DIEUDONNÉ

Le rappeur Freeze Corleone. (Capture d’écran : Twitter)
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Dieudonné pose le problème de l’accueil des étrangers si ingrats avec la France… mais en plus celui de se trouver plus africain que Français même avant d’avoir mis les pieds en Afrique en touriste protégé par notre niveau de vie et notre culture. Le métissage est un échec car effectivement cette ingratitude à remercier le pays qui vous a offert l’école gratuite se traduit par un refoulement des pays de l’Est… pour donner un exemple ! Car un métis qui réussirait dans un pays blanc vierge de tout envahisseur cautionnerait l’idée que l’immigration a du bon… alors qu’il est évident que c’est un viol, une lâcheté, une trahison… mais en aucun cas un avantage… pour personne. Le métissage représente un échec et non une réussite.

Le gouvernement saisit la justice contre un rappeur antisémite ; DIEUDO a de la concurrence !

Le ministre de l’Intérieur français a demandé aux principaux réseaux sociaux de bloquer la diffusion des morceaux du rappeur, des « immondices ».

Le rappeur Freeze Corleone. (Capture d’écran : Twitter)

Le rappeur Freeze Corleone. (Capture d’écran : Twitter)

Le gouvernement a annoncé jeudi avoir saisi la justice au sujet de plusieurs clips jugés antisémites et négationnistes du rappeur Freeze Corleone, qui ont provoqué l’indignation de la majorité LREM.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) Frédéric Potier a indiqué avoir fait un signalement auprès du procureur de Paris après avoir recensé neuf passages qui constitueraient une incitation à la haine raciale, selon une saisine consultée par l’AFP et faite en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale.

Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, cette figure montante du rap français déclare entre autres : « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 », « Tous les jours RAF (rien à foutre, ndlr) de la Shoah » ou bien encore « Comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour qu’mes enfants vivent comme des rentiers juifs ».

Plus tôt dans la journée, une cinquantaine de députés LREM avaient appelé à des sanctions, se disant « profondément choqués des propos absolument détestables antisémites et négationnistes tenus par Freeze Corleone ». 

« Ce dernier fait ouvertement l’apologie du nazisme et l’éloge du terroriste Mollah Omar », écrivent les députés parmi lesquels la députée des Yvelines, Aurore Bergé, l’ex-ministre de la Transition Ecologique, François de Rugy, ou la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet. 

Dans un tweet, le chef de file des députés LREM Christope Castaner a lui aussi indiqué avoir saisi le procureur face à un clip « intolérable ».

Ces élus demandent au ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti « d’agir pour que l’auteur de ce clip abject soit puni ». 

« Notre République ne peut accepter que la pseudo expression artistique puisse servir de prétexte aux appels à la haine ou à l’apologie du terrorisme », ont aussi commenté les députés. « Ne laissons plus rien passer », ajoutent-ils. 

Dans un tweet publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de l’Intérieur s’était indigné de propos « inqualifiables ». « J’appelle Facebook et Twitter à ne pas diffuser ces immondices », avait écrit Gérald Darmanin.

La Licra estime, elle aussi, que « l’impunité doit cesser » et demande à l’ensemble des acteurs dont les grandes plateformes de diffusion de musique en ligne de « prendre leurs responsabilités ».

À droite, le député des Alpes-Maritimes (LR) Eric Ciotti dénonce un « vrai prêcheur de haine » et appelle également les plateformes numériques à le radier et à interdire ses chansons de diffusion.

Le Dilcrah a également souligné avoir signalé ces propos « aux fins d’enregistrement, à la plateforme Pharos de l’office central lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication ».

Dieudonné ne manque pas d’air ! Pour financer son film refusé par les juifs il est prêt à tout ! En plus pour réaliser un film pour faire chier les français avec la traite négrière alors que la France n’a jamais eu d’esclaves noirs sur son sol… les seuls responsables de la traite sont les juifs et les musulmans avec en première ligne les noirs qui vendent leurs frères. Qui les mangent quand nous avons interdit l’esclavagisme. Les noirs ne sont en France que depuis les années 2000.
Il lèche tellement le cul du fou de dieu qu’il devrait lui donner son fric ! Un film sur l’esclavage financé par des assassins qui ont tué le Schah et pendent les homos à des grues de chantier. La seule sincérité entre eux c’est leur homophobie primaire. Et celui qui se sent de plus en plus Camerounais et moins français affirme que les français ont intérêt à se convertire à l’islam… lui et Soral trahissent la France avec leur idolâtrie de l’islam. Il devrait lire TAMERLAN pour sentir l’odeur du sang des coupeurs de tête musulmans… à lui tout seul il a éliminé 20% de la population au nom de hallah !

L’antisémite Dieudonné condamné à 10.000 euros d’amende pour propos « injurieux à l’égard des juifs victimes de l’Holocauste »

L’antisémite Dieudonné condamné à 10.000 euros d’amende pour propos « injurieux à l’égard des juifs victimes de l’Holocauste »

Article écrit par un juif plein de haine contre Dieudonné qui explique que la Soha c’est bidon ! Nous découvrons que depuis deux siècles tout ce que les juifs racontent c’est BIDON ! Leur messie se fait du soucis pour les sauver du mensonge perpétuel !

La Shoah ce n’est pas bidon, c’est juste des milliards volés par chantage aux Allemands et la justification d’un faux pays ; Israël… qui enfin signe la paix… pour mieux exterminer les palestiniens !

L’antisémite Dieudonné a été condamné jeudi à 10.000 euros d’amende pour avoir tenu des propos racistes en juin 2017 dans le cadre de son spectacle le « bal des quenelles », a-t-on appris auprès du parquet de Chartres.

Suivant les réquisitions du parquet, le tribunal a estimé que le terme « gag des pyjamas de Cracovie », en référence à la tenue portée par les déportés juifs à Auschwitz durant la Seconde guerre mondiale et employé le 17 juin 2017 lors d’un spectacle joué à son domicile d’Eure-et-Loir, était « injurieux à l’égard des juifs victimes de l’Holocauste ».

Le tribunal a également condamné le polémiste à verser 8.000 euros à chacune des deux associations qui s’étaient constituées parties civiles, l’association du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme et l’association Ben Gourion.

Présent en début d’audience, le 22 juin dernier, l’antisémite avait quitté le palais de justice une heure après son arrivée, prétextant qu’il devait « enregistrer une émission quotidienne ».

Véronique Chemla:
Dieudonné, acteur, politicien et businessman

Longue indulgence des magistrats et autorités politiques, inaction du ministère de l’Economie et des finances sous deux présidences, sympathies d’artistes, notamment comiques, et de journalistes à l’égard de Dieudonné M’Bala M’Bala, France « Black, blanc, beur » cimentée par l’antisémitisme, lexique gestuel antisémite populaire… L’affaire Dieudonné révèle demultiples dysfonctionnements publics, une alliance de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, et que l’antisémitisme rapporte financièrement en France.

« L’erreur stratégique de Dieudonné est d’avoir fait une révolution copernicienne dans laquelle il est passé de l’extrême gauche à l’extrême droite. En réalité, il a bougé d’un centimètre, mais c’est la distance qui sépare l’impunité totale à la culpabilité automatique : le paradis antisioniste est très proche de l’enfer antisémite », a relevé avec pertinence Me Gilles- William Goldnadel 

Antisionisme/Antisémitisme : l’avers et le revers de la même pièce antijuive ainsi que l’avait souligné Jean-Christophe Rufin 

« Dieudoleaks »

Un hacker a rendu publics la base de données du site Internet de Dieudonné, ainsi que les échanges de courriers électroniques entre Noémie Montagne, épouse de Dieudonné, et Alain Soral ou d’autres Internautes.

Journalist for Pajamas Media, American Thinker, Ami and FrontPage Mag. Former correspondent for Guysen International News. I wrote articles for Haaretz and L’Arche. http://www.veroniquechemla.info: French and English speaking
website. I publish documented messages, but not defamating remarks. Je publie les réactions exprimant des opinions argumentées, mais non celles diffamatoires. Contact me.

Ont ainsi été révélés les noms et coordonnées de ses donateurs, de ceux photographiés en faisantle signe de la « quenelle », popularisée par Dieudonné qui en conférence de presse avait déclaré : « L’idée de glisser ma petite quenelle dans le fond du fion du sionisme est un projet qui me reste très cher » -, devant des synagogues, un musée de la Shoah, l’école Ozar HaTorah (Toulouse), etc.

Que fait le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) ?

Pourtant, Pierre Besnainou, président du FSJU (Fonds social juif unifié), avait annoncé, après les assassinats antisémites par l’islamiste Mohamed Merahcontre un enseignant et trois élèves de cette école, des mesures adaptées aux menaces antisémites.

« Le Mur » interdit

Puis, la question de l’interdiction des
spectacles de Dieudonné se trouve de nouveau
posée, après la révélation par France 2, le 19
décembre 2013, des propos tenus par
Dieudonné lors de son spectacle dans son
théâtre de la Main d’or (Paris) à propos du
journaliste Patrick Cohen, journaliste sur
France Inter et France 5 : « Tu vois, lui, si le
vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps
de faire sa valise… Quand je l’entends parler,
Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage ». Ce qui a incité le 30 décembre 2013, le parquet de Paris à ouvrir une enquête préliminaire contre Dieudonné pour « incitation à la haine raciale ».

La volonté d’interdire les spectacles de Dieudonné est soutenue par le Président François Hollande, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, des dirigeants communautaires, etc.

Et JSS News de publier « la lettre de Gil Taieb que Manuel Valls a certainement repris contre Dieudonné… » Rien que çà ! Donc, Gil Taieb, vice- président du FSJU – parmi tant d’autres fonctions communautaires – éclipserait tous les experts du cabinet du ministre Manuel Valls, et aurait joué

un rôle déterminant !? C’est bien mal connaitre le fonctionnement des institutions politiques françaises que de l’imaginer. La publication de cette lettre ne nuit-elle pas au but recherché ? Cette question a-t-elle effleuré Gil Taieb et ce média qui se communautarise ?

Les ministres de l’Intérieur et des sports, Valérie Fourneyron, ont exprimé leur indignation.

Arno Klarsfeld a appelé à manifester devant les salles de spectacles où se produit Dieudonné « pour que les tribunaux puissent considérer qu’il y a un trouble à l’ordre public, pour que la décision du ministre de l’Intérieur et du préfet soit justifiée sur des bases légales ». Des manifestations jugées « saines » par le ministre de l’Intérieur.

Le parquet de Paris a diligenté des enquêtes, dont l’une, ouverte en janvier 2014 pour « blanchiment de fraude fiscale », « abus de biens sociaux et recel » et « organisation frauduleuse d’insolvabilité », est assurée par l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales. Cette enquête « vise les activités professionnelles de Dieudonné M’bala M’bala en lien avec le Théâtre de la Main d’Or et les Productions de la Plume. Selon Tracfin, le service de renseignement de Bercy, des transferts d’espèces lui auraient permis d’échapper au circuit bancaire et au paiement d’une somme due au titre d’un redressement fiscal. Depuis 2009, 415 000 euros auraient été expédiés au Cameroun, à partir des comptes de son ex-femme, Marine Lutinier, et de son fils Merlin ». Lors de perquisitions dans les résidences de l’humoriste, les policiers ont saisi 600 000 euros et 15 000 dollars en espèces.

En septembre 2013, une information judiciaire a été ouverte à la suite de la plainte avec constitution de partie civile de la LICRA sur lechef d’« organisation frauduleuse d’insolvabilité ». La LICRA réclame à Dieudonné les dommages et intérêts qu’il avait été condamné à lui verser.

En janvier 2014, une enquête préliminaire a été ouverte après la deuxième plainte de la Licra sur la base de l’article 40 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse. « Confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) », elle concerne des appels aux dons sur Internet de Dieudonné M’Bala M’Bala afin de financer illégalement le règlement de ses condamnations pénales. Ce prévenu comparaîtra le 28 janvier 2015 pour ces appels aux dons pour couvrir ses condamnations judiciaires.

En mars 2014, une autre enquête préliminaire pour « contestation de crime contre l’humanité et provocation publique à la discrimination », confiée à la BRDP, a été ouverte après la plainte de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et de l’association J’accuse ! visant des extraits du spectacles de Dieudonné sur la scène de ce théâtre parisien.

Le 29 avril 2014, saisie en référé (procédure d’urgence) par l’UEJF, la XVIIe chambre correctionnelle du Tribunal de Grande instance de Paris (TGI) devait se prononcer sur le »retrait à titre conservatoire d’une nouvelle vidéo antisémite de Dieudonné ». Dans cette vidéo « Manuel Valls aka El Blancos, Premier ministre !! » diffusée « sur Youtube le 4 avril 2014, et visionnée par 2 millions d’utilisateurs, Dieudonné appelle les « non-juifs » à se « révolter » et à se « mobiliser » contre « l’occupation et la servitude qui seraient imposées » par « les Juifs de France ». Dieudonné visait des déclarations de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, lors d’un rassemblement contre l’antisémitisme en mars 2014 au cours duquel il avait estimé que « les juifs de France sont plus que jamais les Français à l’avant-garde de la République et de nos valeurs ».L’UEJF considérait que divers passages de la vidéo incriminée constituaient le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence à l’égard des Juifs. Avec l’association « J’accuse », l’UEJF réclamait 50 000 € de dommages et intérêts, qu’elles s’engageaient à verser au Mémorial de la Shoah à Paris. Lors de l’audience du 6 juin 2014 devant la juge des référés, Mme Sautereau, l’UEJF a aussi sollicité la communication du texte du nouveau spectacle de Dieudonné, « Provocation à la haine », annoncé dans la vidéo et que « son auteur présente comme « un cran » supplémentaire dans l’antisémitisme obsessionnel qui constitue son fonds de commerce ». Le 6 juin 2014, et fait rare, le parquet était représenté et a soutenu la demande de retrait de la vidéo incriminée, mais non la communication du texte du spectacle futur. Dieudonné M’Bala M’Bala « s’est engagé devant la présidente à demander à Germain Gaiffe, un détenu qui purge 30 ans de réclusion criminelle pour assassinat et qu’il a présenté comme le responsable de la publication de la vidéo litigieuse, de la retirer à titre conservatoire ». C’est sur le compte « iamdieudo », compte personnel de Dieudonné M’Bala M’Bala que cette vidéo a été publiée, a insisté Me Stéphane Lilti, avocat de l’UEJF, pour qui « l’invocation d’un détenu comme directeur de la publication est une « martingale ». Pour Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF : « Le retrait de cette vidéo marque un coup d’arrêt à la propagation d’un énième message antisémite de Dieudonné. Mais au-delà de la responsabilité de Dieudonné dont l’antisémitisme ne surprend plus personne, il faut à l’avenir que le site Youtube prenne ses responsabilités pour ne plus être la plateforme privilégiée des idéologues racistes ou antisémites pour trouver de l’écho ». Le20 juin 2014, la juge des référés du TGI de Paris a rejeté la requête de l’UEJF. elle a estimé que, s’ils « pouvaient légitimement heurter et choquer », les passages incriminés visaient « principalement à stigmatiser et jeter le discrédit sur Manuel Valls, et à dénoncer le statut privilégié que le ministre de l’Intérieur reconnaîtrait aux juifs de France ». La juge a indiqué que « les prises de position (de Manuel Valls) hostiles au défendeur (Dieudonné) et les mesures mises en œuvre à son encontre sont de notoriété publique ». La juge a estimé aussi « qu’en l’état les associations ne justifient pas, au vu de la teneur de la seule annonce faite par (Dieudonné) de son prochain spectacle, d’un motif suffisamment légitime pour procéder à une mesure aussi restrictive de la liberté d’expression ». Me François Dangléhant, avocat de Dieudonné, s’est réjoui de ce jugement : « Le valeureux Dieudonné ne faisait qu’exercer son droit de réponse à Manuel Valls, de façon certes un peu brutale ». Avocat des associations, Me Stéphane Lilti va interjeter appel « d’une décision que nous jugeons injuste » : « Le juge a considéré que les propos visaient le Premier ministre alors que Dieudonné désigne le Premier ministre comme le bras armé des juifs et leur protecteur ». « Dieudonné continue d’être le principal propagandiste antisémite de ce pays », a alerté Sacha Reingewirtz, président de l’UEJF, qui a fustigé le « contournement » des lois par l’humoriste controversé dans ses vidéos et jugé « impossible de le laisser s’abriter derrière la liberté d’expression alors qu’il est le principal propagateur de haine ».

Ouverte en mai 2013, l’enquête visant Dieudonné M’bala M’bala sur le financement du Parti antisioniste aux européennes de 2009 et aux législatives de 2012 a été classée sans suite en février 2014. A l’origine de cette enquête : le signalement du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) qui évoquait une vidéo sur Internet dans laquelle le colistier de Dieudonné, l’essayiste d’extrême-droite Alain Soral, parlait des financements iraniens.

Selon Le Parisien, Dieudonné est visé depuis mars 2014 « par une nouvelle enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour travail dissimulé à la suite d’un signalement des services de la préfecture de région Ile-de-France en début d’année. Confiées à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) du 36, quai des Orfèvres, les investigations portent sur des soupçons de travail dissimulé au sein des deux sociétés qui produisent les spectacles et les DVD de l’humoriste controversé. Il s’agit de la quatrième procédure pénale en cours qui touche directement ses activités professionnelles ou son patrimoine ». La Direction régionale de l’emploi et du travail s’était rendue compte que les déclarations remplies par les sociétés de Dieudonné « concernant ses employés « n’étaient pas conformes à la réalité », selon un proche du dossier. Des manœuvres administratives lui auraient permis de ,ne pas verser des cotisations. L’enquête concerne les deux entreprises dans lesquels Dieudonné apparaît comme le gérant de facto, bien que son nom n’apparaît pas dans les statuts : Bonnie Productions, fermée en 2013, et les Productions de la Plume. Noémie Montagne, épouse de Dieudonné, gérante et coactionnaire des Productions de la Plume, est visée par l’enquête policière.

« En plus de cette nouvelle procédure, trois enquêtes sont toujours en cours au tribunal de grande instance de Paris : l’une pour fraude fiscale, une autre pour organisation d’insolvabilité et une troisième pour avoir lancé un appel aux dons sur Internet dans le but de régler ses amendes, ce que la loi interdit. Des amendes qui restaient par ailleurs impayées pour un montant total d’environ 65 000 €, et dont il s’est finalement acquitté au printemps sous la menace d’un emprisonnement.

Selon BFMTV, Dieudonné M’Bala M’Bala a déposé une énième plainte contre Manuel Valls, début avril 2014, auprès de la Cour de justice de la République (CJR), « seule instance habilitée à enquêter et juger sur les actes commis par des ministres dans l’exercice de leur fonction ». Il le poursuit pour « injures et diffamation ». Il aurait visé aussi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Déposée en janvier 2014, une précédente plainte en diffamation avait été classée sans suite par la CJR en mars 2014. Dieudonné y visait des propos de Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, le 31 décembre 2013 sur RTL : l’actuel Premier ministre avait qualifié la quenelle de « geste de haine, un geste antisémite (…) un geste nazi inversé » et souligné que « l’obsession de ce personnage, c’est la haine du juif ». Selon une source proche du dossier, « la commission des requêtes de la CJR avait rejeté la plainte du polémiste estimant que le délit de diffamation n’était pas suffisamment caractérisé » : ses « propos traduisent un « jugement de valeur », mais pas l’imputation d’un fait précis ». « Au vu de cette décision, on peut se demander s’il n’existe pas une immunité des ministres en exercice pour les questions de diffamation. La commission des requêtes sert de barrage. Mais nous sommes sereins car nous avons plusieurs autres plaintes à déposer à la CJR contre Manuel Valls », avaient alors déclaré Mes David de Stefano et Sanjay Mirabeau, avocats de Dieudonné, à l’AFP.

Le 26 novembre 2014, Dieudonné M’Bala M’Bala comparaîtra devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « injure publique à caractère antisémite et provocation à la haine et à la violence », en raison de ses propos sur scène visant le journaliste Patrick Cohen : « Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage ».

Nouvelle procédure à venir ?
L’artiste Ken Barthelmey a écrit à
Dieudonné et à son équipe afin
qu’ils respectent son droit d’auteur,
retirent cette affiche et
l’indemnisent pour ce qu’il
considère être un plagiat : le 4
juillet 2014, il a indiqué sur Facebook qu’un « comédien français utilise mon travail pour son nouveau spectacle sans mon autorisation ». Il a donné mandat à son avocat Me Thierry Reisch de poursuivre pour contrefaçon

Dieudonné si celui-ci maintient son affiche de son spectacleLa bête immonde en considérant qu’il s’agit d’une parodie.

Ces procédures judiciaires n’empêchent pas Dieudonné de continuer à poster ses vidéos. Dans sa vidéo publiée le 11 juin 2014, Dieudonné M’Bala M’Bala a ciblé l’acteur Pascal Elbé, qu’il a appelé « le Juif Elbé » : il a ajouté sur les commentaires de la série télévisée dans laquelle Pascal Elbé vante « la variété de l’Etat d’Israël en perpétuel mouvement, sa manière de vivre » de « pauvres Palestiniens », notamment celles controversées des « al-Dura » (1’03 »).

Le 26 juin 2014, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête en indemnisation de Dieudonné M’Bala M’Bala qui réclamait 53 600 euros à la commune de Saint-Benoît, dans l’agglomération de Poitiers (Vienne) qui avait annulé son spectacle Je fais l’con en février 2009. Pour justifier son refus, cette commune avait expliqué que Dieudonné avait fait monter sur scène à Paris le négationniste Robert Faurisson. Dieudonné avait alors interprété une autre version de ce spectacle à l’intérieur « d’un bus stationné sur la place de la mairie de Poitiers. Les pertes financières liées à l’annulation avaient entraîné le dépôt d’une requête devant ce tribunal » aux fins d’indemnisation. Le tribunal administratif a suivi « la ligne tracée voilà quinze jours par le rapporteur public. Ce dernier avait avancé trois raisons : la SARL Productions de la Plume n’était pas encore créée au moment de l’annulation du spectacle, le contrat ayant été signé avec Bonnie Production; le nom de Dieudonné M’Bala M’Bala n’apparaît dans aucun des documents contractuels, le trouble à l’ordre public était bel et bien caractérisé ».

Le 10 juillet 2014, Dieudonné a été mis en examen pour fraude fiscale, blanchiment et abus de biens sociaux. Il n’aurait pas déclaré toutes ses recettes et aurait envoyé à l’étranger la partie non déclarée, La justice enquête sur plus de 400 000 euros envoyés au Cameroun, entre 2009 et 2013,

Le 15 juillet 2014, le Tribunal de Grande instance de Cayenne (Guyane) a condamné à neuf mois de prison ferme et 50 000 euros d’amende Anne-Sophie Leclère, ex-candidate du Front national aux élections municipales à Rethel (Ardennes), qui avait publié sur Facebook un dessin, dont elle n’était pas l’auteur, comparant Christiane Taubira, ministre de la Justice, à une guenon, et le Front national à 30 000 euros d’amende – « les personnes morales ne pouvaient être poursuivies pour des infractions de presse » -, pour un délit « d’injure publique à caractère raciste » et de « provocation publique » (articles 33-3 et 24 de la loi du 29 juillet 1881). La « peine maximale prévue par la loi est d’un an d’emprisonnement pour de tels faits ». La prévenue n’était ni présente – elle n’avait pas l’argent pour assurer ses frais de transport et séjour en Guyane – ni représentée : aucun avocat n’a voulu la défendre. Le TGI est allé au-delà des réquisitions du parquet. « Les magistrats jugent en droit, c’est-à-dire qu’ils ne jugent pas selon leur fantaisie, ils jugent selon le Code pénal. Ce verdict rappelle simplement ce qui est prévu par le Code pénal comme sanction sur de tels délits », adéclaré la Garde des Sceaux le 16 juillet 2014, à l’Elysée. Des magistrats n’ont pas fait preuve de la même sévérité en particulier à l’égard de Dieudonné.

Le 5 septembre 2014, RTL a révélé que le parquet de Paris venait d’ouvrir une enquête préliminaire contre Dieudonné M’Bala M’Bala pour « apologie d’actes de terrorisme », une infraction passible de cinq années de prison. Dieudonné M’Bala M’Bala est poursuivi pour sa vidéo « Feu Foley » diffusée sur Internet et dans laquelle il compare l’assassinat du journaliste américain James Foley, en août 2014 par les djihadistes de L’Etat islamique, et celui du colonel Kadhafi en Libye ou la mort de Saddam Hussein en Irak. Il allègue que des deux dernières morts n’ont jamais ému « la mafia des Rothschild » : « La décapitation symbolise le progrès, l’accès à la civilisation », L’enquête est menée par la Brigade de répression de délinquance aux personnes (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

Une procédure judiciaire qui s’ajoute à celles pour « organisation frauduleuse d’insolvabilité », « blanchiment et abus de biens sociaux », « incitation à la haine raciale et pour injure publique ».

Le 26 septembre 2014, la Cour d’appel de Poitiers a réformé le jugement ayant condamné l’Espace Encan, société gérant le palais des congrès de La Rochelle, à verser plus de 40 000 euros à Dieudonné pour avoir annulé en 2009 une des représentations spectacle « J’ai fait l’con », Le 26 décembre 2008, Dieudonné avait invité sur la scène du Zénith à Paris le négationniste Robert Faurisson. Maxime Bono, alors maire socialiste de cette ville, avait interdit ce spectacle prévu le 17 avril 2009 : il avait fondé son arrêté sur l’« inadéquation avec l’esprit et l’image de La Rochelle » et d’éventuels « troubles à l’ordre public ». Dieudonné avait joué dans un bus sur un parking de La Rochelle et Bonnie Production, sa société de spectacles, avait sollicité du tribunal de commerce de la ville l’indemnisation de son préjudice. Le 31 août 2012, ce tribunal avait condamné la SEM La Rochelle Evénements, société d’économie mixte gérant l’Espace Encan, à verser plus de 40 000 euros à Bonnie Productions. La mairie de La Rochelle avait interjeté appel : « Cette condamnation de la ville de La Rochelle pour préjudice moral à l’égard de monsieur Dieudonné est inadmissible, puisque le préjudice c’est bien lui qui nous le fait subir en banalisant des idées nauséabondes », avait alors déclaré Maxime Bono à l’AFP. Me Pierre-Frédéric Boudière a déclaré à l’AFP avoir orienté les débats devant la Cour d’appel de Poitiers « sur une clause contractuelle, et non pas sur le terrain de la liberté d’expression », en insistant sur une des clauses du contrat accordant à cette SEM « expressément le droit de ne pas contracter pour le motif de la non-adéquation avérée ou révélée de la manifestation avec l’objet, l’esprit ou l’image de ses sites ou de la ville. » Cette Cour d’appel a accueilli cette argumentation et a débouté Dieudonné. Selon cet avocat, l’arrêt a été signifié la semaine du 13 octobre 2014.

Le 17 octobre 2014, le parquet a confirmé que Dieudonné M’Bala M’Bala avait été mis en examen pour fraude fiscale, blanchiment et abus de biens sociaux à Paris, datant du 10 juillet. Selon Le Monde, « après une enquête préliminaire du parquet de Paris portant notamment sur le patrimoine et des mouvements de fonds de l’humoriste, une information judiciaire avait été confiée au début d’avril au juge Renaud van Ruymbeke » pour « organisation frauduleuse d’insolvabilité et escroquerie », mais le prévenu « n’a pas été mis en examen pour ces chefs. Les enquêteurs se sont notamment interrogés sur plus de 400 000 euros expédiés depuis 2009 au Cameroun (dont 230 000 pour la seule année 2013), pays où il a des liens familiaux, alors que le polémiste, condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, n’acquittait pas le montant de ses amendes. Il les a depuis payées ».

Dieudonné était absent de l’audience du 26 novembre 2014 où il devait répondre pour son appel aux dons, dans une vidéo de fin décembre 2013, publiée sur Internet, visant à faire payer par autrui ses condamnations pécuniaires : une amende de 28 000 euros infligée par la Cour d’appel de Paris, le 28 novembre 2013, pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des déclarations et la chanson « Shoah nanas » – dans une vidéo, Dieudonné usait de l’« anataxe » pour chanter cette version détournée de « Chaud cacao » d’Annie Cordy – via des vidéos sur la Toile. Dieudonné déclarait sur Internet : « Continuez à donner », « Ce n’est pas de l’argent perdu », « Plus vous m’aidez évidemment et plus on met le système en difficulté ». Un appel aux dons pénalement sanctionné, quelle que soit sa conséquence. Un appel prohibé par la loi qui prévoit une peine de six mois d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour « ouvrir ou annoncer publiquement des souscriptions ayant pour objet d’indemniser des amendes, frais et dommages-intérêts prononcés par des condamnations judiciaires ». Lors de l’audience devant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris du 26 novembre 2014, Annabelle Philippe, procureur, avait pourfendu la posture de Dieudonné, qui signifie « Je me fiche du système », « Pas question que je paie tout seul ». Des propos « sans équivoque » d’un « multirécidiviste », condamné pour antisémitisme et ne se souciant pas de payer ses amendes. La procureur avait requis une peine de 150 jours-amende à 150 euros, ce qui signifie que Dieudonné sera emprisonné s’il ne verse pas l’amende de 22 500 €. Avocat de Dieudonné, Me Sanjay Mirabeau, avait sollicité la relaxe de son client, en alléguant que les « donateurs » payaient l’« anataxe » et en échange recevaient une vignette. D’un montant total de 5 500 €, les « sommes ainsi perçues ont été déclarées fiscalement comme des dons, assure Me Mirabeau », qui a ajouté que les chèques étaient libellés aux Productions de la Plume. Lors de l’audience du 26 novembre, le « parquet avait requis une peine de 150 jours- amende à 150 euros, impliquant que le condamné voit sa peine transformée en emprisonnement s’il ne s’acquitte pas de la totalité de l’amende, soit 22 500 euros ». Selon Me Mirabeau, Dieudonné aurait payé en février 2014 toutes ses amendes. Le 16 janvier 2015, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Dieudonné à 6 000 euros d’amende pour son appel aux dons sur Internet à la fin décembre 2013 destiné à payer des amendes antérieures, dont l’une de « 28 000 euros d’amende, prononcée par la cour d’appel de Paris le 28 novembre 2013 pour diffamation, injure et provocation à la haine et à ladiscrimination raciale pour des propos et une chanson, « Shoah nanas », dans deux vidéos diffusées sur Internet ».

Me Sanjay Mirabeau a précisé que Dieudonné « est toujours visé par quatre contrôles fiscaux, deux pour des personnes physiques, lui même et son épouse Noémie Montagne, et deux pour les sociétés Productions de la Plume et E-quenelle ».

« Après un appel aux dons, Dieudonné avait aussi reçu près de 1.400 chèques, pour une somme d’environ 550.000 euros… Selon Me Mirabeau, il s’agissait de « prêts », qui ont tous été remboursés ».

Le 12 décembre 2014, le Tribunal administratif
de Nantes a estimé que l’arrêté municipal
d’Angers (Maine-et-Loire) ayant interdit le 20
avril 2011 le spectacle Mahmoud de Dieudonné
M’Bala M’Bala était entaché d’une « illégalité
fautive » : « La mairie d’Angers n’établit pas en
quoi elle n’était pas en mesure de répondre à
ces atteintes à l’ordre public par un déploiement
de forces de l’ordre plus important ». Mais ce
Tribunal a débouté la société de production
Phone Mobile de sa demande de 70 000 euros
au titre des dommages et intérêts visant Angers : il a considéré que le préjudice concernait essentiellement le différend entre la Maison pour tous (MPT) de Monplaisir, qui devait accueillir ce spectacle et avait lancé une procédure judiciaire « pour faire annuler la réservation de la soirée payante, publique » et s’inscrivant « dans la tournée de Dieudonné », et la société Phone Mobile, ainsi que le lien de causalité entre l’arrêté municipal d’Angers et le préjudice allégué par le demandeur n’était pas prouvé. En mars 2011, Dieudonné M’Bala M’Bala avait été condamné pour injure à caractère antisémite. Le 20 avril 2011, le maire d’Angers avait par arrêté municipal interdit le spectacle de Dieudonné M’Bala M’Bala prévu le soir à la MPT de Monplaisir en se fondant sur les « importantes animosités que la seule présence de Dieudonné (suscitait) » et un contexte local spécifique. Dieudonné M’Bala M’Bala avait d’une part contesté la légalité de cet arrêté devant la justice administrative et, d’autre part, interprété son spectacle à Contigné devant 150 à 300 spectateurs.

Dieudonné a comparu le 28 janvier 2015, pour provocation à la haine raciale après ses propos sur Patrick Cohen, journaliste de France Inter et France 5, fin 2013, lors de son précédent spectacle « Le Mur » : « Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. ». Arrivé avec une heure et demie de retard au Tribunal, le lendemain d’une représentation de son spectacle à Val-de-Ruz (Suisse), Dieudonné M’Bala M’Bala a ri discrètement en entendant la juge présidant la XVIIe chambre correctionnelle du TGI de Paris lire des extraits de son spectacle, dans lequel il épingle ce tribunal. Si Radio France avait porté plainte, elle n’est pas partiecivile, tout comme Patrick Cohen, absent de l’audience. Dieudonné M’Bala M’Bala a déclaré ; « Patrick Cohen a pondu une liste de gens qu’il n’inviterait pas, dont je fais partie, qui auraient « le cerveau malade ». Ça a fait ’tilt’ en moi, car cette expression renvoie aux poncifs sur l’homme noir à l’intelligence moindre. J’aurais pu porter plainte mais j’ai préféré répondre à Patrick Cohen sur mon terrain : l’humour ». Or, la diffusion de l’émission dans laquelle Patrick Cohen avait usé de l’expression « cerveau malade » révèle que cette dernière ne visait pas directement le prévenu. Celui-ci « peine à convaincre que son expression « Dommage » n’est pas une forme de regret de la disparition des chambres à gaz. Difficile, dès lors, de faire croire à un sketch léger écrit en réponse à une injure.

Le polémiste change de terrain et, dans son seul moment de colère à l’audience, lance à la juge : « Est-ce que j’ai le droit de faire rire ? » Sa ligne de défense résumée en une question. « Ce n’est pas à vous de poser les questions », lui rétorque la présidente, mais Dieudonné tient son cap ». Dieudonné nie être antisémite : « L’antisémitisme n’est pas drôle. Pour faire rire les gens, il faut qu’ils décèlent une distance. Jamais le racisme ou l’antisémitisme, au premier degré, ne font rire… Ça peut déranger, mais je fais rire… On ne vient pas chercher la vérité historique à mon spectacle, on vient chercher le rire, La Shoah est un crime contre l’humanité mais elle doit pouvoir être traitée par le rire, comme Mahomet dans Charlie Hebdo ». Même dans l’outrance, il récuse toute « incitation à la haine » et « revendique la liberté d’expression ». Partie civile, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) a déclaré : « Dieudonné qui invoque la liberté d’expression, c’est comme un trafiquant de stupéfiants qui invoquerait la liberté du commerce et de l’industrie. Il ne s’agit pas de la liberté d’expression mais d’un délit : l’appel à la haine ». La procureure a requis 30 000 euros d’amende. Jugement le 19 mars 2015, à 13 h 30.

Le 5 février 2015, Dieudonné a comparu devant
la chambre 16-2 chargée des dossiers de
terrorisme au tribunal correctionnel de Paris pour
apologie du terrorisme, car il a brièvement posté
le 11 janvier 2015 sur son compte Facebook ce
message : « En ce qui me concerne, je me sens
Charlie Coulibaly », terroriste auteur de
l’assassinat d’une jeune policière et de la prise
d’otages et des meurtres antisémites dans un
hypermarché kacher près de Paris. Il a déclaré
condamner « sans réserve et sans ambiguïté ces
attentats et toute violence en général » – il a écrit en 2002 Lettres d’insulte (Le Cherche midi) illustré par Tignous, dessinateur de Charlie hebdo assassiné par les terroristes islamistes Chérif et Saïd Kouachi le 7 janvier 2015 -, avoir écrit un « ressenti personnel, un sentiment profond et intime », « un message de paix » – « Jésus n’embrasse-t-il pas et Charlie et Coulibaly ? Ne réconcilie-t-il pas les deux dans une même paix ? » non compris, ce qui selon lui exclurait toute apologie, et s’est senti Coulibaly en alléguant s’être « senti exclu de la marche, traité comme un terroriste dans son propre pays ». Le « procureur a requis 30 000 € d’amende sous peine d’emprisonnement »

Le 4 mars 2015, la justice aurait interdit la commercialisation du DVD du spectacle Le Mur de Dieudonné en raison de passages incitant à la haine et à la violence.

Paradoxes

Situation paradoxale : Dieudonné se produit en France, mais est interdit d’entrée en Grande-Bretagne depuis le 31 janvier 2014. Une décision d’exclusion prise par Theresa May, secrétaire d’Etat britannique à l’Intérieur. Réponse de Dieudonné : une quenelle à la reine d’Angleterre.

Le spectacle Le Mur de Dieudonné qui a suscité tant d’indignation est joué au théâtre de la Main d’or, à Paris, depuis… juin 2013 ! Pourquoi seule France 2 a-t-elle diffusé le 19 décembre 2013 un extrait du spectacle ? Pourquoi les autres médias, en particulier ceux communautaires, n’ont-ils pas révélé ces propos scandaleux ? Et pourquoi si tard ?

Autres questions dérangeantes : Pourquoi l’Etat,
sous les Présidences Chirac, Sarkozy et
Hollande, a-t-il tant tardé à réagir ? Pourquoi
cette indulgence judiciaire et politique si
longue à l’égard de Dieudonné condamné pour
antisémitisme ? Pourquoi l’instruction de la
plainte déposée en 2011 par la LICRA,
qui souhaitait poursuivre pour organisation
d’insolvabilité, n’a-t-elle pas avancé pendant
deux ans ? Pourquoi cette inaction de juges
d’instruction et Procureurs alors que, peut-être sans base légale – sans indices graves etconcordants attestant d’une quelconque implication dans une infraction -, certains d’entre euxont écouté pendant plus d’un an les conversations téléphoniques de Nicolas Sarkozy, avocat et ancien Président ? Comment Dieudonné peut-il se produire au théâtre de la Main d’or alors qu’il n’a pas la licence de catégorie 1 « obligatoire pour tout exploitant d’un lieu de spectacle » et sans réaction de la préfecture de Paris et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) ?

Comment et pourquoi un artiste et un politique – candidat à Dreux (Eure-et-Loir) en 1997 contre le Front national – héraut de la gauche a-t-il effectué un tel parcours politique ? Lors de sa conférence de presse au CAPE le 2 juillet 2004, Dieudonné avait déclaré : « Je n’ai pas changé. Maintenant, je peux dire ce que je pense. Avant, je débutais dans le métier, alors j’ai fait ce qu’on attendait de moi comme Noir. Je m’étais tu ».

Pour cerner la personnalité de Dieudonné, né d’un père camerounais et d’unemère d’origine bretonne, il convient de rappeler cette scène lors d’une audience judiciaire : alors que Dieudonné avait annoncé sa décision de se porter candidat à l’élection présidentielle, il se définissait publiquement comme « africain ». Comme s’il avait du mal à définir son identité. Est-il surprenant que ce métis stigmatise des Juifs, des personnes à l’identité claire et à la citoyenneté affirmée ?

Aux acteurs lucides – Bruno Solo qui a rompu son amitié avec Dieudonné quand il s’est rendu compte que ce dernier était antisémite, Benoit Poelvoorde -, s’opposent les complaisants – Ramzy Bédia du duo « comique » Eric et Ramzy- ou ceux qui, tel Nicolas Bedosà deux reprises,s’ils critiquent Dieudonné, semblent se dédouaner de leur défense des Juifs en vilipendant le « programme colonialiste mené par le gouvernement de Netanyahu ».

En juillet 2014, lors des manifestations hostiles à l’opération israélienne défensive Bordure protectrice, Bruno Solo, qui a joué dans les trois volets de La vérité si je mens ! a confié au magazine Voici avoir été victime d’une agression à caractère antisémite en décembre 2013, après ses déclarations sur Dieudonné. Ce comédien sortait du théâtre quand il a été « violemment pris à parti par un groupe disparate, en marge d’une manifestation initiée par Jour de colère : « Il y avait des gens de Civitas, des skinheads, des Blacks, des Blancs, des Beurs, des mecs de l’ultragauche, des punks à chien complètement perdus… Ils se sont jetés sur moi en me criant: ”La quenelle ! Sale youpin ! ”» L’acteur de 50 ans précise : « Alors que je ne suis pas juif… C’est une fois dans ma bagnole que je me suis rendu compte que je suis passé à côté de quelque chose de grave ». Choqué, Bruno Solo aurait alors pleuré. Il a exprimé son inquiétude « que la société en soit arrivée à un tel degré de confusion ».

Le 11 janvier 2014, c’est Elie Semoun, qui avait
formé un duo comique avec Dieudonné dans les
années 1990, qui exprime son amitié trahie,
déçue, par un sketch, comme une lettre ouverte
à Dieudonné, diffusé dans l’émission Clique sur
Canal + : « Tu m’obliges à te répondre parce que
pour les Juifs je suis un traître et pour les
autres, un agent du Mossad… Moi, je suis dans
le système , c’est normal, je suis encore dans le
show biz, c’est normal, je suis juif… Je suis pas
raciste ! L’humour, ça sert pas à çà… Quand on a débuté avec Dieudonné, on était le symbole même de l’antiracisme, à tel point que j’avais oublié que j’étais Noir et qu’il était Juif ! On s’en foutait à l’époque de tout ça, maintenant c’est un problème pour tout le monde… Dommage, moi j’aimais bien être Noir »

Quant à Bruno Gaccio, ancien auteur des Guignols de l’info sur Canal + et co- auteur d’un livre avec Dieudonné qui « a un problème pathologique avec les Juifs », il s’inquiète de la circulaire du ministre Valls. Bêtisier de Bruno Gaccio : « Une circulaire c’est totalitaire, c’est pas la loi » – un régime est ou non totalitaire, mais pas une circulaire qui peut être soumise au contrôle du juge -, « J’ai écouté le Mur. On ne peut pas dire qu’il est négationniste. A aucun moment, il ne dit que la Shoah n’a pas existé. Même à la limite, il dit « On nous casse trop les couilles avec la Shoah ».

Bruno Gaccio omet cette citation de
Dieudonné : « Quand je l’entends parler,
Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les
chambres à gaz… Dommage ». Le 12 février
2014, le Tribunal de Grande instance de Paris
a condamné, en référé, et sous astreinte de
500€ par jour,Dieudonné à enlever deux
passages de la vidéo 2014 sera l’année de la
quenelle postée sur Youtube : « Je suis né en
66, donc j’étais pas né (…) moi les chambres à
gaz j’y connais rien, si tu veux vraiment je
peux t’organiser un rencard avec Robert », et « Je n’ai pas à choisir entre les Juifs et les nazis, je suis neutre dans cette affaire, j’étais pas né en 1900 machin moi je suis né en 66 donc je sais pas ce qui s’est passé moi, qui a provoqué qui, qui a volé qui… J’ai ma petite idée, mais enfin ». Dans le premier extrait, Dieudonné invitait à rencontrer un négationniste, et dans le second extrait, le jugea considéré »l’insinuation claire » sur l’éventuelle responsabilité des Juifs dans la Shoah a « pour effet (…) de provoquer un sentiment de rejet et d’hostilité à l’égard des juifs ».

Le 24 avril 2014, sur NonStopPeople, Anne Roumanoff a exprimé la gêne des humoristes à l’égard de Dieudonné : « J’ai fait un texte sur ce sujet dans le livre [Normal 1er] qui s’appelle « Le Ministre et le Bouffon ». Je trouve que la réaction de Manuel Valls a été un peu disproportionnée. Il y a eu un moment d’hystérisation et ça a libéré la parole antisémite. Après c’est sûr qu’il fallait réagir, mais il y avait d’autres moyens que cela… Bien sûr qu’il est allé trop loin et que je ne cautionne pas ce qu’il dit, mais c’est compliqué. C’est quelqu’un d’extrêmement talentueux, tous les humoristes le disent. Il a produit un nombre de spectacle incroyable. Un spectacle tous les 2 ans alors que certains humoristes tournent pendant 10 ans avec le même spectacle, c’est quelqu’un de très créatif. C’est dommage qu’il soit tombé dans une sorte de spirale négative… Je me souviens d’avoir eu une longue discussion avec lui à Montréal pendant « le Festival du Rire » alors que tout cela venait de commencer… Bedos (Guy) avait dit « Dieudonné est camerounais, mais breton par sa mère », car il a un côté tête de mule… Ça m’a glacé par la teneur de ses propos, mais aussi par l’espèce d’opprobre qu’on lui a jeté, mais encore une fois je ne cautionne pas du tout. Tout cela m’a mis extrêmement mal à l’aise. Un moment les chaines d’infos voulaient à tout prix des réactions d’humoristes. Et vous avez remarqué nous étions tous aux abonnés absents. C’est très compliqué de s’exprimer là-dessus. Surtout

quand c’est quelqu’un qu’on connaît, qu’on a connu, qu’on a aimé. On condamne, mais c’était too much ».

Pourquoi tant
réjouissent-ils
photographier
Dieudonné, condamné à plusieurs
reprises pour incitation à la haine
raciale ou reproduisent-ils sa
syntaxe gestuelle codée :
« quenelle », index levé vers le ciel traduisible par « au-dessus c’est le Soleil » et signifiant que la Shoah demeure « le sujet le plus sacré » ?

De nouveau, c’est la Grande-Bretagne qui sert de contre-modèle à la France : pour avoir fait une quenelle le 28 décembre 2013 après avoir marqué son premier but de la saison lors d’un match contre West Ham (3-3), le footballeur Nicolas Anelka a été auditionné pendant deux jours par les trois membres de la commission de discipline indépendante, s’est défendu d’être antisémite en plaidant non coupable, et a été sanctionné le 27 février 2014 par la commission de discipline indépendante. Celle-ci a jugé que l’attaquant français de West Bromwich Albion avait violé « de manière aggravée la loi E3 de la fédération britannique de football. Agé de 34 ans, Anelka est frappé d’une suspension de cinq matches, la peine minimale pour « un geste abusif et/ou indécent et/ou insultant et/ou incorrect en relation avec l’origine ethnique et/ou la race et/ou la religion », aux termes de la mise en accusation du 20 janvier 2014. Il doit aussi verser une amende de 97 300 euros – l’équivalent d’une semaine et demie de salaire – et suivre un stage éducatif. Il avait expliqué sa quenelle comme une « dédicace » antisystème à son ami Dieudonné. Le 4 avril 2014, il a déclaré à Metronews n’être pas antisémite, et a cité ses amis Juifs.

Et d’ajouter : « Même le président du Crif a reconnu que c’était condamnable seulement devant une synagogue ou un lieu de mémoire concernant la Shoah. J’ai accepté ma sanction et je n’ai pas fait appel parce qu’au vu des réactions après le verdict ils n’attendaient que ça, me mettre 10 matches en appel ! Je pensais reprendre l’entraînement avec WBA et rejouer après ma suspension. Et là, coup de théâtre : le club, de mon côté depuis le début de cette affaire, fait marche arrière et entame une enquête à son tour. Il me demande de m’excuser pour pouvoir réintégrer le groupe. Ce qui ne m’a pas plu parce que j’avais demandé au club dès le début de cette histoire si pour eux il était préférable que je sois transféré pour leur éviter tout problème. A cette époque, ils m’avaient répondu qu’ils voulaient que je reste. Après le verdict, j’ai été très surpris de ce changement et de cette demande. J’ai donc préféré quitter le club… [Dieudonné], c’était un ami, c’est devenu un frère aujourd’hui !… C’est un humoriste, pas un politicien… Qui décide que la quenelle est antisémite et raciste, à part l’inventeur de ce geste ?… Quand on demande à Dieudo, il dit clairement que non. Sous prétexte que quelques personnes ont reproduit ce geste devant une synagogue, alors ce geste devientautomatiquement antisémite et raciste dans n’importe quel endroit et n’importe quelle situation ?… [Manuel Valls] n’est pas très méchant ! Je pense plutôt qu’il a été sous l’influence de sa femme (la violoniste Anne Gravoin qui est Juive, Nda) sur cette affaire de quenelle ».

Le 12 juin 2014, peu avant la
Coupe du monde de football,
Anelka a publié sur son compte
Twitter une photo afin de signaler
sa présence à Kinshasa
(République démocratique du
Congo) en soutien à « la fondation
caritative d’aide à l’enfance de de
Youssouf Mulumbu, ami
footballeur et ancien coéquipier ».
Au centre de la photo, Anelka porte un T-shirt « Superman » au logo détourné : le signe en rouge y apparaît sous la forme de bras faisant le geste de la quenelle. Ce vêtement « Super Quenelle » est l’un des produits dérivés en vente sur le site officiel de Dieudonné. Son Tweet a été retweeté 555 fois, et ajouté en favori 221 fois.

Le 8 juillet 2014, Valeurs actuelles a évoqué le rappeur Médine dans l’article Les amis antisémites de… SOS Racisme. Le 26 juin 2014 au soir, SOS Racisme et l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) ont « invité le rappeur Médine à participer à un concert gratuit à Paris intitulé “La République donne de la voix”, dont la vocation était de « poursuivre le combat contre les idées d’extrême droite ». Hostile au Front national, Médine admire Dieudonné, qui aurait « contribué à désamorcer des sujets sensibles comme le racisme ». Médine a effectué des “quenelles” et en janvier 2014 a « publié sur Facebook deux photos de lui-même en train d’effectuer ce signe devant les locaux de la radio Skyrock à Paris et face à une réplique du “mur de séparation” de Bethléem à Londres ». Le 8 février 2014, il a déclaré à Thierry Ardisson Dans Salut les Terriens sur Canal + : « C’est une provocation qui doit être comprise. La provocation est légitime, comprise en fonction du public auquel elle s’adresse… On ne va pas se soumettre à une définition que certaines personnes donnent ou voudraient donner… Des grandes instances juives comme Roger Cukierman ont réussi à distinguer la quenelle antisémite de la quenelle anti-système… Ma quenelle est anti-système, elle n’est pas antisémite « . Alors pourquoi a-t-il choisi la barrière anti-terrorisme ? Après l’attentat antisémite à l’école Ozar HaTorah (Toulouse), Médine, musicien « engagé et conscient », a déclaré à des élèves du collège René-Descartes de Châtellerault (Vienne) que « la réaction des médias [était] à vomir. Ils ont stigmatisé les musulmans. Ils en font l’ennemi numéro un. […] Les musulmans vont devoir porter un poids supplémentaire ».

Une affaire Dieudonné qui arrivait à point nommé pour le gouvernement socialiste, alors qu’il enregistrait de nombreux échecs dans sa politique et que de nombreux médias ont souligné l’augmentation du nombre d’Olim ayant immigré de France en 2013. Un gouvernement de gauche qui, à la fois sesouvenait de sa lamentable attitude – négation de la réalité, puis minoration, et justification – lors de la recrudescence du nombre d’actes antisémites en 2000 – Manuel Valls était chargé de la communication et de la presse au cabinet du gouvernement du socialiste Lionel Jospin (1997-2002) -, et voulait donner des gages sur sa détermination à lutter contre l’antisémitisme.

Une France « Black Blanc Beur » antisémite

La quenelle, signe nazi inversé, un signe contre le système ? Non, ceux qui l’effectuent vivent (très) bien grâce au système.

« La quenelle est ainsi présentée comme un geste
de défi lancé à la société, à l’ordre social, c’est
à dire que l’on fait passer le sentiment que ce
qui est en jeu avec les Juifs, c’est tout ce qui fait
problème dans la vie quotidienne. Le symbole
anti-juif qu’est la quenelle peut désormais
renvoyer à tout autre chose que les Juifs et
Israël, tout en accusant spécifiquement et uniquement les Juifs, dont l’exécration devient le signe de ralliement et d’expression des mécontents et du ressentiment social en général. Là est le danger avec la diffusion de la quenelle. C’est un dispositif typique du bouc émissaire. La crise économique, c’est les Juifs, le communautarisme, c’est les Juifs, l’écotaxe, c’est les Juifs, etc. … Rien n’est en effet plus puissant qu’un symbole…. Nous avons là là la première étape d’une évolution aventureuse, car, sous l’étendard que devient le symbole de substitution (les Juifs stigmatisés comme responsables de tout ce qui va mal), l’ombre de cette équation (malaise social=Juifs) se projette sur toute la société et devient capable de structurer toute une attitude et un comportement jusqu’à la constitution d’un mouvement organisé, d’un parti. C’est ce qu’il en fut avec la croix gammée, la faucille et le marteau, etc. », a déclaré le professeur Shmuel Trigano, le 3 janvier 2014, sur Radio J.

Ce que révèlent ces « quenelles », ce sont des antisémites, souvent jeunes et musulmans, qui n’ont souvent pas conscience de l’être. Dieudonné a su fédérer un public « arc-en-ciel » sociologiquement large, de la bourgeoisie aux pauvres.

C’est aussi l’instrumentalisation par le pouvoir politique socialiste, surtout par Manuel Valls, de cette affaire.

Deux sondages réalisés à partir du 10 janvier 2014 révèlent une « baisse de popularité inédite » de ce ministre à l’image positive, « depuis son entrée au gouvernement ». Parmi « les personnes sondées par You Gov: seulement 38% d’entre elles soutiennent le principe de l’interdiction. Dans le détail, 64% des sondés sont d’accord pour dire que l’interdiction des spectacles « fait de la publicité » à Dieudonné et à ses idées (10% pensent le contraire) et 45% pensent que cette mesure « enfreint la liberté d’expression » (26% estiment le contraire). Enfin, 38%, contre 32%, jugent que cette méthode n’est pas efficace pour prévenir l’antisémitisme ». Lapsus révélateur : le 6 février 2014, interrogé lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2, ManuelValls a déclaré : « Le racisme et l’antisémitisme ce sont des délits qui doivent être condamnés par la loi. Depuis qu’il y a eu l’interdiction du Conseil d’Etat, ce personnage ne peut plus proférer dans ses spectacles les mêmes propos. Donc si c’était à refaire, je ne le referai pas », puis il a rectifié : « Je peux vous dire que si c’était à refaire, je le referais, mille fois ». Eh non, Manuel Valls n’a pas interdit des manifestations « de solidarité avec Gaza », notamment pas celle parisienne du 13 juillet 2014 au cours de laquelle on a crié « Mort aux Juifs »

Les actions des autorités politiques contre Dieudonné ont donné consistance aux poncifs infondés antisémites sur le « lobby Juif » et sa puissance. Les Juifs ont été perçus négativement car ils ont été associés à des mesures attentatoires à la liberté, un des éléments du triptyque de la devise républicaine.

Et s’est renforcée l’alliance Black/Blanc/Beur, des médias – Yann Barthès sur Canal + – aux sportifs – Anelka, Nasri, Tony Parker, Yannick Noah -, via l’extrême-droite et l’extrême-gauche ainsi que le « politiquement correct de gauche », contre les Juifs, pardon, contre les Sionistes.

Signe alarmant : Me Henri Laquay et Me
Sébastien Courtoy, les deux avocats de
Mehdi Nemmouche, auteur franco-
algérien présumé de l’attentat antisémite
contre le musée Juif de Bruxelles
(Belgique) le 24 mai 2014, ont reçu en
2012 une « quenelle d’or » des mains de
Dieudonné. Une photographie publiée sur
le site de l’observatoire de l’extrême
droite, ResistanceS.be, les montre
effectuant ce geste avec Dieudonné. Ces
deux avocats ont aussi défendu dans
condamnés le 21 mai 2014 par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour participation aux activités d’organisations terroristes en Somalie à trois ans de prison ferme et à quatre ans de prison avec sursis probatoire. Un procès ‘bis’ débutera en septembre 2014, certains des dix-neuf prévenus ayant été condamnés par défaut. Les deux avocats défendent actuellement ensemble des suspects en détention préventive, inculpés dans deux dossiers distincts liés à l’envoi de jeunes musulmans belges en Syrie pour le djihad armé. »

Me Henri Laquay « a figuré sur une liste du Front national (FN) belge aux législatives en 1999 et a été l’attaché parlementaire d’un élu FN. Il a été « membre du comité de soutien à Jean-Marie Le Pen pour la présidentielle française de 2007 ». Il « est également membre fondateur, avec l’avocat français et trésorier du FN Wallerand de Saint-Just, d’un groupement de juristes nationalistes » dans le monde, Jus Patria.

Quant à Me Sébastien Courtoy, il a défendu l’ancien député fédéral Laurent Louis, président de ‘Debout les Belges’, « visé par desplaintes pour antisémitisme et
négationnisme et « condamné le 17
juin dernier à 8 mois de prison avec
sursis pour outrage au Premier
ministre, injures à l’égard d’un
journaliste et de quatre autres
personnes ainsi que pour infraction
à la loi concernant la
communication de données à
caractère personnel ». La « Chambre
avait, elle, condamné les propos négationnistes et la quenelle de Laurent Louis ». Me Sébastien Courtoy est l’avocat de l’ex-membre du FN Georges- Pierre Tonnelier, du Front national rénové ainsi que du Centre islamique belge (CIB) condamné en appel en 2009 pour « incitation à la haine raciale pour avoir diffusé un montage vidéo sur son site comparant l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères David Lévi à Adolf Hitler. En première instance en 2006, l’audience avait été interrompue en raison des conclusions écrites de l’avocat, passibles de poursuites judiciaires ». Le conseil du CIB avait alors retiré certains propos qualifiés « d’excessifs ».. « Parmi ses clients figurent aussi de recruteurs belges de candidats au djihad, ou encore l’organisateur d’un congrès » et antisémite interdit à Bruxelles. Un congrès qui comptait Dieudonné et Alain Soral parmi ses invités ». Cet avocat est aussi le conseil des « participants de la mission ‘Bienvenue en Palestine’, qui ont déposé plainte en 2012 contre Israël auprès du parquet fédéral pour crimes de guerre. « L’avocat pénaliste s’est spécialisé ces dernières années dans les affaires liées au terrorisme. Il avait ainsi défendu un homme condamné sur opposition en mai dernier à deux ans de prison avec sursis pour l’envoi d’un colis à son frère djihadiste en Afghanistan. Il avait aussi défendu deux prévenus condamnés en appel en février 2013 à 5 ans de prison avec sursis partiel et à 40 mois de prison pour avoir fait partie d’une organisation terroriste qui recrutait des combattants en Belgique pour le djihad armé en Irak ».

Est-ce un hasard si dans sa chanson Ma colère dont le clip est sorti le 4 mars 2014, Yannick Noah, métisse comme Dieudonné, y élude l’antisémite Dieudonné et chante « Ma colère n’est pas un Front, elle n’est pas nationale… Ma colère a tout l’honneur de combattre la leur » ? Le même Yannick Noah qui, au sortir d’un match de tennis à Flushing Meadows en 1989, affirmait que le soutien du public américain lors de son match en cinq sets sur deux jours contre le joueur de tennis israélien Amos Mansdorf, expliquait devant une chaine de télévision française qu’il n’était pas surpris par le soutien des spectateurs à son adversaire : « Avez-vous vu la forme de leur nez ? » Le 22 octobre 2014, lors de l’émission « Un soir à la tour Eiffel » animée par Alessandra Sublet sur France 2, Yannick Noah a déclaré : « Des gens ont décidé qu’il n’était plus drôle, donc il est censuré. Et moi je trouve qu’il est très fort. Alors je ne suis pas d’accord sur certaines positions, c’est évident, dès que ça devient ou antisémite ou raciste… Pourquoi interdire ? De quel droit ? Pourquoi interdire untel par rapport à un autre ? » Yannick Noahévoquait l’essayiste Eric Zemmour, auteur de l’essai Le suicide français qui a suscité des polémiques sur les chiffres de l’immigration et la politique antisémite du régime de Vichy.

Selon le démographe Nicolas Bourgoin cité par le site islamique Saphirnews (19 mars 2014), le parti socialiste pourrait perdre le « vote musulman » en raison du « sionisme outrancier » du Président Hollande et de la campagne contre Dieudonnée menée par Manuel Valls. C’est oublier les griefs de nombre de musulmans, conservateurs en matière de thèmes sociétaux, à l’égard de la loi sur le « mariage pour tous », de l’introduction de la théorie du genre dès l’école, etc.

Et ce sont des membres de cette alliance qui ont crié : « Juif, la France n’est pas à toi ! » et « Juifs, hors de France » lors de la manifestation Jour de colère, exprimant le 26 janvier 2014, à Paris, son opposition à la politique du Président François Hollande.

Autre exemple de cette conjonction antisémite : le mouvement « Journée de retrait de l’école », lancé « par une certaine Farida Belghoul, 55 ans, militante passée en 30 ans de l’extrême gauche à l’extrême droite. Initiatrice en 1984 de la seconde marche des beurs, aujourd’hui proche de l’essayiste Alain Soral (lui-même lié à Dieudonné) et de son association « Égalité et Réconciliation », Farida Belghoul est partie en croisade contre l’avènement d’une théorie du genre à l’école depuis la rentrée 2013-2014. Elle est passée à l’action le 24 janvier [2014] en appelant à un boycott de l’école une fois par mois, via les réseaux sociaux et des sms diffusés en chaîne ». Résultat : « Plus d’un tiers d’absentéisme constaté dans une école strasbourgeoise de zone d’éducation prioritaire, et un mouvement qui gagne de nombreuses académies ». Issus des communautés turque, maghrébine et gitane, de nombreux parents ont suivi ce boycott et se sont enquis notamment : « Est-il vrai que des juifs vont venir à l’école pour savoir si nos enfants sont des garçons ou des filles ? « 

Cette alliance Soral/Belghoul a
éclaté en octobre 2014 : « Le 13
octobre, un communiqué mis en
ligne sur le site soralien annonce
la « démission collective » de
certains membres de cette
organisation. A la fureur de
Belghoul, qui croit y voir la main
de Soral, l’accuse de « trahison »
et réclame un « débat télévisé »
précipité la fronde anti-Soral d’une autre figure de la blogosphère «dissidente» : Salim Laïbi, animateur du site complotiste le Libre Penseur. Dans un article récent, ce dentiste marseillais qualifie Soral de «psychopathe», de «schizophrène» et de « vaurien ». Et annonce lapublication d’une «soraloscopie» en vidéo, promettant de révéler les aspects les plus sombres de son ancien allié » (Libération, 5 décembre 2014).

En juillet 2014, lors des
manifestations hostiles à
l’opération israélienne Bordure
protectrice, nombre des
manifestations à Paris ont effectué
le geste de la quenelle. Ainsi, l’une
des photographies les plus graves
occultées de la manifestation du 13
juillet 2014 a été publiée
par Marianne en illustration
de l’article de Frédéric Ploquin (14 juillet 2014) : elle montre une dizaine de manifestants Black Blancs Beurs, dont certains arborant un keffieh ou des cagoules, debout devant une fusée en position horizontale, et faisant le geste de la quenelle créée par Dieudonné.

Le 26 juillet 2014, un rassemblement pro-Hamas se déroulait, émaillé de violences place de la République à Paris. Et au théâtre de la Main d’or, Dieudonné a organisé uneconférence sur Gazaavec « tout le gratin de l’antisionisme ». Vêtu de « sa fameuse combinaison orange de prisonnier de Guantanamo, avec inscrit « quenelle » en lieu et place du prénom du détenu », Dieudonné a évoqué la « plus grande injustice, Gaza. » Ancien élu belge, Laurent Louis a allégué : « C’est pas une politique nazie que poursuit l’Etat d’Israël, c’est pire! Même Hitler, il ne bombardait pas des hôpitaux. »

Le 5 décembre 2014, Libération publiait l’enquête Après la quenelle, le temps des querelles, de Willy Le Devin et Dominique Albertini : « Déçus par les dérives de la propagande soralo-dieudonniste, de nombreux soutiens quittent la « dissidence antisioniste », sur fond d’affaires de mœurs et d’argent. De leur côté, l’essayiste et l’humoriste lancent leur parti Réconciliation nationale ». Garde du corps pour Dieudonnéde (2011-2013), Jessie, âgé de 45 ans, a relaté : « Ce théâtre, c’est un club complotiste et un site de rencontres, poursuit-il. Des fois, je restais jusqu’à 4 heures du matin pour fermer. Dieudonné et Soral restaient tous les deux à parler : ils racontaient que des conneries sur les juifs. En réalité, ils n’en ont pas grand-chose à foutre de la Palestine, de la cause noire, des inégalités sociales. Ce qu’ils veulent, c’est faire prospérer leurs petites PME personnelles. Autour d’eux, il y a plein de gens prêts à les épauler en pensant qu’ils défendent de nobles causes. Ils repartent tous brisés ». Autre témoignage : celui de Jérémie Maradas-Nado, alias « Joe Dalton » – ancien chef de la « bande de chasseurs de skinheads » Black Dragons et garde du corps de Dieudonné, devenu éducateur et enseignant d’arts martiaux : « J’ai assuré sa protection. Au début, gracieusement, et puis j’ai fini par arrêter d’être bonne poire. C’est un boulot dangereux parce que son théâtre est parfois attaqué. Je lui ai dit : « Si je me mouille vraiment, c’est 5 000 euros. » En juillet, des antifas ont tenté une descente au théâtre de la Main d’or, où se tenait une conférence sur laPalestine, et on a fait le boulot. Mais, sur l’argent, il m’a encore endormi. Je lui ai dit : « Dieudo, je rigole pas, maintenant tu payes ou ça va mal finir. » Du coup, il m’a fait venir au théâtre début novembre. Sur place, il a appelé les flics et m’a accusé d’extorsion de fonds. J’ai fini en garde à vue ». Bref, certains anciens soutiens de Dieudonné ont pris tardivement conscience que ce dernier instrumentalisait la cause noire, et qu’il gagnait très bien sa vie. Dieudoleaks et les révélations des médias et du fisc sur le business de Dieudonné ont été plus efficaces que les interdictions de spectacles. ET elles ont contribué à semer la zizanie dans cette mouvance.

Ni Dieudonné niEgalité et Réconciliation (E & R), organisation de Soral, n’ont répondu aux questions des deux journalistes : leur stratégie de communication est axée sur la publication de vidéos sur Internet. « C’est par ce biais, par exemple, que Soral et Dieudonné ont annoncé le 11 novembre le lancement d’un parti politique, Réconciliation nationale, destiné à porter leurs idées sur la scène électorale. Mais voilà : ces derniers temps, la Toile est surtout le canal des multiples règlements de comptes qui agitent la «dissidence antisioniste». Histoires de mœurs, histoires de fric, coups de pression entre anciens alliés : quand ce drôle de milieu lave son linge sale, il ne le fait pas à moitié », poursuivent Willy Le Devin et Dominique Albertini.

Ajoutons que, le 20 juillet 2006, Franck Abed a créé le mouvement politique Egalité et Réconcilation. Il a déposé le nom à l’INPI (Institut national de la propriété industrielle). Il a fustigé l’amateurisme de Dieudonné et de Soral à Vu de France (14 novembre 2014) : « Ni Soral ni Dieudonné, ni leurs équipes n’ont pris la peine de me contacter, et il est évident qu’à aucun moment, je n’ai cédé la propriété de Réconciliation Nationale. Je refuse qu’on me vole mon travail, mes idées et mes analyses. Pour des gens qui se disent attachés à la justice et à la droite des valeurs ce n’est guère brillant ». Un nouveau procès en perspective ?

Dans les dernières vidéos de Dieudonné, celui-ci a annoncé le lancement de »l’ananassurance », société d’assurance « dissidente », et d’une web-télé

dénommée Quenel +.

« Dieudonné, en banlieue, les jeunes continuent de le voir comme un humoriste. Soral, lui, est bien identifié comme un homme politique, donc écouté plus sérieusement », a expliqué Hugo Hayat technicien proche de la web-télé Les Vrais Savent, « visant à démonter la propagande soralo- dieudonniste auprès des jeunes de banlieue ».

Chercheur, proche des Frères musulmans et auteur des 7 Défis capitaux, un essai à destination des musulmans de France, Nabil Ennasri rencontre souvent des « sympathisants soraliens lors de ses conférences » et considère(Libération, 5 décembre 2014) : « Parce qu’ils se disent antisionistes, parce qu’ils sont attaqués par la Ligue de défense juive [LDJ], parce qu’ils sont pris pour cibles par des figures publiques très impopulairesdans les quartiers, Soral et Dieudonné sont entrés au panthéon des résistants pour de nombreux jeunes. Ils s’alimentent au carburant émotionnel de la cause palestinienne. Tant qu’ils resteront sur ce créneau, ce qu’ils feront par ailleurs aura relativement peu d’importance ».

Et contre cette alliance jugulante, contre les sources alimentant l’antisémitisme – « politique arabe », antisémitisme islamique, délégitimation et diabolisation d’Israël, en particulier dans des manuels scolaires et sur le service public radiophonique et télévisuel,et non sanctionnée par des magistrats, etc -, les autorités politiques françaises n’ont rien fait et ne feront rien.

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