INCROYABLES TUNNELS POUR ENVAHIR ISRAEL

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Le dernier tunnel du Hamas était profond, mais ça n’est pas le plus inquiétant

L’armée considère que l’enclave palestinienne est calme, mais qu’elle reste une poudrière prête à exploser ; pour le commandement du Sud, les derniers conflits étaient des échecs

Par JUDAH ARI GROSS

Une photographie prise en janvier 2018 d’un tunnel du Jihad islamique détruit, conduisant de Gaza vers Israël, à proximité du kibboutz israélien du sud de Kissufim.

La bande de Gaza est une poudrière, tantôt relativement calme, tantôt prête а exploser. Elle est dirigée par un groupe terroriste autoritaire, et elle a une économie incroyablement pauvre, un accès limité а l’électricité et pratiquement aucune source d’eau potable, et ce n’est que maintenant qu’elle commence а pouvoir traiter ses eaux usées. Elle lutte pour contenir l’épidémie de coronavirus, que l’armée israélienne estime pire que ce que les chiffres officiels, déjа mauvais, indiquent. Et cette situation ne semble pas susceptible de s’améliorer de sitôt.

Alors que les menaces du Hezbollah au Liban et des Iraniens en Syrie sont considérées comme beaucoup plus importantes en termes de dommages potentiels pour Israël, Tsahal estime que la probabilité de conflit est beaucoup plus grande avec les groupes terroristes а Gaza.

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А cette fin, le Commandement Sud consacre le plus clair de son temps а la préparation de la prochaine guerre dans le cadre d’une approche de combat actualisée appelée « Esprit du sud » (Roua’h Darom, en hébreu) qui vise а mettre fin au conflit plus rapidement et plus efficacement que les stratégies précédentes, en recourant а des barrages massifs pour éliminer rapidement les capacités ennemies et en améliorant l’utilisation du renseignement.

En plus de ces préparatifs, Israël a également presque terminé la construction d’une barrière souterraine en béton dotée de capteurs, qui encercle la bande de Gaza pour détecter les tunnels de l’enclave, une mesure qui devrait priver le Hamas d’une arme puissante dans toute guerre future.

La défense а plusieurs niveaux

Le mois dernier, l’armée israélienne a découvert un tunnel d’attaque du Hamas grвce а son nouveau système de détection, qui devrait être entièrement achevé en mars 2021. Selon les militaires, ce tunnel de 2 kilomètres était le plus profond jamais creusé par le groupe terroriste, а des dizaines de mètres sous terre. Le passage s’étendait de la ville de Khan Younis, au sud de Gaza, sous la frontière, dans une zone du territoire israélien qui se trouve du côté gazaoui de la barrière souterraine.

Pour l’armée israélienne, qui a confiance en ses nouvelles prouesses de démolition de tunnels, ce n’est pas une source majeure d’inquiétude : en effet, elle considère que les efforts du Hamas pour creuser des tunnels ne font que puiser dans les ressources du groupe terroriste а mesure qu’il s’enfonce de plus en plus profondément dans la terre pour une entreprise qui devrait être infructueuse.

L’armée développe également un nouveau système de défense а plusieurs niveaux autour de l’enclave, appelé « frontière intelligente et meurtrière », qui s’appuie sur des radars et des capteurs optiques avancés pour détecter les intrus et sur des véhicules et des drones armés et télécommandés pour inspecter les violations présumées de la frontière, ainsi que les barrières physiques. L’utilisation de ces systèmes sans pilote permet а l’armée de réduire le nombre de soldats nécessaires et de les maintenir hors de danger, en les déployant uniquement pour des missions plus complexes qui nécessitent une intervention humaine.

Ce projet est actuellement testé sur un tronçon de six kilomètres de la frontière nord de Gaza. Le programme pilote devrait être achevé dans les prochains mois et sera ensuite étendu а l’ensemble des 51 kilomètres de frontière.

En plus de ces efforts, l’armée cherche а détruire de manière préventive les armes et l’infrastructure militaire des groupes terroristes dans la bande de Gaza, afin de les empêcher d’avoir suffisamment confiance dans leur capacité а mener une guerre contre Israël.

Une patrouille de l’armée près de Gaza, le 17 novembre 2020. (Crédit : armée israélienne)

Bien que l’armée pense sortir victorieuse d’une guerre contre le Hamas, un futur combat n’est pas destiné actuellement а modifier fondamentalement la situation dans la bande de Gaza. Israël préfère toujours que le Hamas, qui est ouvertement déterminé а détruire l’état juif, soit responsable de l’enclave plutôt que de craindre le chaos et les complications dans la région en cas de renversement total du Hamas.

Les épisodes de tensions interminables synonymes de problèmes

L’armée souhaite contenir au maximum les épisodes conflictuels, pour ne pas qu’ils évoluent en batailles de onze jours, comme cela a été le cas au cours des deux dernières années.

Le général Herzi Halevi avec des soldats après la découverte d’un tunnel d’attaque depuis Gaza vers Israël. Photo non datée. (Crédit : armée israélienne)

Le commandement du Sud considère que les conflits de 2018, 2019 et 2020 étaient, en substance, des échecs. Ces échanges de tirs font généralement suite а un incident а la frontière, auquel Tsahal réagit avec force, ce qui encourage Gaza а tirer des roquettes, ce а quoi Tsahal répond et ainsi de suite. Après un jour ou deux, un cessez-le-feu officieux est généralement annoncé.

Depuis le courant de l’année 2018 jusqu’à aujourd’hui, Israël et les groupes terroristes se sont livré une dizaine de batailles, dont la dernière date de février. Dans chacun de ces affrontements, des dizaines, voire des centaines de roquettes ou d’obus de mortier ont été tirés en direction du territoire israélien et l’armée a riposté par des dizaines de frappes aériennes.

Le Times of Israël a appris que Tsahal considère que ces épisodes conflictuels étaient inutiles, а l’exception de l’Opération Ceinture noire en novembre dernier, qui a démarré par l’assassinat du chef du Jihad islamique palestinien Baha Abu al-Ata et a conduit а une vaste campagne contre le groupe soutenu par l’Iran. L’armée estime que cette campagne a dissuadé le groupe de perpétrer les attaques qu’ils menaient jusqu’alors. La preuve : malgré la pression interne pour commémorer le premier anniversaire de l’assassinat d’Abu al-Ata par une attaque contre Israël, rien ne s’est produit.

A l’exception de cette campagne, la dizaine d’épisodes hostiles n’auraient, selon l’armée, pas permis а Israël d’avancer vers son objectif. Ces conflits étaient coûteux, de par le nombre de missiles intercepteurs du dôme de fer utilisés pour abattre les projectiles entrants et le nombre de munitions utilisées pour viser des cibles qui seront facilement reconstruites. Par ailleurs, le nombre d’interceptions par le Dôme de fer – 245 en 2018, 481 en 2019 et 82 pour le moment en 2020 – a fourni au Hamas et au Jihad islamique des informations critiques, qui finissent а Téhéran.

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Le ministère de la Défense et le contractuel de la défense Rafael testent une version mise à jour du système de défense du Dôme de fer en janvier 2020. (Ministère de la Défense)

En analysant la performance du Dôme de fer pendant les hostilités, les groupes terroristes sont potentiellement en mesure de déceler les failles du système, qu’ils pourront exploiter dans un futur combat.

On ignore pour le moment comment l’armée prévoit de procéder désormais. Mais nous avons un indice dans la façon dont l’armée réagit depuis août, et ce malgré les tensions et la violence croissantes а la frontière et malgré les tirs de roquette sur le sud d’Israël. Aucun conflit d’envergure n’a eu lieu et le Hamas et Israël ont négocié une trêve qui – grosso modo – tient pour le moment.

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This picture taken from Gaza City shows lightning flashing over buildings as the flair of a rocket launched is seen nearby during a thunderstorm in Gaza city on November 15, 2020. (Photo by MOHAMMED ABED / AFP)

A Gaza city, un éclair au-dessus des bâtiments près de l’endroit d’où sont parties des roquettes tirées par des terroristes palestiniens pendant un orage, le 15 novembre 2020. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Cette accalmie a été rompue dimanche dernier par le tir de deux roquettes sur le centre d’Israël. Le Hamas a rapidement fait savoir а Israël que ces projectiles n’avaient pas été délibérément activés, mais que cela était dû а une défaillance technique : la foudre. Et comme l’armée n’a pas perçu d’indications signalant que le Hamas cherchait l’affrontement et au vu du timing étrange du tir – deux heures du matin -, l’armée a accepté cette explication. Elle continue toutefois de surveiller de près la situation pour confirmer ou infirmer la nature accidentelle du tir.

Un cessez-le-feu а long terme ? Probablement pas

Même si les négociations vont mener а un cessez-le-feu global et durable avec le Hamas, le Times of Israël a appris que l’armée estime que ces pourparlers, comme les précédents, arriveront а une impasse et prendront fin. Il est peu probable que le Hamas accepte de poser les armes et renonce а ce qu’il appelle « la résistance », sa raison d’être. De son côté, Jérusalem n’est pas prêt а faire des concessions majeures tant que ce n’est pas fait et pense – а raison – que le Hamas profiterait du moindre allègement du blocus pour intensifier sa guerre contre Israël.

L’armée n’attend pas non plus grand chose d’un accord qui permettrait de rapatrier les dépouilles de deux soldats israéliens tombés au combat et de deux civils israéliens retenus captifs par le Hamas а Gaza, parce que le groupe terroriste ne cédera pas sans qu’Israël accepte de libérer certains de ses agents, ce que Jérusalem ne fera très probablement pas.

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A health worker in personal protective equipment collects a nasal swab sample as others watching after the Friday prayer at the mani road at Jebaliya refugee camp, Gaza Strip, Friday, Oct. 30, 2020. (AP Photo/Adel Hana)

Un Gazaoui se fait tester pour le coronavirus, à Jebaliya, le 30 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

N’ayant donc que peu d’espoir que quelque chose change dans la dynamique а Gaza, l’armée et le COGAT oeuvre donc а l’amélioration de la vie dans l’enclave – dans une certaine mesure -, dans le but de maintenir l’accalmie.

Cela se concrétise notamment par le fait d’encourager le Qatar а continuer d’envoyer une aide économique à la bande de Gaza et d’autres organisations internationales à fournir également une aide humanitaire а l’enclave.

Ces derniers jours, la bande de Gaza a enregistré une hausse nette du nombre de cas de coronavirus. Près d’un test de dépistage est revenu positif, ce qui porte а 3 806 le nombre de cas de Covid dans l’enclave, selon le ministère de la Santé gazaoui, dirigé par le Hamas.

L’armée pense que ce chiffre est légèrement sous estimé, car les Gazaouis craignent de se faire tester. Malgré les efforts mis en oeuvre par le Hamas et la communauté internationale pour mieux se préparer а la pandémie – en doublant le nombre de respirateurs, en augmentant а 3 000 le nombre de tests quotidiens et а 500 le nombre de lits d’hôpital – le système de santé de l’enclave pourrait rapidement saturer. Et cela aura des répercussions d’ordre sécuritaire sur Israël

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