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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

On peut très bien être surdiplômé et con comme un balai

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Laurent Sagalovitsch —

L’époque étant à la chasse aux diplômes, il serait peut-être temps de rappeler combien ces derniers ne garantissent en rien l’excellence de celui qui les collectionne.

Je connais des gens et non des moindres qui sont tellement bardés de diplômes que leur bureau ne suffit pas pour afficher la liste complète de leurs réussites universitaires. Ils les collectionnent comme d’autres les bonnets d’âne ou les boîtes à camembert. Ils sont sortis majors de leur promotion, ils ont fréquenté l’élite des classes préparatoires, ils se sont assis sur les bancs de nos grandes écoles les plus prestigieuses, ils ont des doctorats en pagaille, des licences à revendre, des maîtrises à ne savoir qu’en faire dans des domaines si variés que rien de ce qui se passe dans ce bas-monde ne leur est étranger.

D’ailleurs, ils savent tout sur tout.

Ils peuvent aussi bien pérorer pendant des heures sur l’influence de Cervantès dans les romans de jeunesse de Garcia Marquez que de disserter jusqu’à l’aube à propos des différences d’approche entre les tenants de l’École de Chicago et celle de Manchester; ils connaissent sur le bout des doigts Beaumarchais et Bourdieu, Mozart et Mahler, Picasso et Picabia; ils sont cultivés au point de pouvoir réciter en grec ancien des passages entiers de l’Odyssée; ils ont lu les Évangiles, le Talmud, le Coran; rien ne saurait leur échapper et comme ils aiment à cultiver une petite part d’excentricité afin de se démarquer de leurs camarades de promotion, si vous les poussez dans leurs derniers retranchements, ils avoueront en rougissant une faiblesse pour la chanson française, notamment Joe Dassin dont ils connaissent les moindres refrains de ses chansons –surtout «Les Dalton».

Ils sont abonnés au Figaro et au Monde, parfois même à Médiapart parce qu’ils sont farouchement pour la liberté d’expression et la libre-entreprise –même s’ils ne le lisent jamais; pendant leurs vacances d’été qu’ils passent dans un coin du Perche à se reposer au sein de leur maison familiale vieille de plusieurs siècles, ils relisent en Pléiade tout Chateaubriand et s’extasient: «Quel esprit délicieux, quelle fougue, quel panache!» et quand leur progéniture leur joue du haut de leurs trois ans le Concerto pour l’Empereur de Beethoven, ils sont si heureux qu’ils ont comme un orgasme qui leur souille le devant de leurs pantalons en lin.

Il faut le dire ce sont avant tout de grands esprits.

Bêtes à en pleurer

Pourtant à bien y regarder, quand vous les écoutez pour de vrai –enfin certains, hein, pas tous!– lorsque vous les surprenez dans le cadre de leurs conversations familiales, au beau milieu de leurs vies quotidiennes, vous êtes surpris de constater à quel point ils sont immensément bêtes, bêtes à en pleurer, si bêtes que vous restez là à les contempler comme ces animaux de foire capables de jongler avec des oranges mais qui une fois leur numéro achevé, se montrent infichus de redescendre du tabouret d’où ils se tenaient.

À aucun moment, vous ne devinerez chez eux cette palpitation du sentiment, ce scintillement de la pensée, cette gourmandise de l’esprit, ce pétillement des sens qui attesteraient de leurs réelles dispositions intellectuelles.

C’est que les diplômes, tous les diplômes, ne viennent jamais célébrer l’audace ou la truculence ou la sensibilité d’un candidat mais juste sa propension à recracher en temps et en heure ce que son esprit aura retenu de ses heures passées à étudier les savants ouvrages recommandés par le corps professoral. Ni plus ni moins. La seule et unique qualité d’un diplômé c’est sa vertu à ingurgiter tout un tas de connaissances sans jamais les questionner, dans cette obésité du savoir qui, s’appuyant sur une mémoire infaillible et un vernis de talent, permet à un individu de plastronner le jour de l’examen tout en demeurant, à l’intérieur de lui, un parfait et somptueux crétin.

J’en veux pour preuve Laurent Wauquiez, oui Laurent Wauquiez, le nouvel étendard de la droite dite républicaine: voilà un gaillard au-dessus de tout soupçon qui a eu le bon goût de se classer quatorzième au concours d’entrée de Normale Supérieure, d’être reçu premier à l’agrégation d’histoire, de posséder un D.E.A de droit public, d’avoir fait les belles heures de Sciences-Po et de l’ENA, eh bien, ne me dites pas que la première chose qui vous frappe quand vous écoutez pérorer cette bête à concours (!), c’est son intelligence laquelle doit être aussi absente de ses discours que l’amour du prochain dans un éditorial d’Eric Zemmour –c’est dire.

Évidemment, afin d’être tout à fait honnête, il nous faudrait encore caractériser ce qu’est l’intelligence, en dessiner ses contours afin de définir ses détours –à moins que ce ne fût le contraire– mais c’est là, je crains, une entreprise dont je ne saurais me charger: je suis à peine licencié!

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INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Innovation, entrepreneuriat, ruptures: l’incertitude nous rend libres

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← Petite victoire et transformation: Déjouer la rationalisation de l’impuissance

Réglementation de l’IA: La logique de mort industrielle de la Commission européenne

Publié le 26 avril 2021 | 6 Commentaires

La Commission européenne vient de dévoiler un projet très ambitieux de réglementation des usages de l’intelligence artificielle (IA). Les plus de cent pages (!) de règles proposées couvrent un large éventail de sujets. Si les risques liés à des utilisations non éthiques de l’IA existent réellement, cette volonté de réglementation repose cependant sur une conception erronée de l’innovation technologique et pose un grave danger à l’industrie européenne en compromettant les chances que nous disposions d’acteurs majeurs dans le domaine. Si ce projet était adopté, il constituerait un formidable cadeau à la Chine et aux États-Unis. 

Un spectre hante l’Europe, le spectre du principe de précaution. Hier berceau de l’innovation et du progrès, l’Europe est désormais paralysée par la peur du risque. C’est cette peur du risque qui motive le funeste projet de réglementation de l’IA. Sans même parler du fait que le terme « intelligence artificielle » est très contesté et mal choisi, le projet repose sur une conception erronée de l’innovation technologique.

En effet, une innovation technologique n’est pas un objet parfaitement identifiable et stable dans le temps. C’est un processus émergent étalé dans le temps. L’innovation « Internet » débute dans les années 60 et se poursuit aujourd’hui. De fait, ce processus est enveloppé d’incertitude sur les implications et les possibilités de la technologie. Toute l’histoire humaine montre ainsi qu’on ne peut pas juger aujourd’hui de l’impact qu’aura une technologie demain car il est impossible d’en anticiper les développements. En 1911, des ingénieurs découvrent qu’on peut utiliser des ultrasons pour détecter des sous-marins. En 1951, la technologie est promue par un médecin et un électronicien pour lutter contre le cancer. Leurs efforts ne mènent à rien mais à partir des années 1970 l’échographie commence à être utilisée dans l’obstétrique. A partir des années 90, elle est largement utilisée en Asie pour les avortements sélectifs, usage qui sera responsable d’un fort déséquilibre hommes/femmes. Question: qu’aurait pu dire un régulateur aux ingénieurs de 1911? Il aurait été tout à fait incapable d’anticiper les utilisations de cette technologie. Autrement dit, une réglementation précoce, sur des applications qui n’existent pas encore, se fera de façon tout à fait aveugle, et reposera donc sur des croyances, voire sur des fantasmes, plutôt que sur des faits. Pour réglementer il faut comprendre, et pour comprendre une technologie émergente il faut faire. Réglementer trop tôt empêche de faire, et donc de comprendre.

Une réglementation précoce est d’autant plus dommageable que toute technologie est duale: elle peut servir à faire le bien comme le mal, et la nuance entre les deux est circonstancielle. Un couteau me sert à découper mon steak, mais il peut aussi me servir à tuer quelqu’un. Faut-il interdire le couteau? Mais tuer, est-ce toujours mal? Non si je suis en situation de légitime défense.

Une charge de preuve en défaveur de l’innovation

Le problème du principe de précaution est que les risques peuvent être facilement imaginés, il n’y a aucune limite, tandis que les bénéfices doivent être prouvés. Le principe considère les dangers potentiels, mais pas les bénéfices probables d’une innovation, et déplace ainsi la charge de la preuve vers l’innovateur à qui il incombe de prouver que son produit ne va pas nuire, sans lui permettre de démontrer qu’il sera bénéficiaire, ou qu’il remplacera un produit actuel nuisible.

Par exemple, en suivant ce principe de précaution, on interdira très certainement l’utilisation de l’IA dans la prise de décision de justice. Après tout, qui voudrait être jugé par une machine aux algorithmes probablement biaisés? C’est oublier que les juges le sont beaucoup plus. Dans une célèbre étude, des scientifiques ont montré que les peines étaient plus lourdes lorsque les juges avaient faim que quand ils venaient de manger! Quand on pointe les dangers de l’IA, on la compare souvent à une situation idéalisée qui est loin, très loin de la réalité. Quelque biaisée qu’elle soit, une IA sera sans doute plus objective et moins biaisée par des circonstances ou des états physiologiques. Une technologie ne doit donc pas être évaluée ex nihilo ou par rapport à un idéal, mais par rapport à la technologie actuelle et à ses insuffisances et ses nuisances.

La Commission Européenne va réglementer l’IA (source: Gustave Doré – Wikipedia)

Un énorme risque de se priver des avantages de la technologie

Aucune technologie, quelle qu’elle soit, n’est sans risque. Imaginez que vous soyez le ministre de l’industrie d’un grand pays au début du siècle dernier. Un ingénieur vient vous voir avec une toute nouvelle technologie qui va révolutionner la vie de tous les habitants du pays. Seul bémol: cette technologie causera directement la mort de 30.000 personnes par an en moyenne, ainsi que de nombreux accidents. Autoriserez-vous cette technologie? Avec le principe de précaution, probablement pas: 30.000 morts! Et pourtant, cette technologie s’appelle l’automobile, et elle tue effectivement 30.000 personnes par an aux États-Unis (environ un million dans le monde). Le grave danger du principe de précaution a été particulièrement avéré ces dernières semaines avec la désastreuse affaire du vaccin AstraZeneca. Parce que l’on soupçonnait que dans certaines situations, une personne vaccinée pouvait développer une thrombose, la vaccination a été interrompue, suscitant une forte inquiétude dans l’opinion; ceci alors que le risque de thrombose était infime, en tout cas inférieur à celui, par exemple, de la prise d’une pilule contraceptive. Pour éviter, peut-être, quelques thromboses dont la plupart ne sont pas mortelles, on s’est privé de vacciner des centaines de milliers de personnes, ce qui entraînera des morts, mais aussi un prolongement de l’épidémie, augmentant ainsi le risque d’apparition de variants non couverts par les vaccins actuels. En résumé: le principe de précaution tue. Il tue les humains mais aussi les industries.

Une logique de mort industrielle

La démarche de la Commission européenne s’inscrit dans une longue série visant à brider l’innovation européenne. Sous couvert de concilier éthique et compétitivité, elle reflète une peur de l’avenir conçu exclusivement comme dangereux. Au final elle n’aura guère d’impact sur l’éthique: l’industrie européenne étant bridée, l’innovation se fera ailleurs, avec les emplois et la richesse qui vont avec, et on viendra pleurer sur notre souveraineté perdue. Sans acteur de poids dans le domaine, l’éthique nous sera finalement dictée par nos concurrents américains et chinois. Il est grandement temps d’inverser complètement la logique de mort industrielle qui prévaut dans cette instance.◼︎

Lire mes articles précédents sur la question de l’éthique et de la technologie: ▶︎IA et éthique: le contresens navrant de Cédric Villani et ▶︎Tech for good: Et si c’était une très mauvaise idée? Pour en savoir plus sur le projet de réglementation, lire l’article de France 24.

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6 RÉPONSES À “RÉGLEMENTATION DE L’IA: LA LOGIQUE DE MORT INDUSTRIELLE DE LA COMMISSION EUROPÉENNE”

  1. Didier R | 26 avril 2021 à 07:54 | RéponseEn somme, ce principe de précaution en dirait long sur notre (UE) vision pessimiste du futur. Nous philosophons quand la Chine et les Etats-unis ..agissent.
    • Philippe Silberzahn | 26 avril 2021 à 07:58 | RéponseEn substance c’est ça. Une forme inversée du renard et les raisins.
      • bouchardjwanadoofr | 26 avril 2021 à 15:05 |Nous pourrions avoir les raisins et nous nous mettons nous mêmes, avec cette réglementation, la treille qui les rend inaccessibles. Et si ce modèle mental était erroné ? Notre renard est frustré, plutôt que de reconnaître la réalité qui diminue sa valeur (qu’elle est sa valeur s’il ne peut attraper les raisins), il nie cette réalité et la transforme en situation qui rehausse, à ses yeux, son estime de lui. En effet, j’ai une meilleure estime de moi si c’est moi qui juge que ces raisins sont vert et que je n’ai pas alors le désir de les manger. Quel magnifique mensonge a soi même pour diminuer son sentiment d’infériorité et compenser sa frustration par un sentiment de supériorité même si cette compensation repose sur un mensonge que Lafontaine souligne en décrivant le caractère mûr des raisin couverts d’une peau vermeille dont le renard ferait bien un repas.
        Par ce subterfuge, nous pouvons admirer la mobilité intellectuelle du Renard. Ainsi il passe intelligemment d’une proposition A frustrante à une proposition B moins frustrante et sa capacité à se dissocier de la réalité : les grains sont mûrs et inaccessibles en affirmant qu’ils sont verts. La justification de ce comportement, le bénéfice obtenu c’est de moins souffrir, de réduire sont mal-être. J’aime se renard et cette fable car je reconnais mon imperfection. Je reconnais que je me ment et que je me dissocie de la réalité pour plus facilement la transformer pour un plaisir immédiat : moins souffrir de la frustration que j’éprouve et je fais ça grâce à la mobilité intellectuelle à laquelle je suis bien entraîné.
        Ce que ne pratique pas directement le renard dans cette fable pour alléger sa souffrance, sa frustration c’est la mobilité émotionnelle qui lui permettrait directement de diminuer son mal-être sans se dissocier ou nier la réalité. Nous ne nous identifions pas à un tel comportement car comme le renard nous en ignorons la pratique. Pourtant la mobilité émotionnelle est en nous de manière innée.
        Prolongeons la fable. Notre renard ressentant sa faim et sa frustration médite cette situation. Il se souvient alors des situation analogue où son mal-être l’a entravé et où le retour à son bien-être la sauver. Fort de ses souvenirs il d’admirer et se gratifie pour sa sagesse. Souriant car ainsi il s’est à nouveau convaincu de sa valeur il se réjouit de l’intelligence du pacsant d’avoir fixé sa treille si haut et du plaisir que prendra celui-ci à déguster les raisin à maturité en lui souhaitant de ne pas les oublier pour ne pas les cueillir trop mûrs. Au plaisir de ces douces réflexions qui attestent de sa mobilité émotionnelle sa frustration a disparu son coutumier bien-être est réapparu il a rebroussé chemin et ne voilà t-il pas qu’il tombe sur un excellent morceau de volaille abandonné là à portée de patte. Assis sur son séant notre renard médite à nouveau. Comment n’a-t-il pas vu cette opportunité à l’aller ? Personne n’a emprunté le chemin lorsqu’il était sous la treille, il s’en serait aperçu elle est si proche. Le ventre plein il se souvient qu’à l’aller son ventre vide criait famine et il sait que ce petit mal-être est sûrement à l’origine de son inattention à ce morceau de choix. Notre sage renard loue à nouveau la puissance de son bien-être, la vertu de sa mobilité émotionnelle et heureux de l’instant présent il gambade.
        Face au mal-être que je ressens à la lecture de cette nouvelle réglementation puis-je m’arrêter et méditer pour me souvenir des succès que j’ai obtenu, des protections dont j’ai bénéficié, des imperfections que j’ai su contourner face à des réglementations déjà existantes et admise qu’il ne vient plus à l’esprit de personnes de contester. Puis-je ainsi chasser mon mal-être et restaurer mon bien-être et regarder alors, à nouveau, mon environnement pour y trouver l’opportunité que je n’ai pas encore remarquée lorsque j’étais bloqué par ma frustration qui de plus me conduisait à nier les bienfaits de la réalité… Ressentez-vous que la mobilité émotionnelle conduit directement à la sagesse sans se dissocier du réel ? Ressentez-vous le bien-être qui l’accompagne ? Ou, malheureusement, ressentez-vous encore et toujours un sentiment de danger ou de diminution de votre liberté que vous êtes prêt à nier avec une mobilité intellectuelle sans limites. Si c’est encore le cas se sont vos défenses et c’est ok. Vous les avez appris à une époque où elles vous ont sauvées. Vérifiez si elles sont toujours adaptées.
        Belle journée.
  2. Lolo | 26 avril 2021 à 16:16 | RéponseBonjour, plutôt que de faire un débat sur l’innovation, totalement éculé, il aurait été plus convaincant de faire une analyse de la réglementation et expliquer pourquoi elle est trop contraignante / limitante. Sans cette analyse votre article au titre si prometteur n’a malheureusement pas de substance / se limite à des généralités. Au plaisir de vous lire une fois ce travail effectué.
  3. yuropp | 26 avril 2021 à 18:36 | RéponseBonjour,
    Pourquoi ce point d’exclamation à coté du nombre de pages ? 100 pages, c’est tout à fait modéré pour du « jus de bureaucratie » bruxellois…
    Après, vu le vide sidéral que recouvre l’expression « I.A. » (« imbécilité artificielle » où « on a toujours fait comme cela donc on continue sans comprendre »), peut-être que cette réglementation tordue a pour but de lui « inventer » une valeur ? Un peu comme dans cette histoire (apocryphe ?) de Parmentier, le « promoteur de la patate, qui aurait fait garder un champ par l’armée pour inciter les gens à en voler, et à les consommer…

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ARNAQUES

Israel pays de voleurs les rois de la sécurité

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Une firme israélienne aide à résoudre un incroyable vol de bijoux en Allemagne

L’ancien chef du Shin Bet à la tête de la firme de renseignements israélienne a dit que sa compagnie avait été embauchée pour réexaminer la sécurité au musée de Dresde

Cette photo montre une partie de la collection de la pièce des Joyaux dans le musée de la Voûte verte à Dresde, en Allemagne, le 4 avril 2019. (Crédit : Sebastian Kahnert/dpa via AP)

Une firme de renseignements israélienne, dirigée par un ancien chef du Shin Bet, a aidé а réaliser une avancée significative dans l’enquête sur le vol, en 2019, de bijoux datant du 18e siècle qui appartenaient а une collection unique en Allemagne et dont la valeur est aujourd’hui estimée а plus d’un milliard de dollars, selon des informations transmises ce week-end.

Il y a eu, mardi, une opération policière massive а Berlin – avec le déploiement de plus de 1 500 policiers qui ont mené une série de perquisitions dans la ville. Trois personnes ont été arrêtées. Les suspects – qui n’ont été identifiés pour le moment que comme étant des citoyens allemands, deux étant âgés de 23 et 26 ans – ont été appréhendés parce qu’ils sont soupçonnés de vol organisé et d’incendie volontaire.

Les forces de l’ordre ont fait paraitre les photos de deux autres individus recherchés pour les mèmes raisons. Ils s’appellent Abdul Majed Remmo et Mohamed Remmo, et ils ont tous les deux 21 ans.

L’identité du troisième homme arrêté reste encore indéterminée. Mais la Douzième chaine israélienne a fait savoir que le CGI Group, une firme de renseignements israélienne, avait aidé а pourchasser les voleurs.

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Picture taken on April 9, 2019 shows one of the rooms in the Green Vault (Gruenes Goelbe) at the Royal Palace in Dresden, eattsren Germany – A state museum in Dresden containing billions of euros worth of baroque treasures has been robbed, police in Germany confirmed on November 25, 2019. The Green Vault at Dresden’s Royal Palace, which is home to around 4000 precious objects made of ivory, gold, silver and jewels, was reportedly broken into at 5am on early morning. (Photo by Sebastian Kahnert / dpa / AFP) / Germany OUT

L’une des pièces de la voûte verte (Gruenes Goelbe) au palais royal de Dresde, en Allemagne, le 9 avril 2019. (Crédit : at Sebastian Kahnert/dpa/AFP)

Lors de ce cambriolage qui avait été réalisé le 25 novembre 2019, des voleurs étaient entrés dans la Voûte verte de Dresde, l’un des plus anciens musées du monde, pendant la nuit, s’emparent de joyaux « inestimables » datant du 18e siècle.

La Voûte verte est l’un des musées les plus anciens dans le monde. Il avait été créé en 1723 et il contient les trésors de Frédéric-Auguste Ier de Saxe, ce qui représente environ 4 000 objets en or, en pierres précieuses et autres matériaux.

Rapidement après le vol, les autorités avaient offert une récompense de 500 000 euros pour toute information menant а la récupération des bijoux ou а l’arrestation des coupables. Mais peu de progrès avaient été réalisés au cours de l’année passée.

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An police officer walks behind a caution tape at the Schinkelwache building in Dresden Monday, Nov. 25, 2019. Authorities in Germany say thieves have carried out a brazen heist at Dresden’s Green Vault, one of the world’s oldest museum containing priceless treasures from around the world. (Sebastian Kahnert/dpa via AP)

Un agent de police marche devant le bâtiment du Schinkelwache à Dresde, en Allemagne, alors que les autorités ont annoncé que des voleurs ont cambriolé la Voûte verte de la ville, l’un des plus anciens musées du monde contenant des trésors venus de tout le globe, le 25 novembre 2019. (Crédit : Sebastian Kahnert/dpa via AP)

Les membres de la mème famille élargie ont été condamnés, au début de l’année, pour un vol aussi spectaculaire – celui d’une pièce en or canadienne de 100 kilos appelée la « feuille du grand érable » qui avait été dérobée en 2017 au musée Bode de Berlin. Ahmed Remmo et Wissam Remmo, deux cousins, ainsi qu’un ami qui était gardien de la sécurité au musée, ont écopé d’une peine de plusieurs années de prison.

« Immédiatement après le vol, nous avons été approchés par une firme juridique européenne qui nous a demandés d’examiner les arrangements mis en place par le musée en termes de sécurité », a commenté le directeur-général du CGI Group, Yaakov Peri, qui avait dirigé le Shin Bet entre 1988 et 1994, devant les caméras de la Douzième chaine.

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Yesh Atid party parliament member Yaakov Perry during a Perry Committee session in the Knesset, Israel’s Parliament, on May 29, 2013. Photo by Yonatan Sindel/Flash 90.

Yaakov Peri, ancien chef du Shin Beth (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)

« Je ne vais pas m’attribuer le mérite d’avoir résolu l’affaire, on va dire que nous y avons contribué », a continué Peri. « Au début de l’enquête, il est apparu probable que les voleurs avaient obtenu une coopération depuis l’intérieur. Que l’un des employés du musée avait probablement coopéré avec les infiltrés ».

Plus tard, le CGI Group était parvenu а établir le contact avec l’un des voleurs présumés sur le Dark net – une partie d’internet hébergée sur un réseau crypté et qui n’est accessible que par le biais d’outils spécialisés garantissant l’anonymat. La personne avait alors offert de vendre deux des pierres volées au prix de 25 millions de dollars environ.

« Nous avons donné toutes les informations qui étaient en notre possession au procureur de Dresde », a raconté Peri. « Nous avons coopéré avec le suspect potentiel comme si nous allions venir lui acheter les bijoux dérobés. Nous avons créé une cartographie des secteurs oщ ils nous avaient proposé de concrétiser la vente. Et cela, aussi, nous l’avons envoyé au procureur allemand », a-t-il indiqué.

« Il n’y a pas eu de suivi а ce sujet mais nous pouvons constater que les secteurs que nous avions signalés ont été ceux ou la famille allemande qui aurait commis le crime a été arrêté », a poursuivi Peri.

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Police officers stand guard in front of an apartement building in Berlin, Germany, Tuesday, Nov. 17, 2020. Almost a year after the art theft in Dresden’s Green Vault, police arrested three suspects on Tuesday morning in Berlin. Since the early morning, a total of 18 objects have been searched. (Annette Riedl/dpa via AP)

Des agents de police montent la garde devant une résidence d’appartements à Berlin, en Allemagne, le 17 novembre 2020. (Crédit : Annette Riedl/dpa via AP)

Lors de l’opération massive d’arrestation des suspects, mardi, ce sont 1 638 agents de police au total venus de Saxe, de Berlin et de plusieurs autres Etats, soutenus par des forces de police spéciales, qui ont perquisitionné 18 sites différents, notamment dix appartements et des garages.

Leur objectif était de trouver des « trésors artistiques et peut-être des preuves, comme des contenus informatiques, des vêtements et des outils », ont fait savoir la police de Dresde et les procureurs. Les perquisitions, qui se sont concentrées sur le quartier Neukielln а Berlin, n’ont pas encore permis de retrouver les objets précieux disparus.

« Il aurait fallu avoir beaucoup de chance pour les retrouver un an après le crime », a dit aux journalistes le porte-parole de la police de Dresde, Thomas Geithner.

La directrice du musée de Dresde, Marion Ackermann, a déclaré que les raids et les arrestations étaient encourageants.

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Un service à café en or (1697–1701) exposé à la Voûte verte, à Dresde. (Crédit : Wikipedia/Hajotthu/CC BY-SA)

« Bien sûr, nous espérons que les joyaux seront retrouvés et qu’ils seront bientôt en mesure de revenir lа oщ ils se trouvaient », a-t-elle dit.

Le haut-responsable de la sécurité de Berlin, Andreas Geisel, a déclaré que les opérations menées devaient servir de mise en garde en direction de toutes les familles du crime organisé en général.

« Personne ne doit se croire au-dessus des règles de l’Etat », a-t-il affirmé.

Au mois de mars, les procureurs et la police avaient déterminé qu’une Audi A6 utilisée lors du vol et qui avait été incendiée plus tard dans un garage de Dresde avait été vendue а un acheteur non-identifié, au mois d’août.

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Police officers bring an arrested man into the building of the Higher Regional Court in Dresden, eastern Germany, on November 17, 2020 after raids of properties in connection with a spectacular heist on Green Vault museum in Dresden’s Royal Palace on November 25, 2019. – German police on on November 17, 2020 arrested three suspects over a spectacular heist a year ago in which more than a dozen diamond-encrusted items were snatched from a state museum in Dresden. Investigators were also raiding 18 properties in Berlin, including 10 apartments as well as garages and vehicles, police and prosecutors said in a statement. (Photo by Robert Michael / dpa / AFP) / Germany OUT

Les agents de police amènent un homme arrêté au Tribunal régional de Dresde, à l’est de l’Allemagne, après des raids liés à un vol spectaculaire réalisé au musée de la Voûte verte, au palais royal de Dresde, le 25 novembre 2019. Photo prise le 17 novembre 2020. (Crédit : Robert Michael / dpa / AFP)

Ils ont indiqué penser qu’un jeune homme qui avait récupéré le véhicule auprès de son vendeur а Magdeburg, une autre ville de l’est de l’Allemagne, était en lien avec le cambriolage et ils l’ont décrit comme un homme mince, а la chevelure noire, âgé d’environ 25 ans.

La voiture avait pu être repeinte avant le cambriolage, avaient dit les autorités а ce moment-lа, renforçant les soupçons d’un vol programmé très а l’avance.

L’agence de presse allemande DPA avait cité les procureurs en disant qu’au moins six personnes étaient directement impliquées dans le vol.

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AMAZON

Amazon : pandémie et book émissaire !

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La désignation d’Amazon comme le responsable du désarroi des libraires français procède d’un réflexe de recherche et de désignation d’un bouc émissaire qui masque les vrais problèmes.

Par Caroline Cuny et Yannick Chatelain.

Nommer des coupables, c’est ramener l’inexplicable à un processus compréhensible – Jean Delumeau

C’est ainsi que lors des grandes pandémies de peste du Moyen Âge, et plus particulièrement lors de la deuxième pandémie qui dura du milieu du XIVe siècle jusqu’au XIXe siècle, les étrangers, les marginaux, les lépreux, les sorcières, les juifs, ont été désignés comme coupables, accusés d’être des semeurs de peste et persécutés.

Deux siècles plus tard, ces réflexes de recherche de boucs émissaires sont toujours présents : lors de la pandémie que nous traversons, quand bien même cette folie des hommes n’a pu se déchainer, elle n’était pas pour autant absente.

La Covid-19, de par son origine avancée a attisé le racisme anti-asiatique dans le monde entier. Lors de la première vague en France des messages haineux contre la communauté asiatique ou d’origine asiatique se sont multipliés, le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus – utilisé sur les réseaux sociaux pour porter les faits à la connaissance peut en attester.

Alors que le virus sort de chez nous, de l’Institut Pasteur cette officine qui représente une immense escroquerie… ou nos politiques comme Buzin sont impliqués jusqu’au cou et devraient croupir en prison… même s’il sont manipulés par leur secte juive du Mossad…

Le reconfinement qui a été décidé a encore aggravé les choses : comme le relate Valentin Cebron le 6 octobre 2020  : « Un appel à la violence sur les réseaux sociaux a été suivi de plusieurs violentes agressions physiques. »

AMAZON LE « BOOK ÉMISSAIRE » VERS UN RETOUR AU MOYEN ÂGE ?

Ce recours récurrent au bouc émissaire lors de pandémies est ainsi et malheureusement toujours d’actualité. Lorsqu’il s’agit d’aborder la problématique de l’appel au boycott d’Amazon lancé par plusieurs politiques dont une ministre d’État, il pourra être avancé qu’il ne s’agit là que d’une entreprise. C’est oublier que par-delà la structure proposée à la vindicte populaire, se trouvent également des hommes et des femmes, des familles : Amazon employait fin 2019 quelques 798 000 salariés dans le monde dont 10 000 en France.

Aussi, lorsque Roselyne Bachelot a appelé au boycott d’Amazon pour défendre les petites librairies déclarant : « Ils se gavent, à nous de ne pas les gaver ! » la désignation d’Amazon comme le responsable du désarroi des libraires français procède du même réflexe de recherche et de désignation d’un bouc émissaire.

Pour avoir édité mes livres chez Amazon je peux vous affirmer que vu la qualité de la mise en place et l’efficacité, avec moi ils ont perdu de l’argent. Car ils ont un savoir extraordinaire qui se limite à imprimer les livres un par un et de livrer uniquement à la commande. Sur un produit excessivement difficile à vendre car les gens ne lisent pas… ou sont ces gens instruits qui achètent des livres… et qui les lisent ? Sur mes 15 livres je réalisait 100 € de vente par mois ! Ça ne marche pas… en plus je prend le risque de m’attaquer aux sujets les plus épineux comme l’origine des Rothschild… l’arnaque des algériens qui nous reprochent la colonisation, le voile, le suicide islamique… etc qui sont d’actualités et qui m’ont valus de me faire virer de chez Amazon ! En plus leur marge est ridiculement faible !

L’INVERSION DES RESPONSABILITÉS

Amazon, Facebook, Google… ne sont certes pas des parangons de vertu, entre autres en matière de gestion de données. Comme le rappelle Shoshana Zuboff« il y a dans l’ombre une énorme extraction de nos données personnelles dont nous n’avons pas idée. »

Cependant, est-il nécessaire de rappeler que :

Ce n’est pas Amazon qui a pris la décision de ne pas augmenter la capacité de lits de nos hôpitaux en conséquence, alors qu’une deuxième vague était régulièrement évoquée et que des patients ayant reporté des opérations allaient occuper des lits de réanimation.

Ce n’est pas Amazon qui a pris la décision de démonter en avril 2020 l’hôpital de campagne des armées installé sur un parking de l’hôpital civil de Mulhouse un mois plus tôt.

Ce n’est pas Amazon qui a pris la décision de procéder à un reconfinement le 30 octobre 2020, de fermer les commerces de proximité dont les librairies et ce en dépit de leurs investissements et du suivi scrupuleux de toutes les mesures de précaution nécessaires, le tout dans une configuration plus sécurisée, la population française disposant enfin des masques et du gel hydroalcoolique qui avaient tant fait défaut lors de la première vague !

Ce n’est pas Amazon qui a décrété que les produits culturels (livres, CD, DVD, jeux vidéo) ont  étés désignés comme des produits non essentiels au pays des Lumières.

LE CONTEXTE ACTUEL FAVORISE L’ÉMERGENCE DE BOUCS ÉMISSAIRES

D’un point de vue de la psychologie individuelle, le bouc émissaire permet de remplir deux fonctions distinctes :

  1. Maintenir sa valeur morale personnelle en minimisant les sentiments de culpabilité qui émergent dans une situation dans laquelle sa responsabilité est engagée alors que des résultats négatifs sont obtenus.
  2. Maintenir le contrôle personnel perçu en offrant une explication claire pour un résultat négatif apparemment inexplicable ou difficile à contrôler.

Dans une perspective de psychologie sociale, le bouc émissaire est celui qui permet de focaliser tout un groupe sur un objectif : l’exclusion de l’un élément de ses éléments. Ceci permet de souder le groupe en une unanimité de rejets, même si à l’intérieur du groupe les raisons des rejets sont, elles, très différentes. Ainsi, chacun peut rejeter Amazon, quand bien même ce serait pour des raisons variées !

Enfin, dans le phénomène d’illusion groupale décrit par Anzieu (1971), le bouc émissaire permet de fixer une agressivité collective latente, elle-même causée par une angoisse de morcellement et de persécution. En effet, dans la crise actuelle, l’individu JE doit céder sa place au collectif NOUS pour survivre, ce qui est nécessairement angoissant.

LA FABRICATION DU CONSENTEMENT… APPUYÉ PAR LA PUBLICITÉ

Si la désignation d’Amazon par une ministre ainsi que par la maire de Paris comme le responsable de tous les maux de nos libraires – acté par un appel au boycott – apparait comme une dérive préoccupante et d’un autre temps, il est tout aussi inquiétant de voir des enseignes se faire « complice » de ce genre de procédés, en s’appuyant sur ces déclarations pour cautionner une incroyable inversion des responsabilités.

Ainsi,  si d’aucuns se félicitent de la publicité de l’enseigne Intermarché titrant « DÉSOLÉ AMAZON… », cette approche de sauveur – sous couvert de soutenir des victimes – se fait un soutien du recours moyenâgeux à la désignation d’un bouc émissaire.

Cette fuite en avant irrationnelle, infondée, peut in fine, obtenir l’adhésion de l’opinion publique en la trompant et en détournant son attention vers des coupables qui, comme cela a été démontré, ne sont nullement responsables des décisions de fermetures (à tort ou à raison, l’histoire en sera juge ) qui ont été ordonnées par l’exécutif.

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Si nous ne prenons pas la mesure collective de la dangerosité de ce genre d’approche et de ses conséquences, si nous n’en avons pas la lecture : à savoir le recours à l’ostracisation et dans le cas évoqué  nommer des coupables pour se défausser de toute forme de responsabilité dans la situation tragique traversée ;  alors, devant le désarroi grandissant de la population et des commerçants, nous devons nous poser une question : qui seront demain le ou les prochains boucs émissaires ? des entreprises ? des hommes ?

Pensons-y ! Celui que l’on punit n’est plus celui qui a commis l’action. Il est toujours le bouc émissaire. Friedrich Wilhelm Nietzsche – Aurore (1881)

Cette facilité de trouver un bouc emissaire correspond à cette sale mentalité de bassesse populaire du bizutage qui comme du temps des sorcières pousse la meute à lyncher sans discernement le premier venu qui n’est pas en mesure de se défendre.

J’ai quarante ans d’expérience de vente par correspondance ; j’avais crée la plus grosse société de porno d’Europe… je peux donc vous confirmer qu’il faut être un fou comme Jef Bezos pour avoir imaginer un tel outil aussi gigantesque alors qu’à petite échelle ce n’est absolument pas rentable. Il a gagné son pari de rentabilité sur la quantité… il suffit de regarder les photos des installations de stockage et d’expédition pour comprendre l’irrationnel qui existe entre ces installations qui coutent des millions et le fait de vous livrer une brosse à dent ! à dix euros ! Il faut être un visionnaire acharné pour réussir un tel DEFI…

Le paradoxe c’est que Jef Bezos est gauchiste, démocrate comme on dit aux USA… qu’il a acheté un journal démocrate, alors que se sont les gauchistes qui lui crachent dessus… Les Républicains comme moi qui défendent TRUMP n’ont pas cette mentalité pourrie à cracher sur la réussite… et bien au contraire je bénis Amazon d’exister car tous mes achats passe par lui et vue les saloperies dans la rue je ne sors plus de chez moi… A souligner l’extraordinaire réussite qui consiste à maitriser tout ce qu’il y a de plus chiant comme la livraison et son suivi… BRAVO AMAZON ! 100% utile !

« Si nous n’avions pas une petite place sur Amazon, nous serions morts »

Un article de l’Iref-Europe

ALEXIS, VOUS ÊTES GÉRANT D’UNE LIBRAIRIE AU QUARTIER LATIN. ÊTES-VOUS CONTENT DE LA VASTE CAMPAGNE DE SOUTIEN AU SECTEUR DU LIVRE SUR INTERNET ET DES MESURES ANNONCÉES PAR LE GOUVERNEMENT EN FAVEUR DES PETITES LIBRAIRIES ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Il y a quelques jours, je me suis surpris à penser du bien de plusieurs de nos ministres. J’ai trouvé Gérald Darmanin courageux d’aller à Tunis pour négocier le rapatriement des fichés S, et je me suis dit qu’on avait de la chance d’avoir une ministre de la Culture intelligente qui répondait enfin à une des plus vieilles revendications des librairies sur la question des tarifs postaux…

ET PUIS ?

Pour ce qui est du ministre de l’Intérieur je ne sais pas encore, mais si c’est du même tonneau que ce que Roselyne Bachelot a finalement décidé pour les librairies, ce sera encore un coup pour rien…

POURTANT VOUS ALLEZ PAYER 0,01 EURO POUR POSTER UN LIVRE À VOS CLIENTS !

Pas nous, semble-t-il, seulement les petites librairies qui font l’essentiel de leur chiffre d’affaires dans le livre neuf… Et avec un système très administratif de remboursement… Nous sommes certes une très petite librairie, mais nous sommes spécialisés dans le commerce de livres d’occasion, ainsi que nos quatre confrères installés 500 mètres tout autour de nous.

Nous sommes fermés dans un quartier déserté par ses habitants et ses étudiants. Nous essayons de faire de la vente par correspondance, et voilà que nos confrères du neuf ont un avantage et pas nous… Cela s’ajoute à bien des raisons d’énervement…

PAR EXEMPLE ?

Nous avons tous reçu ces jours-ci le questionnaire de l’équipe municipale récemment réélue à Paris, qui nous demande lourdement (les questions sont tournées de telle manière que si on dit non, on apparaît comme un méchant) de nous prononcer en faveur du développement des boîtes d’échange de livres en libre-service sur le trottoir et de nous prononcer aussi pour la suppression de places de parking au bénéfice des vélos (alors que je ne fais jamais un déplacement sans au moins 4 ou 5 caisses de livres bien remplies dans mon coffre car, vu le prix du mètre carré à Paris, nos stocks sont évidemment en banlieue).

Nous sommes fermés puisque c’est obligatoire et même si nous entrouvrons un peu pour faire du « clique et collecte », il n’y a personne dans les rues et notre clientèle n’est pas une clientèle de quartier, mais une clientèle qui vient (venait car c’était avant les samedis Gilets jaunes et les grèves des transports de décembre dernier) au Quartier latin pour acheter des livres. Donc oui, une mesure nous permettant d’alléger nos frais postaux aurait été utile.

Mais nous en sommes exclus et la mesure annoncée relève du « C’est gratuit, c’est l’État qui paye », c’est une mesure « socialiste », je veux dire démagogique, qui ne durera que peu de temps, le temps du confinement, le temps que la justice s’en mêle car c’est évidemment contraire à toutes les lois libérales et européennes de la concurrence.

VOUS ÊTES DE TOUTE MANIÈRE CONDAMNÉ PAR LA CONCURRENCE D’AMAZON…

C’est une question complexe. C’est surtout la Poste qui nous tue. Depuis des années, elle augmente ses tarifs publics sans proportion avec l’inflation pour compenser le fait que le courrier est en perte de vitesse. Je remarque par ailleurs qu’on la voit multiplier les investissements, un peu comme faisait Charbonnage de France lors de sa très coûteuse agonie.

Des investissements qui tombent le plus souvent à plat, mal conçus, mal expliqués à des personnels bien souvent mal embouchés comme nous savons trop… En revanche, elle discute avec les gros expéditeurs, leur concède des tarifs négociés extrêmement favorables. Et elle est impitoyable avec les petits.

C’EST-À-DIRE ?

Si vous voulez poster un livre au moindre prix de La Poste, du moins en France, il faut mettre le livre dans une enveloppe que vous timbrerez au tarif « Lettre verte », voire courrier urgent, c’est-à-dire normal. Il est possible d’envoyer du courrier assez lourd.

En revanche le paquet ne doit pas faire plus de 3 cm de haut. Cela a été fait pour empêcher qu’on expédie des livres souvent plus épais. De toute manière c’est interdit de mettre un livre dans une enveloppe courrier. Un inspecteur des postes m’a téléphoné un jour pour me le rappeler.

Le principe du secret de la correspondance interdit à la Poste de regarder ce qu’il y a dans l’enveloppe, mais comme la mécanisation s’accompagne d’un pourcentage non-négligeable d’enveloppes déchirées, vous pouvez vite vous retrouver en faute. Vous devez vous rabattre sur un tarif colis. Chacun le connaît.

Cela va bien pour la grand-mère qui envoie une fois de temps en temps un cadeau ou autre chose, mais pour expédier chaque jour professionnellement des livres, c’est d’un prix déraisonnable. Pendant ce temps-là, les éditeurs qui ont beaucoup de services de presse par exemple, et les entreprises importantes de vente par correspondance, ont trouvé le moyen, avec La Poste (dont Amazon est un bon client) ou avec ses concurrents, de payer trois ou quatre fois moins cher que nous.

C’est pourquoi quand Roselyne Bachelot avait annoncé un « tarif trois à quatre fois moins cher pour les petites librairies », je m’étais pris à espérer un rétablissement d’une concurrence normale entre les gros et les petits. Eh bien ce n’est pas ça qui a été décidé et nous nous retrouvons gros Jean comme devant.

ET AMAZON ?

Je vais vous décevoir, mais il y a deux parties dans Amazon. Celle des centres de logistique où les fournisseurs et les personnels sont traités encore plus durement que par les supermarchés, c’est dire.

La voie leur a justement été montrée par les inventeurs de supermarchés qui trouvent maintenant leur maître… Mais il y a aussi une « Market Place », un espace de vente ouvert aux indépendants, également géré très durement, mais vers lequel les clients, qui sont de nature grégaire, vont de toute manière.

Alors si nous n’avions pas une petite place sur Amazon, nous serions morts aujourd’hui car les services alternatifs sont boudés par les clients. C’est malheureux, mais c’est comme ça. Les gens ont pesté contre la disparition des petits commerçants. Ils pestent contre Amazon, mais c’est là que nos contemporains regardent et comparent tout et achètent.

Ils photographient un livre dans notre vitrine, entrent pour nous demander si ce livre est bien, et puis ils le commandent sur Amazon… Nous ne sommes pas à la tête du gouvernement français, voire européen et nous n’y pouvons rien. La Chine a réagi en créant un contre-Amazon.

Mais nous, à notre niveau, eh bien Amazon tolère encore que nous puissions travailler. Ce qui nous est de plus en plus interdit par les bonnes âmes qui nous gouvernent, nous taxent, nous réglementent… Alors Amazon, dans les circonstances présentes, il ne faut peut-être pas en dire trop de mal.

VOUS ÊTES DÉSESPÉRÉ ?

Pas encore, parce qu’il y a quelques dizaines de clients qui se signalent par un soutien généreux et amical, parce qu’il y a encore des choses que seul un vrai libraire peut dire ou faire et que nous avons ici cette compétence rare. Merci, merci à tous ceux qui feront le moindre geste pour nous permettre de passer encore une fois un cap très difficile pour nous comme pour tant de Français aux limites extérieures du « gros système ».

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