APPLE perd 100 milliards de $

Sans coup férir, Samsung a repris sa couronne des mains de Huawei. | Jung Yeon-je / AFP
Sans coup férir, Samsung a repris sa couronne des mains de Huawei.

Smartphones: Apple dévisse, Samsung roi du monde et Xiaomi en trouble-fête

Bouleversements sur le marché des mobiles.

Repéré par Thomas Burgel sur CNBC

30/10/2020 à

100 milliards de dollars: c’est ce que la valorisation boursière d’Apple a –temporairement– perdu à la suite de l’annonce des résultats financiers trimestriels de la firme et de la nette chute des ventes d’iPhone.

Dépassant légèrement les attentes de Wall Street, les chiffres qu’elle a présentés aux investisseurs sont pourtant plus que solides, en nette progression pour la plupart de ses départements.

Le chiffre d’affaires de l’iPad a ainsi progressé de 46% par rapport à la même période en 2019, tandis que la croissance est de 28% pour les ordinateurs, 20,9% pour les autres produits (notamment les AirPods ou l’Apple Watch), et 16,3% pour les services.

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La plupart de ses départements, disions-nous, mais pas tous, et c’est là que le bât blesse: véritable cash machine de l’entreprise et à ce titre scruté de près par les analystes, l’iPhone est en très net recul, avec une dégringolade des ventes de plus de 20% par rapport à la même période l’année passée.

Les investisseurs s’attendaient à un coup d’arrêt, notamment du fait de la pandémie de Covid-19 et au décalage de l’annonce de l’iPhone 12, mais pas à un dévissage aussi marqué, ni à des chiffres si ternes en Chine, où le chiffre d’affaires global de la marque américaine est en baisse de 28%.

Ils n’ont en outre pas été rassurés par le fait qu’Apple se soit refusée à donner de quelconques indices quant à son futur financier immédiat. Dans les échanges post-séance à Wall Street le 29 octobre, le titre chutait ainsi de plus de 4%, malgré le discours positif de Tim Cook et les perspectives de platine que continuent d’offrir à la firme la plupart des analystes.

Samsung roi du monde

De l’autre côté du monde, un sérieux rival peut quant à lui afficher un fier sourire: quelques jours après la mort de son vieux patron, Samsung annonçait cette semaine les meilleurs résultats de son histoire, avec un chiffre d’affaires de 59 milliards de dollars [50,5 milliards d’euros] au troisième trimestre 2020.

Si le conglomérat coréen prévient que les prochains mois pourraient ne pas être aussi roses, du fait du Covid-19 et d’une compétition de plus en plus féroce dans le secteur des smartphones, il peut s’enorgueillir d’avoir réussi à reprendre à Huawei la couronne de plus gros vendeur de smartphones du monde.

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Dans une position rendue délicate sinon désastreuse par les sanctions lui étant imposées par l’administration Trump, Huawei avait réussi à dépasser Samsung lors du précédent trimestre, portée par une explosion des ventes en Chine.

Mais si l’étau paraît se desserrer et les horizons se déboucher grâce à un allègement peut-être salvateur des sanctions, le mal semble fait pour le géant chinois, avec des livraisons en baisse de 24% sur une année, et des prévisions à court terme plus sombres encore.

Le malheur des uns faisant le profit des autres, c’est Xiaomi qui peut rigoler: l’autre étoile montante chinoise retrouve sa place sur le podium des ventes de smartphones, et se permet même de dépasser Apple pour la première fois de son histoire.

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Déjà très apprécié, le MagSafe pourrait l’être plus encore à l’avenir. | Apple

Apple a caché un important secret dans l’iPhone 12

Une fonction inédite et capitale est prête, mais pas encore active.

28/10/2020

C’est un «one more thing» un peu particulier dont semblent bénéficier les nouveaux iPhone 12 d’Apple, lancés courant octobre et faisant apparemment déjà un carton.

Cet ultime secret n’a nullement été annoncé par Tim Cook ou ses camarades lors de la présentation de la gamme d’appareils, mais provient de la curiosité de quelques experts ayant fouiné dans les brevets et documents officiels déposés par la marque.

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Il concerne l’une des nouveautés les plus intéressantes de ce cru 2020: le chargement rapide, sans fil et magnétique des terminaux via une nouvelle version du vieux MagSafe de la marque, remis au goût du jour pour s’adapter à de nouveaux usages.

Le MagSafe serait ainsi non seulement capable de recevoir de l’énergie, mais il pourrait également en fournir, grâce à une capacité de recharge inversée sur laquelle Apple n’a pour l’instant procédé à aucune communication officielle.

Épicentre

«Les nouveaux iPhone sont compatibles avec la fonction WPT à 360 kHz pour charger des accessoires», stipule noir sur blanc le document remis à la Commission fédérale des communications (FCC) américaine. «Pour l’instant, le seul accessoire pouvant être chargé par les iPhone est un possible futur accessoire Apple.»

Comme le note iGeneration, la chose pourrait être idéale pour charger à la volée des AirPods, autre grand carton commercial de la marque dont une nouvelle version est attendue en 2021. Un brevet déposé par Apple semble d’ailleurs indiquer que cette piste est la plus solide.

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D’autres usages, infinis, pourraient néanmoins être imaginés à l’avenir par la marque. De la Watch à de futures lunettes de réalité augmentée, Apple a peut-être trouvé avec ce MagSafe nouvelle version le vecteur idéal pour replacer son iPhone à l’épicentre d’un écosystème qui s’étend d’année en année.

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Sans Jony Ive, Apple saura-t-elle se renouveler? | radovan via Unsplash

Avec les Apple Glass, une nouvelle ère s’ouvre pour le design Apple

Un produit attendu comme une révolution, et un virage esthétique nécessaire après le départ de Jony Ive.

Repéré par Ophélie Surcouf sur Wired

20/05/2020 

Lorsqu’en 2007, l’iPhone a révolutionné le monde, c’est surtout grâce à son design, qui a permis à une technologie déjà existante de prendre les atours d’un produit luxueux à la portée de tout le monde. Alors, lorsque celui qui a conçu ce design a annoncé quitter Apple en juin 2019, le choc a été rude.

Au point que le poste de Jony Ive n’a pas été pourvu depuis. Pour la personne qui le prendra, un simple copier-coller de l’esthétique minimaliste, des bords plats ou des rondeurs des lignes de l’Apple Watch, de l’iPad ou des MacBook ne suffira pas.

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Il lui faudra la prescience qui a marqué le design de la marque ces vingt-sept dernières années pour relever un défi quasi impossible: créer des formes révolutionnaires et attractives pour les lunettes de réalité augmentée qu’Apple prépare pour 2022 ou 2023.

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Jusqu’à présent, les tentatives majeures de création de lunettes de réalité augmentée socialement acceptables ont été un échec cuisant, tant pour les Google Glass que pour celles de Magic Leap.

«C’est quelque chose que j’adorerais voir Apple réussir, réussir à créer un “moment iPhone” qui chamboulerait l’industrie de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée», confie pour Wired Gadi Amit, le fondateur de NewDealDesign et designer de la montre connectée Fitbit. «Mais c’est un problème de design exceptionnellement compliqué…»

S’il ne s’agit encore que de rumeurs, des détails ont émergé sur la partie technique de ces très attendues lunettes du futur, via le leaker Jon Prosser. Selon lui, elles seront mises sur le marché pour 499 dollars [456 euros], pourront être adaptées à la vue avec un surcoût, fonctionneront avec un iPhone (comme l’Apple Watch) et seront baptisées, en toute simplicité, «Apple Glass».

Toujours selon l’Américain, un capteur LiDAR a été intégré du côté droit de la monture, mais aucun senseur photo traditionnel n’est présent. Prosser dit avoir pu jeter un œil à l’interface de l’objet. Celle-ci serait nommée Starboard et se contrôlerait via la monture, ou par des gestes spécifiques effectués dans le champ de vision.

Les formes du futur

Nul ne sait si ces rumeurs sont parfaitement fondées, ni quelle sera la forme que prendront les Apple Glass. Ces dernières ne seront pas le seul challenge que devra relever Apple dans les dix prochaines années. La marque est attendue au tournant sur le sujet de la durabilité et de l’impact écologique.

Depuis longtemps, les critiques sont vives sur le châssis en aluminium (qui complexifie davantage les réparations d’un iPhone ou d’un MacBook), la disparition de la prise jack (pour les écouteurs classiques) ou encore le port de charge propre aux appareils Apple (un élément signature qui pourrait bientôt disparaître, au moins en Europe, si l’Union européenne standardise le port de chargement USB-C en juillet prochain). En musclant sa R&D, Apple prépare l’avenir

Amit prédit qu’un design plus chaleureux, avec des matériaux alternatifs comme le bois, pourrait se développer pour briser l’image froide et métallique –monolithique– des produits Apple des années 2010. Il espère également que les propriétaires d’objets de la marque pourront les personnaliser, les améliorer et les transformer.

En attendant, le designer fait complètement confiance aux remplaçants temporaires de Jony Ive, Alan Dye, vice-président du design des interfaces humaines, et Evans Hankey, vice-présidente du design industriel, pour reprendre le flambeau.

Quant à Ive, il n’a sans doute pas dessiné son dernier croquis pour la marque à la pomme. Dès son départ, Tim Cook avait annoncé qu’Apple serait l’un des principaux clients de sa nouvelle entreprise de design, LoveFrom.

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À gauche, Jony Ive. À droite, Tim Cook. Le premier quitte la firme que dirige le second: un coup dur, ou le début d’une nouvelle ère? | Justin Sullivan / Jony Ive, l’homme qui valait 9 milliards de dollars

Designer mythique pour Apple, l’Anglais a annoncé quitter la firme. Les marchés n’ont pas apprécié.

Repéré par Thomas Burgel sur Bloomberg

01/07/2019 à 6h36

Comme Steve Jobs mais de manière sans doute moins tapageuse, aucune personne n’incarne mieux la renaissance puis la course vers la domination d’Apple que Sir Jonathan «Jony» Ive.

Salarié d’Apple depuis 1992, à la tête du design industriel depuis 1996, on doit ainsi à l’Anglais la série colorée des iMac, qui a sauvé l’entreprise et l’a remise sur les rails du succès, puis l’iPod, qui a radicalement chamboulé l’industrie de la musique, mais encore l’iPhone, dont l’impact commercial, industriel et sociétal est si phénoménal qu’il est difficile de le comprendre intégralement ou l’Apple Watch, qui écrase le marché des montres connectées.

Mieux que Steve Austin

Assurément un génie dans son domaine, Ive n’est pas pour autant épargné par les critiques. Dans un article intitulé «L’histoire ne sera pas tendre avec Jony Ive», Vice explique ainsi que les décisions et visions de l’Anglais, qui ont fini par infuser la quasi-intégralité des secteurs concernés, sont reponsables de l’impossibilité grandissante de réparer ou de matériellement mettre à jour les produits Apple.

Les ventes en demi-teintes de la dernière gamme d’iPhone ont également fait dire à certains qu’Apple, autrefois locomotive musclée de l’innovation dans le secteur de la tech, avait perdu de sa légendaire créativité.

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Si les dernières années ont été plus ternes en matière de design, Apple doit à l’évidence une grande partie de sa colossale capitalisation boursière aux visions du mythique designer. Quand celui-ci a annoncé le 27 juin son départ de la firme pour créer sa propre entreprise, LoveFrom, le marché a bien entendu réagi.

Bloomberg rapporte ainsi que le cours de l’action Apple avait glissé d’un peu plus de 1% dans les heures qui ont suivi l’annonce du départ de Ive –dont la nouvelle société comptera pourtant Apple parmi ses client·es.

Un petit pourcent qui, mis en rapport avec la capitalisation boursière de la firme, donne une valeur à l’Anglais, selon le site américain: selon le marché, Ive valait donc environ 9 milliards de dollars (7,9 milliards d’euros environ). La personne qui le remplacera, que Tim Cook chargera sans doute de réveiller la créativité des designs d’Apple, aura donc fort à faire.

Ses poches sont pleines, mais l'avenir se ternit peut-être pour la plus grande entreprise mondiale. | Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Ses poches sont pleines, mais l’avenir se ternit peut-être pour la plus grande entreprise mondiale.

27%

C’est la chute du chiffre d’affaires enregistré par l’iPhone en Chine lors du premier trimestre. Et c’est peut-être une catastrophe.

Repéré par Thomas Burgel sur Cult of Mac

Tim Cook, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est pas un imbécile. Sans doute lit-il la presse économique, sans doute a-t-il entendu les alertes émises depuis quelques temps par les experts et observatrices, qui pointent la trop grande dépendance d’Apple envers l’iPhone, son produit phare.

L’iPhono-dépendance

La firme travaille donc depuis un moment à remodeler son business en misant, pour soutenir la croissance de son activité, sur la vente des services associés à ses appareils. L’AppStore, iTunes (dont la mort prochaine est annoncée), Apple Music, Apple News, un service de SVOD annoncé pour le printemps, un «Netflix des jeux vidéo» que l’on dit en discussion sont autant de nouvelles vaches à lait potentielles ou déjà réelles pour la firme de Cuppertino –n’oublions pas que 194 milliards d’applications pour smartphones ont été téléchargées en 2018, selon App Annie, ce qui représente une dépense colossale de 101 milliards de dollars (environ 88 milliards d’euros).

La publication, hier, des résultats financiers d’Apple pour le premier trimestre 2019 est riche d’enseignements. Cook avait, il y a quelques semaines, prévenu les investisseurs: la conjoncture n’étant pas au beau fixe, les chiffres allaient en pâtir. Effectivement, Apple a dévoilé pour cette période un chiffre d’affaires de 84,3 milliards de dollars (environ 74 milliards d’euros). Des sommes énormes en soi, mais qui sont bien moins élevées que celles sur lesquelles tablaient l’entreprise (entre 89 et 93 milliards de dollars). Surtout, ce chiffre n’atteint son équivalent de l’année passée sur la même période: les ouailles de Cook avaient amassé quelques 88,3 milliards de dollars. Il ne s’agit donc plus d’un ralentissement, mais d’une baisse significative.PUBLICITÉ

L’iPhone trop cher pour le marché chinois?

Cook peut se rassurer en s’appuyant sur le chiffre ahurissant de 1,4 milliard d’appareils siglés d’une pomme achetés par les consommateurs lors de ce premier trimestre –soit près de 60 milliards de dollars (environ 52 milliards d’euros) de chiffre d’affaires mondial accumulés suite aux ventes du smartphone. Mais un autre résultat doit sans doute lui valoir quelques sueurs froides et encore plus de nuits blanches: la vente d’iPhone en Chine, un marché crucial pour la croissance d’Apple, est en chute libre. Les revenus issus de la région ont baissé de 27%. Un plongeon qui entraîne dans sa chute le chiffre global de l’opérateur –qui enregistre une vertigineuse dégringolade de 15%. 

Apple explique notamment ces contre-performances par des remplacements moins fréquents d’appareils, quand certains médias et experts les mettent logiquement sur le compte des prix de la nouvelle gamme d’iPhone, beaucoup trop élevés pour les marchés émergents, en particulier face à des concurrents locaux (Huawei, Xiaomi ou Vivo, notamment) aux produits moins onéreux.

Que faire?

Le cercle vicieux –et potentiellement dangereux– dans lequel Apple est rentré semble se refermer: pour soutenir sa croissance, l’entreprise veut vendre plus de services; mais pour vendre plus de services, la firme de Cuppertino doit vendre plus d’iPhone.

Et si ses résultats sont loin d’être catastrophiques en soi, ce rappel à l’ordre du marché chinois pourrait contraindre la marque américaine à revoir beaucoup plus profondément, et en urgence, sa ligne de produits et sa politique commerciale. Les turbulences commerciales entre la Chine et les États-Unis risquent de ne pas lui faciliter la tâche.

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