucratique».

C’est, à n’en pas douter, un quartier important et les bâtiments eux-mêmes sont souvent gigantesques, en particulier si on les compare à ceux d’autres grandes villes. Dans une petite capitale européenne, un bâtiment de 20.000 m² serait déjà considéré comme important. Mais à Bruxelles, les bâtiments sont dix fois plus grands: le bâtiment Justus Lipsius fait plus de 200.000 m² et le plus grand des bâtiments du parlement plus de 300.000 m². C’est l’une des plus grandes concentrations de bureaux au monde. Le marché immobilier à Bruxelles est dominé par ce seul client, qui s’est emparé de plus de la moitié des espaces de bureaux disponibles en ville. En tant que client, l’UE a discrètement créé un nouveau paysage dans cette partie de la ville.

Il s’agit toutefois, en majeure partie, d’une architecture fade, sur laquelle le regard glisse sans y trouver d’intérêt. Historienne de l’architecture belge et experte du Bruxelles moderne, Hilde Heynen déplore son manque «d’enthousiasme architectural». C’est une «monoculture bureaucratique», explique-t-elle, dans laquelle les habitations et les commerces sont rares. Cela s’explique en partie par sa conception, car l’UE, en tant que client, a demandé de manière répétée à disposer d’un endroit uniquement consacré au travail.

Étant donné la croissance inexorable des institutions et leur complexité, cela peut également entraîner des projets de construction qui s’éternisent de façon extraordinaire. Siège d’origine de la Commission européenne, le bâtiment Berlaymont (l’un des rares bâtiments facilement identifiables du quartier européen avec sa forme en croix et sa façade en rideau incurvé) a été déclaré dangereux en raison de la présence d’amiante et vidé pour être rénové en 1991, mais il n’a pu être rouvert qu’en 2004. La réhabilitation de l’édifice a duré treize ans (pour un coût d’environ 800 millions d’euros), alors que la construction d’origine n’avait pris que cinq ans.

Rien n’est simple à Bruxelles (en dehors de son besoin apparemment inexorable d’espace, qu’il soit occupé ou non). Pour répondre aux critiques sur son manque de symbolisme architectural, l’Union européenne a créé le bâtiment Europa, rare tentative de donner une nouvelle image à la Commission européenne. L’édifice, conçu par Philippe Samyn, est en effet une lanterne géante translucide suspendue dans un atrium. Les murs extérieurs sont transparents, composés d’un collage de châssis de fenêtres en bois récupérés sur des chantiers de démolition à travers toute l’UE.

Le bâtiment Europa, à Bruxelles, ici en 2016, combine une structure en forme de lanterne dessinée par le consortium de Samyn and Partners (Belgique), Studio Valle Progettazioni (Italie) et Buro Happold (Royaume-Uni), et un complexe Art-déco rénové, conçu par l’architecte Michel Polak en 1922 | Emmanuel Dunand. AFP

La transparence est plus dans le symbole qu’autre chose. La lanterne (qui abrite les bureaux) est, littéralement, opaque: ainsi, à l’image même de l’UE, l’édifice promet une ouverture sans vraiment la fournir. Le quartier européen renvoie inconsciemment l’image même de sa propre bureaucratie, profondément déroutante. La crise que connaît actuellement l’UE (trop complexe, trop grande et bien trop souvent trop opaque pour les personnes mêmes qu’elle est censée servir) était écrite dans l’architecture de ses bâtiments.

C’est l’hallali  ! Florian Philippot a osé décrocher le drapeau européen d’un Centre des Impôts pour le remplacer par un drapeau français avant de jeter le drapeau européen au sol. Ce qui est sa place. Certes, il a sans doute fait cela pour attirer l’attention sur sa liste aux européennes mais c’est de bonne guerre, à l’heure où les nervis de l’UEJF vont provoquer le  service d’ordre de Marine pour les faire passer pour des gens violents.

Florian Philippot a voulu dénoncer les milliards que nous coûte l’UE, (circonstance aggravante, au moment où Macron se prépare à augmenter le temps de travail et à faire payer cher aux Français la « dépendance », au moment où l’essence n’a jamais été aussi chère…).

Bravissimo !

Foulons, foulons, foulons aux pieds ce torchon !

Mais c’est le scandale.. Extrême droaate, croassent-ils en choeur !

La belle affaire !

Ce drapeau on s’en torche le derrière, on s’en contre-fiche, mieux encore on le hait. Et on a mille raisons de le haïr, ce symbole de la dictature européenne.

J’avoue ne pas comprendre ceux qui parlent de Résistance, de guerre, de réconciliation, d’insulte à nos morts…

Le député PS et premier secrétaire du même PS Olivier Faure est très mal placé pour l’ouvrir. ancien de l’UNEF où les scandales et malversations se sont succédées, conseiller des 2 hontes pour la France Aubry et Hollande, votant souvent comme les députés En Marche, il se permet de pleurnicher sur le drapeau européen ! J’oubliais de dire que ce petit donneur de leçons ne veut pas que l’on développe la déchéance de nationalité pour les terroristes, les pauvres… Mais Philippot, lui, mérite la haine d’un Faure !

La palme à la gourdasse Schiappa, évidemment qui, comme Macron, n’a que les mots haine et extrême-droite à la bouche.

Quant aux députés En Marche, ils sont eux aussi en-dessous de tout.

La députée LREM Yaël Braun Pivert, présidente de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, a jugé le geste «scandaleux», et «indigne». «Ce n’est pas seulement notre drapeau européen que Florian Philippot jette à terre. C’est aussi notre passé, notre avenir, nos valeurs communes», a-t-elle jugé.

Ils sont incroyables, ces bébés macrons, qui osent utiliser la première personne du pluriel pour parler de l’UE et de l’Europe. L’Europe n’est ni notre passé ( c’est une donnée historique, nous avons passé pas mal de temps à nous faire la guerre entre pays européens) ni notre avenir ( parce que pour eux l’Europe c’est la dictature des technocrates, c’est la fin des nations) ni nos valeurs communes ( immigration, islamisation, droit des minorités, disparition de la liberté d’expression et retour du délit de blasphème, ça fait pas trop envie…).

Ces réacs en sont encore au mythe de l’Europe qui serait une protection contre la guerre, ah ! ah! ah! Ils n’en ont pas assez de nous prendre pour des poireaux ? Il y a bien 50 ans que les moins intelligents des Français ont compris que l’Europe ne les protégeait pas de la guerre et/ou  de ses conséquences, entre le Kosowo, la Libye, la Syrie…  et qu’elle servait au contraire à amener chez nous terrorisme et guerre en important l’islam chéri par l’UE.

Insulter nos morts ? Nos morts sont morts… pour leur famille, pour leur pays, pour la France, sûrement pas pour l’Europe rêvée par Hitler que Merkel et Macron sont en train de finaliser avec Juncker !

On ne les a pas entendus, d’ailleurs, que je sache, quand Hollande a fait courir des centaines de jeunes sur les tombes de nos poilus à Verdun, pourtant. C’était pourtant bien des Français, des morts, insultés, piétinés….

Je ne me souviens pas que les belles âmes qui hurlent au blasphème se soient beaucoup émus quand des musulmans ont brûlé le drapeau français sur la place du capitole à Toulouse, pendant que le drapeau algérien était hissé sur la Mairie…

C’était en mai 2007, après la victoire de Sarkozy…

Je ne me souviens pas non plus que les belles âmes qui hurlent au blasphème se soient beaucoup émus quand un malappris  se torchait le cul avec notre drapeau.

Et je passe sur tous les joueurs de foot refusant de chanter l’hymne national.

Mais tous ces adorateurs de l’UE sont, forcément, des contempteurs de la France qu’ils détestent. Il est donc normal que la France, coupée en deux, ait des réactions complètement inversées.

Je ne supporte pas que l’on attaque notre drapeau mais je verrais brûler sans état d’âme le drapeau européen, qui trône partout sur nos Mairies où il n’a rien à faire.

Une Loiseau, c’est le contraire, elle se fiche de notre drapeau mais ne supporte pas que l’on touche à son cher drapeau de la dictature européenne.

Celui-ci avait osé remettre ouvertement en question les explications avancées par le gouvernement concernant la tragédie de l’incendie de Notre-Dame de Paris. Alors que les députés britanniques s’organisent justement pour faire face aux menaces dont ils pourraient faire l’objet à l’extérieur du Parlement de Westminster dans le contexte délétère du Brexit, il me paraît tout à fait extraordinaire qu’en France, une candidate à la prochaine élection européenne puisse avec tant de désinvolture envisager de ventiler ses frustrations en évoquant la possibilité de gifler son rival dans un scrutin, sans aucune poursuite.

Une souveraineté + une souveraineté = deux souverainetés ?

J’ai été le correspondant en titre du journal The European à Bruxelles à une époque pas si lointaine, mais pour l’observateur étranger, force est de constater que les déclarations de Nathalie Loiseau, que j’entends depuis quelques semaines, contribuent à rendre encore plus confuse la compréhension de la politique française vue de l’extérieur. En témoignent par exemple ses récentes prises de positions concernant l’unification européenne. « Je ne suis pas fédéraliste »

Il n’y a pas de feu sans fumée

Madame Loiseau monte sur ses grands chevaux et se défend pourtant comme un beau diable d’être fédéraliste. Elle met en avant le fait que la politique menée par son parti, le parti présidentiel, serait mise en œuvre uniquement dans un souci de pragmatisme, au niveau européen, en assurant qu’ « à chaque fois qu’il y a une valeur ajoutée européenne, il faut renforcer ce que l’Europe sait et peut faire » mais  également qu’ « à chaque fois que le niveau national est plus efficace, il n’y a aucune raison de vouloir transférer pour transférer ». Faut-il rappeler que cette dernière approche est déjà prévue dans le processus d’intégration européenne et qu’elle a un nom : le principe de subsidiarité en droit de l’Union européenne ? Là où la confusion est sciemment entretenue, c’est que dans cette approche, l’échelon national est évidemment situé à un niveau inférieur et subordonné au sein de la structure globale fédérale.

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Devant un tel écran de fumée, je souhaite rappeler solennellement que l’une des raisons du Brexit est justement liée à l’immense frustration engendrée par l’incompréhension d’une majorité de citoyens britanniques face à l’opacité du fonctionnement de l’Union européenne actuelle. Les gens ont eu l’impression que l’on se moquait d’eux à Bruxelles, que leurs impôts servaient à financer une flopée de fonctionnaires européens grassement payés et bénéficiant de surcroît d’exemptions d’impôts avantageuses. Et surtout, que les fédéralistes avançaient masqués.

La nature a englouti les cheminées d’usine et les carcasses de bâtiments aux abords de Vratsa, à deux heures de route au nord de la capitale bulgare Sofia. Le fantôme de Himko, l’ancien empire agrochimique de l’époque communiste, rappelle combien la ville prospérait avec son industrie jusque dans les années 1980. La Bulgarie était alors l’un des pays les plus industrialisés de l’Europe de l’Est avant de s’effondrer au début des années 1990. Depuis, un tiers des 75 000 habitants de Vratsa ont quitté les lieux pour refaire leur vie à Sofia ou à l’étranger.

Une ville sous perfusion de l’Union européenne

De l’autre côté de la route, un immense panneau étoilé avertit que l’Union européenne veille au rétablissement de la ville, des dizaines de millions de leva (1) à l’appui, mais aussi de la région pauvre de Severozapaden (nord-ouest), et même de l’ensemble de la Bulgarie, dernier des 28 États membres en termes de niveau de vie. Pour tenter d’y remédier, 12 milliards d’euros du budget européen de cohésion sont destinés au pays pour la période 2014-2020, soit près de 1 400 € par habitant.

À chaque coin de rue de Vratsa, le regard croise les même douze étoiles d’or sur fond bleu, montrant à quel point la ville, pour se redresser, s’appuie sur des béquilles européennes. Les rues piétonnes du centre, sens dessus dessous, en pleine opération de pavage, prennent un air coquet et étalent leurs terrasses avec vue splendide sur les falaises rocheuses des flancs du Balkan de Vratsa, cette chaîne de montagnes au creux de laquelle se love la ville.

« C’est notre plus gros projet après celui du cycle de l’eau », se réjouit Tzvetana Ivanova, du bureau des programmes européens pour l’ensemble du district (département). Il y a bien eu des lenteurs, certainement quelques irrégularités, des surfacturations ici, des matériaux de piètre qualité là, de l’argent évaporé ailleurs. « Près de 30 % des fonds seraient mal utilisés dans le pays », selon un observateur. La ville poursuit néanmoins sa mue. « Notre district était à la cinquième place (sur 28) à bénéficier des fonds européens pour la période 2007-2013 après notre adhésion », se félicite Tzvetana Ivanova.

« Ça nous a changé la vie ! »

Pendant des années, les rues ont été éventrées pour refaire les réseaux d’eau potable et d’assainissement. La deuxième phase du chantier – 58 millions d’euros, dont 35 millions de financements européens – est en voie d’achèvement. « Ça nous a changé la vie ! », s’exclame Silvia Ganeva, chargée des programmes opérationnels à la mairie. « Il y avait tellement de fuites, on creusait en permanence pour réparer, l’eau était de mauvaise qualité, elle était rationnée, on avait des coupures d’eau et nous avions des rejets d’eaux usées. »

Plus loin, des barres HLM qui jouxtaient un terrain vague ont dorénavant une vue sur un parc aménagé avec aires de jeux, amphithéâtre en plein air, café et bientôt une petite église catholique en cours de construction selon des normes de bâtiment passif.

Un petit centre pour une quinzaine d’enfants handicapés s’ouvre aussi sur le parc. L’orphelinat honteux dans lequel étaient entassées des dizaines d’enfants derrière des fenêtres grillagées n’est bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Tout le pays a dû se mettre à l’heure de la réforme : 87 % des établissements spécialisés pour enfants handicapés ont été fermés. « Avant on cachait la misère, on ne pouvait pas s’occuper de tous ces enfants. Il en reste encore 23 que nous devons transférer dans un futur nouveau bâtiment. Créer des petites structures d’accueil limitées à une quinzaine d’enfants, c’était une demande de l’Union européenne, nous en sommes très heureux. »

La responsable des affaires sociales Iva Stantcheva se fait un plaisir de faire visiter ces centres modèles. L’ensemble des écoles de la ville ont également été rénovées. « Toutes les familles sont témoins des changements », estime Tzvetana Ivanova. « Les nouveaux parcs, tous ces projets financés par l’UE améliorent notre environnement. On s’y habitue ! », sourit Guéorgui Vrabtchev, directeur de la maison culturelle. « La région est certes pauvre, mais la ville n’est ni mourante ni endormie », plaide-t-il, en vantant les activités du centre culturel, troupe de théâtre, hip-hop, arts martiaux, etc.

L’Union européenne peut aussi avoir des effets pervers

Mais des jeunes, à son poste d’observation, cela fait des années qu’il en voit partir. Depuis la débâcle du communisme, les Bulgares ont répondu de trois manières, selon la politologue Anna Krasteva : « Migration, migration, migration ». « C’est l’effet pervers de l’UE. Nous avons perdu nos médecins, nos ingénieurs, nos techniciens, égrène le vice-premier ministre Tomislav Dontchev. Nous sommes bénéficiaires des fonds de l’UE, mais nous sommes un donateur net de ressources humaines pour l’UE. »

Chacun cherche comment arrêter l’hémorragie et faire revenir les Bulgares de la diaspora. « Dans notre beau pays de mer et de montagne, riche en patrimoine, la qualité de la vie s’améliore, l’économie progresse, nous n’avons pas de chômage, au contraire nous souffrons d’un manque de main-d’œuvre », fait valoir Tomislav Dontchev, conscient toutefois que les fonds de l’UE ne peuvent pas être le combustible de l’économie. « Ils sont un additif dans le carburant. »

Après l’émigration, le retour au pays comme principal défi en Bulgarie

Un additif qui ferait frémir Vratsa. « J’ai voyagé, j’ai vécu en Sibérie et au Canada, je sais que Vratsa est le bon endroit. » Diana Varganova y a donc implanté, au milieu des vestiges de l’ancienne zone industrielle, son entreprise de composants électroniques Rommtech-3S, qui connaît une croissance annuelle à deux chiffres, embauche, remporte des financements européens de projets de compétitivité et exporte 93 % de sa production. « Des entreprises européennes qui avaient délocalisé en Chine rapatrient leur production en Bulgarie. » Et selon elle, ses 215 salariés sont choyés, bien payés – 480 € pour un technicien – et ne pensent plus à s’enfuir.

« Il est urgent de créer un salaire minimum européen »

Georgi Djoikov, qui s’était installé à Sofia, est lui aussi revenu dans sa ville « parce qu’elle y obtient les meilleurs taux de financements européens », la région nord-ouest étant l’une des plus défavorisées du pays. Grâce à une aide européenne de 416 000 € (soit 64 % du projet), l’économiste spécialiste du traitement des déchets hospitaliers a implanté sa start-up dans un petit local de l’hôpital, en partie déserté par les médecins. Il développe un projet d’attelle sur mesure modélisée par scanner et imprimée en 3D, produite à partir de blé pour les fractures de l’avant-bras. « À force de discuter avec les orthopédistes, j’ai pensé à une alternative hypoallergénique et quatre à cinq fois plus légère que le plâtre. »

Georgi Djoikov veut croire que les jeunes seront incités à rester à Vratsa, comme Tonko Vlahov prêt à s’exiler au Canada avant que l’un des fondateurs de la start-up de formation de programmateurs informatiques ne le retienne par le col. La Software School de Vratsa dispense des cours gratuits et payants. Vingt-cinq de ses élèves ont déjà trouvé un emploi. « On développe une communauté ici, on aura bientôt un espace de coworking. Vraiment Vratsa va de mieux en mieux ! », juge Tonko Vlahov.

Un grand bol d’air, des centaines de promesses d’embauche à l’appui, est d’ailleurs attendu avec deux projets d’implantation d’usines de fabrication de composants pour l’industrie automobile par les entreprises bavaroise MD Elektronik et turque Tekla. « C’est une première. Depuis trente ans, on ne fait que fermer des entreprises », témoigne Silvia Ganeva. « Évidemment, la plupart de mes amis sont à l’étranger, reconnaît Tonko Vlahov. Il faudra du temps pour inverser la vapeur. »

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Repères

La Bulgarie a adhéré à l’UE en 2007. Elle élit 17 députés européens.

Le pays compte 7 millions d’habitants (1,5 million de moins qu’en 1990). Il abrite 3 des 5 régions les plus pauvres de l’UE. 39 % de la population est à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (moyenne UE : 22,4 %). La Bulgarie occupe le 51e rang mondial selon l’Indice de développement humain du PNUD, en progression de six places depuis 2012.

En 2017 l’UE a consacré 1,9 milliard d’euros à la Bulgarie, soit 3,76 % du PIB. La Bulgarie a contribué à hauteur de 379 millions d’euros au budget européen.

Le taux d’endettement est à 23 %, le taux de chômage à 5 %. Le PIB par habitant a grimpé de 37 % de la moyenne de l’UE en 2006 à 51 % (en parité de pouvoir d’achat).

53 % des Bulgares classent la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale comme prioritaires pour l’UE, très loin devant la question migratoire (18 %). Ils placent les opportunités de travail en tête des raisons pour lesquelles leur pays a bénéficié de son adhésion à l’UE.

Les élections européennes approchent et le landerneau politique s’agite. La vérité est que ce que les politiciens nomment la construction européenne est en panne : la grenouille populaire s’est rendue compte que l’eau du bocal chauffait.

L’Union européenne a été construite par des technocrates et des politiciens au mépris des populations et des pays.

Pour les europhiles, l’Europe nous protège et nous a permis de vivre en paix depuis la Seconde Guerre mondiale. Il faut donc aller plus avant dans l’intégration européenne. Pour les eurosceptiques, non seulement l’Europe ne nous protège en rien, mais elle détruit les nations, les peuples et leurs cultures. Il faut donc retourner au souverainisme. D’un côté il existe une fuite en avant dans la technostructure, de l’autre ceux qui rejettent cette technostructure pesante imposée et veulent le retour à l’État-nation. Qui est une autre technostructure.

L’ENNEMI ULTRALIBÉRAL

Ces catégories quittent parfois leurs chamailleries pour se retourner contre l’adversaire commun : le libéralisme. Chacun dit que la cause des malheurs de l’humanité en général, de l’Union européenne en particulier et de la France plus précisément, est l’ultralibéralisme. C’est pourquoi ces deux lignes se rejoignent sur l’Europe puissance et/ou le protectionnisme intelligent contre le marché libre.

Il est admis que les initiateurs de l’Union européenne voulaient en faire les États-Unis d’Europe. Nous n’en sommes plus là.

À petits pas mais inexorablement les politiciens du courant idéologique principal nous bâtissent l’Union Soviétique d’Europe. Il suffit d’observer quelles sont les compétences de l’Union européenne pour constater que pas grand-chose ne lui échappe. Depuis sa création ses compétences s’étendent sans cesse. Celles de la Commission européenne, qui n’est pas élue, parachèvent le système. La Cour de Justice Européenne le verrouille.

L’alibi actuel des politiciens est que pour traiter de puissance à puissance avec les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Inde etc. il nous faudrait une Europe puissante. Traiter de puissance à puissance relève d’un raisonnement étatiste. Pour eux cette puissance ne peut donc qu’être un super-État européen.

Les politiciens français sont particulièrement en pointe dans ce domaine de super-État. Il faut reconnaître que leur expérience sur plusieurs décennies pour transformer une grande puissance économique en puissance moyenne sur le déclin donne un crédit particulier à leurs propositions. La France, Union Soviétique qui a réussi, est en train de s’effondrer. Ses politiciens cherchent à transférer leur échec, chômage, crise sociale et culturelle, dettes, déficit sur une nouvelle Union Soviétique. Une Europe a-culturée, dépensière, centralisatrice et technocratique serait leur idéal.

LE MIRAGE DE L’ÉCONOMIE ADMINISTRÉE

Comme leurs politiciens, beaucoup de Français formatés au collectivisme centralisateur trouvent que la voie française de l’économie administrée est la meilleure. Ils ne voient aucun inconvénient à ce que cette politique étatiste qui a si bien réussi à la France soit appliquée à l’Europe entière. Ils savent que des millions de Français vivent dans la pauvreté et le chômage chroniques. Mais ce n’est arrivé, croient-ils, que parce que nos partenaires en Europe et ailleurs n’ont pas adopté notre merveilleux modèle social. Ils nous font donc une concurrence déloyale.

C’est pourquoi ils sont persuadés qu’il nous faudrait un gouvernement européen pour uniformiser tout cela, dans le sens français évidemment, et causer d’égal à égal avec les autres puissances planétaires.

Les politiciens utilisent souvent l’argument que l’Europe n’est pas endettée. Ils n’ont rien compris. Ce ne sont pas les États, ni les super-États, ni les instances supranationales qui paient. Quels que soient les prélèvements, impôts, taxes, charges, quelles que soient leurs modes de calculs, ce sont toujours les individus qui paient. De même que ce sont toujours les personnes qui échangent. Ce ne sont pas les États.

« Protectionnisme intelligent » est un oxymore. La mode est à « plus protectionniste que moi tu meurs. » Malheureusement au final c’est souvent ce qui se passe : les gens meurent. Quand le protectionnisme est mené au bout de sa logique les individus meurent car la guerre en est alors la conséquence inéluctable. L’Histoire l’a amplement démontré. Les États s’emparent par la violence de ce que les individus ne peuvent plus obtenir par l’échange libre.

Le libre-échange n’est pas synonyme d’internationalisme. Par exemple il n’a rien à voir avec l’internationalisme socialiste qui fait peu cas des individus et regroupe des partis et des organisations politiques. Le libre-échange aurait pu être synonyme de mondialisation au sens où n’importe quel individu, quel qu’il soit, où qu’il se trouve, peut échanger librement ce qui lui appartient avec n’importe quel autre individu, quel qu’il soit et où qu’il se trouve.

L’échange est un droit naturel comme la propriété. Tout citoyen qui a créé ou acquis un produit doit avoir l’option ou de l’appliquer immédiatement à son usage, ou de le céder à quiconque, sur la surface du globe, consent à lui donner en échange l’objet de ses désirs. Le priver de cette faculté, quand il n’en fait aucun usage contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs, et uniquement pour satisfaire la convenance d’un autre citoyen, c’est légitimer une spoliation, c’est blesser la loi de la justice. (Frédéric Bastiat, Association pour la liberté des échanges. 1846)

LA VOIE DE LA MONDIALISATION

Malheureusement la mondialisation a pris une autre tournure. Les échanges inter individuels sont ignorés au profit d’une mondialisation qui tourne maintenant autour des accords multilatéraux, des technostructures supra-nationales ou internationales, du capitalisme de connivence, des groupes de pression ou lobbies. C’est la mondialisation de puissance à puissance. C’est la mondialisation de l’étatisme, d’où la montée en parallèle du protectionnisme.

Le libre-échange, basé sur des relations inter-individuelles, fait fi des différences et désaccords religieux, politiques, ethniques, culturels etc. Les États non. Frédéric Bastiat a écrit de très belles pages sur le libre-échange. Notre époque étant plus visuelle, il est impossible de ne pas recommander Moi, le crayon de Milton Friedman, la quintessence de la pédagogie en faveur du libre-échange. En le regardant il est facile de comprendre que c’est le libre-échange qui a apporté la paix en Europe et pas la technostructure. Il est facile de comprendre aussi que le libre- échange n’a pas besoin d’autorité centrale, de technostructure, commission, parlement ou agences. La protection contre le capitalisme de connivence et les lobbies est dans la liberté économique car il n’y a pas d’autorité centrale à convaincre.

Passer d’un super-État à un État-nation ne protège pas des lobbies. Les lobbies changent simplement de cible. Ils sont des groupes de pression sur un pouvoir législatif ou exécutif, voire judiciaire. Leur but est toujours d’obtenir des lois à leur profit pour bénéficier de la spoliation légale, ou des lois pour y échapper. S’il n’y a plus de spoliation légale les lobbies et le capitalisme de connivence perdent leur raison d’être.

La liberté économique dans chaque pays est donc première. La liberté économique est la liberté de produire, échanger, distribuer, consommer des biens et des services, contracter avec des tiers. La forme la plus élevée de liberté économique implique un droit de propriété absolu, la liberté de mouvement des individus, du travail, du capital, des marchandises et une absence totale de coercitions de l’État, en dehors de celles qui sont nécessaires pour garantir les droits naturels individuels universels (Liberté, Propriété, Personnalité).

En d’autres termes, dans un régime de liberté économique les individus sont libres de travailler, produire, consommer, et investir de la manière qui leur convient, sans intervention de l’État, et cette liberté est protégée par l’État. On comprend alors que la liberté économique ne se limite pas à l’économie au sens traditionnel du terme. Elle constitue une éthique de vie.

« L’Union européenne est l’une des économies les plus ouvertes sur l’extérieur. Elle est aussi le plus grand marché unique au monde ». Mais quand on se penche sur la mappemonde de la liberté économique il saute aux yeux que les pays libres ou plutôt libres économiquement sont minoritaires en Europe et globalement situés au nord du continent. Ce sont aussi les plus prospères. Économie ouverte sur l’extérieur n’est pas synonyme de liberté économique à l’intérieur.

LE PROTECTIONNISME PAS SI INTELLIGENT

C’est donc une erreur de croire que les difficultés que les pays européens rencontrent chez eux, entre eux et à l’extérieur de l’Union sont liés au libre-échange et à une concurrence déloyale. Les problèmes auxquels les pays européens sont confrontés ont des causes endogènes. Le protectionnisme intelligent ne ferait qu’aggraver la situation parce que les États ne se remettraient pas en question, la dégradation de la situation continuerait, pour y remédier les États accentueraient alors leur mainmise sur l’économie, et aggraveraient la situation.

Rendre la liberté économique aux Européens est donc le premier chantier. Il est immense en particulier en France. Ce devrait être un des thèmes majeurs de la campagne parce que toute la suite, politique intérieure, politique européenne et internationale, découle de cette liberté. Pour qui aime un tant soit peu son pays et fait preuve de bon sens, le véritable patriotisme économique consisterait à réclamer la liberté économique.

Quand celle-ci sera réalisée dans chaque pays européen, la prospérité sera au rendez-vous. C’est la prospérité de chaque pays qui donnera à l’Europe sa puissance dans le respect des populations européennes, de leurs cultures, de leurs différences. Harmonie économique ne veut pas dire uniformisation.

Les vieilles nations européennes ne sont pas obligées de mourir pour que l’Europe vive. Encore moins d’être assassinées. Dans un espace de liberté économique il reste aux États à garantir cette liberté à chacun. Cela ne passe pas par un super-État. Les pays actuels peuvent parfaitement jouer ce rôle en tenant compte de leur histoire et de leur culture.

C’est parfaitement compatible avec un territoire sur lequel s’exerce la souveraineté du pays. Territoire sur lequel l’État garantit les droits Naturels individuels universels, assure à ses habitants la justice, la sécurité intérieure et extérieure. Un État qui ne se disperse pas dispose de fonctions régaliennes efficaces, des services de renseignement et de sécurité performants, d’une justice équitable concentrée sur les atteintes aux biens et aux personnes.

LA LIBERTÉ PROTÉGÉE PAR LA CONCURRENCE

Les nations peuvent bien entendu coopérer étroitement dans le domaine de ces fonctions régaliennes. Cela n’implique absolument pas la fermeture des frontières aux marchandises ni aux personnes. Bien au contraire, leur ouverture est indispensable à une concurrence entre pays au profit des personnes. Ainsi la liberté individuelle sera protégée aussi par cette concurrence.

Les frontières territoriales dites naturelles parce que reposant sur la géographie, et les frontières culturelles ne sont pas infranchissables pour les Hommes de bonne volonté. Les seules barrières véritables et solides sont les frontières légales et administratives quand elles sont fermées. C’est une erreur de croire que la fermeture de ces frontières est une garantie de sécurité. La meilleure garantie de paix et de sécurité se trouve quand les habitants peuvent accomplir leurs projets personnels, quand ils sont confiants, savent qui ils sont, d’où ils viennent et où ils vont. En résumé quand ils sont libres et responsables de leur vie.

Quant à ce que l’on appelle couramment aujourd’hui l’immigration on se reportera à l’excellent texte de Pascal Salin : L’immigration dans une société libre extrait du chapitre 11 de son livre Libéralisme, ed. Odile Jacob, Paris, 2000. Il en ressort qu’aujourd’hui c’est l’étatisation de l’immigration qui est la cause des problèmes.

Une société libre est une société où tout individu a le droit d’agir comme il l’entend, sans subir aucune contrainte, à condition qu’il respecte les droits légitimes des autres. C’est dire qu’une société libre est fondée sur la reconnaissance et la défense des droits de propriété. (…) La liberté de migration ne signifie donc pas qu’un étranger a le droit d’aller là où il veut, mais qu’il peut aller librement là où on veut bien le recevoir. (…) Le refus de vente ou le refus d’acheter, le refus d’émigrer ou le refus d’accepter un migrant relèvent de la perception du monde par chacun et de sa propre morale. On ne peut pas imposer aux autres une morale de résultat. La morale c’est précisément de respecter les droits de chacun, y compris, par conséquent, les droits de celui qui refuse l’échange avec un étranger.

LA FICTION DE L’ÉTAT

Les libéraux croient au libre-échange et à la liberté économique mais ils n’ont pas confiance en l’État. « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État (1848). Ils croient que l’État est nocif et que le super-État est super-nocif. Ils ne confondent pas la loi et la justice quand la loi est pervertie.

Les libéraux classiques se réclamant de Bastiat croient que toute personne dispose de droits naturels individuels qui pré-existent à la loi. Ils croient que ces personnes ont une histoire, des racines et une culture. Ils croient que la nation, communion d’individus en un peuple vivant, est différente de l’État, technostructure coercitive. Ils croient que ce sont ces individus libres qui construiront spontanément leur Europe.

Ce sont ces individus libres qui si nécessaire, se défendront, défendront leur famille et leur pays. On remarquera qu’il ne semble pas que les Suisses, individus libres s’il en est, qui ont construit leur Confédération, bénéficient du deuxième PIB mondial par habitant au sein du pays le plus économiquement libre d’Europe, (qui plus est hors Union), divisé en 26 cantons et 4 langues, souffrent de ne pas avoir un rapport à puissance égale avec la Chine, l’Inde, la Russie ou les États-Unis.

Fin des Unions d’États (UE, OTAN) et triomphe des acteurs non-étatiques

Par Bernard Wicht, universitaire et auteur ♦ L’Antipresse est une lettre de réflexion dirigée par Slobodan Despot qui paraît tous les dimanches matin. Entre culture, littérature, philosophie, science et géopolitique, l’Antipresse propose une chronique « à livre ouvert » et sans concessions de notre époque. En voici un extrait avec ce passionnant article de Bernard Wicht.

Pourquoi le récit des années 1990 n’est plus adéquat

Il est frappant de constater combien la classe politique suisse dans sa grande majorité est encore prisonnière du discours des années 1990. Élaboré avec honnêteté et conviction dans le cadre des négociations sur l’Espace Économique Européen (EEE), ce discours insistait sur la nécessité économique pour la Suisse de ne pas s’isoler, de garder ouvert l’accès au Grand Marché européen et voyait dans la construction d’une Union Européenne renforcée un facteur de stabilité en Europe suite à l’effondrement du bloc soviétique. En 1992 (date du vote suisse sur l’EEE), un tel récit avait toute sa pertinence. Aujourd’hui en 2019, c’est-à-dire plus d’un quart de siècle plus tard, il est totalement dépassé. Pourtant, une grande partie de la classe politique suisse continue de le servir à chaque occasion aux citoyennes et citoyens du pays. C’est notamment le cas en ce moment dans le cadre du référendum contre la Directive Européenne sur les armes et sa mise en œuvre en droit suisse.

Or, comme on va essayer de le comprendre ci-après, de nos jours l’enjeu stratégique a complètement changé: il ne s’agit plus de ne pas s’isoler, mais bel et bien de se protéger. Essayons de comprendre comment et pourquoi un tel renversement est intervenu.

Les événements ne sont que poussière et ils ne prennent sens que lorsqu’on les replace dans les cycles et les rythmes de la longue durée (Braudel, Wallerstein). En conséquence, il faut se demander si l’on peut expliquer les pannes de l’UE — Brexit, démarche en solitaire de l’Allemagne et de la France avec le traité d’Aix-la-Chapelle, résistances italiennes, défiance de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque — et celles de l’OTAN — dont l’un des membres, la Turquie, combat les alliés kurdes des États-Unis en Syrie tout en se rapprochant la Russie alors que, dans le même temps, l’Alliance organise des manœuvres militaires en vue de contrer une éventuelle invasion russe en direction de la Pologne et des Pays Baltes —, par un changement de cycle macro-historique qui verrait la remise en cause fondamentale de la pertinence du mode d’organisation stato-national.

Hypothèse iconoclaste sans aucun doute, mais qu’il importe d’examiner dans le contexte actuel si on veut tenter d’appréhender les enjeux stratégiques majeurs plutôt que de céder à la facilité consistant à répéter un discours «clef en main» datant de la fin du siècle passé.

En effet, dans son histoire du temps long, Fernand Braudel souligne que les institutions sont comme les êtres humains: elles naissent, vivent et meurent. Mais ajoute-t-il, leur cycle de vie est beaucoup plus long que les biographies humaines – le temps des institutions est beaucoup plus lent que celui des hommes. C’est pourquoi ce temps échappe généralement à l’observation et, compte tenu de sa «lenteur», nous avons tendance à penser que les institutions avec lesquelles nous vivons (État, Églises, armée) sont éternelles.

Aujourd’hui pourtant, ne sommes-nous pas confrontés à la mort progressive d’un système étatique qui a vu le jour grosso modo à la fin de la Guerre de Trente Ans (1648) et qui, avec certaines modifications, s’est maintenu bon an mal an jusqu’au début du XXIe siècle? L’ordre westphalien (du nom de la Paix de Westphalie qui a mis fin à la guerre précitée) était composé d’États souverains en compétition et en lutte les uns contre les autres, ceci conduisant Clausewitz à énoncer que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. A partir de 1945, cet ordre inter-national devient peu à peu supra-national avec la création des grandes organisations onusiennes et, en Europe, avec la construction communautaire (CECA, puis CEE, puis CE et enfin UE). L’objectif explicite de la mise en place de cet étage au-dessus des États, est le «plus jamais ça» en référence au drame en trois actes de la première moitié du XXe siècle – Verdun, Auschwitz, Hiroshima. La cohésion de cet ensemble est garantie par le leadership politique, militaire et monétaire (accords de Bretton Woods) des États-Unis.

Toutefois, à partir des années 1990, la globalisation du capitalisme fragilise gravement cette ambitieuse construction. Avec la libéralisation des flux financiers, elle dépouille progressivement les États de leurs compétences économiques. Au nom des dividendes des actionnaires, elle désindustrialise l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord (thatchérisme, reaganisme, néolibéralisme). Combinée à la révolution de l’information, elle annule la souveraineté des États permettant à des organisations non-étatiques, transnationales, beaucoup plus fluides de se développer.

Là aussi, l’explication braudélienne continue d’être éclairante en distinguant, voire en opposant capitalisme et économie de marché: le capitalisme n’est pas l’économie de marché. S’il se construit à partir de celle-ci, sa logique s’en détache complètement parce qu’il n’est ni basé sur les échanges, ni ouvert à tous. Le capitalisme est opaque, limité à un petit cercle d’initiés, il vise l’accumulation et la spéculation financières. Aujourd’hui, cette dynamique capitaliste a atteint sa masse critique. Elle a pris une telle envergure qu’elle assèche l’économie formelle et provoque, en contrepoint, l’explosion de l’économie grise et informelle. La situation est devenue complètement incontrôlable par les institutions en place (États, organisations internationales).

Le paradigme guerre

Dans ce contexte, c’est sans doute le paradigme guerre qui est l’élément le plus significatif pour saisir les évolutions en cours. C’est celui qui s’est transformé de la manière la plus radicale… et la plus visible. Groupes armés, narcoguérillas, narcoterroristes, islamistes-djihadistes, gangs militarisés ont su profiter de cette «dérégulation» avec le succès que l’on sait. Et face aux formes de guerres qu’ils pratiquent, tant l’ONU, l’UE que l’OTAN sont devenus largement inefficaces.

Or, Charles Tilly enseigne que la guerre fait l’État. Il faut déduire de cette formule que, si la guerre se transforme, l’État en subit alors automatiquement le contrecoup en vertu du principe la fonction crée l’organe: lorsque la première disparaît ou change profondément de nature, le second s’atrophie ou mute de manière fondamentale.

Ouvrons une parenthèse pour dire que la prise de conscience d’une telle réalité n’a pas encore eu lieu. Certes, le «tremblement de terre» est bien perçu, il fait peur, mais il n’est ni compris, ni expliqué. Face à leur sentiment d’impuissance, les États et les organisations susmentionnées sont entrés dans l’ère de l’incantation droit-de-l’hommiste et, pire encore, de la désignation de coupables «immédiats»: les terroristes et, surtout, les populistes. Ces derniers – de Trump aux gilets jaunes – pointent du doigt (parfois maladroitement) la profonde inadéquation du système actuel avec les besoins des citoyennes et citoyens. Ils sont alors irrémédiablement qualifiés d’extrémistes faisant le lit d’un fascisme-nazisme qui serait en plein retour. C’est la reductio ad hitlerum dont les médias mainstream se font volontiers l’écho et qui a pour effet d’évacuer tout effort d’analyse au profit d’une commode extrapolation du passé récent de l’entre-deux-guerres. Peu ou pas de volonté de comprendre ce qui se passe – la reductio ad hitlerum est intellectuellement confortable!

Revenons à la transformation de la guerre et à ses effets. Que peut-on en dire du point de vue du temps long historique?

1) Si l’État et ses avatars que sont les Unions d’États (UE, OTAN) ne sont plus les formes d’organisation les mieux adaptés pour faire la guerre, alors on peut supposer que nous sommes à la fin d’un cycle historique de près de 400 ans (de 1648 à nos jours). La guerre étant, avec l’économie, le principal moteur des transformations historiques, les formes des communautés politiques découlent de ces deux paramètres et de leur aptitude à combiner efficacement les moyens de faire la guerre et les ressources pour entretenir ces moyens. C’est le couple contrainte (moyens)/capital (ressources) mis en œuvre par Tilly pour expliquer le processus de formation et de dé-formation des unités politiques. D’où sa fameuse phrase:

« Les empires, les royaumes, les cités-Etats, les fédérations de cités, les réseaux de seigneurs terriens, les Églises, les ordres religieux, les ligues de pirates, les bandes de guerriers et bien d’autres formes d’organisation de pouvoir prévalurent en Europe à différentes époques durant le dernier millénaire. La plupart de ces organisations méritent le titre d’État d’une manière ou d’une autre, parce qu’elles contrôlèrent les principaux moyens concentrés de contrainte dans le cadre de territoires délimités et exercèrent leur droit de priorité sur toutes les autres organisations qui agissaient sur leur territoire».

2) Entre 1648 et 1945, l’Etat-nation a représenté cette meilleure synthèse pour faire la guerre: ceci explique la diffusion quasi universelle de ce modèle d’organisation étatique jusqu’à le considérer, à partir de la Révolution française, comme l’aboutissement ultime et le plus accompli de toutes les constructions politiques (Hegel et l’Esprit du monde). Or, avec la transformation de la guerre et la globalisation financière, le paradigme étatique moderne est remis en cause dans ses fondements parce qu’il n’est plus la synthèse la mieux adaptée pour faire la guerre et que, du point de vue économique, il est «prisonnier des recettes qui ont fait son succès» (G. Arrighi), c’est-à-dire l’Etat-providence. La fin du cycle hégémonique américain vient encore faciliter la transition vers d’autres formes d’organisation militaro-politique. Car, le déclin rapide de la superpuissance états-unienne et l’absence de challenger apte à reprendre le leadership mondial (ni la Chine, ni la Russie n’en ont actuellement les qualités), créent une situation de «Grand Interrègne» et de désordre international: une sorte de chaos systémique profitant aux acteurs non-étatiques en guerre un peu partout dans le monde.

3) On l’a dit, la guerre s’est transformée radicalement. De nos jours, elle n’est plus inter-étatique, mais infra-étatique et conduite par des acteurs plus proches des gangs que des armées régulières. Les grandes guerres systémiques (Guerre de Trente Ans, Guerres napoléoniennes, Guerres mondiales) qui ont accouché des différents ordres hégémoniques mondiaux cèdent désormais la place à de longues séries de conflits de basse intensité démembrant les États et donnant l’avantage aux acteurs précités dont la structure non-bureaucratique, non-territoriale et transnationale permet toutes les flexibilités nécessaires. Cette structure est basée sur 1) des fidélités personnelles, 2) le contrôle de certaines franges de population à la fois par la contrainte et la prise en charge de leurs besoins de base (soins, alimentation, parfois scolarisation idéologiquement orientée), 3) le financement via l’économie grise et informelle.

Ce phénomène a débuté (Acte I) avec la Guerre civile libanaise (1975-1990) qui a servi de laboratoire, a pu ensuite se diffuser en raison de l’effondrement du bloc soviétique (1989-1991), puis a atteint sa vitesse de croisière (Acte II) avec le lancement de la War on Terror par Washington, à partir des attentats du 11 septembre 2001 (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie). Depuis, le phénomène ne cesse de s’étendre, notamment à l’Afrique subsaharienne et jusqu’au Nigéria avec Boko Haram, sans oublier la Corne de l’Afrique (Acte III). Aujourd’hui, si les Actes I à III ont pratiquement abouti au démembrement des États de toute cette région, l’Acte IV a démarré en Europe occidentale, au plus tard avec les attentats terroristes de 2015. Cette nouvelle phase d’expansion ne peut que s’amplifier compte tenu de l’inadaptation de plus en plus manifeste des États à ce type de menace et de guerres. Comme dans tout conflit de longue durée, c’est la découverte de l’antidote militaro-économico-institutionnel qui permettra d’y mettre fin.

Ce dernier élément, en lien avec l’approche de Tilly, est un des principaux enseignements à retenir de l’histoire de la longue durée: il en ressort que la résilience des formes d’organisation politique ne dépend ni des décisions de la classe politique au pouvoir, ni de la signature de traités internationaux, ni de la mobilisation (des jeunes et des moins jeunes) en faveur de certains sujets de société «dans l’air du temps» (par exemple, en ce moment, le réchauffement climatique). Non! Le processus n’est ni éthique, ni moral, encore moins «tendance»; il est d’essence darwinienne – adaptation et survie. Dans le contexte actuel marqué par l’état d’esprit «chacun d’entre nous est un petit flocon unique et merveilleux», il est évident que de telles considérations, pourtant tirées de l’outillage de la longue durée, risquent fort d’être qualifiées de cryptofascistes… et pourtant… (eppur…, comme disait Galilée devant le tribunal de la Sainte Inquisition).

Un désarmement opportun

Dès lors, et pour continuer avec Galilée sur la piste de l’hérésie, à l’heure actuelle les communautés politiques susceptibles de survivre au chaos mondial, susceptibles de se protéger elles et leurs enfants, ne sont pas celles correspondant au modèle dominant calé sur «plus d’Europe et moins de nations», sur «plus de sécurité et moins de liberté». Au contraire, ce sont celles que la grande presse tend généralement à diaboliser, celles qui se rebellent, celles qui ont encore une identité (aujourd’hui qualifiées de populistes), celles qui souhaitent maintenir leurs frontières (aujourd’hui qualifiées de nationalistes) et celles qui ont encore envie de se battre (aujourd’hui qualifiées de dangereuses). En d’autres termes, toutes celles qui n’ont pas envie de se dissoudre dans le politiquement correct au nom du libre-échange… et de cet autre argument plus récent sur la protection des espèces menacées par l’Homme, c’est-à-dire au nom de slogans curieusement apparus avec la globalisation financière, les macrospéculations boursières et les subprimes… Il est vrai que le capitalisme goûte peu la contestation populaire, surtout lorsque le peuple est armé.

Vivant à l’ère du premier capitalisme, Machiavel l’avait bien compris lorsqu’il écrivait à ce propos: le riche désarmé est la récompense du soldat pauvre (L’art de la guerre).

Tiens, l’UE veut désarmer les citoyens européens… Étrange coïncidence!

Bernard Wicht

Volodymyr Zelensky, élu président de l’Ukraine, le 21 avril 2019. 

L’élection de Volodymyr Zelensky, 41 ans, à la présidence de l’Ukraine le 21 avril est plus importante qu’il n’y paraît. Son avènement peut tout changer dans le pays et redistribuer les cartes du jeu diplomatique en Europe. 

C’est par les mots « tout devient possible » que l’acteur et humoriste Volodymyr Zelensky a résumé son élection avec 73 % des voix à la présidentielle ukrainienne. Sans présumer de ce qui se fera vraiment, cette phrase rappelle celle, si célèbre, du grand Richelieu : « La politique c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. » Et, en effet, tout devient possible, ce qui ne signifie pas pour autant que tout ce qui est nécessaire se fera.

Zelensky, une défaite pour Merkel

Possible pour l’Ukraine d’abord. La population ukrainienne a mûri politiquement et elle veut, à la majorité sans égale des trois quarts, la paix, la fin de la pauvreté, le retour des libertés démocratiques, la fin de la corruption. A ceux qui objectent le manque d’expérience du nouveau président il suffira de répondre que son prédécesseur Petro Porochenko n’en avait pas lui non plus, et que celle qu’il a accumulée en 5 ans est celle du parti-pris de la guerre, du mépris des minorités, de la corruption, des milices néonazies et de la soumission internationale à l’Allemagne de Merkel et aux Etats-Unis d’Obama. D’ailleurs, Angela Merkel avait reçu la semaine dernière Petro Porochenko mais pas Volodymir Zelensky qu’Yves Le Drian avait recommandé de recevoir à Paris.

Certes, Zelensky n’aura politiquement les coudées franches avant six mois car, malencontreusement, le parlement ne sera élu qu’en octobre. Toutefois, c’est tout le « système Maïdan » qui s’effondre car le nouveau président (un russophone) a déjà annoncé vouloir relancer le processus de paix, c’est à dire les accords de Minsk, du protocole de 2014 à Minsk II de 2015.

Rappelons en l’essentiel : surveillance et vérification du cessez-le-feu par l’OSCE avec libération rapide des prisonniers et amnistie ; décentralisation des pouvoirs, fédéralisation surtout à l’est russophone mais aussi à l’ouest (Carpates); dialogue national et élections régionales. A peine ces accords signés, Porochenko avait récusé le fédéralisme, refusé de discuter avec les « républiques du Donbass » et avait continué, voire augmenté, les actes de guerre.

La France a un rôle essentiel à tenir car l’Allemagne, nain militaire, s’est discrédité en soutenant Porochenko jusqu’au bout. Et elle paiera encore longtemps, diplomatiquement et dans les mémoires d’Europe centrale, ses atrocités en Ukraine durant la Seconde Guerre mondiale.

A juste titre, Messieurs Zakhartchenko et Plotnisky, respectivement représentants des « républiques » de Donetsk et de Lougantsk estiment, eux, que la constitution de l’Ukraine devrait être modifiée et que le pays doit changer. Et il est vrai que, outre la guerre qui leur a été faite, Kiev avait refusé de payer les salaires des fonctionnaires, les retraites, les soins médicaux et de laisser ces populations parler leur langue maternelle (le russe) et de participer aux scrutins.

Une autre Ukraine c’est une autre Europe

Mais tout deviendra aussi possible pour l’Europe – la vraie, la grande Europe – au moment où Bruxelles se racornit et où Trump est enfin en situation de pouvoir faire ce qu’il avait promis dans son programme. Et cela coïncide avec l’abaissement politique et économique imminent de l’Allemagne, le Brexit, les lames de fond démocratiques en France, Pologne, République tchèque, Hongrie, Autriche, Italie, Finlande, Espagne, et dans tous les pays d’Europe. Aux Etats-Unis, l’enquête russe est un fiasco et Trump en ressort plus fort, avec la palme du martyr et les lauriers de ses succès économiques. De plus, il ne veut plus du fardeau financier et politique de l’Otan, qu’il juge périmée et coûteuse, et donc n’imagine certainement pas y faire entrer l’Ukraine. Ce qui fut un quasi casus belli pour les Russes.

Une grande conférence sur la paix et le développement de la grande Europe pourra enfin avoir lieu. Les sujets géopolitiques seraient les infections chroniques de Chypre et de Transnistrie. Voire du Monténégro, du Kosovo, de la Macédoine. Mais les grands sujets seront l’Ukraine et la Moldavie. La Moldavie, qui a un beau potentiel agricole, a vocation à rejoindre l’Union européenne (UE) et ses frères roumains. L’Ukraine ne rentrera ni dans l’UE ni dans l’Otan. Territoire potentiellement riche et plus étendu que la France métropolitaine, il faudra lui trouver un statut de pays d’osmose dans la grande future coopération euro-russe : on devra imaginer un vaste traité de coopération entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est (Ukraine, Biélorussie, Russie). Plutôt que de laisser partir, à contre cœur, l’immense Russie vers la Chine de l’accord de Shanghaï, qu’elle n’aime pas et dont elle redoute les multitudes.

Vers une deuxième Union européenne ?

Il sera alors indispensable et grand temps de tirer les conséquences de l’échec du système de Bruxelles et de penser la deuxième Union européenne autour de quelques principes simples et forts.

– Tous les pays d’Europe occidentale devront en faire partie, sans exclusion.

– Toute l’Europe sera pacifiée et les armes atomiques ou les manœuvres militaires ne devront plus viser les Européens entre eux.

– Les nations retrouveront les choix démocratiques de leurs destinées ; le Parlement européen dans sa forme actuelle sera remplacé par un « Parlement des parlements » où siégeront des représentants des parlements nationaux.

– La Commission bruxelloise sera remplacée par des groupes de liaison intergouvernementaux conduisant de grands projets industriels et de recherche.

– Les « acquis du droit communautaire » seront transitoirement maintenus, mais l’accent sera mis sur le droit transfrontalier appliqué par des tribunaux transfrontaliers.

– Les revenus perçus dans un pays seront imposés dans ce pays.

– L’économie sera remise au service des nations et plus l’inverse. Il conviendra de s’inspirer des remises en cause de l’OMC par Donald Trump et d’en finir avec la finance spéculative.

– Quant à l’écologie, elle s’intéressera enfin aux transports mondiaux : kérosène, porte-conteneurs, « route de la soie », qui détruisent l’air et l’emploi ; et à la pollution atmosphérique venue d’Allemagne. Tout ce que les Verts ont été inaptes à penser.

La Chine s’apprête à mettre la main sur Daimler Benz, Deutsche Bank à l’effondrement du 4e Reich Allemand

Par  Benjamin Fulford

L’Allemagne avec son régime 4e Reich est en état de siège et risque de s’effondrer en raison d’un endettement monumental et de la résistance populaire dans les États occupés comme la France et l’Italie. En conséquence, selon les services de renseignements militaires Japonais et d’autres sources, l’Allemagne pourrait être forcée de vendre aux Chinois ses précieux bijoux : la Daimler Benz Corporation et la Deutsche Bank.

L’incendie sacrificiel à Molech (Ba’al, Set, Satan) de la cathédrale Notre-Dame de Paris était une tentative désespérée des superstitieux satanistes Khazarians de l’UE, d’inverser en quelque sorte la donne de leur chance, selon des sources de la P2 Franc-Maçon.

Il est difficile pour les gens normaux de comprendre la mentalité superstitieuse de ces satanistes, mais ils semblent essentiellement penser qu’ils se battent contre une déesse. C’est pourquoi ils ont choisi de brûler «Notre Dame» ou «Our Lady», parce que cela fait référence à Marie. Marie, bien sûr, est le nom Chrétien de la Déesse Isis, qui a élevé un enfant jusqu’à ce qu’il puisse vaincre Set ou Satan.

C’est pour cette même raison superstitieuse que ces satanistes ont créé une horrible organisation terroriste et tenté de faire appel à l’État Islamique afin d’affaiblir le soutien à la Déesse dans l’esprit de l’humanité.

L’espoir, en sacrifiant Notre Dame, était d’unifier la pensée des Européens et de la population mondiale autour du Président Esclave Allemand Rothschild, Emmanuel Macron, tout comme les Américains s’étaient ralliés autour de George Bush après le 11 septembre, ont indiqué les sources. Selon de multiples sources de la résistance française des Vestes Jaunes, l’incendie de la cathédrale serait attribué à Macron et à ses maîtres tireurs de ficelles Allemands.

Les sources du Pentagone ont commenté: « Les profanations des églises Catholiques en Europe et l’incendie criminel de Notre-Dame en France pourraient bien avoir un côté positif et mener au limogeage du Pape François et au défroquage du Cardinal Français Philippe Barbarin». «La mafia Juive satanique mondiale a peut-être signé son propre arrêt de mort, avec son terrorisme antichrétien en France, le massacre de Pâques au Sri Lanka (dans lequel (comme par hasard) aucun Israélien n’a été tué,) ni ailleurs non plus», ont ajouté les sources.

Certes, une masse critique de personnes conscientes, en particulier des membres des forces armées et des services de renseignement du monde entier, savent bien que «l’État Islamique» désigne en réalité l’État Satanique, c’est-à-dire Israël. Ainsi, lorsque «l’État Islamique» prend le crédit du massacre de chrétiens au Sri Lanka et ailleurs, cela pointe vers le véritable coupable : Israël

Les sources du Pentagone prévoient que : “Une guerre sainte ou une croisade XXIe siècle contre les Juifs [la mafia Khazariane] sera menée par la Russie, l’Union Européenne et les États-Unis, pour défendre la Chrétienté, et ce, avec l’aide des Musulmans”.

Un groupe de Musulmans modérés a souscrit à cette déclaration dans le but d’obtenir un statut consultatif auprès de l’ONU afin de lutter contre tous ces efforts visant à déclencher une guerre sainte entre Musulmans et Chrétiens.

Les Musulmans sont pleinement conscients du fait qu’une tentative de brûler la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem au même moment où Notre Dame-de-Paris a été incendiée, était l’œuvre de satanistes Khazarians et non de Chrétiens.

Comme le montrent ces événements, la bataille contre la mafia Khazariane satanique fait rage de telle manière que cela transcende les frontières politiques, religieuses et géographiques traditionnelles.

Un autre exemple est la disparition, le 9 avril, d’un avion de combat Japonais F-35 au large des côtes du Japon

Des sources Japonaises du monde clandestin affirment que cet avion avait été «vendu à aux Nord-Coréens par les Sionistes [mafia Khazariane]” pour un énorme paquet d’argent. L’homme fort Nord-Coréen, Kim Jong-un, amènera cet avion de chasse, comme souvenir et monnaie d’échange lors de sa visite au Président Russe, Vladimir Poutine, à la fin du mois.

Les Sionistes espèrent vraisemblablement qu’en fournissant à la Russie, via la Corée du Nord,  le joyau de la technologie furtive militaire Américaine, ils pourront également obtenir une protection pour Israël. Des sources du FSB Russes ont cependant déclaré depuis longtemps, qu’ils ne protégeraient pas cet État créé par les mêmes satanistes qui ont tué plusieurs dizaines de millions de Russes au cours du XXe siècle.

Le fait que Kim envisage de se rendre en Russie juste avant que Naruhito, le nouvel Empereur Japonais, ne prenne officiellement le trône le 1er mai, est également un signe qu’il est à la recherche de protection, ont déclaré des sources Japonaises de droite proches de l’empereur. En effet, la Corée du Nord a participé à l’assassinat génocidaire du Fukushima contre le Japon et craint les représailles du nouvel Empereur.

Les Nord-Coréens ont aidé à la catastrophe du Fukushima en échange de promesses de la part de la famille satanique Khazariane Rothschild (Rothschild signifie «bouclier rouge», symbole de Satan). En effet, selon un membre de la famille Rothschild, ceux-ci avaient annoncé qu’ils allaient déplacer 40 millions de Japonais de Tokyo vers la Corée du Nord et feraient de la Corée du Nord le siège social des Rothschild en Asie.

Le Premier Ministre Japonais, Naoto Kan, a alors confirmé publiquement, qu’après l’attaque de Fukushima, il avait subi des pressions pour effectivement évacuer 40 millions de personnes du Grand Tokyo.

Cette bataille pour la planète Terre se déroule également en Indonésie, où une grande partie de l’or du monde serait en principe localisée. Ici, une élection générale très controversée vient d’avoir lieu. Des sources de la CIA en Indonésie affirment que Prabowo Subianto, soutenu par les Khazarians, avec son candidat photogénique, Sandiaga Uno, à la Vice-Présidence, a en réalité battu le Président sortant Jokowi. Ils ont offert comme preuve cette capture d’écran de la télévision Indonésienne montrant des résultats contradictoires.

Il s’agit d’un décompte rapide effectué par les différents bureaux indépendants de vote / repérage en Indonésie. Ils appellent cela des “sondages de sorties”. Les chiffres sont entourés d’une boucle orange. La partie supérieure montre un ensemble de résultats de comptage rapide qui indiquent que Prabowo / Uno est en tête. Au bas, ils ont échangé les résultats, montrant Jokowi / Ma’ruf Amin en avance. “

La source de la CIA rapporte également ce qui suit:

«Il y a dans les coulisses, une sérieuse bataille pour le contrôle du pays. En fait Prabowo / Uno a gagné par 60% ±. Ceci a été vérifié par de nombreuses sources internes. Jokowi / Amin [soutenu par la Chine] dit humblement qu’ils ont gagné. Les médias se lancent dans la rhétorique d’une victoire de Jokowi. Nous allons bien voir. Il y a des ententes réelles sur la table derrière le rideau.

«Prabowo a déclaré publiquement qu’il limiterait la prise de contrôle de l’infrastructure de l’Indonésie par la Chine. Le décompte officiel des votes sera annoncé le 22 mai.

«Chaque partie peut contester le décompte officiel et porter l’affaire devant la Cour Constitutionnelle (MK). Cela se produira en juin. Le pays reste en pilote automatique jusque-là, à moins que l’un des joueurs obtienne suffisamment de concessions pour se retirer, au coucher du soleil. Je ne peux pas en dire plus. Nous sommes tous surveillés des deux côtés. Ce qui est positif. Vous êtes aussi conscients de ceci.

Le contrôle de l’Indonésie est une question de vie ou de mort pour les puissances Occidentales, car le contrôle de l’or, et des trésors qui s’y trouvent, revêtira une importance capitale lors de l’inévitable réinitialisation du système financier mondial.

Nous disons que ceci est inévitable, car à moins que l’Occident ne réinitialise le système, celui-ci deviendra un monde de la Chine unique. Les États-Unis ont un déficit commercial cumulé d’environ 15 000 milliards de dollars. Cela signifie que les étrangers, principalement les Chinois et les Japonais, contrôlent un montant en dollars Américains presque égal au PIB des États-Unis. C’est la raison pour laquelle la Chine est en mesure séduire le monde entier grâce à son initiative «Belt and Road» (BRI) d’un montant de 3 milliards de dollars, et que l’Occident ne peut pas se permettre d’offrir de près ou de loin, quelque chose d’une telle envergure.

La seule raison pour laquelle les États-Unis n’ont pas été officiellement déclarés en faillite, c’est parce que cela provoquerait la Troisième Guerre Mondiale. Cependant, avec le système financier actuel, plus le temps passe, plus la position internationale des États-Unis s’affaiblit.

En outre, la Chine exerce un contrôle important sur l’UE en raison de son déficit de 1,777 milliards d’Euros (1 999 milliards de dollars US) accumulé depuis la crise de Lehman en 2008.

Seize pays de l’Europe de l’Est ont déjà rejoint l’initiative BRI des Chinois, et maintenant la Grèce, l’Italie et la Suisse ont sauté dans le train en marche. La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les seuls pays Européens importants qui résistent encore.

Étant donné que l’UE n’a pas l’option militaire Américaine, elle se trouve dans une position beaucoup plus faible. Des sources de la société secrète Asiatique disent que la Chine fait savoir à l’UE qu’elle ne veut plus de papier (instruments de dette de l’UE).  Ces sources indiquent qu’au lieu de cela, les Chinois font pression sur les Allemands en réclamant le contrôle de ses bijoux industriels tels que la Daimler Benz et de ses puissances financières telles que la Deutsche Bank. Ils disent que les Chinois, qui possèdent déjà Volvo et 9,69% de la Daimler Benz, en veulent plus maintenant.

Les Chinois ont récemment intensifié la pression en ouvrant une enquête sur cette entreprise, sous prétexte qu’une toute nouvelle Mercedes Benz était tombée en panne immédiatement après son achat. Les services de renseignement militaires Japonais ont déclaré qu’il s’agissait d’une première tentative dans le cadre d’un grand mouvement mené par les Chinois contre l’Allemagne.

C’est probablement là, la véritable raison pour laquelle l’Allemagne déclare publiquement qu’elle veut sa propre flotte de bombardiers nucléaires.

L’Occident doit se dépêcher et éliminer les parasites sataniques de son corps politique afin de pouvoir présenter un front uni dans la négociation d’un nouveau système financier avec les Asiatiques. Il doit également présenter pattes blanches devant la Russie. Le fait que le président Donald Trump ait félicité le président Ukrainien, Vladimir Zelensky, soutenu par la Russie, montre clairement que la campagne destructrice de l’Occident de «mettre tout le blâme sur la Russie» est terminée.

Ce n’est qu’en présentant un front uni face à l’Asie, que l’UE, la Russie et l’Amérique du Nord pourront espérer négocier en position de force, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, lors de réunions importantes, où l’avenir de la planète pourraient se déterminer.

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