Avec 50% de juifs à Washington WC rien d’étonnant qu’Israel donne ses ordres aux USA donc au monde entier !

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Nucléaire iranien : Sans réelle diplomatie, l’administration Biden permet à Israël de dicter ses conditions

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Source : Consortium News, Patrick Lawrence

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Mise à jour : L’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont annoncé un accord « temporaire » pour maintenir une surveillance des activités nucléaires, bien que réduite, le temps que les pourparlers diplomatiques s’engagent entre les signataires du pacte de 2015.

Nous constatons actuellement que Biden et ses responsables de la politique étrangère permettent en fait à Israël de dicter les conditions dans lesquelles le président peut tenir sa promesse de campagne sur l’Iran.

(Ted Eytan, Flickr, CC BY-SA 2.0)

Un retour à la diplomatie : faisons la lumière sur cette pensée. De toutes les promesses que le président Joe Biden va trahir au cours des quatre prochaines années, cette dernière s’avérera la plus fallacieuse et, sur un plan plus général, la plus lourde de conséquences.

Depuis la semaine dernière, c’est la crise sur l’accord relatif aux programmes nucléaires iraniens qui démontre la véracité de ce constat. Dimanche dernier, Téhéran a annoncé à l’administration Biden qu’elle avait deux semaines pour relancer sérieusement les négociations diplomatiques. Passé ce délai, le créneau d’opportunité se refermera. Comme je l’ai déjà exprimé clairement ici, je ne vois aucune preuve que les responsables de la sécurité nationale de Biden feront preuve de sérieux ou de sagesse lorsqu’ils aborderont cette question cruciale.

En vérité, la diplomatie américaine n’a jamais été très développée. Le regretté et estimable Boutros Boutros-Ghali l’a expliqué de façon mémorable dans Mes années à la maison de verre [Unvanquished, NdT, mémoire publié en 1999 après son éviction du poste de secrétaire général de l’ONU par les Etats-Unis pour ne pas s’être montré assez servile. « Seuls les faibles comptent sur la diplomatie », a écrit le célèbre Égyptien. « Les États-Unis n’en voient pas le besoin, car la puissance suffit. »

Quoi de plus juste. « L’empire romain n’avait pas besoin de diplomatie », a expliqué le très cultivé Boutros-Ghali. « Les États-Unis non plus : la diplomatie est perçue par une puissance impériale comme une perte de temps et de prestige et une marque de faiblesse. »

C’est avec cette tradition que renouera l’administration Biden. Appelons cela la diplomatie sans diplomatie.

Boutros Boutros-Ghali, à gauche, et Moshe Dayan, Israël, au Conseil de l’Europe à Strasbourg, en octobre 1979. (Claude Truong-Ngoc, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0)

On parle beaucoup aujourd’hui de la démilitarisation de la politique étrangère américaine, et il est bon qu’il soit enfin permis d’aborder le sujet dans une conversation polie. « Nous avons vu à maintes reprises comment un recours excessif aux outils militaires peut nous conduire dans les sables mouvants de la politique », a déclaré William Burns, diplomate de carrière et maintenant directeur de la CIA, dans une interview accordée au printemps dernier au Foreign Service Journal. « Nous sommes tombés à maintes reprises dans le piège de l’utilisation excessive – ou prématurée – de la force. Cela a tendance à faire de la diplomatie une réflexion après coup biaisée et insuffisamment financée. »

De bonnes paroles, sûrement. Mais j’invite ceux qui supposent que les remarques de Burns ont un rapport avec l’orientation de la nouvelle administration à tempérer leurs attentes. Dire de telles choses, c’est de la politique car l’administration Biden n’entend pas mener sa politique étrangère de cette façon.

L’Iran, un premier indicateur

La question de l’Iran était vouée à être le premier indicateur des principes de politique étrangère du président Biden (si je puis dire). Téhéran semble maintenant déterminé, à juste titre, à forcer la question. Je dis bravo. Plus vite nous verrons clair dans le fonctionnement de cette administration, mieux ce sera.

Le Plan d’action global conjoint, appellation officielle de l’accord nucléaire, a levé les sanctions américaines et internationales en contrepartie de la réduction de l’enrichissement d’uranium par l’Iran sous la surveillance renforcée de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’AIEA a rapporté à chaque fois que l’Iran s’en tenait à sa partie de l’accord. Comme le président Donald Trump s’est retiré de l’accord des six nations en 2018, l’intention avouée de Biden durant sa campagne présidentielle était de rétablir les États-Unis comme signataire de l’accord.

Mais il était clair dès le départ que la promesse de Biden ne se traduirait probablement pas en politique, avant tout parce que les Israéliens avaient clairement fait savoir, une fois Biden élu, qu’ils n’accepteraient pas un tel scénario.

Nous constatons actuellement que Biden et ses responsables de la politique étrangère permettent en fait à Israël de dicter les conditions dans lesquelles le président peut remplir sa promesse de campagne sur l’Iran.

Le secrétaire d’État Antony Blinken salue les employés à son arrivée au Département d’État américain le 27 janvier. (Département d’État, Ron Przysucha)

Les dirigeants israéliens sont à ce stade divisés – mais seulement sur le plan tactique. Aviv Kohavi, le chef d’état-major des forces de défense israéliennes, a déclaré il y a dix jours que Washington devrait adopter la politique de Trump et rejeter l’accord dans son ensemble. Mais Yossi Cohen, chef du Mossad et homme de confiance du Premier ministre Benjamin Netanyahu, prépare en ce moment les plans définitifs pour une consultation à Washington à la fin du mois avec Biden, son conseiller en sécurité nationale, le directeur de la CIA, Burns, et Jake Sullivan.

Cohen, qui sait très bien que Biden donnera bientôt à Tel-Aviv un droit de veto sur sa politique en Iran, l’emportera. Nous sommes maintenant face à un cas d’école de la diplomatie de l’absence de diplomatie.

Téhéran demande à l’administration Biden de lever les sévères sanctions imposées par Trump après le retrait des États-Unis de l’accord, seule condition préalable à la réouverture des négociations. Un tel geste de bonne volonté ne constitue guère une demande déraisonnable dans les circonstances actuelles. Mais Sullivan et le secrétaire d’État Antony Blinken ont clairement indiqué que les États-Unis ne prendront cette mesure qu’une fois que l’Iran aura de nouveau pleinement respecté les limites de l’accord.

Traduction : acceptez nos demandes avant d’ouvrir des négociations sur nos demandes. La position américaine, en d’autres termes, est conçue comme une offre que l’Iran ne peut pas accepter.

Il est à noter que Blinken a commencé à modifier son discours lors des audiences pour sa confirmation au Sénat, la veille de l’inauguration de Biden. « Le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire suffisamment de matière fissile pour une seule arme », a-t-il conseillé aux sénateurs réunis, « est passé de plus d’un an, comme c’était le cas sous le JCPOA, à environ trois ou quatre mois au moins, selon les rapports publics ». Dans une interview accordée à NBC News le 31 janvier, il a déclaré que ce délai pourrait se réduire à « une question de semaines » si l’Iran poursuit l’enrichissement à faible teneur à son rythme actuel.

Je suppose que Blinken affine sa rhétorique en prévision des pourparlers avec Yossi Cohen, prévus dans une semaine ou deux. Le sentiment d’inquiétude accru justifiera alors l’acceptation des exigences très strictes qu’Israël imposera certainement à l’administration Biden. Bien entendu, perdue au milieu de tout ce que Blinken exprime maintenant, il y a la déclaration de longue date de l’Iran, vérifiée par un rapport des services de renseignement américains pendant les années Bush II, selon laquelle il n’a aucun programme ou projet de développement d’armes nucléaires.

Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères, pour ma part l’un des deux diplomates actuellement les plus compétents en activité (l’autre est Sergueï Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères), est on ne peut plus inventif. Agissons simultanément, a-t-il proposé la semaine dernière : l’Iran se conformera à nouveau aux règles, tandis que les États-Unis lèveront les sanctions.

L’Union européenne, en la personne de Josep Borrell, son ministre des affaires étrangères de facto, peut « chorégraphier les actions », a déclaré Al Jazeera en citant Zarif. « Il peut y avoir un mécanisme pour, en gros, soit la synchroniser, soit coordonner ce qui peut être fait. »

Que faut-il craindre ? Vous pourriez vous le demander. Vous devrez poser la question aux responsables de la politique étrangère de Biden, car ils ont décliné l’offre.

« Si l’Iran se conformait à nouveau pleinement à ses obligations au titre du JCPOA, les États-Unis feraient de même », a répondu le lendemain le porte-parole du département d’État, Ned Price, « et nous utiliserions alors cette plate-forme pour construire un accord plus long et plus solide qui traiterait également d’autres domaines de préoccupation. »

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, lors d’un point de presse ce mois-ci. (Département d’État, Ron Przysucha)

Quel bidouillage de troisième ordre. Ce n’est rien d’autre que l’arrogance et l’impudence d’une bande d’abrutis trop puissants : Blinken utilise ces mêmes phrases mot pour mot depuis des mois. C’est une autre façon de dire que les États-Unis n’ont pas l’intention de modifier leur position, même si on leur présente une solution mutuellement satisfaisante pour sortir de l’impasse diplomatique.

Il n’y a rien de nouveau dans tout cela. Il s’agit d’une version longue de la Corée du Nord, pour ne prendre qu’un cas parmi d’autres : Washington s’est engagé dans une diplomatie de non-diplomatie avec Pyongyang au cours des sept dernières décennies, lui proposant un « deal » après l’autre dans le but de provoquer le rejet du Nord.

En effet, lors de ses auditions de confirmation devant le Sénat, il y a quelques semaines, Blinken a clairement indiqué que c’est précisément de cette manière qu’il se propose d’aborder la question de la Corée du Nord : utiliser des sanctions et la menace de la force pour présenter au Nord des offres qu’il ne peut accepter, puis les présenter comme insolubles.

Cette ineptie ne pourra pas durer indéfiniment au cours de notre nouveau siècle.

Dans le cas de l’Iran, l’heure tourne. En réponse apparente au rejet par Washington de la proposition de Zarif, le Guide suprême Ali Khamenei a décrit dimanche la position finale de Téhéran de la manière suivante :

« S’ils veulent que l’Iran revienne à ses engagements […] l’Amérique doit lever complètement les sanctions, et pas seulement en paroles ou sur le papier. Elles doivent être levées dans les faits, et ensuite nous vérifierons et verrons si elles ont été correctement levées, puis nous reviendrons. »

Le rapport de l’agence France-Presse, qui cite ce discours télévisé, laisse entendre que l’Iran, conformément à une loi votée au Majlis en décembre dernier, expulsera tous les inspecteurs nucléaires de l’AIEA le 21 février si les Etats-Unis ne répondent pas à ses exigences.

La diplomatie de l’absence de diplomatie n’est pas la diplomatie. C’est une pantomime joué par des poseurs futiles, dont l’intention est de dissimuler la dépendance de l’Amérique à l’égard de la puissance militaire.

Ici, à titre posthume et très respectueusement, je dois corriger Boutros-Ghali. Les nations puissantes sont souvent faibles – l’histoire est pleine d’exemples. Telle est la situation de l’Amérique après sept décennies de complaisance : nous sommes trop faibles, et trop faibles d’esprit, pour gérer une chose telle que la diplomatie.

Patrick Lawrence, correspondant à l’étranger depuis de nombreuses années, principalement pour l’International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, auteur et conférencier. Son dernier livre s’intitule Time No Longer : Americans After the American Century (Le temps est écoulé : les Américains après le siècle américain). Suivez le sur Twitter @thefloutist. Son site web s’appelle Patrick Lawrence. Soutenez son travail via son site Patreon.

Source : Consortium News, Patrick Lawrence, 08-02-2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

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