Anne-Sophie Rigault : « Durant le confinement, des responsables publics font la morale et sont les premiers à ne pas respecter la loi. Les Français en ont assez ! »

Anne-Sophie RigaultCatégorie : Audio 12 novembre 2020 4 minutes de lecture

Quand l’armée va renter dans la masse molle des envahisseurs tarés à la bite coupée, nous allons bien rigoler, car le point Golswin aura été atteint… ces abrutis n’ont rien à faire en France…

Entre deux commémorations du 11 Novembre, à Avignon, des élus locaux et responsables publics, dont le maire d’Avignon et le préfet de Vaucluse, se sont retrouvés autour d’un café sur la voie publique, sans gestes barrières ni distanciation sociale, dans un département très atteint par le Covid-19.

Au micro de Boulevard Voltaire, Anne-Sophie Rigault dénonce « une scène surréaliste » au même moment où « des mesures coercitives » sont prises sur l’ensemble du territoire.

Ce 11 novembre, place de l’église de Montfavet, un des neuf quartiers d’Avignon, entre deux cérémonies d’hommage à nos poilus, vous avez dénoncé le fait que les élus locaux et responsables publics se sont retrouvés autour d’un verre sans respecter la moindre consigne sanitaire. Pourquoi, cela vous a-t-il choquée ?

Cette scène était véritablement surréaliste. On était entre deux cérémonies d’hommage à nos poilus.

Le préfet de Vaucluse, le maire d’Avignon entouré d’une partie de sa majorité, le conseiller départemental du canton, le conseiller régional qui représentait la région PACA se sont retrouvés sur la voie publique autour d’un café, oubliant manifestement les gestes barrières, les distanciations sociales et le décret du 29 octobre dernier.

Selon vous, est-ce un problème d’exemplarité ?

C’est choquant parce que, d’une part, certains élus de la République viennent à longueur de journée vous faire la morale et sont censés montrer l’exemple. D’autre part, vous avez le préfet de Vaucluse qui est le bras armé de l’État, chargé de faire appliquer les mesures coercitives prises par le gouvernement dans le département. Ces mêmes personnes vous répètent que le virus continue de circuler de manière galopante dans le département et les services hospitaliers transfèrent par avion des malades du Covid à l’autre bout de la France. Nous en sommes déjà à dix patients dans le département. Ces mêmes personnes viennent vous rappeler que les conditions d’application du décret du 29 octobre, qui interdit aux cafés et aux restaurants de recevoir du public sous peine de fermeture administrative, s’y regroupent en écharpe et en uniforme sans que cela leur pose de problème. Ces mêmes personnes vous rappellent au micro de la radio locale que vous ne devez pas être plus de six sur la voie publique sous peine d’amende à 135 euros. Toujours les mêmes qui osent venir dire à des élus locaux, pas plus tard que la semaine dernière, qu’ils se doivent d’être exemplaires et légalistes. Par exemple, en ne prenant pas d’arrêté autorisant l’ouverture des commerces de proximité.

Visiblement, ils sont les premiers à ne pas respecter la loi. Voilà l’exemple donné ! Voilà ce qui pose un problème, aujourd’hui. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais. » Les Français en ont assez ! On les prive de leur liberté et on les fait culpabiliser du matin au soir. À côté de cela, vous avez le représentant de l’État entouré d’élus qui ne respecte rien.

Avez-vous eu l’occasion de parler avec des commerçants ? Outre cet épisode, le confinement est-il compris par la population ?

Une révolte est en train de naître, que ce soit sur Avignon, dans le département de Vaucluse et plus largement en France. D’un côté, vous avez des mesures coercitives imposées. On ne vous laisse pas le choix d’ouvrir ou non votre commerce. Et de l’autre côté, vous avez des représentants de l’État ou des élus qui se devraient d’être exemplaires et qui font n’importe quoi. Il est certain qu’il sera très compliqué, demain, pour le préfet de Vaucluse, de faire appliquer les nouvelles mesures que le Premier ministre va nous annoncer ce soir à 18 heures.

Qu’attendez-vous de la prise de parole de Jean Castex ?

Malheureusement, je m’attends à ce qu’il durcisse certaines mesures. Il est prévu un pic du virus aux alentours du 20 novembre et nous ne sommes que le 12 novembre. Je me demande comment ces annonces gouvernementales vont être accueillies par les Français alors qu’on leur demande toujours plus et que l’exemplarité des élus ou des responsables publics n’est pas au rendez-vous.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •