Co-fondateur de Google, Sergei Brin planche sur un dirigeable géant à pile à hydrogène géante

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Tout est grand, y compris l’objectif.

Repéré par Thomas Burgel sur Techcrunch

Co-fondateur avec Larry Page de Google, Sergei Brin a révolutionné l’internet tel que nous le connaissons. Peut-être s’apprête-t-il à faire de même avec le transport aérien: comme l’a repéré Techcrunch, sa discrète start-up de dirigeables LTA Research a posté une annonce pour un job qui pourrait changer bien des choses.

L’objectif de la perle rare recherchée par l’Américain? Aider l’entreprise à concevoir une pile à hydrogène géante d’une puissance de 1,5 MW, capable de mouvoir un dirigeable de mêmes proportions sur de longues distances et avec de lourdes charges.

Comme l’explique Ars Technica, si LTA Research n’est pas seule à plancher sur un projet d’une telle ampleur, la puissance de 1,5 MW de la pile qu’elle cherche à produire pour son futur airship en fait un véritable tour de force.

Le site américain choisit deux points de référence. La pile à hydrogène de la Toyota Mirai la plus récente dispose d’une puissance de 128 kW –c’est dix fois moindre que ce que vise l’entreprise de Brin. Dans les airs, la cellule la plus grosse jusqu’ici utilisée, d’une puissance de 250 kW, est celle du ZeroAvia ZA-600, un avion capable de transporter 20 passagers sur une distance de 800 kilomètres.

Ars Technica et Techcrunch expliquent donc que d’aussi grosses cellules, qui combinent hydrogène et oxygène pour produire de l’électricité, présentent de nombreux défis.

Elles sont lourdes et complexes. Elles nécessitent de stocker de grandes quantités d’hydrogène, un poids malvenu pour prendre les airs et une matière hautement inflammable dont le Hinderburg a fait la triste publicité en 1937. Elles fonctionnent en outre avec des électrolytes (carbonate fondu ou oxyde solide) fonctionnant à une très haute température dont il peut être difficile de se débarrasser.

À fonds perdus

Mais de telles piles à hydrogène, installées dans des dirigeables, restent une solution technique à la fois envisageable et désirable. «Quand on pourrait parcourir 200 kilomètres avec des batteries, on devrait pouvoir atteindre 1.600 kilomètres en utilisant l’hydrogène. Les dirigeables sont encore plus parfaits pour l’efficience de ces piles», explique à Techcrunch le Dr. Josef Kallo du German Aerospace Center, qui travaille sur une cellule de la même puissance.

«Le challenge est de trouver quelqu’un pouvant se permettre de ne pas être regardant sur le business model, parce que je ne pense pas que cela puisse fonctionner sur un plan économique. Peut-être Sergey Brin peut-il être cet homme.»https://b827cb8a44f198d495dc287a3e12ad11.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html

Brin peut effectivement dépenser quelques poignées de milliards sans objectif de profitabilité immédiate: le co-fondateur de Google est la neuvième plus grosse fortune au monde, avec un magot estimé à près de 90 milliards de dollars.

Il le peut d’autant plus que l’objectif de LTA Research n’est pas d’ordre commercial, du moins pour l’instant: ses dirigeables sont conçus avec pour objectif initial de travailler main dans la main avec son ONG Global Support and Development, et de faciliter l’aide humanitaire et son transport, notamment lors de grandes catastrophes naturelles.

LTA Research est encore loin de son dirigeable géant et sa pile à hydrogène de 1,5 MW. La première mission de la personne que l’entreprise cherche à embaucher sera ainsi d’intégrer une plus petite unité, d’une puissance de 0,75 MW et conçue par une firme tierce, sur l’un des plus modestes prototypes de dirigeables déjà existants.

Le plus récent, nommé Airship 3.0, a été présenté l’an passé à la FAA, l’instance de régulation aérienne américaine. Animé par douze moteurs électriques, conçu autour de techniques novatrices dont les brevets ont été déposés en 2019, il avait été symboliquement «vendu» pour la somme de 18,70 dollars à l’un de ses concepteurs, Nicholas Garafolo, professeur à l’Université d’Akron, dans l’Ohio.

Et si l’objectif initial est humanitaire, rien ne dit que ces recherches à fonds perdus d’un aéronef capable de transporter de lourdes charges sur de longues distances, sans émettre de dioxyde de carbone, ne trouveront pas dans un avenir plus ou moins lointain de grandes applications commerciales.

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