Comment Israël construit son industrie de cyberespionnage

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Les vétérans de l’unité de renseignement de Tsahal s’arrachent sur le marché de la surveillance électronique.

Repéré par Barthélemy Dont sur Rest of World

15/03/2021 à 7h59

Pas aussi connue que la NSA auprès du grand public, l’unité 8200 est pourtant considérée par le milieu comme l’une des meilleures agences de renseignement au monde.

8200 est une unité de renseignement d’élite de l’armée israélienne, en partie constituée, comme le reste de l’armée, de jeunes effectuant leur service militaire. Les conscrits sélectionnés pour servir dans cette unité prestigieuse doivent en contrepartie accepter d’y rester cinq ans, le double d’un service classique.

Une opportunité attractive pour les petits génies de l’informatique, puisque les anciens de 8200 s’arrachent dans l’industrie de la cybersécurité. D’après le grand quotidien Haaretz, parmi les 2.300 fondateurs de 700 entreprises de cybersécurité dans le pays, 80% sont passés par les services de renseignement de Tsahal.

Comment Israël a créé sa bombe atomique au nez et à la barbe des Américains

Israël a ainsi créé un véritable pipeline, qui forme puis dirige les jeunes doués en informatique vers son industrie de la surveillance. À la manière d’un réseau d’anciens élèves d’une grande université, les ex-8200 forment de plus un réseau solide sur lequel s’appuyer à la fin de son service, explique au média Rest of World Raphael Ouzan, un entrepreneur passé par l’unité.

Clients sulfureux

Seulement, la puissance grandissante d’Israël dans le domaine de la surveillance ne plaît pas à tout le monde. En plus de participer à la surveillance étroite de la Cisjordanie et des Palestiniens en général, ces entreprises ont des clients internationaux sulfureux.

L’une des plus prestigieuses de ces entreprises israéliennes est NSO Group, la créatrice du logiciel d’espionnage Pegasus. Elle est accusée par Edward Snowden d’avoir contribué à la surveillance de Jamal Khashoggi avant son assassinat.

Une autre entreprise, Cellebrite, est capable d’accéder à des appareils verrouillés et de récupérer des données effacées. Sa technologie est utilisée par les polices russebiélorussehongkongaiseindonésienneaméricaine mais aussi française. De nombreux ex-8200 sont également débauchés par DarkMatter, une firme de renseignement privée émiratie.

D’après Eitay Mack, un avocat en droits humains, «le système de surveillance israélien est le nouvel Uzi», un pistolet-mitrailleur israélien qui avait connu une extraordinaire popularité. S’occupant d’ordinaire à traquer et tenter d’empêcher les ventes d’armes à feu, Mack se concentre désormais de plus en plus sur les ventes de technologie.

Les régimes autoritaires «n’ont plus besoin de tirer sur les manifestants, estime l’avocat. Avec de l’équipement israélien, ils peuvent empêcher les manifestations avant qu’elles ne prennent place.»



Comment Israël a créé sa bombe atomique au nez et à la barbe des Américains
L’une des grandes manipulations du XXe siècle.
Officiellement, Israël ne dispose pas de la bombe atomique. Le pays n’a pas signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et n’est donc pas soumis au contrôle des inspecteurs de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA). Le secret est pourtant de Polichinelle: personne dans le monde n’ignore que l’État hébreu s’est doté de l’arme atomique en 1967, notamment grâce à l’aide de la France.
Le programme nucléaire israélien est lancé en 1949 par le Premier ministre David Ben Gourion. Les États-Unis, qui veulent à tout prix éviter la nucléarisation du Proche-Orient, essayent de dissuader Israël par tous les moyens.
Ils réclament des visites d’inspection régulières sur le complexe de Dimona, dans le désert de Néguev, où les Israéliens construisent une centrale nucléaire avec l’assistance des Français, et où ils sont soupçonnés de développer en réalité un programme atomique militaire.


Plusieurs visites sont ainsi organisées entre 1961 et 1964, et concluent qu’Israël n’est pas en capacité de produire une arme nucléaire «dans les deux ou trois ans». Pour la Commission de l’énergie atomique des États-Unis (AEC), Dimona manque notamment d’une usine chimique de retraitement de l’uranium, indispensable pour extraire du plutonium nécessaire à la fabrication d’une bombe.
Double-jeu français
Mais les mois suivants, les Israéliens semblent de plus en plus réticents face aux inspections américaines. En 1965, le Premier ministre Levi Eshkol concède enfin une visite à l’AEC, mais celle-ci est étroitement encadrée: les experts ne pourront rester que dix heures sur place et on leur présente même, à leur insu, une fausse salle de contrôle.
Pourtant, de nombreux experts ont alerté le gouvernement américain à plusieurs reprises. Différents indices contribuent à alimenter leurs soupçons. Le complexe de Dimona a été «secrètement étendu», de l’uranium a été acheté en grande quantité à l’Argentine et les techniciens français ont quitté les lieux.
Au fil des années, l’évidence commence à s’imposer: Israël a bel et bien développé des armes nucléaires à Dimona. La confirmation viendra en 1986, lorsque Francis Perrin, le commissaire français à l’énergie atomique, révèle dans le Sunday Times que Dimona a été pensé «dès le départ» pour élaborer l’arme nucléaire.
Selon les auteurs d’un article de Haaretz, l’aveuglement des Américains tient principalement aux cachotteries des Français, qui auraient dissimulé aux États-Unis l’assistance technique et le matériel livré à Israël. Dans les années 1950, l’aide française a en effet été déterminante dans le développement de ce programme nucléaire.
L’État hébreu disposerait aujourd’hui, selon les spécialistes, de 100 à 200 têtes nucléaires. Son armée détient également toute la gamme d’avions pouvant délivrer une arme atomique, notamment des bombardiers américains F-15 ou F-16, ainsi que des missiles balistiques.

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