L’Algérie qui n’est rien sans la rente du pétrole qui s’épuise devient un pays ingérable qui va regretter son indépendance et d’avoir craché sur la France… Mais les algériens vont continuer à faire chier les français ! Et leurs aides sociales…

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L’ALGÉRIE DANS LA NASSE

Par Bernard Lugan le 02/03/2021 à 12h03

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La situation de 2021 est donc plus grave que celle de 1986, à l’époque de la grande crise qui avait alors failli emporter le pays. Entre 1986 et 2015, la population algérienne ayant doublé, il y a donc aujourd’hui deux fois plus d’hommes, de femmes et d’enfants à nourrir, à soigner, à vêtir, etc. 

Depuis l’indépendance de 1962, l’Algérie vit sur la rente des hydrocarbures et, comme la leçon des crises des années 1986, 1990 et 1994 n’a pas été retenue, son économie n’a pas été diversifiée. D’où l’impasse actuelle.

La question s’énonce simplement: les hydrocarbures fournissent, bon an mal an, entre 95 et 98% des exportations et environ 75% des recettes budgétaires de l’Algérie. Or, en raison de l’épuisement des nappes, la production algérienne de pétrole est en baisse constante et, à cette évolution de longue durée s’ajoute la faiblesse actuelle du prix du baril.

Le 2 mai 2020, le porte-parole du gouvernement algérien a dressé un très sombre bilan de la situation économique du pays:

– Baisse de 7,4 milliards (mds) de dollars US des réserves de change passées de 62 milliards au début 2019, à 51,6 mds au début de 2020 et à 44,2 mds fin 2020. Or, ce dernier chiffre représente moins d’un an d’importations.

-Recul des recettes des hydrocarbures de 16,8 mds de dollars.

-Baisse des exportations des hydrocarbures de 7,5%, donc des recettes annoncées, à savoir, sur la base prix actuel du baril, 20,6 mds de dollars au lieu de 37,4 mds.

Neuf mois plus tard, la situation a encore empiré. Dans ces conditions, comment le pays pourra-t-il satisfaire les besoins élémentaires de sa population? Au mois de janvier 2020, l’Algérie comptait quasiment 44 millions d’habitants avec un taux d’accroissement annuel de 2,15% et un excédent annuel d’environ 900 000 habitants. Le pays ne produisant pas de quoi les habiller, les soigner et les équiper, il doit donc tout acheter à l’étranger. De plus, comme l’agriculture et ses dérivés ne permettent de satisfaire qu’entre 40 et 50% des besoins alimentaires du pays, le quart des recettes tirées des hydrocarbures sert à l’importation de produits alimentaires de base…

La baisse de la production des hydrocarbures et les variations des cours faisant que les recettes baissent, l’Etat doit donc puiser dans ses réserves de change pour financer ses importations. Or, ces réserves qui étaient d’environ 170 milliards de dollars en 2014, avant l’effondrement des cours du pétrole, n’étaient plus, comme je l’ai dit, que de 44,2 mds de dollars fin 2020. L’insolvabilité s’annonce donc, ce qui va immanquablement faire entrer l’Algérie dans une zone de turbulences, car l’Etat risque de ne plus être en mesure d’acheter la paix sociale.

Or, perfusé de subventions, le socle légitimiste de la population n’a pas rejoint le Hirak de crainte de perdre les 30% annuels du budget de l’Etat consacrés au soutien à l’habitat, aux familles, aux retraites, à la santé, aux anciens combattants, aux pauvres, aux démunis et à toutes les catégories vulnérables.

Pris dans la nasse, le «Système» algérien a donc recours à des expédients. Ainsi, comme la Chine ne veut plus lui prêter tant qu’elle ne sera pas remboursée de ses précédentes créances, l’Algérie a donc proposé à Pékin des concessions de champs d’hydrocarbures et des marchés publics en garantie de paiement. Le plus grave est que cette mise en gage de gisements pétroliers et de champs gaziers, n’est pas faite pour renflouer les finances de l’Algérie, mais pour simplement pouvoir lui permettre de renouveler sa créance… Cela a un nom: faire de la «cavalerie» car, plutôt que de consommer ses dernières devises, l’Algérie, aux abois, a choisi de se vendre à la Chine.

Autre mesure, le gouvernement a annoncé une «réduction substantielle» des importations. Or, comme l’Algérie importe tout…, il va donc falloir faire des arbitrages… Et ces derniers seront socialement et politiquement douloureux.

Face à la crise, le gouvernement algérien fait remarquer que le pays avait surmonté la terrible crise de l’année 1986. Certes, mais en 2021 la situation est différente pour au moins trois grandes raisons:

1- Entre 1986 et 2015, la population algérienne ayant doublé, il y a donc aujourd’hui deux fois plus d’hommes, de femmes et d’enfants à nourrir, à soigner, à vêtir, etc.
2- En 1986, les importations annuelles n’étaient que de 6 milliards de dollars contre, officiellement, 60 milliards –et peut-être 80 ou 90 milliards– aujourd’hui.
3- En 1986, les subventions ne représentaient que 10% du PIB contre plus de 30% aujourd’hui.

La situation de 2021 est donc plus grave que celle de 1986, à l’époque de la grande crise économique, politique et sociale qui avait alors failli emporter le pays. D’autant plus qu’en 1986, les réserves pétrolières algériennes étaient encore immenses. Or, tel n’est plus le cas aujourd’hui avec des nappes en voie d’épuisement. Cette nouveauté fait que, même si les prix du baril repartaient à la hausse, l’Algérie ne reconstituerait pas pour autant son «bas de laine».

Comment l’Algérie en est-elle arrivée à cette situation alors qu’entre 2000 et 2015, avant donc la chute de 2016, la vente des hydrocarbures lui a rapporté 800 milliards de dollars? La réponse est claire: cette somme colossale n’a pas été transformée en capital productif parce que, durant la même période, les flux sortants ont atteint 700 milliards de dollars auxquels s’ajoutent plus de 100 milliards de dollars qui furent dépensés «à la discrétion des gouvernements», délicat euphémisme servant à habiller l’opacité de leur destination. 

Par Bernard Lugan

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