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Pierre Palmade, la voix gay dont la France a besoin

Avec son spectacle «Assume, bordel!», l’humoriste se dévoile et rappelle qu’il n’est pas toujours facile d’être homo en 2020.

Pierre Palmade et Benjamin Gauthier dans Assume, bordel! | Guirec Coadic-Bestimage
Pierre Palmade et Benjamin Gauthier dans Assume, bordel! 

Les rideaux se ferment sous les applaudissements. Benjamin Gauthier et Pierre Palmade se faufilent devant le rideau. Pierre Palmade murmure un «merci d’être venus» ému. Il a l’air réellement surpris que la minuscule salle du Théâtre du Marais soit pleine, que des gens payent pour le voir jouer un homme gay en couple, lui qui a eu si peur de son homosexualité, lui qui a mis du temps à l’assumer publiquement, lui qui a été très critiqué par des membres de la communauté LGBT+ ces derniers temps.

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De symbole de l’homme hétéro à homo déchu

Longtemps, Pierre Palmade fut le symbole de l’homme hétéro, celui qui ne s’occupe de rien dans son foyer, celui qui n’écoute jamais sa épouse, celui qui s’engueule avec sa femme. Son rôle dans les spectacles Ils s’aiment et Ils se sont aimés avec Michèle Laroque, sortis respectivement en 1996 et 2001, est entré dans l’imaginaire collectif français. Mais dans les boîtes de nuit gays de l’époque, on sait que l’humoriste est bien différent de son personnage sur scène. Son truc, c’est les hommes. Les hommes qu’il rencontre lors de soirées où drogue et alcool se mélangent.https://tpc.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Le grand public ne découvrira cet aspect de la vie de Pierre Palmade qu’à la fin des années 2000 lorsqu’il décide d’en parler à la presse. L’humoriste ne se contente pas de révéler son orientation sexuelle, il se dévoile. Dans Paris Match en 2010, il explique qu’il a vécu son homosexualité comme une maladie et qu’il aimerait être hétéro. Des années plus tard, alors qu’il joue désormais des personnages gays dans ses spectacles, il confie sur Europe 1 qu’il «ne l’aime pas [son] homosexualité. Avant j’étais en colère. Maintenant je suis juste triste d’être homo mais tant pis.» Sa transparence sur son orientation sexuelle est tout sauf politique. «Je ne suis pas pro-homo, ni anti-homo, je ne revendique rien pour la cause. Qu’ils se démerdent», conclut-il lors de cette émission. Ses propos passent mal au sein d’une grande partie de la communauté LGBT+. Certain·es lui reprochent de montrer un mauvais exemple, voire d’être homophobe.

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Le désamour entre l’humoriste et les personnes homos atteint de nouveaux niveaux en 2019 lors de la promotion de son livre Dites à mon père que je suis célèbre, dans lequel il revient sur son mal de vivre et ses problèmes de drogue. Sur le plateau de «On n’est pas couché», il distingue les «homos», discrets, des «gays» qui «mangent gay, qui rient gay, qui vivent gay, qui parlent gay». Les internautes et plusieurs associations LGBT+ dénoncent des propos considérés comme stigmatisants et blessants. Plus tard, Pierre Palmade dira qu’il n’y avait pas de jugement de valeur, que c’était un simple constat. Trop tard, c’était l’incompréhension de trop, Palmade est définitivement la bête noire du monde LGBT+.

«Assume, bordel!»

C’est probablement pour éviter ce genre de catastrophes qu’il a lancé son nouveau spectacle dans la discrétion. Assume, bordel! est joué dans la toute petite salle du Théâtre du Marais. Dans cette ambiance intimiste, Pierre Palmade propose une version gay de Ils s’aiment. Michèle Laroque laisse la place à Benjamin Gauthier. Les engueulades sur la conduite en voiture ou Noël en famille laissent la place à des disputes sur le coming-out à ses parents, la participation à la Marche des fiertés ou encore la possibilité d’adopter un enfant.https://www.youtube.com/embed/slOMmN5Q4NU

Dans cette pièce, Pierre Palmade et Benjamin Gauthier incarnent deux types d’hommes gays d’aujourd’hui. L’un est un chorégraphe quadragénaire, bien dans sa peau, fier de sa féminité, militant; l’autre un dramaturge quinquagénaire, attaché à la vie hétéro qu’il aurait aimé avoir, critique des gays qui restent entre eux et s’engagent.

Cette pièce semble être à la fois une façon d’exorciser ses démons et de s’expliquer.

Pierre Palmade n’y va pas de main morte. Autant le personnage de Benjamin Gauthier est charmant, autant le sien est détestable. Il se rit de sa difficulté à assumer son homosexualité, de sa peur du regard des autres, de son incapacité à changer, de son refus de s’investir dans sa relation amoureuse. Pourtant, son personnage émeut.

On vit avec lui sa peur d’être abandonné, son homophobie intériorisée, ses années perdues à se détester, sa difficulté à aller de l’avant. Loin de se mettre en scène comme une victime d’une société homophobe, il assume pleinement ses torts, reconnaît que son ego et son besoin d’applaudissement l’ont empêché de s’assumer. Cette pièce semble être à la fois une façon d’exorciser ses démons et de s’expliquer. «Je suis désolé de ces malentendus. J’espère que ceux qui m’ont mal compris me comprendront mieux», explique-t-il au média LGBT+ Komitid à l’occasion de la sortie de la pièce.

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Un discours courageux et nécessaire

Avec cette pièce, Pierre Palmade fait quelque chose de remarquable. Il rappelle qu’en 2020, même à Paris, il n’est toujours pas aisé de s’aimer quand on est homo ou bi. Il donne un visage, une histoire à ce mal-être.

En France, les rares personnes homo ou bi qui s’expriment sur l’homosexualité sont celles qui sont en paix avec leur orientation sexuelle. Voir un ministre en fonction poser avec son partenaire, un animateur de télé poster des photos de son mari et leur bébé, une actrice remercier sa compagne lors de son discours aux César ou un jeune homme chanter à l’Eurovision en perruque, est essentiel. Ces personnalités publiques deviennent de fait des modèles, la preuve que l’homosexualité peut bien se vivre.

Mais il ne faut pas oublier que ces belles histoires ne sont qu’une partie du tableau. Que l’homophobie est belle et bien vivante en France, que les comédies françaises regorgent de blagues homophobes, que les histoires d’amour queers sont minoritaires dans les productions nationales, que des enfants sont mis à la rue par leurs parents, que des couples se font tabasser dans la rue.

«Vous savez à quel point il y a des planqués dans ce métier! On pourrait à un moment parler de mon courage de l’avoir dit, d’en avoir parlé.»

Pierre Palmade, humoriste

Pierre Palmade rappelle qu’on ne se débarrasse pas si facilement que ça de l’homophobie qui nous entoure, qu’il ne faut pas abandonner ces homos qui ne sont pas suffisamment libéré·es aux yeux de certain·es, mais qu’il faut au contraire les accompagner. Pierre Palmade donne au public une chance rare: celle de voir un homme apprendre à s’aimer année après année.

Il ne faut pas sous-estimer le courage de Pierre Palmade. Combien d’autres humoristes et ou comédien·nes de son ampleur sont out en France? Et combien de sa génération? Il ne faut pas non plus sous-estimer le pouvoir de son travail. Combien de spectacles, de films, de livres mettent en scène des personnes homos ou bi dans leur intimité? Combien traitent de sujets aussi pointus que la follophobie (la discrimination des «folles», c’est-à-dire de la féminité chez les hommes), les plans à trois ou le mariage, comme Pierre Palmade le fait dans son spectacle? Surtout dans des spectacles susceptibles de toucher aussi bien les personnes LGBT+ qu’hétéros? Dans son interview à Komitid, Pierre Palmade s’étonne que son courage ne soit pas plus reconnu. «Ça fait maintenant vingt ans que je dis que je suis homo et je suis un artiste populaire, si ça ce n’est pas du militantisme!, rappelle-t-il. Vous savez à quel point il y a des planqués dans ce métier! On pourrait à un moment parler de mon courage de l’avoir dit, d’en avoir parlé

L’impensé des violences conjugales au sein des couples LGBT+

La vision traditionnelle des violences conjugales induit un manque crucial de reconnaissance pour les victimes dans les couples non hétérosexuels.

Les rapports de domination et les relations d'emprise ne sont pas propres aux couples hétérosexuels. | Elvin Ruiz via Unsplash
Les rapports de domination et les relations d’emprise ne sont pas propres aux couples hétérosexuels.

«La plus grosse crise a eu lieu un mois de février, nous étions ensemble depuis un peu plus de trois ans, témoigne Marc, 23 ans à l’époque des faits. Je ne me souviens plus pourquoi nous nous disputions, je sais simplement que Lucas ma balancé un bibelot, auquel je tenais énormément, qui sest brisé à mes pieds. De peur, de colère, je lai repoussé, il est tombé. Il sest relevé et ma balancé la plus grosse gifle que je nai jamais reçue. Je suis tombé au sol, assourdi dune oreille, des vertiges. Je nai pas réussi à me relever, je me suis appuyé au mur et il ma craché dessus en me disant que je n’étais quune sous-merde. Quand jai réussi à me relever, je suis monté à l’étage de notre appartement et jai commencé une valise. Il me poursuivait, minsultait, me poussait, je suis tombé plusieurs fois, je pleurais, le suppliant darrêter et de juste me laisser partir. Il ma craché dessus plusieurs fois.» Lucas était sa première histoire sérieuse, Marc était amoureux et a enduré ses colères et ses accès de violences pendant des mois jusqu’à réussir à s’en extraire.

Selon l’étude nationale relative aux morts violentes au sein du couple en 2019 publiée le 17 août, huit décès sont survenus au sein de couples homosexuels (contre trois en 2018), dont sept couples d’hommes. Perdue au milieu des chiffres dramatiques concernant les féminicides, cette donnée tout aussi tragique est la partie émergée d’un iceberg indicible et impensé: celui des violences conjugales au sein des couples LGBT+.https://tpc.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Ignorées du Grenelle des violences conjugales et des propositions de lois qui ont suivi, ces violences font assez peu l’objet d’études en France. Pourtant, une méta-analyse américaine de 2015 avance que de 25% à 40,4% des femmes en couple lesbien et de 26,9% à 40% des hommes en couple gay ont subi des violences conjugales au cours de leur vie. Ces chiffres, équivalents à ceux des femmes en couple hétérosexuel mais bien supérieurs à ceux des hommes en couple hétéro, incluent pareillement les violences physiques, verbales, psychologiques, matérielles ou encore sociales. Pour autant, le silence demeure.

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Le poids d’une conception hétéronormée de la violence

Les victimes elles-mêmes ont du mal à caractériser les comportements problématiques, notamment parce qu’elles ont intériorisé le fait que les violences conjugales seraient uniquement le fait d’un homme sur une femme. «Les violences ne sont pas l’apanage de la domination masculine et peuvent être systémiques dans le couple, pointe la psychologue et sexologue Coraline Delebarre. Il y a un impensé social, avec une construction des rôles sociaux et sexuels de genre qui font que des personnes de même sexe ne pourraient pas être violentes lune envers l’autre parce quelles sont vues comme égales.» 

Marc résume parfaitement ce phénomène: «Javais limpression que ces violences ne comptaient pas, parce que nous étions deux garçons et je me disais que ça nexistait que chez les couples homme/femme.» Même son de cloche de la part de Sasha, qui a subi les violences verbales et psychologiques de sa compagne: «Dans le cadre d’une relation entre deux femmes, c’est compliqué de parler de violence psychologique, car dans l’imaginaire collectif, même LGBT, on a cette image de la chieuse, certes pénible mais au fond pas bien méchante.»

Comme le résume Valérie Roy, professeure titulaire en sciences sociales à l’École de travail social et de criminologie de l’Université de Laval, «il existe une conception hétéronormative de la violence qui fait que l’homme serait nécessairement auteur et la femme victime». Et d’ajouter: «Il y a bien sûr la violence physique, visible et criminalisée mais aussi la violence psychologique qui n’est souvent pas perçue comme telle et demeure invisible jusqu’à ce que le ou la partenaire en vienne finalement aux mains.»https://tpc.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

«C’était une relation d’emprise basée sur la culpabilisation»

Cette violence psychologique –à laquelle se mêlent souvent violences verbale et sociale– se construit au fur et à mesure des mots et des comportements qui, mis bout à bout, deviennent une somme de mépris, d’humiliations, de harcèlement ou de menaces qui envahissent tous les versants de la vie.

«Elle faisait des scandales pour rien. Je devais être toujours disponible pour elle, avec de longues séances par Skype les soirs de la semaine où elle n’était pas là pour s’assurer que je ne sois pas occupée à voir des amis (alors qu’on était dans la même ville et qu’on se voyait souvent), relate Sasha. Elle n’hésitait pas à me rabaisser ou à m’ignorer, même quand nous étions côte à côte physiquement. C’était une relation d’emprise basée sur la culpabilisation de l’autre: elle allait jusqu’à nier que certaines choses s’étaient produites, cherchait à m’empêcher de voir famille ou amis. À force, on en vient à douter de ses propres perceptions, on en vient à douter de soi.»

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La jeune femme résume aujourd’hui: «C’était comme une montagne russe qui structurait toute la relation: si les choses s’arrangeaient pendant quelques jours, alors j’allais toujours le payer le surlendemain. C’était usant, un état de tension permanente. Ce genre de violence psychologique insidieuse, c’est seulement en prenant en compte une accumulation de détails que lon s’en fait une image globale, c’est pour cela que les proches ne se font pas immédiatement du souci. Mais finalement, ce sont bien eux qui m’ont permis de m’en sortir et de partir, en remettant patiemment bout à bout chaque élément.»

Menaces d’outing et insultes LGBTphobes

Si les violences non physiques ne sont pas l’apanage des couples LGBT+, certains méfaits leur sont propres. «Insulter, faire du chantage, insister pour avoir des relations sexuelles… Les grandes formes de violences se retrouvent partout, constate Valérie Roy. Il existe cependant des particularités liées à l’orientation sexuelle et à lidentité de genre, tout particulièrement des menaces d’outing (c’est-à-dire la révélation de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre à des tiers sans le consentement de la personne) ainsi que des insultes ayant trait à l’orientation sexuelle (traiter l’autre de “tapette”) ou à l’identité de genre.»

Léo, jeune homme trans de 22 ans, en a fait particulièrement les frais alors qu’il était en couple avec un homme cisgenre: «Il m’engueulait parfois pendant les rapports sexuels parce que j’éprouvais une sorte de dysphorie de genre. En outre, il utilisait des termes non adaptés et en venant à me mégenrer, ce qui amplifiait mon-mal être.»

Valérie Roy, dont les recherches ont, jusqu’ici, particulièrement porté sur les couples d’hommes cis, relève également une part importante de violences économiques comme le contrôle des finances, l’emprunt de grosses sommes, le vol ou encore l’exploitation économique.

Trouver de l’aide et se reconstruire

Le poids des stéréotypes de genre et de la conception hétéronormative de la violence induit une prise en charge difficile pour les victimes dès lors qu’elles parviennent enfin à se reconnaître comme telles. Les ami·es (et parfois la famille) peuvent aider la personne à s’extraire de la situation d’emprise. «Je suis parti et j’ai appelé ma meilleure amie à qui jai tout raconté, parce que je savais quelle ne me laisserait pas faire demi-tour, se souvient Marc. Il a ensuite fallu que je laffronte. Il y a eu des larmes, des cris, des supplications, mais cette fois je n’étais plus seul, donc je nai pas fait demi-tour. Contrairement à ce que je craignais, personne ne ma jamais dit que jaurais pu me défendre, jai été très soutenu et jai pu recommencer ma vie.»

D’autres franchissent seul·es le pas au prix de changements radicaux: «Quand j’ai finalement réussi à partir (après avoir bloqué les canaux numériques), j’ai fini par déménager, j’avais trop peur (tétanie, peur physique) de la retrouver à m’attendre dans mon hall d’immeuble», témoigne Sasha.

Mais force est de reconnaître qu’il existe aujourd’hui encore de grosses failles au sein des systèmes d’aide sociale, policiers et judiciaires pour accueillir ces personnes, qu’elles souhaitent porter plainte ou simplement se mettre à l’abri. «Il existe des freins supplémentaires pour une personne LGBTQI+ pour porter plainte, explique Johan Cavirot, président de l’association FLAG! Par exemple, la crainte d’être victime de LGBTQIphobies au sein des structures de la part des policiers ou des gendarmes, celle de ne pas être cru·e en raison des préjugés sociétaux.»https://tpc.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

«C’est un rapport de domination, une personne qui en prend une autre pour sa propriété […] et ça, ça n’a pas de sexe.»

Marc, victime de violences conjugales

Il ajoute que les professionnel·les ne sont pas nécessairement de mauvaise volonté mais «manquent de temps pour assurer un accueil empathique et personnalisé. Il y a aussi un manque de formation. Le policier est formé à appréhender un auteur de faits, à faire cesser linfraction et faire en sorte que lordre public soit rétabli. La partie assistance aux victimes n’est pas au cœur de sa formation.»

Enfin, il y a aussi des lacunes en matière d’accueil au sein des organisations associatives: «Les structures de mise à l’abri sont non mixtes et destinées uniquement aux femmes, signale Coraline Delebarre. Donc les hommes victimes de violences n’ont nulle part où aller, et les femmes autrices de violences peuvent elles-mêmes entrer dans ces structures où se trouverait leur (ex-)compagne.»

«Il faut aujourd’hui intégrer tous ces paramètres lorsque l’on pense les réflexions autour des violences conjugales, insiste Johan Cavirot. Faute de quoi, les victimes continueront de rester dans leur coin.»

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«Lorsque lon parle de violences conjugales, il est vrai que lon parle surtout de couples hétérosexuels et de violence d’hommes sur des femmes, souligne Marc. Ce sont les plus nombreuses, personne ne peut le nier. Mais pour l’avoir vécu, au sein dun couple homme-homme, je sais maintenant que la violence peut prendre dautres formes et se trouver dans tous les couples. Cest un rapport de domination, une personne qui en prend une autre pour sa propriété, une question de prise dascendance psychologique sur quelquun et ça, ça na pas de sexe. Courage et soutien aux victimes, jespère sincèrement que vous trouverez la force de parler et surtout loreille attentive qui saura vous écouter.»

Homosexuel(le) dans le Maroc de 2020 : La triple peine

Au royaume, l’homosexualité est honnie par l’homme de foi, vilipendée par l’homme de rue, punie par l’homme de loi, et la plupart des gays dissimulent leur orientation sexuelle

Assis à la terrasse de son appartement, un verre de muscat à la main, Yassine esquisse un sourire distrait tout en faisant défiler les profils sur l’application Grindr : « J’ai vu le jour dans un pays d’Europe du Nord, au sein d’une famille traditionaliste. J’allais encore au jardin d’enfants lorsque mes parents, pris du mal du pays, ont décidé de rentrer au Maroc. Ils craignaient aussi que leurs enfants ne soient acculturés. Je me souviens avoir commencé à prier dès l’âge de 6 ans. »

De l’école à la mosquée, flirts et amitiés en tous genres

Dans le quartier populaire de la capitale économique où la famille de Yassine élit domicile, le désœuvrement et la quête de sensations fortes entraîne de nombreux jeunes dans le cercle vicieux des drogues et autres paradis artificiels bon marché. Les parents de Yassine sont rassurés de voir leur fils fréquenter un garçon de quelques années son aîné, Mounir*, connu pour son sérieux et sa piété : « On restait tous les soirs à la mosquée du quartier entre al maghreb (prière du crépuscule) et al ichâ’ (prière du soir) pour le dikhr (invocation du Divin) et le dars (lecture religieuse). »

Au collège, Yassine vit ses premiers flirts avec des filles : « J’étais aussi attiré par les garçons mais à cet âge, on s’initie généralement aux choses de l’amour avec les deux. Mon père et ma mère m’ont quant à eux prodigué une éducation conservatrice, mais comme ils avaient suivi un cursus scientifique, ils m’ont sensibilisé dès l’âge de 11 ans aux risques des rapports non protégés avec les filles. À leurs yeux, l’homosexualité n’existait même pas comme option. »

Au fil des jours, son intérêt pour les filles décline au fur et à mesure que grandit son attraction pour les hommes qu’il voit à la télévision et dans les magazines.

« J’ai définitivement su que j’étais gay quand j’ai commencé à coucher régulièrement avec un garçon de mon entourage. Avant, je ne me posais pas vraiment la question de mon orientation sexuelle. Dans les milieux où la mixité est très contrôlée, les attouchements entre garçons ou entre filles sont monnaie courante. On découvre son corps et celui de l’autre, généralement le cousin, le copain de jeu ou le voisin de quartier. Ça commence par des jeux de touche-pipi dans l’enfance et il arrive que ça évolue à l’adolescence vers une relation homosexuelle », explique Yassine.

Lever du soleil à Casablanca. (Crédit : SpreeTom / CC BY-SA 4.0)

Cachez cette turpitude que je ne saurai voir

L’homo-érotisme a longtemps existé dans la littérature et la poésie arabes, comme le montrent les célèbres pamphlets d’Abu Nuwâs sous le califat abbasside à la fin du 8e siècle. Les homosexuels et les travestis étaient aussi relativement tolérés dans la société marocaine avant la propagation, au lendemain de la révolution iranienne de 1979, de l’idéologie islamiste. Celle-ci a été diffusée par le mouvement des Frères musulmans puis par la nébuleuse salafiste au sein des universités, avant de conquérir les couches populaires et une partie de la classe moyenne. Ce retour en religiosité s’est sans surprise fait au détriment des femmes, des laïcs et des minorités sexuelles.

« C’est à travers Mounir que j’ai pris connaissance de la position des théologiens musulmans conservateurs quant à l’homosexualité, perçue comme une turpitude, une abomination telle que chaque union charnelle entre deux mâles ferait trembler le trône du Divin. À l’école, je me souviens que mes professeurs d’éducation islamique évoquaient à ce propos la sourate 27 dite an-naml (Les fourmis). Cette sourate reprend dans ses versets 54 à 58 l’épisode biblique de la destruction de Sodome, dans lequel Loth, neveu d’Abraham, admoneste son peuple car il préfère les hommes aux femmes pour assouvir ses désirs. Devant toute cette rhétorique sur l’infamie supposée de l’homosexualité, j’étais rongé par un sentiment de culpabilité permanent. Je me voyais comme un croyant à la foi trop faible pour combattre ses pulsions contre-nature. Je m’en suis délivré grâce à la philosophie et aux écrits d’intellectuels musulmans progressistes, dont l’imam français d’origine algérienne Ludovic-Mohamed Zahed, fondateur de l’association HM2F (Homosexuels Musulmans De France). Je tiens sincèrement à vivre mon orientation sexuelle en harmonie avec ma religion, mais à ce jour, nombre de mes interrogations demeurent sans réponse », se désole Yassine.

Moments de liberté volés

À ses 16 ans, il intègre un lycée situé au cœur de Casablanca. Si l’homophobie se moque des frontières urbaines, la mixité sociale et la modernité du centre-ville confèrent un certain anonymat plus propice à la floraison des rencontres particulières.

« Il y avait un garçon très solaire dans ma classe. On est tout de suite devenus amis, mais ce n’est qu’au bout d’un an et demi qu’il m’a confié qu’il était homosexuel. Après son coming-out, il m’a intégré à sa clique, une vingtaine de jeunes gays. Je me souviens qu’ils étaient tous très efféminés. Ils adoraient défier les filles du lycée en montrant qu’ils pouvaient eux aussi attirer des hommes riches et beaux. Par crainte d’être harcelés, on évitait de se rassembler dans les lieux publics. On se retrouvait dans des maisons ou, une fois par semaine, dans les locaux d’associations de lutte contre les MST. Hommes ou femmes, on s’y sentait moins seuls et en sécurité, on pouvait y discuter librement entre nous ou poser toutes les questions qui nous turlupinaient sur notre santé dans une atmosphère bienveillante », se remémore Yassine.

Défouloir du machisme ordinaire

La liberté de geste et de parole à l’intérieur de la communauté gay contraste sensiblement avec l’attitude de ses membres à l’extérieur.

Les règles de survie en milieu hostile sont tacites. Une fois dehors, il faut se fondre dans la masse. Changer son look et même sa façon de marcher ou de parler. Dans les quartiers populaires, ne pas s’afficher en compagnie d’autres homosexuels. Slalomer entre les ruelles pour éviter de tomber sur une bande de jeunes oisifs qui, effet de meute oblige, peuvent se montrer très violents. Ne jamais riposter ou porter plainte quand on se fait injurier ou même agresser physiquement. Eviter les esclandres à tout prix. Cette situation révolte Yassine, qui paie alors le prix de son refus de soumission aux diktats d’une rue homophobe : « On m’insultait, on me crachait dessus ou on me jetait des pierres. Je suis petit de taille et plutôt chétif. Une fois, une bande de jeunes voyous, ils devaient être huit, m’ont violemment tiré par mon tee-shirt puis entraîné dans une impasse où ils se sont tous mis à me tripoter. J’ai réussi à leur échapper pour me réfugier dans un supermarché. »

Yassine se tait un instant, songeur, avant de reprendre : « Dans cette société phallocrate, avec les femmes, nous sommes le défouloir des machos et de leurs frustrations. Le ressentiment des homophobes est encore plus fort envers les gays efféminés, perçus comme sexuellement passifs. Ils disent ne pas comprendre comment ces derniers acceptent de se rabaisser à la position des femmes alors que Dieu leur a donné la chance de naître hommes. C’est à cela que se résume la virilité à leurs yeux, au fait de prendre le dessus, d’avoir le contrôle jusque dans le lit. »

Le temps de l’apaisement

Lors de sa dernière année de lycée, Yassine commence à s’éloigner de son clan en voyant certains de ses membres sombrer dans la drogue, la délinquance ou la prostitution. Son baccalauréat en poche, il intègre une école supérieure de commerce. « J’y ai aussi subi du harcèlement de la part de quelques étudiants mais comme j’étais très studieux, les professeurs prenaient toujours ma défense », indique le jeune homme.

L’entrée dans la vie active permet à Yassine de gagner en indépendance et en liberté : « Je vis seul depuis plusieurs années maintenant. J’ai par ailleurs toujours bataillé pour travailler au sein d’entreprises internationales disposant d’une charte de diversité. Les gens qui y travaillent sont également plus ouverts. Dans ma carrière, je n’ai donc jamais eu à affronter une quelconque hostilité du fait de mon orientation sexuelle. Quant à mes parents, ils doivent se douter de quelque chose, même s’ils ne m’ont jamais rien dit à ce propos. Ils m’ont vu grandir entouré de filles et de garçons androgynes, accorder un soin poussé à ma toilette, les supplier de m’acheter un billet pour le concert de Rihanna. Si jamais ils me posent la question directement, je ne leur mentirai pas, mais pour le moment, je ne ressens pas la nécessité de faire un coming-out. Je l’annoncerai peut-être si je m’engage dans une relation durable. En tous les cas, ce sera très dur pour eux. Les connaissant, ils ne me rejetteront peut-être pas mais ils se sentiront certainement coupables de ne pas m’avoir assez ‘endurci’. »

Bienvenue en zone grise

La seule boite de nuit ouvertement
« gay friendly » dans la métropole aux 6 millions d’âmes a fermé ses portes voilà quelques années. Assurant discrétion et anonymat, les applications de rencontre ont détrôné les lieux de « drague » classiques comme les bars et les cafés. Il est très rare qu’un inscrit sur Grindr, Hornet ou Planet Romeo affiche sa véritable identité. Les abonnés s’échangent quelques mots et des photos en privé avant de se donner rendez-vous.

« Je prends toujours un ou deux verres avec la personne avant de concrétiser, histoire de voir s’il y a un feeling ou pas. L’unique fois où j’ai dérogé à cette règle, je me suis retrouvé avec une canaille qui m’a dépouillé d’une belle somme. J’étais acculé, il avait menacé d’ameuter toute la résidence. De plus, en tant que gay, si j’avais porté plainte, c’est moi qui aurais risqué d’être coffré… »

De temps à autre, la presse locale rapporte en effet des agressions voire des meurtres crapuleux d’homosexuels par des bandits à la petite semaine. Certains sont attirés par l’appât du gain, d’autres par la commodité, à en croire notre jeune interlocuteur : « Sur les applications destinées aux minorités sexuelles, on rencontre aussi des hommes hétérosexuels qui recherchent la facilité. En fait, pour partager un moment d’intimité avec une fille, quand on ne vit pas seul, il faut louer un appartement ou prendre deux chambres dans un hôtel, vu qu’on y réclame un contrat de mariage pour les couples de sexe opposé. C’est stressant, risqué et coûteux. Avec un garçon, ces problèmes ne se posent pas, on peut même le recevoir chez sa famille. »

En effet, si l’article 489 du Code pénal marocain punit de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe », l’article 490 du même texte de loi stipule que les relations sexuelles hors mariage sont sanctionnées d’un mois à un an d’incarcération.

Se battre ici ou construire ailleurs 

Les applications de rencontre au Maroc ont la réputation d’être prisées par les candidats aux aventures sans lendemain. Il arrive néanmoins que ces « matchs » sur la toile aboutissent à une union maritale. Mais pour les homosexuels, l’unique perspective est le concubinage, une cohabitation qui doit encore une fois rester clandestine.

« Il n’y a rien à construire ici en tant qu’homosexuel, tout ce que l’on vit est éphémère. On voit ses ex poster les photos de leur mariage ou de leur premier enfant sur Facebook ou Instagram. Beaucoup n’assument pas d’être gays. Ils affichent même une homophobie outrancière tout en continuant à vivre une homosexualité underground », déplore Yassine.

Avant de poursuivre : « Aujourd’hui, au Maroc comme ailleurs, tout se sait et tout se débat grâce aux réseaux sociaux. Les minorités sexuelles y sont activement présentes. Les stylistes, les maquilleurs ou encore les danseurs gays ont souvent beaucoup plus de followers que les artistes ou les professionnels de la mode et de la beauté hétérosexuels. De plus, ces dernières années, ce ne sont pas seulement les acteurs de la société civile, mais aussi les citoyens ordinaires qui expriment ouvertement leur solidarité envers les membres de minorités sexuelles lorsque ceux-ci sont victimes d’agressions sur la voie publique ou de mauvais traitements de la part des autorités. On l’a vu lors des sit-in dénonçant le lynchage du travesti de Fès en juin 2015 ou plus récemment lors de l’affaire du travesti de Marrakech en décembre 2018. La liberté de disposer de son corps fait partie des droits fondamentaux de l’être humain, quels que soient son genre, son orientation sexuelle, son origine ou son statut social. Je pense que de plus en plus de Marocains en sont conscients et finiront par arracher cette liberté. Les forces conservatrices ne font que tenter de retarder l’inéluctable. Personne ne peut aller contre le sens de l’histoire ! »

Puis Yassine de conclure avec résignation : « Mais le changement se fera peut-être quand j’aurai 70 ans… Je n’ai pas d’avenir ici. Soit je reste au Maroc et je me bats pour quelques miettes de droits, soit je décide de le quitter pour un pays où je pourrais vivre librement, en accord avec ce que je suis. La seconde option est celle que j’ai choisie. »

Notre discussion se termine alors que retentit l’appel à la prière du soir. Demain sera un autre jour…

Minorités sexuelles au Maroc : David contre Goliath ?

 

L’influenceuse transsexuelle marocaine résidant en Turquie, Sofia Taloni Sofia Taloni. (Crédit : capture d’écran Instagram)

La communauté LGBTI+ au Maroc vit des moments encore plus difficiles depuis la campagne d’outing forcé instiguée le 13 avril, en plein mois de Ramadan, par Sofia Taloni. Cette influenceuse transgenre marocaine établie en Turquie avait en effet encouragé ses plus de 600 000 followers à créer de faux profils masculins sur les applications de rencontre Grindr, Hornet et Planet Romeo, puis à diffuser en masse les photos des piégés, avec leur nom et leur adresse postale, sur des groupes Facebook et WhatsApp. Cette campagne de délation a fait jeter, au plus fort du confinement, de nombreux jeunes gays à la rue par leurs familles, appartenant pour la plupart aux classes moyennes et défavorisées. Les militants LGBTI+ ont même rapporté le suicide le 17 avril d’un étudiant de 21 ans à Rabat suite à la divulgation de ses photos auprès de son entourage.

Pourquoi Sofia Taloni a-t-elle agi à l’encontre de ses semblables ? Etait-ce par rancœur contre ce qu’elle a elle-même enduré au Maroc ou, comme elle l’a défendu par la suite auprès de l’agence de presse Reuters, pour
« humaniser et normaliser l’homosexualité » au sein de la société marocaine ?

Si les motivations de Sofia Taloni demeurent troubles à ce jour, cette affaire a eu quelque part le mérite de mettre en relief le délicat travail de sensibilisation contre les discriminations juridiques et sociales basées sur le genre et la sexualité, mené par une poignée de jeunes associations. Parmi elles : Kifkif, le collectif Aswat, Equality Morocco, l’Union Féministe Libre (UFL) ou encore Nassawiyat. Ces ONG apportent également un précieux soutien sur le plan psychologique et matériel aux victimes LGBTI+ de violences, de discrimination ou de marginalisation. Ceci dit, aucune de ces jeunes associations n’a obtenu la reconnaissance légale du ministère de l’Intérieur, ce qui entrave leur liberté d’action et confine leur parole aux réseaux sociaux et à quelques supports de presse indépendants.

Est-ce que se sont les mêmes courageux qui veulent éradiquer les homosexuels que ceux qui veulent refroidir le climat ? Les mêmes prétentieux incapables des se changer eux-même qui veulent piloter la terre plus prêt du soleil… mais sans les gays ! Sombres cons !

Michael, 43 ans: «On se touche, on se suce, on est potes... mais on n'est pas homos»

Michael, 43 ans: «On se touche, on se suce, on est potes… mais on n’est pas homos»

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Michael, 43 ans: «On se touche, on se suce, on est potes… mais on n’est pas homos»

«Je faisais clairement la différence entre mes relations sexuelles avec mon meilleur ami et mes relations amoureuses avec les filles.» Michael est un homme cis de 43 ans qui se définit comme hétérosexuel. Après plusieurs échecs amoureux, il aimerait vivre une «nouvelle grande histoire d’amour». Musicien dans la vie, il se laisse le temps et se dit «fermé à rien».

En amour, il y a toujours une première et une dernière fois. Et entre les deux, un chemin qui témoigne de l’évolution de nos vies.

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En amour, il y a toujours une première et une dernière fois. Et entre les deux, un chemin qui témoigne de l’évolution de nos vies.

«Je faisais clairement la différence entre mes relations sexuelles avec mon meilleur ami et mes relations amoureuses avec les filles.» Michael est un homme cis de 43 ans qui se définit comme hétérosexuel. Après plusieurs échecs amoureux, il aimerait vivre une «nouvelle grande histoire d’amour». Musicien dans la vie, il se laisse le temps et se dit «fermé à rien». 


Vers l’interdiction d’adopter
pour les couples homosexuels ? 

Cette interdiction pourrait prochainement être inscrite dans la constitution..en Pologne. C’est ce que vient de proposer le président polonais, Andrzej Duda, candidat à sa réélection, dans un meeting :

Dans la Constitution polonaise, il devrait être dit explicitement qu’il est interdit d’adopter à toute personne se trouvant dans une relation homosexuelle (…) Pour assurer la sécurité d’un enfant et une éducation correcte, et afin que l’État polonais sauvegarde les droits des enfants (…), je crois qu’une telle disposition devrait exister”

Si les médias ne se pressent pas trop pour dénoncer de tels propos, c’est tout simplement que son adversaire pour le second tour de la présidentielle, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, présenté comme le “recours” face à l’abominable conservateur est…tout à fait d’accord avec cette proposition :

Je crois que c’est la position de la plupart des partis politiques (…) Je crois que c’est la position de la plupart des partis politiques (…). Sur ce sujet en particulier, je suis d’accord avec le président

Il faut rappeler aux bonnes consciences que si la France est passée en quelques années de 4 000 adoptions à l’étranger par an à seulement 400, c’est notamment parce que de nombreux pays ont fermé la possibilité d’adoption à la France à cause de la loi sur le “mariage” pour tous. Le caprice de quelques uns a fait le malheur de vrais couples réellement en difficulté pour donner naissance à un enfant.

Égalités /  Société

«Le jour où on acceptera pleinement la communauté LGBT+, le coming out n’existera plus»

Lisa Hanoun — 16 juillet 2020 à 10h52

Réaliste ou utopique? Ne plus annoncer son homosexualité revient à déconstruire le monde hétéronormé dans lequel nous baignons. 

Annoncer son identité sexuelle n'est pas toujours considéré comme une nécessité. | Maico Pereira via Unsplash
Annoncer son identité sexuelle n’est pas toujours considéré comme une nécessité. | Maico Pereira via Unsplash

Temps de lecture: 6 min

«Notre rêve, c’est de vivre dans un monde où l’on n’aurait plus besoin de faire de coming out», confient Elise Goldfarb et Julia Layani. À l’occasion du mois des fiertés, les deux entrepreneuses ont imaginé un podcast, Coming out (avec Spotify France), dans lequel des personnalités plus ou moins connues reviennent sur la façon dont elles ont annoncé leur homosexualité.

Leur ambition? Représenter une génération qui a décidé d’accepter son identité et ne souhaite plus devoir justifier sa sexualité. Les stories Instagram aux couleurs arc-en-ciel en témoignent: le monde globalisé, encouragé par la société de consommation hyper gay-friendly, tendrait à devenir plus inclusif, et les minorités plus visibles. Le mot d’ordre est simple: «venez comme vous êtes». Mais alors que l’inclusion est au cœur des débats, pourquoi devoir (encore) signaler sa différence? Beaucoup parmi la jeune génération ne se reconnaissent plus dans cette pratique qu’ils jugent has been.

«Les hétérosexuels te gracient en te disant “on t’accepte”. La question n’est pas d’accepter ou pas. C’est comme ça.»

Matis

«Les hétérosexuels ne font pas de coming out pour dire qu’ils sont hétéros, je ne vois pas pourquoi je devrais en faire un pour dire que je suis homosexuel», s’insurge Matis. Cet étudiant en communication à Paris a décidé de ne pas faire «de déclaration officielle».

«Tout le monde le sait, raconte-t-il. Au lycée, je n’ai pas voulu faire la démarche d’aller voir les personnes que je connaissais pour leur en parler. Ça s’est fait naturellement quand je suis arrivé en études supérieures. J’ai rencontré des nouvelles personnes et je n’ai eu aucune difficulté à leur dire que j’aimais les garçons. Pour ma famille, ils l’ont su lorsque je leur ai montré des photos de mon copain au gala de fin d’année de mon école. C’était un moyen de leur dire sans avoir de longues discussions angoissantes.»

Pour lui, le fait de devoir dire «j’ai quelque chose à vous annoncer» insinue d’emblée l’idée selon laquelle ce ne serait pas normal et conforte l’hétéronormativité de la société dans laquelle nous vivons. «Même si c’est souvent très bienveillant, les hétérosexuels font inconsciemment preuve de mansuétude. Ils te gracient en te disant “on t’accepte”. La question n’est pas d’accepter ou pas. C’est comme ça.» 

À LIRE AUSSI Les podcasts LGBT+ à écouter pour le mois des fiertés

L’influenceuse Marie Papillon partage cet avis: «Quand on y pense, c’est quand même dingue d’attendre d’être accepté par les autres pour s’accepter enfin soi-même. Le jour où on acceptera pleinement la communauté LGBT+, le coming out n’existera plus». La star d’Instagram raconte avoir fait le sien «uniquement parce que la société [l]’a forcée à le faire».

Refus de l’étiquette

Ne pas vouloir faire d’annonce, c’est aussi refuser d’être catégorisé, rangé dans une case. «Je ne voulais pas devenir le pote gay! ajoute Matis. Je suis complètement à l’aise avec ça et j’en suis fier mais je ne veux pas être défini uniquement par mon orientation sexuelle.»

Comme Matis, Betty ne tient pas à faire de coming out officiel. «Je ne supporte pas l’idée de devoir mettre des mots sur quelque chose que je trouve inutile de définir précisément. Cela varie, cela fluctue et c’est déjà assez difficile pour soi-même.» Cette étudiante de 18 ans en discute librement avec ses ami·es, «ce n’est pas tabou». Avec ses parents, elle «ne parle pas de ces sujets-là» mais pense qu’elle n’aura aucune difficulté lorsqu’elle sera en couple. «Pour beaucoup, le coming out est libérateur, mais l’idée de devoir “sortir du placard”, c’est discriminant et contribue encore à nous mettre en marge de la société.»

Pauline, 25 ans, étudie à Londres. Elle n’a elle non plus pas souhaité vivre ce fameux «moment solennel»«J’ai rencontré ma première copine lorsque je suis allée faire mes études au Royaume-Uni. Cela m’a beaucoup décomplexée car là-bas il n’y avait aucun jugement. Dans mon environnement, c’était normal d’avoir des expériences homosexuelles.» La jeune femme refuse pourtant de «[s]’outter définitivement»«Je ne me connais pas encore assez pour cela, juge-t-elle. J’ai l’impression que je me priverais de certaines rencontres, hommes comme femmes d’ailleurs. Cela me mettrait trop de pression.» 

«Cette expression implique une dimension solennelle, un gros événement voire un acte militant.»

Michael Stamboli, sociologue et maître de conférences

Pour elle, la nécessité n’est pas d’annoncer son identité sexuelle mais juste de dire: «Je suis amoureuse!» Le sociologue et maître de conférences à l’Université de Bordeaux Michael Stambolis explique ce choix par la méfiance globale des Français·es à tout sentiment d’appartenance. «En France, il y a une défiance vis-à-vis des identités sexuelles, contrairement aux États-Unis. Il y a une différence entre le fait de s’identifier à une sexualité et celui d’être attiré par une personne de même sexe.» 

Certaines personnes y voient –et craignent– aussi une dimension militante. S’il supporte la cause de toutes les minorités sexuelles, Matis se «refuse à toute forme de communautarisme». Le coming out «devient comme un rite de passage obligatoire d’entrée dans la communauté LGBT+. Tant qu’il y aura des communautés, on sera toujours considéré comme l’exotique face à l’endémique.» En France, «le communautarisme légitime beaucoup de demandes, ce qui implique aussi beaucoup de méfiance, estime Michael Stambolis. Ils ont l’impression qu’à partir du moment où ils diront qu’ils sont gays, ils devront partager toutes les valeurs et penser de la même manière.»

Le coming out peut être source de pression, et cela fait peur. «Cette expression charrie un sens qui est plus lourd qu’elle ne l’exprime vraiment. Elle implique une dimension solennelle, un gros événement voire un acte militant. C’est pour cette raison qu’on entend souvent: “je l’ai dit à mes parents mais ce n’est pas un coming out”, poursuit le sociologue. Mais le rejet du coming out n’est pas un rejet de l’homosexualité.» 

À LIRE AUSSI Faire son coming out quand on est prof, un choix épineux

«Toujours pas de petit Jules?»

Même si la notion de coming out paraît peu attirante, le dire, peut importe la forme, demeure essentiel. «Aujourd’hui, il est encore nécessaire de le faire. Qu’on le veuille ou non, c’est un fait: les homosexuels sont minoritaires. Le poids de la norme reste très important», poursuit Michael Stambolis.

Pour lui, l’hétéronormativité est d’un côté liée au nombre, de l’autre, à la façon dont les codes sont repris par les institutions. «Dans une interaction, on part forcément du principe que l’autre est hétéro avant qu’on ne lui manifeste le contraire. L’idéal serait qu’il n’y ait plus cette présomption par défaut. Mais on en est encore loin. À l’école, le modèle familial reste incarné principalement par le père et la mère. Les projets éducatifs en faveur de l’homosexualité échouent.»

«C’est symptomatique d’une société malade de ses valeurs.»

Joseph Agostini, porte-parole de PsyGay

Marie Papillon l’a souvent vécu: «Quand je rencontrais quelqu’un, c’était systématiquement: “Et toi t’as un copain?” Dans mon entourage c’était: “Et alors, t’as toujours pas de petit Jules?” Selon eux, je répondais à la norme sociale donc j’étais forcément en couple avec un garçon.»

Pour certain·es, c’est une justification permanente. «Je n’ai pas fait un mais des coming out, raconte Gabriel, journaliste de 25 ans. Ça dure toute la vie parce que forcément, les gens partent du principe que j’aime les filles.» Un problème inhérent à l’héritage culturel et à la religion. «C’est symptomatique d’une société malade de ses valeurs, flagellée par la morale et qui n’arrive pas à se remettre en question», déplore Joseph Agostini, le porte-parole de l’association PsyGay (qui lutte contre l’homophobie dans les lieux de soins psychiatriques et psychologiques) et coauteur de Avez-vous le sens de l’amour? Sur les chemins d’une intelligence amoureuse.

Outil imparfait mais nécessaire

Révéler son identité sexuelle, c’est avant tout un moyen de résistance face à la stigmatisation. «Bien qu’elle ait diminué, elle est toujours là. Les injures et agressions homophobes augmentent, Le Refuge existe encore et beaucoup de personnes se font rejeter, voire réprimer», déplore Michael Stambolis. Sur ce point, Joseph Agostini est sans appel: «Appartenir à une minorité est un combat, on ne peut pas y échapper. Le coming out c’est avant tout demander à être respecté, considéré et compris dans sa singularité et sa douleur.»

Face au rejet, la mise en récit de soi reste un outil important car «le langage traduit notre réalité», selon le spécialiste de théorie sociale et politique Bruno Perreau, auteur de Qui a peur de la théorie queer?. «Bien sûr, il y a toujours des contradictions à se définir à partir d’une catégorie, mais c’est un outil de résistance. Certes, imparfait, mais cela ne veut pas dire qu’on n’en a pas besoin. Effectivement les générations de moins de 18 ans ont grandi avec le mariage pour tous, le couple homosexuel est reconnu socialement. Mais le besoin de s’annoncer est encore là. C’est une étape dans le cheminement de soi.»

En réalité, les choses ne sont pas si simples. Il existe encore de nombreuses inégalités de perception selon que l’on soit en ville ou en milieu rural, ou bien selon le contexte social dans lequel on évolue. «Nous sommes conscientes que si tu habites au centre de Paris, c’est pas la même chose que si tu vas de l’autre côté du périph, analysent Elise Goldfarb et Julia Layani. Pour que la chose existe, il faut en parler.» À chaque personne son homosexualité, sa trajectoire.

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Mais dans les milieux moins tolérants, le coming out reste un passage obligatoire pour qu’un individu puisse construire son identité, accepter son orientation sexuelle et être compris par son entourage. Qu’ils soient subis, décidés ou évidents, tous les coming out ne sont pas identiques. Chaque personne le vit différemment et l’environnement est un enjeu majeur dans ce long cheminement vers l’acceptation de soi.

Les amitiés masculines, entre virilité et proximité

Pour certains, l’injonction à être viril s’immisce jusque dans leurs relations amicales où les confidences deviennent synonymes de vulnérabilité.

Pour éviter la condamnation sociale beaucoup d'hommes évitent de s'épancher sur leurs sentiments. | Andrew Neel via Unsplash. 
Pour éviter la condamnation sociale beaucoup d’hommes évitent de s’épancher sur leurs sentiments.

«Dès l’enfance, j’ai senti une énorme responsabilité sur mes épaules en tant qu’homme qui m’a terrorisée et me terrorise encore aujourd’hui même si je la gère mieux. J’ai compris que je ne devais pas pleurer, avoir peur, montrer de faiblesses ou de vulnérabilité», raconte Corentin, 26 ans.

Si les injonctions genrées touchent en priorité les femmes, victimes d’un système dans lequel elles sont considérées comme inférieures, les hommes aussi sont tenus de se comporter selon les normes de leur sexe. Ces pressions sociales impactent jusqu’à leurs amitiés les plus proches et modifient leur relation aux autres. La littérature scientifique occidentale tend à montrer que les amitiés entre hommes sont moins intimes que les amitiés entre femmes.

De fait, beaucoup d’hommes hétérosexuels tentent de garder une posture virile dans leurs amitiés et évitent de dévoiler leurs faiblesses. L’ami de Pietro, un jeune italien de 27 ans, dont la mère souffre d’Alzheimer lui répond toujours que «ça va» quand il s’enquiert de son moral tandis qu’un des meilleurs amis de Corentin qui «a perdu ses deux grands-mères en quelques mois» n’en a parlé qu’un an et demi plus tard.

D’après le sociologue Kévin Diter, qui a écrit sa thèse sur la socialisation des garçons aux sentiments, ces derniers sont moins entraînés que les filles à verbaliser leurs émotions. Lors des entretiens qu’il a conduits avec des enfants de primaire, ceux des filles duraient en moyenne deux heures trente contre une heure trente pour les garçons. «Dans la définition légitime de l’amitié chez les hommes, le sentiment n’est pas quelque chose qui les concerne. S’ils parlent de leurs émotions et de leurs états d’âme, on peut remettre en cause leur masculinité», explique le chercheur. Alors, pour éviter la condamnation sociale, certains hommes évitent de s’épancher.

Jamais 100% soi-même

«C’est dans les moments difficiles qu’on a besoin de ses amis, mais c’est aussi à ce moment-là que tu es le plus faible. Du coup, tu te demandes si tu montres tes émotions ou pas», décrypte Loïc, un étudiant en informatique de 22 ans.

Et quand un homme se montre vulnérable devant ses amis, il s’expose parfois à un rappel à l’ordre. «Je ne suis jamais à 100% moi-même avec mes amis, même les plus proches», confie Pietro. «Je sais que si j’évoque mes sentiments au sujet de quelque chose qui me contrarie, mes amis masculins vont me répondre que “c’est la vie” et passer à autre chose. Et ce peu importe si je parle d’une rupture avec une fille ou de ma mère qui est maladeC’est très triste, on penserait qu’avec son meilleur ami on peut parler de tout sans être jugé, mais je pense que j’ai très peu d’amis masculins qui me font ressentir cela», regrette-t-il.

«C’est dans les moments difficiles qu’on a besoin de ses amis, mais c’est aussi à ce moment-là que tu es le plus faible.»

Loïc, étudiant en informatique

Certains hommes parviennent cependant à s’exprimer pleinement comme Kévin, professeur de musique au conservatoire, qui affirme ne pas avoir «peur d’être vulnérable» car il a «confiance» en ses amis proches.

Pour Corentin en revanche, se confier à cœur ouvert comme il le fait, revient à s’éloigner de la norme. «Je suis assez spécial, j’ai un fonctionnement un peu féminin quelque part parce que je communique beaucoup», estime-t-il. S’il assume sa façon d’être, il se voit souvent comme «le caliméro, le différent, le mec qui n’est pas assez fort» en comparaison de ses amis qui seraient «plus résilients».

Les femmes, spécialites de l’intime

Au sein de la culture populaire où pullulent les figures masculines stéréotypées telles que James Bond, John McClane ou Iron Man ou lors des interactions de tous les jours, les hommes sont en permanence enjoints à être forts et indépendants. «On apprend aux garçons que l’expression des sentiments n’est pas de leur genre, c’est quelque chose qui serait par nature inhérent aux filles. Ceux qui ne maîtrisent pas leurs sentiments, ce sont les bébés ou les filles, ce sont des catégories dévalorisantes», insiste Kévin Diter.

Cette expression genrée des sentiments poussent les hommes à se tourner vers les femmes en cas de détresse émotionnelle. «Quand je suis bouleversé, peu importe à quel point je suis proche de mes deux meilleurs amis, je préfère appeler une amie pour parler de ma situation», illustre Pietro. Kévin Diter rappelle que chez les enfants, la mère est la première interlocutrice.

«On apprend aux garçons que l’expression des sentiments n’est pas de leur genre.»

Kévin Diter, sociologue

«Les femmes sont conçues comme les spécialistes de l’intime. Si je veux un renseignement sur le moteur de ma moto, je vais voir un motard. Ici, c’est la même chose, si je veux des renseignements sur les émotions, je vais voir une femme», dit-il en souriant. Les femmes partageraient donc leur intimité, les hommes leurs activités.

Apprendre à se déformater

La sociologue Karen Walker, de l’université de Pennsylvanie, a plusieurs fois travaillé sur l’amitié. Dans son article Les hommes, les femmes et l’amitié, elle montre que si les femmes estiment qu’une amitié permet de tout dire sans risquer d’être jugée, les hommes parlent plus de soutien financier ou de «renfort physique en cas de confrontation».

Car même si leurs stratégies sont différentes des femmes, les hommes se soutiennent. «Quand je n’ai pas envie de parler, mes amis sont quand même là. Pas pour discuter mais juste pour la présence, on fait la fête ensemble et ils me soutiennent», indique Kévin, 29 ans. De son côté, Pietro sait que s’il appelle un ami pour lui parler de ses problèmes il va lui «changer les idées et [le] faire rire».

Et puis «ça change avec le temps», souligne Loïc qui se sent beaucoup plus libre de se confier à ses amis aujourd’hui. «J’ai perdu 70% de mes potes en cinq ans mais c’est normal, j’ai rencontré de nouvelles personnes et ces anciens amis n’étaient plus vraiment compatibles avec la personne que je devenais», précise le jeune homme. Pour Kévin, qui soulignait précédemment qu’il ne faisait pas de différence genrée entre ses ami·e·s, le changement s’est opéré vers ses 25 ans:

«Quand tu es jeune, tu es formaté à être enfermé sur toi-même, je ne me confiais pas quand j’étais adolescent parce que j’avais peur de passer pour un faible. Avec le temps, j’ai rencontré des personnes qui m’ont montré que c’était plus sain de s’exprimer. Tout le monde peut craquer, on n’est pas des machines!»

«Quand je n’ai pas envie de parler, mes amis sont quand même là. Pas pour discuter mais juste pour la présence.»

Kévin, 29 ans

Le milieu social –sa famille, son travail, son école– compte beaucoup dans la construction des rapports amicaux masculins. Loïc a valorisé une masculinité traditionnelle quand il était jeune, encouragée par son père pour qui, par exemple, «un homme n’a pas froid». Ce sont des rencontres hors de son milieu d’origine, qu’il considère «fasciste et homophobe», qui lui ont permis de remettre en question ces allégations.

À l’inverse, Corentin a grandi avec des «parents très sensibles» qui l’ont toujours «bien entouré». «Le rapport à l’amitié change selon le milieu social. Chez les professions intellectuelles, l’amitié ressemble plus aux amitiés féminines avec une valorisation de la parole et des discussions», décrypte Kévin Diter.

Pourtant, dans beaucoup de milieux, la parole émotionnelle reste l’apanage des femmes au détriment des hommes qui aspirent à partager plus de leur intimité avec leurs amis. Un mécanisme qui se fait aussi au détriment des femmes qui portent, de fait, une plus lourde charge émotionnelle. Ce sont «elles qui ont la charge de la gestion du couple, qui poussent leur compagnon à parler et qui gèrent les émotions des enfants»,rappelle le sociologue.

Difficile d’apprendre aux garçons à s’exprimer quand, de manière générale, leurs pères eux-mêmes ne mettent jamais leurs maux en mots.

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Delphine Volange : chanteuse engagée au Défi de la vérité

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 Publié le 12/04/2021 à 15:09

Delphine VolangeFranceSoirPARTAGER CET ARTICLE :FacebookMessengerTwitterTelegramWhatsAppPlus d’options…296Auteur(s): FranceSoirA+A

Delphine Volange a relevé le défi ! Son premier album “le ciel était sans nouvelles” avait été soutenu par FIP et coup de coeur de l’émission “On connaît la chanson” d’Europe 1. La chanteuse française aussi douce dans la voix que forte dans ses mots répond aux questions de Richard Boutry. Son itinéraire, son univers, ses inspirations “d’autres mondes, d’autres temps”… Et ses propos engagés, incarnés dans un poème lu avec intensité. Une séquence de grâce au parfum mystérieux, sur le plateau du Défi de la vérité !

“Si un pouvoir masqué, parodiant la peur, 
honore la noblesse idéale de ses héros
sans être le moins du monde digne d’elle,
alors la manoeuvre est pire que sacrilège”.

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Quelle honte d’être musulman

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Conversion par le viol : Daesh déclare qu’une femme violée par dix hommes différents devient automatiquement musulmane

Il ya 5 annéesAjouter un commentairepar admin660 164 vues

Au nom de l’islam, le leader du groupe terroriste Abu Bakr Al Baghdadi légitime le viol de femmes non musulmanes et lui attribue des vertus supérieures en décrétant qu’une femme violée par dix combattants devient musulmane.

L’idéologie perverse de Daesh et le détournement de l’islam à des fins criminelles n’ont décidément pas de limite. Après avoir instauré un commerce d’esclaves sexuelles vendues pour le prix d’un paquet de cigarettes et exécuté des femmes qui refusaient d’avoir des relations sexuelles avec des combattants, le pseudo-Etat islamique encourage ses jihadistes à violer les femmes en bandes organisées. Le leader du groupe terroriste, Abu Bakr Al Baghdadi, a décrété qu’une femme violée par au moins 10 combattants différents devenait automatiquement musulmane. La plupart de ces femmes sont des Yézidies, un groupe non musulman d’Irak. Nour, l’une d’elles, a révélé qu’un jihadiste fou avait brandi la lettre du chef de Daesh qui circule en ce moment, avant de la violer et de « céder » la jeune femme à onze de ses amis qui ont fait de même au nom de leur idéologie perverse. Les experts pensent qu’en réalité, l’EI est entrée dans une surenchère désespérée pour satisfaire des combattants de plus en plus sceptiques durant une phase critique. En effet, les attaques russes font des dégâts dans les rangs de l’EI et les difficultés financières amputent les soldes des combattants. Résultat : nombre de jeunes qui rejoignent les rangs des guerriers mercenaires le font davantage pour le sexe que pour une pseudo guerre sainte.  

Daech a systématisé l’esclavage sexuel des femmes yézidies

L’État islamique a élaboré une «théologie du viol» et ses membres l’appliquent systématiquement aux femmes de la minorité yézidie qu’ils ont enlevées.

 Des réfugiés yézidis fuient Sinjar en Irak pour se diriger vers la frontière avec la Syrie, le 10 août 2014 | REUTERS/Rodi Said
Des réfugiés yézidis fuient Sinjar en Irak pour se diriger vers la frontière avec la Syrie, le 10 août 2014 | REUTERS/Rodi Said

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur New York Times

Un long reportage du New York Times plonge en détail dans «la théologie du viol» de Daech, c’est-à-dire le fait de systématiquement recourir à l’esclavage sexuel des femmes yézidies sur les territoires que l’organisation conquiert. Au nord de l’Irak, les Yézidis constituent une minorité religieuse comptant pour environ 1,5% de la population irakienne. La journaliste a interviewé vingt-et-une survivantes qui ont réussi à s’enfuir.

Comment sauver les fillettes esclaves sexuelles de l’État islamique

Le sinistre commerce s’est organisé à partir de la conquête de Sinjar en août 2014, quand les combattants de Daech ont pris d’assaut les villages de ces montagnes du nord-ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne. L’année dernière, 5.270 femmes yézidies auraient été enlevées, et la majorité d’entre elles seraient toujours captives.https://3b52414848de63274d9ac798e7ff932b.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Daech a mis en place une véritable bureaucratie en charge de l’esclavage sexuel, poursuit le New York Times. Les femmes et adolescentes capturées sont transportées vers plusieurs destinations en Irak et en Syrie, puis vendues comme esclaves sexuelles.

On connaît les prix auxquels l’État islamique vend ses esclaves sexuelles

Manuel sur le viol «vertueux»

Pour Daech, le viol a été intégré à la doctrine sacrée de la religion

L’organisation de cette exploitation va loin dans le sordide puisqu’il existe même un «manuel» de trente-quatre pages sur le viol élaboré par le «département de la Fatwa». Comme le précise le New York Times, pour les membres de Daech, le viol n’est pas qu’un acte de guerre ou de vengeance, mais a été intégré à la doctrine sacrée de la religion. Il est même qualifié de «spirituellement bénéfique» et de «vertueux». Ainsi une victime âgée alors de 12 ans raconte que, lorsqu’un membre de l’État islamique l’a violée, il lui a affirmé que, selon l’islam, le viol d’un incroyant est autorisé.

Contrairement aux juifs et aux chrétiens, qui bénéficient de protections limitées du fait de leur statut de «gens du livre», les Yézidis sont vus comme des polythéistes, et font à ce titre l’objet d’une persécution maximale. De plus, ces derniers ne peuvent contrairement aux juifs et aux chrétiens s’acquitter d’une taxe, la jizya, pour être affranchis.

L’article relate cependant de rares cas de femmes captives qui ont pu être libérées «légalement» par les autorités de Daech.


On connaît les prix auxquels l’État islamique vend ses esclaves sexuelles 

Deux sœurs yézidies qui ont échappé à Daech dans un camp de réfugiés à Dahuk, le 3 juillet 2015 | Reuters

Les petites filles les plus jeunes sont les plus chères.

Deux sœurs yézidies qui ont échappé à Daech dans un camp de réfugiés à Dahuk
Cette liste remonte à novembre 2014, mais l’ONU a dû mener un travail d’authentification pour savoir si elle venait vraiment de l’État islamique. Des représentants de l’organisation internationale, comme la représentante spéciale Zainab Bangura, sont à présent formels. L’État islamique possède une liste très détaillée, fixant les prix des esclaves sexuelles qu’il a enlevées.

La plupart de ces fillettes et de ces femmes sont des Yézidis ou des chrétiennes d’Orient. Autre particularité: plus la petite fille est jeune, plus le groupe terroriste exige un prix élevé pour la vendre. Une fille âgée de 1 à 9 ans «coûte» environ 150 euros, une adolescente de 10 à 20 ans 110 euros et une femme entre 40 et 50 ans 55 euros.

«Colportées comme des barils de pétrole»

Les hauts dirigeants de l’État islamique s’emparent des prisonnières qu’ils convoitent, après quoi des étrangers fortunés des régions avoisinantes peuvent acheter celles de leur choix. Certains femmes peuvent être aussi rendues à leur famille contre des milliers de dollars de rançon.

Les esclaves sexuelles restantes sont vendues aux membres de Daech aux prix indiqués. BloombergBusiness rapporte les propos de Zainab Bangura :«Les petites filles sont colportées comme des barils de pétrole. Une seule peut être vendue et achetée par cinq ou six hommes différents.» 

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