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Encore un couple homo en pleine réussite ?

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Rencontre : Le couple de passionnés qui veut transformer le château de Catherine Deneuve en hôtel de luxe

Frédéric Biousse et Guillaume Foucher s’évertuent à transformer des demeures nobles en hôtels de luxe. Leur dernière acquisition ? La maison en Normandie de Catherine Deneuve.

À l’automne 2018, une rumeur agite les accros aux pages « belles demeures » du Figaro : Catherine Deneuve aurait vendu le château de Primard, à Guainville, en Normandie, son lieu de villégiature depuis plus de vingt ans. On s’interrogeait : qui aura la chance de s’installer dans cet hôtel particulier époque directoire, d’une valeur estimée à près de 4 millions d’euros ? Quelque 1 200 m2 de surface habitable cernés par l’Eure et les charmilles avec maison de gardien, dépendances, piscine et roseraie. L’actrice est connue pour sa discrétion. Sa thébaïde était nimbée de mystère. Peu de clichés de la propriété existent, rares sont les invités à avoir rendu compte de la magnificence du lieu.

Les deux élus sont des collectionneurs d’hôtels de luxe, Frédéric Biousse, 51 ans, et Guillaume Foucher, 44 ans, déjà à la tête de plusieurs établissements en Europe. Le couple a découvert Primard en novembre 2018, alors qu’il cherchait une maison de campagne pour des cures de chlorophylle à moins d’une heure de Paris. « Nous avions envie de boue, de biches, de chevreuils… Quand j’ai découvert la maison, ses proportions parfaites, je suis immédiatement tombé amoureux », raconte Guillaume Foucher au volant de sa voiture filant sur les routes normandes. Les yeux d’Oscar, un golden retriever, dépassent du coffre. Le domaine est finalement « trop beau et trop grand pour ne pas être partagé », décident les deux élégants : Primard deviendra un hôtel cinq étoiles en mai 2021.

Panoramas instagrammables

Le couple vit à Paris dans une jolie maison sur trois étages recouverte de rosiers, en plein Saint-Germain-des-Prés. Avant de devenir des hôteliers en vue, Biousse et Foucher avaient déjà vécu plusieurs vies. Frédéric Biousse, centralien, fils d’un général et d’une pianiste, a fait fortune dans la mode en redressant des marques assoupies comme Comptoirs des cotonniers ou Sandro. Ce gros bosseur, visage en pointe et lunettes rondes, continue aujourd’hui à faire valser les millions depuis son téléphone avec le fonds d’in­ves­tis­sement qu’il a cofondé. Frédéric a rencontré son futur mari quand Guillaume était étudiant à l’école du Louvre. Ce spécialiste du Grand Siècle, en particulier « des rapports entre Rome et Paris au XVIIe siècle dans la décoration intérieure des grandes demeures », montera ensuite une galerie de photos à Paris et à Bruxelles. « Lors de notre premier date, nous avons découvert que nous avions tous les deux un chien et un chat appelés Maurice. C’était un signe. »

Leur seconde vie professionnelle commence au milieu des années 2000. Ils rêvent de créer un hôtel de luxe géré comme une maison de famille, loin des Hyatt lyophilisés. Ce sera d’abord Fontenille, une bastide provençale du XVIe siècle entourée d’un domaine viticole. Ils créent un restaurant gastronomique, fabriquent leur propre vin et aménagent le lieu avec des œuvres d’art et des photos de leurs parents ; en fond sonore, leurs chanteurs préférés, Étienne Daho et Barbara. Ils rachètent ensuite deux fincas à Minorque, puis les hôtels Les Hortensias du lac à Hossegor et Les Bords de mer à Marseille, dont la vue superbe sur la plage des Catalans fait le délice des instagrammeurs. Leur méthode : rester des semaines entières à sillonner la même région, une carte à la main, leurs deux chiens dans le coffre. « Notre limite d’expansion, c’est l’Empire romain sous Auguste », avance crânement Guillaume Foucher, avant de rectifier : « Il faut que les chantiers de nos hôtels soient à moins d’une heure de Paris. »

Inspection surprise

Avant de jeter son dévolu sur Primard, le couple visite une trentaine de maisons dans la campagne normande. Des châteaux appartenant autrefois à la noblesse parisienne, « trop gros, trop prétentieux », ou des fermes templières « sans intérêt architectural ». Primard a été construit à la fin du xviiie siècle par le marquis de Dampierre, un général qui s’illustra lors de la bataille de Valmy. « Cette demeure balzacienne, familiale, dès que je l’ai vue, j’ai senti qu’elle m’attendait. Elle dormait depuis trop longtemps. Il a fallu beaucoup de travaux pour lui redonner vie », expliquait Catherine Deneuve en 2000 au magazine Oh La ! Pour les jardins, l’actrice a fait appel au paysagiste belge Jacques Wirtz, qui rénova notamment ceux du Carrousel du Louvre et de l’Élysée. Des buis taillés en différents volumes côtoient de larges roseraies. « Ce jardin est la quintessence du bon goût, loue Guillaume Foucher. Certains rosiers que Catherine Deneuve a plantés ne refleurissent pas, mais dégagent des senteurs extrêmement fortes, qui se mêlent aux odeurs de tilleul brassées par le vent. Tout cela a été conçu avec une intelligence incroyable ».

C’est un aspect méconnu de la personnalité de Catherine Deneuve. Elle n’est pas seulement la Parisienne, incarnation de l’élégance à la française, mais aussi une passionnée de nature, qui collectionne les fleurs rares autant que les grands rôles. L’actrice n’a jamais hésité à prendre l’avion pour aller chercher une bouture, des plants ou des graines dénichées dans des revues spécialisées. Simple hasard ou preuve de l’insistance de la lettre dans l’inconscient : Catherine Dorléac est née cité des Fleurs aux Batignolles. « Avec elle, on a parlé des heures de pompe de relevage et de son âne Praline. Elle est très campagne », sourit Guillaume Foucher.

Une vidéo fameuse chez les admirateurs la montre en coulisses d’un défilé, déplorant qu’un renard ait dévoré ses poules et énumérant avec une nostalgie chantante les races des défuntes, des « poules de Houdan » aux « brahmas », avant de conclure : « Les gens trouvent ça bête, les poules. Moi, je trouve ça extrêmement sympathique et très gai dans un jardin. » Au moment de vendre son éden normand, l’actrice s’est assurée que les futurs propriétaires respecteraient l’esprit du lieu. « Catherine Deneuve a choisi ses acheteurs. Nous avons dû la voir plusieurs fois pour lui présenter notre projet », détaillent Biousse et Foucher. Le couple a été invité à venir dormir à Primard avant de conclure la vente. Ils ont décliné poliment : ils étaient déjà convaincus. Même après l’achat, l’actrice a gardé un œil sur les travaux : un jour où Guillaume Foucher avait publié des images du nouvel a­mé­na­gement du potager sur Instagram, il a la surprise de voir débarquer le lendemain l’actrice pour une inspection amicale.

Oscar, nouvelle star

Pas question de faire de Primard un « musée Deneuve ». « Si des gens viennent à l’hôtel pour voir la maison dans laquelle elle a picolé avec Yves Saint Laurent, on ne pourra pas les en empêcher, mais personne, chez nous, ne sera habillé en Peau d’âne », résume en riant Frédéric Biousse. De toute façon, il ne restera pas grand-chose de son passage. Adieu les tentures orangées du salon et la crédence vert bouteille de la cuisine : la transformation d’une maison de campagne en hôtel impose un ré­a­mé­na­gement complet.

Conduite appliquée de jeune conducteur – il vient juste d’obtenir son permis –, Guillaume Foucher s’engage dans un domaine de Primard en pleins travaux. De loin, la maison a de faux airs de Cheverny, ce château de la Loire qui inspira le Moulinsart de Tintin. Des lignes simples, un toit en ardoise, des volets bleu gris. Le chic absolu. « Les chambres donnent sur l’eau. Quand on ouvre les fenêtres, les canards s’envolent », explique Guillaume, bottes aux pieds et anorak bleu marine. Le Charentais, issu d’une famille de métayers, semble très à l’aise dans son rôle de gentleman-farmer. La visite se prolonge dans la roseraie et au milieu des vergers où les clients de l’hôtel pourront bientôt manger. « C’est enchanteur, n’est-ce pas ? », salue Gérard, jardinier qui officiait déjà du temps de Catherine Deneuve. Oscar, le golden retriever, suit gaîment, les pattes pleines de boues. Les ouvriers du chantier lui font la fête. Depuis l’achat de la maison, il a été rebaptisé par ses maîtres Oscar de Primard. C’est sans aucun doute lui, la nouvelle vedette du lieu.

Cet article est paru dans le numéro 87 (Mars 2021) de Vanity Fair.

Publié le LUNDI, 19 AVRIL 2021

par Gaspard Dhellemmes

© Aline Zalko

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Comme au bled ! Les magasins Carrefour des banlieues islamisées vont être dirigés par Carrefour-Maroc

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A ne pas manquer Dhimmitude Identité française Publié le 12 juin 2021 – par Jules Ferry– 4 commentaires

Illustration : catalogue Carrefour Maroc

Les banlieues, des colonies  qui refusent de s’assimiler : Carrefour s’adapte à l’islamisation.

Cette  nouvelle est un très bon indice de la situation : les banlieues sont massivement islamisées.  

Carrefour n’y est pour rien, ses magasins doivent faire avec la clientèle locale. 

Il y a encore 30 ans, l’offre pouvait grosso modo être la même dans tous les magasins de France et de Navarre. 

Comme au bled !

Les grandes surfaces doivent s’adapter à l’islam généralisé dans les banlieues

Problème : la situation a évolué, le public a  changé au point qu’on ne peut plus ignorer le communautarisme et les grandes surfaces doivent s’adapter car elles perdent de l’argent.

Les Français aux manettes chez Carrefour n’ont pas les « codes » : les magasins de France doivent donc devenir comme ceux du bled.

Le groupe Carrefour a lancé des discussions avec la direction Carrefour-Maroc, c’est à dire Carrefour Label’Vie pour lui confier la gestion de plusieurs magasins en France, dits ethniques : des super et hypermarchés présents dans les quartiers et banlieues où vit  la communauté musulmane et que le groupe Français n’arrive pas à rentabiliser.

Le groupe Carrefour, leader de la grande distribution dans l’hexagone, veut sous-traiter la gestion de ses magasins situés dans des quartiers ou des banlieues où vit majoritairement une clientèle musulmane au groupe marocain Label Vie, son partenaire au Royaume.

Selon nos sources, le groupe Carrefour a fait récemment une segmentation de ses magasins en France. Et a remarqué que les magasins ethniques (population musulmane notamment) ne sont pas rentables. C’est de là que la décision est venue de confier la gestion de ces grandes surfaces à un acteur qui sait s’y faire, qui connaît les besoins de cette clientèle.

« Il y a des quartiers et des banlieues en France qui ont des spécificités que le groupe Carrefour n’arrive pas à gérer, ou en tout cas à s’y adapter. Des attentes et des habitudes de consommation différentes, qui de plus évoluent au fil de l’année en fonction des fêtes religieuses, le Ramadan, l’Aïd El Kébir et autres occasions et qu’il faut prendre en compte pour mieux servir cette clientèle et rendre ces magasins attractifs », explique une de nos sources françaises.

[…]

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{}[+]4 COMMENTAIRES 

Argo

Argo il y a 15 heures

Un pas de plus dans l’islamisation de notre espace public, déjà envahi par les boucheries, boulangeries, épiceries hala muz et j’en passe! Bientôt on ne trouvera plus un seul magasin français en activité! Quelle dégringolade, quelle déchéance! Merci Jules Ferry pour l’info, je n’en avais pas entendu parler. Une personne que je connais bien va à la boucherie muz de la ville d’à côté. Devant mon air dégoûté, il m’a dit qu’il ne fallait pas être comme «ça». Réponse de ma part, je préfère devenir végan! En rigolant, j’ai ajouté, à force de bouffer halal vous allez peut-être vous convertir, bon ramadan! Je ne le revois plus, peut-être s’est-il empoisonné? Répondre

J.francois du Pontet

J.francois du Pontet il y a 15 heures

Bonjour , une très bonne raison pour ne pas fréquenter ces merdes de commerces. Je fais tous mes achats dans des bons petits commerces , ou direct chez nos paysans ,ou les produits sont excellents , ,quant aux différents produit entretien ,bricolage, je les commandes sur le web , biens moins cher,je n’ai plus mis les pieds dans une grande surface depuis 8 ans , ,ils faut boycotté tout les minables qui portent atteinte à nos valeurs , islam est ,et, restera notre ennemi comme tous ceux qui le soutienne. Répondre

Paul ter Gheist

Paul ter Gheist il y a 11 heures

Ah ah Carrefour, il me revient qu’ils se sont un jour installés en Belgique, c’était il y a un certain temps. Et dans certaines implantations aux noms un peu étranges comme Wavre ou Waterloo ils ont affiché leur littérature en bilingue français-néerlandais comme à Bruxelles, le souci était qu’ils se trouvaient en Wallonie et ont du remplacer par du français uniquement. Ah ces Régions, et en Wallonie il y a des municipalités germanophones , dont Eupen, près de Aix la Chapelle ( Aachen) et comme c’est en Wallonie ils avaient prévu le français , et hop changer pour l’allemand local et obligatoire. Quand on dirige depuis Paris… Répondre

ALEXIS

ALEXIS il y a 9 heures

Avec Carrefour! Je m’islamise! Répondre

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Prends l’oseille et tire-toi: Tom de MySpace et le PDG de TikTok ont-ils tout compris ?

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Un peu moins d’argent, mais beaucoup moins d’emmerdes.

Repéré par Barthélemy Dont sur Forbes

06/06/2021 à 8h05

Quel est le point commun entre Zhang Yiming, le PDG de ByteDance, et Tom de MySpace, le fameux ami que tout les utilisateurs et utilisatrices avaient en commun? Tous deux ont fondé le réseau social le plus populaire de leur époque, et tous deux l’ont quitté au pic de sa popularité, avant leurs 40 ans.

Zhang Yiming, 38 ans et milliardaire, vient en effet d’annoncer qu’il abandonnait le poste de PDG de ByteDance, la maison-mère de l’immensément populaire TikTok, au profit de l’autre co-créateur de l’entreprise, Liang Rubo. Zhang ne quitte pas le groupe mais veut désormais «se concentrer sur la stratégie à long terme», plutôt que sur la gestion quotidienne.

Dans l’e-mail ayant annoncé la nouvelle à ses équipes, le néo-milliardaire explique lucidement qu’il «n’a pas les compétences qui font un manager idéal». «Je ne suis pas très social, je préfère les activités solitaires comme être sur internet, écouter de la musique ou rêver d’initiatives à plus long-terme», poursuit-il.À lire aussi Jack Ma a disparu

Cette annonce est d’autant plus surprenante que des rumeurs persistantes annoncent que ByteDance pourrait bientôt effectuer une entrée en bourse, qui s’annonce bien sûr massive.

Pourtant, le cas de Zhang Yiming n’est pas isolé. Récemment, Colin Huang, le fondateur du site de e-commerce Pinduoduo, a annoncé quitter à 41 ans son entreprise, pourtant en pleine croissance et elle aussi ultra-populaire en Chine.

Le jeu en vaut-il la chandelle?

Ces démissions prennent place alors que le gouvernement chinois resserre son emprise sur les entreprises tech à succès. Le mastodonte du e-commerce Alibaba, notamment, a dû payer de gigantesques amendes et restructurer ses activités à la suite d’une enquête anti-trust.

Autrefois omniprésent et peu discret, son PDG Jack Ma a disparu trois mois des radars après avoir critiqué le système financier du pays. En 2016, il reconnaissait néanmoins que «parmi les hommes les plus riches de Chine, peu connaissent une fin heureuse».

Finalement, Zhang Yiming a peut-être pris la meilleure décision possible. Car parmi les créateurs de réseaux sociaux immensément populaires, celui qui a la vie la plus paisible est très probablement le fameux Tom de Myspace.À lire aussiLes petits secrets de Jeff Bezos, ex-patron d’Amazon

En 2005, Tom Anderson a ainsi vendu MySpace, alors au pinacle, à News Corporation, l’empire de Rupert Murdoch, pour 580 millions de dollars. Six ans plus tard, Murdoch s’en est débarrassé pour 35 millions, reconnaissant avoir fait une grave erreur.

Comme le raconte The Verge, Anderson profite désormais tranquillement de sa fortune et entretient une présence très minimale sur internet.

Alors que Facebook et Twitter sont devenu d’incontrôlables mastodontes et que leurs PDG Mark Zuckerberg et Jack Dorsey passent leur temps à se défendre devant le parlement américain au sujet de polémiques à répétition, Anderson parcourt quand à lui le monde pour prendre des photos.

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Le prix du meilleur jeune économiste décerné à un défenseur de l’automatisation

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lundi 31 mai 2021, par  Jules Devie

Xavier Jaravel, formé à Harvard et actuellement professeur à la London School of Economics, a remporté le prix du meilleur jeune économiste décerné par le Cercle des économistes. Ses travaux portent notamment sur les conséquences de l’automatisation sur l’emploi.

Il démontre, en analysant des données sur plus de vingt ans, que les entreprises françaises qui automatisent augmentent leurs emplois par rapport à celles qui n’automatisent pas. Cela s’explique par un gain de productivité se traduisant par un gain en parts de marché, ce qui provoque une augmentation de leurs besoins en main d’œuvre. De plus, nous dit Xavier Jaravel, les nouveaux emplois ainsi créés ne sont pas moins bien rémunérés que les anciens contrairement à ce que prétendent certains économistes ou politiciens.

Laissons donc les entreprises se robotiser plutôt que de les décourager comme font trop souvent les politiques publiques.

Augmenter la productivité par les nouvelles technologies pour créer de la richesse et de l’emploi

mercredi 18 novembre 2020, par  Sébastien Chapotard

« Je n’utilise pas les caisses automatiques qui suppriment l’emploi d’une caissière » peut-on entendre dans la file d’attente d’un supermarché. Un type d’argument que l’on entend souvent appliqué à nombre d’innovations technologiques ou de services apportés par des entreprises : Airbnb et les hôteliers, la numérisation pour de nombreux postes administratifs, les robots pour certains ouvriers non spécialisés et plus globalement l’intelligence artificielle (IA) pour beaucoup d’emplois.

La hausse de la productivité s’accompagne d’une évolution de l’emploi

En 2013, un premier rapport de C. Frey et M. Osborne, chercheurs à l’université d’Oxford, avançait que 47% des emplois américains seront remplaçables par des robots intelligents d’ici à une vingtaine d’années [1] . En 2016, L’OCDE affirmait que « 14% des travailleur de l’OCDE courent un risque élevé que leurs tâches actuelles soient automatisables au cours des 15 prochaines années » [2]. En France, le rapport [3] du député LREM Cédric Villani en 2018 évoquait que 10% des emplois seraient menacés de disparition et 50% seraient automatisés à plus de 50%. Ces chiffres, fréquemment repris dans les médias, créent une certaine angoisse. Est-elle justifiée ?

Cette inquiétude est loin d’être récente. Elle a historiquement existé dans l’agriculture et dans l’industrie. Dans l’agriculture, l’amélioration des techniques et des outils a progressivement augmenté la productivité et les rendements. Dans le même temps les exploitations s’agrandissaient et le nombre d’employés par hectare diminuait. Les premières tensions arrivent dans l’industrie au début du XIXème siècle. Dans les années 1811-1812, en Angleterre, des artisans (tondeurs et tricoteurs sur métiers à bras) s’opposent aux manufacturiers qui développent l’emploi de machines (métiers à tisser) pour travailler le coton et la laine. C’est le mouvement du luddisme avec des briseurs de machines qui subiront une forte répression par les militaires.

L’évolution de l’emploi par secteur est révélatrice de ces destructions d’emploi. En 1789, 67% des ménages français vivent de l’agriculture [4]. Ce chiffre n’a depuis cessé de diminuer. Ainsi en 1906, 43,2% de l’emploi total est dans l’agriculture, 28,9% dans l’industrie et le bâtiment et 27,9% dans le tertiaire. En 1970, 13% est dans l’agriculture, 38,6% dans l’industrie et 48,3% dans le tertiaire [5]. En 2017, 2,6% dans l’agriculture 20,5% dans l’industrie et la construction et 76,8% dans le tertiaire [6]. Qui pourrait aujourd’hui imaginer avoir notre niveau de richesse et de développement si les deux tiers des Français travaillaient pour nous nourrir ou si près de 40% de l’emploi se concentrait uniquement dans l’industrie ?

La destruction créatrice permet la création de richesses

Cette évolution illustre la destruction créatrice théorisée par l’économiste Joseph Schumpeter : la disparition de secteurs d’activité et d’emplois est concomitante à la création de nouvelles activités et de nouveaux emplois. Cette destruction créatrice a une conséquence : l’augmentation de la richesse globale. Refuser la destruction c’est refuser la création. La productivité augmente avec la diminution du besoin en main d’œuvre. La production de richesse peut se représenter en multipliant le nombre de travailleurs par leur productivité à l’heure et le nombre d’heures travaillées. Alors que la part de la population travaillant et le nombre d’heures travaillées ont reculé, le seul moyen d’augmenter la production de richesse est dès lors l’amélioration de la productivité.

Cette destruction créatrice comporte d’autres avantages. Ce sont les emplois pénibles ou répétitifs qui sont supprimés. Les emplois supprimés progressivement dans l’agriculture puis l’industrie sont les plus difficiles : ouvrier spécialisé (OS) sur une chaîne à la ligne, ouvrier agricole. Des emplois qui sont souvent aujourd’hui non-pourvus. Les secteurs qui vont perdre des emplois aujourd’hui sont ceux qui peineront à recruter dans quelques décennies.

Le réel enjeu est ailleurs : la formation. Les travailleurs doivent être formés aux métiers de demain qui créeront de la richesse. La France est particulièrement mauvaise sur la formation. Celle des jeunes avec une orientation inefficiente et de nombreuses filières d’études aux très faibles débouchées. Celles des adultes avec une formation professionnelle bien en deçà de la moyenne de l’OCDE [7]. Les premiers comme les seconds doivent être orientés vers les métiers d’avenir. Une population qualifiée n’a rien à craindre de la robotisation ou de l’intelligence artificielle. Les pays le plus avancés dans la robotisation et l’intelligence artificielle sont loin d’être ceux qui perdent le plus d’emplois. Contre-intuitivement, ce sont ces pays qui ont les taux de chômage les plus faibles.Taux de chômage par rapport au taux de robotisation

Le développement de la robotisation et de l’intelligence artificielle ne doit pas être perçu comme une menace. Elles ne font que prolonger l’augmentation de la productivité et l’évolution de l’emploi. L’analyse reste malheureusement trop souvent limitée au premier terme de la destruction créatrice, omettant ainsi la création de valeur associée.Partager cet article :
Augmenter la productivité par les nouvelles technologies pour créer de la richesse et de l’emploi
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[1https://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/The_Future_of_Employment.pdf

[2http://www.oecd.org/future-of-work/

[3https://www.aiforhumanity.fr/pdfs/9782111457089_Rapport_Villani_accessible.pdf

[4https://www.persee.fr/doc/estat_0336-1454_1977_num_91_1_3127

[5https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2005-2-page-21.htm

[6https://www.insee.fr/fr/statistiques/3676643

[7https://www.oecd.org/france/Future-ready-adult-learning-2019-France.pdf

Messages

  • 1. Robotisation = atout déterminant pour le “mieux vivre ensemble” en France, 19 novembre 2020, 09:06, par  Maellys93Votre étude “savante” étayée par de nombreux renvois à des rapports et théories tout aussi savantes, souffre d’un manque d’eléments concrets compréhensibles par le français moyen en contact des réalités quotidiennes de la vie de tout les jours.  
    Vous pourriez être au moins plus explicites sur les économies tangibles dont il pourrait bénéficier à terme par la baisse des prélèvements obligatoires.
    Un exemple : le finacement des ONG 
    Comme la robotisation touche principalement les emplois pénibles, répétitifs et sans qualifications, mal payés qui ne trouvent pas de candidats parmi les personnes sans emploi, c’est la fin des ONG pourvoyeuses de main d’oeuvre à bas prix qui prospèrent dans le Business de l’immigration.
    D’où les économies en aides et subventions pour ces ONG.
    Sans parler de toutes les économies qui seraient liées à la baisse drastique d’une immigration peu qualifiée.
    Economie en sécurité du territoire, en baisse des engorgements des tribunaux, en diminution de la surpopulation carcérale.
    La robotisation, en définitive, c’est un atout déterminant et un vecteur important pour le “BIEN VIVRE ENSEMBLE” en France.
    Voila un slogan marketing à reprendre par les entreprises françaises qui évoluent dans le domaine !!!
  • 2. Si le progrès provoquait du chômage, la dernière période de plein emploi remonterait à l’âge des cavernes, 19 novembre 2020, 09:16, par  Jean-Michel THUREAULes seules causes de chômage sont d’origine étatique : hyper-taxation de l’activité productive, hyper-réglementation, immixtions, etc.
    Les pays champions de l’étatisme sont également les champions du chômage et de l’exclusion.
    Il n’est pas étonnant que les politiciens tentent désespérément de nous faire croire qu’ils sont innocents et que seul le progrès est cause de chômage. C’est à qui courra le plus vite, criera le plus fort lors de la fermeture d’une usine. 
    Si l’État restait dans son rôle (le régalien), le chômage disparaîtrait comme par enchantement et l’on verrait que pour que de nouvelles usines apparaissent d’autres doivent fermer.
  • 3. La révolte contre les machines…, 19 novembre 2020, 11:55, par  Dominique PérignonLes références anglo-saxonnes ne doivent pas nous faire oublier la *Révolte des Canuts* de Lyon contre le métier à tisser de Jacquard… (1830) qui a davantage marqué les mémoires françaises que le luddisme…
  • 4. Caisses automatiques, 19 novembre 2020, 21:17, par  theanoEh bien moi, je les plébiscite les caisses automatiques. Elles sont 1000 fois plus aimables que les caissières, du moins dans mon quartier du centre de Paris.
  • 5. Les caisses automatiques qui suppriment l’humanité, 23 novembre 2020, 10:00, par  Tijoux PatriceL’argument cité en exergue, confortant l’idée que la supression des caissiers ou caissières de nos magasins pour les remplacer par des automates serait une destruction créatrice permet(tant) la création de richesses est faux.
    Contrairement à la France qui remplace progressivement les caisses à visage humain, les Etats-unis continuent à employer dans leurs magasins des personnes qui, grâce à cette possibilité qui leur est proposée, vivent dignement et socialement. L’amabilité, la courtoisie font alors toujours partie de la vie. Ces personnes, qui facturent les produits achetés, mais aussi les emballent et pour certains accompagnent à leur voiture les clients afin de déposer dans leur coffre les produits achetés n’y voient jamais une corvée humiliante (No Tip !).
    Ces personnes, âgées ou en situation de handicap (physique ou mental) par ce moyen, retrouvent avec ce travail le retour à une autonomie financière et sociale.
  • 6. Oui ! Mais …, 30 novembre 2020, 11:54, par  MarcS’il va de soit que je préfère creuser une tranchée dans la roche à l’aide d’un engin de chantier plutôt qu’à la pioche, transporter des marchandises à l’aide d’un véhicule plutôt qu’à dos d’homme et que les terrassiers ont quitté leurs pioches pour conduire un engin tout comme les porteurs ont appris à conduire un camion. Ce qui au passage à donné du boulot aux maréchaux ferrants qui ont lâché leurs ferrages de sabot pour ouvrir des garages de mécanique. Etc.Que ce soit par goût ou par nécessité, avec soulagement ou la contrainte, tout ce gros monde c’est recyclé tout simplement pour avoir un métier qui existe encore, un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail.Bonnes choses que cela.Mais…Que faire lorsque un métier naît et meurt en 5 ans ?
    Que faire lorsqu’on n’est pas ou plus capable de suivre la course ?
    Est ce qu’il s’agit d’ouvrir une caisse automatique en plus des existantes pour “traiter” plus de clients plus rapidement ou pour supprimer une ou plusieurs des caisses existantes ?S’il va de soit qu’il va falloir des “nouveaux métiers” pour vendre, transporter, installer, entretenir, éventuellement recycler cette caisse automatique, ces “nouveaux métiers” ne sont pas directement accessibles aux “anciens”. Pour ces derniers il va falloir se recycler. Parfois moins de 5 ans après avoir appris un métier déjà obsolète. Métier qui en son temps avait déjà mis à mal ceux des “petits commerçants de proximité des centres villes historiques”.
    Ajoutons à ça que le financement des reconversions, des pertes d’emplois, de la Santé, du “Grand Tout” en fait repose sur les cotisations des travailleurs et qu’un robot ne cotise pas ; qu’il faut des revenus pour être utilisateur du robot de caisse…Produire plus à l’aide machines pour que le même nombre puisse gagner et consommer plus est une idée séduisante, bien que la Nature ne soit pas de cet avis. Vouloir la capacité à produire plus sans prendre en compte la nécessité d’avoir un débouché pour les choses produites est une idée bien curieuse.Bref, votre équation Robot=Emploi rejette beaucoup trop de variables pour être acceptée-soulignée-encadrée.À quand l’automatisation du recyclage des métiers ?

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