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Le prochain sommet Poutine-Biden signifie que les nouvelles bombes nucléaires hypersoniques de la Russie ont enfin attiré l’attention de Washington

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Pourquoi exactement l’administration Biden a-t-elle agi si rapidement pour programmer un face à face avec Vladimir Poutine, que le président américain, en tant que leader du Parti démocrate, avait vilipendé pendant toutes les années Trump au pouvoir, et qu’il a traité récemment de tueur ?. 
Réponse :  Washington veut (maintenant) un contrôle des armes stratégiques, qu’il avait rejeté auparavant.

Au cours des derniers jours, depuis qu’une date et un lieu précis ont été annoncés pour un sommet entre les présidents américain et russe, le 16 juin à Genève, les politologues et journalistes américains ont fait des heures supplémentaires pour remplir les colonnes des journaux et le temps d’antenne avec des spéculations sur ce devrait, quel pourrait être l’ordre du jour d’une telle réunion. Comme nous le savons tous, les réunions des chefs d’État doivent être programmées en détail à l’avance pour réussir.

Nous avons entendu et lu que les éventuels points à l’ordre du jour incluront des points chauds mondiaux tels que la Libye, la Syrie, l’Afghanistan, la Palestine ainsi que la gestion de la “pandémie de Covid” et la mise en œuvre de l’accord de Paris sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, entre autres.

En effet, les points de discussion qui précèdent sont « hautement susceptibles » d’attirer l’attention des directeurs et des groupes de travail dans leurs suites. On pourra même voir certains accords se dégager sur des positions communes lorsque les dirigeants présenteront leurs conclusions lors de la conférence de presse suivant leurs entretiens. Cependant, ce type de discussion dépasse la question que les analystes devraient se poser en premier :  pourquoi exactement l’administration Biden a-t-elle agi si rapidement pour programmer un face à face avec Vladimir Poutine, que le président américain, en tant que leader du Parti démocrate, avait vilipendé pendant toutes les années Trump au pouvoir? 
Biden était l’un de ceux qui ont insisté sur le fait que les Russes étaient intervenus lors des élections présidentielles de 2016 pour “salir” Hilary Clinton et aider à élire Donald. Il pensait que les Russes étaient coupables de l’empoisonnement par Novichok des Skripals à Salisbury en Angleterre en 2018. Dans son article sur la politique programmatique publié par  le magazine Foreign Affairs  au début de la course présidentielle au début de 2020, il a détaillé comment les Russes avaient mené des politiques malveillantes en Syrie et ailleurs.

Plus récemment, Biden s’est aligné sur ses collègues démocrates en condamnant l’emprisonnement russe du militant de l’opposition Alexei Navalny. En bref, les démocrates, et Biden à leur tête, avaient fait de la Russie le grand méchant loup, qui était derrière la plupart des développements nationaux ou internationaux nuisibles aux intérêts américains. Le point culminant a été la confirmation par Biden il y a un peu plus d’un mois à un journaliste de télévision que Poutine “est un tueur”.

Alors pourquoi Joe Biden cherche-il une réunion si tôt dans son mandat? On nous dit que l’objectif est d’atteindre « une plus grande stabilité » dans les relations bilatérales. Mais je n’ai pas entendu de nos commentateurs quelle  stabilité  doit être abordée. Dans le bref essai qui suit, je tenterai de combler ce vide. Ce faisant, j’ignorerai tous les points de l’ordre du jour susmentionnés, que je considère comme un peu plus qu’une distraction pour détourner l’attention du public de l’essence de la prochaine réunion, de ce qui motive la partie américaine, car c’est tout simplement trop embarrassant pour des élites américaines trop orgueilleuses pour avaler cette vérité.

Dans mon approche réductionniste,  le sommet a un moteur derrière lui, à savoir mettre un terme à une course aux armements que les États-Unis sont en train de perdre, s’ils ne l’ont pas déjà irrévocablement perdu , et empêcher le changement défavorable de l’équilibre stratégique contre l’Amérique de de pire en pire.

L’avantage secondaire serait d’annuler les dépenses militaires prévues au budget de plus d’un billion de dollars pour moderniser la triade nucléaire à elle seule. Cela libérerait ainsi des fonds pour les investissements massifs dans les infrastructures que Biden essaie actuellement de faire passer par le Congrès.

En disant cela, je ne devine pas ou ne me livre pas à un vœu pieux. Je me base sur des faits qui remontent à mars 2018. Ces faits ne sont pas rassemblés aujourd’hui par mes pairs, d’une part parce que les commentateurs de politique étrangère dans le domaine public ont tendance à ne pas avoir de souvenirs qui remontent à plus d’un mois ou deux, et d’autre part parce que les faits eux-mêmes ont été officiellement supprimés à l’époque et n’ont jamais été publiés dans les médias grand public.Quelques publications ont eu lieu dans les médias dits alternatifs, par les efforts de moi-même et de quelques autres “conspirateurs”, comme je le détaillerai ci-dessous.

Les événements auxquels je fais allusion sont liés à la révélation dramatique des derniers systèmes d’armes stratégiques de pointe de la Russie par Vladimir Poutine dans le dernier tiers de son long discours à la session conjointe de sa législature bicamérale russe, ce que nous appelons communément son discours sur l’état de la nation. Poutine a décrit en détail les capacités opérationnelles des nouveaux systèmes prêts à être mis en service par les forces militaires actives ou bien avancés dans le pipeline de test et de production. Ceux-ci comprenaient des missiles hypersoniques volant à Mach-10 et plus. Il a affirmé que les nouveaux systèmes d’armes montraient, pour la première fois dans l’histoire, que la Russie avait devancé l’Occident dans la performance innovante et inégalée de ses armes, alors que dans le passé soviétique, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et l’avènement de l’ère nucléaire, ils avaient toujours fait du rattrapage. De plus, il a insisté sur le fait que les nouveaux systèmes d’armes signifiaient le rétablissement de la parité stratégique avec les États-Unis.

Depuis le retrait des États-Unis du traité ABM en 2002 sous George Bush, la politique américaine visait à permettre une première frappe afin d’éliminer les ICBM russes,  rendant ainsi inutiles les forces nucléaires résiduelles de la Russie qui pourraient être détruites en l’air par les systèmes de missiles anti-balistiques américains. Les nouveaux missiles russes, maniables et ultrarapides, pourraient échapper à tous les ABM connus. Selon le texte de Poutine de mars 2018, les nouvelles armes stratégiques russes ont relégué les centaines de milliards que les Américains avaient investis pour atteindre la supériorité au statut d’une ligne Maginot des temps modernes. Quoi que Washington puisse lancer contre la Russie, les forces russes résiduelles pénétreraient les défenses américaines et feraient des ravages sur l’Aamérique.

Dans les jours qui ont suivi ce discours de « choc et d’admiration », les grands médias américains ont réagi avec incrédulité aux affirmations de Poutine. L’idée qu’un pays relativement pauvre puisse devancer les États-Unis dans les armes stratégiques, en travaillant avec un budget 10 fois inférieur, semblait improbable à beaucoup. De plus, les sceptiques ont souligné le contexte du discours de Poutine, qui était en fait sa plate-forme électorale pour les élections présidentielles plus tard dans le même mois. Ils ont fait valoir que son grand spectacle devant le Parlement était destiné à la consommation intérieure, pour se défendre contre les “libéraux russes”, qui avaient fait de la corruption et du vol des biens de l’État leur principal projet politique et qui soutenaient, comme le candidat de Yabloko Grigory Yavlinsky, que le pays ne pourrait jamais être un rival militaire pour l’Occident compte tenu de son faible PIB et de son industrie manufacturière à la traine.

Cependant, dans le Washington officiel, et sûrement à l’intérieur du Pentagone, il y avait ceux qui n’ont pas laissé l’arrogance omniprésente et l’exceptionnalisme supposé les aveugler sur les faits que Poutine avait ces armes terrifiantes. Car, si sa présentation était un bluff, cela mettrait en danger de mort des dizaines de millions de ses compatriotes et ce n’était pas dans le caractère d’un leader qui avait toujours été sobre et conséquent. Parmi ceux qui ont été alarmés par le déploiement par Poutine des capacités techniques désormais détenues par les Russes, il y avait quatre sénateurs américains, dont trois démocrates purs et durs et un indépendant qui s’est présenté comme démocrate lorsqu’il a brigué la présidence. Les deux sénateurs sur lesquels j’attire particulièrement l’attention ici étaient Dianne Feinstein de Californie et Bernie Sanders du Vermont , le nominal indépendant.

Je mentionne Sanders, car il était l’un des détracteurs de Poutine les plus visibles parmi la direction du Parti démocrate lorsqu’il s’est présenté à la présidence lors des primaires du parti. Feinstein est remarquable car, à l’époque, elle était l’un des membres les plus anciens de la commission sénatoriale du renseignement où, de 2009 à 2015, elle en était la présidente. Par conséquent, nous pouvons bien supposer que ce que Poutine a révélé début mars 2018 n’avait pas figuré dans les évaluations de la puissance militaire russe par l’ensemble de l’establishment du renseignement américain. Ce fut un énorme échec du renseignement, mais ce n’était pas unique en ce qui concerne la compréhension américaine de la Russie dans ces années-là. À maintes reprises, les Américains s’étaient retrouvés ignorants des démarches russes, y compris, par exemple, l’intervention militaire du Kremlin dans la guerre syrienne en 2015, l’établissement de son commandement conjoint du renseignement avec Bagdad, ses droits de survol de l’Iran et de l’Irak pour poursuivre sa mission en Syrie. Ces « surprises » étaient survenues malgré la présence de milliers d’officiers du renseignement américain en Irak.

Dans une lettre ouverte au secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson, publiée sur le site Web du Sénat de l’un des quatre signataires, le sénateur Jeff Merkey (D-Oregon), ces quatre sénateurs démocrates lui ont demandé d’engager immédiatement des négociations sur le contrôle des armements avec les Russes, nonobstant tous les différents avec les Russes dans tant d’autres domaines.

Je cite les premiers paragraphes :

“Nous écrivons pour exhorter le Département d’État à convoquer le prochain dialogue stratégique entre les États-Unis et la Russie dès que possible. Un Dialogue stratégique américano-russe  est plus urgente à la suite adresse publique du président Poutine le 1er Mars quand il a fait référence à plusieurs nouvelles armes nucléaires en développement en  Russie , y compris un missile de croisière et un drone sous-marin nucléaire, qui ne sont pas actuellement limitées par le nouveau traité START , et serait déstabilisant s’il était déployé.”

Plus précisément, ils ont proposé que les nouveaux systèmes d’armes russes soient intégrés au traité SALT , qu’ils l’ont exhorté à étendre. Cela garantirait  la stabilité stratégique .

Je cite de leur dernier paragraphe :

« Il n’y a aucune garantie que nous puissions progresser avec la Russie sur ces questions. Cependant, même au plus fort des tensions de la guerre froide, les États-Unis et l’Union soviétique ont pu s’engager sur des questions de stabilité stratégique. Les dirigeants des deux pays pensaient, comme nous le devrions aujourd’hui, que l’incroyable force destructrice des armes nucléaires est une raison suffisante pour faire tous les efforts possibles pour réduire le risque qu’elles ne puissent plus jamais être utilisées. »

Cette lettre de quatre sénateurs américains publiée sur le site Web du Sénat de l’un d’eux a été reprise par l’agence RIA Novosti, RBK et Tass quelques heures après sa publication initiale, d’où elle est passée dans les nouvelles russes grand public. Cependant, les principaux médias américains et occidentaux ne lui ont pas accordé une seule ligne de couverture et elle a disparu en quelques jours comme engloutie dans un trou noir.

Cependant, toutes les traces de nervosité dans le Washington officiel ne s’arrêtent pas là. Plus tard dans le mois, après la victoire de Vladimir Poutine aux élections qui ont eu lieu le 18  ,   le New York Times  a publié en première page un rapport concernant des remarques de Donald Trump au sujet de son appel téléphonique pour féliciter son homologue russe:

Nous avons eu un très bon appel“, a déclaré M. Trump aux journalistes. “Nous nous réunirons probablement dans un avenir pas trop lointain pour discuter de la course aux armements, qui devient incontrôlable.

Pourtant, même les paroles d’un président n’ont mené à rien, et la question de l’éventuelle parité stratégique de la Russie avec les États-Unis et du rétablissement de la destruction mutuelle assurée a été laissée sans débat public à Washington. Le président a appelé à l’augmentation du budget de la défense et notamment au financement d’une modernisation massive coûteuse du potentiel nucléaire du pays, et le Congrès a réagi positivement .

Un an plus tard, dans son discours sur l’état de la nation de février 2019, Vladimir Poutine est revenu sur la question des nouvelles armes stratégiques de la Russie et de leur signification pour les relations bilatérales avec les États-Unis. Comme il l’a dit explicitement maintenant, les nouveaux systèmes d’armes hypersoniques du pays permettraient à la Russie d’atteindre les villes américaines ciblées dans les mêmes 10 à 12 minutes dont les Américains profiteraient en lançant leurs missiles plus lents sur Moscou depuis des perchoirs en Pologne et en Roumanie. Les États-Unis n’ont toujours pas réagi. L’Amérique était très occupée par ses luttes politiques intérieures.

En 2020, la Russie, les États-Unis et le monde dans son ensemble étaient entièrement absorbés par la lutte contre la pandémie de Covid-19. Cependant, en 2021, le Kremlin a, à plusieurs reprises, attiré l’attention sur  ses armes les plus avancées qui sont désormais intégrées à ses forces armées et sont pleinement opérationnelles. Comme Vladimir Poutine l’a fait remarquer dans un discours à une organisation professionnelle, il y a une semaine, qui a été largement couvert par les informations du soir de la télévision d’État, les tirs de ses nouveaux missiles ont été suivis de près par les services de renseignement américains. Avec plus qu’une cuillerée de mépris pour l’auto-indulgence entêtée des Américains et le déni de la réalité, Poutine a déclaré que les Russes étaient prêts à partager leurs enregistrements télémétriques avec les États-Unis afin qu’ils puissent mieux voir ce contre quoi ils étaient maintenant confrontés.

Le dédain caustique pour la méchanceté implicite de la Russie dans cette déclaration est pleinement symptomatique de la dernière ligne dure que nous voyons dans la politique étrangère russe depuis que Biden a pris la présidence. Poutine ne dorlote pas Joe comme il l’a fait avec Donald. 
Le Kremlin ne se fait aucune illusion sur la mentalité de guerre froide de ses adversaires américains et européens, et il répond de la même manière. Cela concerne les expulsions diplomatiques, les sanctions économiques et personnelles, toutes les frondes et flèches qui arrivent.

Ces dernières semaines, nous avons vu comment chaque affront à la fierté nationale russe et aux normes diplomatiques internationales a été compensé par une réponse russe qui est allée encore plus loin contre les « États hostiles », dont les États-Unis font désormais officiellement partie.

Dans cette atmosphère très chargée, nous pouvons supposer que des rapports sobres sur les capacités militaires russes ont été transmis au président par de hauts responsables du Pentagone. Alors que les politiciens se sont livrés à leur blabla, pendant de nombreuses semaines, ces militaires des chefs d’état-major interarmées ont engagé leur homologue de l’establishment militaire russe, le général Gerasimov, pour maintenir la paix, éviter les malentendus où les forces américaines et russes agissent en étroite proximité, et pour maintenir la « stabilité ». Il y a fort à parier que leurs préoccupations sont au cœur de l’agenda du sommet , et il y a fort à parier que la rencontre Biden-Poutine se terminera par un accord sur les procédures de négociation d’un traité de maîtrise des armements plus large et plus approfondi. Quoi qu’il arrive au sommet de Genève, ce sera la cerise sur le gâteau.

Par Gilbert Doctorow

Source :  The Upcoming Putin-Biden Summit Means Russia’s New Hypersonic Nukes HaveFinally Gotten Washington’s Attention
Now it wants strategic arms control

Peut être une image de une personne ou plus et texte qui dit ’suis en train de mourir. Lentement mais surement. Je suis épuisé et 'ai perdu beaucoup de poids. L'isolementà Belmarsh me tue. Les contacts avec le monde extérieur sont rares. Tout cela parce j'ai rendu publics des crimes de guerre. Pour que la société ouvre les yeux et pour montrer ce que les gouvernements taisent. Je suis en train de mourir, j'ai peur que la liberté de la presse et la démocratie meurent avec moi." " Julian Assange UWK’

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4 commentaires:

  1. nicolas bonnal9 juin 2021 à 16:10La Russie interviendra-t-elle quand les dirigeants occidentaux commenceront à nous exterminer ici ?Répondre
  2. Hannibal Genséric9 juin 2021 à 16:28Les Russes, apparemment, vivent leur vie normalement. Un ami de Moscou me dit que tout est normal, théâtres, cinés, matchs etc.. sont pleins de gens . Un autre ami tunisien me dit que de nombreux touristes russes ont envahi les hôtels touristiques, sans masques ni distanciation. Vont-ils rester les bras croisés devant l’auto massacre occidental ? Depuis la chute de l’URSS, Ils partent du principe : Nous ne donnons pas de leçons aux autres nations ni leur imposons la liberté à coup de bombes et de missiles, à l’image de qui vous savez. à force de se dégrader, la situation obligera les peuples occidentaux soit à se révolter, soit à périr. Même en ne faisant rien, on les accuse de tout ce qui cloche en Occident, sauf d’avoir créé la covid arnaque, ce qui est extraordinairement curieux !Répondre
  3. nicolas bonnal9 juin 2021 à 17:50On ne prête qu’aux riches Hannibal : c’est le seul qui va être autosuffisant énergétiquement. Le reste va crever. Voyez ces blogs. https://realcurrencies.wordpress.com/2021/06/08/the-new-gold-standard-is-the-great-reset/ http://lachute.over-blog.com/2021/06/la-question-energetique-07/06/2021.htmlRépondre
  4. Joset9 juin 2021 à 20:29Du calme les amis. La délivrance pour l’Occident viendra des Etats-Unis, car la fraude électorale de Biden sera prouvée le 14 juin en ce qui concerne l’Arizona. L’Etat profond vit ses derniers instants.Répondre

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Poutine est entièrement d’accord avec moi: Les États-Unis avancent, à pas assurés, sur le même chemin que l’Union soviétique.

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Cela fait 16 ans que j’ai publié mon article ” Leçons post-soviétiques pour un siècle post-américain” . Il était basé sur des prises de conscience que j’avais faites une décennie plus tôt, en 1996, à mon retour aux États-Unis, après avoir observé les conséquences de l’effondrement de l’Union soviétique. Depuis lors, je me suis concentré sur ce que je considérais comme les principales causes de l’effondrement, tant dans le cas soviétique qu’américain : une dette exorbitante, des problèmes dans le secteur de l’énergie et des systèmes politiques irréformables embourbés dans la corruption, leurs élites se berçant d’illusions dans leur sentiment de toute-puissance. Et voici maintenant une analogie vraiment effrayante : le baril de poudre qui a explosé sous l’URSS était le nationalisme et le séparatisme ethniques ; et le baril de poudre qui explose actuellement sous les États-Unis est l'(anti-)racisme « Éveillé/woke » : une autre marque de fascisme ethnique mais avec des caractéristiques américaines.

Cet article s’ouvrait sur le paragraphe suivant :
Il y a une décennie et demie, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est effondré : L’Union Soviétique n’existe plus. L’autre pôle – symétriquement nommé les États-Unis – ne s’est pas encore effondré, mais des grondements inquiétants se font entendre à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble à peu près aussi improbable aujourd’hui que l’effondrement de l’Union soviétique semblait l’être en 1985.

À l’époque, mon message était perçu comme provocateur, et très éloigné de la pensée politique dominante. Mais le monde m’a depuis rattrapé. Les citations suivantes (traduction de ma part) sont tirées du discours de Vladimir Poutine et du Forum économique mondial de Saint-Pétersbourg qui se déroule actuellement.

Nous entendons des menaces venant du Congrès américain et d’ailleurs. Cela se produit dans le cadre de processus politiques internes aux États-Unis. Les personnes qui profèrent ces menaces supposent, semble-t-il, que la puissance des USA, sa puissance économique, militaire et politique, est telle que ce n’est pas grave, qu’ils y survivront. C’est ce qu’ils pensent.
Mais je vais vous dire quel est le problème, en tant qu’ancien citoyen de l’Union soviétique. Le problème des empires, c’est qu’ils s’imaginent être si puissants qu’ils peuvent se permettre de petites fautes de calcul et des erreurs. Certains qu’ils corrompent, d’autres qu’ils effraient, d’autres encore avec lesquels ils passent un accord, d’autres à qui ils donnent des perles de verre, d’autres qu’ils effraient avec des navires de guerre – et cela permet de régler les problèmes. Mais le nombre de problèmes ne cesse d’augmenter. Il arrive un moment où ils ne peuvent plus y faire face. Les États-Unis avancent à pas assurés sur le même chemin que l’Union soviétique.

C’est une chose que de telles pensées soient exprimées par un blogueur peu connu, c’en est une autre qu’elles soient exprimées par le leader expérimenté d’une superpuissance mondiale lors d’un forum international très prestigieux et très fréquenté. Ceux d’entre vous qui n’ont pas été attentifs, ou qui l’ont été mais considèrent l’effondrement des États-Unis comme une notion quelque peu fantaisiste et futuriste, doivent se réveiller. S’il y a quoi que ce soit que vous puissiez faire pour vous préparer, votre temps est compté. Ce n’est pas un exercice. Le renard arctique est à votre porte.

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Le 5 juin 2021 – Source Club Orlov
Via le Saker Francophone

Le Forum de St Pétersbourg. Une cartographie du siècle eurasiatique.

Il est impossible de comprendre les détails de ce qui se passe sur le terrain en Russie et dans toute l’Eurasie, sur le plan commercial, sans suivre le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).
Allons donc droit au but et proposons quelques exemples choisis de ce qui a été discuté lors des principales sessions.

L’Extrême-Orient russe. Voici une discussion sur les stratégies, largement couronnées de succès, visant à stimuler les investissements productifs dans l’industrie et les infrastructures dans l’Extrême-Orient russe. L’industrie manufacturière en Russie a connu une croissance de 12,2 % entre 2015 et 2020 ; en Extrême-Orient, elle était du double, à 23,1 %. Et de 2018 à 2020, l’investissement en capital fixe par habitant y était de 40 % plus élevé que la moyenne nationale. Les prochaines étapes sont centrées sur l’amélioration des infrastructures, l’ouverture des marchés mondiaux aux entreprises russes et, surtout, la recherche des fonds nécessaires (Chine ? Corée du Sud ?) pour les technologies de pointe.
L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Comme j’ai pu le constater moi-même lors des précédentes éditions du forum, il n’existe rien de comparable en Occident pour ce qui est de discuter sérieusement d’une organisation telle que l’OCS, qui a progressivement évolué de son objectif initial de sécurité vers un rôle politico-économique de grande envergure.
La Russie a présidé l’OCS en 2019-2020, lorsque la politique étrangère a pris un nouvel élan et que les conséquences socio-économiques du Covid-19 ont été sérieusement abordées. Désormais, l’accent devrait être mis sur la manière de rendre ces nations membres, en particulier les « stans » d’Asie centrale, plus attrayantes pour les investisseurs mondiaux. Parmi les intervenants figuraient l’ancien secrétaire général de l’OCS, Rashid Alimov, et l’actuel secrétaire général, Vladimir Norov.
Le Partenariat eurasiatique. Cette discussion portait sur ce qui devrait être l’un des nœuds essentiels du siècle eurasiatique : le corridor international de transport nord-sud (INSTC). Un précédent historique important s’applique : la route commerciale de la Volga des 8e et 9e siècles qui reliait l’Europe occidentale à la Perse – et qui pourrait maintenant être prolongée, dans une variante de la Route de la soie maritime, jusqu’aux ports de l’Inde. Cela soulève un certain nombre de questions, allant du développement du commerce et de la technologie à la mise en œuvre harmonieuse de plateformes numériques. Les intervenants sont originaires de Russie, d’Inde, d’Iran, du Kazakhstan et d’Azerbaïdjan.
Le partenariat de la Grande Eurasie. La Grande Eurasie est le concept russe global appliqué à la consolidation du siècle eurasien. Cette discussion est largement axée sur la Big Tech, notamment la numérisation complète, les systèmes de gestion automatisés et la croissance verte. La question est de savoir comment une transition technologique radicale pourrait servir les intérêts de la Grande Eurasie.
Et c’est là que l’Union économique eurasienne (UEEA) dirigée par la Russie entre en jeu : comment la volonté de l’UEEA de créer un grand partenariat eurasien devrait-elle fonctionner dans la pratique ? Parmi les intervenants figurent le président du conseil d’administration de la Commission économique eurasienne, Mikhail Myasnikovich, et une relique du passé d’Eltsine : Anatoliy Chubais, qui est désormais le représentant spécial de Poutine pour les « relations avec les organisations internationales en vue de réaliser les objectifs de développement durable ».
Il faut se débarrasser de tous ces billets verts
La table ronde la plus intéressante de la SPIEF était consacrée à la « nouvelle normalité » (ou anormalité) post-Covid-19 et à la manière dont l’économie sera remodelée. Une sous-section importante portait sur la manière dont la Russie peut éventuellement en tirer parti, en termes de croissance productive. Ce fut une occasion unique de voir la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, le gouverneur de la Banque centrale russe, Elvira Nabiullina, et le ministre russe des finances, Anton Siluanov, débattre autour de la même table.
En fait, c’est Siluanov qui a fait tous les gros titres concernant le SPIEF lorsqu’il a annoncé que la Russie allait abandonner totalement le dollar américain dans la structure de son fonds national souverain et réduire la part de la livre sterling. Ce fonds aura plus d’euros et de yuans, plus d’or, et la part du yen restera stable.
Ce processus de dédollarisation en cours était plus que prévisible. En mai, pour la première fois, moins de 50 % des exportations russes étaient libellées en dollars américains.
Siluanov a expliqué que les ventes d’environ 119 milliards de dollars d’actifs liquides passeront par la Banque centrale russe, et non par les marchés financiers. En pratique, il s’agira d’un simple transfert technique d’euros vers le fonds souverain. Après tout, cela fait déjà des années que la Banque centrale se débarrasse régulièrement de ses dollars américains.
Tôt ou tard, la Chine suivra. En parallèle, certaines nations d’Eurasie, de manière extrêmement discrète, se débarrassent également de ce qui est de facto la monnaie d’une économie basée sur la dette, à hauteur de dizaines de trillions de dollars, comme l’a expliqué en détail Michael Hudson. Sans compter que les transactions en dollars américains exposent des nations entières à l’extorsion d’une machine judiciaire extra-territoriale.
Sur le très important front sino-russe, qui a été abordé lors de toutes les discussions du SPIEF, le fait est que l’association du savoir-faire technique chinois et de l’énergie russe est plus que capable de consolider un marché pan-eurasien massif et capable d’éclipser l’Occident. L’histoire nous apprend qu’en 1400, l’Inde et la Chine étaient responsables de la moitié du PIB mondial.
Alors que l’Occident se vautre dans un effondrement auto-induit, la caravane eurasienne semble inarrêtable. Mais il y a toujours ces satanées sanctions américaines.
La session du club de discussion du Valdai a approfondi l’hystérie : les sanctions servant un agenda politique menacent de vastes pans de l’infrastructure économique et financière mondiale. Nous en revenons donc une fois de plus au syndrome inéluctable du dollar américain servant d’arme, déployé contre l’Inde qui achète du pétrole iranien et du matériel militaire russe, ou contre les entreprises technologiques chinoises.
Des intervenants, dont le vice-ministre russe des finances, Vladimir Kolychev, et le rapporteur spécial des Nations unies sur les « effets négatifs des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l’homme », Alena Douhan, ont débattu de l’inévitable nouvelle escalade des sanctions anti-russes.
Un autre thème récurrent dans les débats du SPIEF est que, quoi qu’il arrive sur le front des sanctions, la Russie dispose déjà d’une alternative à SWIFT, tout comme la Chine. Les deux systèmes sont compatibles avec SWIFT au niveau logiciel, de sorte que d’autres nations pourraient également l’utiliser.
Pas moins de 30 % du trafic de SWIFT concerne la Russie. Si cette « option » nucléaire venait à se concrétiser, les nations commerçant avec la Russie abandonneraient presque certainement SWIFT. En outre, la Russie, la Chine et l’Iran – le trio « menaçant » l’hégémon – ont conclu des accords d’échange de devises, bilatéralement et avec d’autres nations.
Cette année, le SPIEF a eu lieu quelques jours seulement avant les sommets du G7, de l’OTAN et de l’UE, qui mettront en évidence l’insignifiance géopolitique de l’Europe, réduite au statut de plateforme de projection de la puissance américaine.
Et moins de deux semaines avant le sommet Poutine-Biden à Genève, le SPIEF a surtout rendu un service à ceux qui y prêtent attention, en traçant certains des contours pratiques les plus importants du siècle eurasien.

Par Pepe Escobar – Le 4 juin 2021 – Source The Saker’s Blog


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2 commentaires:

  1. nicolas bonnal11 juin 2021 à 18:52Optimiste ! Et ton krach financier, où il en est ?Répondre
  2. Mr Reynard12 juin 2021 à 02:25Vladimir !
    Règle #1 Jamais ! N’interrompez jamais votre ennemi, quand il fait des erreurs Répondre

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L’enlèvement de Monsieur NEXTA par le Bélarus: Les préparatifs de guerre se poursuivent

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Que pense Loukachenko de lui-même et de son pays ? N’agit-il pas comme le roi d’Israël ? Israël s’autorise à tuer et à kidnapper ses ennemis, où qu’ils se trouvent. Les États-Unis s’autorisent également à faire tout ce qu’ils jugent nécessaire ; enlever des centaines de personnes et les jeter à Guantanamo, ou simplement les abattre, comme ils ont tué Soleimani. Mais d’autres États ? Non, Dieu nous en préserve ! Ils sont censés accepter placidement ce que leurs supérieurs décident et respecter les règles du jeu.

Cependant, Louka (comme on l’appelle affectueusement) est fait d’une matière plus solide. C’est l’homme qui a refusé catégoriquement de confiner sa nation ; il a organisé le défilé du jour de la Victoire en Europe dans sa capitale, Minsk, le 9 mai 2020, alors que le reste du monde avait peur de sortir dans la rue. Et maintenant, il détient le type qui incarne NEXTA, Roman Protassevitch, l’organisateur des manifestations de l’année dernière à Minsk. Roman P. se moquait des demandes d’extradition, depuis son refuge à Varsovie ; sa chaîne sur Telegram, NEXTA, a offert des millions en récompense pour qui arrêterait Louka. Et soudain, surprise, le voilà en prison. Rira bien qui rira le dernier.

Les réseaux sociaux russes jubilaient. Ils ont bricolé une photo de leurs James Bonds nationaux, Petrov et Boshirov, célèbres pour leur  [lors de l’affaire Skripal], pilotant l’avion détourné vers Minsk. Bien que les Russes, prudents, ne soient probablement pas impliqués dans l’affaire, le cœur des Russes était tout acquis à Louka, celui qui a arrêté le Hipster.

À Sotchi, la station balnéaire de la mer Noire au climat chaud, et résidence secondaire des présidents russes, Poutine a bien reçu Loukachenko, lui a offert une baignade dans la mer et s’est moqué des menaces occidentales. Ce ne sont que des émotions passagères, a-t-il dit, une explosion d’émotions. Cela passera bientôt. Il a fait référence à la recommandation inquiétante de l’UE de fermer le ciel au-dessus du Belarus, une menace directe pour la Russie, un tour de vis supplémentaire, dans l’a mise en place du rideau de fer. Il serait certes inconfortable pour la Russie et coûteux pour le Belarus que ces limitations persistent. Toutefois, grâce au soutien de la Russie, le Belarus n’a pas à s’inquiéter. Et les États-Unis n’ont pas ordonné à leur aviation d’éviter le Belarus, contrairement aux Européens. C’est coûteux d’avoir à contourner le Belarus ; laissons les Européens payer la facture.

La Russie s’adapte au nouvel ordre mondial et s’en sort bien. C’est le pays le plus libre du monde aujourd’hui, avec des théâtres, des musées et des églises ouverts, des restaurants pleins de visiteurs, et il y a un vaccin pour tous ceux qui en veulent [1]. Mais cette liberté a été conquise à coup d’efforts considérables, et les alliés de la Russie ne sont pas également capables de résister à l’Occident. Ils sont plus petits, et il est plus facile de faire pression sur eux. La Biélorussie, le balcon russe sur l’Europe, se trouve coincé entre les États satellites des États-Unis, c’est un pays vulnérable. L’encerclement de la Russie et de ses alliés serait devenu une réalité sans la longue et amicale frontière chinoise.

Le Belarus s’est positionné comme la plaque tournante occidentale de l’influence chinoise, comme l’allié et l’ami le plus occidental de la Chine. 
Les nationalistes russes disent que le Belarus est plus pro-chinois que pro-russe

Le Belarus est un État eurasien, affirme M. Loukachenko, reliant ainsi son pays à la fois à la Russie et à la Chine. Si le ciel du Belarus était fermé, l’accès de la Chine à l’Europe en souffrirait. Cela ouvrirait également une brèche pour une attaque soudaine de missiles sur la Russie. Pour cette raison, entre autres, de nombreux analystes russes considèrent l’affaire Ryanair comme une provocation. Ils disent que l’Occident avait amorcé le piège et savait tout à l’avance. Les États occidentaux ont réagi si vite et si massivement qu’une connaissance préalable du déroulement de l’opération semble une conclusion inéluctable.

Les systèmes de défense aérienne russes S-500 Triumfator 
seront déployés sur le territoire de la région de Kaliningrad, en Crimée
et sur la péninsule de Kola, ainsi que dans la région de Moscou, 

La CIA a joué un coup de poker : elle a sacrifié un jeune homme de peu d’importance pour fragiliser la Chine et la Russie et muscler le poing de Biden, qui doit rencontrer Poutine prochainement. D’autres affirment que c’est tout le contraire : que c’est le KGB du Belarus qui a remporté un grand succès, tandis que l’opposition bélarussienne soutenue par l’Occident a reçu un coup terrible. Des experts encore plus conspirationnistes affirment qu’il s’agissait d’une opération russe visant à renforcer les liens du, trop indépendant, avec son voisin géant.

Effectivement, il n’y a pas assez de certitudes sur les événements de Ryanair pour exclure une provocation. M. Loukachenko affirme qu’il aurait exigé que l’avion atterrisse à Minsk s’il avait su que Roman P. était à bord de l’avion. Mais il ne le savait pas, dit-il. Nous savons avec certitude qu’un contrôleur du trafic de l’aéroport de Minsk avait informé le commandant de bord de l’avion Ryanair qu’il avait reçu un courriel (provenant ostensiblement du Hamas) affirmant qu’il y avait une bombe à bord de l’avion, prête à exploser au-dessus de l’aéroport de Vilnius. La menace était douteuse ; le Hamas n’a jamais fait exploser d’avions, mais il a utilisé des kamikazes pour faire sauter des bus en Israël, de sorte que personne ne pouvait garantir qu’il s’agissait d’une blague.

Dans le monde entier, à l’Est comme à l’Ouest, toutes les alertes à la bombe sont traitées comme si elles étaient réelles, alors qu’il s’agit bien plus souvent de canulars. L’année dernière, la Russie a reçu des milliers de fausses alertes à la bombe, prétendant généralement qu’une école était piégée. Ces fausses menaces sont souvent liées à l’Ukraine, où se trouve un réseau néonazi actif et farouchement anti-russe. Malgré la quasi-certitude qu’il s’agit d’un canular, les autorités russes traitent invariablement ces menaces comme des faits réels. L’Occident aussi. En août de l’année dernière, la RAF britannique a fait décoller deux avions de chasse pour intercepter un avion de ligne Ryanair en raison d’une menace pour la sécurité ; il s’agissait en fait d’un téléphone portable oublié dans les toilettes.

Il est donc normal de prendre des mesures de sécurité. Dans tous les cas, c’est le droit et le devoir du commandant de bord de décider. Celui-ci a décidé de dévier vers l’aéroport de Minsk. C’est un fait – il existe un enregistrement des conversations entre l’avion et l’aéroport. Sur le chemin de l’aéroport de Minsk, un avion de chasse biélorusse accompagnait l’avion. Le signal avait été brouillé, conformément à la procédure standard, lorsque l’avion de ligne s’est approché de l’aéroport de Minsk et qu’il est passé près de la centrale nucléaire. Les archives de Ryanair confirment que l’avion de chasse n’a pas intercepté l’avion de ligne, ne l’a pas menacé et n’a pas été perçu par le commandant de bord comme une menace. S’il est possible que le Belarus ait été au courant du canular (ou même qu’il l’ait organisé), il n’y a aucun moyen de le prouver.

Après l’atterrissage de l’avion, les passagers sont descendus et ont été conduits au terminal. Pendant qu’ils attendaient l’inspection de l’immigration, Mme Sapega, la petite amie du type qui représentait NEXTA, a pris une photo de lui sur son smartphone et a envoyé la photo à un ami commun. Et celui-ci s’est empressé de poster la photo sur Telegram, en disant que leur chef était à Minsk ! C’est ainsi que les autorités biélorusses ont appris que cette personne, recherchée depuis longtemps par la police, se trouvait sur leur territoire. Il a donc été placé en détention. C’est ce que racontent les autorités biélorusses, et cela pourrait être vrai (ou non). Quoi qu’il en soit, il n’y a pas eu de détournement d’avion, ni d’atterrissage forcé, ni d’autres actes douteux. Que les autorités biélorusses aient su dès le départ qu’un homme recherché se trouvait à bord n’a aucune importance. Après la publication de la photo de l’homme sur Telegram, elles ne pouvaient même pas prétendre qu’elles ne savaient pas.

Et s’ils avaient su que le jeune homme était à bord ? Même si c’était le cas, ils ont quand même agi de leur propre chef. Tout pays a le droit de faire atterrir tout avion civil volant dans son propre espace aérien. Cela découle non seulement de l’idée de souveraineté, mais est également confirmé par la pratique.  En 2016, les autorités de Kiev ont fait décoller des jets et, sous la menace, ont forcé un vol de Belavia en route vers Minsk à revenir et à atterrir à Kiev. Après l’atterrissage, elles ont retiré et détenu un passager – l’expert russo-arménien Armen Martirosyan. Pourquoi ? Parce qu’il avait déclaré (en plaisantant, selon lui) par téléphone depuis l’aéroport avant le décollage qu’il transportait avec lui des documents compromettants sur le président ukrainien Porochenko. En fait, il n’avait aucun document ; il a été relâché par la suite, mais le fait de forcer l’avion à atterrir n’avait provoqué aucune réaction internationale.

Les États-Unis insistent sur leur droit d’accoster tout navire civil. En 2004, les États-Unis ont fait atterrir de force un avion privé dans lequel se trouvait un membre de la chambre haute du parlement russe et ancien vice-ministre, Andrei Vavilov. Il a été emmené pour interrogatoire directement depuis l’aéroport. Le cas le plus célèbre remonte à 2013. L’avion du président bolivien Evo Morales avait décollé de Moscou. Les services de renseignement américains soupçonnaient Snowden d’être à bord. L’avion du président a été forcé d’atterrir à Vienne, où l’avion a été fouillé. Snowden n’ayant pas été retrouvé, l’avion a été relâché. Ensuite, les États-Unis ont publiquement et officiellement déclaré leur droit sacré de détenir et de fouiller tous les navires civils du monde.

Les États-Unis n’ont pas été les seuls à débarquer des avions. En 2012, la Turquie a forcé un avion Moscou-Damas à atterrir. Mais c’était un avion russe, alors tout le monde s’en fichait.  Qui les Biélorusses ont-ils détenu, au final ? Un citoyen biélorusse nommé Roman Protassevitch, fondateur et responsable de la chaîne Telegram NEXTA, celui-là même qui a organisé les émeutes de Minsk en 2020. J’observais Roman P. en temps réel sur l’écran de mon smartphone alors qu’il dirigeait les émeutes à Minsk lors des événements de 2020 en Biélorussie. J’ai alors pensé qu’Israël aurait immédiatement largué un missile sur ce studio douillet s’il s’était avisé de donner l’ordre aux émeutiers d’attaquer la police israélienne. Si un missile constitue un message peu proportionné, alors plusieurs parachutistes israéliens auraient frappé à sa porte. Une telle ingérence ne peut être tolérée. Ce que NEXTA a fait relevait d’un acte de rébellion et de sédition, et les stations de télévision et de radio rebelles sont susceptibles d’être bombardées. Comme Israël vient de bombarder les bureaux de l’Associated Press et d’Al Jazeera à Gaza. Comme les Américains ont bombardé des stations de télévision à Belgrade, Bagdad et Kaboul.

D’une façon ou d’une autre, le Belarus a donc réussi à capturer l’organisateur de NEXTA. Bravo ! Israël a enlevé des civils pour moins que cela, par exemple, le lanceur d’alerte Mordechai Vanunu, qui avait révélé les secrets de l’arsenal nucléaire – enlevé à Rome. Les États-Unis ont récemment forcé l’atterrissage d’un avion pour arrêter un participant présumé aux événements du 6 janvier au Capitole.  Jusqu’au jour de l’arrestation de Roman P, cependant, seul ce camp, celui de l’hégémon israélo-américain, s’était aventuré à agir comme État pleinement souverain. Loukachenko a fait un pas important et audacieux en revendiquant l’égalité avec Israël même et en mettant la Russie sur le même pied que les États-Unis. Il était grand temps. La Russie a désormais bafoué ces restrictions internationales auto-imposées.

L’action de M. Loukachenko n’est peut-être pas un grand pas dans la lutte mondiale des titans, mais c’est certainement un petit pas en avant pour le Belarus et la Russie. La rédactrice en chef de RT, Margarita Simonyan, a posté sur Telegram qu’elle enviait le Belarus. Qui ne serait pas envieux d’un leader aussi audacieux ? D’un autre côté, elle peut être fière de la Russie. Sans la protection de Moscou, le Belarus aurait déjà été entièrement “démocratisé”, comme la Syrie et l’Irak.

Il est grand temps d’appliquer pleinement la symétrie internationale. Récemment, les services spéciaux américains et leurs collègues subalternes de Kiev ont coopéré lors d’une opération. Ils avaient prévu de clouer au sol un avion de ligne en route entre Minsk à Istanbul alors qu’il traversait l’espace aérien ukrainien. Des combattants du Donbass devaient être incités à monter à bord du vol en question à Minsk, soi-disant pour prendre le vol en toute sécurité vers Istanbul, qui serait ensuite débarqué “de force” à Kiev où ils auraient pu être arrêtés et condamnés. Lorsque le complot a été éventé, les gouvernements occidentaux n’ont pas abordé ce qui était techniquement un détournement d’avion ; ils ont seulement regretté que l’opération ait échoué.

L’Empire maintient Julian Assange en état d’arrestation depuis des années. Des dizaines d’informaticiens russes (qualifiés de “hackers”) ont été arrêtés dans des pays tiers et extradés vers les États-Unis ; des centaines d’autres ont été enlevés dans le cadre du programme de “restitutions extraordinaires” et emmenés mourir à Guantanamo. Loukachenko a démontré que deux hommes solides pouvaient eux aussi jouer à ce petit jeu.

Le détenu de NEXTA, Roman P., a déjà commencé à chanter, et tout de suite, quelques heures après sa détention. Nous nous attendons à apprendre comment la Pologne et les États baltes (et la CIA) se sont ingérés dans les affaires intérieures du Belarus, comment ils ont planifié et tenté une “révolution de couleur” à Minsk. Les photos de son smartphone ont révélé qu’il y a quelques années, ce jeune homme s’est porté volontaire pour servir dans le bataillon néonazi Azov en Ukraine, prenant des selfies sous une croix gammée. Il ne s’agit pas nécessairement d’un crime au Belarus, même si Azov était bien connu pour ses crimes de guerre dans le conflit du Donbass.

Sa petite amie, Mme Sofia Sapega, la petite jeune fille si maligne qui a pris la malheureuse photo à l’aéroport de Minsk, s’est avérée être rédactrice en chef d’un site qui a dénoncé des policiers biélorusses et les sympathisants du gouvernement ; elle a appelé les rebelles à se venger sur leurs familles et leurs maisons. “Elle est détenue depuis deux mois” [sic].

Il est probable que le gouvernement du Belarus découvre beaucoup de choses intéressantes en interrogeant ces deux jeunes gens. En outre, cette arrestation est susceptible de refroidir certaines têtes brûlées en Biélorussie. Jusqu’à présent, ils se croyaient intouchables ; ils ont maintenant appris que le gouvernement peut défendre le pays contre les émeutiers et le fera.

En règle générale, je sympathise avec les rebelles. Mais parfois, les rebelles sont trop sûrs d’eux. Ils pensent qu’ils sont des Elfes combattant les Orques. La chaîne NEXTA a mené sa guerre contre les gens de l’économie réelle du Belarus, contre son industrie et son agriculture, pour le nouveau monde numérique. S’ils gagnaient, comme en Ukraine, l’industrie biélorusse serait pillée et vendue pour une bouchée de pain ; comme en Ukraine, les travailleurs biélorusses seraient au chômage, sa grande agriculture serait ruinée. Mais l’Ukraine avait un président faible, M. Ianoukovitch, qui a fui en Russie lorsqu’il était en danger. Loukachenko est taillé dans une autre étoffe. Il ressemble davantage au président syrien Bashar Assad, l’homme qui est toujours au pouvoir après avoir reçu des années durant l’ordre de partir. Son amitié serait très bénéfique pour M. Poutine.

Par Israël Adam Shamir.

https://www.unz.com/ishamir/the-abduction-of-nexta/

joindre l’auteur: adam@israelshamir.net

traduction: Maria Poumier

NOTES de H. Genséric
[1] En Tunisie, les quelques hôtels touristiques qui sont ouverts, sont pleins de Russes. Pas de masques, ni distanciation. Les plages et les piscines sont en accès libre. Contrairement aux Occidentaux et aux Arabes, les Russes ont résisté efficacement à la guerre bactériologique (appelée aujourd’hui Covid-19) menée par le N.O.M. 
Ils ont appris, par leur histoire, à résister à toutes sortes d’agressions.
Adossés à la puissance économique chinoise, et disposant d’une puissance militaire sans équivalent, les Russes sont, aujourd’hui, les seuls à pouvoir faire échec aux projets criminels du N.O.M. et à protéger l’Humanité contre un quarteron de barbares séniles.
Pendant ce temps, la majorité des pays occidentaux, les plus riches  et aussi les plus endettés de la planète, basculent dans la dictature sanitaire. Incarcération domiciliaire en dehors de tout cadre constitutionnel, décrets et arrêtés toujours plus liberticides, absurdes, humiliants, contradictoires, contraires au bon sens et à l’évidence scientifique. Tout ça pour quoi ? Pour un virus qui ne tue pas plus qu’une mauvaise grippe.

ghjk

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1 commentaire:

  1. Joset1 juin 2021 à 17:13Il est temps que la Russie et ses alliés résistent aux actions criminelles des Occidentaux. Les dirigeants de ces pays mènent des actes illégaux dans le monde contre la volonté des peuples de l’Europe et des Etats-Unis.Répondre

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POUTINE

L’Iran, la Russie et la Syrie décident de former une alliance navale tripartite

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L’agence de presse russe a récemment annoncé qu’une salle d’opération tripartite russo-syro-iranienne serait mise en place pour assurer une sécurité durable aux navires iraniens et russes transportant des carburants, de la nourriture et de l’aide médicale au peuple syrien, ainsi que pour briser le siège américain et européen.

L’Iran, la Russie et la Syrie ont décidé de faire une nouvelle alliance navale tripartite contre les attaques pirates israéliennes en Méditerranée et en Mer Rouge, et de former une salle d’opération conjointe pour briser le blocus américano-israélo-européen de la Syrie. Les Syriens seront témoins très prochainement des surprises et des ouvertures importantes à différents niveaux dans la situation de leur pays. Plus de 10 millions de Syriens vivent dans des conditions très difficiles dans leur pays, a rapporté l’agence syrienne d’information. Cette détérioration de la situation en Syrie est essentiellement due à des problèmes tels que la pénurie d’aliments et de médicaments et de divers dérivés énergétiques. Ces dernières années, les Syriens ont souffert de ces problèmes issus des politiques hostiles des États-Unis /Israël et de l’Europe contre eux. Au même moment, Israël a attaqué à plusieurs reprises des navires transportant des aides humanitaires ou du pétrole en direction de la Syrie. Par ailleurs, les forces américaines et leurs mercenaires affiliés aux Forces démocratiques syriennes (FDS), déployés à l’est de la province de Deir ez-Zor ne cessent de piller les ressources naturelles syriennes, de sorte que les civils syriens en sont privés.

Le manque de carburant en Syrie a actuellement provoqué une crise énergétique, et par conséquent, le secteur des transports dans diverses villes syriennes est confronté à un défi de taille. De plus, le quota quotidien de consommation de carburant requis par les citoyens syriens a été considérablement réduit et les voitures font une queue longue sur plusieurs kilomètres devant les stations-service. Cependant, l’arrivée récente de quatre pétroliers iraniens transportant 5 millions de barils de pétrole brut dans le port syrien de Banias avant le début du mois sacré du Ramadan était une bonne nouvelle pour le peuple syrien. Des sources ont rapporté que des navires de guerre russes ont accompagné les pétroliers iraniens jusqu’à leur arrivée au port syrien et ont fourni les possibilités nécessaires pour les soutenir.

L’agence de presse russe a récemment annoncé qu’une salle d’opération tripartite russo-syro-iranienne serait mise en place pour assurer une sécurité durable aux navires iraniens et russes transportant des carburants, de la nourriture et de l’aide médicale au peuple syrien, ainsi que pour briser le blocus israélo-occidental. Les navires israéliens n’oseront pas frapper les pétroliers iraniens pour deux raisons principales : en premier lieu, la Russie protège les pétroliers iraniens, et en deuxième lieu, les navires commerciaux israéliens seraient, par rétorsion,  ciblés dans les entrées de Bab al-Mandeb et du golfe d’Oman.Des sous-marins russes équipés de missiles Kalibr escortent des navires iraniens
source : avia.pro

Submarine and tanker

Des sources militaires israéliennes ont rapporté que les sous-marins russes assuraient la sécurité des pétroliers iraniens traversant la mer Méditerranée. Auparavant, on supposait que l’escorte des navires iraniens était effectuée uniquement par des navires de surface  russes, cependant, selon des sources militaires israéliennes, en plus du fait que l’armée russe protège les navires iraniens sur l’eau, la Russie fournit également cette protection sous l’eau. 

Des sources au ministère israélien de la Défense ont déclaré que la flotte russe protège les navires marchands à destination de la Syrie” non seulement sur l’eau, mais aussi sous l’eau. “Les renseignements israéliens ont déclaré que le pétrole n’était pas la seule cargaison à bord. S’il est clair que 90% des pétroliers iraniens sont armés, le gouvernement israélien doit admettre qu’il est presque impuissant à bloquer la route maritime de l’Iran vers la Syrie en raison de la présence de la Russie dans la protection des intérêts iraniens dans la région. Un expert iranien a déclaré que les dernières frégates, patrouilleurs et sous-marins russes équipés de missiles de croisière Kalibr peuvent atteindre des cibles en Méditerranée et au Moyen-Orient. Israël en a peur et n’ose pas “bouger” quand la Russie protège les transports iraniens”, – rapporte la publication “Soha”.

Selon les dernières images satellites, il y a aujourd’hui deux sous-marins russes armés de missiles de croisière Kalibr au large des côtes syriennes, cependant, il est évident que le nombre de sous-marins peut être beaucoup plus important et une agression ouverte contre les navires iraniens pourrait permettre à la Russie de riposter. 

VOIR AUSSI :
–  Confirmé: de puissants missiles sol-sol syriens frappent près de la centrale nucléaire israélienne de Dimona
–  Syrie / Israël. La Russie a paralysé les systèmes israéliens «Iron Dome» de défense aérienne 
–  La représentante Marjorie Green expose par inadvertance “le laser de la mort” israélien

Hannibal GENSÉRICEnvoyer par e-mailBlogThis!Partager sur TwitterPartager sur FacebookPartager sur Pinterest

4 commentaires:

  1. Vercingetorige5 mai 2021 à 21:24Russia to “Test” Three “Satan-2” ICBM’s – 24 Nukes each – U.S. May Only Have TWO MINUTES WARNING if “Test” is actually an attack
    https://halturnerradioshow.com/index.php/en/news-page/world/russia-to-test-three-satan-2-icbm-s-24-nukes-each-u-s-may-only-have-two-minutes-warning-if-test-is-actually-an-attackRépondreRéponses
    1. Mr Reynard6 mai 2021 à 01:09Gevalt ! Gevalt ! Gevalt ! Gevalt ! Russians are designing another pogrom ? Gevalt ! Gevalt ! Gevalt !
  2. nicolas bonnal6 mai 2021 à 07:16reset : https://nicolasbonnal.wordpress.com/2021/05/06/pourquoi-le-great-reset-est-un-simulacre-un-texte-genial-de-mon-lecteur-alexandre-le-grand-reset-est-un-rideau-de-fumee-qui-couvre-notre-effondrement-energetique-une-illusion-comique-et-escha/Répondre
  3. Baruch6 mai 2021 à 11:15Bienvenue à “l’OTAN Asiatique”, ce qui va faire repenser l’Otan OccidentalRépondre

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