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ESCLAVAGE

CERVANTÉS qui a écrit Don Quichotte Fait partie du million d’esclaves blancs maltraités par les arabes d’Algérie… nos prêtres faisaient l’aumône pour racheter les esclaves… esclave dont l’origine est slave !

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Un million d’esclaves blancs passés sous silence, et l’Algérie réclame réparation après la colonisation

par L’apostilleur (son site) 

 Ecoutant avec compassion les récits poignants de la décolonisation de l’Algérie, je mesurais que cent quatre-vingt-dix ans nous séparaient de la cause et plus d’un demi-siècle de son issue avec la guerre d’Algérie. Je découvrais ainsi combien la période écoulée entre ces événements agit sur l’oubli et influe sur nos appréciations.

 Un aperçu quant aux origines de cette histoire s’impose, et se pose aussi la question de la date de péremption des horreurs, faits de guerre et de leurs conséquences. Du vivant des témoins, l’oubli est un outrage à leur faire, mais après quelle règle guide l’oubli ? Si personne ne se sent responsable des guerres napoléoniennes, la France d’aujourd’hui se mortifie de plus en plus pour celle d’Algérie. Moins les générations qui décident aujourd’hui ont eu à connaître de l’événement plus elles culpabilisent et jugent des événements, à courte vue pour certains. Les causes, pourtant pires encore que les conséquences, sont occultées parce que trop anciennes ou peu glorieuses. Il est précisé que l’objet ici n’est pas d’excuser l’une par l’autre, mais de se demander jusqu’où notre mémoire admet qu’on l’interroge pour porter un jugement en conscience.

Minés par l’héritage de l’Algérie, nos représentants nationaux traînent comme un boulet le souvenir d’une guerre coloniale que de l’autre côté de la méditerranée on évoque toujours, oubliant les événements un peu plus anciens qui prévalaient au début de cette histoire ; la piraterie et l’esclavagisme pratiqués par les Barbaresques d’Afrique du nord. 

Les discussions franco-algériennes se focalisent donc sur la période la plus récente des événements. Ainsi en 2012 à Alger, François Hollande reconnaissait à juste titre les “souffrances que la colonisation française a infligées à ce pays … au peuple algérien “. Mais il avait prévenu qu’il n’y aurait ni « repentance » ni « excuses » de la France, sans en donner la raison. Provocant le courroux de nombreux partis politiques algériens dont ceux religieux (islamistes), qui attendaient des « indemnisations matérielles et morales ». Avait-il en arrière-pensée que la repentance et les excuses devraient-être réciproques selon la période à considérer ? Un peu plus tard il s’exprimera dans les mêmes termes au Mémorial ACTe (*) dédié à l’esclavagisme aux Antilles concomitant avec celui des Barbaresques.

Changement de ton avec Emmanuel Macron sûr de lui, qui en février 2017 à Alger, déclare que “La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes“. Utilisant opportunément le terme de barbarie, dans la cité des « Barbaresques d’Alger », il laissait sous silence les crimes contre l’humanité dont étaient responsables ses hôtes plus tôt. Etait-ce un effet collatéral de la loi Taubira (**) qui a contourné la traite arabo-musulmane dont celle des européens ?

La voie s’ouvrait pour la suite. Le Conseil constitutionnel s’exécutait le 8 février 2018 avec la décision (plus de cinquante ans après) d’ouvrir les droits à pensions à toutes les victimes de la guerre d’Algérie qui résidaient dans le pays alors et à leurs ayants droit, au motif qu’il n’est pas possible de discriminer les victimes. Dans la foulée, Tarik ABHARI avocat au barreau de Paris laissera entendre que les victimes algériennes, des forces algériennes de libération pourraient également avoir droit à ces pensions payées par la France (***).

E. Macron prend à son compte cette repentance, nécessité morale des sociétés occidentales. Est-elle pour autant partagée ? Certainement pas. Y-a-t-il une date de péremption ? A l’évidence pour l’histoire qui nous occupe, à moins que d’autres calculs masquent cette histoire (**). 

Le cas de l’Algérie est exemplaire en ce qu’il démontre que les actes de barbarie précédents la présence française en Algérie, sont sortis du champ des discussions franco-algériennes, parce que trop anciens et en ce qu’ils seraient de nature à modifier possiblement le discours actuel. En effet, si les actes perpétrés par la France ont nourri de nombreux récits au fil de ces cinquante dernières années et sont désormais en filigrane dans nos consciences, les tragédies qui les ont précédés pendant plus de deux siècles envers l’Occident chrétien sont totalement occultés malgré leur intrication dans l’histoire franco-algérienne des débuts ;

Plus d’un million de blancs chrétiens seront réduits en esclavage par les Barbaresques, de Tunis, de Tripoli et d’Alger principalement. Et encore davantage tués.

On remontera le temps pour appréhender les germes des événements entre le XVIe s. et 1830, date de la campagne militaire française contre la régence d’Alger. Cet épisode s’inscrit dans celui plus large de l’esclavage arabo-musulman entre le VIIe et le XXe siècle qui aura conduit plus de quinze millions d’esclaves à passer entre leurs chaînes.

Après la Reconquista, les Maures chassés d’Espagne s’installent au Maghreb. Voulant alors développer des activités commerciales maritimes, ils en sont empêchés par les Espagnols qui au début du XVI e s. envahissent le Maghreb pour être finalement chassés par les ottomans appelés par les algériens. En 1541, la flotte de Charles Quint est battue devant Alger. Les ottomans musulmans, dans le lit de l’arabisation islamique réalisée du Maghreb, organisent les territoires avec des régences dont celle d’Alger en 1587, dirigée par un dey qui rend compte au sultan Ottoman.

Les cités Barbaresques se développent alors, pillant les flottes commerciales et les territoires côtiers de la méditerranée et des côtes atlantiques jusqu’aux côtes sud de l’Angleterre, en Irlande et en Islande. La piraterie participe du djihad et se justifie à l’encontre de ceux qui n’adoptaient pas leur religion, les musulmans morts au combat sont assurés de rejoindre le paradis, de nombreux renégats y participaient également.

La puissante flotte Barbaresque avec celle des ottomans domine la méditerranée ; celle de la « Sainte ligue » qui réunissait plusieurs états chrétiens, est défaite en 1538. Plus tard en 1571, les ottomans sont battus à leur tour à la bataille de Lépante, mais leur flotte n’est pas anéantie. Naviguer en méditerranée reste dangereux. Les captifs en bonne santé sont échangés contre rançon ou réduits à l’esclavage et finissent dans les mines ou les galères pour une mort certaine, les autres sont systématiquement tués. Devenu manchot à Lépante quatre ans plus tôt, Cervantès alors capitaine représentant donc une valeur marchande, sera otage pendant cinq ans.

Vers 1650, trente mille chrétiens sont captifs d’Alger, beaucoup se suicident. En 1795, George Washington paye un tribut annuel aux Barbaresques pour naviguer en méditerranée. Le commerce affecté par les guerres napoléoniennes affaiblira de facto la piraterie. Las de payer ce qui représente 20% de leur budget annuel, les Etats-Unis envoient leur flotte en 1801 et 1815 et finissent par se défaire de l’emprise des corsaires du pacha de Tripoli. Les britanniques et les hollandais suivent.

Le sort des Barbaresques est scellé par les français qui mettent un point final à la piraterie de la régence d’Alger en 1830 après trois années de blocus, au motif de “coups de chasse-mouche” reçus par le consul de France, qui ponctuent un passif commercial entre la France et le dey d’Alger. Ils prennent possession de la cité et délivrent les derniers esclaves. Il n’est pas encore question de colonialisme, l’Algérie n’existe pas encore.

Ainsi l’épisode franco-algérien montre bien que le temps efface les responsabilités des coupables anciens. Un million d’européens chrétiens réduits en esclavage et davantage tués par les Barbaresques resteront des victimes oubliées, elles n’auront jamais leur place dans les tractations politico-économiques de la France avec son ancienne colonie oublieuse d’une histoire qui la desservirait.

C’est une constante de notre justice. A la Haye aussi, les faits sont jugés sans considération des causes historiques. Mladic lors de la tragédie de Srébrénica parlera six siècles après, d’une « revanche contre les Turcs ». La mémoire des événements impacte différemment les individus. La justice de l’Occident s’est substituée à l’équité primitive de celle des sumériens (œil pour œil…) qui n’a plus cours dans nos cours. Ne sont jugées que les exactions commises récemment, les responsabilités même actées par l’Histoire sont omises. L’épopée coloniale de la France en Algérie aurait-elle eu lieu sans ces actes de barbarie qu’il lui était demandé de cesser (****) ? C’est un autre sujet.

Pour l’Algérie comme ailleurs (Balkans..) on juge avec les vivants, les victimes du passé n’ont pas voix à la barre, c’est une constante ; les cris des disparus demeurent étouffés. Sauf dans l’Espagne à la mémoire multiséculaire, où en 1492 les juifs chassés, se voient reprocher plus de sept siècles après d’avoir favorisé l’arrivée des musulmans dans la péninsule, et où en 2013, un gouvernement à repentance sélective conclu à la dette de son pays pour ses agissements en 1492 ; l’expulsion des juifs sépharades après la Reconquista.

Si les siècles n’étaient plus un obstacle, alors à quand la repentance d’Alger ? Cette hypothèse sera difficile pour des sociétés qui ont abandonné l’esclavage contraintes par la modernité occidentale imposée avec les colonisations et qui auront fini par faire perdre à l’homme sa valeur marchande.

(*) Le 10 mai 2015, jour de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage, F. Hollande a inauguré à Pointe-à-Pitre, le Mémorial ACTe ou Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la Traite et de l’Esclavage transatlantique. Œuvre d’une France pénitente, il est comme un théâtre où chaque pas rapproche le visiteur de la douloureuse réalité du passé des Antilles. Ce n’est cependant pas un monument humanitaire, c’est un acte de contrition que la métropole adresse à ses victimes. La France par la vocation de ce lieu, a différencié les victimes de son esclavagisme, de celles européennes victimes de l’esclavagisme arabo-musulman de méditerranée, qui sévissait au même moment. La responsabilité des négriers arabo-musulmans et africains (quatorze millions d’esclaves) que l’UNESCO peine à révéler, n’est pas abordée.

(**) « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. » Interrogé sur l’oubli de la traite des blancs arabo-musulmane, Christiane Taubira déclarera qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ».

 (***) https://www.france24.com/fr/20180208-algerie-victimes-non-francaises-guerre-algerie-seront-indemnisees-conseil-constitutionnel

(****) Ultimatum français précédent la campagne militaire :

  • (Point 4) Les bâtiments portant pavillon français ne pourront plus être visités par les corsaires d’Alger ;
  • (Point 6) Les sujets et les navires de la Toscane, de Lucques, de Piombino et du Saint-Siège, seront regardés et traités comme les propres sujets du roi de France. »

Pour ceux que le sujet intéresse, excellent documentaire d’ARTE sur les esclavagismes des noirs, des blancs et des arabes et de la chaîne histoire sur la période Barbaresque : 1000 ans de traite chrétienne – les esclaves blancs d’Afrique du nord ( Histoire )

ChroniquesSociété

Histoire : La traite oubliée des esclaves blancs en Afrique du Nord

Dans sa chronique, l’historien Samuel Touron évoque un pan de l’histoire peu étudié : la traite des esclaves blancs en Barbarie qui concerna entre 1,3 millions et 2,5 millions de personnes dont une partie du Sud de la France, l’actuelle Provence et le Languedoc.

Victor Hugo dans Ruy Blas créait le diabolique et manipulateur Don Salluste, odieux personnage qui, afin de retrouver les bonnes grâces de la monarchie espagnole n’hésite pas à faire livrer aux Barbaresques son neveu Don César. Cette pièce, qui entra dans la culture populaire avec le film de Gérard Oury, La Folie des grandeurs, où le génial Louis de Funès incarne l’affreux Don Salluste rendant la réplique à un fringant Ruy Blas joué par Yves Montand, montrait pour la première fois au cinéma un épisode très peu étudié par les historiens et largement méconnu en France : la traite des esclaves blancs en Barbarie.

Les Ottomans contrôlent l’Afrique du Nord

Qu’est-ce que la Barbarie ? La Barbarie désigne jusqu’au XIXe siècle la côte nord-africaine s’étendant du Maroc à la Tripolitaine c’est-à-dire l’actuelle Libye. Ces terres ne connaissent pas de pouvoir central fort ni de système politique organisé autour d’une structure étatique. À partir du XIVe siècle, les Ottomans prennent le contrôle de l’Afrique du Nord et s’imposent en maîtres sur la région. Ils n’y exercent néanmoins qu’un pouvoir lointain laissant à des chefs locaux l’essentiel des fonctions régaliennes. L’affrontement entre mondes chrétien et musulman, caractérisés par l’ensemble des croisades menées entre le XIe et le XIIIe siècle se poursuit largement à compter du XIVe siècle au travers de l’expansion de l’Empire Ottoman, étant donné que la Reconquista a stoppé puis réduit l’expansion arabo-musulmane sur l’Espagne, le Portugal et la moitié Sud de la France. À partir de ce moment charnière, deux événements conjoints vont expliquer l’âge d’or de la traite des esclaves blancs au Maghreb.

De 400 000 et 800 000 personnes quittent l’Espagne

D’abord en 1492, la chute de Boabdil, émir de Grenade, entraîne le début du reflux massif des Morisques vivant en Espagne vers l’Afrique du Nord, notamment en raison du décret de 1502 qui fait de l’ensemble des sujets espagnols, des catholiques. En 1609, le roi Philippe III d’Espagne prend un décret promulguant l’expulsion des Morisques. Ils furent entre 400 000 et 800 000 à quitter la péninsule ibérique la plupart vivant en Aragon (20 % de la population totale) et dans la région de Valence (40 % de la population totale). Une fois au Maghreb ils furent massacrés par les populations locales qui voyaient en eux des chrétiens et, qui plus est, des renégats. Ceux qui survécurent vinrent gonfler les rangs des pirates barbaresques, notamment au sein de la République de Salé où des morisques originaires du village d’Hornachos en Estrémadure ont fondé une république corsaire.

Dar-el-Islam, Dar-al-Ahd, Dar-al-Harb

En parallèle, à compter du XIVe siècle, les Ottomans mettent la main sur l’Afrique du Nord. Ils annexent également à la même période les terres allant jusqu’au Yémen au sud-est et dominent les Balkans depuis la chute de Constantinople en 1453. L’Empire Ottoman est alors à son apogée.
En Islam, le monde se divise en trois catégories: le Dar-al-Islam, « territoire de l’Islam » ; le Dar-al-Ahd, « territoire de l’alliance », rassemblant les États ayant fait alliance avec les pays musulmans et le Dar-al-Harb désignant le « territoire de la guerre », où il faut combattre les infidèles, principalement les chrétiens. L’objectif de chaque souverain étant d’unifier l’ensemble de ces territoires sous le Dar-al-Islam. Cette conception de l’organisation du monde combiné à l’expansion d’une grande puissance musulmane ainsi qu’à l’analyse de la situation que nous avons faites en Afrique du Nord et dans la péninsule ibérique nous permet de comprendre les raisons qui expliquent le développement de la traite des esclaves blancs en Barbarie.

Ainsi, musulmans et chrétiens s’affrontent tant sur terre que sur mer. Sur terre, la situation est contrastée nous l’avons vu, les Ottomans sont, certes, aux portes de Vienne mais les Morisques viennent d’être chassés de la péninsule ibérique. Sur mer, la bataille de Lépante est remportée par la coalition chrétienne face aux troupes ottomanes en 1571. Cependant, les musulmans ne peuvent se résoudre à laisser la domination des mers aux chrétiens. La traite des esclaves s’impose alors comme une solution de choix pour les Ottomans.

Le Languedoc et la Provence sont notamment victimes de ces raids incessants depuis le début de l’an 1000.

En effet, les Barbaresques pratiquent la traite des esclaves depuis l’Antiquité, la région de Béjaïa en Kabylie est alors connu comme étant le grand repère des Barbaresques. En effet, Béjaïa est proche d’Alger où se trouve le plus important marché aux esclaves du monde musulman. Le Languedoc et la Provence sont notamment victimes de ces raids incessants depuis le début de l’an 1000. Les villes côtières languedociennes et provençales se sont construites en hauteur afin de dominer la mer et de pouvoir faire face aux incursions, au pillage et au vol des hommes, des femmes et des enfants. Les Maures s’installent notamment dans le massif du même nom et sont à l’origine du nom de plusieurs localités dont Ramatuelle (Rahmatu-Allah) signifiant miséricorde divine ou encore Saint-Pierre d’Almanarre (Al-Manar signifant le phare). Jusqu’au XVIIIe siècle, les Languedociens et les Provençaux vivent avec la menace des incursions barbaresques de même que l’ensemble des résidents du pourtour du nord de la Méditerranée occidentale. Les Ottomans exploitèrent par la suite cette longue tradition en donnant davantage de moyens aux Barbaresques, notamment en les équipant en navires.

Des raids jusqu’à Reykjavik, en Islande

Redoutables corsaires, les Barbaresques dominèrent les mers entre le XVIe et le XVIIIe siècle : ils pillaient et attaquaient tous les navires chrétiens qu’ils croisaient en Méditerranée et en Atlantique et menèrent des raids jusqu’à Reykjavik, en Islande. Durant cette période, la violence des Barbaresques était telle que les terres comprises entre Venise et Malaga connurent un exode généralisé vers leurs arrières-pays. Certains villages disparurent car l’ensemble de la population fut déportée et réduite en esclavage. Le 20 juin 1631, le village irlandais de Baltimore est, par exemple, entièrement vidé de ses habitants. En Islande, entre 400 et 900 personnes sont prises puis vendues à Alger en 1627. Une question se pose alors : que deviennent ces esclaves ?

Esclaves vendus sur les marchés d’Alger, Tripoli, Tunis…

La plupart d’entre-eux sont vendus sur les marchés d’Alger, de Tripoli ou de Tunis au côté notamment des esclaves noirs notamment en Libye. Les hommes d’un statut social peu élevé sont vendus à des propriétaires où ils travaillent comme serviteurs ou dans des exploitations agricoles et fermières, d’autres sont vendus comme galériens où ils rament toute leur vie durant dans les galères barbaresques ou ottomanes. Les femmes sont vendues comme domestiques ou pour alimenter les harems qui étaient entièrement composés de femmes européennes ou subsahariennes.

En effet, il est interdit en islam d’asservir à des pratiques sexuelles ou divertissantes une femme musulmane. Le rôle des plus séduisantes d’entre-elles est de fournir des successeurs au sultan. Les esclaves les plus riches ou les plus influents étaient, eux, conservés pour rançon. Parmi les esclaves célèbres des Barbaresques notons l’auteur espagnol Miguel de Cervantès vendu comme esclave à Alger en 1575 à la suite de la bataille de Lépante et racheté par l’Espagne en 1580. Enfin, les jeunes garçons étaient convertis à l’islam et étaient éduqués pour devenir des janissaires c’est-à-dire des combattants dans un corps spécial au service de l’Empire Ottoman. Les jeunes filles, elles, rejoignaient le harem.

Les Américains donnaient 20 % de leur budget pour que leurs navires ne soient pas rançonnés

Peu d’historiens se sont intéressés à la traite des esclaves blancs en Barbarie notamment à son poids démographique et économique, il est pourtant considérable. Sur une période allant de 1 500 à 1 800 on estime le nombre de personnes réduites en esclavage entre 1,3 et 2,5 millions de personnes. Le poids économique est délicat à calculer mais, à titre d’exemple, le gouvernement américain allouait 20 % de son budget aux Barbaresques afin que leurs navires marchands ne soient pas rançonnés.

Au début du XIXe siècle, les puissances européennes s’unirent pour mettre un terme à l’esclavage des Blancs en Afrique du Nord. Dès le Congrès de Vienne de 1815, les bases sont posées « pour l’abolition de l’esclavage des blancs aussi bien que des noirs en Afrique », selon les mots de l’Amiral Sidney Smith de la Royal Navy. En 1830, la conquête d’Alger par la France mit un terme définitif à la traite des esclaves en Afrique du nord et au règne des Barbaresques.

Samuel TOURON

“Mon arrière-grand-père nigérian a vendu des esclaves”

21 juillet 2020

Slave Driving In Africa In The 19Th Century. From Africa By Keith Johnston, Published 1884.

Au milieu du débat mondial sur les relations raciales, le colonialisme et l’esclavage, certains des Européens et des Américains qui ont fait fortune dans le commerce des êtres humains ont vu leurs actions réévaluées, leurs statues renversées et leurs noms retirés des bâtiments publics.

La journaliste et romancière nigériane Adaobi Tricia Nwaubani écrit que l’un de ses ancêtres a vendu des esclaves, mais soutient qu’il ne devrait pas être jugé selon les normes ou les valeurs d’aujourd’hui.

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Diviser pour régner entre les béotiens addict aux croyances par paresse et ceux qui rebelles réfléchissent !

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Ray Carabin

La population est désormais scindée en deux groupes voici un message lucide du Dr Frederic Badel, médecin psychiatre spécialisé dans le stress post-traumatique. ” La population est désormais scindée en deux groupes.Le premier, hétérogène, est composé des personnes favorables au vaccin. Il réunit celles qui, par conviction ou par lassitude, sont prêtes à s’y soumettre pour sortir de la crise. Il abrite ainsi les personnes qu’il a été possible de sensibiliser, qui croient sans hésitation au message relayé par les ondes. Celles-là resteront réceptives à tous les messages de danger et agréeront la méthode de sortie de crise, fût-elle assortie de privations pérennes de leurs droits.On trouve aussi dans ce groupe les personnes qui se sont coupées de toute information depuis longtemps, pour se protéger, et qui sont devenues indifférentes à tout discours. Pour elles, l’essentiel est de ne plus entendre parler du sujet. Elles ont disqualifié tous les avis pour les neutraliser. Ainsi le leurre des tests conduisant à une épidémie de cas, sans morts ni malades, ne parvient plus à leur entendement, comme si leur cerveau avait été débranché. Leur priorité est de mettre un terme à la maltraitance qui leur est infligée en se coupant de toute nuisance.Le second groupe rassemble les détracteurs du vaccin, ceux qui ont échappé à l’influence du matraquage médiatique, qui ont souvent pris des avis ou cherché des informations hors des sources classiques, tout en restant sensibles à la réalité de leur environnement (services hospitaliers non saturés, nombre de morts comparable aux années précédentes, mesures prises non proportionnées, amenuisement des droits fondamentaux sans justification etc.). Ces personnes ont également intégré qu’une vaccination n’exempterait pas des mesures de distanciation sociale et, par conséquent, que la convivialité ne serait pas rétablie, que le gouvernement garderait de façon arbitraire le contrôle de la population et de ses activités. Elles observent avant tout l’immixtion toujours croissante de l’État dans leur quotidien et dans leur vie privée.Ces deux groupes sont désormais séparés par une ligne qu’il sera difficile de faire bouger. La manipulation a montré des limites qui étaient prévisibles et elle sera sans effets sur ceux qu’elle a tenté, en vain, de convaincre. Ces groupes se sont figés, leurs effectifs se sont immobilisés, et peu importe les arguments avancés, les scandales établis ou les preuves apportées, ceux-ci se noieront dans un récit national inaliénable impossible à dénoncer sauf à être traité de complotiste. Les mots se seront substitués à la réalité et, utilisés à contre-emploi, ils auront perdu de leur sens et véhiculeront des idées en rupture avec les faits. Le pouvoir en place pourra même avouer ses mensonges, le peuple l’acclamera, incapable de le croire mal intentionné et persuadé qu’il est au-dessus des soupçons. Il n’est donc plus temps de publier des résultats d’études prouvant l’efficacité de tel produit, le mensonge sur tel autre, de produire des courbes démontrant le caractère infinitésimal du risque sanitaire et disproportionné des réactions de peur. Surdité et aveuglement règnent en maître chez les personnes qui, conditionnées, sont privées de jugement et incapables d’admettre que des faits objectifs puissent démentir la réalité qu’elles ont construite.Organiser l’affrontement de ces deux groupes de la population est une possibilité -opportunité ?– désormais envisageable. Nos dirigeants devraient rapidement s’en saisir pour encourager une organisation sociale qui opposerait bons et mauvais citoyens, gens sains, dociles, responsables et vaccinés et gens toxiques, rebelles, inconséquents et non vaccinés. Ce système de bons citoyens est présent en Chine. Il repose sur la délation et l’obéissance à la règle.Le bon usage par le gouvernement de la graduation dans la contrainte et la soumission du peuple conduisent à ce jour à l’acceptation d’une vaccination inutile dont la toxicité n’est pas évaluée et pour laquelle les laboratoires, compte tenu de la rapidité d’élaboration des produits, ont déjà négocié de ne pas être tenus responsables de potentiels effets secondaires, obtenant des États qu’ils répondent de telles conséquences.Et pourquoi pas en définitive puisque les politiques sont devenus médecins. Nos gouvernants et nos parlementaires, de par leur pouvoir et leur influence, vont inciter toute une population à faire un geste dont l’intérêt n’est pas démontré et dont les conséquences ne sont pas mesurées, et se présenter ainsi en sauveurs.Cela évoque les techniques sectaires et les suicides collectifs. Pour échapper à la fin du monde ou aux extra-terrestres -ici au virus mortel-, le sacrifice est présenté comme salvateur. La réalité ensevelie sous les messages quotidiens discordants, culpabilisants, a laissé la place au délire dans lequel les liens logiques se dissolvent.Les sectes se servent de ces moyens : isoler les individus en les coupant de leurs liens sociaux et familiaux, rendre les gens dépendants en les privant de leurs moyens de subsistance, propager un discours univoque martelé dans des grand-messes permanentes, évincer toute pensée divergente, présenter les opposants comme des nuisibles qui ne comprennent ni leur propre intérêt, ni l’intérêt commun supérieur. « Nous contre les autres » est généralement la doctrine simple compréhensible par chacun car simpliste, et hélas adoptée.Le cap est franchi. Maintenant que les lignes de partage qui clivent la population se précisent, ce gouvernement n’a plus la possibilité de revenir à des positions plus raisonnables et proportionnées. Il a fait tout son possible dans le domaine de la manipulation, il a mobilisé toutes les sphères d’influence tout en restant crédible auprès d’une partie importante de la population. Pour ceux qui, rebelles, refusent d’adhérer, d’autres méthodes plus coercitives encore s’imposent.Les signes de cette dérive totalitaire se trouvent dans les techniques de lavage de cerveau employées, identiques à celles des sectes. Elles étaient là dès le départ, mais comment croire qu’un gouvernement démocratiquement élu puisse se retourner contre son peuple ?Aujourd’hui, une partie de ce peuple est plongée dans la pauvreté, le désarroi, les « non-essentiels » commencent à se suicider, les troubles psychiatriques se multiplient et… le conseil scientifique continue d’assurer sa grand-messe à une armée de fidèles hallucinés.Demain, n’importe quel virus, réel ou fictif, pourra de nouveau semer la terreur chez des populations prêtes à se faire vacciner pour conserver un peu de liberté. Elles y sont prêtes. Et si les tests actuels sont encore utilisés -contre toute logique-, même les populations vaccinées seront positives et resteront contagieuses. Les mesures de distanciation resteront la règle.Signe supplémentaire de la supercherie, les hommes qui murmurent à l’oreille des virus prédisent déjà les vagues à venir et leurs dates d’apparition. Toute science a vraiment déserté nos sociétés. Les réseaux sociaux, « complotistes », ont donné des dates de confinement bien avant leur annonce officielle, montrant ainsi que toute préoccupation sanitaire était absente des décisions officielles.Les conséquences humaines sont terribles. Tout lieu de convivialité a disparu, les gens sont plus isolés que jamais, ils souffrent de mesures iniques imposées par une poignée de dirigeants, sans aucune concertation, sous couvert d’assurer leur salut. Ce qui fait l’humain, sa capacité à tisser des liens, son besoin d’entrer en contact avec l’autre, est menacé. Le tissu social s’est dissout dans les mesures imposées par un régime devenu fou, hors de contrôle, déroulant une feuille de route établie de longue date en dépit de toute considération du réel. Les mesures prises altèrent la santé de la population et tuent. Elles sont anti-sanitaires. La dictature est en marche.Notre mode de vie a effectivement bien changé ; le Covid n’en est que le prétexte, le catalyseur. Cette dégradation de nos conditions d’existence et la disproportion des mesures prises pour lutter contre un virus donne du crédit au discours de ceux qui voient là le moyen d’instaurer un nouvel ordre mondial qui doit annihiler notre vie privée et nos droits individuels.Les premiers constats montrent les signes de la réalisation de cet ordre nouveau. “(Dr Frédéric Badel, médecin-psychiatre)

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La honte des jeux olympiques au Qatar juste pour l’orgueil machiste d’arabes séniles

Publié

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QATAR 2022 : LA FIFA FAIT DÉFAUT SUR LE TERRAIN DES DROITS HUMAINS

Publié le 23.03.2021

Alors que le début du tournoi de qualification pour la Coupe du monde de football est imminent, le Qatar continue d’exploiter et de maltraiter les travailleurs et travailleuses migrants. Sans véritable action, cet événement sportif sera largement terni.

Le Qatar a introduit un certain nombre de réformes prometteuses ces dernières années, en partie en réaction à l’intérêt croissant qu’il a commencé à susciter après avoir remporté le contrat de la Coupe du monde. 

Trop souvent, malheureusement, ces réformes ne sont pas correctement appliquées, et des milliers de travailleurs et travailleuses migrants continuent d’être exploités et maltraités. Récemment, le Conseil consultatif du Qatar a présenté un ensemble de recommandations qui, si elles étaient suivies par le gouvernement, reviendraient sur une grande partie des avancées permises par les réformes, notamment en rétablissant les restrictions du droit des travailleurs de changer de travail et de quitter le pays. 

Lire aussi : Les travailleurs népalais victimes du Qatar 2022

EXPLOITÉS ET MALTRAITÉS 

Cette Coupe du monde ne serait tout simplement pas possible sans les travailleurs migrants, qui représentent 95 % de la main-d’œuvre au Qatar. 

Des stades aux routes, en passant par l’hôtellerie, la restauration et les services de sécurité, le succès de la Coupe dépend du travail d’hommes et de femmes qui ont parcouru des milliers de kilomètres afin de subvenir aux besoins de leur famille. 

Quand la Fifa a décidé que la Coupe du monde se tiendrait au Qatar, elle savait – ou aurait dû savoir – que des risques existaient sur le terrain des droits humains, car ce pays dépend fortement des travailleurs migrants, et le fonctionnement du marché du travail sur place favorise l’exploitation.  

En outre, en tant qu’instance organisatrice de la Coupe du monde, la FIfa est tenue, selon les normes internationales en vigueur, de limiter les risques liés à cette compétition sur le terrain des droits humains. Cela inclut les risques pesant sur les employés d’industries telles que l’hôtellerie et le transport, qui se sont très fortement développées en prévision des matchs. Les qualifications de cette semaine nous rappellent que la Fifa n’a plus beaucoup de temps pour influer sur les décisions du Qatar : elle doit agir pour que la Coupe du monde suscite la fierté au lieu d’être ternie par des violations du droit du travail. 

Par exemple, nous avions révélé en 2020 que des ouvriers de la construction travaillant sur le stade d’Al Bayt – un projet d’un montant de 770 millions d’euros – n’avaient pas été payés pendant des périodes allant jusqu’à sept mois

Lire aussi : Qatar 2022, les violations des droits des travailleurs continuent

LES DÉFAILLANCES DE LA FIFA

Nous saluons les mesures adoptées par la Fifa ces dernières années dans le but de prendre ses responsabilités, notamment l’établissement de sa politique des droits de l’homme, en 2017, et la stratégie de développement durable pour la Coupe du monde 2022 de la Fifa au Qatar, rendue publique en octobre 2019. La Fifa s’est engagée à « laisser derrière [elle] des normes et pratiques de calibre mondial pour les travailleurs et travailleuses au Qatar et au niveau international ». Cependant, la persistance de graves atteintes au droit du travail au Qatar montre qu’il reste encore beaucoup à faire.   

Par exemple, en 2020, la FIFA nous a déclaré que le « contrôle quotidien » du respect des droits des ouvriers de la construction est l’affaire du Comité suprême, l’organe de gouvernance supervisant les préparatifs de la Coupe du monde au Qatar.  

L’insuffisance de cette approche non-interventionniste a été mise en évidence lorsque nous avions révélé que des travailleurs n’avaient pas été payés. Le Comité suprême avait connaissance de cet état de fait depuis près d’un an, mais la Fifa a admis qu’elle n’avait pas été informée de la situation, ce qui montre que la Fédération a besoin d’être beaucoup plus assidue concernant le suivi indépendant relatif aux sites de la Coupe du monde.   

La Fifa doit utiliser sa voix pour exhorter le Qatar à mettre en œuvre et faire respecter de toute urgence les réformes existantes, et à rejeter les propositions visant à retirer aux travailleurs leurs droits récemment acquis .

Les problèmes persistant en matière de droits humains au Qatar suscitent par ailleurs des inquiétudes croissantes chez les supporteurs de football d’un certain nombre de pays. Certains sont allés jusqu’à demander le boycott de l’événement.  

NOTRE APPEL 

Lundi 15 mars 2021, nous avons écrit à la Fifa pour lui demander d’assumer ses responsabilités en matière de droits humains à l’échelle internationale. En vertu des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme des Nations unies, la Fifa doit garantir que les droits humains soient respectés dans le cadre de l’organisation de la Coupe du monde. 

La Fifa a en particulier le devoir de garantir que les torts causés aux travailleurs et travailleuses dans le cadre de projets liés à la Coupe du monde jusqu’à présent soient réparés, en collaboration avec les autorités du Qatar et les autres parties intéressées.

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ESCLAVAGE

Puisque le Qatar est riche et musulman il se permet d’avoir des milliers de morts sur ses chantiers, juste pour l’orgueil de jouer au foot !

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Coupe du monde de foot au Qatar : déjà 6.500 morts. Et combien, en 2022 ?

Marie DelarueCatégorie : Editoriaux 25 février 2021 4 minutes de lecture

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Dans la grande entreprise de relecture que nous traversons actuellement, quand chacun s’efforce d’effacer l’épouvantable histoire qui a précédé les jours bénis où nous vivons, il est des constructions humaines qui arrachent plus que d’autres des cris d’horreur.

Bien sûr, les guerres de conquête et leurs héros sont à rayer d’un trait, jetés d’office au fond des poubelles de l’Histoire. C’est plus difficile avec des réalisations sans lesquelles notre vie moderne ne serait pas ce qu’elle est. Je pense, par exemple, à la construction du Transsibérien, voulu par le tsar Alexandre III pour relier les confins de son empire d’ouest en est.

Ce chantier dantesque, pour conduire un train de Moscou au Pacifique à travers la Sibérie centrale, aura fait, dit-on, un mort au kilomètre, soit près de 10.000 morts. Des forçats pour la plupart, relégués de l’île de Sakhaline, des Chinois et des Japonais aussi, 180.000 ouvriers qui durent affronter les rigueurs d’un climat où la température variait parfois de près de 100 degrés (-68 °C à +35 °C). Inauguré le 5 octobre 1916, le Transsibérien fait 9.288 km, traverse 990 gares et huit fuseaux horaires.

On l’a doublé, à la fin du siècle dernier, d’une ligne plus au nord, sur 4.234 kilomètres. Dieu merci, les traverses de la nouvelle ligne du BAM, la Magistrale Baïkal-Amour, ne reposent pas sur des cadavres.

Pourquoi vous parler du Transsibérien ? Parce que je cherche à établir une comparaison avec les actuels travaux du Qatar destinés à recevoir la Coupe du monde de foot en 2022. Sachant que ceux-ci ont déjà fait 6.500 morts dans la petite et richissime monarchie pétrolière, c’est sans doute plutôt du côté du chemin de fer du Congo qu’il faut se tourner… Le premier tronçon, celui qui va de Pointe-Noire à Brazzaville (512 km), transforma le Mayombe en cimetière, les ouvriers enrôlés de force mourant tous ou presque d’épuisement et de maladie.

Mais « ça, c’était avant », n’est-ce pas ? Erreur ! C’est aujourd’hui, dans un pays devant lequel nous multiplions les courbettes, en l’an de disgrâce 2021. Et ce n’est pas pour faciliter le transport des richesses du pays (pour cela, il y a les oléoducs) qu’on tue les hommes à la tâche ; non, c’est pour sacrifier au dieu football.

C’est le Guardian, repris par Courrier international, qui donne ces chiffres hallucinants : « Plus de 6.500 travailleurs immigrés d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka sont morts au Qatar depuis que celui-ci a remporté l’organisation de la Coupe du monde il y a dix ans », révèle le quotidien britannique. « Cela fait une moyenne de douze morts par semaine depuis décembre 2010 », cela pour les seuls ressortissants de ces cinq pays. Car il y en a d’autres, bien sûr, notamment des Philippins et des Kenyans, qui ne sont pas comptabilisés. De même que ne figurent pas encore, dans les statistiques, les morts des derniers mois de 2020.

Qu’en disent les autorités qataries ? Rien. Il ne s’agit que de l’ordinaire. Il paraît que « la mortalité parmi ces groupes se situe dans une fourchette qui correspond à la taille et à la composition démographique de la main-d’œuvre immigrée », ce qui fait dire que 60 à 80 % des décès sont dus à des causes « naturelles ». Comme le souligne le Guardian« cette classification est généralement faite sans autopsie », on ne peut donc savoir ce qui se cache derrière le naturel et provoque autant de morts subites.

Les travailleurs immigrés vivent dans des conditions épouvantables et tombent, victimes notamment de la chaleur extrême qui sévit pendant au moins quatre mois de l’année. Mais qu’importe : que valent quelques milliers de vies face à une Coupe du monde de foot ?

Et puis, le sort de ces miséreux n’intéresse personne. Ce qui préoccupe nos médias (Libération, en l’occurrence) à propos de ces rencontres sportives au Qatar, c’est le prochain tournoi de la Fédération internationale de beach-volley : deux joueuses allemandes refusent d’y participer en raison de l’interdiction de porter un bikini sur le terrain.

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