C’est le grand amour entre islamistes…

Charred cars are pictured after a fire near the village of Achlouf, in the Kabyle region, east of Algiers, Friday, Aug.13, 2021. Dozens of fires began devouring forested mountainsides in the Berber region of Kabyle Monday. The President declared a three-day mourning period to honor the lives lost. (AP Photo/Toufik Doudou)
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L’Algérie accuse Israël d’être à l’origine d’incendies de forêt meurtriers

Le gouvernement algérien accuse deux groupes terroristes locaux qui, selon lui, sont soutenus par « l’entité sioniste » et le Maroc

Des voitures calcinées sont photographiées après un incendie près du village d’Achlouf, dans la région de la Kabylie, à l’est d’Alger, le 13 août 2021. (Crédit : Toufik Doudou/AP)

L’Algérie a imputé à Israël la responsabilité d’incendies de forêt qui ont fait des dizaines de morts, et a déclaré mercredi qu’elle allait revoir ses relations avec le Maroc, qu’elle accuse d’être également complice de ces incendies.

Un communiqué de la présidence du pays indique que des suspects ont été arrêtés et qu’ils seraient membres de deux organisations désignées comme groupes terroristes et qu’elles seraient soutenues par Israël et le Maroc. Certaines des personnes arrêtées l’ont été dans le cadre d’un lynchage brutal que les autorités ont également imputé à l’un de ces groupes.

« Le Haut Conseil de sécurité a décidé… d’intensifier les efforts des services de sécurité pour arrêter les autres individus impliqués dans les deux crimes, ainsi que tous les membres des deux mouvements terroristes qui menacent la sécurité publique et l’unité nationale », indique le communiqué de la présidence.

Elle a indiqué qu’elle visait « l’éradication totale des groupes, en particulier le MAK, qui bénéficie du soutien et de l’aide de parties étrangères… le Maroc et l’entité sioniste », ajoute le communiqué, en référence à Israël.

Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), basé à Paris, a déclaré à l’AFP qu’il rejetait ces accusations.

Les autorités algériennes imputent les incendies au MAK, un mouvement indépendantiste de la région principalement berbère de la Kabylie, qui s’étend le long de la côte méditerranéenne à l’est de la capitale Alger.

Les autorités accusent également le MAK d’être impliqué dans le lynchage d’un homme accusé à tort d’incendie criminel, un incident qui a suscité l’indignation. La foule a également mis le feu à la victime.

Les autorités ont arrêté 61 personnes à la suite de cet incident.

L’agence de sécurité algérienne DGSN a déclaré que les enquêtes avaient découvert « un réseau criminel, classé comme une organisation terroriste » qui était derrière les incendies, selon « l’aveu des membres arrêtés ».

Certains des suspects ont reconnu être membres du MAK, selon des aveux diffusés par la télévision algérienne.

Alger a également accusé le mouvement Rachad, d’inspiration islamiste, d’être impliqué. Elle a classé le MAK et le Rachad parmi les « organisations terroristes » en mai.

Au moins 90 personnes, dont 33 soldats, ont été tuées dans des dizaines d’incendies de forêt qui se sont déclarés le 9 août dans le nord de l’Algérie, pendant une importante vague de chaleur.

Le président Abdelmadjid Tebboune a déclaré que la plupart des incendies étaient d’origine « criminelle ».

La décision de revoir les relations avec le Maroc voisin a été prise lors d’une réunion extraordinaire du conseil de sécurité du pays, présidée par Tebboune et consacrée à l’évaluation de la situation après les incendies.

« Les actes hostiles incessants menés par le Maroc à l’encontre de l’Algérie ont nécessité la révision des relations entre les deux pays », indique le communiqué de la présidence.

Le communiqué précise qu’il y aura également une « intensification des contrôles de sécurité aux frontières occidentales » avec le Maroc. Le communiqué ne précise pas ce que cette révision pourrait signifier.

La frontière entre l’Algérie et le Maroc est fermée depuis 1994.

Le mois dernier, l’Algérie a rappelé son ambassadeur au Maroc pour consultations, après que l’envoyé du Maroc aux Nations unies, Omar Hilale, a exprimé son soutien à l’autodétermination de la région algérienne de Kabylie.

À l’époque, le ministère algérien des Affaires Etrangères avait déclaré que le Maroc « soutient ainsi publiquement et explicitement un prétendu droit à l’autodétermination du peuple kabyle ».

Les relations entre Alger et Rabat ont été tendues au cours des dernières décennies, notamment en raison du conflit du Sahara occidental.

Le Maroc considère que l’ancienne colonie espagnole fait partie intégrante de son royaume, mais l’Algérie a soutenu le Front Polisario, qui cherche à obtenir l’indépendance.

L’Algérie ne reconnaît pas Israël, qu’elle désigne uniquement comme « l’entité sioniste ». En revanche, Israël a annoncé au début du mois, lors d’une visite officielle du ministre israélien des Affaires Etrangères Yair Lapid au Maroc, qu’il établirait des liens diplomatiques complets avec le Maroc dans les deux mois.

L’administration Trump a négocié un accord de normalisation entre Israël et le Maroc l’année dernière, rétablissant des liens qui avaient été rompus après le déclenchement de la deuxième Intifada en 2000. Toutefois, l’accord de 2020 n’a pas établi de relations diplomatiques complètes.

L’Algérie fait partie des pays méditerranéens qui ont connu des incendies de forêt ces dernières semaines. Le Maroc aussi a été touché.

Les incendies en Algérie ont brûlé des dizaines de milliers d’hectares de forêt. Mercredi, les services d’urgence ont déclaré que tous les incendies avaient été éteints.

Selon les critiques, les autorités n’étaient pas préparées à ces incendies.

Israël a également connu une vague d’incendies de forêt, dont le plus récent, qui a duré trois jours, a dévasté des milliers d’hectares de forêt dans la banlieue de Jérusalem. Bien qu’il n’y ait eu aucun décès, des dégâts matériels ont été constatés dans les communautés touchées par l’incendie.

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