Shoah rescapé

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Un architecte survivant de la Shoah conçoit un mémorial pour les Justes albanais

Stephen Jacobs n’avait que 5 ans lorsqu’il a été envoyé à Buchenwald ; concevoir des monuments commémoratifs de la Shoah lui permet de tourner la page, explique-t-il

JTA – Dans le monde de l’architecture new-yorkaise, Stephen Jacobs est connu pour ses créations à plusieurs millions de dollars, comme l’hôtel Gansevoort, un hôtel chic avec un bar sur le toit qui a été le premier hôtel de luxe dans le quartier branché de Meatpacking de la ville.

Mais Stephen Jacobs a récemment terminé un projet bien différent – gratuitement.

Pendant plusieurs années, il a travaillé à la conception d’un mémorial de la Shoah pour la capitale albanaise. Dévoilé le mois dernier à l’entrée du Grand Parc de Tirana, ce simple mémorial comporte trois plaques de pierre – en albanais, en anglais et en hébreu – qui mettent en valeur les histoires des Albanais qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’architecte de 81 ans a accepté de travailler sur le mémorial après avoir appris que l’Albanie était le seul pays d’Europe qui comptait plus de Juifs après la Seconde Guerre mondiale qu’avant. En plus de ne pas en avoir livré aux nazis, des centaines de Juifs fuyant d’autres pays se sont vus offrir un refuge dans ce pays à majorité musulmane.

« J’ai pensé que c’était une histoire très importante qui devait être racontée », explique-t-il.

Sa motivation va au-delà du fait de vouloir mettre en lumière la bravoure des Albanais pendant la guerre. Stephen Jacobs est lui-même un survivant de la Shoah qui a passé du temps dans un camp de concentration nazi lorsqu’il était enfant.

« Pour moi, il ne s’agit pas simplement de concevoir. C’est une sorte d’expérience personnelle », commente-t-il.

Pour moi, il ne s’agit pas simplement de concevoir. C’est une sorte d’expérience personnelle

Né Stefan Jakubowicz dans la ville polonaise de Lodz, Stephen Jacobs et sa famille laïque s’installent à Piotrków – une ville qui devient le premier ghetto créé par les nazis. Le ghetto, qui abritait 25 000 personnes, a été liquidé en 1942.

Sa famille – ses parents, son frère aîné, son grand-père et trois tantes – et lui seront finalement envoyés dans des camps de concentration. Les hommes à Buchenwald, les femmes à Ravensbruck. Il n’avait que 5 ans à l’époque.

Sur cette photographie prise en avril 1945, des survivants du camp de concentration nazi de Buchenwald sont assis sur une latrine, après la libération du camp par les troupes alliées.

À Buchenwald, il réussit à survivre à la fois grâce à la chance et à l’aide d’une résistance clandestine qui œuvrait au sauvetage des enfants. Il passait ses journées chez le cordonnier, ce qui lui permettait d’échapper à l’appel quotidien, où les gardes l’auraient probablement tué à cause de son jeune âge. Plus tard, il s’est caché dans le service de tuberculose de l’hôpital du camp, où son père travaillait comme aide-soignant.

« J’ai des souvenirs fugaces », témoigne-t-il. « J’ai des souvenirs qui ne sont pas chronologiques, en particulier les dernières semaines, car c’était une période très traumatisante et dangereuse, car ils essayaient de liquider le camp. »

Miraculeusement, toute la famille proche de Stephen Jacobs survit à la guerre, bien que sa grand-mère soit morte peu après la libération des camps. La famille part pour la Suisse, où elle vivra pendant trois ans. En 1948, ils s’installent aux États-Unis, dans le quartier de Washington Heights à New York.

L’ambassadeur d’Israël en Albanie Noah Gal Gendler s’exprime lros de l’inauguration d’un mémorial à Tirana, le 9 juillet 2020. Le mémorial dédié aux six millions de Juifs assassinés pendant la Seconde Guerre mondiale et aux Albanais les ayant protégés des nazis a vu le jour dans la capitale albanaise.

Stephen Jacobs est aujourd’hui un architecte new-yorkais de premier plan, fondant sa propre entreprise et s’associant avec sa femme Andi Pepper, architecte d’intérieur.

Sa carrière a fini par le ramener à Buchenwald. Il est chargé de créer un mémorial pour le « petit camp », une zone de quarantaine où les nouveaux prisonniers, dont Stephen Jacobs, séjournent dans des conditions brutales.

Il accepta, mais refusa toute rémunération parce qu’il ne voulait pas être payé par l’ancien camp, et « ce sont des choses qu’on ne fait pas pour gagner sa vie ». Le mémorial a été inauguré en 2002, à l’occasion du 57e anniversaire de la libération du camp.

Le mémorial de Tirana a été beaucoup moins épuisant sur le plan émotionnel, indique-t-il.

« L’Albanie était bien sûr plus éloignée parce que je n’étais pas là. Je ne connaissais pas beaucoup l’Albanie avant. Je ne connaissais certainement pas son histoire », confie Stephen Jacobs. « Buchenwald était complètement différent, donc émotionnel au début, c’est difficile. »

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, s’exprime lors de l’inauguration d’un mémorial de la Shoah à Tirana, le 9 juillet 2020.

En concevant les monuments commémoratifs, la priorité de M. Jacobs est de faire en sorte que les visiteurs repartent avec une meilleure compréhension de la Shoah. Comme le mémorial de Tirana, celui de Buchenwald est relativement simple et comporte des plaques avec des informations sur le camp et les lieux d’où les détenus ont été déportés.

« Les mémoriaux de la Shoah tendent à être l’un des deux extrêmes », commente-t-il. « Ils ont tendance à être soit le mémorial héroïque de style soviétique, la résistance héroïque au fascisme, soit totalement abstraits au point que le spectateur profane a besoin d’une explication concernant ce qu’il regarde, comme par exemple le mémorial [Peter] Eisenman à Berlin ».

« Et j’ai estimé qu’aucune de ces orientations n’était appropriée. La chose la plus significative à propos d’un mémorial de la Shoah, en particulier depuis que nous faisons cela pour les générations futures, est de dire aux gens exactement ce qui s’est passé ici ».

La chose la plus significative à propos d’un mémorial de la Shoah est de dire aux gens exactement ce qui s’est passé ici

Ces dernières années, M. Jacobs a été présent dans les médias non seulement pour son travail d’architecte mais aussi pour ses critiques sévères à l’égard du président américain Donald Trump. Dans une interview accordée à Newsweek en 2018 et largement couverte par les médias, il a établi des comparaisons entre la montée de l’extrême droite sous Trump et l’Allemagne d’avant-guerre.

« Je pense que c’est probablement l’élection la plus importante, certainement de mon vivant », juge-t-il, ajoutant que le résultat « déterminera l’avenir de ce pays ».

« Quatre années supplémentaires de Trump et ce pays ne sera pas reconnaissable », redoute M. Jacobs, qui a soutenu la campagne présidentielle du sénateur Bernie Sanders et a déclaré qu’il voterait pour Joe Biden en novembre.

Celui qui partage son temps entre l’Upper West Side de New York et la ville de Lyme dans le Connecticut travaille toujours comme architecte. La pandémie de coronavirus l’a empêché d’assister à l’inauguration du mémorial à Tirana.

L’une des premières photos à franchir les frontières de l’Albanie montrant comment des milliers de robustes montagnards menés par des abbés derviches, des avocats, des gendarmes et des paysans n’ont laissé aucun répit aux envahisseurs nazis, 1er février 1944.

Il explique que le fait de pouvoir concevoir des monuments commémoratifs de la Shoah est cathartique pour lui – mais cela ne signifie pas qu’il a pardonné à l’Allemagne son passé. Il se souvient qu’un fonctionnaire allemand avait déclaré lors de l’inauguration du mémorial de Buchenwald que sa présence était un « symbole de pardon », et qu’un journaliste l’avait interrogé à ce sujet.

« Ce n’est pas une question de pardon », se souvient-il avoir répondu. « Pour moi, il s’agit de clôture. Tout doit avoir une fin, et c’est pourquoi c’est une chose si importante pour moi à un niveau personnel ».

Incertitude sur la Shoah: le renvoi du principal de Floride fut une erreur- juge

Un juge a statué que William Latson aurait dû être réprimandé ou réaffecté après avoir dit à un parent qu’il ne pouvait pas dire que la Shoah était un « événement historique »

Une survivante de la Shoah montre son tatouage

William Latson, un principal de lycée au sud de la Floride, a été renvoyé après avoir dit à un parent qu’il ne pouvait pas affirmer que la Shoah était un « événement factuel et historique » car « tout le monde ne pense pas que la Shoah s’est produite ». Le pourcentage de septiques dépasse les 50%… les chiffres parlent d’eux même et le montage du chantage est grossier… bien des intellectuels savent qu’il va falloir avouer la vérité avant d’augmenter le taux de haine et de rejets.
Un juge administratif de l’Etat a statué la semaine dernière que le renvoi était une erreur. En octobre, le lycée du comté de Palm Beach avait viré Latson de son poste au lycée de Spanish River après une suspension de quatre mois.

Le juge Robert Cohen, de la Division des audiences administratives à Tallahassee, a statué jeudi que Latson aurait dû être réprimandé ou réaffecté à un autre poste au sein du système scolaire plutôt que d’être renvoyé. Il a recommandé que Latson soit réintégré, mais réaffecté à un autre poste et qu’il perçoive le salaire perdu pendant sa suspension sans solde.

Latson « a fait des choix maladroits en exprimant ses pensées », a déclaré le juge, et il a n’a pas échangé avec ses superviseurs alors qu’il était en vacances – la principale raison avancée par le lycée pour justifier son licenciement. Pourtant, selon le juge, aucun de ces actes ne correspondait à « une insubordination grave » nécessaire à un renvoi, à rapporté le Palm Beach Post.

Il travaillait dans le district scolaire depuis 26 ans et était le principal à Spanish River depuis 2011

Dans un email d’avril 2018, Latson avait déclaré à la mère d’un élève que « tout le monde ne croit pas que la Shoah s’est produite ». Il réagissait à une question pour savoir pourquoi la Shoah n’est pas enseignée à l’école. Les enseignements proposés par le lycée sur la Shoah dépassaient les exigences de l’Etat. Il est tellement évident que la Shoah est un chantage pour spolier les allemands et justifier Israel, qu’il serait tant que les juifs se fassent oublier avec ce scandale au lieu d’en rajouter pour condamner des innocents avec des lois anticonstitutionnelles qui violent la liberté de la presse… et l’intelligence de déduction. Le même procès pourri a été fait à Etienne Chouar qui est plus que pacifique mais qui grossi les rangs des victimes d’injustices. Il faut cesser de nous prendre pour des cons !

Décès d’une survivante de la Shoah qui a lutté pour retrouver ses biens spoliés

Martha Nierenberg, américano-hongroise, montre une photo de famille lors d'une conférence ce presse à l'Hôtel intercontinental à Budapest, le 24 octobre 2000. (MTI/Tibor Rozsahegyi/ AP)

Martha Nierenberg, américano-hongroise, montre une photo de famille lors d’une conférence ce presse à l’Hôtel intercontinental à Budapest

Ancienne biochimiste et conceptrice de mobilier elle a lutté pour récupérer les biens spoliés à sa famille pendant la Shoah en Hongrie… elle s’est éteinte à 96 ans

Elle s’est éteinte dans son sommeil dans une maison de retraite de New York.

Nierenberg, qui a survécu pendant la guerre en se cachant dans un hôpital catholique romain, est arrivée aux Etats-Unis avec sa mère en 1945. Elle était née dans l’une des familles les plus riches de Hongrie.

Parmi les biens familiaux qui ont été spoliés par les nazis et leurs collaborateurs hongrois dont faisait parti Soros, se trouvaient environ 40 tableaux d’une valeur de plusieurs millions de dollars. Les tableaux sont toujours en possession de l’Etat hongrois, qui s’oppose depuis 30 ans aux demandes de restitutions déposées par la famille Nierenberg. Sa famille continuera son combat après son décès. 

Aux Etats-Unis, Nierenberg a commencé sa carrière comme scientifique et chercheuse au MIT et à l’Institut Rockfeller pour la recherche médicale de New York. Elle travaillait comme biochimiste et parlait six langues. En 1954, elle et son défunt mari, Theodore Nierenberg, ont fondé l’entreprise de mobilier Dansk Designs, qui importait des dessus de table scandinaves design aux Etats-Unis ainsi que des accessoires de cuisine et de table colorés et sculptés.

Nierenberg laisse derrière elle quatre enfants : Lisa, Karin, Peter et Al. Theodore Nierenberg est décédé en 2009.

L’ablation du prépuce au 8° jour enlève tout scrupule au juif… mais il semble comme à admirer la plastique de Martha Nierenberg et bien d’autres comme Simone Weil qu’une réalité du peuple élu est sa beauté… suis-je influencée par ma circoncision et ma descendance de circoncis qui me fait penser que je suis juive de par cette anomalie et donc familiére de l’esthétique d’Europe centrale ?… ou est-ce beaucoup plus terrible si le peuple juif à travers ses rites sataniques aurait imposé les critères de beautés… comme il l’a fait en s’imposant par Hollywood ou la main mise sur le marketing et la mode… c’est hallucinant ! Je suis issu d’une famille dont j’ai perdu le contact, Albinhac… dont un oncle était chanoine à Paris… quand on connait la collusion des jésuites créee par les juifs tout est envisageable… et surtout condamnable… car jamais on ne nous dit la vérité. L’Histoire officielle est un long mensonge qui infantilise et prend en compte la faiblesse des hommes… hommes sans défenses, plus proches de la limace que du lion. Nous n’avons ni ongle ni fourrure… nous sommes nus, obligés de tuer des animaux pour nous protéger du froid.

Louis Albinhac, prêtre et combattant ; un aïeul qui doit se retourner dans sa tombe et ne plus rien comprendre à notre époque… à moins qu’il ai lu Céline le visionnaire qui a tout compris.

Louis Marie Auguste Émile Albinhac naît le 1er août 1876 à Paris (19e arr.). Il est le fils de Marie Antoinette Virginie Céline Belvaux et de son époux Louis Alexandre Albinhac, employé. NB ; Je porte d’ailleurs le prénom de Marie, car la tradition voulait que je porte le prénom de ma grand-mère… la seule personne qui m’a porté des marques d’affections.

Ordonné prêtre en 1904, il va être affecté au clergé paroissial dans le diocèse de Paris, parfois en banlieue, mais principalement à Paris. Il est d’abord nommé vicaire à Joinville-le-Pont (Seine, act. Val-de-Marne). Il assiste l’abbé Amédée Lassier, curé de la paroisse Saint-Charles-Borromée qui venait prendre la succession de l’abbé Alfred Roustan, mort en fonction.

La paroisse compte un seul vicaire et Louis Albinhac prend la suite de l’abbé Husson dans cette fonction. Pendant cette période, les deux prêtres vont vivre la séparation de l’église et de l’État en 1905. Les opérations d’inventaire des biens contenus dans les églises se déroulent à Joinville le 19 février 1906 ; elles ont lieu sans incident, alors que dans la ville voisine de Saint-Maur-des-Fossés, des catholiques ont empêché l’agent du fisc d’accomplir sa mission. Par décret du 20 mai 1912, les biens inventoriés furent partagés entre la ville et son bureau de bienfaisance.

En février 1908, l’abbé Seneuze devient vicaire de Joinville tandis que Louis Albinhac a été nommé vicaire à Saint-Jean l’Évangéliste de Montmartre (Paris, 18e arr.). Il y reste peu, car dès octobre, il devient vicaire à Saint-François Xavier, toujours à Paris (7e arr.). 

En août 1914, Albinhac est mobilisé avec le grade de caporal au 64e régiment d’infanterie territoriale (RIT). Il devient sergent en décembre, est transféré en décembre 1915 au 81e RIT, où il est promu sous-lieutenant en juin 1916. En septembre cette année-là, il est cité à l’ordre de la brigade : « Officier très méritant, a montré beaucoup de bravoure et de sang-froid en organisant sa tranchée, attaquée par une patrouille ennemie qui laissa entre nos mains deux prisonniers. »

Devenu adjoint au chef de bataillon en mai 1917, Albinhac passe au grade de lieutenant en juin 1918 et est démobilisé le 25 janvier 1919. Son parcours est inscrit dans le Livre d’or du clergé et des congrégations 1914-1922, paru en 1925.

Au début de la guerre, Louis Albinhac avait séjourné à Baccarat au domicile de la famille Sigvard, qui raconte ainsi la situation dans cette petite ville très proche de la ligne de front : « Nous vivions toujours sous la menace de voir revenir les allemands. Nous avons dû déménager nos matelas pour aller nous installer sous les fours de la Cristallerie, dans de grandes galeries souterraines. C’était obligatoire durant les nuits. Les matelas étaient alignés par quartier, avec un responsable. Et, chaque matin, nous rentrions déjeuner à la maison. Parce que si nous n’étions pas rentrées, la maison pouvait être réquisitionnée pour loger des soldats de l’armée française. Surtout depuis l’annonce de l’arrivée des américains. De toute façon, il fallait déclarer les pièces que nous avions libres. Nous avons logé un aumônier militaire, l’Abbé Albinhac. Il était curé de Saint-François-Xavier de Paris. »

Après-guerre, l’abbé Albinhac reprend son service pastoral à Saint-Jean de Montmartre. Il célèbre notamment deux messes en 1920 pour la Ligue patriotique des Françaises, association féminine proche à sa fondation de l’Action libérale populaire puis réorientée vers l’éducation sociale, les interventions de bienfaisance et l’action sociale.

En octobre 1922 l’abbé Albinhac devient vicaire à Bois-Colombes (Seine, act. Hauts-de-Seine) puis à l’église de l’Immaculée-Conception à Paris (12e arr.) en avril 1924. En mars 1929, il retourne à Saint-François-Xavier comme premier vicaire. Dans cette paroisse d’un des quartiers les plus huppés de Paris, il célèbre des cérémonies mondaines, comme les obsèques de la marquise de Montebello en février 1930, du marquis de Moy de Sons en mars 1932, du comte Edgard de Villefranche en novembre la même année ou du baron Jurien de la Gravière en novembre 1933.

En mai 1933, l’abbé Albinhac avait également conduit la cérémonie mortuaire du chanoine Paul Coqueret, ancien aumônier de la 60e division d’infanterie, chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre et curé de l’église de l’Immaculée-Conception, dont il était l’exécuteur testamentaire.

Après 19 ans passés à Saint-François-Xavier, le père Albinhac va consacrer 18 ans à une paroisse beaucoup plus populaire, Saint-Antoine des Quinze-Vingts Paris (12e arr.). Il y est nommé curé en mai 1934. Lors de la fête corporative de l’Union catholique du personnel des chemins de fer, en juillet de cette année, on assure qu’il est appelé « curé du P.-L.-M. », la compagnie qui gère la liaison ferroviaire Paris-Lyon-Marseille depuis la gare de Lyon. Il est présent au banquet du cinquantenaire des syndicats chrétiens, organisé par la CFTC en octobre 1937.

L’activité militaire d’Albinhac fait qu’il est partie prenante de la constitution, en mai 1936, avec 50 autres religieux de l’association des Prêtres anciens combattants (PAC), une organisation présidée par le chanoine Filleux, curé de Saint-Louis de Vincennes et dont l’abbé Albinhac est trésorier. L’association organise notamment des congrès-pèlerinage, à Lourdes en 1936 puis à Vienne (Autriche) en 1937. En lien avec cette fonction, le curé organise plusieurs cérémonies commémoratives. Il est nommé chanoine honoraire en janvier 1938.

Un service à la mémoire des disparus du sous-marin Phénix, qui coule au large de l’Indochine le 5 juin 1939, est organisé en juillet de cette année à la demande du Parti social français (PSF), pour honorer André de Saint-Martin, un de ses membres ; le colonel François de la Rocque, fondateur du parti d’extrême-droite, y participe. Le chanoine Albinhac célèbre la messe dans son église.

L’abbé Louis Albinhac meurt le 22 juillet 1952 à Paris (12e arr.). Il était âgé de 75 ans et toujours titulaire de la cure de Saint-Antoine des Quinze-Vingts.
J’ai le souvenir d’un homme extrêmement bon, adulé par la famille tout en donnant l’impression ne n’avoir aucune autorité… pour nous les enfants, les repas de famille semblaient un grand moment de liberté. Il avait un frère relieur rue Madame qui aussi était approché par les grandes familles parisiennes qui collectionnaient les livres dédicacés. Au fond de l’atelier il y avait un trou qui me faisait peur… Mais le vrai trou dans lequel je suis tombé c’est celui d’une autre branche de famille médiocre de taiseux traumatisés par 39/45…
Il est bien possible que mon délire à 14 ans de vouloir être abbé était influencé par la sérénité du Chanoine Albinhac… moi, médiocre à l’école j’étais face au savoir… et ma tante Marthe, sa soeur était une merveille de science qui parlait un français comme plus que rarement vous pouvez autant en jouir ! A la connaissance des puissants se mêlaient un humour caustique inimaginable et précieux… j’ai assisté à sa mort quand sur son lit de dentelles elle a tiré la langue et tourné la tête. Dans le même appartement laissé par le chanoine… Elle est morte célibataire… et peut-être vierge ? On disait vielle-fille alors que sa dynamique faisait vibrer les murs. C’était du temps ou d’avoir des relations juives permettaient de recommander un proche pour le faire embaucher… c’est ainsi que mon oncle Georges dépourvu de diplôme fut propulsé directeur de banque… Une drôle d’époque qui a tremblé sous la botte allemande, alors qu’aujourd’hui nous sommes piétinés par des babouches d’illettrés… Nous sommes envahis par une armée qui n’a ni chef ni armée… mais qui ridicule transforme ses mosquées en casernes pour émasculés. Et les français infantilisés sont subjugués… ou kolabos !

Saint-Antoine des Quinze-Vingts,


Elie Wiesel : disparition d’un rescapé de la Shoah

« J’étais si près de la mort, si souvent… » L’écrivain et philosophe américain, rescapé de la Shoah et prix Nobel de la paix en 1986, est mort ce 2 juillet 2016 à l’âge de 87 ans. Il avait été invité à Hors Champs en 2014.

Elie Wiesel à une conférence à Budapest en 2009

Il avait survécu aux camps de concentration, où il avait été déporté en 1944 alors qu’il avait 15 ans : il y avait perdu ses parents et l’une de ses soeurs. Elie Wiesel avait raconté cette indicible expérience en 1955, dans un récit intitulé La Nuit. En 2014, au micro de Laure Adler, il se souvenait de cette époque : « Jusqu’au printemps 1944, j’ai continué à vivre ma vie d’enfant juif pieux dans ma petite ville. (…) En 1941 ils se sont mis à déporter des Juifs, on ne savait pas où…« 

« Je vis avec, elle ne m’a jamais quitté cette mémoire. Elle a remplacé tous les autres souvenirs… Quand j’étais jeune, à l’école encore, mes souvenirs allaient très loin en arrière, jusqu’au Temple, la destruction du Temple à Jérusalem (…)  on était assis par terre dans la tristesse, dans le deuil, comme si c’était hier. Aujourd’hui c’est un peu différent car les autres éléments qui sont venus ont recouvert tout le reste. »

Dans cette émission, Elie Wiesel abordait aussi la question de la transmission, expliquant pourquoi le premier réflexe des survivants était de se taire auprès des jeunes (« Ils n’écouteront pas, ils ne comprendront pas. »), pour finir par concéder qu’ils avaient peut-être tort et que les jeunes, aujourd’hui, « voulaient savoir« . Lui-même déclinait la manière dont se faisait sa propre transmission : l’enseignement, l’écriture de livres, le fait de donner des cours, des conférences… Il rappelait toutefois avoir attendu dix ans avant d’écrire son premier livre… : « La vérité vraie doit rester au-delà du langage. Mais comment la remplacer alors, cette vérité-là ? Je ne sais pas… je cherche. Si j’étais musicien, j’écrirais peut-être un grand concerto pour violoncelle.« 

« Je dis ça avec désespoir, je sais que la vraie, vraie vérité restera incommunicable. Personne ne comprendra. Ce qu’il est passé dans la tête et dans le coeur d’un petit garçon qui voyait ses parents disparaître, ses frères et ses soeurs, l’un après l’autre, un après-midi, sous un soleil éclatant, avec des patients curieux qui regardait le tueur tuer, les victimes tomber… Comment est-ce possible ? (…) ça restera un grand point d’interrogation et d’accusation. »

Enfin, Elie Wiesel se confiait sur sa vision de l’humanité : « Qu’est-elle et où va t elle aujourd’hui ? A-t-elle appris ?« … avant d’en venir à parler de lui-même avec pudeur : de son expérience de journaliste par exemple, racontant qu’il tremblait avant chaque interview : « Tout le monde m’intimidait. Le mendiant, la mendiante dans la rue m’intimidaient. » Ou encore de son quintuple pontage cardiaque, qui lui avait permis d’apprivoiser l’idée de la mort plus sereinement : « J’étais si près de la mort, si souvent. Et maintenant, qui sait, peut-être ici, dans une chambre calme d’hôpital… alors qu’avant ç’aurait été plus dramatique quand même. Mais je ne sais pas, je n’avais pas peur. Ce n’était pas une angoisse qui me paralysait, et c’est toujours mon enfance qui revient…« 

Denise, rescapée d’Auschwitz :
« J’ai peur que la mémoire s’éteigne »

ENTRETIEN. Déportée en 1944, Denise Holstein, 92 ans, a consacré une partie de sa vie à témoigner des horreurs des camps de concentration nazis.

Denise Holstein, 92 ans, a ete deportee a Auschwitz en 1944.
Denise Holstein, 92 ans, a été déportée à Auschwitz en 1944. 

« Qui peut raconter ce qu’on a vécu ? Il en restera quelque chose. Mais si peu… » Quel étrange objet que la mémoire. Pendant 45 ans, Denise Holstein, revenue de l’enfer des camps, a enfoui la sienne. Incapable de parler. Seule survivante des enfants juifs des centres de l’Ugif (Union générale des Israélites de France) déportés avec elle à Auschwitz le 31 juillet 1944, elle s’est, à son retour, enfermée dans le silence.

Se taire. Recoller les brisures, et vivre, comme on peut. Parce qu’il fallait protéger les autres – « ma grand-mère a espéré jusqu’à la fin le retour de sa fille et de son gendre, mes parents, déportés en 1943. Comment lui parler des fours crématoires ? » Parce que la souffrance était indicible. Parce que la vie, aussi, l’a accaparée – « J’étais seule. J’ai dû travailler, puis je me suis mariée. Comment parler de cela à mes propres enfants ? » Et puis parce que les autres, au fond, ne voulaient pas savoir… Que pouvaient-ils comprendre ?closevolume_off

J’étais la bête curieuse, je n’ai pas pu dire un mot

Dans son appartement d’Antibes où elle nous reçoit, les îles de Lérins scintillant dans la baie de Juan-les-Pins à travers les fenêtres de la véranda, son regard se durcit. La frêle Denise Holstein, droite et digne dans son fauteuil, impeccablement mise, allume une cigarette – une Dunhill. À 92 ans, la mémoire de ces « autres » reste vive. « Ce devait être un mois après mon retour de déportation, d’abord à Auschwitz puis à Bergen-Belsen. L’une de mes tantes, qui avait des relations avec le directeur de l’école Polytechnique, m’a emmenée là-bas. J’avais encore les cheveux très courts, rien à me mettre sur le dos – nous manquions de tout. J’arrive dans ce palais, et des dames rassemblées pour le thé ont commencé à me poser des questions – pardonnez-moi – cons comme la lune ! Avions-nous des petites cuillères au camp, pour le café ? Avais-je subi des sévices ? J’étais la bête curieuse, je n’ai pas pu dire un mot. J’avais envie de hurler, mais je me suis fermée… »

Les adolescents m’ont délivrée, et j’ai ressenti cette impérieuse nécessité de témoigner

Son silence va durer jusqu’au jour de sa retraite. Jusqu’à ce qu’une amie, professeure d’histoire, la convainque de rencontrer les enfants d’une classe de troisième. Elle accepte. « Soudain tout est sorti. C’était comme si j’avais fait cela toute ma vie. » D’un carton jamais égaré, elle exhume une poignée de feuillets – trente pages dactylographiées qu’un ami de la famille, l’accueillant au bord de la mer à son retour des camps, l’avait poussée à écrire. « Tu dois le faire, Denise, pour te souvenir des lieux, des noms, des dates… Tu verras qu’un jour, tu me remercieras. »

À Rouen, sa ville natale, elle loue un studio pour écumer les écoles. Son histoire, enregistrée sur cassette audio, commence en 1942, dans une salle de classe : avec l’étoile jaune, la jeune Denise ne peut pas aller au tableau, puisqu’elle n’a pas le droit de monter sur l’estrade. « Les adolescents m’ont délivrée, et j’ai ressenti cette impérieuse nécessité de témoigner. Pour moi, et pour les enfants qui m’accompagnaient… » Aujourd’hui, elle n’est plus en état de le faire. Et elle redoute, dit-elle, que la mémoire se disperse. Chaque année, les commémorations lui laissent un goût amer… « On en parle pendant deux jours, et puis on oublie… »

Le Point : Dans quelques jours, le 6 février, vous allez fêter vos 93 ans. Est-ce encore une date douloureuse ?

Denise Holstein : Oui et non. Le dernier 6 février que j’ai passé avec mes parents, c’était à Drancy. Nous avions été pris dans la rafle des Juifs de Rouen, en janvier 1943. Mon père m’a dit : je te promets que pour tes 18 ans, on te fera une belle fête. Puis je suis tombée malade et on m’a sortie de Drancy jusqu’à l’hôpital, d’où j’ai rejoint un foyer de l’Union générale des Israélites de France, à Louveciennes. On m’a nommée monitrice de neuf jeunes enfants… Mes parents sont partis en novembre 1943. Pendant des mois, je me suis occupée de ces enfants qui avaient perdu leurs parents, qui m’appelaient leur « petite maman ». C’était dur évidemment, mais nous n’étions pas malheureux. Puis en juillet 1944, alors que les Alliés avaient déjà débarqué, l’officier SS Alois Brunner a décidé de ramasser tous les enfants, et je suis partie, avec eux, dans le dernier convoi pour Auschwitz.

Aviez-vous conscience d’arriver en enfer ?

Non. Nous pensions que nous partions travailler en Allemagne. J’avais vu un film publicitaire des nazis montrant un camp de concentration où des femmes tricotaient pendant que les hommes jouaient au football. Le voyage a duré trois jours, puis nous sommes arrivés au milieu de la nuit. Le train s’est arrêté dans des hurlements : « Raus… Schnell ! » (Dehors… Vite !) On nous a fait sortir des wagons. J’ai vu le ciel rouge, les flammes… Quelqu’un m’a dit : Tu vois, c’est là que tes parents sont passés. Je pense que les anciens étaient jaloux, parce que nous, qui arrivions seulement et souffririons moins longtemps qu’eux. Et c’est là que j’ai vu un petit bout de chou. Une fillette que je ne connaissais pas. Elle était terrifiée, pieds nus, elle pleurait. Je l’ai prise par la main, mais l’un des déportés qui vidaient les wagons m’a dit : « Lâche-la, va de l’autre côté. » Il m’a sauvé la vie…

« Ils ne m’auront pas » : c’est devenu ma devise

Dans votre livre paru en 1995, Je ne vous oublierai jamais, mes enfants d’Auschwitz, vous décrivez le processus de déshumanisation puis ce sentiment de rébellion qui a surgi. Vous a-t-il sauvée ?

Je le pense. « Ils ne m’auront pas », c’est devenu ma devise. « Ils ne m’auront pas. » Ces mots se sont imposés, ce n’était pas de la colère mais de la résistance, physique et morale. Après la sélection, après la tonte, le tatouage, on a marché dans le camp et j’ai vu les fours crématoires. Les filles qui étaient là depuis longtemps prenaient un malin plaisir à nous sortir toutes les horreurs. C’était tellement énorme que je n’arrivais pas à y croire. Nous sommes arrivés dans le bloc des Tziganes (tous avaient été exterminés la veille), j’ai vu les lits à étages. On était cinq sur les paillasses, avec une seule couverture. On a dû dormir trois heures, puis il y a eu l’appel. Une torture, l’appel. C’était matin et soir, on se rangeait devant la baraque, et les « stubowas » nous comptaient, puis la « blokowa », la cheffe de bloc, arrivait. Cette fin 1944, il n’y avait plus assez de travail à Auschwitz. Mais on faisait quand même faire des corvées pour nous user. On portait des briques d’un bout à l’autre du camp, et puis l’après-midi, ou le lendemain, on les ramenait au même endroit. Le pire, ça a été les rouleaux de tapis plein d’eau. C’est affreusement lourd, un tapis mouillé. On portait ça à deux, quand l’une tombait l’autre tombait avec. Et il y avait les kapos qui nous tapaient dessus quand ça n’allait pas assez vite. Des machines à coudre… Qu’est-ce qu’on a trimballé encore ? C’était pour nous briser, moralement et physiquement. À midi ou une heure, des tonneaux de soupe arrivaient. Les premiers temps, il n’y avait qu’une vieille casserole pour cinq ou six personnes. Sans cuillère, il fallait manger directement dans le pot, certaines ont refusé… J’ai pensé : « Si je ne mange pas, je vais crever. »

Et puis il a fallu subir le froid. Les températures sont tombées jusqu’à – 40 °C. J’avais juste une petite robe sur le dos et des socques en bois. J’avais les jambes gelées jusqu’au-dessus du genou. Dans la journée, j’avais comme deux jambes de bois, je ne les sentais pas. Mais la nuit, quand mon corps commençait à se réchauffer, je souffrais le martyre…

J’ai aussi fabriqué des fouets. L’avantage c’est qu’on travaillait à l’intérieur. Nous devions faire des lanières de cuir, avec des ciseaux qui ne coupaient pas, puis des tresses. Il fallait réussir un fouet entier dans la semaine. Sinon un « boche » prenait la cravache et envoyait les filles à la gymnastique. On les faisait courir dans la neige, elles devaient se coucher par terre, se relever… jusqu’à ce qu’elles meurent.

J’ai passé la nuit de Noël 1944 dans un wagon à bestiaux

Vous avez mesuré l’étendue de la cruauté humaine.

Denise Holstein.

Ils avaient beaucoup d’imagination. J’étais une enfant gâtée, j’avais connu une enfance normale dans un milieu aisé… Et je me suis aperçue que, bien souvent, les filles dans mon genre, choyées, réagissaient mieux que les autres. Peut-être que l’amour et l’éducation que j’avais reçus m’avaient structurée. Je n’étais pas sûre de moi, mais j’étais volontaire, et en bonne santé. Il n’empêche… J’ai fini par tomber malade, et on m’a envoyée au Revier, l’infirmerie du camp. Pendant ce temps, toutes mes camarades du convoi ont été envoyées en Autriche pour travailler dans une usine, et je me suis retrouvée seule, avec des étrangères. Je ne parlais pas yiddish (ma famille n’était pas pratiquante), ni allemand… c’était difficile. Puis les Russes sont arrivés. On pensait que le camp allait être libéré, mais ils ont laissé les malades et nous sommes partis à Bergen-Belsen. J’ai passé la nuit de Noël 1944 dans un wagon à bestiaux. C’était un camp beaucoup moins dur qu’Auschwitz, il n’y avait pas d’extermination systématique. C’était « magnifique », au début…

Chaque geste était pensé pour nous avilir…

Vous y avez « fêté » vos 18 ans…

Le 6 février 1945. Je n’ai pas mangé de pain pendant huit jours pour m’« acheter » des bottes, parce que j’avais les jambes gelées. Ma camarade de lit avait organisé l’affaire, en volant une paire dans une autre baraque, et m’a demandé en échange une semaine de pain. Puis le directeur de Birkenau nous a rejoints à Bergen-Belsen, et il a réinstauré les appels matin et soir. Le plus dur, c’était cette terreur, effroyable, qui ne nous quittait jamais. Chaque geste était pensé pour nous avilir…

Peu à peu, la nourriture s’est mise à manquer. Nous n’avions plus rien à manger, et, à la fin, il n’y avait même plus d’eau. Pas de soupe, rien… La soif est bien pire que la faim. Ça a été l’hécatombe, il n’y avait plus besoin de chambre à gaz. J’ai vraiment cru, alors, que c’était terminé.

J’étais couchée à terre. Le matin, ils venaient ramasser les morts dans l’allée. Cela a duré trois ou quatre jours, puis on a entendu des bruits de bombardement. Quand les Anglais sont entrés dans le camp, j’étais inerte, couverte de poux et d’excréments parce que je n’avais plus la force de me lever. Mais j’ai réussi à aller à leur rencontre…

Comment réapprend-on à vivre ?

J’étais un peu détraquée, je crois. Dans le camion qui me ramenait en France, j’ai rencontré un officier de Rouen. Il m’a dit qu’un Holstein était rentré. Pendant quatre jours, j’ai été folle de joie, je pensais retrouver mon père. Mais quand je suis arrivée chez ma grand-mère, à Rouen, j’ai compris qu’il parlait de mon frère : mes parents l’avaient envoyé en zone libre pour échapper au travail obligatoire. Je ne leur ai rien raconté… Je ne pouvais pas. Et la vie était difficile. On ne trouvait rien à manger à l’époque, je pesais 35 kilos, j’avais besoin de me retaper. Des amis de mes parents m’ont accueillie deux mois dans leur ferme de Cayeux-sur-Mer. Je me suis baignée, j’ai mangé. Et j’ai écrit mon histoire sur la machine à écrire que ce monsieur m’avait prêtée.

Les parents de votre père avaient quitté la Lituanie à cause des pogroms. Lui-même avait été arrêté une première fois et conduit à Drancy avant d’être déporté. Pourtant, il n’a jamais voulu quitter la France ?

Mon père était un optimiste. Il était convaincu qu’il ne nous arriverait rien. Des officiers allemands, pourtant, se faisaient soigner dans son cabinet dentaire – il n’avait pas le droit de le refuser. Et ils l’avaient prévenu : « Allez-vous-en, un jour vous serez arrêté »… Mais mon père ne les croyait pas. Il était d’une famille très pauvre, immigrée. Mais il avait réussi à faire des études de dentiste, comme son frère, ses deux sœurs étaient devenues institutrices… C’était un homme heureux, convaincu d’être protégé par une bonne étoile. Je n’ai pas son optimisme…

Que sont devenus les enfants dont vous vous occupiez ?

Parmi les neuf petits qui étaient avec moi, deux ont survécu. L’une avait la rougeole, et on l’a envoyée à l’hôpital avant qu’on quitte Paris. La ville a été libérée juste après. Et puis un petit garçon, dont le père était prisonnier de guerre, a été envoyé à Bergen-Belsen, où il n’y avait pas d’extermination. Les autres sont morts à Auschwitz. Comme les trois cents enfants de ce dernier convoi. Un jour, la petite fille est venue me voir, avec son mari… Une tante l’avait retrouvée et emmenée en Angleterre. Elle a écrit un livre. Elle n’avait que six ans à l’époque, mais elle se rappelait de moi… J’ai pleuré quand j’ai lu ça…

Êtes-vous retournée à Auschwitz ?

J’y suis retournée six fois, avec des élèves. Mais les baraques s’écroulent maintenant, et ils ne font rien… Quand elles auront disparu, j’ai peur que les visiteurs ne comprennent plus ce que nous avons vécu. Je m’y suis recueillie. Il y a une mare, là-bas, savez-vous ? Les nazis avaient un problème avec les cendres dont ils ne savaient plus quoi faire, ils en ont jeté dans la mare. Je me suis imaginé que mes parents étaient peut-être là…

Pour toute la cruauté à laquelle ils vont ont soumise, en voulez-vous aux Allemands ?

J’en veux aux nazis, pas aux Allemands, j’ai toujours su faire la différence. Je n’ai jamais voulu nourrir de rancœur. Je n’ai pas rejoint les cercles d’anciens déportés, je refusais de parler de cela. Après la guerre, j’ai vécu un an chez ma grand-mère, et je me suis mariée très vite, pleine d’illusions, pour prendre ma liberté, avec un monsieur beaucoup plus âgé, qui avait été prisonnier de guerre… Ça s’est mal passé. J’avais peur de ne pas pouvoir enfanter. Cela reste un mystère, d’ailleurs : je n’ai jamais compris pourquoi, à la minute où elles arrivaient à Birkenau, les filles en bonne santé cessaient d’avoir leurs règles. Dès le premier jour ! Ce ne pouvait pas être le choc… J’ai demandé à Serge Klarsfeld, il ne sait pas. Avec quoi ont-ils coupé nos règles ? Je suppose qu’ils nous ont donné quelque chose. Mais je n’ai jamais su, je n’ai jamais pu le savoir. J’ai vu des médecins des hôpitaux, personne n’a pu me le dire. Je vais me renseigner encore… Ça ne m’a pas empêché d’avoir trois enfants.

Les professeurs qui m’entendaient étaient suffoqués par ce que je racontais. L’Éducation nationale n’a pas fait son travail.

Auxquels vous n’avez jamais pu parler…

Je ne pouvais pas. Ils étaient trop jeunes d’abord, ensuite je n’avais pas le temps. Il fallait que je travaille. Et puis… Parler, pourquoi ? Avec mes enfants, mes petits-enfants, on n’en parle pas. Ils ont lu les livres, mais ce n’est pas possible de parler de ça… D’abord, ils ne veulent pas me faire de peine. Vous, vous ne me faites pas de mal, parce que je sais que c’est pour transmettre. Mais vis-à-vis de sa famille, c’est différent… Comment exposer sa souffrance ? Mon mari était représentant en province, et je l’accompagnais. Un soir, nous sommes arrivés à Longwy. Quand je suis descendue du train, j’ai vu les flammes sortant des hauts fourneaux, je me suis mise à trembler de la tête aux pieds, et j’ai manqué m’évanouir. J’ai eu l’impression d’arriver au camp. C’est la seule fois où j’ai vécu une telle crise, mais cela m’est resté. Le simple mot de Longwy provoque toujours un malaise.

Un sondage récent a révélé qu’un Français sur six n’a jamais entendu parler de l’Holocauste, et que 69 % des moins de 38 ans, ignorent le nombre de Juifs – 6 millions – tués durant la Shoah. Cela vous blesse-t-il ?

Évidemment, mais cela ne me surprend pas. Pendant des années, on n’en a pas parlé, et peu de gens, finalement, ont pris la parole pour témoigner. L’Éducation nationale n’a pas fait son travail. Les professeurs qui m’entendaient dans les classes que j’ai visitées, à partir du début des années 1990, étaient suffoqués par ce que je racontais. C’est bien qu’on ne le leur avait pas appris ! Vous savez, c’est différent de voir quelqu’un qui en revient et qui vous raconte, plutôt que de le lire un livre. Mais dans les classes, je n’ai jamais eu un chahut, pas le moindre problème. Un petit Arabe, adorable, m’a demandé une fois : « Madame, vous pensez que cela pourrait nous arriver un jour ? »

L’antisémitisme est une maladie, et elle est toujours là

Que lui avez-vous répondu ?

J’ai répondu que non. Leur situation n’a rien à voir : beaucoup d’immigrés sont arrivés et ont été mal accueillis, mal appréciés, c’est sûr. Mais on ne les a pas mis dans des camps de concentration ! Ceux qui travaillent et s’assimilent, ça va. S’assimiler, c’est très important. Et cela vaut pour toutes les confessions. Moi je suis française, je ne montre pas que je suis juive. Je me suis toujours comportée comme tous les Français. Les gosses qui se baladent avec des kippas sur la tête, ou qui se tiennent mal dans les rues… Ce n’est pas bon.

L’avenir vous inquiète-t-il ?

Le nazisme est fini. Mais l’antisémitisme est une maladie, et elle est toujours là. J’ai peur qu’on oublie les atrocités qu’il peut engendrer. À chaque anniversaire de la libération d’un camp, ou d’un autre, on en parle pendant deux jours, et après on oublie. On pense à autre chose. Ceux qui n’ont pas été directement touchés ont bien d’autres soucis : les grèves, etc. Le moment présent les intéresse, pas le passé. Mais il faut que les gens sachent. Ils sont trop nombreux, encore, à ignorer tout, voire à nier que ce soit arrivé. Je n’ai plus tellement de temps à vivre, alors je suis inquiète. J’ai eu peur lorsque Marine Le Pen est arrivée au second tour de la dernière présidentielle, et je pense que la prochaine fois, elle peut passer. Cela me terrifie… Mais ce qui m’effraie encore plus, c’est que les gens s’en FICHENT. Pour une grande partie de la population, l’Holocauste, c’est la guerre de Cent Ans ! Ils ne veulent même pas savoir. Le plus grand danger qui nous guette, c’est que nous oubliions de quelles atrocités la nature humaine est capable.

Quand on mesure la tonne de matraquage médiatique du coronavirus qui n’existe pas vraiment en tant que virus spécialement détecté et qu’on nous annonce des morts tous les jours en y rajoutant le port du masque obligatoire pour compléter le scénario catastrophe, on imagine aisément que le matraquage de la Shoah c’est du même tonneau via les tours du 11/9 et la série de crimes incroyables dont les indiens… via des guerres injustes comme l’Irak ! Avec en prime un vaccin mortel et sa puce 5G ! Nous sommes face aux plus grands manipulateurs du monde. Leur seul point commun , c’est celui d’avoir la bite coupée, donc de manquer de scrupule et d’être de piètres baiseurs très lourdaux et naïfs.

Léo Bergoffen, rescapé d’Auschwitz, est décédé

Né en 1922 à Berlin dans une famille juive originaire de Pologne, il était l’un des derniers survivants de la Shoah du Maine-et-Loire

Hommage – Disparition de Léo Bergoffen, rescapé d'Auschwitz-Birkenau | Crif  - Conseil Représentatif des Institutions Juives de France

Léo Bergoffen, rescapé d’Auschwitz.

Léo Bergoffen, survivant de la Shoah, est décédé le 5 juillet dernier au CHU d’Angers. Il était âgé de 97 ans.

Avec le médecin Henri Borlant, il était l’un des derniers survivants de la Shoah du Maine-et-Loire.

Né en 1922 à Berlin dans une famille juive originaire de Pologne, il a émigré en France avec ses proches en 1938, après la Nuit de Cristal.

Arrêté en zone libre en 1942, il a été déporté au camp de Drancy avant d’être emmené peu après à Auschwitz par le convoi n°27. Il a survécu à sa déportation et aux marches de la mort, avant d’être libéré le 11 mai 1945 grâce à l’avancée russe.

Ses parents ont eux été conduits à Auschwitz depuis Angers le 20 juillet 1942 par le convoi n°8. Ils n’en sont jamais revenus.

Après la guerre, il a épousé Odette Marie-Louise Blanchet, résistante française, nommée Juste parmi les nations en 1994. Ils se sont installés dans la commune d’Avrillé en Maine-et-Loire et ont eu un fils, Jacques.

Léo Bergoffen a témoigné devant de nombreux lycéens de son expérience et de la Shoah. Il a été promu chevalier de la Légion d’honneur en 2016.

Mort à 106 ans du plus vieux rescapé autrichien de la Shoah

Marko Feingold a vécu l’enfer d’Auschwitz, de Dachau et de Buchenwald et s’était fait un devoir de témoigner « devant un demi-million de personnes au total », racontait-il en 2018

Marko Feingold, 104 ans, pose pour une photo au Centre culturel israélien de Salzbourg, Autriche, le 15 mars 2018. (AFP PHOTO / JOE KLAMAR)

Marko Feingold, 104 ans, pose pour une photo au Centre culturel israélien de Salzbourg, Autriche, le 15 mars 2018.

Il avait survécu à quatre camps de concentration et témoignait inlassablement auprès des jeunes générations : le plus vieux rescapé autrichien des camps de la mort, Marko Feingold, est décédé jeudi à l’âge de 106 ans, a annoncé vendredi la communauté juive de Vienne (IKG).

Malgré son grand âge, il enchaînait encore jusqu’à récemment conférences et interventions scolaires. « J’ai dû parler devant un demi-million de personnes au total », avait-il confié à l’AFP en 2018.

Né le 28 mai 1913 sujet austro-hongrois, sur le territoire de l’actuelle Slovaquie, Marko Feingold avait été arrêté à Prague et déporté à Auschwitz en 1940.

« Ils m’ont dit que j’avais trois mois à vivre. C’était vrai: au bout de deux mois et demi j’étais sur le point de succomber d’épuisement quand par chance j’ai pu faire partie d’un convoi pour Neuengamme », un autre camp situé en Allemagne.

Marko Feingold, matricule 11.996, sera par la suite encore transféré dans deux autres camps, à Dachau puis à Buchenwald, où il sauve sa vie grâce à sa qualification de maçon.

Photo d’illustration : Sur cette photo non-datée, des prisonniers se tiennent derrière la clôture électrique du camp de concentration de Dachau, en Allemagne, saluant l’arrivée des Américains. Comme nous le voyons il ne s’agit pas d’hommes décharnés mais de soumis au travail obligatoire. Pourquoi Hitler aurait tué sa main-d’oeuvre gratuite si précieuse.

Seul survivant de sa famille, il quitte Buchenwald, libéré par les Américains, en mai 1945 mais ne peut rejoindre Vienne comme il le souhaitait, le transit par la zone d’occupation soviétique en Autriche étant interdit au groupe de rescapés dont il fait partie.

« Un soldat russe nous a dit avoir l’ordre de ne pas nous laisser passer: le nouveau chancelier (social-démocrate) Karl Renner avait dit: ‘on ne reprendra pas les Juifs’ ».

Marko Feingold décide alors de s’établir à Salzbourg, en zone américaine, où il a résidé jusqu’à sa mort et présidé la petite communauté juive de la ville.

Après la guerre, jusqu’en 1947, il avait établi une filière qui a permis à « 100 000 Juifs d’émigrer en Palestine » via l’Italie.

Lui-même avait refusé de quitter l’Autriche malgré les difficultés rencontrées à son retour dans un pays où l’antisémitisme était encore très présent. « Impossible de trouver un travail. Quelqu’un qui revenait des camps était forcément un criminel. Aussi j’ai dû me mettre à mon compte », témoignait Marko Feingold. Il avait crée à Salzbourg un magasin d’habillement devenu florissant.

L’Autriche s’est longtemps complu dans un rôle de « victime » du IIIe Reich en refoulant son propre rôle dans la Shoah, avant d’entamer tardivement, au milieu des années 1990, un travail significatif de mémoire.

Marko Feingold était depuis de nombreuses années couvert d’honneurs officiels dans son pays et avait été reçu en 2018 par le chancelier conservateur d’alors Sebastian Kurz et le vice-chancelier d’extrême droite Heinz-Christian Strache.

Oradour-sur-Glane: après le massacre du 10 juin 1944, Le Figaro reconstitue les heures tragiques

LES ARCHIVES DU FIGARO – Il y a 75 ans des SS anéantissaient le petit village de la Haute-Vienne et sa population. Récit de cette journée dramatique par un collaborateur du Figaro présent ce jour-là à proximité des lieux, publié en 1949 dans nos colonnes.

Ruines du village d’Oradour-sur-Glane après la tuerie perpétrée par les SS le 10 juin 1944: dans ce village du Limousin, 642 personnes trouvèrent la mort.
Ruines d’Oradour-sur-Glane, Limousin, apres le massacre des villageois par les nazis le 10 juin 1944 — Ruins of french village Oradour sur Glane after the execution of its inhabitants by the nazis june 1944

La barbarie nazie. Le 10 juin 1944 d’atroces événements avaient lieu à Oradour-sur-Glane, près de Limoges: le plus grand massacre de civils perpétré par les nazis en France.

En effet, c’est tout un village du Limousin qui est détruit -il ne reste que des ruines-et 642 personnes qui trouvent odieusement la mort le 10 juin 1944, quelques jours après le débarquement des Alliés en Normandie. Des femmes, des enfants, des hommes de tous âges. Seules quelques personnes réchappent à la tuerie -parmi eux Yvon Roby, Robert Hébras, Jean-Marcel Darthout, Mathieu Borie, Armand Senon, Paul Doutre. Les témoignages des rescapés permettent de reconstituer le scénario de cette atroce tragédie, qui marque à jamais la mémoire collective.

Plus de huit ans après le drame s’ouvriront devant le tribunal militaire permanent de Bordeaux les débats du procès du massacre d’Oradour-sur-Glane. Mais sur le banc des accusés il n’y aura aucun donneur d’ordre, uniquement des exécutants: sept soldats allemands et quatorze Alsaciens. Des jeunes gens à l’époque des faits.À LIRE AUSSI : Le 12 janvier 1953 s’ouvrait le procès du massacre d’Oradour-sur-Glane, symbole de la barbarie nazie

En 1949, le jour de la commémoration de l’assassinat de sa population, le bourg martyr reçoit la croix de la Légion d’honneur lors d’une cérémonie nationale. À cette occasion, Le Figaro choisit de publier le récit de son collaborateur Jean-Marie Garraud. Ce funeste jour de juin 1944, il se trouvait à sept kilomètres des lieux. Dès le lendemain il se rendait sur place.

Article paru dans Le Figaro du 7 juin 1949.

La tragédie d’Oradour

Cette journée du 10 juin 1944 est belle en Limousin. Les prés sont lourds de fourrage, les champs prometteurs d’une bonne moisson. En outre, les nouvelles du récent débarquement des Alliés en Normandie apportent l’espoir.

Rarement, il y a eu autant de monde à Oradour-sur-Glane, gros bourg de l’arrondissement de Rochechouart. La région est riche et tranquille. On vient d’y évacuer des enfants de Nice, d’Avignon, de Montpellier et de Bordeaux, qui ont retrouvé sur place de nombreux petits Lorrains.

Les auberges d’Oradour sont réputées. Des habitants de Limoges, des promeneurs sont venus passer le week-end à la campagne et se ravitailler. De plus il y a distribution de viande et de tabac, ce jour; aussi de nombreux cultivateurs des environs sont descendus au bourg.

À l’hôtel Avril et à l’hôtel Milord on vient de servir le déjeuner. Des pensionnaires sont arrivés le matin même: une dame et ses trois enfants fuyant les bombardements de la région parisienne, un ménage de Bordeaux; d’autres sont repartis à 10 heures: un couple de jeunes mariés. Aux tables d’hôte, on parle, on plaisante.

Deux jeunes institutrices stagiaires, âgées de vingt ans, quittent vers 13 heures la salle à manger de l’hôtel Milord. L’une, Mlle Conty, accompagne jusqu’à l’entrée du bourg sa collègue détachée dans un village voisin et gagne ensuite son école. Elles ne devaient plus se revoir.

L’arrivée des SS

Il est 14 h15 lorsqu’un convoi de camions allemands arrivant par la route de Limoges s’arrête dans la partie basse du bourg. Les soldats —environ deux cents— sont tous jeunes, casqués et revêtus d’amples vestes de camouflage mouchetées de vert et de jaune.

Plan du village d’Oradour –paru dans Le Figaro du 7 juin 1949: en noir l’église, les granges et le garage, où la population fut tuée par les SS, le 10 juin 1944. En pointillé, le trajet accompli, pendant que le village brûlait, par des rescapés. En haut le village provisoire et la chapelle élevée près des ruines. Le Figaro

Trois camions et deux chenillettes se détachent du convoi et parcourent la rue principale. Aussitôt le village est en émoi. Est-ce un convoi qui cherche sa route ou un lieu de cantonnement? On le pense d’abord, puisqu’aucun combat entre le maquis et les Allemands ne s’est déroulé dans les environs d’Oradour.

Un officier de SS entre à la mairie, et peu après le tambour de ville, M. Deplerrefiche passe dans les rues, lisant un ordre enjoignant aux habitants de se rassembler sur la place du Champ-de-Foire pour vérification d’identité.

Aussitôt les SS, mitraillette au poing, se répandent dans le bourg, frappent aux portes des maisons et indiquent par geste aux villageois de se rendre rapidement au lieu de rassemblement. Déjà les brutalités commencent: Mme Binet, directrice de l’école, malade, est obligée de se lever et de sortir de sa maison en pyjama. Un vieillard paralytique est tiré de son lit et porté à bras jusqu’au champ de foire, où affluent les autres habitants.

Cependant, certains se cachent: M. Senon qui a eu la jambe brisée au cours d’une partie de football, se dissimule dans une petite chambre; M. Doutre trouve un refuge dans un caveau du cimetière; M. Desourteaux rampe dans un jardin; M. Besson se glisse sous le lierre d’un mur.

Le petit Lorrain

Le jeune Roger Godfrin et un autre rescapé, le cordonnier Machefer, lors du procès d’Oradour-sur-Glane au tribunal militaire de Bordeaux, le 13 janvier 1953.
Proces des criminels d’Oradour au tribunal militaire de Bordeaux Roger Godfoin le plus jeune rescape en compagnie d’un autre rescape le 13 janvier 1953

Dans les trois écoles, la classe a commencé quand les Allemands arrivent. Ils ordonnent aux maîtres et aux enfants de les suivre. À l’école de garçons le chef du détachement de SS déclare au directeur, M. Rousseau, qu’on craint une escarmouche du maquis et qu’il faut conduire les enfants à l’église pour assurer leur sécurité.

Les SS sont très calmes. Certains rient. Les enfants n’ont pas peur.Seul, un petit Lorrain. Roger Godfrin, âgé de neuf ans, dit à un de ses camarades: «Ce sont des Allemands… Ils vont nous faire du mal!» Il se glisse vers la fenêtre et profitant d’un moment d’inattention des soldats, il saute dans un jardin et se dissimule derrière un massif. Quand le cortège des enfants quitte l’école, Roger Godfrin se sauve vers les bois voisins. Sa petite taille lui permet d’échapper aux sentinelles.

Ce fut le seul enfant qui échappa au massacre d’Oradour.

Dans la campagne, autour du village, des chenillettes allemandes patrouillent; des camions vont chercher les habitants des hameaux voisins. À Bordes, aux Brégères et à Puygaillard. Ils les amènent au champ de foire. Quelques-uns essayant de fuir à travers champs sont abattus.

Ils entassent sur nous de la paille, des ridelles de charrette, des échelles, des fagots et y mettent le feu.Yvon Roby, un rescapé

À 15 heures le rassemblement de la population est terminé. Les Allemands forment deux groupes: d’un côté les femmes et les enfants; de l’autre les hommes. Le premier groupe est alors conduit à l’église par une dizaine de SS. Les hommes ont été contraints de s’asseoir sur le bord du trottoir. Un interprète allemand déclare: «Nous allons perquisitionner pour chercher des dépôts d’armes. (Il n’y en avait aucun à Oradour.) Pour faciliter les opérations, nous vous rassemblerons dans les granges

À 15h30 les hommes sont repartis dans les granges Landy, Milord, Desourteaux, Denis, Bouchoule et dans le garage Beaulieu. Tout se passe avec ordre. Aucun signe de nervosité chez les Allemands.

Les rescapés du massacre

Dans la grange Landy, une quarantaine d’hommes sont réunis. Parmi eux, cinq jeunes gens: MM. Roby, Hébras, Borie, Darthout et Broussaudier, qui seuls échappèrent au massacre. Leur témoignage, que nous avons recueilli quelques jours plus tard, nous a permis de reconstituer exactement les faits.

Les SS demandent à des hommes de sortir les deux charrettes qui se trouvent dans la grange Landy. À l’entrée du bâtiment quatre soldats installent des mitrailleuses. Ne trouvant pas l’emplacement de leurs armes assez propre, ils le font balayer par un des prisonniers.

Oradour-sur-Glane peu apres le massacre de la population par les nazis le 10 juin 1944 , prise de vue Boye — mass murder of the whole french village Oradour sur Glane France by the nazis june 10, 1944

«Ils nous regardent, nous a déclaré M. Roby. Ils ont à peine vingt ans. Ils rient entre eux et se distribuent des morceaux de sucre qu’ils croquent. Nous attendons, inquiets, massés contre le mur de la grange. Cinq minutes passent. Dans une maison voisine un Allemand fait marcher la radio. Soudain un coup de feu retentit comme signal. Les SS en poussant des cris, se penchent sur leurs armes et tirent. Je me laisse tomber à plat ventre. Des corps me recouvrent.»

Après la mitraillade, les SS, marchant sur les corps, tirent à bout portant, au revolver sur ceux qui remuent. «Puis ils entassent sur nous, dit M. Roby, de la paille, des ridelles de charrette, des échelles, des fagots et y mettent le feu.» La même scène a dû se dérouler dans chaque grange.

Au milieu des flammes et de la fumée. M. Roby se dégage et rampe vers le fond de la grange. Il y retrouve les quatre autres rescapés, dont Darthout atteint de quatre balles aux jambes. Un trou dans le mur leur permet de gagner un grenier voisin. Ils se cachent dans le foin. Mais un SS arrive. M. Roby l’entend marcher à un mètre de lui. Un bruit d’allumette que l’on craque et le feu est mis au foin. Le SS s’éloigne: les jeunes gens sautent du grenier en flammes, et, épouvantés, se terrent dans un clapier. Mais le feu gagne partout. Alors, risquant le tout pour le tout, les jeunes gens, rampant et traînant leur camarade blessé, sortent des bâtiments. Tout le village brûle maintenant. La fumée masque les fugitifs. Ceux-ci, passant, à côté de groupes de SS qu’ils entendent crier des ordres, parviennent à gagner les champs derrière le cimetière. Ils sont sauvés.

À l’église

Seule une femme a survécu à l’odieux massacre qui eut lieu dans l’église, Mme Rouffanche. Les femmes et les enfants sont réunis dans le sanctuaire dont les portes sont gardées. Vers 16 heures, deux SS apportent dans l’allée centrale une caisse volumineuse de laquelle dépassent des cordons blancs. L’un d’eux allume ces cordons avec un briquet et sort précipitamment de l’église. Aussitôt une explosion se produit et une épaisse fumée noire se dégage. Femmes et enfants, à demi asphyxiés, hurlent de frayeur. De la porte les SS commencent à tirer.

Mme Marguerite Rouffanche unique temoin du massacre des femmes et des enfants qui eu lieu dans l’eglise lors de la tragedie d’ Oradour sur Glane le 10 juin 1944 par les SS

Mme Rouffanche, qui a vu sa fille tuée d’une balle à côté d’elle, se glisse derrière le maître-autel. À l’aide d’un escabeau elle atteint un vitrail brisé et se précipite à l’extérieur d’une hauteur de trois mètres. Une jeune femme tente de la suivre en serrant son bébé dans ses bras. Elle saute à son tour, mais les Allemands alertés par les cris tirent. La femme et l’enfant sont tués. Mme Rouffanche, blessée de plusieurs balles, a la force de se traîner vers un champ de petits pois dont les rames la dissimulent. Elle ne fut trouvée que le lendemain à 17 heures, par des cultivateurs, après le départ des SS et rapporta ce qui s’était passé.

Le massacre d’Oradour a fait plus de sept cents victimes, dont près de quatre cents femmes et enfants. Il fut accompli méthodiquement et avec un sang-froid ignoble et déconcertant par un bataillon du régiment SS «Der Führer» appartenant à la division panzer «Das Reich». Ces SS étaient tous très jeunes. Ils ont cantonné autour de Limoges quelques jours, vidant les caves et volant poules et lapins. Ils n’avaient même pas le remords de leur crime.

Le crime le plus odieux de cette guerre.

Les rescapes du massacre d’Oradour sur Glane survivants du massacre de tout le village le 10 juin 1944 par les SS


Henriette Cohen, doyenne française des rescapés d’Auschwitz, s’est éteinte

Âgée de 101 ans, elle a survécu à l’enfer nazi et à la marche de la mort de janvier 1945, ne pesant plus que 35 kilos à sa libération

Henriette Cohen. (Crédit photo : centenairesfrancais.wordpress.com)

Henriette Cohen.

Ce 24 juin, Henriette Cohen, doyenne des rescapés d’Auschwitz, s’est éteinte à l’âge de 101 ans à Marseille, a annoncé le journal local La Provence.

L’inhumation a eu lieu mardi 25 juin dans l’intimité familiale.

Née à Marseille le 17 août 1917, Henriette Cohen a été raflée par la Gestapo en mai 1944 à proximité de Salon-de-Provence alors qu’elle avait 27 ans. Elle était accompagnée de sa belle-mère, Rosine Cohen.

Sa fille ainée, Monique, avait alors 3 ans ; la seconde, Nicole, était âgée de 14 mois. Ayant été prévenue, elle est parvenue à cacher les deux enfants ainsi que sa mère dans une ferme avant l’arrivée des nazis. Après la guerre, les paysans seront reconnus Justes parmi les nations.

Moins d’un mois plus tard, toujours accompagnée de sa belle-mère, Henriette Cohen était déportée de Drancy à Auschwitz, où elle a reçu le numéro – et le tatouage – « A8541 ». Dès leur arrivée, sa belle-mère a été gazée. Henriette a elle été envoyée aux travaux forcés.

Elle a finalement survécu à l’enfer nazi et à la marche de la mort de janvier 1945, ne pesant plus que 35 kilos à sa libération.

Elle a pu retrouver sa famille – qui ne l’a pas reconnue – et s’est plus tard décidée à témoigner de l’enfer des camps, notamment auprès des  jeunes « pour que personne ne puisse nier » la Shoah. Elle a eu quatre autres enfants, treize petits-enfants et trente-quatre arrière-petits-enfants.

Lille : Retrouvailles entre des rescapés juifs et leurs sauveurs

Le 11 septembre 1942, 24 cheminots lillois réussissent à sauver 34 juifs de la déportation vers le camp d’extermination d’Auschwitz

Plaque commémorative des rescapés juifs et des cheminots leur ayant sauvé la vie, cérémonie du 11 septembre 2016 (Crédit : Capture d'écran/France 3)

Plaque commémorative des rescapés juifs et des cheminots leur ayant sauvé la vie, cérémonie du 11 septembre 2016 (Crédit : Capture d’écran/France 3) 

Le 11 septembre 1942, les Allemands organisent la déportation de 500 juifs depuis la gare de Lille Fives (Nord-Pas-de-Calais) vers le camp d’extermination d’Auschwitz.

Apprenant la nouvelle, des cheminots décident de se mobiliser afin de venir en aide aux déportés. Vingt-quatre cheminots mobilisés réussiront à sauver 34 juifs de la déportation.

Cette histoire est restée méconnue pendant près de soixante dix ans.

Grégory Celerse, historien, a permis à cet événement de sortir de l’ombre, après quatre années de recherches, rapporte le site France 3 régions. « Pratiquement personne à Lille, même à Lille, n’avait entendu parlé de ces cheminots. Il a fallu commencer à chercher, à croiser toutes les sources existantes, toutes les archives. On a retrouvé des gens (rescapés) en Israël, aux Etats-Unis, au Canada, » a déclaré l’historien à France 3.

Grâce à ce travail de recherche, les rescapés, les cheminots et leurs familles ont pu se rencontrer pour la première fois, le 11 septembre 2016, 74 ans jour pour jour après le sauvetage, lors d’une cérémonie très émouvante.

La cérémonie était organisée à Lille ou cinq rescapés avaient fait le déplacement, accompagnés de leur famille. Certains cheminots de l’époque, toujours en vie, étaient présents, les autres représentés par leur famille.

L’émotion était au rendez-vous. « Votre grand-père a sauvé ma mère, (…) et maintenant nous sommes six enfants », a déclaré la fille d’une des rescapées, venue pour l’occasion d’Israël.

Une autre jeune femme explique que sa mère a toujours voulu connaître l’identité de celui qui l’avait sauvée. « On ne serait pas là si Marcel et les autres cheminots n’avaient pas fait leur ‘devoir’ », a déclaré à l’occasion de la cérémonie, la fille d’une autre rescapée, des sanglots dans la voix.

« C’est une émotion telle, que j’ai du mal à résister, » a déclaré de son coté un rescapé, Jacques Stulzaft, sauvé par Marcel Hoffman, rapporte France 3.

D’après plusieurs témoignages, les cheminots n’avaient pas raconté à leur famille ce qu’ils avaient fait pendant la guerre, seuls les rescapés étaient au courant.

« Ça fait une émotion contrastée, parce qu’ils [les enfants des rescapés] ont toujours vécu dans cet esprit avec les parents qui ont raconté, et nous [les enfants des cheminots], on a découvert ça il y a six mois grâce à monsieur Celerse et ça fait bizarre », témoigne le petit-fils d’un cheminot.

Les noms des rescapés et de leurs sauveurs ont été gravés sur une plaque commérant cette date du 11 septembre 1942.

De son côté, l’historien Grégory Celerse a publié un livre intitulé Sauvons les enfants, aux éditions Les Lumières de Lille.

Des rescapés de la Shoah à Mark Zuckerberg: retirez les contenus négationnistes

La Claims Conference prévoit de mettre en ligne une vidéo d’un survivant chaque jour « jusqu’à ce que Facebook agisse »

Des survivants de la Shoah demandent à Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Facebook, de retirer du réseau social les contenus négationnistes, dans un message vidéo.

Neuf rescapés témoignent dans la vidéo mise en ligne sur le plus grand réseau social du monde, dont Eva Schloss, demi-sœur d’Anne Frank, aujourd’hui âgée de 91 ans. Elle a été réalisée en partenariat avec la Claims Conference, organisation créée en 1951 notamment pour œuvrer à la récupération de biens spoliés.

« Quand des gens disent en ligne que l’Holocauste n’a jamais eu lieu, ils disent que mon père, ma sœur et soixante membres de ma famille n’ont pas été assassinés par les nazis », explique Lea Evron, aujourd’hui âgée de 85 ans.

D’origine polonaise, elle a échappé aux camps d’extermination de même que sa mère lorsque son père et sa sœur ont été déportés, en 1943.

« Ceux qui disent que l’Holocauste n’a pas existé me traitent de menteur », résume Sidney Zoltak, également d’origine polonaise, qui a échappé aux camps en se cachant dans des villages en Pologne.

Dans un document publié début juillet, l’organisation de lutte contre l’antisémitisme Anti Defamation League (ADL) a donné plusieurs exemples de groupes Facebook au sein desquels des usagers mettaient ouvertement en doute l’existence de l’Holocauste ou son étendue.

Parmi eux le groupe CODOH ou « comité pour un débat ouvert sur l’Holocauste », où étaient encore visibles mercredi des messages niant que le génocide des juifs d’Europe a bien eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale.

Aux Etats-Unis, révisionnisme et négationnisme ne sont pas interdits par la loi et la jurisprudence tend à les placer sous la protection du premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté d’expression.

Dans de nombreux Etats européens, en revanche, des propos révisionnistes ou négationnistes sont passibles de poursuites pénales.Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, à son arrivée le 23 mai 2018 au Palais de l’Elysée à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron, Président de la République française, après le sommet « Tech for Good ». (Crédit : AP Photo/Francois Mori)

En juillet 2018, Mark Zuckerberg, qui est lui-même juif, avait expliqué qu’il ne voulait pas supprimer les messages négationnistes de Facebook.

Sollicité par l’AFP, Facebook a indiqué qu’il supprimait tout contenu qui « défendait » l’Holocauste, « essayait de le justifier », « accusait les victimes de mentir » ou incitait à la haine ou la violence contre les juifs.

Mais la plateforme ne retire pas du contenu « uniquement parce qu’il est faux », a précisé un porte-parole, et ne supprime donc pas les contenus négationnistes, même si elle cherche à en limiter la propagation sur la plateforme…

« Discours de haine »

La Claims Conference prévoit de mettre en ligne une vidéo d’un rescapé chaque jour « jusqu’à ce que Facebook agisse », a indiqué une pore-parole, expliquant que plus de 70 messages étaient déjà prêts.

L’organisation indique avoir demandé à Mark Zuckerberg de rencontrer des rescapés pour écouter leur histoire « et comprendre pourquoi le négationnisme est un discours de haine », a expliqué la porte-parole.

En juin, le réseau social s’est retrouvé sous le feu des critiques quand plusieurs associations de défense des droits des minorités ont appelé au boycott de la plateforme pour obtenir qu’elle contrôle mieux les contenus incitant à la haine, au racisme ou à la violence.

Après le retrait de plusieurs grands annonceurs, le PDG s’est engagé à ce que le site retire les publicités présentant certaines minorités comme une menace pour la sécurité ou la santé du plus grand nombre.

Il a aussi promis que le réseau social avertirait les utilisateurs lorsque certains messages ou contenus postés sur Facebook enfreindront ses règles.

L’Allemagne versera 88 M $ supplémentaires aux rescapés de la Shoah

La Claims Conference indique que Berlin a accepté de verser 75 millions d’euros supplémentaires pour financer les services de protection sociale pour les survivants de la Shoah

Un haut responsable militaire (à gauche) serre la main du survivant de la Shoah Edward Mossberg lors de la Marche des vivants en Pologne le 12 avril 2018 (crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

Un haut responsable militaire (à gauche) serre la main du survivant de la Shoah Edward Mossberg lors de la Marche des vivants en Pologne le 12 avril 2018 (crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

La Claims Conference, l’organisation qui s’occupe des demandes d’indemnisation au nom des Juifs qui ont souffert sous les nazis, a indiqué que l’Allemagne a accepté de verser 75 millions d’euros supplémentaires pour financer les services de protection sociale pour les survivants de la Shoah, selon un article du Daily Mail.

La Conference sur les revendications matérielles juives contre l’Allemagne, basée à New York, a déclaré mardi que cela porte le financement total de l’année prochaine à 480 millions d’euros pour aider les survivants à mesure qu’ils vieillissent et deviennent plus vulnérables.

Greg Schneider, négociateur de la Conférence sur les revendications, a affirmé, selon le Daily Mail que « ces héros âgés méritent d’être honorés par l’augmentation des prestations et des services dont ils ont tant besoin ».

La Claims Conference avait déjà négocié en 2016 une hausse de son budget jusqu’à 2018, dont la plus grosse augmentation de l’aide aux soins à domiciles que l’organisation n’ait jamais obtenue.

Pendant ses négociations avec le gouvernement allemand, la Claims Conference s’était assurée un financement de près de 312 millions de dollars en soins à domicile pour les survivants en 2016, environ 350 millions de dollars pour 2017 et plus de 380 millions de dollars pour 2018, selon un communiqué de presse publié à l’époque.

« Les soins à domicile sont cruciaux pour fournir une vie digne aux survivants de la Shoah, avait déclaré Schneider à JTA. En supprimant le seuil pour les personnes qui étaient dans les camps et les ghettos, le gouvernement allemand a montré qu’il comprenait cela et était prêt à répondre aux besoins ».

L’Allemagne a également accepté d’augmenter les pensions versées à 55 000 survivants de la Shoah en Europe centrale et orientale (notamment l’Algérie) et d’élargir l’éligibilité aux enfants survivants.

De manière plus marquée, le gouvernement allemand avait reconnu la persécution des Juifs tunisiens et marocains mais cela n’avait pas été le cas des Juifs algériens – même si le Maroc, la Tunisie et l’Algérie se sont trouvés sous le contrôle de Vichy de la même manière durant la Deuxième guerre mondiale.

Début 2018, le gouvernement allemand a accepté de reconnaître quelque 25 000 juifs d’Algérie survivants de la Shoah, comme étant éligibles à une indemnisation. Ils pourront bénéficier d’une indemnité unique dans le courant de l’année, avait annoncé une organisation de défense des droits des survivants.

Les Juifs qui ont vécu en Algérie entre juillet 1940 et novembre 1942, et qui ont souffert aux mains des nazis, percevront un règlement unique de 2 556,46 euros, avait annoncé la Claims.

Les paiements aux personnes admissibles à l’indemnisation devaient débuter en juillet 2018.

La Claims Conference est un organisme à but non lucratif qui aide les survivants à obtenir une indemnisation. Elle a été fondée en 1951 par des représentants d’organisations juives internationales et distribue les fonds qu’elle reçoit de l’Allemagne aux survivants et à leurs représentants. Selon les chiffres de la Claims Conference, depuis 1952, le gouvernement allemand a versé quelque 70 milliards de dollars d’indemnisation.

Les vrais victimes de cette période sont les allemands qui ont soufferts au delà du pire… dont des villes entières ont étés détruites par les bombardements… faisant de l’Allemagne reconstruite un pays moderne. Le pire c’est que trahis par les banquiers juifs ils sont devenus leurs débiteurs à coups de milliards… sans compter l’humiliation injustifiée d’avoir été manipulés par un autrichien despote et narcissique. Et les juifs odieusement continuent leur chantage sur ce qui a justifié d’inventer Israël dont la population est aussi nomade et peu éligible que celle de l’Algérie… mais dont nous entendons chaque jour les jérémiades avilissantes.

Berlin indemnise 25 000 juifs d’Algérie survivants de la Shoah – une première

Vivant sous le régime français de Vichy qui a collaboré avec les nazis, les juifs persécutés ont désormais droit à une indemnisation forfaitaire de 3 183 dollars

Des tailleurs juifs algériens (Crédit : Autorisation de JIMENA)

Des tailleurs juifs algériens

Le gouvernement allemand a accepté de reconnaître quelque 25 000 juifs d’Algérie survivants de l’Holocauste, comme étant éligibles à une indemnisation. Les Juifs qui ont vécu en Algérie entre juillet 1940 et novembre 1942, et qui ont souffert aux mains des nazis, percevront un règlement unique de 2 556,46 d’euros, a déclaré la Conférence sur les réclamations matérielles contre l’Allemagne (Claims Conference), un organisme juif international qui verse des fonds d’indemnisation de l’Holocauste pour le compte du gouvernement allemand.

« Il s’agit d’une reconnaissance attendue depuis longtemps par un grand nombre de Juifs en Algérie qui ont subi des mesures anti-juives de la part d’alliés nazis comme le régime de Vichy », a déclaré Greg Schneider, vice-président exécutif de la Claims Conference. 

« Le gouvernement de Vichy a soumis ces personnes à des restrictions sur l’éducation, la vie politique, la participation à la société civile et l’emploi, révoquant la citoyenneté française et ne les identifiant que parce qu’elles étaient juives. »

Le régime français de Vichy a régné sur certaines parties de la France dont les colonies françaises entre 1940 et 1944 et a activement collaboré avec les occupants allemands nazis.

Les négociations entre la Claims Conference et le gouvernement allemand sur la reconnaissance des survivants algériens ont commencé en août 2017.Des représentants de la Claims Conference rencontrent des représentants allemands au cours des négociations sur les réparations de la Shoah en Israël

L’argent sera versé par l’entremise du Fonds de règlement des réclamations de la Conférence. Un centre d’enregistrement devrait ouvrir ses portes à Paris, où vit le plus grand nombre de survivants algériens.

Les démarches seront gratuites pour tous les survivants et aucune représentation juridique n’est requise, a indiqué la Conférence sur les réclamations.

Il y a également environ 3 900 survivants d’Algérie vivant en Israël. La Conférence sur les réclamations a l’intention d’envoyer un courrier directement aux survivants connus dans d’autres pays que la France pour leur expliquer les détails de leur éligibilité à l’indemnisation.

Ruediger Mahlo, représentant de la Claims Conference en Allemagne, a expliqué que si les indemnités ne sont pas importantes, c’est le principe de la reconnaissance des survivants comme ayant souffert pendant l’Holocauste qui importe.

« Ce dédommagement n’est qu’une petite mesure de la justice que méritent ces survivants, mais la reconnaissance est importante et nous continuerons de lutter jusqu’à ce que chaque survivant soit reconnu », a déclaré Mahlo.

La Claims Conference est un organisme à but non lucratif qui aide les survivants à obtenir une indemnisation. Elle a été fondée en 1951 par des représentants d’organisations juives internationales et distribue les fonds qu’elle reçoit de l’Allemagne aux survivants et à leurs représentants. Selon les chiffres de la Claims Conference, depuis 1952, le gouvernement allemand a versé quelque 70 milliards de dollars d’indemnisation.

Même s’ils n’ont pas été contraints à rejoindre des ghettos, la Claims Conference estime que Berlin doit dédommager les Juifs algériens qui ont perdu la nationalité française et leurs professions sous Vichy

Robert Blum, 91 ans, assureur à la retraite, avait 14 ans et étudiait dans un collège d’Alger dans les années 40, quand il a été renvoyé de l’école parce qu’il était juif.

L’Algérie, alors sous le régime collaborationniste français de Vichy, introduisait une série de mesures antisémites, notamment la déchéance de la nationalité française, interdisait l’accès aux écoles publiques pour les enfants juifs, interdisait aux docteurs, avocats et pharmaciens juifs et autres professionnels d’exercer.

La Conference on Jewish Material Claims Against Germany, aussi appelée Claims Conference, démontre au gouvernement allemand qu’il doit également indemniser les Juifs qui étaient en Algérie pendant la Shoah.

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« Bien sûr, ce n’était pas comme dans les camps en Pologne, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de persécution, et nous pensons donc que les personnes sont éligibles à un dédommagement », a déclaré Greg Schneifer, le vice-président exécutif de la Claims Conference.

Il y avait environ 130 000 juifs en Algérie durant la Deuxième guerre mondiale, et on estime que 25 000 d’entre eux vivent encore, principalement en France, explique Schneider.

Aussi loin que Blum s’en souvienne, être renvoyé de l’école publique n’était pas si mal. Il a juste dû aller dans une autre école non loin, où tous les élèves et les enseignants étaient juifs. L’école juive n’était pas loin de l’école française, et il pouvait encore passer du temps avec ses anciens camarades.

« Rien de terrible n’est arrivé », dit-il. « C’est vrai que des étudiants juifs étaient renvoyés, mais parallèlement, des écoles séparées s’organisaient. Il n’y avait aucune animosité entre les élèves juifs et catholiques. »

Mais les historiens ont une version plus sombre. Durant la guerre, le quota d’élèves juifs dans les écoles primaires et secondaires en Algérie est passé de 14 à 7 %, selon Jean Laloum, un historien spécialisé dans l’histoire juive contemporaine d’Afrique du Nord, au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).

« C’était catastrophique pour les parents, parce que leurs enfants n’avaient plus d’avenir s’ils ne pouvaient pas aller à l’école. C’était la pire des mesures », a expliqué Laloum.L’historien juif contemporain Jean Laloum. (Autorisation)

De plus, les Juifs algériens ont été déchus de la nationalité française en octobre 1940 ; le quota de Juifs qui pouvaient travailler en tant que médecins, avocats, pharmaciens, sages-femmes, architectes et autres domaines professionnels, a été réduit à 2 %. De nombreux actifs juifs ont perdu leur emploi.

Les hommes d’affaires juifs étaient également pris pour cible, après que des lois antisémites ont été introduites pour transférer la propriété des Juifs à des hommes d’affaires non-juifs.

L'historien juif contemporain Jean Laloum. (Autorisation)

Par exemple, en juillet 1942, une loi algérienne interdisait aux juifs de travailler dans des débits de boissons, notamment les cafés et les bars, a expliqué Laloum.

De plus, les entreprises d’affaires et d’immobilier juifs étaient souvent saisis et transférés aux aryens. Les maisons où les Juifs vivaient n’étaient pas saisies, mais leurs biens commerciaux étaient souvent pris pour cibles, a ajouté Laloum.

Blum a déclaré que c’est presque ce qui est arrivé à son oncle et à sa tante. Ils ont été arrêtés sous de fausses accusations, emprisonnés et envoyés dans des tribunaux de Lyon. Heureusement, le parquet de Lyon a rejeté l’affaire, après avoir jugé les allégations absurdes, et son oncle a été libéré, dit-il.

« Il y avait des gens qui voulaient profiter de la situation pour saisir des magasins et des commerces qui appartenaient aux Juifs », a dit Blum. « Mais ensuite, ces affaires ne tenaient pas la route devant un tribunal, et ce dernier prononçait un non-lieu. »

Mais selon Laloum et Schneider, de nombreux Juifs algériens ont perdu leurs biens et leurs commerces.

« Les biens juifs étaient confisqués, je pense que c’était courant », a ajouté Schneider.

En plus des difficultés économiques, les historiens affirment qu’il y avait des camps de travail au sud de l’Algérie pendant la guerre, et certains des prisonniers étaient juifs. Laloum a indiqué ne pas savoir combien de Juifs algériens ont été envoyés dans ces camps de travail.

Les prisonniers de ces camps devaient casser des pierres et construire des routes sous la canicule, et dans des conditions tellement mauvaises que certains prisonniers mourraient, raconte Laloum. Bien que la plupart des gens qui y étaient envoyés étaient des opposants au régime, ou des communistes, « un certain nombre de Juifs ont été emprisonnés dans ces camps parce qu’ils étaient Juifs »,

Les juifs d’autres pays d’Afrique du Nord indemnisés

Ces dernières années, la Claims Conference a réussi à convaincre le gouvernement allemand d’étendre l’éligibilité à indemniser davantage de Juifs qui ont vécu la Shoah.

Plus récemment, le gouvernement allemand a accepté d’indemniser les Juifs qui étaient cachés pendant au moins 4 mois durant la Shoah. Ce critère, déjà existant, était fixé à 1 an et demi auparavant, a expliqué Schneider.

Les juifs de la ville de Iasi, en Roumanie, sont également devenu éligibles à l’indemnisation. Le gouvernement allemand alloue également un financement aux Juifs d’ex-URSS qui n’ont jamais vécu sous l’occupation nazie, comme ceux qui ont survécu au siège de Leningrad, ou ceux qui ont fui la guerre avec d’autres civils soviétiques.

De manière plus marquée, le gouvernement allemand a reconnu la persécution des Juifs tunisiens et marocains mais cela n’a pas été le cas des Juifs algériens – même si le Maroc, la Tunisie et l’Algérie se sont trouvés sous le contrôle de Vichy de la même manière durant la Deuxième guerre mondiale

Les habitations de la mellah - ou vieux quartier juif - à Fez, sont situées très près les unes des autres, avec des ruelles exiguës comme rues. (Crédit : Michal Shmulovich)

Les habitations de la mellah – ou vieux quartier juif – à Fez, sont situées très près les unes des autres, avec des ruelles exiguës.

Au Maroc – contrairement à l’Algérie – les Juifs n’ont pas perdu leur citoyenneté et leurs biens n’ont pas été saisis. Et pourtant, l’Allemagne a reconnu que les Juifs marocains avaient souffert des persécutions fascistes parce que certains avaient été obligés de s’installer dans les quartiers juifs historiques – les Mellahs – qui étaient similaires à des ghettos. Ces mellahs n’étaient pas clôturés ou fermés, mais ils étaient néanmoins des quartiers réservés à une unique communauté. Le droit allemand reconnaît la résidence forcée comme étant un type de persécution.

Des enfants courent dans les ruelles de la mellah. Le vieux quartier juif est remarquable par ses allées étroites et délabrées. (Crédit: Michal Shmulovich)

Des enfants courent dans les ruelles de la mellah. Le vieux quartier juif est remarquable par ses allées étroites et délabrées.

En Algérie, d’un autre côté, les Juifs n’ont pas été contraints à vivre dans des quartiers qui leur étaient exclusivement réservés. 

Pourquoi les Juifs d’Algérie n’ont-ils reçu aucune indemnisation ? 

« Le pays dont ils étaient originaires n’était pas pertinent, ce sont les persécutions endurées qui étaient pertinentes. En Algérie, il n’y avait pas de mellahs. Il n’y avait pas de camp de concentration en Algérie, il n’y avait pas le port de l’étoile jaune. Les Algériens ne sont donc pas éligibles à une indemnisation », a expliqué Schneider.

« Nous essayons de faire reconnaître les autres persécutions – comme le fait que leur citoyenneté française a été révoquée »

Le pays dont ils étaient originaires n’était pas pertinent, ce sont les persécutions endurées qui étaient pertinentes

Mais Blum, qui a vécu pendant la guerre en Algérie après que sa famille a fui là-bas depuis Paris, a déclaré que les historiens ne doivent pas faire la confusion entre la situation des Juifs en Algérie et l’Holocauste.

« Ce qui est arrivé en Algérie n’était absolument pas ce qui est survenu en Europe. C’était complètement différent », a-t-il estimé. « Quand on dit que cela a été horrible pour les Juifs en Algérie – je réponds non ». 

Mais Schneider considère que ce n’est pas parce qu’on peut penser que les choses n’ont pas été si difficiles à vivre pour certains Juifs d’Algérie que cela annule la souffrance des autres. 

« Il y a une histoire générale et il y a des expériences individuelles »

La majorité des Français ignorent le nombre de juifs tués durant la Shoah

Près de 75 ans jour pour jour après la libération du camp de concentration nazi d'Auschwitz-Birkenau, 57% des Français avouent ne pas connaître le nombre de juifs tués durant la Shoah.
Près de 75 ans jour pour jour après la libération du camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau, 57% des Français avouent ne pas connaître le nombre de juifs tués durant la Shoah. 

Près de 75 ans jour pour jour après la libération du camp de concentration nazi d’Auschwitz, 16% des Français avouent même « ne pas avoir entendu parler » de la Shoah.

Durant la Shoah, six millions de juifs ont été assassinés… chiffre officiel très contestable quand on sait qu’il n’y avait que quatre millions de juifs et que cette rubrique à pour but de faire ressortir le nombre incroyable d’anciens prisonniers qui meurent à 90 ans ! Une réalité glaçante, pourtant ignorée par une majorité de Français. Selon un sondage, 57% d’entre eux ne savent pas combien de juifs ont été tués durant cette période, et cette proportion s’élève à 69% chez les moins de 38 ans. Se serait vraiment bien d’oublier, mais l’autre escroquerie qui s’est branchée sur le chantage de la Shoah c’est la création artificielle d’Israël… et là le procès pour escroquerie n’est pas fini…

En tout, 16% des personnes interrogées disent « ne pas avoir entendu parler » de la Shoah, contre 84% qui affirment le contraire. Une personne sur quatre de moins de 38 ans (25%) dit ne pas en avoir entendu parler. C’est dire le degré d’illettrisme venant particulièrement de l’invasion de migrants complètement déconnectés…

Deux sondés sur trois (66%) citent Auschwitz-Birkenau parmi les camps ou ghettos dont ils auraient « entendu parler », loin devant Dachau (19%), le ghetto de Varsovie (13%), Buchenwald (10%), Treblinka (6%), Sobibor (5%), Bergen-Belsen (4%) et Drancy (2%), situé en banlieue parisienne. 

L’école, responsable de l’enseignement de la Shoah

Une nette majorité de sondés (82%) juge « important de continuer à enseigner la Shoah, notamment pour que cela ne se reproduise plus ».
Sauf que les juifs nous promettent d’exterminer la population mondiale pour la réduire à 500 millions ! « L’école » doit être « responsable de l’enseignement de la Shoah », selon 77% des sondés, devant « les parents » (46%) et « le gouvernement » (42%). 

Quelque 46% de ceux qui en ont entendu parler disent que c’est à l’école que le sujet a été abordé, devant la télévision (17%) ou « chez moi » (12%). Ceux qui en ont pris connaissance à travers une oeuvre citent en premier lieu Le Journal d’Anne Frank (64%), La liste de Schindler(63%) et la série Holocauste (46%). Ils sont 54% à penser que « quelque chose de similaire à la Shoah pourrait se reproduire », même si l’extermination des juifs est « unique et différente de tout autre acte de génocide survenu au XXe et XXIe siècle », selon 59% des personnes interrogées. 

Le nazisme, une crainte pour 42% des sondés

Les juifs peuvent-ils « subir un autre génocide de masse » ? 35% des sondés pensent que oui, contre 32% qui sont « en désaccord » avec cette affirmation. Le national-socialisme, ou nazisme, « pourrait reprendre le pouvoir », craignent 42% des personnes sondées (26% « en désaccord »). 

En revanche, 10% des sondés pensent que « soit l’Holocauste est un mythe, soit le nombre de Juifs assassinés pendant l’Holocauste a été largement exagéré », un pourcentage qui monte à 23% chez les moins de 38 ans. Le chiffre officiel de La Croix Rouge n’est que de 275 000 morts de maladie ou autres, mais pas gazés. Il ne faut pas oublier qu’il s’agissait avant tout de camps de travaux forcés dont les allemands avaient besoin pour leurs usines !

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