A cause de l’invasion des maghrébins islamistes les femmes n’osent plus se mettre seins nus sur la plage.

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TOPLESS ET ÉLECTIONS

Par Zineb Ibnouzahir(@ZinebIbnouzahir) le 29/08/2021 à 13h02

Zineb Ibnouzahir© Copyright : Achraf Akkar

Le rapport entre seins nus et politique se formule en une question: pourquoi un homme pourrait-il se mettre torse nu alors qu’une femme non? C’est donc d’égalité des sexes dont on parle et à travers ce mouvement qui tend à déshabiller les femmes, on dénonce la politisation de leur corps.

Sur les devantures des salons de coiffure et des boutiques de mode de Kaboul, les affiches et vitrines, où naguère des visages de femmes maquillées à la chevelure apparente souriaient aux passants, ont été saccagées. 

A coups de pinceaux et de peinture blanche, on a caché cette chose qui ne doit désormais plus être vue: la femme. Les affiches n’ont pas été retirées, ni déchirées. On a pris soin de mutiler ces visages féminins. En effaçant leurs yeux et leur bouche, on leur ôte la vue et la parole. On les déshumanise.

Ce procédé qui offusque le monde civilisé et laisse entrevoir l’enfer qui attend les femmes afghanes, nous le connaissons aussi au Maroc, à un degré moindre, fort heureusement pour nous autres «modernistes». A Tanger, la fresque murale représentant l’artiste Leila Alaoui a subi le même sort pendant un temps et bien trop souvent, les représentations de femmes réalisées par des street artistssont ainsi halalisées par des gardiens des bonnes mœurs.

Aujourd’hui cette question de la représentation féminine au sein de l’espace public s’invite en pleine campagne électorale. Sur les affiches des candidats d’un certain parti, on ne mélange pas les hommes et les femmes. A droite, ces messieurs à la pilosité foisonnante, à gauche, les femmes, toutes voilées, à l’exception de certaines dont on ne voit pas le visage. C’est une curiosité de cette campagne, des candidates qui se présentent sous un nom mais sans photo. Et dire que des femmes se sont battues partout dans le monde pour obtenir le droit de vote et celui de se présenter en politique… 

Ce droit de vote a été obtenu le 26 août 1920 aux Etats-Unis et depuis 2007, figurez-vous qu’on célèbre aussi ce jour-là la journée mondiale du topless. Le rapport entre seins nus et politique se formule en une question: pourquoi un homme pourrait-il se mettre torse nu alors qu’une femme non? C’est donc d’égalité des sexes dont on parle et à travers ce mouvement qui tend à déshabiller les femmes, on dénonce la politisation de leur corps.

Ce débat-là, bien présent dans nos sociétés arabo-musulmanes, est tout autant d’actualité dans des pays européens comme la France, où selon un sondage Ifop réalisé à l’occasion de la journée mondiale du topless, de moins en moins de femmes font tomber le haut pour bronzer. Une sur cinq pratique le topless contre une sur trois il y a 12 ans. Si la peur du cancer est l’une des raisons avancées, il en est une autre tout aussi inquiétante, la peur du comportement des hommes, notamment chez les jeunes femmes qui expliquent redouter les agressions physiques, les viols, les regards concupiscents ou encore les photos volées sur la plage et diffusées sur la toile… 

Comment lutter contre ce phénomène qui prend systématiquement pour cible les femmes? Chez nous, au Maroc, en commençant par prendre conscience de la chance que nous avons de ne pas être nées Afghanes sous un régime de Talibans et en allant exercer notre droit de vote, et de ce fait, notre droit de parler, de faire entendre notre voix et d’exister. 

Par Zineb Ibnouzahir

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