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AFRIQUE

Le franc CFA avec la haine de la FRANCE !

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Fin du franc CFA : la France, dindon de la farce, sera le garant des paiements de 8 pays africains… merci Macron

Macron Publié le 23 décembre 2020 – par Gérard Emile– 2 commentaires

Le franc CFA a fait couler beaucoup d’encre et soulevé beaucoup de critiques, commentaires et autres remarques et la réforme voulue par E. Macron mettra-t-elle un terme à ces discours, relents de colonialisme, FranceAfrique, mainmise sur les richesses, exploitation des peuples… ?

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/21/la-france-acte-officiellement-la-fin-du-franc-cfa-en-afrique-de-l-ouest_6040339_3212.html

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Il s’agit de la monnaie commune de 14 pays africains membres de la Zone franc :

– 8 pays constituant l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), dont l’Institut d’émission est la BCEAO : Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo, ;

– 6 pays constituant la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), dont l’Institut d’émission est la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) : Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad

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Né en 1945, jour où la France ratifie les accords de Bretton Woods qui ont permis de dessiner les grandes lignes du système financier international après la seconde guerre mondiale.  La France procède à sa première déclaration de parité au Fonds monétaire internationale (FMI). Il signifie alors « franc des Colonies Françaises d’Afrique ». Il prendra par la suite la dénomination de « franc de la Communauté Financière Africaine » pour les Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), et « franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale » pour les pays membres de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC).

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Principaux intérêts, sa garantie de convertibilité en franc français par le Trésor Français et en devises à travers le marché des changes de Paris, avec le franc français comme étalon ;

En contrepartie les Etats africains versaient 50 % de leurs réserves de change au Trésor français et de la présence française au conseil d’administration de la Banque centrale à Dakar.

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Fini le franc CFA, le nom choisi par les 15 états africains unis au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est l’ »ECO « . Une telle évolution pour ne pas dire une telle révolution du système monétaire de ces pays engendre divers aspects.

Le franc CFA nécessitait de la part de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) utilisant le franc CFA qu’elle consacre 50 % de ses réserves de change auprès de la Banque de France. Humiliante cette dépendance pour les opposants au franc CFA.

La BCEAO n’aura donc plus l’obligation vis à vis de la Banque de France d’y placer la moitié de ses réserves de change et sera donc libre de les investir dans les actifs de son choix. A n’en pas douter, nombre de gens bien intentionnés vont se précipiter pour conseiller sur les meilleurs placements possibles.

Exit la France dans la gouvernance de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) au sein de laquelle notre pays avait un rôle de contrôle compte-tenu de la responsabilité des garanties accordées, somme tout une action tout à fait normale. Conseil d’administration et Comité de Politique Monétaire de la BCEAO, pas plus qu’à la commission bancaire de l’UMOA ne verront plus siéger de représentants de l’État français.

D’aucuns pourraient penser que ces états africains vont devoir se gérer seul et prendre toutes leurs responsabilités, assumer les risques et… Assumer les risques ? C’est là ou supermacron a fait fort .

L’Eco conservera sa parité avec l’euro afin d’éviter les risques d’inflation tels qu’ils existent dans d’autres pays d’Afrique, ce qui a pour effet notamment de déplaire à certains économistes africains et, semblent-ils, n’ont pas tort puisque ce modèle de parité avec une monnaie trop forte donne la priorité à cette lutte contre l’inflation alors que, comme ils le défendent, les économies régionales ont infiniment plus besoin de croissance économique, d’emploi, d’une capacité à dévaluer pour renforcer le cas échéant leur compétitivité. Cette parité fixe à l’euro est de nature à décourager la production locale, entraver l’industrialisation et enfermer les pays dans une économie de rente de matières premières. Ils préfèreraient plutôt une indexation sur les principales devises mondiales dollar, yuan et euro.

Si ce grand chambardement dans le système économique était resté tel quel, pourquoi pas ? Les Africains ont le droit et le devoir de choisir leurs destins en toute indépendance. Mais le maillon faible se situe dans le fait que la France, c’est à dire NOS impôts amène tout de même sa garantie. Dans le cas ou la banque africaine BCEAO se trouve en manque de disponibilités financières pour couvrir ses engagements il lui suffira  de se procurer les moyens nécessaires auprès de la Banque de France. La France s’est engagée à rester le garant financier, sous forme de ligne de crédit, des 8 pays de l’UEMOA (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

N’est-ce pas extraordinaire ? Quelle que soit la manière de gérer cette indépendance financière, la France est là pour compenser !

SENAT

2. Si elle ne remet pas en cause certains paramètres fondamentaux de la coopération monétaire entre la France et l’Afrique de l’Ouest, la réforme du franc CFA oblige à s’interroger sur ses conséquences sur les engagements français

a) Une économie sur la rémunération offerte à la BCEAO

La réforme du franc CFA en Afrique de l’Ouest se traduira tout d’abord par une économie pour la France, certes d’ampleur limitée. La fermeture du compte d’opérations entraine en effet avec elle la fin des conditions avantageuses de rémunération pour les avoirs extérieurs nets déposés par la BCEAO auprès du Trésor au titre de l’obligation de centralisation de 50 % de ses réserves de change. Or, et les rapporteurs l’ont mentionné à plusieurs reprises, la rémunération offerte par la France, avec un taux plancher de 0,75 %, était bien supérieure aux conditions offertes aux autres placements à vue et à la rémunération qu’elle-même obtient lorsqu’elle dépose sa trésorerie à la BCE. La France a ainsi versé 40,6 et 40,4 millions d’euros à la BCEAO en 2018 et en 2019 au titre de la rémunération de ses avoirs extérieurs nets.

La garantie de change (cf. supra) pour ces avoirs disparaîtra également.

b) Le maintien de la garantie de convertibilité et du risque assumé par la France

Tout en mettant fin à la centralisation des réserves de change, le projet de nouvel accord de coopération monétaire maintient l’octroi pour la France d’une garantie de convertibilité illimitée et inconditionnelle pour la BCEAO. Pourquoi, alors, maintenir cette garantie, en l’absence de sa contrepartie historique, la centralisation d’une partie des avoirs extérieurs nets de la BCEAO ?92(*)Comme cela a été expliqué aux rapporteurs par les représentants de la Banque de France et du Trésor français, il ne s’agissait pas « d’abandonner » les pays de l’UMOA ou d’accompagner une réforme qui, sans le maintien de cette garantie, risquait de mener à une instabilité pour ces pays. Cette modification acte néanmoins une inflexion non moins symbolique dans le rôle de la France, qui sera à l’avenir strictement celui d’un garant financier.

Si les rapporteurs se sont tout d’abord inquiétés de ce « décalage » entre garantie et contrepartie, ils relèvent que la dernière activation de la garantie est antérieure à la dévaluation de 1994. Cependant, le fait même que cette garantie existe permet de crédibiliser la parité et le régime de change en Zone franc. Les derniers découverts de la BCEAO datent de 1987, 1988 et 1991, tandis que ceux de la BEAC remontent aux années 1987, 1988 et 1989. Selon les informations transmises aux rapporteurs, etcompte tenu de l’ancienneté de la dernière activation de la garantie, il n’existe aujourd’hui pas aujourd’hui de document permettant de retracer précisément les montants ainsi consentis par découvert aux banques centrales de la Zone franc.

En tout état de cause, les rapporteurs estiment que le risque porté par la France est extrêmement faible, ce qui explique que le compte de concours financiers supportant ces accords monétaires ne soit plus doté de crédits depuis plusieurs années. Le taux de couverture de la monnaie dans l’UMOA, soit la capacité de la zone à couvrir ses importations par ses revenus d’exportations, est ainsi supérieur à 70 % depuis plusieurs années93(*). À la fin du premier trimestre 2020, le niveau des réserves permettait de couvrir 6,3 mois d’importations de biens et services et correspondait à un taux de couverture de l’émission monétaire de 79,3 %94(*).

En outre, d’après les informations transmises par la Banque de France et le Trésor, ainsi que d’après les premiers éléments inscrits dans le projet de nouvel accord de coopération monétaire, des mécanismes de reporting devraient être mis en place entre la BCEAO et la France, afin que la France soit mieux informée du risque financier qu’elle supporte. Ces mécanismes sont prévus à l’article 5 du nouvel accord de coopération monétaire : « afin de permettre au garant de suivre l’évolution du risque qu’il couvre, la BCEAO lui transmettra régulièrement des informations » selon des modalités qui seront précisées ultérieurement, par échange de lettres.

Les représentants de la Banque de France et de la direction générale du Trésor ont par ailleurs expliqué aux rapporteurs que la centralisation des réserves de change, qui permettait à la France de disposer d’une visibilité sur le niveau des réserves et sur son risque financier, n’était pas un mécanisme entièrement satisfaisant pour piloter ce risque. En effet, une éventuelle sur-centralisation des réserves ne pouvait se constater qu’a posteriori, sans information sur le montant réel des réserves dont dispose effectivement la BCEAO. Les montants déposés auprès du Trésor ne sont qu’une « photographie », à un instant donné.

Les mécanismes de dialogue et de reporting pourraient donc se montrer plus efficaces et plus souples pour permettre à la France de disposer d’informations fiables et de qualité sur le niveau des réserves. L’un des enjeux de l’examen du projet de loi autorisant l’approbation de l’accord de coopération entre le Gouvernement de la République française et les Gouvernements des États membres de l’Union monétaire ouest-africaine sera de s’assurer de la teneur de ces mécanismes. Ils devraient prendre la forme de remontées d’informations quotidiennes, mensuelles ou trimestrielles, ce qui nécessiterait sans doute de moderniser les systèmes d’informations et donc de procéder à des investissements techniques. Si leur efficacité est effectivement meilleure, les rapporteurs se demandent par ailleurs pourquoi ils ne seraient pas également mis en place dans le cadre des accords de coopération monétaire avec la zone Cemac ou avec la Banque centrale des Comores.

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Vieux bidasse 

Il doit rêver toutes les nuits des saloperies à faire dès le lendemain. 

Trump l’a dit : « tout ce que touche Macron devient de la merde ! »

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AFRIQUE

La rumeur c’est que la FRANCE pille l’Afrique ?… la réalité c’est que l’Afrique est un boulet pour l’occident… avec en prime une expansion démographique délirante…

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ÉCONOMIE 

En 2020, l’Afrique a reçu les trois quarts des dons de l’AFD 

14 avril 2021 à 19h58  | Par  Alain Faujas 

L’Agence française de développement a également consacré plus de 4 milliards d’euros au continent africain afin de contrer les effets liés aux chocs sanitaire et économique. 

« 2020 a été une année hors norme marquée par une crise majeure », a souligné Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), en présentant le 13 avril les résultats de son groupe. Pour la première fois depuis une dizaine d’années, celui-ci a connu une baisse de ses engagements revenus depuis son record de 14,1 milliards d’euros en 1919 à 12,1 milliards en 2020.

En revanche, les paiements des projets ont encore progressé passant d’une année sur l’autre de 6,5 milliards d’euros à 8,8 milliards (+36 %) pour faire face aux chocs sanitaire et économique subis par les pays en développement. À titre d’exemple, cela a permis de raccorder à l’eau 3,5 millions de personnes et 7,4 millions à l’électricité.

L’AFD A SOUTENU LES INSTITUTS PASTEUR DU SÉNÉGAL, DE GUINÉE, DU NIGER, DE CENTRAFRIQUE ET DE MADAGASCAR

Aide aux TPE-PME et au secteur informel

L’Afrique s’est taillé la part du lion dans cette aide multiforme. Elle a obtenu 46 % des 8,8 milliards d’euros de déblocages de fonds et 75 % des dons du Groupe AFD. Sa filiale Proparco a approuvé, en novembre 2020, 1 milliard d’euros supplémentaire pour son programme de soutien aux TPE-PME africaines fragilisées par la crise (portant à 3,5 milliards d’euros l’enveloppe dédiée à ces entreprises).

Dans le cadre de son Plan Priorité Santé de 1,2 milliard d’euros, l’Agence a soutenu les Instituts Pasteur du Sénégal, de Guinée, du Niger, de Centrafrique et de Madagascar, afin de les aider à retarder le pic de l’épidémie. Avec l’Initiative Alima (Alliance for International Medical Action), elle a épaulé les actions des ministères de la Santé du Sénégal, du Burkina Faso, du Cameroun, de Centrafrique et de RDC.À LIRE Rémy Rioux : « Ne laissons pas tomber le secteur privé africain » 

Au Togo, le projet Novissi a aidé les travailleurs informels –notamment les femmes –, privés de revenus par les mesures de confinement. Au Mali (Liptako), un projet sera mis en place pour lutter contre la malnutrition.

Préservation de la biodiversité

La lutte pour la préservation de la biodiversité a mobilisé 565 millions d’euros (+25 %). Dans ce cadre, 13 millions d’hectares ont été protégés, notamment dans le bassin du Congo.

AgriSécur a été financée pour 27 millions d’euros afin de développer l’agroécologie dans la boucle du Mouhoun et dans l’est du Burkina Faso. En 2021, le développement de la Grand Muraille verte figure en tête des objectifs de l’AFD.À LIRE Rémy Rioux (AFD) : « un nouveau chapitre s’ouvre dans la relation entre l’Europe et l’Afrique » 

Compte tenu des séquelles sanitaires et économiques de la pandémie, il est probable que les engagements de l’AFD plafonneront, en 2021, autour de 12 milliards d’euros et concerneront un millier de projets de toutes tailles, comme en 2020.

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AFRIQUE

Le masochisme gauchiste qui sali la France et les Français

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Pour répondre aux « décoloniaux », aux islamo-gauchistes et aux terroristes de la repentance

Présentation du livre :
Alliés à l’islamo-gauchisme, les « décoloniaux » ont entrepris de déconstruire la France au moyen d’un terrorisme médiatique et intellectuel sans précédent. Ce n’est pas de « séparatisme » qu’il s’agit. Ils ne veulent en effet pas faire sécession. Ils bénéficient de tant d’avantages dans cette France qui les accueille, les nourrit, les loge, les soigne, les éduque… et qu’ils haïssent… À l’image d’Hafsa Askar, vice-présidente du syndicat étudiant UNEF, qui, le 15 avril 2019, jour de l’incendie de la cathédrale, a écrit : « Je m’en fiche de Notre-Dame de Paris, car je m’en fiche de l’Histoire de France… Wallah… on s’en balek [traduction : on s’en bat les c…], objectivement, c’est votre délire de petits blancs. »
Leur but est d’invertir la France. Pour ensuite la soumettre en lui imposant des normes raciales, philosophiques, culturelles, sociales, politiques, historiques, alimentaires, vestimentaires, artistiques, sexuelles et religieuses qui, toutes, vont à l’encontre de sa nature profonde.
En pleine déroute intellectuelle, acculés dans l’impasse idéologique des « droits de l’homme », du « vivre ensemble », du « pas d’amalgame » et du sépulcre phraséologique de  la « laïcité », les  dirigeants français  sont désarmés face à cette entreprise de subversion et de conquête, unique dans l’Histoire millénaire de ce pays.
Quant aux indigènes français, sommés de débaptiser leurs rues, de dépouiller leurs musées, de renier leur Histoire, d’abattre leurs statues, et, quasiment, de devoir s’excuser d’exister, ils ont le choix entre la « soumission » et la réaction.
Or, cette dernière passe par la totale remise en question du corpus idéologique dominant, terreau sur lequel se développent et prospèrent les pensées invasives qui veulent faire de la France autre chose que la France…

Table des matières :
I) Ces trois gauches qui ont enfanté les « décoloniaux »
– La gauche coloniale et son universalisme dévastateur
– La gauche tiers-mondiste, son dolorisme, son misérabilisme et son christiano-marxisme
– La gauche universitaire, ses errances scientifiques et son aveuglement idéologique
II) La francophobie des « décoloniaux », un produit de la gauche « morale »
– La France et le « pillage » de l’Afrique
– Le franc CFA, une « danseuse » entretenue, pas une « vache à lait »…
– La guerre d’Algérie ou l’ethno-masochisme de gauche
III) Le corpus idéologique des « décoloniaux », entre postulats et terrorisme intellectuel
– La « primauté créatrice » de la « négritude », un transfert psychanalytique valorisant
– Le courant « décolonial », un racisme noir assumé
– De la concurrence des mémoires victimaires au cas d’école de Madame le député Obono
IV) Remettre ordre et cohérence dans l’esprit des « décoloniaux »
– Ce n’est pas la colonisation qui a provoqué la catastrophe africaine, mais la décolonisation
– Ce n’est pas la France qui a pillé l’Algérie, mais les dirigeants algériens
– Ce n’est pas l’apartheid qui a ruiné l’Afrique du Sud, mais l’ANC de Nelson Mandela

IMPORTANT : CE LIVRE EST UNIQUEMENT DISPONIBLE VIA L’AFRIQUE RÉELLE
Prix : 25€
Frais de livraison (Colissimo suivi)– 7€ pour la France- 11€ pour l’Europe- 25€ pour le reste du monde
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Publié par Administrateur à 10:19

2 commentaires:

  1. Marion5 mars 2021 à 14:14Bonjour ,
    Je n’ai trouvé aucun lien pour partager une publicité de ce livre sur Facebook . 
    Bien cordialement Répondre
  2. Unknown5 mars 2021 à 15:56Bernard Lugan un homme que tout le monde devrait écouter.Répondre

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AFRIQUE

Qui était Mouammar Kadhafi et pourquoi l’ont-ils tué ?

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Retour sur « Objectif Kadhafi  », l’ouvrage de Patrick Mbeko, analyste des questions géopolitiques, paru aux Editions Libre-Pensée, 2016.

Le 20 octobre 2011, les téléspectateurs du monde entier découvrent sur leurs écrans les images d’un homme ensanglanté qui se fait lyncher par une foule hystérique. Quelques instants plus tard, on aperçoit deux corps tuméfiés allongés l’un à côté de l’autre, sur des matelas sales posés à même le sol. Il s’agit du Guide libyen Mouammar Kadhafi et son fils Muatassim. L’évènement marque la fin d’une campagne de bombardement de la Libye par les forces de l’OTAN et les combats au sol de leurs alliés de circonstance : les « révolutionnaires libyens », dont il s’avèrera plus tard qu’il s’agissait d’intégristes et des djihadistes. Mais Paris, Londres, Bruxelles, et même le Secrétaire général de l’ONU saluent « une nouvelle ère » pour la Libye. Kadhafi est alors décrit comme un dictateur mégalomane et sanguinaire, dont les proches s’étaient enrichis en détournant les richesses pétrolières du pays au détriment du peuple libyen. Il est décrit comme un parrain du terrorisme international qui a fait poser des bombes dans des avions, et qui, en cette année 2011, avait tiré sur sa population qui ne réclamait que la démocratie. Les grandes puissances devaient prendre leurs responsabilités : lui livrer la guerre et l’éliminer, s’il le faut, au nom de la démocratie et de la « responsabilité de protéger » la population libyenne. C’est à peu près ce que les gens ont retenu de Kadhafi et des raisons de la guerre fatale que les puissances de l’OTAN ont menée contre son pays. Et si la vérité était ailleurs ?…

C’est en tout cas ce qu’on découvre au fil des pages d’Objectif Kadhafi de Patrick Mbeko[1]ouvrage préfacé par Michel Rimbaud, ancien ambassadeur français, qui décrit les « 42 ans de guerres secrètes » : une vingtaine de tentatives d’assassinat et de coup d’État, des opérations subversives de toutes sortes, mais aussi des moments de retrouvailles et des visites officielles entre Tripoli et les capitales occidentales. Qui était vraiment Mouammar Kadhafi ? Pourquoi a-t-il été tué ? Qu’en est-il des accusations portées contre lui ? C’est à ces questions et à bien d’autres que répond cet ouvrage, solidement documenté, nourri d’anecdotes, d’une remarquable mise en perspective historique et d’une grille de lecture géopolitique particulièrement originale.

L’histoire d’un jeune Bédouin devenu révolutionnaire

Mouammar Kadhafi voit le jour en 1942. C’est un jeune Bédouin – aux origines anecdotiques[2] – issu d’une famille si pauvre qu’il avait à peine de quoi se nourrir. Il est toutefois décrit comme brillant à l’école. Il réussit à étudier en quatre années seulement le programme de six années du cycle primaire. Il apprend avec une facilité qui étonne ses camarades et ses enseignants. Très vite, il dégage autour de lui une sorte d’autorité naturelle et une fierté qui contraste avec son cadre de vie très modeste[3]. Féru de lecture, il fait la connaissance des grands personnages qui ont fait l’histoire du monde et de l’Afrique : Abraham Lincoln[4], le général de Gaulle, Mao Zedong, Patrice Lumumba et surtout Gamal Abdel Nasser[5] le leader égyptien dont il s’inspire particulièrement. L’environnement politique de l’époque est marqué par une série d’évènements dans le monde arabe : la guerre d’Algérie, l’agression de l’Égypte, la bataille du Liban, la question palestinienne, la révolution au Yémen, la présence sur le sol libyen des bases militaires américaines et britanniques, l’état misérable du peuple libyen, victime d’un règne monarchique gangrené par la corruption et le népotisme. Autant de facteurs qui amènent Kadhafi à se sentir « investi d’une mission » celle de libérer son pays de la domination étrangère, de la pauvreté et des inégalités[6].

En 1963, Kadhafi obtient son baccalauréat de philosophie, mais refuse de travailler dans les compagnies pétrolières. Il a autre chose en tête. Il crée un groupe de jeunes pour entrer à l’école militaire de Benghazi, pas pour devenir des soldats de métier, mais pour infiltrer l’institution[7] et s’en servir pour mener la révolution. Six ans plus tard, il prend le pouvoir avec ses compagnons d’armes, le 1er septembre 1969, à l’occasion d’un coup d’Etat sans effusion de sang[8]. Mouammar Kadhafi n’est alors qu’un jeune officier de 27 ans. Son rêve de transformer la Libye peut commencer. Il durera tout le temps de son action aux commandes de son pays : 42 ans, et s’étendra sur l’Afrique.

Kadhafi, le pétrole et la souveraineté

Mouammar Kadhafi se révèle rapidement être un nationaliste souverainiste habité par l’idée de protéger son pays et de faire bénéficier à son peuple les revenus tirés des ressources pétrolières et gazières, jusqu’alors détournés et dilapidés par un régime corrompu, celui du Roi Idriss et les compagnies pétrolières. Le jeune pilote est particulièrement choqué face à la luxure et l’indécence déployée au cours des festins[9] organisés dans son pays par les compagnies pétrolières et les autorités à côté d’une population qui manque pratiquement de tout. Kadhafi est un souverainiste. Il rejette tous les impérialismes, aussi bien l’impérialisme américain que l’impérialisme soviétique dont le côté athée » choque sa conscience de « croyant ». Ce refus du communisme, en pleine période de Guerre froide, va d’ailleurs l’épargner des ennuis avec les Occidentaux qui ne voyaient pas en lui une menace là où les leaders ouvertement communistes d’Amérique latine et d’Afrique étaient des cibles à abattre. Il parvient à contrôler les ressources de son pays et à renégocier les contrats là où les pays alignés derrière l’une ou l’autre des superpuissances disposaient des marges de manœuvres assez limitées. Il nationalise les principaux secteurs de la vie économique libyenne, moyennant compassassions. Dans le secteur pétrolier, les négociations sont ardues, mais en 1971, Kadhafi réussit ce qu’aucun autre pays pétrolier n’avait réussi auparavant : imposer aux compagnies pétrolières une augmentation des prix du brut[10]. Le mouvement va faire des émules dans les pays de l’OPEP.

Pour la première fois, le peuple libyen se réapproprie les richesses de son pays. Le revenu annuel qui était de 2 milliards 223 millions de dollars en 1973 passe à 6 milliards en 1974, pour atteindre 8,87 milliards de dollars en 1977. Des centaines de milliers de familles libyennes voient leur condition de vie s’améliorer considérablement[11]. Sous le roi Idriss, la Libye était parmi les pays les plus pauvres de la planète. 94% de la population était analphabète. La mortalité infantile était parfois de 40%. Kadhafi va transformer un pays et un peuple tout entier. Et pas seulement la Libye. L’argent du pétrole libyen va financer plusieurs causes à travers le monde, notamment la cause du peuple palestinien et la lutte des Noirs en Afrique du Sud. La Libye est ainsi le premier pays que visite le leader de la lutte contre l’Apartheid, Nelson Mandela, dès sa sortie de prison en 1994[12]. Kadhafi permet à l’Afrique de connaître sa première révolution technologique en finançant le premier satellite de télécommunication RASCOM-QAF1 permettant aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux et d’économiser plus de 500 millions de dollars (ou de les faire perdre aux compagnies occidentales).

La Libye investit plusieurs milliards de dollars dans les secteurs variés des économies des pays africains[13]. Contrairement aux Occidentaux qui investissent principalement dans l’industrie extractive, Tripoli investit dans les secteurs primaires (agriculture, élevage) et tertiaire (banques, hôtels, services), principalement dans les pays les plus pauvres du Continent. La Libye lance le chantier de trois organismes financiers qui devraient contribuer à asseoir l’émancipation monétaire et financière de l’Afrique : la Banque africaine d’investissement (BAI), le Fonds monétaire africain (FMA) avec un capital de 42 milliards de dollars et la Banque centrale africaine (BCA). Outre le rachat des dettes et engagements contractés auprès des Institutions financières internationales, le développement de ces trois organismes devait permettre aux pays africains d’échapper aux diktats de la Banque mondiale et du FMI et marquer la fin du franc CFA[14]. Une émancipation que l’Occident voit de très mauvais œil. Nous y reviendrons.

Kadhafi, le terrorisme et l’affaire des bombes dans les avions

Trois attentats terroristes ont valu à Kadhafi d’être présenté comme la figure emblématique du terrorisme international : l’attentat contre la discothèque La Belle, à Berlin, en 1986, l’attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus du village écossais de Lockerbie en 1988 et l’attentat contre le DC10 d’UTA en 1989 au-dessus du Niger. L’ouvrage revient sur chacun de ces évènements tragiques et les raisons pour lesquels ils avaient été injustement imputés à l’Etat libyen.

L’attentat de Berlin est le premier de la série. Il a failli coûter la vie à Kadhafi suite à la réaction du président américain Ronald Reagan. Ce dernier, dès son arrivée à la Maison Blanche, en 1981, s’était mis en tête l’idée d’éliminer le Guide libyen[15] qu’il qualifiait en pleine Guerre froide, d’« agent de Moscou »[16], « l’homme le plus dangereux du monde » ou encore « le chien enragé du Moyen-Orient »[17]. L’attentat, non revendiqué, servit de justification aux bombardements américains sur Benghazi et Tripoli, dans la nuit du 15 avril 1986. Kadhafi en sortit indemne, mais une de ses filles fut tuée tandis que sa femme et ses sept enfants furent blessés. Qui a commandité cet attentat ? En tout cas, le procès ouvert en Allemagne a abouti au verdict selon lequel aucun élément probant ne permettait d’établir la responsabilité de Kadhafi dans cette affaire[18].

Vient ensuite l’attentat de Lockerbie. L’attentat du vol Pan Am 103 a eu lieu le 21 décembre 1988 contre un Boeing 747-100 de l’ancienne compagnie américaine Pan American World Airways, qui assurait la liaison Londres – New York. Il explosa au-dessus du village de Lockerbie en Écosse et causa la mort de 270 personnes. Patrick Mbeko revient sur l’historique des enquêtes et fait remarquer que les éléments recueillis par les enquêteurs américains, Britanniques et Allemands s’orientaient vers la piste des services secrets syriens et iraniens. L’enquête va connaitre un tournant dans les années 1990 suite à l’implication de l’enquêteur du FBI Tom Thurman laissant tous les observateurs ébahis[19]. La piste libyenne fit, depuis, privilégiée. Pourquoi ? Selon l’auteur, l’abandon de la piste syro-iranienne s’imposait au vu d’un gros embarras en perspective. Au fil des pages, on découvre un monde ténébreux où barbouzes et grand banditisme s’entremêlent si dangereusement[20] que même la justice préfère ne pas voir « ce qu’il ne faut pas voir ». La Libye devint ainsi le coupable idéal, et tout fut mis en œuvre pour lui faire endosser la responsabilité d’un crime qu’elle n’avait pas commis. Tripoli subissait à peine les conséquences de l’affaire de Lockerbie qu’une autre affaire, celle du DC10 d’UTA, était mise à sa charge. Pour rappel, le 19 septembre 1989, soit neuf mois après la tragédie de Lockerbie, le DC-10 du vol UT 772 de la compagnie UTA assurant le trajet Brazzaville-Paris via N’Djamena, explose au-dessus du désert du Ténéré, au Niger. Tous les passagers et membres d’équipage sont tués. Parmi les victimes, des Français et l’épouse de l’ambassadeur des États-Unis au Tchad. Patrick Mbeko reprend le fil des enquêtes des services secrets et du parquet de Paris et aboutit à nouveau à la piste syro-iranienne. La Libye n’avait aucune raison de s’en prendre à la France puisque la guerre du Tchad dans laquelle les deux pays étaient directement impliqués était en voie de règlement[21]. L’auteur attribue l’abandon de la piste syro-iranienne à une alliance de circonstance entre les puissances occidentales et la Syrie durant la Guerre du Golfe et la volonté de ne pas exposer des alliés impliqués dans le dossier des otages au Liban.

Sur les accusations de terrorisme, des années plus tard, les langues se sont déliées et plusieurs preuves sont que la Libye fut injustement accusée des deux attentats[22]. Mais le pays fut contraint de payer : 200 millions de francs d’indemnités aux familles des victimes françaises de l’UTA[23] et 2,7 milliards de dollars aux familles des victimes de Lockerbie[24]. Un acte souvent brandi comme un aveu de culpabilité. En réalité, la Libye perdait beaucoup de revenus suite aux sanctions qui lui avaient été imposées : 24 milliards de dollars[25]. En payant 2,7 milliards de dollars et en reprenant sa place dans le concert des nations, Tripoli s’inscrivait dans la logique froide de la realpolitik : privilégier ses intérêts. Ce geste de décrispation permit à la Libye de redevenir un Etat fréquentable à une époque où il valait mieux ne pas figurer sur la liste des Etat de l’axe du mal. Parallèlement, ce geste de décrispation permit à la Libye d’attirer massivement des investisseurs étrangers dans son secteur pétrolier et même les dirigeants occidentaux[26]. La lune de miel fut néanmoins de courte durée. En cause : le printemps arabe.

Le printemps arabe et le coup de grâce

Patrick Mbeko revient sur les bouleversements politiques de 2010-2011 dans les pays arabes en prenant le soin de rappeler une sagesse de Franklin Roosevelt[27]. Il remonte à l’épicentre du mouvement des contestations populaires : la petite ville tunisienne de Sidi Bouzid et son héros malheureux Mohamed Bouazizi, le jeune marchand des quatre-saisons immolé le 17 décembre 2010 après avoir été frappé et humilié par une policière, Fayda Hamdi, selon la version véhiculée. Il fait remarquer que les récits ne collent pas à la réalité. Le jeune homme immolé ne s’appelait pas Mohamed Bouazizi, mais Tarek Bouazizi. Il n’était pas diplômé d’université, il n’avait même pas passé son bac[28]. Sur place, à Sidi Bouzid, la population a déjà fait disparaître les traces d’un jeune homme qui aurait pourtant dû être célébré comme une fierté nationale. Pourquoi ? Il s’interroge sur la spontanéité des révoltes et l’attitude indolente des forces de sécurités pourtant habituées à réprimer violemment les contestataires du régime. De fil en aiguille, Patrick Mbeko déconstruit l’histoire convenue du « printemps arabe ». Il fait remarquer que, si l’étincelle est partie de la Tunisie profonde, sans que personne ne comprenne vraiment qui étaient les tireurs de ficelles en arrière fond, c’est en Libye et en Syrie que le vrai visage des instigateurs du « printemps arabe »[29] est apparu au grand jour[30], balayant au passage l’invective de la « théorie du complot ». Ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte non pas d’une colère spontanée des masses populaires, mais l’exécution des plans préparés à l’avance[31].

Dès 2007, les jeunes tunisiens et Egyptiens avaient reçu une série de formations initiées par le CANVAS (Centre for Applied Non Violence), une organisation basée sur les principes tactiques de Gene Sharp. Il s’agissait d’étendre aux pays du monde arabe les expériences réussies dans les anciens pays communistes où les Etats-Unis avaient fait renverser des présidents alliés de Moscou, derrière les révolutions colorées[32]. Les autorités tunisiennes, égyptiennes et libyennes n’avaient ainsi rien vu venir. Le rôle joué par les Etats-Unis en arrière-plan est si déterminant que l’auteur décide de renommer ces évènements : « PRINTEMPS AMÉRICAIN DANS LE MONDE ARABE »[33] et non « printemps arabe ».

Arrive le tour de la Libye, un pays qui, contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, n’entretient pas de coopération militaire avec les Etats-Unis. Kadhafi avait fait fermer les bases militaires américaines et britanniques sur le sol libyen dès 1970[34]. Les hauts gradés libyens ne pouvaient donc pas obtempérer aux consignes de l’extérieur. Par conséquent, contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, où les manifestations étaient globalement pacifiques et maîtrisées, en Libye, les manifestations pacifiques sont accompagnées de graves violences armées. Les casernes et les commissariats sont attaqués par des unités commandos particulièrement efficaces au combat. Des canons anti-aériens apparaissent. D’où viennent toutes ces armes et ces combattants particulièrement aguerri ? Dans un premier temps Kadhafi donne l’ordre de ne pas réagir et de laisser s’exprimer la colère populaire. Il adopte des mesures sociales et fait même libérer des prisonniers politiques[35]. Mais, rapidement, il perd le contrôle de vastes régions qui passent sous contrôle des groupes islamistes, alors alliés de circonstance de l’OTAN. Lorsqu’il tente de reprendre le contrôle de la situation, il se heurte à la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant la mise en place d’une une zone d’exclusion aérienne. Cette résolution, qui ne concernait que Benghazi, sera rapidement violée puisque c’est un déluge de bombes et de missiles qui s’abat sur toute la Libye, ainsi qu’une offensive au sol, jusqu’au renversement du gouvernement libyen, ce que l’ONU n’avait pas autorisé. L’auteur décrit les dernières heures de Kadhafi comme un moment de trahison ultime, une traque[36]. Alors qu’il avait obtenu l’aval de l’OTAN pour quitter le pays et s’installer en Afrique du Sud, son convoi fut saccagé par un missile Hellfire tiré par un drone américain et deux bombes de 200 kg larguées par un mirage français. Il parvint à survivre avec une poignée de fidèles mais tomba entre les mains des miliciens de Misrata. La suite, ce sont les images de lynchage qui feront le tour du monde. C’est aussi le discrédit du principe de « responsabilité de protéger » comme le fut celui de « l’intervention humanitaire en Somalie »[37].

En effet, « protéger la population libyenne » fut la raison brandie au Conseil de sécurité de l’ONU pour justifier l’intervention des pays de l’OTAN en Libye. Lorsqu’on regarde ce qu’est devenue la Libye, difficile d’obtenir un consensus international en évoquant, à nouveau, « la responsabilité de protéger ». Depuis, à l’ONU, Russes et Chinois bloquent les projets de résolution initiés par les Occidentaux, notamment sur la Syrie, en rappelant le précédent libyen[38]. Barack Obama a reconnu que la Libye est le plus grand regret de sa présidence tandis que les parlementaires britanniques ont étrillé l’ancien président français Nicolas Sarkozy et l’ancien Premier ministre britannique David Cameron dans un rapport sur la guerre en Libye[39].

La Libye de Mouammar Kadhafi et la « Libye de l’OTAN » : le contraste

« Vous avez voulu la paix, vous avez voulu la liberté, vous voulez le progrès économique. La France, la Grande-Bretagne, l’Europe seront toujours aux côtés du peuple libyen », avait promis le 15 septembre 2011 le président Nicolas Sarkozy à Benghazi devant l’euphorie d’une foule acquise à l’avènement d’une « nouvelle Libye ». Cinq ans plus tard, la Libye s’est littéralement décomposée. Pire, les Libyens qui ont survécu aux bombardements de l’OTAN seront des milliers à mourir lentement pour avoir respiré sans le savoir les microparticules d’uranium volatilisées dans l’air, tandis que nombreux vont donner naissance à des enfants mal formés, sans bras, sans jambes… conséquence des bombes à uranium appauvri larguées sur le pays[40]. L’occasion de rappeler ce qu’était la Libye avant la guerre. 

Lorsque débute la crise, le niveau de vie de la population libyenne n’a rien à envier à celui des populations occidentales. C’est le pays qui avait l’indice de développement humain le plus élevé du continent africain. Le PIB/hab était de 13.300 $, soit loin devant l’Argentine, l’Afrique du Sud et le Brésil. La croissance dépassait les 10% et le PIB/hab augmentait de 8,5%. La Jamahiriya était un Etat social où des biens publics étaient mis à la disposition de la population : l’électricité et l’eau à usage domestique étaient gratuites ; tout le monde avait accès à l’eau potable. Les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêts ; les libyens ne payaient pratiquement pas d’impôts. La TVA n’existait pas. La dette publique représentait 3,3 % du PIB contre 84,5 % pour un pays comme la France, 88,9 % pour les États-Unis et 225,8 % pour le Japon. Le système public de santé, gratuit, était aux normes européennes, tout comme le système éducatif (le taux d’alphabétisation moyen était de 82,6 %). Les meilleurs étudiants libyens poursuivaient leurs études supérieures à l’étranger en bénéficiant d’une bourse du gouvernement. Les produits d’alimentation pour les familles nombreuses étaient vendus moitié prix sur présentation du livret de famille. Les voitures importées d’Asie et des États-Unis étaient vendues à prix d’usine. Le prix d’un litre d’essence coûtait à peine 8 centimes d’euros[41]. Le pays, en dépit des sanctions qui lui avaient été imposées, avait tout de même réussi à constituer des fonds souverains à hauteur de 200 milliards de dollars placés dans des banques étrangères, occidentales notamment, et gérés par un organisme public, la Libyan Investment Authority (LIA)[42], contrairement aux accusations faisant état d’enrichissement personnel. Peu de dirigeants au monde peuvent revendiquer un bilan pareil.

Par ailleurs, la Libye de Kadhafi fut un solide bouclier contre les vagues migratoires puisque de nombreux migrants sub-sahariens, notamment, choisissaient de s’installer en Libye au lieu de tenter la traversée de la Méditerranée. Et non seulement. Kadhafi fut un bouclier contre la circulation des terroristes islamistes qu’il combattait, bien avant les attentats du 11 septembre 2001. L’auteur rappelle que la Libye est le premier pays à avoir lancé, dès 1998, un mandat d’arrêt international contre Ben Laden pour un double assassinat perpétré, en 1994, contre deux fonctionnaires allemands sur le sol libyen[43]. Mais tout au long de la campagne de l’OTAN contre la Libye, et même après, aucune des réalisations susmentionnées n’a été relevée et les populations occidentales n’en savent presque rien. Elles ne sauront jamais que celui qui leur a été présenté par leurs dirigeants et médias comme un méchant dictateur dilapidant les deniers publics de son pays, était en réalité un homme qui a énormément investi dans le bien-être de son peuple et protégé l’Europe des vagues migratoires et des mouvements terroristes.

La Libye est aujourd’hui un pays complètement ruiné. Trois gouvernements et une multitude de groupes terroristes se disputent le contrôle du pays. L’enlèvement du premier ministre Ali Zeidan à Tripoli, le 10 octobre 2013, est un triste exemple du climat chaotique qui règne dans le pays. Les dirigeants de la première heure du CNT[44] ont fui le pays pour se réfugier à l’étranger. Les meurtres et les attentats sont devenus monnaie courante, contraignant des centaines de milliers de Libyens à trouver refuge dans d’autres villes ou dans les pays voisins[45]. Les attentats ainsi que l’escalade des combats se succèdent dans tout le pays. Même le consulat des Etats-Unis à Benghazi a été la cible d’une attaque à l’arme lourde qui a coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens, torturé, sodomisé puis assassiné. Les violences et l’insécurité persistante ont poussé la plupart des pays occidentaux à évacuer leurs ressortissants et à fermer leurs représentations diplomatiques[46].

Tout le monde s’en va, y compris l’ONU et bon nombre d’ONG, relève l’auteur. Plus d’un million de migrants sont arrivés en Europe en 2015, au terme de périples périlleux. L’opération de sauvetage à grande échelle de l’UE a secouru près de 100 000 embarcations de fortune en Méditerranée. Malgré les efforts déployés, au moins 3 000 migrants libyens ont péri en mer. Le trafic de drogue a explosé, faisant de l’ex-Jamahiriya un pays de transit de la drogue, essentiellement à destination d’Europe… Le pays est devenu le nouvel eldorado des groupes intégristes islamistes. Dès le lendemain de la chute de Kadhafi, Al-Qaïda en a profité pour hisser son drapeau au-dessus du palais de justice de Benghazi. AQMI se promène dans le grand sud. Les islamistes d’Ansar al-Sharia se sont implantés à Benghazi et Derna, tandis que l’État islamique / Daesh a profité de l’insécurité permanente dans le pays pour s’y implanter.

Se pose naturellement la question de savoir si la guerre et l’élimination physique de Kadhafi valaient vraiment la peine. L’auteur estime que dans la logique des stratèges occidentaux, la destruction de la Libye et l’élimination de Kadhafi sont, paradoxalement, « une bonne opération ». Les efforts de Kadhafi pour sortir l’Afrique de l’extrême dépendance vis-à-vis de l’Occident constituaient une menace pour des puissances qui prospère sur le sous-développement et la misère des Africains. Une indépendance économique de l’Afrique et quelque chose d’inacceptable comme le rappelle le professeur Maximilian Forte cité par l’auteur : « L’intervention en Libye est aussi une façon d’envoyer un message aux autres États-nations africains (…) qu’il y a des limites dans lesquelles ils doivent opérer »[47]. S’ils se lancent dans un processus de défiance nationaliste et anti-impérialiste, il pourrait y avoir des conséquences qui ne sont plus de l’ordre de l’hypothèse.

Un message glaçant dont on apprécie la froideur en repensant à la menace du président Sarkozy aux chefs d’Etat africains qui envisageaient de se rendre à Tripoli pour proposer une médiation de l’UA[48] : leur avion sera « flingué »[49] ! 

Boniface Musavuli

Analyste politique et écrivain


[1] Patrick Mbeko, Objectif Kadhafi – 42 ans de guerres secrètes contre le Guide de la Jamahiriya arabe libyenne (1969-2011), Editions Libre-Pensée, 2016, 617 pages.

[2] Les origines de Mouammar Kadhafi sont truffées d’anecdotes. Officiellement, il est le fils de Mohamed Abdel Salam et Aicha Ben Niran. Mais un autre récit est qu’il serait le fils naturel du capitaine corse Albert Preziosi, officier des Forces aériennes françaises libres (FAFL) dont l’avion s’écrasa dans le désert libyen durant la seconde Guerre mondiale. Recueilli par une tribu de Bédouins, le capitaine Preziosi eut une histoire d’amour avec une femme locale qui donna naissance à Kadhafi. L’autre anecdote est que le Guide libyen est d’une grand-mère maternelle juive. Pp. 45 svts.

[3] « Le traitement discriminatoire que, en sa qualité de Bédouin, il eut à subir de la part des citadins et des étrangers au cours de ses études lui a laissé un profond mépris pour les élites en place et un fort sentiment d’identification avec les opprimés », note un rapport de la CIA cité par l’auteur, p. 45.

[4] Il découvre Abraham Lincoln sur la question de la libération des Noirs et la Guerre de sécession aux Etats-Unis.

[5] P. 50.

[6] P. 53.

[7] P. 55.

[8] C’est l’Opération Al-Quds, pp. 55 svts.

[9] Pp. 42-43.

[10] Pp. 80 svts.

[11] P. 90.

[12] P. 112.

[13] P. 478.

[14] Ibidem.

[15] Pp. 133-134. En 1981, Reagan misait sur la réélection du président français Valery Giscard d’Estaing, connu pour son hostilité à Kadhafi, mais dût revoir ses plans après l’élection surprise de François Mitterrand.

[16] Pp. 84-86. Pourtant que Kadhafi était un antisoviétique notoire.

[17] Pp. 135, 140.

[18] P. 171.

[19] Pp. 196 svts.

[20] Pp. 200-203.

[21] Pp. 205, 217-218

[22] Pp. 232-233.

[23] Ibidem.

[24] Pp. 259-260.

[25] P. 260.

[26] Tony Blair, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy,… et des dizaines de chefs d’entreprise se bousculaient pour serrer la main du Guide Libyen. Il y avait beaucoup d’argent à gagner, et tout devait être fait pour supporter les caprices du leader libyen.

[27] « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi ».

[28] 315 svts.

[29] Il est à ce titre nécessaire de rappeler que la Libye faisait partie du lot de sept pays arabes et/ou musulmans (Irak, Soudan, Liban, Iran, Somalie et Syrie) que les États-Unis avaient mis sur la sellette des pays à « contrôler », comme l’a révélé le général américain Wesley Clark, qui fut commandant des forces alliées de l’OTAN en Europe (1997-2000), dans une interview avec la journaliste Amy Goodman de la chaîne Democracy Now, le 2 mars 2007. Le général américain expliqua que le Pentagone avait élaboré ce plan « top secret » dix jours après les évènements du 11 septembre 2001. Un an et demi plus tard, en mai 2003, John Gibson, directeur général de la division services énergétiques de la multinationale Halliburton, confirmait l’existence de ce projet en déclarant dans un entretien avec l’International Oil Dagy : « Nous espérons que l’Irak sera le premier domino et que la Libye et l’Iran suivront. Nous n’aimons pas être mis à l’écart des marchés, car cela donne à nos concurrents un avantage déloyal. »

[30] Pp. 310 svts.

[31] P. 293.

[32] Pp. 301-303.

[33] P. 287.

[34] P. 70.

[35] P. 337.

[36] Pp. 451 svts.

[37] P. 394.

[38] P. 541.

[39] Pp. 538 svts.

[40] Pp. 517, svts.

[41] Pp. 533-534.

[42] P. 476.

[43] P. 256.

[44] CNT : Conseil national de transition, plate-forme parrainée par les pays de l’OTAN et derrière laquelle fut menée la guerre contre la Libye.

[45] En janvier 2014, l’ONU a recensé 3,3 millions de réfugiés libyens et, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le nombre de personnes déplacées à l’interne a presque doublé depuis septembre 2014, passant de 230 000 personnes à plus de 434 000.

[46] Pp. 519 svts.

[47] P. 511.

[48] Union africaine.

[49] P. 384.https://cdn.embedly.com/widgets/media.html?src=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fembed%2Ftc-gUP0zNSw%3Fwmode%3Dtransparent%26feature%3Doembed&wmode=transparent&display_name=YouTube&url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3Dtc-gUP0zNSw&image=https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Ftc-gUP0zNSw%2Fhqdefault.jpg&key=a42c510231f911e1a92e4040d3dc5c07&type=text%2Fhtml&schema=youtube

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