En Mai 68 quasiment personne ne voyait en mal de tripoter des enfants… cette prise de conscience est récente… car l’imbécilité collective comme pour la circoncision c’est de croire qu’un enfant ne souffre pas… qu’il est lisse et doit tout accepter…


Olivier Duhamel : serait-ce la fin de règne des baby boomers et de leur idéologie soixante huitarde?

Dans un premier article « Olivier Duhamel accusé de pédophilie : l’affaire du siècle ? », nous avions analysé son cursus républicain exemplaire jusqu’à ce poste envié de président de l’association « Le Siècle », au cœur du pouvoir selon la judicieuse expression d’Emmanuel Ratier le premier à l’avoir étudiée. Dans un second, « Olivier Duhamel et ses réseaux : de la démocratie à l’oligarchie ? », nous nous étions posé la question de cette dérive des réseaux dont il était un acteur majeur.

Mais, derrière ce scandale sexuel et de l’omerta complice, n’assisterait-on pas à la fin de règne des « baby boomers » et de l’idéologie de 68 qui a irrigué la société française ? Par qui seraient-ils remplacés et avec quelle idéologie ?

Qui sont les baby boomers ?

Ils sont ainsi définis sur Wikipédia : « Un baby boomer… est une personne née en Occident pendant la période du baby boom, après la seconde guerre mondiale …  cette génération comprend les personnes nées entre 1943 et 1960… »

La quasi-totalité des protagonistes du scandale Duhamel appartient à cette génération : Jean Veil, Alain Minc, Daniel Cohn Bendit, Robert Badinter, Élisabeth Guigou, Bernard Kouchner, Aurélie Filipetti, Nicole Belloubet, Marc Guillaume, Thierry Solére, Frédéric Mion, feu Richard Descoings, feu Guy Carcassonne, Christine Ockrent… Il en est de même pour les acteurs d’autres dénonciations en cours : Richard Berry, Marc Pulvar.

Elle a généré en retour l’expression « OK Boomer » comme réponse et critique des idéaux de cette génération des boomers qui ont fabriqué la société dont héritent les générations suivantes.

Quelle était l’idéologie dominante des amis boomers d’Olivier Duhamel ?

À l’origine imprégnée de la doctrine  marxiste largement diffusée par l’Éducation nationale et l’Université, ils seront ensuite séduits par sa version cubaine, tropicale et tiers-mondiste. Enfin ils tourneront libéraux libertaires avec deux slogans de 68 qui résument cette évolution : « il est interdit d’interdire » et « Jouissez sans entrave » tout en militant pour les droits de l’homme.

C’est ainsi que la dépénalisation des relations sexuelles avec les mineurs deviendra  un de leurs combats avec la publication en janvier 1977 dans Libération et Le Monded’une tribune signée par 69 personnalités parmi lesquelles  un psychosociologue, un psychologue, cinq psychiatres et un psychanalyste. Ils y prennent la défense de trois pédophiles et militent pour la décriminalisation des rapports sexuels entre adultes et enfants. (voir le texte et les signataires en note 1).

Comme l’écrit Pascal Eysseric dans le dernier numéro d’éléments : « le récit de Camille Kouchner n’est pas seulement le témoignage d’un naufrage personnel, mais le révélateur d’un milieu qui a essayé de vivre l’utopie de 1968. »

Qui est à l’origine de la critique de ces des baby boomers ?

Ce sont les enfants de ces familles, incarnations de l’idéologie de 1968, qui les dénoncent ainsi que l’explique Pascal Eysseric  dans ce même article d’éléments.

Camilla Kouchner a été précédée par Raphaël Enthoven — « le temps gagné » —, Laurence Debray — « Fille de révolutionnaire » —, Camille de Toledo — « Thésée, sa vie nouvelle » —. Il faut y ajouter Virginie Linhart, fille du fondateur du mouvement  maoïste UJCML, qui décrit sa mère militante MLF dans « L’effet maternel ».

Dans un documentaire « Soixante-huit, mes parents et moi », elle avait fait témoigner d’autres fils et filles de soixante-huitards célèbres comme Nathalie Krivine, Samuel Castro, Matthias Weber, René Lévy  sur les conséquences de leur éducation familiale.

Le milieu se défend : certains se dédouanent, d’autres excusent

Ainsi, sur Europe, Jack Lang fait partie de ceux qui se dédouanent à bon compte. S’il a reconnu ses erreurs passées : « Il y a cinquante ans, on a écrit une connerie. Que dois-je faire ? M’immoler devant vous ? J’ai fait une connerie, et basta, voilà. », il s’est désolidarisé affirmant n’avoir jamais eu vent de ses agissements. « Je ne fréquente pas ces milieux, je vis en dehors de tout ça » ajoutant « Je ne participe pas à des mondanités qui me sont totalement étrangères ». Puis, il a condamné son ancien collègue :  « C’est une honte ce qui a été accompli par Olivier Duhamel, il n’y a pas de mot pour designer l’inceste et la pédophilie. »

Il en est de même de Daniel Cohn-bendit. Si, en avril 1982, il avait déclaré : « La sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique, faut être honnête. J’ai travaillé, auparavant, avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c’est fantastique, c’est un jeu érotico-maniaque… », aujourd’hui dans Libé  il s’excuse « des lignes insoutenables, intolérables ; avec ce que nous savons aujourd’hui sur la pédophilie, sur l’abus sexuel ».

D’autres créent une ligne de défense contre tout amalgame avec 1968.

Libération publie un papier intitulé « L’inceste est partout » : « L’inceste est partout, il n’a pas de couleur politique. Il peut être à droite comme à gauche. », cela n’a « rien à voir avec mai 68”.

Thomas Legrand de France Inter est sur le même registre  affirmant que certains profiteront de ces accusations portées sur les « vieux acteurs » des injonctions « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire » de mai 1968, pour « avancer des pions conservateurs » face à ce qui devrait se résumer comme étant seulement la « déviance pathologique d’un homme ».

Médiapart brode aussi sur ce thème.

Démissions en série au Siècle et Sciences Po

Malgré ces contre-feux, ces attaques sont en train de créer un ébranlement des positions de plusieurs des protagonistes au Siècle et à Sciences Po.

Ainsi, suite à la publication de « la grande familia » de Camille Kouchner et du scandale qui s’en est suivi, Olivier Duhamel avait démissionné de tous ses mandats (Présidence du Siècle et de la FNSP – Fondation nationale des sciences politiques) et postes dans les médias (LCI – Europe 1). Avec un temps de retard, Jean Veil, fils de Simone Veil, et Marc Guillaume l’avaient imité et quitté Le Siècle. Après une longue réflexion,  ce 9 février,  Frédéric Mion a annoncé qu’il quittait la direction de Sciences Po Paris, après en avoir informé le conseil de direction de l’école ainsi que celui de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), qui finance l’institution.

Jusqu’où ira ce jeu de massacre ? Qui sera le prochain à se retirer ?

N’assisterait-on pas à un simple changement de génération dans les arcanes du pouvoir ?

Qu’annoncent ces retraits des représentants de la génération des baby boomers ? Il’est difficile d’y répondre en l’état actuel de la situation.

Ainsi, Louis Schweitzer, un membre éminent de cette oligarchie, remplace Olivier Duhamel à la tête de la FNSP. Il n’a pas immédiatement imposé le départ de Frédéric Mion. Pierre Sellal, énarque, moins connu que l’ancien patron de Renault, mais appartenant au sérail, est devenu président du Siècle. Cela ne représente pas un vrai changement.

Verrons-nous plus clair lors du remplacement de Frédéric Mion ?

Une autre question est de savoir pourquoi Camille Kouchner, compagne de Louis Dreyfus, un des dirigeants du Monde et de l’Obs, proche de ce milieu, a sorti maintenant ces révélations.

L’objectif ne serait-il pas de remplacer l’ancienne génération et son idéologie dépassée par ceux qui pourront garder le pouvoir à cette gauche oligarchique pour mettre en place l’idéologie Woke ? L’implication très forte du Monde, leur quotidien de référence, plaiderait en ce sens.

L’idéologie WOKE

Woke, mot créé durant les années 2010 aux USA, définit le militantisme en faveur des minorités en tout domaine : race, comportement sexuel, genre, statut des femmes… Il vient du verbe wake (réveiller), pour décrire la vigilance face à l’injustice. C’est le mouvement Black lives  matter qui en serait l’initiateur. Aujourd’hui un militant « woke » se déclare concerné par tout ce qu’il considère comme une inégalité de traitement.

Depuis, cette démarche a ajouté l’intersectionnalité à sa critique de la société, c’est-à-dire qu’un militant woke doit  prendre en compte tous les facteurs créant cette inégalité. À titre d’exemple, une femme noire homosexuelle en cumule trois : son sexe, sa sexualité et sa race.

Olivier Duhamel et les membres de ses réseaux représentent en grande partie ce que détestent les tenants de l’idéologie woke. En effet, ils sont des mâles blancs, des bourgeois, des dominants qui représentent le patriarcat, cause de tous les maux.

Sur France Inter, Thomas Legrand a  ainsi déclaré : “La médiatisation de l’affaire Olivier Duhamel est utile, car elle accompagne de façon emblématique la revendication d’une génération. Cette demande inédite et massive de changer les rapports de domination entre humains ! La lutte contre les violences faites aux femmes ou l’inceste est aussi une lutte politique puisqu’elle parle d’une organisation sociale dans laquelle l’homme dominateur, parfois prédateur, ne serait plus la matrice. »

N’est-ce pas l’illustration de ce passage de relai entre ces deux générations et ces deux idéologies de la gauche bourgeoise dont entre autres Radio France, Le Monde, l’Obs, Arte sont les porte parole?

Sur RMC, la journaliste Isabelle Saporta avait dénoncé  “l’entre-soi atroce et l’omerta qu’il y a eu autour de cette affaire, dans un petit milieu de la gauche caviar parisienne”, espérant que “si cela pouvait nous débarrasser de toute cette gauche caviar qui passe son temps à donner des leçons en se comportant de la manière la plus sordide, ça sera un dommage collatéral pas si mauvais”.

Ne risque-t-elle pas d’être déçue si notre hypothèse de prise du pouvoir par la nouvelle génération de ce même milieu se confirme?

Jean Theme

Note

1 ) le texte de la tribune et les signataires :

 » Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d’assises des Yvelines, vont comparaître, pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans, Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, qui, arrêtés à l’automne 1973, sont déjà restés plus de trois ans en détention provisoire. Seul Bernard Dejager a récemment bénéficié du principe de la liberté des inculpés.

« Une si longue détention préventive pour instruire une simple affaire de  » mœurs « , où les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence, mais, au contraire, ont précisé aux juges d’instruction qu’ils étaient consentants (quoique la justice leur dénie actuellement tout droit au consentement), une si longue détention préventive nous paraît déjà scandaleuse.

«  Aujourd’hui, ils risquent d’être condamnés à une grave peine de réclusion criminelle soit pour avoir eu des relations sexuelles avec ces mineurs, garçons et filles, soit pour avoir favorisé et photographié leurs jeux sexuels.

 » Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste, d’une part, entre la qualification de  » crime  » qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d’autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (si une fille de treize ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ?).

«  La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de treize ou quatorze ans qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa vie affective et sexuelle.

 » Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit. Nous ne comprendrions pas que le 29 janvier Dejager, Gallien et Burckhardt ne retrouvent pas la liberté. « 

Ont signé ce communiqué : Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, docteur Michel Bon, psychosociologue, Bertrand Boulin, Jean-Louis Bory, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Gilles et Fanny Deleuze, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, docteur Maurice Eme, psychiatre, Jean-Pierre Faye, docteur Pierrette Garrou, psychiatre, Philippe Gavi, docteur Pierre-Edmond Gay, psychanalyste, docteur Claire Gellman, psychologue, docteur Robert Gellman, psychiatre, André Glucksmann, Félix Guattari, Daniel Guérin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, docteur Bernard Kouchner, Françoise Laborie, Madeleine Laïk, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Michel Leyris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Monteil, docteur Bernard Muldworf, psychiatre, Négrepont, Marc Pierret, Anne Querrien, Griselidis Real, François Régnault, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Christiane Rochefort, Gilles Sandier, Pierre Samuel, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Thérame, Marie rhonon, Catherine Valabrègue, docteur Gérard Vallès, psychiatre, Hélène Vedrines, Jean-Marie Vincent Jean-Michel Wilhelm, Danielle Sallenave, Alain Cuny.

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