CERVANTÉS qui a écrit Don Quichotte Fait partie du million d’esclaves blancs maltraités par les arabes d’Algérie… nos prêtres faisaient l’aumône pour racheter les esclaves… esclave dont l’origine est slave !

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Un million d’esclaves blancs passés sous silence, et l’Algérie réclame réparation après la colonisation

par L’apostilleur (son site) 

 Ecoutant avec compassion les récits poignants de la décolonisation de l’Algérie, je mesurais que cent quatre-vingt-dix ans nous séparaient de la cause et plus d’un demi-siècle de son issue avec la guerre d’Algérie. Je découvrais ainsi combien la période écoulée entre ces événements agit sur l’oubli et influe sur nos appréciations.

 Un aperçu quant aux origines de cette histoire s’impose, et se pose aussi la question de la date de péremption des horreurs, faits de guerre et de leurs conséquences. Du vivant des témoins, l’oubli est un outrage à leur faire, mais après quelle règle guide l’oubli ? Si personne ne se sent responsable des guerres napoléoniennes, la France d’aujourd’hui se mortifie de plus en plus pour celle d’Algérie. Moins les générations qui décident aujourd’hui ont eu à connaître de l’événement plus elles culpabilisent et jugent des événements, à courte vue pour certains. Les causes, pourtant pires encore que les conséquences, sont occultées parce que trop anciennes ou peu glorieuses. Il est précisé que l’objet ici n’est pas d’excuser l’une par l’autre, mais de se demander jusqu’où notre mémoire admet qu’on l’interroge pour porter un jugement en conscience.

Minés par l’héritage de l’Algérie, nos représentants nationaux traînent comme un boulet le souvenir d’une guerre coloniale que de l’autre côté de la méditerranée on évoque toujours, oubliant les événements un peu plus anciens qui prévalaient au début de cette histoire ; la piraterie et l’esclavagisme pratiqués par les Barbaresques d’Afrique du nord. 

Les discussions franco-algériennes se focalisent donc sur la période la plus récente des événements. Ainsi en 2012 à Alger, François Hollande reconnaissait à juste titre les « souffrances que la colonisation française a infligées à ce pays … au peuple algérien « . Mais il avait prévenu qu’il n’y aurait ni « repentance » ni « excuses » de la France, sans en donner la raison. Provocant le courroux de nombreux partis politiques algériens dont ceux religieux (islamistes), qui attendaient des « indemnisations matérielles et morales ». Avait-il en arrière-pensée que la repentance et les excuses devraient-être réciproques selon la période à considérer ? Un peu plus tard il s’exprimera dans les mêmes termes au Mémorial ACTe (*) dédié à l’esclavagisme aux Antilles concomitant avec celui des Barbaresques.

Changement de ton avec Emmanuel Macron sûr de lui, qui en février 2017 à Alger, déclare que « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes« . Utilisant opportunément le terme de barbarie, dans la cité des « Barbaresques d’Alger », il laissait sous silence les crimes contre l’humanité dont étaient responsables ses hôtes plus tôt. Etait-ce un effet collatéral de la loi Taubira (**) qui a contourné la traite arabo-musulmane dont celle des européens ?

La voie s’ouvrait pour la suite. Le Conseil constitutionnel s’exécutait le 8 février 2018 avec la décision (plus de cinquante ans après) d’ouvrir les droits à pensions à toutes les victimes de la guerre d’Algérie qui résidaient dans le pays alors et à leurs ayants droit, au motif qu’il n’est pas possible de discriminer les victimes. Dans la foulée, Tarik ABHARI avocat au barreau de Paris laissera entendre que les victimes algériennes, des forces algériennes de libération pourraient également avoir droit à ces pensions payées par la France (***).

E. Macron prend à son compte cette repentance, nécessité morale des sociétés occidentales. Est-elle pour autant partagée ? Certainement pas. Y-a-t-il une date de péremption ? A l’évidence pour l’histoire qui nous occupe, à moins que d’autres calculs masquent cette histoire (**). 

Le cas de l’Algérie est exemplaire en ce qu’il démontre que les actes de barbarie précédents la présence française en Algérie, sont sortis du champ des discussions franco-algériennes, parce que trop anciens et en ce qu’ils seraient de nature à modifier possiblement le discours actuel. En effet, si les actes perpétrés par la France ont nourri de nombreux récits au fil de ces cinquante dernières années et sont désormais en filigrane dans nos consciences, les tragédies qui les ont précédés pendant plus de deux siècles envers l’Occident chrétien sont totalement occultés malgré leur intrication dans l’histoire franco-algérienne des débuts ;

Plus d’un million de blancs chrétiens seront réduits en esclavage par les Barbaresques, de Tunis, de Tripoli et d’Alger principalement. Et encore davantage tués.

On remontera le temps pour appréhender les germes des événements entre le XVIe s. et 1830, date de la campagne militaire française contre la régence d’Alger. Cet épisode s’inscrit dans celui plus large de l’esclavage arabo-musulman entre le VIIe et le XXe siècle qui aura conduit plus de quinze millions d’esclaves à passer entre leurs chaînes.

Après la Reconquista, les Maures chassés d’Espagne s’installent au Maghreb. Voulant alors développer des activités commerciales maritimes, ils en sont empêchés par les Espagnols qui au début du XVI e s. envahissent le Maghreb pour être finalement chassés par les ottomans appelés par les algériens. En 1541, la flotte de Charles Quint est battue devant Alger. Les ottomans musulmans, dans le lit de l’arabisation islamique réalisée du Maghreb, organisent les territoires avec des régences dont celle d’Alger en 1587, dirigée par un dey qui rend compte au sultan Ottoman.

Les cités Barbaresques se développent alors, pillant les flottes commerciales et les territoires côtiers de la méditerranée et des côtes atlantiques jusqu’aux côtes sud de l’Angleterre, en Irlande et en Islande. La piraterie participe du djihad et se justifie à l’encontre de ceux qui n’adoptaient pas leur religion, les musulmans morts au combat sont assurés de rejoindre le paradis, de nombreux renégats y participaient également.

La puissante flotte Barbaresque avec celle des ottomans domine la méditerranée ; celle de la « Sainte ligue » qui réunissait plusieurs états chrétiens, est défaite en 1538. Plus tard en 1571, les ottomans sont battus à leur tour à la bataille de Lépante, mais leur flotte n’est pas anéantie. Naviguer en méditerranée reste dangereux. Les captifs en bonne santé sont échangés contre rançon ou réduits à l’esclavage et finissent dans les mines ou les galères pour une mort certaine, les autres sont systématiquement tués. Devenu manchot à Lépante quatre ans plus tôt, Cervantès alors capitaine représentant donc une valeur marchande, sera otage pendant cinq ans.

Vers 1650, trente mille chrétiens sont captifs d’Alger, beaucoup se suicident. En 1795, George Washington paye un tribut annuel aux Barbaresques pour naviguer en méditerranée. Le commerce affecté par les guerres napoléoniennes affaiblira de facto la piraterie. Las de payer ce qui représente 20% de leur budget annuel, les Etats-Unis envoient leur flotte en 1801 et 1815 et finissent par se défaire de l’emprise des corsaires du pacha de Tripoli. Les britanniques et les hollandais suivent.

Le sort des Barbaresques est scellé par les français qui mettent un point final à la piraterie de la régence d’Alger en 1830 après trois années de blocus, au motif de « coups de chasse-mouche » reçus par le consul de France, qui ponctuent un passif commercial entre la France et le dey d’Alger. Ils prennent possession de la cité et délivrent les derniers esclaves. Il n’est pas encore question de colonialisme, l’Algérie n’existe pas encore.

Ainsi l’épisode franco-algérien montre bien que le temps efface les responsabilités des coupables anciens. Un million d’européens chrétiens réduits en esclavage et davantage tués par les Barbaresques resteront des victimes oubliées, elles n’auront jamais leur place dans les tractations politico-économiques de la France avec son ancienne colonie oublieuse d’une histoire qui la desservirait.

C’est une constante de notre justice. A la Haye aussi, les faits sont jugés sans considération des causes historiques. Mladic lors de la tragédie de Srébrénica parlera six siècles après, d’une « revanche contre les Turcs ». La mémoire des événements impacte différemment les individus. La justice de l’Occident s’est substituée à l’équité primitive de celle des sumériens (œil pour œil…) qui n’a plus cours dans nos cours. Ne sont jugées que les exactions commises récemment, les responsabilités même actées par l’Histoire sont omises. L’épopée coloniale de la France en Algérie aurait-elle eu lieu sans ces actes de barbarie qu’il lui était demandé de cesser (****) ? C’est un autre sujet.

Pour l’Algérie comme ailleurs (Balkans..) on juge avec les vivants, les victimes du passé n’ont pas voix à la barre, c’est une constante ; les cris des disparus demeurent étouffés. Sauf dans l’Espagne à la mémoire multiséculaire, où en 1492 les juifs chassés, se voient reprocher plus de sept siècles après d’avoir favorisé l’arrivée des musulmans dans la péninsule, et où en 2013, un gouvernement à repentance sélective conclu à la dette de son pays pour ses agissements en 1492 ; l’expulsion des juifs sépharades après la Reconquista.

Si les siècles n’étaient plus un obstacle, alors à quand la repentance d’Alger ? Cette hypothèse sera difficile pour des sociétés qui ont abandonné l’esclavage contraintes par la modernité occidentale imposée avec les colonisations et qui auront fini par faire perdre à l’homme sa valeur marchande.

(*) Le 10 mai 2015, jour de la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage, F. Hollande a inauguré à Pointe-à-Pitre, le Mémorial ACTe ou Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la Traite et de l’Esclavage transatlantique. Œuvre d’une France pénitente, il est comme un théâtre où chaque pas rapproche le visiteur de la douloureuse réalité du passé des Antilles. Ce n’est cependant pas un monument humanitaire, c’est un acte de contrition que la métropole adresse à ses victimes. La France par la vocation de ce lieu, a différencié les victimes de son esclavagisme, de celles européennes victimes de l’esclavagisme arabo-musulman de méditerranée, qui sévissait au même moment. La responsabilité des négriers arabo-musulmans et africains (quatorze millions d’esclaves) que l’UNESCO peine à révéler, n’est pas abordée.

(**) « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. » Interrogé sur l’oubli de la traite des blancs arabo-musulmane, Christiane Taubira déclarera qu’il ne faut pas trop évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les « jeunes Arabes » « ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ».

 (***) https://www.france24.com/fr/20180208-algerie-victimes-non-francaises-guerre-algerie-seront-indemnisees-conseil-constitutionnel

(****) Ultimatum français précédent la campagne militaire :

  • (Point 4) Les bâtiments portant pavillon français ne pourront plus être visités par les corsaires d’Alger ;
  • (Point 6) Les sujets et les navires de la Toscane, de Lucques, de Piombino et du Saint-Siège, seront regardés et traités comme les propres sujets du roi de France. »

Pour ceux que le sujet intéresse, excellent documentaire d’ARTE sur les esclavagismes des noirs, des blancs et des arabes et de la chaîne histoire sur la période Barbaresque : 1000 ans de traite chrétienne – les esclaves blancs d’Afrique du nord ( Histoire )

ChroniquesSociété

Histoire : La traite oubliée des esclaves blancs en Afrique du Nord

Dans sa chronique, l’historien Samuel Touron évoque un pan de l’histoire peu étudié : la traite des esclaves blancs en Barbarie qui concerna entre 1,3 millions et 2,5 millions de personnes dont une partie du Sud de la France, l’actuelle Provence et le Languedoc.

Victor Hugo dans Ruy Blas créait le diabolique et manipulateur Don Salluste, odieux personnage qui, afin de retrouver les bonnes grâces de la monarchie espagnole n’hésite pas à faire livrer aux Barbaresques son neveu Don César. Cette pièce, qui entra dans la culture populaire avec le film de Gérard Oury, La Folie des grandeurs, où le génial Louis de Funès incarne l’affreux Don Salluste rendant la réplique à un fringant Ruy Blas joué par Yves Montand, montrait pour la première fois au cinéma un épisode très peu étudié par les historiens et largement méconnu en France : la traite des esclaves blancs en Barbarie.

Les Ottomans contrôlent l’Afrique du Nord

Qu’est-ce que la Barbarie ? La Barbarie désigne jusqu’au XIXe siècle la côte nord-africaine s’étendant du Maroc à la Tripolitaine c’est-à-dire l’actuelle Libye. Ces terres ne connaissent pas de pouvoir central fort ni de système politique organisé autour d’une structure étatique. À partir du XIVe siècle, les Ottomans prennent le contrôle de l’Afrique du Nord et s’imposent en maîtres sur la région. Ils n’y exercent néanmoins qu’un pouvoir lointain laissant à des chefs locaux l’essentiel des fonctions régaliennes. L’affrontement entre mondes chrétien et musulman, caractérisés par l’ensemble des croisades menées entre le XIe et le XIIIe siècle se poursuit largement à compter du XIVe siècle au travers de l’expansion de l’Empire Ottoman, étant donné que la Reconquista a stoppé puis réduit l’expansion arabo-musulmane sur l’Espagne, le Portugal et la moitié Sud de la France. À partir de ce moment charnière, deux événements conjoints vont expliquer l’âge d’or de la traite des esclaves blancs au Maghreb.

De 400 000 et 800 000 personnes quittent l’Espagne

D’abord en 1492, la chute de Boabdil, émir de Grenade, entraîne le début du reflux massif des Morisques vivant en Espagne vers l’Afrique du Nord, notamment en raison du décret de 1502 qui fait de l’ensemble des sujets espagnols, des catholiques. En 1609, le roi Philippe III d’Espagne prend un décret promulguant l’expulsion des Morisques. Ils furent entre 400 000 et 800 000 à quitter la péninsule ibérique la plupart vivant en Aragon (20 % de la population totale) et dans la région de Valence (40 % de la population totale). Une fois au Maghreb ils furent massacrés par les populations locales qui voyaient en eux des chrétiens et, qui plus est, des renégats. Ceux qui survécurent vinrent gonfler les rangs des pirates barbaresques, notamment au sein de la République de Salé où des morisques originaires du village d’Hornachos en Estrémadure ont fondé une république corsaire.

Dar-el-Islam, Dar-al-Ahd, Dar-al-Harb

En parallèle, à compter du XIVe siècle, les Ottomans mettent la main sur l’Afrique du Nord. Ils annexent également à la même période les terres allant jusqu’au Yémen au sud-est et dominent les Balkans depuis la chute de Constantinople en 1453. L’Empire Ottoman est alors à son apogée.
En Islam, le monde se divise en trois catégories: le Dar-al-Islam, « territoire de l’Islam » ; le Dar-al-Ahd, « territoire de l’alliance », rassemblant les États ayant fait alliance avec les pays musulmans et le Dar-al-Harb désignant le « territoire de la guerre », où il faut combattre les infidèles, principalement les chrétiens. L’objectif de chaque souverain étant d’unifier l’ensemble de ces territoires sous le Dar-al-Islam. Cette conception de l’organisation du monde combiné à l’expansion d’une grande puissance musulmane ainsi qu’à l’analyse de la situation que nous avons faites en Afrique du Nord et dans la péninsule ibérique nous permet de comprendre les raisons qui expliquent le développement de la traite des esclaves blancs en Barbarie.

Ainsi, musulmans et chrétiens s’affrontent tant sur terre que sur mer. Sur terre, la situation est contrastée nous l’avons vu, les Ottomans sont, certes, aux portes de Vienne mais les Morisques viennent d’être chassés de la péninsule ibérique. Sur mer, la bataille de Lépante est remportée par la coalition chrétienne face aux troupes ottomanes en 1571. Cependant, les musulmans ne peuvent se résoudre à laisser la domination des mers aux chrétiens. La traite des esclaves s’impose alors comme une solution de choix pour les Ottomans.

Le Languedoc et la Provence sont notamment victimes de ces raids incessants depuis le début de l’an 1000.

En effet, les Barbaresques pratiquent la traite des esclaves depuis l’Antiquité, la région de Béjaïa en Kabylie est alors connu comme étant le grand repère des Barbaresques. En effet, Béjaïa est proche d’Alger où se trouve le plus important marché aux esclaves du monde musulman. Le Languedoc et la Provence sont notamment victimes de ces raids incessants depuis le début de l’an 1000. Les villes côtières languedociennes et provençales se sont construites en hauteur afin de dominer la mer et de pouvoir faire face aux incursions, au pillage et au vol des hommes, des femmes et des enfants. Les Maures s’installent notamment dans le massif du même nom et sont à l’origine du nom de plusieurs localités dont Ramatuelle (Rahmatu-Allah) signifiant miséricorde divine ou encore Saint-Pierre d’Almanarre (Al-Manar signifant le phare). Jusqu’au XVIIIe siècle, les Languedociens et les Provençaux vivent avec la menace des incursions barbaresques de même que l’ensemble des résidents du pourtour du nord de la Méditerranée occidentale. Les Ottomans exploitèrent par la suite cette longue tradition en donnant davantage de moyens aux Barbaresques, notamment en les équipant en navires.

Des raids jusqu’à Reykjavik, en Islande

Redoutables corsaires, les Barbaresques dominèrent les mers entre le XVIe et le XVIIIe siècle : ils pillaient et attaquaient tous les navires chrétiens qu’ils croisaient en Méditerranée et en Atlantique et menèrent des raids jusqu’à Reykjavik, en Islande. Durant cette période, la violence des Barbaresques était telle que les terres comprises entre Venise et Malaga connurent un exode généralisé vers leurs arrières-pays. Certains villages disparurent car l’ensemble de la population fut déportée et réduite en esclavage. Le 20 juin 1631, le village irlandais de Baltimore est, par exemple, entièrement vidé de ses habitants. En Islande, entre 400 et 900 personnes sont prises puis vendues à Alger en 1627. Une question se pose alors : que deviennent ces esclaves ?

Esclaves vendus sur les marchés d’Alger, Tripoli, Tunis…

La plupart d’entre-eux sont vendus sur les marchés d’Alger, de Tripoli ou de Tunis au côté notamment des esclaves noirs notamment en Libye. Les hommes d’un statut social peu élevé sont vendus à des propriétaires où ils travaillent comme serviteurs ou dans des exploitations agricoles et fermières, d’autres sont vendus comme galériens où ils rament toute leur vie durant dans les galères barbaresques ou ottomanes. Les femmes sont vendues comme domestiques ou pour alimenter les harems qui étaient entièrement composés de femmes européennes ou subsahariennes.

En effet, il est interdit en islam d’asservir à des pratiques sexuelles ou divertissantes une femme musulmane. Le rôle des plus séduisantes d’entre-elles est de fournir des successeurs au sultan. Les esclaves les plus riches ou les plus influents étaient, eux, conservés pour rançon. Parmi les esclaves célèbres des Barbaresques notons l’auteur espagnol Miguel de Cervantès vendu comme esclave à Alger en 1575 à la suite de la bataille de Lépante et racheté par l’Espagne en 1580. Enfin, les jeunes garçons étaient convertis à l’islam et étaient éduqués pour devenir des janissaires c’est-à-dire des combattants dans un corps spécial au service de l’Empire Ottoman. Les jeunes filles, elles, rejoignaient le harem.

Les Américains donnaient 20 % de leur budget pour que leurs navires ne soient pas rançonnés

Peu d’historiens se sont intéressés à la traite des esclaves blancs en Barbarie notamment à son poids démographique et économique, il est pourtant considérable. Sur une période allant de 1 500 à 1 800 on estime le nombre de personnes réduites en esclavage entre 1,3 et 2,5 millions de personnes. Le poids économique est délicat à calculer mais, à titre d’exemple, le gouvernement américain allouait 20 % de son budget aux Barbaresques afin que leurs navires marchands ne soient pas rançonnés.

Au début du XIXe siècle, les puissances européennes s’unirent pour mettre un terme à l’esclavage des Blancs en Afrique du Nord. Dès le Congrès de Vienne de 1815, les bases sont posées « pour l’abolition de l’esclavage des blancs aussi bien que des noirs en Afrique », selon les mots de l’Amiral Sidney Smith de la Royal Navy. En 1830, la conquête d’Alger par la France mit un terme définitif à la traite des esclaves en Afrique du nord et au règne des Barbaresques.

Samuel TOURON

« Mon arrière-grand-père nigérian a vendu des esclaves »

21 juillet 2020

Slave Driving In Africa In The 19Th Century. From Africa By Keith Johnston, Published 1884.

Au milieu du débat mondial sur les relations raciales, le colonialisme et l’esclavage, certains des Européens et des Américains qui ont fait fortune dans le commerce des êtres humains ont vu leurs actions réévaluées, leurs statues renversées et leurs noms retirés des bâtiments publics.

La journaliste et romancière nigériane Adaobi Tricia Nwaubani écrit que l’un de ses ancêtres a vendu des esclaves, mais soutient qu’il ne devrait pas être jugé selon les normes ou les valeurs d’aujourd’hui.

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