GRANDS CRIMINELS - CLUB DEFI
GRANDS CRIMINELS

Depuis sa prison, le père et mari meurtrier Chris Watts reçoit des lettres d’admiratrices

L’homme a été condamné à perpétuité après les meurtres de sa femme enceinte et de ses deux filles de trois et quatre ans, en août 2018.

Chris Watts, l’homme qui a tué sa femme et ses deux jeunes filles passerait son temps à répondre à de nombreuses lettres depuis la prison dans laquelle il se trouve jusqu’à la fin de ses jours.

Ses actes ont choqué les États-Unis. Pourtant, il arrive encore à susciter l’admiration. Chris Watts, l’homme qui a tué sa femme et ses deux jeunes filles en 2018, passerait son temps à répondre à de nombreuses lettres depuis la prison dans laquelle il se trouve jusqu’à la fin de ses jours. Parmi les destinataires, environ dix femmes lui écriraient. « Certaines lui envoyaient des lettres de colère. Beaucoup disaient qu’elles allaient prier pour lui. Mais il a aussi reçu des lettres de femmes qui veulent se lier de façon romantique avec lui. Il répond parce qu’il n’a rien de mieux à faire », a raconté un proche du meurtrier au journal People, le 6 octobre.

La source a affirmé que ces femmes ont de la compassion pour lui, malgré les atrocités qu’il a commises. Deux d’entre elles entretiendraient même un contact très régulier avec le prisonnier. Le 13 août 2018, Chris Watts avait commis l’irréaparable en étranglant sa femme enceinte, Shanann, avant d’apporter son corps avec ses filles, toujours vivantes, sur un site pétrolier pour l’enterrer. Juste après, il avait étouffé Bella et Celeste, âgées alors de trois et quatre ans, et déposé leurs corps dans un réservoir d’huile.

Un documentaire Netflix, L’affaire Watts : Chronique d’une tuerie familiale, retrace cette affaire qui a captivé les États-unis. Celui qui était considéré à l’époque comme un père modèle serait d’ailleurs « gêné » par cette production. « Cela lui rappelle d’horribles souvenirs de 2018 », précise la même source. Avant d’ajouter : « Il sait que toute sa vie est là, sous l’œil du public. Il déteste ça. Il ressent beaucoup de honte. Mais il sait aussi qu’il est responsable de ce qui lui arrive ».

Nicolas Maduro, soupçonné de crime contre l’humanité

No Mas by A.Davey (CC BY-NC-ND 2.0) — A.Davey, CC-BY

Le président Nicolas Maduro est directement mis en cause pour avoir ordonné ou contribué à commanditer des crimes.

Par Laurent Sailly.

En septembre 2019, face à la détérioration de la situation politique au Venezuela, le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies a confié à Marta Valiñas, juriste spécialisée dans les questions relatives à la justice internationale, la mission de faire la lumière sur les accusations portées par l’opposition vénézuélienne à l’encontre de Caracas, et ce depuis la mort de Hugo Chavez en 2013.

Un précédent rapport rédigé par des experts mandatés par l’Organisation des États américains avait déjà porté de lourdes accusations contre le régime. Mais le caractère partial du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, ne lui avait pas permis de trouver écho.

Le 23 septembre prochain, la mission d’enquête présentera son rapport devant les membres du Conseil. Mais le rapport rendu public le 16 septembre dernier a déjà livré ses conclusions.

LE PRÉSIDENT NICOLAS MADURO DIRECTEMENT MIS EN CAUSE

Madame Valiñas, chef de la mission, déclare :

« Sur la base des informations recueillies, nous avons des motifs raisonnables de croire que de graves violations des droits de l’Homme et des crimes internationaux ont eu lieu au Venezuela au cours de manifestations, mais aussi via une répression politique ciblée et dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre. »

Elle assure également avoir de « bonnes raisons de penser que le président [ainsi que le ministre de l’Intérieur et celui de la Défense] ont ordonné ou contribué à commanditer les crimes avérés, [dont certains] tombent sous le coup de crimes contre l’humanité. »

Francisco Cox, enquêteur, affirme que la mission a « des raisons de penser que le président Nicolas Maduro a donné des ordres afin de cibler certaines personnes en particulier [et que] ces personnes ont été surveillées, écoutées, prises en filatures et, finalement, détenues de manière arbitraire… »

Le rapport souligne la participation directe d’officiers supérieurs de l’armée, des hauts dirigeants de la police et de l’ensemble du gouvernement, dans une politique d’État de réduction au silence des opposants politiques.

DES MILLIERS D’EXÉCUTIONS EXTRAJUDICIAIRES ET UN RECOURS SYSTÉMATIQUE À LA TORTURE

Le rapport de 411 pages pointe les 5094 personnes tuées par les forces de l’ordre, depuis 2014, dans le cadre d’« exécutions extrajudiciaires », c’est-à-dire sans procès.

Marta Valiñas affirme :

« Ces exécutions ne peuvent pas être mises sur le compte d’un manque de discipline au sein des forces de l’ordre. Ces meurtres semblent entrer dans le cadre d’une politique d’élimination de membres indésirables de la société sous couvert du combat contre la criminalité. »

Dans une vidéo authentifiée par la mission d’enquête, on peut voir les agents des Forces Spéciales de la Police (FAES), créées en 2016, « encouragées à tuer les criminels sans compassion ».

Le rapport cite l’ancien directeur des services de renseignement du pays (SEBIN), Christopher Figuera, qui a déclaré « que le président Maduro décidait qui devait être torturé, qui devait rester en détention et qui pouvait être libéré ». Les viols, les passages à tabac, les chocs électriques, les simulacres d’exécution… avaient été érigés en méthodes d’interrogatoires.

UN FACHISME LATIN D’EXTRÊME GAUCHE

Ce rapport dénonce le fachisme du gouvernement vénézuélien qui s’inspire des pires dictatures d’extrême droite latino-américaine des années 1970. Ainsi, les colectivos, groupes de civils anonymes, sont chargés des basses œuvres du pouvoir.

Le bilan humain de la dictature de Maduro place désormais le Venezuela parmi les régimes les plus meurtriers d’Amérique latine de l’histoire moderne, au même niveau que la dictature chilienne du général Pinochet (3200 morts ou disparus entre 1973 et 1990) et largement devant le Paraguay (400 de 1954 à 1989), l’Uruguay (174 de 1973 à 1985) et le Brésil (140 de 1964 à 1985). Seul le terrible pouvoir argentin fait « mieux » avec 30 000 morts ou disparus entre 1976 et 1983.

JEAN-LUC MÉLENCHON, LE MADURO FRANÇAIS

En septembre 2017, l’hebdomadaire L’Express titrait : « Jean-Luc Mélenchon veut faire comme Maduro ». Alors que l’opposition vénézuélienne avait déjà alerté le monde sur les violences caractérisées du régime chaviste et que depuis 2015 le président Maduro empêche l’Assemblée nationale élue de se rassembler, Jean-Luc Mélenchon rappelle son entier soutien à son ami Nicolas.

Le chef de file de La France Insoumise renouvellera ce soutien franc et massif en février 2019, considérant le dictateur comme président du Venezuela. Prenant à contre-pied le président de la République, Emmanuel Macron, lui qui venait de reconnaître Juan Guaido comme président en charge, le député LFI a aussi condamné les putschistes de l’opposition.

Au niveau international, Londres et Madrid ont également reconnu l’autorité de Juan Guaido, Nicolas Maduro ayant refusé de convoquer une nouvelle élection présidentielle.

SI RAYMOND ARON ÉTAIT ENCORE DE CE MONDE !

Il est à souhaiter que les instances de justice internationales soient saisies et que les dirigeants vénézuéliens soient poursuivis.

En France, l’aveuglement des intellectuels gaucho-communistes ne leur ayant pas permis de voir les 50 millions de victimes des régimes soviétiques, il est à craindre qu’ils ne s’intéressent guère aux milliers de morts du régime chaviste. La France est pleine de Jean-Paul Sartre et vide de Raymond Aron…

Théories sur l’assassinat de John F. Kennedy

Les théories sur l’assassinat de John F. Kennedy sont relatives aux circonstances entourant l’assassinat du président Kennedy le 22 novembre 1963à Dallas. La grandes majorité de ces théories sont basées sur des explications conspirationnistes de l’assassinat, en opposition avec les conclusions du rapport de la commission Warren, qui a conclu que Lee Harvey Oswald, est le seul responsable du meurtre commis à Dallas. Les théoriciens du complot estiment que l’assassinat du Président — et peut-être celui de son assassin — résultent de complots mis en place par des groupes en ayant à la fois les moyens et les motifs. Certaines des théories sont compatibles entre elles, d’autres sont exclusives les unes des autres ; cependant, toutes rejettent, à un degré ou un autre, les conclusions de la Commission Warren. Parmi les autres théories, certaines concernent les circonstances de l’autopsie, notamment sur l’éventualité de destruction de preuves, d’autres affirment que le film Zapruder montrant l’assassinat en direct a été falsifié, d’autres font un lien entre la mort de témoins de l’assassinat et l’événement. 

Des sondages effectués au début des années 2000 ont indiqué qu’environ 20 % des citoyens des États-Unis d’Amérique croient qu’Oswald a agi seul1, et que donc environ 80 % d’entre eux croient à une forme de conspiration. L’expression de coup d’État est également utilisée.

Théories de la conspiration

Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l’article, au point d’en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.

Les chercheurs affirmant l’existence d’une conspiration se basent soit sur un examen critique des éléments matériels de l’affaire, parfois avec des outils plus modernes que ceux disponibles à l’époque de la Commission, soit sur un examen critique des actions des protagonistes, pour conclure qu’une conspiration est possible, vraisemblable ou certaine. Parmi les éléments ayant été présentés comme des indices de la conspiration, sont relevés les points suivants :

Lee Harvey Oswald

Le fait que Lee Harvey Oswald, en tant que seul et unique membre du comité Fair Play for Cuba, a travaillé sous la direction de Guy Banister, membre de l’extrême droite, ancien du F.B.I. et de la Marine, financé par la C.I.A. pour les opérations anti-castristes et par le F.B.I. pour les actions anti-communistes. Il entraînait les anti-castristes, eux-mêmes formés militairement par la C.I.A., à l’infiltration des milieux pro-castristes2,3.

Dans le carnet d’adresses d’Oswald figuraient plusieurs adresses d’activistes anti-castristes. La secrétaire de Guy Banister témoigna que ce dernier avait déclaré à propos de Lee Harvey Oswald : « Ne vous en faites pas pour lui, c’est un associé du bureau3. » 

L’action pro-communiste affichée de Lee Harvey Oswald, au sein même du quartier du renseignement au sein de la Nouvelle Orléans, avec les antennes du F.B.I., de la C.I.A et de l’O.N.I. (les services secrets de la Marine), n’entraîna aucune réaction, enquête ou surveillance, en pleine période anti-communiste des États-Unis et de lutte contre le régime de Fidel Castro à La Havane2.

Les droits d’Oswald ne furent pas respectés au cours de sa garde à vue et notamment celui de disposer d’un avocat. Les autorités texanes repoussèrent toutes les propositions d’avocat. Or, présenté à minuit le  à la presse, Oswald déclara : « (…) je demande que quelqu’un vienne me donner une assistance légale2 ».

Le dossier militaire d’Oswald a été détruit en 1973, officiellement à la suite d’un « nettoyage de routine ». Ce fait fut découvert par le H.S.C.A. lorsqu’il en demanda la copie. Le dossier a été partiellement communiqué à la Commission Warren mais non au H.S.C.A.. 

La photo d’Oswald avec un Carcano et un journal communiste à la main, qu’Oswald lui-même qualifia de photomontage, est suspecte. Des experts de Scotland Yard et de la police canadienne noteront des anomalies2 : la photo a officiellement été prise au mois de mars, mais la végétation ne correspond pas ; de plus, les ombres du nez et de la silhouette d’Oswald n’ont pas le même angle, le journal n’est pas à l’échelle de son corps, la forme du menton ne correspond pas à celui du suspect et le poignet droit présente une excroissance osseuse que n’avait pas Oswald4.

En 1975, une lettre écrite par Lee Harvey Oswald fut envoyée depuis Mexico au chercheur Rose Penn. Datée du 8 novembre 1963, et destinée à un certain Mr. Hunt, elle indiquait qu’Oswald souhaitait obtenir des informations sur sa situation et souhaitait qu’aucune étape ne soit franchie par lui-même ou une quelconque autre personne2.[pas clair]

Lors d’une perquisition dans le garage de Ruth Paine[Qui ?] à Irving, le 22 novembre 1963, les policiers de Dallas découvrirent, parmi les affaires de Lee Harvey Oswald, un appareil photo Minox portant un numéro de série non public ; cet appareil était alors très prisé au sein des services secrets pour les activités d’espionnage. Les policiers auraient subi les pressions des agents du F.B.I. pour faire disparaître la mention de cet appareil de leur rapport, ou que le modèle soit modifié. Ces faits furent révélés par le Dallas Morning News en 19782. 

En 1977, suite à l’entrée en vigueur de la loi sur la liberté de l’information, la C.I.A. dut reconnaître détenir dans ses archives un dossier dit « 201 » sur Lee Harvey Oswald, un tel dossier signifiant que la personne concernée est habilitée à exercer des activités d’espionnage et d’infiltration. Ce fait fut communiqué en 1978 lors de l’enquête du H.S.C.A., qui demanda à avoir accès au dossier, mais celui-ci parvint vide au comité, alors qu’il aurait dû contenir une trentaine de documents2,3. En outre, un ancien agent de la C.I.A. a indiqué qu’Oswald était rémunéré par celle-ci depuis son passage sur la base d’Atsugi au Japon. Victor Marchetti, dont l’ouvrage sur la C.I.A. fut partiellement censuré à sa sortie, indiqua : « Concrètement, si Oswald avait un dossier 201, c’est qu’il était agent3. » 

De même, les enregistrements des conversations téléphoniques d’Oswald au consulat soviétique, faits par la C.I.A. et datant d’, ont été détruits lors d’un « nettoyage de routine » peu avant l’ouverture de l’enquête du H.S.C.A. en 19782. Des photos de la caméra de la C.I.A., présentées comme preuves, montraient un homme se faisant passer pour Oswald, afin semble-t-il de le piéger.[pas clair] Plusieurs personnes, dont un employé de l’ambassade du Mexique et une particulière[Qui ?], ont été troublées d’avoir rencontré un autre Lee Harvey Oswald plus âgé (35 ans).[pas clair]

Jack Ruby

Au cours de la conférence de presse du procureur Wade le 23 novembre 1963, Jack Ruby, tenant du bar Le Carrousel et futur assassin d’Oswald, intervint pour corriger le nom du groupuscule pro-castriste Fair Play for Cuba, dirigé par Oswald et dont il était le seul et unique membre. La Commission Warren ne demanda ni enquête ni éclaircissement à ce sujet2. 

Témoins de l’assassinat

La mise à l’écart par la Commission Warren de tous les témoignages indiquant, selon les cas : plus de trois coups de feu ; la présence de tireurs ailleurs que dans le Texas School Book Depository, et notamment sur le Grassy Knoll (Abraham Zapruder et 12 autres personnes témoignèrent qu’un des tirs ne provenait pas du dépôt de livres) ; la présence de complices ; l’odeur de poudre (sénateur Ralph Yarborough) ; la présence de lumière et de fumée derrière la barrière de bois juste après les tirs (témoignage de Lee Bowers).

C’est notamment le cas du témoignage du Sheriff Robert Craig qui déclara avoir vu Lee Harvey Oswald sortir du Texas Book Depository et monter dans un véhicule de type break de couleur beige avec trois autres hommes à son bord avant de prendre la fuite, conduit par un homme d’origine sud-américaine. Son témoignage ne fut pas retenu par la Commission Warren et il dut quitter les forces de l’ordre2. J.C. Price, Sam Holland, James Altgen et Seymour Weitzman témoignèrent également de la présence d’hommes derrière la barrière en bois. Le Sherif Decker, juste après les tirs, donna ordre à ses agents d’investir la butte gazonnée. Un nombre important de témoins coururent également dans cette direction.

A également été mentionnée, la présence sur le lieu de l’attentat de personnes dont l’identité n’a jamais fait l’objet d’enquête (c’est le cas notamment du Dark Completed Man [archive]).

Sécurité du président

La sécurité du président à Dallas, plus réduite que d’ordinaire, notamment le fait qu’aucun agent du Service Secret n’entourait la limousine, et que les mesures de sécurité pour une apparition publique du président, d’ordinaire très draconiennes (fenêtres fermées, tireurs d’élite sur les toits) n’aient pas été appliquées. De même, le code du Secret Service fut enfreint puisqu’il interdisait les virages à plus de 120° (maximum 90°) afin d’éviter de ralentir le véhicule et de faire des passagers des cibles plus facilement accessibles. Enfin, une unité de l’armée fut maintenue au repos alors qu’elle aurait dû renforcer le dispositif de sécurité présidentiel2.

Alertés par des coups de feu, les premiers policiers qui arrivèrent sur le Grassy Knoll, comme l’agent Joe Smith et son adjoint, se heurtèrent à une personne exhibant une carte du Service Secret. Le Service Secret a affirmé n’avoir déployé aucun personnel sur cette zone2,4.

Arme de l’assassinat

Les shérifs fédéraux Roger Craig, Eugene Boone et Seymour Weitzman sont les premiers à découvrir l’arme cachée dans le coin nord-ouest du cinquième étage. Pour Weitzman, ayant tenu une armurerie pendant près de vingt ans, l’arme est facilement identifiable. Il a fait une déclaration sous serment concernant cette dernière le 23 novembre 1963 Ainsi, dans leurs rapports, ainsi que lors de deux conférences de presse dans l’après-midi du  dont celle du procureur Wade, les shérifs mentionnent un Mauser Gewehr 43 calibre 7,65 mm, une arme de tir allemande puissante et de très haute précision. Cette information figure dans le rapport Warren. Le Mauser disparut après avoir été confié au capitaine Fritz2.

Les empreintes digitales d’Oswald sur le Carcano ne furent pas détectées lors d’une première analyse le  à Dallas, ni le  à Washington au siège du F.B.I. où l’arme avait envoyée pour un complément d’analyse. Elles apparurent le surlendemain quand l’arme se trouvait au siège du F.B.I. pour analyse.[pas clair] Il est à noter que le préparateur funéraire d’Oswald a été interrompu par des agents fédéraux venus relever les empreintes du cadavre1.

Autopsie du président

Lors de l’arrivée à Bethesda, Mme Kennedy remit aux praticiens un morceau de matière cervicale en provenance de la blessure de son époux2. Le témoignage de Jackie Kennedy sur les blessures de son mari n’a pas été intégré dans le rapport, si ce n’est la mention : « référence aux blessures supprimées ».[pas clair] Ce témoignage ne devrait être connu qu’en 2039, à l’issue de la période de 75 ans imposée par la commission Warren. 

A également été mentionné, le fait que le corps de Kennedy ait été emporté à Washington pour procéder à l’autopsie, ce qui n’est pas conforme aux lois du Texas. En 1963, l’assassinat d’un président n’était pas un crime fédéral et relevait de l’État fédéré dans lequel se produisait l’événement2.

Les praticiens qui réalisèrent l’autopsie n’avaient pas pratiqué depuis plusieurs années, et le firent sous la direction des militaires sur la base navale de Bethesda. Ils n’eurent pas la possibilité d’effectuer toutes les analyses (recherche des trajectoires des balles, correspondance des trous d’entrée sur les vêtements) et durent suivre les ordres des officiers présents2. En 1978, le H.S.C.A. estima que les trois praticiens avaient une expérience et une pratique insuffisante pour pratiquer l’examen de blessures par armes à feu. 

Le Dr. Humes détruisit toutes ses notes d’autopsie.

La commission Warren a notifié qu’il n’était pas nécessaire de rechercher l’origine exacte des blessures du gouverneur Connaly, malgré l’existence d’un rapport du F.B.I. indiquant la présence de deux balles distinctes, ouvrant la porte à la « théorie de la balle magique » imposée par le conseil Alan Specter[Qui ?]

Le 23 novembre 1963, William Harper, étudiant en médecine, découvrit un morceau du crâne du président à l’arrière-gauche de l’emplacement ou se trouvait la limousine au moment du tir fatal. Photographié et mesuré, le morceau fut identifié par le Dr. Cairn, légiste à Dallas, comme un morceau d’occiput. Le F.B.I. reçut l’ordre[précision nécessaire] de n’en faire aucune publicité2.

Au cours de l’autopsie, une quatrième balle fut remise aux agents O’Neil et Sibert du F.B.I. ; cet élément de preuve balistique, disparu depuis, a été révélé en 19692.

La commission Warren ne demanda pas à avoir accès aux photos de l’autopsie et se contenta des dessins reproduits par le F.B.I.2.

Films et photos de l’assassinat

À l’examen du film de Zapruder, on pourrait supposer que le coup de feu qui a frappé Kennedy à la tête est venu de l’avant, car sa tête recule lors de l’impact. Des théoriciens soulignent aussi le grand nombre de médecins et d’infirmières à l’hôpital Parkland, ainsi que d’autres[Qui ?], qui ont déclaré que la majeure partie de l’arrière de la tête du président avait été soufflée par l’impact, ce qui suggère fortement qu’il a été frappé par l’avant5,2. Cela conduit à supputer qu’il y avait un autre tireur situé sur le monticule herbeux à l’avant-droit du président. En outre, cette hypothèse serait corroborée par la découverte, le , par William Harper, étudiant en médecine, d’un morceau du crâne du président à l’arrière gauche de l’emplacement où se trouvait la limousine au moment du tir fatal (voir supra).

Le Secret Service a réquisitionné le cliché de Mary Ann Morman montrant le Texas School Book Depository quelques secondes avant l’attentat ; celui-ci n’a jamais été rendu public2.

Le F.B.I aurait dissimulé les photos et le film montrant les fenêtres du 5e étage, où certains témoignages ont rapporté la présence de deux personnes avant les tirs2. Le F.B.I. aurait également altéré le film d’Orville Nix montrant la scène de la fusillade d’une perspective opposée à celle d’Abraham Zapruder, et permettant de détecter des mouvements derrière la barrière en bois du Grassy Knoll2. 

Lors de l’impression des images montrant le coup à la tête, les n° 314 et 315, ces dernières furent inversées par le F.B.I., faisant croire que le corps du président était projeté vers l’avant. J Edgar Hoover, invoqua une erreur matérielle2.

Preuves balistiques[modifier | modifier le code]

La théorie de la balle unique, une des pierres d’achoppement des conclusions de la Commission Warren, est jugée non crédible. En effet, des essais de tirs effectués par le F.B.I. en 1963 sur des cadavres d’animaux donnèrent systématiquement des résultats de balles déformées et/ou compressées1. En outre, le gouverneur Connally a toujours affirmé avoir été frappé par une autre balle que la première ayant touché le président au cou. Enfin, sur les films de l’assassinat, un délai de deux secondes s’écoule entre le moment où John F. Kennedy porte les mains à son cou et celui où le gouverneur Connaly s’effondre touché à son tour par une balle2. 

Au Parkland Hospital, il fut déclaré qu’une fois l’état de santé du gouverneur stabilisé, il resterait une balle à extraire de sa cuisse. Or, selon la Commission Warren, la « balle magique » n° CE 399 était déjà sortie et reposait sur un brancard. 

À 12h40, un agent présenté comme membre du F.B.I. a été photographié [archive] en train de prélever ce qui s’apparente à une balle dans l’herbe2. 

Au cours de l’autopsie, une quatrième balle fut remise aux agents O’Neil et Sibert du F.B.I. (voir supra).

Lieux de l’assassinat[modifier | modifier le code]

Le dernier employé à avoir quitté le cinquième étage du Texas School Book Depository est sorti du bâtiment entre 12 h 15 et 12 h 20. Afin de construire le mur de cartons autour de la fenêtre, Oswald n’aurait eu que quelques minutes pour déplacer 43 boites totalisant plus d’une tonne, le tout en ne laissant que deux empreintes sur l’ensemble des boites, parmi celles d’une dizaine d’employés du Depository qui ne furent pourtant jamais soupçonnés du meurtre. À noter que la commission Warren a estimé qu’Oswald ne portait pas de gants2.

La Dealey Plaza ne fut même pas fermée afin de permettre à l’enquête de se faire dans les meilleures conditions. 

Éléments de preuves négligés ou disparus

Des événements ultérieurs ont démontré que les agences gouvernementales, la police de Dallas, le Secret Service, le F.B.I. et la C.I.A. avaient dissimulé des informations, altéré ou détruit des preuves, fait pression sur des témoins et délibérément menti.

À la suite du tir, la limousine présidentielle a été entièrement nettoyée et réparée. Cette opération fut réalisée en avril 1964, et les différentes preuves balistiques démontées notamment sur le pare-brise et le pare-soleil, furent définitivement perdues, interdisant toute possibilité d’examen ultérieur.

Le Dr. Humes détruisit toutes ses notes d’autopsie. 

Le cerveau du président a disparu. Ce fait fut constaté en 1971 par le praticien Cyril Wecht, alors président de l’Académie américaine de médecine légale. Il fut révélé ultérieurement[Quand ?] que cet organe, qui aurait permis de connaitre l’origine des tirs, était manquant dès 19662. 

Des photos de l’autopsie ont disparu. Le photographe John Thomas Stringer, présent pendant l’autopsie, a notamment indiqué que sur l’ensemble des photos présentes, certaines n’étaient pas de lui et plusieurs avaient disparu, notamment les photos du torse du président2. 

Les dossiers saisis dans le bureau de Guy Banister, représentant des opérations illégales et clandestines de la C.I.A. sur le sol des États-Unis, et directeur d’Oswald à la Nouvelle Orléans, ont été saisis à sa mort en 1964 par les agences gouvernementales. Le H.S.C.A. a affirmé qu’ils avaient été détruits avant son enquête de 19782.

En 1976, il a été révélé que le rapport d’enquête classé confidentiel par le F.B.I. concernant David Ferrie, qui avait travaillé de manière extrêmement étroite avec Guy Banister et Lee Harvey Oswald, avait été perdu3. L’appartenance de David Ferrie à la C.I.A. en tant qu’agent secret a été confirmée en 1975.

Commanditaires ou bénéficiaires présumés des différentes théories du complot[modifier | modifier le code]

Les personnes ou groupes de personnes suivants ont été accusés d’avoir été à la source d’une conspiration : 

  • Les milieux financiers des États-Unis, car le 4 juin 19637, Kennedy autorisa l’émission de nouveaux United States Notes adossés aux réserves d’argent du gouvernement fédéral, et quelque 4 milliards de dollars en petites coupures furent émis, menaçant le monopole d’émission de monnaie de la Réserve Fédérale et de ses actionnaires privés8,9.
  • Le vice-président Lyndon B. Johnson, qui aurait organisé l’assassinat ou y aurait participé. Johnson est une des personnes qui avaient le plus à gagner de la mort du président, puisque celle-ci faisait de lui le nouveau président. Johnson est parfois décrit comme un homme aux abois avant l’assassinat : Kennedy aurait envisagé de ne plus le prendre comme candidat vice-président pour les élections de 1964, notamment à cause des enquêtes criminelles le visant (pour trafic d’influencedétournement de fondsblanchiment d’argent et corruption), qui s’arrêtèrent ou furent abandonnées une fois Johnson devenu président. Autre argument en faveur de cette thèse : Johnson était originaire du Texas, l’État où a été assassiné J.F.K. ; toutes les affaires dans lesquelles il était impliqué de près ou de loin avaient pour théâtre le Texas ou les États adjacents (Nouveau Mexique notamment). Selon ces thèses, Johnson n’était peut-être pas le conspirateur du début à la fin de l’opération, mais il est possible qu’il se soit entendu avec l’extrême droite sudiste, la mafia et la C.I.A. pour leur permettre d’assassiner le président (rôle de la mafia) et d’étouffer l’affaire (rôle de la C.I.A. et surtout d’Allen Dulles) ; Johnson, en tant que maître de la justice et de la police texane, aurait simplement permis aux uns et aux autres leurs allées et venues non entravées. La thèse d’un complot avec à sa tête Johnson est étayée par des témoignages inédits, documents secrets et enregistrements clandestins évoqués dans un documentaire de 2003 réalisé par William Reymond et Bernard Nicolas, dans lequel est identifié un second tueur, nommé Malcolm Wallace. Cette thèse est également détaillée dans le livre best-seller de Barr McClellan (en)paru en 2003, Blood, Money & Power: How LBJ Killed JFK, ainsi que dans celui de William Reymond, paru en 2004, JFK : autopsie d’un crime d’État. La thèse de Michael Collins Piper dans Final Judgment cite Lyndon B. Johnson comme participant à la conjuration, sans en être le centre. Enfin, un rapport français, issu d’une enquête de deux officiers (dont André Ducret) avec l’accord de Charles de Gaulle, montre de forts soupçons quant à Lyndon B. Johnson.
  • Le « complexe militaro-industriel des États-Unis », qui se préparait à une escalade du conflit au Viêt Nam et qui savait que le président avait envisagé le retrait des troupes des USA présentes au Viêt Nam.

Enfin, parmi les possibles complices à tout le moins de la dissimulation du complot, on cite J. Edgar Hoover, directeur du FBI, qui aurait pu subir un chantage de la part de la mafia, sous la menace d’une divulgation de son homosexualité dissimulée. Hoover fut ensuite nommé directeur à vie du F.B.I. par Lyndon B. Johnson.

On[Qui ?] cite aussi souvent Allen Dulles qui devait à Kennedy d’avoir perdu son poste de directeur de la C.I.A. (à la suite du désastre du débarquement de la baie des Cochons), alors qu’il en était l’incarnation depuis une décennie. Dulles, nommé par le Lyndon B. Johnson comme membre de la Commission Warren, aurait dissimulé à la commission les liens de la C.I.A. avec la mafia et les anti-castristes. Il est également mentionné que l’ancien adjoint de Dulles à la C.I.A., le sous-directeur Charles Cabell (limogé en même temps que Dulles), avait pour frère le maire de Dallas. Pour les intérêts financiers américains dans les années 1950 Dulles avait participé à l’étranger au renversement d’hommes d’états régulièrement élus : Mossadegh en Iran, Jacobo Arbenz au Guatemala ; puis Lumumba en 1960 au Congo, dont la chute déboucha à la mi-janvier 1961, sur son assassinat.

La théorie de la mort accidentelle causée par un agent du Service Secret a été mise en l’avant par l’expert en balistique Howard Donahue, dont les preuves accumulées ont fait l’objet du livre de Bonar Menninger Error: The Shot That Killed JFK paru en 1992, qui émet l’hypothèse que pendant qu’Oswald atteignait le président Kennedy avec deux tirs, le coup fatal aurait été ensuite tiré accidentellement par l’agent George Hickey du Service Secret, qui était assis dans la voiture suivant immédiatement la limousine du président. Cette thèse allègue qu’à la suite des deux coups tirés par Oswald, le cortège aurait accéléré alors que Hickey tentait de répondre aux coups tirés par Oswald, ce qui lui aurait fait perdre l’équilibre et l’aurait conduit à appuyer accidentellement sur la gâchette de son AR-15, déclenchant un tir qui aurait atteint mortellement Kennedy. Cette thèse suscite l’attention du public en 2013 lorsqu’elle obtient le soutien de Colin McLaren dans son livre et documentaire intitulés JFK: The Smoking Gun


L’hypothèse d’un autre Hiroshima – par John Pilger

Hiroshima et Nagasaki étaient des actes de meurtre de masse prémédités déclenchant une arme de criminalité intrinsèque. Ils ont été justifiés par des mensonges qui constituent le fondement de la propagande de guerre américaine du XXIe siècle, en lançant un nouvel ennemi et une nouvelle cible : la Chine.

Quand je me suis rendu pour la première fois à Hiroshima en 1967, l’ombre sur les marches était toujours là. C’était l’empreinte presque parfaite d’un être humain détendu : les jambes écartées, le dos courbé, une main à côté de lui, alors qu’il était assis en attendant l’ouverture d’une banque.

A huit heures et quart, le matin du 6 août 1945, elle et sa silhouette furent « gravées » dans le granit.

J’ai observé l’ombre pendant une heure ou plus, puis j’ai marché jusqu’à la rivière où les survivants vivaient encore dans des baraques.

J’ai rencontré un homme appelé Yukio, dont la poitrine était marquée par la trame de la chemise qu’il portait lorsque la bombe atomique a été larguée.

Il a décrit un énorme flash au-dessus de la ville, « une lumière bleutée, quelque chose comme un court-circuit électrique », après quoi le vent a soufflé comme une tornade et une pluie noire est tombée. « J’ai été jeté par terre et j’ai remarqué qu’il ne restait que les tiges de mes fleurs. Tout était calme et tranquille, et quand je me suis levé, il y avait des gens nus, qui ne disaient rien. Certains d’entre eux n’avaient ni peau ni cheveux. J’étais certain d’être mort ».

Neuf ans plus tard, je suis retourné le chercher et il était mort d’une leucémie.

« Pas de radioactivité dans les ruines d’Hiroshima », titre le New York Times du 13 septembre 1945, un classique de la désinformation planifiée. « Le général Farrell », rapporte William H. Lawrence, « a nié catégoriquement que [la bombe atomique] ait produit une radioactivité dangereuse et persistante ».

Un seul reporter, Wilfred Burchett, un Australien, avait bravé le périlleux voyage à Hiroshima au lendemain du bombardement atomique, au mépris des autorités d’occupation alliées, qui contrôlaient le « groupe de presse ».

Wilfred Burchett (YouTube)

« J’écris ceci comme un avertissement au monde », rapporte Burchett dans le Daily Express de Londres du 5 septembre 1945. Assis dans les décombres avec sa machine à écrire Baby Hermes, il décrit des salles d’hôpital remplies de personnes sans blessures visibles qui meurent de ce qu’il appelle « une peste atomique ».

Pour cela, on lui a retiré son accréditation presse, on l’a mis au pilori et on l’a diffamé. Son témoignage de la vérité n’a jamais été pardonné.

Les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki étaient un acte de meurtre de masse prémédité qui a déclenché une arme de criminalité intrinsèque. Ceci a été justifié par des mensonges qui constituent le fondement de la propagande de guerre américaine au XXIe siècle, en mettant en avant un nouvel ennemi et une nouvelle cible : la Chine.

Au cours des 75 années qui se sont écoulées depuis Hiroshima, le mensonge le plus tenace est que la bombe atomique a été larguée pour mettre fin à la guerre dans le Pacifique et pour sauver des vies.

« Même sans les bombardements atomiques », conclut le rapport américain sur les bombardements stratégiques de 1946, « la suprématie aérienne sur le Japon aurait pu exercer une pression suffisante pour provoquer une reddition inconditionnelle et éviter une invasion. « Sur la base d’une enquête détaillée de tous les faits, et soutenue par les témoignages des dirigeants japonais survivants, le Survey estime que… le Japon aurait capitulé même si les bombes atomiques n’avaient pas été larguées, même si la Russie n’était pas entrée en guerre [contre le Japon] et même si aucune invasion n’avait été planifiée ou envisagée ».

Les Archives nationales à Washington contiennent des documents sur les négociations de paix du Japon dès 1943. Aucune n’a été poursuivie. Un câble envoyé le 5 mai 1945 par l’ambassadeur allemand à Tokyo et intercepté par les États-Unis a montré clairement que les Japonais étaient prêts à tout pour obtenir la paix, y compris « la capitulation même si les conditions étaient difficiles ». Rien n’a été fait.

Le secrétaire à la Guerre américain, Henry Stimson, a déclaré au président Truman qu’il « craignait » que l’armée de l’air américaine fasse « bombarder » le Japon au point que la nouvelle arme ne puisse « montrer sa puissance ». Stimson a admis plus tard que « aucun effort n’a été fait, et aucun n’a été sérieusement envisagé, pour obtenir la reddition simplement sans avoir à utiliser la bombe [atomique] ».

Les collègues de Stimson en matière de politique étrangère – qui envisageaient l’après-guerre qu’ils façonnaient alors « à notre image », comme l’a dit le célèbre planificateur de la guerre froide George Kennan – ont clairement indiqué qu’ils étaient désireux de « battre les Russes avec la bombe [atomique] tenue assez ostensiblement sur notre hanche ». Le général Leslie Groves, directeur du projet Manhattan qui a développé la bombe atomique, a témoigné : « Je n’ai jamais eu l’illusion que la Russie était notre ennemie, et que le projet était mené sur cette base. »

Le lendemain de la destruction d’Hiroshima, le président Harry Truman a exprimé sa satisfaction quant au « succès retentissant » de « l’expérience ».

« L’expérience » s’est poursuivie longtemps après la fin de la guerre. Entre 1946 et 1958, les États-Unis ont fait exploser 67 bombes nucléaires dans les îles Marshall, dans le Pacifique : l’équivalent de plus d’un Hiroshima par jour durant 12 ans.

Les conséquences humaines et environnementales ont été catastrophiques. Pendant le tournage de mon documentaire, The Coming War on China [La guerre qui vient contre la Chine, NdT], j’ai affrété un petit avion et me suis rendu sur l’atoll de Bikini dans les îles Marshall. C’est là que les États-Unis ont fait exploser la première bombe à hydrogène au monde. Elle reste une terre empoisonnée. Mes chaussures ont inscrit « dangereux » sur mon compteur Geiger. Des palmiers se dressaient en formations peu communes. Il n’y avait pas d’oiseaux.

Le site d’essais nucléaires sur l’atoll de Bikini, dans les îles Marshall (Unesco).

J’ai marché dans la jungle jusqu’au bunker en béton où, à 6h45 au matin du 1er mars 1954, on a appuyé sur le bouton. Le soleil, qui s’était levé, s’est levé à nouveau et a vaporisé une île entière dans la lagune, laissant un vaste trou noir qui, vu du ciel, est un spectacle menaçant : un vide mortel dans un lieu de beauté.

Les retombées radioactives se sont répandues rapidement et « à l’improviste ». L’histoire officielle affirme que « le vent a changé soudainement ». Ce fut le premier de nombreux mensonges, comme le révèlent les documents déclassifiés et les témoignages des victimes.

Gene Curbow, un météorologue chargé de surveiller le site d’essai, a déclaré : « Ils savaient où les retombées radioactives allaient aller. Même le jour du tir, ils avaient encore la possibilité d’évacuer les gens, mais [les gens] n’ont pas été évacués, je n’ai pas été évacué… Les États-Unis avaient besoin de cobayes pour étudier les effets des radiations.

Nerje Joseph, insulaire des îles Marshall, avec une photo d’elle enfant peu après l’explosion e la bombe H, le 1er mars 1954

Comme Hiroshima, le secret des îles Marshall était une expérience basée sur la vie d’un grand nombre de personnes. Il s’agissait du Projet 4.1, qui a commencé par une étude scientifique sur des souris et est devenu une expérience sur « des êtres humains exposés aux radiations d’une arme nucléaire ».

Les habitants des îles Marshall que j’ai rencontrés en 2015 – comme les survivants d’Hiroshima que j’ai interrogés dans les années 60 et 70 – souffraient de divers cancers, généralement du cancer de la thyroïde. Des milliers d’entre eux étaient déjà morts. Les fausses couches et les morts-nés étaient courants. Les bébés qui vivaient étaient souvent horriblement déformés.

Contrairement à Bikini, l’atoll voisin de Rongelap n’avait pas été évacué lors du test de la bombe H. Directement sous le vent de Bikini, le ciel de Rongelap s’est assombri et il a plu ce qui a d’abord semblé être des flocons de neige. La nourriture et l’eau ont été contaminées et la population a été victime de cancers. C’est encore vrai aujourd’hui.

J’ai rencontré Nerje Joseph, qui m’a montré une photo d’elle quand elle était enfant sur Rongelap. Elle avait de terribles brûlures au visage et il lui manquait beaucoup de cheveux. « Nous nous baignions au puits le jour où la bombe a explosé », dit-elle. « De la poussière blanche a commencé à tomber du ciel. Je me suis approché pour attraper la poudre. Nous l’avons utilisée comme savon pour nous laver les cheveux. Quelques jours plus tard, mes cheveux ont commencé à tomber. »

Lemoyo Abon a dit : « Certains d’entre nous étaient à l’agonie. D’autres avaient la diarrhée. Nous étions terrifiés. Nous pensions que ce devait être la fin du monde. »

Le film d’archives officiel américain que j’ai inclus dans mon film qualifie les habitants de l’île de « sauvages accommodants ». Au lendemain de l’explosion, on voit un fonctionnaire de l’Agence américaine de l’énergie atomique se vanter que Rongelap « est de loin l’endroit le plus contaminé de la planète », ajoutant : « Il sera intéressant d’obtenir une mesure de l’absorption humaine lorsque les gens vivent dans un environnement contaminé ».

Les scientifiques américains, y compris les médecins, ont fait une carrière remarquable en étudiant « l’assimilation humaine ». Les voici sur une pellicule cinématographique tremblottante, en blouse blanche, attentifs avec leurs bloc-notes. Lorsqu’un insulaire mourait à l’adolescence, sa famille recevait une carte de sympathie du scientifique qui l’a étudié.

« Baker Shot », dans le cadre de l’opération Crossroads, un essai nucléaire américain dans l’atoll de Bikini en 1946. (Département de la défense des États-Unis)

J’ai fait des reportages sur cinq « ground zéro » nucléaires à travers le monde – au Japon, aux îles Marshall, au Nevada, en Polynésie et à Maralinga en Australie. Plus encore que mon expérience de correspondant de guerre, cela m’a appris sur l’impitoyabilité et l’immoralité d’une grande puissance : c’est-à-dire la puissance impériale, dont le cynisme est le véritable ennemi de l’humanité.

Cela m’a frappé avec force lorsque j’ai tourné à Taranaki Ground Zero à Maralinga, dans le désert australien. Dans un cratère en forme de cuvette se trouvait un obélisque sur lequel était inscrit : « Une arme atomique britannique a été testée et a explosé ici le 9 octobre 1957 ». Sur le bord du cratère se trouvait ce panneau :

AVERTISSEMENT : RISQUE DE RADIATIONS

Les niveaux de rayonnement sur quelques centaines de mètres autour de ce point peuvent être supérieurs à ceux considérés sûrs pour une présence permanente.

Car à perte de vue, et au-delà, le sol était irradié. Du plutonium brut gisait partout, dispersé comme du talc : le plutonium est si dangereux pour l’homme qu’un tiers de milligramme donne 50 % de chances de contracter un cancer.

Les seules personnes qui auraient pu voir le signe étaient les indigènes australiens, pour lesquels il n’y avait pas d’avertissement. Selon un compte rendu officiel, s’ils avaient de la chance, « ils étaient chassés plus loin comme des lapins ».

La menace durable

Aujourd’hui, une campagne de propagande sans précédent nous chasse tous plus loin comme des lapins. Nous ne sommes pas censés remettre en question le torrent quotidien de rhétorique anti-chinoise, qui est en train de dépasser rapidement le torrent de rhétorique anti-russe. Tout ce qui est chinois est mauvais, c’est un anathème, une menace : Wuhan… Huawei. Comme c’est déroutant quand c’est « notre » dirigeant le plus vilipendé qui le dit.

La phase actuelle de cette campagne a commencé non pas avec Trump mais avec Barack Obama, qui s’est envolé en 2011 pour l’Australie afin de proclamer la plus grande accumulation de forces navales américaines dans la région Asie-Pacifique depuis la Seconde Guerre mondiale. Soudain, la Chine est devenue une « menace ». C’était un non-sens, bien sûr. Ce qui était menacé, c’était la vision incontestée et psychopathe de l’Amérique, qui se considére comme la nation la plus riche, la plus prospère, la plus « indispensable ».

Ce qui n’a jamais été contesté, ce sont ses prouesses tyranniques – avec plus de 30 membres des Nations Unies qui subissent des sanctions américaines de toutes sortes et une traînée de sang qui coule à travers des pays sans défense, bombardés, leurs gouvernements renversés, leurs élections perturbées, leurs ressources pillées.

La déclaration d’Obama est restée dans les mémoires comme le « pivot vers l’Asie ». L’un de ses plus ardents défenseurs en a été sa secrétaire d’État, Hillary Clinton qui, comme l’a révélé WikiLeaks, voulait rebaptiser l’océan Pacifique « mer américaine ».

Alors que Clinton n’a jamais caché son bellicisme, Obama était un maestro du marketing. « J’affirme clairement et avec conviction », a déclaré le nouveau président en 2009, « que l’engagement de l’Amérique est de rechercher la paix et la sécurité d’un monde sans armes nucléaires ».

M. Obama évoque les 60 ans de l’alliance américano-australienne à Darwin, Australie, le 17 novembre 2011. (Sgt. Pete Thibodeau/Wikimedia Commons)

Obama a augmenté les budgets pour des ogives nucléaires plus rapidement que n’importe quel président depuis la fin de la guerre froide. Une arme nucléaire « utilisable » a été développée. Connue sous le nom de B61 Modèle 12, elle signifie, selon le général James Cartwright, ancien vice-président de l’état-major interarmées, que « le fait d’être plus petite [rend son utilisation] plus envisageable ».

La cible est la Chine. Aujourd’hui, plus de 400 bases militaires américaines encerclent presque entièrement la Chine avec des missiles, des bombardiers, des navires de guerre et des armes nucléaires. De l’Australie au nord, en passant par le Pacifique, l’Asie du Sud-Est, le Japon et la Corée, l’Eurasie, l’Afghanistan et l’Inde, ces bases forment, comme me l’a dit un stratège américain, « le noeud coulant parfait ».

L’impensable

Une étude de la RAND Corporation – qui, depuis le Vietnam, planifie les guerres des États-Unis – est intitulée « Guerre avec la Chine : penser l’impensable ». Commandée par l’armée américaine, les auteurs évoquent le fameux slogan de son stratège en chef de la guerre froide, Herman Kahn : « Penser l’impensable ». Le livre de Kahn, « On Thermonuclear War » (Sur la guerre thermonucléaire), a élaboré un plan pour une guerre nucléaire « gagnable ».

Le point de vue apocalyptique de Kahn est partagé par le secrétaire d’État de Trump, Mike Pompeo, un fanatique évangélique qui croit à « l’enlèvement de la fin » [concept eschatologique d’une minorité d’évangélistes américains, consistant en un événement de fin des temps où tous les croyants chrétiens vivants, ainsi que les croyants ressuscités, se lèveront pour rencontrer le Seigneur dans les airs, NdT]. Il est peut-être l’homme le plus dangereux qui soit. « J’étais directeur de la CIA », se vantait-il, « On a menti, on a triché, on a volé. C’était comme si nous avions des cours de formation complets ». L’obsession de Pompeo, c’est la Chine.

La partie finale de l’extrémisme de Pompeo est rarement, voire jamais discutée dans les médias anglo-américains, où les mythes et les fabulations sur la Chine sont monnaie courante, tout comme les mensonges sur l’Irak. Un racisme virulent est sous-jacent à cette propagande. Classés « jaunes » même s’ils sont blancs, les Chinois sont le seul groupe ethnique à avoir été interdit d’entrée aux États-Unis par une « loi d’exclusion », parce qu’ils étaient chinois. La culture populaire les a déclarés sinistres, indignes de confiance, « sournois », dépravés, malades, immoraux.

Un magazine australien, The Bulletin, a été consacré à la promotion de la peur du « péril jaune » comme si toute l’Asie était sur le point de s’effondrer sur la colonie blanche par la force de gravité.

« La pieuvre chinoise », The Bulletin, Sydney 1886, un des premiers promoteurs du « péril jaune » et autres stéréotypes.

Comme l’écrit l’historien Martin Powers, en reconnaissant le modernisme de la Chine, sa moralité laïque et « ses contributions à la pensée libérale ont menacé le regard européen, il est devenu nécessaire de supprimer le rôle de la Chine dans le débat des Lumières… Pendant des siècles, la menace que la Chine a fait peser sur le mythe de la supériorité occidentale en a fait une cible facile pour le race-baiting. » [Encouragement au racisme en vue de discréditer un adversaire, ici la Chine, NdT]

Dans le Sydney Morning Herald, l’infatigable dénonciateur de la Chine Peter Hartcher a décrit ceux qui ont répandu l’influence chinoise en Australie comme « des rats, des mouches, des moustiques et des moineaux ». Hartcher, qui cite favorablement le démagogue américain Steve Bannon, aime interpréter les « rêves » de l’élite chinoise actuelle, qu’il connaît apparemment. Ces rêves sont inspirés par les aspirations du « Mandat du Ciel » d’il y a 2 000 ans. [Concept chinois apparu sous la dynastie Zhou qui affirme la légitimité céleste du pouvoir des Empereurs de Chine, NdT] Ad nausea.

Pour lutter contre ce « mandat », le gouvernement australien de Scott Morrison a engagé l’un des pays les plus sûrs du monde, dont le principal partenaire commercial est la Chine, pour des centaines de milliards de dollars de missiles américains qui peuvent être tirés sur la Chine.

La ruée est déjà évidente. Dans un pays historiquement marqué par un racisme violent envers les Asiatiques, les Australiens d’origine chinoise ont formé un groupe d’autodéfense pour protéger les livreurs. Des vidéos sur mobile montrent un livreur frappé au visage et un couple de Chinois victimes d’abus racistes dans un supermarché. Entre avril et juin, il y a eu près de 400 attaques racistes contre des Australo-Asiatiques.

« Nous ne sommes pas vos ennemis », m’a dit un stratège de haut niveau en Chine, « mais si vous [en Occident] décidez que nous le sommes, nous devons nous préparer sans délai ». L’arsenal de la Chine est petit par rapport à celui des États-Unis, mais il se développe rapidement, notamment grâce au développement de missiles maritimes conçus pour détruire des flottes de navires.

« Pour la première fois », a écrit Gregory Kulacki de l’Union of Concerned Scientists, « la Chine envisage de mettre ses missiles nucléaires en état d’alerte élevée afin qu’ils puissent être lancés rapidement en cas d’attaque… Ce serait un changement important et dangereux de la politique chinoise… »

À Washington, j’ai rencontré Amitai Etzioni, éminent professeur d’affaires internationales à l’université George Washington, qui a écrit qu’une « attaque aveugle contre la Chine » était prévue, « avec des frappes qui pourraient être perçues à tort [par les Chinois] comme des tentatives préventives de détruire ses armes nucléaires, les acculant ainsi à un terrible dilemme « les utiliser ou perdre » [qui conduirait] à une guerre nucléaire ».

En 2019, les États-Unis ont organisé leur plus grand exercice militaire depuis la guerre froide, pour la plus grande part dans le plus grand secret. Une armada de navires et de bombardiers à longue portée a répété un « concept de bataille air-mer pour la Chine » – ASB – bloquant les voies maritimes dans le détroit de Malacca et coupant l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et aux autres matières premières du Moyen-Orient et de l’Afrique.

C’est la crainte d’un tel blocus qui a vu la Chine développer son initiative « Belt and Road » le long de l’ancienne route de la soie vers l’Europe et construire d’urgence des pistes d’atterrissage stratégiques sur des récifs et îlots contestés dans les îles Spratly.

À Shanghai, j’ai rencontré Lijia Zhang, une journaliste et romancière de Pékin, typique d’une nouvelle classe de francs-tireurs au franc-parler. Son livre à succès porte le titre ironique de Socialism Is Great ! (Le socialisme est génial !). Ayant grandi dans le chaos et la brutalité de la révolution culturelle, elle a voyagé et vécu aux États-Unis et en Europe. « Beaucoup d’Américains imaginent, dit-elle, que le peuple chinois vit une vie misérable et réprimée, sans aucune liberté. L’idée du péril jaune ne les a jamais quittés… Il ne leur vient pas à l’idée que quelque 500 millions de personnes sont sorties de la pauvreté, et certains diraient même que c’est 600 millions ».

Les réalisations épiques de la Chine moderne, sa victoire sur la pauvreté de masse, ainsi que la fierté et la satisfaction de son peuple (mesurés par des enquêteurs américains tels que Pew) sont volontairement inconnus ou mal compris en Occident. Ce seul fait est un témoignage de l’état lamentable du journalisme occidental et l’abandon du reportage honnête.

Le côté sombre et répressif de la Chine et ce que nous aimons appeler son « autoritarisme » sont la façade que nous sommes presque exclusivement autorisés à voir. C’est comme si on nous racontait sans fin les histoires du super-méchant Fu Manchu. Et il est temps que nous nous demandions pourquoi : avant qu’il ne soit trop tard pour arrêter le prochain Hiroshima.

Par John Pilger , journaliste et cinéaste australo-britannique basé à Londres. Le site web de Pilger est le suivant : www.johnpilger.com. En 2017, la British Library a annoncé la création d’archives John Pilger de toutes ses œuvres écrites et filmées. Le British Film Institute inclut son film de 1979, « Year Zero : the Silent Death of Cambodia » (Année zéro : le silence mortel du Cambodge), parmi les 10 documentaires les plus importants du XXe siècle.

  1. Joset Très intéressant article du bon journalisme. Pour démontrer l’efficacité de la 1ère bombe atomique il était loisible pour les USA de faire une démonstration sur une île déserte devant les médias et militaires alliées et non de choisir des humains. Pour ce qui est de la Chine, il ne faut pas oublier que depuis la prise du pouvoir en 2012 par Xi, ce pays est devenu agressif avec tous ses voisins. La Chine en 2015 a conclu un traité avec la Suisse un pays au coeur de l’Europe qui autorise ses agents à y opérer librement le secrétaire d’Etat CH Mario Gattiker y apposa sa signature à Pékin, au mépris de la neutralité Suisse.

L’ONU accuse Nicolas Maduro de crimes contre l’Humanité… qu’en est-il vraiment ?

Bien peu de journalistes ont pris le temps d’aller à la source, et se sont contentés de reproduire l’interprétation de l’AFP sur le sujet. Pourtant, la lecture des 433 pages du rapport de la mission de l’ONU révèle bien des surprises.

Élaboré avec une méthodologie douteuse, se référant à des sources politisées, le résultat de cette mission de l’ONU discrédite avant tout… le système défense des Droits de l’Homme de l’ONU.

Cette nouvelle accusation est avant tout une opération politique visant à torpiller le consensus démocratique autour des élections du 6 décembre 2020, et empêcher les vénézuéliens de tourner la page Guaido pour remettre le pays sur les rails institutionnels.

Romain Migus décortique l’ensemble du rapport, et révèle de nombreuses incohérences.

USA. Mort du “capo” de la famille du crime Bush 

George H.W. Bush était un investisseur majeur du groupe Carlyle, qui a soutiré des milliards de $ des guerres inspirées par le 9-11, un faux drapeau qui a eu lieu alors que son fils était président. [1]
Selon Dan Briody, auteur de Le Triangle de fer: Dans le monde secret du groupe Carlyle, “Il n’est pas exagéré de dire que le 11 septembre va rendre les investisseurs de Carlyle très, très riches.”
George H.W. Bush: Un Traître OccultePar Michael Hoffman
Les garçons de Bush, Prescott, les deux Georges et Jeb, font partie des “familles dynastiques” des États-Unis dans une Amérique où il est interdit par la constitution de constituer une aristocratie. D’autres dynasties incluent les Rockefeller, les frères Koch, les Harrimans et les Kennedys. La dynastie Bush constitue une aristocratie de facto enracinée dans le complexe militaro-industriel et en Arabie saoudite.Si nous devions choisir un seul facteur déterminant dans leur ascension et la couverture protectrice offerte à l’héritage de la famille Bush, nous choisirions l’initiation des garçons Bush à la société secrète connue sous le nom de Skull and Bones, qui n’est ouverte qu’aux étudiants de premier cycle spécialement choisis à Yale University.

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George H.W. Bush (à gauche de l’horloge)
portrait Skull and Bones 

L’occulte en Amérique, dans la mesure où la classe dirigeante y est impliquée, ne suscite pas particulièrement l’intérêt des médias. Des questions sur le pouvoir démesuré des francs-maçons, le Ku Klux Klan (avant l’ère des droits civils) et des organisations telles que Skull and Bones, sont rejetées en tant que sujets “marginaux” indignes d’une étude sérieuse par des journalistes et des universitaires “respectés». Au cours de la frénésie iconoclaste qui s’empara de l’Amérique et entraîna le renversement de nombreux monuments commémoratifs des Confédérés du Sud, de grandes statues telles que celle du général confédéré Albert Pike, ancien commandant suprême des francs-maçons du rite écossais, et du 33ème degré franc-maçon et l’ancien sénateur, Robert Byrd , du KKK, étaient intactes.George Herbert Walker Bush, le 41e président des États-Unis, était le petit-fils de Samuel Prescott Bush (1863-1948), un protégé du banquier sioniste Bernard Baruch. Pendant la Première Guerre mondiale, Baruch, en tant que président du conseil de Woodrow Wilson’s War Industries, nomma Samuel au conseil d’administration, où il fut chargé de choisir quels fabricants de munitions et d’armes recevraient des millions de dollars en fonds publics, établissant ainsi le lien de la famille Bush avec le complexe militaro-industriel. George H.W. suit les traces de son grand-père. Bush était l’un des principaux membres de la maison d’investissement “Carlyle Group”, qui tirait un énorme bénéfice financier de l’attaque terroriste sous faux drapeau du 11 septembre et de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak par George W. Bush.

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La créature de Bernard Baruch, 
le pilleur de tombes Samuel Prescott Bush

Le sénateur Prescott Bush (R-CT) était le père de George H.W. Bush. Commençant avec lui, la dynastie Bush est passée du monde de la politique aux profiteurs du business des guerres  que sont les Harrimans et les Rockefeller, pour se rendre compte des avantages immenses à gagner sur le dos de ses compatriotes américains en tant que membre d’une société secrète. Prescott a été initié dans le Skull and Bones en 1916.En 1918, neuf ans après la mort du combattant de la guérilla, Geronimo, à Fort Sill, dans l’Oklahoma, où le célèbre Amérindien avait été fait prisonnier de guerre, Prescott Bush et une petite équipe de sa secte secrète des  Skull and Bones entrèrent dans le cimetière indien. volé une tombe. On présume qu’ils cherchaient le crâne de Geronimo. Un débat tourne autour de savoir s’ils ont réussi à obtenir son crâne ou celui d’un autre Indien. Les Grands Médias Menteurs ont soigneusement caché cet épisode honteux et, avec leur désintérêt habituel pour des sujets embarrassants et dégoûtants pour nos seigneurs dynastiques, l’ont dénoncé comme une “théorie du complot” et une “rumeur discréditée”.Pour ceux qui veulent contester l’autorité des sociétés propriétaires des médias et oser penser par eux-mêmes, il est prouvé qu’un groupe de membres des Skull and Bones, dont Prescott Bush, a effectivement volé et profané une tombe à Fort Sill. Le point de départ d’une enquête serait le numéro de mai / juin 2006 du Yale Alumni Magazine, qui est consacré en partie à une lettre récemment découverte datant du 7 juin 1918, de Bonesman (i.e. ; faisant partie des Skull and Bones)  Winter Mead à un autre Bonesman, F. Turbee Davison, mentionnant le vol de la tombe. . Le fait qu’aucune enquête n’a été ouverte sur cette affaire ni sur d’autres pistes ne permet pas d’écarter avec un sourire narquois la probabilité que le père du 41e Président des États-Unis soit une goule occulte (La goule (de l’arabe الغول, al-ghoûl (féminin al-ghoûla), « l’ogre »). 

En avril 2005, à quelques mois de devenir roi, il ... — 20minutes.fr
Agent saoudien et traître de l’Amérique – L’ancien président George H.W. Bush est accueilli par le roi Abdullah, nouvellement sacré, lors d’une retraite dans le domaine du roi Abdallah à Riyad, en Arabie Saoudite, le 5 août 2005

Le président George H.W. Bush s’est distingué par son allégeance indéfectible au royaume d’Arabie Saoudite, y compris à la famille d’Oussama Ben Laden. George H.W. a organisé avec son fils George W. un partenariat commercial avec Salem Ben Laden, le frère d’Oussama, qui aurait utilisé l’entrepreneur de Houston, James Reynolds Bath, comme intermédiaire. L’argent des Ben Laden a temporairement aidé à sauver de la faillite de la société défaillante de Bush, Arbusto Energy, basée au Texas. Le 29 mai 1988, Salem a été tué au Texas dans ce qui a été officiellement décrit comme un “accident anormal” lorsque l’avion qu’il pilotait “a dérivé dans des lignes électriques à haute tension” au nord-est de San Antonio. Le National Transportation Safety Board n’a pas jugé utile ou nécessaire des mener une enquête sur cet accident.Selon le journaliste Robert Scheer, “George HW Bush était un consultant hautement rémunéré du groupe Carlyle, une firme d’investissement de 12 milliards de dollars fortement investie dans les opérations de la défense et de l’énergie. Le président de Carlyle, Frank Carlucci, secrétaire de la Défense de Reagan, était Un ami proche de Donald Rumsfeld … Le groupe Carlyle comprend également  des vétérans de l’administration (George HW) Bush, dirigés par l’ex-secrétaire d’État, James Baker, un meneur politique qui a travaillé dur pour le poste de George W. Bush, lors de sa  campagne électorale en vue de sécuriser les votes électoraux de la Floride pour  la Maison Blanche. En fait, les responsables gouvernementaux du groupe Carlyle sont si bien connectés au niveau international que, jusqu’au 11 septembre, on avait même demandé au groupe d’investir les fonds de la famille Bin Laden. .. ” (Los Angeles Times, 19 février 2002).Après l’élection de George W. Bush à la présidence, les Saoudiens ont accueilli son père et les partenaires de son père dans le groupe Carlyle et leur ont transmis de nouveaux contrats reposant sur la richesse pétrolière.L’ancien président George H.W. Bush et le président George W. Bush ont protégé les principaux dirigeants saoudiens d’une enquête dans le cadre du massacre d’Américains à New York le 11 septembre 2001. Immédiatement après l’attaque terroriste, alors que les vols dans l’espace aérien américain étaient restreints, George W. Bush facilité le départ d’environ 300 ressortissants saoudiens sur cinquante-cinq vols distincts. Parmi eux figuraient 24 membres de la famille ben Laden, ainsi que le prince Ahmed ben Salman, intermédiaire entre Al-Qaïda et la Maison de Saoud. (cf. Craig Unger, «La grande évasion», New York Times, 1er juin 2004, p. A19).Selon Dan Briody, auteur de Le Triangle de fer: Dans le monde secret du groupe Carlyle, “Il n’est pas exagéré de dire que le 11 septembre va rendre les investisseurs de Carlyle très, très riches.”Les attaques pseudo terroristes du 11 septembre et les guerres déclenchées ensuite  par George W. Bush ont profité à son père dans son rôle de partenaire du groupe Carlyle:”Carlyle et son réseau d’investisseurs sont bien placés pour tirer parti de l’expansion des budgets des départements de la défense et de la sécurité intérieure de Bush Jr. Deux sociétés de Carlyle, Federal Data Systems et US Investigations Services, ont signé des contrats de plusieurs milliards de dollars pour des compagnies aériennes commerciales, le Pentagone, la CIA et le département de la Sécurité intérieure. USIS était autrefois une agence fédérale appelée Office Federal Investigations, mais elle a été privatisée en 1996 … et a rapidement été engloutie par Carlyle … USIS maintenant 2,4 millions de vérifications des antécédents par an, principalement pour le gouvernement fédéral. Une autre filiale de Carlyle, Vought Aircraft, détient plus d’un milliard de dollars en contrats fédéraux pour la fourniture de composants pour l’avion de transport C-117, le bombardier B-2 et l’hélicoptère d’attaque d’Apache. Vought avait connu une période difficile avant 2001. Juste avant les attentats sous faux drapeau du 11 septembre, Vought avait annoncé le licenciement de plus de 1.200 employés, soit plus de 20% de ses effectifs. Mais son business a rapidement augmenté à la suite des frappes aériennes en Afghanistan et de la guerre en Irak “(Jeffrey St. Clair,” Quand la guerre éclate: le groupe Carlyle et le Moyen-Orient en guerre, CounterPunch, 6 septembre 2013).“FRATRIE”Les membres de la famille Bush à Skull and Bones, avec l’année de leur initiation:Le sénateur américain Prescott Bush: 1916Le président George H.W. Bush: 1947Président George W. Bush: 1967Le 7 février 2004, le journaliste de NBC-TV, Tim Russert, a interviewé George W. Bush au Bureau Ovale.Tim Russert: “Vous étiez tous les deux dans Skull and Bones, la société secrète.”Le président George W. Bush: “C’est tellement secret que nous ne pouvons pas en parler.”L’omniprésence de cette société secrète a été mise en lumière lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2004 lorsque les deux candidats des deux principaux partis politiques américains étaient membres de la même société secrète. Le candidat démocrate, le sénateur John Kerry, avait été initié à Skull and Bones en 1965. Ils gagnent Les têtes. Nous perdons la queue.Presque aucun des faits précédents ne sera abordé par les médias du système dans les jours à venir, alors que le président Bush est élevé au panthéon des hommes d’État et des héros américains dans des éloges funèbres et des rites funéraires extravagants. Le vieux pharaon est mort. Son crâne et ses os perdureront à plus d’un titre.
Source : Head of Bush Crime Family Dies2 Décembre, 2018 
Comment le père de George H.W. Bush a soutenu l’ascension d’HitlerD’où vient la fortune de la dynastie Bush ? Un article de 2004 traduit aujourd’hui à l’occasion du décès de George H.W. Bush (dont il y aurait beaucoup à dire aussi, ainsi que de son fils George W) donne des éléments de réponse.Par Ben Aris à Berlin et Duncan Campbell à Washington
Paru sur le Guardian sous le titre How Bush’s grandfather helped Hitler’s rise to powerLe père de George H. W. Bush et grand-père de George W. Bush, feu le sénateur américain Prescott Bush, était directeur et actionnaire d’entreprises qui ont profité de leur implication avec les soutiens financiers de l’Allemagne nazie.Le Guardian a obtenu la confirmation, à partir de dossiers découverts aux Archives nationales des États-Unis, qu’un cabinet dont Prescott Bush était directeur collaborait avec les architectes des finances du nazisme.Ses relations d’affaires, qui se sont poursuivies jusqu’à la saisie des actifs de son entreprise en 1942 en vertu de la loi sur le commerce avec l’ennemi, ont conduit plus de 60 ans plus tard à une action civile en dommages et intérêts intentée en Allemagne, contre la famille Bush, par deux anciens travailleurs forcés d’Auschwitz et à une vive controverse préélectorale.

Comment le père de George H.W. Bush a soutenu l’ascension d’Hitler

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D’où vient la fortune de la dynastie Bush ? Un article de 2004 traduit aujourd’hui à l’occasion du décès de George H.W. Bush (dont il y aurait beaucoup à dire aussi, ainsi que de son fils George W) donne des éléments de réponse.

Par Ben Aris à Berlin et Duncan Campbell à Washington
Paru sur le Guardian sous le titre How Bush’s grandfather helped Hitler’s rise to power

Le père de George H. W. Bush et grand-père de George W. Bush, feu le sénateur américain Prescott Bush, était directeur et actionnaire d’entreprises qui ont profité de leur implication avec les soutiens financiers de l’Allemagne nazie.

Le Guardian a obtenu la confirmation, à partir de dossiers découverts aux Archives nationales des États-Unis, qu’un cabinet dont Prescott Bush était directeur collaborait avec les architectes des finances du nazisme.

Ses relations d’affaires, qui se sont poursuivies jusqu’à la saisie des actifs de son entreprise en 1942 en vertu de la loi sur le commerce avec l’ennemi, ont conduit plus de 60 ans plus tard à une action civile en dommages et intérêts intentée en Allemagne, contre la famille Bush, par deux anciens travailleurs forcés d’Auschwitz et à une vive controverse préélectorale.

Les preuves ont également incité un ancien procureur américain chargé des poursuites pour crimes de guerre nazis à soutenir que l’action de feu le sénateur aurait dû faire l’objet d’un procès pour collusion avec l’ennemi.

Le comportement de Prescott Bush faisait l’objet de rumeurs depuis un certain temps. Sur Internet, il y avait des allusions constantes à une connexion « Bush-nazis », dont une grande partie était inexacte et injuste. Mais les nouveaux documents, dont beaucoup n’ont été déclassifiés que l’année dernière [en 2003], montrent que même après l’entrée en guerre de l’Amérique, et alors que l’on disposait déjà d’informations importantes sur les plans et les politiques des nazis, il travaillait pour des entreprises étroitement liées aux entreprises allemandes qui avaient financé la montée au pouvoir d’Hitler. Il a également été suggéré que l’argent gagné lors de ces transactions a aidé à cimenter la fortune de la famille Bush et à installer sa dynastie politique.

Étrangement, peu de choses dans les relations de Bush avec l’Allemagne ont fait l’objet d’un examen public, en partie à cause du statut secret des documents qui le concernent. Mais aujourd’hui, l’action en dommages-intérêts de plusieurs milliards de dollars intentée par deux survivants de l’Holocauste contre la famille Bush et la publication imminente de trois livres sur le sujet menacent de rendre l’histoire commerciale de Prescott Bush inconfortable pour son petit-fils, George W, dans sa quête de réélection.

Bien que rien n’indique que Prescott Bush ait été favorable à la cause nazie, les documents révèlent que la firme pour laquelle il travaillait, Brown Brothers Harriman (BBH), avait servi de base américaine à l’industriel allemand Fritz Thyssen, qui avait aidé à financer Hitler dans les années 1930 avant de tomber avec lui. Le Guardian a vu des preuves selon lesquelles Bush était directeur de l’Union Banking Corporation (UBC), une firme bancaire basée à New York qui représentait les intérêts américains de Thyssen, et qu’il a continué à travailler pour cette banque après l’entrée en guerre des États-Unis.

Captivant… 

Bush siégeait également au conseil d’administration d’au moins une des sociétés d’un réseau multinational de sociétés écrans qui permettaient à Thyssen de déplacer des actifs dans le monde entier.

Thyssen possédait la plus grande entreprise d’acier et de charbon d’Allemagne et s’était enrichi grâce aux efforts d’Hitler pour se réarmer entre les deux guerres mondiales. L’un des piliers du réseau international de Thyssen, l’UBC, travaillait exclusivement pour, et était détenue par une banque que Thyssen possédait aux Pays-Bas. Les liens de Bush avec la Consolidated Silesian Steel Company (CSSC), basée en Silésie, la région frontalière germano-polonaise riche en minerais, sont encore plus captivants. Pendant la guerre, l’entreprise avait eu recours au travail forcé dans les camps de concentration, y compris à Auschwitz. La propriété de la Consolidated Silesian Steel Company a changé de mains à plusieurs reprises dans les années 1930, mais des documents des Archives nationales américaines ont déclassifié l’an dernier le lien entre Bush et la Consolidated Silesian Steel Company, bien qu’il ne soit pas clair si lui et l’UBC étaient toujours impliqués dans la société lorsque les actifs américains de Thyssen ont été saisis, en 1942.

Trois séries d’archives décrivent l’implication de Prescott Bush. Ces trois documents sont facilement accessibles, grâce à l’efficacité du système d’archivage américain et à l’aide du personnel dévoué de la Bibliothèque du Congrès de Washington et des Archives nationales de l’Université du Maryland.

La première série de dossiers, les documents Harriman de la Bibliothèque du Congrès, montrent que Prescott Bush était administrateur et actionnaire d’un certain nombre d’entreprises liées à Thyssen.

La deuxième série de documents, qui se trouvent aux Archives nationales, est contenue dans l’ordonnance d’acquisition numéro 248, qui avait enregistré la saisie des biens de la société. Ce que ces dossiers montrent, c’est que le 20 octobre 1942, le Gardien des biens étrangers a saisi les biens de l’UBC, dont Prescott Bush était un des administrateurs. Après avoir examiné les dossiers de la banque, d’autres saisies ont été effectuées contre deux de ses filiales, la Holland-American Trading Corporation et la Seamless Steel Equipment Corporation. En novembre, la Silesian-American Company, une autre entreprise de Prescott Bush, avait également été saisie.

La troisième série de documents, qui se trouve également aux Archives nationales, se trouve dans les dossiers concernant IG Farben, qui a été poursuivi pour crimes de guerre.

Un rapport publié par l’Office of Alien Property Custodian (le Bureau du Gardien des biens étrangers) en 1942 déclarait à propos de ces sociétés que « depuis 1939, ces propriétés (sidérurgiques et minières) sont détenues et exploitées par le gouvernement allemand et ont sans aucun doute été d’une aide considérable dans l’effort de guerre du pays ».

Prescott Bush, un charmeur doté d’une voix chaude de chanteur, est le fondateur de la dynastie politique Bush et était autrefois lui-même considéré comme un candidat potentiel à la présidence. Comme son fils, George, et son petit-fils, George W, il était passé par Yale où il était, comme ses descendants, un membre de l’influente et secrète société étudiante Skull and Bones. Il avait été capitaine d’artillerie pendant la Première Guerre mondiale et avait épousé Dorothy Walker, la fille d’un banquier, George Herbert Walker, en 1921.

En 1924, son beau-père, un banquier d’affaires bien connu de St Louis, l’avait aidé à s’installer à New York avec Averell Harriman, un riche fils du magnat du chemin de fer E H Harriman de New York qui s’était reconverti dans la banque.

L’un des premiers emplois que Walker avait confié à Bush avait été de gérer l’UBC. Bush était l’un des membres fondateurs de la banque et les documents de constitution en société, qui l’inscrivent parmi les sept administrateurs, montrent qu’il détenait une action de l’UBC valant 125 $.

La banque avait été créée par Harriman et le beau-père de Bush pour fournir une banque américaine aux Thyssen, la plus puissante famille industrielle d’Allemagne.

August Thyssen, le fondateur de la dynastie, avait été un contributeur majeur à l’effort allemand lors de la Première Guerre mondiale et dans les années 1920, lui et ses fils Fritz et Heinrich avaient établi un réseau de banques et d’entreprises étrangères afin que leurs actifs et leur argent puissent être transférés offshore en cas de menace.

Au moment où Fritz Thyssen avait hérité de l’empire Thyssen en 1926, la reprise économique de l’Allemagne était chancelante. Après avoir entendu un discours d’Adolf Hitler, Thyssen avait été fasciné par la fougue du jeune politicien. Il avait rejoint le parti nazi en décembre 1931 et admettait avoir soutenu Hitler dans son autobiographie, I Paid Hitler (J’ai payé Hitler), alors que les nationaux-socialistes étaient encore un parti radical marginal. Il était intervenu à plusieurs reprises pour renflouer le parti quand il se trouvait en difficulté : en 1928, Thyssen avait acheté le Barlow Palace sur la Briennerstrasse, à Munich, où Hitler avait ensuite installé la Brown House, le siège du parti nazi. L’argent provenait d’une autre institution étrangère de Thyssen, la Bank voor Handel en Scheepvaart, sise à Rotterdam.

À la fin des années 1930, Brown Brothers Harriman, qui revendiquait le statut de plus grande banque d’investissement privée du monde, et l’UBC avaient acheté et expédié des millions de dollars d’or, de combustible, d’acier, de charbon et de bons du Trésor américain en Allemagne, pour alimenter et financer la préparation de la guerre par Hitler.

Entre 1931 et 1933, l’UBC avait acheté pour plus de 8 millions de dollars en or, dont 3 millions avaient été envoyés à l’étranger. Selon des documents vus par le Guardian, après la création de l’UBC, celle-ci a transféré 2 millions de dollars sur des comptes de Brown Brothers Harriman et, entre 1924 et 1940, les actifs de l’UBC oscillaient autour de 3 millions de dollars, baissant à 1 million de dollars à seulement quelques reprises.

En 1941, Thyssen avait fui l’Allemagne après s’être brouillé avec Hitler, mais il avait été capturé en France et détenu jusqu’à la fin de la guerre.

Il n’y avait rien d’illégal à faire des affaires avec les Thyssen tout au long des années 1930 et plusieurs des noms d’affaires les plus connus des États-Unis avaient investi massivement dans la reprise économique allemande. Mais tout avait changé après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne en 1939. Même à ce moment-là, on pourrait soutenir que Brown Brothers Harriman avait le droit de poursuivre ses relations commerciales avec les Thyssen jusqu’à la fin de 1941, car les États-Unis était restés techniquement neutres jusqu’à l’attaque contre Pearl Harbor. Le problème a commencé le 30 juillet 1942, lorsque le New York Herald Tribune a publié un article intitulé « Hitler’s Angel Has $3m in US Bank » (« L’Ange d’Hitler a 3 millions de dollars dans le système bancaire des USA »). Les énormes achats d’or de l’UBC avaient éveillé des soupçons sur le fait que la banque pouvait être en fait un « sac d’or » caché à New York pour Thyssen et d’autres gros bonnets nazis. La Alien Property Commission (APC, Commission des propriétés étrangères) a ouvert une enquête.

Il n’y a aucun doute sur le fait que le gouvernement américain ait saisi une série d’actifs contrôlés par Brown Brothers Harriman – y compris l’UBC et la Silesian-American Company – à l’automne 1942, en vertu de la loi sur le commerce avec l’ennemi. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si Harriman, Walker et Bush possédaient ces compagnies uniquement sur papier ou non.

Erwin May, attaché au Trésor et agent du service des enquêtes de l’APC (Commission des propriétés étrangères), avait été chargé d’examiner les activités de l’UBC. Le premier fait à émerger était que Roland Harriman, Prescott Bush et les autres administrateurs ne détenaient pas réellement leurs actions de l’UBC, mais qu’ils les détenaient simplement au nom de la Bank voor Handel.
Curieusement, personne ne semblait savoir à qui appartenait la banque de Rotterdam, y compris le président de l’UBC.

May écrit dans son rapport du 16 août 1941 : « L’Union Banking Corporation, constituée le 4 août 1924, est détenue à 100 % par la Bank voor Handel en Scheepvaart N.V. de Rotterdam, aux Pays-Bas. Mon enquête n’a produit aucun indice quant à la propriété de la banque néerlandaise. Mr Cornelis [sic] Lievense, président de l’UBC, prétend ne pas être au courant de l’identité du ou des propriétaires de la Bank voor Handel, mais pense qu’il est possible que le baron Heinrich Thyssen, frère de Fritz Thyssen, en possède une part substantielle. »

May a blanchi la banque de l’accusation de constituer un « sac d’or » pour les dirigeants nazis, mais il a décrit un réseau de compagnies qui s’étendaient à partir de l’UBC sur l’Europe, l’Amérique et le Canada, et comment l’argent de la Bank voor Handel arrivait jusqu’à ces compagnies via l’UBC.

En septembre, May avait retracé les origines des membres non américains du conseil d’administration et découvert que le Néerlandais HJ Kouwenhoven – qui avait rencontré Harriman en 1924 pour fonder l’UBC – avait plusieurs autres fonctions : en plus d’être directeur général de la Bank voor Handel, il était également directeur de la banque d’August Thyssen à Berlin et directeur du syndicat Fritz Thyssen Steel Works, la holding qui contrôlait l’empire minier et métallurgique de Thyssen en Allemagne.

Après quelques semaines, Homer Jones, le chef de la division des enquêtes et de la recherche de l’APC, avait envoyé une note de service au comité exécutif de l’APC, où il recommandait au gouvernement des USA de saisir l’UBC et ses avoirs. Jones nommait les administrateurs de la banque, y compris le nom de Prescott Bush, et avait écrit : « Ces actions sont détenues par les personnes susmentionnées, mais uniquement à titre de mandataires pour la Bank voor Handel de Rotterdam, en Hollande, qui appartient à un ou plusieurs membres de la famille Thyssen, des ressortissants de l’Allemagne et de Hongrie. Les 4 000 actions susmentionnées sont donc la propriété effective et servent les intérêts de ressortissants ennemis, et sont confiscables par l’APC », selon la note des Archives nationales vue par le Guardian.

La main dans le sac

Jones a recommandé que les actifs soient liquidés au profit du gouvernement, mais l’UBC a été maintenue intacte et finalement rendue à ses actionnaires américains après la guerre. Certains prétendent que Bush a vendu sa part de l’UBC après la guerre pour 1,5 million de dollars – une somme énorme à l’époque – mais il n’y a aucune preuve pour étayer cette affirmation. Aucune autre mesure n’a été prise et l’enquête n’a été poursuivie, malgré le fait que l’UBC ait été prise en flagrant délit d’exploitation d’une société écran américaine pour la famille Thyssen huit mois après l’entrée en guerre des États-Unis, et que cette banque avait financé en partie la montée au pouvoir de Hitler.

La partie la plus captivante de l’histoire reste entourée de mystère : le lien, le cas échéant, entre Prescott Bush, Thyssen, la Consolidated Silesian Steel Company (CSSC) et Auschwitz.

Le partenaire de Thyssen dans United Steel Works, qui possédait des mines de charbon et des aciéries dans toute la région, était Friedrich Flick, un autre magnat de l’acier qui possédait également une partie d’IG Farben, la puissante société chimique allemande.

Les usines de Flick en Pologne avaient fait un usage intensif de travail forcé dans les camps de concentration en Pologne. Selon un article du New York Times publié le 18 mars 1934, Flick détenait les deux tiers de la Consolidated Silesian Steel Company, les « intérêts américains » détenant le reste.

Les documents des Archives nationales montrent que la participation de Brown Brothers Harriman à la Consolidated Silesian Steel Company ne se limitait pas à en détenir des actions au milieu des années 1930. En janvier 1933, un ami et compagnon de la société Skull and Bones de Bush, Knight Woolley, un autre partenaire de Brown Brothers Harriman, avait écrit à Averell Harriman pour l’avertir de problèmes avec la Consolidated Silesian Steel Company après que les Polonais eurent commencé leur campagne de nationalisation de l’usine. « La situation de la Consolidated Silesian Steel Company est devenue de plus en plus compliquée, et j’ai donc fait appel à Sullivan et Cromwell * afin d’être sûr que nos intérêts sont protégés, » écrivait Knight. « Après avoir étudié la situation, Foster Dulles insiste pour que leur homme à Berlin entre en scène et obtienne les informations que les directeurs ici présents devraient avoir. Vous vous souviendrez que Foster est un des directeur et qu’il est particulièrement soucieux de s’assurer que les directeurs américains ne seront tenus pour responsables de rien. »

Mais la propriété de la Consolidated Silesian Steel Company, entre 1939 lorsque les Allemands avaient envahi la Pologne et 1942, quand le gouvernement américain avait saisi l’UBC et la Silesian-American Company, n’est pas claire.

« La Silesian-American Company détenait des mines de charbon et possédait la Consolidated Silesian Steel Company entre 1934 et 1935, mais lorsque la Silesian-American Company a été saisie, il n’y avait aucune trace de la Consolidated Silesian Steel Company. Toutes les preuves concrètes de sa propriété avaient disparu après 1935 et il n’y a que peu de traces pour 1938 et 1939 », explique Eva Schweitzer, journaliste et auteur du livre America and the Holocaust.

La Silésie avait rapidement été intégrée au Reich allemand après l’invasion, mais alors que les usines polonaises avaient été saisies par les nazis, celles appartenant aux Américains encore neutres (et quelques autres ressortissants) étaient traitées avec plus de prudence, car Hitler espérait toujours persuader les États-Unis de rester hors de la guerre au nom de leur neutralité. Selon Eva Schweitzer, les intérêts américains avaient été traités au cas par cas. Les nazis en ont racheté certains, mais pas d’autres.

Les deux survivants de l’Holocauste qui poursuivent le gouvernement américain et la famille Bush pour un montant total de 40 milliards de dollars en dommages-intérêts expliquent que tous deux avaient matériellement bénéficié du travail forcé à Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale.

Kurt Julius Goldstein, 87 ans, et Peter Gingold, 85 ans, ont entamé des poursuites en Amérique en 2001, mais le juge Rosemary Collier a rejeté l’affaire au motif que le gouvernement ne peut être tenu responsable des faits mentionnés en vertu du principe de la « souveraineté des États ».

Jan Lissmann, l’un des avocats des survivants, a dit : « Le président Bush a retiré la signature du président Bill Clinton du traité [qui a fondé le tribunal] non seulement pour protéger les Américains, mais aussi pour se protéger lui-même et sa famille. »

Lissmann soutient que les cas liés à l’Holocauste sont couverts par le Droit international, qui tient les gouvernements responsables de leurs actes. Il fait valoir que la décision du juge était entachée de nullité parce qu’il n’y avait pas eu d’audience.

Mr Goldstein et Mr Gingold, président honoraire de la Ligue des Antifascistes, suggèrent que les Américains étaient au courant de ce qui se passait à Auschwitz et auraient dû bombarder le camp.

Les avocats ont également déposé une requête à La Haye pour solliciter son avis sur la question de savoir si la souveraineté de l’État est un motif valable pour refuser d’entendre leur cause. Une décision est attendue d’ici un mois. [Elle reste attendue à ce jour, NdT].

La pétition adressée aux États de La Haye stipule que : « A partir d’avril 1944, l’armée de l’air américaine aurait pu détruire le camp par des raids aériens, ainsi que les ponts ferroviaires et les lignes ferroviaires entre la Hongrie et Auschwitz. Le meurtre d’environ 400 000 victimes hongroises de l’Holocauste aurait pu être évité. »

L’affaire s’articule autour d’un décret exécutif du 22 janvier 1944. Signé par le président Franklin Roosevelt, il appelait le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour sauver les Juifs européens. Les avocats prétendent que l’ordonnance avait été ignorée en raison de pressions exercées par un groupe de grandes sociétés américaines, notamment Brown Brothers Harriman, dont Prescott Bush était administrateur.

Lissmann a dit : « Si nous avons une décision positive du tribunal, cela causera d’énormes problèmes à Bush et le rendra personnellement redevable d’une compensation. »

Le gouvernement américain et la famille Bush ont rejeté toutes les accusations portées contre eux.

Outre celui d’Eva Schweitzer, deux autres livres abordent le sujet de l’histoire des affaires de Prescott Bush. L’auteur du deuxième livre, John Loftus, est un ancien procureur américain qui a poursuivi des criminels de guerre nazis dans les années 70. Loftus vit maintenant à Saint Petersburg, en Floride, et gagne sa vie en tant que commentateur pour Fox News et la radio ABC. Il a également écrit un roman qui utilise une partie du matériel qu’il a découvert sur Bush. Loftus a souligné que Prescott Bush était impliqué dans exactement la même chose que beaucoup d’autres hommes d’affaires américains et britanniques à l’époque.

« Vous ne pouvez pas blâmer Bush pour ce que son grand-père a fait, pas plus que vous ne pouvez blâmer John F. Kennedy pour ce que son père avait fait – il avait acheté des actions nazies – mais ce qui est important, c’est la dissimulation, comment elle a pu se poursuivre avec autant de succès pendant un demi-siècle, et quelles en sont les implications pour nous aujourd’hui ? » a-t-il dit.

« C’était le mécanisme par lequel Hitler a été financé pour arriver au pouvoir, c’était le mécanisme par lequel l’industrie de défense du Troisième Reich a été réarmée, c’était le mécanisme par lequel les profits nazis ont été rapatriés aux propriétaires américains, c’était le mécanisme par lequel les enquêtes sur le blanchiment financier du Troisième Reich ont été étouffées, » dit Loftus, qui est vice-président du Musée de la Shoah à Saint Petersburg.

« L’Union Banking Corporation (UBC) était une société holding pour les nazis, pour Fritz Thyssen, » a déclaré Loftus. « A plusieurs reprises, la famille Bush a essayé de raconter des mensonges, disant qu’elle appartenait à une banque néerlandaise et que ce n’est que lorsque les nazis avaient pris le pouvoir en Hollande qu’ils s’étaient rendu compte que les nazis contrôlaient la société. C’est pourquoi, après la guerre, les partisans de Bush ont prétendu avoir repris leur argent. Les enquêtes du Trésor américain et les enquêtes des services de renseignements en Europe réfutent tout à fait cela, c’est de la foutaise. Ils ont toujours su qui étaient les bénéficiaires ultimes – les nazis. »

« Il n’y a plus personne en vie qui pourrait être poursuivi en justice, mais ils s’en sont sortis impunément », a déclaré M. Loftus. « Si j’étais encore procureur fédéral, je demanderais que Prescott Bush, son beau-père (George Walker) et Averell Harriman soient poursuivis pour collusion avec l’ennemi. Ils sont restés au conseil d’administration de ces sociétés, alors qu’ils savaient pertinemment qu’elles étaient financièrement avantageuses pour la nation allemande. »

Loftus a dit que Prescott Bush devait être au courant de ce qui se passait en Allemagne à l’époque. « Selon moi, c’était un gendre pas très doué qui faisait ce qu’Herbert Walker lui avait dit de faire. Walker et Harriman étaient les deux génies du mal, ils ne se souciaient pas plus des nazis que de leurs investissements chez les bolcheviques. »

Ce qui est aussi en jeu, c’est combien d’argent Bush a gagné grâce à sa participation à ces entreprises. Ses partisans avancent qu’il avait une part symbolique. Loftus conteste cela, citant des sources des « communautés bancaires et du renseignement » et suggérant que la famille Bush, à travers George Herbert Walker et Prescott, a obtenu 1,5 million de dollars. Il n’y a cependant aucune trace écrite de cette somme.

La troisième personne à publier sur le sujet a été John Buchananan, 54 ans, journaliste basé à Miami, qui a commencé à examiner les dossiers tout en travaillant sur un scénario de film. L’année dernière, Buchanan a publié ses découvertes dans la vénérable mais peu diffusée New Hampshire Gazette sous le titre « Documents in National Archives Prove George Bush’s Grandfather Traded With the Nazis – Even After Pearl Harbor » (« Des Documents des Archives nationales prouvent que le grand-père de George W. Bush a commercé avec les nazis – même après Pearl Harbor ») . Il développe ce sujet dans son livre Fixing America: Breaking the Stranglehold of Corporate Rule, Big Media and the Religious Right.

Dans l’article, Buchananan, qui a travaillé principalement dans la presse professionnelle et musicale avec un passage dans le journalisme d’investigation à Miami, affirme que « les faits essentiels sont apparus sur Internet et dans des livres relativement obscurs, mais ont été rejetés par les médias et la famille Bush comme autant de rumeurs infondées ».

Buchanan souffre d’hypermanie, une forme de dépression maniaco-dépressive, et lorsqu’il s’est trouvé rejeté dans ses premiers efforts pour intéresser les médias, il a répondu par une série de menaces contre les journalistes et les médias qui l’avaient dédaigné. Ses menaces, contenues dans des courriels, suggéraient qu’il démasquerait ces journalistes comme des « traîtres à la vérité ».

Comme on pouvait s’y attendre, il n’a pas tardé à avoir des difficultés à obtenir des réponses à ses appels. Plus grave encore, il a fait l’objet d’accusations de harcèlement aggravé à Miami, en relation avec un homme avec qui il s’était brouillé sur la meilleure façon de faire connaître ses conclusions. Les charges contre lui ont été abandonnées.

Biographie

Buchanan a dit qu’il regrettait que son comportement ait nui à sa crédibilité, mais que son but principal était d’assurer la publicité de l’histoire. Loftus et Schweitzer affirment que Buchananan a produit des documents qui n’avaient pas encore été divulgués.

La famille Bush n’a fait presque aucun commentaire sur Prescott Bush. Brown Brothers Harriman a également refusé de répondre aux questions.

La famille Bush a récemment approuvé une biographie flatteuse de Prescott Bush intitulée « Duty, Honour, Country » (« Devoir, honneur, patrie ») par Mickey Herskowitz. Les éditeurs, Rutledge Hill Press, avaient promis que le livre « traiterait honnêtement des relations d’affaires présumées de Prescott Bush avec les industriels nazis et autres accusations ».

En fait, les allégations sont traitées en moins de deux pages. Le livre fait référence à l’histoire du Herald Tribune en disant qu’une « personne dont l’éthique aurait été moins établie aurait paniqué… Bush et ses associés de Brown Brothers Harriman ont informé les organismes de réglementation gouvernementaux que le compte, ouvert à la fin des années 1930, représentait ‘une politesse bénévole pour un client’… Prescott Bush a agi rapidement et ouvertement au nom du cabinet, et bénéficiait d’une réputation qui n’avait jamais été compromise. Il a mis à disposition tous les dossiers et tous les documents. Six décennies plus tard, à l’ère des scandales et des carrières brisées, il a reçu ce qu’on peut considérer comme l’ultime certificat de bonne conduite. »

L’histoire de Prescott Bush a été considérée par les conservateurs et certains Démocrates comme sans rapport avec le président actuel, George W. Bush. Il a également été suggéré que Prescott Bush n’avait que peu de chose à voir avec Averell Harriman et que les deux hommes s’opposaient politiquement.

Cependant, les documents du dossier Harriman comprennent un profil flatteur de Harriman en temps de guerre publié dans le New York Journal American et, à côté, dans le dossier, une lettre de Prescott Bush à l’éditeur de ce journal pour le féliciter d’avoir publié ce profil. Prescott Bush ajoutait que la « performance d’Harriman et son attitude ont été une source d’inspiration et de fierté pour ses partenaires et ses amis. »

L’Anti-Defamation League**, aux États-Unis, soutient Prescott Bush et la famille Bush. Dans une déclaration de l’année dernière, elle a déclaré que « des rumeurs sur de prétendus « liens » nazis du regretté Prescott Bush… ont largement circulé sur Internet ces dernières années. Ces accusations sont intenables et politiquement motivées… Prescott Bush n’était ni nazi ni sympathisant nazi. »

Cependant, l’une des plus anciennes publications juives du pays, le Jewish Advocate, a diffusé la controverse en détail.

Plus de 60 ans après que Prescott Bush ait été brièvement examiné, son petit-fils fait face à un autre type d’examen, mais un examen fondé sur la même perception selon laquelle, pour certaines personnes, la guerre peut être une affaire rentable.

Traduction et notes Entelekheia
Photo Pixabay : Auschwitz

Notes de la traduction :

* La firme d’avocats Sullivan et Cromwell, d’où étaient sortis deux personnages centraux de la politique américaine dans les années 50, le Secrétaire d’Etat John Foster Dulles et son frère, le directeur de la CIA Allen Dulles, avait directement trempé dans le coup d’État de 1954 contre le président élu du Guatemala, Jacobo Arbenz. Voir l’article « Tueurs d’espoir : 1954, les fruits amers de la CIA au Guatemala ».

** L’Anti-Defamation League est une organisation non-gouvernementale américaine dédiée à la lutte contre l’antisémitisme.

[1] CONFIRMATION. Le 11 septembre était une opération israélienneVOIR AUSSI :Le vrai Winston Churchill (i)Le vrai Winston Churchill (II): un infâme salopard, un raciste et un criminel de guerreLe “Manifeste anti-juif” de Dresde de 1882 expliquait déjà le Nouvel Ordre Mondial

Jérôme Bonduelle, haut dirigeant du groupe, tué devant femme et enfant par une racaille

Bicycle Crash: What You Need to Know in Pennsylvania About Bicycle Accident  Law - HGSK

Les « chauffards multirécidivistes » se multiplient dans la France colonisée.
D’ailleurs, on y estime maintenant à environ 700 000 le nombre de personnes qui conduisent sans permis

« Jérôme Bonduelle, cousin de Christophe Bonduelle qui préside le groupe français de légumes en conserve et surgelés, a été tué dans la nuit de vendredi à samedi à Lille (Nord). Selon la Voix du Nord, vers 2 heures du matin, ce haut dirigeant du groupe circulait à vélo avec sa femme et sa fille à hauteur du pont d’Erfurt quand il a été heurté par un automobiliste qui a pris la fuite.
Le chauffard aurait été interpellé à 6 heures ce samedi matin, il s’agirait d’un délinquant routier récidiviste. […] » (source Le Parisien)

On apprit plus tard que « Ce jeune homme de 23 ans, déjà “condamné à six reprises dont une fois pour un délit routier”, n’a pas reconnu les faits, a selon le procureur de Lille ».

Le Dahlia noir, le tueur du Zodiaque, l’Eventreur de Long Island… : ces assassins jamais arrêtés !

© City of Los Angeles Police Department/Wikimedia Commons

On les appelle les cold cases, des crimes dont les auteurs échappent depuis des années à la police. Voici retracées les plus célèbres de ces affaires en suspens.

Ressortir les vieux dossiers. Aux Etats-Unis, les enquêteurs, amateurs ou professionnels, adorent ça! Ils se passionnent pour ces affaires non résolues, qu’ils tentent de démêler en reprenant l’enquête pas à pas. L’étude des « old dogs » (vieux chiens), le surnom que les enquêteurs du FBI donnent à ces affaires en suspens, est devenue un sport national.

Aux Etats-Unis, pas de prescription pour les meurtres

Et ce d’autant plus facilement qu’aux Etats-Unis, il n’existe pas de prescription pour les meurtres et qu’on peut espérer coincer un meurtrier en fuite ad vitam æternam. En 2009, la police de Salt Lake City a par exemple résolu un meurtre vieux de onze ans grâce à l’ADN! En réexaminant les ongles de la petite Anna Palmer, 10ans, tuée en 1998, les enquêteurs ont trouvé les empreintes génétiques d’un certain Matthew Breck, condamné pour agression sexuelle. Bingo!

En France, la situation est un peu différente. L’affaire Grégory, Estelle Mouzin… la liste des affaires non résolues – le terme est utilisé au bout de quatre ou cinq ans – est longue. Mais ces dossiers sont souvent classés définitivement en raison de la durée de prescription: dix ans en général, vingt ans pour des crimes commis sur mineurs (à partir de la majorité de la victime), et trente ans en matière de terrorisme et de trafic de stupéfiants. Cela n’empêche pas quelques cold cases made in France d’être parfois élucidés! Le dossier des « disparues de l’Yonne » est ainsi ressorti des tiroirs vingt-trois ans après les premiers enlèvements, pour aboutir à l’arrestation du tueur en série Emile Louis en décembre 2000.

Le Dahlia noir

15 JANVIER 1947. Le corps d’Elizabeth Ann Short, beauté à l’opulente chevelure noire, est retrouvé coupé en deux au niveau de la taille et vidé de son sang dans un terrain vague de Los Angeles. Les médias débarquent sur la scène de crime avant les policiers, piétinant les lieux… et les indices. La presse se passionne pour cette histoire et la rebaptise l’affaire du Dahlia noir; un clin d’œil au film policier The Blue Dahlia, écrit par Raymond Chandler et sorti en avril 1946. Sauf que les journalistes vont aussi saboter l’enquête en rencontrant les témoins, la mère de la victime, ou en manipulant des objets envoyés par l’auteur présumé. Et à cause de cette invasion médiatique, l’enquête s’enlise. Entre 400 et 500 faux aveux sont enregistrés par la police, qui n’a aucune piste sérieuse ! Des écrivains s’emparent de l’affaire, racontent qu’Elizabeth Short était une prostituée, qu’elle a été victime d’un contrat de la mafia… James Ellroy, dont la mère a elle aussi été assassinée par un tueur en série, en tire un best-seller, Le Dahlia noir. Attention, le coupable qu’il désigne n’est qu’une solution fictive. Le meurtrier, le vrai, n’a toujours pas été découvert.

Le tueur du Zodiaque

Le zodiaque aurait tué entre 37 et 200 personnes, entre 1966 et 1978, en Californie. Mais son identité reste un mystère. On ne sait même pas pourquoi il s’est rebaptisé le Zodiaque. Fait exceptionnel pour un serial killer, le profil des victimes et les armes utilisées (poignard, arme à feu) changent d’un crime à l’autre. Il envoie des messages codés à la police, décryptés par des linguistes. Les dernières lettres du Zodiaque sont envoyées entre 1974 et 1978, après un inexplicable silence de trois ans. Il ne tue plus et écrit : « Je suis là, je l’ai toujours été. Je suis le plus intelligent. J’attends qu’on fasse un bon film sur moi ! » Puis, ce tueur quasi mythique disparaît de la circulation. Est-il mort ? A-t-il « guéri » de sa soif de tuer ? On dénombre 2 500 suspects, sans résultat probant. A partir de 2007, la nouvelle technique des tests ADN appliquée à l’affaire a permis de réduire cette liste, mais pas de résoudre ce qui est devenu le plus énigmatique cold case du XXe siècle.

Les crimes du « fantôme »

Entre février et mai 1946, dans la ville de Texarkana, au Texas, un tueur non identifié surnommé le « Tueur fantôme » frappe à huit reprises. Ses victimes sont battues à mort ou tuées avec un revolver. Entre chaque série de meurtres, il respecte un intervalle précis de trois semaines. Son modus operandi est comparable à celui du Zodiaque, qui sévira quelques décennies plus tard… Le 5 novembre 1948, un étudiant de 18 ans, H.B « Doodie » Tennison, se suicide après avoir laissé une lettre dans laquelle il s’accuse d’être « le fantôme ». Mais aucune preuve ou présomption solide ne corrobore son aveu.

L’Eventreur de Long Island

Il sévit dans l’Etat de New York et le Connecticut depuis maintenant une vingtaine d’années. On estime qu’il aurait tué au moins 17 jeunes femmes, dont il a laissé les restes (membres et têtes) éparpillés dans des sacs de jute sur des plages de Long Island. Les victimes sont des étudiantes ou des escort girls contactées sur le site Craiglist (« Le Bon Coin » américain). « C’est un homme qui est très au fait des techniques que nous utilisons », a assuré un enquêteur au New York Times, en 2011 « Il pourrait s’agir d’un policier, en activité ou à la retraite. »

Le Grêlé

Recherché depuis plus de trente ans par la police française et jamais identifié, « le Grêlé » doit son surnom à son faciès marqué de cicatrices d’acné. Il est l’auteur d’au moins trois meurtres et six viols, à Paris et peut-être en province, entre mai 1986 et juin 1994. L’homme, qui aurait aujourd’hui une cinquantaine d’années, est peut-être mort ou à l’étranger, auquel cas il pourrait être toujours en activité. On possède ses empreintes digitales et génétiques, mais on n’a jamais réussi à l’identifier. Son portrait-robot est toujours affiché dans les locaux de la police judiciaire.Par l’équipe Ça m’intéresse

On s’est posé la question :

Le 16 août 2019 

Joseph Vacher, l’éventreur des Alpages

La furie aveugle du premier tueur en série, Joseph Vacher | RetroNews - Le  site de presse de la BnF

Entre 1894 et 1897, ce vagabond psychopathe égorge femmes et enfants dans les campagnes du Sud-Est. C’est le premier tueur en série français. Découvrez son périple sanglant dans le 8e épisode de notre podcast « Scènes de crime ».

Excité par le sang

Entre chien et loup, Eugénie Delhomme se hâte d’accomplir sa dernière corvée de la journée. Les vaches sont rentrées, elle finit de ramasser du bois pour faire chauffer la soupe. En ce 19 mai 1894, l’air est doux et la jeune ouvrière s’assied dans l’herbe sur la colline qui surplombe son village de Beaurepaire, dans l’Isère. Quelques minutes plus tard, de grosses mains se referment sur son cou. Une lame s’enfonce dans sa nuque. Le sang excite la bête humaine, qui s’acharne sur le ventre de sa victime à coups de poing et de couteau avant de lui arracher une partie du sein droit. N’y tenant plus, le monstre ôte la jupe souillée et viole la morte tout en continuant de la mordre. Ceux qui découvriront le corps quelques jours plus tard penseront que des animaux l’ont en partie dévorée. Mais c’est bien un homme qui est responsable de ce carnage. Un homme qui sème la mort depuis déjà dix ans.

Une enfance glauque

Joseph Vacher est né le 16 novembre 1869 à Beaufort, dans l’Isère, dans une famille de paysans. Il est le quatorzième enfant d’une fratrie de quinze. Sa mère est bigote, sujette aux hallucinations, terrorisée par l’enfer. Le père Vacher est un alcoolique violent. Les plus grands enfants tyrannisent les plus jeunes car, dans cet infernal huis clos rural, la perversion n’attend pas le nombre des années…

L’avant-dernier gosse, Joseph, vient au monde quelques minutes avant Eugène, son frère jumeau. Mais au bout de huit mois, on retrouve l’autre bébé étouffé dans le berceau qu’ils partagent. Le survivant grandit vite : il marche à dix mois, parle à 2 ans, commence à frapper ses aînés à 4  ans, s’amuse à mutiler les volailles de la ferme à 5 ans.

Exorcisé à 6 ans

L’année suivante, il trouve un chien égaré dans la cour de la ferme et le prend en affection. Pour la première fois – et sans doute la dernière –, Joseph fait l’expérience de la tendresse. Bien mal lui en prend. Le père Vacher, en voyant le chiot, se précipite sur l’animal et le massacre à coups de fourche : «Où as-tu trouvé cette charogne ? Pour sûr qu’il a la rage, et tu nous ramènes ça chez nous ! Peut-être que tu vas y passer toi aussi… Je l’ai bien vu te lécher la figure ! » A cette époque, on appelle la rage « la morsure de Satan ». Un rebouteux est appelé à la rescousse : Joseph doit être exorcisé ! Il est allongé nu sur la table de la ferme, on fait gicler le sang d’un poulet égorgé sur sa poitrine tandis que le mage marmonne des prières, trace des pentacles et fait mine de plonger un poignard dans le cœur de l’enfant pour en extirper le Mal… avant de lui faire boire de force une mixture infâme. Après cette épreuve, Le petit Joseph est convaincu d’avoir été empoisonné à tout jamais. C’est certain, il vient d’être transformé en loup-garou !

Le premier tueur en série de France

Devenu adulte, Joseph Vacher deviendra le premier tueur en série français. Son « costume »? Une toque et un plastron en peau de lapin dissimulant des cicatrices. Il parcourt la Drôme, l’Isère, le Rhône, l’Allier, le Puy-de-Dôme, la Nièvre, la Saône-et-Loire, le Var, l’Ardèche. Il se confectionne un gourdin pour fracasser le crâne de ses victimes et ne quitte jamais un vieux parapluie pour se protéger des rayons du soleil. Dans le secret des campagnes se multiplient des meurtres non élucidés qui alimentent les canards de colportage. Le monstre décapite, arrache des cœurs, égorge ses victimes – pour la plupart de jeunes bergers et bergères. A l’instar de nos serial killers modernes, Joseph Vacher brouille sa piste en se déplaçant constamment. Sa tactique est efficace. A l’époque, la maréchaussée n’établit de rapport entre les crimes que lorsqu’ils adviennent dans un même département et dans un laps de temps restreint. En bon prédateur, Vacher l’a compris. Mais en avril 1897, dans l’Ain, le juge Emile Fourquet, qui vient d’entrer en fonction, étudie les dossiers en souffrance et remarque deux homicides similaires commis dans sa région. Il est le premier à penser qu’ils sont l’œuvre d’un seul et même tueur… Il découvre que de nombreux témoins donnent des descriptions concordantes d’un même suspect. Il fait aussitôt envoyer un portrait du tueur présumé à tous les parquets du Centre et du Sud-Est. Le piège est tendu…

Le 4 août 1897, Joseph Vacher est arrêté en Ardèche pour avoir agressé une fermière, que son mari a sauvée de justesse. Le juge d’instruction reconnaît l’homme du portrait transmis par Fourquet, qui se déplace pour interroger le prévenu. Il parvient à le mettre en confiance, et au bout de longues heures d’interrogatoire, poussé dans ses retranchements par les témoignages accablants qui s’accumulent, il finit par avouer une seule tentative de viol et onze meurtres, sur plus d’une cinquantaine présumés.

Plus fort que Jack l’Eventreur !

Le procès s’ouvre à Bourg-en-Bresse le 26 octobre 1898. La presse s’y bouscule, des journalistes anglais et américains ont même fait le déplacement pour couvrir l’événement. Vacher est une vedette du fait divers, un tueur au palmarès morbide encore plus terrible que Jack l’Eventreur – qui a défrayé la chronique dix ans plus tôt et à qui on attribue « seulement » cinq meurtres. L’accusé bénéficie d’une nouvelle loi sur l’assistance judiciaire qui vient d’entrer en application, permettant aux inculpés d’avoir un avocat commis d’office. Mais le sien ne parvient pas à plaider la folie: le célèbre professeur Lacassagne et deux autres experts l’ont déclaré responsable de ses actes. La société de la Belle Epoque en gestation réalise que la monstruosité de certains hommes n’a aucune limite : froideur, absence d’empathie, indifférence à l’égard du bien et du mal.

On vient de découvrir le profil du « tueur en série » qui agit sans mobile, simplement pour satisfaire ses pulsions. Joseph Vacher, 29 ans, est guillotiné le 31 décembre 1898. Une foule de 2 000 personnes assiste à l’exécution. La bête meurt enfin. Son masque mortuaire en plâtre est exposé au musée Testut-Latarjet de Lyon.

New York Times Syndicate

Salvador Allende ou l’échec d’une révolution

Il y a cinquante ans, Salvador Allende arrivait en tête des élections présidentielles chiliennes. Un mois plus tard, le Parlement le nommerait à la tête de l’État : la révolution qu’il prétendait réaliser s’acheva par un coup d’État et la mise en place d’une dictature militaire.

Une révolution socialiste peut-elle réussir ? Le socialisme « à visage humain », c’est-à-dire une économie collectivisée efficace et prospère sans terreur politique, est-il possible ?

Telles sont les deux questions que l’on se posait en 1970 lorsque Salvador Allende prit le pouvoir au Chili. Trois ans plus tard, avec le coup de grâce donné par Pinochet à une démocratie à l’agonie, il était évident que la réponse aux deux questions était négative.

LA RÉVOLUTION EXIGE UNE RUPTURE TOTALE AVEC LE PASSÉ

Par définition, la révolution exige une rupture totale avec le passé et avec la société dans laquelle elle a incubé. Lorsque l’on affirme que Salvador Allende entendait mener sa transition du capitalisme au socialisme dans la légalité, c’est une contradiction dans les termes.

Le projet révolutionnaire du leader socialiste n’était pas de conserver la démocratie chilienne mais de la renverser. Dans ce texte je me propose de rappeler les grandes idées structurant la pensée allendiste et comment leur mise en œuvre entre 1970 et 1973 a abouti au désastre.

Le Parti socialiste chilien, fondé le 19 avril 1933, était ouvertement marxiste. Sa déclaration de principes affirmait en effet « son adhésion au marxisme comme méthode d’interprétation de la réalité, et reconnaissait que la lutte des classes était le moteur de l’histoire ».

Son internationalisme s’exprimait ainsi : « La doctrine socialiste a un caractère international et elle exige une action solidaire et coordonnée des travailleurs du monde. »

Et au niveau national elle affirmait que « pendant la période de transformation totale du système, une dictature de travailleurs organisés [était] nécessaire » 1. Le Parti socialiste se considérait ainsi comme un parti révolutionnaire.

Par ailleurs, en 1967 — trois ans seulement avant son arrivée au pouvoir —, au vingt-deuxième congrès du parti à Chillán, les responsables avaient adopté une convention particulièrement éloquente :

  1. Le Parti socialiste, comme organisation marxiste-léniniste, pose la prise du pouvoir comme objectif stratégique à atteindre par cette génération, pour instaurer un État révolutionnaire qui libèrerait le Chili de la dépendance et du retard économique et culturel, et entamer la construction du socialisme.
  2. La violence révolutionnaire est inévitable et légitime. Elle est le résultat nécessaire du caractère violent et répressif de l’État-classe. Elle constitue l’unique chemin qui mène à la prise du pouvoir politique et économique et à sa défense.

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  1. Les formes pacifiques ou légales de lutte […] ne conduisent pas en elles-mêmes au pouvoir. Le Parti socialiste les considère comme des instruments limités d’action, intégrés au processus politique qui nous emmène à la lutte armée.

Le parti socialiste et les autres formations de la gauche chilienne réussirent à élaborer une alliance électorale, entre août et décembre 1969, en vue des élections présidentielles de 1970.

Cette « Unité populaire » (UP), appuyée par la CUT (Centrale unique des travailleurs, la plus importante organisation syndicale de l’histoire chilienne), ne comprenait pas moins de six mouvements, parfois très différents les uns des autres : le Parti communiste, le Parti socialiste, le Mouvement d’action populaire unitaire (MAPU, issu d’une scission de la démocratie chrétienne), le Parti radical, le Parti social-démocrate et l’Action populaire indépendante (API). Cette alliance hétéroclite allait donc du centre gauche à l’extrême gauche.

LES ÉLECTIONS DE 1970 ET L’ACCESSION D’ALLENDE À LA PRÉSIDENCE

Par conséquent, on devine l’extrême fragilité de cette alliance et les divisions profondes susceptibles d’émerger. Une fois au pouvoir, l’UP verra d’ailleurs ses différents courants, soit en profond désaccord, soit l’abandonner.

Cinq candidats s’affrontèrent pour présider l’Unité populaire, notamment Pablo Neruda (PC), Salvador Allende (PS) et Jacques Chonchol (MAPU). C’est Salvador Allende qui fut désigné en raison de sa position centriste au sein de l’UP.

Les élections présidentielles de septembre 1970 voient s’affronter trois candidats : Salvador Allende, Jorge Alessandri, du Parti national, et Radomiro Tomic pour le Parti démocrate-chrétien (PDC).

Le 4 septembre, les résultats sont les suivants : Allende obtient 36,2 % des suffrages, Alessandri 34,9 % et Tomic 27,8 %. Seulement 38 183 voix séparent les deux candidats arrivés en tête. Allende, qui n’a qu’une majorité relative, ne peut donc pas devenir président. On s’aperçoit également facilement que ce sont 62,7 % des Chiliens qui ont voté contre le candidat de l’Unité populaire.

Quant à cette dernière, rappelons qu’elle rassemble six courants politiques, parfois très différents, allant des sociaux-démocrates aux staliniens2.

Dans ces conditions – aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue –, la Constitution chilienne prévoyait que le Congrès départage les deux candidats les mieux placés, en l’occurrence Allende et Alessandri. Le vote du Parlement a lieu le 24 octobre : Salvador Allende est désigné président.

Signe que son projet de refonder intégralement la société jetait une lumière trouble sur l’avenir de la démocratie, la démocratie chrétienne, placée en position d’arbitre pour décider de l’élection, a négocié avec l’UP un « statut des garanties » qui amende la Constitution par des dispositions légales visant à engager Salvador Allende à respecter et à maintenir l’État de droit et le régime démocratique du Chili. Cette précaution n’était pas inutile puisque, d’une part, le Parti communiste, membre de l’UP, était ouvertement hostile à la démocratie. D’autre part, le groupuscule ultra violent d’extrême gauche « Mouvement de la Gauche révolutionnaire » (MIR), d’obédience guévariste, responsable de plusieurs attentats et assassinats depuis 1967 et prônant la lutte armée en vue d’instaurer une « dictature du prolétariat », apportait son soutien à l’UP.

Enfin l’on peut se rappeler que le propre parti d’Allende considérait la violence comme nécessaire et préconisait une « dictature de travailleurs ».

En conséquence, ce « statut des garanties » paraissait tout à fait pertinent. Il comprenait neuf points parmi lesquels :

  • maintien du pluralisme des partis politiques ;
  • respect de la liberté de la presse ;
  • maintien de la liberté de réunion ;
  • respect de la liberté de mouvement ;
  • reconnaissance de l’enseignement privé ;
  • inviolabilité de la correspondance ;
  • liberté du travail.

Ce statut des garanties étant accepté par l’UP, le Congrès peut donc procéder à l’élection : Allende obtient 153 voix, Alessandri 35. Le 4 novembre, Salvador Allende est officiellement investi des pouvoirs de la présidence et forme son gouvernement. Celui-ci comprend, entre autres, quatre ministres socialistes, trois ministres communistes, trois ministres radicaux et un membre du MAPU, Jacques Chonchol, celui qui était déjà chargé de la réforme agraire sous la présidence Frei.

POUR ALLENDE, SON AMI FIDEL CASTRO EST UNE « ESPÈCE DE CATARACTE HUMAINE »

Qui est le nouveau président du Chili ? Les Entretiens que Régis Debray a eus avec lui en janvier 1971 et qu’il a publiés la même année permettent de se faire une idée assez claire sur l’idéal révolutionnaire qui animait Salvador Allende.

Ayant adhéré au marxisme-léninisme durant ses études de médecine, lisant Le CapitalLénine et Trotski, initié par un cordonnier anarchiste aux idées de Bakounine, il devint un « médecin des pauvres ». Ses électeurs l’appellent d’ailleurs le « bon docteur Allende ».

Il participa à la fondation du Parti socialiste et devint en 1939 membre du gouvernement de Front populaire. Sénateur depuis 1945, il est réélu à chaque consultation législative. À trois reprises – 1952, 1958 et 1964 – il s’est présenté aux élections présidentielles, sans succès.

En 1959, il découvre la révolution cubaine. Dans les Entretiens avec Régis Debray, nous voyons à quel point l’idée révolutionnaire, c’est-à-dire le changement radical du monde, la création d’un avenir radieux et l’avènement d’un Homme nouveau le séduisent, au point de lui faire complètement oublier les bains de sang qui l’accompagnent.

Pour Allende, le régime castriste est une « leçon extraordinaire », le tortionnaire Castro est « une espèce de cataracte humaine » et son acolyte sanguinaire, Che Guevara, un homme se caractérisant par son « sens humain », dont les yeux expriment souvent « de la tendresse »3.

À propos de la Révolution culturelle chinoise, débutée en 1965-1966, répondant à Régis Debray qui lui demande le sens qu’il revêt pour lui, Allende répond :

« Les informations sur ce phénomène dont je ne sous-estime pas l’ampleur, sont arrivées déformées et contradictoires. Je n’ai donc pas la prétention de comprendre à fond ce phénomène. Je comprends que Mao Tsé-toung en tant que révolutionnaire, a voulu détruire les éléments qui paralysent et neutralisent la révolution. Il faut prévoir ces événements pour les éviter. C’est là pour moi le sens de la révolution culturelle. »4.

La purge du Parti communiste chinois et l’assassinat des opposants est donc compréhensible pour Allende puisqu’ils constituaient autant d’obstacles « paralysant et neutralisant » la révolution…

Son admiration béate pour quelques-uns des pires tyrans de l’époque, qui trouve son origine dans sa passion pour la révolution, ne pouvait pas manquer de déteindre sur lui.

LE BUT D’ALLENDE : CRÉER L’HOMME NOUVEAU

En marxiste convaincu, Allende se conçoit comme un révolutionnaire. Que lisons-nous dans les Entretiens avec Debray ? Ceci : « Nous voulons rompre avec le passé, et c’est pour cela que nous avons dit hier que le gouvernement populaire doit changer et de forme et de fond. »5

Il affirme aussi : « si je n’avais pas une conscience très claire qu’il ne s’agit pas, en arrivant à la présidence, de conserver ce qui existe, mais de le transformer d’une façon révolutionnaire, il est possible que je ressentirais de l’amertume. »6

Le projet socialiste du président chilien n’est rien de moins que la création de l’Homme nouveau, autrement dit ce qu’ont essayé de faire tous les régimes totalitaires.

« Non, nous comprenons très bien que les gens cultivés, formés par cette société n’ont rien à voir avec ce que nous appelons « l’homme nouveau ».[Il] est évident que ce que nous appelons « l’homme nouveau » surgira et vivra dans la société nouvelle. Actuellement nous devons réaliser un travail de pédagogie pour éveiller peu à peu, dans la conscience des masses, l’intérêt de constituer une société nouvelle et pour montrer ce que sera l’image de ses composantes, « les hommes nouveaux ». […] [L]’homme nouveau va surgir dans la société nouvelle. »7

Dans son entreprise de création de l’Homme nouveau, Allende ne s’est jamais considéré comme tenu de respecter la légalité « bourgeoise » démocratique. Parlant du « statut des garanties », il déclare à Régis Debray que ce n’était qu’une concession tactique faite à la démocratie chrétienne qui souhaitait éviter la guerre civile8.

LA POLITIQUE COMME UNE GUERRE À MORT

Salvador Allende ne considère pas en effet la politique comme le lieu où s’affrontent et se concurrencent pacifiquement, dans le cadre des institutions et des modalités propres à la démocratie, les diverses formations politiques pour l’exercice du pouvoir. S’il souscrivait à cette vision, il ne serait pas révolutionnaire.

Sa conception marxiste assimile ses adversaires politiques et leurs soutiens dans la société non comme une opposition, dans le sens où on l’entend dans une démocratie comme étant le contrepoids d’une majorité, mais comme des « ennemis ». Il emploie le mot plusieurs fois : il évoque « la conspiration des ennemis du Chili et de sa classe travailleuse » ; il dénonce une « mise en condition psychologique du peuple, imposée par ses ennemis » ; parvenu au pouvoir, Allende entend « vaincre [ses] ennemis internes et l’impérialisme »9.

Par sa rhétorique, il se place clairement dans une logique de guerre. Il emploie le mot deux fois dans ses Entretiens. Il raille la « guerre de mouvement », que la classe bourgeoise a perdue (lors des élections sans doute) pour mettre en avant la « guerre de positions » qui continue.

Sa conception de la politique étant une lutte à mort entre deux ennemis irréconciliables provient de la nature même de l’idée de révolution qui vise à détruire l’ordre présent pour édifier une société « nouvelle » radicalement différente. Sa logique d’affrontement est explicite : « Par ailleurs, déclare-t-il, nous allons répondre à la violence réactionnaire par la violence révolutionnaire. »10

Une telle proclamation ne laisse pas d’inquiéter. Car enfin, que signifie répondre à un « coup illégal » par une centaine d’autres ? Ne vaudrait-il pas mieux punir, par la loi existante, les infractions commises ? Et comment le président responsable des destinées d’un pays entier peut-il affirmer vouloir répondre aux actions « réactionnaires » par la « violence révolutionnaire » s’il a l’intention de respecter la démocratie ?

ALLENDE ENTEND MENER LE CHILI SUR « UN CHEMIN NOUVEAU »

Enfin, soulignons qu’Allende distingue bien à plusieurs reprises la conquête du gouvernement, opérée le 24 octobre 1970, et celle du pouvoir, qui est à venir. Par exemple :

« Actuellement, le peuple [sic] est au gouvernement, et cette position lui permet de lutter pour obtenir le pouvoir, avec un programme qui est celui de l’Unité populaire et avec une avant-garde formée par deux partis marxistes. »11

En clair, pour Allende, le fait d’être le président, d’avoir formé un gouvernement d’Unité populaire et l’application de son programme ne lui suffisent pas. D’ailleurs, Allende déclare lui-même que la politique qu’il suit n’est pas la révolution proprement dite mais la voie qui mène à cette révolution.

En parlant des mesures déjà adoptées au Chili, Allende déclare ainsi : « Nous avons utilisé celles qui ouvrent la voie à la révolution ». Et un peu plus loin : « Toutes les mesures que nous avons prises sont des mesures qui conduisent à la révolution. »

Il renouvellera cette opinion lors d’une interview pour la RTBF en 1973, quelques jours seulement avant sa mort : « Nous l’avons dit : le gouvernement d’Union populaire n’est pas un gouvernement socialiste. Nous sommes un gouvernement transitoire vers le socialisme, pour ouvrir le chemin au socialisme. »12

Aussi, lorsque le 21 mai 1971, le nouveau président du Chili prononce son premier discours devant le Congrès, il exprime d’emblée la logique de rupture qu’il entend mettre en œuvre :

« Il n’y a aucun précédent dont nous puissions nous inspirer. Nous parcourons un chemin nouveau et marchons sans guide en terrain inconnu, sans autre point de référence que notre foi dans l’humanisme de toutes les époques et en particulier l’humanisme marxiste »13.

Qu’un chef d’État, dans l’exercice de ses fonctions, annonce mener son peuple qui, à une grande majorité, a voté contre lui, en « terrain inconnu » et « sans guide » ni « point de référence » autre qu’un prétendu « humanisme », a certainement pu contribuer au développement d’un sentiment d’inquiétude au sein de la population, sentiment renforcé par le climat de violence qui caractérisera la période de gouvernement de l’UP, par les liens du président avec le dictateur socialiste Fidel Castro et la venue de milliers d’hommes armés dans le pays. Salvador Allende déclare également dans ce discours :

« Pendant la période de transition, les normes juridiques devront répondre aux exigences d’un peuple qui s’efforce d’édifier une société nouvelle. Mais il y aura une légalité. […] Tandis que nous transformons les structures économiques et sociales, il ne faut pas qu’un bouleversement violent des institutions politiques ouvre la porte à l’arbitraire et aux excès ».14.

On retrouve ici l’idée déjà exprimée : l’État de droit sera respecté de manière provisoire, « pendant la période de transition » vers la révolution. En tout cas, Allende entend révolutionner de fond en comble la société contre la volonté de plus de 60 % des Chiliens, c’est-à-dire sur une base électorale minoritaire. L’échec est assuré.

L’instauration du socialisme par Allende (réforme agraire, chilénisation du cuivre ainsi que toute une batterie de mesures sociales diverses) entraîne la crise : effondrement de la production du cuivre et de la croissance, des déficits gigantesques, des pénuries, le tarissement des investissements étrangers, une inflation monstre et des grèves multiples. L’Unité populaire se brise : la démocratie chrétienne, puis le partir radical et le MAPU passent à l’opposition.

« NOUS AVONS GAGNÉ EN JOUANT LEUR RÈGLE DU JEU » (SALVADOR ALLENDE)

Mais rien ne détourne Allende de sa chère révolution. La majorité du peuple est contre lui ? Ce sont des « ennemis ». N’a-t-il pas confié à Régis Debray, au mépris le plus total des faits, que « le peuple est au gouvernement »15 ? De surcroît, assimiler les 36 % des citoyens ayant voté pour l’UP comme étant le « vrai » peuple est aussi une escroquerie intellectuelle puisque, redisons-le derechef, l’UP comprenait six courants politiques différents, dont des réformistes…

Pourquoi Allende tenait-il tant à faire « sa » révolution ? Jean-François Revel pense qu’il faut se référer ici à Carlos Rangel qui analyse dans son livre Du bon sauvage au bon révolutionnairel’expérience socialiste chilienne :

« Le bouleversement émotif (et idéologique) causé en Amérique latine par la Révolution cubaine fut sans aucun doute l’une des causes fondamentales de l’échec (ou, en tout cas, du dénouement brutal) de l’expérience chilienne de Front populaire. S’il ne s’était pas senti obligé de « se montrer à la hauteur » de Fidel Castro et du Che, et surtout s’il n’avait pas eu sur sa gauche la pression des castristes et des guévaristes, il est probable que Salvador Allende serait encore vivant, qu’il serait président du Chili, et qu’il transmettrait la présidence à un successeur régulièrement élu en 1976 »16.

Pour Allende, et nous l’avons déjà signalé, la prise du pouvoir par les urnes ne constituait qu’un moyen tactique pour arriver au pouvoir. Il fit cette confidence à Régis Debray : en parlant de sa victoire électorale aux présidentielles et de l’opposition qu’il avait rencontrée de la part de ce qu’il nomme les « secteurs réactionnaires », et répondant à son interlocuteur qui lui faisait remarquer sa venue au pouvoir grâce aux facilités données par la « démocratie bourgeoise », il déclare : « Nous avons gagné en jouant leur règle du jeu. C’est notre tactique qui a été correcte et la leur qui a été erronée »17.

Le président chilien affirmait donc, dès janvier 1971, que la « règle du jeu » de la démocratie bourgeoise n’était qu’un moyen tactique de parvenir au pouvoir. L’emploi du pronom leur est à ce titre très révélateur : Allende ne se sent aucunement concerné par des règles qu’il ne reconnaît pas.

UN APPRENTI DESPOTE

Dès lors, comment s’étonner que dans sa pratique du pouvoir Allende se comportât en apprenti despote ? Les groupes d’extrême gauche étaient ainsi armés par Cuba avec la bénédiction d’Allende lui-même18. Les milliers de guérilleros venus de toute l’Amérique latine s’infiltrant au Chili formèrent « des milices tolérées par les pouvoirs publics  »19 comme le fait remarquer Jean-François Revel.

Ajoutons encore qu’Allende s’était constitué une garde personnelle armée composée… d’agents des services spéciaux cubains ! Selon Gonzalo Vial, le gouvernement d’Unité populaire a aussi été impliqué dans une affaire d’importation illégale d’armes en provenance… de Cuba. Ces armes ont été directement acheminées jusqu’au palais présidentiel20.

De plus, la visite d’un mois du dictateur Fidel Castro, ami d’Allende, était clairement un signal fort envoyé au MIR et au Parti socialiste qui estimaient que la révolution devait se faire dans la violence. On sait aussi que le personnel de l’ambassade de Cuba au Chili comportait plus de fonctionnaires que le ministère des Affaires étrangères chilien lui-même21. Tous ces faits révèlent la complicité très active entre la dictature communiste et le Chili d’Allende.

En mars 1973, le président amnistia plusieurs guérilleros qui avaient été lourdement condamnés sous Eduardo Frei et les intégra dans sa garde personnelle. Enfin, Salvador Allende a toujours entretenu des liens très étroits avec le groupuscule d’extrême gauche MIR, auteur de nombreux assassinats et attentats.

Il accordait ainsi des postes au sein de l’appareil d’État à des membres de ce groupe terroriste. Cármen Castillo, la compagne du leader du MIR, possédait même un bureau au palais présidentiel et collaborait avec Beatríz Allende22.

Allende procédait à des nationalisations à tour de bras à l’aide de deux textes d’exception qui lui permettaient de court-circuiter le Parlement, c’est-à-dire l’institution qui l’avait porté au pouvoir.

Celui-ci se saisit des institutions judiciaires des centaines de fois. Dans tous les cas, les tribunaux donnèrent tort au président Allende qui refusa cependant de respecter les décisions judiciaires. Un vote unanime de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, condamna également Allende23.

Jean-François Revel signale également :

« Chaque fois qu’à la suite d’élections dans les syndicats, dans les organisations paysannes ou estudiantines, les candidats de l’Unité populaire étaient battus, le gouvernement créait aussitôt une organisation parallèle à sa dévotion, lui donnait appui et argent officiels, ignorait les groupements authentiques et représentatifs. »24.

Les élections législatives de mars 1973 furent l’occasion pour le pouvoir de se livrer à des fraudes et à des pressions massives. En Effet, deux mois après le coup d’État du 11 septembre 1973, Eduardo Frei adressa une lettre à l’Union mondiale de la démocratie chrétienne, dans laquelle il évoquait les résultats des dernières élections parlementaires. Il expliquait que l’UP, à l’issue de cette consultation du peuple, était restée minoritaire

« Bien que (le gouvernement) soit intervenu comme jamais encore il n’était intervenu dans l’histoire du Chili, et qu’il ait mis en œuvre toute la machinerie administrative de l’État, utilisé d’énormes moyens financiers et exercé une pression… qui alla jusqu’à la violence, (sans compter) la fraude attestée par la suite, sur au moins 4 à 5 % des votes, car les services publics, entre autres (pratiques frauduleuses) falsifièrent des milliers de cartes d’identité »25.

L’ÉCHEC DE LA RÉVOLUTION

Dans ce pesant et toxique contexte de quasi guerre civile, où la situation économique empire, où le mécontentement de la population contre le gouvernement s’accroît sans cesse, où les affrontements entre groupes terroristes sont quotidiens et où le président lui-même laisse délibérément la violence gauchiste se développer et s’organiser, et bafoue les règles démocratiques en vigueur, une tentative de putsch a lieu le 29 juin 1973.

Il est déjoué mais la démocratie chilienne est en sursis. C’est le général Pinochet qui, le 11 septembre 1973, lui donnera le coup de grâce en prenant le pouvoir par un nouveau coup d’État.

Dans un article intitulé « De la réversibilité du communisme », Jean-François Revel mettait en évidence la caractéristique essentielle du socialisme, son irréversibilité :

« Toute révolution socialiste a pour objectif d’abolir les structures politiques, économiques, sociales, culturelles existantes et de les remplacer par d’autres ; elle se propose même de substituer à l’Homme « ancien » un « Homme nouveau ». Bien évidemment, le passage au socialisme est beaucoup plus qu’une simple alternance, sur laquelle on pourrait revenir par une autre simple alternance, de sens contraire : ce retour devient irréalisable, puisque les matériaux de base en ont justement été détruits »26.

Ainsi, la révolution socialiste d’Allende au Chili, qu’il voulait réaliser dans le cadre de la légalité dite « bourgeoise » était impossible à effectuer. En effet, une révolution, par essence, entend rompre avec tout ce qui la rattache au passé.

Or, établir le socialisme dans le cadre d’une démocratie et de la légalité constitutionnelle ne pouvait qu’être soit passager, dans la mesure où cette légalité « bourgeoise » était encore une survivance de l’ancien régime à abattre, soit une tentative de réformisme social-démocrate qui n’aurait, par conséquent, plus rien eu de révolutionnaire.

Comme se demandait Régis Debray, qui, lui, était tout à fait cohérent avec sa logique marxiste : « Comment faire la révolution, puisque la loi l’interdit ? » 27 Au Chili, de 1970 à 1973, la révolution fut un échec qui aboutit à la mort de la démocratie. Ce fut la seule réussite de la révolution socialiste.

Sedan 1870 : un désastre annoncé

Image from page 697 of “Medieval and modern times : an introduction to the history of western Europe form the dissolution of the Roman empire to the present time” (1919) By: Internet Archive Book Images – Flickr Commons

Aux yeux des républicains, Sedan était la conclusion inévitable d’un régime méprisable inauguré par le coup d’État.

Par Gérard-Michel Thermeau.

Le 2 septembre 1870, il y a 150 ans, Napoléon III se rendait aux Allemands à Sedan. Pendant 70 ans, le nom de Sedan devait symboliser la honte et la capitulation. Comment cette sous-préfecture des Ardennes est-elle devenue synonyme de désastre pour les Français ?

Le Second Empire ne pouvait survivre à cette humiliation. Mais l’empereur n’était plus maître de son destin depuis plusieurs semaines déjà. La chute du cabinet Ollivier avait marqué de fait la fin du règne de Napoléon III. Dès le 8 août, l’impératrice Eugénie avait confié le soin de former le gouvernement au comte de Palikao, nouveau ministre de la Guerre.

L’autorité de Napoléon III n’existait plus. Mis devant le fait accompli, il soupirait devant Le Bœuf, qui avait perdu son ministère et la direction de l’armée : « Je ne sais pas ce qu’ils font à Paris ; ils perdent la tête. » Le nouveau chef du gouvernement somma l’empereur de nommer Achille Bazaine à la tête de l’armée française.

ACHILLE BAZAINE : UN CHOIX MALHEUREUX 

Tout le monde avait favorablement accueilli la nomination du petit maréchal Bazaine1. Il n’était pourtant pas l’homme de la situation. Trop prudent, il ne sut pas profiter des occasions qui se présentèrent à lui pour battre des armées ennemies qui s’étaient pourtant avancées imprudemment et à l’aveuglette en territoire ennemi.

Mais les initiatives hasardeuses de généraux ennemis, parfois trop confiants, ne profitèrent jamais aux Français désespérément passifs. Bazaine, qui disposait d’une indéniable supériorité numérique, n’a jamais attaqué et encore moins contre-attaqué. Pourtant les pertes allemandes étaient lourdes et nettement supérieures aux pertes françaises. Les Français se sont bien battus mais ils méritaient un meilleur commandement.

METZ ET CHÂLONS

Après des combats confus entre le 16 et le 18 août, Bazaine se laisse enfermer dans Metz. Il n’en bougera plus. L’empereur a quitté la Lorraine à la recherche de l’autre armée française. Plus rien ne peut empêcher les Allemands de s’emparer de l’Alsace. Le 20 août, Strasbourg est assiégé. Le bombardement allemand endommage la cathédrale et réduit en cendres la bibliothèque. Le thème de la « barbarie allemande » voit le jour.

L’ex-armée d’Alsace, sous le commandement de Mac Mahon, s’est repliée sur le camp de Châlons. Ayant perdu en route matériel, armes et traînards, elle est en triste état physique et moral.

LA VÉRITÉ EST QU’ON ME CHASSE

Napoléon III, arrivé à Châlons dans la nuit du 16 au 17 août, est hué à chaque apparition. Le prince Napoléon se montre très dur avec son cousin : « Vous avez abdiqué à Paris le gouvernement ; à Metz vous venez d’abdiquer le commandement. […] mais diable ! si nous devons tomber, tombons au moins comme des hommes ! » Il suggère une dictature de salut public exercée par l’empereur ou un régent pour le compte de Napoléon IV.

Mais Eugénie envoie à son mari un télégramme impératif : « Ne songez pas à revenir… » Les larmes aux yeux, celui qui n’est plus qu’une épave souffrante, déclare : « La vérité est qu’on me chasse. » Puis l’empereur envoie son cousin furibond en Italie pour qu’il essaie d’obtenir l’intervention de Victor-Emmanuel2.blob:https://www.geraldineclaise.fr/3d0f12ff-cb49-409e-97a4-06cc3a0a4d62

Le 19 août Eugénie et Palikao prennent l’initiative qui va précipiter la catastrophe finale. Mac-Mahon doit impérativement se porter au secours de Bazaine, quitte à laisser Paris sans défense. Mais l’approche de l’armée du Kronprinz menace Châlons. Le maréchal décide d’abord de se replier sur Reims. Il songe à rejoindre Paris désormais menacé.

Napoléon III y voit l’occasion de rentrer dans sa capitale « pour vaincre ou mourir…au milieu de mes soldats ». Sa dernière décision est d’envoyer Trochu, qui a la réputation d’être énergique comme gouverneur militaire de Paris.

PORTEZ SECOURS À BAZAINE !

Mais où se trouve Bazaine ? Est-il enfermé dans Metz ? Se replie-t-il sur Montmédy ? Un télégramme de Bazaine peut le laisser croire. Après avoir hésité, Mac-Mahon, qui a l’habitude d’obéir, renonce à rentrer à Paris. Il part vers le nord à la rencontre incertaine de l’armée de Metz. Sous la pluie, la troupe hétéroclite rebaptisée « armée de Châlons » se met en marche. Napoléon III, malade et inutile, suit le mouvement.

Le 27 août, Mac-Mahon comprend enfin la situation. Il est pris en tenaille entre des troupes allemandes deux fois plus nombreuses et Bazaine n’a pas bougé. Le maréchal songe dès lors à faire retraite vers Mézières. Il est encore temps. Dans sa précipitation à poursuivre les Français, Moltke a trop étiré ses lignes. Ses troupes sont épuisées, ses approvisionnements incertains.

Mais deux dépêches de Palikao arrivent dans la nuit. La première pour l’empereur : « si vous abandonnez Bazaine, la révolution est dans Paris ». La seconde est destinée à Mac-Mahon : « je vous demande de porter secours à Bazaine ».

Mac-Mahon s’incline en dépit des objurgations de Napoléon III qui lui conseille le repli sur Mézières. Le maréchal ne se fait pas d’illusion : « on veut que nous allions nous faire casser les reins ; allons-y ! »

Napoléon III, qui se sent mieux depuis quelques jours, décide de remonter à cheval. Un franc-tireur le tient au bout de son fusil. Un officier s’interpose et sauve la vie de l’Empereur.

NOUS NE SORTIRONS JAMAIS D’ICI

Pressé par ses subordonnés, Bazaine a tenté mollement une percée le 31 août. Mais une fois de plus, il n’exploite pas les premiers succès et finalement ordonne le repli. Au même moment, le destin de l’autre armée française était scellé.

Bousculé par les Allemands, Mac-Mahon se trouve acculé à la frontière belge. Napoléon III, arrivé incognito à Sedan, y est aussi mal accueilli qu’à Châlons. Mac-Mahon n’a l’intention ni de rester à Sedan, ni de livrer bataille. Cette place forte, située dans une cuvette, est d’ailleurs indéfendable.

Le maréchal compte récupérer les rations entreposées à la gare de Sedan. Mais le chef de gare avait eu l’idée fort peu inspirée d’expédier les rations à Mézières avec une compagnie du génie chargée de faire sauter le pont de Donchery sur la Meuse !

Refusant d’abandonner l’armée, Napoléon III regarde du haut des fortifications de Sedan les Allemands installer leurs batteries. « Nous ne sortirons jamais d’ici » confie-t-il à son entourage. Mac-Mahon, étrangement fataliste, se contente de concentrer avec lenteur ses troupes sur la rive droite.

SEDAN : UN HÉROÏSME INUTILE

Le 31 août, des combats très violents opposent dans le village de Bazeilles une division de marine aux Bavarois. Au matin du 1er septembre, Mac-Mahon est grièvement blessé à la cuisse en inspectant les positions. Il confie le commandement à Ducrot qui ordonne aussitôt la retraite, encore possible, sur Mézières. Mais voilà le général Wimpffen qui revendique le commandement en exhibant une lettre de Palikao. Plus question de retraite, il s’agit de passer à l’offensive à Bazeilles. Le bouillant général veut rejeter les Prussiens sur la Meuse.

Mais si les combats sont violents et indécis, le mouvement d’encerclement de l’armée française se poursuit inexorablement. Pour le briser, les cavaliers d’Afrique chargent aussi bravement qu’inutilement les lignes prussiennes. Le général Margueritte est touché mortellement et Gallifet prend la suite. Sollicité par Ducrot, le général répond : « Tant que vous voudrez mon général, tant qu’il en restera un. »

Sedan fut le tombeau de la cavalerie lourde.

LE DRAPEAU BLANC FLOTTE SUR SEDAN 

Napoléon III parcourt le champ de bataille au pas de son cheval et dans d’indicibles souffrances. Il cherche en vain la mort. Des obus éclatent à quelques pas. Un officier de son escorte est tué, deux autres blessés. Mais ni les balles ni les éclats d’obus ne veulent de lui.

Voyant l’inutilité de cette tuerie, il fait hisser le drapeau blanc au-dessus de la forteresse de Sedan. Furieux, Wimpffen le fait arracher. Le général rêve toujours d’une percée. C’est une chimère et il doit se rendre à l’évidence. La cuvette est désormais sous le feu de la puissante artillerie prussienne. L’encerclement est terminé. Tout est fini.

Le drapeau blanc n’était pas passé inaperçu. Les Prussiens envoient le colonel Bronsart von Schellendorf. À sa grande surprise, ce dernier est introduit auprès de Napoléon III. L’Empereur lui remet une lettre pour le roi Guillaume : « Monsieur mon frère. N’ayant pas eu le bonheur d’être tué à la tête de mes troupes, il ne me reste qu’à remettre mon épée à Votre Majesté. »

SEDAN : LA CAPITULATION INÉLUCTABLE

Guillaume Ier apprend ainsi, stupéfait, la présence de l’Empereur à Sedan. Au château de Bellevue, sous le portrait de Napoléon Ier, Français et Allemands discutent des conditions. L’empereur ne rendant que son épée et non celle de la France, Moltke est intransigeant : capitulation totale ou reprise des combats.

Au matin du 2 septembre, Napoléon III réunit le conseil de guerre. Espérant préserver, sinon sa dynastie du moins les chances militaires de la France, Napoléon III refuse toute idée de pourparlers de paix. Il préfère se considérer comme prisonnier. Dès lors, la capitulation est inévitable.

Aussitôt, le conseil terminé, l’empereur, en tenue de général, prend la route de Donchéry où se trouve le quartier général allemand. Il s’arrête dans la pauvre maison d’un tisserand et, en attendant le retour de son émissaire, fume cigarette sur cigarette. Moltke vient le saluer.

ON NE PARDONNE PAS À TANT DE MALHEUR

Un officier allemand, Verdy du Vernois, décrit Napoléon III « petit, assez corpulent, le teint terreux » : « il regardait autour de lui extraordinairement calme, presque indifférent. » Bismarck arrive à son tour et tente en vain de le convaincre d’accepter des préliminaires de paix. Guillaume Ier accorde une brève entrevue au monarque vaincu au château de Bellevue. Napoléon III assure n’avoir pas voulu la guerre.

Mais si les gouvernants se font grâces et politesses, il n’en va pas de même pour le commun des mortels. Ainsi, irrités de la résistance des habitants de Bazeilles, les Bavarois incendient une partie du village, fusillent des habitants et en déportent d’autres.

La dernière armée française organisée n’existe plus. La guerre est virtuellement terminée. Le malheur est que les Français n’en ont pas conscience.

Pour l’empereur des Français, tout est bien fini. Son extraordinaire carrière s’achève dans le déshonneur. « On ne pardonne pas à tant de malheur » murmura-t-il peu de temps après. Le spectre de Sedan le hantera jusque dans son agonie. Le 8 janvier 1873, il murmurait encore sur son lit de souffrance : « N’est-ce pas que nous n’avons pas été lâches à Sedan ? »

SEDAN ET LA LÉGENDE NOIRE DU SECOND EMPIRE

Le poids du désastre est retombé sur la tête du seul Napoléon III. Mac-Mahon, qui a eu la bonne fortune d’être blessé avant la capitulation, sortait la tête haute. Il restait aux yeux de tous le héros de Malakoff et le duc de Magenta, non le vaincu de Sedan. Ne devait-il pas se faire élire président de la République trois ans plus tard ?

Aux yeux des républicains, Sedan était la conclusion inévitable d’un régime méprisable inauguré par le coup d’État. Les insultes accablèrent Napoléon le Petit tombé dans la fange. Le Sire de Fish ton Kan était qualifié de « misérable lâche qui a vendu son pays et livré son armée ». La fête impériale, règne de l’affairisme et de la dépravation, avait précipité la France dans le gouffre de la débâcle.

Les républicains n’avaient pas manqué d’instrumentaliser la défaite pour mieux asseoir leur légitimité. Pouvaient-ils imaginer que, 70 ans plus tard, la percée des blindés de Guderian à Sedan plongerait la république dans une débâcle bien plus catastrophique ? Par une étrange ironie de l’histoire, cette nouvelle défaite devait être attribuée au parlementarisme, à « l’esprit de jouissance » et aux congés payés. Les guerres ne sont jamais perdues par les militaires toujours par les civils.

« L’étrange défaite » de 1940 faisait dès lors pâlir Sedan renvoyé dans les oubliettes de l’histoire.

À LIRE :

Notre obsession pour les tueuses

SÉRIES TÉLÉ – Dans l’épisode 4 de “Killing Eve”, l’agent du MI5 Eve Polastri (Sandra Oh) reçoit un cadeau très inhabituel.

Sandra Oh fait son grand retour avec

“Il contenait un parfum nommé La Villanelle, et peut-être cinq mille livres de vêtements”, explique-t-elle à son équipe autour d’un café, les objets en question enfouis dans un grand sac poubelle à côté d’elle. “Quel genre de vêtements?” interroge son assistante Elena.
“Chers. Et magnifiques”, réplique-t-elle. “Et ils sont tous à ma taille.” On se croirait presque dans une parodie des bonnes vieilles comédies romantiques. On y voit souvent un riche célibataire chercher à séduire sa dulcinée en lui faisant livrer, avant un rendez-vous, une sublime robe avec un petit mot l’invitant à la porter— geste qui, en soi, peut déjà sembler tout à fait dérangeant. Mais le cas d’Eve est indéniablement plus perturbant encore. Le fameux envoi, dont la carte porte le message “Toutes mes excuses, poupée”, ne lui vient pas d’un quelconque prétendant, mais d’une tueuse psychopathe.

La série “Killing Eve”, adaptation du roman “Codename Villanelle” de Luke Jennings, suit le personnage éponyme dans sa traque de l’implacable tueuse Villanelle. Cette dernière, interprétée par Jodie Corner, est une experte dans l’art du meurtre et de la cavale. Apprenant que l’analyste s’intéresse à son cas, elle se met elle-même à surveiller ses moindres mouvements. Les deux femmes, guidées par une explosive combinaison d’ambition, de curiosité et d’adoration morbide, se trouvent prises au jeu du chat et de la souris, leur obsession mutuelle les entraînant vers une destruction annoncée.

Jodie Comer on Her Surprise Emmy Win and 'Killing Eve' Season 3 - Variety

La série tout entière est bâtie sur cette fascination, un lien intime d’une telle intensité qu’il vire plus d’une fois à l’érotisme. Mais nombre de spectateurs n’auront aucun mal à s’identifier à Eve, poussée à étudier la tueuse par une sorte de pulsion irrésistible, entremêlée d’horreur (et à laquelle Villanelle voue un intérêt tout aussi aigu). Cet engouement reflète l’attrait qu’exerce sur bien des femmes la perversion de crimes bien réels et de leurs auteurs. Une telle fixation fait l’effet d’un baume, une manière de gérer l’avalanche de dangers— menaces de violence et autres— auxquels nous faisons face au quotidien.

Mais tout comme le cliché du cadeau romantique s’y mue en une macabre parodie, “Killing Eve” donne vie à notre passion des faits divers à travers une créature indomptable, véritable Cerbère posté aux portes des Enfers. Nous nous passionnons là pour une femme bien capable de commettre les atrocités que nous craignons tant, pour nous-mêmes et nos proches. Nous nous émerveillons de son talent pour la transgression, face à une société entière rassemblée contre elle. Nous faisons la lumière sur une image terrifiante et libératrice, qui ne cesse de nous captiver.

Moins de deux ans après sa série “Fleabag” — dont l’héroïne est sans doute la meilleure incarnation d’une femme complexe et imparfaite jamais apparue sur le petit écran—, Phoebe Waller-Bridge monte encore d’un cran en créant une redoutable tueuse à gages, dont l’idée d’une bonne surprise au boulot consiste à apprendre que sa prochaine cible est asthmatique. (“Tu sais à quel point ça me plaît, un petit souffle rauque…”) Les tout premiers épisodes nous font voir Villanelle dans son élément: en transit d’un bout à l’autre du globe pour abattre diverses personnalités influentes avec un remarquable mélange de cruauté, d’ingéniosité et de style.

En Italie, elle tue un homme d’un coup d’épingle dans le crâne tandis que son malheureux petit-fils, ne se doutant de rien, l’attend dans la salle de bains. Quelques jours plus tard, on la retrouve à Berlin où sous les traits d’une call-girl en tenue d’infirmière, elle empoisonne un hacker chinois au monoxyde de carbone tout en lui écrasant les testicules avec une application qui ne laisse guère de place au plaisir masochiste. À chacun de ces meurtres d’artiste, envoûtée par son œuvre et quasi possédée par l’excitation, elle dévore des yeux ses victimes agonisantes. Villanelle n’est pas devenue une machine à tuer sous l’autorité ou la menace d’un tiers: elle aime réellement ce qu’elle fait.

Dès le début, Eve est persuadée que l’auteur de ces crimes est une femme. Comment expliquer autrement qu’une grande figure de la politique russe se soit suffisamment laissé approcher pour qu’on lui tranche l’artère fémorale? “Il n’a sans doute pas considéré une simple passante comme une menace. Elle a dû arriver jusqu’à lui sans encombre.” En effet, Villanelle multiplie les déguisements féminins, qui lui valent parfait anonymat et accès facile à ses victimes: d’infirmière à prostituée, de serveuse à apprentie parfumeuse, elle se glisse d’un costume à l’autre en exploitant la tendance permanente à sous-estimer ou à ignorer le sexe “faible”.

Tout en ne cautionnant évidemment pas un tel massacre, Eve ne peut nier son plaisir devant une situation aussi rare: pour une fois, c’est une femme qui se joue des services secrets. “Je suis fan”, avoue-t-elle à sa patronne, interprétée par Fiona Shaw. “Elle dépasse constamment nos meilleurs cerveaux, et en cela, elle mérite bien de tuer qui elle veut”, ajoute-t-elle sur le ton de la plaisanterie… à ce qu’il paraît du moins.

Tori Telfer, auteur de “Lady Killers”, un ouvrage justement consacré aux meurtrières… native de Chicago, dont une comédie musicale a rendu célèbres les “joyeuses tueuses”, en est persuadée: de tels personnages inspirent de la sympathie à la plupart des femmes, car elles symbolisent une forme de succès. “Être à fond pour elles” , ce n’est pas les encourager dans le meurtre, mais se féliciter que dans le passé, une femme soit parvenue à jouir d’un peu de pouvoir.”

Rachel Monroe, journaliste texane qui prépare un livre sur l’obsession des femmes pour les faits divers criminels, est aussi très consciente de cette tendance à s’animer au simple mot de “meurtrière”. Selon elle, ce côté électrisant— une forme parmi tant d’autres de la passion du crime— est dû au fait qu’aujourd’hui encore, les comportements féminins sont soumis à des règles bien plus strictes que ceux des hommes. “Malgré des avancées majeures, il reste bien des limites à la position que peut occuper une femme, et à l’idée qu’on se fait de l’attitude qu’elle doit avoir. Par son crime, une meurtrière ne fait pas que violer la loi: elle transgresse également les rôles sociaux liés au genre.”

Par son crime, une meurtrière ne fait pas que violer la loi: elle transgresse également les rôles sociaux liés au genre.— Rachel Monroe

Sandra Oh le confirme dans une interview avec Vulture: son personnage, prisonnière d’un travail peu gratifiant et d’un mariage qui semble tombé dans la routine, est surexcitée par la simple existence de cette tueuse. “Eve admire la liberté de Villanelle, ou ce qu’elle considère comme une liberté: son refus des faux-semblants, sa capacité à s’affranchir des conséquences, son absence de remords. Pour elle, c’est une image assez exaltante.”

L’acte de violer la loi, insubordination empreinte d’audace, fait exploser les normes auxquelles les femmes sont censées se conformer. C’est à cette indépendance d’esprit dans la barbarie que Tori Telfer ne peut résister. “Je suis toujours attirée par les criminelles dotées d’un petit côté provocateur”, confesse-t-elle. “Un peu comme Kate Bender, une meurtrière de la fin du XIXème dont les dernières paroles auraient été ‘Tirez donc, et allez au diable!’ Elle avait commis des crimes atroces, mais il y a forcément quelque chose de passionnant dans ce côté hors la loi crânement assumé, surtout chez une femme.”

Tout en niant avoir une haute estime des véritables tueuses en série en général, elle reconnaît admirer “certains aspects de leur personnalité, j’imagine”.

“Nombre d’entre elles ont toujours refusé tout net de s’avouer vaincues, et bien sûr, c’est franchement remarquable. Même si cette volonté de résistance a laissé beaucoup de victimes innocentes… Je dirais que quelque part, je les soutiens de façon partielle, indirecte— j’aime leur esprit indomptable, mais je voudrais aussi qu’elles puissent cesser de tuer.”

En fiction comme dans le monde réel, les actes de violence commis par des femmes sont plus souvent présentés comme des vengeances que le fruit d’une pure et simple soif de sang. Bien que la légitime défense ou les représailles pour une agression passée soient bel et bien des réalités, Rachel Monroe craint que cette interprétation stéréotypée n’entraîne “une compréhension très parcellaire de ce que sont les femmes, et de ce qu’elles sont capables de faire”.

“On s’imagine souvent que les femmes n’ont pas de violence en elles. Qu’elles se résument toutes aux mêmes caractéristiques.”

Cette impression rappelle un commentaire de Phoebe Waller-Bridge lors d’un entretien donné l’année dernière au HuffPost sur sa série précédente, l’acerbe comédie “Fleabag”. Bien que son personnage éponyme— une gérante de café aussi brillante qu’addict au sexe, interprétée par la scénariste elle-même— ne soit pas une tueuse en série, ses difficultés ne se résument pas à une seule cause profonde. “J’adore les histoires de femmes dont la personnalité tourmentée ne s’explique tout simplement pas. Elle a ses problèmes, mais on ne peut pas vraiment en analyser l’origine. Elle est compliquée, tout simplement.”

Compliquée, et bien loin du prévisible. Dans la toute première scène de “Killing Eve”, Villanelle, en train de déguster une glace dans un café, croise le regard d’une jeune cliente occupée à la même chose. Les deux échangent le type de coup d’œil amical typique de deux femmes qui s’observent, remarquant leurs points communs et leurs différences. Finalement, la tueuse lance un sourire à la jeune fille qui lui répond de même, semblant voir une sorte de modèle en cette inconnue. Mais en quittant les lieux, cette dernière lui renverse d’un geste sa glace sur les genoux.

La série l’affirme d’emblée: elle n’aspire pas à mettre en scène de parfaits archétypes féminins. Elle leur préfère le portrait captivant et souvent effrayant de femmes incapables de briser leur fascination mutuelle, quelles qu’en soient les conséquences. “J’estime que toute occasion d’observer, analyser et de réfléchir à un large éventail de comportements humains ne peut être que bénéfique”, commente Tori Telfer. “Il est si facile de simplifier les choses, de les classer dans de grandes catégories: le bien et le mal, oui ou non. Mais la réalité est toujours tellement plus subtile.”

“Killing Eve” est avant tout un véritable plaisir, un assouvissement à cette compulsion qui nous pousse à passer des heures à regarder des documentaires sur des faits divers et à jouer les enquêteurs sur des forums. Elle a bien compris notre désir inavouable de tout savoir d’un être humain capable de commettre des actes aussi atroces. Et oui, elle met aussi le doigt sur ce frisson étrange qu’on ressent à réaliser que de tels méfaits sont l’œuvre d’une meurtrière. Dans un monde régi par les hommes, voir une femme tuer peut être extraordinairement cathartique.

Les pires tueuses en série
depuis 100 ans

On ne connait pas de tueuses en série qui, à l’instar de certains tueurs, auraient tué une centaine de personnes ou plus. Il y a bien Miranda Barbour qui a déclaré en avoir tué une centaine, mais les corps n’ont jamais été retrouvés et ses dires restent à prouver. Non, contrairement aux hommes, les femmes tuent rarement pour leur satisfaction sexuelle. Elles tuent pour obtenir un gain matériel, du pouvoir ou tout simplement, l’attention…

Tour d’horizon de 13 des pires tueuses en série des cent dernières années… 

Nannie Doss — La grand-mère ricaneuse

Nannie Doss, née en Alabama en 1906, a tué 11 personnes entre les années 1920 et 1954. Parmi ses victimes se trouvaient quatre de ses cinq maris, ses soeurs, son fils, un neveu, deux enfants et sa mère. Elle a tué son deuxième mari en empoisonnant son whisky après qu’il l’a violée. Quand son troisième mari est mort, sa maison a mystérieusement flambé et Doss a récolté l’argent de l’assurance. Elle a tué sa propre mère quand la vieille dame est venue vivre avec elle puis son quatrième mari, quelques mois plus tard. Après que son cinquième mari a été brièvement hospitalisé pour un problème digestif, Doss a décidé de l’empoisonner pour obtenir l’argent de l’assurance vie.

La mort soudaine de cet homme qui venait juste de sortir, guéri, de l’hôpital a éveillé les soupçons des médecins qui ont demandé une autopsie et trouvé de l’arsenic dans le cadavre. Doss a confessé tous ses meurtres, mais comme elle était une femme, elle n’a pas été condamnée à mort. Elle a été surnommée la grand-mère ricaneuse (giggling nanny) parce qu’elle ne pouvait s’empêcher de rire nerveusement durant son procès. Elle est morte en prison en 1965, à l’âgée de 59 ans.   * Sur la photo, Nannie Doss, 49 ans, avec l’enquêteur Ross Billingsley, le 27 novembre 1954. 

Martha Beck — La tueuse de coeurs solitaires

Martha Beck, née en 1920 en Floride, a déclaré à son procès avoir été violée par son frère et battue par sa mère durant son enfance. Ceci explique-t-il cela ? Quoi qu’il en soit, à l’âge de 27 ans, Martha a répondu à une petite annonce dans la rubrique des coeurs solitaires et a ainsi rencontré Raymond Fernandez, de six ans son aîné. L’homme avait pour spécialité de répondre aux annonces des coeurs solitaires pour rencontrer des femmes qu’il escroquait allègrement. Martha Beck, plutôt que de se faire escroquer, s’est associée à lui, au point d’abandonner ses deux enfants à l’Armée du Salut. Ils vivaient ensemble, sans être mariés, et elle se faisait passer pour sa soeur.

De 1947 à 1949, Martha et Raymond ont tué une vingtaine de femmes, de New York jusqu’au Michigan, rencontrées grâce aux annonces des journaux. Leurs méthodes incluaient l’étranglement, la noyade et la mort par balle. Ils ont finalement été arrêtés après le double meurtre d’une jeune mère et de son enfant de deux ans dont la disparition a alerté des voisins inquiets. Leur procès a été empreint de sensationnalisme, les médias faisant état de macabres histoires de perversions sexuelles. Tous deux ont été condamnés à la peine capitale pour trois meurtres et ont été exécutés sur la chaise électrique, le 8 mars 1951.

Leurs dernières paroles officielles : « Je veux le crier, j’aime Martha ! Qu’est-ce que le public sait de l’amour ? », a lancé Raymond. « Mon histoire est une histoire d’amour, a pour sa part déclaré Martha. Mais seuls ceux torturés par l’amour peuvent savoir ce que je veux dire (…). L’emprisonnement dans la maison de la mort a seulement fortifié mon sentiment pour Raymond… »   * Sur la photo, Raymond Fernandez et Martha Beck, en mars 1949. 

Magdalena Solis — La grande prêtresse sanguinaire

Magdalena Solis, née dans les années 1940, est une Mexicaine devenue prostituée très jeune sous la « protection » de son frère. C’est l’une des rares tueuses en série dont les motifs étaient d’ordre sexuel. En 1963, Magdalena et son frère se sont joints à un faux culte inca dont les initiateurs forçaient tout un village de pauvres Mexicains à se plier à leurs moindres désirs. Les organisateurs ont présenté Magdalena comme étant la réincarnation d’une déesse venue spécialement pour restaurer leur foi.

Se pliant au jeu avec plaisir, Magdalena se mit à exiger des sacrifices humains et à instaurer un rituel qui consistait à frapper, brûler, couper et mutiler les victimes. La prêtresse buvait ensuite le sang des sacrifiés, après l’avoir mélangé à du sang de poulet. Au cours de des derniers sacrifices, elle a disséqué le coeur de la victime alors qu’elle était encore vivante. En mai 1963, un garçon de 14 ans a été le témoin de l’un de ces rituels et s’est dépêché de rapporter l’incident à la police. Magdalena et son frère ont été arrêtés. Jugée pour le meurtre de huit personnes, même si l’on croit qu’elle était responsable du double, Magdalena Solis a été condamnée en juin 1963 à 50 ans de prison, ce qui signifie qu’elle est en liberté depuis l’été 2013, tout comme son frère d’ailleurs…  

Myra Hindley — La tueuse des landes

Myra Hindley, née en 1942 à Crumpsall, au Royaume-Uni, a tué cinq enfants âgés de 10 à 17 ans, en Angleterre, entre 1963 et 1965. Elle et son complice, Ian Brady, ont agressé sexuellement leurs victimes avant de les assassiner brutalement.

Ian Brady, en mai 1966. Trois des corps ont été découverts dans des tombes dans les landes de Saddleworth (d’où le surnom de Moors Murderers — tueurs des landes — donné aux meurtriers) et un autre corps a été trouvé dans la maison de Brady. Le corps de la cinquième victime n’a jamais été retrouvé. C’est le beau-frère de Myra Hindley qui a dénoncé le couple à la police après avoir vu Ian Brady tuer un garçon avec une hache.

Hindley et Brady ont été condamnés à la prison à perpétuité. Hindley est morte en prison en 2002 et Brady est confiné à l’hôpital à sécurité maximum d’Ashworth, où il fait la grève de la faim.   * Sur la photo du haut, un portrait de Myra Hindley pris lors de son procès, en mai 1966. 

Rosemary West — La tueuse sadique

Rosemary West, née en 1953, à Barnstaple, dans le Royaume-Uni, a été victime d’inceste de la part de son père durant toute son enfance et même une fois devenue adulte. De 1971 à 1994, Rosemary et Fred West ont torturé, violé et tué au moins 11 jeunes femmes et jeunes filles à la maison même du couple, à Gloucester, maison qui fut démolie en 1996 pour décourager les chasseurs de souvenirs.

Quand le couple a été arrêté, en 1994, les policiers ont découvert de nombreux ossements humains dans le jardin et sous les lattes du plancher. Pendant que son procès avait lieu, Fred West s’est pendu dans sa cellule. En 1995, Rosemary West a été reconnue coupable de dix meurtres et condamnée à la prison à vie.   * Sur la photo du haut, Rosemary West, en 1995. 

Velma Barfield — L’empoisonneuse

Velma Barfield, née en 1932 en Caroline du Sud, a le triste honneur d’avoir été la première femme exécutée aux États-Unis après la reprise en 1977 de la peine capitale. Elle a aussi été la première femme à être exécutée par injection létale. Ses deux premiers mariages s’étant terminés par la mort de ses maris, Velma Barfield a rencontré en 1977 un veuf, Stuart Taylor, fermier de son état. Barfield a contrefait des chèques sur le compte de Taylor pour pouvoir financer sa dépendance aux Valiums et autres médicaments d’ordonnance.

Effrayée à l’idée que le veuf s’en aperçoive, elle a mélangé du poison à rat à base d’arsenic dans sa bière et dans son thé. Taylor est tombé malade et Velma s’est vite proposée pour le soigner.Comme son état empirait, elle l’a amené à l’hôpital où il est mort quelques jours plus tard. Malheureusement pour Velma, l’autopsie a démontré que la cause de sa mort était un empoisonnement à l’arsenic. Velma fut arrêtée et accusée de meurtre. Lors de son procès, elle a plaidé la folie, ce qui fut rejeté. Elle a été condamnée à mort. Plus tard, la femme avoua avoir aussi tué sa mère en 1974 (au nom de qui elle avait contracté un prêt), et deux personnes âgées, John Henry Lee (pour qui elle travaillait en tant que gouvernante soignante) et Dollie Edwards (une parente de Stuart Taylor).

Velma assistait toujours aux funérailles de ses victimes et semblait être vraiment peinée. Le corps de son mari, Thomas Barfield, a ensuite été exhumé et on y a trouvé, sans surprise, des traces d’arsenic. Velma tuait toujours pour les mêmes raisons : nourrir sa dépendance aux médicaments. 

Carol Bundy — La tueuse de Sunset Boulevard

Carol Bundy, née en 1942, aux États-Unis, et son complice Douglas Clark ramassaient des prostituées sur le boulevard Sunset, à Los Angeles. Clark les tuait ensuite pendant leurs relations sexuelles en leur tirant une balle derrière la tête. Ils avaient même sauvegardé l’une de ces têtes en guise de trophée. Carol Bundy avait déjà commis un meurtre auparavant. Elle avait tué son amant, Jack Murray, en le poignardant et en le décapitant. Ce fait ne fut découvert qu’après que Carol soit allée à la police pour déclarer que son amant actuel, Douglas Clark, avait tué plusieurs femmes avec un fusil acheté par elle.

Douglas Clark. Elle a d’abord affirmé ne rien savoir des meurtres de Clark, puis a par la suite admis qu’elle était présente quand Clark (ou elle-même, selon les dires de Clark) tirait une balle et décapitait la prostituée au moment où celle-ci faisait une fellation à Douglas. Après leur arrestation en 1980, Douglas Clark a été condamné à mort (et attend encore dans le couloir de la mort) tandis que Carol Bundy a été condamnée à l’emprisonnement à vie après avoir témoigné contre son amant. Elle est morte en prison en 2002, d’un arrêt cardiaque. Ils n’ont été accusés que de deux meurtres, mais on croit qu’ils en ont commis beaucoup d’autres.   * Sur la photo du haut, Carol Bundy, en 1980. 

Dorothea Puente — La tueuse de vieux

Dorothea Puente, née en 1929, aux États-Unis, était une tueuse aussi froide que calculatrice. Après plusieurs mariages, Puente a commencé sa carrière dans le crime dans les années 1960 en sortant avec des hommes plus âgés et en encaissant leurs chèques de prestations. Une occupation qui lui a valu un peu de prison, mais qui ne l’a pas dissuadée de continuer. Dans les années 1980, Dorothea Puente tenait une pension de famille pour personnes âgées à Sacramento, en Californie.

Elle recevait le courrier de ses pensionnaires, encaissait leurs chèques de pension et elle ne leur en reversait qu’un tout petit montant. Puis les pensionnaires ont commencé à mourir et à disparaître. À l’automne 1985, Puente a demandé à un ouvrier de jeter une boîte qu’elle disait pleine de déchets dans une rivière. Un pêcheur a trouvé la boîte et a rapporté le fait à la police. Les policiers ont ouvert la boîte et y ont retrouvé les restes d’un vieil homme.

La disparition d’un autre pensionnaire a vite amené les policiers à venir enquêter chez Dorothea. Elle a été arrêtée et condamnée à vie, même si elle a toujours soutenu que ses pensionnaires étaient morts de causes naturelles. Dorothea Puente est morte en 2011, à l’âge de 82 ans.   * Sur la photo, Dorothea Puente lors de son procès en novembre 1988. À ses côtés, à gauche, le shérif adjoint Lori Aquitania. 

Genene Jones — La tueuse d’enfants

Genene Jones, née en 1950 au Texas, est une ex-infirmière pédiatrique qui a tué entre 11 et 46 bébés et enfants entre 1980 et 1982 dans plusieurs cliniques de San Antonio, au Texas. Elle a prétendu avoir tué pour devenir une héroïne et se sentir utile. Elle utilisait des injections d’héparine et de succinylcholine pour tuer ses victimes, mais leur nombre ne sera jamais connu, car des responsables d’une des cliniques de San Antonio ont détruit les rapports sur ses activités.

En 1985, Genene Jones a été condamnée à 99 ans de prison pour avoir tué la petite Chelsea McClellan avec de la succinylcholine. Quelques mois plus tard, elle a été condamnée à 60 ans supplémentaires pour tentative de meurtre. À cause des lois en vigueur en ce moment-là pour contrer le surpeuplement des prisons, Genene Jones n’a écopé que du tiers de sa peine et a donc bénéficier d’une libération conditionnelle automatique en 2017, à l’âge de 67 ans.  

Aileen Wuornos — La tueuse amoureuse

Aileen Wuornos, née en 1956 en Floride, a tué plusieurs hommes entre 1989 et 1990. Son enfance a été vécue dans la plus profonde pauvreté, sa mère avait 15 ans à sa naissance, elle-même a eu un enfant à 13 ans et elle a été violée plusieurs fois par son grand-père. En 1989, Aileen se prostituait déjà depuis plusieurs années et vivait avec son amoureuse, Ty Moore. Sa première victime fut Richard Mallory, en novembre 1989.

Elle a plus tard déclaré que dans ce cas, comme dans tous les autres, il s’agissait de cas d’autodéfense parce que ses victimes l’avaient violée ou avaient tenté de le faire. Aileen Wuornos a tué sept hommes pour les voler et avoir assez d’argent pour que son amoureuse n’ait pas à travailler.

Elle a été arrêtée après avoir eu un accident mineur alors qu’elle conduisait la voiture de l’une de ses victimes. Elle a été exécutée par injection létale en octobre 2002. L’actrice Charlize Theron a gagné l’Oscar de la meilleure actrice en 2003 pour sa personnification de Wuornos dans le film Monster, basé sur la vie d’Aileen Wuornos.   * Aileen Wuornos, dans une photo non datée provenant du Département des services correctionnels de la Floride.

Juana Barraza — La tueuse de vieilles femmes

Juana Barraza, née en 1956, avait une mère alcoolique qui l’a vendue à un homme en échange de trois bières. L’homme l’a violée plusieurs fois et Juana a eu quatre enfants de lui. On croit que Juana, qui travaillait comme lutteuse, aurait commencé à tuer vers 1990. Ses victimes étaient toujours des femmes de plus de 60 ans qui vivaient seules dans la ville de Mexico. Se faisant passer pour une fonctionnaire, Juana entrait chez ses victimes puis les étranglait et les volait. Des témoins ont raconté aux policiers que le suspect était un homme habillé en femme (à cause de la corpulence de Juana), mais c’est Juana Barraza que les policiers ont arrêtée alors qu’elle tentait de s’enfuir de la maison de sa plus récente victime.

Des empreintes digitales ont lié Juana à dix meurtres, mais on l’a soupçonnée d’au moins 40 de plus. Juana en a confessé quatre, niant toute implication dans les autres cas. Son procès a eu lieu en 2008. Elle a été accusée de 16 meurtres et condamnée à 759 ans d’emprisonnement. Durant son procès, elle a expliqué que ses gestes étaient dus à un ressentiment envers sa mère.   * Sur la photo, Juana Barraza, connue comme la « tueuse de vieilles femmes », au palais de justice de Mexico, le 25 janvier 2005.

Beverly Allitt — La tueuse de nourrissons

Beverly Allitt, une infirmière née en 1968, a tué quatre nourrissons et tenté d’en tuer neuf autres en deux mois seulement, entre février et avril 1991, dans le service pédiatrique du Grantham and Kesteven Hospital, dans le Lincolnshire, au Royaume-Uni. Elle injectait des doses importantes d’insuline pour provoquer un arrêt cardiaque ou une insuffisance pulmonaire. Ce n’est qu’après le décès d’une petite fille que l’équipe médicale s’est mise à suspecter l’infirmière et a appelé la police.

En effet, Beverly était la seule infirmière présente au moment de l’arrêt cardiaque du nourrisson et la seule à avoir accès aux médicaments. En mai 1993, alors qu’elle n’avait que 24 ans, elle a été déclarée coupable et condamnée à 13 peines de prison à perpétuité, soit une peine par victime. Ses motivations n’ont jamais été vraiment expliquées. Elle serait atteinte du syndrome de Münchausen, un trouble mental controversé qui implique habituellement des maltraitantes sur des mineurs, les personnes atteintes provoquant délibérément des troubles médicaux chez les mineurs dont ils ont la charge dans le but de devenir un centre d’attention.  

Allitt s’en est prise à un total de treize nourrissons durant une période de 59 jours, causant quatre décès, avant d’être arrêtée. Ce n’est qu’après le décès de la petite Claire Peck que l’équipe médicale suspecte l’infirmière et appelle donc la police. Allitt était la seule infirmière présente au moment des arrêts cardiaques et également la seule à avoir accès libre aux médicaments. Elle est accusée de meurtre en novembre 1991.

Elfriede Blauensteiner — La veuve noire

Elfriede Blauensteiner, née en 1931, à Vienne, en Autriche, a empoisonné ses victimes pour en hériter. En janvier 1996, la femme qui avait alors 64 ans a confessé avoir tué cinq personnes, dont son mari, deux anciens amants et deux autres hommes. On croit cependant qu’elle est responsable de plusieurs autres morts. Surnommée la veuve noire par les médias, Elfriede a expliqué avoir tué ces hommes parce qu’ils « méritaient de mourir ». Joueuse invétérée, les autorités croient qu’elle a tué pour pouvoir financer sa dépendance.

Elle n’a été accusée que d’un meurtre, celui d’Alois Pichler, un retraité de 77 ans mort en novembre 1995, quelques mois seulement après avoir rencontré Elfriede par le biais d’une petite annonce. Le procureur a accusé Elfriede d’avoir mis au moins 70 doses d’euglucon dans le lait d’Alois, une drogue qui sert à faire baisser le taux de sucre. La veille de sa mort, Elfriede lui a fait prendre 20 pilules d’antidépresseurs, l’a laissé toute la nuit dans une chambre aux fenêtres grand ouvertes avant de le plonger dans un bain d’eau glacée, ce qui a causé une crise cardiaque fatale.

Le procureur a également accusé Harald Schmidt, l’ancien avocat d’Elfriede, de l’avoir aidée à mettre le retraité dans la baignoire et de falsifier son testament pour qu’elle puisse recevoir un héritage de 100 000 $. La tueuse a été condamnée à l’emprisonnement à vie et est morte d’une tumeur au cerveau en novembre 2003, dans un hôpital viennois.  

CHRONOLOGIE

  • La cour d’appel de Vienne a confirmé la condamnation à la prison à vie de Elfriede Blauensteiner, 66 ans, accusée d’avoir empoisonné son dernier compagnon pour toucher son héritage.

Un tribunal à Krems (nord-ouest) avait déjà condamné en mars dernier en première instance Elfriede Blauesteiner à la prison à vie pour le meurtre de son dernier compagnon, le retraité Alois Pichler, âgé de 77 ans à sa mort en 1995.

Le tribunal n’avait cependant pas confirmé les soupçons qui pèsent sur la «grand-mère empoisonneuse» d’avoir agi de même avec plusieurs autres vieillards.

La peine de l’ancien avocat de Mme Blauensteiner, Harald A. Schmidt, 40 ans, qui avait interjeté un appel et a été jugé en même temps, a également été confirmée. Harald A. Schmidt a été condamné à sept ans de prison par la cour de Vienne pour complicité dans l’assassinat de Alois Pichler.

Elfriede Blauensteiner, surnommée la «veuve noire» par la presse autrichienne, devait répondre du meurtre d’Alois Pichler en novembre 1995 à Rossatzbach, près de Krems.

Cette femme passionnée de jeux d’argent et grande adepte des casinos avait rencontré M. Pichler grâce à une annonce passée dans un journal, dont le texte commençait ainsi: «veuve désire passer des soirées tranquilles avec veuf».

En octobre 1995, Mme Blauensteiner s’était installée chez sa victime, un ancien employé des postes qui bénéficiait d’une retraite confortable, pour faire ses courses et tenir son ménage.

Un mois et demi après, le retraité était retrouvé mort. Il aurait absorbé en toute confiance des doses mortelles d’un anti-diabétique oral mélangé à son repas et avait fini par sombrer dans le coma.

Après son arrestation en janvier 1996, Elfriede Blauensteiner avait également reconnu avoir tué trois autres personnes entre 1992 et 1995 en les empoisonnant avec des surdoses de médicaments: son ancien mari Rudolf, âgé de 52 ans, une femme de 84 ans, Franziska Koeberl, et le retraité Friedrich Doeker, 65 ans. Elle était par la suite revenue sur ses aveux.

Serial killeuse : 
Tamara Samsonova, mortelle Babouchka

Une tranquille retraitée russe, accessoirement cannibale.

Carte d’identité

Nom: Tamara Samsonova.
Née en: 1947, à Oujour, Russie.
Occupation: Employée d’hôtel à la retraite.
Nombre de meurtres: Probablement 11.
Période d’activité: 1995-2015.
Mode opératoire: Empoisonnement, puis dépeçage.
Sentence: Internée à vie

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Tamara aime Valya. Elle l’a inscrit noir sur blanc dans l’un des carnets qui composent son journal intime: «Je suis amoureuse de Valya.» C’est limpide. Passionné. Presque juvénile. C’est unilatéral, aussi. Depuis que Valya, 79 ans, partage son logement – l’un de ces appartements communautaires qui pullulent encore à Saint-Pétersbourg – Tamara ressent des choses qui vont au-delà de la cordialité pour sa colocataire. Du haut de ses 68 printemps, en 2015, elle nourrit en fait des sentiments fusionnels pour cette partenaire de vie, peut-être sa dernière. Mais Valya – Valentina pour l’état civil – est peu réceptive à ces étouffantes effusions. Au point d’interdire l’accès à son espace personnel. Manque de chance, se laisser repousser, ce n’est pas trop le style de Tamara.

Un soir du mois de juillet, alors qu’elle prépare une salade Olivier, aux pommes de terre, petits pois et carottes coupés en cubes très fins, Tamara y ajoute un ingrédient particulier: du Phenazepam. Ce puissant somnifère conçu durant l’ère soviétique, interdit en France et très contrôlé en Suisse, demeure un classique de l’armoire à pharmacie des foyers russes. Elle se saisit d’un cachet, le pile, puis verse la poudre dans l’assiette de Valya. Un deuxième suit, puis un troisième. Au cinquantième, Tamara décide que la salade est prête. Les deux babouchkas se mettent à table et dînent.

Une scie à la main

Tamara a l’habitude de se réveiller à 5 heures tous les matins, elle part donc se coucher peu après le repas. Au milieu de la nuit, quelque chose la réveille: l’absence de bruit. Où est Valya, cette couche-tard ? Sortir du lit, chercher Valya… Valya? Cette dernière n’a même pas pu atteindre sa chambre. Elle s’est écroulée depuis longtemps dans la cuisine, dans une sorte de coma. Les haussements bruyants de sa poitrine prouvent que la vieille dame respire toujours. Qu’elle vit encore. Tamara se dit que c’est le bon moment pour commencer à la découper en morceaux.

Valya ne le saura jamais: sa colocataire un peu collante, qui cache un visage devenu ingrat avec l’âge sous un châle de vieillarde, est une tueuse en série. Transformer efficacement un bipède de 1 m 70 en reliques indécelables dans la nature, elle sait faire. A 2 heures du matin, Tamara s’agenouille donc sur le sol de la cuisine, une scie à la main. Valya, avec sa forte corpulence, n’est pas un cadeau, songe la bouchère, qui fignole ensuite le boulot dans la baignoire, avant d’empaqueter sa dame. Quelques colis à livrer, il est temps d’aller prendre l’air…

Et puis, tout redevient normal. Dans Dimitrova, quartier de la banlieue sud de Saint-Pétersbourg, cette fin du mois de juillet est paisible. Le soleil se lève et se couche plusieurs fois, quand soudain, le 25, des escouades de policiers s’agitent dans les parages. Avec eux, des chiens qui reniflent nerveusement le bitume, reconstituant une piste qui remonte d’un point A à un point B.

Le point A, c’est une décharge sauvage, où des restes humains viennent d’être découverts: un bout de torse auquel est encore attaché un bras, enveloppé dans un rideau de douche, et un sac plastique contenant des hanches, prolongées par des moignons de cuisses. L’odorat des canidés ne tarde pas à détecter le point B. C’est un immeuble tout proche. Les pandores sont dans un moment de veine: plusieurs caméras de surveillance tapissent le corridor et les escaliers. Des heures et des heures passées à visionner, jusqu’à ces images. Stupéfiantes. On y voit une femme âgée descendre et remonter les marches. Sept fois. En pleine nuit. Traînant ou portant des sacs. Un véritable ballet. Lors d’un des voyages, l’étrange noctambule, vêtue d’un anorak bleu, transporte une marmite. On le saura plus tard, celle-ci contenait la tête et les mains de Valya, mais ces parties ne seront jamais retrouvées. Forts de leur découverte, les policiers n’ont plus qu’à toquer à la bonne porte…

Tamara Samsonova, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, avoue aussitôt. Ce meurtre, mais également deux autres, qu’elle aurait commis au cours de la dernière décade. Les enquêteurs la croient sur parole: dans l’appartement, outre des traces de sang lavées à la hâte, ils découvrent des carnets rédigés dans un sabir mêlant russe, allemand et anglais. La retraitée y détaille ses assassinats – une dizaine – dont certains remontent à la fin des années 1990. Des dégustations anthropophages émaillent ces sordides comptes rendus. L’auteure appréciait manifestement les organes internes, surtout les poumons. La bibliothèque, elle, recèle une collection d’ouvrages de sorcellerie et de magie noire. Dans l’un d’eux, des pages déchirées. Les fragments manquants «parlent» à la police pétersbourgeoise: ils avaient été retrouvés, en 2003, sur les morceaux d’un cadavre masculin découverts dans le même quartier.

Très vite les soupçons s’accumulent. Tamara Samsonova serait la clé d’autres affaires non résolues recensées dans le district depuis le début des années 2000. Ainsi, son mari Leonid, évaporé en 2005 pour suivre une autre femme – comme elle le racontait à l’époque – pourrait bien être enterré dans le coin. Et sa belle-mère, décédée dans des conditions étranges, est aussi rajoutée à son possible tableau de chasse.

Un bisou aux journalistes

Symbole de la sagesse pour les Russes, la babouchka, avec Tamara, s’est transformée en un monstre maléfique. Autorités, médias et habitants frissonnent devant celles qu’ils surnomment Mamie l’éventreuse. Celle-ci raconte qu’elle a été actrice. Ou plutôt non, danseuse. Avant de changer de version. En fait, c’est une employée d’un palace de Saint-Pétersbourg à la retraite. Lors de sa comparution devant le juge, en août 2015, la vieille dame reconnaît, penaude, sa culpabilité, avant de souffler un baiser aux personnes présentes à l’audience…

Mais la présumée coupable finit par se rétracter. Certes, elle a supprimé Valya, mais les morts de son journal ne sont que les fruits pourris de son imagination. Plus tôt, cette année, un comité d’experts l’a diagnostiquée schizophrène paranoïde, scellant son destin: malgré son potentiel de nuisance, Tamara ne peut pas être reconnue responsable de ses actes. Par grande prudence, on l’avait quand même internée définitivement à l’hôpital psychiatrique spécial de Kazan, dès février 2016.

Pas de sentence, mais pas de révélations non plus. Des corps sont peut-être ensevelis à jamais sous des constructions récentes du quartier de Dimitrova. «Samsonova est soit beaucoup plus stupide, soit beaucoup plus intelligente qu’elle n’y paraît», déclarait une source proche de l’enquête. Elle-même, le sait-elle?

Serfs surexploités au XVIIIe siècle, attentats contre le tsar, révolution d’Octobre, meurtre de Raspoutine, siège dramatique pendant la Seconde Guerre mondiale: la belle Saint-Pétersbourg a une histoire tourmentée.

Une photo de Tamara Samsonova prise durant sa jeunesse. La future tueuse travaillait alors dans un prestigieux hôtel de la ville.

Tamara Samsonova était obnubilée par le plus célèbre tueur en série russe: Andrei Chikatilo, alias le boucher de Rostov. Ce professeur de littérature a commis 55 assassinats entre 1978 et 1990, pour la plupart des femmes et des enfants, dont il découpait et goûtait la chair. Arrêté une première fois en 1984, relâché, il a enfin été stoppé après une vaste opération de police, puis exécuté en 1994.
©Sygma via Getty Images

Une page de l’un des carnets retrouvés par la police. Ils mélangent des paragraphes en allemand, en anglais et en russe.

GIULIA TOFANA, LA REINE DES EMPOISONNEUSES 

PEINTURE À L’HUILE REPRÉSENTANT UNE FEMME PRATIQUANT LA SORCELLERIE À BASE D’AQUA TOFANA. 

 GIULIA TOFANA, LA REINE DES EMPOISONNEUSES 

Giulia Tofana est l’idole des femmes à Rome, au XVIIe siècle. A l’époque, les mariages arrangés, voire forcés, sont la règle. Mais certaines femmes refusent de s’y plier : elles s’adressent alors à la belle Giulia. Celle-ci leur fournit un poison très puissant, sans goût, qui leur permet de se débarrasser de leurs époux. Elle excelle tellement dans son art qu’elle donnera plus tard son nom à un poison, l’Aqua Tofana ! Exécutée en juillet 1659, l’empoisonneuse en série craque pendant son procès et révèle l’ampleur de ses crimes : entre 1633 et 1659, Giulia Tofana avoue avoir empoisonné 600 hommes. 

Darya Saltykova, la comtesse malfaisante
aux 138 victimes

Cette veuve tyrannique martyrise ses serfs pendant douze longues années.

Il gèle sur la place Rouge de Moscou, en ce début d’octobre1768. Pourtant une foule compacte se presse pour défiler devant une estrade de bois, montée à la hâte quelques jours plus tôt, sur ordre de la Grande Catherine elle-même. Aux premiers rangs des spectateurs se tiennent une dizaine de paysans, venus pour l’occasion. La plupart sanglotent en silence, de tristesse autant que de soulagement. Ils sont enfin vengés. Etroitement attachée sur une chaise de bois, une femme au regard fixe, impassible. Elle a 38ans, les cheveux déjà grisonnants. Une pancarte est attachée autour de son cou, portant une inscription : « Comtesse Darya Nikolayevna Saltykova, dite Saltichikha, meurtrière et tortionnaire. » Elle a été condamnée à être exposée durant une heure. Une courte peine comparé au long cauchemar qu’elle a fait vivre à ses serfs pendant douze ans.

Ses cibles ? Ses servantes

Tout commence en 1756 : à 26ans, la comtesse devient veuve, hérite de vastes terres dans la région moscovite sur lesquelles travaillent plus de 600 serfs. Toute-puissante dans son fief. Pour une raison inconnue, elle commence rapidement à adopter un comportement tyrannique avec son personnel féminin. Elle prend ses servantes pour des souffre-douleur, les fait fouetter pour des peccadilles. A celles qui n’entendent pas ses ordres du premier coup, elle fait percer les tympans ou arracher les oreilles avec des tenailles. Saltichikha prend plaisir à les torturer elle-même. Son statut d’aristocrate, son pouvoir et sa richesse lui permettent de laisser libre cours à la violence qui ne cesse de croître en elle. Elle s’acharne particulièrement sur les femmes enceintes et les jeunes filles qui ont le malheur de croiser son chemin. La comtesse s’amuse à leur broyer les membres, leur arrache les yeux, les mutile.

Les pères et les époux des malheureuses tentent de faire entendre leurs plaintes, mais ils sont réduits au silence par des fonctionnaires soudoyés par la comtesse; les plus insistants sont tout simplement emprisonnés ou exécutés. Mais en avril 1762, deux paysans, Sakhvely Martynov et Ermolay Ilyin, décident d’aller jusqu’au palais d’Hiver à Saint-Pétersbourg pour transmettre eux-mêmes leur plainte à Catherine II. La détresse des serfs est enfin entendue. L’impératrice ordonne à son collège de justice d’enquêter.

138 disparitions suspectes

L’instruction va durer six ans. L’enquêteur principal, Stepan Volkov, peine à recueillir le témoignage des paysans, terrorisés par la comtesse… Mais au final, les faits sont accablants: il constate 138 disparitions inexpliquées sur les terres de Saltichikha et rassemble les preuves de sa culpabilité pour 38 meurtres. La Grande Catherine ordonne son arrestation en 1762. Saltykova admet les tueries, mais refuse de se repentir. Le 2 octobre 1768, elle est condamnée par ses pairs à la réclusion perpétuelle dans le cloître Ivanovsky de Moscou, où sont retenues des criminelles et des femmes de l’aristocratie atteintes de maladies mentales ou impliquées dans des scandales politiques.

Après son heure d’infamie sur la place Rouge, Darya Saltykova est enfermée dans un cachot souterrain, sans fenêtre. L’obscurité y est totale, sauf pendant les repas, pris à la lueur d’une bougie. Aucune communication n’est permise. En 1779, au bout de onze ans dans les ténèbres, la comtesse est transférée dans une cellule pourvue d’une minuscule fenêtre. Mais son esprit reste à tout jamais dans les ténèbres: elle mourra à 71ans dans sa cave, complètement démente. 


Ouverture du procès en appel du “Boucher des Balkans” Ratko Mladic

Ratko Mladic au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye, le 22 novembre 2017

Ratko Mladic au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye

Il est apparu, frêle silhouette portant un masque qu’il a ensuite ôté, et s’est plaint d’avoir du mal à suivre les travaux du tribunal dans ses écouteurs.

“Cette audience est inappropriée et fait courir le risque d’un déni de justice”, a déclaré dans son propos préliminaire son avocat, Dragan Ivetic.“Je ne suis pas en mesure d’obtenir des instructions correctes de sa part et je ne suis pas sûr qu’il puisse suivre convenablement les débats“.

Le fils de l’ancien chef militaire a lui aussi affirmé que la santé de son père ne lui permettait pas de se préparer aux audiences. “Il n’a pas l’énergie nécessaire” et sa mémoire peut lui jouer des tours, a expliqué Darko Mladic, mais le Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI) a jugé que les conditions n’étaient pas remplies pour justifier un nouveau report.

Surnommé le “Boucher des Balkans”, Mladic a été condamné en première instance en 2017 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à la détention à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son rôle dans la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait quelque 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Les premières audiences dans son procès en appel, sont fermées au public en raison du nouveau coronavirus, et se dérouleront devant le MTPI, qui a repris les travaux du TPIY après sa fermeture.

Ratko Mladic aura l’occasion de prendre la parole personnellement mercredi, pendant 10 minutes, en fin d’audience.

“Rempli d’erreurs”

Il a notamment été condamné en première instance pour son rôle dans le siège de Sarajevo et le génocide de Srebrenica en 1995, pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, où plus de 8 000 hommes et garçons musulmans ont été tués par les forces serbes de Bosnie.

La défense et l’accusation ont toutes deux fait appel. Dans son jugement, le TPIY a acquitté Mladic du chef de génocide dans plusieurs autres municipalités, ce qui constitue l’essentiel de l’appel interjeté par le procureur.

Pour l’avocat de la défense Dragan Ivetic, le premier jugement est “rempli d’erreurs”, comme les liens faits entre Mladic et des crimes perpétrés en 1991, avant qu’il n’intègre la chaîne de commandement militaire.

Les juges se sont trompés en incluant dans le procès des exactions présumément commises par les subalternes de Mladic, a soutenu de son côté Peta-Louise Baggott, une autre avocate de la défense.

A cause de la pandémie, les familles de victimes ne se rendront pas à La Haye.

“C’est la première fois que nous n’assistons pas à un événement important se déroulant au tribunal à La Haye”, a déclaré à l’AFP Munira Subasic, présidente de l’association des Mères de Srebrenica.

Toutefois, Mme Subasic ne souhaite pas un autre report du procès : le MTPI “ne doit pas perdre la motivation et doit achever sa mission”, estime-t-elle. “Nous espérons que Mladic sera reconnu coupable de génocide pour des crimes commis dans d’autres municipalités aussi, pas seulement pour ceux commis à Srebrenica”, ajoute-t-elle.

Ratko Mladic est l’un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic et l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d’une crise cardiaque en 2006, avant l’achèvement de son procès.

Karadzic, condamné à 40 ans de prison en première instance pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a finalement été condamné en appel à la prison à vie en 2019.

Ottis Toole, le cannibale de Jacksonville

Ottis Toole | Photos | Murderpedia, the encyclopedia of murderers

Avec son amant, il écume le pays
et tue plus de 100 personnes.

A 5 ans, le jeune Ottis Toole connaît par cœur le cimetière de Jacksonville (Floride). Il s’y rend chaque semaine avec sa mamie. Ils n’y déposent pas de fleurs pour les défunts, ni ne prient pour le repos de leur âme. La nuit, ils s’y introduisent pour profaner les tombes fraîches et déterrer les cadavres ! Ottis passe ensuite des heures à aider sa sataniste de grand-mère à les démembrer en préparation à ses rituels déments…

Un premier meurtre à 14 ans

A 7 ans, il boit autant que son père, pour oublier les abus sexuels qu’il lui fait subir. A 9 ans, son beau-père, également incestueux, lui fait découvrir la drogue. Il emprunte des vêtements à sa sœur aînée, qui l’oblige à se prostituer. Il commet son premier meurtre à 14 ans, en écrasant un voyageur de commerce ayant tenté de l’agresser. Livré à lui-même, il vit de vols et fait plusieurs séjours en prison. Pendant les dix années suivantes, il vagabonde du Colorado au Nebraska. Son chemin est parsemé de disparitions et de crimes qui restent irrésolus pour la police.

Ottis Toole et Henry Lee Lucas, un couple de sadiques

En 1976, il a 29 ans lorsqu’il rencontre dans une soupe populaire de Jacksonville le grand amour de sa vie, Henry Lee Lucas: un paumé qui a peu ou prou le même profil que lui et qui vient d’être libéré après avoir purgé une condamnation pour matricide… Pendant cinq ans, ce couple de sadiques sème la mort sur son passage, insaisissable car couvrant des milliers de kilomètres à travers de nombreux Etats. Ils braquent des épiceries, des stations-services et des petits commerces divers. Avant de rafler la caisse, Ottis et Henry tuent le commerçant dans l’arrière-boutique, puis le violent post mortem, qu’il soit homme ou femme, peu leur importe. Les autostoppeurs sont des proies quasi quotidiennes. Le mode opératoire du duo est variable, ils tuent au hasard, n’importe qui, n’importe comment. Lorsqu’il en a l’occasion, Toole démembre ses victimes et les mange, accompagnés d’une sauce de sa composition. Son compagnon ne partage pas ses goûts culinaires: Lucas préfère s’adonner à la bestialité.

108 victimes en 6 ans

Le 11 juin 1983, ce dernier est arrêté pour port d’armes illégal et interrogé par le shérif au sujet de deux meurtres commis dans la région, près de Ringgold (Texas). Lucas avoue en deux jours et ajoute avoir tué au moins 300 personnes à lui seul : « Ça fait dix ans que je commets des meurtres, mais personne ne veut me croire. Je ne peux pas continuer comme ça. » Il dénonce Toole pour les homicides commis depuis leur rencontre. Le cannibale de Jacksonville est à son tour arrêté en Floride quelques mois plus tard. Il commence par avouer quatre meurtres dont il est suspecté, puis se targue d’avoir fait 108 victimes avec son complice Lucas. En 1984, ils sont tous deux condamnés à la perpétuité. En prison, où il mourra d’une cirrhose en 1996, Toole devient une star, promettant à tous ceux qui voudront bien lui écrire de leur donner la recette de sa « sauce barbecue » cannibale.

Ces tueurs en série ont battu des records
dans l’horreur

Thug Behram, le plus meurtrier

THUG BEHRAM, LE PLUS MEURTRIER 

CET INDIEN APPARTENANT À LA SECTE DES THUGS (ADORATEURS DE LA DÉESSE KALI), DÉTIENT UN TRISTE RECORD : CELUI DU PLUS GRAND NOMBRE DE VICTIMES. ENTRE 1790 ET 1840, IL AURAIT TUÉ 931 PERSONNES PAR strangulation, pour les « offrir » à la déesse de la mort. Il a été pendu en 1840. 

 

ROBERT HANSEN A UNE PASSION POUR LA CHASSE. SAUF QUE SES PROIES PRÉFÉRÉES SONT… DES FEMMES. CE GENTIL PÈRE DE FAMILLE ENLÈVE des strip-teaseuses et des prostituées sans histoires, les relâche dans une forêt d’Alaska, leur ordonne de se déshabiller et de courir avant de les chasser comme des animaux. Il a été condamné en 1984 à 461 ans de prison pour les meurtres de 17 femmes. 

 John Cusack a joué le rôle de Robert Hansen dans le film "Frozen Ground" (2013)

JOHN CUSACK A JOUÉ LE RÔLE DE ROBERT HANSEN DANS LE FILM “FROZEN GROUND”

ALBERT FISH, LE PLUS ATTEINT 

ALBERT FISH CUMULE TELLEMENT DE TROUBLES MENTAUX ET FÉTICHISTES QU’IL A ÉTÉ QUALIFIÉ DE PHÉNOMÈNE PSYCHIATRIQUE ! Masochiste – il s’est coupé seul la moitié du pénis –, en 1925, à 55 ans, il commence à tuer et à castrer des enfants, des déficients mentaux et des Noirs. Il les mutile avec des outils de boucher, les torture, pratique des actes de cannibalisme, qu’il décrit en détail dans de longues lettres envoyées aux parents de ses victimes. Il est exécuté en 1936. Sa dernière lettre envoyée à son avocat est tellement obscène qu’elle n’a même jamais été rendue publique. Une des maisons d'Albert Fish

UNE DES MAISONS D’ALBERT FISH 

JEFFREY DAHMER, LE PLUS VIOLENT 

JEFFREY DAHMER, QUI TUA 17 JEUNES HOMMES ENTRE 1978 ET 1991, A REPOUSSÉ TOUJOURS PLUS LOIN LES FRONTIÈRES DE L’HORREUR. VIOLS, DÉMEMBREMENTS, nécrophilie, cannibalisme… Il allait jusqu’à percer le crâne de ses victimes, encore vivantes, pour y injecter de l’acide chlorhydrique. Son idée ? Les transformer en zombies. Condamné en 1992 à 957 ans de prison pour 17 meurtres, il est mort sous les coups d’un autre prisonnier deux ans plus tard.Jeffrey Dahmer s'est confié dans une interview

JEFFREY DAHMER S’EST CONFIÉ DANS UNE INTERVIEW 

Gilles de Rais, le vrai Barbe Bleue

GILLES DE RAIS, LE VRAI BARBE BLEUE 

LE COMPAGNON DE GUERRE DE Jeanne d’Arc est resté dans l’Histoire comme le premier serial killer français et se confond dans l’imaginaire avec le personnage de Barbe Bleue. En 1440, ce baron est arrêté dans son château de Machecoul, dans les marches de Bretagne, pour « hérésie, sodomie et meurtres ». Il est pendu et brûlé le 26 octobre 1440, après avoir avoué avoir fait assez de mal « pour faire condamner à mort 10 000 hommes ». Selon les documents du procès, Gilles de Rais a violé, torturé et tué… 140 jeunes garçons  

Erzsebeth Bathory, la plus sanglante 

Erzsebeth Bathory a une drôle de passion. Elle adore prendre des bains… de sang ! A la fin du XVIe siècle, cette comtesse hongroise s’amuse à saigner des jeunes filles en les enfermant dans un sarcophage à pointes qu’elle appelle « la vierge de fer ». Arrêtée en 1610, la comtesse sanguinaire est condamnée à être emmurée vivante avec pour seul objet un miroir. Elle aurait fait plus de 600 victimes.
La comtesse Elizabeth Báthory (Báthory Erzsébet en hongrois) dite la comtesse sanglante (1560 – 1614), est une aristocrate hongroise connue pour avoir fait torturer à mort par plaisir sadique 650 jeunes femmes (le chiffre varie selon les sources). Elle les aurait mordues et aurait fait verser leurs sangs dans sa baignoire comme un élixir de jouvence. Cette dernière version ne fut pas soutenue par les actes contemporains de son procès en 1611.

Personnalité

Elisabeth Báthory est née en 1560, d’une famille de sang royal comptant dans ses proches parents un cousin-germain prince de Transylvanie, Sigismond Bathory, un oncle qui devint roi de Pologne, des gouverneurs de province, de hauts magistrats, des évêques et un cardinal. Cette famille remontait très loin dans le temps et comptait un certain nombre d’aventuriers hongrois descendant probablement des Huns et qui s’étaient imposés par le sang et la violence, comme il était de règle à ces époques troublées. C’est dans cette atmosphère très particulière, encombrée de sortilèges et de traditions ancestrales venus d’ailleurs, que se déroula l’enfance d’Elisabeth Báthory, et cela explique certainement beaucoup de choses concernant le comportement et le mode de pensée de cette comtesse qu’il faut bien se résoudre à qualifier de “sanglante”.

Une lourde hérédité

On ne peut faire abstraction de la lourde hérédité d’Elisabeth : sa lignée ne comportait pas que des petits saints et un certain nombre de ses ancêtres avaient été des brutes sanguinaires : un de ses frères était un dépravé pour lequel tout était bon, la plus tendre fillette comme la plus ratatinée des femmes âgées ; une de ses tantes, grande dame de la cour de Hongrie, défrayait la chronique scandaleuse : on disait, “tribade” à l’époque, qu’elle était tenue pour responsable d’avoir déshonoré des douzaines de petites filles. Et puis, la propre nourrice d’Elisabeth, Ilona, qui deviendra son âme damnée, personnage trouble et inquiétant, pratiquant la magie noire et les sortilèges les plus pervers, eut une influence déterminante sur l’évolution de son esprit.
Les descriptions qu’on possède d’Elisabeth Báthory, ainsi qu’un portrait qu’on en a conservé, nous la montrent d’une grande beauté : “les démons étaient déjà en elle ; ses yeux larges et noirs les cachaient en leur morne profondeur ; son visage était pâle de leur antique poison. Sa bouche était sinueuse comme un petit serpent qui passe, son front haut, obstiné, sans défaillance. Et le menton, appuyé sur la grande fraise plate, avait cette courbe molle de l’insanité ou du vice particulier. Elle ressemblait à quelques Valois dessiné par Clouet, Henri Ill peut-être. Bref, elle dissimulait quelque chose de mélancolique, de secret et de cruel…”

Une jeunesse dans l’isolement

On ne sait pas grand-chose sur la jeunesse et l’adolescence d’Elisabeth, sinon qu’elle se réfugiait souvent dans une solitude farouche. Dès son jeune âge, elle fut confiée à sa future belle-mère qui devait en faire une châtelaine soumise et pieuse, selon la plus pure tradition hongroise. Celle-ci l’assénait de prières et de saintes lectures. Par ailleurs, depuis son plus jeune âge, elle souffrait de maux de tête parfois intolérables qui la faisaient se rouler par terre. Était-ce de l’épilepsie ? Il semble plutôt qu’Elisabeth était en proie à des crises d’hystérie qu’il était tentant (à l’époque) d’assimiler à des crises de possession démoniaque.

Une mystérieuse maternité

On prête à Elisabeth plusieurs aventures masculines avant son mariage et après son veuvage. Toute jeune, immédiatement après sa puberté, elle aurait eu une petite fille d’un paysan. Elle avait quatorze ans et elle était déjà fiancée à Férencz Nàdasdy, un comte appartenant à la meilleure noblesse hongroise, redoutable guerrier qui devint illustre et mérita, par la suite, le titre de “Héros noir de la Hongrie”. Il semble alors que, se trouvant enceinte, elle demanda à Orsolya Nàdasdy, mère de son fiancé, laquelle était chargée de sa “protection”, la permission d’aller dire adieu à sa propre mère, Anna Báthory, accompagnée d’une seule femme en qui elle avait toute confiance.
Craignant le scandale et la rupture du mariage de sa fille, Anna Bathory aurait amené secrètement Elizabeth dans un de ses châteaux les plus éloignés, du côté de la Transylvanie, laissant courir le bruit que sa fille, atteinte d’une maladie contagieuse, avait besoin de repos et d’isolement absolus. Elle l’aurait alors soignée, aidée d’une femme venue du château familial de Csejthe et d’une accoucheuse qui avait fait le serment de ne rien révéler. Une petite fille serait née, à laquelle on aurait donné également le prénom d’ “Elizabeth” et qui aurait été confiée à la femme de Csejthe, qui avait accompagné sa fille.

Mariage

Les noces d’Elisabeth Báthory et de Ferencz Nàdasdy eurent lieu le 8 mai 1575. Elizabeth avait quinze ans, et son mari en avait vingt et un. L’empereur Maximilien de Habsbourg assista lui-même au mariage. Le roi Matthias de Hongrie et l’archiduc d’Autriche envoyèrent de somptueux cadeaux aux nouveaux époux qui s’en allèrent passer leur lune de miel dans le château de Csejthe, dans le district de Nyitra, région montagneuse du nord-ouest de la Hongrie, encore célèbre aujourd’hui par la qualité de ses vignobles, mais aussi pour ses châteaux forts en ruines, ses histoires de fantômes et ses traditions vivaces de vampires et de loups-garous.

Le séjour de Férencz Nàdasdy fut de courte durée, ses devoirs de combattant l’appelant à la guerre à travers toute la Hongrie et les pays avoisinants. Il laissa donc Elisabeth régner sur le château de Csejthe et sur les vastes domaines qui l’entouraient. Il est probable que la sensualité d’Elizabeth, fortement éveillée par son mari (qui lui fit d’ailleurs trois enfants : Osolya, Katherine et Pal, qui fut l’héritier tant attendu après des années de mariage), se sentit alors quelque peu frustrée. On lui prêta plusieurs intrigues amoureuses, mais sans lendemain, dont une avec un de ses cousins, le comte Gyorgy Thurzo, futur premier ministre de Hongrie et qui fut d’ailleurs, par la suite, son juge le plus sévère.

Le visiteur noir

Le seul tort du mari était d’être trop souvent absent. Un jour de 1586 ou 1587, alors que Férencz Nàdasdy était en plein combat contre les Serbes, on raconte qu’arriva au château de Csejthe, un grand jeune homme au teint cadavérique, nommé Cadevrius Lecorpus. Il était habillé de noir, avait de profonds yeux noirs et de longs cheveux noirs tombant jusqu’aux épaules. Son allure ne laissa pas les servantes de la comtesse perplexes sur l’identité de l’inconnu. D’ailleurs, lorsque celles-ci racontèrent au village de Csejthe que sans doute, Erzébeth avait invité un serviteur du diable, les villageois n’allèrent plus se coucher sans avoir soigneusement barricadé leurs portes et leurs fenêtres avec des planches. Cet homme avait sûrement été une sorte de sorcier, ou de prêtre plein, qui initia Elizabeth à certaines pratiques magiques. Car elle ne faisait pas mystère de ses fréquentations auprès des mages, des sorcières et autres personnages, toujours féminins, qui officiaient dans les forêts, à l’abri des regards indiscrets.

Le plus étrange fut que, depuis cette fameuse visite, la comtesse changea de comportement… en effet, durant plusieurs semaines, Elizabeth ne sortit pas de chez elle et semblait s’être retirée du monde. A son procès, des paysans témoignèrent que pourtant, durant cette période, ils la virent avec une autre femme (une noble travestie), torturer à mort une malheureuse jeune fille. D’après leurs dires, la façon dont elles la battaient était d’une violence inouïe ! Premier changement : la comtesse était devenue très violente…

Veuvage et crimes

Férencz Nàdasdy mourut en 1604.  Devenue veuve, Elisabeth semble n’avoir rien changé à son mode de vie. Les tortures qu’elle infligeait à ses servantes, elle les pratiquait depuis longtemps et son mari le savait parfaitement, considérant celles-ci comme de simples amusements de la part de sa femme.  L’un des témoignages du procès est catégorique : à la question de savoir depuis combien de temps la comtesse maltraitait les jeunes filles, un témoin répond : “elle commença quand son mari était encore en vie, mais alors ne les tuait pas. Le comte le savait et ne s’en souciait guère”.

Recherche de l’élixir de beauté

On raconte une curieuse anecdote sur la naissance de la fascination d’Elizabeth pour le sang qui coule : un jour qu’elle avait frappé une servante assez violemment pour la faire saigner du nez, parce qu’elle lui avait tiré les cheveux en la peignant, un peu du sang de la jeune fille tomba sur le poignet d’Elizabeth ; un peu plus tard, la comtesse crut remarquer que la peau de l’endroit où était tombé le sang était devenue plus blanche et plus douce que la peau environnante ; intriguée, elle se baigna le visage avec le sang d’une des victimes de ses orgies : son visage lui sembla rajeuni et revivifié par le traitement.

Le souci primordial d’Elizabeth, depuis son plus jeune âge, avait été sa beauté : elle avait une peur atroce de vieillir et de s’enlaidir. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle imagine pouvoir indéfiniment préserver sa beauté grâce à du sang frais de jeunes filles, de préférence vierges, donc revêtues de cette aura magique que confère la virginité. “Le sang, c’est la vie !” mais pour Erzébeth, la vie, c’était la beauté et la jeunesse.  Elizabeth passait son temps au château de Csejthe, faisant également de fréquents séjours à Presbourg et surtout dans la demeure qu’elle avait acquise à Vienne, non loin de la cathédrale, demeure qui semble avoir été marquée aussi par de sanglantes orgies.

Une équipe de sorcières

À Csejthe comme ailleurs, Elizabeth était toujours accompagnée de sa nourrice Jo Ilona et de sa servante Dorottya Szentes, dite Dorko, deux femmes probablement sectatrices d’une de ces mystérieuses cohortes de sorcières avorteuses qui pullulaient encore dans les campagnes de l’Europe centrale. Il semble qu’elles aient été les principales pourvoyeuses de “chair fraiche” de la comtesse, en même temps que ses “agents d’exécution” quand il s’agissait de frapper, de saigner, puis d’enterrer les malheureuses victimes.  Autour de ce duo infernal, il y avait un homme à tout faire, Ujvari Jano, dit Ficzko et une lavandière, Katalin Beniezky. Elizabeth vivait au milieu de cette troupe entièrement vouée à son service et à la satisfaction de ses instincts.

Un autre personnage vint bientôt compléter la sinistre troupe, une certaine Darvulia Anna. Il apparaît que Darvulia était une sorcière de la meilleure tradition, une magicienne noire qui connaissait des formules et des incantations sataniques et qui n’hésitait pas à procéder à des sacrifices humains pour obtenir l’aide des puissances démoniaques. Sans doute Darvulia Anna sut-elle convaincre Elizabeth Bathory, déjà quadragénaire mais toujours très belle, qu’elle connaissait les recettes infaillibles pour prolonger indéfiniment cette beauté.

Les “vaches à sang” de la comtesse

Il y avait aussi le personnel “volant”, de belles jeunes filles dont elle faisait ses servantes, et parfois ses concubines, du moins tant qu’elle y trouvait une certaine nouveauté. Car ces “servantes” disparaissaient les unes après les autres, et il fallait bien que le “personnel permanent” se chargeât de renouveler un cheptel qui devait être toujours jeune et beau.  On prétend même que la comtesse veillait à ce que ces jeunes filles retenues prisonnières fussent bien nourries et engraissées, car elle croyait que plus elles étaient dodues, plus elles avaient de sang dans les veines, et que plus elles étaient bien portantes, plus la vertu de ce sang était efficace. Plus que jamais, le sang était la vie : Elizabeth croyait-elle pouvoir échapper au vieillissement et à la mort, et gagner ainsi une éternelle jeunesse ? Il semble qu’il faille prendre très au sérieux cette conviction.

Les plus belles filles de Transylvanie et de Hongrie, lorsqu’elles étaient repérées par les émissaires de la comtesse, prenaient le chemin du château de Csejthe. Tous les moyens étaient bons : menaces, intimidation, promesses d’argent, achat pur et simple dans certaines familles pauvres. Mais la plupart d’entre elles ne ressortaient jamais plus de la sinistre forteresse.

Supplices

On a probablement fort exagéré les récits concernant les supplices infligés à ces innocentes jeunes filles par la comtesse Bathory et ses âmes damnées. Mais il en est de suffisamment établis pour se faire une idée de l’atmosphère malsaine et macabre qui régnait dans les souterrains du château de Csejthe.  Les filles étaient frappées avec violence. Certaines avaient le cou percé. D’autres étaient liées avec des cordes qu’on tordait ensuite afin qu’elles puissent s’enfoncer dans les chairs, ce qui permettait de leur ouvrir les veines et de faire jaillir le sang sur la comtesse.

On prétend même qu’on remplissait parfois des baignoires de sang et qu’Elizabeth s’y baignait avec ravissement mais comme sa peau délicate ne supportait pas d’être essuyée avec des serviettes, ce sont d’autres filles qui devaient la débarrasser du sang en lui léchant tout le corps avec leurs langues. Celles qui, ne supportant pas une telle horreur, s’évanouissaient, étaient ensuite sévèrement châtiées avant de servir de victimes à leur tour.

Arrestation et procès

Rumeurs et enquête

Malgré les précautions infinies prises par Erzébeth et ses complices, certaines personnes commencèrent à murmurer. Erszebeth renouvelait sans cesse le personnel de son château, c’est-à-dire des jeunes paysannes que son serviteur Ficzko emmenait, soit de force, soit en amadouant leurs parents avec de belles robes, et la promesse d’une vie meilleure aux côtés de la Comtesse. Seulement, au bout d’un certain temps, les familles de ces jeunes filles se demandaient ce que devenaient leurs enfants, car aucune nouvelle ne leur parvenait, et ce fut le déclencheur des premiers doutes au sujet de ce que pouvait mijoter la Comtesse. Des rumeurs parvinrent jusqu’à la cour de Vienne et les autorités ecclésiastiques, sentant qu’il y avait sans doute des pratiques relevant de l’hérésie ou du paganisme, commencèrent à se livrer à de discrètes enquêtes.

Le roi Matthias II de Hongrie décida de prendre l’affaire en main. Convaincu, par certains témoignages, que l’héritière des Bathory était coupable de crimes de sang, il ordonna une enquête qu’il confia au gouverneur de la province, lui-même cousin d’Erzébeth.  Le gouverneur se rendit secrètement à Csejthe et s’informa auprès de certaines personnes de confiance, en particulier le pasteur Andras Berthoni qui avait rédigé un long mémoire dans lequel il accusait Erzébeth d’avoir fait mettre à mort neuf jeunes filles et de l’avoir contraint à les enterrer pendant la nuit. L’envoyé du roi Matthias fut très vite édifié, et, lorsqu’il eut fait son rapport, le roi ordonna l’arrestation de la comtesse Bathory et tous ses complices. Et cette tâche, il la confia à un autre cousin d’Erzébeth, son premier ministre le comte Gyorgy Thurzo, qui avait aussi été son amant.

Arrestation

Le 29 décembre 1610, à la tête d’une troupe armée et accompagné du curé de Csejthe et en présence des deux gendres d’Elizabeth, le comte Thurzo, le cousin d’Elizabeth pénétra dans le grand château au moment même où se déroulait l’une de ces orgies sanglantes.  Ils découvrirent plusieurs douzaines de jeunes filles, d’adolescentes et de jeunes femmes. Certaines étaient affaiblies, presque complètement vidées de leur sang ; d’autres, dans un état d’hébétude totale, étaient encore intactes : c’était le bétail réservé aux prochaines orgies. Par la suite, on exhuma une cinquantaine de cadavres de jeunes filles dans les cours, les dépendances du château et les sous sols.  Lorsque le comte Thurzo se présenta devant elle, elle ne songea pas un seul instant à nier l’évidence. Aux accusations que lui porta légalement son cousin, la comtesse s’enferma dans un mutisme hautain.

Procès et condamnations


Les ruines du chateau de Csejthe

 Le roi Matthias était décidé à aller jusqu’au bout ; Gyorgy Thurzo et les membres des familles Báthory et Nàdasdy également, même s’ils craignaient de supporter les conséquences d’un étalage public des turpitudes de la comtesse. Il devait y avoir procès mais on prendrait soin de n’y point faire paraître la principale inculpée. On se rabattit sur l’entourage immédiat d’Elizabeth.  Matthias était résolu à condamner la comtesse à mort, quels que fussent ses liens avec l’illustre famille des Báthory. Gyorgy Thurzo s’y opposa ; il estima qu’en dépit des crimes que la comtesse avait commis, il fallait songer à sa descendance, et il affirma : “Ce n’est pas parce qu’une branche est pourrie qu’il faut abattre tout l’arbre”.

Les principaux complices, Jo Ilona, Ficzko, Dorko et Katalin Beniezky furent condamnés à la décapitation et exécutés.

Quant à Elizabeth, elle fut condamnée à être murée vive dans ses appartements privés du petit château de Csejthe : sous la surveillance des juges et du comte Thurzo, des maçons murèrent donc les fenêtres et les portes de ses appartements, laissant le miroir, et qu’une petite ouverture par laquelle on passerait tous les jours de l’eau et de la nourriture. Elizabeth se laissa enfermer sans prononcer une parole.

Elle mourut le 21 août 1614. Aux dires de ceux qui la virent dans son dernier sommeil, en dépit de son âge – très avancé pour l’époque – de cinquante-quatre ans, sa beauté était inaltérée.

Le château de Csejthe est resté maudit. Il est aujourd’hui en ruines et on le dit hanté par la comtesse sanglante, qui continuerait de commettre ses crimes. Ces croyances persistantes font qu’elle est souvent considérée comme un vampire et non comme une femme cruelle obsédée par la vieillesse.

Andreï Tchikatilo, le plus inspirant 

Andreï Tchikatilo, surnommé « le boucher de Rostov », est le plus célèbre des serial killers russes. Condamné à mort en 1992 pour 52 meurtres et 5 agressions sexuelles, il a fait frémir les foules en racontant qu’il mutilait les corps et les parties génitales de ses victimes avec les dents et goûtait leur sang. Un récit sordide qui a fortement inspiré une certaine Tamara Samsonova. Cette mamie cannibale, passionnée par Tchikatilo, dont elle aurait été la voisine à Saint-Pétersbourg, a été arrêtée en 2015, alors qu’elle transportait la tête bouillie de sa dernière victime dans une marmite. Repérée par une caméra de surveillance. Dans son journal intime, elle affirme avoir tué et mangé 11 personnes depuis 1995.


    On parle peu des tueurs en série soviétiques.  Pendant longtemps, et dans les régimes communistes qui plus est, ces criminels furent considérés comme de purs produits des sociétés capitalistes.
Pourtant, de tels sociopathes existèrent bien dans l’ex-bloc de l’Est.  Il est à ce titre révélateur qu’Andreï Chikatilo, un tueur soviétique, fut plus actif et plus sadique que ses congénères occidentaux.  Chikatilo commit au moins 52 meurtres et mutila ses victimes à la manière de Jack l’Eventreur.

Les origines

    Andreï Chikatilo naquit le 16 octobre 1936 dans l’actuel village ukrainien de Yablochnoie.
L’enfance de Chikatilo fut perturbée.  Ainsi, sa mère lui raconta régulièrement qu’il avait eu un frère, Stepan, qui avait été kidnappé par des voisins pour être mangé.  Il n’existe aujourd’hui apparemment aucune preuve matérielle que ce soi-disant frère vécut un jour.
On peut cependant souligner que Chikatilo naquit quelques années à peine après l’Holodomor, une célèbre famine qui frappa l’Ukraine, et que son enfance fut sans doute bercée par les histoires morbides de cannibalisme héritées de cet événement.

    La guerre débuta alors qu’Andreï était âgé de quatre ans.  Son père fut fait prisonnier dans les premiers combats et Andreï partagea la couche de sa mère qu’il mouilla régulièrement.  Sa mère battit Andreï copieusement et régulièrement, mais la plupart du temps sans raisons.
La vue des cadavres des victimes occasionnées par le conflit marqua durablement l’enfant qui se sentit à la fois excité et effrayé.

    A la fin de la guerre, le père Chikatilo fut incarcéré dans une prison russe, ayant été jugé trop peu combatif face à l’envahisseur nazi.

    Maladroit et hypersensible, Chikatilo vécut une enfance solitaire.
Considéré comme un bon élève, il n’obtint cependant que des résultats scolaires peu convaincants.

    En 1960, âgé de 23 ans, il tenta, pour la première fois de sa vie, de fréquenter une femme.  Il se montra incapable d’avoir des relations sexuelles et son ex-amie le ridiculisa en diffusant la nouvelle.  Chikatilo envisagea de se venger en capturant cette femme et en la coupant en morceaux.  Son idée resta cependant de l’ordre du phantasme.

    En 1963, Chikatilo se maria grâce à sa soeur qui avait arrangé une union avec l’une de ses amies.  Même si la vie sexuelle de Chikatilo demeura proche du néant, le couple parvint à avoir deux enfants.

    En 1971, Chikatilo devint enseignant.  Il se montra un piètre pédagogue mais exerça durant dix ans.  Durant cette période, il fut accusé à plusieurs reprises d’attouchements envers ses élèves.

    En 1978, il déménagea à Sakhty et se mit à fantasmer sur les enfants.  Il s’acheta un taudis dans un quartier mal famé, d’où il observa secrètement des enfants en se masturbant.

Andreï Chikatilo

Les meurtres

    Le 22 décembre 1978, Chikatilo commit son premier meurtre sur la personne de Yelena Zabornova, 9 ans.  Il parvint à attirer l”enfant dans son taudis, voulut la violer et échoua.  Il poignarda alors l’enfant et en ressentit une vive excitation sexuelle.
Immédiatement, Chikatilo fut suspecté car ayant été vu en compagnie de la victime; par ailleurs, du sang avait été retrouvé devant son domicile.
La chance servit pourtant le tueur.  Un autre homme, Alexandre Kravchenko, avait été arrêté par la police pour le meurtre de Yelena.  Torturé par la police soviétique, cet homme avoua les faits, fut reconnu coupable et exécuté pour le crime commis par Chikatilo.

    Chikatilo ne récidiva qu’en 1981, en tuant Larisa Tkachenko, âgée de 17 ans.
Dans le même temps, il perdit son emploi d’enseignant pour avoir abusé de jeunes garçons dans un dortoir.  Grâce à son adhésion au parti communiste, il retrouva un travail dans une usine.

    Durant les douze années qui suivirent, Chikatilo tua sans relâche, s’attaquant tant à des victimes féminines que masculines.
Il s’en prit à des fugueurs ou à des prostituées qu’il repérait dans des gares ou des abris-bus et les attira sous la promesse de cigarettes, d’alcool ou d’argent.
Chitakilo poignardait ses victimes ou les étranglait.
En ce qui concerne les femmes, il prélevait les organes sexuels ou les seins et se livrait à des actes de cannibalisme.  Impuissant, il se livrait à des viols post-mortem de ses victimes en usant d’un couteau.
Dans le cas des hommes, les victimes étaient âgées de huit à seize ans.  Chikatilo arrachait le pénis et la langue de la victime avant de la tuer.  Avant de procéder à ses mutilations, il retenait les garçons pour des crimes imaginaires et exigeait que ses victimes le qualifient de héros.
Pour les victimes des deux sexes, le tueur préleva longtemps les yeux des cadavres car il craignait d’avoir été “photographié” par ceux-ci.  Il cessa d’agir de la sorte après avoir appris que les yeux des morts ne gardaient pas trace de la dernière image aperçue avant le décès.
De manière générale, il ne poignardait pas ses victimes mortellement afin d’avoir le temps d’exercer ses tortures et ses mutilations sadiques.  Il achevait les victimes qui n’avaient pas succomber à ses mauvais traitements.

    La censure d’Etat favorisa grandement Chikatilo.  La presse considérait les tueurs en série comme de purs produits de l’Ouest décadent et tut ses agissements.  Ainsi, alors que 600 policiers travaillaient sur l’affaire, la population ignorait tout de l’existence d’un tueur en série dans son voisinage.  Ce ne fut qu’en août 1984, après le treizième meurtre, que la presse commença à dévoiler les agissements de Chikatilo.

    Le 14 septembre 1984, Chikatilo fut arrêté par un policier alors qu’il abordait un groupe de jeunes filles à un arrêt de bus de Rostov.  Chikatilo se justifia en prétendant que, en qualité d’ancien professeur, la conversation des jeunes gens lui manquait.  Une fouille de sa mallette révéla l’existence d’un couteau, d’une corde et d’un pot de vaseline.
Le tueur fut arrêté mais sa chance ne le quitta pas lorsqu’on découvrit que son groupe sanguin ne  correspondait pas au sperme retrouvé sur les victimes.  En fait, Chikatilo possédait un groupe sanguin A et un sperme classé dans le groupe AB, une particularité extrêmement rare.  
Deux jours plus tard, n’ayant rien avoué, Chikatilo fut libéré.  Sa libération fut accélérée par son appartenance au parti communiste. 

    Quelques semaines plus tard, il fut arrêté pour vol sur son lieu de travail, renvoyé du Parti et condamné à trois mois de prison.

    Libéré, Chikatilo gagna Novocherkassk et se remit à tuer en août 1985.
En 1989, il tua cinq fois en l’espace de cinq mois.
En 1990, en l’espace de dix mois, il fit neuf victimes.

    Son dernier meurtre fut commis le 6 novembre 1990, lorsqu’il tua Svetlana Korotish, 22 ans.
Chikatilo fut aperçu en train de quitter l’endroit où le corps fut retrouvé peu après.
Arrêté le lendemain, Chikatilo passa aux aveux après quinze jours d’interrogatoires, avouant 56 meurtres, alors que la police n’avait connaissance que de 36 victimes.

Les victimes

    Chikatilo a officiellement fait 53 victimes réparties comme suit :

1978 : Une fille de 9 ans,1981 : Une adolescente de 17 ans,1982 : Deux garçons de 9 et 15 ans, quatre filles de 10 à 16 ans, une femme de 19 ans,1983 : Deux garçons de 7 et 14 ans, deux filles de 13 et 15 ans, quatre femmes de 19 à 25 ans,1984 : Trois garçons de 10 à 13 ans, cinq filles de 11 à 17 ans, sept femmes de 19 à 45 ans,1985 : Deux femmes de 18 ans,1987 : Trois garçons de 12 à 16 ans,1988 : Deux garçons de 9 et 15 ans, une femme inconnue âgée entre 18 et 25 ans,1989 : Trois garçons de 8 à 10 ans, une adolescente de 16 ans, une femme de 19 ans,1990 : Six garçons de 10 à 16 ans, deux femmes de 22 et 31 ans.

Le jugement

    Chikatilo passa en jugement le 14 avril 1992.
Il fut placé dans une cage construite expressément en vue de son procès.
L’accusé se distingua sans cesse par son comportement outrageant.  A deux reprises, il abaissa son pantalon et exhiba ses parties génitales.
Il nia avoir commis les meurtres qu’il avait avoué et en avoua certains encore inconnus.
L’accusé annonça être enceint et avoir des montées de lait à cause de radiations…
Son avocat tenta de plaider la folie mais plusieurs experts-psychiatres estimèrent l’accusé sain d’esprit.

    Lors du prononcé du verdict, Chikatilo se mit à chanter et fut expulsé.  Il fut reconnu coupable des meurtres de 21 garçons et de 31 femmes.
L’ensemble des garçons et 14 des 31 femmes avaient moins de 18 ans.

    L’appel de Chikatilo fut rejeté et le condamné fut exécuté le 14 février 1994 dans une prison soviétique.  Emmené dans une cellule insonorisée, il fut abattu d’une balle de 9mm Makarovirée à l’arrière de la tête.

Analyse psychologique

    De nombreux facteurs firent de Chikatilo un tueur en série.
Des examens médicaux révélèrent des lésions cérébrales remontant à sa naissance.  Ses futurs problèmes d’incontinence et d’érection proviendront de ses lésions et façonneront sa personnalité.

    Le père de Chikatilo était considéré comme inexistant.  Sa mère s’avéra dominatrice.
En conséquence, Chikatilo s’isola et, enfant, devint la cible de moqueries et d’intimidations.

    A l’adolescence, son éveil sexuel entra en contradiction avec ses problèmes physiques et sa nature réservée.  De fait, Chikatilo se sentit plus à l’aise avec des filles jeunes, généralement âgées entre 8 et 16 ans.
Sa première expérience sexuelle, à 15 ans, fut un échec honteux et il en fut d’autant plus traumatisé qu’il devint la risée de son établissement scolaire.

    Chikatilo, devenu adulte, devint enseignant, étant attiré par les jeunes enfants.  Il admit avoir ressenti pour eux un attrait sexuel.

    Lorsque Chikatilo tenta de violer sa première victime, une enfant de neuf ans, il ne put obtenir une érection et utilisa son couteau pour commettre le viol.  Un lien entre meurtre et plaisir sexuel se fit dans son esprit et il obtint en tuant la satisfaction qu’il recherchait depuis longtemps.

    Les meurtres ultérieurs de Chikatilo suivirent un modus-operandi similaire.
Il enlevait les yeux des victimes ce qui est révélateur d’un certain sentiment de culpabilité.
Puis il violait ses victimes en utilisant son couteau et atteignait un niveau d’excitation sexuelle élevé.
Ses différences physiques l’amenait à mutiler les organes sexuels de ses proies.

    Le cannibalisme de Chikatilo ne fut pas clairement expliqué mais on le mit en rapport avec le soi-disant meurtre de son frère qui aurait été mangé par des voisins.

    Après l’arrestation de Chikatilo, un psychiatre le flatta et ce comportement le mit tellement à l’aise que, pour la première fois, Chikatilo fit confiance à un adulte et avoua ses crimes.

    En résumé, le tueur Chikatilo fut un pur produit de son enfance remplie de frustration et de colère.

ANDREI CHIKATILO
Nom : Andreï Romanovich Chikatilo

Victimes : Entre 52 et 56

Lieux : Region de Rostov (Russie)

Dates : Entre 1978 et 1990

Moyens : Strangulation, poignard

Mobiles : Sadisme, nécrophilie, cannibalisme

Verdict : Peine de mort, exécuté le 14 février 1994

Harold Shipman, surnommé Docteur Mort

LE PLUS INSOUPÇONNABLE HAROLD SHIPMAN CACHAIT BIEN SON JEU. SOUS SES AIRS DE BON DOCTEUR, CE MÉDECIN GÉNÉRALISTE EST LE PLUS GRAND SERIAL KILLER ANGLAIS ! PENDANT DES ANNÉES, IL A TUÉ SES PATIENTS EN LEUR ADMINISTRANT UNE DOSE FATALE DE DIAMORPHINE (HÉROÏNE) ET EN FAISANT PASSER LEUR MORT POUR NATURELLE. CONDAMNÉ POUR 15 ASSASSINATS, IL AURAIT FAIT EN RÉALITÉ 250 VICTIMES. 

Quand le bon docteur Shipman se transforme en tueur

Ce médecin britannique, condamné à la prison à vie en 2000 pour le meurtre de 15 de ses patientes, fut peut-être le plus grand tueur en série de l’Histoire. La police l’a soupçonné de plusieurs centaines de crimes.

Qui aurait pu se méfier du bon docteur Harold Shipman? Ce quinquagénaire aux allures de père tranquille avait tout pour inspirer confiance : des manières d’homme du monde, une carrure d’ancien rugbyman, une barbe grise, de larges lunettes de métal. Dans les années 1990, la plupart des 35 000 habitants de Hyde, paisible commune des faubourgs de Manchester (nord de l’Angleterre), connaissaient son cabinet du centre-ville, The Surgery, à deux pas du marché.  
Les patients louaient ses compétences, sa disponibilité, sa participation fidèle aux bonnes oeuvres. Ici ou là, certains s’étonnaient bien de son ton, parfois un peu autoritaire, et de l’emprise psychologique qu’il exerçait sur les personnes âgées, mais ils voulaient y voir une preuve de caractère, la marque d’un professionnel d’expérience, issu d’une famille ouvrière de Nottingham mais installé à Hyde depuis 1977. 

Comme tout généraliste du secteur public, Harold Shipman était rémunéré et contrôlé par l’administration. Ses consultations – gratuites – attiraient une clientèle variée et nombreuse. Ses fichiers, fort bien tenus, comptaient 3 000 noms. Parmi eux, beaucoup de vieilles dames, qui le recevaient à l’heure du thé, le surnommaient “Fred” et s’inclinaient devant son “CV” de notable : quatre enfants, une épouse joliment prénommée Primrose, et un Renault Espace. Oui, vraiment, qui aurait pu se méfier? Les mêmes, justement. Les services sanitaires. La police. Les “ladies”, surtout.  

Quand les habitants ont commencé à se rendre à l’évidence, fin 1998, il était déjà trop tard : les enquêteurs accusaient Shipman d’une quinzaine d’homicides, mais redoutaient qu’il y en ait quelques centaines de plus. Les journalistes de Londres, venus pointer leurs caméras sur le cabinet du 21, Market Street, avaient érigé ce fait divers en feuilleton national et le bon docteur en “pire tueur en série de l’Histoire”. Alors, seulement, Hyde a découvert le vrai visage de Shipman, qui a vu son destin basculer le 24 juin 1998. 

Le 7 septembre 1998, Shipman est arrêté

Ce jour-là, il se rend chez Kathleen Grundy, 81 ans, ancienne maire de la commune. Passé les amabilités d’usage – et sans doute une tasse de thé -, il lui injecte de la diamorphine, un médicament mortel en cas de surdose. Il établit ensuite un certificat de décès mensonger, et introduit des informations erronées dans son dossier médical.  

De son côté, la fille de Mrs Grundy a la surprise de découvrir que sa mère a légué toute sa fortune (630 000 euros) à ce médecin “en remerciement pour son dévouement au service des malades de Hyde”. Prévenue, la police établit très vite que ce document est un “faux grossier”, rédigé sur la machine à écrire du cabinet The Surgery. Mais il faudra attendre l’exhumation du corps, en août, pour confirmer l’hypothèse criminelle.  

Le 7 septembre 1998, Shipman est arrêté. Dans la foulée, des dizaines de personnes, qui n’avaient jamais osé ébruiter leurs soupçons de peur d’être prises pour folles, s’interrogent à leur tour sur la mort trop soudaine d’une mère ou d’une grand-tante… La ville, elle, se déchire entre pro- et anti-Shipman. Les messages de soutien affluent au 21, Market Street, où les fidèles dénoncent une “odieuse campagne”. Les mois suivants leur donneront tort. Alors que 11 autres corps sont exhumés, les expertises aboutissent toujours au même constat: injections mortelles de diamorphine.  

Le médecin, lors du procès à Preston, le 11 octobre 1999. 

Au total, Shipman sera accusé de 15 homicides, dont un seul perpétré à son cabinet. Des centaines d’autres cas, non retenus par l’accusation pour diverses raisons, paraîtront suspects. L’affaire trahit de graves dysfonctionnements du côté des services de santé et de la police. On apprend ainsi qu’une femme médecin, membre d’un cabinet concurrent, s’était vainement étonnée auprès de la police, dès 1998, du nombre élevé de décès parmi les malades de son confrère.  

Un rapport montre que trois crimes, commis entre cette démarche et l’inculpation de Shipman dans l’affaire Grundy, auraient pu être évités si les enquêteurs et l’administration sanitaire, également alertée, n’avaient pas traité ces soupçons à la légère. Ils ont également ignoré le fait qu’avant de s’installer à Hyde Shipman avait été suspendu pendant près de deux ans pour usage de Pethidine, un médicament opiacé, qu’il se procurait en falsifiant des ordonnances. Cette toxicomanie lui avait autrefois valu une comparution en justice et un traitement psychiatrique.  

D’après les enquêteurs chargés d’élucider les morts suspectes, son mode opératoire variait peu. L’après-midi, il se rendait au domicile d’une patiente, le plus souvent pour une affection bénigne. Il lui faisait une piqûre, restait à ses côtés le temps qu’elle meure et rédigeait ensuite le permis d’inhumer. Il expliquait alors aux proches éplorés que la défunte était en mauvaise santé, au besoin en établissant de faux antécédents médicaux, et les accompagnait parfois au crématorium.  

Aucun remords

Son procès s’ouvre le 5 octobre 1999 à Preston. Imperturbable, il nie les faits, allant même jusqu’à prétendre que Mrs Grundy était toxicomane. Concernant cette victime, et toutes les autres, il n’exprime aucun remords, même devant les témoignages les plus poignants. Les juges ont de quoi être déroutés par le personnage: il apparaît à la fois rusé et naïf, assez imprudent, en tout cas, pour avoir utilisé un poison aussi aisément détectable que la morphine.  

Il a fallu exhumer les corps (ici, le 10 novembre 1998, celui d’Irene Turner décédée deux ans plus tôt) pour confirmer les soupçons. 

Les enquêteurs le décrivent comme un “manipulateur”, “sûr de lui et de son impunité”, mais butent sur ses motivations. C’est à peine s’il leur a un jour concédé cette confidence: “Je suis un être supérieur.” L’explication de sa dérive résiderait-elle dans le souvenir traumatisant de sa mère, décédée d’un cancer en 1963, alors qu’il n’avait que 17 ans ? Ou bien aurait-il cédé, comme le suggèrent divers psychiatres, à l’enivrant pouvoir de vie et de mort sur des personnes vulnérables?  

Un autre mystère demeure: pourquoi avoir pris le risque de récupérer de l’argent dans le cas Grundy ? Les journalistes Brian Whittle et Jean Ritchie, auteurs d’un livre sur l’affaire, émettent deux hypothèses: soit Shipman, comprenant qu’il perdait tout contrôle sur lui-même, voulait se faire arrêter ; soit il espérait gagner de quoi fuir le pays. Une certitude : l’appât du gain ne semble pas avoir été sa motivation première dans les autres dossiers. 

Le 31 janvier 2000, condamné à perpétuité

Présente dans la salle, son épouse croit en son innocence. Le 31 janvier 2000, le jury le condamnera tout de même à 15 peines de prison à perpétuité, sans aucune possibilité de libération anticipée. Son destin entre alors à jamais dans le grand livre des faits divers à l’anglaise, ces affaires dont la presse populaire raffole. Deux livres lui seront consacrés, de même que d’innombrables émissions télévisées, et un téléfilm.
 Dans les années suivantes, la fidèle Primrose se rend à la prison de Wakefield une fois par mois. Elle lui apporte du chocolat. Il lui raconte des blagues. Le reste du temps, il étudie la poésie, la peinture, l’histoire du fascisme anglais, et traduit des livres en braille. Mais, le matin du 14 janvier 2004, un gardien le retrouve mort dans sa cellule: Harold “Fred” Shipman s’est pendu avec ses draps, emportant avec lui ses secrets de tueur de “ladies”. 

L’islam le champion de la mort idéologique revient toujours sur le devant de la scène, sauf pour TF1 ou France Inter !

1988, crime contre l’Humanité en Iran : le régime doit être tenu pour responsable

Témoignage d’une rescapée des prisons iraniennes, aujourd’hui militante des droits humains.

J’ai passé six ans dans les prisons du régime iranien. J’ai été emprisonnée et torturée pour mes convictions.

J’ai été arrêtée à Téhéran en 1981 alors que j’étais enceinte. Ils m’ont emmenée dans la funeste prison d’Evine, dans la banlieue nord de la capitale. J’avais entendu parler de cet endroit, car sous le régime du chah, les opposants politiques y étaient emprisonnés et torturés.

J’ai été carrément transférée dans le quartier 209. Cette terrible section était entièrement gérée par les pasdarans, totalement indépendants de l’appareil judiciaire de l’époque. C’est dans ce quartier que j’ai vu mon mari, arrêté pour les mêmes motifs que moi.

Quatre hommes l’ont frappé devant moi. Ils torturaient les prisonniers pour leur extorquer de faux aveux nécessaires à leur condamnation.

Après cela, mon tour est arrivé d’être fouettée avec un câble électrique. Je n’avais rien vécu de plus douloureux et de plus dévastateur de toute ma vie. Mais c’était quand même plus supportable que de voir mon mari torturé devant moi. C’était précisément ce qu’ils voulaient. Parce qu’ils le torturaient en premier, et naturellement pour lui, c’était intolérable de me voir être battue.

Mais il a été exécuté quelques jours plus tard, avec 75 autres détenus, sous mes yeux. Le tortionnaire m’a dit : « Je ne voulais pas qu’il voie son fils ».

Ils m’ont emmenée à l’hôpital où j’ai mis au monde mon enfant. Ils m’ont rapidement ramenée en prison, malgré mon état particulièrement grave. J’ai gardé l’enfant avec moi en prison. Il n’y avait aucun moyen pour m’occuper de lui, mais beaucoup d’enfants qui avaient perdu un parent y étaient détenus. J’ai même vu des tortionnaires battre un enfant pour qu’il révèle les amis de sa mère.

Au bout de six ans, en 1987, j’ai eu la chance d’échapper à cet enfer.

Durant l’été 1988, le régime a mis à mort des milliers de prisonniers politiques après le cessez-le-feu dans la guerre avec l’Irak. Pendant ces mois de tuerie, des commissions de la mort composées de trois juges ont rejugé des milliers de détenus qui avaient déjà été condamnés et purgeaient leur peine.

Les audiences duraient quelques minutes pour chaque prisonnier. Les détenus qui ont maintenu leur opposition au régime ont été immédiatement pendus. Dans une lettre adressée à Khomeiny, le guide suprême de l’époque, l’ayatollah Montazeri, alors son successeur désigné, a donné le nombre de personnes exécutées en quelques jours comme 2800 – 3800. Les vrais chiffres montent jusqu’à 30 000, dont une liste de 5000 noms a été publiée jusqu’à présent.

M. Montazeri a souligné que les victimes, membres de l’organisation Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), n’étaient pas des « individus », mais « représentaient un courant de pensée ». En d’autres termes, toutes les victimes du massacre étaient des prisonniers d’opinion.

Mais ce n’est pas le pire. Le pire, c’est que les responsables du carnage n’ont jamais été blâmés, et que personne n’a jamais exprimé le moindre regret au sein du régime. Au contraire, de nombreux auteurs du massacre sont toujours en fonction à la tête du pouvoir.

Jaafar Nayyeri, président d’une commission de la mort, préside actuellement la Cour suprême disciplinaire pour les juges. C’est lui qui a condamné à mort mon mari en quelques minutes. Un deuxième juge influent, Ebrahim Raïssi, est actuellement à la tête du pouvoir judiciaire. Alireza Avaï, chef de la commission de la mort dans le sud de l’Iran, est l’actuel ministre de la Justice. Ali Khamenei, président du régime à l’époque, est actuellement le guide suprême du pays.

Ebrahim Raïssi — Wikipédia

Ces assassins qui utilisent la secte pour se taper des fillettes et tuer tout ce qui dérange… ces bons à rien, incapables de travailler normalement… ces escrocs, dénoncent notre consumérisme alors qu’ils utilisent nos lunettes qu’ils ont étés incapables d’inventer… mais encore pire, ils veulent notre bombe nucléaire… pas pour se protéger de la guerre mais pour éliminer Israël et la Kaaba saoudite… finalement je leur donnerai bien, cette opportunité avec une joie infinie… reste que ces criminels d’une soi-disant religion de paix et d’amour méritent la peine de mort.

J’ai témoigné lors de diverses conférences internationales sur la question. Un sentiment d’amère frustration accompagnait toujours ces témoignages car je sentais l’absence massive de volonté de poursuivre et juger les responsables de ces crimes contre l’humanité. Un crime dont on connaît pratiquement tous les détails, comme par exemple l’emplacement de 56 fosses communes secrètes contenant les dépouilles des personnes exécutées.

L’année dernière, Amnesty International a publié un rapport détaillé sur le carnage. Selon eux, l’Iran est confronté à une « crise d’impunité » qui va au-delà de l’absence de responsabilité pour les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires de 1988.

Selon Amnesty, les autorités glorifient de plus en plus les auteurs des massacres comme des « héros nationaux » et assimilent toute critique des atrocités à un soutien au « terrorisme ».

Avec plusieurs cas de crimes contre l’humanité portés devant la justice internationale, nous ne sommes plus dans la logique des années 1980. Nous pouvons demander des comptes aux auteurs de ces crimes.

Dans un mois, l’Assemblée générale des Nations unies tiendra sa 75e assemblée à New York. Depuis quatre décennies, le régime des mollahs fait l’objet de condamnations répétées de cet organe.

Cette année est le moment d’inclure le massacre de la prison de 1988 dans la résolution finale de l’AGNU concernant les violations des droits humains en Iran.

Le Canada est chargé de préparer le projet de résolution. La mention explicite du crime contre l’humanité de 1988 dans la résolution est le seul moyen d’empêcher, en Iran et ailleurs, la reproduction de tels crimes. Le sang des innocents ne laissera jamais la conscience humaine tranquille. L’Assemblée générale des Nations Unies devrait en témoigner.

L’Iran se rend responsable de crimes contre l’humanité en taisant le sort de milliers de dissidents politiques assassinés

  • Des milliers de personnes ont été victimes de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires dans les prisons en 1988.
  • Une campagne est menée pour nier, déformer la vérité et causer du tort aux familles des victimes.
  • L’ONU doit mener une enquête indépendante sur ces crimes contre l’humanité.
  • Les noms de personnalités de haut rang accusées d’être impliquées dans le massacre des prisons de 1988 sont cités.

En cachant dans quelles circonstances des milliers de dissidents politiques ont « disparu » et ont été exécutés en secret dans les prisons il y a 30 ans, les autorités iraniennes continuent de se rendre responsables de crimes contre l’humanité, écrit Amnesty International dans un rapport accablant.

Dans ce rapportAmnesty International demande à l’ONU de mener une enquête indépendante sur les disparitions forcées massives et les homicides extrajudiciaires restés impunis depuis trois décennies.

« Ces secrets sanglants du passé de l’Iran continuent de hanter le pays aujourd’hui. Ce rapport dévoile le tissu de dénégations et de distorsions que les autorités perpétuent depuis 30 ans, à l’intérieur du pays comme à l’étranger, afin de dissimuler la vérité : elles ont fait « disparaître » et ont supprimé de manière systématique des milliers de dissidents politiques en quelques semaines entre fin juillet et début septembre 1988, a déclaré Philip Luther, directeur de la recherche et du travail de plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

De nouveaux éléments prouvent que de nombreux sites de fosses communes sont délibérément profanés et détruits

 *   Des travaux de terrassement, la construction de routes, des décharges publiques et de nouvelles concessions funéraires sont utilisés pour altérer et détruire des fosses communes

 *   Les autorités iraniennes suppriment délibérément des éléments de preuve médicolégaux cruciaux, ce qui pourrait faire obstacle aux droits à la vérité, à la justice et à des réparations

 *   Au moins 4 000 à 5 000 personnes ont été secrètement ensevelies dans des fosses communes à la suite du massacre de 1988

Pendant ce temps, les responsables de ces crimes contre l’humanité échappent à la justice et certains ont occupé – et occupent aujourd’hui encore – des postes de pouvoir en Iran. Récemment, lorsque de nouveaux éléments de preuve ont émergé sur cette page de l’histoire iranienne, les massacres ont été célébrés dans le pays et les personnes impliquées saluées comme des héros.

« Les autorités iraniennes doivent cesser leurs attaques cruelles contre les familles et garantir leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations : il faut restituer les dépouilles des victimes et identifier les restes en autorisant des exhumations professionnelles de charniers et des analyses ADN », a déclaré Philip Luther.

Pour les besoins de ce rapport, Amnesty International a recueilli les témoignages de plus de 100 proches des victimes et survivants à travers l’Iran, et a examiné des centaines de documents de ses propres archives historiques, des rapports, des mémoires et autres documents écrits émanant de victimes et d’organisations iraniennes de défense des droits humains, ainsi que des déclarations de l’ONU et des autorités iraniennes. Elle a recoupé les listes contenant les noms de milliers de défunts et examiné les certificats de décès : fait étonnant, la plupart ne mentionnent aucune explication ou citent des « causes naturelles » comme cause du décès. Ces recherches révèlent l’ampleur nationale et la répartition géographique des massacres, et identifient au moins 32 villes en Iran où se sont déroulées de telles atrocités.

Le « massacre des prisons » de 1988

Ce rapport relate que fin juillet 1988, les autorités ont décidé le confinement des prisons partout dans le pays et suspendu les visites familiales sans donner aucun motif. Au cours des semaines qui ont suivi, au moins 5 000 dissidents politiques ont été exécutés de manière extrajudiciaire dans le cadre d’une opération coordonnée visant à éliminer l’opposition politique. Et ce sur ordre d’au moins une fatwa (décret religieux) secrète lancée par le Guide spirituel de l’époque, Rouhollah Khomeini, qui faisait suite à une incursion armée en Iran de l’Organisation des moudjahidin du peuple d’Iran (OMPI), un groupe d’opposition interdit basé en Irak.Les autorités iraniennes doivent cesser leurs attaques cruelles contre les familles et garantir leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations : il faut restituer les dépouilles des victimes et identifier les restes en autorisant des exhumations professionnelles de charniers et des analyses ADN. Philip Luther, Amnesty International

À travers l’Iran, des groupes de prisonniers ont été rassemblés, ont eu les yeux bandés et ont été conduits devant des commissions composées d’un procureur et de représentants de la justice, des services de renseignement et de l’administration pénitentiaire. Ces « commissions de la mort » ne ressemblaient en rien à un tribunal et leur procédure était sommaire et arbitraire à l’extrême : aucune possibilité de faire appel à aucun stade de la procédure.

On interrogeait les prisonniers pour savoir s’ils étaient prêts à se repentir au sujet de leurs opinions politiques, à dénoncer publiquement leurs formations politiques et à déclarer leur loyauté à la République islamique. Certains devaient répondre à des questions cruelles, par exemple s’ils étaient disposés à nettoyer un champ de mines pour aider l’armée ou à participer à un peloton d’exécution.

Ils n’ont pas été informés du fait que leurs réponses pouvaient les conduire à la mort. Certains pensaient comparaître devant un comité des grâces. Bien souvent, ils apprenaient qu’ils allaient être exécutés quelques minutes seulement avant d’être alignés devant un peloton d’exécution ou placés sur une potence, un nœud coulant autour du cou.

La plupart purgeaient des peines de prison prononcées des années auparavant. Certains avaient été détenus pendant des années sans procès, d’autres avaient déjà purgé leur peine et devaient être remis en liberté. Beaucoup étaient incarcérés en raison de leurs opinions politiques et de leurs activités pacifiques, par exemple pour avoir distribué des tracts et participé à des manifestations.

Si la majorité des victimes étaient membres de l’OMPI, des centaines de prisonniers affiliés à des organisations politiques de gauche et à des groupes d’opposition kurdes ont également été exécutés.

De hauts responsables impliqués dans les massacres

La plupart des représentants de l’État ayant participé aux « commissions de la mort » en 1988 ont occupé, et parfois occupent encore, des postes de pouvoir en Iran. En particulier, le rapport compile des éléments prouvant que les fonctionnaires cités ci-dessous ont pris part aux « commissions de la mort » :

  • Alireza Avaei, actuel ministre de la Justice en Iran, était procureur général à Dezful, dans la province du Khuzestan, et était chargé de participer à la « commission de la mort » dans cette ville.
  • Hossein Ali Nayyeri, qui était juge de la charia (loi islamique) au sein de la « commission de la mort » à Téhéran, dirige aujourd’hui le tribunal supérieur disciplinaire des juges.
  • Ebrahim Raisi, procureur général adjoint à Téhéran en 1988 et membre de la « commission de la mort » de Téhéran, s’est présenté à l’élection présidentielle en 2017 et a occupé différentes hautes fonctions, notamment celle de procureur général du pays jusqu’en 2016.
  • Mostafa Pour Mohammadi, ministre de la Justice de 2013 à 2017, représentait le ministère du Renseignement au sein de la « commission de la mort » à Téhéran. En août 2016, il a été cité comme s’étant vanté d’avoir joué ce rôle : « Nous sommes fiers d’avoir accompli le commandement de Dieu à l’égard de l’[OMPI] » et a ouvertement déclaré qu’il n’avait « pas perdu le sommeil pendant toutes ces années » au sujet de ces assassinats.
  • Mohammad Hossein Ahmadi, qui a participé à la « commission de la mort » dans le Khuzestan, est actuellement membre de l’Assemblée des experts, l’organe constitutionnel chargé de désigner ou de limoger le Guide Suprême iranien.

En août 2016, l’enregistrement audio d’une rencontre remontant à août 1988 a « fuité ». On entend certains hauts responsables de la « commission de la mort » de Téhéran discuter de son atroce mission. En réaction aux remous suscités par cette révélation, les dirigeants iraniens ont ouvertement célébré les événements de 1988, glorifiant la purge et expliquant que les responsables méritaient de recevoir des « médailles d’honneur ».La déformation grotesque de la vérité au sujet de ces crimes de haine, alliée à l’absence évidente de remords chez ceux qui ont du sang sur les mains, est des plus infâmes. Philip Luther, Amnesty International

Ces déclarations s’inscrivent dans une campagne de 30 années de désinformation, qui minimise l’ampleur du massacre et diabolise les victimes, cette « poignée de terroristes ».

« La déformation grotesque de la vérité au sujet de ces crimes de haine, alliée à l’absence évidente de remords chez ceux qui ont du sang sur les mains, est des plus infâmes. Toutes les personnes ayant participé à commettre et dissimuler ces crimes doivent être traduites en justice dans le cadre de procès équitables excluant la peine de mort », a déclaré Philip Luther.

Nécessité d’une action internationale

L’ONU et la communauté internationale ont gravement manqué à leur devoir envers les familles et les victimes. La Commission des droits de l’homme de l’ONU de l’époque n’a pas condamné ces agissements, tandis que l’Assemblée générale de l’ONU n’a pas saisi le Conseil de sécurité de cette situation. Les autorités iraniennes se sont ainsi senties libres de continuer de nier la vérité et d’infliger des tortures et des mauvais traitements aux familles.

« Le fait que l’ONU et la communauté internationale n’aient pas œuvré en faveur de la vérité et de la justice pour les atrocités commises par les autorités iraniennes a eu des conséquences catastrophiques, pour les victimes et leurs familles, mais aussi pour l’état de droit et le respect des droits humains dans le pays. Les autorités ne doivent plus pouvoir esquiver l’obligation de rendre des comptes pour ces crimes contre l’humanité, a déclaré Philip Luther.

« En l’absence de perspective de justice pour les victimes en Iran, il est d’autant plus crucial que l’ONU mette sur pied un mécanisme international indépendant, impartial et efficace afin de contribuer à traduire en justice les responsables présumés de ces crimes ignobles. »

DES MILLIERS DE FAMILLES ATTENDENT TOUJOURS QUE JUSTICE SOIT FAITE

Entre fin juillet et septembre 1988, les autorités iraniennes ont soumis des milliers de détenu·e·s à des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires en raison de leurs opinions politiques, et se sont débarrassées de leurs corps dans des fosses communes ou des tombes individuelles anonymes. Selon les estimations, au minimum 5 000 personnes ont été tuées.

Les massacres secrets de dissidents politiques en 1988

Depuis, les autorités font vivre un calvaire aux familles en refusant de leur révéler quand, comment et pourquoi leurs proches ont été tués et où se trouvent leurs corps. Pour maintenir le secret, elles ont également détruit les sites de fosses communes et interdit les commémorations.

En refusant de reconnaître les homicides et de révéler le sort réservé aux victimes et le lieu où elles se trouvent, les autorités se sont rendues coupables de disparitions forcées, un crime au regard du droit international. La souffrance infligée aux familles par ce crime s’apparente à de la torture.

Compte tenu de leur caractère généralisé et systématique, Amnesty International considère que ces exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées persistantes constituent des crimes contre l’humanité, et appelle la communauté internationale à prendre des mesures de toute urgence. Aucun représentant des autorités n’a jamais été traduit en justice pour ces atrocités. En effet, les principaux organes judiciaires et gouvernementaux responsables de veiller à ce que les victimes obtiennent justice sont notamment composés de représentants de l’État qui avaient été chargés des homicides de 1988.
Les mères et les familles de Khavaran ; PLUS DE 25 ANS SE SONT ÉCOULÉS DEPUIS QUE NOUS NOUS SOMMES LANCÉS DANS CE COMBAT POUR QUE LA VÉRITÉ QUANT AU SORT RÉSERVÉ À NOS PROCHES SOIT RÉVÉLÉE.

DES SECRETS COUVERTS DE SANG

Les familles maintenues dans l’incertitude

Fin juillet 1988, des milliers de dissidents et dissidentes politiques emprisonnés en Iran ont soudain été coupés du reste du monde. Ces hommes et ces femmes purgeaient pour la plupart de longues peines de prison en raison de leurs opinions politiques et de leurs activités pacifiques, comme la distribution de tracts de l’opposition ou la participation à des manifestations. Certaines personnes ont été emprisonnées alors qu’elles étaient mineures.

Lorsque des rumeurs terrifiantes faisant état d’exécutions massives secrètes ont commencé à circuler, les familles, paniquées, ont essayé d’obtenir des informations auprès des prisons et des institutions gouvernementales, mais n’ont trouvé que silence et violence.

Esmat Talebi, dont le mari Majid Simiary et le frère Adel Talebi étaient parmi les victimes des exécutions de masse, décrit le désespoir des familles :

« Nous avons essayé de nous adresser à toutes les institutions gouvernementales auxquelles nous pensions. Nous sommes allés devant le Parlement, au bureau [du président du Parlement Ali Akbar Hashemi] Rafsanjani. Nous avons remis des lettres partout où nous sommes allés. Nous sommes allés au bureau du Premier ministre, mais nous avons été renvoyés, [alors] nous nous sommes assis dans la rue et nous avons écrit une lettre que nous avons remise à [son] bureau. Dans la lettre, nous écrivions : “Nous sommes les proches de prisonniers politiques et nous avons été empêchés de leur rendre visite… Nous attendons des réponses de votre part. Faites quelque chose pour empêcher les exécutions…” Finalement, nous avons épuisé toutes les instances vers qui nous tourner et nous nous sommes retrouvés impuissants. »

La cruauté des avis de décès

Les pires craintes des familles ont été confirmées à partir de fin octobre 1988, lorsque les visites en prison ont de nouveau été autorisées et que les représentants de l’État ont commencé à informer de nombreuses familles que leurs proches avaient été exécutés. Les avis de décès étaient cruels, soudains et ne fournissaient aucune information quant aux raisons et aux circonstances des homicides. La plupart des familles ont simplement été convoquées à des prisons ou à un bâtiment gouvernemental et ont reçu un sac qui, d’après un représentant de l’État, contenait les effets personnels de leur proche et ont également reçu l’ordre de ne pas organiser de cérémonie commémorative. Jamshid Lali décrit la manière dont les autorités ont informé sa famille de l’exécution de son frère Jamshid Lali :

« Les gardiens de la révolution ont convoqué mon père à leur bureau… Là, il a été conduit dans une pièce et installé sur une chaise. Un représentant de l’État est entré, a posé un sac sur son bureau et a dit : “Voici le sac de votre fils. Nous l’avons exécuté. Maintenant prenez ses affaires et fichez le camp.” »

Certaines familles n’ont même pas reçu ces derniers souvenirs. Par conséquent, elles sont restées dans l’incertitude et, 30 ans plus tard, certaines personnes, particulièrement les mères âgées, ont toujours du mal à croire que leurs proches soient réellement morts.

Ezzat Habibnejad explique que sa belle-mère souffre et refuse de croire que son fils Mehdi Gharaiee soit mort :

« Les autorités ne nous ont rien donné, absolument rien… Malheureusement, 30 après, ma belle-mère attend toujours que Mehdi revienne. Parfois, quand le téléphone sonne ou que l’on sonne à la porte, elle se précipite, disant que c’est peut-être Mehdi. Elle n’arrive pas à accepter que Mehdi soit mort et elle dit que s’il était mort, on nous aurait restitué son corps ou ses affaires. »

Certaines familles ont reçu des informations fausses ou contradictoires et ont été induites à penser que leurs proches étaient toujours vivants. Ces personnes n’ont appris la vérité que plus tard, par d’anciens détenus ou par des contacts informels au gouvernement.

Les corps dissimulés

Les autorités iraniennes n’ont restitué aucune des dépouilles des victimes à leur famille. Elles ont également refusé d’informer la plupart des familles des lieux où étaient enterrés leurs proches.

Amnesty International n’a connaissance que de cinq villes dans lesquelles les autorités ont finalement informé oralement certaines familles que leurs proches avaient été enterrés dans des fosses communes dont ils ont révélé le lieu. Cependant, publiquement et officiellement, elles n’ont jamais reconnu que ces sites abritaient des fosses communes.

Dans au moins sept autres villes, les autorités ont informé quelques familles du lieu de tombes individuelles, mais de nombreuses personnes craignent que les autorités les aient trompées et que ces tombes soient vides.

Dans le reste du pays, soit les familles restent dans l’incertitude quant au lieu où se trouvent les dépouilles de leurs proches, soit elles ont appris par des contacts informels avec des représentants de l’État, des personnes travaillant dans des cimetières ou des habitants que leurs proches avaient été enterrés dans des sites présumés ou avérés de fosses communes.

Trente ans plus tard, les autorités iraniennes ne reconnaissent toujours pas l’existence de fosses communes quelles qu’elles soient dans le pays, et n’autorisent pas les familles à demander des exhumations et des recherches des dépouilles. Elles gardent le secret quant au lieu où se trouvent les corps des victimes et détruisent les sites présumés ou avérés de fosses communes avec des bulldozers et y construisent de nouveaux lieux de sépulture ou des routes.

Déroulement des massacres

Entre juillet et septembre 1988, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions extrajudiciaires coordonnées destinées à éliminer l’opposition politique. Dans tout le pays, des groupes de détenus ont été transférés de leur cellule et conduits devant des « commissions de la mort » composées notamment de représentants des autorités judiciaires, du ministère public et des renseignements. On a demandé aux détenus s’ils étaient prêts à se repentir de leurs activités et opinions politiques passées et à dénoncer leurs groupes politiques. Dans certains cas, on leur a également demandé s’ils étaient prêts à exécuter ou à infliger des blessures à d’autres dissidents.

Nombre des détenus ne savaient pas que leurs réponses à ces questions arbitraires et cruelles étaient une question de vie ou de mort. Certains pensaient comparaître devant un comité des grâces. La plupart de ces personnes ont été pendues ou fusillées par un peloton d’exécution après avoir donné des réponses jugées « incorrectes ».

Dans tout le pays, les victimes étaient principalement des sympathisants de l’Organisation des moudjahidin du peuple d’Iran (OMPI), tant des hommes que des femmes.

Dans la province de Téhéran, des centaines d’hommes ayant des liens avec des groupes de gauche ont également été exécutés. Leurs interrogatoires ressemblaient plus à une inquisition religieuse. On leur a demandé : Êtes-vous musulman ? Priez-vous ? Votre père priait-il et lisait-il le Coran ?

Les hommes se considérant comme non-croyants et ayant déclaré que leur père priait ont été condamnés à mort pour avoir renoncé à l’Islam. D’autres ont échappé à la peine de mort, mais ont été condamnés à être fouettés jusqu’à ce qu’ils acceptent de prier.

Des femmes sympathisantes de groupes de gauche ont dû répondre à des questions similaires. Dans leur cas, les réponses « incorrectes » étaient sanctionnées de cinq coups de fouet à chaque heure de prière (soit 25 coups de fouet par jour) jusqu’à ce qu’elles acceptent de prier régulièrement ou de mourir sous la torture.

EXEMPLES DE QUESTIONS POSÉES PAR LES «COMMISSIONS DE LA MORT» :

  • Êtes-vous prêt à dénoncer l’OMPI et ses dirigeants ?
  • Êtes-vous prêt à vous « repentir » de vos opinions et activités politiques passées ?
  • Vous engagez-vous à être loyal envers la République islamique ?
  • Êtes-vous disposé à traverser un champ de mines pour aider l’armée de la République islamique ?
  • Êtes-vous disposé à rejoindre les forces armées de la République islamique et à vous battre contre l’OMPI ?
  • Êtes-vous disposé à espionner certains de vos anciens camarades et à « coopérer » avec des représentants des renseignements ?
  • Êtes-vous disposé à participer à des pelotons d’exécution ?
  • Êtes-vous disposé à pendre un membre de l’OMPI ?
  • Êtes-vous musulman ?
  • Priez-vous ?
  • Lisez-vous le Coran ?
  • Votre père priait-il et lisait-il le Coran ?

Crise de l’impunité

L’Iran est face à une crise de l’impunité qui va au-delà du manque d’obligation de rendre des comptes pour les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires de 1988.

Depuis 2016, les autorités glorifient de plus en plus les responsables des massacres, les qualifiant de « héros nationaux », et assimilent toute critique de ces atrocités à un soutien au « terrorisme ».

Des organes du pouvoir judiciaire, du ministère public et du gouvernement, censés veiller à ce que justice soit rendue pour les crimes passés et actuels, sont composés notamment de hauts responsables qui auraient été impliqués dans les homicides.

Depuis des décennies, les autorités répriment les libertés de conviction, d’expression, d’association et de réunion pacifique, procèdent à des procès iniques et souvent secrets, commettent des actes de torture généralisés et exécutent chaque année des centaines de personnes alors que des milliers d’autres sont toujours dans le quartier des condamnés à mort.

Cette douloureuse réalité est intrinsèquement liée à l’impunité dont bénéficient les autorités depuis les années 1980 et qui les laisse penser qu’elles peuvent commettre des violations des droits humains sans s’exposer à des conséquences.

Amnesty International appelle l’ONU à mener des enquêtes indépendantes et efficaces sur les exécutions extrajudiciaires perpétrées en 1988 et sur les disparitions forcées des victimes et la torture et les mauvais traitements infligés aux familles des victimes.

HAUTS REPRÉSENTANTS LIÉS AUX « COMMISSIONS DE LA MORT »

Alireza Avaei, actuel ministre de la Justice

Mostafa Pour Mohammadi, ancien ministre de la Justice (2013-2017)

Hossein Ali Nayyeri, président du tribunal disciplinaire des juges

Ebrahim Raisi, procureur général de 2014 à 2016

Serez-vous solidaire ?

Trois décennies après les massacres de 1988, un sentiment de détresse, d’incertitude et d’injustice continue de hanter les familles des victimes. De nombreuses familles affirment que sans corps pour faire leur deuil, leurs proches restent pour elles entre la vie et la mort.

Leur souffrance est exacerbée par le fait de savoir que les personnes qui ont commandité et perpétré ce massacre restent impunies. De nombreuses familles sont depuis des décennies victimes d’actes de harcèlement et d’intimidation et d’attaques pour avoir osé réclamer justice et vérité. Les autorités ont même interdit aux familles d’organiser des cérémonies de commémoration pour leurs proches. Des représentants de l’État ont frappé et placé en détention des personnes qui avaient essayé de déposer des fleurs sur des sites de fosses communes et ont forcé des familles à s’engager par écrit à ne pas organiser de quelconques obsèques, à ne pas ériger d’élément commémoratif et à ne placer aucun objet sur les sites de tombes anonymes. Cela laisse les familles dans un état de souffrance permanente.

Maintenant, envoyez des messages de soutien en utilisant une image de tulipe, une fleur ayant une signification symbolique millénaire en Iran, particulièrement dans le contexte de luttes populaires contre l’oppression politique et la violence étatique. Vous contribuerez ainsi à la solidarité mondiale avec les familles et les survivants, qui voient depuis des années les autorités iraniennes marcher sur les fleurs déposées sur les sites de fosses communes et qui les privent de justice.

Les autorités iraniennes tentent sans relâche de cacher la vérité. Avec votre aide, nous sommes déterminés à les arrêter.

« Ils ont même peur qu’on dépose des fleurs sur les sites d’inhumation. Nous leur disons que ce ne sont que des fleurs. Ils nous disent que les fleurs sont encore plus dangereuses que des armes et des grenades » – Mansoureh Behkish, une défenseure des droits humains qui a perdu une sœur, quatre frères et un beau-frère dans les exécutions massives des années 1980.

Se souvenir des crimes de Fidel Castro

raulgettingready

Fidel Castro est mort à l’âge de 90 ans.
Voici quelques-uns des pires crimes du dictateur communiste.

En janvier 2003, Castro a été poursuivi en Belgique par José Basulto, le président de l’ONG «Frères du secours» pour crime de guerre et crimes contre l’humanité. Grâce à l’aide du gouvernement d’alors, le procès fut ajourné et la Cour de cassation lui accorda le 12 décembre 2003 «l’immunité fonctionnelle».

Fidel Castro ne s’est pas contenté de torturer, terroriser, et exécuter ses opposants, il rechercha aussi à en tirer une vente, rappelle le Wall Street Journal  dans un article du 30 décembre 2005 : Le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 civils et militaires cubains par décision de Fidel Castro, et vendus au Vietnam communiste au prix de 100 dollars le litre. Après la prise de sang, les 166 condamnés, en état d’anémie cérébrale, paralysés et inconscients, furent emmenés sur des brancards et exécutés.

  • Le Projet des Archives de Cuba, une association sans but lucratif basée dans le New Jersey à Chatham, et qui s’est donné comme mission de documenter les crimes de Castro depuis mai 1952, a jusqu’à ce jour, réussi à documenter avec précision 9 240 des victimes de Castro.
  • La présidente de Archivo Cuba Maria Werlau estime que le nombre total de victimes est probablement de 10 fois supérieur.
  • Armando Lago, économiste de Harvard, a étudié le coût de la révolution cubaine et estime que près de 78 000 innocents ont été tués par le dictateur.
  • Dans The Black Book of Communism*, Armando Lago écrit qu’au moins deux sources différentes ont documenté pour chaque mort, l’assassinat d’environ 97 000 personnes par le régime de Castro. 30 000 exécutées par les pelotons d’exécution, 2 000 lors d’assassinats extrajudiciaires, 5 000 en prison, battues ou torturés par les gardiens ou refusées de soins médicaux, et 60 000 qui ont tenté d’échapper à l’enfer cubain par la mer.
  • Dans les «vrais chiffres des archives de Cuba», du 1er janvier 1959 au 25 mars 2005, le nombre des victimes non combattantes de Castro se monte à 87 073 morts.
  • Miguel A. Faria, dans Cuba in Revolution* paru en 2002, écrit à la page 415 : 
    « Depuis que Fidel Castro a pris le contrôle de l’île en 1959, les estimations les plus crédibles disent que 30 000 à 40 000 personnes ont été exécutées par des pelotons d’exécution (paredones de fusilamiento) ou dans les geôles cubaines.»
    «A ce nombre, encore 30 000 à 40 000 Cubains ont péri en essayant de fuir le régime, principalement dans les eaux du détroit de Floride.»
    «Mais on ne compte pas les milliers qui ont perdu la vie des suites indirectes de la politique collectiviste de Fidel Castro, à savoir les indicibles privations, la malnutrition, et plus généralement la désolation générale sur l’île.»
  • A ces massacres d’innocents, il faut ajouter les 5 300 personnes qui ont trouvé la mort en combattant le régime dans les montagnes Escambray (principalement des fermiers et leurs enfants) et la baie des Cochons.
  • Et environ 14 000 Cubains furent exécutés à l’étranger, notamment par les 50 000 soldats qu’il a envoyés en Angola dans les années 1980 pour aider le régime soutenu par l’URSS dans son combat contre Unita.

«La méthodologie de Castro, explique Archivo Cuba, était très semblable à celle utilisée en Pologne et en Allemagne de l’Est, moins mortelle que les purges de Staline, mais tout aussi efficaces pour éliminer les opposants.»
Dès les tout premiers jours de la révolution, Castro ordonna des exécutions sommaires dans le but– très vite atteint– d’établir une culture de la peur qui élimina rapidement toute résistance. Puis, dans les décennies suivantes, il s’assura de la soumission du peuple cubain en prolongeant l’état de terreur. Emprisonnements dans des conditions inhumaines qui débouchaient presque toujours sur la mort, torture systématique et d’une cruauté extrême, et privations.

Archiva Cuba a également documenté que 5 600 Cubains ont été exécutés devant des pelotons d’exécution, et environ 1 200 lors «d’exécutions extrajudiciaires».

Le criminel Che Guevara, sanguinaire acolyte, fut l’un des bourreaux qui exécutèrent certains de ces crimes.En 1959, à La Cabaña Fortress, au moins 151 personnes innocentes furent alignées et assassinées par lui.
Parmi les 94 enfants dont on a pu documenter la mort sous les ordres du Che, 22 ont été exécutés par ses escadrons et 32 lors d’exécutions
En 1981, un jeune de 15 ans, Owen Delgado Temprana, fut battu à mort sur ordre de Fidel Castro pour donner l’exemple, quand ses agents pénétrèrent de force dans l’Ambassade d’Equateur où sa famille s’était réfugiée.
En 1995, Flores Diaz, 17 ans, trouva la mort dans une cellule punitive d’une prison de la Havane où il lui fut refusé tout traitement médical. On la retrouva morte dans une mare de vomi et de sang.

A ce jour, Archivo Cuba a ainsi réussi à documenter 2 200 morts en prison, principalement des prisonniers politiques.

  • En 1971, trois enfants et leur mère qui tentaient de fuir Cuba ont été noyés lorsque leur embarcation a été intentionnellement heurtée par un vaisseau de l’armée cubaine.
  • En 1994, les garde-côtes cubains ont coulé un bateau de Cubains qui tentaient de rejoindre l’Amérique. A bord, 12 enfants âgés de 6 mois à 11 ans furent noyés parmi les 45 passagers.
  • En 1980, un bateau d’excursion qui fuyait vers la Floride avec 52 Cubains à bord fut coulé par l’aviation cubaine dans la rivière Canimar. A bord, il y avait 4 enfants.

Selon les sources, entre 16 000 et 75 000 «balseros», c’est le surnom donné aux Cubains qui fuyaient l’enfer communiste dans des embarcations de fortune — ont été tués en mer par le régime Castro.

Associated Press rapporte qu’en 2015, le nombre de Cubains qui ont tenté de fuir Cuba et ont été interceptés par les autorités maritimes américaines était de 3 000, le double de l’année précédente.

AP cite Dairon Morera, un de ces rescapés : «le plus grand rêve d’un Cubain, c’est de partir».

Il ne faut jamais oublier. Le livre noir du communisme* de Stéphane Courtois estime à 100 millions le nombre de personnes tuées pour imposer cette folie contraire à la nature humaine appelée communisme. Dans The Communist*, Paul Kengor estime que le livre de Courtois est largement en dessous de la réalité. Courtois évalue à 20 millions les crimes de Staline, mais Alexandre Yakovlev, le collaborateur du réformateur Gorbatchev cité par Kengor, place la barre entre 60 et 70 millions.

Le communisme est avec le nazisme et l’islam, l’un des trois plus grands fléaux politiques sortis du cerveau humain.

Fidel Castro était une des courroies de cette entreprise du crime dont le procès, contrairement au nazisme, n’a jamais été fait. La gauche et les soi-disant défenseurs des droits de l’homme posent tous un regard très tendre sur le criminel Castro. C’était un monstre, un communiste. Selon les sources, il y a aujourd’hui entre 50 et 150 prisonniers politiques à Cuba.
Aucune enquête officielle contre le régime castriste n’ayant jamais été engagée par l’ONU, il n’est pas possible de savoir exactement à combien s’élèvent les crimes du dictateur Fidel Castro. Les médias se contentent de ne jamais les aborder afin de rendre romantique l’idéologie communiste. Leur espoir un jour de l’imposer à l’Occident ayant échoué, c’est vers l’islam qu’ils se sont maintenant tournés pour imposer une idéologie de mort aux Occidentaux.

Le CHE avait vraiment une sale gueule !

Une nouvelle pétition pour rapatrier les cendres de Napoléon III ...

La guerre de 1870, il y a 150 ans : une guerre oubliée

Qui se souvient de la Guerre de 1870 ? Le 19 juillet 1870, la guerre éclatait entre la France et la Prusse. Rarement conflit aura eu un motif plus idiot et des conséquences plus catastrophiques.

Qui se souvient de la Guerre de 1870 ? Le 19 juillet 1870, la guerre éclatait entre la France et la Prusse. Rarement conflit aura eu un motif plus idiot et des conséquences plus catastrophiques.

Certes, l’origine de la crise était des plus sérieuses, du moins aux yeux des chancelleries. Pour ce qui est du Français moyen, c’est une autre histoire. C’était une histoire de couronne en Espagne. Mais, revenons un peu en arrière.

ÉVITER UN NOUVEAU SADOWA

Pour beaucoup d’observateurs, selon la formule consacrée, un choc entre les deux puissances était devenu inévitable depuis 1866. La guerre entre l’Autriche et la Prusse avait fait de cette dernière une rivale dangereuse pour la France.

À la bataille de Sadowa (3 juillet 1866) le fusil à aiguille, qui se chargeait par la culasse, triomphait et renvoyait au magasin des accessoires le vieux fusil se chargeant par le canon. Écrasée, l’Autriche se vit expulsée du monde germanique tandis que les États allemands du sud se trouvaient, de fait, inféodés à la Prusse.

La France n’avait pas bougé et Napoléon III avait demandé des « compensations » à Bismarck qui lui avait ri au nez. Le ministre prussien avançait ainsi un pion supplémentaire vers son objectif final : réaliser l’unité allemande et faire de Berlin la capitale d’un nouvel empire.

UNE FRANCE ISOLÉE

Un sentiment anti-prussien s’était aussitôt développé dans une partie de l’opinion publique. Mais la France n’avait pas pris conscience de la précarité de sa situation en Europe.

Si l’Angleterre regardait avec inquiétude la montée en puissance de la Prusse, elle n’était pas prête à s’impliquer sur le continent. L’Italie ne digérait pas l’obstination de Napoléon III à défendre le pape dont l’indépendance reposait sur les baïonnettes françaises. L’Autriche était aimable mais François-Joseph devait tenir compte des Hongrois peu favorables à la France.

En somme, Napoléon III était isolé et n’avait aucun allié sur qui compter en cas de conflit. Bismarck, de son côté, avait besoin d’un bon prétexte qui pousserait les Français à la guerre. Les Allemands du sud catholiques et francophiles ne se rallieraient que si la Prusse était attaquée injustement.

LES ESPAGNOLS CHERCHENT UN ROI

Et puis était arrivée cette histoire espagnole. En effet, les Ibères, en proie à des troubles politiques à répétition, telles les grenouilles de La Fontaine, cherchaient un roi après avoir chassé leur reine. Mais qui ? Un Orléans ? Un Bragance ? Et pourquoi pas Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, dont le frère était devenu roi de Roumanie ?

À l’idée qu’un prince prussien, fut-il catholique et apparenté à Napoléon III, monte sur le trône à Madrid, l’émotion fut grande à Paris. La France n’allait-elle pas se trouver encerclée ? Pour monter son coup, Bismarck avait dû faire pression sur son roi, peu enthousiaste, et sur Léopold qui n’avait pas du tout envie d’aller en Espagne.

Le chancelier méprisait profondément Napoléon III, cette « incapacité méconnue » et plus encore le gouvernement parlementaire dirigé par l’indécis et pacifique Émile Ollivier. Le 2 juillet, la nouvelle de l’acceptation de la candidature Hohenzollern par les Espagnols provoqua la colère des Français.

« Il ne manque pas un bouton de guêtre » aurait fanfaronné le ministre de la Guerre, l’ineffable maréchal Le Bœuf. Napoléon III, très affaibli par la maladie de la pierre, se faisait moins d’illusion sur la situation de l’armée française. Mais le gouvernement impérial pouvait difficilement agir autrement qu’en faisant pression sur le prétendant pour qu’il renonce au trône. Une reculade aurait été un « nouveau Sadowa ».

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LE CHIFFON ROUGE DEVANT LE TAUREAU GAULOIS

Après s’être fait prier pour accepter la couronne, Léopold maintenant faisait des manières pour y renoncer. Enfin, le 12 juillet 1870, la renonciation fut annoncée officiellement. C’était une incontestable victoire diplomatique pour la France. Tout aurait pu en rester là.

Hé bien, pas du tout. Nombreux étaient les déçus d’une résolution aussi rapide et pacifique. Les bonapartistes purs et durs rêvaient d’une bonne petite guerre victorieuse qui rétablirait l’Empire autoritaire et mettrait fin aux réformes libérales. Des patriotes bruyants s’étaient répandus dans les rues parisiennes et leurs clameurs anti-prussiennes impressionnèrent l’empereur.

Mais la province était plus circonspecte et la France rurale surtout indifférente. À lire les journaux parisiens, pourtant, pas de doute, la « dignité de la France était méconnue ».

En effet, la renonciation ne suffisait pas aux va-t-en-guerre. Le roi de Prusse devait donner des garanties pour éviter le retour d’une pareille crise. Benedetti, ambassadeur à Berlin, devait exiger du roi Guillaume qu’il ne permettrait jamais à Léopold de devenir roi d’Espagne. Napoléon III avait pris cette initiative en oubliant de prévenir son chef de gouvernement, Émile Ollivier.

Le 13 juillet, irrité de l’insistance française, le roi de Prusse refusa de recevoir l’ambassadeur français. Bismarck se chargea de rédiger un compte-rendu qui donnait l’impression d’un affront pour la France. Ce petit texte, resté dans l’histoire sous le nom de « dépêche d’Ems », fit le tour des capitales européennes. C’était un chiffon rouge agité ostensiblement devant le « taureau gaulois » par l’habile chancelier.

DE LA CRISE ÉVITÉE À LA GUERRE PROCLAMÉE

Comme l’écrivait l’éditorialiste de La Liberté (15 juillet) : « La guerre évitée ne serait que la guerre ajournée à très court délai. » L’empereur hésitait toujours mais, poussée par l’impératrice, il chargea Ollivier de demander les crédits de guerre aux parlementaires.

La Liberté accueillit la nouvelle avec enthousiasme le 16 juillet : « Enfin ! Enfin nos humiliations ont cessé. La guerre est déclarée. » Le Monde (pas le « journal de référence », un autre plus ancien) la jugeait comme « la guerre la plus juste, la plus nécessaire et la plus opportune ».

Rarement politique s’est montré plus sincère que le maladroit Émile Ollivier : « Nous subissons la guerre, nous entrons dans la voie où l’on nous a poussés, le cœur léger et confiants, parce que si notre cause est difficile, elle sera défendue par l’armée française. »

Ce « cœur léger » on devait le lui reprocher longtemps. Il consacrera le reste de son existence à se justifier en écrivant, alors même que tout le monde l’avait oublié, 18 volumes sur L’Empire libéral. Mais c’est pourtant bien légèrement que les Français se sont lancés dans une « cause difficile », faire la guerre par amour-propre !

Thiers était bien seul, dans sa lucidité, au Corps législatif, réclamant vainement des éclaircissements : « Je regarde cette guerre comme une imprudence. » On l’accusa de se faire l’avocat du roi de Prusse. Les crédits étaient votés par 245 voix contre 10 et 7 abstentions. Même des républicains, comme Gambetta ou Ferry, s’étaient laissés emporter par l’exaltation générale.

VIVE LA GUERRE !

Le Petit Journal, dans son numéro du 17 juillet 1870, se voulait l’écho des sentiments populaires : « Il fallait voir avec quelle expression de fougue belliqueuse et de mâle énergie, la foule faisait accueil à la grande nouvelle, répercutée de bouche en bouche jusqu’aux extrémités de Paris ! C’était comme un rayon qui illuminait tous les visages, une joie intense qui débordait de toutes les âmes ; il semblait que chacun fût soudain soulagé d’un grand poids. »

Partout on entendait le Chant du Départ et la Marseillaise. Des bandes promenèrent le drapeau tricolore dans les rues et sur les boulevards. Les étudiants toujours prêts, hier comme aujourd’hui à scander des inepties, criaient « Vive la guerre ! »

À l’opéra, à la fin du troisième acte de la Muette de Portici, sous la pression du public, on chanta la Marseillaise, la soprano brandissant le drapeau tricolore et le public reprenant en chœur : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! » Pour Le Gaulois (17 juillet) : « La furia francese se manifeste avec tout son entraînement superbe. Ce n’est point un parti, c’est tout Paris qui s’émeut. »

Le Constitutionnel (22 juillet) citait un journal anglais, l’Evening Standart « Quand on voit avec quel enthousiasme se produisent de part et d’autre les démonstrations populaires de satisfaction en présence de la guerre, il est impossible de ne pas sentir que celle-ci était devenue une nécessité politique à un plus haut point que personne ne le supposait jusqu’ici. »

Les Anglais jugeaient les choses froidement : « Une antipathie nationale sincère et profondément enracinée est une maladie qu’il est difficile de guérir autrement que par la saignée ».

L’HEURE DE LA VICTOIRE EST PROCHE

En l’occurrence, les gueulards de la rue parisienne étaient censés représenter l’esprit public. Comme toujours Paris donnait le ton et la province suivait sans bien comprendre ce qui se passait. Les républicains, hostiles au régime, étaient particulièrement circonspects à l’égard d’une « guerre dynastique ».

Les Français étaient confiants pourtant. À l’image du président du Sénat qui déclarait à l’empereur : « Grâce à vos soins, la France est prête, Sire. […] Si l’heure des périls est venue, l’heure de la victoire est proche. »

Le Constitutionnel, le 22 juillet, se fiant aux fanfaronnades de Le Bœuf, assurait : « Jamais la France n’a pu mettre en ligne aussi rapidement une aussi belle armée. » Le Figaro, dès le 19 juillet, abandonnait ses chroniques mondaines pour se lancer dans l’information patriotique : « Ouvrier et soldat, on peut dire de tous deux qu’ils aiment la guerre pour la guerre – noble défaut qui n’est pas du moins celui de nations dégénérées. »

La voix mélancolique de Villemessant qui dénonçait ceux qui « hors d’âge » acclamaient la guerre était bien solitaire dans le même journal, le 20 juillet : « La bataille n’est plus cette mêlée grandiose où la bravoure se mesurait à la bravoure. […] À présent, c’est de loin qu’on mitraille son ennemi, et les balles vont frapper l’adversaire à une telle distance que l’œil le découvre à peine ; ce n’est plus qu’un horrible carnage, où la lutte du fort contre le faible devient une gloire. »

Trois jours après la déclaration de guerre du 19 juillet, Napoléon III lançait une proclamation aux Français  : « Il y a dans la vie des peuples, des moment solennels où l’honneur national violemment excité, s’impose comme une force irrésistible. » Bismarck avait bien jugé ses adversaires.

LES FRANÇAIS RÊVAIENT

Les Français rêvaient. Ils rêvaient que les États allemands du Sud ne rejoindraient pas la Prusse dans le conflit. Ils rêvaient que l’Autriche interviendrait pour prendre sa revanche de l’humiliation de 1866 et que l’Italie se souviendrait de l’aide française en 1859.

Mais si la balance penchait en faveur de la France au début de la crise, la candidature Hohenzollern paraissant inacceptable, l’intransigeance française avait retourné les neutres. Bismarck, avec son machiavélisme habituel, avait rendu publique la note de 1866 où la France exigeait soit le Luxembourg soit la Belgique en paiement de sa neutralité bienveillante dans le conflit austro-prussien.

Quand aux Autrichiens et aux Italiens, ils attendaient de voir la tournure des événements militaires. Ils ne devaient pas être déçus.

La tentative de coup d'État du futur Napoléon III à Strasbourg ...

1870 : EN ROUTE VERS LA DÉBÂCLE

La mobilisation se fit dans la confusion la plus totale. Si, grâce au chemin de fer, les troupes de ligne purent être, en quinze jours, rassemblées aux frontières, si les troupes d’Afrique étaient bien arrivées à temps, l’intendance n’avait pu suivre.

Le moral des soldats était excellent mais les généraux, d’anciens braves qui avaient mal vieilli, ne comprenaient ni la tactique ni la stratégie. Jamais la fameuse expression, « des lions menées par des ânes » ne devait mieux s’appliquer qu’à cette malheureuse armée impériale.

Malade, mélancolique, peu doué pour les questions militaires, Napoléon III avait néanmoins, victime de son nom, décidé d’assurer le commandement de l’armée. Le 28 juillet 1870, l’air froid, l’œil mort, en proie aux plus grandes souffrances physiques, il quittait Saint-Cloud. Il ne le savait pas encore, mais c’était pour toujours. Accompagné du jeune Prince impérial, qui avait 14 ans, il avait rendez-vous avec le destin à Sedan.

Loin de l’entrée triomphale à Berlin rêvée par certains, les Français allaient connaître la débâcle, l’humiliation et la guerre civile.

COSA NOSTRA

Les plus grands mafieux de tous les temps 10

Les plus grands mafieux de tous les temps

Des tréfonds du Pakistan à la French Connection en passant évidemment par Little Italy et la Colombie, découvrez ces gangsters légendaires, aussi flambeurs que tueurs.

Gang attitré : le Gang vert, société secrète numéro 1 de Shanghai Période de crimes : 1927-1949 Célèbres méfaits : Enfant élevé misérablement dans la fange du Pudong, du pire côté de Shanghai, le vice le fait très tôt jouer à toutes sortes de jeu, cartes, dés… Adolescent, ce nerveux aux yeux de chat manie habilement le couteau chez un grossiste de fruit, tout en fréquentant assidument les fumeries, tripots et autres bordels de la ville. Sous le sobriquet « Fruit-Du », il traîne ses guêtres dans la très chic Concession française, ou la propreté, les belles voitures et les palaces lui font de l‘œil. C’est le caïd Chen Shichang, alias le « Tireur au sort », qui lui fera enfin traverser la rue en le faisant entrer dans le Gang vert, au service d’Oncle Huang et de sa femme Madame Gui, véritable cerveau de l’entreprise criminelle. Les 100 000 gangsters de la ville viennent alors lui cracher leurs informations et demander sa protection, tandis que Madame Gui le forme au métier. Stratège et grand organisateur, les clubs de jeu sous sa protection explosent leurs bénéfices mais très vite, avec Oncle Huang, il se penche sur commerce le plus juteux : l’opium. Infiltré, il intègre la Bande des Huit, pour huit malfrats qui avaient le monopole de la « boue » importée du Bengale. Quand la bande explose, Du et Huang arrosent les autorités, qui harcèlent leurs concurrents, et obtiennent bien vite le monopole. Du finira même par faire parti d’un comité de lutte contre la vente d’opium, qui saisira toutes les cargaisons avant de les revendre, évidemment. Il saisira aussi la première compagnie fluviale du pays pour transporter ses marchandises et ira même jusqu’à créer une banque pour blanchir son argent. Si au départ, Du faisait preuve de sagesse, l’opium aidant il finira par empoisonner ses ennemis à tour de bras et même mettre une balle dans la tête à un patron de presse un peu trop clairvoyant sur ses activités.L’anecdote juteuse : Du est responsable de ce qu’on surnomme la Saint-Barthélemy de Shanghai. Alors que la ville va tomber sous la puissante montée des communistes (pas très opium-friendly), qui veulent libérer, via les syndicats, les ouvriers de l’obligation de « boagong » – soit de verser de l’argent au Gang vert en tant que « disciple » –, Du s’allie au sanguinaire général Tchang Kaï-chek pour empêcher la montée du fléau. Du créera donc un faux syndicat, le MPA, et invitera à dîner le leader du parti communiste de Shanghai, Wang Shouhua. Mais plutôt qu’une agréable soirée rue Wagner, Shouhua sera, à peine arrivé, immédiatement saisi avant d’être enterré vivant à la sortie de la ville. Le lendemain, dès 4 heures du matin, les « régiments des tigres » du MPA entre dans le port, avec leur brassards syndicalistes, et massacrent 700 communistes. La traque acharnée, qui durera 6 mois, fera plus de 5000 morts.

Derniers jours : L’arrivée des Japonais, qui l’accusent à tort d’avoir tué l’un des leurs pour entamer la guerre, poussera la fuite de Du à Hong-Kong et le démantèlement progressif du Gang vert. Si Du reviendra à Shanghai et deviendra même l’empereur du textile à la tête de 75 sociétés, la Chine a changé, entre les Japonais, les Américains et surtout les communistes. Il se retire, fatigué, à Hong-Kong où il ne fait plus confiance à personne et s’enfonce encore plus dans la fumette d’opium. Suite à un coma, en 1951 et malgré ses nombreux achèvements (dont une campagne présidentielle esquissée), Du les Grandes-Oreilles meurt comme il est né : illettré.

Dignes associés : Du a pu mener ses opérations grâce à deux associés : Zhang Xiaolin, gangster playboy cultivé au carnet d’adresses bien ficelé et Oncle Huang, qui lui restera fidèle jusqu’au bout avant de finir humilié par Mao, à balayer les rues de la ville.Les plus grands mafieux de tous les temps Du Yuesheng

Gang attitré : Les Five Points de New-York puis The Chicago Outfit

Période de crimes : Parrain de la mafia de Chicago de 1925 à 1931

Célèbres méfaits : Après s’être fait viré de son école catholique à l’âge de 14 ans, cet humble fils de barbier de Brooklyn rencontre son mentor Johnny Torrio. À la mort de son père, il quitte son boulot de comptable et commence à rendre de sales petits services pour lui. Une insulte à la sœur de Franck Gallaccio lui vaudra trois coups de couteau sur le côté gauche du visage et le surnom de « Scarface », même si Capone prétendra souvent qu’il s’agissait de blessures de guerre. En 1920, Al Capone suit Torrio à Chicago et à la retraite de ce dernier, en 1925, il devient le boss de la ville à la tête de toute l’industrie du vice : prostitution, jeux, lupanars, boîtes de nuit et extorsions en tous genres. Sa violence, son caractère impitoyable et son ambition lui valent d’étendre toujours son empire, devenant le maître de la corruption et profitant de la Prohibition pour se faire un revenu de 60 millions de dollars par mois, seulement grâce à la vente illégale d’alcool. Malgré les milliers de crimes qu’on lui attribue, le célèbre gangster sera arrêté par Eliot Ness et sa brigade d’« Incorruptibles » puis condamné à dix-sept années de prison; dont onze fermes pour fraude fiscale en 1931.

L’anecdote juteuse : C’est Capone qui, fatigué de son rival Bugs Moran dit « Moran le Branque » et le gang des Northsiders, eut l’idée de la tuerie surnommée « le massacre de la Saint-Valentin ». Le 14 février 1929, avec l’appât d’une cargaison de whisky au QG de North Side, le garage de la SMS Cartage Company, deux de ses hommes font donc une descente déguisés en policiers, puis font mine d’arrêter les hommes de Moran avant de tous les exécuter. Cette tuerie de sept grands gangsters est inédite dans sa violence totalement assumée. Si Moran, miraculeusement absent, a survécu, c’est la fin du gang de Norths Side et le commanditaire de l’opération sanglante ne fait pas de doute (bien qu’il se soit réfugié en Floride pour un solide alibi) : « Seul Capone tue des gens comme cela », dira Bugs Moran. Al Capone, qui s’était construit un personnage proche de la communauté, devient aux yeux de tous un homme dangereux, et l’ennemi public numéro 1.

Derniers jours : Atteint de syphilis depuis sa jeunesse, ses séjours en prison, d’Alcatraz (où il se fera poignardé) à Terminal Island affecteront considérablement sa santé. Libéré sous condition en 1939, il meurt suite à une pneumonie d’un arrêt cardiaque, en 1947. Son empire, lui, n’aura pas survécu à son incarcération, ni à la fin de la Prohibition.

Digne héritier : Frank Nitti, son bras droit, surnommé « The Enforcer » (l’Exécuteur) reprendra la tête du Chicago Outfit. Néanmoins, on attribue à son « Sotto Capo » Paul Ricca plus de pouvoir, Nitti n’étant qu’une piètre façade. D’ailleurs, quand Lucky Luciano et Meyer Lansky organiseront le Syndicat du crime, ils traiteront directement avec Nitti, représentant des Capones.Al Capone Scarface

Dawood Ibrahim « The Big Devil », « The Master Mind », « The Gold Man » (né en 1955)

Gang attitré : Le Lala Gang de Bombay, avant d’être indépendant

Période de crimes : 1980 – présent

Célèbres méfaits : L’attentat du 12 mars 1993 à Bombay, le « vendredi noir » ou cet Al Capone puissance 1000, banquier et cerveau du crime indien, aurait organisé l’explosion de 13 voitures volées dans les endroits les plus stratégiques de la ville. Caché au milieu du Pakistan après avoir longtemps préféré Dubaï, Dawood Ibrahim figure dans le top 5 des criminels les plus recherchés d’Interpol. Cet irréductible ennemi de l’Inde, protégé par ses liens et sa fortune par les États-Unis, vit dans un somptueux bunker de luxe à Karachi et coule des jours heureux, entouré par une garde personnelle surarmée. Sa fortune, qu’on estime à dix fois plus grande que celle de Ben Laden, se base sur des sociétés écrans qui rendent opaques les financements de sa compagnie officiels, la D Compagny, qui contrôle 75% du trafic mondial d’héroïne. Ibrahim verse aussi dans l’or, les diamants, l’immobilier, le cinéma… Selon une enquête, cet enfant d’une famille très pauvre détiendrait aussi 60% des jeux d’argent dans le monde et produit plus de 600 films bollywoodiens chaque année, et cache ses affaires criminelles sous une réputation de golden playboy bien assumée. Si l’on prononce le mot de mafia à son encontre, on se retrouve suicidé dans d’étranges conditions – comme le journaliste Ghulam Hasnain ou décapité par un terroriste, comme cela a été le cas de Daniel Pearl, qui s’intéressait apparemment d’un peu trop près à son cas. Suite à une soudaine passion pour l’Islam (lui qui n’était pas si pratiquant), les attentats de 1993 marquèrent le début d’une longue lignée d’attaques entre musulmans et hindous et n’épargna pas sa propre compagnie : son numéro 2, l’hindou Chhota Rajan, se retourna contre lui mais moins bien protégé, il croupit désormais en prison, étonnamment silencieux.L’anecdote juteuse : Dawood a visiblement dans sa poche l’État pakistanais, à qui il a prêté tellement d’argent en 2000 qu’il a sauvé la banque centrale pakistanaise de la banqueroute. Mais ce n’est pas tout : il aurait versé, dans les années 1990, l’équivalent d’un milliard de dollars à différentes œuvres de charité du pays. Bref, pas question d’arrêter l’homme le plus dangereux du monde, qui sait être généreux quand il faut.

Derniers jours : Depuis sa cachette, Dawood se dit qu’il a encore de beaux jours devant lui, et qu’il pourrait bien tranquillement mourir de vieillesse, comme son mentor, le mafieux Karim Lala.Les plus grands mafieux de tous les temps Dawood Ibrahim

Les plus grands mafieux de tous les temps Pablo Escobar
Pablo Escobar, « Don Pablo » « El Patron » 1949-1993

 Gang attitré : Cartel de MedellinPériode de crimes : 1970-1993Célèbres méfaits : Pablo Escobar a commencé sa carrière criminelle très tôt dans sa Colombie natale ; issue d’une famille défavorisée, dès son plus jeune âge il vole et revend des pierres tombales. Ce n’est que dans les années 1970 qu’il se lance dans le trafic de drogue, invente le concept de « mules » et rapidement, devient responsable de 80% du trafic de cocaïne qui entre aux États-Unis, important de la coca de Bolivie et du Pérou avec les cinq autres membres fondateurs de son cartel, le Medellin. Immensément riche (7è plus riche du monde selon Forbes, en 1989), Escobar a su assoir sa position et sa réputation en se blanchissant les mains dans des œuvres de charité ou des clubs de football locaux, ce qui ne l’empêchera pas de supprimer trois candidats à la présidentielle du pays, des journalistes, juges et autres officiels qui mettaient un peu trop le nez dans ses affaires de coke. Sa devise favorite envers les flics : Plata o Plomo, l’argent ou le plomb. La seule fois où Escobar accepta la prison et de quitter son Hacienda Nápoles, son zoo, son lac et autres attractions pour sa famille et son entourage d’où il dirige toutes ses affaires (il se dit « éleveur ») entre deux vols d’avions privés et quelques hélicos, c’était en 1991. Traqué de tous côtés, il se rendit, officieusement pour échapper à des tentatives de meurtre de plus en plus menaçantes. Sa prison de luxe, surnommée La Catedral, devient rapidement le QG de son cartel et « Don Pablo » parvient même à exécuter des ennemis entre ses quatre murs. Mais cette petite incursion ne dura qu’un an : quand les autorités se rendent compte de son manège et veulent le transférer, il s’échappe. Sa tête est mise à prix, à 6 millions de dollars.L’anecdote juteuse : En 1986, Escobar tente une carrière politique et vise la présidence, après un mandat à la Chambre des Représentants au Congrès Colombien. Son programme : rembourser la dette colombienne, estimée alors à 10 milliards de dollars. Hélas, le grand projet capote.Derniers jours : Pablo Escobar succombe à une embuscade policière le 2 décembre 1993. Pour parvenir à ses fins, la police colombienne collaborera, dans l’opération surnommée « Heavy Shadow », avec la CIA, la DEA, le FBI et la NSA, pour un coût estimé à une centaine de millions de dollars. Sans compter les chasseurs de prime, ses ennemis du cartel de Cali et même le groupe paramilitaire terroriste « Los Pepes », eux aussi à ses trousses. Après un an de recherches assidues, l’équipe du commandant Hugo Martínez le localise un jour dans un hôtel de Bogota, alors qu’il téléphonait trop longuement à sa femme et son fils. Encerclé, il meurt de 12 balles dans le corps avec son bras droit, Limon. Alors que l’équipe pose fièrement autour du cadavre de Pablo Escobar, tel un trophée, deux des policiers du raid lui coupent les pointes de sa célèbre moustache, le laissant avec une moustache à la Hitler.Dignes héritiers : La mort d’Escobar ayant entraîné avec elle la mort de presque tous ses proches et collaborateurs, c’est son cartel ennemi, le cartel de Cali, qui reprit le flambeau et profita de sa disparition. Avant son démantèlement final, en 1996.Les plus grands mafieux de tous les temps Pablo Escobar
Les plus grands mafieux de tous les temps Kazuo Taoka
Kazuo Taoka, le « Parrain des parrains » (1913-1981) Gang attitré : Le clan des Yamaguchi, le Yamaguchi-gumiPériode de crimes : De 1946 à sa mort en 1981Célèbres méfaits : Orphelin originaire de Kobe, Taoka devient très tôt le protégé de Noboru Yamaguchi, alors « kumicho », soit patron, des Yakuzas du clan des Yamaguchi-gumi. Adepte des combats de rues sauvages, Kazuo Taoka est surnommé, dans sa jeunesse « Kuma »l’Ours, à cause de ses attaques-signatures qui consistent à griffer les yeux de ses adversaires. Après un passage en prison pour le meurtre d’un autre Yakuza de 1937 à 1943, Taoka devient le troisième kumicho du groupe Yamaguchi-gumi. Sous son règne, de 1946 à 1981, l’organisation prospère dans l’extorsion de fonds, les jeux, l’industrie du sexe, le trafic d’armes et de drogues, et même dans l’immobilier, et devient l’une des plus importantes du Japon. Le clan Honda Kai, spécialisés dans les jeux et les paris, succombera sous l’influence menaçante des Yamaguchi-gumi, tout comme les Meiyu Kai d’Osaka, qui seront désormais rackettés en règle par les hommes de Taoka. Mais le « Parrain des parrains » ne s’arrête pas là : après avoir convaincu par la force les membres du clan Miyamoto de les rejoindre, il crée des alliances avec les Yakuzas de Kodama, l’un des clans les plus respectés du Japon, mais aussi avec les Inagawa Kai, puissant clan de Tokyo. Ainsi, avec Taoka, le monopole des Yakuzas était assuré avec seulement quatre gumi puissants.L’anecdote juteuse : En 1978, un rival assoiffé de vengeance du clan des Matsuda lui tire une balle dans la nuque alors que Kazuo fait un limbo dans un nightclub de Kyoto. Kazuo survit. Son rival, lui, est retrouvé mort quelques semaines plus tard, dans les bois de Kobe. Classique.Derniers jours : Kazuo Taoka su vivre comme un empereur et mourir d’une mort naturelle, une crise cardiaque, en 1981 à l’âge de 68 ans. Ses funérailles, en grandes pompes, furent suivies par de nombreuses célébrités japonaises. Pourtant, le clan des Yamaguchi eut du mal à survivre à sa mort et la police profita du deuil traditionnel de trois mois pour arrêter 900 membres du clan. En attendant la sortie de prison de son successeur, c’est sa femme, Fumiko Taoka, qui reprit le flambeau pour éviter le déchirement interne du gumi.Dignes héritiers : Masahisa Takenaka est le successeur désigné par Taoka et commença sa fonction à sa sortie de prison, en 1984. Pourtant, son règne fut de courte durée : il sera assassiné un an plus tard.Les plus grands mafieux de tous les temps Kazuo Taoka
Les plus grands mafieux de tous les temps Luciano Liggio
Luciano Liggio, le Mouron Rouge ou le Professeur (1925-1993) 

Gang attitré : le clan LeggianiPériode de crimes : 1945-1993Célèbres méfaits : En 1958, dans les environs de Corleone, en Sicile, Luciano Liggio instaure une nouvelle ère le 2 août 1958 en liquidant, dans une embuscade en voiture, le docteur Giovanni Russo, soit U’ Patri Nostru, le parrain indiscutable de Corleone. Fini, les honneurs et le sens de la famille de la mafia italienne : désormais, c’est l’argent qui compte pour ce parvenu d’une famille pauvre qui sera immortalisé sous les traits de Brando en Don Corleone dans Le Parrain. Dès le départ, l’ambitieux Liggio a son plan : liquider tous les fidèles de Russo, puis appliquer sa méthode infaillible : menacer de trucider la famille des témoins gênants. Leggio échappera donc pendant longtemps aux procédures judiciaires, toutes soldées par des « non lieux », même lors du fameux « procès des 114 » mafieux de Palerme, en 1967. Toujours en fuite en Sicile, tandis qu’il montera un business de viande, Liggio devient Leggio suite à l’erreur de frappe d’un journaliste – ce qui lui va très bien. Il écope aussi du surnom « le Mouron Rouge » et s’échappe des filets de la justice en changeant constamment de nom et d’apparence, du bon curé à la vieille dame inoffensive. Fatigué d’être à la solde de Notre Père, le maire de Corleone, le docteur Navarra, qui l’a lancé mais dont les intérêts divergent désormais des siens, Leggio se rebelle et le truffe de balles sur la route : la burrasca, guerre intestine qui durera cinq ans entre les Leggiani et les Navarriani commence. Les Leggiani les assassinent partout, sans sommation et jusqu’à New York, on parle du village de Corleone, désormais baptisé Tombstone. Si en 1963, la guerre prend fin et Leggio est enfin le ParrainCorleone lui semble désormais trop petit et il louche sur Palerme. Ses airs de bouseux – alors que Leggio a appris à lire, dévore philosophes et grands romanciers et se passionne pour Napoléon, ne l’empêcheront pas de faire rapidement des alliances et de se faire une place de renom.L’anecdote juteuse : Leggio est à l’origine de la vague dite des « Cadavres exquis », quand il liquida en 1971 sur la tombe de sa femme Pietro Scaglione, un procureur de la République qui enquêtait sur l’un de ses anciens meurtres. Tuer des serviteurs de l’État devient alors chose commune et la liste s’allonge indéfiniment. Pour gonfler davantage ses capitaux, il enlèvera aussi John Paul Getty en plein Rome, demandant 3 millions de dollars à la famille et envoyant une oreille de l’hériter face à leur réticence à payer.Derniers jours : En mai 1974, Luciano Leggio est arrêté à Naples, chez lui. Pendant vingt ans, il ne sortira plus de prison, fera le tour de l’Italie et des maisons d‘arrêts à mesure que les rumeurs d’évasion circuleront et chargera son second, le sanguinaire Toto Riina, de ses affaires. Il continuera à commanditer, mais débutera aussi la peinture à l’huile dans sa cellule, tandis que la livraison de ses cigares préférés sera toujours assurée. Souffrant depuis toujours de graves problèmes de santé, le Mouron Rouge meurt de ses problèmes respiratoires en 1993, en prison. La police sera nombreuse à vérifier, lors de son enterrement dans son village natal, que le corps, cette fois, ne lui échappera pas.Dignes associés et héritiers : Toto Riina et Bino Provenzano, surnommés « les Bêtes », qui assassinaient à tout va pour le patron et opéraient gratuitement pour les autres parrains de Palerme, faisant ainsi entrer Leggio dans leurs bonnes grâces.Les plus grands mafieux de tous les temps Luciano Liggio
Les plus grands mafieux de tous les temps Lucky Luciano
Lucky Luciano, l’« Innominato » (de son vrai nom Salvatore Lucania) (1897-1962)

Gang attitré : Five Points GangPériode de crimes : 1911-1962Célèbres méfaits : À 11 ans, Luciano est arrêté pour vol à l’étalage ; à 14 ans, il a organisé un réseau de racket des juifs et italiens du Lower East Side (c’est là qu’il rencontrera son ami, Meyer Lansky) et à 20 ans, il dirige un solide réseau de contrebande pour le Five Point Gang et s’attire les bonnes grâces d’Al Capone. Son surnom « Lucky » lui viendrait quand, en 1926, il est passé à tabac par des rivaux et survit. Rapidement à force de graisser les bonnes pattes, Luciano est à la tête du plus gros trafic d’alcool des États-Unis, important en fine bouche le rhum des Caraïbes, le whisky d’Écosse… S’il s’engage en 1929 du côté de Joe Masseria, un des plus puissants parrains, il est fatigué de l’antisémitisme qui règne dans le milieu et qui l’empêche de faire de belles affaires. La création du Syndicat national du crimen’empêchera pas les guerres de clan de répandre la vengeance et le sang : la guerre des Castellammarese de 1930 à 1931 laissera sur son passage des dizaines de corps. L’esprit pratique, il fomente son ascension au pouvoir avec son ami Lansky, fait assassiner le patron Masseria dans son restaurant (tandis qu’il est aux toilettes), continue avec le nouveau,Salvatore Maranzano et devient donc le nouveau chef de New York. Régnant désormais sur la ville, il organise des conférences à Chicago avec Al Capone et promeut l’idée que le crime se doit d’être organisé, comme les grands entreprises. Même les règlements de comptes sanguinaires sont centralisés par les tueurs à gages de la Murder Inc., société anonyme qui se charge désormais du boulot. Fini, les crimes personnels et gratuits, il faut décider en amont avec le Syndicat ; pareil pour les flics et le juges : la règle, pour mieux faire son business, est de ne se tuer qu’entre mafieux. L’ « Innominato » – celui dont on ne doit prononcer le nom savoure enfin son colossal succès au bras des plus belles call-girls, avec un nouveau costume chaque jour, résidant à l’année au Waldorf Astoria. En 1936, le rêve s’arrête partiellement : Lucky est arrêté, accusé d’avoir monté un réseau de prostituion, et écope de dizaines d’années de prison. S’il continue de mener ses affaires depuis Sing-Sing et de déguster du caviar, il faudra attendre la Seconde guerre mondiale pour voir sa chance tourner à nouveau.L’anecdote juteuse : Lucky Luciano aurait aidé les services secrets américains pendant la Second guerre mondiale. Ayant besoin de ses contacts dans les docks et autres secteurs de la vile où la mafia avait une forte influence, il est recruté pour son aide dès 1941. Ses liens avec la Sicile, où les États-Unis désirent organiser un débarquement, leur seront aussi précieux. Que son rôle ait été minimisé ou exagéré, il n’en demeure pas moins que Luciano est autorisé à sortir de prison en 1946, à condition qu’il quitte le continent à tout jamais pour se rendre en Sicile. Il passe néanmoins par Cuba, organise la célèbre conférence de La Havane avec tous les dirigeants de la mafia et scelle le sort de certains (avec la décision de liquider Bugsy Siegel) et montre aux autres sa puissance.Derniers jours : En 1947, Luciano s’installe à Naples où il mène un grand train de vie jusqu’à sa mort. En 1957, il organise au Grand Hôtel des Palmes à Palerme le « Yalta du crime » avec la pègre marseillaise, la Camorra, la Ndrangheta et la Cosa nostra et organise un solide trafic d’héroïne avec de l’opium en provenance de Turquie. 26 janvier 1962, alors qu’il estime que sa vie de truand ressemble désormais à celle d’un dentiste (il a même renoncé à attaquer Lansky, qu’il soupçonnait de ne pas verser toutes les sommes dues), il meurt d’une crise cardiaque. Il retournera aux États-Unis, mais dans son cercueil, pour être enterré dans son caveau familial, au St. John’s Cemetery de Middle Village.Dignes héritiers et associés : Meyer Lansky et Frank Costello, qui lui seront fidèles (plus ou moins) jusqu’au bout et continueront à lui envoyer des dollars en Sicile depuis leurs fructueux business de New York.Les plus grands mafieux de tous les temps Lucky Luciano
Semyon Mogilevich, « Seva » ou le « Don Intellectuel » (né en 1946)

Gang attitré : Lyubert-sky de Moscou puis le clan SolntsevoPériode de crimes : 1970-présentCélèbres méfaits : Né au sein d’une famille ukrainienne de confession juive de la classe moyenne, Mogilevich tient son surnom de « Don Intellectuel » du fait de ses nombreux diplômes obtenus à l’Université nationale Ivan Franko de Lviv. Dès 1970, il intègre le clan Lyubert-sky et se fait connaître en escroquant les familles juives désireuses d’émigrer en Israël, qui lui confie tout leur patrimoine. Quand il rejoint le clan Solntsevo, il dirige dès les années 1980 la plus grande organisation criminelle transnationale russe, l’OCT, avec 250 hommes sous ses ordres, encadrés par des vétérans de la guerre russo-afghane. Leur méthode favorite ? La torture, pour arriver à leurs fins. Sans parler des meurtres. Trafic de drogue, d’être humains, d’armes, de matières nucléaires, d’œuvres d’art, de pierres précieuses, racket, assassinats sur contrat (aux États-Unis et en Europe), infractions financières, le Don Intellectuel varie ses revenus, possède même une fabrique d’armes à Budapest et blanchit tranquillement son argent après l’acquisition de l’Inkombank, la plus grande banque privée russe, en 1994. C’est justement cette même année qu’à l’initiative de la justice britannique, Semyon Mogilevich est activement recherché par les polices russe, ukrainienne, israélienne, américaine, canadienne, belge, italienne et allemande et se voit interdit de séjour dans l’espace Schengen. Ce qui ne l’empêche pas de multiplier faux passeports et identités et de créer de solides liens avec la Camorra napolitaine, la Cosa Nostra new-yorkaise et même les cartels colombiens. Si sa banque ferme en 1998, accusée de multiples fraudes, il ne se démonte pas et trempe désormais dans l’importation de gaz, et sous ses dix-sept identités, il continue ses allers-retours entre Moscou et Budapest, son éternel QG.L’anecdote juteuse : Semyon Mogilevich a également été le cofondateur de la première société privée de pompes funèbres moscovite. Pratique : il fournissait occasionnellement la « matière première »…Derniers jours : En janvier 2008, avec des scandales financiers qui le suivent comme des casseroles (Magnex, RosUkrEnergo, Bank of New York…), Mogilevich, alors qu’il est l’un des 10 criminels les plus recherchés par le FBI, est arrêté à Moscou, avec des papiers le désignant comme Sergueï Schneider. La raison trouvée ? De gros soupçons de fraude fiscale de la société Arbat Prestz, une importante chaîne de magasins cosmétiques dont il est le principal actionnaire. La bonne nouvelle est néanmoins mitigée : les États-Unis, qui l’attendent de pieds fermes pour faire face à 45 accusations d’infractions fédérales, n’applaudissent qu’à moitié, puisqu’il n’existe pas de traité d’extradition entre Moscou et Washington.
Les frères Guérini, Antoine et Mémé

Gang attitré : La French ConnectionPériode de crimes : 1920-1967Célèbres méfaits : Mémé (Barthélémy), poussé par la misère de sa famille nombreuse, quitte très tôt sa Corse natale et son village de Calenzana pour se rendre à Bordeaux, où Titi Colonna le prend sous son aile et lui présente Léonie. C’est avec cette dernière que Mémé commence un réseau de proxénétisme et conseille son frère Antoine, arrivé à Nice, de faire de même. Très vite, les frères s’associent et installent leur réseau à Marseille, s’appropriant la prostitution et les maisons de jeux, les dancings, faisant soigneusement profil bas devant les parrains locaux, Carbone et Spirito. La guerre de 1939-1945 mettra les gangsters face au mur et ils devront choisir leur camp : résistance ou collaboration ? Les frères Guérini préfèrent résister, cachent des juifs dans leurs établissements, font néanmoins quelques affaires avec l’occupant et rencontrent Gaston Deferre, futur maire de la ville. Quand la plupart de leurs concurrents décampent à la Libération, les Guérini en profitent pour faire main basse sur tout le réseau et les établissements, et quand Deferre est élu, la chance leur sourit définitivement. Avec le commissaire Robert Blémant qui les protège, ils deviennent les maîtres de Marseille et s’étendent sur toute la Côte d’Azur, ouvrant même quelques boîtes à Paris.L’anecdote juteuse : Alors qu’ils sont tous deux mus par un code d’honneur parfaitement Corse, les choses tournent au vinaigre lorsqu’Antoine, le plus sanguin des deux, décide de s’associer à Blémant dans des cercles de jeux parisiens, contre l’avis de Mémé, plus prudent. Quand l’affaire tourne court, Antoine s’obsède à vouloir se venger du commissaire, et décide de le liquider. Si Mémé tente longuement de l’en dissuader, l’assassinat de Robert Blémant, le 4 mai 1965, sonne le glas de leur code d’honneur et de leur irrésistible ascension. Le Milieu les condamne et  ainsi débute une vague de vengeances sans précédent.Derniers jours : Antoine Guérini meurt devant sa Mercedes de 11 balles dans le thorax en 1967 suite aux représailles ; lors de l’enterrement, deux délinquants ont la mauvaise idée de cambrioler sa maison. Mémé et ses frères, François et Pascal, ne digèrent pas l’insulte, les traquent et les tabassent avant de jeter leur corps du haut d’une falaise. Sous la colère, ils négligent des détails et se font arrêter en 1967, alors que depuis deux décennies la police peinait à trouver des preuves tangibles contre eux. En 1978, pour des raisons de santé, Méméest libéré sous conditionnelle et meurt d’un cancer à Montpellier, en 1982.Dignes associés : Si au départ les frères Guérini n’étaient que deux dans le Milieu, toute la famille s’est trouvée associée dans leurs affaires : François, Pascal, Pierre, Lucien, Toussainte et Restitude.Scène du meurtre d’Antoine Guérini.
Les plus grands mafieux de tous les temps Vito Rizzuto,
Vito Rizzuto, « Teflon Don » (1946-2013) 

Gang attitré : la famille BonannoPériode de crimes : 1970-2007Célèbres méfaits : Vito Rizzuto a grandi dans la mafia, entre les jupes de son père sicilien émigré de sa Sicile natale au Canada. Le meurtre du parrain Paolo Violi et ensuite du gangster Rocco Violi propulse immédiatement Rizzuto père à la tête de la mafiamontréalaise : c’est du propre. Les Rizzuto, d’abord associés à la famille Bonanno de New York (dont les trois membres les plus importants, Philip Giaccone, Alphonse Indelicato et Dominick Trinchera se feront trucider en 1981), se spécialisent progressivement dans le trafic de drogues (héroïne, cocaïne, haschich) mais aussi le blanchiment d’argent, les contrats à taux usurier et les contrats d’assassinat, devenant la « Sixième Famille » après les Cinq familles new-yorkaises. Quand Rizzuto père tombe pour trafic de cocaïne au Vénézuela et écope de cinq ans de prison en 1988, Vito Rizzuto devient officiellement le nouveau parrain. Émissaire de la Cosa Nostra à Montréal, le clan Rizzuto ne se détachera jamais des affaires siciliennes : en 2005, un mandat d’arrêt international est lancé à Rome contre Vito pour son implication douteuse dans la construction du pharaonique pont de Messine, projet abandonné qui était censé relier l’Italie et la Sicile.L’anecdote juteuse : En 2003, « Teflon Don », (qui a déjà échappé à de nombreuses enquêtes judiciaires, rien ne l’accroche, comme le Teflon…), est accusé à Brooklyn et extradé vers les États-Unis en 2006 pour son implication dans les meurtres, en 1981, de trois représentants du clan rival Bonanno : les fameux Philip Giaconne, Dominick Trinchera et Alphonse Indelicato, dont la disparation avait assuré au Senior sa place de boss. Cette affaire sera immortalisée dans le film Donnie Brasco et Rizzuto plaidera coupable en 2007, et écopera de 10 ans de prison.Derniers jours : En décembre 2013, peu de temps après sa sortie de prison, Vito Rizzuto succombe à un cancer des poumons après avoir assisté à une succession d’assassinats autant dans son clan que chez ses ennemis, causant la mort de son père en 2010 mais aussi celle de son fils et digne héritier, Nick Rizzuto. Les funérailles à Petite-Italie en grandes pompes du « nono » (grand-père) étaient scrutées par les services secrets du pays, désireux d’identifier sa bande de malfrats ; bien avertis, les « hommes d’affaires » proches de la famille Rizzuto ont préféré envoyer leur femme à leur place présenter les condoléances. Digne héritier : Son fils Nick Junior Rizzuto, assassiné à Montréal en 2009 dans un monumental règlement de comptes entre les Bonanno-Rizzuto. Depuis, les autorités sont à l’affût du successeur, qui se fait discret.Les plus grands mafieux de tous les temps Vito Rizzuto,

Quelques vérités cachées sur Trotsky, tueur diabolique

Trotsky était un tueur de masse, brutal, qui ne s’opposait à la répression politique que lorsqu’elle visait ses compagnons communistes. 

Il s’opposait à Staline en partie parce qu’il pensait que Staline n’était pas assez répressif. Toute admiration pour Trotsky est tout à fait déplacée, perverse même.

Le mal à l’état pur de Trotsky brille encore à travers lui. Ça ne le dérangeait nullement que l’Etat socialiste affamait les êtres humains. Il fut même ravi d’exercer ce pouvoir quand il fonda et dirigea l’Armée rouge. Trotsky n’était indigné que lorsque l’Union soviétique tournait sa puissance totalitaire contre ses compatriotes communistes.

  • Trotsky a été directement responsable de la mort de centaines de milliers d’innocents pendant l’ère du Communisme de guerre (1918-21). 
  • Avec Lénine, Trotsky (et non Staline) établit le système du Goulag, la police secrète et d’autres grandes et belles institutions humanitaires de la répression soviétique. 
  • Trotsky a également joué un rôle de premier plan dans l’ingénierie de la première collectivisation de l’agriculture soviétique — qui a conduit à une famine délibérément provoquée, laquelle a tué plusieurs millions de personnes. Le livre de Richard Pipes (le père de Daniel Pipes) intitulé Russia Under the Bolshevik Regime* (La Russie sous le régime bolchevique) traite du rôle de Trotsky dans ces atrocités et dans d’autres. 

Au risque de faire hurler les manichéens qui raisonnent exclusivement en termes de bien ou mal, et aussi monstrueux que Staline ait été, il est bien possible que la Russie et le monde auraient bien plus souffert encore si Trotsky l’avait vaincu à la fin des années 1920. 

Trotsky, rappelons-le tout de même, a rompu avec Staline — les deux se détestaient — en grande partie parce qu’il pensait que Staline n’allait pas assez loin dans la répression des « éléments bourgeois », dans la collectivisation de l’agriculture (qui a finalement conduit à une famine encore plus grande) et la promotion de la révolution communiste à l’étranger.

Certes, Trotsky était moins intéressé que Staline à purger les camarades du parti. Il a même critiqué Staline pour ses purges. De là à l’encenser… Car les autres, il ne voyait aucun inconvénient à les « purger ». Et pour le peuple, la vie aurait probablement été encore bien pire qu’elle ne le fut.

Après son exil, Trotsky critique le communisme façon Staline, et affirme que sa version, le trotskysme, aurait apporté l’idée prolétarienne. Les idiots utiles croient ça, sans réaliser que de la théorie à la pratique, il existe un gouffre, et que ce gouffre, si celui qui ne le voit pas possède le pouvoir, il s’y engouffre, et avec lui le reste du peuple.

Il est à noter que le nom de Trotsky est largement omis dans les articles qui reconnaissent les effets négatifs et criminels du communisme. A les lire, Trotsky existe à peine, après l’implantation de l’armistice bolchévique en 1918. La réalité est bien différente, et une savante réécriture de l’histoire demande à être entreprise. 

Voici quelques pistes de réflexion…

Le désastre économique de Trotsky a créé la misère, la famine et la mort de millions

  • Pendant la guerre civile et la phase de Communisme de guerre du régime soviétique, Trotsky était clairement l’homme numéro deux à côté de Lénine. 
  • Il fut l’un des cinq premiers membres du Politburo lors de la création, en 1919, de l’instance dirigeante du Parti communiste. 
  • En matière de pouvoir intellectuel et d’efficacité administrative, il était le supérieur de Lénine et n’hésitait pas à être en désaccord avec lui, mais il manquait de facilité dans la manipulation politique pour gagner les décisions du parti. 
  • Trotsky prit une part importante au lancement du Comintern en 1919 et rédigea son manifeste initial.

En 1920, Trotsky, dont le rôle et l’influence politique est aujourd’hui minimisée à outrance pour donner à croire que le communisme a été perverti par Staline, et que la version Trotsky du socialisme aurait apporté bonheur et épanouissement sur Terre, se tourna vers la « reconstruction » économique de la Russie, tout en conservant son poste de commissaire de guerre. Il s’efforça d’appliquer la discipline militaire à l’économie, utilisant les soldats comme des armées de travail, et tentant de militariser l’administration du système de transport. Un désastre.

Au cours de l’hiver 1920-21, des dissensions généralisées ont éclaté au sujet des politiques du Communisme de guerre, non seulement au sein de la population, mais aussi parmi les dirigeants du parti. L’enjeu de la controverse était le rôle futur des syndicats. 

  • La gauche utopique voulait que les syndicats administrent l’industrie.
  • Lénine et l’aile prudente voulaient que les syndicats se limitent à superviser les conditions de travail.
  • Trotsky et ses partisans voulaient que les syndicats représentent l’autorité centrale.

Trotsky se servit de la faim pour conserver le pouvoir. Affamer le peuple était son arme de torture et d’assouvissement. 

 » L’ancien principe : qui ne travaille pas ne mange pas, a été remplacé par un nouveau » écrit Trotsky dans La Révolution trahie*, et c’est : « qui n’obéit pas ne mange pas ». Trotsky ajoute : « Lorsque le seul employeur est l’État, cela signifie que l’opposition connaît la mort par une famine lente ». Et bien entendu, Trotsky était en faveur d’un Etat qui contrôle tous les aspects de l’économie et d’un système économique où l’Etat est le seul employeur — ce qui permettait d’offrir une mort lente aux opposants par la famine — un délice d’humanisme.

La nouvelle politique économique

Le socialisme d’Etat radical institué au début de la Révolution russe par Trotsky et Lenine exigeait le contrôle du gouvernement sur toute l’industrie, et obligeait les agriculteurs à remettre leurs produits au gouvernement pour redistribution. A l’époque, les fermiers représentaient 80 % de la population.

Trotsky et les siens ne s’intéressaient pas tant à la production agricole qu’à sa répartition, et pour cela, il n’est jamais venu à l’esprit de ces demeurés mentaux qu’en massacrant et en envoyant au Goulag les agriculteurs récalcitrants, ils privaient le pays des meilleurs cerveaux capables de nourrir le pays — qui en fait, aurait pu nourrir toute la planète, dans un environnement libéral.

  • La famine fut causée par la collectivisation forcée des fermes privées par le gouvernement Lenine/Trotsky – et la réquisition forcée du grain.
  • Les producteurs, qui n’étaient pas rémunérés pour leur travail, cessèrent de travailler, ce qui entraîna des pénuries généralisées. 
  • Les meilleurs fermiers furent assassinés ou envoyés pourrir dans des camps de travail forcé.
  • Des quotas exorbitants de céréales furent fixés par le gouvernement soviétique, et les céréales furent collectées sans rien laisser aux paysans, entraînant une famine massive — surtout en Ukraine, dans le Caucase du Nord ou le Kazakhstan.
  • A sa suite, le gouvernement Staline ne fit rien pour apporter des secours ou ajuster les quotas.

Je vous encourage à faire le parallèle avec les demeurés mentaux contre Black Friday. Ils manifestaient hier devant les centres commerciaux et les entrepôts Amazon pour empêcher le public de consommer les promotions et les soldes du Black Friday. La similitude s’arrête seulement au fait que ceux-là n’ont pas le pouvoir d’imposer leur vision à l’économie entière. S’ils l’avaient comme Trotsky, Lenine et Staline l’avaient, ils feraient subir aux Français, par leur criminelle stupidité et leur aveuglement d’illuminés, ce que les trois ont fait au peuple russe.

La politique économique de Trotsky était évidemment impopulaire parmi les paysans et les ouvriers, et après l’effondrement économique, Lénine a commencé à vouloir imposer sa Nouvelle Politique Economique (NPE).

Il s’agissait, et on retrouvera l’idée en Chine, d’un capitalisme limité contrôlé par l’Etat, et de taxes seulement partielles sur les produits agricoles. 

Staline, à qui les communistes contemporains ont accepté — à contrecœur parce qu’ils ne pouvaient plus les nier — de faire porter le chapeau des crimes de cette idéologie de mort, anti-nature, en reprenant l’accusation de Trotsky qu’il s’agirait d’une perversion du communisme, a en réalité soutenu la NPE, estimant qu’il était nécessaire de renforcer l’Union soviétique et de protéger la révolution. La plupart des chefs de parti ont également approuvé.

1921, la famine Povolzhye

La famine russe de 1921, aussi connue comme «Povolzhye», a commencé au début du printemps 1921 et a duré jusqu’à 1923. Elle a tué environ 6 millions de personnes, affectant principalement les régions de la Volga et de la rivière Oural.

La famine a été provoquée par une combinaison d’effets. Les sécheresses intermittentes de 1921 ont exacerbé les erreurs de la politique économique centralisée de Trotsky.

À la fin de 1921, la santé de Lénine s’est détériorée. Il est absent de Moscou pour de plus longues périodes de temps, et le régime est dirigé par Trotsky, numéro deux du pays. Lénine a trois accidents vasculaires cérébraux entre le 25 mai 1922 et le 9 mars 1923, ce qui a causé sa paralysie, la perte de la parole et enfin sa mort le 21 janvier 1924.

L’historien russe Vladimir Cherniaev résume les principales contributions de Trotsky à cette « révolution » russe :

Trotsky porte une grande responsabilité à la fois pour la victoire de l’Armée rouge dans la guerre civile et pour l’établissement d’un État autoritaire à parti unique avec son appareil destiné à réprimer impitoyablement la dissidence…. 

C’était un idéologue et un pratiquant de la « Terreur Rouge ». 

Il méprisait la « démocratie bourgeoise », il croyait que la mollesse et la faiblesse détruiraient la révolution, et que la suppression des classes de propriétaires et des opposants politiques libérerait l’espace politique pour permettre l’épanouissement du socialisme. 

Il a été l’initiateur des camps de concentration, des camps de travail obligatoires, de la militarisation du travail, et de la prise de contrôle des syndicats par l’État. 

Trotsky était impliqué dans de nombreuses pratiques qui allaient devenir la norme à l’époque stalinienne, y compris les exécutions sommaires.

Le gouvernement de Staline a continué, peut-être par manque de compréhension ou délibérément, et n’a rien fait pour atténuer la famine.

1932, l’Holodomor ou le génocide de 10 millions d’Ukrainiens par la famine

10 ans après la révélation par Soljenitsyne de l’ampleur du génocide en Ukraine, les négationnistes niaient encore son existence. L’ouverture des archives russes, en 1991, les fit taire, même si la Russie, jusqu’à ce jour, à l’instar de la négation du génocide arménien par la Turquie, continue de nier.

Une question est cependant toujours débattue : qui de Staline ou de Trotsky est le vrai responsable de la mort de 10 millions d’Ukrainiens par la famine.

  • En 1929, Trotsky a été éjecté du pouvoir par Staline et exilé en Turquie jusqu’en 1933, date où Daladier lui offre l’asile en France. Les apparences ne semblent donc pas le rendre responsable de ce génocide.
  • Se pose cependant la question de savoir si la famine a été industriellement organisée et décidée par Staline (1), ce que prétend Trotsky, qui critique les méthodes de Staline dans une lettre publiée en 1939 (2), ou si elle découle du collectivisme trotskyste, du fait que de tels traitements étaient également imposés ailleurs et précédemment en URSS.

« Pour le pur mal meurtrier, il n’y a jamais eu de force comparable au communisme et à Léon Trotsky… jamais auparavant ou depuis lors un peuple n’a construit une vaste industrie de la mort dans le seul but de rassembler et détruire chaque membre d’un autre peuple. Les bolcheviques, sous les ordres et sous la direction de Trotsky, ont tué tant d’Européens que le nombre de morts dépasse les 100 millions. »

Conclusion

Alors que les capitalistes occidentaux étaient accusés par les communistes de se nourrir sur le dos du peuple avec les bas salaires, la Russie de Trotsky et Lénine, puis celle de Staline, ne nourrissait pas le peuple russe. La Russie a plus de terres arables que tout autre pays. Elle aurait pu facilement nourrir la planète entière.

Le contexte ne reflète pas bien pour Trotsky, cet homme qui est encore admiré par de nombreux gauchistes et même par quelques anciens conservateurs de gauche.

Paraphrasant Robert Service : « Il y a encore de la vie chez le vieux Trotsky. Si le pic à glace ne l’a pas achevé, j’espère que cet article y contribuera. »

Kissinger est définitivement une ordure

Les enregistrements Nixon nous rappellent qui était vraiment Henry Kissinger.

Henry Kissinger fait docteur Honoris Causa de l'Université de Boston  Reuters
Henry Kissinger fait docteur Honoris Causa de l’Université de Boston

Ces dernières semaines, ma modeste petite chronique s’est parée d’une puissance et d’une prescience quasi surnaturelles. J’en ai appelé à la commutation de la peine de mort à l’encontre de Tarek Aziz, et quelques jours plus tard le Président irakien annonçait qu’il ne signerait pas le mandat de mort. J’en ai appelé à la reddition de Julian Assange, et il se présenta à un poste de police londonien dans les heures qui suivirent la publication de mes mots. Peccadilles, direz-vous. Donnez-nous un os plus conséquent à ronger. OK, et ça alors? Dans ma chronique du 15 novembre, j’ai dénoncé l’offre honteuse proposée par l’Administration Obama au Cabinet de Netanyahou en Israël, et j’ai appelé son retrait de mes vœux. Et la semaine dernière, d’une façon misérable et furtive collant parfaitement à ses premiers relents de corruption et de subordination, elle fut retirée. Qu’en dites-vous?

L’un des arguments principaux de mon article soulignait combien le Premier Ministre Benjamin Netanyahou était dépendant d’une coalition qui avait offert des portefeuilles ministériels à des partis politiques aux idéologies délirantes. J’ai donné les exemples d’Israel Beytenou, le groupe ultra-nationaliste dirigé par le Ministre des Affaires Étrangères Avigdor Lieberman, ainsi que Parti orthodoxe religieux du Shass, mené spirituellement par le détraqué Rabbi Ovadia Yossef. Les membres de ces groupes ont beau être «fanatiques», ils n’en sont pas moins à la tête de ministères stratégiques, y compris ceux gérant le processus d’«implantation». Depuis mes derniers écrits à son sujet, Rabbi Yossef a encore accaparé l’attention en attribuant la responsabilité des catastrophiques feux de forêt dans le Nord d’Israël aux Juifs qui ne respectent pas le Shabbat comme il faut. Et le ministre de l’Intérieur du pays, un membre du Shass du nom d’Eli Yishaï a refusé les équipements anti-incendies venant d’organisations chrétiennes, de peur qu’ils n’en profitent pour détourner les Juifs vers le culte du nazaréen.

Ce sont des hommes avec une telle mentalité qui se sont vus proposer une aide américaine de 3 milliards de dollars, plus toute une gamme de soutiens diplomatiques, en échange de la suspension pendant un mois de la construction de nouvelles implantations, un non-gel qui n’impliquait même pas Jérusalem! Et ils l’ont refusé parce qu’il n’était pas encore assez bien pour eux. Il est difficile de dire où se trouve la pire humiliation nationale pour les États-Unis: dans la méprisable offre initiale ou dans son méprisant refus. J’ai donc pensé demander que ce marché sordide ne soit plus jamais remis sur le tapis. Puis j’ai décidé qu’il s’agirait là d’un gâchis de vœu ou d’un doublon de souhait. Mais comme je suis sur ma lancée…

Voici ce qui devrait aujourd’hui arriver, et voyons si c’est le cas. Henry Kissinger devrait se faire claquer la porte au nez par tout individu digne de ce nom, et devrait être rabaissé, ostracisé et exclu. Plus de dîners en son honneur; plus de public attentif à ses apparitions publiques sur-payées; plus de sourire en coin sur des photos en compagnie d’hôtesses et de célébrités; plus d’invitation à exprimer ses avis dispensables auprès de journalistes ou de producteurs obséquieux. Ce qui aurait pu être exigé à n’importe quel moment depuis que l’on connaît son rôle de conspirateur intouchable au sein du gang Nixon/Watergate, et depuis que ses crimes de guerre et ses crimes contre l’humanité en Indochine, Chili, Argentine, Chypre, au Timor oriental et dans d’autres contrées ont été découverts. Mais les dernières révélations en provenance de la bibliothèque Nixon pourraient peut-être enfin faire pencher la balance pour de bon. (Cliquez ici pour écouter la conversation; le passage insultant commence à 13’56.)

Sur la bande, alors qu’il discute à bâtons rompus avec son patron, célèbre pour sa grossièreté et son racisme, en mars 1973, suite à l’appel de Golda Meir visant à faire pression sur Moscou pour permettre l’émigration des juifs soviétiques, on entend Kissinger déclarer: «l’émigration des juifs d’Union Soviétique n’est pas un objectif de politique étrangère des États-Unis. Et s’ils mettent les juifs dans des chambres à gaz soviétiques, ce n’est pas un problème américain. Peut-être un problème humanitaire».

Par le passé, Kissinger a défendu son rôle de catalyseur face au sectarisme psychopathologique de Nixon, disant qu’il avait une action modératrice sur son patron en jouant son jeu tout en lui faisant des remarques apaisantes. On peut aujourd’hui tirer directement la chasse là-dessus, comme sur ses autres mensonges hystériques. Nixon avait beau être obsédé par les juifs, il n’a jamais ne serait-ce que murmuré son indifférence à une possible redite d’Auschwitz. Kissinger est ici seul à pouvoir s’en targuer.

Savoir où classer cette observation sur l’échelle de l’ignominie n’est pas une tâche facile. Peut-on la considérer comme la pré-négation tactique d’un holocauste? C’est encore trop faible. Cela va en réalité un peu plus loin que la permission anticipée donnée à un holocauste futur. Et c’est pourquoi je me demande pendant combien de temps encore le représentant de la communauté juive américaine restera silencieux. Rien dans les diatribes de Jesse Jackson ou de Mel Gibson, pour ne citer que deux cibles célèbres des fureurs de l’Anti-Defamation League («Ligue anti-diffamation») n’est vaguement comparable en termes d’abjection. Où sont les foules scandalisées? Est-ce que Kissinger – qu’on supplie en général de donner son avis sur des sujets où il ne connaît rien ou pas grand-chose – sera capable de s’expliquer devant un parterre de journalistes? Va-t-il conserver ses perchoirs éditoriaux dans d’éminents journaux sans que personne ne bouge? Les éditeurs de ses mémoires mensongers et poussifs vont-ils continuer à lui servir d’exorbitants repas comme si de rien n’était?

Quand j’ai publié mon livre en appelant à son procès, de nombreux apologistes de Kissinger ont dit que, même si ses méthodes étaient dures, elles avaient au moins comme objectif la défaite du communisme. Je n’ai jamais vraiment compris comment, disons, le génocide du Timor oriental avait eu le moindre effet sur la détérioration du Mur de Berlin. Mais j’ai aussi montré comment Kissinger avait souvent prêté main forte aux successeurs de Staline et de Mao: en conseillant au Président Gerald Ford de ne pas inviter Alexandre Soljenitsyne à la Maison Blanche, par exemple, ou encore en donnant de copieuses excuses au massacre de Tian’anmen.

Il est de ces bestioles rares et fétides, un homme au passé prouvant sa bienveillance à l’égard du communisme et du fascisme. Descendant direct de la haine du processus démocratique, qu’il aura par tous les moyens subverti et diminué, chez lui comme à l’étranger, il possède un inclinaison naturelle vers les dictateurs de tous bords. Certes, pour être un membre à part entière de cette faune, il vous faudra probablement dire quelque-chose d’au moins indirectement positif sur la Solution Finale. Le plus étonnant dans ces enregistrements Nixon, c’est qu’ils montrent un Kissinger réussir ses ignobles pirouettes sans que personne ne trouve rien à y redire. J’espère que mes bons vœux seront entendus: que ce personnage se fasse enfin traiter comme la dernière des ordures qu’il est.

Christopher Hitchens est notamment l’auteur du livre Les crimes de monsieur Kissinger.

Traduit par Peggy Sastre

Photo: Henry Kissinger fait docteur Honoris Causa de l’Université de Boston Reuters

Agnieszka Holland (L’ombre de Staline) : « Les gens ont oublié l’ampleur du prix à payer pour l’idéologie communiste »

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l’Humanité, journal toujours aujourd’hui financé par les contribuables français…

Agnieszka Holland intervenait récemment sur France Culture au sujet de son dernier film, L’Ombre de Staline. En salles depuis le 18 mars, présenté à Berlin, à Dinard, et au Festival international du film d’histoire de Pessac, il se centre sur la croisade du journaliste Gareth Jones (James Norton) et sur les ravages de l’idéologie communiste.

Le film traite notamment de l’Holodomor, un terme qui désigne l’extermination par la faim opérée par Staline en 1932 et 1933.

Voici le synopsis du film, indispensable.

Pour un journaliste débutant, Gareth Jones ne manque pas de culot. Après avoir décroché une interview d’Hitler qui vient tout juste d’accéder au pouvoir, il débarque en 1933 à Moscou, afin d’interviewer Staline sur le fameux miracle soviétique. A son arrivée, il déchante : anesthésiés par la propagande, ses contacts occidentaux se dérobent, il se retrouve surveillé jour et nuit, et son principal intermédiaire disparaît. Une source le convainc alors de s’intéresser à l’Ukraine. Parvenant à fuir, il saute dans un train, en route vers une vérité inimaginable…

Quel est le pays le plus totalitaire au monde ?

Est-ce le pays qui a le pourcentage le plus élevé de ses propres citoyens en prison ? Ce sont les États-Unis.

Des agents à bicyclette se tiennent sous une fresque arc-en-ciel alors que la police de Seattle reprend la zone de protestation occupée de Capitol Hill (CHOP) à Seattle, Washington, États-Unis, le 1er juillet 2020.

Est-ce le pays qui poursuit une entité pour avoir tué 196 de ses citoyens dans un attentat contre un avion, mais interdit à cette entité de fournir la preuve de son innocence ? C’est la Hollande.

Est-ce le pays qui pille au gouvernement du Venezuela un milliard de dollars en lingots d’or ? C’est le Royaume-Uni.

Est-ce le pays qui poursuit une entité pour avoir tenté d’assassiner l’un de ses citoyens mais refuse de permettre à cette entité de prouver son innocence. Qui a aussi emprisonné la victime, l’empêchant de communiquer et de recevoir des informations du public, et aurait même pu secrètement l’assassiner et disposer de son cadavre, tout cela pour empêcher une telle communication ? C’est le Royaume-Uni.

Est-ce le pays qui emprisonne un citoyen australien depuis décembre 2010 et le maintient en isolement cellulaire, avec des soins médicaux inadéquats depuis le 8 avril 2020, «initialement emprisonné pendant 50 semaines en mai 2019 pour avoir enfreint ses conditions de mise en liberté sous caution» voir ici, mais n’a pas été libéré, et au lieu de cela transféré à l’isolement, alors que cet Australien n’a jamais été condamné pour autre chose que sa mise en liberté sous caution, ce qui ne s’est même pas produit puisqu’il était déjà emprisonné depuis plus de neuf ans dans ce pays étranger – n’ayant jamais été jugé par un tribunal ? C’est le Royaume-Uni.

Est-ce le pays qui a exercé des représailles contre le grand journaliste d’investigation écossais qui avait honnêtement dénoncé la victimisation judiciaire mentionnée ici concernant le procès d’un Australien, ainsi que contre une autre horreur judiciaire – qui était dirigée contre un chef du mouvement séparatiste écossais – accusant ce journaliste écossais d’«outrage au tribunal» pour avoir, soi-disant, fait en sorte que l’accusation ne puisse pas convaincre les jurés d’une charge quelconque contre ce séparatiste écossais ? Ce journaliste a déclaré : «L’État estime qu’il a enfin découvert un moyen de me mettre en prison sans l’obstacle gênant d’un jury de mes pairs. L’outrage au tribunal n’est décidé que par un juge. Il est extraordinaire que vous puissiez aller en prison pour une période substantielle de deux ans sans protection du jury et sans le test de hors de tout doute raisonnable, seulement sur le caprice d’un juge défendant ce qu’il peut considérer lui-même comme étant la dignité de sa propre fonction. C’est vraiment la quintessence de la mauvaise loi. L’utiliser contre la liberté d’expression est dégoûtant.» Les lois nationales n’existent que pour permettre aux aristocrates de dévaliser le public. C’est le Royaume-Uni.

Est-ce le pays qui a demandé au Royaume-Uni de garder ce citoyen australien en prison jusqu’à ce qu’il y meure ou soit envoyé dans une prison américaine pour mourir ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays qui a systématiquement le pire bilan mondial de poursuites judiciaires contre les lanceurs d’alertes internationaux dénonçant, comme cet Australien, les violations majeures du droit international ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays qui ordonne aux avocats, dans le cas d’une enfant victime sexuelle du proxénète et violeur le plus célèbre du monde, geôlier de filles mineures forcées à des relations sexuelles avec des hommes de premier plan, de «détruire» certaines des preuves dont elle dispose contre ce violeur en série présumé ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays qui, selon les sondages internationaux, représenterait la plus grande menace pour la paix mondiale ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays qui, après la fin de la Seconde Guerre mondiale, a détruit ou aidé à la destruction, entre 1945 et 2007 – et même plus récemment, comme en Syrie et au Yémen – de « 20 à 30 millions de civils dans des guerres et des conflits dispersés dans le monde » ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays qui dépense autant pour ses forces armées que toutes les autres nations de la planète réunies ? Ce sont les États-Unis.

Est-ce le pays dont le plus haut tribunal a statué le 15 juin qu’aucun procureur du pays ne sera autorisé à engager une procédure contre un policier, à moins que l’avocat qui représente ce dernier ne soit disposé à faire condamner ce policier – même si ce dernier avait incontestablement abattu un passant innocent ? Ce sont les États-Unis et leur Cour suprême.

Est-ce le seul pays qui a été étudié scientifiquement afin de déterminer s’il s’agit d’une démocratie ou plutôt d’une dictature. Il est avéré que c’est un pays dans lequel «les préférences du citoyen [moyen] semblent n’avoir qu’un minuscule, quasi nul, impact statistiquement significatif sur les politiques publiques» – une expression qui définit assez bien scientifiquement ce que signifie le mot dictature – et dans lequel seules les préférences des personnes les plus riches et les mieux connectées ont un effet significatif et mesurable dans le façonnage et la détermination des lois et politiques du gouvernement – ce qui définit assez bien quel groupe constitue les dictateurs de ce pays ? Ce sont les États-Unis.

Combien d’indicateurs supplémentaires devraient alors être nécessaires pour présenter un dossier crédible selon lequel les États-Unis d’Amérique actuels peuvent raisonnablement être considérés comme le pays le plus totalitaire du monde ?

Alors qu’un seul pays a été analysé scientifiquement afin de déterminer s’il s’agit d’une démocratie ou plutôt d’une dictature, les taux d’incarcération sont, pour leur part, enregistrés par 223 pays, et chaque année, les États-Unis sont en tête du palmarès. Existe-t-il une autre mesure unique plus fiable permettant de qualifier un pays donné de dictature ?

La peine de mort est peu fréquente dans le monde de nos jours, de sorte que les sanctions légales sont majoritairement des emprisonnements, et non des exécutions. En outre, les pays qui sont en guerre civile, tels que le Soudan, peuvent avoir des taux d’emprisonnement remarquablement bas, car presque toute la violence se concentre dans les batailles armées. Ces pays sont en guerre, mais ils ne sont pas nécessairement plus dictatoriaux que les États-Unis. Ils pourraient être plus violents, mais pas nécessairement totalitaires.

En revanche, les États-Unis ont des taux élevés de crimes violents, et ils ont également les taux d’emprisonnement les plus élevés au monde. Donc, même si les études scientifiques n’avaient pas montré qu’il s’agissait d’une dictature, il existe une présomption raisonnable que les États-Unis sont totalitaires, même s’ils ne sont pas nécessairement les plus totalitaires du monde – on pourrait trouver d’autres candidats, comme le Royaume-Uni ou la Hollande. Et pourtant, les États-Unis, malgré cette réalité, ont l’arrogance et l’audace de pontifier partout dans le monde au sujet de la «démocratie» et des «droits de l’homme», tout en refusant à la Cour pénale internationale le droit d’enquêter sur ses propres crimes de guerre, et ses violations flagrantes des droits de l’homme. Ses nombreuses invasions étrangères, qui ne reposaient que sur des mensonges,  étaient elles-mêmes des crimes de guerre. Mais ce mensonge et cette hypocrisie ne sont-ils pas exactement ce à quoi on peut s’attendre de la part du pays le plus totalitaire du monde ? N’est-ce pas clairement ainsi ? La conclusion est donc pratiquement incontournable : le pays le plus totalitaire du monde est les États-Unis d’Amérique.

En outre, il existe de nombreuses autres preuves statistiques qui semblent incompatibles avec le fait de qualifier les États-Unis de «démocratie». Dans le dernier sondage international auprès des résidents de 53 pays concernant le pourcentage de ceux qui répondent oui à l’affirmation «Mon pays est démocratique», les États-Unis sont au 38e rang, ce qui les situait dans les 29% les moins bien classés pour la «démocratie». Les cinq premiers sur cette liste étaient dans l’ordre : Taïwan, le Danemark, la Suisse, la Corée du Sud et la Chine. D’une manière ou d’une autre, ces pays ont obtenu le meilleur score, bien qu’aucun d’entre eux ne fasse la morale au reste du monde sur la «démocratie» et les «droits de l’homme». L’humilité est-elle étrangère au régime américain ? Bizarrement, il faut noter que le terme régime est réservé aux pays politiquement incorrects.


Le taux de violence le plus élevé se trouve dans les pays qui pratiquent la circoncision. L’Afrique, les pays arabes et les USA qui continuent à pratiquer cet acte non seulement inutile, mais satanique, barbare et dangereux pour l’équilibre du métabolisme.
Malheureusement la décision raisonnable de faire cesser cette aberration qui porte atteinte à la santé est entre les mains des juifs, les maîtres du monde.

Machiavel était-il un sale type?

Le penseur italien ne mérite pas forcément sa mauvaise réputation.

Il n'a pas l'air si méchant, si? Détail du Portrait de Nicolas Machiavel par Santi di Tito. | Via Wikimedia Commons
Il n’a pas l’air si méchant, si? Détail du Portrait de Nicolas Machiavel par Santi di Tito.

La question du jour: «Machiavel était-il machiavélique?»

Avec sa rédaction du Prince en 1513, Nicolas Machiavel demeure, dans les cercles universitaires de sciences politiques, le fondateur de la discipline –rien de moins.

Cependant, avant de répondre à notre question, il est essentiel de garder en tête ce que le terme «machiavélique», évidemment tiré de son nom de famille, veut dire.

Voici ce qu’en dit le Petit Larousse:

«DÉFINITIONS

  • Qui est digne de la doctrine de Machiavel, considérée comme négation de la morale: politique machiavélique.
  • Qui est d’une grande perfidie, d’une scélératesse tortueuse: projet, personnage machiavélique.»

Au vu des deux définitions susmentionnées, il est évident que la plupart des gens se foutent de la première: c’est malheureux, puisqu’il s’agit de la définition la plus proche du caractère véritable de l’œuvre de l’auteur. Mais comme la plèbe demeure fondamentalement ignorante en raison de la propagande théologique de l’Église, nous ne nous en offusquerons pas.

Ainsi, la question pourrait être reformulée comme ceci: «Machiavel était-il un gros con?»

Révolutionnaire de la pensée

Ce qu’il faut comprendre d’entrée de jeu, c’est qu’au XVIe siècle, l’éducation dominante et les courants dits «de bonne pensée» étaient tous reliés à la doctrine catholique, et en particulier au téléologisme aristotélicien, Thomas d’Aquin étant l’un de ses vecteurs de propagation principaux.

En gros, si tu fais des bonnes choses, la force surnaturelle qui plane au-dessus de nos têtes (on va rester neutres, pas envie de transformer cette discussion en champ de bataille «théistes versus cafféistes») te retournera des bonnes choses.

Pour Machiavel, ce genre de pensée était certes bien pratique pour garder la populace dans un état de passivité généralisé, mais fort peu utile aux dirigeants, qui terminaient leurs tours de piste politiques avec plus de couteaux plantés dans le dos que votre support pour ustensiles à steak.

Il a voulu devenir un révolutionnaire de la pensée, notamment grâce à ces deux points:

  • en rédigeant simplement et proprement un guide (Il Principe est à la politique ce que The Anarchist Cookbook est à la chimie: vous avez les recettes, mais pas les cibles) pouvant être appliqué facilement;
  • en mettant en avant une vision pragmatique de la politique, à la fois pour désentraver les bons leaders qui, à cause de sentiments pieux, finissaient toujours la tête au bout d’une pique, mais aussi pour consigner et analyser empiriquement le fait politique –ce qui constitue le socle théorique des sciences politiques d’aujourd’hui.

    Évidemment, pour une Église catholique en mal de superlatifs moraux absolus et manichéens, être pragmatique à la Machiavel équivalait à une remise en question de ses dogmes établis, et donc basta, l’Italien fut mis à l’index en 1559 pour son ouvrage (parce que ce livre était supposément le principal responsable de la corruption politique et morale qui sévissait en France à l’époque, et gnagnagna.)

À la lecture du Prince au XXIᵉ siècle, on s’aperçoit qu’il ne s’agit que d’un condensé de faits neutres, proposés aux dirigeants, afin que ceux-ci améliorent leur durée de vie politique.

Rien de trop choquant, compte tenu de ce qui a déjà été fait. Cependant, aux yeux d’une Église ultramontaine, la moindre remise en question était celle de trop.

La machine à sermons –et à propagande– s’est délurée, et c’est pourquoi, 500 ans plus tard, tout le monde a l’impression que le mec buvait du sang de nouveau-né au petit déj’.

Le comte Dracula a-t-il vraiment existé?

Du folklore à l’histoire, les influences de Bram Stoker pour créer le personnage de son roman gothique ont été nombreuses.

Vlad Țepeș ou Vlad l'Empaleur aurait acquis cette réputation après avoir fait empaler 25.000 prisonniers et leur famille en allant livrer bataille contre les Turcs. | Vienne, église Notre-Dame-du-Rivage, 1460 via Wikimedia
Vlad Țepeș ou Vlad l’Empaleur aurait acquis cette réputation après avoir fait empaler 25.000 prisonniers et leur famille en allant livrer bataille contre les Turcs. | Vienne, église Notre-Dame-du-Rivage, 1460 

La question du jour: «Qui était le vrai comte Dracula?»

Le roman Dracula a été écrit par l’Irlandais Bram Stoker au XIXe siècle. C’est un roman épistolaire gothique surprenant inspiré par le folkore roumain et par un personnage historique à la réputation sanguinaire.

Le comte vampire Dracula, seigneur des Carpates, dans son château légendaire, n’a pas existé et cette histoire, telle quelle, est une invention.

Cependant, pour écrire son roman, Bram Stoker s’est inspiré d’une légende roumaine folklorique dont il est à un moment question dans le roman. En effet, dans la tradition populaire, la personne qui avait fait du mal pendant sa vie, qui mourait d’une manière brutale ou qui n’était pas inhumée selon les coutumes se transformait en mort-vivant (strigoi) ou vampire (vampir)après sa mort. Les vampires sortaient de leurs tombes et venaient troubler leurs proches.

Jonathan Harker est dans une diligence qui doit rejoindre le château du comte Dracula. «Je dois avouer que je ne trouvais guère matière à me réjouir, car parmi ces mots, il y avait Ördög (Satan), Pokol (Enfer), strigoaica (sorcière), vrolok et vlkoslak qui signifient tous deux la même chose, l’un étant d’origine slovaque et l’autre ayant une racine serbe et voulant dire soit loup-garou, soit vampire.» (Bram Stoker, Dracula, chapitre I)

Les erreurs de vocabulaire et de traduction (vrolok/vlkoslak), les références historiques, géographiques et les superstitions montrent que Bram Stoker ne s’est pas inspiré directement des éléments, mais les a lus dans les livres d’autres auteurs et autrices antérieures ou contemporaines dans lesquels on en retrouve les traces. Il a également pu être marqué par l’histoire de Jack l’Éventreur qui sévit à Londres en 1888 (mais cela reste une supposition).

Afin de se protéger, les villageois·es construisaient une barrière de sel, en mettant de l’ail à l’intérieur de leurs maisons. On trouve des traces de ces superstitions dans le roman.

Le professeur Van Hiesling, scientifique humaniste, veut protéger un personnage féminin, Lucy: «Ceci est un médicament, vous n’avez pas besoin de voir en quoi. Je les accroche à votre fenêtre et en fais une jolie couronne que je vous accroche autour du cou pour que vous dormiez bien. […] Tandis qu’il parlait, Lucy examinait les fleurs et les reniflait avant de les jeter sur le lit, moitié riante, moitié dégoûtée: “Oh, professeur, je crois que vous vous moquez de moi. Ces fleurs ne sont que sont que de vulgaires fleurs d’ail.”» (Bram Stoker, Dracula, chapitre X)

D’autres objets repoussant les vampires étaient le crucifix et l’eau bénite qui leur brûlaient la peau. Leur destruction était possible, mais seulement en leur mettant un pieu dans le cœur, ce qui se passe à deux reprises dans le roman.

Si des livres antérieurs ont inspiré Bram Stoker, certains thèmes, comme celui des buveuses de sang maléfiques, les styrges (même racine que stirgoi) ou goules faisaient partie du folklore irlandais. On les retrouve dans le château de Dracula sous forme de trois femmes envoûtantes aux dents pointues.

Vlad l’Empaleur en guerre contre les Turcs

Bram Stoker s’est aussi inspiré d’une figure légendaire en Roumanie, à savoir le guerrier Vlad Țepeș, ou Vlad l’Empaleur, ou Vlad l’Empereur III, qui vécut au XIIIe siècle. Dans certaines chroniques roumaines, il est représenté ou gravé comme vampire sanguinaire se repaissant de chair humaine et buvant du sang. Il aurait acquis cette réputation après avoir fait empaler 25.000 prisonniers et leur famille en allant livrer bataille contre les Turcs.

Le nom Dracula vient de l’ordre du Dragon (dracul veut dire dragon ou diable) auquel appartenait Vlad II, le père de Vlad le Sanguinaire.

Dracula parle d’ailleurs de sa noble et longue lignée sauveuse du pays dans le livre éponyme, pour conclure: «Nous les Széklers et les Dracula, avec notre sang, notre cœur, notre cerveau et notre épée, pouvons être fiers d’avoir accompli ce que cette engeance des Habsbourg et des Romanoff ne pourra jamais faire.» (Bram Stoker, Dracula, chapitre III)

C’est au XIXe siècle que, prenant connaissance de ces légendes, Bram Stoker s’en sert pour écrire son roman gothique qui diffère des autres puisque, ici, Dracula fait autant peur que pitié.

Dracula, sang pour sang refoulé

Des vampires, on croit tout savoir. Chaque interprétation semble une fade resucée, vidée de toute substance. Sauf celle de l’édition dans la Pléiade de «Dracula et autres récits vampiriques», qui met en évidence le rapport trouble à l’homosexualité de ces textes.

Seuls les mauvais esprits relèveront que la gousse d’ail, repoussoir des vampires, renvoie à la mauvaise haleine, terrible tue-l’amour. |
Mike Kenneally via Unsplash
Seuls les mauvais esprits relèveront que la gousse d’ail, repoussoir des vampires, renvoie à la mauvaise haleine, terrible tue-l’amour.

Sous la direction de l’écrivain Alain Morvan, la collection de la Pléiade réunit plusieurs textes vampiriques –poèmes, récits, romans. L’occasion de découvrir Christabel de Samuel Taylor Coleridge, Le Vampire de John William Polidori, Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu ou Le Sang du vampire de Florence Marryat, qui partagent la couche de Dracula de Bram Stoker, où reposent aussi des fragments de Thalaba de Robert Southey et Le Giaour de Lord Byron. L’occasion également de s’apercevoir que cette littérature a su dévoiler, par le truchement de pulsions sanguinaires, des désirs enfouis et subversifs.

Petite mort d’un grand saigneur

Le croirait-on? Bram Stoker est mort en 1912 dans une relative indifférence, et même son œuvre majeure semblait alors ignorée: «C’est avec la plus grande parcimonie que les rubriques nécrologiques qui lui sont consacrées évoquent Dracula. Dans l’articulet qu’il publie le 22 avril 2012, au surlendemain de sa disparition, le journal londonien The Globe passe son chef-d’œuvre totalement sous silence, préférant souligner sa proximité avec l’acteur Sir Henry Irving. Tout se passe comme si le personnage avait, temporairement, vampirisé son créateur», note Alain Morvan.

Tout comme Frankenstein, docteur confondu avec sa créature et faisant oublier son autrice, Dracula est un cas –exemplaire– de vampirisme textuel.

Dans son introduction, l’écrivain restitue un mythe aux origines lointaines et multiples, à la croisée de figures historiques (Vlad TepesGilles de Rais), mythologiques (Méduse, Lamia), de récits fantastiques (stryges, loups-garous, goules), bibliques (Lilith, Salomé), voire de métaphores économiques («Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant», disait Marx).

«Pomper, vider, sucer à mort, assécher, aspirer l’énergie vitale se retrouve dans de nombreux mythes», écrit Marc-Alain Descamps dans son article «Lilith ou la permanence d’un mythe».

Les avatars du vampire, par la possible métamorphose animale, sont nombreux. Et plus nombreuse encore est sa descendance: on ne compte plus les films et séries qui mettent en scène des vampires.

Fiction et plus si affinités, puisqu’il existe aussi des real life vampires, comme le couple formé par la Countess Lea et le Count Tim of House van Doorn et celui de Blut Katzchen (elle se présente comme un cygne noir et donne volontairement son sang) et Michael Raven Vachmiel, qui se livrent à quelques succions dans des vidéos satisfaites et grotesques.

Mais revenons aux choses sérieuses.

Les vampires ont fait l’objet d’innombrables analyses et interprétations, où leur sexualité –la nôtre?– est interrogée de manière récurrente. La fascination hypnotique, la morsure, le sang bu, le pieu dans le cœur, la répulsion et le désir: autant d’indices qui s’offrent à notre lecture érotisée.

Photophobe, donc nocturne par essence, le vampire «s’accommode bien de l’obscurité et des jeux d’ombre et de lumière. L’inversion sinistre de la félicité conjugale, par exemple, forme un macabre paradigme qui prend plus de relief s’il s’enchâsse dans la nuit».

Ceci n’est pas une pipe. Lamia and The Soldier de John William Waterhouse (1905), un «tableau d’une innocence sulfureuse», selon Alain Morvan

Sang contaminé

La sexualité du vampire, immortel, est inépuisable. Ce n’est pas un hasard si Bram Stoker rend hommage au plus célèbre des contes, ressassement érotique sans fin, langueur baignée d’une macabre promesse de mort: «Le matin était alors tout proche et nous allâmes nous coucher. (Nota: ce journal ressemble horriblement au début des Mille et Une Nuits, car il faut que tout s’interrompe au chant du coq –ou bien il ressemble à l’histoire du fantôme du père de Hamlet.)»

Dans ce croisement de l’amour et de la mort se niche une impureté latente, celle de «la maladie vénérienne comme clef de lecture de Dracula». Mais l’obsession du sang, des rats, de la maladie et de la contamination provient aussi du souvenir des épidémies de peste d’autrefois, tant les récits se jonchent de morts prématurées.

«Représentation de l’altérité par excellence», le vampire impose la survivance de peurs anciennes, au moment où la société se construit par la rationalité, le progrès et la science –nonobstant la contemporanéité de Freud et la passion du moment pour l’hypnose.

Cette altérité est trompeuse. Comme une part occultée de nous-mêmes, le vampire est une manière de monstruosité intime que l’on se refuse à voir. Tout en lui est repoussant, et pourtant, il attire irrésistiblement. Si «L’apparence physique du comte est si souveraine dans sa hideur qu’il en devient un quasi-archétype du mal», cela ne l’empêche aucunement d’être séduisant. De même, Carmilla, «créature aux pulsions érotiques fortes et assumées, [est] une machine à séduire».

Mais par son association au mal, son détournement par le sang, le refuge d’une nuit peu paisible, la sexualité qu’impose le vampire est du domaine du caché et, sans doute, du refoulé.

Dracula était-il homosexuel? Sous la plume de Stoker, depuis l’arrivée de Jonathan dans le château du comte, qui est tout à la fois sa première victime et son premier amant, la question est latente. Elle revient parfois dans l’œuvre d’autres écrivains –et récemment chez José Luis Zarate, dans La Glace et le sel.

Me touche pas, tu m’salis. Dans Nosferatu de Werner Herzog (1979)

Les clefs du sucer

Chez Bram Stoker, l’homoérotisme se manifeste au travers «du rôle passif d’homme-objet auquel Jonathan Harker se voit réduit au château du comte, du plaisir que Van Helsing ressent à côtoyer les jeunes gaillards que sont Arthur Holmwood, John Seward et Quincey Morris, ou encore de la fureur du Transylvanien lorsque, face aux trois créatures lubriques du chapitre III, il revendique Harker pour sa consommation personnelle. L’image du sang qui attire le vampire peut fort bien se superposer symboliquement à elle d’un autre fluide.»

Tout autant que cette fureur, Alain Morvan souligne que «les plaisirs charnels ont sous la plume de Bram Stoker quelque chose de profondément alarmant et malsain, comme si le désir féminin lui faisait horreur».

Rien de vraiment explicite, pourtant. Sans doute faut-il appeler ici la figure de son ami Oscar Wilde: avec Dracula, personnage solitaire et silencieux, Stoker rejeterait «symboliquement l’homosexualité ouverte et flamboyante» portée par l’écrivain –condamné aux travaux forcés en 1895–, «alors que les deux hommes partagent dans leurs œuvres respectives le thème du double prédateur». Wilde pourrait être «le doppelgänger obscur et refoulé de Stoker».

D’autres textes présentés dans cette édition corroborent cette hypothèse de vampires à l’homosexualité latente, quoique refoulée dans une société puritaine. Dans Christabel, long poème de Coleridge, apparaît un vampire femelle, Géraldine, «incarnation poétique de la lamie, qui envoûte sa proie […]. La prédation létale fait écho aux pulsions sexuelles refoulées de la victime». 

Source d’inspiration majeure pour Stoker, Carmilla est publié en 1872. «Ouvertement saphique», ce récit montre également une vampire, qui part «à l’assaut des valeurs d’une famille privilégiant la société patriarcale», devenant une mère inversée qui «loin de nourrir ses filles adoptives, se repaît de leur substance». Dans cette séduction homosexuelle «littéralement effrayante», le désir devient «une force obscure et gravement entachée de culpabilité».

Affiche italienne du film The Vampire Lovers de Roy Ward Baker (1970), d’après Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

De la beauté des dents de laids

Dans Carmilla, le double maléfique est encore source d’effroi parce qu’intérieur: «L’horreur qu’inspirent les agissements de son invitée dissimule celle que Laura éprouverait face aux ténèbres de sa propre nature.» 

Chez Sheridan Le Fanu, le saphisme s’exprime à mots couverts, mais le doute pudibond n’est pas permis: «Mon étrange et belle compagne me prenait la main; elle la prenait en la pressant affectueusement, geste qu’elle renouvelait maintes fois, tout en rougissant doucement, contemplant mon visage avec des yeux languissants et brûlants, et respirant si vite que ses vêtements se soulevaient et retombaient au rythme de son souffle tumultueux. On eût dit l’ardeur d’un amant; cela me gênait; c’était odieux et pourtant irrésistible; en me dévorant des yeux, elle m’attirait contre elle et ses lèvres brûlantes couraient sur mes joues en leur donnant des baisers; elle chuchotait, presque en sanglotant: “Vous êtes à moi, vous serez à moi; vous et moi ne faisons qu’une pour toujours.”»

Dans l’adaptation de Carmilla par Spencer Maybee (2017)

Ce lesbianisme fait écho aux morsures déjà prodiguées par Géraldine à Christabel dans le poème éponyme de Coleridge (1797-1800):

«À toucher ce sein, on fait surgir un charme
Maître de ta parole, Christabel!
Tu connais cette nuit et connaîtras demain
Cette marque de ma honte, ce sceau de mon chagrin»

Encore elliptique, ce poème a néanmoins encouragé la littérature «à approfondir le thème lesbien comme outil de séduction», l’homosexualité se faisant «en quelque sorte plus militante» dans Carmilla –au risque de choquer le lectorat de l’époque.

Il existe évidemment des vampires dont les baisers sont aussi sanglants qu’hétérosexuels, mais ce plaisir reste honteux, enfoui. Ainsi, l’héroïne du Sang du vampire, roman de Florence Marryat, est hétérosexuelle, mais il s’agit de ce que l’on appelait à l’époque une quarteronne, venue de la Jamaïque: «Le facteur racial amplifie la peur, comme si l’ordre colonial, tout effrayant qu’il apparaît en la personne du docteur Brandt, se trouvait menacé –dangereusement– par les origines de sa fille.»

Subversion encore, dans la nouvelle Le Vampire de John William Polidori, où le personnage de Ruthven a quelque chose d’un Don Giovanni: il ne «saurait se conformer à quoi que ce soit, sauf à ses propres désirs». S’il se gorge du sang de la sœur d’Aubrey, ce dernier, garçon sage et naïf, n’est pas totalement insensible à la séduction vampirique.

«Certains adeptes de la queer criticism suggèrent, de leur côté, qu’Aubrey ressent devant Ruthven une peur “paranoïde” de la sodomie et que le “vice” auquel il s’expose en entreprenant son Grand Tour est peut-être celui de l’homosexualité, hypothèse que confirmerait, disent-ils, le choix de la Grèce comme lieu de destination». 

Les précautions oratoires d’Alain Morvan montrent qu’il n’adhère pas entièrement à cette analyse, bien qu’il rappelle l’admiration porté par Polidori au «flamboyant Lord Byron, par ailleurs bisexuel avéré».

Dans Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994)

Sans doute aussi cette sexualité dessine-t-elle des rapports d’une terrible ambiguïté: revers du sadisme, la passivité de la victime tient du «masochisme», car «la logique transgressive et intrusive du campire est en effet de contraindre celui à qui il rend visite à une passivité qui vaut presque acceptation». Ce que Mina décrit dans Dracula comme «quelque chose de très doux et très amer à la fois» ne peut entièrement dénouer les lacets du corset victorien.

Quelles noces feras-tu?

Hors mariage, hors famille, la sexualité des vampires recouvre peut-être un autre «continent noir» de la société victorienne, en s’attachant à définir des plaisirs d’autant plus interdits qu’ils sont inféconds.

Un tel empêchement impose encore le parallèle avec l’autre grande figure du roman gothique, le docteur Frankenstein, «qui rêve d’une création sans fécondation» et nie sa propre sexualité, d’où «la sanglante non-consommation de son mariage avec sa promise. C’est le monstre créé par lui qui déflore symboliquement Elizabeth».

Dans ces textes s’inscrit un trouble rapport à l’homosexualité, désirable autant que repoussante, pulsions inexprimables dans une société pudibonde et impitoyable. Et cette lecture nous invite à envisager autrement les premières lignes de l’introduction d’Alain Morvan: «Et si le vampire, non content d’être une figure intrusive venue d’ailleurs, était tapi au plus profond de nous? Et si la menace d’invasion masquait en vérité l’ennemi de l’intérieur? Et si celui qu’on affecte de croire à la réalité de cette figure mythique et se donne le luxe d’en ressentir les frissons cherchait tout bonnement à se purger de sa peur en l’extériorisant?»

Mais il est temps de tirer les rideaux pour se gorger de ces récits, encore palpitants du sang bouillonnant de leurs –mais oui!– heureuses victimes.

Jack l’Éventreur

Jack l’Éventreur (en anglais Jack the Ripper) est le surnom donné à un tueur en série ayant sévi dans le district londonien de Whitechapel en 1888. L’affaire à laquelle le personnage est lié, depuis l’époque de son déroulement jusqu’à aujourd’hui, donna lieu à maintes hypothèses et inspira bon nombre d’œuvres en tous genres, lui conférant un statut de mythe moderne.

Le nom du tueur, dont l’identité est toujours inconnue, apparut pour la première fois dans la lettre « Dear Boss », reçue en septembre 1888 par une agence de presse. Elle fut largement mentionnée dans les journaux de l’époque parce que son auteur s’y accusait des meurtres et signait « Jack the Ripper ». La police et les journaux reçurent de nombreuses lettres liées à l’affaire. La couverture médiatique de l’affaire finit par être internationale, lui assurant une notoriété durable.

En septembre et octobre 1888, des rumeurs plus persistantes laissèrent croire que plusieurs assassinats dans Whitechapel étaient reliés ; cependant, seuls cinq sont imputables à Jack l’Éventreur : ceux de Mary Ann NicholsAnnie ChapmanElizabeth StrideCatherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Parce que ces meurtres présentent plusieurs similitudes, ils sont qualifiés de « canoniques ». Le tueur aurait surtout agressé des prostituées vivant dans les bas-fonds de Londres. Elles eurent la gorgetranchée avant de subir des mutilations abdominales. L’extirpation d’organes internes d’au moins trois victimes conduisit à l’hypothèse que le meurtrier maîtrisait des notions d’anatomie ou de chirurgie. Celle-ci sembla confirmée lorsqu’un membre du Whitechapel Vigilance Committee (« Comité de vigilance de Whitechapel ») reçut, en octobre 1888, la lettre « From Hell » accompagnée de la moitié d’un rein ayant peut-être appartenu à l’une des victimes.

Les légendes entourant l’affaire s’inspirent d’études historiques approfondies, du folklore et de la pseudohistoire. Le terme ripperology — qui pourrait se traduire par « éventrologie » — fut créé pour désigner l’ensemble des études concernant Jack l’Éventreur et ses victimes.

Gilles de Rais

Gilles de Rais

Gilles de MontmorencyLaval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie moderne, Gilles de Retzn 1) en référence à son titre de baron de Retz, né au château de Champtocé-sur-Loire à une date inconnue (au plus tôt durant l’année 1405, peut-être vers le )5, mort le  à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d’Anjou, du Poitou, du Maine et d’Angoumois n 2,7,8.

Actif durant la seconde phase de la guerre de Cent Ans qui mêle conflit contre le royaume d’Angleterre et guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons9, il se rallie au camp du roi Charles VII et du grand chambellan Georges Ier de La Trémoille. Gilles de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d’Arc mais les relations entre ces deux compagnons d’armes demeurent peu connues, faute de sources. Au cours de leurs campagnes militaires communes, le baron de Rais contribue notamment à la levée du siège d’Orléans avant d’être promu maréchal de France le , jour du sacre royal de Charles VII à Reims.

Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de son cousin Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se retire progressivement de la guerre contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses, prodigalités qui entraînent sa mise sous interdit par le roi Charles VII le 2 juillet 143510.

En , Gilles de Rais est jugé dans le duché de Bretagne par l’officialité de Nantes pour hérésiesodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus11. » Simultanément, il est condamné à la pendaison et au bûcher par la cour séculièrenantaise pour s’être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre12.

Au terme d’un processus de mythification attesté par une tradition orale datant, pour le moins, du xixe siècle, la figure historique du baron de Rais se confond fréquemment avec le personnage de « Barbe Bleue » dans certaines traditions folkloriques locales, des ballades, des complaintes et des contes13.

Parallèlement, la littérature et le théâtre s’emparent du personnage pour en décliner plusieurs facettes, depuis le maréchal à la barbe bleuâtre portraituré dans des ouvrages romantiques mineurs du xixe siècle, en passant par l’être double — « fauve » et « esthète décadent » — dépeint dans le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans, jusqu’au « monstre sacré » exposé dans l’essai de Georges Bataille14 et l’ogre ambivalent de l’œuvre romanesque de Michel Tournier15.

Depuis la perception renouvelée du phénomène des crimes sexuels en série vers la fin du xixe siècle16, le cas du maréchal de Rais est parfois rapproché de la catégorie criminelle des tueurs en série, voire perçu comme l’archétype17 d’une figure médiatique contemporaine de la dangerosité, celle du « pédophile confondu avec l’assassin violeur, un Gilles de Rais réactualisé sous la double forme du prédateur et du déséquilibré18. » Le baron meurtrier devient ainsi « l’incarnation d’une structure perverse intemporelle n’ayant plus qu’un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le diable et de rapports contre-nature »19.

À compter du début du xxe siècle, quelques particuliers désireux d’innocenter Gilles de Rais publient des essais, voire entreprennent des démarches de réhabilitation en arguant qu’un complot judiciaire a été ourdi à son encontre. Réfutant cette thèse, certains historiens médiévistes tendent à ne plus établir une vérité judiciaire absolue à partir des actes des procès mais se penchent plutôt sur la procédure inquisitoriale employée. Leur but est de questionner les témoignages à l’aune des schèmesinterprétatifs des juges20,21 et de s’interroger sur l’étendue de la culpabilité du seigneur de Tiffauges sans intention de le disculper22


La saga de Louis Pasteur, l’imposteur

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Mardi 10 Décembre 2013
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La saga de Louis Pasteur, l'imposteur

Un article long mais remarquable qui permet de mieux comprendre d’ou est partit le mythe de Louis pasteur. Quand on voit sur quel genre d’escroc de génie notre médecine se base pour établir ses dogmes, on comprends mieux dans quel état de dégénérescence celle-ci se trouve. Fawkes “Le Pasteur de la légende Française : héro bienfaiteur de l’humanité ! – « pionnier » de la vaccination…1er mensonge : Il n’est pas le pionnier.Partout dans le monde, on cite un anglais: le médecin Edward Jenner qui aurait inoculé le premier ce qu’il appela « vaccine », maladie (variole) spécifique des bovins, afin de protéger les hommes de la variole ou petite vérole. Effectivement, Pasteur se servi de ses travaux un demi siècle plus tard. En fait quand on cherche un peu plus loin…: Un passage du Santeya Grantharn, [ouvrage sanscrit attribué à d’Hauvantori], prouve que l’inoculation de la vaccine était pratiquée dans l’Inde à une époque déjà très reculée. L’auteur prescrit les règles suivantes relativement à l’opération : « Prenez le fluide du bouton du pis d’une vache ou du bras d’un homme sur la pointe d’une lancette, piquez-en les bras entre l’épaule et le coude jusqu’à ce que le sang paraisse ; le fluide se mêlant avec le sang, il en résultera la fièvre de la petite vérole. » Il ajoute que la petite vérole contractée par ce moyen sera tout à fait bénigne et n’exigera aucun traitement. Il décrit les caractères que doit présenter le bouton de cette espèce de variole (en effet, Jenner non au courant, a butté sur le fait que le prélèvement sur les boutons ne marchait pas à tous les coups) pour pouvoir préserver à jamais, de la contagion de la petite vérole le sujet qui le porte. 
Fin du 18ème siècle, un brame nommé Alep Chobg à Ghazepoor, district de Bénarès, vaccinait déjà. Humboldt prouva que les habitants de la Cordillère des Andes avaient remarqué l’effet préservatif du vaccin. 

Édouard Jenner

Mais Édouard Jenner n’en avait aucune connaissance à l’époque.-          En 1775, il commence ses études et expérimentations,-          En 1788 il publie ses recherches sur les causes et les effets de la vaccine.-          Le 14 mai 1796, il inocula au jeune James Phipps, 8 ans, du pus prélevé sur la main de Sarah Nelmes, une fermière infectée par la vaccine, (ou variole des vaches). Trois mois plus tard, il inocula la variole à l’enfant qui s’est révélé immunisé. Cette pratique s’est répandue progressivement dans toute l’Europe. (Le motvaccination vient du latin vacca qui signifie vache). Le bruit de cette découverte ne tarda pas à parvenir en France, quoique la plus voisine de la patrie de Jenner, ne fût pas une des premières contrées où elle se répandit ! Et c’est seulement à partir du 19ème siècle- C’est seulement en 1822 que Louis Pasteur pourtant toujours à l’affut d’un bon coup, repris tous les travaux Jenner et de ceux qui avaient déjà une certaine avance sur le sujet.En plus des travaux de Robert Koch (découvreur de la relation maladie – microbes, connu pour sa découverte de la bactérie responsable de la tuberculose d’où le nom « bacille de Koch »).” 

Un individu hors des sentiers battus

Pour devenir un escroc qui ne se fait pas prendre, il faut être un individu hors du commun, Pasteur en était un ! Il ne manquait pas de qualités : d’abord très intelligent, travailleur acharné, (une race d’escrocs qui a tendance à se perdre, aujourd’hui, les escrocs sont souvent partisans du moindre effort).Il était aussi « brillant », expert en com, comme on dit aujourd’hui, il aurait fait un excellent coach d’entreprise ! Mais surtout avec les moyens du bord, il se tenait toujours au courant des travaux sur lesquels ses pairs se penchaient laborieusement. 

La méthode machiavélique de Pasteur

 Il possédait une tactique bien à lui, toujours la même, en cela il n’était pas original et il aurait été démasqué s’il ne s’était pas appelé « Pasteur » !D’abord, il savait reconnaître les bons plans, lorsqu’un confrère était sur la bonne voie, il le sentait ! Alors il déclenchait sa manipulation  classique non moins machiavélique : Il commençait par critiquer ouvertement, la méthode de son confrère n’étant pas encore au point , le confrère lui-même souvent naïvement, indiquait là où il en était, les problèmes sur lequel il buttait, Pasteur les citait et les balayait d’un revers de main, ensuite grâce à la notoriété dont il bénéficiait déjà (par sa brillance et son intelligence toutes deux effectivement reconnues),  il les reprenait sans aucune honte, se les appropriait sans vergogne et prétendait les avoir découverts !!C’est ainsi qu’il est devenu au fur et à mesure du temps, un « bienfaiteur de l’humanité » et, sur­tout, un mythe intouchable ! Mais le pire c’est que même maintenant que l’on connait la vérité, le mythe s’accroche aux branches, il est même régulièrement alimenté, en voici un exemple flafgrant : 

le Pr. Axel Kahn, menteur profiteur!

Avril 2005, une émission de télévision qui nous rappelle que la télévision est fossoyeur de la vérité et garante du système  Pasteur est élu le deuxième « Plus grand français de tous les temps », après Charles de Gaulle.Pour en remettre une couche n’hésitant pas dans l’ambiance générale à ajouter  un nouveau mensonge à ceux qui déjà entourent Pasteur, le Pr. Axel Kahn, membre du Comité consultatif national d’éthique français, Directeur de recherche à l’Inserm, (mais l’un des plus fidèles supporters de Pasteur, car il en vit)  n’hésitait pas à affirmer que c’est grâce à Pasteur que les femmes ne meurent plus en couches de la fièvre puerpérale ! Or, on sait maintenant que cette découverte, en vérité, appartient uniquement au médecin hongrois Ignace Semmelweis qui avait observé que les femmes ne mouraient plus lorsque  tout bêtement, les accoucheurs se lavaient les mains (ainsi prenaient formes les premières mesures d’hygiène qui allaient sauver des millions d’Êtres Humains à travers le monde).Sylvie Simon nous dit à ce propos :« Il faut savoir qu’il (Semmelweis) déclencha alors les ricanements de ses confrères et ne parvint pas à les convaincre malgré des résultats évidents. On prétendit que les statistiques qu’il avait publiées étaient erronées, mensongères, et on le révoqua. Il semblerait même que des accouchées aient pu être infectées afin de discréditer la véracité de ses observations. Il finit par se suicider de désespoir. Ses travaux, publiés en 1861, ne furent reconnus qu’en 1890 et ce retard coûta des vies.Révolté par ce comportement, un autre médecin, mais celui-là écrivain, Louis-Ferdinand Céline, le défendit avec virulence en publiant sa biographie en 1937.Sans doute Axel Kahn ne l’a-t-il pas lue. Nous pouvons ainsi constater que ce mythe de Pasteur perdure sur des bases totalement erronées, mais que le grand public croit aveuglément parce que la télévision en a parlé.» 

 On cache la vérité quand il s’agit de Pasteur!

Il faut savoir que depuis les méfaits de Pasteur, bien des faits ont été rapportés dans des écrits parfaitement authentifiés, en provenance de sommités mondiales, appartenant aux milieux scientifiques, historiques, de la médecine, de ses propres collaborateurs et même de ses proches.Pour ne citer que les plus célèbres dont on peut à l’heure d’aujourd’hui, retrouver tous les écrits et toutes leurs preuves:-          le Dr Lutaud,-          le Dr Philippe Decourt,-          le Dr Xavier Raspail,-          Adrien Loir,-          Ethyl Douglas-          Hume,-          Emile Duclaux,-          Gerald Geison,et bien d’autres moins connus mais de vrais investigateurs, auraient du suffire à le faire tomber de son piédestal et reconnu comme l’un des plus grand faussaire de notre pays. 

 Qui cache la vérité quand il s’agit de Pasteur?

Le dogme pasteurienMais si le dogme pasteurien est tellement  ancré dans les esprits, que rien n’a pu encore l’ébranler, et que les Français idolâtrent encore un imposteur ! C’est parce qu’il est le pilier même sur lequel sont fondés les laboratoires pharmaceutiques, avec la vaccination, et une large partie des médicaments. Le dogme pasteurien est toujours aussi vivant et comme le rappelle si bien Sylvie Simon :   « Et à présent que Pasteur n’est plus là pour piller les résultats de ses pairs ! Ce sont les autres qui les pillent en son nom.Le même problème se pose pour Pasteur que pour les vaccins : la place manque pour dévoiler tous ses mensonges. Je ne pourrai donc que conseiller au lecteur, s’il veut les découvrir tous, de se référer aux auteurs déjà cités et à l’ouvrage d’Eric Ancelet Pour en finir avec Pasteur, qui résume magistralement ce qui se cache derrière ce person­nage, bien différent de l’image d’Épinal qui le représente officiellement. »
1)      D’abord, Pasteur faisait lui-même des expérimentations et quand celles-ci n’allaient pas dans son sens, dans le sens qu’il souhaitait, il ne cherchait pas plus loin !Il maquillait tout simplement les résultats ! De la même façon que le font les escrocs et les faussaires, il s’entourait de complices qu’il rémunérait très bien et qui lui donnaient entière satisfaction. 

Antoine Béchamp usurpé et manipulé

2)      Comme je l’ai dit dans mon article précédent, il s’appropriait des travaux qu’il avait critiqués chez les autres. L’un des plus sérieux chercheurs du 19ème, qui passaient son temps à élucider les énigmes, les problèmes et que la vie mondaine n’intéressait pas du tout fut sa principale victime, Antoine Béchamp, il avait les diplômes (pas usurpés eux) de médecin, de biologiste, de naturaliste, il fut professeur de chimie pharmaceutique & médicale à la faculté de Montpellier , puis professeur de chimie biologique, professeur de physique à l’Université de Paris et enfin doyen de la faculté libre de Lille. 

Le terrain est tout

Béchamp a notamment travaillé sur les travaux de Claude Bernard, dont il a démontré la véracité. Ce qui était très important car ce fut un tournant décisif pour la médecine, que Pasteur n’apprécia pas et remis en cause, ce fut en quelque sorte ce qui décida du chemin qu’allait prendre la médecine ! Maintenant nous en subissant les conséquences: D’une part les médecines naturelles dans la lignée de Béchamp et de Claude Bernard, basées sur la valeur du terrain ! C’est le terrain qui fait tout ! ex : entre d’une part un étang d’eau stagnante et de l’autre des moustiques, qui est apparu en premier ? C’est le terrain, en l’occurrence l’étang d’eau stagnante qui a attiré les moustiques. D’autre part, la médecine moderne et de business, dans la lignée de Pasteur, avec la vaccination à tout va, à la chaine, pour le profit, et la possibilité d’obscures raisons… 

Pasteur vole la découverte de Béchamp sur les microbes.

Antoine Béchamp est à l’origine de la « propreté », c’est lui qui a découvert les microbes, le pourquoi des « infections » dans les pathologies. Il est à l’origine de grandes découvertes en physique, en biologie et en médecine et pourtant l’ensemble de son œuvre est complètement inconnue jusqu’à il y a quelques années, quand on a découvert que Pasteur avait jeté son dévolu sur l’œuvre de Béchamp, l’avait systématiquement discréditée, l’avait falsifiée, et en avait tiré les données importantes pour son compte personnel. De nos jours il écoperait au moins de 15 ans ! 

Pasteur entretient ses relations politiques à des fins de pouvoirs personnel

Pasteur écrivait un jour à un ministre (il avait déjà de belles relations) :-          « Il est erroné de dire que cette maladie n’est pas constitutionnelle et seulement parasitaire. Enfin, je crois que ces gens-là :Béchamp et son collaborateur sont fous. Mais quelle folie malheureuse que celle qui compromet ainsi la Science et l’Université par des légèretés aussi coupables ! » En juin 1865, Pasteur fut donc nommé par le gouvernement pour étudier les maladies des vers à soie !Alors que Béchamp à cette époque avait déjà terminé ses travaux à propos de la maladie des vers à soie : Il en démontrait son origine parasitaire et avait nommé ce microbe  « pébrine » et il avait déjà publié ses travaux sans ambigüité sur des revues scientifiques. Mais Pasteur en colère, fort d’être le représentant légal de l’État lança une croisade contre Béchamp, critiquant ses travaux. Il affirma carrément (on en a les preuves écrites de sa main) qu’il s’agissait bel et bien d’une maladie « constitutionnelle », que les « petits corps » (c’est ainsi que Pasteur et sa clique appelaient les petites bêtes invisibles de Béchamp,  celles qui allaient s’avérer exister réellement et devenir des microbes) que Béchamp considérait comme des « parasites exogènes », c’est-à-dire qui venaient de l’extérieur, étaient tout simplement des cellules malades du ver lui-même !

Pasteur retourne sa veste et s’accapare la découverte de Béchamp!!

En 1868, Pasteur devait reconnaitre que Béchamp avait raison – Il ne se démonta pas et décida de faire une déclaration fracassante à l’Académie des sciences et au ministre de l’Agriculture :-          «  J’ai été le premier à démontrer l’origine parasitaire de la pébrine, « entièrement ignorée avant mes recherches » !!Il fallait oser !Mais on le verra, Pasteur ne reculait devant rien pour s’approprier  les découvertes de ceux qui lui faisaient de l’ombre, ce ne fut pas le dernier de ses coups d’escroc. 

Pasteur en remet une couche et fait d’une pierre deux coups!

En 1870, dans la foulée, et pour appuyer ses dires, il publie un livre sur les maladies des vers à soie et, on est malin ou on ne l’est pas, il dédie le livre à l’Impératrice car, depuis longtemps, il préparait et s’introduisait (tel un bon manipulateur qui ne lâche jamais sa prise, mais qui quotidiennement creuse et creuse encore pour assoir ses relations) auprès la cour impériale.Il devint l’ami de ministres influents, amis de représentants officiels, diplomates de pays étrangers, avec derrière la tête une idée bien claire, profiter de ces relations exceptionnelles. À cette époque, Pasteur se déclarait très « napoléonien », mais après la chute de l’Empire et l‘avènement de la République, il ne fut pas embarrassé du tout, il enleva sa veste… et la retourna tout simplement, il se mit à courtiser les nouveaux venus. Il changea complètement de bord, comme le signalait le journal Impact Médecin du 19 février 1883. Et les nouveaux au pouvoir en furent ravi, De napoléonien il devint donc républicain, dans le monde du business, on ne s’arrête pas à si peu.

La saga de Louis Pasteur, l’imposteur

L’histoire de la rente de 25.000 Fr

Il obtint de son nouvel ami physiologiste républicain Paul Bert, membre de la commission du budget, qu’il fit un rapport à l’Assemblée nationale afin de se faire attribuer une « récompense nationale » sous forme d’une rente annuelle de 12.000 francs – portée ensuite, puisque ça avait marché,  à 25.000 francs – pour avoir sauvé la sériciculture. Après ce coup là, Pasteur ne se sentant plus (pisser) de joie, ouvrit son bec en laissant tomber rien du tout, et ne le referma plus jusqu’à sa mort. Revenant un peu sur cette magouille pour se procurer ces 25.000 FR au frais de la princesse « République » et parlons un peu de Paul Bert.
Paul BertUn contestataire, d’origine  janséniste, rentre à polytechnique mais qui ne sera jamais diplômé, fasciste avant l’heure, mais grand révolutionnaire, très influent  auprès du gouvernement lui aussi révolutionnaire, il a fait une brillante carrière politique, il est à l’origine de manuels scolaires qui décrivait à cette époque la supériorité de la race blanche. Il n’avait qu’une envie celle de rentrer à l’Académie des sciences malheureusement, on ne voulait pas d’un libertin dans les rangs de cette institution, en plus un homme qui affichait ouvertement son athéisme.  

Pasteur flaire la bonne affaire

Paul Bert raconte lui-même que Pasteur au courant de son désir de rentrer à l’académie des sciences serait venu le trouver et lui aurait tout simplement proposé le deal, Pasteur profitant de son influence, le faisait rentrer à l’académie, en contrepartie, Bert lui assurait l’attribution d’une rente à vie. Ce qui fut fait rapidement ! Au détriment de Davaine qui aurait du recevoir la récompense, il était le protecteur de Pasteur depuis le début de sa carrière, mais Pasteur n’en avait plus besoin et s’attribua même une grande partie de ses travaux. Davaine trahit ne s’en remis jamais.  

La morale bafouée

Le résultat du « bien mal acquis ne profite jamais » n’avait aucune prise sur Pasteur, qui fut de ce fait, récompensé pour sa félonie sur Béchamp, s’étant accaparé ses travaux sur la « théorie parasitaire », et cerise sur le gâteau, n’aimant pas  voir Béchamp dans la sphère universitaire parce que son mensonge risquait d’être découvert, il fomenta une intrigue pour lui faire perdre son poste universitaire. 

L’histoire des ferments solubles

Puis en 1878 il y eu aussi cette affaire des «ferments solubles », ce qui donna lieu àune bataille rangée entre Pasteur et le chimiste Berthellot pendant presque 2 années, et là encore Pasteur va utiliser l’arme avec laquelle il s’est si brillamment battu contre Béchamp, l’ imposture est devenue son cheval de bataille. D’abord il refusa de reconnaître l’évidence et maintint  sa croyance en la théorie de la génération spontanée. Puis il déclara qu’en fait il était à l’origine de ses travaux et se les accapara ! ■ PASTEUR DONNE LA RAGEDès nos premiers pas à l’école, alors que nous avons déjà fait amplement connaissance avec ce « père de la nation », soit parce que nous avons déjà subi plusieurs vaccins qui nous ont laissé des traces de douleurs, soit parce que nous avons été atteint d’effets secondaires connus tout simplement, mais cachés, tout simplement aussi, nous entendons parler encore, il faut que le message ne cesse ! comme en Corée du Nord ! si cvous y regardez bien, c’est exactement la même méthode, et il faut que les enseignants soient crédibles, ils ne sont donc pas dans la combine, mais dans le système où ils ont servi comme cobayes au même titre que les enfants qu’ils sont persuadés aider. Et quand des parents viennent jeter la suspission sur les vaccins, ohh ! Mon Dieu ! Quel blasphême, en pleine école de la laïcité ! Saint Louis ! (pas St Louis St Louis, mais, St Louis Pasteur !) protège nos enfants avec tes vaccins ! Devant nous se dresse certainement le gourou d’une secte inconnue…Bref, grâce à nos petits cerveaux à reluire, nous apprenons que Pasteur « a sauvé le petit Joseph Meister, mordu à la main par un chien enragé ».À vrai dire, et dans les faits de l’époque, il y a de fortes chances que ce chien n’était pas enragé du tout et je vais vous expliquer pourquoi. tout simplement d’abord parce quie la plupart du temps, le chien est très en pétard ! et il devait l’être contre ce petit Joseph qui lui a tiré la queue ou la langue si c’est un chien trop fier pour le supporter !Imaginez, il y a actuellement, non pas un cas de morsure de chien par jour, ni même 24, un par heure, ni même 86.000 cas par jour, un toutes les secondes, ni 250.000 cas par jour non, le double ! Près de 500.000 cas de morsures de chien chaque jour, et la rage existe toujours, comme à cette époque ! Et même actuellement, il est recommandé de  se poser la question en premier, et ne rigolez pas ! la plupart du temps on va vacciner la victime contre la rage ! On peut même lire actuellement sur le net :  A notre époque on a tout prévu« En cas de morsure par un chien ou lorsque le chien a disparu, l’enfant doit être systématiquement orienté vers l’un des 60 centres de traitement antirabique pour y être vacciné dans un délai de 48 à 72 heures. Le protocole à 4 ou 6 injections est entrepris au moindre doute. »Cela veut dire que tous les jours l’institut Pasteur vit encore des « bienfaits » de son bienfaiteur, en France on utilise dans les urgences (10% sont des morsures de chien de salon !) Tenez-vous bien:par an : 1 milliard 300 millions de vaccins payés par la sécu !Pour un chat et un chien le vaccin obligatoire de la rage coute 50 €avec rappel tous les ans si vous voulez être en règle! Tous les jours de l’année ! Commencez-vous à comprendre quelle manne financière la vaccination représente et dans ce cas, nous parlons de milliards d’Euros et de Dollars à travers le monde, nous sommes 7 milliards, si la plupart des gens ont accès au vaccin, et croyez-moi, la où règne la famine, on vient vacciner en hélicoptère ! 2 fois par an ! Cela représente donc près de 600 millions de doses de vaccins utilisées tous les jours et ceci, uniquement pour une maladie « très…rare ».

MAINTENANT ACCROCHEZ-VOUS!

Nombre de cas de rage dans le monde depuis 1977 c’est à dire depuis 34 ans :  17 cas et pas un en France! Mais de qui se moque t-on?

Revenons à l’arnaqueur original

Donc pour en revenir à Pasteur, il n’existait aucune certitude que le chien fut enragé car on ne signala aucune autre morsure dans les alentours, ni avant, ni après;Maintenant imaginons que le chien aurait été enragé réellement.Le risque pour le jeune Meister était infime, car un animal réellement enragé… ce qui est extrêmement rare, il faut le rappeler…  ne transmettra rarement là aussi la maladie, que dans : 5 à 15 % des cas ! 

Le vaccin antirabique: l’exemple parfait de la fraude

« L’affaire de la rage » est l’exemple type, l’exemple même, parfait, des mensonges de Pasteur qui ont été « répétés » « répandus » de la même manière que se répandent les « rumeurs », sans aucun fondement réel, sans aucun fondement scientifique, cela parait incroyable mais nous en sommes là ! Des « rumeurs » des mensonges, introduits par ses admirateurs dans la mémoire collective, au point d’être devenus des « véri­tés » pour le commun des mortels. 

La fautive? La peur, La peur de quoi? De la mort.

Mais il y a une explication à l’établissement de tels mensonges, ce sont les peurs humaines… et elles sont toutes issues d’une seule et unique peur qui résume notre vie… la peur de la mort ! Le « vaccin » désormais peut dormir sur ses deux oreilles, il à sa botte secrète, son « immunité » si j’osais dire, et tous les vaccins ont cette même unique force intrinsèque l’arme secrète qui prétend vaincre directement la mort. Il ne vaut mieux pas badiner avec la mort, et entre deux maux, il faut choisir le moindre, oui mais voilà, on vous a aussi trompé sur le moindre ! Vous verrez plus tard, je vous en reparlerai.Désormais, dés que l’on va ouvrir la bouche pour vous parler de vaccin, les mots seront toujours associés non pas à « efficacité » mais au risque que vous prenez si vous ne vous vaccinez pas. Un seul mot d’ordre : vous menacer directement, vous, et vos enfants, de mort imminente si vous ne vous faites pas vacciner.Cela a marché du temps de Pasteur, et cela marche encore en 2011, de la même façon, le médecin référant de mon enfant de 2 ans s’est servi de cette menace ainsi que tous ceux avec qui j’ai parlé de vaccin ! Ils ont la peur au ventre. Je me demande même si l’association « vaccin/peur » ne va pas passer dans les gènes !! Mais Pasteur, n’est pas le vrai fautif en fait si l’on y va voir d’un peu plus près.Contrairement à ce que l’on nous rabâche et dont on nous rabat les oreilles, le vaccin « antirabique » ne fut pas créé par Pasteur, désolé pour le mythe…mais par Henri Toussaint, un professeur d’une rare intelligence, à l’École vétérinaire de Toulouse, dont le nom n’a pas marqué l’histoire… Vous imaginez prononcer : « institutou sain ! Ce n’est pas sérieux, ha ha ha… mais revenons à nos moutons.Toussaint avait réussi à bien atténuer la virulence du virus en chauffant la préparation et en y ajoutant du phénol, un antiseptique.Il est intéressant de remarquer ici ce que dit le Web de Toussaint :« il proposa des procédés de vaccination contre le charbon, notamment par atténuation de la virulence à l’aide d’un antiseptique (phénol), ce qui donne lieu à des accusations de plagiat contre Pasteur ! qui, sans le dire, utilisa lui aussi un antiseptique (le bichromate de potassium) lors de la célèbre expérience de Pouilly-le-Fort. »Quand on lit : « ce qui donne lieu à des accusations de plagiat contre Pasteur »Voyez à quel point les mensonges sur Pasteur et les vaccins ont la vie dure, quand vous lisez les biographies utilisées pour écrire cela, tous les livres cités en références disent tous que Pasteur et l’usurpateur, alors ? vous voyez comment on arrive encore et toujours à tromper les « gens-moutons ». Remarquez, les laboratoires veillent au grain, ce sont eux qui donnent les informations officielles de publication. C’est comme pour les médicaments ou les vaccins eux-mêmes, ce sont les laboratoires producteurs qui font les tests de validité et qui les donnent à l’Affsaps ! Vous imaginez ! Mais c’est comme ça. 

Le fameux vaccin-killer de Pasteur!

Le vaccin de Pasteur, à base de moelle desséchée, était donc très dangereux et fut bien vite abandonné, on a aucun compte des expériences faites avec ce vaccin tueur, Pasteur n’en a noté que quelques cas… et le jeune Meister (justement parce qu’il était jeune et « en pleine santé » a eu beaucoup de chance d’en réchapper ! D’ailleurs, le collaborateur de Pasteur, Emile Roux, avait estimé que l’injection du vaccin Pasteur était trop hasardeuse, il eu peur pour la suite, d’être accusé de meurtrier, il savait qu’il n’avait pas la notoriété de Pasteur et que celui-ci s’il en avait besoin se retournerait contre lui ! Il avait donc choisi « officiellement » et devant témoins de se désolidariser des manipulations quasiment meurtrières de son chef, faisant face à Pasteur fou de « rage» ha ha ha, il avait refusé catégoriquement de s’associer et d’associer son nom aux premiers essais dits de « traitement intensif»,c’est-à-dire plusieurs injections pendant douze jours !Le jeune Meister ne mourut pas, contre toute attente d’Emile Roux, et donc Pasteur venait d’inoculer le premier vaccin qui guérit de la rage ! cqfd ! Et comme disait Coco : « Circulez, ya rien à voir ». 

Malheureusement il y eu à voir.

L’élément le plus caractéristique de la malhonnêteté de Pasteur et de ses collaborateurs fut certainement le drame qui suivi,

la mort d’un enfant de douze ans…

mort, des suites de la vaccination pratiquée par Pasteur.Le jeune garçon qui s’appelait Edouard Rouyer n’eut pas la chance de Meister. Il fut mordu le 8 octobre 1886 par un chien dont on ne dit rien, ou dont Pasteur ne dit rien, ce qui en fait un chien errant ! Potentiellement dangereux avec les idées transmises déjà à l’époque. (gardez en mémoire le nombre de morsure, le nombre de cas très rares). Si tôt présenté au grand manitou Saint, oh non pardon, ce n’est pas le même ! Pasteur lui inocula son vaccin-killer décrié par Roux, il utilisa de la même manière « la méthode intensive » et deux semaines après, exactement le 26 octobre l’enfant mourut. 

Le père porte plainte contre Pasteur

C’est comme de porter plainte contre Sanofi! Déjà à l’époque Ca y ressemblait.Une enquête judiciaire fut alors ouverte après la plainte déposée par le père de l’enfant qui regretta amèrement d’avoir amené son enfant à ce charlatan, pour déterminer la cause de sa mort. Beaucoup de monde dans le cercle médical, au courant de ce qu’avait fait Pasteur.Roux qui commençait à se féliciter de ne pas avoir été complice d’un meurtre qui devait fatalement se produire  au vu des ingrédients nocifs et mortels utilisés, se vu récupéré et on l’invita à retourner sa veste pour le bien de l’humanité! Vous allez voir de quelle manière.Beaucoup de monde  donc ne se faisait pas d’illusions sur sa culpabilité, du moins dans les milieux scientifiques et médicaux, mais ce qui était redouté, et qui finalement peinait tout le monde, c’est de voir ternir une si belle carrière, une fierté Française ! Personne ne voulait cela. 

Le stratagème qui sauva Pasteur

Donc d’abord les tribunaux se jugèrent eux-mêmes incompétents en la matière et comme par un coup de baguette magique ne pouvant venir que de Dieu en personne,c’est le professeur Brouardel qui se retrouva chargé du dossier Pasteur

Qui est Brouardel?

Brouardel, à l’époque, un peu l’Abbé Pierre de la médecine, une éminence bardée de diplômes universitaires, de titres honorifiques, qui finira académicien, un sage parmi les sages, ne pouvait prendre QUE la bonne décision, tout le monde était d’accord, et s’en remit à lui. Et (bonne déduction de la part de ses  pères) sa décision quel quelle fut, vu le personnage, ne pourrait jamais être contestée.A lui, qu’incombait maintenant la responsabilité de décharger ou de faire tomber de son piédestal cet escroc de malheur qui s’appelait Pasteur.  Ah j’oubliais, Brouardel, était un ami intime de Pasteur, il l’a très tôt soutenu dans ses thèses, il prononca Le discours concernant la rage à l’Académie de médecine en 1887. Son choix se porta donc tout naturellement à sauver l’honneur de la France. 

D’abord découvrir la vérité

Il fallait d’abord découvrir la vérité, ensuite on aviserait. Brouardel avait confiance en Emile Roux qui lui semblait le moins « faux cul » et le moins escroc de l’équipe de (b)granquignols du laboratoire de Pasteur. Après ce qui s’était passé, c’est donc lui qui va aller vers Roux et lui demander son aide.Dans le laboratoire d’Emile Roux, ils inoculèrent une partie du bulbe cervical de l’enfant à des cerveaux de lapins sains et, quelques jours plus tard, les lapins moururent de la rage. Cela leur confirma ce dont ils craignaient le plus mais qui était évident.Brouardel alors, en grand sage, lui qui a passé une partie de sa vie à réformer la médecine afin d’en écarter les charlatans, allait agir bien autrement que lui dictait sa conscience intérieure. 

Le processus machiavélique pour sauver la peau de Pasteur

Il avait besoin de Roux à ses côtés, tout le monde savait que Roux ne croyait pas en l’efficacité du vaccin-killer de Pasteur. Brouardel pris Roux entre quatre yeux et la main sur l’épaule, ce qui était quand même un grand honneur.Il lui fit retourner sa veste, le but de la manœuvre était délicate, Pasteur avait beau être une légende déjà vivante, il n’en avait pas moins commis des erreurs plus grosses que lui, mais, déjà à cette époque, Pasteur avait fait envisager l’énorme potentiel financier de la vente de vaccins pour tous ! Là ça n’était plus de l’escroquerie mais à ce niveau, du pure génie ! Si le sage entre les sages disait que Pasteur avait raison, et qu’Emile Roux reconnaissait la même chose, la partie pouvait être gagnée.En accord avec Roux, Brouardel décida de porter un faux témoignage devant la justice pour dissimuler la vérité.Il s’agissait (comme il l’avouera enfin beaucoup plus tard), « d’éviter la reconnaissance officielle d’un échec qui entraînerait, selon les termes de Brouardel lui-même, « un recul immédiat de cinquante ans dans l’évolution de la science », ainsi que le déshonneur pour Pasteur, comme le rapporte Philippe Decourt dans Les vérités indésirables, le cas Pasteur. Le rapport fourni au procureur contenait un mensonge monumental :

« Les deux lapins sont en bonne santé aujourd’hui, 9 jan­vier 1887, c’est-à-dire quarante-deux jours après les inoculations. Les résultats négatifs des inoculations pratiquées sur le bulbe de cet enfant permettent d’écarter l’hypothèse que le jeune Rouyer ait succombé à la rage ». Pasteur déclara que l’enfant était mort d’urémie.

Pasteur parrain – système mafieux

Mais il n’était pas suffisant de falsifier les faits, Pasteur et ses deux complices désormais, Roux et Brouardel, s’employèrent à faire taire les opposants qui connaissaient la vérité.Ca ne fut pas une mince affaire, il y eu tout une série de chantages, pots de vin, menaces en tout genre, un livre n’y suffirait pas, on entrait là dans les manœuvres du grand banditisme, et les méthodes de la Maffia furent employées, c’est étrange comme encore à l’heure actuelle, certains faits se rapprochent des faits de cette époque, notamment avec le cas du Docteur Marie-Hélène Groussacet les nombreuses tentatives d’assassinat sur sa personne, défendue par un faux avocat qui aura accès à tous ses documents les plus secrets et qui se révèlera par la suite appartenir aux services secrets français !

C’est le dessous d’un panier de crabes pourris par le fric qui annoncent ce que sera la médecine de demain, celle que l’on a aujourd’hui ! Digne fille de Pasteur.

Brouardel alla même jusqu’à affirmer que sur cinquante personnes traitées par lesinoculations intensives, il n’y avait eu aucun décès. Or des dossiers que l’on a pu récupérer des héritiers de Pasteur, et particulièrement l’un d’eux sans lequel, on en serait encore à penser ce que l’on a voulu à cette époque que l’on pense maintenant ! Nous savons que la méthode avait fait des émules, et en 1886, dans les cas répertoriés en France et à l’étranger, les morts à mettre officiellement au passif de la méthode Pasteur s’élevaient alors à soixante-quatorze: 40 cas mortels à l’étrangers et 34 cas mortels Français avec la méthode qui avait tué le jeune Rouyer. Certains étaient morts en présentant les symptô­mes de la rage ordinaire, d’autres avaient succombé à une affection nouvelle qui fut appelée la « rage des laboratoires ». Ces derniers présentaient les symptômes de paraplégie rabi-forme observés chez les lapins servant à la culture du virus pasteurien**.**    La Méthode Pasteur contre la rage par le Dr Xavier Raspail – 1888D’ailleurs, Pasteur allait lui-même signalé que pendant la période du 9 novembre 1885 au 30 décembre 1886, sur 18 malades vaccinés, neuf moururent dans les trois semaines suivant la morsure. Toujours sans considération de savoir si l’animal avait ou non la rage ! 

Pasteur parrain mafioso est désormais aux commandes!

En mars 1886, Pasteur allait encore monter dans l’escalade à la tricherie et à la manipulation, il se savait soutenu par des industriels qui se préparaient déjà à faire beaucoup d’argent sur le dos de vos aïeux et grands parents ! Il déclara officiellement au Dr Navarre : « Je n’admets pas qu’on discute désormais mes théories et ma méthode; je ne souffrirai pas qu’on vienne contrôler mes expériences. » !Pasteur venait d’inaugurer une nouvelle pratique désormais qu’il allait institutionnaliser, celle du mensonge scientifique, proféré avec impudence par des hommes de science auréolés d’un prestige usurpé.

le premier vaccin antirabique, un échec retentissant.

L’histoire n’a finalement retenu ce que l’on a décidé qu’elle retiendrait : le succès de ce vaccin, mais a oublié de dire qu’il avait multiplié les décès par la rage.En fait de triomphe, ce fut un échec retentissant mais savamment étouffé, un pétard bien mouillé, mais un premier apprentissage de l’art de cacher la vérité au sujet vaccinal.  Car il n’y a jamais eu de preuves scientifique apportée, ce que la médecine prétend toujours faire, et elle est la première à refuser de reconnaitre les médecines énergétiques qui faute de preuves scientifiques pourtant apportent des preuves visuelles de résultats. En plus pour la vaccination contre la rage,  jamais personne n’a pu prouver son efficacité. Tout d’abord parce qu’il était pratiquement impossible d’apporter la preuve que les chiens incriminés étaient atteints de la rage (aussi parce qu’on s’est bien gardé de les chercher) et ensuite parce que le nombre de vaccinés qui mouraient était trop élevé pour qu’on souhaitât en tenir compte. Léon Daudet a raconté l’horrible mort de six paysans russes mordus par un loup et vaccinés par Pasteur. À ce propos, l’écri­vain s’éleva à l’époque contre ce qu’il appela «la nouvelle morticoli » et publia une série d’articles sur le sujet. Quant au Pr. Michel Peter, de l’Académie de médecine, il a violemment critiqué les méthodes de Pasteur et a écrit au Dr Lutaud, rédacteur en chef du Journal de médecine de Paris:« Je suis d’accord avec vous sur tous les points: la médication de M. Pasteur, soi-disant préservatrice de la rage, est à la fois une erreur et un danger. »
Pour ce membre éminent de l’Académie de médecine, c’est pour des raisons « peu scientifiques » que Pasteur s’est efforcé de faire croire à la fréquence de la rage.En effet, Pasteur évoquait alors des centaines de cas de rage qui mettaient des vies en danger de mort. « Or, la rage chez l’homme, est une maladie rare, très rare. »le médecin qui rapporte ces mots déclare en avoir vu  deux cas, en trente-cinq ans de pratique hospitalière et civile, et tous ses collègues des urgences des hôpitaux, de la ville, comme de la campagne, comptent par unités et non par dizaines (encore moins par centaines), les cas de rage humaine qu’ils ont observés dans toute leur vie.

    Pour amplifier les bienfaits de sa méthode  et pour en masquer les insuccès,  M. Pasteur a intérêt à faire croire plus forte  la mortalité annuelle par la rage en France.  Mais ce ne sont point là les intérêts de la vérité. »     Ce procédé basé sur la peur sera repris plus tard   par les laboratoires qui fabriquent les vaccins   et par leurs complices.

Ref : ORIGINE DE LA VACCINE PAR J. AUSTRUY-          Le complexe médico-industriel pas Attac-          L’intox par Dr Bruno Donatini –          Les inventeurs de maladies par Jörg Blech  
Sources: 

Extraits de http://www.bienetravie.com/la-saga-de-pasteur-%E2%80%93-article-4/http://www.bienetravie.com/pasteur-article-5/

Comment le Mossad a traqué le « Boucher de Riga », l’assassin de 30 000 Juifs

Un livre passionnant raconte la mission sous couverture de “Mio” Meidad, qui a agi sans soutien pour rendre justice et contrer un projet allemand d’amnistie d’anciens nazis… version juive qui détient 99% de la presse !

Image tirée du film “The Mover” illustrant l’infâme massacre de Rumbula, en 1941.

LONDRES — En mars 1965, le Bundestag d’Allemagne de l’ouest a très largement rejeté une proposition visant à mettre un terme à la traque des criminels de guerre nazis et a introduire une période de prescription pour leurs crimes. 

Une vague d’opposition à ce projet avait éclos dans le monde entier les mois qui ont précédé le débat parlementaire. Des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de Tel Aviv, à Toronto, à Los Angeles ou encore à Londres. Des lauréats de prix Nobel, des politiciens, des dramaturges et le futur Pape Benoît XVI ont fait entendre leurs voix en signe de protestation. Et en Allemagne, un débat amère et clivant a éclaté sur la manière dont le pays devrait expier ses crimes et dans quelle mesure la responsabilité collective du pays était engagée.

Au même moment, un autre effort avait également été lancé pour faire dérailler les propositions allemandes. Conçu dans le plus grand secret par les dirigeants des renseignements israéliens et approuvé par le Premier ministre Levi Eshkol, cet effort visait à focaliser l’attention du monde sur les centaines, si ce n’est milliers, de criminels jamais jugés et condamnés – et qui ne l’auraient jamais été si le Bundestag avait approuvé la loi. 

Il s’agissait aussi d’un projet dans lequel Israël lui-même agirait en tant que juge, jury et exécuteur. Il a été décidé que le Mossad, l’agence de renseignement israélienne, traquerait et tuerait Herberts Cukurs — le « Boucher de Riga » – qui a été accusé d’être personnellement responsable de la mort d’au moins 30 000 Juifs lettons.

 

Herberts Cukurs, le boucher de Riga.

L’assassinat de Cukurs, qu’Israël n’a pas revendiqué, allait permettre de faire parler de ces terribles crimes et de les punir. Cela constituerait aussi un avertissement sur le type de justice qui serait appliquée si l’Allemagne accordait une amnistie aux criminels de guerre.

La mission visant à tuer Cukurs est racontée par le journaliste et auteur Stephan Talty dans son nouveau livre Le bon assassin : La traque du Boucher de Lettonie par le Mossad. Le livre est écrit avec brio, suspense et compte, parfois, des moments déchirants. Il fait traverser les continents, en partant des « terres ensanglantées » de l’Europe de l’Est jusqu’aux jungles de l’Amérique du Sud. 

Au centre de l’histoire, on retrouve deux hommes : Cukurs et l’agent sous couverture envoyé par le Mossad pour le piéger, Yaakov « Mio » Meidad.

Connu au sein de l’agence comme « l’homme aux cent identifiés », Meidad était un Juif né en Allemagne dont les parents ont péri dans les camps de concentration. Il avait aidé à l’enlèvement d’Adolf Eichmann pour le faire juger en Israël.

Talty, qui a entendu parler pour la première fois de l’histoire de la mission en lisant le livre de Ronen Bergman Lève-toi et tue le premier : l’histoire secrète des assassinats ciblés d’Israël, a été fasciné par Cukurs et Meidad, mais aussi par les événements qui les ont conduits à entrer en contact. 

« C’était l’idée que ces deux personnes existaient, de chaque côté de ce terrible moment de l’histoire, et qu’ils ont fini par se rencontrer. Mio a dû tisser une amitié avec quelqu’un qui incarnait le visage des ‘hommes ordinaires’ de la Shoah », a expliqué Talty au Times of Israël.

Le « Lindbergh letton » va en Terre sainte

Cukurs était, comme l’a ensuite écrit un survivant, « rempli de terribles contradictions ». Connu comme « le Lindbergh letton », l’aviateur était devenu un héros national dans le pays balte d’avant-guerre. Il était réputé pour sa fougue et son audace. 

Stephan Talty, l’auteur du livre Le bon assassin : la traque du boucher de Lettonie par le Mossad. (Natacha Vilceus)

« En réalité, j’ai moi-même admiré le Cukurs d’avant-guerre », a reconnu Talty. « Il était vraiment le type d’aventurier qui non seulement construisait ses propres avions, mais qui rêve de voyages et de grandes odyssées. » 

Ces voyages l’ont conduit à s’envoler en 1933 de la Lettonie à la colonie britannique africaine de Gambie dans un avion avec un cockpit ouvert qu’il avait assemblé à l’aide de pièces détachées. 

Six ans plus tard, en décembre 1939, il est revenu d’une autre expédition, un vol de 4 667 kilomètres en Palestine – qui charmera le club juif de Riga, avec une présentation, agrémentée de photos, décrivant les vues, les sons et les senteurs de Tel Aviv, Jérusalem, Bethléem, Petah Tikva et Rishon LeZion.

« Je me souviens comment Cukurs s’exprimait avec émerveillement, étonnement, et même enthousiasme, au sujet du projet sioniste en Israël », s’est ensuite souvenu un jeune homme juif présent lors de la soirée.

Ce n’était pas la seule indication que, si l’on met de côté son vif nationalisme et ses remarques antisémites occasionnelles, Cukurs, comme l’a ensuite écrit un Juif letton, n’était « pas vraiment considéré comme quelqu’un qui détestait les Juifs ». À titre d’exemple, il était souvent vu avec des intellectuels juifs dans des cafés de Riga

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Herberts Cukurs en Gambie, en 1933.

L’intérêt de Talty pour Cukurs a, en partie, été suscité par son parcours. « Je voulais savoir », a-t-il remarqué « ce qui avait changé en lui pour qu’il devienne une bête, un monstre ». 

Cette description est totalement pertinente. Comme Yosef Yarof, le chef du département des opérations spéciales du Mossad, l’a expliqué à Meidad quand il lui a exposé sa mission : Cukurs n’était pas « un assassin de bureau comme Eichmann ». Parmi ceux qui connaissaient sa réputation, le simple fait de mentionner le nom de Cukurs pouvait provoquer une réaction physique. Quand les chefs des renseignements israéliens ont commencé à discuter des cibles potentielles, une liste de noms a été lue à haute voix. Le général Aharon Yariv, le chef du Renseignement militaire, s’est effondré quand il a entendu le nom de l’homme qui avait tué plusieurs de ses proches et amis. 

Le massacre de la plage de Skede en Lettonie, où 2 700 Juifs ont été abattus en trois jours, en décembre 1941. (Domaine public)

Les crimes de Cukurs avaient été commis exactement 25 ans auparavant.

Les nazis comme « libérateurs » ; les Juifs comme un « ennemi intérieur »

Selon les termes secrets du Pacte Molotov-Ribbentrop, les Soviétiques ont étouffé les velléités d’indépendance de la Lettonie et l’ont brutalement occupée à partir de l’été 1940. 

Un an plus tard, une deuxième tragédie a affecté les États baltes, avec l’invasion allemande de l’Union soviétique, qui a conduit la Lettonie à passer sous contrôle nazi. Certains des concitoyens de Cukurs ont perçu les nazis comme des libérateurs ; une vision qui n’était pas partagée par leurs voisins juifs terrifiés.

Aucune pitié et aucun compromis. Aucune tribu juive de vipères ne doit être autorisée à se dresser de nouveau

En quelques heures, la presse, maintenant contrôlée par l’Allemagne, a commencé à diffuser le mensonge vicieux que les Juifs lettons étaient « l’ennemi de l’intérieur », celui qui avait trahi leur pays en faveur des Soviétiques et participé aux atrocités que l’Armée rouge avait commises. « Il ne faut faire preuve d’aucune pitié et d’aucun compromis. Aucune tribu juive de vipères ne doit être autorisée à se dresser de nouveau », notait un journal. 

De fait, il n’y a eu aucune pitié. « Riga est devenu un enclos dans lequel les Juifs étaient traqués – cela tel un sport, mais également pour en tirer des bénéfices, et Hebert Cukurs fut un joueur enthousiaste », écrit Talty.

Cukurs n’était pas un petit « joueur » – il est devenu le commandant en second du tristement célèbre Arājs Kommando – un groupe paramilitaire letton qui a largement participé au massacre des Juifs du pays. 

La propagande nazie antisémite en Lettonie, à l’été 1941.

Des témoins ont ensuite raconté la brutalité de Cukurs. L’un d’eux s’est souvenu de lui dans le ghetto où les Juifs de Riga étaient parqués « en train de rire diaboliquement… tuant des gens comme un chasseur dans le bois ». Un autre s’en est rappelé dans la tristement célèbre villa du numéro 19 de la rue Waldemars, où l’Arājs Kommando organisait des fêtes alcoolisées et sauvages lors desquelles ils torturaient et assassinaient des Juifs. 

Max Tukacier, un jeune Juif qui connaissait Cukurs depuis plus de dix ans et qui a été conduit à cette maison, a vu l’aviateur « battre à mort 10 à 15 personnes ». Et Cukurs a été enregistré donnant des ordres lors du massacre de Rumbula, les 30 novembre et 8 décembre 1941, lors duquel environ 25 000 Juifs ont été assassinés dans ou à proximité de la forêt de Rumbula. 

Après avoir participé aux massacres de Riga, Cukurs et ses hommes ont voyagé dans des villes, villages et localités à travers la Lettonie pour aider à rassembler et assassiner des Juifs. En l’espace de cinq mois, 60 000 Juifs lettons ont péri. Comme l’écrit Talty, le petit dossier que le Mossad avait sur Cukurs était très fin, et les témoins oculaires si peu nombreux, précisément parce qu’il avait été très méticuleux, avec l’Arājs Kommando, pour assister les nazis dans leur massacre.

Des membres d’une milice lettone rassemble un groupe de femmes juives pour les exécuter sur une plage à proximité de Liepāja, le 15 décembre 1941. (Bundesarchiv bild)

« L’incarnation de l’humanité »

Mais l’aspect le plus extraordinaire – et peut-être unique – de l’histoire de Cukurs est ce qui s’est passé ensuite. Comme beaucoup d’autres criminels de guerre, le Letton a « suivi les rats » et s’est enfui en Amérique du Sud après la guerre. Mais, contrairement aux autres assassins de masse, Cukurs est arrivé au Brésil sous son vrai nom – et il a ensuite presque immédiatement cherché à rencontrer des membres de la communauté juive du pays. Cukurs s’est présenté à la fois comme un exilé politique qui avait été ciblé par les Communistes et un homme qui avait sauvé des Juifs pendant la Shoah.

Alors que Cukurs a assidûment courtisé les Juifs de Rio, son passé a commencé à le rattraper. De retour en Europe, de jeunes comités juifs chargés de traquer les criminels de guerre en fuite ont constitué un dossier sur l’aviateur d’avant-guerre devenu meurtrier de masse. Dans les semaines qui ont suivi son arrivée, les rapports sur les premières observations possibles de Cukurs à Rio ont fait chemin vers Londres. Le lent et laborieux processus de confirmation de ces rapports a alors commencé.

« Le Boucher de Riga », Herberts Cukurs, était un aviateur nationalement célébré avant de rejoindre des escadrons de la mort pendant la Shoah. (Capture d’écran : YouTube)

Pendant ce temps, Cukurs a continué à prospérer et à promouvoir sa personne. Il a même accordé une interview au magazine le plus vendu du Brésil – qui a paru sous le titre « Des pays baltes au Brésil » – dans laquelle il était décrit comme « l’incarnation de l’humanité ». En 1950, cependant, la vérité – que Cukurs n’était rien de tel – a commencé à faire jour chez certains de ses nouveaux amis à Rio.

Bien que les efforts de la communauté juive pour le faire extrader et traduire en justice aient échoué face à l’indifférence des responsables brésiliens, les protestations ont entraîné l’effondrement de l’entreprise florissante de Cukurs et la famille a été contrainte de quitter Rio. Lorsque le Mossad a jeté son dévolu sur lui, une décennie plus tard, Cukurs était déjà très affaibli, dirigeant tranquillement une petite entreprise de location de bateaux et de taxis aériens près de São Paulo.

L’ambition démesurée de Cukurs a été à l’origine de son ascension et de sa chute ultime. Ce ne sont pas seulement ses crimes odieux qui ont fait de lui une cible en 1965, mais le fait qu’il ait laissé une piste si facile à suivre pour le Mossad.

« Il aurait pu avoir une très bonne vie à Rio s’il n’avait pas relevé la tête comme il l’a fait », dit Talty. « Je pense que son narcissisme était si central dans son personnage qu’il n’a pas pu y résister. »

Des auxiliaires de la police lettone participe au rassemblement de Juifs en Lettonie en 1941.

Alors que d’autres, comme Adolf Eichmann et Josef Mengele, étaient « très soucieux de mener une vie très banale », poursuit l’auteur, il a le sentiment qu’Herberts Cukurs « était né pour le monde et qu’il avait besoin d’une sorte d’histoire héroïque autour de sa vie pour lui donner un sens ».

Cette « malédiction », estime Talty, a conduit à la chute de Cukurs.

L’épreuve de force psychologique

Si les faits de Cukurs à Rio ont pu être téméraires, il n’a pas été idiot. Comme l’explique Talty, la mission du Mossad n’est « pas une histoire d’actions » mais s’apparente davantage à un thriller psychologique tendu qui oppose Cukurs à l’homme que l’agence a envoyé pour le piéger.

Meidad lui-même, dit Talty, était très « anti-James Bond » et « semblait n’être pleinement vivant » que lorsqu’il était sous couverture.

Yaakov ‘Mio’ Meidad pendant son service au Mossad.

« Quand il était dans le personnage de quelqu’un d’autre, il était beaucoup plus sûr de lui, beaucoup plus affirmé… qu’il ne l’était dans la vraie vie », dit Talty.

L’Israélien a joué à la perfection le rôle d’Anton Kuenzle, un homme d’affaires autrichien prospère mais abattu qui se liera d’amitié avec Cukurs et l’attirera vers sa mort. Cette perfection était cependant nécessaire, car la mission ne laissait aucune place à l’erreur.

De manière tout à fait inhabituelle, Meidad, sur sa propre insistance, a travaillé au Brésil sans aucun renfort ni plan B. La décision, écrit Talty, « s’est écartée sauvagement de sa méthodologie précise et très germanique ; c’était comme s’il avait abandonné 20 ans d’espionnage pour s’en prendre à Cukurs ».

La famille de Meidad et ses anciens collègues ont insisté auprès de Talty sur le fait que cette mission avait été « personnelle » pour lui. 

« Je pense qu’il s’est réellement délecté de cette confrontation directe avec un criminel de la Shoah », explique Talty. « Il a considéré cela comme le test ultime de tout ce qu’il avait pu être en tant qu’agent secret… Il voulait tromper Cukurs et le faire tomber. » 

« Cukurs incarnait une cible très difficile à atteindre parce qu’il était non seulement paranoïaque, mais également intelligent et tout à fait capable d’anticiper ce que pourrait faire un agent israélien », continue Talty. « Cela a été une guerre éminemment psychologique, et je pense que Cukurs était son égal en cela. »

Les lignes sont tracées

D’un côté de la ligne de front, il y avait Cukurs, qui cherchait en permanence à tenter de déterminer si Kuenzle était réellement qui il prétendait être. Pour ce faire, il avait défié ce dernier lors d’un concours de tir qui avait opposé les deux hommes dans une plantation reculée et située au beau milieu de l’arrière-pays brésilien, pour vérifier la véracité des récits de Kuenzle, qui avait raconté avoir servi sur le front oriental pendant la Seconde Guerre mondiale.

De l’autre côté de la ligne de front, il y avait Meidad, qui devait non seulement endormir les soupçons nourris par Cukurs mais également trouver l’appât qui permettrait le plus sûrement de le faire tomber dans le piège. Et il devait exceller en cela, dit Talty. 

« Il éprouvait une certaine empathie envers Cukurs et son parcours, et envers la négligence que ce dernier avait affiché au moment de leur rencontre, alors qu’il avait manifestement renoncé à être la hauteur du personnage dont il avait rêvé pour lui-même », explique Talty

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Le criminel de guerre nazi Herberts Cukurs est célébré par certains comme un héros national en Lettonie car il s’est opposé aux forces russes. (Capture d’écran YouTube)

La perspective qu’avait fait miroiter Meidad aux yeux de Cukurs – retrouver sa richesse perdue et le respect par le biais d’un partenariat commercial – devait finalement mener au dénouement sanglant de la mission dans une habitation de Montevideo où une petite équipe du Mossad montait la garde. 

Il en a toutefois fallu de peu. Une combinaison de la paranoïa toujours vigilante de Cukurs, de malchance, ainsi que de la réticence affichée par une partie de l’équipe du Mossad à croire qu’il pourrait être si difficile de tuer un homme de 65 ans esseulé ont manqué d’entraîner un désastre.

« C’était le cauchemar de Mio », remarque Talty. « Il y a eu une sorte de rupture entre lui et les Sabras [dans l’équipe du Mossad] en cela qu’ils croyaient qu’ils pourrait gérer toutes les situations dans le cadre des missions qui leur étaient assignées, et lui se démarquait d’eux en affirmant que l’homme était un formidable adversaire physique. »

Ce n’est que lorsque les hommes du Mossad se sont retrouvés face à face avec Cukurs – qui, comme l’avait ultérieurement dit Meidad, « a combattu comme un animal sauvage qui aurait été blessé » – qu’ils ont réalisé combien ces mises en garde avaient été prophétiques. 

Un déluge de sang pour recouvrir les traces 

Ce n’est pas un hasard si la réponse à la question qui avait de prime abord fait naître l’intérêt de Talty pour l’histoire de Cukurs – Qu’est-ce qui avait bien pu amener un aviateur aventurier à devenir un meurtrier de masse ? – a finalement été apportée par un survivant. 

Zelma Shepshelovich, quand elle était jeune.

Zelma Shepshelovich, une personnalité admirable dont le livre de Talty raconte également l’histoire, n’a cessé, après la guerre, de tenter d’obtenir justice pour sa famille assassinée et pour les milliers d’autres Juifs lettons morts à ses côtés. 

En 1979, elle est apparue en tant que témoin de l’accusation lors du procès, à Hamburg, de Viktor Arājs, commandant du bataillon paramilitaire dont Cukurs avait été un membre acharné. À la barre, Arājs avait révélé que Cukurs avait collaboré avec les Soviétiques pendant leur courte occupation du pays, avant l’invasion nazie. Terrifié d’être découvert et des conséquences sanglantes qui pourraient suivre, Cukurs avait cherché à brouiller les pistes en rejoignant la bande d’assassins d’Arājs.

Comme l’écrit Talty : « Ce n’était pas, après tout, un antisémitisme profondément ancré en lui qui a motivé l’ancien aviateur. Il a trahi les Juifs parce que, le cas échéant, il aurait été probablement assassiné à leurs côtés. Le sacrifice de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants était nécessaire pour qu’il puisse continuer à vivre. » 

Cukurs n’est pas un cas unique. Mais en Lettonie, un pays sans antécédents de pogroms qui a été considéré par certains comme un sanctuaire dans les années 1930, il est en finalement venu à symboliser ce que Talty désigne comme « la double croix qui a piégé les Juifs ».

Pour les Juifs en péril, la vitesse et le vice du soudain retournement de nombreux amis, de voisins et de compatriotes à leur encontre ont été palpables.

Il est impossible – Talty le reconnaît – de prouver si l’information de la mort de Cukurs a modifié les esprits lorsque le Bundestag a rejeté la proposition d’amnistie au cours du printemps 1955.

Janis Vabulis, également appelé ‘Nank’, l’homme qui a sauvé Zelma Shepshelovich. (Naomi Ahimeir)

« Je veux croire que cela a joué un rôle psychologique en donnant un visage à la Shoah, mais je ne peux pas apporter des sources qui viennent soutenir cette hypothèse », explique Talt. « Mais cela a très certainement fait partie d’un mouvement qui a réévalué ce qui est arrivé pendant la Shoah en Allemagne, et je pense que cela a été important pour cette raison. » 

Talty reconnaît que la décision prise par le Mossad de tuer Cukurs et de ne pas le conduire devant les juges a eu une conséquence inattendue. L’effort livré, ces dernières années, par les nationalistes lettons qui ont tenté de réhabiliter l’ancien héros national a exploité le fait qu’il n’avait jamais été condamné pour crime de guerre par un jury.

Il y a néanmoins une lueur d’espoir dans le récit fait par Talty de cette histoire sombre. Elle s’incarne à travers Jānis Alexander Vabulis, un jeune fonctionnaire tombé amoureux de Shepshelovich et qui — à ses grands risques et péril – l’a accueillie chez lui pendant toute la durée de la guerre. 

« Je pense qu’il représente un certain pourcentage de Lettons qui sont sortis des sentiers battus et qui ont aidé les Juifs », suggère Talty. « J’ai découvert un grand nombre de témoignages sur des Juifs qui s’abritaient dans des fermes, avec des familles très religieuses et très chrétiennes qui les recueillaient aussitôt. » 

La religion, n’est pas un choix mais une obligation sociale… imposée par des dictateurs…
aucune religion, aucun dieu ne mérite notre mort.

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