ERDOGAN

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LE VOCABULAIRE DE M. ERDOGAN

Par Fouad Laroui le 23/09/2020 à 12h00

Fouad Laroui Le360

Me voilà, le rouge au front, en train d’expliquer l’exorcisme pratiqué par le fqih du coin.

L’avantage de travailler dans une université, c’est qu’on a des collègues qui viennent du monde entier. En bavardant avec eux, par exemple à la cafétéria, on apprend des choses qui ne figurent nulle part dans les journaux –parce que trop subtiles, sans doute.

Prenez mon collègue Davut, esprit éclairé d’Ankara, physicien et épistémologue. Au cours d’une discussion, l’autre jour, quelqu’un évoqua les tensions actuelles dans la Méditerranée entre la Turquie et la Grèce, qui pourraient bien déboucher sur une guerre. Cet Erdogan est d’humeur belliqueuse, ces jours-ci, à cause d’un champ de gaz découvert sous les vagues et dont on ne sait qui a le droit de l’exploiter.

Davut haussa les épaules. Tout ça se règlera tôt ou tard, nous dit-il; la diplomatie reprendra ses droits. Non, ce qui l’inquiète, lui, c’est autre chose, qui est de l’ordre du vocabulaire. Il se trouve que M. Erdogan a pris l’habitude de désigner la science par le mot ilim

Je ne pus m’empêcher de jouer au cuistre en interrompant Davut:
– Mais c’est normal, non? C’est la forme turque du mot arabe ‘ilm, qui désigne effectivement la science.

Davut prit le temps d’avaler une gorgée de café.
– Exact. Mais ce mot était en usage à l’époque ottomane. Depuis un siècle, nous utilisons plutôt le mot bilim.
– Euh… ilimbilim, quelle différence?

Davut regarda par la fenêtre une sorte de barquerole glisser sur l’eau du canal. Puis il se retourna vers nous et fit ce petit exposé:

– Le mot ilim inclut les sciences islamiques et d’autres sciences (arithmétique, astronomie…) mais également la magie ou l’astrologie. Quand on l’utilise, on se place immédiatement dans un cadre théologique. Quant à bilim, c’est l’idée de la science telle qu’elle s’est développée depuis le XVIIIe siècle: organisée en champs disciplinaires ayant chacun ses méthodes, totalement dissociée de tout présupposé théologique. C’est cette science autonome, libre de tout contrôle par le clergé, qui nous a donné le monde moderne: les avions, les scanners, Internet, mais aussi l’anthropologie…

Nous commencions à comprendre. Davut se leva.

– En utilisant un mot plutôt qu’un autre, Erdogan et ses amis sont en train de préparer la soumission des activités scientifiques à une norme religieuse. Si on va dans cette direction, la roqia pourra légitimement prendre place à côté de la psychothérapie.

– La roqia, qu’est-ce que c’est? s’exclamèrent les collègues.

Et Davut de me refiler le bébé en s’en allant:

– Explique-leur, toi. Il paraît que ça se pratique dans ton pays.

Et me voilà, le rouge au front, en train d’expliquer l’exorcisme (!) pratiqué par un charlatan ou par le fqih du coin au lieu de leur parler des Marocains qui se distinguent en physique, en biologie, en médecine, en sciences sociales… O Erdogan! O ilimbilim!

La philosophie, les sciences et l’intelligence dérangent les dictateurs islamiques autant que les imams aussi arriérés !

Les Etats-Unis songent à déplacer en Grèce leur base militaire turque en raison des actions « inquiétantes » d’Erdogan

La politique étrangère agressive du président turc Recep Tayyip Erdogan a incité les responsables américains à intensifier les préparatifs de retrait de la base aérienne d’Incirlik, selon un sénateur Républicain.

« Nous ne savons pas ce qui va arriver à Incirlik », a déclaré le sénateur du Wisconsin Ron Johnson, qui préside la sous-commission des relations étrangères du Sénat pour l’Europe. « Nous espérons un mieux, mais nous devons prévoir le pire. »

Erdogan a menacé à plusieurs reprises de couper l’accès des Américains à la base, qui abrite des dizaines d’armes nucléaires américaines, depuis qu’il a écrasé une tentative de coup d’Etat ratée en 2016.

Un retrait signalerait un changement majeur dans l’équilibre de la confiance entre les Etats-Unis et le pays qui se vante d’être le deuxième plus grand membre militaire de l’OTAN, mais l’affinité croissante d’Erdogan pour le président russe Vladimir Poutine, et son hostilité envers d’autres alliés de l’OTAN comme la Grèce et la France, ont mis en colère les responsables américains, et Donald Trump, et fait naître la crainte d’un chantage inacceptable dans l’alliance transatlantique.

« Nous voudrions maintenir notre présence en Turquie afin d’optimiser notre assistance à la protection de l’Europe », a déclaré M. Johnson. 

« Je ne pense pas que nous voulions faire ce changement stratégique, mais je pense que, d’un point de vue défensif, nous devons regarder la réalité en face et voir que la voie sur laquelle Erdogan s’est engagé n’est pas bonne ».

  • Les désaccords entre la Turquie et les autres alliés de l’OTAN se sont accrus ces dernières années, en partie à cause de l’achat par Erdogan de systèmes de missiles anti-aériens russes avancés – une décision qui a conduit l’administration du président Trump à expulser la Turquie du programme de chasseurs furtifs F-35. 
  • Plus récemment, Erdogan s’est retrouvé mêlé à un conflit de frontière maritime avec la Grèce, une controverse suffisamment grave pour inciter les responsables de l’OTAN à intervenir pour tenter d’éviter un affrontement militaire entre les deux membres de l’alliance.

« Ma principale inquiétude est un affrontement involontaire », a déclaré la Fondation pour la défense des démocraties Aykan Erdemir, ancien législateur turc et critique d’Erdogan, lors d’une discussion sur le conflit Turquie-Grèce. 

« Même un conflit militaire de courte durée pourrait être extrêmement préjudiciable à l’OTAN. Parce que quand on y pense, vous savez, du point de vue russe, rien ne pourrait être plus formidable que deux membres clés de l’OTAN, flanqués au sud-est, se battant l’un contre l’autre ».

  • La Turquie et la Grèce ont toutes deux rejoint l’OTAN en 1952, mais les relations des États-Unis avec ces deux pays évoluent dans des directions opposées. 

« Nous renforçons notre présence dans la baie de Souda, parce que notre présence en Turquie, honnêtement, est menacée »

« Nous considérons déjà la Grèce comme une alternative », a déclaré M. Johnson, tout en envisageant une sortie d’Incirlik.

  • La marine américaine maintient déjà une base dans la baie de Souda, sur l’île grecque de Crète, et l’importance de cet avant-poste s’accroît avec les tensions entre Washington et Ankara.

« C’est très malheureux, le chemin qu’Erdogan prend ou a pris pour la Turquie », a déclaré M. Johnson. 

« C’est inquiétant. C’est très inquiétant, et c’est une des raisons pour lesquelles nous augmentons et améliorons notre coopération militaire avec la Grèce… nous renforçons notre présence dans la baie de Souda, parce que notre présence en Turquie, honnêtement, est certainement menacée ».

  • Le conflit d’Erdogan avec la Grèce n’est qu’une des controverses sur les frontières maritimes, en partie à cause des récentes découvertes de gaz naturel qui font de la Méditerranée orientale un atout économique substantiel. 
  • Mais la Turquie a un autre conflit avec Chypre, où la Turquie maintient une présence militaire depuis qu’elle s’est illégalement emparée d’une partie de l’île en 1974, et qu’elle en est l’occupant parce que les faibles Européens ferment les yeux.
  • La Turquie et Chypre ne sont pas non plus d’accord sur la question de savoir qui a compétence sur les eaux riches en énergie.

Et au milieu de ces controverses, le secrétaire d’État Mike Pompeo a annoncé la semaine dernière que Chypre serait autorisée à acheter « des armement et des systèmes de défense non létaux », ce qui constitue un allègement partiel de l’embargo sur les armes imposé en 1987.

« Il est dans l’intérêt de notre sécurité nationale de lever ces restrictions sur les armes, dépassées depuis des décennies, et d’approfondir nos relations avec la République de Chypre en matière de sécurité », a déclaré le sénateur du New Jersey Bob Menendez, le principal Démocrate de la commission des relations étrangères, en soutien à l’annonce de Pompeo.

  • Les responsables du Département d’État considèrent que la décision permettra à Chypre d’atténuer l’influence russe sur l’île, qui permet traditionnellement aux navires de la marine russe de se ravitailler dans les ports chypriotes. 
  • Cependant, le renforcement des liens de sécurité entre Chypre et les États-Unis est également une mise en garde lancée à Erdogan, et un signe que les États-Unis de Trump préparent une série de nouvelles options au cas où les décisions politiques du dirigeant turc rendraient Incirlik intenable pour les forces américaines. Les mêmes décisions risqueraient cependant d’être remises en cause si Biden est élu.

Erdemir, l’ancien législateur turc, a convenu que les ouvertures à Chypre et à la Grèce sont en partie conçues comme une couverture contre les menaces d’Erdogan à l’égard d’Incirlik.

Trump, considéré par les médias et les never-Trumper comme un homme sans vision, a encore une fois quelques longueurs d’avance sur les experts, et un très solide bon sens pour diriger sa vision du monde.

Entre la Turquie et la France, le risque d’escalade est-il réel?

Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdoğan s’échangent des menaces par conférence de presse interposées. Mais pour quelles conséquences?

  • Par Anthony Berthelier
Entre la France et la Turquie, le risque d'escalade est-il réel? (photo d'illustration prise le...
Entre la France et la Turquie, le risque d’escalade est-il réel? 

DIPLOMATIE – “Monsieur Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi.” Cet avertissement n’a pas été lancé via facebooklive par un gilet jaune déçu après une mobilisation ratée. Il émane du président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan qui s’exprimait, samedi 12 septembre, dans un discours télévisé depuis Istanbul. 

Une déclaration, parmi d’autres de la même teneur, qui vient acter la dégradation des relations entre Paris et Ankara. Depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron affiche son soutien à la Grèce dans le conflit qui l’oppose à la Turquie à propos de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale; une zone qu’Athènes estime relever de sa souveraineté.

Les deux pays ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manœuvres militaires et d’envois de navires sur zone. La France a elle-même déployé des navires de guerre et des avions de combat dans la région -une initiative vivement dénoncée par le président turc- avant que la Grèce ne commande 18 avions de combat Rafale, le fleuron de l’industrie militaire française.

Cette escalade verbale et militaire manifeste entre Paris et Ankara se joue sur fond d’accusation mutuelle de déstabilisation. Mais pour quelles conséquences réelles? 

Échange de menaces

Plusieurs ministres français ont tenté de calmer le jeu ce dimanche 13 septembre. Tout en affirmant ne pas vouloir “se laisser faire”, le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes Clément Beaune a expliqué  que le président turc devait “renoncer à sa stratégie de menace” pour préférer la “logique de négociation.

Même appel lancé par le ministre Franck Riester. Le ministre chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité a regretté, sur Europe 1, “l’agressivité” et les “provocations” de la Turquie tout en rappelant le souhait de la France de renouer le “dialogue” pour trouver un accord en Méditerranée orientale

Cette volonté ne semble pas partagée pour le moment. La veille, Recep Tayyip Erdoğan prévenait Emmanuel Macron qu’il n’avait pas fini “d’avoir des ennuis” avec lui. “Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie”, a-t-il déclaré, dans une forme de menace. Quelques heures auparavant, c’est le ministère turc des Affaires étrangères qui fustigeait les “déclarations arrogantes, dans un vieux réflexe colonialiste” du chef de l’État, l’accusant de “mettre en péril” les intérêts de l’Europe.

Pourquoi ce courroux? Parce qu’Emmanuel Macron a critiqué, jeudi, les “comportements inadmissibles” de la Turquie. Il exhortait, avec ses six homologues du sud de l’Union européenne, Recep Erdoğan à cesser sa politique de “confrontation.” Le tout avec une menace de sanctions. 

Quelles conséquences?

“Le torchon brûle”, constate Didier Billon dans un billet publié le 3 septembre dernier et intitulé “une préoccupante dégradation des relations franco-turques.” “Le litige est ancien mais connaît des rebondissements récents inquiétants”, juge le chercheur spécialiste de la Turquie au sein de l’Iris (Institut de Relations Internationales et Stratégiques). Il craint qu’“un ressort ait été cassé dans la relation entre Paris et Ankara” et “qu’il sera long et difficile de le réparer.”

D’autant qu’Emmanuel Macron est le dirigeant le plus offensif sur le dossier méditerranéen quand ses principaux partenaires européens, l’Allemagne en tête, privilégient le silence, le dialogue et la négociation.  

Invité de France Inter dimanche 6 septembre, Jean-Yves Le Drian assumait de vouloir ”établir un rapport de force” avec la Turquie, en parlant du sommet européen du 24 septembre comme d’une ”échéance” avant l’application de sanctions. D’ici là, le patron de la diplomatie française promet de travailler avec ses partenaires européens à “toute une panoplie de représailles, d’actions” contre Ankara, qui serait discutée, en cas d’enlisement du dossier, dès cette date là.https://www.dailymotion.com/embed/video/x7vzxpt

Mais la Turquie a des arguments à faire valoir. Elle ne cesse de menacer d’utiliser le levier migratoire à l’encontre de l’Union européenne.   

Un outil de pression géopolitique dont dispose Recep Erdogan depuis la signature, en 2016, d’un accord prévoyant que les migrants arrivant en Grèce soient renvoyés en Turquie en échange, entre autres, d’une aide financière. Il a notamment mis sa menace à exécution en février dernier, laissant se masser quelque 30.000 migrants à la frontière gréco-turque.

De quoi rendre certains pays réticents à l’idée de poursuivre l’escalade et in fine sanctionner Ankara?  “L’Europe doit avoir une voix plus unie et plus claire”, insiste de son côté Emmanuel Macron. Pour lui, la Turquie -pourtant membre de l’Otan- “n’est plus un partenaire dans cette région.” 

Clément Beaune : «Nous sommes prêts à accueillir une centaine de migrants»

Le secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes Clément Beaune annonce que la France va prendre en charge dans les prochains jours des réfugiés de l’île grecque de Lesbos, notamment des mineurs étrangers.

 A propos du Brexit, pour Clément Beaune « il est inconcevable que le gouvernement et le Parlement reviennent sur un texte qu’ils ont eux-mêmes négocié et voté, reniant la parole donnée. »

Pour leur rentrée, les « gilets jaunes » peinent à raviver la flamme

Ils étaient 8500 rassemblés en France, dont 2500 à Paris, selon le ministre de l’Intérieur.

Pour leur rentrée, faible mobilisation des
Pour leur rentrée, faible mobilisation des « gilets jaunes » (Bordeaux le 12 septembre 2020)

Pour leur manifestation de rentrée après une longue pause, les “gilets jaunes n’ont pas réussi, en pleine épidémie de coronavirus, à mobiliser massivement ce samedi 12 septembre et les maigres cortèges ont été émaillés de heurts.

Ils étaient 8500 rassemblés samedi en France, dont 2500 à Paris, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en déplacement à la préfecture de police de Paris. “Ces manifestations ont pu se tenir dans un calme qui permet à l’ordre républicain d’être tenu”, a-t-il déclaré.

Dans le nord-ouest de la capitale, proche de la place Wagram, lieu de rassemblement, des affrontements ont éclaté tout au long de l’après-midi entre manifestants et forces de l’ordre.https://www.dailymotion.com/embed/video/x7w5n2z

Des poubelles ont été incendiées, le mobilier urbain renversé et deux voitures ont été brûlées. De leur côté, les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants sortis du parcours autorisé par la préfecture. À 20H00, 287 personnes avaient été interpellées (dont 275 dans la capitale) et selon le parquet de Paris, 147 personnes étaient en garde à vue. 

Bigard hué

“Pouvoir remplir son frigo dignement”, “Demain le ciel sera jaune”, clamaient les pancartes du second cortège. Partis dans le calme depuis la place de la Bourse, les manifestants – quelques centaines – ont rejoint la porte de Champerret.

C’est ce cortège que Jean-Marie Bigard a tenté de rallier vers 10H00 avant de devoir fuir sous les huées des manifestants. Ce soutien médiatique des “gilets jaunes” s’est désolidarisé cette semaine d’une des figures du mouvement, Jérôme Rodrigues, qui avait assimilé les policiers à “une bande de nazis”. Chahuté, insulté, l’humoriste s’est réfugié un moment dans un restaurant de la place, expliquant qu’il s’agissait d’une “mauvaise interprétation”.

Né il y a presque deux ans, le 17 novembre 2018, le mouvement citoyen des “gilets jaunes”, anti-élites et qui lutte pour davantage de justice fiscale et sociale, cherche son second souffle. Il avait réussi la première année à secouer la France, entre occupations de ronds-points et manifestations parfois violentes, dont les images ont fait le tour du monde.

Plainte de BFMTV

Le préfet de police Didier Lallement avait confirmé lors d’un point presse samedi matin sur les Champs-Élysées barricadés pour la journée, la présence, dès ce samedi, d’un “superviseur” pour chaque porteur de LBD afin d’aider ”à la maîtrise et au bon usage” de cette arme. Par ailleurs, les anciennes grenades à main de désencerclement (GMD) ont été remplacées par un nouveau modèle, réputé moins dangereux, conformément aux annonces du ministre de l’Intérieur vendredi.

Dans la matinée, une trentaine de “gilets jaunes” ont brièvement pénétré dans le parking et le hall du siège de BFMTV, à Paris, prenant à partie des journalistes et bousculant des agents de sécurité. La direction de la chaîne a déposé plainte.

Dans le centre de Toulouse, plusieurs centaines de “gilets jaunes” étaient au rendez-vous malgré l’interdiction de manifester pour raison sanitaire. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène, tout comme à Lyon où la manifestation était aussi interdite. À Colmar, entre 100 et 150 “gilets jaunes” ont posé à l’aide d’une échelle un grand masque jaune sur le visage de la Statue de la Liberté, une réplique installée sur un rond-point à l’entrée de la ville.

À Bordeaux, ancien bastion des “gilets jaunes”, la manifestation a rassemblé 500 personnes dans le calme. “Tant que la colère sociale sera là, tant que les gens seront de plus en plus précaires, la colère sociale ne s’éteindra pas”, a estimé masque sur le nez, Antoine Boudinet, figure locale du mouvement après avoir eu la main arrachée par une grenade lacrymogène, en marge d’une manifestation.

Pour Erdogan, ce n’est pas l’Otan mais Macron qui est « en état de mort cérébrale »

Le président turc a tenu des propos très violents à l’encontre de son homologue français.

Recep Tayyip Erdogan, ici à l'Université Marmara d'Istanbul, le 29 novembre
Recep Tayyip Erdogan, ici à l’Université Marmara d’Istanbul, le 29 novembre 2019.

TURQUIE – Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’en est violemment pris ce vendredi 29 novembre à son homologue français Macron qu’il a jugé en ”état de mort cérébrale”, accentuant les tensions à une semaine d’un sommet crucial de l’Otan.

Reprenant les déclarations de M. Macron qui avait jugé l’Otan en état de “mort cérébrale”, Recep Tayyip Erdogan a déclaré: “Je m’adresse depuis la Turquie au président français Emmanuel Macron, et je le redirai à l’Otan. Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale”. 

“Ces déclarations ne siéent qu’à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale”, a insisté le président turc lors d’un discours à Istanbul. 

Ces propos véhéments interviennent après des critiques émises par Macron au sujet de l’offensive lancée par la Turquie en Syrie contre une milice kurde appuyée par les pays occidentaux.

Les remarques du président turc renforcent les tensions entre la Turquie et l’Otan, dont Ankara est membre, avant un sommet crucial de l’Alliance à Londres la semaine prochaine.

“Lorsqu’il s’agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire”

Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson doivent en outre se réunir en marge de ce sommet pour discuter de la Syrie.

Le mois dernier, Ankara a lancé une incursion dans le nord-est de ce pays visant la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), qualifiée par la Turquie de “terroriste”.

Mais les pays occidentaux ont critiqué cette opération et Emmanuel Macron a déclaré dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist début novembre que cette offensive unilatérale, le 28 novembre 2019, faisait partie des symptômes indiquant que l’Otan était en état de “mort cérébrale”.

Les critiques particulièrement vives de la France ont suscité l’ire des dirigeants turcs ces dernières semaines, qui accusent Paris de vouloir implanter un ”État terroriste” dans le nord de la Syrie.

“Personne ne fait attention à toi. Tu as encore un côté amateur, commence par remédier à cela”, a lancé Recep Tayyip Erdogan à l’endroit d’Emmanuel Macron. “Lorsqu’il s’agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire. Mais lorsqu’il s’agit de verser à l’Otan l’argent que tu lui dois, c’est autre chose”.

“Il est tellement inexpérimenté! Il ne sait pas ce qu’est la lutte antiterroriste, c’est pour cela que les gilets jaunes ont envahi la France”, a-t-il encore dit. “Gesticulez autant que vous voudrez, vous finirez par reconnaître le bien-fondé de notre lutte contre le terrorisme”.

Erdogan menace l’UE d’ »ouvrir les portes » aux migrants « quand l’heure sera venue »

« Vous avez de l’argent, vous êtes forts. Mais quand 100 ou 200 personnes gagnent la Grèce par la mer… », le président turc raille l’inquiétude des Européens.

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Erdogan menace l’UE d’ »ouvrir les portes » aux migrants « quand l’heure sera venue » 

“Vous avez de l’argent, vous êtes forts. Mais quand 100 ou 200 personnes gagnent la Grèce par la mer, vous téléphonez tout de suite pour dire, ’100 personnes sont arrivées sur les îles’”, a dit le responsable.

Les pays de l’UE ont vivement critiqué l’offensive lancée par Ankara dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), suscitant l’ire d’Ankara.

“Passer la zone au peigne fin”

Il y a deux semaines, Erdogan avait déjà menacé d’“ouvrir les portes” pour permettre aux 3,6 millions de Syriens réfugiés en Turquie de rejoindre l’Europe, reprochant à l’UE de qualifier d’“invasion” l’opération lancée par la Turquie contre les YPG.

Avec l’appui des pays occidentaux, cette milice kurde a été le fer de lance de la lutte contre le groupe Etat islamique. Mais la Turquie qualifie ce groupe de “terroriste” en raison de ses liens étroits avec le Parti des travailleurs (PKK), qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Après des accords conclus avec Washington et Moscou, Ankara a interrompu son opération pour permettre aux YPG de se retirer de leurs positions frontalières de la Turquie. Erdogan a indiqué que l’armée turque et ses supplétifs syriens étaient en train de “passer la zone au peigne fin”. “Si des terroristes se présentent face à nous pendant ce processus, les écraser est notre droit le plus naturel”.

La Grèce a bloqué l’entrée de 10.000 migrants en 24 heures

La situation reste très tendue à la frontière gréco-turque.

Des migrants arrêtés par la police près du poste frontière de Kastanies, en...
Des migrants arrêtés par la police près du poste frontière de Kastanies, en Grèce.

La Grèce a annoncé avoir bloqué l’entrée sur son territoire de près de 10.000 migrants en 24 heures en provenance de Turquie.

À 2h du matin dimanche, les policiers et les soldats grecs ont empêché “une tentative organisée de migrants de traverser en masse la frontière”, peut-on lire également dans ce communiqué.

En outre, 73 migrants ont été arrêtés au cours des dernières 24 heures, auxquels s’ajoutent 66 arrestations samedi, selon cette source gouvernementale. 

“Personne ne venait d’Idlib (dans le nord-ouest de la Syrie, où une catastrophe humanitaire est en cours), la plupart venaient d’Afghanistan, du Pakistan et de Somalie”

Au moins 2000 migrants supplémentaires sont arrivés à la frontière grecque pour tenter de passer en Europe, après l’annonce par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’une ouverture des frontières par la Turquie.

13.000 migrants massés le long de la frontière

l’ONU avait chiffré à au moins 13.000 le nombre de migrants massés le long de la frontière entre la Grèce et la Turquie.

Les ministre et vice-ministre grecs de la Défense Nikos Panagiotopoulos et Alkiviadis Stefanis se sont rendus dans la région d’Evros.

La Turquie a affirmé qu’elle avait ouvert ses frontières terrestres et maritimes pour laisser passer les migrants, réveillant en Europe la crainte d’une nouvelle crise migratoire semblable à celle de 2015. Militaires et policiers grecs ont renforcé leurs patrouilles le long du fleuve Evros, avertissant par haut-parleur de l’interdiction d’entrer en Grèce. Mais la zone est vaste et ardue à surveiller. Les autorités grecques utilisent des drones pour tenter de localiser les groupes de migrants marchant près de la ligne invisible et surveiller leur avancée.  Au pic de la crise migratoire de 2015, la Grèce était la principale porte d’entrée en Europe pour des centaines de milliers de migrants, la plupart fuyant le conflit syrien.

Celui qui viole les grecs accuse Macron de comédien colonialiste au Liban

Erdogan: Celui qui viole les grecs accuse Macron de comédien colonialiste au Liban

Recep Tayyip Erdogan a accusé Emmanuel Macron de visées «coloniales» au Liban et a qualifié sa récente visite à Beyrouth de «spectacle», dans un contexte de tensions croissantes entre Ankara et Paris.

Emmanuel Macron souhaite rétablir l’ordre colonial au Liban, a déclaré jeudi 13 août le Président turc Erdogan en commentant, lors d’un discours à Ankara, le déplacement de M.Macron à Beyrouth suite à l’explosion qui a fait plus de 170 morts et 6.500 blessés dans la capitale libanaise le 4 août.

«Ce que Macron et compagnie veulent, c’est rétablir l’ordre colonial [au Liban, ndlr]. Nous, ce n’est pas courir après les photos ou faire le spectacle devant les caméras qui nous intéresse», a indiqué le chef d’État turc dont les propos ont été repris par l’agence France-Presse

Le Président turc ne s’est pas personnellement rendu à Beyrouth, il y a dépêché son vice-président et son chef de la diplomatie la semaine dernière.

Le Liban a été sous mandat français de 1920 à son indépendance en 1943. Avant cela, il a été sous domination ottomane pendant quatre siècles.

Tensions Turquie-France

Les attaques de M.Erdogan interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et la France, liées notamment à des intérêts divergents en Libye et en Méditerranée orientale.

Les recherches turques d’hydrocarbures dans cette zone maritime ont suscité la colère de la Grèce et de l’Union européenne.

La France a dénoncé les actions turques avant d’annoncer un renforcement temporaire de sa présence militaire en Méditerranée orientale avec le déploiement de deux avions et deux navires de guerre.

M.Erdogan n’a pas directement commenté la décision française, mais il s’en est pris sans le nommer à un «pays qui n’a pas de littoral en Méditerranée orientale», le sommant de «ne pas se croire plus grand qu’il ne l’est».


Erdogan a recréé l’Empire ottoman et prépare l’invasion de l’Europe

Erdogan a recréé l’Empire ottoman et prépare l’invasion de l’Europe

Une escarmouche maritime entre navires turcs et français, au large des côtes libyennes, a récemment fait parler du danger immense qu’Erdogan fait courir à l’Europe en intervenant dans ce pays. Un danger que personne, aucune chaîne info, radio ni journal important, ne souligne avec la gravité qui s’impose.

Un peu d’histoire : depuis la chute de Khadafi, la Libye connaît une instabilité chronique, avec une guerre civile qui oppose d’une part un gouvernement officiel basé à Tripoli, le GNA dirigé par Sarraj, à une rébellion militaire ayant Benghazi pour capitale, conduite par le général Haftar. Sarraj est le chef d’État reconnu par l’Onu : il gouverne pourtant avec l’appui des djihadistes, mais aussi des trafiquants d’armes, d’esclaves, les passeurs de migrants. Il a transformé le territoire qu’il contrôle en un véritable paradis pour gangsters et terroristes en tous genres. Le général Haftar est, lui, soutenu par Poutine et l’Égyptien Sissi, mais aussi Paris, en catimini… Car la France, prisonnière de l’UE, l’Otan et tout le toutim, ne peut s’afficher ouvertement, et seule aux côtés d’une rébellion qui pourtant servirait bien nos intérêts si elle parvenait à s’emparer de Tripoli. Ce qui était sur le point d’arriver, Haftar contrôlant 80 % du territoire libyen à fin 2019.

Sauf que depuis quelques mois, un nouvel acteur de poids est entré dans le jeu : Erdogan. Et oui, une fois de plus, le sultan d’Istanbul, qui évoque directement un droit historique (la Libye étant une pièce de l’ex-Empire ottoman avant de devenir colonie italienne), intervient et pousse ses pions partout où l’Occident recule, se trouve embarrassé, n’a plus aucune influence. Et la Libye, déstabilisée par l’intervention franco-britannique de 2011, est un cas assez typique de zone où toute intervention occidentale passerait pour particulièrement incongrue.

Alors, dans ce conflit où l’Europe risque gros, l’avènement d’un pouvoir pro-djihadiste à quelques encablures de ses côtes, l’UE comme l’Otan sont aux abonnés absents, ferment les yeux sur les agissements turcs. Car Erdogan n’y est pas allé de main morte, en Afrique du Nord : plus de 7 200 miliciens venus de Syrie, des ex-djihadistes pour la plupart, sont venus au secours de Sarraj, qui s’est aussitôt remplumé, alors que sa défaite était programmée.

Alors que les navires turcs contrôlent les côtes libyennes et agressent les navires Français, Otan, UE restent bouche bée. À croire qu’ils sont seuls à ne rien voir de ce qui risque fort d’arriver : l’Europe prise en tenailles par Erdogan, entre les côtes grecques à l’Est, et les côtes italiennes au sud. De ces deux ponts d’accès, il pourra nous inonder d’armes, de djihadistes, de migrants bref, nous envahir, nous faire du chantage, faire pression sur nos gouvernements. Comme il avait d’ailleurs commencé à le faire en début d’année, avec le déferlement de migrants sur la Grèce.

Nos dirigeants, pourtant, ne s’affolent pas, de même que nos médias et toutes nos élites : à croire qu’ils sont tous aveugles, ou alors peut-être complices, qui sait… Car Erdogan est l’ennemi de Poutine, c’est le seul qui ose encore affronter le tsar à ses risques et périls : il lui en a d’ailleurs coûté quelques plumes au nord de la Syrie, en début d’année. Comme Poutine est aux yeux de l’Otan le diable en personne, il nous faudra tout endurer d’Erdogan, sans broncher…

Voilà où en est l’Occident et son ordre international bidon, qui ne sert que les intérêts et marottes américaines, sans jamais défendre les enjeux vitaux d’une Europe pourtant en grand danger…

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