Oui, manger bruyamment donne un meilleur goût à la nourriture

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Repéré par Clarisse Portevin — 11 août 2021 à 6h30

D’après une étude, faire du bruit en mangeant serait en fait bénéfique pour nos papilles.

Repéré sur Discover Magazine

Faire du bruit en aspirant ses nouilles ou en buvant sa soupe? Impensable et malpoli pour beaucoup d’entre nous. Ce bruit si reconnaissable, auquel les anglophones ont donné un nom, le «slurping», peut heurter la sensibilité de la plupart des Occidentaux. En revanche, pour beaucoup d’Asiatiques, c’est une façon de montrer qu’on apprécie le plat et de complimenter le chef.

Beaucoup insistent également sur le fait que le «slurping» donne un meilleur goût à nos aliments. Si personne ne gagnera jamais le débat sur la définition des bonnes manières de manger à table, la science a choisi son camp, en révélant que manger bruyamment rend vraiment notre nourriture encore meilleure, rapporte Discover Magazine.

«L’étude indique que, d’une certaine manière, manger en faisant du bruit améliore le plaisir de l’expérience», affirme Josef Youssef, fondateur de Kitchen Theory, un studio de design qui crée des expériences culinaires originales. Lui et Charles Spence, de l’université d’Oxford, ont fait goûter à 207 participants occidentaux des soupes de légumes. Pour un premier groupe, la soupe était servie dans des bols, et pour le second, dans des assiettes avec des cuillères. Ils ont demandé aux participants de manger d’abord la soupe normalement, puis de l’aspirer bruyamment, en notant le potage après chaque étape.

Une histoire de sens

L’équipe de recherche a constaté que les participants préféraient la soupe servie dans un bol, et que le «slurping» améliorait le goût. «Les résultats révèlent que la soupe a été évaluée comme ayant une saveur plus intense quand ils l’ont bu en faisant du bruit», ont déclaré les auteurs de l’étude, publiée dans le International Journal of Gastronomy and Food Science.

Cela pourrait être en partie lié au fait que notre appréciation des aliments n’est pas seulement une question de goût: nos cinq sens sont impliqués. Car le goût est un sens limité. Nos papilles sont uniquement capables de percevoir certaines saveurs. Ce que la plupart des gens considèrent comme le goût relève en fait plus souvent de l’odorat, qui «est là pour nous dire à quel point les aliments peuvent être délicieux», explique Josef Youssef, qui s’intéresse à l’intersection entre la nourriture, la psychologie et nos sens, «le côté émotionnel de la nourriture».

La vue et l’ouïe jouent également un rôle important: pensez à l’aspect d’une assiette bien dressée ou au son de vos dents qui croquent une pomme. Le «slurping» peut ainsi améliorer votre expérience culinaire en jouant sur le son des nouilles qui passent à travers vos lèvres. D’autres facteurs peuvent influencer ce phénomène, comme l’air que vous aspirez lorsque vous avalez bruyamment votre soupe en ouvrant grand la bouche: l’oxygène modifie subtilement la saveur des aliments.

Pour Josef Youssef, il faut apprendre à jouer avec sa nourriture pour se familiariser avec l’aspect, l’odeur ou la texture d’un aliment, et manger bruyamment fait partie de ce processus selon lui. «Jouer avec sa nourriture est l’une des choses les plus importantes à encourager chez les enfants»,résume-t-il.

Pourquoi les bruits de personnes en train de manger sont aussi agaçants

Repéré par Juliette Thévenot — 

Selon une étude, chez les individus souffrant de misophonie il existerait une connexion plus forte entre la région du cerveau qui traite le son et celle qui contrôle la bouche et la gorge.

Selon les chercheurs, les sons déclencheurs activeraient les neurones miroirs du cerveau. | Andrea Piacquadio via Pexels
Selon les chercheurs, les sons déclencheurs activeraient les neurones miroirs du cerveau. | Andrea Piacquadio via Pexels

Repéré sur The Guardian

Les personnes qui mâchent la bouche ouverte, qui font du bruit en buvant ou en avalant vous horripilent au point de vous dégoûter, de vous rendre anxieux, en colère ou même violent? Vous n’êtes pas seul·e. Vous souffrez sûrement de misophonie –littéralement une haine du son–, un trouble neuropsychique assez courant. De plus en plus de scientifiques étudient d’ailleurs le sujet.

Récemment, des chercheurs de l’université de Newcastle ont affirmé avoir découvert les raisons pour lesquelles ces sons quotidiens peuvent être si dérangeants pour certaines personnes. Selon leur étude publiée dans la revue scientifique The Journal of Neuroscience, la connexion entre la partie du cerveau qui traite les sons et la partie du cortex prémoteur, qui organise les mouvements des muscles de la bouche et de la gorge, serait plus forte chez les individus souffrant de misophonie.

Dans le cadre de cette étude, trente-sept participants ont dû écouter des «sons déclencheurs», c’est-à-dire des bruits d’alimentation, de respiration ou de mastication. Pendant cet exercice, ils ont été soumis à des IRM fonctionnelles cérébrales. Résultat: lorsque les personnes malades entendaient un des sons, la région du cerveau impliquée dans les mouvements de la bouche et de la gorge était suractivée par rapport au groupe témoin.

Vers des traitements plus efficaces?

«Ce que nous suggérons, c’est qu’en cas de misophonie, le son déclencheur active la zone motrice, même si la personne ne fait qu’écouter le son», explique le Dr Sukhbinder Kumar, neuroscientifique à l’université de Newcastle et auteur principal de l’étude, au quotidien The Guardian«Cela leur donne l’impression que les sons s’immiscent en eux.»À lire aussiPourquoi le bruit au bureau dérange certaines personnes plus que d’autres

Les chercheurs attribuent ce phénomène aux neurones miroirs du cerveau, qui s’activent lorsqu’une personne effectue une action ou lorsqu’elle voit d’autres individus exécuter des mouvements spécifiques. Si l’activation du système des neurones miroirs par ces sons n’a pas incité les personnes atteintes de misophonie à se mettre involontairement à mâcher ou à avaler, les scientifiques pensent que cela peut se produire.

Certains misophones pourraient notamment imiter le son en question, afin de trouver du réconfort ou pour contrôler les sensations qu’ils ressentent, indique le Dr Kumar. Cette nouvelle étude pourrait ainsi ouvrir la voie à des thérapies plus efficaces contre la misophonie, ciblant les régions du cerveau responsables du mouvement plutôt que sur les sons en eux-mêmes. Le professeur estime également que les neurones miroirs pourraient être entraînés afin de briser le lien entre un son et les effets que les patients ressentent.

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