Abonnez vous pour avoir nos derniers articles !

VOITURE ELECTRIQUE

Les voitures électriques vont-elles causer une pénurie mondiale d’eau?

Publié

le

La quantité d’eau nécessaire à la fabrication des batteries et des puces électroniques est abyssale.

Repéré par Céline Deluzarche sur Allnews

14/04/2021

La voiture électrique est-elle vraiment écologique? Selon une étude de l’Ademe citée par Le Parisien, la fabrication d’une voiture électrique émet en moyenne 50% de CO2 de plus qu’une voiture thermique, notamment en raison de l’extraction des métaux de la batterie (cobalt, graphite, manganèse, lithium, nickel…)

«Les véhicules électriques ou hybrides sont également plus lourds, avec toutes les conséquences qui en résultent: usure des pneus, de la route et émissions lors du freinage, tous proportionnels au poids», souligne Loïk Le Floch-Prigent dans Atlantico.

Mais ce n’est pas tout. Les véhicules électriques risquent également de provoquer une pénurie d’eau, avance Paul Buchwitz, du gestionnaire d’actifs allemand DWS.À lire aussiPolestar promet la première voiture réellement zéro carbone

Ces voitures truffées de capteurs et d’électronique «contiennent de grandes quantités de semi-conducteurs qui consomment beaucoup d’eaufait valoir l’expertIl faut environ 100 litres pour produire une seule puce, car les plaquettes sont nettoyées à chaque étape du processus».

La situation serait particulièrement critique à Taïwan, qui produit 70% des puces pour les voitures dans le monde. Taiwan Semiconductor manufacturing company (TSMC), le numéro un mondial de la fonderie de puces, consomme à lui seul 156.000 tonnes d’eau par jour. Le niveau de sécheresse dans le pays est tel que l’entreprise fait appel à des camions-citernes pour se faire livrer en eau, et que les tensions montent avec les agricuteurs locaux.

Le haut débit de l’eau

Par ailleurs, la production des batteries consomme également beaucoup d’eau. Il faut ainsi entre 41.000 et 1,9 million de litres d’eau pour extraire une tonne de lithium. Au total, une voiture électrique consommerait 56% d’eau en plus sur son cycle de vie qu’une voiture thermique d’après un rapport du Congrès américain.

Et ce n’est pas mieux avec le véhicule à hydrogène. «Un litre de carburant synthétique à base d’hydrogène nécessite environ 1,4 litre d’eau. Si ce carburant est également produit à partir d’hydrogène “vert” produit à partir d’énergies renouvelables, la quantité d’eau nécessaire peut atteindre 70 litres par litre de carburant, car de grandes quantités d’eau sont également nécessaires pour la fourniture et l’entretien des sources d’énergies renouvelables, telles que les installations solaires», met en garde Paul Buchwitz.À lire aussiUne batterie liquide pourrait stocker l’énergie solaire pendant vingt ans

Il convient néanmoins de relativiser ces chiffres. «La fabrication d’une batterie de Tesla de 64 kWh nécessite 3.840 litres d’eau, soit la consommation nécessaire à la production de dix avocats, 30 tasses de café ou un demi jean, tempère ainsi Maximilian Fichter, le directeur de l’Institut Helmholtz pour le stockage de l’énergie électrochimique d’Ulm dans le TagesSpiegel. De plus, 17,5 milliards de litres de pétrole sont actuellement consommés dans le monde chaque jour, nécessitant 46 milliards de litres d’eau pour leur extraction. Avec cette eau, vous pourriez extraire du lithium pour 1,5 million de batteries Tesla.»

Voyez la suite
Donnez votre avis il nous intéresse ! Géraldine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

VOITURE ELECTRIQUE

Les véhicules électriques pourraient être moins chers à produire dès 2027 en Europe

Publié

le

Nicolas Furno | 11/05/2021 à 15:10

Une étude commandée par Transport & Environnement (T&E), une ONG européenne qui milite en faveur d’un transport plus écologique, envisage que tous les véhicules électriques vendus en Europe pourraient coûter moins chers que leurs équivalents thermiques dès 2027. La bascule sur les coûts de production serait plus proche de nous que prévu initialement, ce qui pourrait aussi accélérer la transition d’une énergie à l’autre pour les ventes. De ce fait, l’étude envisage aussi que 100 % des véhicules neufs vendus dans l’Union européenne à partir de 2035 pourraient être électriques.

Les véhicules électriques coûtent aujourd’hui nettement plus chers que leurs équivalents thermiques, c’est un fait indéniable sur tous les segments. La différence de prix est absorbée en partie par les bonus écologiques, c’est le cas en France avec une aide 7 000 € sur toutes les voitures électriques neuves, mais cela ne suffit pas à effacer entièrement la différence. Malgré tout, le prix de l’électrique diminue rapidement et devrait continuer à baisser dans les prochaines années.

Sur une voiture électrique, c’est la batterie qui est le composant le plus cher de très loin. Pour le reste, produire une voiture thermique est plus coûteux, car son moteur à explosion compte nettement plus de pièces qu’un moteur électrique. Or le prix des batteries utilisées dans les véhicules ne cesse de diminuer depuis des années (-89 % entre 2010 et 2020) et devrait encore baisser dans les années à venir. Les constructeurs s’équipent pour produire plus de batteries et baisser les prix, à l’image de Volkswagen qui a un plan ambitieux dans ce domaine.

Le prix des batteries tourne actuellement autour de 137 dollars par kWh, il pourrait atteindre les 100 dollars en 2024 et même descendre à 58 dollars/kWh en 2030. Avec une telle baise du composant le plus cher, les tarifs des voitures électriques devraient baisser mécaniquement eux aussi. L’étude effectuée par BloombergNEFenvisage un calendrier différent selon le segment du véhicule. Les utilitaires légers, comme le Kangoo de Renault, devraient être les premiers à passer d’un côté à l’autre, avec des modèles électriques au même prix que les thermiques dès 2025. Pour le segment C, celui d’une Golf par exemple, il faudra plutôt attendre 2026 et le segment B, celui d’une 208 de Peugeot, attendra 2027 d’après cette étude.

Le prix des véhicules électriques (bleu) baissera rapidement dans les années à venir, jusqu’à croiser celui des véhicules thermiques équivalents (noir).

Précisons que l’étude ignore volontairement les bonus, qui varient d’un pays à l’autre. D’après elle, les voitures électriques seraientt moins chères sans aucune aide gouvernementale que leurs équivalents thermiques. Ces recherches sont toutefois associées à plusieurs conditions importantes. Les constructeurs automobiles doivent être incités à produire toujours plus de véhicules électriques, ce qui passera d’après T&E par un maintien et un renforcement des règles européennes sur les normes d’émission CO₂1.

Si tout va bien, les véhicules électriques pourraient être les seuls vendus dans toute l’Union européenne dès 2035. Mais pour parvenir à cet objectif ambitieux, l’étude précise qu’il faudra d’autres actions, tout particulièrement pour accroître l’offre en stations de charge, un point noir aujourd’hui notamment en France. Le gouvernement avait annoncé à l’automne vouloir déployer 100 000 bornes de charge en 2021, mais faute de moyens suffisants, on en sera loin, comme le révèle encore l’association Avere en notant une progression beaucoup trop lente des déploiements.

Dans les études qui interrogent des consommateurs sur la voiture électrique, le prix est en effet souvent parmi les premières raisons avancées pour rester sur du thermique. L’autonomie et plus encore les faiblesses de l’infrastructure de charge ne sont jamais loin derrière et pour les propriétaires de véhicules électriques, c’est en général le principal défaut qui remonte. Le rapport compilé par BloombergNEF en tient bien compte et note que faute d’une politique suffisante de ce côté, les voitures électriques ne représenteront que 85 % des ventes en 2035.

Tesla est le seul constructeur à ce jour à offrir sa propre infrastructure de charge, avec un réseau dense et adapté à la demande. Ici, en Autriche (photo Jakob Härter (CC BY-SA 2.0)).

L’étude indique aussi que le prix des batteries ne suffira pas, même si c’est le critère le plus important. Les constructeurs doivent aussi réaliser des investissements conséquents pour créer des plateformes exclusivement électriques, ce qui serait la seule capable de baisser suffisamment les prix. La voie suivie notamment par le groupe Stellantis (ex PSA), avec des plateformes hybrides partagées entre thermique et électrique, ne permettra pas d’atteindre une rentabilité suffisante selon un ancien directeur général de Renault interrogé par Le Figaro. Il juge qu’une plateforme doit atteindre un volume de 300 000 véhicules produits par an pour devenir rentable.

Créer ces plateformes demande du temps et beaucoup d’argent et c’est pourquoi l’Union européenne devra maintenir la pression sur les constructeurs, jugent les auteurs de l’étude. Comme on le voit, plusieurs conditions importantes devront être remplies pour que l’électrique remplace entièrement le thermique, tant du côté des industriels que des infrastructures. Sans compter que les deux fonctionnent de pair : des stations de charge bien réparties sur le territoire et en nombre suffisant pour répondre à la demande permettent de vendre des véhicules avec des batteries plus petites et donc moins coûteux à produire.

La plateforme exclusivement électrique E-GMP du groupe Hyundai. Pendant un temps, les rumeurs suggéraient qu’Apple allait l’utiliser pour sa voiture électrique, mais un accord entre les deux entreprises est finalement tombé à l’eau.

Si l’Europe veut atteindre ses objectifs de pollution pour 2050, elle devra maintenir et renforcer ses politiques dans tous les domaines, juge pour conclure T&E. Il lui faudra conserver les systèmes de bonus et malus, améliorer ses infrastructures de charge et maintenir la pression sur l’industrie, par exemple en définissant dès maintenant une date butoir pour la fin des ventes de véhicules thermiques.

Accroche : Ivan Radic (CC BY 2.0)


  1. Pour rappel, les constructeurs automobiles doivent respecter un quota d’émissions pour leurs ventes en Europe, sous peine de devoir payer un amende. Cette mesure entrée en vigueur en 2020 a fortement contribué à la progression du nombre de voitures électriques vendues en Union européenne.  ↩︎

Voyez la suite

VOITURE ELECTRIQUE

Publié

le

Une Polestar présentée au Beijing Auto Show, le 26 septembre 2020. | Wang Zhao / AFP
Une Polestar présentée au Beijing Auto Show, le 26 septembre 2020. | Wang Zhao / AFP

Polestar promet la première voiture réellement zéro carbone

La filiale de Volvo pense pouvoir lancer sa Polestar 0 d’ici à 2030, sans avoir recours au système de compensation.

Repéré par Barthélemy Dont sur The Verge

12/04/2021 à 7h43

«La compensation est une manière de se défiler.» Cette déclaration, qui vise le système de compensation carbone, ne vient pas d’un militant écologiste mais de manière surprenante du PDG d’un constructeur automobile. Plus précisément de Thomas Ingenlath, le patron de Polestar, la division performance de la firme suédoise Volvo, désormais propriété du groupe chinois Geely.

Polestar s’est fixée un objectif très ambitieux: créer d’ici à 2030 une voiture électrique zéro carbone, sans avoir recours à la compensation. Une première. Lorsqu’une entreprise promet un produit «zéro carbone», sa production est rarement tout à fait dénuée de toute émission de CO2: les émissions provoquées sont généralement «équilibrées» en recapturant par ailleurs une quantité égale du gaz polluant.À lire aussiLa compensation carbone est une mission impossible pour les grandes entreprises

Mais cette méthode est très critiquée. Son efficacité est loin d’être prouvée et la méthode de séquestration la plus populaire aujourd’hui, la plantation d’arbres, est souvent jugée à la fois inefficace, trop chère et impossible à mettre en place à une échelle suffisante.

Tâche titanesque

Dans son rapport sur la durabilité, Polestar admet en effet que «la production d’une voiture électrique émet aujourd’hui plus de gaz à effet de serre que celle d’un moteur à combustion». Son objectif n’est donc pas simplement de vendre une voiture électrique, mais un véhicule dont la production n’aura pas émis de CO2.

La majorité des opérations de Polestar sont situées en Chine, un pays encore alimenté en grande partie grâce au charbon. Les efforts de décarbonation du pays devraient contribuer à l’objectif du constructeur, mais ils ne suffiront pas.À lire aussiLa fausse promesse des hybrides rechargeables

L’une des difficultés majeures auxquelles l’entreprise devra faire face sera de se fournir en matières premières qui respectent la neutralité carbone. Ne serait-ce que parvenir à rendre «verte» la production des batteries, qui nécessite d’aller miner des métaux rares comme le lithium, est aujourd’hui impossible.

Remplir cet objectif en moins de dix ans ressemble donc à une tâche titanesque –et un pari incertain, pour lequel Polestar n’a, pour l’instant, pas annoncé de plan précis. L’avantage de Polestar est qu’elle est une division «performance», à la taille restreinte. Elle peut donc proposer des véhicules plus chers et dispose de plus d’agilité que les gros constructeurs.

Reste à voir si la promesse de produire la Polestar 0 relève d’un opportuniste effet d’annonce ou si les efforts de la filiale de Volvo ont de réelles chances de transformer les mécanismes et chaînes de la production automobile.

Voyez la suite

VOITURE ELECTRIQUE

REJET de la VOITURE ELECTRIQUE ?

Publié

le

TROP CHÈRE, PEU DE BORNES DE RECHARGE… POURQUOI LES AUTOMOBILISTES RENONCENT À LA VOITURE ÉLECTRIQUE ?

 – 23/03/2021(ETX Studio) – Les automobilistes ne se voient pas au volant d’une voiture électrique dès demain. Selon les pays, les freins ne sont d’ailleurs pas les mêmes. Si les Français tiquent avant tout face aux prix, les Allemands ou les Chinois souhaiteraient pouvoir disposer d’une offre plus large de bornes de recharges avant de s’engager à acheter une voiture électrique.

Si les voitures électriques attisent bien la curiosité, elles ne reçoivent pas encore totalement l’adhésion du public, selon une toute nouvelle étude publiée par Continental. A l’exception de la Chine, la majorité des personnes interrogées ne s’imaginent pas au volant d’un véhicule électrique dans un futur proche. Les Allemands sont les plus réfractaires à l’adoption du tout électrique pour leurs déplacements personnels (59%), devant les Français (57%). La tendance est la même pour les Américains et les Japonais. A l’inverse, les Chinois ne sont que 12% à ne pas se voir prochainement aux commandes d’un véhicule électrique.

Côté Français, le prix est le frein principal à l’adoption de la mobilité électrique. Pour les habitants des quatre autres pays interrogés, c’est avant tout le manque de bornes de rechargement qui se présente comme la principale barrière. A noter que la faible autonomie des véhicules électriques par rapport aux véhicules thermiques apparaît également comme un gros inconvénient en Allemagne (57%), aux Etats-Unis (44%) et en Chine (59 %). C’est moins le cas en France (28%).

Cette étude met également en avant le fait que 16% des automobilistes français déclarent utiliser davantage leur voiture maintenant qu’avant le début de la crise sanitaire. Cela s’explique par l’envie de se déplacer dans un environnement sain et aussi une certaine défiance envers les transports en commun. La tendance est encore plus flagrante dans les autres pays étudiés. Reste à savoir si cette tendance s’inscrira dans le temps.

Cette nouvelle étude Continental a été réalisée avec l’Institut de recherche sociale et de marché (Infas) et l’institut de recherche économique Handelsblatt Research Institute, en septembre 2020, sur un échantillon représentatif de la population de cinq pays (Allemagne, Chine, États-Unis, France et Japon).(Crédits photo : maxbelchenko / Shutterstock )

Voyez la suite

Ma biographie

Votre Catalogue

Abonnez-vous à votre newsletter

GRATUITEMENT recevez
CLUB DEFI tous les Jours

Tendance