TRANSSEXALITÉ ; on en fait le tour ! N° 1 - CLUB DEFI

JK Rowling gagne contre les transsexuels : son nouveau livre controversé se hisse au sommet des classements

Mlle Rowling, 55 ans, a été longuement et durement critiquée par les militants transsexuels et LGBT depuis qu’elle s’est courageusement opposée, a refusé de s’excuser et de se rétracter pour avoir contesté l’utilisation du terme « personnes qui ont leurs règles » au lieu de « femmes ».

Elle s’est accrochée et elle a gagné. Ne cédez jamais devant les terroristes de la pensée et les progressistes : ils n’en ont jamais assez et ils vous détruiraient. Au contraire, affrontez-le, tenez-vous droit, ne lâchez rien, et c’est eux qui se lasseront et se chercheront une cible plus malléable, plus facile à détruire.

Le dernier livre de K Rowling a atteint le sommet du classement des livres au Royaume-Uni après d’âpres attaques de la part des militants LGBT et transsexuels qui, en bons fascistes, veulent imposer leur opinion et interdire d’avoir la sienne.

La controverse a sans aucun doute fait grimper les ventes, bien que les attaques sur les médias sociaux ont effrayé certaines libraires qui n’ont pas offert le livre à la vente.

Troubled Blood*, c’est le nom du livre, publié sous son pseudonyme Robert Galbraith, met en scène un tueur homme qui s’habille en femme, et il est destiné à provoquer. Il a d’ailleurs atteint son objectif, car il a ravivé les affirmations mensongères selon lesquelles l’auteur de Harry Potter serait « transphobe ».

  • Les activistes appellent à le boycotter. Ils ont failli. Le livre s’est vendu à 64 633 exemplaires en 5 jours, soit près du double des ventes de son prédécesseur dans la série.
  • En tireront-ils la leçon ? Absolument pas, car ce qu’il leur importe, c’est le pouvoir d’obtenir la soumission, et ils ne renonceront pas.

Rowling dit avoir basé le nouveau personnage sur deux vrais tueurs, Jerry Brudos et Russell Williams, fétichistes de vêtements des femmes. Cependant, le personnage ne s’identifie pas comme transsexuel.

  • Non seulement elle refuse de plier, mais elle contre-attaque, en clin d’œil. La semaine dernière, Rowling a fait la promotion d’une entreprise qui fabrique des articles féministes.
  • Après avoir partagé une photo d’un t-shirt qu’elle portait, qui portait le slogan « cette sorcière ne brûle pas », elle a créé un lien vers le site web de la société à laquelle elle l’avait acheté.
  • Wild Womyn Workshop, qui vend des badges, des autocollants et des vêtements féministes, a une section intitulée « gender critical » (critique des genres). 

    Il vend des badges sur lesquels on peut lire « Protégez les espaces réservés aux femmes », « La biologie féminine n’est pas une affaire de fanatisme » et « Soutenez les détranciateurs ».

Conclusion : le combat se situe ici : les transsexuels et militants LGBT refusent qu’il soit dit que seules les femmes aient leurs règles. Et si vous désobéissez, ils vous détruiront.

Chronique des cinglés au pays
des déglingo-transdégenré(e)s

Jeremy Stubbs, causeur.fr : JK Rowling, Transgenres et Cie s’attire les foudres des LGBTQI+ qui l’accusent de transphobie pour avoir mis en scène un serial killer déglingo-transgenre. Mais, quoiqu’elle fasse, JK Rowling ne peut qu’ameuter les LGBTQI+, tous empressés, au nom de la tolérance, de l’ensevelir sous un torrent de menaces de torture et de meurtre

En décembre 2019, JK Rowling affirme qu’il y a une différence significative entre une femme biologique et une déglingo-trans-femme et qu’on ne peut pas accorder le même statut social à une déglingo-trans-femme qu’à une femme biologique. En juin 2020, elle s’attire les foudres des activistes en protestant sur Twitter contre leur déglingo-tendance à remplacer le mot de « femme » par la déglingo-périphrase : « personnes qui ont des règles« , comme s’il n’y avait pas de relation entre la condition sociale des femmes et la physiologie féminine. Fin août, après une intervention de la directrice de la fondation Robert F Kennedy Human Rights accusant JK Rowling d’avoir porté atteinte à l’identité des personnes déglingo-transgenres et non-binaires, elle rend à cette institution un prix que celle-ci lui avait conféré !

Ci-gît JK Rowling : L’injustice inhérente à une déglingo-accusation qui suppose que JK Rowling est foncièrement transphobe, alors qu’elle maintient seulement qu’il existe un conflit entre les exigences les plus extrêmes du lobby déglingo-transgenre d’un côté, et, de l’autre, les droits des femmes biologiques ou cis-genrées. Troubled Blood, le cinquième roman de Robert Galbraith, le pseudonyme de JK Rowling, est sorti dans les librairies. Un compte-rendu négatif paru dans le quotidien anglais The Daily Telegraph provoque une nouvelle polémique. La déglingo-cancel culture, cette effrayante intolérance progressiste En Marche !

Fait surprenant pour un journal aussi conservateur, l’auteur du Telegraph, Jake Kerridge, en conclut que la morale de l’histoire semble être la suivante : Il ne faut jamais faire confiance à un homme qui porte une robe ! Ce jugement a été relayé par le populaire site d’informations Pink News. Et aussitôt, la communauté déglingo-LGBTQI+ se met en branle sur son média favori, Twitter, dénonçant Rowling pour sa transmisogynie et exprimant le désir, entre autres choses, de lui déchiqueter le corps. C’est pourquoi, à notre époque, pour condamner à mort, pas besoin de juger sur pièces. Voilà la tolérance progressiste déglingo-LGBTQI+ !

La déglingo-Déclaration de Hollande, ex-Président, sur les efforts en faveur des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou déglingo-transgenres, à Paris, le 17 mars 2017 avant le Hollandexit !

« C’est l’idée de cet appel, qui avait été lancé à l’occasion du plan de mobilisation contre la haine et les discriminations anti-LGBT. Ont été dégagés des moyens budgétaires pour appuyer ces initiatives, 1,5 million d’euros qui sera reconduit chaque année pendant 3 ans. Ce qui me conduit à évoquer le combat pour les droits des personnes LGBT dans notre pays, comme dans le monde, parce que cela s’inscrit dans un temps long et qui remonte à loin. Il m’est apparu nécessaire de rappeler l’Histoire des discriminations poussées jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’anéantissement et dont les personnes LGBT avaient été victimes. Cela a été un long combat pour la reconnaissance, avec Mitterrand : l’homosexualité a été dépénalisée, retirée de la liste des maladies mentales. Ce n’était jamais qu’il y a 36 ans, il faut mesurer le chemin parcouru !

« Ensuite, c’est Jospin qui a voulu que le PACS soit créé, ouvrant une possibilité pour les personnes de même sexe de faire reconnaître leur union. On s’est aperçu que cela avait été largement utilisé par les personnes hétérosexuelles, comme quoi le combat des homosexuels est au bénéfice des hétérosexuels.

« Ensuite, c’est le mariage pour tous qui est devenu une réalité, c’était un engagement que j’avais pris et qui a été tenu. Beaucoup avaient pensé que ce serait une bataille facile, que c’était l’aboutissement de manifestations, de processus civiques, citoyens, qu’il y avait une grande acceptation par la société. Mais nous avons constaté qu’ensuite, il y a eu des résistances, toujours des résistances. Il y a eu dans cette bataille des coups qui ont été portés, à l’égard de ceux qui menaient le combat pour l’égalité. Je pense à Taubira et à ceux qui s’étaient mobilisés. En instaurant l’égalité dans le mariage civil, nous avons aussi voulu renforcer la déglingo-parentalité avec l’adoption. Convaincre que c’était l’intérêt de l’enfant que nous poursuivions là. (???)

« C’est une réforme que nul ne songe sérieusement à remettre en cause, même s’il y a des tentations.

« Cette souffrance conduit aujourd’hui de jeunes gays, de jeunes lesbiennes, de jeunes bi, de jeunes trans jusqu’au drame du suicide… souvent vécue comme dégradante pour que leur état civil corresponde à leur déglingo-identité. Cela n’a pas été simple de convaincre et de démédicaliser la modification de sexe dans l’état civil pour les personnes trans. Et nous l’avons fait parce que nous devions le faire. En octobre 2012, le gouvernement a instauré la pénalisation des propos de haine et discriminatoires à raison de l’identité de gens.

« Nous avons considéré qu’il fallait ouvrir un programme contre les violences et les discriminations à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre et de changer la représentation des personnes LGBT.

« Les acteurs associatifs (exigent) des programmes face à la recrudescence des actes lesbophobes, gayphobes, biphobes, transphobes (et déglingo-phobes) pour répondre à l’inquiétude qui nous saisit tous !

« C’est pourquoi, j’ai voulu que la France puisse tenir son rang et inscrire la lutte contre l’homophobie dans l’appel à l’action au plan international, pour que l’UNESCO puis s’emparer de cette question ».

Ludovine de La Rochère, Le Salon beige : « On est dans l’idéologie la plus pure, en dehors du réel ! »

Ludovine de La Rochère débattait à Sud Radio contre Aurélien Taché, agressif et de mauvaise foi :

« Ce projet de loi est absolument indigne et honteux pour une large part de son contenu. Il y a la PMA sans père et sans motif médical, remboursée par le Sécurité sociale. Il y a l’autoconservation des gamètes sans motif médical et avec remboursement. Et puis, il y a l’autorisation de créer des gamètes artificiels, des embryons transgéniques, c’est-à-dire des embryons homme-animal. Cette loi crée une nouvelle filiation, c’est-à-dire une filiation fictive. Un enfant pourra être déclaré à l’état civil comme né de deux mères. Naturellement, c’est quelque chose d‘impensable. On est dans l’idéologie la plus pure, en dehors du réel, ce qui est toujours désastreux. On piétine les besoins les plus fondamentaux de l’enfant. Au lieu de respecter l’égalité entre tous les êtres humains, pour les enfants nés d’une PMA, on va les rendre sciemment, volontairement, orphelins de père. On créerait volontairement une inégalité entre les enfants nés d’une PMA et tous les enfants du monde.

À cela s’ajoute le détournement de la médecine. Il est urgent qu’elle reste concentrée sur sa mission !

Le HuffPost : Une femme déglingo-transgenre ne peut pas être reconnue mère de sa fille. Déboutés par la Cour de Cassation, les avocats de la femme trans qui a conçu une fille (étant homme et couchant) avec sa compagne veulent porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Une femme transgenre ne peut pas être reconnue mère de sa fille (conçue étant homme) sans avoir à passer par une adoption, a tranché la Cour de cassation. Une décision rendue par la Cour de cassation, qualifiée de scandaleuse par les avocats de la transgenre, une femme de 51 ans née homme et ayant eu (étant homme en couchant avec sa compagne) un enfant après sa transition. En 2011, il/elle a été reconnue comme femme sur son état civil. Elle a eu une fille naturellement (par coït) avec son épouse en 2014. Elle n’avait pas encore été opérée et possédait ses organes reproducteurs mâles. Le retour du biologique !

La Cour de cassation a jugé que il/elle ne peut être que le père ! Ben voyons !

tetu.com : Associations LGBT à l’Élysée ! Plusieurs associations LGBT+ ont été reçues par Macron et Schiappa. Ont été évoqués le calendrier de la loi bioéthique, la recrudescence des agressions LGBTphobes ou encore La manif pour tous. Parmi les associations présentes (toutes subventionnées $$$), l’Association des familles homoparentales (ADFH), Sos Homophobie, l’Inter LGBT, l’Association Nationale Transgenre (ANT), le Refuge, le Mag jeunes LGBT, Urgence homophobie ou encore Flag ! Sur les #LGBTphobies, mesures annoncées et déblocage d’un budget. La loi incluant #PMA et filiation sera promulguée.

Des propos qui n’ont pas convaincu Alice Coffin, la porte-parole de la Conférence européenne lesbienne et Veronica Noseda, la secrétaire générale des Dégommeuses. Ben voyons !

ifamnews.com : Netflix promeut une idéologie déglingo-transgenre dangereuse pour des enfants sans méfiance. Les dirigeants de Netflix, une société de divertissement ultra-libérale $$$, ont lancé une attaque idéologique visant les jeunes enfants sans méfiance. Un épisode de l’émission (visible par tout public) Babysitter’s Club a surpris les enfants sans méfiance avec l’introduction d’un personnage que les producteurs présentent comme déglingo-transgenre. Pour rendre l’apparence plus authentique, le personnage déglingo-transgenre est interprété par un acteur de 9 ans qui lui-même prétend être une fille déglingo-transgenre.

Le garçon n’est pas une fille, mais un enfant qui souffre d’une maladie grave appelée dysphorie de genre. Parce que présenter les faits réels de la question ne correspond pas à son scénario, Netflix ignore les faits scientifiques et poursuit le scénario écrit par les groupes de lobbying LGBT : le garçon est une fille ! Mais promouvoir l’idéologie LGBT avec Netflix est dangereux pour le garçon et pour la société dans son ensemble.

L’un des grands groupes médicaux pédiatriques aux États-Unis, l’American College of Pediatricians, prévient que la promotion de l’idéologie déglingo-transgenre a des conséquences graves sur les enfants.

Netflix veut soutenir l’identité de genre du garçon ce que tout bon progressiste doit faire dans la culture déglingo d’aujourd’hui qui met en danger la santé de l’enfant qui est physiquement un garçon. Chaque cellule de son corps est en réalité une cellule masculine. Sa structure squelettique est masculine. Sa structure musculaire est masculine, tout comme ses organes reproducteurs. Son cerveau est un cerveau masculin !

Et un cerveau masculin traite les informations en tant qu’homme. Et la science apprend que son état d’homme peut avoir un impact sur la façon dont son corps réagit à la maladie et au traitement. Quel que soit le diagnostic, le garçon métabolisera les médicaments comme un homme et différemment d’une femme. En affirmant que le garçon est une femme et non un homme, Netflix (et les enfants qui suivent son exemple) feront partie d’un mouvement déglingo-culturel qui pousse le garçon sur la voie qui l’atteindra physiquement et qui altèrera sa vie. Dans tous les autres aspects de la vie, le garçon qui insiste sur le fait qu’elle éprouve quelque chose de contraire à sa réalité physique ne bénéficiera pas de soins adaptés à sa réalité biologique.

Mais parce que le déglingo-transgenre est désormais un élément puissant de l’idéologie progressiste, le garçon ne bénéficiera pas de soins adaptés et des traitements sociétaux. En fait, dans de nombreux États américains, il est illégal de conseiller le garçon contre l’affirmation (l’intox) d’un mode de vie transgenre.

Au lieu de cela, à l’âge de neuf ans, le garçon sera encouragé à poursuivre sa transition en fille. Vers l’âge de 11 ans, le garçon commencera à prendre des médicaments anti-pubertaires, suivis de l’utilisation d’hormones croisées. Cette combinaison rendra probablement le garçon stérile. Une étude néerlandaise a révélé qu’aucun adolescent qui avait commencé la suppression de la puberté ne s’était retiré du traitement et tous avaient progressé vers un traitement hormonal sexuel. Si le garçon a la permission de sa mère, la même personne qui a encouragé le garçon à s’habiller et à apparaître comme une fille, il peut subir une chirurgie à l’adolescence pour créer l’apparence de seins féminins. À l’âge de 18 ans, le garçon subira probablement une chirurgie pour enlever ses organes sexuels masculins et créer des organes génitaux féminins.

Pour le reste de sa vie, le garçon devra prendre des médicaments et des hormones puissantes dans sa quête pour conserver une apparence féminine. Même alors, rien ne garantit qu’il se présentera de manière convaincante en tant que femme ou qu’il ne présentera pas des signes physiques révélateurs suggérant fortement à l’observateur qu’il est un homme. Le conflit quotidien qu’il devra endurer, la lutte sans fin pour concilier la virilité biologique de son être physique avec le désir psychologique d’être une femme, aura très probablement un impact émotionnel. Le taux de suicide chez les transgenres est choquant.

Une étude a révélé que 40% des transgenres ont tenté de se suicider. L’achèvement du processus de transition médicale ne semble pas aider. Une étude réalisée en Suède a révélé que le taux de suicide chez les transgenres en postopératoire était près de 20 fois supérieur à celui de la population générale.

Si vous voulez soutenir des enfants comme le garçon qui expriment une déconnexion entre le sexe auquel ils s’identifient et leur corps physique, la meilleure approche consiste à les traiter avec empathie et à leur expliquer que ces sentiments disparaîtront à mesure qu’ils mûriront. Des études médicales montrent que jusqu’à 95% des enfants qui présentent des symptômes de dysphorie de genre finiront par accepter leur sexe biologique au moment de leur puberté. Bien sûr, une émission sur la façon d’aider les enfants à éviter le piège dévastateur de l’idéologie déglingo-transgenre ne sera probablement pas un succès $$$, de sorte que Netflix ne l’envisagera jamais, même s’il pouvait dépasser son propre parti pris déglingo-progressiste libéral $$$.

Éviter les bloqueurs de la puberté et les traitements hormonaux croisés aux enfants ne génère aucun revenu $$$ pour les sociétés du Big Pharma. Éviter les chirurgies transgenres ne rapporte pas d’argent pour les cliniques de genre $$$. Étant donné le penchant progressiste de Netflix et sa quête de ce qu’il croit être culturellement populaire $$$, il est sûrement illusoire d’espérer un changement ! (adapté de Frank Schubert)

Moralité : Une éradication très nécessaire de la dictaturedes LGBTQI+,idéologiquement corrompus et financés par Macron-le-petit avec la corruption des mœurs. Tout ça va sûrement laisser des traces !

Marguerite Yourcenar : « Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties » !

Que peut-on attendre de ces gens-là, les activistes de la dictaturedes LGBTQI+,corrompus et financés par Macron gay-friendly socialiste, opportuniste, incompétent, mystificateur, lâche et manipulateur ?

La France soumise à la corruption des mœurs brûle, et pas seulement avec ses églises.

Comme le dit si bien h16 : Ce pays est foutu !

Assurément, tout ça va mal finir 

Pourquoi Le Dernier Livre De J.K. Rowling Est Transphobe

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L’auteure de la saga la plus populaire de tous les temps vient de dévoiler son dernier ouvrage, dont la trame fait polémique : l’histoire d’un serial killer qui s’habille en femme pour tuer ses victimes. Sur les réseaux sociaux, les internautes n’ont pas manqué de faire part de leur indignation, alors que J.K. Rowling faisait déjà polémique il y a quelques mois pour ses propos sur les personnes transgenres.

Le nouveau livre de J.K. Rowling, rédigé sous son pseudonyme Robert Galbraith, s’intitule Troubled Blood. Il s’agit du cinquième tome de la saga policière retraçant les enquêtes du détective Cormoran Strike.

Dans Troubled Blood, le personnage principal est présenté comme un « tueur en série psychopathe » qui s’avère être un homme déguisé en femme. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #RIPJKRowling a été très largement partagé depuis l’annonce de lundi après-midi. Internautes et anciens fans de l’auteure affirment que le personnage principal est une preuve de la transphobie de J.K. Rowling.

Elle Dawson, critique littéraire, rappelle que dans le deuxième tome de la saga, Le Ver à soie, un personnage transgenre était déjà décrit comme agressif : « J.K. Rowling est résolument obnubilée par les personnes transgenres et les décrit régulièrement comme des prédateurs dans ses romans ».

Saeed Jones, poète américain reconnu et acclamé par la critique, a lui aussi fustigé l’auteure sur Twitter : « J’apprécie presque les efforts que fait J.K. Rowling pour supprimer tout reste de nuance quant à notre point de vue sur elle et comment elle prévoit de consacrer son temps, son énergie et son argent ».

I almost appreciate the effort JK Rowling is making to remove any vestige of nuance from our understanding of who she is and how she plans on using her time, energy and fortune. It’s all very “as per my last transphobic email.” https://t.co/e0pTOw7Q8N

— Saeed Jones (@theferocity) September 14, 2020Cliquez pour accepter les cookies de marketing et activer ce contenu

L’auteure à succès n’a pas souhaité faire de commentaire, bien qu’elle ait déjà défendu son opinion sur la transidentité en juin dernier : « Je refuse de m’incliner devant un mouvement qui, à mon avis, fait un tort démontrable en cherchant à éroder la “femme” en tant que classe politique et biologique et en offrant une couverture à des prédateurs comme peu d’autres avant lui ».

De son côté, Paris Lees, militant et journaliste, a rappelé sur Twitter les violences subies régulièrement par la communauté trans : « Dans la vraie vie, le nombre de personnes transgenres tuées au Brésil a augmenté de 70 % l’an dernier, des jeunes femmes transgenres sont immolées dans des voitures et les hommes qui nous tuent (parce que nous sommes transgenres) sont graciés et rentrent chez eux ».

JK Rowling’s new book’s about a “transvestite serial killer” 

Meanwhile over in the real world the number of trans people killed in Brazil has risen by 70% this past year, young trans women are left to burn in cars and men who kill us (for being trans) are pardoned and sent home pic.twitter.com/vaAVB0f9Na

— Paris Lees (@parislees) September 14, 2020Cliquez pour accepter les cookies de marketing et activer ce contenu

Il faut noter que très peu de serial killers habillés en femme ont existé dans l’histoire du crime. Le plus célèbre est sans doute Hadden Clark, qui, après avoir assassiné et enterré sa compagne Laura Houghteling (alors âgée de 23 ans) dans le Maryland en 1992, avait quitté le domicile de la victime déguisé en femme pour éviter d’attirer l’attention des voisins. Au cinéma, le personnage de Buffalo Bill, apparaissant dans Le Silence des agneaux, est controversé puisqu’illustrant les personnes transgenres comme des prédateurs.

Pour rappel, ces derniers mois, J.K. Rowling a fait l’objet d’une polémique d’envergure concernant ses convictions sur le sexe et le genre. En décembre 2019 sur Twitter, l’auteure avait pris la défense d’une femme britannique ayant perdu son emploi après avoir tenu des propos transphobes. En juin dernier, elle avait rédigé un long billet de blog dans lequel elle exprimait ses opinions, dévoilant son passé de victime de violence domestique et d’agression sexuelle. Elle y avouait être « préoccupée par l’effet que le mouvement des droits des trans» peut avoir sur l’éducation des enfants.Le texte avait été par la suite très largement diffusé et les acteurs principaux de la saga Harry Potter avaient pris la défense de la population transgenre.

Ça chauffe dur dans les prisons de Nantes et de Rennes

Un détenu déjà connu pour sa violence a violemment agressé un surveillant du centre de détention de Nantes-Nord. Le détenu, libérable en 2027, n’a pas supporté que le premier surveillant responsable des ateliers lui demande de regagner son étage après qu’il a rejoint les ateliers avec un groupe de détenus dont il ne fait pas partie.

« Alors qu’il s’en allait vers son bâtiment, il a subitement fait demi-tour puis a saisi les épaules du Premier surveillant avant de lui asséner un violent coup de tête », rapporte le syndicat FO-Pénitentiaire, majoritaire dans la pénitentiaire depuis les élections professionnelles fin 2018, année marquée par un conflit historiquement dur entre les surveillants de prison et le gouvernement qui s’est terminé en queue de poisson après que l’UFAP, alors majoritaire, a accepté les propositions – en deçà des demandes des surveillants – du gouvernement.

Le surveillant a été grièvement blessé : « probable traumatisme crânien, une dent de perdue, la mâchoire abimée et un œdème à la tempe », mais il a dû attendre deux heures (!) l’arrivée de SOS Médecins, « les services de secours ne s’étant pas déplacés ! », relève encore le syndicat.

FO constate aussi un défaut d’encadrement aux ateliers, « secteur sinistré par l’absence d’un officier, de l’un de ses 3 agents et de notre gradé de secteur », ce qui met en danger les agents, notamment sur les mouvements [déplacements] des détenus entre leurs cellules ou étages et les ateliers.

Quant au détenu, envoyé au mitard, il devrait être rapidement transféré vers un autre établissement, en attendant son jugement pour l’agression. L’UFAP, ex-syndicat majoritaire avant 2018, a aussi fait un communiqué, où ce syndicat explique que « ce détenu est un habitué des rappels à l’ordre et il a manifestement d’énormes difficultés à accepter l’autorité » et demande, outre son transfert « sans délai » que « tous [ses] déplacements soient effectués avec les moyens de contrainte à disposition », autrement dit menotté.

Rennes : un détenu transgenre sème la pagaille

À Rennes, un détenu transgenre a semé la pagaille dans la prison pour femmes, après avoir mal pris la demande d’une surveillante d’écourter sa communication téléphonique et de rentrer dans sa cellule. « La détenue L, transgenre, connue pour son profil psychotique et sa virulence semble n’avoir aucune limite dans son agressivité envers le personnel… », relate FO-Pénitentiaire.

Après avoir envoyé la surveillante aux pelotes, « la détenue L très virulente, déclencha avec force l’alarme coup de poing, faisant sauter ses points de sutures à la main (qu’elle s’était fait suite à un précédent incident lors duquel elle a tout détruit dans sa cellule). La détenue, la main en sang, essaya alors d’entrer dans le bureau des surveillantes […] Une collègue arrivée en renfort lui bloqua le passage […]. La détenue L essuya alors sa main sanguinolente sur le [masque] de la surveillante, ajoutant qu’elle était porteuse du sida. Après ce premier geste abject, la détenue se rapprocha davantage de l’agent et lui postillonna au visage ajoutant : “Dès que je vous revois je vous frappe de toute façon.” ».

Plusieurs agents ont tenté de la maîtriser, avec difficulté : « La détenue L, au sol, continua d’agresser physiquement les agentes […] essuyant un déchaînement de violence, une pluie de coups. De nombreuses collègues seront blessées. L’intervention des portiers fut nécessaire. Durant la mise en prévention de la détenue vers 19h30, l’un d’eux sera également blessé ». FO-Pénitentiaire exige « le transfert de la détenue L. […] dans un endroit où il sera possible de la gérer en toute sécurité ».

Rennes: Un détenu se suicide à la prison de Vezin le lendemain de son  incarcération

Un détenu transgenre de la prison pour femmes de Rennes porte plainte contre FO Pénitentiaire

Suite de « Ça chauffe dur dans les prisons de Nantes et de Rennes »  qui relatait plusieurs tensions et agressions dans les prisons de Rennes et de Nantes, et notamment le cas d’une détenue transgenre accusée d’avoir semé la pagaille dans la prison pour femmes, après avoir mal pris la demande d’une surveillante d’écourter sa communication téléphonique et de rentrer dans sa cellule. 

Emma L., qui affirme avoir porté plainte contre le syndicat FO pénitentiaire pour « diffamation et discrimination », à la suite de cette affaire et des propos tenus à son sujet. Nous vous proposons de découvrir son point de vue ci-dessous.

Je m’appelle Emma, je suis transgenre, J’ai été détenue au centre pénitentiaire des femmes de Rennes, entre décembre 2018 et août 2020 où j’ai subi des violences répétées par le personnel pénitentiaire, la direction et les détenues. 

En décembre 2018 j’arrive au centre de détention des femmes de Rennes, où je suis intégrée à la maison d’arrêt de Rennes ; mon entrée a débuté par une fouille au corps avec palpation, Quand je suis arrivée je ne me sentais pas bien, on ne m’a pas donné mes hormones comme il se doit, car le docteur S a refusé pour des raisons qui la concernent. Elle m’a appelé Monsieur en plein rendez-vous. 

En janvier 2019 et février 2019, Monsieur B, directeur de la prison des femmes de Rennes s’est permis, de m’insulter en donnant son avis sur mes organes génitaux, à la suite de quoi j’ai été mise au quartier disciplinaire, ainsi qu’au quartier d’isolement pour une période totale de 8 mois, car Monsieur le directeur m’a dit très frontalement qu’il pensait que j’avais un sexe masculin. 

Sans mes hormones, ma transformation était compliquée psychologiquement et physiquement, d’autant qu’en isolement on est maltraitée : violences et brimades par les surveillantes, pas le droit de sortir, pas le droit aux activités, c’était ce qu’ils appelaient le « régime de contrôle».

La seule activité à peu près autorisée était le sport, pour toute autre activité il fallait demander l’accord du chef de détention. Les femmes qui se retrouvent en isolement perdent leur travail ou ne peuvent pas travailler, je suis restée un an et demi sans travail à cause des refus répétés du Directeur de la prison. J’ai passé ma détention entre quartier disciplinaire et isolement et de temps à autre au centre de détention quand le personnel ne trouvait plus de motif à me mettre à l’isolement Je tiens à vous préciser que j’ai vu plusieurs filles aller en isolement à la demande du directeur du centre pénitentiaire des femmes de Rennes ou sur simple décision du chef de détention, et cela m’est arrivé à la fin de ma détention au sein du CPF, sans motif valable. En ce qui concerne les violences, après une tentative de suicide, j’ai été mise à l’isolement ce qui a généré chez moi une incompréhension mêlée à un sentiment d’injustice devant cet abus d’autorité. En tant que personne fragile cela était compliqué pour moi de rester enfermée 24 heures sur 24, dans une cellule de 7,35 m². 

Au régime d’isolement, les douches sont très peu nettoyées ; quand on me donnait à manger c’était dans de l’aluminium. En mai 2020, je me suis énervée contre les surveillantes qui avaient eu des remarques déplacées sur ma transidentité. Je leur ai dit qu’elles avaient un délire de persécution, elles m’ont alors plaquée au sol à plusieurs, deux hommes étaient présents, l’un des deux m’a tiré par les cheveux en me disant « tu aimes bien le quartier disciplinaire ». Il m’a fait très mal, ils ont utilisé une prise d’étranglement, je ne pouvais plus bouger, j’étais paralysée et je ne pouvais plus respirer. J’avais la main en sang car les plaies de ma tentative de suicide s’étaient rouvertes dans la bagarre. La surveillante m’a donné un coup de poubelle métallique sur la figure. J’ai encore à ce jour deux crans à la tête, qui témoignent de la force qu’elle a mise à ce geste ; à ce jour j’ai encore des pertes d’équilibre dues à cette bagarre. 

J’ai été obligée de passer une I.R.M. cérébrale pour suspicion de traumatisme et j’ai été jugée par le tribunal correctionnel de Rouen, qui n’a pas reconnu la violence que j’ai subie. J’ai été condamnée à sept mois d’emprisonnement avec sursis, dont trois ferme, avec un suivi de deux ans, obligation de soins et obligation de travail. 

Je souhaite à ce jour déposer plainte contre les 8 surveillant.e.s, dont la surveillante qui m’a frappée avec la poubelle métallique pour tentative d’homicide sur personne vulnérable 

Au CPF de Rennes il est monnaie courante pour les détenues de subir des agressions de la part des surveillantes lorsqu’elles sont dans des lieux à l’abri du regard des autres. J’ai été visée par 38 compte rendus d’incident : de la part des surveillantes qui se sont senties insultées si je leur répondais ou bien par des détenues qui me calomniaient, l’une d’elles a même déposé plainte contre moi pour des faits qui ne se sont jamais produits.

Juste après sa prise de fonctions la nouvelle directrice s’est permise de m’insulter en pleine commission de discipline devant l’avocat, et les assesseurs avant de me mettre au quartier disciplinaire pendant 20 jours. Je connais une détenue qui est à l’isolement, à répétition depuis au moins six mois. La prison est vétuste, l’eau est calcaire, les douches ne sont pas nettoyées, les sols non plus, surtout dans les couloirs, et cela ne change pas même en temps de Covid 19. Les détenues ne portent pas de masque et n’ont pas accès à du gel hydroalcoolique, les activités sont réduites.

«Tell Me Why» et son héros trans, une première dans le jeu vidéo

Développé par Dontnod Entertainment («Life Is Strange») et édité par Xbox Game Studios.

Tyler Ronan, protagoniste trans de Tell Me Why. | Xbox Game Studios
Tyler Ronan, protagoniste trans de Tell Me Why. | Xbox Game Studios

Les deux derniers jeux vidéo du studio de développement Dontnod Entertainment ont marqué les esprits. Triomphantes à l’international auprès de la critique (un BAFTA de la meilleure narration en 2016 pour Life Is Strange) et du public, ces œuvres narratives dans lesquelles les choix des gamers influencent fortement le cours de l’histoire se sont toujours emparées avec justesse de thématiques de société: harcèlement scolaire, racisme, violences policières, suicide…

Cet été, le studio français présente un nouveau jeu, édité par Xbox Game Studios et mystérieusement intitulé Tell Me Why. Il raconte l’histoire de deux jumeaux, Tyler et Alyson Ronan, ayant grandi ensemble dans un petit village d’Alaska avant d’être séparés à 11 ans à cause d’un drame familial. L’action du jeu commence alors que le frère et la sœur viennent de se retrouver, plus de dix après leur séparation, et décident de retourner sur les traces de leur enfance pour enquêter sur l’événement qui a bouleversé leurs vies.PUBLICITÉ

Cette sortie a une saveur toute particulière. Tell Me Why est le premier jeu vidéo produit par un studio majeur, Xbox Game Studios en l’occurrence, à avoir pour personnage principal une personne trans. Les joueurs et joueuses contrôleront donc de façon alternée Alyson Ronan et son frère Tyler, un jeune homme trans. Un grand pas pour le secteur du jeu vidéo, depuis longtemps pointé du doigt pour son manque d’inclusivité et de diversité, notamment vis-à-vis des minorités sexuelles et de genre.

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Un personnage comme les autres

Dès le début du projet en 2017, Florent Guillaume, directeur de la création de Tell Me Why chez Dontnod, se pose des questions à propos de son personnage Tyler et surtout de la représentation des personnes trans. «On a beaucoup réfléchi à ce sujet, explique-t-il. Ce n’est pas quelque chose d’évident à raconter et on voulait le faire de la façon la plus authentique et respectueuse qui soit. Surtout, sans blesser les personnes qui ont vécu cette expérience.»

Pour construire le personnage de Tyler Ronan, Dontnod s’est donc rapproché de l’association américaine Glaad, qui lutte contre les discriminations envers la communauté LGBT+ dans les médias. Très vite se forme un partenariat sur le long terme. «Glaad nous a fait des retours sur l’écriture du jeu et du personnage, nous a donné accès à des ressources sur l’histoire de la représentation des personnes trans dans les films, les séries, les jeux vidéo… énumère Florent Guillaume. Ce sont eux, aussi, qui nous ont mis en contact avec des acteurs transgenres pour doubler la voix de Tyler.»

«Plus on voit de personnages, d’acteurs et d’actrices trans ou LGBTQ+ dans les médias, plus on expose les gens à cette réalité et on crée de l’empathie.»

August Aiden Black, acteur principal

L’acteur en question, August Aiden Black, vit à Los Angeles depuis plusieurs années et a été choisi lors d’une audition. «Nous avons plusieurs choses en commun, Tyler et moi, résume-t-il. D’abord, il a une sœur auprès de qui il apprend beaucoup, notamment comment être avec les autres, avec sa famille, après un tel changement dans sa vie. Et comme moi, il adore les jeux de mots et a tendance à voir le futur de façon optimiste.» Pendant les trois années de conception du jeu, lui aussi a eu son mot à dire sur le personnage qu’il interprète: «Quand nous enregistrions, on me poussait à prendre la parole s’il y avait une réplique ou une situation dans lesquelles je ne me sentais pas correctement représenté, raconte August Aiden Black. Je pouvais proposer d’autres choses.»

Car bien que l’intrigue de Tell Me Why se concentre avant tout sur une histoire familiale, une tragédie dont il faut résoudre l’énigme, la transidentité de Tyler est loin d’être un sujet tabou. Quand il revient dans son village d’enfance, les gens qui le connaissaient avant sa transition le découvrent en tant qu’homme et ont pour certains une approche ignorante de la question. Tyler se confie alors beaucoup à sa sœur sur son parcours et sur ce tournant de sa vie, auquel elle n’a pas assisté à cause de leur séparation.

Pour autant, Dontnod tenait à ce que la création des jumeaux se fasse dans les mêmes conditions, sans s’attarder davantage sur l’un que sur l’autre. Sa transition n’a pas rendu Tyler perturbé, au contraire, et il n’est pas plus complexe que sa sœur. «On ne voulait pas traiter la transidentité comme quelque chose de différent ou d’anormal, décrit Florent Guillaume. C’est important de normaliser cela. Bien sûr, il y a une attention particulière à donner pour des raisons de représentation des personnes transgenres mais du reste, on les a simplement imaginés comme deux personnages égaux qui enquêtent sur leur passé.»

Représenter la transidentité pour ne pas la nier

Pour August Aiden Black, donner à voir un protagoniste trans de façon non stéréotypée dans un jeu signifie que le monde évolue dans le bon sens. «Plus on voit de personnages, d’acteurs et d’actrices trans ou LGBTQ+ dans les médias, plus on expose les gens à cette réalité humaine et on crée de l’empathie», assure-t-il. Pourtant, dans l’histoire du jeu vidéo, hormis Tyler Ronan, le répertoire des personnages trans est jusqu’ici presque désert.

L’un des rares exemples est celui, très controversé, de Poison, une figure des jeux de combat Final Fight en 1989 puis de la saga Street Fighter. Créé par le designeur japonais Akira Yasuda, ce personnage porte des vêtements féminins et arbore une poitrine imposante et stéréotypée. Poison tient d’ailleurs son nom d’un groupe de musiciens américains connus, entre autres, pour avoir remis en question les codes de la masculinité.

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Poison devait à l’origine être une femme cisgenre mais, dès l’arrivée du jeu en Amérique du Nord, l’éditeur Capcom a déclaré qu’elle était en réalité un homme devenu femme. Cause de ce changement: les Américains avaient du mal avec l’idée d’un jeu dans lequel on pouvait se battre contre une femme (et surtout, dans lequel une femme pouvait se battre). Son identité a donc été modifiée et plusieurs versions de l’histoire ont depuis vu le jour. En 2007, le créateur de Final Fight Akira Nishitani estimait que c’était aux gamers de décider du genre de Poison.PUBLICITÉ

Représenter davantage de personnes trans dans le jeu vidéo est pourtant essentiel, simplement, dans un premier temps, pour reconnaître que la transidentité existe et que ce n’est pas un problème. «Avec un personnage jouable, les gens qui ne connaissent pas la transidentité peuvent avoir un aperçu de ce que c’est, mais cela peut aussi parler aux jeunes enfants ou adolescents qui sont en train de vivre cela», souligne l’acteur August Aiden Black.

Capture d’écran de Tell Me Why. | Xbox Game Studios

Chercheuse à l’Université Lyon 1, Fanny Lignon travaille depuis longtemps sur les représentations masculines et féminines dans les images et les jeux vidéo. D’après elle, c’est l’incarnation au sens propre du personnage qui rend l’art vidéoludique unique en son genre. «Le protagoniste d’un jeu vidéo est un être double: il y a le personnage qui est à l’écran et la personne qui joue, analyse-t-elle. C’est très intéressant pour déconstruire les stéréotypes de genre et construire de la tolérance, parce qu’il y a des choses qui viennent de vous et des choses qui viennent de l’autre.» C’est là tout l’intérêt du jeu vidéo en tant que medium éducatif.

Reste à voir si le secteur vidéoludique suivra les traces de Tell Me Why sur ces questions de représentation des personnes trans. Pour Florent Guillaume, ce n’est qu’un début: «L’industrie a gagné en maturité et certaines étapes ont été franchies en matière d’inclusivité, mais il y a encore un long chemin à parcourir.»

Tous ces hors sols essayent de se faire du fric sur le dos des trans… mais le terrain est miné par les LGBT qui veillent aux dérapages et étouffent ainsi toute évolution des mentalités…

Un peu de musique pour vous accompagner ?

Dysphorie de genre : la Suède tourmentée
par les questions d’identité… de genre

En Suède, le nombre d’adolescentes qui ont été diagnostiquées comme souffrant de dysphorie de genre a augmenté de près de 1 500 % en dix ans. Un phénomène qui touche d’autres pays.

Dysphorie de genre, le nouveau mal du siècle ?

Un rapport récemment publié par le Conseil national suédois de la santé s’est penché sur la santé mentale et sur la dysphorie de genre, un phénomène en forte augmentation chez le jeunes Suédois. Par dysphorie de genre, il s’agit de désigner la détresse ressentie par une personne transgenre, c’est-à-dire ayant les attributs physiques d’une fille mais se sentant garçon, ou l’inverse. C’est le sentiment d’inadéquation entre son sexe assigné et son identité de genre qui crée des perturbations, notamment troubles psychiques.

De plus, il existe deux formes cliniques de dysphorie de genre en fonction de l’âge de l’individu, l’une apparaissant dès la petite enfance, l’autre à la période pubertaire ou plus tardivement.

Ainsi, en Suède, chez les filles âgées de 13 à 17 ans, le nombre de cas de dysphorie de genre recensés a augmenté de 1 500 % entre 2008 et 2018. Chez les garçons, c’est cette fois une hausse de 400 % qui a été observée au cours de la même période pour des hommes âgés de 18 à 24 ans.

6 000 cas diagnostiqués en Suède en 2018

Au total, ce sont près de 6 000 personnes qui ont été diagnostiquées comme étant atteintes de dysphorie de genre en Suède en 2018. En outre, le rapport souligne que la dysphorie de genre peut également avoir d’autres conséquences comme l’autisme, l’automutilation et les tentatives de suicide, plus fréquentes que dans le reste de la population.

Face à cette hausse, le corps médical n’est pas capable de fournir la moindre explication. Peter Salmi, un membre du Conseil national suédois de la santé, a déclaré dans un communiqué de presse que les autorités étaient tout à fait conscientes de la hausse marquée des cas, mais qu’elles ne savaient pas « ce qui cause cette augmentation ».

Ce phénomène ne concerne toutefois pas que la Suède puisque d’autres pays nordiques tels la Norvège et la Finlande, mais aussi des contrées d’Europe de l’ouest, sont aussi concernés. À l’instar du Royaume-Uni qui a vu le nombre de changement de sexe chez les jeunes filles progresser de 4 415 % en 10 ans, le nombre de jeunes filles ayant opté pour un traitement sexospécifique, comme les injections d’hormones, étant passé de 40 en 2009/2010 à 1 806 en 2017/2018.

Sa mère s’appelle Robert 

En 2013, les partisans de la dénaturation du mariage estimaient que ce slogan était homophobe. Aujourd’hui, la cour de cassation en fait presque une réalité : une avocate générale de la Cour de cassation s’est prononcée mardi en faveur de la reconnaissance d’une femme transgenre, née homme, comme mère de sa fille.

Jusqu’ici, la justice avait considéré que seule la mention “parent biologique” pouvait figurer sur le livret de famille.

En 2011, cet homme a officiellement été reconnu comme une femme sur son état civil. Après ce changement de genre, il a eu une fille naturellement avec son épouse Sophie en 2014, car il n’avait pas encore été opéré et possédait encore ses organes masculins.

Depuis, il réclame d’être reconnu comme la mère de sa fille, ce qui lui a toujours été refusé. Fin 2018, la cour d’appel de Montpellier lui avait finalement accordé le statut de “parent biologique”, dans un jugement inédit. Dans son avis rendu mardi, l’avocate générale auprès de la juridiction suprême soutient le même raisonnement.

“La désignation du parent dans l’acte de naissance de l’enfant (…) doit prendre en compte la réalité de l’état civil de chacun des parents”.

Encore une fois, ce sont les juges qui tordent le cou à la loi.


Chronique à Hollywood 

John Wayne doit se retourner dans sa tombe , le pauvre ! A moins que dans sa double vie, il se faisait sodomiser dans les boites trans” ?
J’ai bien connu dans le même genre Michel Ricaud… et d’autres !

Face aux critiques provoquée par le fait qu’elle envisageait de jouer le rôle d’un homme transgenre dans un prochain film, l’actrice Halle Berry s’est publiquement excusée et rétractée. Elle a été critiquée après avoir déclaré qu’elle voulait faire une “plongée profonde” dans “ce monde”, en parlant de la communauté transgenre, et avoir parlé du personnage au féminin. Halle Berry a alors été accusée de discrimination par certains membres de la communauté LGBT, tandis que d’autres ont déclaré que tout rôle impliquant un personnage trans devrait être attribué à un acteur trans. La star de 53 ans s’est excusée (…) “En tant que femme cisgenre, je comprends maintenant que je n’aurais pas dû envisager ce rôle et que la communauté transgenre devrait indéniablement avoir la possibilité de raconter ses propres histoires. Je suis reconnaissante pour les conseils et les conversations de ces derniers jours et je continuerai à écouter, à m’éduquer et à apprendre de cette erreur. Je m’engage à utiliser ma voix pour promouvoir une représentation plus égalitaire à l’écran, tant devant que derrière la caméra”. Le GLAAD, le groupe de défense des LGBT, s’est félicité de ces excuses. Il a déclaré : “Nous sommes heureux qu’Halle Berry ait écouté les préoccupations des personnes transgenres et ait appris d’elles. D’autres personnes puissantes devraient faire de même”.

GERALDINE ; Je ne suis pas en phase avec les folies gauchistes des LGBT, par contre je rappelle que je suis transgenre.
Mais pour le coup je trouve normal qu’un homme joue le rôle d’un homme, comme le fait qu’une femme joue le rôle d’une femme… et spécialement pour le rôle d’une transsexuelle c’est identique, il doit être joué par une transsexuelle. Et là nous touchons au coeur du racisme biologique… du ressenti naturel pur et lucide… celui du rejet de ce qui n’est pas vrai… même si des comédiennes ont magnifiquement interprété une trans”… il suffit d’ailleurs qu’elle ai une once de masculin pour être crédible. Mon choix n’est pas influencé par les revendications jamais claires des LGBT, ni par une quelconque légitimité… mais uniquement pour ce que j’ai exprimé, pour mon plaisir et celui des spectateurs ! Pour la crédibilité à 100%… sinon ça ne colle pas… à moins que le rôle soit ambigu comme dans “Transparence” ou c’est un retraité qui assume de vivre en femme. Ou la cage aux folles qui est surtout axé sur l’homosexualité. Un vrai beau rôle de trans” qui aurait beaucoup de charme et de charisme relèverait le niveau de visibilité des trans” qui est en déclin avec l’invasion des racailles transphobes par principe de virilité… alors que pour bien les connaitre, avec leur pénis atrophié ils sont loin d’être viril ! N’oubliez pas que je suis escorte !
Bien que nous soyons dans un monde du mensonge, de l’image et de la comédie, il est bon qu’au moins une chose sois vraie et crédible… celle de la représentation du personnage principal… qui, s’il est plus acteur que comédien pourrait rajouter une note personnelle en improvisant. Qui pourrait jouer des sentiments qu’il ressent vraiment. Et qui pourrait devenir une star qui représente dignement mon monde méconnu et mal jugé. Du coup la production aurait un film qui fonctionne, qui a des chances de succès et qui génère son produit dérivé via l’ambassadrice du film. Hashtag# assure le suivi…
Il faudrait que je connaisse le scénario pour en rajouter sur le côté pédagogique du spectacle à condition qu’il évite la facilité des clichés et la pleurnicherie habituelle des favélas ou autres auto flagellations.
Car le monde artistique est instable, sélectif, nomade, injuste, aléatoire comme la vie d’une transsexuelle… il n’y donc aucune excuse à donner au responsable de casting… dans un métier ou une vie au lendemain imprévisible. A l’inverse, l’actrice trans” aura du mal à rebondir sur d’autres films faisant appel à sa particularité. D’autant plus que l’aura très forte des trans” charismatiques ont tendance à prendre la vedette et à écraser les autres présences.
Il est curieux de constater qu’une trans” ne sera jamais 100% une femme et que justement c’est cette imperfection même minime qui est recherchée pour être réaliste… bien que nous ayons en exemple l’énorme réussite d’Amanda Lear… Dommage qu’elle ai choisi, mais à bon escient, de cacher qu’elle est un garçon qui aime les beaux mecs musclés aux amphétamines, ce qui est très PD, car elle aurait pu s’engager dans une série de films ou belle trans” elle est la vedette… ce qui semble plus réalisable aujourd’hui avec NETFLIX…

La cage aux folles ne fait plus rire

L’idéologie transgenre a un « impact corrosif »
sur la société britannique, révèle le Telegraph. 

L’intégration de l’idéologie transgenre a un « impact corrosif » sur la société britannique et a une influence négative sur le bien-être des enfants, révèle le Telegraph du 30 juin dernier, selon une étude du think tank Civitas basé à Londres.

Le docteur Joanna Williams écrit, dans son rapport intitulé The Corrosive Impact of Transgender Ideology, que le transgendérisme a quitté son « créneau » spécifique pour devenir une question politique centrale au cours des deux dernières décennies ; comme dans beaucoup d’autres sujets, c’est la marge qui remplace la page. « Les personnes occupant des postes de pouvoir dans les domaines des médias, de l’éducation, du milieu universitaire, de la police, du travail social, de la médecine, du droit et des autorités locales et nationales sont prêtes à se regrouper derrière les demandes d’une minuscule communauté transgenre », précise l’ancienne directrice du Centre for the Study of Higher Education de l’université de Kent. Cela, souvent au détriment des droits des femmes et de la protection de l’enfance.

Le rapport demande au gouvernement d’interdire la prescription de bloqueurs de puberté pour les enfants de moins de 18 ans, l’étude des revendications transgenres qui contredisent les réalités biologiques, et de ne plus permettre aux élèves de faire une « transition sociale » à l’école (être reconnu sous un autre genre) sans la permission des parents.

L’étude note que l’omniprésence du transgendérisme a entraîné une augmentation significative du nombre d’enfants « qui éprouvent des difficultés dans le développement de leur identité de genre » envoyés à la Tavistock, la clinique nationale britannique spécialisée dans le traitement des enfants. « Le nombre d’enfants de 13 ans qui ont demandé de l’aide au cours de la dernière année a augmenté de 30 % pour atteindre 331, tandis que le nombre d’enfants de 11 ans a augmenté de 28 % par rapport à l’année précédente. Les plus jeunes n’avaient que trois ans. Les trois quarts des enfants qui veulent de l’aide pour changer de sexe sont maintenant des filles – la proportion la plus élevée jamais enregistrée », selon l’étude.

Le Dr Williams souligne que les inhibiteurs de la puberté sont fréquemment présentés aux jeunes comme une solution simple et temporaire au « problème » apparent de leur corps changeant, malgré le fait que ces drogues « peuvent causer un préjudice irréparable au corps en développement de l’enfant et avoir un effet néfaste sur la fertilité future »« La société interdit aux personnes de moins de 18 ans d’acheter des cigarettes ou de l’alcool, mais les juge sont capables de consentir à des drogues qui altèrent leur corps. »

L’étude a également décrié l’impact du mouvement transgenre sur le discours public en Grande-Bretagne. « L’expansion des droits des transgenres s’est accompagnée d’une expansion de la réglementation étatique et institutionnelle (publique et privée) de la parole et du comportement. Cela met en évidence une différence significative entre les activistes transgenres d’aujourd’hui et le mouvement pour les droits des homosexuels » des années 60, écrit encore le Dr Williams.

Contrairement au mouvement pour les droits des homosexuels qui cherchait à gagner sa liberté contre l’État, le mouvement des transgenres « réclame la reconnaissance et la protection de l’État sous la forme d’une intervention pour réglementer le comportement de ceux qui ne font pas partie du groupe d’identité ». Alors que, dans le passé, être rebelle, c’était exiger une plus grande liberté contre l’État et l’autorité institutionnelle, aujourd’hui, être radical, c’est exiger des restrictions de liberté d’expression au nom de la prévention de délits construits. La « politique des identités » tourne décidément le dos à l’idéal occidental d’émancipation individuelle.

Emma Watson condamne les propos de J.K. Rowling sur les personnes transgenres

L’interprète de Hermione Granger a rejoint Daniel Radcliffe pour critiquer les sorties de l’autrice de “Harry Potter”.

Emma Watson condamne les propos de J.K. Rowling sur les personnes transgenres (photo
Emma Watson condamne les propos de J.K. Rowling sur les personnes transgenres (photo d’illustration)

Après Daniel Radcliffe, qui a incarné Harry Potter sur grand écran, au tour d’Emma Watson de prendre la parole pour condamner les propos de J.K. Rowling sur les personnes transgenres.

L’actrice, connue pour avoir interprété le rôle d’Hermione Granger dans les huit films de la saga, a publié plusieurs messages sur Twitter pour délivrer un message clair.

“Les personnes trans sont qui elles disent être et méritent de vivre leur vie sans être constamment remises en question ou qu’on leur dise qu’elles ne sont pas qui elles disent être”, écrit la Britannique de 30 ans.  

 “Je veux que mes followers trans sachent que moi et de nombreuses personnes dans le monde entier vous voyons, vous respectons et vous aimons pour qui vous êtes”, continue l’actrice qui était en 2019 à l’affiche des “Filles du docteur March”. Avant d’inviter ses fans qui le souhaitent à donner à deux associations caritatives et souhaiter un bon mois des fiertés à toutes et tous.

“J’ai survécu à des agressions sexuelles”

Quelques jours plus tôt, Daniel Radcliffe s’était lui aussi joint aux critiques et avait martelé que “les femmes trans sont des femmes”. “Tout propos affirmant le contraire efface l’identité et la dignité des personnes transgenres”. 

L’autrice de la saga à succès est revenue sur ses propos qui lui ont valu ces accusations de transphobie et a expliqué avoir été victime de violences conjugales et d’agression sexuelle.

J. K. Rowling a dit faire ces révélations pour mettre en contexte ses commentaires sur les personnes transgenres. “Je suis sous les projecteurs depuis plus de vingt ans maintenant, et je n’ai jamais parlé publiquement du fait d’avoir moi-même survécu à des violences conjugales et des agressions sexuelles”. 

“Je pense que la majorité des personnes s’identifiant comme trans non seulement ne constituent aucune menace pour les autres, mais sont vulnérables. Elles ont besoin d’être protégées et le méritent”. 

Ce n’est pas la première fois que l’écrivaine britannique est accusée d’être transphobe. En décembre, elle avait notamment apporté son soutien à Maya Forstater, une chercheuse licenciée pour des tweets jugés transphobes sur un projet du gouvernement de laisser les personnes déclarer leur propre genre.  

Harry Potter : J.K. Rowling dans la tourmente après ses tweets sur les personnes transsexuelles

Harry Potter : J.K. Rowling dans la tourmente après ses tweets sur les personnes transsexuelles

BAD BUZZ – La créatrice de la saga Harry Potter a suscité de vives réactions ce week-end suite à une série de tweets sur les personnes transsexuelles. Une polémique qui fait suite à celle qu’avait suscité l’hiver dernier son soutien à une chercheuse anglaise opposée au changement de sexe.

Le nom de J.K. Rowling a surgi en tête des tendances, ce dimanche sur les réseaux sociaux. Rien à voir avec la diffusion d’un épisode de la saga “Harry Potter” à la télévision, encore moins avec l’annonce d’un nouveau livre. Si la romancière britannique de 54 ans a (beaucoup) fait parler d’elle auprès des internautes, c’est en raison d’un premier tweet, posté peu avant minuit ce samedi.

Repartageant un article de la plateforme d’informations Devex.com intitulé “Créer un monde post-Covid pour les personnes qui ont leur règles”, elle commentait : “Les personnes qui ont leurs règles ? Je suis sûre qu’il devait exister un mot pour ces personnes ?”, s’interrogeait-elle, avant de suggérer trois mots imaginaires : “Wumben ? Wimpund ? Woomud ?” Manière de reprocher à l’auteur de l’article de ne pas avoir employé le mot “Women” (femmes en anglais). 

Cette sortie nocturne de J.K. Rowling, suivie par 14,5 millions d’abonnés, n’est évidemment pas passée inaperçue. Et a provoqué la colère de nombreux membres de la communauté LGBT, lui reprochant de nier l’existence des personnes transexuelles. En décembre dernier, la romancière avait déjà été critiquée lorsqu’elle avait apporté son soutien à Maya Foster, une chercheuse anglaise licenciée parce qu’elle avait estimé sur Twitter que “les hommes ne peuvent pas se transformer en femmes”.Je connais et j’aime les personnes trans, mais effacer le concept de sexe enlève la capacité de beaucoup de discuter de leur vie de manière significative. Ce n’est pas la haine de dire la vérité– J.K. Rowling

Pressée de s’expliquer, et sans doute piquée au vif, J.K. Rowling a clarifié ses opinion ce dimanche, dans une nouvelle série de tweets… qui n’ont fait qu’alimenter la polémique.

“Je respecte le droit de chaque personne trans de vivre de façon authentique et confortable. Je marcherais avec vous si vous étiez victime de discrimination en raison de votre transsexualité. En même temps, ma vie a été façonnée par le fait d’être une femme. Je ne pense pas que ce soit odieux de le dire.”

Mais encore : 

“L’idée que les femmes comme moi, qui font preuve d’empathie pour les personnes trans depuis des décennies, se sentent apparentées parce qu’elles sont vulnérables au même titre que les femmes – c’est-à-dire à la violence masculine – détestent les personnes trans parce qu’elles pensent que le sexe est réel et a vécu des conséquences – est un non-sens.”

Puis la romancière de conclure : 

“Si le sexe n’est pas réel, il n’y a pas d’attirance pour le même sexe. Si le sexe n’est pas réel, la réalité vécue des femmes dans le monde est effacée. Je connais et j’aime les personnes trans, mais effacer le concept de sexe enlève la capacité de beaucoup de discuter de leur vie de manière significative. Ce n’est pas la haine de dire la vérité.”

Si cette explication de texte a généré plus de 189.000 likes, elle a également provoqué de vives réactions d’anonymes et de célébrités comme les comédiens Anthony Rapp et Sarah Paulson ou encore Jonathan Van Ness, l’un des experts beauté de la téléréalité “Queer Eye” sur Netflix.

“Les femmes trans sont des femmes”, a-t-il écrit sur Twitter. “Les personnes transsexuelles noires et non-noires sont discriminées tous les jours. Elles meurent. Nous luttons pour les personnes noires et les personnes transsexuelles et vous osez faire ça ?”

Lorsque dans un nouveau tweet, J.K. Rowling dénonce les termes “Féminazi”, “salope” ou “sorcière” employés à son encontre par certaines internautes, Jonathan Van Ness rétorque : “C’est juste que nous n’aimons pas la transphobie, Madame”.

GLAAD, la principale association de défense des droits de la communauté LGBT aux Etats-Unis, est elle aussi entrée dans le débat : “J.K. Rowling continue de s’aligner sur une idéologie qui déforme volontairement les faits concernant la question du genre et la situation des personnes transsexuelles.En 2020, il n’y a plus d’excuse lorsqu’on les prend pour cible. Nous soutenons la jeunesse transsexuelle, en particulier les fans de Harry Potter qui ont été blessés par ces tweets faux et cruels.”

La question de la représentation de la communauté LGBT dans l’œuvre de J.K. Rowling a alimenté de nombreux débats au fil des années. Au printemps 2019, la romancière avait été accusée d’opportunisme en révélant l’homosexualité du personnage du mage Dumbledore, alors qu’elle n’avait jamais été abordée ni dans les livres, ni dans les films.

Les Anglais laissent tomber le T

Outre-Manche, l’idéologie transgenre ne passe plus

Des militantes protestent contre LGB Alliance, accusant l’association de “transphobie”, Londres, novembre 2019 © Penelope Barritt/REX/SIPA Numéro de reportage : Shutterstock40735018_000011

Le mouvement LGBT sur le point d’imploser ? En Grande-Bretagne, des femmes, lesbiennes et hétéros, protestent contre le hold-up transgenre sur le Labour Party.


L’acronyme LGBT est en pleine récession. Il était parti pour s’allonger à l’infini, LGBTQI+ ad libitum. Désormais, on abrège. L’association anglaise LGB Alliance (LGB pour Lesbiennes Gays Bisexuels) met le holà, se désolidarise des T, et martèle quelques vérités. Le sexe est une caractéristique biologique et non une affaire de ressenti. Le sexe n’est pas « assigné à la naissance de façon arbitraire ». Le sexe est binaire : masculin ou féminin. L’idée que des enfants naissent « dans le mauvais corps » est une ineptie. 

En somme, l’idéologie transgenre ne passe plus. 

Le 9 mars dernier, lendemain de la Journée Internationale des Femmes, à Londres, un meeting s’est tenu pour protester contre l’oppression des hommes, d’un certain type d’hommes : les femmes-trans, autrement dit les hommes qui se sentent femmes. Rendez-vous à 19 heures au Maxilla Hall Social Club, une salle polyvalente située dans un quartier défavorisé et excentré de l’Ouest de Londres (à deux pas de la Tour Grenfell de tragique mémoire). Ce soir, trois cents participants, une poignée d’hommes et une majorité de femmes féministes, hétéros et lesbiennes, s’unissent pour tenir tête aux activistes trans’. 

A lire aussi: Manifeste pour l’instauration d’une journée du silence féminin

La plupart sont des militants travaillistes scandalisés par le hold-up des transgenres sur le Labour Party. 

Des femmes-trans (c’est-à-dire des hommes qui se sentent femmes) demandent l’accès aux places réservées aux femmes en vertu de la parité hommes-femmes en politique. Les droits des trans empiètent sur les droits des femmes…

Rappelons le contexte : depuis trois mois est ouverte la course à la succession de Jeremy Corbyn à la tête d’une gauche anglaise en pleine déconfiture. C’était le moment rêvé pour rédiger une Charte des Droits des Trans et tester les prétendants au leadership sur leur « inclusivité » et leur allégeance au politiquement correct. Qui oserait tenir tête à une minorité sexuelle ? Un seul parmi les quatre candidats (il s’agit de Keir Starmer, le seul homme de la compétition) a refusé de signer. Les trois autres (Rebecca Long-Bailey, Lisa Nandy, Emily Thornberry) se sont engagées à respecter la Charte des Droits des Trans

Défendez-moi ou excluez-moi ! L’ultimatum des travaillistes anglaises

Que dit la Charte ? C’est un document de deux pages, rédigé dans un sabir révolutionnaire du bon vieux temps, qui s’attache à dépeindre le nouveau lumpenprolétariat transgenre en haillons, sans-abri, sans emploi, pauvre, victime de discriminations, de crimes de haine et des « attaques incessantes de la presse réactionnaire ». Mais le manifeste ne s’arrête pas en si bon chemin et, pendant qu’on y est, parmi les douze engagements énumérés, réclame une purge au sein du Labour. Qui signe la Charte s’engage à nettoyer le parti de ses éléments « transphobes », parmi lesquels « Women’s Place UKLGB Alliance et autres groupes de haine ». C’est le point 9 de la Charte et c’est l’objet de cette réunion du lundi soir 9 mars 2020, organisée sous les auspices d’une section féminine travailliste, en collaboration et en solidarité avec les deux organisations incriminées. Le titre du meeting sonne comme un ultimatum : Défendez-moi ou excluez-moi ! (Defend Me or Expel Me !)

Woman’s Place UK a vu le jour en 2017, l’année où la loi anglaise a autorisé le changement de sexe déclaratif, c’est-à-dire la possibilité de changer de sexe à l’état civil sans diagnostic médical ni modification physiologique. Woman’s Place UK entend défendre le pré carré des femmes contre les coups de boutoirs transgenres. L’association LGB Alliance a, elle, été lancée en 2019 et consacre le divorce des LGB d’avec les T. Woman’s Place et LGB Alliance ont en commun de considérer qu’une femme-trans, soit un « homme qui se sent femme » n’est pas une femme, postulat que les activistes transgenres tiennent pour une insulte transphobe.

Quel est l’enjeu ? Des femmes-trans (c’est-à-dire des hommes qui se sentent femmes) demandent l’accès aux places réservées aux femmes en vertu de la parité hommes-femmes en politique. Les féministes voient dans ces femmes-trans rien d’autre que des hommes qui prennent les postes des femmes. Les femmes-trans exigent de participer aux compétitions sportives féminines. Les féministes voient dans ces athlètes des hommes qui chipent à bon compte les médailles des femmes. Les femmes-trans demandent que les prisons pour femmes leur soient ouvertes, de même que les vestiaires, cabines d’essayage, dortoirs dans les écoles, les pensions ou les colonies de vacances, toilettes publiques. Les femmes voient dans ces transgenres des hommes qui viennent envahir les espaces jusqu’ici réservés aux femmes et violer leur intimité. 

Les droits des trans empiètent sur les droits des femmes. La guerre gronde. Les organisatrices du meeting de ce soir ont pris la précaution de n’indiquer leur lieu de rendez-vous qu’au dernier moment, pour éviter les intimidations des agitateurs transgenres. Peine perdue. Une trentaine d’entre eux barre l’entrée du meeting avec leurs mégaphones, banderoles et drapeaux arc-en-ciel. « Une femme trans est une femme ! », « Vous ne nous ferez pas taire ! » Les trans’ hurlent leur colère. (Saluons l’endurance de ces manifestants qui, malgré la nuit, le froid et la pluie, ne vont pas bouger de là, scander leurs mantras deux heures durant).

A lire aussi, Jeremy Stubbs: Tu seras un trans, mon fils

Grâce au service de sécurité, ils ne réussiront pas à pénétrer dans la salle où se déroule le meeting. À l’intérieur, l’ambiance est chaleureuse. L’endroit est simple, un centre communautaire décoré des coupes gagnées par les enfants du quartier. On a l’impression d’un voyage dans le temps, il règne ici un parfum du siècle dernier, un petit air de réunion du MLF si ce n’est que les participantes qu’on voit sur les images d’époque sont jeunes, à la différence des femmes présentes aujourd’hui (on vogue entre 40 et 60 printemps). Trois époques s’entrechoquent, c’est très curieux. D’une part, l’atmosphère fait penser à une réunion syndicale des années 60. D’autres part, on revendique ici des droits élémentaires pour les femmes, comme au temps des suffragettes (le droit de se réunir, de s’exprimer librement). Et enfin on proteste contre la tyrannie trans’, mouvement ultra-contemporain, dernier avatar de la théorie du genre. 

Malgré les cris à l’extérieur, le débat est serein et déterminé. Un peu triste aussi. Ceux qui se succèdent à la tribune sont des militants travaillistes de la première heure. Pour vouloir protéger les droits des femmes, les voilà menacés d’exclusion de ce parti auquel ils ont consacré plusieurs décennies et tous leurs bulletins de vote. Un sentiment de trahison prévaut. Qu’est devenu le parti des opprimés ? Selina Todd, professeur d’histoire moderne à Oxford et militante féministe travailliste a eu l’audace de soutenir Woman’s Place UK. Traitée de transphobe et menacée par des activistes transgenres, elle s’est vue contrainte de donner ses cours à Oxford sous la protection de deux gardes du corps. Son discours ce soir est très applaudi. Paul Embery, pompier, leader syndicaliste, figure du Blue Labour, désespère des automatismes politiquement corrects de son parti. Il réclame des dirigeants qu’ils prennent la défense des femmes, et vite. Il demande que ceux qui ont signé la Charte des Droits des Trans reviennent sur leur décision et s’excusent. Julie Bindel, journaliste féministe et lesbienne, ardente militante contre les violences faites aux femmes, est la bête noire des activistes trans’. Elle le leur rend bien. « Je préférais encore le sexisme de nos pères au pseudo-progressisme de ces branleurs avec qui on ne peut même pas parler. » Elle raconte les menaces de mort et de viol dont elle est l’objet sans arrêt, les intimidations en tous genres, les montages photos postés sur Twitter : son visage, plusieurs verges dans la bouche, des « girl dicks », selon le vocabulaire des femmes-trans qui qualifient leur sexe de « pénis de fille ». 

Les lesbiennes combattent l’idéologie transgenre

C’est que les lesbiennes sont les plus virulentes dans la résistance à l’idéologie transgenre qu’elles ressentent comme une menace physique. Les femmes-trans (biologiquement, des hommes) attirées par les femmes, exigent l’appellation de lesbiennes et ne supportent pas d’être rejetées par les lesbiennes femmes. Les lesbiennes, de leur côté, ne voient pas dans les femmes-trans (ces hommes qui se sentent femmes) des objets de désir, ce qui provoque la vexation et la fureur de ces dernières, qui crient à la transphobie !Marche pour les droits des personnes LGBT et transsexuelles à Londres, 2 novembre 2019. © Penelope Barritt/ REX/ SIPA

L’intervention à la tribune de Debbie Hayton apporte encore un autre éclairage. Elle est, elle-même, une femme-trans et par ailleurs une scientifique, professeur de physique. Jean noir et T-shirt noir, cheveux longs et blancs. « Je suis fatiguée d’entendre indéfiniment les mêmes bêtises : ‘Les femmes-trans sont des femmes’, ‘les hommes-trans sont des hommes’. C’est tout simplement faux ! Les femmes-trans sont des hommes, c’est même le premier critère qui définit une femme-trans. Je ne suis ni une femme, ni une LGB, je suis une transsexuelle. Le mouvement transgenre est autoritaire. Leurs revendications absurdes sont un affront à la démocratie et n’aboutissent qu’à dresser un groupe d’opprimés contre un autre groupe d’opprimés ». Cette travailliste transgenre s’exprime avec la plus grande fermeté. Pour finir, elle condamne à son tour sévèrement la Charte en question et réitère sa solidarité avec Woman’s Place UK et LGB Alliance

A lire aussi: Les accents antisémites de Corbyn

Ici, la théorie du genre n’a pas bonne presse. Stonewall, association historique de défense des homosexuels, dévoyée dans une fuite en avant pour les droits des transgenres, est huée chaque fois que son nom est prononcé. « Stonewall ne nous représente plus », est-il rappelé à la tribune, à plusieurs reprises. L’un après l’autre, les intervenants s’inquiètent des campagnes transgenres menées auprès des enfants, de la flambée du nombre de jeunes engagés dans des thérapies hormonales, et des pressions exercées par le lobby trans’ sur le corps médical. Surtout, ils s’inquiètent de l’intrusion des hommes dans les espaces réservés aux femmes, nouveau visage de l’oppression masculine.

Le principe de victimisation est un ogre qui avale les catégories de population les unes après les autres

On aimerait dire à la féministe Julie Bindel que c’est simpliste et lassant de qualifier l’activisme transgenre d’oppression patriarcale. 

On aimerait rappeler à ceux qui se plaignent de l’enseignement de la théorie du genre à l’école qu’ils étaient les premiers à protester contre l’interdiction de la promotion de l’homosexualité à l’école, décidée en 1998 en Grande-Bretagne. Pour tout dire, on a le sentiment qu’ils récoltent ce qu’ils ont semé.

On aimerait leur demander pourquoi ils demeurent si attachés à ce Parti Travailliste qui n’en finit pas de se fourvoyer dans les politiques identitaires. Le principe de victimisation est un ogre qui avale les catégories de population les unes après les autres et rien ne sert de rivaliser à qui sera le plus opprimé. 

Mais les discours sont dignes, sincères. Même à propos des excités dehors qui hurlent sans discontinuer, les intervenants parlent avec respect, compréhension, indulgence. Ici sont réunis ceux qui sont convaincus que le sexe est une caractéristique biologique. Et à l’ère où il faut se battre pour affirmer cette évidence, trouver des ressources d’audace et de courage, prendre des risques, rejoindre des réseaux clandestins, on n’a pas envie de se désolidariser. Les féministes m’ennuient. Je ne comprends pas les militants homosexuels qui font de leur sexualité une affaire publique et politique. Les discours du Labour Party sonnent comme une suite de paroles machinales, alignant les mots clé par démagogie. Pourtant, cette assemblée de féministes et lesbiennes travaillistes semble une précieuse armée de résistance, au service de la raison, ou en tout cas d’un combat primordial visant à mettre un coup d’arrêt à la destruction systématique de tout ce qui nous constitue. 

Deux schismes décisifs se sont esquissés ce 9 mars dernier. Les travaillistes d’hier ne se reconnaissent plus dans le progressisme déluré affiché par leur parti. Les homosexuels se désolidarisent des transgenres. L’acronyme LGBTQI+ a vécu. Le camp du progressisme se fissure. La négation du sexe, c’était la revendication de trop. Cette fois, c’est non !

Ecriture inclusive : le Conseil d’Etat claque la porte au nez du GISS des « intersexués », ouf !

Ecriture inclusive : le Conseil d’Etat claque la porte au nez du GISS des « intersexués », ouf !

Qu’est-ce que je rigolais, enfant, quand je lisais les aventures de Gulliver, et les batailles pour savoir s’il fallait ouvrir les oeufs par le petit bout ou le grand bout… C’est sur un désaccord de ce genre que la guerre commença entre Lilliput et Blefuscu.

Dans Zadig, de Voltaire, on se disputait pour savoir s’il fallait entrer du pied gauche ou du pied droit dans le temple de Mithra… jusqu’à ce que Zadig y entre en sautant à pieds joints…

Où sont les Voltaire et les Swift capables de nous faire rire en caricaturant les pseudo féministes, les Schiappa, et les GISS dont j’ignorais l’existence, jusqu’à ce que cette association fasse un recours au conseil d’Etat contre Edouard Philippe qui avait commis un crime très grave en demandant à ses ministres, dans une circulaire de novembre 2017, de ne pas faire usage de l’écriture dite « inclusive » ?

Toujours est-il que les hystériques de service avaient crié au scandale, avaient demandé la tête de Philippe et avaient formé un recours au Conseil d’Etat, rien que ça. Leur vie en dépendait, manifestement. La circulaire de Philippe, selon eux, violait et la liberté d’expression des fonctionnaires et ministres interdits d’user de l’écriture inclusive dans le cadre de leurs fonctions, et… l’égalité entre les sexes. La liberté d’expression ? Ben oui, quoi c’est inadmissible, si chacun, dans son boulot est brimé et ne peut pas écrire KOM Y veu, c pa possib.

Ouah ! L’égalité entre les sexes violée parce qu’il manquerait des « e » séparés du reste du mot par des points… C’est grandiose.

Nom de Zeus, quel dommage, Desproges et Coluche sont morts… Ils auraient tellement ridiculisé les « intersexuées » (ne me demandez pas comment ça s’écrit en inclusif, j’en suis incapable) que les fo.u.l.ll.e.s ( vous voyez, bien, même quand je fais preuve de bonne volonté, bien malin qui comprend que j’ai voulu écrire « les fous » en n’oubliant pas « les folles)  en seraient morts de honte. Parfois le ridicule peut tuer socialement. Et dans leur cas, ce serait un service à rendre à la France.

Une petite association, créée en 2016, le Groupement d’information et de soutien sur les questions sexuées et sexuelles (Giss), engagée auprès des personnes intersexuées, a depuis décidé d’attaquer cette circulaire devant le Conseil d’État. Elle viole, selon l’association, la liberté d’expression et l’égalité entre les sexes. Avec ce texte, «si un ministre souhaite choisir ce langage, il n’en a pas le droit! Or cette écriture ne fait de mal à personne. Certains considèrent simplement qu’elle permet de mieux prendre en compte les femmes et les personnes non binaires. Ce langage est considéré comme plus englobant. À qui cela cause du tort?» a plaidé lundi l’avocat au Conseil Bertrand Périer, représentant de l’association. Lequel, à titre personnel, «n’utilise pas ce langage» mais défend «l’idée que l’embrigadement de la langue, c’est le premier pas vers l’embrigadement de la pensée». Et de critiquer une circulaire«exagérément conservatrice et figée», alors que la langue,«qui n’est pas un objet de musée doit pouvoir évoluer».

Par ailleurs, ce GISS me gonfle, au-delà ce ce que l’on peut imaginer. Que chacun ait sa sexualité, librement, moi ça me va. Or la loi française le permet. Pas de discrimination, pas de criminalisation… Et les homosexuels que je côtoie sont bien dans leur peau, ont vraiment l’impression de vivre comme les hétéros, d’avoir les mêmes droits, même les trans choisissent leur sexe, que demande le peuple ?

Je ne vois pas  pourquoi il y aurait des gens qui, en France, auraient des questions sexuées et sexuelles.

D’ailleurs, des questions sexuées, je me demande quelle tête ça a. Une tête de plug anal ? Une tête d’hermaphrodite ?

Et des questions sexuelles ? Il y a des médecins, des gynécologues, des sexologues… et même des psys dont je suis persuadée que nombre de gens du GISS ont besoin. Les GIS ces gens qui prétendent défendre l’intersexualité. J’ai dû chercher ce qu’était ce nouveau concept, ce nouveau mot, très très récent :

L’intersexuation, aussi appelée intersexualité, est un terme biologique décrivant des personnes « nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle » », selon l’ONU. Je date, je date… Je connaissais juste l’hermaphrodisme, limitée que je suis. !

Mais bon sang, mais c’est bien sûr  ! Justement, si la préoccupation du GISS c’est les personnes intersexualisées ( c’est comme ça qu’on dit ?) la meilleure solution pour qu’elles soient incluses dans la société, n’est-ce-pas la vieille bonne règle, le masculin l’emporte sur le féminin qui est la meilleure ? Ce qui permet d’inclure tout le monde, homme, femme, transgenre, intersexualisé … non ?

Cela me paraît le bon sens.

Parce que, à force de vouloir un mot -ou une voyelle de plus – pour chacun, il faut ajouter tout l’éventail des possibles… Et chacun a de quoi être vexé de ne pas apparaître nommément. L’égalité entre les citoyens, entre les sexes, ce n’est pas que chacun des 64 millions d’habitants de la France demande à se voir nommément ciblé à chaque décision concernant l’ensemble des habitants.

Or, l’écriture inclusive est très gênante pour les intersexualisés qui, forcément ne peuvent se reconnaître ni dans les masculins ni dans les féminins puisqu’ils ne sont ni l’un ni l’autre. C’est quoi le neutre de « intersexualisé « ?

Conclusion. On est face à des tarés, des hystéro-dingues, face à la communautarisation de toute la société. 

Heureusement, pour le moment, le Conseil d’Etat est encore majoritairement constitué de gens ayant un peu de bon sens.

Le GISS a été retoqué. Circulez il n’y a rien à voir. Ouf ! 

Le Conseil d’État a rejeté des recours demandant l’annulation d’une circulaire du Premier ministre, Edouard Philippe, proscrivant ce langage épicène dans les communications ministérielles, ce 28 février.

L’écriture inclusive ne passera pas. Le Conseil d’État a, ce 28 février, rejeté des recours demandant l’annulation d’une circulaire du Premier ministre proscrivant ce langage épicène dans les communications ministérielles. Pas question donc d’écrire «député.e.s», «agent.e.s» ou encore «électeur.rice.s» dans les textes officiels.

[…]

À l’époque, l’Académie française avait pris la plume pour mettre en garde les Français contre ce qu’elle qualifiait de «péril mortel pour la langue». On pouvait ainsi lire dans sa déclaration: «La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.» Aujourd’hui, elle campe sur ses positions. «Cette écriture n’est pas française. C’est imprononçable. Cela gêne la lecture et surtout, cela ne répond nullement à la demande des femmes. C’est une erreur totale», s’est confié Gabriel de Broglie au Figaro dans son édition du 28 février.

Pour le Conseil d’Etat, la note du Premier ministre «s’est bornée à donner instruction aux administrations de respecter, dans la rédaction des actes administratifs, les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur». La circulaire, qui «n’a d’autres destinataires que les membres du gouvernement et les services placés sous leur autorité», ne peut «être regardée comme ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à l’égalité entre les femmes et les hommes», estime la juridiction. «Il ne saurait être sérieusement soutenu que la circulaire attaquée (…) aurait porté atteinte à la liberté d’expression des agents de l’Etat chargés de cette rédaction», ajoute le Conseil d’Etat dans sa décision.

Pour rappel, l’écriture inclusive a pour but de mettre sur un pied d’égalité les femmes et les hommes. Outre l’utilisation de mots «neutres», elle préconise d’user à la fois du féminin et du masculin quand on s’adresse aux hommes et aux femmes, et remet en cause la règle d’accord de la langue française selon laquelle, au pluriel, «le masculin l’emporte sur le féminin».

Patience, patience…

Ils ont voulu interdire le mot race, ils l’ont pourchassé jusque dans la Constitution… et à présent ils organisent des réunions réservées aux racisées…

Ils ont voulu l’écriture inclusive, demain ils vont hurler parce que cette écriture ne reconnaît que les hommes et les femmes et laisse de côté les hermaphrodites et transgenres.

Qu’est-ce qu’on se marre !

Femme trans

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Une femme trans est une personne trans qui a été assignée homme à la naissance, et qui a une identité de genre féminine. L’identité de femme transgenre n’est pas forcément interchangeable avec celle de femme transsexuelle, bien que les deux soient souvent employées de la même manière. « Transgenre » est un terme générique qui inclut différents types de personnes ayant une variance de genre (notamment les personnes transsexuelles qui ont suivi des opérations de réattribution sexuelle pour que leur apparence soit conforme à leur identité).

Sommaire

1 Vue d’ensemble

2 Terminologie

3 Orientation sexuelle

3.1 Libido

4 Discrimination

5 Écrits

6 Liste non exhaustive de femmes ouvertement trans

7 Références

8 Voir aussi

8.1 Articles connexes

Vue d’ensemble[modifier | modifier le code]

Article connexe : Transidentité.

Femme trans à la Gay Pride de São Paulo en 2008.

L’assignation sexuelle se réfère au fait d’avoir été assigné, ou nommé, selon le sexe du bébé, habituellement basé sur l’apparence des organes génitaux externes.

L’identité de genre se réfère au sentiment et à l’expérience intime d’une personne quant à son propre genre, qui peut être différent de celui qui a été assigné à la naissance.

La transition désigne le processus d’adoption sociale et personnelle de l’identité correspondant au sentiment intime du genre d’une personne, sans nécessairement inclure l’intervention médicale (traitement hormonal, opérations, etc), les changements concernant les documents juridiques (nom et/ou marqueur de sexe, certificat de naissance, etc), et l’expression personnelle (vêtements, accessoires, voix, langage corporel).

Les femmes transsexuelles et transgenres peuvent ressentir de la dysphorie de genre, c’est-à-dire la détresse relative au décalage entre leur identité de genre et le sexe qui leur a été assigné à la naissance (et le rôle de genre associé, ainsi que les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires)1.

Les femmes transsexuelles et transgenres peuvent transitionner (socialement, médicalement, démarches à l’état civil, etc). Un élément essentiel de la transition médicale concerne la prise d’œstrogènes, qui entraîne le développement des caractères sexuels secondaires féminins (seins, redistribution de la graisse corporelle, baisse du rapport taille-hanche, etc). Associé à la chirurgie de réattribution sexuelle, la personnes pourra ne plus ressentir de dysphorie de genre, ce qui lui apportera un soulagement majeur.

De la même manière, un homme trans est une personne ayant été assignée femme à la naissance, mais dont l’identité de genre est masculine.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Certaines femmes trans ayant terminé leur transition de genre préféreront être simplement appelées « femme », considérant que les termes « femme trans » ou « transsexuelle male-to-female » devraient être utilisés pour qualifier des personnes qui n’ont pas totalement fini leur transition de genre. Également, beaucoup d’entre elles peuvent ne pas vouloir être perçues comme des « femmes trans », étant donné la tendance de la société à classer « autre », tout individu qui ne rentre pas dans le système de la binarité de genre, ou bien parce que, pour des raisons personnelles, elles ne souhaitent pas s’identifier comme des personnes transgenres en phase post-transitionnelle2.

La transition fait référence à la période durant laquelle se produit la transformation (réassignation sexuelle) ainsi que la création de la nouvelle identité auprès des instances légales.

Certains termes péjoratifs et transphobes sont parfois utilisés pour parler des femmes transgenres, alors qu’ils désignent d’autres réalités, par exemple :

travelo (tranny en anglais) qui fait référence à un homme qui se déguise en femme, ce terme n’étant par ailleurs pas lié à des pratiques sexuelles ou à la prostitution mais peut faire partie des cosplay ;

shemale (de l’anglais she -elle- et male -mâle-) désigne une personne assignée homme à la naissance, et qui a des caractéristiques féminines et masculines, notamment des seins et un pénis (voir Pornographie transsexuelle).

Orientation sexuelle[modifier | modifier le code]

Le stéréotype du garçon efféminé qui grandit en vivant progressivement comme une femme a une très longue histoire3. C’est une mauvaise conception et un stéréotype qui suggère que toutes les femmes trans sont hétérosexuelles. Cependant, certaines anciennes recherches concernant l’orientation sexuelle des femmes trans sont douteuses. De nombreuses études comportent des biais, étant donné que les personnes transgenres ont le sentiment que pour obtenir un traitement hormonal, certaines réponses aux questionnaires de pré-diagnostic comportent des réponses « vraies » et « fausses ». Pat Califia, auteur de Sex Changes et Public Sex a indiqué que ce groupe avait été très lucide concernant les réponses à donner pour être éligible au traitement hormonal et/ou à la chirurgie de réattribution sexuelle : « Aucun des spécialistes de l’égalité des sexes ne semble réaliser qu’ils sont eux-mêmes responsables de la situation où les transsexuels doivent décrire un ensemble prédéfini de symptômes et faire un récit de manière clairement prescrite afin d’obtenir l’approbation du docteur pour ce qui devrait être leur droit inaliénable4. » Une étude sur 3 000 femmes trans a montré que seulement 23 % d’entre elles se déclaraient hétérosexuelles, 31 % comme bisexuelles, 29 % comme lesbiennes, 7 % comme asexuelles, 7 % comme queer, et 2 % comme « autre »5.

Libido[modifier | modifier le code]

Une étude de 2008[Laquelle ?] montre que les femmes trans ont une plus forte décroissance de leur libido (34 %) que les femmes cisgenres (23 %), mais la différence n’est pas significative et elle peut être due au hasard6. De la même façon que pour les hommes, la libido féminine est corrélée au niveau de testostérone7,8,9,10 (avec quelques controverses11), mais l’étude de 2008 ne montre aucune corrélation de ce genre avec les femmes trans6,12.

Selon le chercheurs Barrett, les femmes cisgenres les plus susceptibles d’accepter et d’accommoder la transition de leur partenaire sont celles qui ont une faible libido ou celles qui sont sexuellement attirées par les hommes et les femmes13.

Discrimination[modifier | modifier le code]

Les femmes trans, comme tout autre personne de genre variant, font face à de nombreuses discriminations et à de la transphobie. Une étude de 3 000 femmes trans vivant aux États-Unis, résumée dans le rapport Injustice at Every Turn: A Report of the National Transgender Discrimination Survey, a montré qu’elles en avaient été victimes5.

Le rapport de 2010 de la National Coalition of Anti-Violence Programs concernant les violences anti-LGBTQI+ a trouvé que sur les 27 personnes assassinées en raison de leur identité LGBTQI+, 44 % étaient des femmes trans14.

La discrimination est particulièrement importante à l’égard des femmes trans de couleur, qui font l’expérience de l’intersection du racisme et de la transphobie. Les femmes trans latinas, noires, et amérindiennes ont deux à trois fois plus de risques d’être agressées sexuellement en prison, que les femmes trans blanches.[réf. nécessaire]

Dans son livre Whipping Girl, la femme trans Julia Serano se réfère au type de discrimination auquel font face les femmes trans : la « transmisogynie »15.

Écrits[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage intitulé Whipping Girl, a Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity16, Julia Serano, autrice transsexuelle et féministe, analyse la situation des femmes trans dans la société occidentale. Elle démontre que ces dernières ne souffrent pas seulement de transphobie, mais, comme toutes les femmes cisgenres ou trans, de sexisme et de misogynie. Elle écrit que si les femmes trans sont rejetées et méprisées, c’est bien d’abord parce que ce sont des femmes dans une société qui dévalorise la féminité.

Dans son article « Quelle place pour les femmes trans au sein des mouvements féministes ? »17 le professeur Alexandre Baril, s’inspire du livre Excluded18 de Julia Serano pour défaire les mythes sur les femmes trans qui sont présents dans certains groupes féministes. Il rapporte que des groupes féministes refusent la présence de femmes trans, car elles ne seraient pas des femmes mais des hommes. Ces groupes féministes justifient leur exclusion des femmes trans à partir des mythes suivants :

les femmes trans ont une biologie masculine,

elles ont eu une socialisation masculine,

elles possèdent des privilèges masculins,

elles sont une menace masculine.

Pour déconstruire ces mythes, Alexandre Baril questionne premièrement la manière de déterminer le sexe d’une personne. Il rappelle que les féministes ont établies plusieurs dimensions au sexe (par exemple anatomique, gonadique, chromosomique et hormonal) et que ces composantes peuvent varier d’une personne à l’autre. Les groupes féministes ne font d’ailleurs par d’examen physiques pour vérifier le sexe des femmes, elles se fient plutôt à l’auto-identification. Deuxièmement, il présente que l’exigence d’une socialisation spécifiquement féminine est illogique car la socialisation ne détermine pas l’identité de genre. Si l’argument d’avoir vécu l’expérience de socialisation et d’oppression féminine étaient valable, d’autres mouvements sociaux, comme celui LGBQ, ne pourraient pas se rassembler car ils sont constitués de personnes aux parcours de vie différents. Troisièmement, il souligne que les privilèges masculins sont distribués inégalement entre les hommes en fonction d’autres appartenances telles que la race ou l’orientation sexuelle. Il rappelle que les privilèges ne sont pas éternels et qu’une femme trans peut perdre ses privilèges masculins pendant sa transition. Finalement, il déconstruit le mythe de la menace masculine en soulignant le caractère homophobe et raciste de cet argument. Bien que des groupes féministes croient que l’exclusion des femmes trans sur la base de caractéristiques physiques (par exemple pilosité ou ton de voix) assuraient la création d’un espace sécuritaire pour les membres du groupe, elles reproduisent plutôt l’oppression vécue par les femmes. Si l’objectif est d’assurer la création d’espace sécuritaire, Alexandre Baril suggère de « s’attaquer aux dynamiques internes des groupes et aux comportements problématiques dans ces espaces. »17

Liste non exhaustive de femmes ouvertement trans[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Personnalité ouvertement trans.

De plus en plus de femmes trans parlent de leur transidentité, sur Internet et dans les médias19,20.

Marja-Sisko Aalto (fi), prêtre de l’Église évangélique-luthérienne de Finlande

Calpernia Addams, actrice américaine, musicienne et activiste pour les droits des personnes trans

Aderet (en), chanteuse israélienne

Rebecca Allison, cardiologue et activiste américaine présidente de la Gay and Lesbian Medical Association

Barbra Amesbury (en), chanteuse et compositrice canadienne

Charlie Jane Anders, autrice américaine de science-fiction, prix Hugo de la meilleure nouvelle longue en 2012

Enza Anderson (en), journaliste et activiste canadienne

Erica Andrews (en), actrice, drag queen et activiste mexicaine

Anna Anthropy, créatrice américaine de jeux vidéo

Alexis Arquette

April Ashley

Jenny Bailey

Bambi

Georgina Beyer

Michelle Blanc

Aurore Boréale

Brigitte Boréale

Kate Bornstein

Marci Bowers

Camille Cabral

Wendy Carlos

Candis Cayne

Olivia Chaumont

Jamie Clayton

Coccinelle

Raewyn Connell

Lynn Conway

Caroline Cossey

Jayne County

Laverne Cox

Michelle Duff

Vanessa Van Durme

Lili Elbe

Eli Erlick

Bülent Ersoy

Karine Espineira

Bibiana Fernández, actrice espagnole

Chiya Fujino

Laura Jane Grace

Miss Major Griffin-Gracy

Anna Grodzka

Harisu

Ai Haruna

Hélène Hazera

Rita Hester

Dana International

Caitlyn Jenner

Christine Jorgensen

Aya Kamikawa

Isis King

Amanda Lepore

Vladimir Luxuria

Maîtresse Nikita

Chelsea Manning

Marie France

Maud Marin

Deirdre McCloskey

Stéphanie Michelini

Micheline Montreuil

Nath-Sakura

Pascale Ourbih

Kim Petras

Michel-Marie Poulain

Renée Richards

Eva Robin’s

Martine Rothblatt

Kayo Satoh

Julia Serano

Allanah Starr

Lea T

Audrey Tang

Manuela Trasobares

Lana et Lilly Wachowski

Holly Woodlawn

Jin Xing

Philippa York

Références[modifier | modifier le code]

↑ (en) « Standards of Care for the Health of Transsexual, Transgender, and Gender Nonconforming People (version 7) » [archive], The World Professional Association for Transgender Health, p. 96.

↑ (en) Julia Serano, Whipping girl: a transsexual woman on sexism and the scapegoating of femininity, Emeryville, California, Seal Press, 2007, 29–30 p. (ISBN 1-58005-154-5).

↑ (en) Julia Dudek, « Playing with Barbies:The Role of Female Stereotypes in the Male-to-Female Transition », Transgender Tapestry, 20 avril 2003 (lire en ligne [archive]).

↑ (en) « FindArticles.com – CBSi » [archive], sur findarticles.com.

↑ a et b (en) « Injustice at Every Turn: A Report of the National Transgender Discrimination Survey » [archive], National Center for Transgender Equality & National Gay and Lesbian Task Force, p. 29.

↑ a et b (en) E. Elaut, G. De Cuypere, P. De Sutter, L. Gijs, M. Van Trotsenburg, G. Heylens, J. M. Kaufman, R. Rubens et G. T’Sjoen, « Hypoactive sexual desire in transsexual women: prevalence and association with testosterone levels », Bioscientifica, vol. 158, no 3, mars 2008, p. 393–9 (PMID 18299474, DOI 10.1530/EJE-07-0511).

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↑ (en) N. Santoro, J. Torrens, S. Crawford, J. E. Allsworth, J. S. Finkelstein, E. B. Gold, S. Korenman, W. L. Lasley, J. L. Luborsky, D. McConnell, M. F. Sowers et G. Weiss, « Correlates of circulating androgens in mid-life women: the Study of Women’s Health Across the Nation », Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, vol. 90, 2005, p. 4836–4845 (PMID 15840738, DOI 10.1210/jc.2004-2063).

↑ (en) BB. Sherwin, M. M. Gelfand et W. Brender, « Androgen enhances sexual motivation in females: a prospective, crossover study of sex steroid administration in the surgical menopause », Psychosomatic Medicine, vol. 47, no 4, 1985, p. 339–351 (PMID 4023162, DOI 10.1097/00006842-198507000-00004).

↑ (en) B Sherwin, « Changes in sexual behavior as a function of plasma sex steroid levels in post-menopausal women », Maturitas, vol. 7, no 3, 1985, p. 225–233 (PMID 4079822, DOI 10.1016/0378-5122(85)90044-1).

↑ (en) SR. Davis, S. L. Davison, S. Donath et R. J. Bell, « Circulating androgen levels and self-reported sexual function in women », Journal of the American Medical Association, vol. 294, 2005, p. 91–96 (PMID 15998895, DOI 10.1001/jama.294.1.91).

↑ (en) G. De Cuypere, G. T’Sjoen, R. Beerten, G. Selvaggi, P. De Sutter, P. Hoebeke, S. Monstrey, A. Vansteenwegen et R. Rubens, « Sexual and physical health after sex reassignment surgery », Archives of Sexual Behavior, vol. 34, 2005, p. 679–690 (PMID 16362252, DOI 10.1007/s10508-005-7926-5).

↑ (en) James Barrett, Transexual and Other Disorders of Gender Identity: A Practical Guide to Management, RADCLIFFE MEDICAL PRESS LTD, 2007 (ISBN 185775719X), p. 83.

↑ (en) Marc Lavers, « 70 Percent of Anti-LGBT Murder Victims Are People of Color », ColorLines, 18 juillet 2011 (lire en ligne [archive]).

↑ (en) Bernadette Barker-Plummer, « Fixing Gwen », Feminist Media Studies, vol. 13, 25 avril 2012, p. 710–724 (DOI 10.1080/14680777.2012.679289, lire en ligne [archive]).

↑ Julia Serano, Whipping Girl, a Transsexual Woman on Sexism and the Scapegoating of Femininity, Seal Press, 2007.

↑ a et b Alexandre Baril, « Quelle place pour les femmes trans au sein des mouvements féministes? », Spirale, janvier 2014, p. 39-41 (lire en ligne [archive])

↑ (en) Julia Serano, Excluded: Making Feminist and Queer Movements More Inclusive, Seal Press, octobre 2013, 336 p. (ISBN 978-1580055048)

↑ (en) « Famous Transgender » [archive], sur famoustransgender.com.

↑ (en) « HugeDomains.com – Celebwarship.com is for sale (Celebwarship) » [archive], sur www.celebwarship.com.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Concept de l’essence féminine du transsexualisme

Transféminisme

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Homme trans

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Homme trans

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Un homme trans est une personne ayant été assignée femme à la naissance et qui a une identité de genre masculine. Le terme trans désigne un large éventail de différents types de genre, qui inclut notamment la transidentité1. Certains hommes trans choisissent de subir une intervention chirurgicale de réattribution sexuelle, ou une transition hormonale, ou les deux, afin de modifier leur apparence et être en adéquation avec leur identité de genre. La dysphorie de genre pouvant parfois engendrer une intense et persistante souffrance, la transition (adéquation du corps avec l’identité) apaise notablement l’individu.

Bien que parfois liés, le transgénérisme et l’orientation sexuelle sont deux concepts indépendants. Un homme transgenre peut être hétérosexuel, homosexuel, bisexuel, pansexuel, polysexuel, asexuel, demisexuel, etc. (voir sexualité transgenre), et quelques hommes transgenres considèrent que les étiquettes conventionnelles concernant l’orientation sexuelle sont inadéquates ou inapplicables à eux (voir androphilie et gynophilie)2,1.

Balian Buschbaum, athlète allemand spécialiste du saut à la perche ayant réalisé sa transition en 2008.

Aux États-Unis, le ratio des hommes transgenres dans la population générale n’est pas clair ; il est estimé en moyenne dans une fourchette allant de 1:2 000 à 1:100 0003,4,5.

Sommaire

1 Terminologie

2 Transition

2.1 Thérapie hormonale

3 Personnages historiques dont la transidentité n’est pas explicite

4 Hommes trans de fiction

5 Films et documentaires

6 Notes et références

7 Voir aussi

7.1 Articles connexes

7.2 Liens externes

Terminologie[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2018). 

Le terme homme trans est un raccourci pour désigner un éventail d’identités (hommes transsexuels et hommes transgenres)6. Les hommes trans peuvent être identifiés transsexuel, transgenre, aucun des deux, ou les deux7. Homme transgenre est un terme qui inclut toute personne ayant été assignée femme à la naissance, alors que son identité profonde est masculine. Ainsi, certaines personnes androgynes et queer devraient être identifiées comme transgenres6 ; « transgenre » étant un terme générique, il ne reflète pas tout le spectre des identités qu’il est possible de ressentir.

Certains hommes trans préféreront être simplement appelés « hommes », considérant que les termes « homme trans » ou « personne trans female-to-male » induit l’idée qu’ils ne sont pas de « vrais hommes ». Également, beaucoup d’entre eux peuvent ne pas vouloir être perçus comme des « hommes trans », étant donné la tendance de la société à classer « autre », tout individu qui ne rentre pas dans le système de la binarité de genre, ou bien parce que, pour des raisons personnelles, ils ne souhaitent pas s’identifier comme des personnes transgenres et considèrent qu’ils sont des hommes comme les autres.

Contrairement à la « transidentité », le « transsexualisme » n’est pas un terme générique. « Transsexuel » est un terme médical désuet désignant la transidentité comme pathologie. À ce titre pour la plupart des personnes concernées il faut éviter de l’utiliser. Certains se sont néanmoins réapproprié le terme et l’utilisent pour eux-mêmes. Par ailleurs la croyance selon laquelle « transsexuel » désigne les personnes souhaitant une transition médicale et « transgenre » les autres est une idée reçue. La plupart des concernés rejette cette dichotomie car elle reprend une distinction utilisée par le corps médical à des fins pathologisantes et induit une hiérarchie entre personnes plus ou moins « dysphoriques » vis à vis de leur corps.

La transition fait référence à la période durant laquelle se produit le coming out de la personne, ainsi que les éventuels changements d’expression de genre et démarches sociales, médicales et à l’état civil (par exemple réassignation sexuelle). La notion de « transition » est de nos jours très critiquée par les personnes trans car elle induit l’idée que l’on devient par un processus un homme ou une femme : ce qui signifierait qu’on ne l’était pas avant et qu’on ne l’est pas encore pendant. La plupart des personnes trans considèrent au contraire qu’on est de son genre réel même avant d’entreprendre une quelconque démarche. Par ailleurs les parcours trans sont individuels et très variés et ne cessent pas après les éventuelles chirurgies. Une personne trans reste trans toute sa vie et sera donc confrontée à une expérience de vie spécifique qui ne prend pas fin avec son parcours médical spécifique. À ce titre, la sociologue Karine Espineira de l’Observatoire des transidentités préfère parler de « parcours trans » ou de « trajectoire de vie trans » plutôt que de « transition ».

Transition[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2018). 

À l’origine, le terme « homme trans » se référait spécifiquement aux personnes qui avaient subi un traitement hormonal de substitution et/ou une chirurgie de réattribution sexuelle de féminin vers masculin (définition désuète du transsexualisme comme pathologie). La définition de « transition » s’est élargie pour y inclure les thérapies de développement psychologique, ou les méthodes d’acceptation de soi8.

Les hommes trans peuvent demander des interventions médicales, comme des prises d’hormones et/ou l’opération chirurgicale, pour rendre leur corps aussi conforme que possible à leur identité de genre.

Beaucoup d’hommes transgenres n’ayant pas subi d’intervention chirurgicale choisissent de dissimuler leurs seins grâce à différentes méthodes, comme utiliser des soutiens-gorge de sport et/ou des bandages (binding). Les autres types de bandes ou bandages non conçus spécifiquement (et souvent représentés dans la culture populaire) ne devraient jamais être utilisés car ils compriment intensément la cage thoracique et peuvent causer des blessures.

Certains hommes trans décident aussi d’emballer (pack) afin de créer un renflement au niveau de l’entrejambe grâce à différentes façons, comme utiliser des chaussettes roulées. Certains emballeurs (packs) sont fabriqués de manière à pouvoir uriner à travers eux (stand-to-pee).

La transition pourrait impliquer certaines (ou toutes) des étapes suivantes9 :

La transition sociale : changement de prénom, s’habiller avec des vêtements appropriés au genre, communiquer avec la famille, les amis et au travail/à école.

Thérapie de réassignation sexuelle : Hormonosubstitution female-to-male, et/ou chirurgie de réattribution sexuelle FtM.

Affirmation juridique : nom et correction du marqueur de sexe sur les documents d’identification juridiques10,11. Être socialement accepté comme homme (parfois appelé le passing) peut être difficile pour les hommes trans qui n’ont pas subi de THS et/ou de chirurgie. Certains hommes trans peuvent choisir de se présenter comme une femme dans certaines situations sociales (par exemple au travail). Après la transition physique, les hommes trans vivent généralement à temps plein en tant qu’homme10,11.

Thérapie hormonale[modifier | modifier le code]

Une étude de 2010 a montré que chez les hommes trans ayant bénéficié d’un traitement hormonal à base de testostérone, le volume ovarien avait augmenté, entraînant les caractéristiques histologiques des ovaires polykystiques chez 79,5 % des cas ; une atrophie de l’endomètre avait également été observée chez 45 % des participants. L’examen mammaire avait de plus révélé une réduction du tissu glandulaire (atrophie) et une augmentation du tissu conjonctif fibreux dans 93 % des cas, sans hyperplasie ou carcinome atypique12.

Personnages historiques dont la transidentité n’est pas explicite[modifier | modifier le code]

Catégorie connexe : Homme trans.

* Catalina de Erauso, (1585-1640), soldat et aventurier espagnol

Radclyffe Hall, écrivain britannique

[réf. nécessaire]

Hommes trans de fiction[modifier | modifier le code]

Catégorie connexe : Personnage trans.

Iphis dans Iphis et Iante (1634) d’Isaac de Benserade13

Gabriel dans Gabriel de George Sand14

Buck Angel, homme trans producteur de film pour adultes.

Films et documentaires[modifier | modifier le code]

Catégorie connexe : Transidentité dans l’art.

Victor Victoria, film de 1982.

Boys Don’t Cry, 1999, États-Unis, drame (inspiré d’une histoire vraie)

Tomboy, film de 2011 sur un garçon trans fictif.

Facing Mirrors, 2011, Iran, drame

52 Tuesdays, 2013, Australie, drame

Mr. Angel, 2013, États-Unis, documentaire sur la vie de Buck Angel15

About Ray, 2015, États-Unis, drame

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Trans man » (voir la liste des auteurs).

↑ a et b Alexandre Baril, Transsexualité et privilèges masculins : fiction ou réalité?, dans L. Chamberland, et al., (dir.). Diversité sexuelle et constructions de genre, Québec, PUQ, 2009 (lire en ligne [archive]), p. 263-295.

↑ « Sexual Orientation and Gender Identity Definitions | Resources | Human Rights Campaign » [archive], Hrc.org (consulté le 22 février 2015).

↑ « Estimating the Prevalence of Transsexualism » [archive], Ai.eecs.umich.edu (consulté le 22 février 2015).

↑ Joanne Herman, « There are more of us than you think » [archive], Advocate.com, 11 mai 2006 (consulté le 22 février 2015).

↑ (en) « Transgender FAQ » [archive], sur web.archive.org, 20 mai 2008.

↑ a et b « what are Answers to Your Questions About Transgender Individuals and Gender Identity » [archive], Association américaine de psychologie (consulté le 26 janvier 2015).

↑ « http://www.glaad.org/reference/transgende »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 16 mars 2015).

↑ (en) « Glossary » [archive], Huc.edu (consulté le 22 février 2015).

↑ « http://www.ftmaustralia.org/treatment/whatis.html »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 16 mars 2015).

↑ a et b (en) Transgender emergence: therapeutic guidelines for working with gender-variant people and their families, 2004 (ISBN 0-7890-2117-X et 9780789021175).

↑ a et b (en) Amanda S. Eno, « The Misconception of ‘Sex’ In Title VII: Federal Courts Reevaluate Transsexual Employment Discrimination Claims », Tulsa Law Review, University of Tulsa, Spring, vol. 765, no 43, 2008.

↑ (en) Michael Grynberg, Renato Fanchin, Genevieve Dubost, Jean-Claude Colaue, Catherine Bremont-Weil, Rene Frydman, Jean-Marc Ayoubi, « Histology of genital tract and breast tissue after long-term testosterone administration in a female-to-male transsexual population », Reproductive Biomedicine, vol. 20, no 4, 2010, p. 553–558 (DOI https://dx.doi.org/10.1016/j.rbmo.2009.12.021, lire en ligne [archive]).

↑ Isaac de Benserade, Iphis et Iante, L’avant-scène théâtre, 2013.

↑ George Sand, Gabriel, Paris, Kindle, 2016.

↑ (en) Mr. Angel [archive] sur l’Internet Movie Database.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Femme trans

Enfant transgenre

Non-conformité de genre dans l’enfance

FTM Magazine

Liens externes[modifier | modifier le code]

TransGuys.com [archive] Web magazine pour hommes Trans

Original Plumbing magazine [archive] Magazine trimestriel en ligne principalement concentré sur la culture et la diversité dans la communauté des hommes trans.

FTM.info [archive] Site francophone à destination des hommes trans

FTM Alliance [archive]

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Transidentité

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Identités de genre et sexuelle

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Hormonosubstitution (dysphorie de genre)

Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2016).

Si vous disposez d’ouvrages ou d’articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l’article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références »

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?

L’hormonosubstitution pour une personne transgenre est un traitement hormonal à but féminisant ou masculinisant (on parle généralement de transition). Elle vise à remplacer les hormones sexuelles de la personne transgenre par celles du sexe cible, ce qui en fait donc une étape importante dans le cheminement physique et psychologique de la personne. Elle se déroule en deux phases de durées variables en fonction de l’état de santé physique et psychologique du patient.

Sommaire

1 Description

1.1 Accès au traitement

1.2 Première phase

1.3 Molécules disponibles

1.4 Deuxième phase

2 Durée du traitement et suivi

3 Contre-indications et effets secondaires

3.1 Effets secondaires

3.2 Contre-indications

4 Interrogations actuelles

5 Notes et références

Description[modifier | modifier le code]

Accès au traitement[modifier | modifier le code]

L’hormonosubstitution est accordée par le psychiatre ou l’équipe médicale (pouvant être composée d’un médecin généraliste, de chirurgiens, d’un endocrinologue) qui encadre le patient. Des bilans de santé (dont éventuellement des bilans psychologiques afin de suivre le développement de sa transidentité) sont effectués pour vérifier si le patient n’a pas de contre-indication à l’hormonothérapie.

Le psychiatre ou l’équipe médicale peut aussi exiger que le patient ait vécu en permanence dans le sexe désiré pendant une période pouvant durer de 3 mois à 2 ans. Pendant cette période (appelée « expérience de vie réelle »), le patient a notamment adopté, mais a surtout dû faire adopter à son entourage, un prénom correspondant à sa personnalité et les attitudes adéquates. Ce laps de temps est rarement considéré comme le début d’une nouvelle vie par les patients, qui vivent souvent déjà comme la personne qu’ils sont.[pas clair] En général, il marque surtout le départ de leur épanouissement en tant qu’homme ou femme, et il permet à l’équipe médicale d’observer les capacités d’intégration sociale du patient dans sa « nouvelle » identité ainsi que sa détermination à poursuivre le processus enclenché.

Première phase[modifier | modifier le code]

Le traitement commence souvent par des injections intramusculaires ou sous-cutanées d’anti-androgènes (non stéroïdiens pour les MtF, souvent stéroïdiens pour les FtM) qui ont pour but de faire baisser au plus bas la production des hormones sexuelles du patient, jusqu’à la bloquer totalement, supprimant ainsi leurs effets sur le corps1.

Transgenre homme vers femme (MtF)

La suppression des hormones chez une personne transféminine peut se faire par l’injection de trois différents types de substances, avec chacun un but différent :

Bloquer la production de testostérone et de ses dérivés (DHT)

Empêcher la captation de la testostérone et de ses dérivés

Empêcher la gamétogenèse (spermatozoïdes) en saturant les taux de gonadotrophines par l’injection de molécules similaires à la LHRH ou à la GnRH

Transgenre femme vers homme (FtM)

Pour amorcer le processus de masculinisation, il est possible de tout de suite injecter de la testostérone, mais en général, le médecin commence d’abord par prescrire des antigonadotropes :

Substances similaires à la LHRH ou à la GnRH pour diminuer les taux d’œstradiol et empêcher la production de gamètes (ovules)

Bloquer les récepteurs d’œstrogènes : Acétate de cyprotérone (progestatif synthétique stéroïdien) et autres progestatifs pour stopper le cycle menstruel.

Molécules disponibles[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2016). 

Analogues de LHRH

Leuproréline

Triptoréline

Anti-androgènes stéroïdiens

Cyprotérone

Acétate de médroxyprogestérone

Spironolactone

Anti-androgènes non stéroïdiens

Finastéride

Flutamide

Progestatifs

Prégnane

Norprégnane

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

Le patient reçoit des injections d’hormones du sexe cible, afin de favoriser l’apparition des caractères sexuels secondaires correspondants. Les changements sont visibles entre 6 et 8 semaines après le début du traitement par hormones exogènes. Les noms des produits peuvent différer selon le pays, mais les molécules utilisées, et les voies de traitement, restent les mêmes.

Transgenre homme vers femme (MtF)

Article connexe : Changement de voix (transidentité).

Dans cette deuxième phase, on injecte à la patiente des hormones féminines, les œstrogènes, qui permettent certaines modifications corporelles : la poitrine pousse, les traits du visage, la voix et la peau s’adoucissent, la pilosité est moins visible, les testicules s’atrophient, et les érections sont moins importantes et moins régulières.

La transition physique MtF reste toute de même assez incomplète, car la testostérone a déjà irrémédiablement modifié le squelette, la musculature et la pilosité de la patiente pendant sa puberté, elle gardera donc toujours sa carrure et devra recourir à des traitements par électrolyse si elle souhaite faire disparaître sa barbe.

Transgenre femme vers homme (FtM)

Contrairement à la première, la transition FtM, par la testostérone, permet une modification quasi totale du corps du patient : la pilosité se développe sur tout le corps, la peau s’épaissit, la musculature se développe, la répartition des graisses change, la voix mue et le clitoris grandit. Seules la poitrine et la taille reste insensibles aux hormones, étant donné que la période de croissance du patient, et sa puberté, sont terminées. On observe aussi une augmentation de la libido chez la plupart des patients FtM sous testostérone.

Durée du traitement et suivi[modifier | modifier le code]

La durée totale du traitement par hormonosubstitution avant que le patient ne puisse demander une chirurgie de réattribution sexuelle est d’un an, minimum.

Une fois la transition finie, il faut tout de même garder à l’esprit que le patient n’est pas génétiquement prédisposé à produire les nouvelles hormones qui circulent dans son corps. S’il arrête les injections, les caractères secondaires de son sexe génétique réapparaîtront petit à petit, l’hormonothérapie est donc un traitement à vie.

Pendant le traitement, les rendez-vous avec l’endocrinologue sont environ tous les six mois, et le patient doit régulièrement faire des bilans de santé afin de surveiller l’influence des hormones sur les organes (surtout le cœur et le foie).

Il est possible d’arrêter le traitement, et de reprendre sa vie antérieure, si les organes reproducteurs, en particulier les ovaires et les testicules (qui sécrètent les hormones sexuelles nécessaires au corps) sont encore présents. Cependant, dans les cas des personnes MtF, la pousse de la poitrine est irréversible sans intervention chirurgicale. Dans les cas des personnes FtM, la mue et la pilosité resteront même après l’arrêt du traitement.

Contre-indications et effets secondaires[modifier | modifier le code]

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

La triptolérine et la leuroprorelin peuvent causer des bouffées de chaleur similaires à celles de la ménopause. Dans 50 à 60 % des cas des personnes FtM traitées par la testostérone, on observe l’apparition d’une acné plus ou moins importante, selon la prédisposition génétique. Seulement 10 à 15 % de ces patients ont ensuite recours à un traitement (cas graves).

La testostérone cause souvent une modification du profil lipidique, ce qui peut engendrer un danger de cholestérol, de surpoids et d’hypertension, donc des risques de problèmes cardiaques ; les patients FtM, et les patients transgenre de manière générale, doivent donc avoir de préférence une bonne hygiène de vie (pas de tabac, une bonne alimentation et de l’exercice physique régulier).

Dans les cas de patientes MtF de plus de 40 ans, et traitées par injection d’œstrogènes, on a noté un certain nombre de cas de trombo-embolies veineuses. L’évolution des traitements permet aujourd’hui à ces patientes d’être traitées par voie orale ou transdermale (patch).

Dans les effets secondaires les plus graves, on trouve des cas de cancers du sein ainsi que des problèmes cardio-vasculaires graves (crises et infections cardiaques) apparemment liés à l’utilisation de l’ethinyl-estradiol et de l’acétate de cyprotérone.

Contre-indications[modifier | modifier le code]

Le patient doit obligatoirement être en bonne santé pour pouvoir supporter un tel traitement. Les maladies graves comme un cancer, ou une forte obésité, entraînent un refus catégorique des médecins.

L’hormonosubstitution est aussi déconseillée aux personnes souffrant de problèmes hépatiques, car les hormones de synthèse, surtout la testostérone, ont des répercussions importantes sur le foie, et peuvent mettre la vie du patient en danger. Dans ce cas, la demande de traitement est refusée.

Il y a aussi un risque d’ostéoporose accru (dû au manque d’hormones) dans la première phase du traitement, les patients sont donc très surveillés.

Interrogations actuelles[modifier | modifier le code]

La transidentité se manifeste en général dès l’enfance, et ne fait que s’affirmer aux alentours de la puberté, les personnes transgenres adultes se demandent donc s’il ne serait pas préférable d’intervenir avant la puberté, et proposer un traitement hormonal dès l’adolescence.

Cette intervention précoce permettrait ainsi aux jeunes transgenres de ne pas développer les caractéristiques secondaires de leur sexe génétique, mais de faire leur puberté comme l’homme ou la femme qu’ils sont psychiquement, évitant, de ce fait, l’état de mal-être qu’engendre leur situation jusqu’à leur majorité, ou au-delà.

Transidentité

Ne doit pas être confondu avec Intersexuation ou Travestissement.

Une femme trans, avec les lettres « XY » écrites dans la paume de sa main.

La transidentité est le fait, pour une personne transgenre, d’avoir une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance.

La transidentité se distingue des intersexuations, qui désignent les situations de personnes nées avec des caractères sexuels (génitaux, hormonaux, gonadiques ou chromosomiques, de gamètes) qui ne correspondent pas, au moins en partie, à la binarité de sexe5,6. La plupart des personnes transgenres ne sont pas biologiquement intersexuées. Certaines revendications des personnes trans et intersexes sont cependant communes (concernant les législations sur le changement d’état civil, la reconnaissance de l’identité de genre comme critère de discrimination, la maltraitance médicale etc.).

La transidentité se distingue également du travestissement et de l’homosexualité7.

Sommaire

1 Terminologie

1.1 Abandon du terme transsexuel

2 Situation actuelle dans la société

2.1 Taille de la population concernée

2.2 Personnalités trans

2.3 Aspects juridiques

2.4 Aspects anthropologiques et religions

2.4.1 Amérique latine

2.4.2 Asie

2.4.3 Amérique du Nord

2.4.4 Autre

2.5 Transphobie

3 Points de vue scientifique et médical

3.1 Recherches actuelles sur les causes

3.1.1 Structures cérébrales

3.1.2 Facteurs génétiques

3.1.3 Facteurs psychologiques

3.2 Psychiatrisation des transidentités et évolution des terminologies dans les classifications internationales des troubles mentaux

3.2.1 Naissance du concept médical

3.2.2 Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de l’APA

3.2.2.1 DSM III (1987): le « transsexualisme » parmi les « troubles de l’identité sexuelle »

3.2.2.2 DSM IV (1994, 2000): le « trouble de l’identité sexuelle »

3.2.2.3 DSM V (2013): « incongruence de genre », puis « dysphorie de genre »

3.2.3 La classification internationale des maladies de l’OMS

3.2.3.1 CIM-9 (1975) : le « transsexualisme » parmi les « perversions sexuelles »

3.2.3.2 CIM-10 (1990) : le « transsexualisme » parmi les « troubles de l’identité sexuelle »

3.2.3.3 CIM-11 (2018): l’« incongruence de genre » parmi les « problèmes relatifs à la santé sexuelle »

3.2.4 Critiques

3.2.5 Le regard de la psychiatrie sur les militants « transgenres »

3.2.6 Dé-psychiatriser sans dé-rembourser

3.2.6.1 Dé-psychiatrisation en France

3.2.6.2 Autres pays

3.3 Le soin aux personnes transgenres

3.3.1 Soutien psychologique et psychothérapie

3.3.2 Prise en charge médicale et chirurgicale chez l’adulte

3.3.2.1 Hormonothérapies

3.3.2.2 Chirurgies et soins complémentaires

3.3.3 Prise en charge médicale et chirurgicale chez l’enfant et adolescent

3.3.4 Qualité de vie après la transition

3.3.5 Transparentalité

3.3.5.1 Procréation médicalement assistée (PMA)

3.3.5.2 Conservation des gamètes avant transition

3.3.5.3 L’enfantement en tant qu’homme trans[230].

4 Communauté LGBT

4.1 Non-binarité

4.2 Transvesti ou travesti

4.3 Drag kings et queens

4.4 Symboles de la fierté transgenre

4.5 Féminisme

5 Représentation dans les médias

6 Représentation dans les arts

6.1 Cinéma et télévision

6.2 Concours de beauté

7 Notes et références

8 Bibliographie

8.1 Documentaires

8.2 Ouvrages en français

8.3 Ouvrages en anglais

9 Annexes

9.1 Articles connexes

9.2 Liens externes

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le nom peut être utilisé au pluriel, « les transidentités »1,8 pour mettre l’accent sur la diversité des ressentis et des parcours. Le terme « transgénérisme » (en anglais « transgenderedness ») est équivalent4.

Les Québécois utilisent également le terme « transitude »9. La personne concernée se dit « transidentitaire »10, « transgenre » (en anglais, « transgender ») ou simplement « trans » ; il n’y a pas de réel consensus sur la différence de signification entre ces adjectifs. Certaines personnes trans refusent le terme parapluie « transgenre »11,12,13. Les personnes qui ne sont pas trans sont majoritairement qualifiées de « cisgenres »14.

Abandon du terme transsexuel[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire Larousse définit « transsexualisme » comme un trouble de l’identité sexuelle dans lequel le sujet ressent une discordance entre son « sexe psychologique » et son sexe biologique7.

Le nom « transsexualisme » et l’adjectif « transsexuel » ne sont pourtant plus utilisés ni par les militants15 ni par les psychiatres16,17,18,19,20, d’une part parce que le genre est indépendant de la sexualité (Christine Jorgensen écrivait déjà en 1979 : « le genre n’a rien à voir avec qui vous mettez dans votre lit, il concerne l’identité »21), d’autre part parce qu’ils sont considérés comme pathologisants, ayant été initialement utilisés par des psychiatres dans les années 19505,22. L’expression « syndrome de Benjamin » a aussi été employée dans ce contexte. Le « transsexualisme » a été inclus en 1980 dans la liste des troubles mentaux (DSM) établie par l’Association américaine de psychologie (APA)23 ; au fur et à mesure des révisions de ce document, le terme a été remplacé par « trouble de l’identité sexuelle » puis « dysphorie de genre ». De même, la 11e version de la Classification internationale des maladies de l’OMS a remplacé le « transsexualisme » par l’« incongruence de genre ».

De nombreuses personnes (y compris des professionnels de santé24,25) rejettent l’idée que la transidentité est une maladie. Les psychiatres de l’APA insistent sur le fait que c’est la transphobie (« discrimination and stigma ») et non pas la transidentité en tant que telle, qui peut être source de mal-être26. Pour la psychologue clinicienne Françoise Sironi, ce sont les « carcans idéologiques et politiques24 » qui font souffrir : « La question transidentitaire n’appelle aucune résolution, ni par la médecine, ni par la psychologie. Aujourd’hui, elle a besoin de dépénalisation (dans certains pays) et de dépsychiatrisation. Elle a besoin, dans certains cas, et tout concernant les sujets transexuels, de la chirurgie pour façonner les corps et de l’endocrinologie pour changer d’imprégnation hormonale. Elle a besoin de pensées et de pratiques psychologiques qui contribuent à libérer le genre de tous les carcans idéologiques et politiques dont on affuble le sujet moderne, où qu’il soit dans le monde.24 »

Situation actuelle dans la société[modifier | modifier le code]

Taille de la population concernée[modifier | modifier le code]

Une méta-analyse des études cherchant à estimer la taille de la population trans et non-binaire (en évitant volontairement l’expression « prévalence ») a montré qu’on peut distinguer deux types de résultats: les études cliniques, qui ne comptent que les personnes qui suivent un parcours médical dans un centre spécialisé, estiment que les personnes trans représentent entre 2 et 25 personnes pour 100 000 (soit 0.002 – 0.02 %); au contraire, les études basées sur des sondages d’échantillons représentatifs de la population concluent que la taille de la population concernée est environ 100 fois supérieure (0,3 à 1,6 %)27. Un enquête menée en 2018 par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains observe même que 2% des étudiants du secondaire s’identifient comme trans28.

Le Professeur Lynn Conway de l’Université du Michigan dénombrait 40 000 opérations de réattribution de sexe dans une population de mâles d’environ 100 millions en 200529 Dans donc 1 cas sur 2 500, l’identité de genre d’une personne et son sexe assigné sont en contraste si fort que la personne a recours à une solution chirurgicale, le nombre réel de personnes transgenres étant estimé à au moins 1 personne sur 50029.

Un effort pour quantifier la population a donné une « estimation approximative » que 0,3 pourcent des adultes aux États-Unis (1 pour 300) sont transgenres, en sachant qu’environ 3,5 pourcent des adultes américains (1 pour 30) s’identifient LGBT30,31. Des études plus récentes réalisées en 2016 estiment que la proportion d’Américains qui s’identifie transgenre varie de 0,5 % à 6 %. Cela reviendrait à un nombre total d’approximativement 1,4 million d’adultes (en 2016)32,33,34,35.

Un rapport du Conseil de l’Europe estime à une personne sur 50036 les personnes concernées par la transidentité.

Les estimations de la prévalence des personnes trans sont très dépendantes des définitions utilisées dans les études. L’estimation de prévalence la plus souvent citée vient de l’Amsterdam Gender Dysphoria Clinic37 : pendant plus de quatre décennies, la clinique a traité, approximativement, 95 % des patients transgenres hollandais, et suggère une prévalence de 1:10 000, parmi les personnes assignées homme, et 1:30 000 parmi les personnes assignées femme. Aux États-Unis, le DSM-IV (1994) évoque approximativement 1 personne assignée homme pour 30 000, et 1 personne assignée femme pour 100 000, qui cherchent une chirurgie de réattribution sexuelle. Bien qu’aucune étude directe sur la prévalence de la dysphorie de genre n’ait été menée, les articles cliniques publiés au cours des 20 dernières années fournissent des estimations allant de 1:7 400 à 1:42 000 pour les hommes assignés, et de 1:30 040 à 1:104 000 pour les femmes assignées38. Une étude de 2008, sur le nombre de détenteurs d’un passeport néo-zélandais qui ont changé le sexe sur leur passeport, estime que 1:3 639 personnes assignées hommes, et 1:22 714 personnes assignées femmes étaient transgenres39.

La plus récente revue systématique de prévalence date de 2016, une méta-analyse de 27 études, a trouvé des estimations, pour une population de 100 000, de 9,2 (95 % CI=4,9–13,6)[pas clair] pour le traitement hormonal ou l’opération, et de 6,8 (95 % CI=4,6–9,1) pour les diagnostics liés à la transidentité. Dans des études évaluant l’identité transgenre auto-déclarée, la prévalence était de 871 (95 % CI=519–1,224) ; cependant, ce résultat a été influencé par une étude aux valeurs aberrantes. Après le retrait de cette étude, le chiffre est tombé à 355 (95 % CI=144–566). Une hétérogénéité importante a été observée dans la plupart des analyses40.

Olyslager et Conway ont présenté un article41 au vingtième congrès de la WPATH (2007) faisant valoir que les données de leur propre étude, ainsi que d’autres, impliquaient effectivement une prévalence beaucoup plus élevée que les estimations habituellement présentées, avec des limites minimales inférieures de 1:4 500 femmes trans, et 1:8 000 hommes trans, pour un certain nombre de pays dans le monde entier. Ils estiment le nombre de femmes trans en phase post-opératoire, aux États-Unis, à 32 000 et obtiennent un chiffre de 1:2 500 femmes trans. Ils comparent, en outre, le taux annuel de la chirurgie de réattribution sexuelle (CRS) avec la naissance des hommes aux États-Unis, et obtiennent un chiffre de 1:1 000 femmes trans, et suggèrent une prévalence de 1:500 extrapolée à partir de la hausse[?] de la CRS aux États-Unis, et de l’estimation du nombre de personnes transgenres non diagnostiquées. Olyslager et Conway ont également fait valoir que la population des personnes assignées homme, aux États-Unis, et ayant déjà subi une intervention chirurgicale par l’un des trois chirurgiens américains les plus réputés pour la médecine transgenre[?], était suffisant pour tenir compte de l’ensemble de la population transgenre impliquée par la prévalence 1:10 000, mais cela exclut tous les autres chirurgiens effectuant la CRS aux États-Unis, ainsi que les chirurgiens d’autres pays, tels que la Thaïlande, le Canada, et d’autres, et la proportion élevée de personnes trans qui n’ont pas encore demandé de traitement, ce qui suggère que la prévalence de 1:10 000 est trop faible.

Une étude suédoise a estimé un ratio de 1,4:1 femme trans par rapport aux hommes trans, pour ceux qui demandaient une chirurgie, et un ratio de 1:1 pour ceux qui l’avaient réalisée42.

En France, le nombre de personnes transgenres est estimé à environ 15 000 en 2016 selon l’association ORTrans, soit une personne sur 4 40043.

Anna Grodzka est la première trans membre du Parlement européen.

Personnalités trans[modifier | modifier le code]

Article principal : Liste de personnes transgenres.

On trouve des personnalités transgenres des deux sexes dans tous les domaines : cinéma, politique, sports, etc.

Hommes (F-to-M) :

Buck Angel, Thomas Beatie, Tomoya Hosoda, Ryan Sallans, Adrián De La Vega, etc.

Femmes (M-to-F) :

Calpernia Addams, Rebecca Allison, Nisha Ayub, Camille Cabral, Olivia Chaumont, Lynn Conway, Laverne Cox, Karine Espineira, Anna Grodzka, Hélène Hardy, Caitlyn Jenner, Aya Kamikawa, Sophie Labelle, Julie Lemieux, Chelsea Manning, Janet Mock, Micheline Montreuil, Tracey Norman, Nong Rose, Lana et Lilly Wachowski, Diane Marie Rodríguez Zambrano, etc..

Aspects juridiques[modifier | modifier le code]

Article principal : Aspects juridiques de la transidentité.

Lois concernant l’expression de l’identité de genre par pays ou territoire.

     Changement légal d’identité

     Absence de changement légal d’identité

     Inconnu/ambigu

Les personnes trans sont particulièrement discriminées44,45,46,47,48. De nombreux pays (y compris dans l’Union Européenne) posent des obstacles institutionnels à la reconnaissance de l’identité de genre des personnes (changement d’état civil) ou à l’accès aux soins (hormonothérapies, chirurgie de « réassignation sexuelle » etc.)45. À l’opposé, les procédure de changement d’état civil en Argentine49,50, Uruguay51,52, Irlande53 sont entièrement basées sur l’autodétermination de la personne, sans aucune obligation de diagnostic médical et/ou de chirurgie.

Les procédures légales existent dans certaines juridictions qui autorisent les individus à changer leur genre ou leur nom légaux pour refléter leur identité de genre. Les documents nécessaires pour ces procédures varient d’un diagnostic formel explicite de transidentité, à un diagnostic de trouble de l’identité de genre, à une lettre d’un médecin qui atteste de la transition de genre de l’individu ou l’établissant d’un rôle de genre différent54. Dans de nombreux endroits,[Lesquels ?] les personnes transgenres ne sont pas légalement protégées de la discrimination sur le lieu de travail ou dans les lieux publics. Un rapport américain réalisé en février 2011 a trouvé que 90 % des personnes transgenres ont fait face à de la discrimination au travail et ont été deux fois plus au chômage que la population générale, et plus de la moitié ont été harcelées ou rejetées lorsqu’elles ont tenté d’accéder aux services publics44. Des membres de la communauté transgenre rencontrent également des niveaux élevés de discrimination pour les soins de santé44.

Les lois concernant le changement légal des personnes trans sont différentes d’un pays à l’autre. Certaines juridictions permettent à des individus de changer leur prénom, et parfois, leur genre juridique, afin de refléter leur identité de genre. Aux États-Unis, certains États permettent de modifier ou de remplacer complètement les certificats de naissance originaux55.

Les juridictions permettant la modification des dossiers de la naissance, permettent généralement aux personnes trans de se marier avec un membre du sexe opposé à leur identité de genre, et d’adopter des enfants. Les juridictions qui interdisent le mariage homosexuel demandent souvent des mariages avant la transition, pour qu’ils se terminent avant l’accord de modification du certificat de naissance56.

Les manuels de praticiens de santé, les guides professionnels journalistiques, et les groupes de défense des droits LGBT, destinés à informer le public sur les questions trans, conseillent d’utiliser le prénom et les pronoms que la personne trans emploient pour se désigner elle-même, y compris les références à ses expériences présentes et passées57,58,59. Les membres de la famille et les amis, qui peuvent être embarrassés par l’utilisation du pronom ou des définitions de sexe, sont généralement informés de l’utilisation du pronom approprié, soit par la personne trans elle-même, soit par des professionnels, soit par d’autres personnes qui sont familières avec les questions trans, et notamment l’utilisation d’un autre pronom que celui associé au genre assigné. Parfois, les personnes trans doivent corriger leurs amis ainsi que les membres de leur famille, de nombreuses fois, avant qu’ils utilisent les pronoms souhaités par la personne trans. Selon Julia Serano, le mé-genrage délibéré des personnes trans est « une tentative arrogante pour rabaisser et humilier les personnes trans60. »

Aspects anthropologiques et religions[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Transidentité en anthropologie.

Article connexe : Transidentité et religion.

James D. Whitehead et Evelyn Eaton Whitehead, éducateurs et auteurs, discutent61 des liens entre la spiritualité et la sexualité, et l’absence fréquente de compassion dans la communauté ecclésiale, dans leur cas, l’Église catholique, en faisant partie de cette communauté62.

La transidentité a toujours existé, partout dans le monde. Des identités de genre intermédiaires, entre les polarités cisgenres, sont apparues dans de nombreuses cultures, notamment les Acaults en Birmanie, les fakafefine aux Tonga, fakafafine à Wallis-et-Futuna63, fa’afafine aux Samoa, rae rae en Polynésie, Mahus à Hawaï, new half au Japon, Hijras en Inde, muché chez les Zapotèques du Tehuantepec Juchitan, woobie en Côte d’Ivoire, femminielli en Italie, etc. Il existe également, à Oman, des hommes (identité sexuelle) très parfumés, et maquillés, nommés Xaniths qui ont le droit de partager la vie sociale des femmes, à l’instar des Hijras en Inde qui ont subi une émasculation complète, s’habillent et vivent en femmes, et sont des parts essentielles de certains rites de base de la société indienne traditionnelle. Maintes sociétés ont ainsi inclus un sexe tiers permettant d’intégrer les personnes homosexuelles et, souvent, aussi les personnes trans, intersexes, androgynes, etc. Selon les groupes, la position sociale de ces genres est très variable. Nombre de sociétés amérindiennes recrutent leurs chamans dans ces groupes.[réf. nécessaire]

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Dans les cultures d’Amérique latine, un travesti est une personne qui a été assignée homme à la naissance, et qui a une identité de genre féminine, transféminine, ou femme. Les travestis bénéficient généralement d’un traitement hormonal, ont une expression de genre féminine, notamment de nouveaux noms et pronoms pour éviter ceux qui ont une connotation masculine et utilisent des implants mammaires, mais ils ne désirent pas pour autant de chirurgie de réassignation sexuelle. Les travestis pourraient être considérés comme un genre à part entière (un « troisième genre »), un mélange entre homme et femme (« intergenre/androgynes »), ou la présence d’identités masculines et féminines en une seule personne (« bigenre »). Ils sont considérés comme complètement distincts des femmes transgenres, qui possèdent la même identité de genre que les femmes cisgenres[réf. nécessaire].

D’autres identités transgenres deviennent plus largement connues, comme un résultat du contact avec d’autres cultures du monde occidental64.

Kathoey en scène.

Asie[modifier | modifier le code]

En Thaïlande et au Laos65, le terme katoï est utilisé pour se référer aux personnes transgenres homme vers femme66 et aux hommes gay efféminés67. Les cultures du sous-continent indien incluent un troisième genre, qui se réfère notamment aux hijras en Hindi.

Les personnes transgenres ont aussi été documentées en Iran68, au Japon69, au Népal70, en Indonésie71, au Vietnam72, en Corée du Sud73, à Singapour74, et dans la grande région de Chine, notamment Hong Kong75,76, Taïwan77, et la République populaire de Chine78,79,80.

En Inde, la Cour suprême a reconnu un troisième genre le 5 avril 2014, qui n’est ni homme ni femme, établissant que « la reconnaissance des transgenres comme un troisième genre n’est pas une question sociale ou médicale, mais une question de droits humains. »81 L’Indonésie reconnaît trois sexes (femme, homme et hermaphrodite), quatre genres (femme, homme, calabai — hommes travestis en femmes — et calalai — femmes travesties en hommes) ainsi qu’un méta-genre, le bissu82.

Le 5 janvier 2015, l’agence de presse Reuters a établi que la première maire transgenre a été élue dans le centre de l’Inde83.

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Dans ce qui correspond de nos jours aux États-Unis et au Canada, de nombreux peuples autochtones et des premières nations ont reconnu84 l’existence de plus de deux genres, tels que le corps d’homme de Zuñi, Ła’mana85, le corps d’homme de Lakota86, le corps d’homme de Mojaves, alyhaa, et le corps de femme, hwamee87. De telles personnes étaient antérieurement appelées berdache mais elles sont maintenant appelées bispirituelles88, et leur conjoint-e n’auraient pas été nécessairement considéré-e-s d’un genre différent. Au Mexique, la culture zapotèque inclut un troisième genre : Muxhe89.

Depuis 2016, l’État américain d’Oregon, ainsi que l’Australie, l’Allemagne et l’Inde reconnaissent un troisième genre, « neutre » sur le plan administratif82.

En décembre 2017, l’administration américaine interdit le mot « transgenre » dans les documents d’élaboration du budget du Centre américain de contrôle et de prévention des maladies90.

Autre[modifier | modifier le code]

Aux débuts de Médine, les personnes trans homme vers femme91 de religion musulmane étaient semblables92 aux Mukhannathun. Dans la Rome antique, le galle était castré93 suivant la déesse phrygienne Cybèle et peut être considéré comme transgenre dans les termes d’aujourd’hui94,95.

Parmi les personnes de l’ancien empire akkadien, un salzikrum était une personne qui avait l’apparence d’une femme, mais qui avait des traits masculins distincts. « Salzikrum » est un mot composé qui signifie « fille mâle ». Selon le code de Hammurabi, un salzikrūm avait des droits de succession comme celui des prêtresses ; ils héritaient de leurs pères, contrairement aux filles. Le père d’un salzikrum pouvait également stipuler qu’elle hérite d’un certain montant96.

Mahu est un statut traditionnel dans les cultures polynésiennes. De plus, dans les traditions Fa’asamoa, la culture Samoane permet un rôle spécifique pour les hommes et les femmes transgenres comme fa’afafine.

Transphobie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transphobie.

Fausse plaque de rue affichée dans une rue de Lyon à l’occasion de la journée du souvenir trans en 2016.

La transphobie est l’ensemble des discriminations envers les personnes transgenres, et la transmisogynie désigne les violences que vivent spécifiquement les femmes transgenres et les personnes trans-féminines1, à l’intersection entre la transphobie et la misogynie. Certains auteurs, inspirés des critiques qui ont été faites à la notion d’homophobie et son remplacement par d’autres notions, comme celle d’hétéronormativité ou d’hétérosexisme, ont critiqué la notion de transphobie pour son caractère individualiste et pathologisant, ancré dans la phobie individuelle plutôt que la dimension structurelle de l’oppression des personnes trans1. Des termes comme cisnormativité et cisgenrisme servent ainsi à remplacer la notion de transphobie. Alexandre Baril, professeur et chercheur en études LGBTQ, écrit d’ailleurs : « Le cisgenrisme est un système d’oppression qui touche les personnes trans, parfois nommé transphobie. Il se manifeste sur le plan juridique, politique, économique, social, médical et normatif. Dans ce dernier cas, il s’agit de cisgenrenormativité. Je préfère la notion de cisgenrisme à celle de transphobie, car elle s’éloigne des origines pathologiques et individuelles de la « phobie » »97.

Par exemple, certaines personnes transgenres sont confrontées à la discrimination à l’embauche98, aux installations publiques (toilettes notamment), et relatives à la santé99. Elles ne sont pas légalement protégées contre la discrimination dans de nombreux pays100.

Parmi d’autres contraintes auxquelles les personnes trans peuvent être confrontées sur leur lieu de travail, il peut y avoir la crainte que leurs collègues répondent négativement à leur transition, ainsi que la perte de la reconnaissance de leur expérience professionnelle par le changement de prénom101. Au vu des lois concernant le changement du prénom et du genre dans de nombreux pays, il peut être difficile, pour les personnes trans de dissimuler leur statut de trans à leurs employeurs102.

Dans de nombreux pays, les lois offrent une protection contre la discrimination au travail, fondée sur l’identité de genre ou l’expression de genre, y compris pour les femmes masculines, et les hommes féminins. Un nombre croissant d’entreprises ont notamment des politiques de non-discrimination, incluant notamment l’« identité de genre et son expression »55,103. L’Union européenne offre une protection de l’emploi, dans le cadre de la protection contre la discrimination entre les genres, suivant la décision de la cour de justice de l’Union européenne104.

Dans une étude de United States National Transgender Discrimination Survey, 44 % des répondants ont déclaré ne pas avoir d’emploi en raison de leur transidentité105. 36 % des femmes trans ayant participé au sondage ont rapporté avoir perdu leur emploi à cause de la discrimination, comparé à 19 % pour les hommes trans105. 54 % des femmes trans, et 50 % des hommes trans ont rapporté avoir été harcelés sur leur lieu de travail105. Les personnes transgenres qui ont été licenciées en raison de genrisme sont trente-quatre fois plus susceptibles de tenter de se suicider que la population générale105. En effet, une étude de 2011 a révélé que 41 % des personnes transgenres avaient tenté de se suicider ; le taux étant plus élevé chez les personnes ayant subi de la discrimination dans l’accès au logement ou à la santé, du harcèlement, de l’agression physique ou sexuelle, ou du rejet de la part de la famille106.

Points de vue scientifique et médical[modifier | modifier le code]

Un parent d’enfant transgenre lors de la marche des fiertés de Washington, en juin 2012.

Recherches actuelles sur les causes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Causes de la transidentité.

En 2016, s’il existe des pistes d’explication, les causes de la transidentité restent malgré tout inconnues107.

Structures cérébrales[modifier | modifier le code]

Les facteurs les plus étudiés sont biologiques108, notamment le rôle important que pourrait jouer la sexualisation du cerveau109,110,111,112.

Les études ont débuté avec Zhou, en 1995, qui avait trouvé que les structures cérébrales des femmes trans (volume et densité de neurones) étaient similaires à celles des femmes cisgenres, et différentes des hommes cisgenres ; les structures cérébrales des hommes trans étant similaires à celles des hommes cisgenres, même sous le contrôle des prises hormonales. En 2000, Kruijver et coll ont trouvé que les femmes trans avaient le même nombre de neurones que les femmes [cisgenres], dans le noyau limbique113.

Une étude de 2002, menée par Chung, suggère que l’important dimorphisme sexuel au niveau du BSTc n’est pas significatif avant l’âge adulte114. Des études de 2004 (Swaab), 2006 (Gooran) et 2008 (Garcia-Falgueras) ont confirmé ces premières recherches en trouvant que l’identité de genre est influencé par la structure cérébrale115,116,117,118. Des différences de structures cérébrales ont aussi été relevées entre des hommes cisgenres gay et hétérosexuels, et entre des femmes cisgenres lesbiennes et hétérosexuelles[réf. nécessaire]. Des études ont également trouvé que la réception et les réponses androphiles et gynéphiles des femmes trans sont semblables à celles des femmes cisgenres, et différentes de celles des hommes cisgenres, ou entre les deux[réf. nécessaire]. De la même manière, des études ont trouvé que les hommes trans gynéphiles avaient des patterns de substances blanches similaires à ceux des hommes cisgenres même avant la prise d’hormones[réf. nécessaire].

Ces études ont été mises en cause par certains chercheurs en raison du faible nombre de sujets étudiés et de la non prise en compte de la neuroplasticité. En effet, l’expérience modifie le cerveau et, par conséquent, si des différences cérébrales sont identifiées, elles pourraient être le résultat d’un comportement transgenre plutôt que la cause. Additionnellement, le cerveau de tous les nourrissons mâles est masculinisé avant la naissance par leur propre testostérone qui est sécrétée par leurs testicules à partir d’environ huit semaines de gestation. Les nourrissons de sexe féminin ne sont pas exposés à la testostérone et ne sont donc pas masculinisés à l’exception de rares troubles du développement sexuel119,120,121.

Facteurs génétiques[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne les facteurs génétiques, une étude menée par Hare a rapporté que les femmes trans avaient un gène récepteur des androgènes plus long que celui des hommes cisgenres, ce qui rend moins efficace la liaison à la testostérone, et donc ce qui pourrait prévenir la masculinisation complète du cerveau. (L’exposition aux androgènes prénatales, ou sensibilité, ou absence de celle-ci, est souvent citée pour expliquer les différences de structures cérébrales observées). Une étude réalisée par Bentz a trouvé que les hommes trans avaient une distribution allélique CYP17 similaire aux hommes cisgenres, et différente des femmes cisgenres122. Une étude de jumeaux a trouvé que 28 % de paires de jumeaux homozygotes étaient tous les deux trans, comparé à seulement 2,6 % pour les jumeaux hétérozygotes qui étaient élevés dans la même famille, en même temps, mais qui ne sont pas génétiquement identiques123. Cela signifie qu’au moins 72 % des causes de transsexualisme chez un jumeau et non chez l’autre se produisent après la naissance et n’est pas biologique. Un taux de discordance aussi élevé suggère l’absence de détermination à l’avance d’une dysphorie de genre. Cela est conforme aux taux très importants (>80%) de résolution de dysphorie de genre chez les enfants lorsqu’ils ne sont pas encouragés à se faire passer pour des personnes du sexe opposé123,124.

Facteurs psychologiques[modifier | modifier le code]

Des facteurs psychologiques ont aussi été proposés. L’échec pour élever David Reimer, de l’enfance jusqu’à l’adolescence, en tant que fille, après que ses organes génitaux ont été accidentellement mutilés, est cité comme réfutant la théorie selon laquelle l’identité de genre est déterminée par l’éducation parentale. Ray Blanchard a développé une taxonomie du transsexualisme male-to-female qui suppose que les femmes transgenres sont soit homosexuelles, soit autogynéphiles, mais elle est largement controversée ; Michael Bailey, Anne Lawrence, James Cantor et d’autres l’ont soutenu, mais Charles Allen Moser, Larry Nuttbrock, Julia Serano, l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres et d’autres, ont fait valoir qu’il s’agissait d’une représentation pauvre, non-instructive, et qui manque de preuves empiriques, étant donné que les expériences sont mal contrôlées et/ou contredites par d’autres données125.

En 2005, le test MMPI qu’ont passé les personnes trans suivies par des équipes françaises et souhaitant une prise en charge hormonale et chirurgicale, a permis de distinguer de manière significative des tendances à l’introversion et à l’hypersensibilité aux conditions extérieures chez les femmes trans, et des tendances à l’impulsivité et à l’extraversion, « plutôt fonceurs dans leur conviction », chez les hommes trans ; ces résultats étant en accord avec les difficultés d’empathie que les professionnels retrouvent au cours de leur prise en charge psychologique126.

Une étude portant sur 45 sujets transsexuels a montré que 60 % d’entre eux avait subi une forme quelconque de violence pendant leur enfance, 31 % avait été victimes de violence sexuelle, 29 % de violence psychologique et 38 % de violence physique127.

Psychiatrisation des transidentités et évolution des terminologies dans les classifications internationales des troubles mentaux[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, il est banalement admis (y compris par l’Association américaine de psychiatrie (APA)25) que les transidentités ne sont pas des troubles mentaux. L’APA insiste sur le fait que c’est la transphobie et non pas la transidentité en tant que telle, qui peut être source de mal-être128. Les notions et termes stigmatisants utilisés ci-dessous ne sont donc employés que pour décrire la pathologisation des transidentités dans un contexte historique. Mais les symptômes qu’ils veulent décrire sont avant tout les conséquences de la façon dont la société traite les personnes trans129.

Naissance du concept médical[modifier | modifier le code]

Jean-Étienne Esquirol décrit pour la première fois de façon médicale en 1838 un cas de transidentité qu’il nomme « inversion génitale » dans son traité de maladies mentales24. Un ouvrage édité en 1886 par le médecin austro-hongrois Richard von Krafft-Elbing, réédité et commenté par le psychiatre berlinois Albert Moll en 1923, décrit un trouble particulier, « la façon de sentir sexuelle contraire », distinct de l’homosexualité, qu’il place entre l’homosexualité acquise et la métamorphose sexuelle paranoïaque. Les cas sont décrits comme des cas de possession, avec présence d’un autre en soi.

En 1910, le médecin et sexologue berlinois Magnus Hirschfeld classifie les travestis au même titre que les homosexuels dans un des multiples types de sexes intermédiaires130. Il distingue ensuite les personnes qui se travestissent de celles qui se projettent dans l’autre sexe et propose le terme « transsexualité » pour la première fois en 1912131,24. Au delà de la description purement médicale, il s’intéresse aussi aux aspects juridiques, philosophiques et politiques (il s’oppose d’ailleurs à la pénalisation de l’homosexualité). A partir des années 20, il monte une clinique qui sera démantelée au début du nazisme131.

En 1949, le psychiatre David Oliver Cauldwell (en) décrit le cas d’« une jeune fille qui manifestait le désir obsessionnel d’être un garçon » et donne à cette obsession le nom de « psychopathia transsexualis »: il s’agit désormais d’une pathologie rattachée à la catégorie des perversions sexuelles132.

Le terme « transsexualisme » est utilisé pour la première fois133 par l’endocrinologue et sexologue américain Harry Benjamin, juste après l’opération au Danemark, rendue publique en 1952, de Christine Jorgensen : « Les vrais transsexuels ont le sentiment qu’ils appartiennent à l’autre sexe, ils veulent être et fonctionner en tant que membres du sexe opposé, et pas seulement apparaître comme tels. Pour eux leurs organes sexuels, primaires (testicules) aussi bien que secondaires (pénis et autres), sont de dégoûtantes difformités devant être changées grâce au bistouri du chirurgien […] C’est seulement à cause des récentes et grandes avancées de l’endocrinologie et des techniques chirurgicales que le tableau a changé134 »La demande de traitement fait déjà partie des critères diagnostiques. Benjamin distingue trois classes, depuis la personne qui présente simplement un manque de masculinité jusqu’au cas « transsexuel », et se distingue de ses collègues psychiatres en proposant une hormonothérapie à ses patients131, en distinguant clairement la transidentité de l’homosexualité et du transvestisme et en définissant la transidentité comme un syndrome et non plus comme une perversion ou une psychose24. Le nom du « syndrome de Benjamin » et en France le nom de l’Association du Syndrome de Benjamin (1996-2008) feront référence à Harry Benjamin.

Du côté des universitaires américains à la même époque, John Money et Robert Stoller introduisent le concept de « genre »135,136,137 initialement pour décrire les enfants intersexes ou les petits garçons qui dérogeaient aux rôles sociaux classiques, mais leur but est normatif: « une fois que les psychologues ont eu dit que le genre et le sexe pouvaient suivre des voies totalement distinctes, ils se sont empressés de dire que ce qui est possible n’était toutefois pas souhaitable »136. Money et Stoller s’opposent sur le déterminisme de l’identité de genre, et commencent à définir les « vrais » sexes et les « vraies » demandes transidentitaires. Robert Stoller associe la transidentité à un manque de présence paternelle dans l’enfance et pense que la chirurgie n’est nécessaire que pour les « vrais » transgenres (définis de la façon suivante: ils sont dépourvus de désirs sexuels, ont développé un sentiment d’isolement dans l’enfance et ont un mépris de leurs organes génitaux de naissance). Il pense24 que pour ceux là les tentatives de faire changer le fonctionnement psychique sont vouées à l’échec, mais la chirurgie peut soulager leur souffrance.

En France, à la même époque, les recherches restent focalisées sur la dimension anatomique du changement de sexe. En 1956, le terme transsexualisme apparaît dans la thèse de médecine du psychiatre J.-M. Alby138 mais il s’oppose à la chirurgie et pense que la psychothérapie est une meilleure solution135.

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de l’APA[modifier | modifier le code]

Le DSM (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) publié par l’Association Américaine de Psychiatrie (APA) est une classification des troubles mentaux utilisée dans le monde entier par une grande variété de personnes, depuis les médecins jusqu’aux compagnies d’assurance.

Les discussions sur l’introduction du « transsexualisme » dans le DSM139 ayant eu lieu pendant le débat agité qui a conduit en 1973 au retrait de l’homosexualité de cette classification, et il est parfois reproché à l’ajout du diagnostic de « transsexualisme » d’avoir été « un moyen détourné de maintenir une psychiatrisation de l’homosexualité »133.

DSM III (1987): le « transsexualisme » parmi les « troubles de l’identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

En 1980140 la troisième version du DSM fait entrer le « transsexualisme » dans la catégorie des « troubles de l’identité sexuelle », au sein de la nouvelle catégorie des « troubles psychosexuels »; le « transsexualisme » est donc distingué du travestissement, qui était listé dans les premières versions du DSM et devient travestissement fétichiste dans la version III. La révision de la troisième édition du DSM en 1987 déplace le « transsexualisme » dans les « troubles apparaissant habituellement dès la première enfance et la deuxième enfance, ou à l’adolescence » (aux côtés du « trouble de l’identité sexuelle de l’enfance », du « trouble de l’identité sexuelle de l’adolescence ou de l’âge adulte de type non transsexuel » et « trouble de l’identité sexuelle non spécifié »).

Les critères diagnostics du DSM reprennent les définitions de Benjamin et Stoller et délimitent les contours du « vrai » « transsexualisme ».

DSM IV (1994, 2000): le « trouble de l’identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

Dans les versions IV (1994) et IV-révisée (2000) du DSM, les « troubles psychosexuels » disparaissent au profit de la catégorie plus vague des « troubles sexuels », mais la définition de la « transsexualité » est inchangée. Les quatre diagnostics précédents sont regroupés en un seul et unique « trouble de l’identité sexuelle », qui se décline « chez l’enfant », « chez les adultes ou les adolescents » (ex-transsexualisme), ou « non spécifié ». Le trouble de l’identité sexuelle chez les adolescents et chez les adultes comporte notamment les critères de rejet du sexe de naissance et de « désir d’appartenir à l’autre sexe ou [Judith Butler s’interrogera sur ce « ou »141] l’affirmation qu’on en fait partie », ainsi qu’un critère de souffrance significative, l’exclusion des phénotypes pseudo-hermaphrodites, et une spécification concernant l’orientation sexuelle. Les critères sont les suivants :

« Critère A : une identification intense et persistante à l’autre sexe (ne concernant pas exclusivement le désir d’obtenir les bénéfices culturels (sic) dévolus à l’autre sexe). Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe, l’adoption fréquente de conduites où on se fait passer pour l’autre sexe, un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe, ou la conviction qu’il (ou elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe

Critère B : un sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante. Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des symptômes tels que vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels primaires et secondaires (par exemple, demande de traitement hormonal, demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procédés afin de ressembler à l’autre sexe par modification de ses caractères sexuels apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.

Critère C : l’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un phénotype hermaphrodite.

Critère D : l’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants. »

Dans cette version, la permanence du désir de changement doit être avérée et résulter d’une souffrance qui est l’une des conditions cliniques, et la binarité est la règle, l’autre sexe ayant plus ou moins de « bénéfices culturels »140.

Judith Butler a commenté le langage du DSM dans un chapitre de son ouvrage « défaire le genre »141: « Si les bénéfices sociaux présidaient à toutes ces décisions de manière unilatérale, les forces en valeur de la conformité prendraient surement le dessus. […] [Est-il] possible de percevoir le sexe hors de la matrice culturelle des relations de pouvoir dont les avantages et désavanges font partie? ».

DSM V (2013): « incongruence de genre », puis « dysphorie de genre »[modifier | modifier le code]

Article connexe : Dysphorie de genre.

Concernant le DSM V, l’association Gender Reform Advocates propose le terme de « dissonance de genre » et réclame que ce nouveau diagnostic soit défini par une détresse due à la non-conformité sociale chronique133. Dans un contexte tendu (une pétition demande l’exclusion de Kenneth Zucker, le directeur du groupe de travail sur les troubles sexuels et de l’identité sexuelle de l’APA, impliqué dans des thérapies de conversion142,143), le sous-comité chargé de la révision du syndrome tente de prendre en considération les critiques du DSM IV par le milieu associatif144; ces critiques sont :

le refus des termes « transsexualisme » et « trouble de l’identité sexuelle » ;

la bi-catégorisation homme/femme des critères du DSM-IV (qui ne rend pas compte de l’ensemble infini de variations de genre) ;

le risque potentiel d’examens invasifs non nécessaires pour exclure les conditions d’intersexuation induites par le critère C ;

la nécessité d’un critère D concernant la souffrance clinique pour le diagnostic de trouble de l’identité sexuelle (la détresse est en fait attribuée à la psychiatrisation elle-même, elle ne résulte pas de la transidentité) ;

le fait que le diagnostic s’applique toujours après l’opération chirurgicale de réassignation.

Les discussions du sous-comité de l’APA chargé de la révision du trouble de l’identité sexuelle pour le DSM 5 sont disponibles en ligne145. La solution initialement adoptée est d’abandonner le terme « trouble de l’identité sexuelle », au profit d’un diagnostic d’« incongruence de genre » – chez l’enfant ou chez l’adolescent et l’adulte.

En France à cette époque, les psychiatres sont hostiles à ces changements dans le DSM et à l’annonce simultanée par le gouvernement d’une prétendue « dépsychiatrisation de la transsexualité » (voir ci-dessous la partie « Dé-psychiatrisation en France »). Marc Louis Bourgeois affirme que « nous sommes bien là dans le registre des difficultés psychiques et sociales qui relèvent de la psychopathologie et de la psychiatrie ». Chiland pense que « nous pouvons chercher des termes nouveaux, [mais] tout terme, quel qu’il soit, devient stigmatisant lorsqu’il connote une réalité qui pose problème ». Mireille Bonierbale, fondatrice de la SoFECT, évoque une « mesure démagogique vis-à-vis d’une présupposée stigmatisation du mot « trouble » »140,146.

Face à ces réticences psychiatriques françaises et internationales140, le terme de « dysphorie de genre »147 est finalement adopté. Le terme médical « dysphorie » désigne une « perturbation de l’humeur caractérisée par l’irritabilité et un sentiment déplaisant de tristesse, d’anxiété. »148 L’APA insiste sur le fait que « la non-conformité de genre elle même n’est pas un trouble mental. Ce qui caractérise la dysphorie de genre est la présence d’une souffrance clinique significative associée à la non-conformité de genre. »149,25 Robin S. Rosenberg (en)a comparé cette évolution à l’élimination en 1973 de l’homosexualité de la liste des troubles150.

D’après des psychiatres français133, le modèle utilisé dans le DSM V est censé rendre compte de toutes les variétés du genre avec différents degrés de dysphories de genre, permettant notamment de déterminer quelles sont les personnes qui peuvent être candidates à la transformation hormonale et chirurgicale (THC). L’utilisation du terme genre, plutôt que sexe, permet d’intégrer à ce diagnostic les personnes intersexes. La référence au désir de profiter des avantages sociaux et culturels liés au genre comme critère est effacée. La durée minimum de six mois est choisie pour « éviter les faux-positifs » (sic)133.

Dans le DSM V, la dysphorie de genre est donc définie ainsi:

« une incongruence marquée entre un genre exprimé/vécu et un genre assigné, durant une période d’au moins six mois, qui se manifeste par deux ou plus des signes suivants:

A1. Une incongruence marquée entre un genre exprimé/vécu et les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires (ou chez les adolescents, les caractéristiques secondaires prévues)

A2. Un fort désir d’être débarrassé des caractéristiques sexuelles primaires et secondaires compte tenu de l’incongruence marquée avec un genre exprimé/vécu (ou chez les adolescents, un désir d’empêcher le développement des caractéristiques sexuelles secondaires prévues)

A3. Un fort désir pour les caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires de l’autre genre

A4. Un fort désir d’être de l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné)

A5. Un fort désir d’être traité comme l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné)

A6. Une forte conviction d’avoir des sentiments et des réactions typiques de l’autre genre (ou d’un genre alternatif différent du genre assigné) »

Les notions de genre et même de genre alternatif sont apparues et tous les critères ne doivent pas nécessairement être concomitants. Une précision est ajoutée:

« La condition est associée à une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou d’autres aspects importants du fonctionnement, ou à un risque significativement accru de souffrir, comme la détresse ou l’invalidité. »

À l’idée (classique mais contestée) que la souffrance est caractéristique de la transidentité (« tous souffrent » selon Colette Chiland151), Judith Butler oppose que « s’entendre dire que votre vie genrée vous condamne à une vie de souffrance est en soi inexorablement blessant. C’est une parole qui pathologise et la pathologisation fait souffrir152 ».

Dans un parallèle entre dépsychiatrisation de l’homosexualité et de la transidentité139, le psychiatre Jack Drescher (en), connu pour ses positions contre les thérapies de conversion153, justifie ainsi la position de l’APA140 « étant donné le potential stigmatisant, pourquoi garder le diagnostic ? […] [c’est] un moindre mal pour la communauté trans par rapport à un refus d’accès aux soins médicaux et chirurgicaux susceptibles de découler d’un retrait du DSM » (voir ci-dessous la partie « Dé-psychiatriser sans dé-rembourser »).

Le sociologue Arnaud Alessandrin, insistera sur le fait que ces changements font du concept de « transsexualisme » un concept obsolète154. Mais pour Patrice Desmond, toutes ces hésitations ne font que refléter l’impossibilité de « penser du côté de la santé », plutôt que du « côté de la maladie »140,146,155:

« les classificateurs, selon la formule d’Octave Mannoni, seraient condamnés à la formule du déni : « je sais bien » que la classification peut produire de la stigmatisation, « mais quand même » il faut bien classifier pour penser, ou pour travailler… »

La classification internationale des maladies de l’OMS[modifier | modifier le code]

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a sa propre Classification Internationale des Maladies (CIM), utilisée par tous les États Membres de l’OMS et traduite en 43 langues156. Sa 6e édition en 1948 intègre pour la première fois les maladies psychiques, mais ses insuffisances sont la raison du développement du premier DSM en 1952157. Les deux classifications ont évolué en parallèle, la CIM restant fortement ancrée dans une perspective internationale157.

CIM-9 (1975) : le « transsexualisme » parmi les « perversions sexuelles »[modifier | modifier le code]

Le « transsexualisme » n’apparait dans la CIM qu’en 1975, dans la neuvième version, dans un chapitre consacré aux troubles mentaux, parmi les déviations (ou perversions) sexuelles, aux côtés de l’homosexualité133,158.

CIM-10 (1990) : le « transsexualisme » parmi les « troubles de l’identité sexuelle »[modifier | modifier le code]

Dans la 10e révision de la CIM, l’homosexualité est remplacée par le « trouble sexuel ego-dystonique » (« c’est-à-dire en désaccord avec les valeurs propres de la personne et donc susceptible de mener à une souffrance psychique »159) avec la précision que « l’orientation sexuelle n’est pas, en elle-même, à considérer comme un trouble »160.

Le « transsexualisme » n’y est plus considéré comme une perversion sexuelle, mais il est conservé dans la liste des « troubles mentaux et du comportement », parmi les « troubles de la personnalité et du comportement chez l’adulte ». Cinq troubles de l’identité sexuelle sont distingués : (1) le « transsexualisme », (2) le transvestisme bivalent (dont un critère est l’« absence de désir de changement définitif pour le sexe opposé »), (3) le trouble de l’identité sexuelle de l’enfance, (4) les autres troubles de l’identité sexuelle et (5) le trouble de l’identité sexuelle, sans précision.

Le « transsexualisme » y est défini comme :« le désir de vivre et d’être accepté en tant que personne appartenant au sexe opposé. Ce désir s’accompagne habituellement d’un sentiment de malaise ou d’inadaptation envers son propre sexe anatomique et du souhait de subir une intervention chirurgicale ou un traitement hormonal afin de rendre son corps aussi conforme que possible au sexe désiré161 »

Il y est défini selon trois critères :

L’intéressé manifeste le désir de vivre et d’être accepté comme appartenant au sexe opposé, habituellement accompagné du souhait de rendre son corps le plus possible en harmonie avec le sexe préféré par la chirurgie et le traitement hormonal ;

L’identité « transsexuelle » a été présente de manière persistante pendant au moins deux ans ;

Le trouble n’est pas un symptôme d’un autre trouble mental ou d’une anomalie chromosomique.

En 2010, la France invite l’OMS à retirer la « transsexualité » de la CIM162 et le Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre publié en 2012 par le ministère des Droits des femmes affirme que « la France soutiendr[ait] les efforts visant à obtenir une déclassification du « transsexualisme » de la [CIM]163 ».

CIM-11 (2018): l’« incongruence de genre » parmi les « problèmes relatifs à la santé sexuelle »[modifier | modifier le code]

La 11e version de la CIM E été élaborée « moyennant un processus novateur de collaboration »156, avec une implication faible des personnels francophones157. Elle est en cours d’approbation: la version finale pour la mise en œuvre a été publiée le 18 juin 2018156 et devrait être soumise pour adoption à l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) en mai 2019, pour rentrer en application à compter du 1er janvier 2022156.

La CIM-11 prévoit pour la première fois un chapitre consacré aux « problèmes (conditions) relatifs à la santé sexuelle », ce qui permet de retirer certains diagnostics liés à la sexualité et au genre du chapitre consacré aux troubles mentaux164,165. Autre traduction d’une volonté de déstigmatisation164,166, le brouillon de la CIM-11 publié en décembre 2016 fait apparaitre l’expression « incongruence de genre » sans référence à une souffrance167. Le terme « incongruence » sonne différemment selon les langues, il semble plutôt neutre en anglais mais est marqué très négativement en espagnol166.

La définition provisoire (en 2015) de l’« incongruence de genre » est157:

« L’incongruence du genre est caractérisée par une incongruence marquée entre le genre vécu et exprimé d’une personne et le genre biologique qui conduit souvent lors de l’adolescence ou à l’âge adulte à un désir de transition et une volonté d’être accepté comme un membre de l’autre genre. Rétablir la congruence peut inclure un traitement hormonal, la chirurgie ou d’autres services de soin pour permettre au corps de la personne de correspondre, autant que possible, avec le genre vécu/exprimé. L’impossibilité de vivre avec le genre vécu/exprimé peut être associée à une détresse cliniquement significative ou un handicap social ou professionnel. »

Critiques[modifier | modifier le code]

Le comité STP (« Stop Trans Pathologization ») regroupe des centaines de groupes et réseaux activistes, institutions publiques et organisations politiques d’Afrique, Amérique Latine, Amérique du Nord, Asie, Europe et Océanie et met en œuvre des activités d’information, de diffusion et de revendication en faveur de la dépathologisation trans168. Il a réagi au projet de CIM-11 en regrettant la présence de catégories pathologisantes dans le chapitre des « problèmes relatifs à la santé sexuelle » , l’utilisation du terme « incongruence de genre » (qui définit en creux une norme qui serait la congruence) et la présence même d’un diagnostic concernant l’« incongruence de genre chez l’enfant »169,170. Il demande la déclassification complète de la diversité de genre chez l’enfant, l’utilisation de noms de catégories tels que « Trans Health Care » ou « Health Care related to Gender Transition », et la dépathologisation du chapitre « Conditions related to sexual health » basée sur la définition de la santé sexuelle de l’OMS. Le comité STP émet aussi de nombreuses réserves sur la dernière formulation du DSM170.

Pour Florence Ashley et Alexandre Baril, le concept même « dysphorie de genre dans l’enfance » est lié à une panique de la contagion sans fondements scientifiques; ils rappellent les bénéfices de l’approche alternative qui consiste à aider les enfants à affirmer leur identité et expression de genre171.

En mai 2018, plusieurs associations françaises ont critiqué le nouveau texte de la CIM, en expliquant que cette-ci reste très binaire et que le concept même de diagnostic est contraire à leur revendication d’autodétermination. Pour ces associations, la nouvelle classification ne doit en aucun cas être interprétée comme une dépsychiatrisation des transidentités, les parcours restants contrôlés par les équipes pluridisciplinaires, dont le démantèlement reste la priorité172. Pour Karine Espineira, « quand ces nomenclatures seront en mesure d’envisager une santé trans plutôt que du trouble, des expériences de vies trans et non des incongruences par rapport à une norme dominante, peut-être commencera-t-on à repenser les termes et le rôle de l’accompagnement, comme de la place de la psychiatrie »172.

Pour l’Organisation Internationale Intersexe173, l’utilisation du concept de congruence et porteur de risques de stigmatisation et de discrimination, et justifie les opérations de « normalisation » des enfants intersexes, lesquelles sont pourtant condamnées par l’OMS174, l’ONU175 et le Conseil de l’Europe176.

Le regard de la psychiatrie sur les militants « transgenres »[modifier | modifier le code]

En 2015, certains psychiatres objectent que dans le DSM V « la proposition du diagnostic de dysphorie de genre nous apparaît comme un risque d’amalgame (voire de confusion) des divers troubles de l’identité sexuelle empêchant une distinction clinique nécessaire à la mise en place d’une prise en charge adaptée pour chacun d’eux. »133 et cherchent à distinguer les patients « transsexuels » des personnes transgenres, qui « se disent ni hommes, ni femmes, les deux à la fois ou successivement l’un puis l’autre »177. La psychiatre française Colette Chiland, très controversée dans le milieu associatif français178,179 et qualifiée de transphobe même par certains de ses collègues180,24, expose:

« Un troisième terme occupe le devant de la scène aujourd’hui à côté de transsexualisme et transvestisme : « transgenre ». Un transsexuel est un transgenre en ce qu’il veut changer de genre social ; mais il veut en outre une « marque corporelle » de ce changement de genre qui en fasse un « changement de sexe », il demande une transformation hormono-chirurgicale. Les autres transgenres ont des demandes diverses, depuis l’accès facile aux hormones et à la chirurgie jusqu’au changement d’état civil sans stérilisation, en conservant la possibilité de procréer dans son sexe d’origine ; certains militent pour la suppression de toute mention de sexe ou de genre à l’état civil, il n’y a pour eux aucun fondement biologique à distinguer deux sexes, c’est une discrimination arbitraire, l’exercice d’un pouvoir social181. »

En 2006, elle écrivait: « Depuis quelques années, s’est développé un mouvement « transgenre » ou « trans » qui se définit comme n’ayant plus rien à voir avec les transsexuels calmes, bien élevés et cachés, attendant poliment que des juges et des professionnels médicaux libéraux leur donnent le traitement bien-faisant dont ils avaient besoin pour poursuivre leur vie dans l’ombre de la société normale. »182

Le psychiatre trans Pat Califia définit ainsi le « trangenderism » : « une nouvelle sorte de personne transgenre est apparue : celle qui aborde la réassignation sexuelle dans le même état d’esprit que si elle demandait un piercing ou un tatouage »183.

Judith Butler critique le principe même du diagnostic141: « Le diagnostic part du principe que l’on est en souffrance et qu’on ne se sent pas à sa place parce qu’on est du mauvais genre: il suppose que se conformer à une norme de genre différente, si cette solution est jugée viable pour la personne en question, nous fera nous sentir beaucoup mieux. Toutefois, le diagnostic ne demande pas si le problème ne provient pas des normes de genre elles-mêmes, normes qu’il estime fixes et intransigeantes; il ne demande pas si ces normes produisent de la souffrance et un sentiment d’inconfort, si elles nous empêchent de fonctionner ou si elles sont une source de désarroi. »

Dé-psychiatriser sans dé-rembourser[modifier | modifier le code]

Le 18e principe de Yogyakarta affirme que « en dépit de toute classification allant dans le sens contraire, l’orientation sexuelle et identité de genre d’une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées »184. Le rapport annuel sur les droits fondamentaux dans l’Union européenne adopté en 2018 encourage les états membres à dépathologiser entièrement le parcours de changement d’état civil des personnes trans et à « empêcher que la variance de genre dans l’enfance ne devienne une nouvelle pathologie dans la classification internationale des maladies »185.

Tom Reucher, le psychologue clinicien français co-fondateur de l’Association du Syndrome de Benjamin explique186,146 que dé-classifier la transidentité (quel que soit le nom qu’on lui donne) de la liste des maladies mentales est nécessaire, de la même façon qu’il a été important de dé-psychiatriser l’homosexualité. Mais la différence avec l’homosexualité est que dans le cas de la transidentité, cette dé-psychiatrisation n’implique pas une dé-médicalisation: beaucoup de personnes trans ont besoin de soins (traitement hormonal, épilation, chirurgie, suivi psychologique éventuellement, en ce qui concerne les effets sur la personne de la transphobie qu’elle peut subir) mais « la sortie de la CIM entraînerait la suppression de la prise en charge par les systèmes d’assurance maladie dans de nombreux pays, alors que les traitements hormonaux et chirurgicaux sont très coûteux ». Des solutions existent, qui permettraient de classer ces soins dans des catégories non pathologisantes, liées à la libre disposition de son corps (comme le sont déjà par exemple l’avortement non pathologique et la contraception). La définition de la santé par l’OMS étant un « état complet de bien-être physique, mental et social, qui ne consistent pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité », les soins liés à la transidentité ont tout à fait leur place dans une classification médicale, pourvu que la transidentité elle-même n’y soit pas considérée comme une maladie.

Judith Butler141, en discutant particulièrement le contexte américain, conclut que « la prise en charge de la chirurgie [et du traitements hormonal en tant que procédures choisies] semble être vouée à l’échec [parce que] la plupart des professionnels de la médecine, des assurances et du droit ne s’engagent à soutenir l’accès au technologies de changement de sexe que s’il s’agit d’un trouble mental », alors même que plusieurs arguments, liés au bien-être de la personne, pourraient dans l’idéal être pris en compte par les compagnies d’assurances. La conséquence est que « certaines personnes veulent que le diagnostic soit conservé car il leur permet d’atteindre leur but [c’est-à-dire obtenir le remboursement des soins], et, en ce sens, de rendre effective leur autonomie, tandis que de l’autre, certains voudraient s’en débarrasser afin de faire du monde un endroit où ils ne seraient plus considérés et traités comme des malades », ce qui est aussi une condition de réalisation de l’autonomie. Il ne faut donc ni sous-estimer les bénéfices du diagnostic (particulièrement pour les personnes dont les revenus sont faibles), ni sa force pathologisante (en particulier pour « les jeunes qui ne disposent pas forcément des ressources critiques pour y résister »).

Dé-psychiatrisation en France[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français annonce en 20091,146,187,188 que « la transidentité ne sera plus considérée comme une affection psychiatrique »189,190 et demande en 2010 à l’Organisation mondiale de la santé de retirer la « transsexualité » de la liste des maladies mentales162. La presse annonce immédiatement que « La France est le premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques. »191 Concrètement, le décret 2010-125 du 8 février 2010192 et une lettre-réseau193 précisent les nouvelles règles de prise en charge des soins liés au « transsexualisme » au titre de l’ALD 31 (hors liste, c’est-à-dire non-psychiatrique); la lettre maintient l’utilisation du code CIM-10 “F64.0” (« transsexualisme ») et dessine les modalités de la prise en charge en centre de référence193. Elsa Dorlin s’étonne alors que « les psychiatres, spécialistes auto-proclamés de ce qui s’apparente désormais à une non-maladie, continuent de parler de diagnostic différentiel et prétendent définir seuls le parcours de soin qui lui a trait »1; l’association OUTrans estime que cette dépsychiatrisation « n’a de telle que le nom »194 et « regrette que ce décret ne soit pas accompagné d’autres mesures qui auraient, elles, un impact réel sur la vie des trans »1. Pour le Groupe activiste trans, l’annonce de la ministre intervient au moment où la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un rapport « à la limite de l’overdose psychiatrique » et « la classification du transsexualisme dans une ALD psychiatrique n’est [donc] plus utile, en 2009, au gouvernement et à la CNAM. »1 De fait, ce rapport encourage la création d’équipes pluridisciplinaires au sein de centres de référence195,196, qui seront effectivement généralisés à partir de 2010 contre l’avis de beaucoup d’associations197. En 2011, le président de l’association l’Inter Trans constate que « le décret n’a été rien d’autre qu’un coup médiatique, un très bel effet d’annonce. Sur le terrain, rien n’a changé198. »

Autres pays[modifier | modifier le code]

En 2016, des quotidiens anglophones annoncent que le Danemark devient « le premier pays à ne plus définir la transidentité comme une maladie mentale »199,200, après que le gouvernement aurait perdu patience avec l’OMS sur le travail de définition de la CIM-11.

Le soin aux personnes transgenres[modifier | modifier le code]

Soutien psychologique et psychothérapie[modifier | modifier le code]

La formation clinique manque d’informations et de ressources pertinentes pour aider les personnes transgenres, ce qui se traduit par un grand nombre de praticiens qui ne sont pas suffisamment préparés à recevoir cette population201. De plus, la recherche sur les problèmes spécifiques rencontrés par la communauté transgenre en santé mentale a essentiellement porté sur le diagnostic et sur les expériences des cliniciens face à ces personnes, au lieu de se concentrer sur les expériences de leurs patients transgenres202.En France, la Société française d’études et de prise en charge de la transidentité organise des formations pour pallier ce manque de connaissances de la part des professionnels de santé. Des associations, comme Chrysalide à Lyon (France) 203 ou Genres Pluriels en Belgique, produisent des documents d’information en français à destination des personnes trans et de leurs familles.

Avant la septième version des Standards de soins de la WPATH, une personne devait être diagnostiquée avec un trouble de l’identité de genre, pour pouvoir poursuivre ses traitements hormonaux ou bénéficier d’une chirurgie de réassignation sexuelle. La nouvelle version a diminué l’accent sur le diagnostic, et a plutôt souligné l’importance d’une souplesse afin de répondre aux divers besoins de soins de santé des personnes transgenres et de genre non conforme204.

Les techniques psychologiques qui tentent de modifier l’identité de genre vers celle qui est considérée comme appropriée par rapport au sexe assigné sont généralement inefficaces. Les Standards de soins, largement reconnus, notent que, parfois, la seule voie de traitement raisonnable et efficace pour les personnes trans est la réattribution sexuelle205.

La nécessité de traitement des personnes transidentitaires est soulignée par le taux élevé de problèmes de santé mentale, notamment la dépression, l’anxiété, et les addictions aux substances, ainsi qu’un taux supérieur de suicide chez les personnes transgenres non traitées, par rapport à la population générale206. Ces problèmes sont atténués par un changement de rôle de genre et/ou de caractéristiques physiques207.

Brown et Rounsley208 ont noté que « certaines personnes transsexuelles se conforment aux attentes juridiques et médicales, afin d’obtenir des droits accordés par la hiérarchie médicale/psychologique ». Les besoins juridiques comme le changement légal de sexe sur les documents, et les besoins médicaux, comme la chirurgie de réattribution sexuelle, sont habituellement difficiles à obtenir sans l’acceptation d’un médecin. Pour cette raison, certaines personnes transgenres se sentent contraintes d’affirmer des concepts dépassés pour surmonter des obstacles juridiques et médicaux209.

Prise en charge médicale et chirurgicale chez l’adulte[modifier | modifier le code]

Si la nécessité d’un soutien psychologique peut avoir, et a parfois, une signification dans la prise en charge de la transidentité, la mise en adéquation entre genre, caractéristiques physiques, rôle et image de soi perçue par la société est nécessaire pour une majorité de personnes transidentitaires et passe par une prise en charge médicale et/ou chirurgicale. Pour nombreuses raisons (d’ordre culturel, cultuelles[Quoi ?], philosophique, sociétal, financier,…) et chaque cas étant personnel, certaines personnes n’opteront pas pour une prise en charge médicale et/ou chirurgicale. Pour celles qui effectueront une transition, et outre la prise en charge psychologique, celle-ci revêt deux volets, que sont l’hormonothérapie ainsi que les chirurgies et soins complémentaires, incluant la chirurgie de ré-assignation sexuelle. Dans sa version 7 de Septembre 2013 des Standards de soins210, la WPATH, indique des préconisations de prise en charge, mais n’institue pas de protocole.

Hormonothérapies[modifier | modifier le code]

Les hormonothérapies impliquent une hormonosubstitution visant à remplacer les hormones sexuelles du sexe biologique par celles du sexe cible et ainsi induire le développement de certains caractères sexuels secondaires du sexe cible.

À ce jour, il existe deux philosophies concernant l’hormonosubstitution. La première (soutenue en majorité par le corpus médical et notamment les équipes « officielles ») consiste en l’administration d’anti-androgènes puis d’hormones du sexe cible. La seconde (essentiellement soutenue par les associations de LGBT+ et quelques rares médecins) consiste en la seule administration d’hormones du sexe cible. Faute d’étude donnant préférence à l’un des deux protocoles et de formation complémentaire201 dans ce domaine, bon nombre de médecins et d’endocrinologues optent pour l’administration d’anti-androgènes puis d’hormones du sexe cible.

Les effets prévisibles et attendus sont :

caractères sexuels secondaires Homme trans (FtM) Femme Trans (MtF)

Voix Mue vers une voix grave Pas de modification notable si le traitement

hormonal est effectué après la puberté

Musculature et graisse Accroissement de la masse musculaire et

légère fonte de la masse graisseuse

Fonte musculaire et légère modification de la

répartition de la masse graisseuse

Poitrine Pas de modification notable Développement mammaire

Pilosité Développement de la barbe et

de la pilosité générale du tronc

Pas d’effet notable mais dans certains cas

diminution de la perte de cheveux et légère réduction de la pilosité générale

Ossature Aucune modification

si effectué après la puberté

Aucune modification

si effectué après la puberté

Chirurgies et soins complémentaires[modifier | modifier le code]

Si pour certaines personnes, les traitements hormonaux suffisent et apportent l’équilibre attendu, pour d’autres il est nécessaire de poursuivre la transition par des soins complémentaires et des opérations chirurgicales, car certains caractères sexuels secondaires du sexe cible ne peuvent être atteints que par ceux-ci.

Les femmes trans (MtF) peuvent avoir besoin de soins complémentaires tels que épilations, orthophonie (changement de voix ). Certaines chirurgies viennent également compléter ces soins : mammoplasties (cette opération n’est accessible qu’après 12 à 18 mois de traitement hormonal), chirurgies de féminisation faciale (CFF ou FFS en anglais) qui comprennent entre autres la reconstruction frontale, la rhinoplastie, la plastie du menton et mâchoire, la greffe de cheveux, réduction de la pomme d’Adam et parfois une chirurgie des cordes vocales (changement de voix ). Certaines femmes trans font parfois procéder à l’ablation des testicules.

Les hommes trans (FtM) n’ont pas nécessairement besoin de soins complémentaires. Cependant pour ceux ayant développé les caractères sexuels secondaires féminins (poitrine), la principale intervention chirurgicale consiste en une mastectomie.

Enfin, la chirurgie de ré-assignation sexuelle (CRS ou SRS en anglais), également appelée chirurgie de de réattribution sexuelle, opération chirurgicale visant à modifier les caractéristiques sexuelles biologiques de l’appareil génital afin d’obtenir l’apparence du sexe opposé, vient compléter la prise en charge de la transidentité. Si dans certains pays, elles sont un préalable obligatoire au changement d’état-civil (ce qui était le cas avant 2016 en France), dans un grand nombre de cas, les patients ressentent la nécessité de pratiquer cette opération afin d’être en adéquation complète entre genre, ressenti et exprimé, et sexe cible. Les résultats opératoires de ces chirurgies, dénommées phalloplastie (homme trans (FtM)) et vaginoplastie (femme trans (MtF)), n’offrent pas les mêmes résultats, tant sur le plan fonctionnel qu’esthétique. La vaginoplastie apporte de meilleurs résultats que la phalloplastie. Ces opérations n’offrent ni le maintient des fonctions reproductrices biologiques ni apportent les fonctions reproductrices biologiques du sexe cible.

Ces chirurgies de ré-assignations, quelque soit le pays dans lequel elles sont pratiquées, sont soumises aux critères de la WPATH, à savoir un an de traitement hormonal (hormonosubstitution) ainsi qu’une ou plusieurs attestations de psychiatre ou psychologue, d’où l’intérêt d’un suivi psychologique. Le patient devra également attester de son consentement éclairé.

En France une prise en charge dans le cadre des maladies de longue durée (ALD) est possible. Cependant pour la prise en charge de la chirurgie de ré-assignation sexuelle, celle-ci n’est possible que dans le cadre des circuits dits spécialisés et quand elle est pratiquée en France, mais l’accès à l’opération peut être long, obligeant parfois les patients à s’orienter vers des pays étrangers (Thaïlande, Canada). Sans prise en charge, les chirurgies de ré-assignation sexuelle effectuées à l’étranger, les soins et les chirurgies complémentaires représentent un coût financier très élevé pour le patient.

Prise en charge médicale et chirurgicale chez l’enfant et adolescent[modifier | modifier le code]

Bien qu’exigeant généralement que le patient ait l’âge de la majorité, les standards de soin de la WPATH abordent la question de la transidentité chez l’enfant et adolescent. Le sujet de la persistance de la transidentité chez l’enfant fait actuellement débat; certains spécialistes estimant que la transidentité chez le jeune enfant ne persisterait pas à l’âge adulte selon des études cités par la WPATH. Cependant, chez les adolescents, la persistance est beaucoup plus marquée. La prise en charge consiste alors par la prescription d’un traitement par des bloqueurs de la puberté. La prescription d’un traitement par des bloqueurs de la puberté chez adolescent fait actuellement débat car il pourrait être source de retard de croissance et de stérilité et les effets d’une absence de puberté n’ont pas fait l’objet d’étude.

« Étant donné que la suppression de la puberté est une intervention médicale entièrement réversible, elle offre aux adolescents et à leurs familles le temps d’explorer leurs sentiments dysphoriques et de prendre une décision plus précise concernant les premières étapes du traitement réel de la réaffectation sexuelle à un âge plus avancé », a déclaré l’auteur principal de l’étude, le Dr Annelou de Vries. En retardant le début de la puberté, les enfants qui passent à la réaffectation sexuelle « bénéficient, à vie, d’un corps qui correspond à leur identité de genre sans les changements irréversibles corporels d’une voix basse ou l’augmentation de la barbe ou des seins, par exemple »211.

Qualité de vie après la transition[modifier | modifier le code]

Une étude longitudinale de 2010, basée sur 1833 personnes trans hommes et femmes ayant reçu un diagnostic, et suivies par une équipe médicale américaine, a constaté que le fonctionnement psychologique général des personnes transgenres après la transition était similaire à celui de la population générale, et nettement meilleur que celui des personnes transgenres non traitées212. En France, les résultats d’une étude de 2009 ont montré que la chirurgie de réattribution sexuelle améliore la qualité de vie des personnes trans dans différents domaines, notamment sur le plan social et sexuel ; des différences persistaient toutefois entre les hommes trans et les femmes trans: ces premiers avaient une vie sociale, professionnelle, amicale et un bien-être psychologique plus importants que ces dernières213. Dans une étude de 2011, l’effet positif de la thérapie hormonale sur la qualité de vie des personnes trans suivies par les équipes officielles en France a été montré214,215.

Taux de regret

Des études réalisées sur le devenir des personnes trans hormonées et opérées montrent qu’elles peuvent développer des sentiments de regret. Une étude suédoise de 1990 a trouvé un taux de 3,8 % de regret notamment dus à un soutien insuffisant de la part de leur famille ou de leurs amis proches216 ; une étude francaise de 2008 évalue ce taux est évalué à 2 %217.

Une étude de 2001 a révélé que sur les 232 femmes trans qui avaient bénéficié d’une chirurgie de réattribution sexuelle, 6 % ont déclaré des regrets partiels ou occasionnels dus pour la plupart aux résultats physiques ou fonctionnels de la chirurgie218.

Une revue de littérature médicale de 2009 suggère que le taux global de regret ou de sentiments de doute des femmes trans est estimé à 8 %219.

Transparentalité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grossesse transgenre.

Agnès Condat, pédopsychiatre française, présente la transparentalité comme un droit, un instrument d’émancipation (« empowerment ») et une avancée sociétale majeure liée à la lutte contre les normes de genre220. Beaucoup d’hommes transgenres ont des enfants, que ce soit avant ou après leur transition, avec ou sans l’aide de nouvelles techniques de reproduction assistée221. Ceux qui mettent en place ce projet après leur transition ont généralement recours aux techniques de procréation médicalement assistée car les opérations ou hormonothérapies liées à la transition peuvent les avoir rendus stériles.

Procréation médicalement assistée (PMA)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procréation médicalement assistée.

En France et en Belgique, les familles transparentales (famille dont au moins l’un des deux parents est trans222) ont accès à la PMA à condition qu’il s’agisse de couples hétérosexuels, donc formés d’une femme cisgenre et d’un homme trans (en France jusqu’en 2016, le changement d’identité impliquait la stérilisation de l’homme trans). Une psychologue citée par Le Quotidien du Médecin (11/02/13) commente: « En France, [en 2013] […] nous sommes dans cette situation un peu folle et reflet de l’hypocrisie de notre système où l’AMP avec don de sperme et l’adoption sont autorisées pour les transsexuels et sont interdites pour les homosexuels. ». Suite à la montée des demandes à partir des années 2000, l’hôpital Cochin à Paris a mis en place une évaluation plus suivi et un protocole de soin particulier pour ces couples223, entraînant par la même une discrimination par rapport à une famille de parents cis-genres. En Belgique, les centres de Gand et Bruxelles se sont opposés sur cette question, les premiers refusant toute démarche discriminatoire concernant les personnes trans223,224: « N’oublions pas qu’il y a environ 30 ans, les mêmes discussions ont eu lieu en ce qui concerne les couples gays ou lesbiens, dont on disait qu’ils ne pourraient pas être de bons parents, et la société leur était très hostile. De nombreuses études ont montré qu’il n’en est rien. Ne faisons pas la même erreur deux fois. Si la société est injustement hostile à certains individus, il est notre devoir d’aider à changer ces mentalités, en ne refusant pas à ces personnes les enfants qu’elles veulent avoir. »

Conservation des gamètes avant transition[modifier | modifier le code]

La World Professional Association for Transgender Health recommande depuis la sixième version de ses « standards de soin » d’assurer la possibilité de l’autoconservation des gamètes avant toute démarche de transition225.

En France, l’article L.2141-11 du Code de la santé publique prévoyant que « toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d’altérer la fertilité […] peut bénéficier du recueil et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux », des femmes trans françaises qui allaient réaliser une vaginoplastie ont demandé la conservation de leur sperme par des CECOS, mais essuyé un refus. L’association Arc en Ciel Toulouse a saisi le défenseur des droits en juin 2013, qui a conclu en octobre 2015 que la loi « doit pouvoir être interprété[e] comme permettant aux personnes qui s’engagent dans un parcours de transition de l’homme vers la femme, de se prévaloir de ses dispositions »223,226. Le défenseur des droits avait demandé leurs avis à l’Académie Française de Médecine, à l’agence de biomédecine et au Comité national d’éthique. Les deux premiers étaient plus que réservés227,228, le troisième ne s’est pas prononcé229.

L’enfantement en tant qu’homme trans230.[modifier | modifier le code]

Karine Espineira en 2012 évoque un petit nombre d’hommes enceints déclarés1: Thomas Beatie (dont la première grossesse a été très médiatisée), Ruben Noé Coronado231, Scott Moore, Yuval Topper, Matt Rice (compagnon de Pat Califia).

Communauté LGBT[modifier | modifier le code]

Symbole de la transidentité.

Article connexe : Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

Dans de nombreux pays, les communautés trans ont organisé plusieurs événements annuels. En France, il y a la journée du souvenir trans qui a lieu chaque année le 20 novembre, et la marche de l’association Existrans.

Les concepts de l’identité de genre et d’identité transgenre diffèrent de celle de l’orientation sexuelle232. L’orientation sexuelle décrit une attirance physique, romantique, émotionnelle, ou spirituelle d’une personne, envers une autre personne, tandis que l’identité de genre est un sentiment personnel d’être un homme ou une femme. Les personnes transgenres ont plus ou moins la même variété d’orientations sexuelles que les personnes cisgenres233. Dans le passé, les termes homosexuel et hétérosexuel ont été incorrectement utilisés pour étiqueter l’orientation sexuelle des personnes transgenres selon leur sexe assigné à la naissance234. La littérature professionnelle utilise maintenant des termes comme attirées par les hommes (androphilie), attiré par les femmes (gynophilie), attirés par les deux (bisexuel) ou attirés par aucun (asexuel) pour décrire l’orientation sexuelle d’une personne, sans référence à son identité de genre235. Les thérapeutes en viennent à comprendre la nécessité d’utiliser des termes en regard des identités de genre et des préférences de leurs bénéficiaires236. Par exemple, une personne qui est assignée garçon à la naissance, qui transitionne vers le genre féminin, et qui est attirée par les hommes, voudra être identifiée comme hétérosexuelle.

En dépit de la distinction entre l’orientation sexuelle et le genre, à travers l’histoire, les groupes gays, lesbiens et bisexuels étaient souvent le seul endroit où les personnes de genre variant étaient socialement acceptées dans le rôle de genre auquel elles estimaient appartenir ; en particulier pendant le temps où la transition médicale et juridique était presque impossible. Cette acceptation a eu une histoire complexe. Comme le reste du monde, la communauté gay dans les sociétés occidentales n’a généralement pas établi la distinction entre le sexe et l’identité de genre jusque dans les années 1970, et a souvent perçu les personnes de genre variant, plus comme des homosexuelles qui se comportaient dans un genre variant, que des personnes de genre variant dans leur propre droit. Aujourd’hui, les membres de la communauté transgenre éprouvent souvent de la difficulté à faire partie du même mouvement que les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles et à être inclus dans la protection des droits. En outre, le rôle de la communauté transgenre dans l’histoire des droits LGBT est souvent négligé, comme indiqué dans Transforming History237.

Non-binarité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Non-binaire.

Article connexe : Troisième sexe.

Outre les hommes trans et les femmes trans dont l’identité de genre binaire est à l’opposé de leur sexe assigné, et qui forment le cœur du parapluie transgenre, et qui sont inclus dans des définitions étroites, plusieurs autres groupes sont inclus dans des définitions plus larges du terme. Citons notamment les personnes dont l’identité de genre n’est pas exclusivement masculine ou féminine, mais qui peut, par exemple, être androgyne, bigenre, pangenre, ou agenre — souvent regroupée sous le terme générique alternatif non-binaire — et les personnes troisième genre (quelques références et certaines sociétés conceptualisent les personnes transgenres comme un troisième genre). Bien que certaines références définissent le transgénérisme de façon très large en incluant les travestis, elles y excluent le travestissement fétichiste (parce qu’il est considéré comme une paraphilie plutôt que comme une identification de genre) et les drag kings et les drag queens (qui sont des artistes interprètes ou se travestissent dans le but de divertir).

Les identités non-binaires (ou « genderqueer »), qui ne sont pas exclusivement masculine ou féminine, mais plutôt agenre, androgyne, bigenre, pangenre, ou de genre fluide238, existent en dehors de la cisnormativité239,240. Bigenre et androgyne sont des catégories qui se chevauchent ; les personnes bigenres peuvent s’identifier comme se déplaçant entre les rôles masculins et féminins (de genre fluide ) ou comme étant à la fois mâle et femelle en même temps (androgyne), et les personnes androgynes peuvent même s’identifier comme au-delà du genre ou sans genre (postgenre, agenre), entre les genres (intergenre), se déplaçant à travers les genres (de genre fluide), ou présentant simultanément plusieurs genres (pangenre). Des formes limitées d’androgynie sont fréquents (femmes portant le pantalon, hommes portant des boucles d’oreilles) et ne sont pas considérées comme un comportement transgenre. Androgyne est aussi parfois utilisé comme un synonyme médical d’une personne intersexe241.

Transvesti ou travesti[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Travestissement.

Rrose Sélavy, ici photographiée par Man Ray, était le double de Marcel Duchamp (1921).

Une personne transvestie est une personne qui s’habille avec des vêtements habituellement associés au genre opposé au sien242,243. Le terme « transvesti » est utilisé comme un synonyme de « travesti »244,245, bien que le « travestissement » est généralement considéré comme le plus utilisé246.

Le terme « travesti » n’est pas exactement défini dans la littérature pertinente. Michael A. Gilbert, professeur au département de philosophie à l’université York, à Toronto, propose cette définition : « [A cross-dresser] (un travesti) is a person who has an apparent gender identification with one sex, and who has and certainly has been birth-designated as belonging to [that] sex, but who wears the clothing of the opposite sex because it is that of the opposite sex.247 » Cette définition exclut les personnes « qui portent des vêtements du sexe opposé pour d’autres raisons », tel que « ces femmes travesties qui s’habillent uniquement pour des raisons liées à leurs moyens de subsistance, les acteurs endossant leur rôle, les personnes mâles et femelles profitant d’une mascarade, et ainsi de suite. Ces personnes se travestissent, mais ne sont pas des travesties.248. »

Les travestis ne s’identifient pas à un autre genre que le leur. De plus, la majorité des travestis se définissent hétérosexuels249.

Le terme « transvesti » et le terme désuet « transvestisme » sont conceptuellement différents du terme « transvesti fétichiste »250,235. En termes médicaux, le « transvestisme fétichiste » est différencié du travestissement par l’utilisation des codes distincts 302.3 dans le DSM et F65.1 dans la CIM.

Drag kings et queens[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Drag queen et Drag king.

Des drag queens à la marche des fiertés de São Paulo, au Brésil.

« Drag » est un terme appliqué au fait de s’habiller et de se maquiller pour des occasions spéciales comme des spectacles, contrairement aux personnes qui sont transgenres ou qui se travestissent pour d’autres raisons. La performance drag comprend l’ensemble de la présentation et du comportement, en plus des vêtements et du maquillage. Les drag peuvent être théâtraux, comiques ou grotesques. Les drag queens ont été considérés comme des caricatures de femmes de la deuxième vague du féminisme. Les artistes drag ont une longue tradition dans la culture LGBT. , notamment par la pratique des Drags shows. Généralement, le terme drag queen correspond aux hommes qui s’habillent et font les femmes, drag king correspond aux femmes qui s’habillent et font les hommes, et faux queen correspond aux femmes qui s’habillent et font les femmes. Néanmoins, il y a des artistes de drag de tous les genres et les sexualités qui se donnent en spectacle, pour diverses raisons. Certains artistes drag, transvestis, et personnes de la communauté gay ont embrassé le terme dérivé de la pornographie, tranny (travelo), pour décrire les drag queens ou les personnes qui s’engagent dans le transvestisme ou le travestisme ; cependant, ce terme est largement considéré comme offensant s’il est appliqué pour les personnes transgenres251. Des concours de Drag King ont lieu depuis les années 1990, le plus connu d’entre eux étant le Concours Drag king de San Franscisco252.

Symboles de la fierté transgenre[modifier | modifier le code]

Drapeau de la fierté transgenre.

Un symbole fréquent pour la communauté transgenre est le drapeau de la fierté transgenre, qui a été dessiné par Monica Helms, et qui a été montré pour la première fois à la manifestation de fierté à Phoenix (États-Unis), en 2000.

Le drapeau est composé de cinq bandes horizontales, deux sont bleues claires, deux sont roses, avec une bande blanche au milieu au centre.

Helms décrit la signification du drapeau comme suit :

« Le bleu clair est la couleur traditionnelle pour les bébés garçons, le rose pour les filles, et le blanc au milieu est pour « ceux qui sont en cours de transition, ceux qui se ressentent d’un genre neutre ou sans genre », et ceux qui sont intersexes. Le motif est tel que « peu importe dont vous le faites voler [le drapeau], il sera toujours correct. Il nous symbolise par le fait d’essayer de trouver l’exactitude dans nos propres vies253. »

D’autres symboles transgenres incluent le papillon (symbolisant la transformation ou la métamorphose), et un symbole yin et yang rose/bleu clair.

Féminisme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Transféminisme.

Certains féministes et groupes féministes soutiennent les personnes transgenres, tandis que ce n’est pas le cas pour d’autres. Bien que la seconde vague du féminisme fasse la distinction entre le sexe et le genre, certains féministes pensent qu’il y avait un conflit entre l’identité transgenre et la cause féministe, c’est-à-dire qu’ils pensaient que la transition d’homme vers femme abandonnait ou dévaluait l’identité femme, et que les personnes transgenres embrassaient les stéréotypes et les rôles de genre traditionnels254,255,256,257. Cependant, de nombreux féministes transgenres se considèrent comme contribuant au féminisme en questionnant et en subversant les normes de genre. La troisième vague féministe contemporaine est considérée comme généralement plus soutenante envers les personnes transgenres258.

Représentation dans les médias[modifier | modifier le code]

De plus en plus de personnes transgenres sont représentées et incluses dans la culture de masse, la stigmatisation qui est associée au fait d’être transgenre peut influencer les décisions, les idées, et les pensées à ce sujet. La représentation dans les médias, la culture industrielle, et la marginalisation sociale sont tous des standards de la culture populaire[réf. souhaitée]. Ces termes jouent un rôle important dans la formation de notions pour les personnes ayant peu de connaissance à propos des personnes transgenres. Les médias ne représentent qu’un spectre minuscule du groupe transgenre259, ce qui engendre une connaissance étroite de la société, sur ce qu’est réellement la communauté transgenre et sa diversité.

La transidentité a été discutée dans les médias depuis les années 1930. Le magazine américain The Time lui avait consacré un article en 1936, appelé « hermaphrodites », traitant le sujet avec sensibilité, sans sensationnalisme260. Il décrivait l’appel d’Avery Brundage, qui s’occupait de l’équipe américaine des Jeux olympiques d’été de 1936, à Berlin, qu’un système soit mis en place pour examiner les athlètes féminines avec « ambiguïtés sexuelles » ; deux athlètes avaient changé de sexe après les Jeux.

Christine Jorgensen était une femme transgenre qui a reçu une attention considérable de la part des médias populaires, dans les années 1950. Jorgensen était une ancienne militaire qui avait quitté le Danemark pour recevoir une chirurgie de réattribution sexuelle. Son histoire est apparue dans des publications, notamment le Time et Newsweek. D’autres représentations de femmes transgenres sont apparues dans les médias populaires dans les années 1950 et 1960, telles que Delisa Newton (en), Charlotte McLeod, Tamara Rees, et Marta Olmos Ramiro, mais Jorgensen a reçu le plus d’attention. Son histoire était sensationnalisée, mais elle a été reçue positivement. En comparaison, des nouveaux articles à propos de Newton, McLeod, Rees, et Ramiro ont eu des conséquences négatives261.

Représentation dans les arts[modifier | modifier le code]

Catégorie connexe : Transidentité dans l’art.

Dana International au Concours Eurovision de la chanson 1998.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Liste d’œuvres associées à la transidentité#Cinéma et Liste d’œuvres associées à la transidentité#Séries télévisées.

Article connexe : LGBT au cinéma.

Les personnes trans ont été représentées dans des films populaires et des émissions de télévision ; Aleshia Brevard, une personne trans dont la chirurgie a eu lieu en 1962262:3, était actrice262:141 et modèle262:200 à Hollywood et à New York, des années 1960 à 1970. Aleshia n’a jamais joué le rôle d’une personne trans, bien qu’elle soit apparue dans huit films produit par Hollywood, sur la plupart des spectacles populaires, notamment The Dean Martin Show, et régulièrement The Red Skelton Show et On ne vit qu’une fois avant de retourner à l’université pour enseigner le théâtre et l’interprétation263,262.

Le silence des agneaux, de Thomas Harris, comprenait un serial killer qui se considérait lui-même transgenre. Après qu’une chirurgie de réattribution sexuelle lui a été refusée au motif de ne pas répondre aux critères de l’évaluation psychologique, il a ensuite récolté des corps féminins pour créer une tenue féminine. Dans le roman, il est noté que le personnage n’est pas vraiment transgenre ; cette distinction n’est faite que brièvement dans le film264.

Nina Poon, une modèle trans apparue au festival du film de Tribeca en 2010.

Certains films dépeignent les problèmes transgenres comme Reviens Jimmy Dean, reviens, Le Monde selon Garp, Priscilla, folle du désert, Tout sur ma mère, et The Crying Game. Le film Different for Girls est remarquable pour sa représentation d’une femme trans qui est engagée dans une relation amoureuse avec son ancien meilleur ami de pensionnat non-mixte. Ma Vie en Rose met en scène un enfant de six ans de genre variant. Dans le film Wild Zero, le personnage incarné par Kwancharu Shitichai est un acteur trans thaïlandais. Lorsque le personnage principal est confus par rapport au fait de tomber amoureux d’une « femme qui est aussi un homme », Guitar Wolf lui dit : « L’amour ne connaît pas l’ethnie, la nationalité ou le genre ! ». Bien que Better Than Chocolate soit principalement axé sur la romance entre deux femmes lesbiennes, une intrigue secondaire dans le film canadien de 1999 (Peter Outerbridge), comprend une femme trans, Judy, qui a le béguin pour Frances (Ann-Marie MacDonald), la propriétaire d’une librairie lesbienne. Le film contient quelques scènes montrant Judy qui perd ses parents, incapables de l’accepter, et qui lui achètent une maison pour qu’elle les quitte à tout jamais. Southern Comfort est un documentaire de 2001, réalisé par Katie Davis, qui relate les derniers mois de la vie de Robert Eads. Après avoir reçu un diagnostic de cancer ovarien, une douzaine de médecins avaient refusé de le soigner à cause de sa condition trans. Le documentaire suit Eads et plusieurs de ses amis proches, un groupe de soutien de sudistes trans appelé « Southern Comfort ». Le documentaire a remporté plusieurs prix, notamment le grand prix du jury au Festival du film de Sundance, le premier prix au Festival international du film de Seattle, et le prix spécial du public à la Berlinale265.

Deux films remarquables pour leur représentation de la violence transphobe, basés sur des événements réels : Soldier’s Girl (au sujet d’une relation entre Barry Winchell et Calpernia Addams, ainsi que le meurtre ultérieur de Winchell), et Boys Don’t Cry (au sujet du meurtre de Brandon Teena). Calpernia Addams est apparu dans de nombreux films et téléfilms, notamment le film de 2005 Transamerica, dans lequel Felicity Huffman joue le rôle d’une femme trans266.

En automne 2005, SundanceTV a diffusé la série documentaire TransGeneration axée sur quatre étudiants trans (deux femmes et deux hommes), à divers stades de leur transition267. En février 2006, Logo TV a diffusé Beautiful Daughters, un film documentaire dont le casting ne comprenait que des personnes trans, parmi lesquelles Lynn Conway, Andrea James, et Leslie Townsend268. La même année, la chaîne de télévision américaine Lifetime a diffusé A Girl Like Me: The Gwen Araujo Story, un film biographique sur le meurtre de Gwen Araujo.

Les personnes trans ont aussi été représentées dans les téléfilms populaires. Dans la première saison d’une série humoristique des années 1970, Soap, Billy Crystal joue Jodie Dallas, un homme gay qui subi une chirurgie génitale pour se marier légalement avec son amoureux, qui mettra fin à la relation juste avant l’opération. Dans Voilà !, le personnage de David Spade rencontre un ami d’enfance qui réalise sa transition et qui vit en tant que femme. Après avoir d’abord été effrayé, il a finalement essayé de séduire son amie, mais il a été recalé au motif « qu’il n’était pas son style ». Dans un épisode de Becker, le Dr Becker reçoit la visite d’un vieil ami qui révèle avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle, la scène est très similaire à celle de Voilà !. Dans un épisode de La croisière s’amuse des années 1980, McKenzie Phillips joue le rôle d’une femme trans qui a finalement été acceptée comme amie par son ancien camarade d’université Fred Grandy. Dans les années 1970, The Jeffersons montre comment l’ancien ami d’Eddie travaillant à l’United States Navy a finalement été acceptée par George.

Les drames incluant New York, police judiciaire et Nip/Tuck ont eu des épisodes mettant en scène des personnages et des actrices trans. Alors que dans Nip/Tuck, le rôle a avait été joué par une femme cisgenre, dans New York police judiciaire, certains rôles avaient été joués par des travestis professionnels. FBI : Portés disparus et Les Experts ont eu des épisodes traitant de la violence envers les personnages trans. Beaucoup d’actrices trans et travesties sont apparues dans « Ch-Ch-Changes » dans Les Experts, notamment Marci Bowers et Calpernia Addams269. La femme trans victime, Wendy, est jouée par Sarah Buxton, une femme cisgenre. Candis Cayne, une actrice trans, est apparue dans Les Experts : Manhattan, en tant que personne trans. De 2007 à 2008, elle a aussi joué le rôle d’une personne trans dans de nombreux épisodes de la série d’ABC Dirty Sexy Money. Hit and Miss est un drame au sujet de Mia, jouée par Chloë Sevigny, une femme trans en phase pré-opératoire, qui travaille en tant que tueuse à gages et découvre qu’elle a engendré un fils. Myriam et les garçons était une émission de téléréalité de 2003. Six garçons courtisaient la modèle mexicaine de 21 ans, Miriam, sans révéler qu’elle était une femme trans en phase pré-opératoire, jusqu’au dernier épisode. « Coronation Street » : une femme trans nommée Hayley, qui était initialement « Harold » dans son enfance, et qui est décédée le 20 janvier 2014. La série télévisées Orange Is the New Black met également en avant un personnage récurrent trans, Sophia Burset, interprété par l’actrice trans Laverne Cox. Les séries télévisées Sense8 et Star font également partie des premières séries à avoir une actrice ouvertement trans interpréter un personnage trans dans leurs distribution principale avec les actrices Jamie Clayton270 et Amiyah Scott271.

Le film Tomboy de Céline Sciamma, tournant autour d’un enfant né fille mais se comportant en garçon, relance la polémique concernant la transidentité et la question du genre en France en 2013, après que le film est entré dans le dispositif « École et cinéma », visant à initier les enfants à devenir spectateur272.

En 2018, le film chilien Une femme fantastique remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère273 après avoir soulevé des débats dans la société chilienne274 et fait connaître l’actrice trans Daniela Vega275. La même année, la chaîne câblée américaine FX

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L’article explore le statut du trans en partant de l’hypothèse qu’il incarne mieux que quiconque l’archétype de l’ex en tous genres : pour les trans plus que pour tout autre, la rupture est une dimension constitutive de l’existence. La présente contribution se fonde sur une recherche sur la construction identitaire chez les trans, recherche menée auprès de six personnes à partir d’entretiens semi-directifs, d’observation et d’entretiens téléphoniques. Il fait référence aux « grandeurs » de Boltanski et Thévenot (1991). Les résultats suggèrent que si certains trans veulent faire table rase de leur passé, la plupart d’entre eux vivent leur transition comme un continuum biographique.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Perrine Kervran, « Les transidentités, racontées par les trans (1/4) : Histoire inédite d’une mobilisation », LSD, La Série Documentaire, France Culture, 27 août 2018 (écouter en ligne [archive])

Perrine Kervran, « Les transidentités, racontées par les trans (2/4) : Sous le joug médical : l’invention d’un symptôme », France Culture, 28 août 2018 (écouter en ligne [archive])

Perrine Kervran, « Les transidentités, racontées par les trans (3/4) : Uniques en leur genre », France Culture, 29 août 2018 (écouter en ligne [archive])

Perrine Kervran, « Les transidentités, racontées par les trans (4/4) : Libertés, égalité, transidentités », France Culture, 30 août 2018 (écouter en ligne [archive])

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

Arnaud Alessandrin, Sociologie des transidentités, Le Cavalier Bleu, 2018 (ISBN 979-10-318-0263-3)

Karine Espineira, Maud-Yeuse Thomas et Arnaud Alessandrin, La Transyclopédie : tout savoir sur les transidentités, Des Ailes sur un tracteur, 2012 (ISBN 1-291-10322-8, OCLC 851921127)

Karine Espineira, La Transidentité, De l’espace médiatique à l’espace public, Paris, L’Harmattan, coll. « Champs visuels », 2008 (ISBN 978-2-296-06097-5).* Karine Espineira, Médiacultures : La transidentité en télévision. : Une recherche menée sur un corpus de l’INA (1946-2010), Éditions L’Harmattan, coll. « Collection Logiques sociales », 2015 (ISBN 978-2-343-05478-0)

Karine Espineira, Transidentités : Ordre et panique de genre. Le réel et ses interprétations, Éditions L’Harmattan, coll. « Collection Logiques sociales », 2015 (ISBN 978-2-343-05477-3)

Karine Espineira, La transidentité, De l’espace médiatique à l’espace public, coll. « Collections Champs visuels », 2008 (ISBN 978-2-296-06097-5)

Maxime Fœrster, Histoire des transsexuels en France, Éditions H&O, 2006 (ISBN 978-2-845-47138-2)

Laurence Hérault (collectif), La parenté transgenre, Publications de l’Université de Provence, coll. « Penser le genre », 2014 (ISBN 2853999327)

Marie Claude Paquette, Autobiographie 17. Pseudo hermaphrodite neurologique, Éditions Médialib, 2002 (ISBN 2-9807737-0-0)

Françoise Sironi, Psychologie(s) des transsexuels et des transgenres, Éditions Odile Jacob, 2011 (ISBN 978-2-7381-2583-5)

Clarisse Fabre, « “Psychologie(s) des transsexuels et des transgenres”, de Françoise Sironi : identités “trans” », Le Monde, 16 juin 2011 (lire en ligne [archive])

Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

(en) Talia Mae Bettcher et Emilia Lombardi, Social Injustice and Public Health : Lesbian, Gay, Bisexual, and Transgender/Transsexual Individuals, Oxford University Press, 2005

(en) Mitchell D. Sellers, Discrimination and the Transgender Population: A Description of Local Government Policies that Protect Gender Identity or Expression, Texas State University-San Marcos, 2011

(en) Mildred L. Brown et Chloe Ann Rounsley, True Selves: Understanding Transsexualism–For Families, Friends, Coworkers, and Helping Professionals, Wiley, 24 mars 2003 (ISBN 9780787967024, lire en ligne [archive])

(en) Randi Ettner, Confessions of a Gender Defender: A Psychologist’s Reflections on Life Among the Transgendered, Chicago Spectrum Press, 1er janvier 1996 (ISBN 9781886094512, lire en ligne [archive])

(en) Randi Ettner, Gender Loving Care: A Guide to Counseling Gender-variant Clients, W.W. Norton & Company, 1er janvier 1999 (ISBN 9780393703047, lire en ligne [archive])

(en) Gianna E. Israel, Donald E. Tarver et Joy Diane Shaffer, Transgender Care: Recommended Guidelines, Practical Information, and Personal Accounts, Temple University Press, 1er mars 2001 (ISBN 9781566398527, lire en ligne [archive])

(en) Arlene Istar Lev, Transgender Emergence: Therapeutic Guidelines for Working with Gender-Variant People and Their Families, Routledge, 11 janvier 2013 (ISBN 9781136384950, lire en ligne [archive])

(en) Transgender France, Johns Hopkins University Press, 1er janvier 2012 (lire en ligne [archive])

(en) Richard Elkins et Dave King, The Transgender Phenomenon, Sage, 2006 (ISBN 978-0-7619-7163-4, lire en ligne [archive]), p. 13–14

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Aspects juridiques de la transidentité

Liste d’œuvres associées à la transidentité

Liste d’organisations de défense des droits liés à la transidentité

Liste de personnes transgenres

Liste de personnes transgenres assassinées

Liste de publications transgenres

Enfant transgenre

Drapeaux transgenres

Liens externes[modifier | modifier le code]

Une histoire des transgenres dans la pop culture [archive] – Jérémie Maire, Vanity Fair.

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Sex-symbol

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Jambes et fesses sculptées par des années de danse, moue boudeuse, poitrine opulente et blondeur décoiffée, Brigitte Bardot fut l’un des sex-symbol des 1960s1.

Un sex-symbol est une vedette symbolisant un certain idéal sexuel qu’il soit féminin ou masculin.

Parfois, les sex-symbols peuvent être des personnes qui ne sont pas particulièrement belles, mais qui possèdent des qualités qui les rendent sexuellement attirantes.

Sommaire

1 Au cinéma

2 Musique

3 Célébrités américaines

4 Autre signification

5 Annexes

5.1 Articles connexes

5.2 Lien externe

6 Références

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Marilyn Monroe et ses légendaires tenues sexy et glamour s’est imposée comme un sex-symbol des 1950s2.

Rita Hayworth sex-symbol des 1940s et la fatale Gilda (1946)3

Clara Bow (ici en 1930), qui passera à la postérité sous le surnom de “It girl”, est l’incarnation du fameux It de la romancière Elinor Glyn, autrement dit le sex appeal4 version années folles.

Asta Nielsen et la naissance des sex-symbol des années 1910 avec le cinéma muet

L’industrie du cinéma a joué un important rôle dans la venue des sex-symbols. Elle a répandu dans le monde les images de belles personnes, surtout pendant l’époque du cinéma muet, se libérant ainsi de la barrière du langage. Il semble que la première sex-symbol soit l’actrice danoise Asta Nielsen pendant les années 1910 et les années 1920. Également, Theda Bara, Thora Hird et Pola Negri, fameuses pour leurs rôles de vamps, ont également joué ce rôle. Rudolph Valentino est le premier sex-symbol masculin connu.

Peu après, toujours créés par l’industrie du cinéma, suivront Silvana Mangano dès 1949, Jean Harlow, Rita Hayworth, Lana Turner, Clark Gable, Montgomery Clift, Marlon Brando, James Dean, Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Anita Ekberg, Claudia Cardinale, Alain Delon, Jayne Mansfield, Raquel Welch, Tom Cruise, Brad Pitt, Angelina Jolie, Eva Green, Elisha Cuthbert et Jessica Alba.

Musique[modifier | modifier le code]

Beaucoup de chanteurs et chanteuses, tels que Jim Morrison, Iggy Pop, Madonna deviennent des sex-symbols de par leur voix, leur attitude scénique.

Célébrités américaines[modifier | modifier le code]

Plusieurs célébrités américaines sont aussi des sex-symbols. On[Qui ?] peut citer, par exemple, les chanteuses pop Britney Spears et Kylie Minogue, certaines des sex-symbols les plus marquantes des années 2000. Les groupes de musique composés uniquement de garçons (« boys band ») sont également perçus comme tels par leurs admiratrices. Souvent, elles se concentrent sur l’un des membres du groupe, mais elles associent fréquemment, par effet de bord, le groupe entier à un sex-symbol. Il y a souvent un clivage entre le sex-symbol « classique » et l’idole d’adolescents[pas clair].

Autre signification[modifier | modifier le code]

Ce terme peut aussi renvoyer aux glyphes qui représentent le sexe biologique d’un être vivant : ♀ (pour les femelles) et ♂ (pour les mâles).

Annexes 

DYSphorie de genre

La dysphorie de genre est un terme médical utilisé dans le manuel (DSM) de l’Association Américaine de Psychiatrie pour décrire la détresse de la personne Transgenre face à un sentiment d’inadéquation entre son sexe assigné et son identité de genre. Au fur et à mesure des révisions de ce manuel, les expressions transsexualisme, incongruence de genre puis dysphorie de genre ont été successivement utilisées. Depuis 2013, l’APA insiste sur le fait que « la non-conformité de genre elle même n’est pas un trouble mental. Ce qui caractérise la dysphorie de genre est la présence d’une souffrance clinique significative associée à la non-conformité de genre. »

Diagnostic

Selon la 4e version du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, les symptômes incluent l’identification intense et persistante à l’autre sexe, le sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante. L’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un phénotype hermaphrodite (pour les aspects biologiques : syndrome de Klinefelter : XXY, syndrome de Turner : X0). L’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération des fonctionnements sociaux, professionnels ou d’autres domaines importants. Ces troubles sont indépendants de l’orientation sexuelle.

L’Association américaine de psychiatrie permet un diagnostic de dysphorie de genre si les critères dans le DSM-5 sont rencontrés. Le DSM-5 a déplacé ce diagnostic de la catégorie des troubles sexuels vers une catégorie à part2 . En suivant les recommandations internationales en vigueur, la Haute autorité de santé ainsi que les lignes directrices de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres, la Société française d’études et de prise en charge de la transidentité demande une durée d’évaluation moyenne de 2 ans pour les personnes transidentitaires afin d’écarter tout facteur pronostic négatif et cibler au mieux les points de fragilité psychologique et assurer un suivi adapté.

Le DSM-5 établit qu’au moins deux des critères pour la dysphorie de genre doivent être connus dans les 6 derniers mois chez l’adolescent ou l’adulte concerné pour obtenir ce diagnostic3.

Le diagnostic initial de « trouble de l’identité de genre » a été renommé « dysphorie de genre » après les critiques faites concernant la stigmatisation inhérente au premier4. Le sous-typage par l’orientation sexuelle a été supprimé. Le diagnostic pour les enfants a été séparé de celui des adultes en dysphorie de genre chez les enfants. Les critères d’un diagnostic spécifique pour les enfants reflète la moindre capacité des enfants à avoir un aperçu de ce qu’ils vivent, ou la capacité de l’exprimer dans le cas où ils en ont un aperçu5.

Polysexualité

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Drapeau de la polysexualité.

La polysexualité désigne l’attirance pour de multiples genres et/ou sexes.

Une personne polysexuelle est une personne incluant ou caractérisée par de nombreuses formes différentes de sexualité.

La polysexualité est une identité sexuelle « utilisée par les personnes qui reconnaissent que le terme « bisexuel » matérialise la dichotomie des genres qui souligne la distinction entre hétérosexualité et homosexualité, impliquant que la bisexualité n’est rien de plus qu’une combinaison hybride de ces dichotomies de genre et de sexe. »1

Champ et aspects culturels[modifier | modifier le code]

La polysexualité se distingue du polyamour, qui est le désir d’être impliqué intimement avec plus d’une personne à la fois, ou de la pansexualité, qui est l’attirance pour tous genres et sexes. La polysexualité englobe de nombreuses formes de sexualités, mais pas forcément toutes2.

La polysexualité est un terme d’identification propre qui est en un sens amorphe3, dans la mesure où une large variété de personnes différentes utilisent ce terme pour se définir4. L’identité polysexuelle est en lien avec l’identité du genre et est utilisée par certaines personnes qui se définissent hors du spectre binaire du genre. Les personnes qui se désignent comme polysexuelles peuvent être attirées par des personnes transgenre, de troisième genre, berdache, genderqueer, et les personnes intersexuées. Cependant, la polysexualité n’implique pas nécessairement une attirance exclusive envers des genres/sexes non binaires, bien que cela puisse être le cas. Les personnes qui se définissent comme polysexuelles peuvent toujours être attirées par l’un ou les deux genres/sexes binaires.

Le lien entre religion et sexualité varie largement d’un système de croyance à l’autre, certains prohibant le comportement polysexuel (comme c’est le cas de la plupart des religions monothéistes) et d’autres l’incorporant dans leurs pratiques5.

Asexualité

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Drapeau asexuel.

L’asexualité, dans son sens le plus large, est l’état d’une personne (asexuelle) qui ne ressent pas d’attirance sexuelle pour une autre personne et/ou pour elle-même. L’asexualité a aussi été définie comme un désintérêt pour le sexe1,2 ou comme une absence d’orientation sexuelle. Une étude couramment citée et publiée en 2004 estime la prévalence de l’asexualité à 1 % au Royaume-Uni3,4.

L’asexualité est distincte de l’abstinence sexuelle et du célibat qui sont généralement motivés par des facteurs tels que les croyances personnelles ou religieuses5. L’orientation sexuelle d’une personne, à la différence des pratiques sexuelles, est souvent considérée comme étant « persistante »6. De plus, certaines personnes asexuelles ont des rapports sexuels bien qu’elles ne ressentent pas d’attirance sexuelle. Les raisons qui peuvent motiver, pour une personne asexuelle, le choix d’avoir des relations sexuelles sont variées et peuvent inclure la volonté de satisfaire leurs partenaires dans le cadre d’une relation intime ou la volonté d’avoir des enfants1.

L’asexualité, qui n’a commencé à être reconnue comme une orientation sexuelle que récemment, suscite l’intérêt de la communauté scientifique, et un nombre croissant de travaux — issus pour la plupart de la sociologie et de la psychologie — voient le jour7,1,8,9. Certains chercheurs contestent d’ailleurs l’idée que l’asexualité soit une orientation sexuelle8.

Depuis l’avènement d’internet, les personnes asexuelles se sont regroupées autour de sites ou de réseaux sociaux. Le plus connu et le plus prolifique d’entre eux est Asexual Visibility and Education Network (AVEN) fondé en 2001 par David Jay10. Une version francophone de ce site a été mise en ligne en 2006 [réf. nécessaire].

Sommaire

1 Définitions

1.1 Relations amoureuses et identités

1.2 Orientation sexuelle et étiologie

2 Recherches

2.1 Prévalence

2.2 Activité sexuelle et sexualité

3 L’asexualité sur Internet

4 Communauté

5 Asexuels célèbres

6 Traitement dans des œuvres de fiction

7 Notes et références

8 Annexes

8.1 Articles connexes

8.2 Bibliographie

8.3 Liens externes

Définitions[modifier | modifier le code]

Relations amoureuses et identités[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orientation affective.

Bien que les personnes asexuelles ne ressentent pas d’attirance sexuelle, certaines créent ou désirent créer des relations romantiques[réf. à confirmer]11,12. Les personnes qui sont asexuelles et qui cherchent à créer des relations romantiques le font pour de multiples raisons mais elles ne sont pas attirées sexuellement par leurs partenaires.

Le langage utilisé pour spécifier ces attirances est le suivant :

Hétéroromantique : attirance romantique pour les personnes d’un sexe différent. Il s’agit de l’aspect romantique de l’hétérosexualité ;

Homoromantique : attirance romantique pour les personnes d’un même sexe. Il s’agit de l’aspect romantique de l’homosexualité ;

Biromantique : attirance romantique à la fois homoromantique et hétéroromantique (pas nécessairement en même temps). Il s’agit de l’aspect romantique de la bisexualité ;

Panromantique : attirance romantique pour toutes les personnes, indépendamment de leur sexe. Il s’agit de l’aspect romantique de la pansexualité ;

Aromantique : absence d’attirance romantique.

Le site internet AVEN définit les personnes asexuelles comme des « personnes qui ne ressentent pas d’attirance sexuelle ». On peut aussi lire qu’une « petite minorité de personnes se définiront comme asexuelles pendant une brève période, le temps pour elles d’explorer et de questionner leurs sexualités » et enfin « qu’il n’y a pas de test permettant de décider si une personne est asexuelle ou non. L’asexualité, comme les autres identités sexuelles, n’est au fond qu’un mot que les personnes utilisent pour mieux se comprendre. Si une personne trouve ce mot utile à un moment, nous les encourageons à l’utiliser aussi longtemps qu’elle trouve cela utile »9.

Les chercheurs, eux, n’ont pas tous la même définition de l’asexualité mais le terme est habituellement utilisé pour signifier l’absence d’attirance sexuelle ou l’absence d’intérêt pour le sexe7,1,13. Cependant le mot a aussi été défini comme caractérisant une attirance sexuelle faible ou un intérêt faible pour le sexe. La définition peut aussi parfois inclure des composantes comportementales1.

Une très grande diversité a été remarquée parmi les personnes qui s’identifient comme asexuelles. Certaines d’entre elles ont des rapports sexuels par curiosité, tandis que d’autres non1. Certaines se masturbent tandis que d’autres n’en ressentent pas le besoin. Le besoin ou le désir de se masturber est souvent dissocié de l’attirance sexuelle de telle sorte que l’on peut se masturber et s’identifier comme asexuel14. Les personnes asexuelles qui se masturbent considèrent généralement qu’il s’agit là d’un besoin physiologique et non le signe d’une sexualité refoulée. Certaines de ces personnes n’en tirent d’ailleurs pas de plaisir. D’autres différences ont été notées, en particulier dans la façon qu’ont les personnes qui s’identifient comme asexuelles de se positionner par rapport aux relations sexuelles. En effet, tandis que certaines se considèrent comme « indifférentes » et peuvent avoir des relations sexuelles pour le bénéfice de leurs partenaires, d’autres sont fermement opposées à l’idée de s’engager dans des relations sexuelles1,15.

Orientation sexuelle et étiologie[modifier | modifier le code]

La question de savoir si l’asexualité est une orientation sexuelle est débattue8. L’asexualité s’apparente en effet au trouble du désir sexuel hypoactif dans le sens où elle se définit par une absence d’attirance sexuelle pour d’autres personnes. Cependant, l’asexualité n’est généralement pas considérée comme un trouble ou une dysfonction sexuelle de par le fait qu’elle n’est pas liée à un trouble médical, psychologique ou à la présence de difficultés dans les relations inter-personnelles13,16. L’absence d’attirance sexuelle n’est pas non plus associée à des troubles anxieux7. Certains chercheurs, cependant, estiment que l’asexualité n’est pas une catégorie pertinente à ajouter aux continuum des orientations sexuelles car elle se caractérise plutôt par une absence d’orientation sexuelle ou de sexualité8. D’autres, enfin, affirment que l’asexualité est le signe d’une sexualité inhibée. Il s’agirait d’un trouble dont la cause serait à trouver dans la honte ou l’anxiété. Ces affirmations se fondent parfois sur l’existence de personnes asexuelles qui se masturbent ou ont des relations sexuelles dans le cadre d’une relation romantique8,17.

Enfin, certains chercheurs affirment au contraire que l’asexualité est une orientation sexuelle car elle entretient des similitudes avec d’autres variations sexuelles portant ce nom8,17. Ils insistent en particulier sur l’aspect non volontaire de l’absence de désir sexuel et sur la prise de conscience d’une « différence » chez ces personnes au cours de leur adolescence. Dans cette optique, l’asexualité n’est pas un trouble qu’il s’agirait de « soigner »17.

Recherches[modifier | modifier le code]

Prévalence[modifier | modifier le code]

L’échelle de Kinsey, créée par Alfred Kinsey après la seconde guerre mondiale, permet de placer les personnes sur une échelle de 0 à 6 et ceci en fonction de leur orientation sexuelle. L’échelle incluait l’hétérosexualité, l’homosexualité et différentes nuances de bisexualité. Kinsey mentionna aussi une catégorie qu’il nomma « X » pour les personnes qui n’avaient « pas de réactions ou de contacts socio-sexuels »18,19. Selon les recherches de Kinsey, 1,5 % de la population masculine entrait dans cette catégorie. Dans son second rapport, consacré à la sexualité féminine, il mentionna à nouveau la catégorie « X » et il donna les chiffres suivants : femmes non mariées = 14-19 %, femmes mariées = 1-3 %, femmes qui étaient mariées = 5-8 %, hommes non mariés = 3-4 %, hommes mariés = 0 %, hommes qui étaient mariés = 1-2 %19.

Des données empiriques supplémentaires sont apparues en 1994, lorsqu’une équipe de chercheurs a conduit une enquête approfondie sur 18 876 citoyens britanniques pour obtenir des informations sur leurs sexualités dans le contexte de l’épidémie de SIDA. L’enquête incluait une question sur l’attirance sexuelle, question à laquelle 1,05 % des enquêtés ont répondu qu’ils n’avaient « jamais été attiré sexuellement par quiconque »20. L’étude de ce phénomène a été poursuivie par le chercheur canadien Anthony Bogaert en 2004 qui a étudié les données démographiques de l’asexualité dans plusieurs études. Bogaert estime que le chiffre de 1 % ne reflète pas adéquatement la réalité et qu’un plus grand pourcentage de la population générale pourrait être identifié comme asexuel. Il appuie sa conclusion sur deux faits. D’abord, les personnes les moins expérimentées d’un point de vue sexuel ont tendance à moins répondre aux questionnaires sur la sexualité. Ensuite, 30 % des personnes contactées ont refusé le questionnaire dans le cadre de l’enquête en Grande-Bretagne. Bogaert conclut ainsi qu’il est probable que les asexuels étaient sur-représentés dans ces 30 % et donc sous-représentés dans les 70 %7,3. À titre de comparaison, dans la même étude, le pourcentage de personnes homosexuelles et bisexuelles s’élevait à 1,1 % de la population, ce qui est bien plus faible que ce que d’autres études indiquent. Il faut noter cependant que d’autres recherches d’Anthony Bogaert ont été contestées dans le passé en raison de son implication dans une étude qui établissait un lien entre la race et les comportements sexuels sur une base évolutionniste. Cette étude qui a été largement débattue par la communauté scientifique a été décrite comme constituant un cas de racisme scientifique21.

Activité sexuelle et sexualité[modifier | modifier le code]

Tandis que certains asexuels se masturbent ou ont des relations sexuelles dans le cadre d’une relation intime, ce n’est pas le cas de tous1. Les résultats d’une enquête parrainée en 2007 par l’institut Kinsey fait état d’un désir plus faible pour les relations sexuelles, ainsi que d’une plus faible excitabilité et excitation sexuelle chez les personnes qui s’identifient comme asexuelles. Cependant, leur degré d’inhibition sexuelle ainsi que leur désir de se masturber ne diffère pas de façon significative de la population non-asexuelle1.

Une étude de 1977 intitulée « Asexual and Autoerotic Women: Two Invisible Groups » de Myra T. Johnson est sans doute la première étude consacrée à l’asexualité chez l’être humain. Johnson définit les asexuels comme les hommes et les femmes « qui, indépendamment de leur condition physique ou émotionnelle, histoire sexuelle réelle, statut marital et orientation idéologique, semblent « préférer » ne pas s’engager dans une activité sexuelle ». Elle établit une différence entre les femmes autoérotiques et asexuelles : « Les femmes asexuelles […] n’ont pas du tout de désir sexuel [alors que] la femme autoérotique reconnait un tel désir mais préfère le satisfaire seule ». Johnson utilise des lettres envoyées à des magazines féminins pour soutenir son propos. L’auteur estime que ces femmes sont « opprimées par le consensus selon lequel elles n’existent pas » et ignorées à la fois par la révolution sexuelle et le mouvement féministe. Soit la société ignore ou nie leur existence, soit elle insiste sur le fait que ces femmes doivent avoir choisi l’ascèse pour une raison religieuse ou neurologique, ou qu’elles sont asexuelles pour des raisons politiques22.

Dans une étude publiée en 1979 dans Advances in the Study of Affect vol. 5 et dans un autre article utilisant les mêmes données, publié en 1980 dans le Journal of Personality and Social Psychology, Michael D. Storms de l’université du Kansas présente sa propre échelle, inspirée de celle de Kinsey. Il place l’hétéro-érotisme et l’homo-érotisme sur des axes séparés plutôt qu’aux deux extrémités d’une échelle. Cela lui permet de distinguer entre la bisexualité (qui présente à un degré égal les deux caractères homo-érotique et hétéro-érotique) et l’asexualité (qui présente un niveau faible ou nul de chaque attirance). Storms a conjecturé que des chercheurs suivant l’échelle de Kinsey pourraient catégoriser de façon erronée des sujets asexuels comme bisexuels, compte tenu de leur absence de préférence pour l’un ou l’autre genre23.

La première étude qui a apporté des informations empiriques à propos des asexuels a été publiée en 1983 par Paula Nurius, dans une étude consacrée à la relation entre l’orientation sexuelle et la santé mentale. À la différence des études précédentes, elle utilise un modèle bidimensionnel pour caractériser l’orientation sexuelle. 689 sujets (la plupart d’entre eux sont des étudiants en physiologie ou sociologie dans des universités américaines) reçurent plusieurs questionnaires, dont quatre échelles de bien-être clinique. L’un de ce questionnaires demandait avec quelle fréquence ils s’engageaient dans diverses activités sexuelles et avec quelle fréquence ils souhaiteraient le faire. À partir de ces résultats, les personnes ayant répondu aux questionnaires se sont vu attribuées un score entre 0 et 100 d’hétéro-érotisme et un score entre 0 et 100 d’homo-érotisme. Les répondants qui ont reçu, dans les deux cas, un score inférieur à 10 entraient dans la catégorie « asexuel ». Il s’agissait de 5 % des hommes et de 10 % des femmes. L’étude a montré que les asexuels étaient plus enclins à avoir une faible estime d’eux-mêmes et à souffrir de dépression. 25,88 % des hétérosexuels, 26,54 % des bisexuels, 29,88 % des homosexuels et 33,57 % des asexuels présentaient d’après l’étude des problèmes d’estime d’eux-mêmes. Une tendance similaire existait pour la dépression24.

Bien que la comparaison entre les humains et les autres espèces animales soit problématique, une série d’études a été menée sur les préférences sexuelles des moutons par le United States Sheep Experiment Station depuis 2001. Cette étude a montré que 2 à 3 % des animaux étudiés n’avaient apparemment pas d’intérêt pour les activités sexuelles avec l’un ou l’autre sexe. Les chercheurs ont classé ces animaux comme asexuels. Ils les ont trouvés en bonne santé, sans différence dans le niveau d’hormones avec les autres sujets25.

Un article plus récent intitulé « Nouvelles orientations : l’asexualité et ses implications pour la théorie et la pratique », écrit par Karli June Cerankowski et Megan Milks, suggère que l’asexualité pourrait devenir une question à part entière pour les études de genre et de sexualité. Les auteurs estiment que l’asexualité suscite un certain nombre de questions en particulier autour de la manière dont l’idée d’une sexualité radicale ou libératrice est articulée dans les différents courants cités plus haut26.

L’asexualité sur Internet[modifier | modifier le code]

C’est au tout début du xxie siècle que des personnes s’identifiant comme asexuelles se sont rassemblées, aidées en cela par l’émergence de l’internet. Le Docteur Elizabeth Abbot, auteur d’une Histoire du célibat, et qui reconnaît la différence entre l’asexualité et le célibat, indique que l’asexualité a toujours existé dans la population mais qu’elle est restée invisible. Car bien qu’un mariage non consommé était considéré comme une insulte faite au sacrement du mariage dans l’Europe médiévale, l’asexualité, à la différence de l’homosexualité, n’a jamais été illégale. Les personnes asexuelles sont donc passées inaperçues. Cependant, à l’orée du xxie siècle, l’anonymat conféré par l’internet, allié à la popularité des réseaux sociaux, a permis l’émergence de groupes de personnes s’identifiant comme asexuelles27.

AVEN (Asexual Visibility and Education Network) a été fondé en 2001 par l’américain David Jay, un activiste asexuel28. AVEN se donne pour objectif d’encourager les discussions sur l’asexualité et sa reconnaissance publique ainsi que de faciliter le développement des espaces de discussion destinés aux asexuels28. D’abord lancé en langue anglaise, le site de AVEN est à présent disponible en d’autres langues, dont le français.

Des sites internet tels qu’AVEN, qui ouvrent des espaces de discussion et procurent du soutien, peuvent être bénéfiques pour les personnes qui ont des difficultés à s’accepter telles qu’elles sont. En effet, accepter une possible asexualité peut être un chemin difficile. Il faut, dans un premier temps, reconnaître que l’attirance sexuelle que l’on éprouve est différente de celle de la majorité. Une telle découverte peut mener à se questionner sur la nature et les raisons de cette différence. Ensuite, la croyance dans le caractère pathologique de l’asexualité peut mener certaines personnes à rechercher une aide médicale. Elles associent alors cette asexualité à une maladie. Enfin, lorsqu’elles trouvent une définition de l’asexualité qui correspond à ce qu’elles ressentent, ces personnes en viennent à s’identifier comme asexuelles17. Des sites comme AVEN permettent de favoriser cette transition. De plus, le sentiment d’être compris et d’appartenir à un groupe permet parfois d’avoir un meilleur contrôle sur son existence et de combattre l’isolement qui peut se développer dans ces situations17.

Il faut noter enfin que lorsqu’il s’agit de s’informer sur la question de l’asexualité, les organisations asexuelles et les ressources que l’on peut trouver sur internet jouent un rôle-clé. Cette caractéristique a été pointée dans le cadre de certaines critiques, en insistant en particulier sur l’absence de travaux étiologiques. Dans ce contexte, l’asexualité pourrait être confondue avec des problèmes de couple ou avec d’autres symptômes qui n’entrent pas dans la définition de l’asexualité. Il faut ajouter à cela que beaucoup de personnes ne comprennent pas l’asexualité et ne croient pas à son existence29.

Communauté[modifier | modifier le code]

Dans les pays francophones, les membres d’AVEN ont participé à la couverture médiatique de l’asexualité à la télévision, dans la presse écrite, à la radio, ainsi qu’à des conférences et des marches des fiertés.

Après un débat concernant la nécessité de créer un drapeau, un drapeau asexuel a été choisi en août 2010 grâce à un système de vote en ligne. Les couleurs du drapeau (noir, gris, blanc, violet) ont depuis été largement réutilisées pour des créations visuelles et dans la presse.

En juin 2010, l’association pour la visibilité asexuelle (AVA) a été créée par des membres d’AVEN30. Le 26 avril 2013, AVA a organisé la première journée de l’asexualité, le but étant de faire connaître l’asexualité en tant qu’orientation sexuelle31.

Asexuels célèbres[modifier | modifier le code]

Edward Gorey, auteur et illustrateur. Gorey ne s’est jamais marié et n’a pas eu de relations romantiques connues. Au cours d’une interview, lorsqu’on l’a questionné sur son orientation sexuelle, il a déclaré : « Je ne suis ni l’un ni l’autre… Je suis apparemment sous-sexué ou quelque chose comme ça. » Au cours de la même interview, il a acquiescé lorsque le journaliste a avancé l’hypothèse que l’absence de sexe dans ses livres était due à son « asexualité »32.

Keri Hulme, auteure de The Bone People, a discuté de son asexualité et de son engagement auprès de AVEN dans un interview en 200733.

Bradford Cox, musicien américain, leader du groupe Deerhunter and Atlas Sound34.

Emilie Autumn, chanteuse, compositrice, poète et violoniste américaine35.

Janeane Garofalo, actrice, comique et militante politique. Lors de son spectacle de stand-up filmé à Seattle, elle a abordé le thème de son asexualité et s’est décrite comme n’ayant aucun intérêt pour le sexe36.

Kenji Miyazawa, poète japonais et romancier37.

Pourraient aussi peut-être être qualifiés d’asexuels :

Isaac Newton, qui resta célibataire toute sa vie. Voltaire rapporta à ce propos dans un écrit célèbre que : « Dans le cours d’une si longue vie, il n’a eu ni passion, ni faiblesse ; il n’a jamais approché d’aucune femme : c’est ce qui m’a été confirmé par le médecin et le chirurgien entre les bras de qui il est mort. »

Emmanuel Kant, qui est resté vierge toute sa vie38.

Traitement dans des œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Dans un épisode de la Saison 8 de Dr House (titre original : Better Half, titre français : Oubli de soi), une patiente se présente comme étant asexuelle et mariée à un homme l’étant également. Cependant, après plusieurs rebondissements, le Dr House parvient à démontrer qu’en réalité, son époux souffre d’une tumeur de la glande pituitaire qui a provoqué un effondrement de sa libido, et qu’elle-même a prétendu être asexuelle par amour pour lui et abnégation. Dr House gagne ainsi un pari contre son ami Wilson, qui pensait de son côté qu’il s’agissait simplement d’un couple asexuel sans aucun problème de santé. Cet épisode a provoqué de nombreuses protestations de la part de personnes asexuelles, qui voyaient dans ce dénouement une manière d’invalider l’asexualité comme une orientation sexuelle valide et d’entretenir le préjugé voulant que les personnes asexuelles soient « malades »39.

Dans le roman graphique Watchmen ainsi que dans son adaptation sur grand écran, le personnage de Rorschach semble être asexuel dû à son incommodité à proximité de la nudité du genre féminin.

Dans la série Plus belle la vie, Léa Leroux pense être asexuelle après sa première fois ratée avec son petit copain. Elle découvre finalement qu’elle est attirée par les filles (Saison 9 épisode 2099 – 2012)[réf. nécessaire].

Le groupe musical comique Andréas et Nicolas a sorti en 2010 la chanson Je déteste le sexe, qui parle de l’envie d’un asexuel (n’éprouvant aucun désir ni pour les hommes ni pour les femmes) d’adopter un enfant.

Dans l’épisode final de la saison 3 de la série BoJack Horseman, le personnage de Todd se décrit comme « asexuel ».

Le personnage de Seligman joué par Stellan Skarsgård dans la partie 2 du film Nymphomaniac.

Raphaël Santiago, un personnage de la saga The Mortal Instruments, a été décrit par l’auteure comme étant asexuel et aromantique, bien que ça n’ait jamais été clairement dit dans les romans (même si certains de ses propos pouvaient le laisser penser).

Sherlock Holmes, personnage principal de la série Sherlock, semble être asexuel (peut-être hétéroromantique).

Notes et références

Pansexualité

Drapeau de la pansexualité1,2,3.

La pansexualité, ou omnisexualité4,5, est une orientation sexuelle caractérisant les individus qui peuvent être attirés, sentimentalement ou sexuellement, par un individu de n’importe quel sexe ou genre.

La pansexualité est parfois confondue avec la bisexualité, en raison de visions différentes sur la façon de définir de manière consensuelle ces orientations. La pansexualité, encore largement méconnue du grand public, est la plupart du temps incluse dans la « nébuleuse bisexuelle ». C’est ainsi que les pansexuels sont la plupart du temps regroupés avec les bisexuels sous la lettre B du sigle LGBTQA+ et qu’ils continuent à ce jour de se trouver représentés (dans la sphère publique comme privée) par des associations initialement dédiées à la condition bisexuelle. Plus rarement une lettre spécifique leur est dédiée, P, ou les personnes concernées sont incluses, avec d’autres orientations, dans les termes allosexuels (ou altersexuels)6,7,.

Sommaire

1 Étymologie

2 Humain

2.1 Définition

2.1.1 Comparaison avec la bisexualité et d’autres identités sexuelles

2.2 Amalgames

2.3 Culture populaire

3 Dans le règne animal

4 Notes et références

5 Voir aussi

5.1 Articles connexes

5.2 Liens externes

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le préfixe pan- vient du grec πᾶν (« tout, chaque »), alors qu’omni- vient du latin omnis (« tout »). Les termes pansexuel et pansexualisme ont d’abord été attestés en 1917, car ils dénotent l’idée « que l’instinct sexuel joue la partie primaire dans toute activité humaine, mentale et physique »8,9, un reproche (crédité à Sigmund Freud) renouvelé au début de la psychologie8,9.

Humain[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

La pansexualité se définit comme l’attirance sexuelle, émotionnelle, romantique ou spirituelle pour d’autres personnes sans considération de leur sexe biologique, de leur expression de genre ou de leur orientation sexuelle10. Une personne pansexuelle, comme c’est le cas pour d’autres orientations sexuelles, peut être attirée par une personne située n’importe où sur l’expression du spectre du genre, incluant les hommes, les femmes, les personnes bigenres, queers, intersexes ou agenres10.

Le terme de pansexualité peut également être employé par les personnes qui ne souhaitent pas s’identifier comme strictement hétérosexuelles ou bisexuelles ni se rattacher à un genre particulier, ou qui souhaitent rejeter la binarité de genre et de sexe10.

Une mésinterprétation commune est de penser la pansexualité comme un « aveuglement au genre », ce qui ne se vérifie pas nécessairement. Effectivement, une personne s’identifiant comme pansexuelle peut avoir des préférences de sexe ou de genre, et ce de façon passagère ou prolongée[réf. nécessaire].

Il est à noter que différentes interprétations du terme coexistent :

Il s’agira parfois de caractériser les individus potentiellement attirés sexuellement et/ou sentimentalement par tous les sexes/genres, y étant sensibles ou non, sans pour autant que ceux-ci ne constituent un critère d’attirance déterminant[réf. nécessaire].

Il est parfois considéré qu’alterner au cours de sa vie plus de deux attirances amoureuses ou sexuelles, même rigides, est un caractère suffisant pour définir la pansexualité[réf. souhaitée].

Certains enfin considèrent qu’en raison de la forte implication du vécu et du ressenti dans les processus d’identification, ainsi que du caractère flou du terme, il appartient à chacun de choisir de se désigner comme tel ou non[réf. nécessaire].

Comparaison avec la bisexualité et d’autres identités sexuelles[modifier | modifier le code]

La définition de la bisexualité ne fait pas l’objet d’un consensus, que ce soit au sein de la communauté scientifique comme parmi les personnes concernées11,12, ce qui rend la comparaison entre bisexualité et pansexualité difficile.

Ainsi, il est souvent considéré que la bisexualité n’inclut que l’attirance envers deux genres, cette définition de la bisexualité pouvant être changeante selon la volonté ou non de se démarquer des personnes pansexuelles11. Selon certains, la bisexualité peut ainsi s’inscrire dans le cadre de la binarité de genre (attraction strictement dirigée vers des hommes et des femmes) tandis que la pansexualité s’afficherait dans une perspective non-binaire10,11 (incluant d’autres genres que les femmes et les hommes11 : personnes intersexes, non-binaires13), et est parfois considérée comme plus inclusive que la bisexualité8,14. Cependant, ces définitions sont débattues et ne retranscrivent pas nécessairement de manière fidèle le ressenti des personnes qui se définissent bisexuelles11, celles-ci n’excluant pas nécessairement de leur attirance les personnes s’identifiant d’un autre genre que masculin ou féminin cisgenres.

D’autres définitions de la bisexualité peuvent parfois se rapprocher plus ou moins de la pansexualité. Elles incluent le fait que la bisexualité désigne une attirance envers plus d’un genre13, ou envers de multiples genres13, ou qu’elle englobe des attirances et des comportements à la fois hétérosexuels et homosexuels15. Selon l’American Institute of Bisexuality, la classification scientifique du terme bisexualité « ne traite que du sexe biologique et physique des personnes impliquées, et non de leur expression de genre15 ».

Le terme de pansexualité est parfois utilisé de manière interchangeable avec celui de bisexualité. Dans une étude analysant les identités sexuelles, la moitié de tous les répondants et répondantes bisexuels et bisexuelles ont choisi de se définir à travers une identité sexuelle « alternative » telle que queer, pansexuel, pansensuel, polyfidèle, ambisexuel ou encore polysexuel16. La polysexualité est similaire à la pansexualité dans sa définition, c’est-à-dire qu’elle « englobe plus d’une sexualité », mais pas nécessairement toutes les sexualités.

La pansexualité est différente du polyamour, qui signifie entretenir plus d’une relation intime à la fois, avec le consentement de toutes les personnes impliquées. Le terme fluide peut indiquer que « l’homosexualité d’une personne et des attractions hétérosexuelles existent dans un état de flux et changent au fil du temps17 »[pas clair].

Amalgames[modifier | modifier le code]

Certains considèrent parfois l’utilisation du terme pansexualité comme un acte de militantisme, avançant que se déclarer pansexuel reviendrait à placer, en acte, tous les genres et les sexes sur un pied d’égalité, ainsi qu’à refuser de se voir « classé » au regard des trois orientations sexuelles les plus habituelles. Il s’agirait plutôt ici d’affirmer sa désapprobation vis-à-vis d’un système binaire des genres (la démarche s’apparentant alors davantage à l’utilisation de termes tels que « non-binarité » ou « genderfucker »), ou d’une conception étroite de la sexualité. Ne s’agissant pas d’un choix, une attirance sexuelle, bien que parfois politisée, n’est en aucun cas un acte militant. Servir un but sous couvert d’une inclinaison sexuelle ou affective s’apparente donc à une forme de réappropriation[réf. nécessaire].

Tout comme le sexe ou l’identité de genre, la pansexualité n’est pas corrélée à une quelconque inclination pour un type spécifique de relation : le couple libre ou encore la sexualité de groupe, au même titre que leur rejet, se retrouvent chez les pansexuels, comme chez les individus se définissant comme hétérosexuels, homosexuels ou bisexuels.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans la série télévisée Torchwood, le capitaine Jack Harkness aime flirter avec la plupart des personnages qu’il rencontre, quel que soit leur genre (humains comme extraterrestres)18.

L’autrice-compositrice-interprète Héloise Letissier, plus connue sous son nom de scène Christine and the Queens, revendique sa pansexualité19. Elle affirme : « Je ne m’intéresse pas au genre ou au sexe de la personne, et je tombe amoureux ou amoureuse indifféremment de garçons et de filles, ou même d’entre deux20. ».

Miley Cyrus déclare au magazine ELLE UK : « Je suis très ouverte à ce sujet — Je suis pansexuelle »21,22.

L’autrice-compositrice-interprète Béatrice Martin, chanteuse connue sous le nom de Cœur de pirate, a déclaré sa pansexualité suite à la fusillade du 12 juin 2016 à Orlando23.

Dans la saga Magnus Chase et les Dieux d’Asgard, le personnage principal peut être considéré comme pansexuel car il est en couple avec Alex Fierro, un/une argr pouvant changer de sexe à volonté.

Le personnage de Deadpool (univers Marvel), bien que ses principales idylles sérieuses soient avec des femmes, est pansexuel et cultive les running-gags où il drague lourdement de nombreux héros (comme Spider-Man ou Thor).

Dans le règne animal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bonobo.

La notion de pansexualité n’a pas seulement été utilisée pour parler des êtres humains. Le primatologue Frans de Waal l’utilise par exemple pour décrire le comportement des Bonobos (Pan paniscus), qui pratiquent des relations sexuelles avec n’importe quel membre de leur groupe, sans distinction de sexe, d’âge ni de rapports familiaux.

Attirance sexuelle

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Chez les espèces utilisant la reproduction sexuée, l’attirance sexuelle (ou attraction sexuelle) désigne l’attirance vers d’autres membres de la même espèce pour réaliser la copulation ou pour des activités érotiques.

Plusieurs hypothèses relatives à la théorie de l’évolution suggèrent que certaines caractéristiques particulières des organismes (les caractères sexuels secondaires : la roue des paons, les bois des cerfs, la peau sexuelle des primates; les seins ou le rapport taille-hanche des femmes…), qui provoqueraient de l’attirance sexuelle, ont été sélectionnés par l’évolution pour augmenter les chances de reproduction avec le partenaire le plus approprié.

La nature de l’attirance sexuelle ne semble pas être uniquement biologique. Ainsi plusieurs facteurs attractifs populaires, telles ceux des seins ou du rapport taille-hanche de la femme, correspondraient plutôt à des préférences sexuelles apprises en raison de caractéristiques culturelles particulières.

NB: Cet article présente les théories et les données scientifiques concernant les caractéristiques morphologiques, sonores, olfactives, etc., qui provoquent une attirance sexuelle entre les animaux. Les processus neurobiologiques spécifiques qui permettent de reconnaître le sexe opposé sont présentés dans l’article Orientation sexuelle. Les processus neurobiologiques qui sont à l’origine de préférences sexuelles pour certaines caractéristiques des partenaires ou pour quelques partenaires particuliers sont présentés dans l’article Préférence sexuelle.

Sommaire

1 Cadre général

1.1 Circuits neurobiologiques de la copulation

1.2 Organisation des systèmes sensoriels

2 Signaux déclencheurs de l’attractivité sexuelle

3 Problèmes méthodologiques

4 Notes et références

5 Annexes

5.1 Articles connexes

5.2 Liens externes

Cadre général[modifier | modifier le code]

Quels sont les processus neurobiologiques à l’origine de l’attraction sexuelle ?

La synthèse des données actuellement disponibles suggère que la plupart des animaux sont biologiquement organisés pour la copulation hétérosexuelle1. En fonction des caractéristiques des circuits neurobiologiques connus, c’est la communication chimique qui apparaît comme la plus adaptée pour transmettre les signaux déclencheurs de l’attraction sexuelle2.

Circuits neurobiologiques de la copulation[modifier | modifier le code]

Schéma simplifié des circuits neurobiologiques du comportement de reproduction des mammifères, chez la femelle.

Les études scientifiques récentes montrent que l’organisation neuroanatomique générale des mammifères non-primates est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle1. En simplifiant, il existe trois grands circuits neurobiologiques précablés, contrôlés par les hormones :

les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-contre), à l’origine de l’excitation sexuelle et de l’orientation sexuelle3 ;

les circuits des réflexes sexuels (lordose4, érection, éjaculation… flèches orange), qui permettent la copulation ;

les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris – flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels5 (en particulier de la motivation sexuelle)2.

Articles détaillés : Copulation et Comportement de reproduction.

En fonction de cette organisation, chez les mammifères, ce sont les circuits olfactifs qui apparaissent comme les plus adaptés pour traiter de manière innée les signaux déclencheurs de l’attraction sexuelle.

Organisation des systèmes sensoriels[modifier | modifier le code]

L’étude des différents systèmes sensoriels suggère que seule la communication chimique est apparemment la plus adaptée pour véhiculer des signaux relatifs à l’attraction sexuelle6.

En effet, une molécule chimique peut avoir des caractéristiques physiques et chimiques spécifiques, et qui sont bien distinctes des milliers d’autres molécules chimiques existant dans l’environnement. La communication chimique existe à tous les niveaux d’un organisme : dans la cellule, entre les cellules, entre les tissus et les organes. De plus, les molécules chimiques peuvent être facilement synthétisées, émises et détectées par un organisme. Chez les mammifères, plusieurs organes sensoriels (langue, ganglion de Grueneberg, organe septal…) peuvent détecter des molécules chimiques. Mais c’est l’épithélium olfactif et surtout l’organe voméronasal qui semblent spécifiquement organisés pour traiter les signaux chimiques déclencheurs de l’attraction sexuelle7.

Par rapport aux stimulations corporelles, le système somatosensoriel est constitué de plusieurs types de récepteurs (mécanorécepteurs, nocicepteurs, thermorécepteurs…) localisés dans la peau, les viscères, les muscles et les tendons de l’organisme. À la différence des systèmes sensoriels où les récepteurs sont localisés dans des organes sensoriels, les différents récepteurs somatosensoriels sont disséminés dans tout le corps. Ces récepteurs permettent la détection de stimuli nociceptifs, de la température, de l’étirement, de la pression, des vibrations ou du contact8. À ce niveau, on remarque qu’aucun de ces récepteurs ne peut être spécifique d’un signal sexuel. Tout contact avec le corps active des récepteurs somatosensoriels, que ce contact soit sexuel ou non. Il n’existe donc pas de signaux somatosensoriels élémentaires spécifiques du comportement de reproduction. Néanmoins, il existe des connexions spécifiques entre le pénis / clitoris et le système de récompense9,10, qui permettent de déclencher les réflexes sexuels et d’induire de nombreux apprentissages sexuels5. Mais le système somatosensoriel n’apparaît pas organisé pour traiter des signaux déclencheurs d’une attraction sexuelle.

La vision est un canal sensoriel majeur chez les hominidés. Plusieurs théories ont donc supposé que des signaux visuels pourraient servir de signaux spécifiques au déclenchement de l’attraction sexuelle. Mais les caractéristiques fonctionnelles du système visuel ne semblent guère adaptées pour traiter des signaux innés de l’attraction sexuelle. En effet, les photons qui constituent le rayonnement électromagnétique et la lumière sont des particules d’énergie. Ils peuvent être distingués les uns des autres par leur longueur d’onde comprise entre 103 à 10−14 mètre. Les structures sensorielles de la vision sont les récepteurs (3 types de cônes et 1 type de bâtonnets) des cellules neurosensorielles de la rétine qui détectent les photons dont la longueur d’onde est comprise entre 400 à 700 nm8. En fonction de ces caractéristiques, au mieux, à la lumière du jour, il n’est possible que de détecter trois signaux visuels élémentaires. De plus, au niveau anatomique, il ne semble pas exister chez les rongeurs de connexions entre les structures visuelles et les neurones de l’hypothalamus qui contrôlent le système hormonal de la reproduction (neurones à GnRH / LHRH)11. Pour ces raisons, il est peu probable qu’il existe un signal visuel élémentaire inné du comportement de reproduction. Néanmoins, il pourrait être possible qu’une information élaborée, extraite du traitement des stimuli visuels élémentaires, puisse servir de signal inné. Ce traitement, bien que peu probable en raison de son inhérente complexité, pourrait avoir lieu dans les parties corticales associatives du système visuel6.

Par rapport au système auditif, les structures sensorielles de l’audition sont les cellules épithéliales ciliées sensorielles de l’organe spiral de la cochlée, qui détectent les mouvements provoqués par les vibrations moléculaires de l’air ou de l’eau8. Les vibrations moléculaires n’ayant pas de caractéristiques sexuelles spécifiques, il ne peut donc apparemment pas exister de signal auditif élémentaire inné déclencheur de l’attraction sexuelle. De plus, au niveau anatomique, il ne semble pas exister chez les rongeurs de connexions entre les structures auditives et les neurones de l’hypothalamus qui contrôlent le système hormonal de la reproduction (neurones à GnRH / LHRH)11. Éventuellement, il pourrait être possible qu’une information élaborée, extraite du traitement des stimuli auditifs élémentaires dans les régions corticales associatives, puisse servir de signal inné. Mais des expériences chez les rongeurs indiquent qu’il n’existe vraisemblablement pas de signaux sexuels auditifs innés, ni chez la femelle12, ni chez le mâle13.

En conclusion, en l’état actuel des connaissances, seul le système olfactif chez les mammifères apparaît spécifiquement organisé pour traiter différents types de signaux innés susceptibles de déclencher une attraction sexuelle6.

Signaux déclencheurs de l’attractivité sexuelle[modifier | modifier le code]

En cohérence avec l’organisation biologique des systèmes sensoriels, des expériences ont mis en évidence l’importance des différentes informations (sexe, âge, statut endocrinien, génotype…) véhiculées par les molécules chimiques et leur rôle dans l’attractivité sexuelle7,3.

D’autres signaux, non chimiques et dont il est actuellement difficile d’établir s’ils sont innés ou acquis, jouent également un rôle dans l’attractivité sexuelle. Ces signaux, qui relèvent du dimorphisme sexuel et des comportements précopulatoires (parades nuptiales…), sont :

Caractéristique morphologiques (couleurs, bois, crinière, musculature…)

Chant (oiseaux et baleines à bosse)

Cris (oiseaux)

Danse (paons…)

Crissement des ailes (cigales et drosophiles)

Signaux non chimiques participants à l’attractivité sexuelle

La roue du paon.

Les couleurs du perroquet.

Le bois des cerfs.

La crinière du lion.

La peau sexuelle de certains primates.

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (janvier 2018). 

Chez l’être humain, on a également mis en évidence différents types de signaux qui interviennent dans l’attractivité sexuelle :

Signaux féminins attractifs pour l’homme hétérosexuel :

Signaux opérants à distance

Symétrie du corps et du visage

Seins14

Rapport taille-hanche de 0,7

Signaux opérants à proximité

Timbre de voix féminin

Odeurs

Signaux masculins attractifs pour la femme hétérosexuelle :

Signaux opérants à distance

Symétrie du corps et du visage

Masse musculaire(a)

Silhouette harmonieuse

Signaux opérants à proximité

Timbre de voix masculin(a)

Odeurs

((a) : Attractivité augmentée durant la période fertile15)

Mais, en raison de problèmes méthodologiques, il est actuellement difficile de préciser si l’attractivité de ces signaux est innée ou acquise.

Problèmes méthodologiques[modifier | modifier le code]

Le principal problème méthodologique dans l’étude de l’attractivité sexuelle est de déterminer si la caractéristique qui déclenche une attractivité est apprise ou si elle dépend d’un processus de type inné. Car le système nerveux des mammifères est spécifiquement organisé pour réaliser de nombreux apprentissages, dès la période fœtale, ce qui implique que de nombreuses caractéristiques physiologiques, émotionnelles, comportementales et cognitives sont apprises. Pour comprendre les comportements, il est très important d’identifier les caractéristiques innées, qui sont les facteurs primordiaux dans le développement et le fonctionnement de l’organisme16.

Il est assez fréquent que des études uniquement descriptives mettent en évidence une caractéristique qui apparaît d’abord comme innée et universelle, avant que sa nature apprise et donc relative soit révélée par des études pluridisciplinaires plus approfondies. Par exemple, certains auteurs ont supposé que des caractéristiques morphologiques, telles la peau sexuelle des primates ou le rapport taille-hanche et les seins dans l’espèce humaine, constitueraient des signaux visuels innés déclencheurs de l’attractivité sexuelle. Mais des études pluridisciplinaires ultérieures ont montré que ces caractéristiques seraient apprises et dépendraient chez l’humain plutôt du contexte culturel.

La peau sexuelle est-elle un signal sexuel inné ?

Le signal sexuel visuel de la peau sexuelle est supposé avoir remplacé la perte des signaux olfactifs17,18. Ce signal visuel, par sa taille et sa couleur rouge, est suffisant pour provoquer par exemple la masturbation chez les babouins19. Mais ce signal de la peau sexuelle serait appris et proviendrait en fait des renforcements érotiques, puisque le primatologue Alan Dixson a obtenu les mêmes réactions comportementales par conditionnement sexuel avec un gant20.

Rapport taille-Hanche.

Le chercheur Devendra Singh a proposé que chez la femme le rapport entre la circonférence de la taille et celle des hanches, quand il s’approche de 0,7, serait un signal visuel inné déclencheur de l’attractivité sexuelle21. Ce signal serait inné car il active des structures cérébrales impliquées dans la motivation sexuelle22. Mais cette étude a été réalisée en Occident sur un petit échantillon non représentatif (14 hommes), et les résultats ne sont donc pas extrapolables à la population occidentale ni à d’autres cultures. De plus, il est très difficile d’expliquer comment le système visuel calculerait ce rapport taille-hanche, et plusieurs expérimentations montrent que le rapport taille-hanche préféré change en fonction du statut socio-économique23 ou de l’évaluation cognitive24. Mais surtout, on observe que ce rapport taille-hanche change d’une société à l’autre, ce qui suggère fortement qu’il s’agit d’une caractéristique essentiellement apprise25.

Le zoologiste Desmond Morris a proposé que les seins correspondraient chez l’être humain à des signaux sexuels innés26. Mais les mamelles ne jouent aucun rôle dans la copulation dans toutes les autres espèces de mammifères, et les seins ne sont pas considérés comme « sexuels », et ne sont pas perçus comme attractifs dans toutes les sociétés humaines27. Par exemple, les Mangaians « sont complètement sidérés par l’intérêt que portent les Américains et les Européens aux seins des femmes. Les Polynésiens considèrent que cet organe ne peut intéresser qu’un bébé affamé »28.

Article détaillé : Sein#Sexualité.

D’autres caractéristiques qui sont perçues comme sexuellement attractives dans certaines sociétés traditionnelles (voir photographies ci-dessous) sont également très probablement le résultat d’apprentissages culturels.

Caractéristiques culturelles jugées attractives dans certaines sociétés traditionnelles.

La Classification internationale des maladies liste trois critères diagnostiques pour le « transsexualisme » (F64.0)6 : l’incertitude quant à l’identité sexuelle qui cause de l’anxiété ou du stress est diagnostiquée comme trouble de la maturation sexuelle, selon la CIM-107.

Signes et symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes de la dysphorie de genre chez les enfants peuvent inclure le dégoût de leurs parties génitales, l’isolement social de leurs pairs, l’anxiété, la solitude et la dépression8.

Identité sexuelle

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 Ne doit pas être confondu avec Identité de genre.

L’identité sexuelle désigne l’attirance romantique ou sexuelle que ressent un individu pour d’autres personnes1. L’identité sexuelle peut également se référer à l’identité de l’orientation sexuelle, qui correspond à l’identification, ou la non-identification, à une orientation sexuelle spécifique2. L’identité sexuelle et le comportement sexuel sont étroitement liés à l’orientation sexuelle, mais ils sont distincts de l’identité qui se réfère à la conception que les individus ont d’eux-mêmes, du comportement qui se réfère à l’acte sexuel accompli par l’individu, et de l’orientation sexuelle qui se réfère à l’attirance romantique ou sexuelle pour les personnes d’un autre sexe ou genre, du même sexe ou genre, des deux sexes ou de plus d’un genre, ou à personne.

Les modèles historiques de l’identité sexuelle ont tendance à conceptualiser sa formation comme un processus subi par les minorités sexuelles, tandis que les modèles plus contemporains conceptualisent le processus comme quelque chose de beaucoup plus universel, et tentent de présenter l’identité sexuelle au sein de la grande portée des autres grandes théories de l’identité et des processus3.

Sommaire

1 Définitions et identité

1.1 Sexualité non étiquetée

2 Développement

2.1 Général

2.2 Modèles du développement de l’identité sexuelle

3 Voir aussi

4 Références

5 Lectures complémentaires

Définitions et identité[modifier | modifier le code]

L’identité sexuelle a été décrite comme une composante de l’identité d’un individu qui reflète leur auto-concept sexuel. L’intégration des composantes de l’identité (par exemple, la morale, la religion, l’ethnie, la profession) dans une identité globale plus grande est essentielle au processus de développement de la construction multidimensionnelle de l’identité4.

L’identité sexuelle peut changer tout au long de la vie d’un individu et peut, ou non, s’aligner avec le sexe biologique, le comportement sexuel, ou l’orientation sexuelle réelle5,6,7. Par exemple, les personnes gay, lesbiennes et bisexuelles peuvent ne pas ouvertement s’identifier dans un cadre homophobe/hétérosexiste, ou dans des régions où les droits LGBT sont peu nombreux. Dans une étude de 1990 réalisée par l’Organisation sociale de la sexualité, seulement 16 % des femmes et 36 % des hommes ayant rapporté un certain niveau d’attraction homosexuelle, avaient une identité homosexuelle ou bisexuelle8.

L’identité sexuelle est plus étroitement liée au comportement sexuel que l’orientation sexuelle. La même étude avait trouvé que 96 % des femmes et 87 % des hommes, ayant une identité homosexuelle ou bisexuelle, avaient eu des activités sexuelles avec quelqu’un du même sexe, contrairement à 32 % des femmes et 43 % des hommes qui avaient eu des attirances pour le même sexe. Après avoir examiné les résultats, l’organisation a commenté : « Le développement de l’auto-identification comme homosexuel ou gay est un état psychologique et socialement complexe, quelque chose qui, dans cette société, n’est réalisé qu’au fil du temps, souvent avec une lutte personnelle considérable et des doutes de soi, sans parler du malaise social.»

Sexualité non étiquetée[modifier | modifier le code]

La sexualité non étiquetée se produit quand un individu choisi de ne pas étiqueter son identité sexuelle. Cette identification pourrait résulter de l’incertitude quant à leur sexualité ou à leur réticence à se conformer à une sexualité car iels n’aiment pas nécessairement les étiquettes ou iels souhaitent se sentir libres dans leurs attirances, plutôt que se forcer à se définir attirer par le même sexe ou genre, l’autre, les deux, ou pansexuel. L’identification non étiquetée pourrait également être due à la « réticence à accepter leur statut de minorité sexuelle »9. Étant donné qu’être non étiqueté relève d’une décision délibérée de ne pas avoir d’identité sexuelle, c’est à distinguer de la bisexualité ou de tout autre identité sexuelle. Les personnes qui ne sont pas étiquetées sont plus susceptibles de percevoir la sexualité comme moins stable et plus changeante, et tendent à se concentrer davantage sur « la personne, non le genre »10.

Il a été rapporté que certaines femmes qui s’étaient identifiées comme non étiquetées, l’ont fait parce qu’elles étaient incapables ou incertaines des types de relations qu’elles auraient à l’avenir. En tant que tel, cette divergence, par rapport aux étiquettes sexuelles, pourrait permettre à une personne de réaliser plus pleinement sa « vraie » sexualité parce qu’elle la libère de la pression d’aimer et d’être attiré par ce que leur identification sexuelle dicte qu’elles devraient aimer.

Développement[modifier | modifier le code]

Général[modifier | modifier le code]

La plupart des recherches sur le développement de l’identité de l’orientation sexuelle se concentre sur le développement des personnes qui sont attirées par le même sexe. De nombreuses personnes qui se sentent attirées par des individus de leur sexe font leur coming out à un moment donné de leur vie. Le coming out se déroule en trois phases. La première phase est la phase de « connaissance de soi-même », et la prise de conscience de l’attirance sexuelle et émotionnelle pour des personnes de son propre sexe. Il est souvent décrit comme un coming out interne et peut se produire dans l’enfance ou à la puberté, mais parfois plus tard vers l’âge de 40 ans ou plus. La seconde phase implique une décision de faire son coming out aux autres, par exemple à la famille, aux ami.e.s, et/ou aux collègues, tandis que la troisième phase implique le fait de vivre ouvertement en tant que personne LGBT11. Aux États-Unis à notre époque, les personnes font souvent leur coming out pendant leurs années d’études secondaires ou d’université. À cet âge, elles peuvent ne pas avoir confiance ou demander de l’aide, surtout lorsque leur orientation n’est pas acceptée dans la société. Parfois, elles n’informent pas leurs propre famille.

Selon Rosario, Schrimshaw, Hunter, Braun (2006), « le développement de l’identité sexuelle lesbienne, gay, ou bisexuelle (LGB) est un processus complexe et souvent difficile. Contrairement aux membres d’autres groupes minoritaires (par exemple, les minorités ethniques), la plupart des individus LGB ne sont pas élevés dans une communauté où ils apprennent leur identité, ce qui viendrait renforcer et soutenir cette identité. » et « Les individus LGBT sont plutôt souvent élevés dans des communautés ignorantes ou ouvertement hostiles à l’homosexualité. »

Certaines personnes ayant des attirances sexuelles indésirables peuvent choisir de se revendiquer d’une identité de minorité sexuelle, ce qui crée une identité d’orientation sexuelle différente de leur orientation sexuelle réelle. L’identité d’orientation sexuelle, et non l’orientation sexuelle, peut changer par la psychothérapie, les groupes de soutien et les événements de vie. Une personne qui a des sentiments homosexuels peut s’auto-identifier de différentes façons. Une personne peut accepter une identité LGB, développer une identité hétérosexuelle, rejeter une identité LGB tout en choisissant de s’identifier ex-gay, ou s’abstenir de préciser une identité sexuelle12. Dans un article du Wall Street Journal réconciliant la foi et l’homosexualité, la chercheuse Judith Glassgold, qui a présidé le groupe de travail, a déclaré : « Nous n’essayons pas d’encourager les gens à devenir ex-gay » et « il y a eu peu de recherches sur les effets à long terme du rejet d’une identité gay, mais il n’y a pas de preuve claire de préjudice, et certaines personnes semblent être satisfaites de cette voie. »13.

Modèles du développement de l’identité sexuelle[modifier | modifier le code]

Plusieurs modèles ont été créés pour décrire le coming out comme un processus de développement de l’identité gay et lesbienne (par exemple Dank, 1971 ; Cass, 1984 ; Coleman, 1989 ; Troiden, 1989). Ces modèles historiques ont pris une position selon laquelle la formation de l’identité sexuelle est seulement un processus de minorité sexuelle14. Cependant, toutes les personnes LGBT ne suivent pas un tel modèle. Par exemple, certains jeunes LGBT prennent conscience et acceptent leurs désirs pour les personnes de même sexe, ou leur identité de genre à la puberté, d’une manière similaire aux adolescents hétérosexuels qui prennent conscience de leur sexualité, c’est-à-dire sans aucune notion de différence, de stigmatisation ou de honte par rapport au genre des personnes envers qui iels sont attiré.e.s15. Des modèles plus contemporains considèrent qu’il s’agit d’un processus plus universel16. Les modèles actuels du développement de l’identité sexuelle tentent d’intégrer d’autres modèles de développement de l’identité, tels que les statuts de l’identité du moi de Marcia17.

Le modèle d’identité de Cass, créé par Vivienne Cass, décrit six étapes distinctes par lesquelles passent les individus qui réussissent leur coming out :

confusion d’identité,

comparaison d’identité,

tolérance d’identité,

acceptation d’identité,

fierté d’identité et

synthèse d’identité18.

Le modèle d’identité gay et lesbien de Fassinger contient quatre étapes au niveau individuel et collectif :

conscience,

exploration,

approfondissement/engagement, et

internalisation/synthèse19.

Certains modèles de développement de l’identité sexuelle n’utilisent pas d’étapes distinctes et ordonnées, mais plutôt conceptualisent le développement de l’identité comme des processus d’identité indépendants. Par exemple, le modèle D’Augelli décrit six processus d’identité indépendants et non ordonnés :

sortie de l’identité hétérosexuelle,

élaboration d’un statut personnel d’identité LGB,

développement d’une identité sociale LGB,

devenir une descendance LGB,

développement d’un statut d’intimité LGB, et

entrée dans une communauté LGB20.

Le modèle unifiant du développement de l’identité sexuelle est actuellement le seul modèle qui intègre le développement de l’identité hétérosexuelle imposée, l’exploration active, la diffusion, l’approfondissement et l’engagement pour la situation et la synthèse21.

Les modèles contemporains conceptualisent la formation de l’identité sexuelle comme un processus universel, plutôt que comme une minorité sexuelle, en ce sens que ce ne sont pas seulement les minorités sexuelles qui subissent un développement de l’identité sexuelle, mais aussi les populations hétérosexuelles. Des recherches plus récentes ont soutenu ces théories, en ayant démontré que les populations hétérosexuelles affichent toutes les conditions de Marcia dans le domaine de l’identité sexuelle22.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Androphilie et gynophilie

Asexualité

Bicuriosité

Hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes

Pansexualité

Polysexualité

Questionnement (sexualité et de genre)

Situation du comportement sexuel

Femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes

Androphilie et gynophilie

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Androphilie et gynophilie (ou gynéphilie) sont des termes employés en sciences comportementales pour décrire l’orientation sexuelle comme une alternative aux conceptions binaire du genre, homosexuelle et hétérosexuelle. L’androphilie décrit l’attraction sexuelle pour les hommes ou la masculinité ; la gynophilie décrit l’attraction sexuelle pour les femmes ou la féminité1. L’ambiphilie correspond à la combinaison de l’androphilie et de la gynophilie chez un individu donné, ou bisexualité2.

Les termes sont utilisés pour identifier objectivement le type d’attraction d’une personne sans évoquer la chirurgie de réattribution sexuelle éventuelle ou l’identité de genre de la personne. L’avantage est d’éviter le biais inhérent des conceptualisations occidentales de la sexualité humaine, ainsi que les confusions et les maladresses pour évoquer les personnes intersexes et transgenres, en particulier celles qui se considèrent genderqueer, ou d’un autre genre qui ne relève pas du genre binaire.

Sommaire

1 Usage historique

1.1 Androphilie

1.2 Gynophilie

2 Intérêt sexuel des adultes

3 Échelles androphile et gynophile

4 Identité et expression de genre

4.1 Genre dans les cultures non-occidentales

5 Voir aussi

6 Références

Usage historique[modifier | modifier le code]

Androphilie[modifier | modifier le code]

Lors d’une discussion à propos des anormalités sexuelles, le sexologue précurseur Magnus Hirschfeld a divisé les comportements homosexuels en quatre groupes : pédophilique, marquée par l’attirance envers les enfants prépubères, l’éphébophilie, marquée par l’attirance envers les jeunes pubères près de la vingtaine ; l’androphilie, marquée principalement par l’attirance envers les personnes entre vingt et cinquante ans ; et la gérontophilie, principalement attirance envers les hommes âgés voire séniles[citation nécessaire]3,4. Selon Karen Franklin, Hirschfeld considère l’éphébophilie « commune et non-pathologique ; les éphébophiles et les androphiles représenteraient 45 % de la population homosexuelle. » 5. Alors que ses travaux sont remis en cause6.

Dans son livre Androphilia, A Manifesto: Rejecting the Gay Identity, Reclaiming Masculinity, Jack Malebranche utilise le terme pour souligner la masculinité à la fois comme objet et sujet du désir homosexuel masculin, ainsi que pour rejeter la non-conformité sexuelle qu’il perçoit dans certaines identités homosexuelles7,8.

Le terme androsexualité est occasionnellement utilisé comme synonyme d’androphilie9.

Autres utilisations de la biologie et de la médecine

En biologie, androphilique est parfois utilisé comme un synonyme d’anthropophilique, pour décrire les parasites qui ont une préférence pour l’hôte humain par rapport aux animaux10. Androphilique est également parfois utilisé pour décrire certaines protéines et récepteurs aux androgènes11.

Gynophilie[modifier | modifier le code]

Le mot apparait en grec ancien. Dans l’Idylle 8, ligne 60, Théocrite utilise γυναικοφίλιας comme euphémisme pour décrire le désir de Zeus pour les femmes12,13,14.

Sigmund Freud utilise le terme gynocophilique pour décrire l’étude de cas Dora15. Il a aussi utilisé le terme dans ses correspondances16,17. La variante orthographique gynophilie est également parfois utilisée18.

Rarement, le terme gynosexualité a été également utilisé comme synonyme. La psychologue Nancy Chodorow a proposé que la période pré-œdipienne de focalisation psychologique et libidinale sur la mère, pour les garçons comme pour les filles, devrait être appelée gynosexualité ou matrisexualité en raison de l’attention exclusive portée sur la mère19.

Intérêt sexuel des adultes[modifier | modifier le code]

Suivant Hirschfeld, les termes androphilie et gynophilie sont souvent utilisés en taxinomie pour préciser les intérêts sexuels en fonction des tranches d’âge, que John Money a appelé chronophilie. L’attirance sexuelle pour les adultes est appelée téléiophilie20 ou adultophilie21. Dans ce contexte, l’androphilie et la gynophilie sont des variantes genrées signifiant respectivement : « attirance pour les hommes adultes » et « attirance pour les femmes adultes ». Le psychologue Dennis Howitt écrit :

La définition est une question principalement théorique, et pas seulement de classement puisque la classification implique une théorie. Freund et al. (1984) utilise le mot latinesque pour classer l’attirance sexuelle selon le sexe et l’âge :

Gynophilie : intérêt sexuel pour les femmes adultes

Androphilie : intérêt sexuel pour les hommes adultes 22

Échelles androphile et gynophile[modifier | modifier le code]

L’échelle gynophile, composée de 9 items, a été créée pour mesurer l’intérêt érotique envers les femmes physiquement matures, et l’échelle androphile de 13 items a été créée pour mesurer l’intérêt érotique pour les hommes physiquement matures. Les échelles ont été développées par Kurt Freund et Betty Steiner en 198223. Elles ont été modifiées plus tard par Ray Blanchard, en 1985, dans le Modified Androphilia-Gynephilia Index (MAGI)24.

Identité et expression de genre[modifier | modifier le code]

Diagramme montrant la relation entre le sexe (axe X) et la sexualité (axe Y). La matrice hétérosexuelle/homosexuelle se trouve dans la matrice androphiles/gynophiles, parce que la terminologie homosexuelle/hétérosexuelle décrit le sexe et l’orientation sexuelle en même temps.

Le diagramme de Venn montre les relations entre le sexe et la sexualité. En blanc : matrice hétérosexuelle/homosexuelle, pour montrer les différences avec la matrice androphile/gynophilie.

Magnus Hirschfeld a distingué les personnes gynéphiles, bisexuelles, androphiles, asexuelles, narcissiques ou de variante genrée automonosexuelle25. Depuis, quelques psychologues ont proposé d’utiliser transsexuel, homosexuel et transsexuel hétérosexuel ou transsexuel non-homosexuel. Le psychobiologiste James D. Weinrich a décrit ce clivage parmi les psychologues : « Les transsexuelles mf qui sont attirées pour les hommes (que certains appellent « homosexuels » et d’autres appellent « androphiles ») sont dans le coin inférieur gauche de la table XY, afin de les aligner avec l’homosexualité ordinaire (androphiles) des hommes en bas à droite. Enfin, il y a les transsexuelles mf qui sont attirées par les femmes (que certains appellent « hétérosexuels » et que d’autres appellent gynophiles ou lesbiennes). »26

L’utilisation de transsexuel homosexuel et de termes connexes ont été appliquées aux personnes transgenres depuis le milieu du 20e siècle. Harry Benjamin a dit en 1966 :

….il semble évident qu’à la question « Est-ce un transsexuel homosexuel ? » la réponse peut être « oui » et « non ». « Oui » si son anatomie est prise en compte, « non » si sa psyché est préférentiellement choisie pour répondre.

Quelle serait la situation après que la chirurgie corrective ait été effectuée et que l’anatomie génitale ressemble maintenant à celle d’une femme ? La « nouvelle femme » est-elle encore un homme homosexuel ? « Oui », si la pédanterie et la technicité prévalent. « Non », si la raison et le bon sens sont appliqués et si la patiente concernée est traitée en tant que personne, et non comme un tampon en caoutchouc27.

De nombreuses sources, y compris certains partisans de cette typologie, critiquent ce choix de libellé jugé confus et dégradant. Le biologiste Bruce Bagemihl écrit : « ..Le point de référence pour les orientations « hétérosexuelle » ou « homosexuelle » dans cette nomenclature est le sexe biologique de l’individu avant d’être réaffecté (voir, par exemple, Blanchard et al., 1987, Coleman et Bockting, 1988, Blanchard, 1989). Ces étiquettes ne tiennent pas compte de l’identité de genre ayant préséance sur le sexe biologique. »28 Bagemihl conteste la façon dont cette terminologie facilite la revendication des personnes transsexuelles qui sont des hommes vraiment homosexuels cherchant à échapper à la stigmatisation28. Leavitt et Berger 

Trouble de la maturation sexuelle

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  Cet article est une ébauche concernant la psychologie et l’homosexualité, la bisexualité, ou la transidentité.

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Trouble de la maturation sexuelle

Données clés

Spécialité Psychiatrie

Classification et ressources externes

CIM-10 F66.0

 Mise en garde médicale

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Le trouble de la maturation sexuelle est un trouble d’anxiété ou dépressif chez un individu, liée à une incertitude concernant son identité de genre ou son orientation sexuelle. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) liste ce phénomène dans la CIM-10, sous les « Problèmes psychologiques et comportementaux associés au développement sexuel et à son orientation »1.

L’orientation sexuelle, par elle-même, n’est pas un trouble et n’est pas non plus classifié dans cette catégorie2. Le trouble se différencie de l’orientation sexuelle égodystonique dans laquelle l’orientation ou l’identité est rejetée3.

Dépression (psychiatrie)

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 Pour les articles homonymes, voir Dépression.

Dépression

À la porte de l’éternité (1890), tableau de Vincent van Gogh souvent interprété comme représentant le désespoir ressenti dans la dépression.

Données clés

Spécialité Psychiatrie, psychologie et psychothérapie

Classification et ressources externes

CISP-2 P76

CIM-10 F32, F33

CIM-9 296

OMIM 608516

DiseasesDB 3589

MedlinePlus 003213

eMedicine 286759

MeSH D003865

 Mise en garde médicale

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La dépression, également appelée dépression caractérisée, dépression clinique ou dépression majeure, est un trouble mental caractérisé par des épisodes de baisse d’humeur (tristesse) accompagnée d’une faible estime de soi et d’une perte de plaisir ou d’intérêt dans des activités habituellement ressenties comme agréables par l’individu. Cet ensemble de symptômes (syndrome, individualisé et anciennement classifié dans le groupe des troubles de l’humeur par le manuel diagnostique de l’association américaine de psychiatrie), figure depuis la sortie du DSM-5 en mai 2013 dans la catégorie appelée « troubles dépressifs ». Le terme de « dépression » est cependant ambigu ; il est en effet parfois utilisé dans le langage courant pour décrire d’autres troubles de l’humeur ou d’autres types de baisse d’humeur moins significatifs qui ne sont pas des dépressions proprement dites.

La dépression est une condition handicapante qui peut retentir sur le sommeil, l’alimentation et la santé en général avec notamment un risque de suicide dans les cas les plus graves (surtout dans la dépression mélancolique), ainsi que sur la famille, la scolarité ou le travail. Aux États-Unis, approximativement 3,4 % des individus dépressifs meurent par suicide et plus de 60 % des individus qui se sont suicidés souffraient de dépression ou d’un autre trouble de l’humeur1. Les individus souffrant de dépression ont une espérance de vie raccourcie par rapport aux autres individus, en partie à cause d’une plus grande susceptibilité à d’autres maladies et au risque de suicide. Les patients actuellement ou anciennement dépressifs sont parfois stigmatisés.

Le diagnostic de la dépression se base sur plusieurs éléments : le ressenti personnel rapporté par le patient, le comportement perçu par son entourage et le résultat d’un examen psychologique. Les médecins peuvent prescrire des examens complémentaires pour rechercher d’autres maladies qui peuvent causer des symptômes similaires. La maladie est plus fréquente entre 20 et 30 ans, avec un pic plus tardif entre 30 et 40 ans2.

Les patients sont habituellement traités avec un médicament antidépresseur, et dans certains cas suivent une psychothérapie. L’hospitalisation peut s’avérer nécessaire dans le cas d’auto-négligence, s’il existe un risque significatif de suicide ou pour la sécurité de l’entourage. Les dépressions résistantes aux traitements médicamenteux et à la psychothérapie peuvent être traitées par électroconvulsivothérapie. La durée de la dépression est grandement variable, pouvant aller d’un épisode unique de quelques semaines à une longue période d’épisodes dépressifs prolongés et répétés (dans ce cas, il s’agit de dépression récurrente ou trouble unipolaire, parfois improprement appelée dépression unipolaire).

Au travers des siècles, la connaissance de la nature et des causes de la dépression a évolué, bien que sa compréhension soit à ce jour incomplète et encore sujette à discussion. Les causes qui ont pu être proposées incluent des facteurs biologiques, psychologiques et psychosociaux ou environnementaux. L’utilisation à long terme et l’abus de certains médicaments et substances peuvent favoriser ou aggraver les symptômes dépressifs. Les psychothérapies peuvent se baser sur les théories de la personnalité, de la communication interpersonnelle, et de l’apprentissage. La plupart des théories biologiques se concentrent sur des neurotransmetteurs, des molécules naturellement présentes dans le cerveau qui permettent la communication chimique entre neurones. Les neurotransmetteurs de type monoaminergique comme la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine sont plus particulièrement étudiés.

Sommaire

1 Hypothèses causales

1.1 Biologie

1.2 Psychologie

1.3 Social et environnemental

2 Diagnostic

2.1 Symptomatologie

2.2 Évaluation clinique

2.3 Examens complémentaires

2.4 Critères et classification

2.5 Diagnostic différentiel

3 Comorbidités

4 Pronostic

5 Prévention

6 Traitements

6.1 Psychothérapie

6.2 Médicaments et alimentation

6.3 Electroconvulsivothérapie

7 Épidémiologie

8 Histoire

9 Société

10 Notes et références

10.1 Ouvrages cités

11 Annexes

11.1 Bibliographie

11.2 Articles connexes

11.3 Liens externes

Hypothèses causales[modifier | modifier le code]

Le modèle bio-psycho-social suggère que les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux jouent un rôle causal dans la dépression3. Le modèle diathèse–stress propose que la dépression provenant d’une vulnérabilité préexistante, ou diathèse, survient lors d’événements stressants dans la vie d’un individu. La vulnérabilité préexistante peut comprendre une influence génétique4,5,6.

La dépression peut être causée directement par des lésions du cervelet, comme dans le cas du syndrome cognitivo-affectif cérébelleux7,8,9.

Les modèles interactifs ont gagné une validation empirique. Par exemple, des études par cohortes démontrent la manière dont la dépression apparaît depuis un comportement dit normal. Les chercheurs concluent que la variation du gène codant le transporteur de la sérotonine (5-HTT) affecte les risques de dépression lorsque des individus font face à des événements très stressants. Plus précisément, la dépression peut succéder à de tels évènements, mais semble plus probable chez des individus possédant un ou plusieurs allèles courts du gène 5-HTT4. Par ailleurs, l’héritabilité de la dépression (c’est-à-dire le degré avec lequel les différences individuelles d’apparition sont dues à des différences génétiques) est d’environ 40 % chez les femmes et 30 % chez les hommes10.

Les troubles de l’humeur identifiables au syndrome dépressif majeur sont aussi causés par la consommation de drogues à long terme, l’abus de drogue, ou le sevrage de certains sédatifs ou de drogues hypnotiques11,12.

Biologie[modifier | modifier le code]

Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer la biologie de la dépression.

Hypothèse monoaminergique[modifier | modifier le code]

L’hypothèse monoaminergique postule que la dépression serait due à un déséquilibre chimique en monoamines (sérotonine, dopamine, noradrénaline) dans le cerveau.

L’hypothèse monoaminergique est à l’origine proposée à la fin des années 1950 par George Ashcroft et Donald Eccleston et a gagné le soutien supplémentaire de Alex Coppen et Hermanvan Praag13. La pharmacologie des antidépresseurs est fondée sur celle-ci.

En faveur de l’hypothèse monoaminergique[modifier | modifier le code]

Parmi les 30 neurotransmetteurs environ qui ont été identifiés, des chercheurs ont découvert un lien entre la dépression clinique et la fonction de trois principales monoamines que sont la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. Les antidépresseurs influencent les structures cérébrales de ces trois neurotransmetteurs qui régulent l’émotion, les réactions au stress, le sommeil, l’appétit et la sexualité14.

La sérotonine serait supposée réguler d’autres systèmes de neurotransmetteurs. Une diminution de l’activité de la sérotonine peut entraîner une désorganisation de ces systèmes15. D’après cette hypothèse permissive, la dépression apparaît lorsque des niveaux bas de sérotonine entraînent des niveaux bas de noradrénaline16. Ces observations ont donné lieu à l’hypothèse monoaminergique de la dépression. Dans sa formulation contemporaine, l’hypothèse monoaminergique propose que la déficience de certains neurotransmetteurs soit responsable des caractéristiques correspondant à la dépression. « La noradrénaline pourrait permettre un degré d’alerte, d’énergie, mais aussi d’anxiété, d’attention et d’intérêt pour la vie. Le manque de sérotonine entraînerait une anxiété, des obsessions et des compulsions. La dopamine améliorerait l’attention, la motivation, le plaisir, l’envie d’être récompensé mais aussi l’intérêt apportée à la vie17. ».

Les partisans de cette théorie recommandent le choix d’un antidépresseur ayant un mécanisme d’action agissant en premier lieu sur les symptômes. Les patients anxieux et irritables devraient être traités par ISRS ou par inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline. Ceux qui ont un manque d’énergie et de joie de vivre devraient être traités avec de la noradrénaline et des médicaments qui augmentent la dopamine17. Les groupes pharmaceutiques mettent en avant l’hypothèse monoamine dans leur communication marketing18,19 : les antidépresseurs pourraient corriger un déséquilibre chimique (hypothèse monoamine). GSK a été épinglé pour avoir tourné l’hypothèse « peut être causé » en l’affirmation « est causée »18.

Remise en question de l’hypothèse[modifier | modifier le code]

La dépression n’est pas uniquement causée par une simple déficience en monoamine20. Depuis la fin du xxe siècle, des recherches ont montré de multiples limitations à l’hypothèse monoaminergique. Ce modèle est insuffisant pour comprendre la dépression21. Un contre-argument montre que les effets stimulants de l’humeur des inhibiteurs de la monoamine oxydase et des ISRS mettent des semaines à agir, tandis que l’augmentation des monoamines apparaît dès les premières heures. Un autre contre-argument se base sur des expériences faites avec des molécules qui entraînent une diminution des monoamines. Alors que la diminution artificielle de la concentration des monoamines disponibles dans le système nerveux devrait légèrement diminuer l’humeur des patients dépressifs non traités, cette diminution n’affecte pas l’humeur des sujets sains20. L’hypothèse monoaminergique, déjà limitée, a été abusivement sur-simplifiée lorsqu’elle fût utilisée comme slogan publicitaire auprès du grand public, en parlant de « déséquilibre chimique »20.

En 2003, une interaction gène environnement (GxE, pour Gene–environment interaction) (en) a été proposée pour expliquer pourquoi les facteurs de stress sont des prédictifs pour les épisodes dépressifs chez certains individus, mais pas chez d’autres. Ceci dépendrait d’une variation allélique de la région promotrice liée au transporteur de la sérotonine : 5-HTTLPR (en)22. Cependant, une méta-analyse de 2009 montre que les évènements stressants de la vie étaient associés à la dépression, mais ne trouve aucun lien avec le génotype 5-HTTLPR23. Une autre méta-analyse de 2009 a confirmé cette évaluation24. Une revue bibliographique de 2010 trouve par contre une relation systématique entre la méthode utilisée pour évaluer les stress environnementaux et les résultats des études. Cette revue a trouvé également à la fois que les méta-analyses de 2009 étaient significativement biaisées en faveur des études négatives qui utilisaient des auto-questionnaires pour mesurer le stress25.

Certaines études laisseraient à penser que les personnes en dépression auraient un excès de sérotonine (2 fois plus qu’une personne normale)26.

Parmi ceux qui remettent en cause l’hypothèse monoaminergique, il y a David Healy13,18, The Icarus Project27, Elliot Valenstein (en)18, David D. Burns (en)18, George Ashcroft13. George Ashcroft qui a été un pionnier de l’hypothèse monaminergique a abandonné l’idée d’un niveau de sérotonine bas vers 197013, considérant que le niveau de sérotonine bas est plus une mesure de l’activité fonctionnelle des systèmes (reflétant peut être une baisse générale comme le ferait un miroir, un symptôme parmi d’autres) qu’une cause de la dépression13.

La domination de l’hypothèse monoaminergique pourrait être expliquée par le fait que l’industrie pharmaceutique a un intérêt dans la protection de cette hypothèse18,13. À cet effet, la pratique du nègre littéraire13,28,29 est la rédaction par les groupes pharmaceutiques d’articles qui sont signés ensuite par des leaders d’opinion et des chercheurs universitaires28,29,13.

De nombreuses études montrent que l’hypothèse monoaminergique est bancale13. Par exemple une baisse artificielle des niveaux de sérotonine chez une personne ne la plonge pas dans la dépression13,18 ; ou encore il n’y a aucune preuve que les femmes plus souvent atteintes de dépression possèdent un système sérotoninergique moins efficace que les hommes13 ; deux études indiquent que le bupropion et la reboxetine sont aussi efficaces que les ISRS dans le traitement de la dépression, sauf qu’aucune de ces deux molécules n’affecte la sérotonine à un niveau significatif. Le raisonnement à rebours est faux dans son essence. Si un traitement qui augmente la sérotonine soulage la dépression, cela ne signifie pas que la dépression est due à une baisse de sérotonine. Ce serait comme dire que parce que l’aspirine guérit les maux de tête, celui qui a un mal de tête a une carence en aspirine dans le cerveau18.

Imagerie cérébrale[modifier | modifier le code]

Les clichés d’IRM de patients atteints de dépression montrent des différences cérébrales structurelles par rapport aux individus non-dépressifs. Des méta-analyses récentes mettent en évidence une augmentation du volume de leurs ventricules latéraux et de leur surrénales. Ces clichés attestent en revanche une diminution de la taille des noyaux gris centraux, du thalamus, des hippocampes et des lobes frontaux, notamment les cortex orbitofrontaux et le gyrus rectus30,31,32. Des hypersignaux ont été retrouvés chez des patients dont la dépression est apparue tardivement, ce qui a conduit au développement de la théorie de la dépression vasculaire33.

Neurogenèse hippocampique[modifier | modifier le code]

Il pourrait y avoir un lien entre la dépression et la neurogenèse dans l’hippocampe34. La perte des neurones hippocampiques trouvée chez certains patients dépressifs est liée à un dysfonctionnement de la mémoire et à des troubles de l’humeur. Les médicaments peuvent augmenter les niveaux de sérotonine dans le cerveau, ce qui stimule la neurogenèse et ainsi augmente la masse totale de l’hippocampe. Cette augmentation pourrait aider à améliorer l’humeur et la mémoire35,36. Des relations similaires ont été observées entre la dépression et une région du cortex cingulaire antérieur impliquées dans la modulation du comportement émotionnel37. Une des neurotrophines responsable de la neurogenèse est le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (FNDC, BDNF en anglais). Les concentrations de FNDC dans le plasma sanguin des patients dépressifs sont diminuées (plus de trois fois) comparé à la normale. Les antidépresseurs augmentent les concentrations sanguines du FNDC. Bien que la diminution des concentrations du FNDC ait été trouvée dans d’autres troubles, il existe quelques preuves concernant l’implication du FNDC dans le mécanisme de la dépression en tant que possible mécanisme d’action des antidépresseurs38.

Hypothèse inflammatoire[modifier | modifier le code]

La dépression majeure pourrait être causée en partie par une hyperactivation de l’axe hypothalamo-pituitaro-surrénalien (axe HPA – A pour adrenal gland). Elle résulte d’une réponse neuroendocrine au stress. Des études ont montré une augmentation des concentrations du cortisol, un élargissement de la glande hypophyse et des glandes surrénales, suggérant une perturbation du système endocrinien qui pourrait jouer un rôle dans les maladies psychiatriques, notamment la dépression. Une hypersécrétion de corticolibérine par l’hypothalamus pourrait entraîner ceci et est impliquée dans les symptômes cognitifs et l’apparition des symptômes39.

D’autres recherches ont exploré le rôle potentiel des cytokines. Les symptômes de syndrome dépressif majeur sont assez proches de ceux retrouvés dans le comportement d’un malade qui lutte contre une infection. Lors de maladies telles que les infections systémiques, les cancers ou les maladies immunitaires, le système immunitaire périphérique est activé sur de longues durées ; le cerveau reçoit alors des signaux qui peuvent amener une exacerbation de la maladie et le développement de symptômes de dépression. Ceci pourrait être causé par des anomalies dans les cytokines circulantes40. L’implication des cytokines pro-inflammatoires dans la dépression est fortement suggérée par une méta-analyse qui montre que les concentrations en IL-6 et en TNF-α sont plus hautes chez les sujets atteints de dépression que chez les sujets sains41. Ces anomalies immunologiques pourraient causer un excès de production de prostagmandine E2 et probablement une expression excessive de COX-2. Des anomalies sur la manière dont l’enzyme indoleamine 2,3-dioxygénase active également le métabolisme de tryptophane-kynurénine pourraient entraîner un métabolisme excessif de celles-ci et entraîner l’augmentation de la production de la neurotoxine acide quinolinique, ce qui contribue au syndrome dépressif majeur. L’activation du NMDA menant à l’excès de la neurotransmission glutamatergique pourrait aussi y contribuer42.

Des processus inflammatoires peuvent être stimulés par des cognitions négatives ou leurs conséquences, comme le stress, la violence ou le manque. Ainsi, des conditions négatives peuvent causer une inflammation qui peut en retour mener à la dépression43.

La corrélation entre les pathologies neurovasculaires et la dépression favorise l’hypothèse d’un dérèglement du système immunitaire lié à des processus inflammatoires. Plus précisément, il semble que l’exposition au stress chronique permette à des protéines, les cytokines proinflammatoires, de traverser la barrière hémato-encéphalique et de déclencher certaines dépressions44.

Liens avec les hormones[modifier | modifier le code]

L’hormone œstrogène a été impliquée dans les troubles dépressifs du fait d’une augmentation du risque d’épisodes dépressifs après la puberté et pendant la grossesse – périodes où son taux est particulièrement élevé – et d’une diminution après la ménopause – période où le taux baisse considérablement45, mais les périodes prémenstruelles et du postpartum, au cours desquelles les taux d’œstrogènes sont pourtant bas, sont également associées à une augmentation du risque45.

Le retrait brutal, des fluctuations ou des périodes prolongées de concentrations basses d’œstrogènes ont été liés à une diminution significative de l’humeur. L’amélioration clinique de la dépression du postpartum, la périménopause et la postménopause montrent qu’elles sont possibles après que les concentrations d’œstrogènes sont stabilisées ou restaurées46,47.

Un traitement substitutif à base de testostérone peut également avoir un effet antidépresseur48.

Alcool et autres drogues[modifier | modifier le code]

De nombreux patients atteints de troubles psychiatriques sont consommateurs de substances, en particulier d’alcool, de sédatifs et du cannabis. La dépression et d’autres problèmes psychiatriques peuvent être causés par l’ingestion de ces substances. Un diagnostic différentiel doit obligatoirement être fait pour déterminer lorsqu’un trouble mental est causé ou non par une substance49. Selon le DSM-IV, un diagnostic de trouble de l’humeur ne peut s’effectuer s’il est causé par « des effets physiologiques directs liés à une substance ». Dans ce cas, il est appelé « trouble de l’humeur induit par une substance ». L’alcoolodépendance augmente significativement le risque de développer une dépression50,51. La dépression peut également survenir lors d’un syndrome de sevrage prolongé52,53[réf. non conforme]. Environ un quart des individus sevrés de l’alcool font l’expérience d’une anxiété ou d’une dépression persistante jusqu’à une durée de deux ans54[réf. non conforme].

Comme l’alcool, les benzodiazépines sont des dépresseurs du système nerveux central. Elles augmentent le risque de développer une dépression. Ces traitements perturberaient l’équilibre biologique du cerveau51, soit en diminuant par exemple les taux de sérotonine et de noradrénaline12, soit en activant les voies médiées par le système immunitaire du cerveau55. La prise chronique de benzodiazépines peut également causer ou aggraver une dépression56,57.

L’abus de méthamphétamine est également communément associé à la dépression58.

Psychologie[modifier | modifier le code]

De nombreux aspects de la personnalité et de son développement semblent avoir une partie intégrante dans la façon dont la dépression apparaît et persiste59, principalement neuroticisme60, mais aussi une attitude pessimiste étant un précurseur commun61. Les épisodes dépressifs sont fortement liés aux évènements négatifs de vie, mais les capacités qu’a la personne à faire face à un évènement sont aussi très importantes pour s’y adapter (résilience)62. Une faible estime de soi et des pensées pessimistes, négatives ou d’impuissance sont liées à la dépression. La dépression est moins répandue, et plus facilement guérissable, parmi les pratiquants d’une religion63,64,65. Il n’est pas toujours évident de connaître quels facteurs peuvent causer la dépression et ou en être la conséquence, cependant, des individus atteints de dépression capables de changer positivement leur manière de penser retrouvent souvent une meilleure humeur et une meilleure confiance en eux66.

Le psychiatre américain Aaron T. Beck, inspiré des travaux de George Kelly et Albert Ellis, a développé ce qui est désormais connu comme le modèle cognitif de la dépression au début des années 1960. Il propose trois concepts qui sous-tendent la dépression : une triade de pensées négatives composées d’erreurs cognitives sur soi, son univers et son avenir ; des schémas répétés de pensées négatives et une modification, une distorsion du traitement de l’information provenant de leur environnement67. De ces trois principes, il a développé une technique structurée de thérapie cognitivo-comportementale (TCC)68. Selon le psychologue américain Martin Seligman, la dépression chez les humains est similaire à l’impuissance apprise chez les animaux de laboratoire, où ils se trouvent dans une situation déplaisante durant laquelle ils peuvent trouver une échappatoire, mais qu’ils n’y parviennent pas car ils ont appris à n’avoir aucun contrôle sur cette situation69.

La théorie de l’attachement, développée par le psychiatre anglais John Bowlby dans les années 1960, propose une relation entre le trouble dépressif à l’âge adulte et la qualité du lien entre l’enfant et le parent. Il pense en particulier que « l’expérience d’une perte, d’une séparation ou d’un rejet du parent (qui renvoie le message d’un enfant mal-aimé) peuvent, dans tous les cas, mener à des modèles internes d’insécurité… Des représentations internes cognitives d’un enfant mal-aimé et des figures d’attachement impossibles à aimer ou indignes de confiance font partie de la triade cognitive de Beck70. » Tandis qu’un grand nombre d’études confirment les principes fondamentaux de la théorie de l’attachement, les recherches ne peuvent pas conclure qu’il existe un lien entre l’attachement affectif précoce et la dépression à l’âge adulte70.

Les individus dépressifs s’en prennent souvent à eux-mêmes à la suite d’événements négatifs qu’ils ont vécus71 et, comme démontré dans une étude en 1993 sur des adolescents dépressifs hospitalisés, ceux qui s’en veulent d’une manière négative n’espèrent pas vivre un futur événement positif72. Cette tendance est caractéristique d’une attribution dépressive ou d’un état d’esprit pessimiste71. Selon Albert Bandura, un psychosociologue canadien, associé avec la théorie sociale cognitive, les individus dépressifs se sous-estiment, à la suite d’expériences d’échec, d’observation des faiblesses des modèles sociaux, se basant sur un manque de persuasion sociale qu’ils ne peuvent affronter et leur propre état somatique et émotionnel impliquant la tension et le stress. Cela peut négativement influencer l’image de soi et provoquer un manque d’efficacité personnelle. De ce fait, ils pensent n’avoir aucune influence sur les événements ou leur projet de vie73.

Des tests de dépression chez les femmes indiquent que des facteurs de vulnérabilité — comme la perte précoce d’un proche, un manque de relation basée sur la confiance, la charge de plusieurs jeunes enfants à la maison, et le chômage — peuvent s’associer à d’autres facteurs stressants et augmenter le risque de développer une dépression74. Pour les individus plus âgés, les facteurs sont souvent liés à des problèmes de santé, des changements de statut relationnels entre époux liés à l’éducation des enfants et du décès d’un proche, ou le changement de relation avec des amis causé par des événements75.

La connaissance basée sur la dépression a également été interprétée par les branches psychanalytiques et humanistes de la psychologie. Selon le point de vue psychanalytique du neurologue et psychanalyste autrichien Sigmund Freud, la dépression, ou « mélancolie », peut être liée à une perte interpersonnelle76,77 et aux premières expériences de la vie78. Des thérapeutes existentiels ont associé la dépression à un manque de signification dans le présent79 et dans l’avenir80,81. Le fondateur de l’approche humaniste et psychologue américain Abraham Maslow suggère que la dépression peut survenir chez les individus incapables de combler leurs besoins ou de s’auto-développer (pour prouver pleinement leur potentiel)82,83.

Social et environnemental[modifier | modifier le code]

La précarité et l’isolement social sont associés à un risque élevé de problèmes de santé mentale en général59. La maltraitance sur mineur (abus physique, émotionnel, sexuel ou négligence) est également associée à un risque élevé de développer une dépression durant l’âge adulte84. Durant les premières années de sa vie, l’enfant apprend à devenir un être social. L’abus d’un enfant par un parent peut négativement interférer le développement de la personnalité et créer un plus grand risque de développer une dépression et autres pathologies psychiatriques. Des problèmes familiaux, comme une dépression parentale (notamment maternelle), un sérieux conflit parental ou divorce, le décès d’un parent ou autres dysfonctionnements dans la parentalité sont d’autres facteurs de risque59. À l’âge adulte, des évènements stressants sont fortement associés au développement d’épisodes dépressifs85. Dans ce contexte, des événements de la vie associés au rejet social apparaissent être particulièrement liés à la dépression86,87. Le fait qu’un premier épisode dépressif précède le plus souvent et immédiatement un événement stressant plutôt qu’un épisode récurrent se tient avec l’hypothèse que les sujets deviennent beaucoup plus sensibles aux changements de leur condition de vie après des récurrences de dépression successives88,89.

Le lien entre les événements stressants de la vie et l’aide sociale a été le sujet de nombreux débats. Le manque de support social accroît le risque de développer une dépression ou le manque de support social peut constituer une pression menant directement à la dépression90. Il existe des preuves que des troubles dans le voisinage, par exemple, avec des problèmes de toxicomanie ou criminels, est un facteur de risque, tandis qu’un entourage au revenu aisé est un facteur protecteur91. Des conditions de travail difficiles, en particulier chez les demandeurs d’emploi avec peu de possibilité de prendre des décisions pour eux-mêmes, sont associées à la dépression, bien que la diversité et le nombre de facteurs confondants soient importants, une relation causale est difficile à faire92.

La dépression peut être causée par un préjudice. Elle survient lorsqu’un individu maintient une image négative et stéréotypée de lui-même. Cette stigmatisation peut être causée par l’appartenance à un groupe. Si quelqu’un, a des a priori sur un groupe et devient par la suite membre de ce groupe, ceci peut internaliser ces a priori et favoriser une dépression. Par exemple, un garçon qui grandit dans une culture dans laquelle il intègre l’a priori que les homosexuels sont immoraux, peut, une fois adulte, s’auto-stigmatiser s’il découvre qu’il est lui-même homosexuel. Des individus pourraient aussi internaliser des a priori, à la suite d’une auto-stigmatisation causée par une enfance avec des expériences négatives comme des abus physiques et verbaux43.

Certaines relations ont été rapportées entre des sous-types spécifiques de dépression et des conditions climatiques. Ainsi, le risque de développer une dépression avec symptômes psychotiques augmenterait lorsque la pression barométrique est basse, tandis que le risque de mélancolie est augmentée lorsque la température et/ou la lumière du soleil sont faibles93.

Du point de vue de l’alimentation, une corrélation a été trouvée entre la consommation plus fréquente de fast-food et l’incidence de dépression94. La consommation fréquente de produits sucrés et de viandes transformées pourrait être un facteur de risque95. À l’inverse, le régime méditerranéen aurait un effet protecteur96.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Symptomatologie[modifier | modifier le code]

La dépression est un état handicapant qui peut défavorablement affecter la famille, la scolarité, le travail, le sommeil, l’alimentation et la santé en général97. Son impact sur le fonctionnement et le bien-être est comparé à celui des conditions cliniques chroniques comme le diabète98.

Un individu souffrant d’un épisode dépressif majeur montre habituellement une très forte baisse de moral, ce qui affecte négativement son point de vue sur tout son environnement, et une incapacité à prendre du plaisir lors d’activités qu’il considérait auparavant agréables. Les individus atteints de dépression peuvent ruminer ou être préoccupés par des pensées ou sentiments d’impuissance, d’inutilité, de regret ou culpabilité, de désespoir et de haine envers eux-mêmes99. Dans certains cas plus graves, ils peuvent également être victimes de psychose. Ces symptômes incluent des délires ou, moins communément, des hallucinations, habituellement désagréables100. D’autres symptômes de la dépression peuvent inclure des difficultés à se concentrer et à retenir des informations (en particulier chez les patients souffrant de symptômes psychotiques ou mélancoliques101), un retrait d’activités familiales ou sociales, une libido réduite, et des pensées de mort ou de suicide. L’insomnie est fréquente chez les individus dépressifs. Habituellement, ils se réveillent tôt sans réussir à se rendormir par la suite102. L’insomnie affecte au moins 80 % des individus dépressifs103. L’hypersomnie, ou excès de sommeil, peut également survenir102. Certains antidépresseurs peuvent favoriser l’insomnie à cause de leurs effets stimulants104. Plus généralement, une clinophilie est associée due à la sédentarité et au manque d’exercice physique.

Un individu souffrant de dépression peut montrer des signes non psychiatriques comme des maux de tête ou des problèmes de digestion. Les problèmes physiques sont les problèmes les plus répandus dans les pays en voie de développement, selon les critères de l’Organisation mondiale de la santé105. L’appétit diminue souvent et cause une perte de poids. Bien que l’appétit puisse également parfois augmenter et causer une prise de poids importante99. L’entourage du patient peut remarquer chez ce dernier un comportement actif ou léthargique102. Des individus dépressifs plus âgés peuvent montrer des symptômes cognitifs comme une perte significative de la mémoire101 et une très grande lenteur dans les mouvements106. La dépression est également présente chez les personnes âgées souffrant de symptômes physiques, comme ceux de l’accident vasculaire cérébral ou autres maladies cardiovasculaires107, la maladie de Parkinson et la broncho-pneumopathie chronique obstructive108.

Les enfants dépressifs démontrent de l’irritabilité plutôt qu’une humeur dépressive99, et les symptômes varient grandement selon l’âge et la situation109. La plupart d’entre eux perdent tout intérêt dans leur scolarité et voient un déclin de leurs résultats scolaires. Ils peuvent être décrits comme trop dépendants, exigeants ou agressifs102. Le diagnostic peut se faire tardivement, ou ne pas se faire, lorsque ces symptômes sont interprétés comme normaux99. La dépression peut coexister avec le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, compliquant ainsi le diagnostic et le traitement de ces deux troubles110[réf. non conforme].

Évaluation clinique[modifier | modifier le code]

Un diagnostic peut être effectué par un psychiatre ou psychologue97 qui recueille l’état actuel du patient, sa vie personnelle et familiale, ainsi que ses symptômes actuels. L’objectif clinique général est de déterminer les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux qui peuvent déterminer l’humeur de l’individu. L’évaluateur peut aussi discuter les moyens que la personne utilise pour réguler son humeur (sains ou non) comme la consommation d’alcool ou d’autres drogues. L’évaluation peut également comporter un examen de l’état mental (en), évaluant l’humeur et la pensée actuelles de l’individu, en particulier la présence de sentiments de désespoir ou de pessimisme, d’automutilation ou de suicide et une absence de but ou projets positifs97. Les professionnels de la santé mentale sont beaucoup moins présents dans les zones rurales. Par conséquent, le diagnostic et les soins sont prodigués par des médecins traitants111. Ce problème est également plus marqué dans les pays en voie de développement112. L’examen psychologique peut inclure des échelles cliniques comme l’échelle de dépression de Hamilton113[réf. non conforme] ou l’inventaire de dépression de Beck114[réf. non conforme]. Le résultat de l’échelle comme seul diagnostic est insuffisant selon les manuels du DSM et de la CIM, mais il fournit une indication de la sévérité des symptômes durant une période définie, ce qui fait que, lorsqu’un patient atteint un score plus élevé que la normale, ce dernier peut être évalué plus en détail dans le cadre du diagnostic dépressif115. De nombreuses échelles cliniques sont créées dans ce but115[réf. non conforme]. Des programmes de dépistage sont proposés pour la prévention de la dépression, les preuves ne montrent pas qu’ils améliorent la détection, le traitement ou l’évolution de la dépression116[réf. non conforme].

Les médecins traitants et autres professionnels non spécialisés dans le domaine psychologique peuvent avoir des difficultés à diagnostiquer une dépression, car ils sont entraînés à reconnaître en premier lieu les symptômes physiques et la dépression peut causer un bon nombre de symptômes physiques (psychosomatiques). Ces médecins font deux fois sur trois un mauvais diagnostic et traitent d’autres patients sans qu’il y en ait nécessité117,118.

Examens complémentaires[modifier | modifier le code]

Avant de diagnostiquer une dépression majeure, un médecin effectue généralement un examen médical et des examens complémentaires pour déterminer d’autres causes des symptômes. Cela peut inclure un examen sanguin mesurant le taux de thyréostimuline et de thyroxine pour exclure une hypothyroïdie, un ionogramme et une calcémie pour éliminer une maladie métabolique, une numération formule sanguine pour éliminer une maladie systémique ou une maladie chronique118,119. Une atteinte de la fonction rénale et hépatique est recherchée. Le taux de testostérone pourrait être évalué pour diagnostiquer un hypogonadisme, une cause de dépression chez les hommes120.

Des plaintes cognitives apparaissent chez les patients âgés dépressifs, mais elles peuvent aussi favoriser le développement d’une démence, comme la maladie d’Alzheimer121,122. Des tests cognitifs et une imagerie cérébrale peut aider à distinguer la dépression d’une démence123. Un scanner peut exclure une pathologie cérébrale chez les patients atteints de symptômes psychotiques, de symptômes rapidement développés, ou de symptômes inhabituels124. En général, les recherches ne sont pas répétées pour des épisodes suivants sauf si indication médicale.

Il n’existe aucun test de confirmation biologique de la dépression125. Des recherches sur les biomarqueurs de la dépression ont été effectuées pour fournir une méthode objective de diagnostic. Il existe plusieurs biomarqueurs potentiels, notamment le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (FNDC, BDNF en anglais), en plus de techniques variées d’IRM fonctionnelle. Une étude a développé un arbre décisionnel pour interpréter une série d’IRM fonctionnelles pendant des activités différentes. Chez leurs sujets, les auteurs de l’étude ont été capables d’atteindre une sensibilité de 80 % et une sensibilité de 87 %, ce qui correspond à une valeur prédictive négative de 98 % et une valeur prédictive positive de 32 % (des rapports de vraisemblance positifs et négatifs de 6,15 et de 0,23 respectivement). Cependant, d’autres recherches sont nécessaires pour l’utilisation de ces tests en clinique126.

Critères et classification[modifier | modifier le code]

Les critères les plus utilisés dans le diagnostic de la dépression majeure peuvent être trouvés dans la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) édité par l’Association américaine de psychiatrie, et dans la Classification internationale des maladies (CIM-10) édité par l’Organisation mondiale de la santé.

Ils utilisent le terme d’« épisode dépressif » pour un simple épisode, et de « trouble dépressif récurrent » pour des épisodes répétés127[réf. non conforme]. La première classification est utilisée aux États-Unis ainsi que dans d’autres pays non-européens, et la deuxième classification est utilisée dans les pays européens128. Les auteurs se sont penchés sur des critères communs dans les deux classifications129.

Le DSM-5 et la CIM-10 identifient des symptômes dépressifs typiques (principaux). La CIM-10 définit trois symptômes dépressifs (humeur triste, anhédonie et baisse d’énergie), dont deux doivent être présents pour diagnostiquer un trouble dépressif130. Selon le DSM-5, il existe deux principaux symptômes de la dépression — humeur triste et anhédonie. Au moins l’un de ces symptômes doit être présent pour diagnostiquer un trouble dépressif131.

La dépression est classifiée en tant que trouble de l’humeur dans le DSM-5132. Le diagnostic dépend de la présence d’un ou plusieurs épisodes dépressifs99. D’autres termes sont utilisés pour classifier à la fois l’épisode et l’évolution de la maladie. La catégorie du trouble dépressif non autrement spécifié est diagnostiqué si la manifestation de l’épisode dépressif ne rencontre aucun critère décrivant un épisode dépressif majeur.

La classification de la CIM-10 n’utilise pas le terme de « trouble dépressif majeur », mais liste un critère très similaire pour le diagnostic d’un épisode dépressif (léger, modéré, sévère). Le terme de « récurrent » s’ajoute lorsqu’il y a déjà eu de multiples épisodes sans épisode maniaque133 qui serait alors en faveur d’un trouble bipolaire.

Épisode dépressif majeur[modifier | modifier le code]

Un épisode dépressif majeur se caractérise par la présence d’une humeur très triste persistant pendant au moins deux semaines99. Les épisodes peuvent être isolés ou répétés et caractérisés selon leur intensité : légers (peu de symptômes pour atteindre le critère minimum), modérés ou sévères (affectant le fonctionnement social et de l’occupation). Un épisode accompagné de caractéristiques psychotiques — habituellement désigné sous le terme de « dépression psychotique » — est automatiquement classifié comme sévère. Si le patient possède des antécédents d’épisodes maniaques ou d’humeur anormalement élevée (hypomaniaques), le diagnostic d’un trouble bipolaire est effectué à la place134. La dépression sans tendance maniaque est souvent désignée sous le terme d’« unipolaire » car l’humeur se stabilise en un seul état émotionnel ou « pôle » émotionnel135.

Le DSM-5 exclut les cas dans lesquels les symptômes impliquent le décès d’un proche, bien qu’un épisode avec symptômes dépressifs et tristesse persistante, puisse suivre après le deuil136. Ce critère a fait débat car il ne prend en compte aucun autre aspect de contexte personnel ou social dans lequel la dépression peut survenir137. En outre, certaines études trouvent peu de confirmation empirique sur les critères délimités du DSM-IV et indiquent qu’il s’agit plutôt d’un diagnostic consensuel posé sur un continuum de symptômes dépressifs d’une durée et sévérité variées138 : il exclut des diagnostics proches, comme la dysthymie qui implique un trouble de l’humeur chronique mais moins sévère139, la dépression brève récurrente, impliquant des épisodes dépressifs répétés mais brefs140,141, le trouble dépressif mineur, dans lequel uniquement quelques symptômes de la dépression sont présents142 et le trouble de l’adaptation avec humeur dépressive qui comprend une baisse du moral en réponse à un événement stressant143.

Sous-types[modifier | modifier le code]

Le DSM-5 reconnaît davantage cinq sous-types de la dépression appelés « déterminants », en fonction de leur durée, leur sévérité et également la présence de symptômes psychotiques :

La mélancolie est caractérisée par une perte de plaisir dans (presque) toutes les activités, une incapacité à réagir aux stimuli liés au plaisir, une baisse d’humeur plus marquée que lors d’un deuil ou la perte d’un proche, une aggravation des symptômes dans la matinée, un réveil de bonne heure, un retard psychomoteur, une perte excessive de poids (à ne pas confondre avec l’anorexie) ou un sentiment excessif de culpabilité144.

La dépression atypique est caractérisée par une humeur réactive (anhédonie paradoxale) et positive, un gain de poids important ou un appétit plus prononcé (plaisir de manger), un sommeil excessif ou hypersomnie, une sensation de lourdeur dans certaines parties du corps et une mauvaise adaptation sociale marquée par une hypersensibilité au rejet interpersonnel145.

La dépression catatonique est une forme rare et grave de dépression impliquant des troubles dans le comportement moteur et d’autres symptômes. Dans ce cas, le patient est muet, voire léthargique, peut rester immobile ou faire des mouvements étranges et sans but. Les symptômes catatoniques surviennent également chez les patients schizophrènes, lors d’épisodes maniaques, ou peuvent être causés par le syndrome malin des neuroleptiques146. Une cause non psychiatrique doit être éliminée en priorité.

La dépression post-partum, ou trouble mental et du comportement léger associé à la grossesse non classé ailleurs147[réf. non conforme], désigne une intense dépression, soutenue et souvent handicapante, qui survient chez les jeunes mères après avoir donné naissance. L’incidence de la dépression post-partum s’élève entre 10 et 15 % chez les jeunes mères. Le DSM-5 note que pour diagnostiquer la dépression post-partum, les symptômes surviennent dans le mois après la naissance. Il est possible que la dépression post-partum puisse durer plus de trois mois148.

La dépression saisonnière est une forme de dépression durant laquelle des épisodes dépressifs surviennent à l’arrivée de l’automne ou de l’hiver et disparaissent à l’arrivée du printemps. Le diagnostic ne peut être posé que lorsqu’au moins deux épisodes sont survenus pendant les deux mois les plus froids de l’année mais aucun épisode pendant les autres mois de l’année, ceci pendant une période de deux ans ou plus149.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Pour confirmer le diagnostic de la dépression, d’autres diagnostics potentiels doivent être pris en compte, comme la dysthymie, le trouble de l’adaptation avec humeur dépressive, ou le trouble bipolaire. La dysthymie est un trouble de l’humeur léger et chronique durant lequel le patient montre presque quotidiennement une baisse d’humeur pendant au moins une durée de deux ans. Les symptômes ne sont pas aussi importants que ceux de la dépression, bien que les patients diagnostiqués de dysthymie soient sensibles à une seconde dépression (ce qui est souvent nommé « double dépression »)139. Le trouble de l’adaptation avec humeur dépressive est un trouble de l’humeur, caractérisé par une réponse à un événement identifiable ou stressant, dans lequel les symptômes comportementaux et émotionnels sont significatifs mais qui ne rencontrent pas le critère de la dépression143. Le trouble bipolaire, également désigné sous le terme de « trouble maniaco-dépressif », est une maladie durant laquelle les phases dépressives alternent avec des périodes de manie ou d’hypomanie. La dépression étant catégorisée en tant que trouble à part, des débats se déroulent encore sur l’expérience de symptômes hypomaniaques chez les patients dépressifs, indiquant un continuum dans les troubles de l’humeur150.

D’autres troubles doivent également être pris en compte pendant le diagnostic de la dépression. Ceux-ci impliquent une humeur dépressive causée par d’autres maladies non psychiatriques, la prise de médicaments ou de substances favorisant la baisse d’humeur. La dépression liée par une maladie non psychiatrique est caractérisée comme trouble de l’humeur pour cause de condition médicale générale. Cette condition est déterminée par l’histoire de la maladie, grâce à des tests cliniques et examens physiques. Lorsque la dépression est causée par l’ingestion de drogues, de médicaments ou par l’exposition à une toxine, elle est diagnostiquée en tant que trouble de l’humeur induit par une substance151. Dans ce cas, la substance est la cause du trouble de l’humeur. Par ailleurs, au décours de l’arrêt de certains traitements antidépresseurs, la réapparition de la maladie peut être confondue avec le syndrome d’arrêt des antidépresseurs qui a des symptômes ressemblants152.

Comorbidités[modifier | modifier le code]

La dépression est fréquemment présente dans de nombreux problèmes psychiatriques. Les résultats du National Comorbidity Survey (en) (1990-1992) rapportent que 51 % des individus dépressifs souffriraient d’anxiété durant toute leur vie153. Les symptômes anxieux peuvent avoir un impact sur le trouble dépressif, causer une guérison tardive, une augmentation du risque de rechute, ainsi qu’un plus grand handicap, et des risques élevés de suicide154. Il existe un lien entre le stress, l’anxiété et la dépression qui peut être mesuré et démontré biologiquement155. Il existe un risque élevé d’abus substantiel et d’alcoolo-dépendance156, et environ un tiers des individus diagnostiqués de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité développent une dépression comorbide157. La dépression est aussi fréquemment retrouvée chez les individus souffrant de trouble de stress post-traumatique97.

La dépression accompagne souvent les douleurs physiques intenses. Un ou plusieurs symptômes douloureux surviennent à 65 % chez les patients dépressifs, et environ 85 % des patients victimes de douleurs souffrent de dépression. La prévalence est plus faible en médecine générale qu’en pratique spécialisée. Le diagnostic de la dépression est souvent inexistant ou tardivement effectué, et la dépression peut s’aggraver avec le temps. Elle peut également s’aggraver lorsque les symptômes dépressifs sont incorrectement traités158.

La dépression est associée à un risque élevé de maladie cardiovasculaire, indépendamment d’autres facteurs de risques, et directement, ou indirectement, liée à des facteurs de risques comme le tabagisme et l’obésité. Les individus souffrant de dépression suivent plus rarement un traitement médical pour prévenir les troubles cardiovasculaires, ce qui augmente les risques d’en développer. Dans les soins qu’il prodigue, un cardiologue peut ne pas reconnaître la dépression comme une cause compliquant un problème cardiovasculaire159.

La dépression peut causer des dysfonctions cognitives qui peuvent perdurer même après guérison160.

En psycho-oncologie adulte, on estime qu’environ 15 à 25 % des patients qui ont reçu un diagnostic de cancer souffrent de dépression. Les raisons en sont multiples, mais la douleur augmente les risques d’épisodes dépressifs161.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Seul un petit pourcentage de patients non traités voient leurs symptômes de dépression s’améliorer spontanément. Ainsi, des patients non hospitalisés sur liste d’attente montrent une réduction de 10 à 15 % des symptômes en quelques mois, avec environ 20 % qui n’entrent plus dans les critères d’un épisode dépressif162. La durée moyenne d’un épisode est estimée à 23 semaines, avec une plus grande chance de guérison dans les 3 mois163.

Des études montrent que 80 % des patients souffrant d’un premier épisode dépressif majeur seront une nouvelle fois atteints d’au moins un épisode de plus dans leur vie164, avec une moyenne de quatre épisodes dans leur vie165. D’autres études de population indiquent qu’environ la moitié de ceux ayant souffert d’un épisode (traité ou non) récupèrent et guérissent bien, tandis que l’autre moitié d’entre eux seront atteint d’au moins un autre épisode, dont environ 15 % feront l’expérience d’une récurrence chronique166. Des études accueillant des patients hospitalisés suggèrent une chance réduite de guérison et un plus grand risque de chronicité, tandis que des études sur la plupart des patients non hospitalisés montrent qu’environ tous guérissent, avec une durée moyenne d’un épisode de 11 mois. Environ 90 % des patients souffrant de dépression sévère ou psychotique, dont la plupart rencontrant des critères d’autres troubles mentaux, font l’expérience d’une rechute167,168.

Le risque de rechute s’accroît lorsque les traitements ne parviennent pas à guérir totalement les symptômes. Des prescriptions d’antidépresseurs sont recommandées quatre à six mois après guérison pour éviter toute rechute. Une évidence par essai randomisé contrôlé indique que la prise continue d’antidépresseurs après guérison peut réduire les risques de rechute à 70 % (41 % par placebo contre 18 % par antidépresseur). L’effet préventif dure probablement pendant au moins les 36 premiers mois après utilisation169.

Les individus souffrant d’épisodes répétés de dépression requièrent un traitement à long-terme pour éviter les risques de développer une dépression plus longue et plus sévère. Dans certains cas, les individus se doivent de prendre leur traitement pendant un long moment ou pour le reste de leur vie170. Les cas dans lesquels les chances de guérison sont réduites sont associés à un traitement non-adapté, des symptômes initiaux sévères qui peuvent impliquer psychose, un développement précoce des symptômes, des antécédents d’épisodes, une guérison partielle après un an, un trouble médical ou mental pré-existant, voire également des problèmes familiaux171.

Les individus dépressifs ont une espérance de vie raccourcie par rapport aux individus non-dépressifs, en partie à cause du risque élevé de décès par suicide172. Cependant, le risque de mortalité élevé des individus dépressifs peut impliquer d’autres causes173, dont la susceptibilité de développer d’autres conditions médicales comme les maladies cardiovasculaires174. Plus de 60 % des suicides impliquaient des troubles de l’humeur, dont la dépression, et le risque est particulièrement élevé chez un individu marqué par le désespoir ou souffrant à la fois de trouble de la personnalité borderline et de dépression1. Aux États-Unis, le taux de suicide associé au diagnostic de dépression est estimé à 3,4 %, avec un risque plus élevé chez les hommes (7 %) que chez la femme (1 %)175 (bien que les tentatives de suicide soient plus fréquentes chez les femmes)176.

La dépression est souvent associée au chômage et à la précarité177. La dépression est actuellement[Quand ?] la cause principale de maladies liées au statut socio-économique en Amérique du Nord et dans d’autres pays à hauts revenus, et la quatrième cause principale mondiale. En 2030, elle semblera être la seconde cause principale mondiale après le SIDA, selon l’Organisation mondiale de la santé178.

Prévention[modifier | modifier le code]

Des interventions comportementales, comme la thérapie interpersonnelle179 et la psychothérapie cognitivo-comportementale, sont efficaces dans la prévention d’une dépression180[réf. non conforme],181,182. De telles interventions, qui semblent être efficaces lorsqu’elles sont effectuées individuellement ou en petit groupe, pourraient atteindre un niveau d’audience plus conséquent sur Internet183.

Cependant, une méta-analyse plus ancienne démontre que les programmes préventifs, avec un programme qui améliore les compétences, est plus efficace qu’un programme généralement orienté sur les comportements, et montre que ces derniers n’apportaient aucune aide chez les personnes âgées, pour lesquelles seulement une aide sociale était bénéfique. Par ailleurs, les programmes de prévention les plus efficaces contre la dépression comprenant plus de huit sessions, chacune d’une durée comprise entre 60 et 90 minutes, et un groupe composé à la fois de travailleurs professionnels et non-professionnels, montraient un impact plus bénéfique184.

Le système de soin mental néerlandais met en avant des interventions préventives comme le programme de « Lutte contre la Dépression » pour les patients atteints de dépression mineure. Cette intervention psycho-éducative prouverait son efficacité en tant que traitement et dans la prévention de la dépression (aussi bien pour son adaptabilité que pour son accessibilité), avec une réduction de 38 % dans le développement d’une dépression majeure et une efficacité comparable à celle des psychothérapies180,185[réf. non conforme]. Des efforts de prévention pourraient entraîner une diminution du risque de développer une dépression de 22 à 38 %182. Une intervention par étape (surveillance active, psychothérapie cognitivo-comportementale (PCC) et prise médicamenteuse pour certains) diminuerait de 50 % le risque d’incidence chez les patients âgés de 75 ans ou plus186. Une étude sur la dépression montre un effet neutre comparé à l’éducation personnelle, sociale, et à la santé et a inclus un commentaire sur le potentiel d’augmenter les scores de dépression à partir des personnes qui ont reçu une thérapie cognitivo-comportementale causé par une plus grande détection et auto-reconnaissance des symptômes existants de dépression et spécialement des styles de pensée négative[pas clair]187. Une autre étude montre également un effet neutre188.

Traitements[modifier | modifier le code]

Le traitement du trouble dépressif repose sur plusieurs méthodes à aborder parallèlement, un traitement médicamenteux à partir d’antidépresseurs, une psychothérapie et une aide psychosociale. Pour les formes résistantes, l’électroconvulsivothérapie peut être nécessaire. La psychothérapie est le traitement de choix pour les patients de moins de 18 ans. L’hospitalisation peut être nécessaire dans certains cas aigus : s’il y a auto-négligence, risque significatif de se blesser ou de blesser autrui ou lors d’une crise suicidaire. La durée du trouble varie beaucoup, pouvant aller d’un épisode qui se résout en une semaine à une succession d’épisodes dépressifs majeurs pouvant durer sur des années. Le traitement médicamenteux peut être orienté sur le traitement de troubles associés, par exemple des troubles du sommeil ou l’anxiété. Le traitement doit être le plus individualisé possible en fonction des besoins du patient. La correction du taux de testostérone apporte un effet bénéfique sur le traitement de la dépression. Les endocrinologues le savent.

De plus, de nouvelles approches mènent vers des traitements spécialisés en fonction des rythmes circadiens des patients. Ce traitement, dit chronothérapie, cherche à traiter les symptômes de la dépression en prenant en compte l’horloge corporelle des patients.

Psychothérapie[modifier | modifier le code]

La psychothérapie peut être effectuée individuellement, en groupe ou en famille, par un professionnel de la santé mentale incluant psychothérapeute, psychiatre et psychologue. Avec des formes plus chroniques et complexes de dépression, un mélange de médicaments et de thérapies peut s’effectuer189,190.

La psychothérapie cognitivo-comportementale (TCC) est un traitement ayant montré son efficacité sur la dépression chez les enfants et adolescents. Les TCC et les thérapies interpersonnelle (TIP) sont des thérapies principalement effectuées chez les adolescents191. Chez les patients âgés de moins de 18 ans, selon la National Institute for Health and Clinical Excellence (en), la prise d’un médicament doit être effectuée conjointement avec une thérapie psychologique comme la TCC, la thérapie interpersonnelle et la thérapie familiale192. Elle obtiendrait des résultats équivalents à ceux des antidépresseurs de deuxième génération193

La psychothérapie se révèle efficace chez les individus plus âgés194,195. Une psychothérapie bien effectuée peut réduire considérablement la récurrence de la dépression même après qu’elle est terminée ou remplacée par des séances de rappel.

La forme de psychothérapie la plus étudiée pour la dépression est la TCC qui apprend aux patients les moyens de lutter contre les pensées (cognitions) négatives et persistantes pour ainsi changer les comportements contre-productifs. Une recherche effectuée au milieu des années 1990 explique que les TCC pourraient être aussi efficaces, voire plus efficaces, que les antidépresseurs chez les patients souffrants de dépression modérée à sévère196,197. Les TCC peuvent se révéler efficaces chez les adolescents dépressifs198, bien que son efficacité sur des épisodes sévères de dépression reste à prouver199. Plusieurs facteurs prédisent le succès des TCC chez les adolescents : haut niveau de pensées positives, sentiments d’échec diminués, pensées négatives et distordues diminuées200. Les TCC sont également efficaces dans la prévention contre les rechutes201,202. Plusieurs variantes de psychothérapies cognitivo-comportementales ont été utilisées chez les patients dépressifs, les plus notables étant la thérapie rationnelle-émotive203 et plus récemment[Quand ?] la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience204.

La psychanalyse, fondée par Sigmund Freud, se base sur la résolution des conflits mentaux inconscients205. Des techniques psychanalytiques sont utilisées par certains praticiens pour soigner les patients atteints de dépression206. Une autre technique plus pratiquée et éclectique, appelée la psychothérapie psychodynamique, se base sur la psychanalyse, mais principalement sur les causes sociales et interpersonnelles207. Dans une méta-analyse d’essais contrôlés de psychothérapie courte psychodynamique et de soutien, l’amélioration s’est avérée aussi efficace que la prise médicamenteuse pour la dépression légère à modérée208.

La logothérapie, une forme de psychothérapie existentielle développée par le psychiatre autrichien Viktor Frankl, se base sur le vide existentiel associé à des sentiments de futilité et d’insignifiance. Il est indiqué que ce type de psychothérapie se révélerait plus efficace chez les adolescents plus âgés209.

Le traitement de la dépression par la psychothérapie assistée par la psilocybine a été étudié210,211. En 2018 la Food and Drug Administration a accordé la désignation de Breakthrough Therapy pour la thérapie assistée par la psilocybine pour la dépression résistante au traitement212.

Médicaments et alimentation[modifier | modifier le code]

Antidépresseurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antidépresseur.

Exemple de conditionnement de fluoxétine, appartenant à la classe des inhibiteurs de recapture de la sérotonine.

La pharmacologie des antidépresseurs (en) (mécanisme d’action) est basée sur l’hypothèse d’un déséquilibre chimique en monoamines. La plupart des traitements aux antidépresseurs augmentent les taux d’une ou de plusieurs monoamines : la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine dans la fente synaptique localisée entre les neurones. Certains traitements agissent directement sur les récepteurs des monoamines. Certains antidépresseurs augmentent directement les niveaux de noradrénaline, tandis que d’autres augmentent les niveaux de dopamine.

L’effet des antidépresseurs s’avère nul à minimal comparé au placebo chez les patients atteints de dépression légère et modérée. L’effet est significatif chez les patients atteints de dépression sévère213. Les effets des antidépresseurs sont légèrement supérieurs à ceux de la psychothérapie, en particulier dans les cas de dépression chronique majeure, bien que l’efficacité dans les essais mesurant l’effet à court terme, plus de patients -spécialement ceux qui ont une forme moins sévère de dépression- arrêtent le traitement médicamenteux que la psychothérapie. Ceci est probablement dû aux effets indésirables des médicaments et aux préférences des patients pour les psychothérapies plutôt que pour les traitements pharmacologiques214,215.

Dans le but de trouver l’antidépresseur le plus efficace avec le moins d’effets secondaires possibles, les dosages peuvent être ajustés et si nécessaire, l’association de différentes catégories d’antidépresseurs peuvent être essayées. Des taux de réponse au premier antidépresseur administré varient de 50 à 75 %, et peuvent prendre au moins 6 à 8 semaines à partir du début du traitement jusqu’à la rémission, où le patient revient à son état normal216, voire durer pendant plus d’un an si recommandation217. Le traitement antidépresseur est souvent continué pendant 16 à 20 semaines après la rémission pour diminuer le risque de rechute216[réf. non conforme]. On recommande même un traitement pendant un an217[réf. non conforme]. Les personnes avec une dépression chronique peuvent avoir besoin de prendre un traitement indéfiniment pour éviter une rechute97.

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont les premières substances médicamenteuses prescrites car ils possèdent relativement peu d’effets secondaires et sont moins toxiques lors de surdosage (par intoxication médicamenteuse volontaire notamment)218. Les patients qui ne répondent pas aux ISRS peuvent avoir un autre antidépresseur et leur état s’améliore alors dans presque 50 % des cas219. Une autre option est d’utiliser un antidépresseur atypique, le bupropion220,221[réf. non conforme],222. La venlafaxine, un antidépresseur qui agit différemment, est modérément plus efficace que les ISRS223. Cependant, la venlafaxine n’est pas un traitement recommandé en première intention au Royaume-Uni car sa balance bénéfice risque semble défavorable224. Ce traitement est déconseillé chez les enfants et les adolescents225,226. Pour les adolescents dépressifs, la fluoxétine225 et l’escitalopram227 sont deux choix recommandés. L’efficacité des antidépresseurs n’est pas démontrée chez les enfants228. Il n’existe également aucune preuve concernant l’efficacité des antidépresseurs dans les dépressions compliquant une démence229. Chaque antidépresseur peut entraîner une diminution du taux de sodium dans le sang (hyponatrémie)230. Cependant, cette diminution est plus souvent rapportée par ISRS218. Il n’est pas rare que les ISRS causent ou aggravent une insomnie. L’antidépresseur mirtazapine peut être utilisé dans ces cas-là231,232.

Les inhibiteurs irréversibles de monoamine oxydase, une plus ancienne classe d’antidépresseurs, ne sont plus beaucoup utilisés car ils peuvent entraîner des intoxications due à certains régimes alimentaires et interactions médicamenteuses. Ils sont encore rarement utilisés, bien que des traitements plus récents et plus efficaces de cette classe aient été développés233. Le profil de sécurité est différent avec les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase comme le moclobemide avec lequel l’interaction avec le régime alimentaire est négligeable et les restrictions alimentaires sont moins strictes234.

Les termes de « dépression réfractaire » et « dépression résistante au traitement » sont utilisés pour décrire les cas qui ne répondent pas à une évolution habituelle d’au moins deux types d’antidépresseurs235. Dans de nombreuses et importantes études, seulement environ 35 % des patients répondent bien au traitement médicamenteux. Il est difficile pour un médecin de déterminer chez un individu une dépression résistante aux traitements ou si le problème est lié à un autre trouble coexistant, fréquent parmi les patients souffrant de dépression majeure236.

Une équipe de psychologues provenant de différentes universités américaines ont montré que les traitements aux antidépresseurs ont un effet à peine supérieur à celui du placebo dans les cas de dépression légère à modérée. L’étude s’est concentrée sur la paroxétine et l’imipramine237.

Chez les enfants, les adolescents et probablement les jeunes adultes entre 18 et 24 ans, il existe un risque plus élevé d’idéations et de comportement suicidaire quand ils sont traités par ISRS238,239,240,241,242. Chez les adultes, il n’existe aucun moyen de savoir si les ISRS affectent les tendances suicidaires242. Une étude ne montre aucun lien243 ; une autre montre une augmentation du risque244 ; et une troisième aucun risque chez les patients âgés entre 25 et 65 ans avec une diminution du risque chez les patients de plus de 65 ans245. Des données épidémiologiques démontrent que la diffusion généralisée des antidépresseurs dans la « nouvelle ère des ISRS » est associée à une diminution significative des risques suicidaires dans la plupart des pays dont le taux de décès par suicide y est habituellement élevé246. La causalité de cette relation est complètement incertaine247. Une indication est appliquée en 2007 aux États-Unis sur les boîtes d’ISRS et autres antidépresseurs à cause de l’augmentation du risque de suicide chez les patients âgés de moins de 24 ans248. De même, des notices ont été revues par le ministère japonais de la santé249.

Le lithium semblerait diminuer et lutter contre les tendances suicidaires chez les patients atteints de trouble bipolaire ou de dépression unipolaire à un taux proche de ceux dans la population générale250,251[réf. non conforme].

Autres médicaments ou compléments alimentaires[modifier | modifier le code]

Des données préliminaires montrent que les inhibiteurs COX-2 sélectifs auraient un effet bénéfique sur la dépression majeure42.

Certains compléments d’huile de poisson qui contiennent des taux élevés d’acide eicosapentaenoique et d’acide docosahexaenoique (EPA et DHA, des oméga-3) pourraient être utiles dans la dépression majeure252, mais d’autres méta-analyses de cette recherche concluent que les effets positifs pourraient être liés à un biais de publication[pas clair]253. Les oméga-3 ont été mis en avant par plusieurs livres grand public comme traitement de la dépression, en particulier dans Guérir écrit par David Servan-Schreiber. La recherche ne permet pas de trancher sur les effets réels des oméga-3. Les effets d’une supplémentation en oméga-3 pourraient n’être liés qu’à la correction des carences dans les populations-cibles254,255.

Une supplémentation en vitamine D pourrait avoir un effet bénéfique256. Les fabricants de compléments alimentaires mettent également en avant des compléments alimentaires contenant du 5-HTP, souvent extrait de griffonia.

Dans certains pays, on prescrit communément des plantes ou extraits de plantes pour lutter contre la dépression, comme le millepertuis257, la valériane, la passiflore, les échinacées, le tilleul, le pavot de Californie (Eschscholtzia).

Alimentation et hygiène de vie[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux facteurs de risque évoqués ci-dessus — fast-foods, produits sucrés, viandes transformées95 (voir paragraphe « Social et environnemental ») —, certaines études laissent penser qu’un régime alimentaire de type méditerranéen, ou bien la consommation élevée de fruits et légumes, pourrait avoir un effet protecteur258,96,259. Le fructose et le sucre modifient les réponses au stress, augmentent l’anxiété et la dépression260,261. D’autres produits pourraient avoir un effet légèrement protecteur, comme le café (la caféine)262, les aliments fermentés (choucroute ou miso par exemple)263, la consommation d’omega-3264. Également, le jeûne pourrait avoir un effet bénéfique sur les symptômes de dépression265.

La pratique d’exercices physiques d’intensité moyenne ou forte pourrait avoir un effet bénéfique266,267. L’exposition au soleil268 aurait un effet à travers une production de sérotonine et de mélatonine plus proches des niveaux naturels, et un effet indirect grâce à un meilleur sommeil269. L’alcool, le tabac et les drogues étant des facteurs de dépression, l’arrêt du tabac et la modération de la consommation d’alcool sont également recommandés.

Electroconvulsivothérapie[modifier | modifier le code]

Matériel d’électroconvulsivothérapie.

L’électroconvulsivothérapie (ECT) est une procédure durant laquelle des impulsions d’électricité sont envoyées à travers le cerveau grâce à deux électrodes, souvent une accrochée sur chaque côté de la tempe, pour provoquer une convulsion pendant que le patient est sous anesthésie générale. Les psychiatres hospitaliers recommandent l’ECT pour les cas de dépression majeure sur lesquels les antidépresseurs n’agissent pas ou moins souvent que lors d’une psychothérapie ou thérapie de soutien270[réf. non conforme]. L’ECT peut soigner plus rapidement que les antidépresseurs, et peut ainsi être considérée comme un traitement efficace lors de cas d’urgence comme la dépression catatonique dans laquelle le patient néglige sa nutrition, ou lorsque le risque suicidaire est très élevé270. L’ECT est probablement plus efficace à court terme que le traitement médicamenteux271, bien qu’une étude qui a fait date, basée sur une grande population a montré des taux de rémission beaucoup plus bas que dans la pratique quotidienne[pas clair]272. Lorsqu’une unique ECT est appliquée sur un patient, le risque de rechute est très élevé et se situe dans les six premiers mois. D’anciennes études montrent une possibilité d’environ 50 %273. Un essai effectué au début des années 2000 sous contrôle démontre un taux de 84 % même avec placebos274. Le risque plus précoce de rechute peut être réduit par traitements médicamenteux ou par autres ECT275,276.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Espérance de vie corrigée de l’incapacité concernant les troubles dépressifs sur 100 000 habitants en 2004277 :

     Aucune donnée

     ≤ 600

     600–700

     700–800

     800–900

     900–1000

     1000–1100

     1100–1200

     1200–1300

     1300–1400

     1400–1500

     1500–1600

     ≥ 1600

La dépression est la première cause majeure de mortalité dans le monde[réf. nécessaire]278. En 2010, approximativement 298 millions d’individus dans le monde auraient souffert de dépression (soit 4,3 % de la population mondiale279). La prévalence varie grandement, de 3 % au Japon à 17 % aux États-Unis280. Dans la majeure partie des pays, les individus ayant souffert de symptômes dépressifs se comptent entre 8 et 12 %280. En Amérique du Nord, la probabilité de développer une dépression, ou un épisode dépressif, pendant une période d’un an est de 3–5 % chez les hommes, contre 8–10 % chez les femmes281,282. En France, la dépression frappe chaque année 3 millions de personnes âgées de 15 à 75 ans — soit 8 % de la population283 — deux fois plus de femmes que d’hommes. Sachant qu’un cas sur deux n’est pas soigné, ce chiffre progresse avec la précarité, le vieillissement et la solitude284. En Suisse, la prévalence de la dépression en moyenne annuelle est de 5,1 % (6,2 % chez les femmes et 3,9 % chez les hommes)285[réf. non conforme]. Des études démontrent que la dépression se développerait deux fois plus chez les femmes que chez les hommes, bien que cette différence ne puisse être expliquée, et que les facteurs qui y contribuent restent méconnus286. La recrudescence des symptômes dépressifs survient lors du développement pendant l’adolescence plutôt que dans l’âge en lui-même, puis au début de l’âge adulte, et semble être associée à des facteurs psychologiques et hormonaux286.

Les individus souffriraient en général de leur première dépression entre 30 et 40 ans, avec un second pic moins important entre 50 et 60 ans287. Le risque de développer une dépression s’accroît lors de troubles neurologiques liés à des conditions telles qu’un accident vasculaire cérébral, la maladie de Parkinson, ou la sclérose en plaques, et durant les quelques années après avoir mis un enfant au monde288. Elle se développe également lors de troubles cardiovasculaires, et s’associe à un état de santé dégradée174,289. Les études ne s’accordent pas concernant la prévalence de la dépression chez les personnes âgées, mais la plupart des données suggèrent que le développement de la dépression se réduit290. Les troubles dépressifs seraient plus répandus en milieu urbain qu’en milieu rural, et la prévalence la plus forte est retrouvée chez les individus seuls ou en difficulté socio-économique291.

En Belgique, le Conseil supérieur de la santé a publié un avis intitulé « Le trouble dépressif : prise en charge du patient et usage optimal du système de soins et des orientations thérapeutiques » qui se préoccupe plus particulièrement de la prise en charge des troubles dépressifs au sein du système de soins de santé belge292.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le diagnostic de la dépression remonte à l’époque d’Hippocrate.

Le médecin grec Hippocrate décrit à son époque un syndrome de mélancolie comme une maladie distincte avec symptômes mentaux et physiques particuliers. Il le caractérise par la persévérance de la crainte ou de la tristesse293,294. Il s’agissait d’un concept similaire mais beaucoup plus élargi que la dépression actuellement connue ; une importance est attribuée à des symptômes de tristesse, de découragement, et souvent de peur, de colère, de délires et d’obsessions78.

Le terme de « depression » en lui-même est dérivé du latin deprimere, « se décourager »295. Dès le xive siècle, « depress » signifiait subjuger ou rabaisser les esprits. Il est utilisé en 1665 par l’auteur britannique Richard Baker dans son ouvrage Chronicle pour désigner quelqu’un ayant une grande « dépression de l’esprit », et par l’auteur également britannique Samuel Johnson désignant un sens similaire en 1753296. Le terme est également utilisé dans les domaines météorologique et économique. Un premier usage désignant un terme psychiatrique est effectué par le psychiatre français Louis Delasiauve en 1856, et, dès les années 1860, fait son apparition dans les encyclopédies médicales pour déterminer une diminution physiologique et métaphorique de la fonction émotionnelle297. Depuis Aristote, la mélancolie est associée aux hommes à la capacité intellectuelle immense, à une source de contemplation et de créativité. Un nouveau concept abandonne par la suite cette idée et l’associe, dès le xixe siècle, aux femmes78. Bien que la « mélancolie » ait été désignée comme le terme médical, le terme de « dépression » gagne en popularité lors de diagnostics et devient officiellement le synonyme de mélancolie ; le psychiatre allemand Emil Kraepelin aurait été le premier à utiliser ce terme en désignant des genres différents de mélancolie en tant qu’« états dépressifs »298.

Sigmund Freud a comparé l’état de la mélancolie au deuil dans son étude intitulée Mourning and Melancholia en 1917. Il explique qu’une perte objective (ou relationnelle), comme le décès d’un conjoint ou une rupture amoureuse, mènerait également à une perte subjective ; l’individu dépressif s’est identifié avec l’objet de l’affection à travers un procédé inconscient et narcissique appelé libidinal cathexis de l’égo. Une telle perte peut causer de sévères symptômes mélancoliques encore plus profondément que le deuil ; l’égo en lui-même est menacé et la perception du monde extérieur devient négative76. La propre perception du patient décline selon ses croyances et son sentiment d’infériorité, notamment77. Il souligne également les premières expériences de la vie comme des facteurs de risque78. Adolf Meyer présente un cadre biologique et social mixte soulignant des « réactions » dans le contexte de la vie quotidienne d’un individu, et explique que le terme de « dépression » devrait être utilisé à la place de « mélancolie »299. La première version du DSM (DSM-I, 1952) contient le terme de « réaction dépressive » et le DSM-II (1968) celui de « névrose dépressive », définie en tant que réaction excessive à un conflit interne ou à un événement identifiable, inclut également un type de psychose maniaco-dépressive accompagnant les troubles affectifs majeurs300.

Au milieu du xxe siècle, des chercheurs ont suggéré que la dépression était causée par un mauvais équilibre chimique des neurotransmetteurs cérébraux, une théorie basée sur des observations effectuées dans les années 1950301.

La nouveauté introduite par le psychanalyste Kazimierz Dąbrowski est qu’une dépression peut s’inscrire dans un processus de désintégration positive, et être utile voire nécessaire à la construction de la personnalité302.

Le terme de « trouble dépressif majeur » est intronisé par un groupe de cliniciens américains durant les années 1970 comme critère diagnostique basé sur des niveaux de symptômes 303 et est incorporé dans le DSM-III en 1980304. Pour maintenir une définition similaire, le CIM-10 utilise le même critère, avec seulement deux petites différences, mais en utilisant le diagnostic du DSM, celui d’« épisode dépressif léger », avec l’ajout des catégories de dépression modérée à sévère304,305.

Les nouvelles définitions de la dépression ont été de loin acceptées, mais avec certaines contradictions et points de vue différents. Certains arguments empiriques optaient pour un retour au diagnostic de la mélancolie306,307. Quelques critiques dans l’extension du diagnostic, liées au développement et à la vente croissante des antidépresseurs et au modèle biologique depuis la fin des années 1950, ont été faites308.

Société[modifier | modifier le code]

Le 16e président des États-Unis, Abraham Lincoln, aurait souffert de « mélancolie », une affection qui peut actuellement être qualifiée de dépression clinique309.

La conception de la dépression varie selon les pays et les différentes cultures. « À cause d’un manque de précision scientifique », un individu observe que « le débat sur la dépression est une question de langage. Ce que nous appelons « maladie », « trouble », « état d’âme » affecte ce que nous voyons, diagnostiquons, et traitons »310. Dans différentes cultures, la dépression sévère est considérée soit comme une maladie qui requiert un traitement personnel professionnel, soit comme un indicateur d’autres problèmes, tels que le besoin de partager les problèmes physiques et sociaux ou une réflexion des différences individuelles qui peuvent renforcer des liens de détresse ou émotionnels311,312.

Le diagnostic de la dépression est moins connu dans certains pays comme la Chine. La tradition chinoise dénie et somatise la dépression émotionnelle (bien qu’à partir des années 1980, ce déni ait drastiquement changé313). D’une manière alternative, il se pourrait que la culture occidentale considère certaines expressions de détresse humaine comme des troubles psychologiques. Le psychologue australien Gordon Parker (en), notamment, explique qu’en Occident la tristesse et la détresse causée par la dépression est « médicalisée »314,315. De même, le psychiatre américano-hongrois Thomas Szasz, notamment, explique que la dépression est une maladie métaphorique perçue à tort comme une maladie mentale316. Le psychologue James Hillman note que la dépression peut être bonne pour l’âme, dans la mesure où elle amène « de la protection, une limite, de la concentration, du poids, et une impuissance humble »317. Hillman explique que les tentatives thérapeutiques pour éliminer la dépression font penser au thème chrétien de la résurrection, avec un effet néfaste pour l’âme.

Des figures historiques se refusaient souvent de discuter ou de chercher un traitement pour la dépression à cause de la stigmatisation liée à cette condition, ou à cause d’une méconnaissance des symptômes ou du moyen de traitement. Néanmoins, des recherches effectuées sur des lettres, journaux, images, écrits ou sur des explications ont permis de déterminer certaines formes de dépression chez certaines personnalités historiques. Ces personnalités auraient développé une dépression comme l’écrivain anglais Mary Shelley318, l’écrivain américano-britannique Henry James319, et le président américain Abraham Lincoln320. D’autres personnalités de l’époque contemporaine souffrant de dépression incluent l’auteur-interprète canadien Leonard Cohen321 et le dramaturge américain Tennessee Williams322. Certains psychologues, comme William James323,324 et John B. Watson325, se sont même confronté à leur propre dépression.

Il existe des discussions dans lesquelles les troubles neurologiques et troubles de l’humeur seraient liés à la créativité, des discussions qui remontent au temps d’Aristote326,327. La littérature britannique donne quelques exemples de la réflexion sur la dépression328. Le philosophe anglais John Stuart Mill a fait l’expérience d’une longue période de ce qu’il appelle « un état d’engourdissement nerveux », lorsqu’« on est insensible à la jouissance ou à l’excitation agréable ; un de ces moments où le plaisir devient insipide ou ennuyeux. » Il cite Dejection du poète anglais Samuel Taylor Coleridge comme une parfaite description de ce qu’il a ressenti328,329. L’écrivain anglais Samuel Johnson a utilisé le terme de « chien noir » dans les années 1780 pour décrire sa propre dépression330 et a été popularisé par l’ancien premier ministre britannique Sir Winston Churchill, qui souffrait également de dépression330.

La stigmatisation liée à la dépression est grandement répandue, mais le contact avec des services en soins psychiatriques la réduit légèrement. L’opinion publique sur le traitement de la dépression diffère grandement de celui des professionnels de santé ; des traitements alternatifs sembleraient plus efficace que les traitements médicamenteux, ces derniers s’avérant moins efficace331. Au Royaume-Uni, le Royal College of Psychiatrists (en) et le Royal College of General Practitioners (en) ont mené une campagne, le Five-year Defeat Depression, de 1992 et 1996, pour réduire la stigmatisation liée à la dépression332 ; une étude MORI (en) menée plus tard a démontré un changement positif de l’opinion publique et du traitement de la dépression333.

Notes et références

Anxiété

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 Pour les articles homonymes, voir Inquiétude (homonymie).

Anxiété

Classification et ressources externes

Un buste de l’empereur romain Dèce des musées du Capitole. Les traits du visage expriment l’anxiété et l’inquiétude face à une situation psychologique qui dépasse souvent l’individu1.

MeSH D001007 [archive]

 Mise en garde médicale

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L’anxiété est un état psychologique et physiologique caractérisé par des composants somatiques, émotionnels, cognitifs et comportementaux2.

En l’absence ou en présence de stress psychologique, l’anxiété peut créer des sentiments de peur, d’inquiétude et de crainte3. L’anxiété est considérée comme une réaction « normale » dans une situation stressante. Lorsque l’anxiété devient excessive, elle peut être classifiée sous la dénomination de « trouble de l’anxiété »4. L’intensité et le fonctionnement du sujet renseignent le praticien pour déterminer s’il s’agit d’une réaction naturelle ou pathologique5.

Sommaire

1 Description

2 Épidémiologie

3 Types

4 Traitements

4.1 Hygiène de vie

4.2 Techniques de méditation et de relaxation

4.3 Médicaments

4.3.1 Benzodiazépines

4.3.2 Antihistaminiques

4.3.3 Propranolol

4.4 Alternative médicamenteuse

4.5 Thérapie cognitive comportementale

5 Notes et références

6 Voir aussi

6.1 Articles connexes

Description[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Troubles anxieux.

L’anxiété est une condition qui peut souvent survenir sans stimulus identifiable. Comme telle, elle est distinguée de la peur, qui est une réponse émotionnelle aux menaces perçues. De plus, la peur est liée aux comportements spécifiques de la fuite et de l’évitement, alors que l’anxiété est liée aux situations perçues comme étant incontrôlables ou inévitables6. Un point de vue alternatif définit l’anxiété en tant qu’« état d’âme orienté sur l’avenir durant lequel l’individu s’attend à recevoir des réponses négatives »7, qui suggère que c’est une distinction entre dangers futurs et dangers présents qui fonde la différence entre l’anxiété et la peur.

Les effets physiques de l’anxiété peuvent inclure palpitations du cœur, faiblesse musculaire et tension, fatigue, nausée, douleur thoracique, dyspnée, douleurs abdominales ou maux de tête. Le corps se prépare à affronter la peur : la pression artérielle et le rythme cardiaque augmentent, la sueur, le flux sanguin jusqu’aux muscles augmentent, et les fonctions des systèmes immunitaire et digestif diminuent (réponse combat-fuite). Des signes externes de l’anxiété peuvent inclure une pâleur de la peau, de la transpiration, des tremblements, et la dilatation de la pupille8. Un individu en proie à une anxiété peut également faire l’expérience d’un évitement ou d’une panique. Bien que les peurs panique ne touchent pas tous les individus souffrant d’anxiété, il existe des symptômes communs. Les peurs paniques surviennent habituellement sans signe précurseur, et bien que cette peur soit souvent irrationnelle, la perception du danger est réelle. Une personne touchée par la peur panique se sentira souvent comme si elle allait mourir ou s’exposer à un danger.

L’anxiété n’inclut pas seulement des effets physiques mais aussi des effets émotionnels. Ceux-ci incluent des « sentiments d’appréhension ou de menace, des troubles de la concentration, de la tension et nervosité, une anticipation au pire, une irritabilité, une agitation, observer (et attendre) des signes (et actions) de danger, et un sentiment de malaise9 » aussi bien que des « cauchemars/mauvais rêves, obsessions des sensations, sentiments de déjà-vu, et un sentiment et perception que tout fait peur »8,10. Les effets cognitifs de l’anxiété peuvent inclure des pensées de dangers suspectés, tels que la peur de mourir10.

Le comportement peut être affecté sous la forme d’un retrait des situations auxquelles les effets désagréables de l’anxiété ont été ressentis dans le passé11. Cela peut également affecter le sommeil et avoir d’autres effets physiques (tels que les rongements d’ongles et autres effets moteurs)11.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Les troubles anxieux sont très fréquents. Tel qu’il est défini dans le DSM-IV (Manuel diagnostique et Statistique des troubles mentaux), il concerne près de 30 % de la population américaine et son âge d’apparition est 11 ans12. Elle comporte un risque majoré de dépression13. Elle est également associée à certaines conduites pouvant générer des problèmes de santé, tel que le tabagisme, l’alcoolisme ou la sédentarité14.

La prise en charge en reste très partielle, près de 40 % des Américains souffrant de troubles anxieux ne recevant aucun soin pour cette affection15.

Types[modifier | modifier le code]

Anxiété de séparation 

cette anxiété est décrite chez l’enfant, chez lequel elle peut provoquer des troubles importants.

Angoisse existentielle 

des théoriciens tel Paul Tillich et des psychanalystes comme Sigmund Freud ont décrit ce genre d’anxiété comme le « traumatisme du non-être ». L’être humain arrive à un moment dans sa vie, où il se rend compte qu’il existe la possibilité de cesser d’exister (mourir). Il développe ensuite de l’anxiété envers la réalité et l’existence. D’après Tillich et Freud, la religion devient donc un mécanisme important pour faire face à ce type d’anxiété, puisque bien des religions définissent la mort comme une continuité éternelle et divine de la vie sur terre en opposition à la fin complète de l’existence. Selon Viktor Frankl, auteur du livre Man’s Search for Meaning (en anglais), l’instinct de l’être humain en face d’un danger mortel est de rechercher un sens de la vie pour combattre ce « traumatisme du non-être » à l’approche de la mort, lorsque la tentation d’y succomber (même par le suicide) est très forte.

Anxiété de performance

L’anxiété due aux examens peut se manifester comme une sensation de malaise, d’appréhension ou de peur chez des étudiants qui craignent d’échouer à un examen.

Anxiété sociale 

cette anxiété existe à divers degrés chez beaucoup de personnes. Par exemple, le trac des artistes en représentation. Quand elle consiste en une peur persistante et intense d’une ou de plusieurs situations sociales ou de performance qui peuvent exposer la personne à l’observation attentive d’autrui, on parle de phobie sociale, mais ce n’est pas une phobie dans son sens traditionnel.

Anxiété des malades 

certains chercheurs suggèrent qu’on peut améliorer la qualité de la vie des patients du cancer en prenant en charge leur anxiété. Cette forme de traitement comprend généralement de l’aide psychosociale, des techniques de détente ou bien l’utilisation des benzodiazépines.

Traitements[modifier | modifier le code]

Hygiène de vie[modifier | modifier le code]

Il existe pour ceux qui souffrent de l’anxiété de nombreuses et différentes manières de s’aider et de se détendre, qui jouent un rôle important dans le traitement des symptômes de l’anxiété. Ces différentes manières incluent :

bonnes pratiques alimentaires : y compris consommation modérée de caféine, de sucre et une amélioration générale des habitudes alimentaires. La réduction de la consommation de caféine devrait être étalée. Selon certains patients souffrant de l’anxiété, ces mesures réduiraient de façon significative les symptômes de l’anxiété. Il est aussi conseillé de consommer le plus possible d’acides gras tels que les omégas-3 ;

activité physique : l’activité physique serait une mesure efficace pour traiter le stress16 grâce à sa capacité à réduire le taux de cortisol dans le corps du patient. Il est utile de noter que les palpitations rapides que peuvent entraîner l’activité physique déclenchent dans certains cas une crise de panique, il est donc conseillé d’étaler l’implémentation de tout programme d’activité physique ;

sommeil correct.

Techniques de méditation et de relaxation[modifier | modifier le code]

De simples techniques de respiration (par exemple : respiration diaphragmatique) ou autres techniques de détente (par exemple : yoga, hypnose, sophrologie, pleine conscience), ou bien l’écoute de sons ou de musique relaxants peuvent avoir leur intérêt.

Des études non significatives ont cru détecter des effets de la prière17,18, mais une méta-analyse de 201419 a montré qu’en l’état des recherches cela n’était pas démontré, la seule corrélation certaine étant entre la prévalence des troubles obsessionnels compulsifs et la croyance religieuse.

Parmi les différentes techniques de méditations et de relaxation, la méditation transcendantale a démontré son efficacité au cours des états anxieux modérés mais également sévères ainsi que dans le traitement du trouble de stress post-traumatique avec une efficacité plus marqué dans les anxiétés plus importantes, permettant la réduction et parfois la cessation des psychotropes20,21,22.

Médicaments[modifier | modifier le code]

Les symptômes spécifiques de l’anxiété sont le plus souvent pris en charge à l’aide de certains médicaments comme les benzodiazépines.

Benzodiazépines[modifier | modifier le code]

Le diazépam, médicament de la famille des benzodiazépines, figurait parmi les premiers médicaments utilisés à cet effet. L’administration de ce genre de produits peut s’avérer dangereuse et elle devrait être prise en charge par un médecin de préférence psychiatre. Il est également conseillé de ne pas arrêter soudainement ce type de traitement une fois commencé.

La buspirone, le méprobamate, ou encore l’étifoxine peuvent aussi être utilisés.

Antihistaminiques[modifier | modifier le code]

Les antihistaminiques (l’hydroxyzine, le captodiame) peuvent remplacer les benzodiazépines. Ils sont souvent mieux tolérés.

Propranolol[modifier | modifier le code]

Un bêta-bloquant[réf. nécessaire]peut être prescrit : le propanolol. Il peut par exemple être indiqué dans les Troubles de Stress Post-traumatique – TSPT – (encore dénommés États de Stress Post-Traumatique, ESPT) et est aussi actuellement à l’étude pour empêcher la formation de souvenirs anxiogènes, traumatisants, récurrents, obsédants et les conséquences de ceux-ci qui peuvent entraîner ces états de stress post-traumatique (ESPT)[réf. nécessaire]. Mais, pour que le propanolol ait l’effet recherché dans ce cas, il est nécessaire qu’il soit administré aussitôt après l’évènement possiblement traumatisant.

Alternative médicamenteuse[modifier | modifier le code]

Une étude indique qu’une combinaison de mélisse, passiflore et aubépine en galénique SIPF est aussi efficace que le Lorazépram, sans les effets secondaires ni l’accoutumance23.

Thérapie cognitive comportementale[modifier | modifier le code]

Le but de ce genre de thérapie est d’empêcher que le patient évite la source de ses troubles anxieux et d’aider le patient à développer des techniques spécifiques pour y faire face.

Contrairement aux médicaments, l’efficacité de la thérapie cognitive comportementale dépend de divers éléments, y compris le niveau de compétence du thérapeute concerné. En plus des traitements dits « conventionnels », il existe de nombreux programmes cognitifs-comportementaux dont le patient peut se servir pour se soigner. Ceci peut comprendre des techniques servant à :

limiter toute pensée négative envers soi ;

développer la capacité d’avoir des pensées positives ;

développer la capacité de remplacer des pensées négatives par des pensées positives ;

exposer étape par étape le patient à la source de sa crainte ;

fournir au patient des informations pouvant l’aider à faire face à l’anxiété24.

Selon l’Association américaine de psychologie, les enfants transgenres sont plus susceptibles d’être victime de harcèlement et de violence à l’école, d’être placés en famille d’accueil, dans des centres pour sans-logis, et de faire face à la justice pour mineurs, que les autres enfants9.

Les adultes dysphoriques de genre sont exposés à un risque accru de stress, d’isolement, d’anxiété, de dépression, de mauvaise estime de soi et de suicide8. Il a également été constaté que les tentatives de suicide étaient moins fréquentes chez les personnes transgenres qui déclaraient que leurs liens familiaux étaient restés forts après leur coming out, mais même les personnes transgenres à risque relativement faible étaient encore plus susceptibles d’avoir tenté de se suicider que la population générale10,11.

Les personnes transgenres sont aussi exposées à un taux accru de troubles mentaux12 liés à leur condition de vie, tels que les troubles du comportement alimentaire

Trouble psychique

(Redirigé depuis Trouble mental)

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 Pour les articles homonymes, voir Trouble.

Trouble psychique

Huit femmes présentant des troubles durant le xixe siècle à la Salpêtrière (d’apr. Armand Gautier).

Données clés

Spécialité Psychiatrie, psychologie et psychothérapie

Classification et ressources externes

CISP-2 P99

CIM-10 V

MeSH D001523

 Mise en garde médicale

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Un trouble psychique, qui peut être également désigné sous les termes de trouble psychiatrique ou encore de trouble mental, désigne un ensemble d’affections et troubles d’origines très différentes entraînant des difficultés dans la vie d’un individu, des souffrances et des troubles du comportement. Les troubles psychiques touchent toutes les populations, sans distinction de sexe ou d’âge1. Ces troubles peuvent être chroniques ou permanents. Il est possible de s’adresser au médecin traitant ou bien à un psychiatre, un psychologue, ou un neuropsychiatre.

Les exemples les plus courants de troubles psychiques2,3 sont les troubles bipolaires, les troubles schizophréniques, les troubles de comportement alimentaires, les troubles de la dépression, les addictions liées à la consommation d’alcool ou autres substances psycho-actives, l’anxiété, les phobies, etc.

Ces troubles peuvent entraîner une hospitalisation volontaire ou contrainte — sous condition de protection de l’intérêt général et de respect de la législation —, intégrant le cadre d’hôpitaux psychiatriques ou de cliniques spécialisées. Les diagnostics y sont faits par les psychologues cliniciens et psychiatres utilisant de nombreuses méthodes, souvent fondées sur des questionnaires spécifiques, des entretiens ou des observations. Des traitements médicaux et psychothérapeutiques peuvent ensuite être proposés.

La compréhension de la santé mentale diffère selon les cultures et les époques, de même que ses critères, ses classifications et sa définition.

Des discriminations et des stigmatisations liées à certains troubles ont mené à la création de mouvements sociaux, d’associations de patients ou de campagnes de sensibilisation.

Sommaire

1 Classifications

1.1 Troubles

2 Causes

3 Traitements

3.1 Psychothérapie

3.2 Médicaments

3.3 Autres

4 Pronostic

5 Épidémiologie

5.1 Prévalence

5.2 Coût social

5.3 Transmission héréditaire

6 Histoire

7 Société et culture

7.1 Professions

7.2 Relations et morale

7.3 Lois et droits pénaux

7.4 Perception et discrimination

8 Chez les primates

9 Notes et références

10 Annexes

10.1 Bibliographie

10.2 Articles connexes

10.3 Liens externes

Classifications[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Classification des troubles mentaux.

Sur le plan international, la majorité des documents cliniques utilisent les termes « trouble mental » ou « maladie mentale ». Il existe actuellement deux systèmes de classification des troubles mentaux — la Classification Internationale des Maladies (CIM-10), publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V) publié par l’Association Américaine de Psychiatrie (AAP).

Ces deux listes de catégories classifient chaque critère diagnostic. Elles sont délibérément classées à l’aide de codes. D’autres classifications sont utilisées dans les cultures asiatiques (par exemple, la Classification chinoise des troubles mentaux), et peuvent être utilisés d’autres manuels notables de la psychiatrie . En général, les troubles psychiques sont séparément classifiés des troubles neurologiques, trouble d’apprentissage et du retard mental. Selon les estimations de l’OMS, les troubles comportementaux ou/et les troubles neurologiques représentent 12,3 % de la charge de morbidité totale dans le monde. 50 % de la population mondiale est amenée à souffrir d’un trouble psychique au cours de son existence, sous forme d’addiction à l’alcool4, ou autres substances psycho-actives, ou à des troubles anxieux ou dépressifs. Selon l’organisation, les troubles psychiques sont un ensemble vaste et varié de « problèmes de santé mentale » — qui surviennent lorsqu’un individu a prouvé son manque de facilité à « se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir pour lui-même un travail productif et vivre en harmonie avec sa communauté »5. Ces troubles sont généralement codés sur la combinaison de normes et croyances appartenant à la culture6, de relations avec les autres, de comportements, d’émotions, de pensées, et peuvent être considérés comme inappropriés selon la particularité d’une situation.

Pour le docteur psychiatre Henri Ey, la notion de « maladie mentale » s’est constituée en se dégageant de celle de « troubles de l’esprit » impliquant une valence à caractère surnaturelle. Il ajoute que la médecine s’est, de son côté, dégagée de la notion de maladie des organes et des fonctions avant de considérer la maladie mentale comme une espèce assez insidieuse d’affection qui altère l’individu dans son psychisme, qu’il décrit comme son « humanité », lorsqu’il est question de la construction de son monde et de sa coexistence avec autrui7.

En France, la loi handicap du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » reconnaît de façon officielle les troubles psychiques3,2, distinguant le handicap psychique, conséquence d’une maladie psychique et le handicap mental, conséquence d’une altération des capacités intellectuelles. De par la même, certains « patients » dont affections étaient classées dans la catégorie du handicap mental sont actuellement pris en charge et différenciés, selon de nouveaux protocoles et critères liés au handicap psychique8,9. La prévalence des troubles psychiques est d’une telle envergure que la santé mentale est reconnue à l’international comme une priorité par l’ONU1,10 ; portée par le plan d’action 2013-2020 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)11 ; et au niveau national par le Plan Psychiatrie et Santé Mentale, en action de 2011 à 2015.

Troubles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des troubles mentaux.

Il existe une controverse portant sur l’idée même de « trouble ». En France, de nombreux chercheurs, souvent inspirés par les travaux de Michel Foucault ou s’appuyant sur la psychanalyse, montrent en effet que penser la souffrance psychique en termes de trouble (plutôt qu’en termes de symptôme ou de signe) revient à penser cette souffrance comme dysfonctionnement à normaliser, voire comme machine à réparer12,13,14,15. Il est impossible de définir ce que serait une norme en ce qui concerne l’être humain et son psychisme, ainsi pour la psychanalyse tout un chacun est, au mieux, névrosé. La prise en charge dépendra également de la conception que le professionnel se fait de la souffrance psychique.

Il existe plusieurs catégories élargies de troubles mentaux et de différents aspects du comportement et de la personnalité pouvant être affectés16,17,18. L’anxiété ou la peur qui interfèrent dans les fonctions habituelles peuvent être classifiées comme étant un trouble anxieux19. Les catégories communément reconnues incluent phobies, anxiété généralisée, phobie sociale, peur panique, agoraphobie, trouble obsessionnel compulsif (TOC) et trouble de stress post-traumatique.

Souvent, les moyens affectifs (émotion/humeur) peuvent être affectés. Le trouble de l’humeur inclut notamment la tristesse, la mélancolie ou le désespoir persistant et inhabituel comme symptôme de dépression majeure ou de dépression clinique (une dépression prolongée mais moins intense est appelée dysthymie). Le trouble bipolaire (dépression maniaque) implique un état d’âme connu sous le terme de manie ou hypomanie, alternant avec un ou plusieurs états dépressifs. Les phénomènes unipolaires et bipolaires représentent des catégories distinctes de troubles, ou se mélangent du moins en plusieurs étapes du spectre de l’humeur20.

Le langage et autres perceptions physiques ou morales peuvent être affectés (ex. délires, troubles de la pensée, hallucinations). Les troubles psychotiques dans ce domaine incluent schizophrénie et trouble délirant. La schizophrénie dysthymique est une catégorie utilisée pour classer les individus montrant des aspects à la fois dysthymiques et schizophrènes. La schizotypie est une catégorie utilisée pour classer les individus montrant certaines des caractéristiques associées à la schizophrénie sans pour autant en toutes les présenter.

Des troubles mentaux apparaissant comme d’origine corporelle sont connus en tant que troubles somatoformes, incluant la somatisation et le trouble dissociatif. Il existe des troubles de la perception du corps, incluant la dysmorphophobie. La neurasthénie est un ancien diagnostic incluant des plaintes somatiques, une fatigue et une baisse de moral/dépression, officiellement reconnu dans la CIM-10, mais en revanche retiré du DSM-IV21.

D’autres troubles psychiatriques affectant les habitudes personnelles ou vitales peuvent être perçus. Les troubles des conduites alimentaires impliquant une diminution ou accroissement importants dans les habitudes alimentaires et du poids19. Les catégories de ce trouble incluent anorexie mentale, boulimie ou hyperphagie22. Les troubles du sommeil tels que l’insomnie impliquent un changement dans le sommeil, ou une sensation de grosse fatigue malgré un sommeil normal22,23.

Les troubles de l’identité sexuelle peuvent également être diagnostiqués, incluant dyspareunie et orientation sexuelle égodystonique. De nombreux cas de paraphilies sont considérés comme correspondant à un trouble psychiatrique (attirance sexuelle envers un ou plusieurs objets, situations, ou individus…).

Les individus incapables de résister à certaines pulsions ou certains mouvements perturbants envers eux-mêmes et/ou envers d’autres individus, peuvent être classés comme atteints d’un trouble du contrôle, incluant certains types de tics comme la maladie de Gilles de La Tourette, l’épilepsie et des troubles tels que la kleptomanie ou pyromanie. D’autres addictions comportementales, comme celle du jeu de hasard et achats compulsifs, peuvent aussi être classifiées comme étant troubles psychiatriques. Le trouble obsessionnel compulsif peut parfois impliquer une incapacité à résister à certains actes, mais il est classé séparément en tant que trouble primaire.

L’utilisation de médicaments et substances (légaux ou non), lorsque persistante, peut être classée en tant qu’addiction, et donc comme trouble psychiatrique lié à une dépendance et à un abus substantiel. Des pathomimies, telles que le syndrome de Münchhausen, peuvent également être diagnostiquées.

Les individus souffrant de grandes perturbations vis-à-vis de leur propre identité, mémoire et conscience générale, ainsi que vis-à-vis de l’identité des autres individus, sont atteints d’un trouble de la dépersonnalisation (ex. : trouble dissociatif de l’identité). L’amnésie ou la démence représentent aussi des troubles cognitifs, qui peuvent être lié à la vieillesse.

Parmi les troubles du développement survenant initialement durant l’enfance, il y a notamment les troubles du spectre autistique, le trouble oppositionnel avec provocation, le trouble des conduites et le trouble du déficit de l’attention, qui peuvent s’atténuer ou persévérer à l’âge adulte. Des troubles de la conduite comportementale, si survenus durant l’âge adulte, peuvent être diagnostiqués en tant que troubles de la personnalité antisociale. La psychopathie (ou sociopathie) n’apparaît pas dans le DSM ou la CIM mais elle est cependant liée à ces diagnostics.

De nombreux nouveaux types de diagnostics concernant les troubles psychiatriques sont souvent proposés. Parmi eux, certains font l’objet de controverses entre les comités officiels des manuels diagnostiques, tel que le trouble de la personnalité masochiste, le trouble de la personnalité sadique, le trouble de la personnalité passif-agressif ou le trouble dysphorique prémenstruel.

Causes[modifier | modifier le code]

Les troubles psychiques et les souffrances psychiques peuvent être causés par de multiples facteurs et sources, toucher tout individu de sexe et d’âge1. Au demeurant, les facteurs peuvent être psychologiques, génétiques, physiques ou environnementaux ; des vulnérabilités génétiques peuvent être liées à des évènements environnementaux stressants24.

Des études indiquent que les gènes joueraient un rôle important dans le développement des troubles mentaux24. Les évènements environnementaux durant la grossesse et la naissance sont également impliqués. Un traumatisme crânien peut accroître le risque de développer certains types de troubles mentaux. Il existe quelques liens fondés entre les troubles psychiques aux infections virales25, aux substances médicamenteuses et à la santé physique générale. Des évènements environnementaux tels que la grossesse et la naissance sont également inclus.

La fonction anormale des neurotransmetteurs est impliquée, incluant les sérotonines, les norépinéphrines et les dopamines. Dans certains cas, des différences sont également perçues dans la taille et l’activité de certaines régions cérébrales. Les mécanismes psychologiques comme la cognition, les réponses émotionnelles, la personnalité et le tempérament sont également inclus, notamment le neuroticisme26.

Les influences sociales sont un facteur important et peuvent impliquer abus, agression et autres expériences stressantes de la vie. Les risques spécifiques de développer un trouble restent moindres, cependant. D’autres aspects sociaux tels que le chômage, les inégalités socioéconomiques27, un manque de cohésion sociale peuvent favoriser les troubles psychiatriques.

Traitements[modifier | modifier le code]

Les traitements et supports médicamenteux des troubles mentaux sont gérés par les hôpitaux psychiatriques, cliniques ou autres branches spécialisées dans la santé mentale. Les services médicaux de certains pays sont principalement fondés sur un modèle médical créé pour aider à l’indépendance, au choix et au bien-être personnel d’autrui dans le but de regagner un mode de vie autonome, bien que dans une minorité de cas, certains individus soient traités de force. Il existe plusieurs types de traitements et ceux-ci varient grandement selon les troubles.

Psychothérapie[modifier | modifier le code]

La psychothérapie peut aider à surmonter ou guérir un trouble mental. Il en existe de nombreux types. La psychothérapie cognitivo-comportementale vise à modifier les pensées et les comportements associés à un trouble spécifique. La psychanalyse, elle, amène un changement de la personne, et peut remédier au trouble ayant conduit à une consultation. La thérapie de groupe ou thérapie familiale est parfois utilisée.

Médicaments[modifier | modifier le code]

Les médicaments psychotropes pour traiter un trouble mental sont décomposés en plusieurs types. Les antidépresseurs sont utilisés comme traitement pour la dépression clinique, l’anxiété et autres types de troubles mentaux. Les anxiolytiques sont utilisés pour les troubles anxieux et autres problèmes liés tels que l’insomnie. Les neuroleptiques sont principalement utilisés pour traiter les troubles psychotiques, notamment la schizophrénie. Les stimulants sont communément utilisés, notamment pour le trouble du déficit de l’attention.

Des effets secondaires ou indésirables plus ou moins importants peuvent apparaître, particulièrement lorsqu’il y a un usage excessif de ces médicaments.

Autres[modifier | modifier le code]

La sismothérapie est parfois utilisée lorsque des cas d’interventions pour la dépression ont échoué. La psychochirurgie est considérée expérimentale mais est assistée par certains neurologues dans de rares cas28,29.

L’aide de conseillers professionnels peut également intervenir. Des programmes de psychoéducation peuvent aider les individus à comprendre et à résoudre leurs problèmes. Des thérapies créatives sont également impliquées dans ce programme incluant la musicothérapie, l’art-thérapie ou la dramathérapie. Il existe également d’autres aides concernant le mode de vie des patients.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Le pronostic dépend du trouble, de l’individu et du nombre de facteurs liés au trouble. Certains troubles sont transitoires, alors que d’autres peuvent durer jusqu’au décès. Certains troubles peuvent se limiter à quelques effets temporaires, alors que d’autres peuvent impliquer un handicap substantiel et une aide assistée. Le niveau de capacité ou d’incapacité peut varier dans différents domaines de la vie. Un handicap permanent est lié à une institutionnalisation, discrimination, exclusion sociale et autres troubles liés. Le pronostic des troubles, souvent considérés comme sérieux et complexes au plus haut point, varie également. De longues études internationales basées sur la schizophrénie ont démontré que la moitié des individus avaient des symptômes qui s’amenuisaient et qu’environ un tiers d’entre eux, en termes de symptômes et de fonction physique/moteur, se stabilisaient sans traitement médicamenteux. Cependant, beaucoup d’individus ont de sérieuses difficultés durant de nombreuses années, bien qu’un rétablissement « tardif » ne soit pas impossible30.

La moitié des individus diagnostiqués de trouble bipolaire ne rencontrent plus les critères diagnostics en six semaines, mais étant une affection de longue durée31, les troubles peuvent être stabilisés, mais ils ne peuvent être « guéris ». La moitié d’entre eux font, par la suite, l’expérience d’un nouvel épisode de manie ou de dépression majeure durant les deux années qui se succèdent32. La fonction physique et motrice varie, habituellement faible durant des épisodes de dépression majeure ou de manie mais autrement moyenne, bonne voire supérieure durant des épisodes d’hypomanie causés par un trouble bipolaire II33.

Le suicide, souvent attribué à certains troubles mentaux, est une cause mortelle commune parmi les adolescents et adultes âgés de moins de 35 ans34,35. 10 à 20 millions de tentatives suicidaires liées aux troubles mentaux seraient reportées chaque année36.

Malgré la négativité générale attribuée aux troubles mentaux, certains de ces troubles peuvent impliquer une créativité extraordinaire, une non-conformité, des efforts pour atteindre un but fixé, un soin excessif ou une empathie37. En addition, la perception publique sur les handicaps causés par les troubles mentaux peut changer38.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Parler de manière générale de « la » maladie mentale relève d’une simplification épidémiologique car, en pratique, il n’est que peu concevable de regrouper toutes les diversités que ce terme recouvre sous une seule appellation.

L’épidémiologiste doit donc dans ce domaine tenter de prendre en compte de nombreux facteurs de prévalence, gravité ou transmission : ce sont notamment des facteurs génétiques, familiaux, épigénétiques, sociaux, sanitaires et contextuels (séquelles de guerre par ex, ou de certaines pollutions ou intoxications par l’alcool, des médicaments neurotoxiques, ou des métaux tels que le plomb [causes de saturnisme] ou le mercure [cause d’hydrargyrisme] par exemple qui peuvent induire des troubles mentaux graves, y compris pour une exposition à de faibles doses in utero du fœtus ou de l’embryon).

Prévalence[modifier | modifier le code]

Selon la vision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles mentaux ou psychosociaux seraient la cause la plus importante d’invalidité de par le monde. Selon l’OMS, elle serait donc responsable de plus du tiers des pertes d’années de vie active39.

D’après l’ONU, « la dépression se classe au troisième rang des maladies mondiales et devrait occuper la première place d’ici à 2030 »40. Bien que les statistiques des troubles psycho-sociaux soient les mêmes chez les hommes et les femmes, les femmes sont deux fois plus exposées à la dépression que les hommes41. Chaque année, 73 millions de femmes sont atteintes de dépression clinique majeure et le suicide est classé au 7e rang des causes de mortalité chez les femmes âgées entre 20 et 59 ans. Les troubles dépressifs comptent près de 41,9 % des troubles neuropsychiatriques chez les femmes contre 29,3 % chez les hommes42.

Une étude européenne rapporte qu’approximativement un individu sur quatre rencontre un critère de trouble mental à un moment de sa vie sur, au moins, un des troubles assignés dans le DSM-IV, incluant les troubles de l’humeur (13,9 %), troubles anxieux (13,6 %) ou troubles liés à l’alcool (5,2 %). Approximativement un individu sur dix rencontre un critère durant une période de 12 mois. Les femmes et les jeunes individus sont majoritairement liés aux troubles mentaux43. Un article de 2005 sur 16 pays européens rapporte que 27 % des adultes en Europe sont affectés par au moins un trouble mental durant une période de 12 mois44. La mortalité annuelle par suicide atteindrait annuellement près de 60 000 individus en Europe, soit plus que la mortalité par accident de la route45.

En France, 3 % des décès font suite aux maladies mentales et 15 % de la population souffre de troubles mentaux. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et la première chez les individus âgés entre 25 et 35 ans.

Coût social[modifier | modifier le code]

La prise en charge de la maladie mentale, qu’elle soit spécialisée ou non, reste non optimale, même si elle semble meilleure dans les pays à hauts revenus39.

En France en 2011, le coût de la prise en charge des troubles psychiques par la Sécurité sociale est de 21,3 milliards d’euros, soit le plus important poste des dépenses publiques d’assurance maladie, à égalité avec les maladies cardiovasculaires46. Selon la CNAM, la défaillance de cette prise en charge, qui, dans un contexte de pénurie de psychiatres, est assurée principalement dans les cabinets de généralistes, concerne un million et demi de patients46, soit environ un sixième de la population ayant consulté pour ce type de pathologie.

Transmission héréditaire[modifier | modifier le code]

Une partie des principaux troubles psychiatriques sont héritables de l’un ou l’autre des deux parents47. Ceci vaut pour certains troubles de l’attention avec hyperactivité48. Ces troubles correspondent à des traits polygéniques complexes (faisant intervenir plusieurs gènes). Ils partagent souvent des allèles à risque. Une transmission familiale de ces allèles à risque est démontrée et un rôle particulier des choix de partenaire sexuel a déjà été suggéré49, par exemple pour expliquer la fréquence d’appariements de partenaires fumeurs50 et/ou alcooliques51 ou à « comportements antisociaux »52.

Mais, notamment en raison d’effets confondants de comorbidités, il est souvent difficile de faire la part d’une héritabilité strictement génétique53, épigénétique et d’une transmission uniquement liée à un contexte familial et éducationnel sociopsychologiquement délétère54. Des études cherchent à identifier les gènes à risques pour mieux gérer le risque psychiatrique voire un jour pour pouvoir peut-être traiter certains de ces troubles par la thérapie génique55.

Une étude statistique récente49 publiée par le journal JAMA-Psychiatry (2016) semble confirmer une version sociopsychologique du dicton « Qui se ressemble s’assemble ». Selon les auteurs de ce travail sur ce que les anglophones nomment « marital resemblance »56, au moment de choisir un partenaire, on choisit souvent quelqu’un psychologiquement proche de soi-même. Cette étude a porté sur des cohortes de malades issues de registres suédois de la population, sélectionnés à partir de données de diagnostic hospitaliers et ambulatoires tirées du registre national «  Swedish National Patient Register  » (1973-2009) ; au total 707 263 personnes étaient concernées, dont 45,7 % étaient des femmes49. Onze grands troubles mentaux ou du neurodéveloppement ont été retenus pour cette étude car déjà suspectés de pouvoir être transmis à la génération suivante ; il s’agissait des troubles suivant : trouble de l’attention avec hyperactivité, trouble du spectre autistique, schizophrénie, trouble bipolaire57, dépression profonde, anxiété58, agoraphobie, phobie sociale, trouble obsessionnels-compulsifs59,60, anorexie, ou forte dépendance à une drogue49.

Statistiquement, les porteurs de l’un de ces troubles étaient deux à trois fois plus susceptibles que la population générale d’avoir un partenaire porteur d’une maladie mentale ou d’un trouble proche ou identique49. Parfois, les personnes semblaient avoir préféré des partenaires ayant la même maladie mentale. Ainsi, les schizophrènes ou patients porteurs d’un déficit de l’attention avec hyperactivité sont sept fois plus susceptibles que la moyenne d’avoir des partenaires affectés du même trouble. Ceci est encore plus marqué pour les troubles du spectre autistique (le partenaire est alors 10 fois plus susceptible d’avoir un conjoint porteur d’un trouble du spectre autistique)49.

Il y aurait bien une spécificité liée aux maladies mentale : car comme le notent les auteurs : dans les mêmes registres de malades, les patients souffrant d’autres types de troubles tels que maladie de Crohn, diabète de type 1 et 2, diabète sucré, sclérose en plaques ou polyarthrite rhumatoïde n’avaient pas choisi statistiquement plus que la moyenne un partenaire présentant les mêmes troubles49.

Du point de vue épidémiologique, cette découverte est importante car elle démontre un biais (statistique) pour les études et modélisations génétiques qui ont cherché à prédire l’extension ou la diffusion de certaines maladie mentale dans la population. Ces dernières, parce qu’elles supposaient généralement un « accouplement aléatoire » pourraient fournir de mauvaises réponses, car dans les cas où la génétique ou l’éducation familiale contribuent à l’apparition ou au développement de la maladie, l’attirance réciproque de personnes porteuses de maladies mentales pourrait augmenter le risque de leur transmission aux enfants et générations futures49. Ce phénomène devrait éclairer la cherche en « Génétique psychiatrique » et les études sur la transmission intergénérationnelle de certains troubles psychiatriques49.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des troubles mentaux.

Illustration ancienne des méthodes psychiatriques.

Les troubles psychiatriques remontent depuis l’ère préhistorique, époque dans laquelle les civilisations primitives utilisaient la trépanation en guise de remède pour les maux et autres types de troubles mentaux61. Par la suite, les anciennes civilisations ont recensé et traité un bon nombre de troubles mentaux. Les Grecs créditent les termes de mélancolie, hystérie et phobie et développent la théorie des humeurs. Les théories et traitements ont été développés durant l’Empire ottoman, notamment dans le monde islamique du viiie siècle, période durant laquelle des hôpitaux psychiatriques ont été construits62.

Les conceptions de la folie durant le Moyen Âge et dans l’Europe chrétienne étaient un mélange de considérations diaboliques, magiques, divines et humoristiques. Durant des siècles, les individus atteints de troubles mentaux étaient victimes des chasseurs de sorcières durant la période de la peste noire. La plupart des termes actuels pour les troubles mentaux ont d’abord été utilisés durant les xvie et xviie siècles.

Au xixe siècle, l’industrialisation et la croissance démographique conduit à un développement massif du nombre et de la taille des asiles d’aliénés en Europe de l’Ouest. De nombreux systèmes de classification et des termes de diagnostic sont alors créés par les autorités compétentes (le terme psychiatrie est inventé en 1808 par Johann Christian Reil). Les médecins spécialisés dans la prise en charge des patients atteints de troubles mentaux sont connus sous le nom d’aliénistes.

Durant le xxe siècle, aux États-Unis, des préventions concernant les troubles mentaux sont organisées. La psychologie clinique et sociale devient un travail. La Première Guerre mondiale a massivement influencé les conditions du terme nommé « choc de l’obus ». La Seconde Guerre mondiale a vue naître un nouveau manuel catégorisant les différents troubles mentaux aux États-Unis, exposant des statistiques et autres références apportées à l’aide d’hôpitaux, dont les classifications ont conduit à la création du premier Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). La Classification internationale des maladies (CIM) liste une section des troubles mentaux. À travers les années 1990, les antidépresseurs deviennent les médicaments les plus utilisés et répandus63.

Société et culture[modifier | modifier le code]

Les différentes sociétés ou cultures, et même les différents individus d’une même culture, peuvent être en désaccord avec ce qui constitue une fonction optimale, pathologique, biologique ou psychologique. Des recherches démontrent que les cultures varient selon les importances relatives, par exemple, joie, autonomie ou relations sociales par plaisir. Des individus de toutes cultures peuvent posséder un comportement étrange voire incompréhensible. Mais la sensation, bien qu’elle soit bizarre ou incompréhensible, est ambiguë et subjective64. Ces différences de la détermination peuvent fortement devenir litigieuses.

Dans la littérature scientifique et académique sur la définition de la classification des troubles mentaux, un domaine explique que les valeurs sont basées sur le jugement social (la norme) alors que l’autre domaine explique que c’est totalement objectif et scientifique65.

Professions[modifier | modifier le code]

Un bon nombre de professions se sont spécialisées dans le traitement des malades mentaux, dont la spécialité médicale de la psychiatrie (incluant infirmerie)66, un sous-ensemble de psychologie connu sous le terme de psychologie clinique67, les services sociaux68, et autres spécialistes de la santé mentale, psychothérapeutes, conseillers et professionnels de la santé publique. Les individus ayant fait l’expérience de ces types de service sont pris en main et examinés d’une manière généralement professionnelle69,70,71,72. Les différentes perspectives cliniques et scientifiques fondées sur divers champs de recherches et de théories ainsi que différentes disciplines, peuvent différer des modèles, buts et explications37.

En 2012, la sécurité sociale française reconnaît des maladies professionnelles de troubles psychiques. Dans le cadre des maladies professionnelles et les troubles psychiques, 225 demandes en reconnaissance en maladie professionnelle de troubles psychiques ont été déposées, la moitié (45 %) ont fait l’objet d’un accord d’après la sécurité sociale73.

Relations et morale[modifier | modifier le code]

Les conceptions cliniques des maladies mentales interviennent souvent dans les valeurs personnelles et culturelles morales, si bien qu’il est souvent dit que séparer ces deux valeurs est impossible sans redéfinir fondamentalement la base essentielle d’un individu dans la société74. Dans la psychiatrie clinique, la détresse et l’incapacité persistantes indiquent un trouble interne qui requiert un traitement ; mais dans un autre contexte, ces mêmes détresse et incapacité peuvent être perçues comme étant un indicateur de troubles émotionnels, d’un besoin d’adresse sociale et de problèmes structurels75,76. Cette dichotomie a conduit les cliniciens et académiciens à se fonder sur une conceptualisation postmoderne des détresses mentales et du bien-être77,78. De telles approches, parmi les psychologies transculturelles et “hérétiques”, sont principalement basées sur la morale ethnique et culturelle79. Certains pays tentent de lutter contre les préjudices faits aux minorités dans les services psychiatriques80.

Au début des années 2010, la possibilité de lier Internet à certains dérangements mentaux a été soulevée. En effet, l’Association américaine de psychiatrie a observé certains symptômes qui permettraient de conclure aux effets de l’utilisation d’Internet sur la santé mentale des utilisateurs81. Ne pas pouvoir s’empêcher de contrôler un compte Facebook, avoir un besoin incontrôlable d’utiliser Internet ou de consulter des sites pornographiques seraient des exemples de ces symptômes81.

Lois et droits pénaux[modifier | modifier le code]

Trois-quarts des pays dans le monde possèdent des législations sur la santé mentale. L’admission obligatoire pour troubles mentaux (aussi connue sous le terme de rétention de sûreté), est un sujet de controverse. Plusieurs lois et textes ont été rédigés pour des cas de troubles mentaux notamment pour des troubles de la personnalité82. En droit, la notion de trouble mental entre notamment en jeu dans la défense fondée sur les troubles mentaux.

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, la notion de trouble mental en droit et de trouble mental en justice est distincte. À cet égard, l’avocate Fannie Lafontaine affirme que la terminologie peut porter à confusion et précise que, en droit canadien, un trouble mental est le « fait d’être dans un état psychique tel qu’on ne comprend pas la nature des gestes qu’on pose ou qu’on ne dissocie plus le bien du mal »83.

Perception et discrimination[modifier | modifier le code]

Stigmatisation[modifier | modifier le code]

La stigmatisation sociale84 associée aux troubles psychiatriques est un problème grandement répandu et une source de souffrance pour de nombreux malades mentaux85 pour le malade qui se sent inférieur et diminue son estime de soi86 voire instaure une haine de soi qui aggrave les troubles de l’identité87. Certains individus ou sociétés croient que d’autres, atteints d’un trouble psychiatrique plus ou moins sévère, ne peuvent guérir, ou sont considérés comme un problème88. La discrimination à l’embauche joue un rôle significatif dans les statistiques du chômage parmi les individus atteints de troubles psychiques ou mentaux89,90. Ces attitudes ont dans certaines cultures ou civilisation conduit à enfermer les malades mentaux, ajoutant encore à la détresse de certains d’entre eux91,92, en étant parfois source de secrets de familles perturbants pour les générations suivantes93.

Cette stigmatisation se manifeste en Afrique de l’Ouest par diverses formes d’abus : enchaînements, tortures, jeûnes forcés et autres formes de violences. Le malade est considéré comme un possédé et potentiellement dangereux et contagieux. Une situation que l’Association Saint Camille de Lellis essaie de renverser par la sensibilisation appuyée par des témoignages des personnes qu’elle a réhabilitées grâce à la psychiatrie moderne.

Les efforts pour éliminer la stigmatisation envers les troubles psychiatriques étaient minces jusqu’à ces dernières années94, bien que ces méthodes aient été hautement critiquées95. L’Association canadienne pour la santé mentale estime que près de la moitié des individus atteints d’un trouble psychique ne cherchent pas l’aide dont ils ont besoin. La stigmatisation est si oppressante que certains ne trouvent pas le courage de divulguer leur état psychologique à leur entourage96. Les jeunes individus, âgés d’une vingtaine d’années, seraient apparemment les plus touchés concernant les troubles mentaux et le stress psychologique durant le travail96.

Média et public[modifier | modifier le code]

La perception publique des troubles psychiatriques reste, d’une manière prédominante, négative et inclut plusieurs représentations telles que, par exemple, celles d’incompétence, de violence ou de criminalité97,98. De telles représentations négatives, également incluses dans les dessins animés, contribuent à la stigmatisation et aux attitudes négatives du public envers les individus atteints de troubles psychiatriques99.

Il existe une journée mondiale consacrée à la santé mentale célébrée le 10 octobre, et sur le plan national, les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM)100 créées en 1990 dans le but pédagogique de sensibiliser l’opinion publique et ainsi d’éviter la stigmatisation ; le public, en général, étant peu informé, ou ayant tenu une distance sociale et une opinion stéréotypée sur les malades atteints de troubles psychiatriques101,102.

Violence[modifier | modifier le code]

Malgré l’opinion publique et médiatique, des études nationales ont indiqué que les sévères cas de maladies mentales ne prédisent pas des comportements violents et ne sont pas une cause de violence dans la société103.

Cependant, il existe quelques diagnostics spécifiques, tels que le trouble des conduites infantiles, la psychopathie ou personnalité antisociale adulte, qui sont définis par un trouble ou une violence caractériels. Il existe des difficultés à localiser des symptômes spécifiques, notamment dans certains cas de psychoses (hallucinations ou illusions) qui peuvent survenir lors de troubles comme la schizophrénie, les troubles délirants ou émotionnels, qui sont liés à un très haut risque de violence sévère sur autrui. Les facteurs d’actes violents, cependant, seraient plus spécifiquement fondés sur des facteurs socio-démographiques et socio-économiques comme la jeunesse, un statut socio-économique et, en particulier, sur l’abus substantiel (incluant alcoolisme) durant lesquels les individus sont les plus vulnérables104,105,106.

Chez les primates[modifier | modifier le code]

Une psychopathologie chez certains primates a été reportée durant le xxe siècle. Environ une vingtaine d’habitudes comportementales chez les chimpanzés en captivité ont été documentées comme étant (statistiquement) anormales concernant leur fréquence, sévérité ou étrangeté — dont certains ont été observés dans leur milieu naturel. Les grands singes non-humains en captivité montrent des comportements et mouvements anormaux, une automutilation, des réactions émotionnelles perturbantes (principalement peur ou agression) envers des congénères, un manque de communication typique et une impuissance apprise généralisée. Dans certains cas, de tels comportements sont hypothétisés comme équivalant les troubles mentaux chez les humains, notamment la dépression, les troubles anxieux, les troubles des habitudes alimentaires et un trouble au stress post-traumatique. Le concept des troubles de la personnalité antisociale, schizoïde et borderline est également perçu chez les grands singes non-humains107.

Trouble des conduites alimentaires

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Trouble des conduites alimentaires

Données clés

Spécialité Psychiatrie, psychothérapie et psychologie clinique

Classification et ressources externes

CISP-2 P86

CIM-10 F50

CIM-9 307.5

MeSH D001068

 Mise en garde médicale

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Les troubles des conduites alimentaires (ou troubles des comportements alimentaires) (TCA)1 se caractérisent par un trouble en rapport à l’alimentation. Cette psychopathologie qui se présente sous des formes diverses peut apparaître à tout âge mais touche principalement les adolescents et les enfants notamment les filles. Elle peut être reliée à un autre trouble psychique comme les dépressions, les psychoses (délire d’empoisonnement) ou traduit un fonctionnement borderline et/ou addictif.

Les TCA sont à distinguer d’affections organiques telles que par exemple l’anorexie non mentale, qui est un trouble strictement somatique correspondant à une perte d’appétit. En clinique, ces différentes formes se présentent soit de manière isolée soit mixte: l’anorexie mentale, la boulimie, le pica, le mérycisme, l’hyperphagie, la sitiomanie, la carpophobie voire l’orthorexie2.

Les TCA peuvent être transitoires ou durables et alors parfois devenir invalidants, engendrant même un risque vital (en particulier pour l’anorexie mentale). Les traitements de ces troubles sont effectués en collaboration entre par exemple le pédiatre, le pédo-psychiatre ou pédo-psychologue. Ils comprennent généralement des aspects psychothérapeutiques, éducatifs (comportementaux), diététiques et médicaux. Les traitements mobilisent de surcroît souvent l’entourage, famille, conjoint , etc.

Les TCA touchent généralement les femmes adolescentes ou jeunes adultes des pays occidentaux. En France, 600 000 personnes seraient touchées par des TCA3.

L’anorexie touche 0,7 % des adolescentes alors que la boulimie touche 1 à 2 % des femmes de 16 à 35 ans4. Les résultats des études épidémiologiques portent à croire que la prévalence d’anorexie mentale augmente chez les adolescents depuis les 50 dernières années et que son âge d’apparition aurait probablement diminué4,5. En effet, 25,7 cas d’anorexie mentale sur 100 000 filles de 10 à 14 ans ainsi que 3,7 cas sur 100 000 chez les garçons du même âge auraient été relevés5. Également, 56,4 % des personnes atteintes d’anorexie mentale et 95,4 % de celles atteintes de boulimie mentale présentent une comorbidité en lien avec les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, l’abus de substance et/ou la gestion des impulsions6.

Sommaire

1 Origine

2 Prévention

3 Causes

4 Conséquences

5 Symptômes et complications

6 Traitement

7 Notes et références

8 Voir aussi

8.1 Articles connexes

8.2 Bibliographie

8.3 Liens externes

Origine[modifier | modifier le code]

Les TCA seraient causés par une interaction entre des facteurs biologiques (facteurs génétiques et neurobiologiques), psychologiques (personnalité, émotions, etc.) et sociaux (influences socioculturelle et familiale)4,7. Plusieurs autres facteurs, comme l’historique familial (dépression, obésité, etc.) et les expériences personnelles (abus sexuels, diètes familiales, etc.) pourraient également influencer le développement de la problématique4. Ils se manifestent par exemple par une préoccupation tyrannique du poids, ou au contraire une négligence totale du corps ou encore des attitudes qui ressemblent aux auto-mutilations. Ils comportent parfois une dimension suicidaire à laquelle le spécialiste consultant doit particulièrement veiller. Les enjeux psychiques de ces symptômes doivent être appréciés et évalués en fonction de la personne qui en souffre et de son histoire, celle de son environnement y compris l’environnement de la petite enfance et d’évènements déclencheurs de la symptomatologie. La seule présence – ou absence – d’un symptôme ou d’un autre ne suffit pas pour établir un diagnostic différentiel.

La mode de minceur, les mauvaises habitudes alimentaires, les phénomènes d’imitation entre adolescents, l’influence des médias – et autres facteurs socioculturels – jouent un rôle certain mais qu’il est difficile d’apprécier et qui de toute façon est assez peu pertinent dans les prises en charge. Origine sociale : anorexie plus fréquente dans les classes sociales moyennes et supérieures8.

Prévention[modifier | modifier le code]

S’il n’existe pas de moyens efficaces pour guérir des TCA, il y a, en revanche, des moyens pour prévenir ces maladies. Deux niveaux de prévention peuvent se distinguer :

la prévention primaire, qui consiste à prévenir un problème avant qu’il n’apparaisse, en développant des habitudes nutritionnelles plus équilibrées (réglementation en matière de publicité ou de restauration scolaire, par exemple) et en luttant contre l’apologie de l’extrême minceur (exemple : charte signée avec les professionnels du secteur de l’image) ;

la prévention secondaire qui consiste à freiner le développement d’une maladie, en intervenant le plus tôt possible auprès d’une population à risque. Cela se fait avec le patient et sa famille ainsi que le médecin référent et l’ensemble des éducateurs9,10,11.

Il existe de nombreux outils de dépistage et de diagnostic des troubles du comportement alimentaire. Il y a un grand intérêt à dépister les formes subsyndromiques des troubles du comportement alimentaire, pour proposer une prise en charge adaptée avant l’aggravation et/ou la chronicisation des troubles. Les formes installées et/ou chroniques sont plus difficiles à prendre en charge sur le plan thérapeutique12.

Causes[modifier | modifier le code]

Les troubles des conduites alimentaires sont classifiés en tant que trouble d’Axe I13 dans le manuel diagnostique et statistiques des troubles mentaux (DSM-IV) publié par l’Association Américaine de Psychiatrie (AAP). Il existe de nombreuses causes psychologiques facteurs des troubles des conduites alimentaires, certaines de ces causes remplissent le critère de diagnostic d’Axe I ou d’un trouble de la personnalité codé en Axe II est ainsi comorbide au trouble alimentaire diagnostiqué. Les troubles de l’Axe II sont des sous-types des « groupes », A, B et C. La cause entre les troubles de la personnalité et les troubles des conduites alimentaires doit être complètement établie14.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Différentes conséquences physiques, psychologiques et comportementales sont associées aux TCA. Plus spécifiquement, il est possible d’observer des perturbations au niveau de l’humeur, de la participation sociale, du sommeil, des pensées obsessionnelles, des capacités intellectuelles, de l’activité cardiaque et hormonale, de la santé buccale, de la coloration de la peau, de la perte de cheveux, et plusieurs autres7.

Symptômes et complications[modifier | modifier le code]

Les symptômes et les complications varient selon la nature et la gravité du trouble de l’alimentation. Certains symptômes physiques de troubles de l’alimentation sont la faiblesse, la fatigue, la sensibilité au froid, barbe réduite chez les hommes, la réduction des érections, baisse de la libido, perte de poids et insuffisance de la croissance. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est le plus fréquent désordre endocrinien susceptible d’affecter les femmes. Bien que souvent associé à l’obésité celui-ci peut survenir chez les personnes de poids normal. SOPK a été associé avec crises de boulimie et les comportements boulimiques[réf. nécessaire].

Traitement[modifier | modifier le code]

De nombreuses approches se sont avérées efficaces auprès de la clientèle atteinte de TCA. Entre autres, la thérapie cognitivo-comportementale qui peut aussi bien être utilisée avec les personnes atteintes d’anorexie mentale, de boulimie mentale ou de troubles de l’alimentation non-spécifiés15. Plusieurs autres modalités thérapeutiques, comme l’utilisation de la thérapie familiale de groupe16, la pharmacothérapie, la thérapie nutritionnelle, l’approche psychodynamique, la psychoéducation, la thérapie behaviorale et la thérapie cognitive sont également indiquées4,17,18,19.

Coming out

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 Pour les articles homonymes, voir Coming out (homonymie).

Un coming out, contraction de l’expression coming out of the closet, sortir du placard au Québec et au Nouveau-Brunswick est l’annonce volontaire d’une orientation sexuellenote 1 ou d’une identité de genre.

Le coming-out peut se faire dans un ou plusieurs milieux : les membres de la famille (proche/éloignée), les amis, les collègues, les voisins, etc.

Par extension, le terme coming out peut désigner l’annonce publique de toute caractéristique personnelle, jusque-là tenue secrète par peur du rejet ou par discrétion : l’appartenance à une religion, des opinions politiques, l’appartenance à une organisation comme la franc-maçonnerie, l’appartenance à une association ou un parti, une profession jugée honteuse ou au sujet de laquelle le secret est exigé, etc.

Être in désigne des personnes qui s’autodéfinissent asexuelles, homosexuelles (gays ou lesbiennes), pansexuelles, bisexuelles ou transgenres, mais qui ne l’annoncent pas, par peur du rejet ou de la discrimination que cela peut engendrer, ou simplement par discrétion. Être out, à l’inverse, signifie ne pas dissimuler son orientation sexuelle ou son identité de genre. Être outé, c’est voir ces caractéristiques rendues publiques sans son consentement, voire contre sa volonté.

L’outing est un procédé, contesté, de déclaration publique de l’orientation sexuelle d’une personne qui souhaite la garder secrète, souvent dans un but politique (par exemple, dénoncer une divergence entre style de vie privée et propos publics). En France, Act Up a notamment menacé en 1999 d’« outer » un député, homosexuel et présent à la manifestation anti-Pacs du 31 janvier 1999 où ont été entendus des slogans homophobes, mais ne l’a pas fait.

Sommaire

1 Origine du terme

2 Histoire

3 Journée internationale

4 Personnalités ayant fait leur coming out

5 Autres emplois du terme

6 Notes et références

6.1 Notes

6.2 Références

7 Voir aussi

7.1 Liens internes

7.2 Liens externes

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Selon Rostom Mesli, l’expression se forme en deux temps1. Avant les années 70, on distingue d’une part l’expression to come out (“sortir, se présenter”), utilisée pour désigner l’entrée d’une personne dans le monde homosexuel ; et d’autre part les expressions be in the closet (“être au placard”) ou closet queen (“folle placardisée”) désignant le secret entourant l’orientation sexuelle d’une personne, et probablement issue de l’expression idiomatique anglophone to have a skeleton in the closet (“avoir un squelette au placard”) signifiant cacher un secret honteux.

C’est au cours des années 70 que se forme l’expression complète to come out of the closet (“sortir du placard”) qui désigne le fait d’annoncer son orientation sexuelle au monde hétérosexuel (famille, amis ou environnement social plus large).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le coming-out a été imaginé, comme un moyen d’émancipation, en 1869 par l’Allemand Karl Heinrich Ulrichs, défenseur des droits des homosexuels. Réalisant que l’invisibilité était un obstacle majeur pour changer l’opinion publique, il recommanda aux homosexuels de faire leur coming-out.

Iwan Bloch, médecin juif allemand, dans l’ouvrage fondateur de la sexologie2, La Vie sexuelle de notre temps (Das Sexualleben unserer Zeit in seinen Beziehungen zur modernen Kultur) (1906) invite les homosexuels âgés à se déclarer à leurs familles et amis hétérosexuels.

Magnus Hirschfeld aborde à nouveau le sujet dans sa principale œuvre L’Homosexualité chez les hommes et les femmes (1914) dissertant sur l’impact social et légal qu’aurait le coming-out de centaines d’hommes et de femmes de rang auprès de la police, afin d’influencer le législateur et l’opinion publique.

Dans les années 1920, deux écrivains français passent par des livres pour déclarer leur homosexualité : André Gide publie en 1924 Corydon3, Jean Cocteau écrit en 1928 Le Livre blanc, anonymement mais en laissant facilement deviner l’identité de son auteur4.

Le premier Américain important à déclarer publiquement son homosexualité est le poète Robert Duncan. En 1944, il signe de son propre nom, un article du magazine anarchiste Politics, dans lequel il affirme que les homosexuels sont une minorité persécutée.

En 1951, Donald Webster Cory, dans son étude L’Homosexualité en Amérique – une approche subjective écrit : « La société m’oblige à porter un masque… Partout où je vais, en tout temps et dans toutes les couches de la société, je feins. » Cory est un pseudonyme, mais sa description franche et ouvertement subjective a stimulé l’émergence d’une conscience homosexuelle et le mouvement homophile naissant.

Mattachine Society, société clandestine et très déterminée, fondée à Los Angeles en 1950, par Harry Hay et d’autres vétérans de la campagne de Henry Wallace aux primaires présidentielles, a également manifesté publiquement avec de nombreux gays après que Hal Call a pris la tête du groupe à San Francisco en 1953.

Dans les années 1960, Franklin E. Kameny monte au créneau. Licencié de son poste d’astronome de l’armée pour comportement homosexuel, il refuse de partir aussi gentiment. Il attaque ouvertement le renvoi, usant de tous les recours possibles jusqu’à la Cour suprême des États-Unis. Porte-parole d’un mouvement grandissant, il défend les actions publiques mais non-apologiques. Sa conviction première est : « nous devons inspirer à la communauté homosexuelle un sens des valeurs de l’homosexualité inviduelle » et qui ne peut être atteint qu’au travers de campagnes ouvertement conduites par les homosexuels eux-mêmes. Sa devise est Gay is good.

En France, le premier coming-out « grand public » a lieu le 10 janvier 1972, dans un entretien publié par le Nouvel Observateur intitulé La Révolution des homosexuels. Son auteur y parle à la première personne et le commence par un très sobre mais retentissant « Je m’appelle Guy Hocquenghem. J’ai 25 ans… ». Sa mère lui répond par une lettre ouverte dans le même magazine le 17 janvier 1972.

Même si les orientations non-hétérosexuelles sont progressivement mieux acceptées dans la société, notamment dans les médias occidentaux, les célébrités peinent à lever les tabous dans certains domaines. Quand il révèle son homosexualité en 1990, parmi les premiers, le footballeur anglais Justin Fashanu est exclu de l’entraînement, hué par les supporters et désavoué par son frère, ce qui le poussera à changer plusieurs fois de club5. À cause notamment du machisme et des contrats publicitaires sportifs, beaucoup préfèrent attendre leur fin de carrière pour révéler leur homosexualité, comme le rugbyman gallois Gareth Thomas en 2009, le footballeur américain Robbie Rogers et le footballeur allemand Thomas Hitzlsperger. C’est le cas également du plongeur américain Greg Louganis en participant aux Gay Games de 1994, de même que le footballeur américain David Kopay (en). Malgré un outing en 1976, le patineur John Curry ne parle publiquement de son homosexualité qu’en 1994, peu avant de mourir du SIDA, alors que le patinage artistique demeure au début des années 2010 un milieu homophobe. En revanche, en 2013 le plongeur britannique Tom Daley annonce sa bisexualité en pleine carrière6, et en 2014, le footballeur américain Michael Sam se déclare gay avant de passer professionnel5. Ce tabou[Lequel ?] est moins fort dans le sport féminin, à l’image des joueuses de tennis Billie Jean King, Martina Navrátilová ou Amélie Mauresmo en 1999, ou encore la skieuse Anja Pärson5.

Dans le milieu culturel, le coming out peut parfois être vu comme un coup médiatique permettant de gagner en visibilité. Ainsi, à l’été 2012, le rappeur Frank Ocean s’est retrouvé mis en avant par de nombreux médias pour avoir brisé un tabou dans le hip-hop, ayant annoncé sa bisexualité7, ayant permis de faire évoluer un milieu musical traditionnellement homophobe8. Dans un entretien, Nicki Minaj avoue avoir menti en disant être bisexuelle, afin d’attirer l’attention9.

Concernant le monde politique, Bertrand Delanoë fait son coming out en 1998, avant d’être élu maire de Paris10. Roger Karoutchi parle publiquement de son homosexualité en 200911, mais précise en 2015 que ce coming-out a nui à sa carrière (« Peut-être qu’à gauche, c’était plus facile ou plus fréquent. Pas à droite »)12. Barney Frank marque l’histoire politique américaine en faisant volontairement son coming out en tant qu’homosexuel, en 1987. Il avait craint, durant des années de le faire, estimant que cela aurait pu mettre en danger sa carrière parlementaire13.

De nombreuses œuvres de fiction LGBT, littéraires ou cinématographiques, ont une intrigue qui repose sur le coming out, par exemple le film Love, Simon (2018).

Rôle de la psychiatrie

Le rôle du psychiatre confirme le diagnostic pour entamer la prise en charge médicale (hormonale et/ou chirurgicale) ; toutes les études montrent que le succès de la réassignation sexuelle dépend de la qualité de la démarche diagnostique et de facteurs psychiques et/ou psychopathologiques éventuellement dépistés et pris en charge en amont. Il consiste aussi notamment à éliminer un éventuel diagnostic différentiel, dépister et traiter d’éventuelles comorbidités psychiatriques, et repérer les attentes irréalistes pour éviter des frustrations et des déceptions inadaptées. La vulnérabilité psychologique, qui ne constitue pas en soi une contre-indication à la réassignation sexuelle, peut être dépistée à ce stade : une prise en charge adaptée et personnalisée avant tout recours chirurgical peut donc être proposée aux patients.

Frustration

Un joueur de football américain frustré d’avoir perdu un match.

La frustration est une réponse émotionnelle à l’opposition. Liée à la colère et la déception, elle survient lors d’une résistance perçue par la volonté d’un individu. Plus l’obstruction et la volonté de l’individu sont grandes, plus grande sera la frustration. Les causes de la frustration peuvent être internes ou externes. Chez un individu, la frustration peut surgir lors d’un objectif personnel et désirs fixés, de conduites ou besoins instinctifs, ou durant une lutte contre certains handicaps, tels que le manque de confiance ou la peur des situations sociales1. Le conflit émotionnel peut également être une source interne de frustration ; lorsque le but d’un individu interfère dans le but d’un autre individu, cela peut créer une dissonance cognitive. Les causes externes de frustration impliquent des conditions environnementales comme une route barrée ou des tâches difficile à accomplir. Durant la frustration, certains individus peuvent exposer un comportement passif-agressif, compliquant ainsi la manière dont la frustration est parvenue à eux. Une réponse plus directe et plus connue est une propension à l’agression2.

Sommaire

1 Causes

2 Symptômes

3 Références

4 Annexes

4.1 Articles connexes

Causes[modifier | modifier le code]

Pour l’individu faisant l’expérience d’une frustration, l’émotion est souvent attribuée aux facteurs externes qui sont au-delà de son contrôle. Bien que la frustration moyenne, suite aux facteurs internes (paresse, manque d’effort), soit souvent une force positive de motivation, elle est perçue comme un problème « incontrôlé » qui implique une frustration pathologique plus sévère. Un individu souffrant de frustration pathologique se sentira souvent impuissant à changer une situation dans laquelle il est impliqué, conduisant à une frustration plus grande, ou, si c’est incontrôlable, une très grande colère.

La frustration peut être le résultat d’un blocage de motivation. Un individu peut réagir de différentes manières1. Il peut tenter d’éviter la frustration en tentant de résoudre les problèmes en les surmontant. S’il échoue, l’individu peut devenir frustré et agir d’une manière irrationnelle.

La frustration est le résultat de l’impossibilité à accepter ses limites. Elle est encouragée par la société de consommation, qui a intérêt à entretenir chez le sujet l’idée que ses désirs sont illimités et qu’ils peuvent être satisfaits par un acte d’achat, ce qui est évidemment faux.

Symptômes[modifier | modifier le code]

La frustration peut être considérée comme un comportement problématique, et peut causer un nombre d’impacts, aux dépens de la santé mentale de l’individu. Dans certains cas positifs, cette frustration s’accroit jusqu’à un niveau durant lequel le patient ne la supporte plus et tente rapidement de trouver une solution aux problèmes qui causent cette frustration. Dans certains cas négatifs, cependant, l’individu peut percevoir la source de sa frustration au-dessus de ses moyens, et ainsi la frustration grandit, causant éventuellement des comportements problématiques, comme des réactions violentes.

Comorbidités des troubles du spectre de l’autisme

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Les comorbidités des troubles du spectre de l’autisme (TSA) sont des troubles associés au trouble du développement qu’est l’autisme. Touchant trois domaines cruciaux du développement, la communication, l’interaction sociale et les modes de comportement, l’autisme persiste tout au long de la vie1.

En médecine et en psychiatrie, la comorbidité est la présence d’une ou de plusieurs conditions médicales supplémentaires avec la principale, ou l’effet de tels troubles. Environ 10 % à 15 % des cas d’autisme ont une identification mendélienne (un seul gène), une anomalie chromosomique, ou d’autres syndromes génétiques2. Les TSA sont associés à plusieurs troubles génétiques3, peut-être en raison d’un chevauchement des causes génétiques4. Parmi les comorbidités les plus fréquemment associées à l’autisme figurent le syndrome de l’X fragile et l’épilepsie.

La distinction entre les TSA et d’autres diagnostics peut être difficile, car les traits des TSA se chevauchent souvent avec des symptômes d’autres troubles, compliquant les procédures de diagnostic5,6.

Sommaire

1 Conditions de comorbidité

1.1 Dysfonctions/Maladies mitochondriales

1.2 Anxiété

1.3 Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité

1.4 Trouble bipolaire

1.5 Neuropathies

1.6 Maladies digestives

1.7 Troubles de coordination

1.8 Epilepsie

1.9 Syndrome de l’X Fragile

1.10 Dysphorie de genre

1.11 Déficience intellectuelle

1.12 Neuro-inflammation et troubles du système immunitaire

1.13 Métabolisme redox anormal

1.14 Métabolisme des folates anormal

1.15 Carences vitaminiques

1.16 Anomalies de la mélatonine et du rythme circadien

1.17 Trouble d’apprentissage non verbal

1.18 Trouble obsessionnel-compulsif

1.19 Syndrome de la Tourette

1.20 Problèmes sensoriels

1.21 Acouphènes

1.22 Sclérose tubéreuse de bourneville

1.23 Troubles du sommeil

1.24 Troubles mentaux

2 Références

Conditions de comorbidité[modifier | modifier le code]

Dysfonctions/Maladies mitochondriales[modifier | modifier le code]

Les maladies mitochondriales résultent de défaillances des mitochondries, des compartiments spécialisés présents dans chaque cellule du corps (à l’exception des globules rouges). Les mitochondries sont responsables de la création de plus de 90% de l’énergie nécessaire à l’organisme pour maintenir la vie et soutenir la fonction des organes. Quand ils échouent, de moins en moins d’énergie est produite à l’intérieur de la cellule. Des blessures cellulaires et même la mort cellulaire peuvent y faire suite.. si ce processus est répété dans tout le corps, les systèmes d’organes entiers commencent à échouer.

Les parties du corps, comme le cœur, le cerveau, les muscles et les poumons, qui nécessitent les plus grandes quantités d’énergie sont les plus touchés.

La maladie mitochondriale est difficile à diagnostiquer, car elle affecte chaque personne différemment. Les symptômes peuvent inclure des accidents vasculaires cérébraux, des crises épileptiques, des retards de développement graves, une incapacité à marcher, parler, voir7.

Les estimations de la prévalence de la maladie et des dysfonctions mitochondriales varient selon les études (allant d’environ 5 à 80 %). Cela pourrait être dû en partie à la distinction floue entre maladie et dysfonction mitochondriale 8. Les dysfonctions et maladies mitochondriales sont de mieux en mieux comprises et détectées et les études indiquant les taux les plus élevés sont généralement les plus récentes. Parfois, les dysfonctions mitochondriales sont également appelées “maladie mitochondriale”, avec un degré de gravité, allant de léger à sévère.

Certains médicaments sont toxiques pour les mitochondries. Ceux-ci peuvent déclencher ou aggraver des dysfonctions ou maladies mitochondriales.

Des antiépileptiques :

L’acide valproïque (utilisé également dans diverses autres indications) et la phénytoïne seraient les plus toxiques. Le phénobarbital, la carbamazépine, l’oxcarbazépine, l’éthosuximide, le zonisamide, le topiramate, la gabapentine et le vigabatrin le sont également 9,10.

D’autres types de médicaments :

Les corticoïdes (la cortisone), le roaccutane (isotrétinoïne) et les autres dérivés de la vitamine A, les barbituriques, certains antibiotiques, le propofol, les anesthésiques volatils, les relaxants musculaires non dépolarisants, quelques anesthésiques locaux, les statines, les fibrates, les glitazones, les bétas bloquants, les biguanides, l’amiodarone, quelques chimiothérapies, quelques neuroleptiques, les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse et divers autres médicaments 11,12

Anxiété[modifier | modifier le code]

Les troubles anxieux sont fréquents chez les enfants et les adultes atteints de TSA. Les symptômes sont susceptibles d’être affectés par l’âge, le niveau de fonctionnement cognitif, le degré de difficulté sociale, et en matière de TSA, de difficultés spécifiques. De nombreux troubles anxieux tels que le trouble d’anxiété sociale ne sont pas couramment diagnostiqués chez les personnes atteintes de TSA, car de tels symptômes sont mieux expliquées par les TSA eux-mêmes. Il est souvent difficile de dire si des symptômes tels que la vérification compulsive font partie des TSA ou résultent d’un problème d’anxiété. La prévalence des troubles anxieux chez les enfants atteints de TSA a été signalée entre 11 % et 84 % ; cette variété de résultats étant probablement due à des différences dans la manière dont les études ont été menées13.

Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité[modifier | modifier le code]

Auparavant, le manuel diagnostique DSM-IV n’a pas permis le co-diagnostic des TSA et du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Cependant, après des années de recherche clinique, la publication la plus récente (DSM-5) en 2013 a supprimé cette interdiction de co-morbidité. Ainsi, les personnes atteintes de troubles du spectre autistique peuvent également avoir un diagnostic de TDAH, avec des modificateurs de l’attention et de l’hyperactivité. Cliniquement significatifs, les symptômes de ces deux affections peuvent couramment co-exister. Les enfants avec ces deux ensembles de symptômes peuvent mal réagir aux traitements courants des TDAH. Les personnes avec un trouble du spectre autistique peuvent bénéficier d’autres types de médicaments ou d’autres thérapies, telles que l’analyse appliquée du comportement et le neuro-feedback14,15.

Trouble bipolaire[modifier | modifier le code]

Le trouble bipolaire ou maniaco-dépressif, est un diagnostic très controversé16 et est lui-même souvent décrit comorbide d’un certain nombre de conditions, y compris l’autisme17. L’autisme comprend certains des symptômes communément trouvés dans les troubles de l’humeur et les troubles anxieux18.

Neuropathies[modifier | modifier le code]

La prévalence des neuropathies périphériques serait significativement augmentée dans les TSA. 19 Les neuropathies périphériques peuvent être asymptomatiques. La neuropathie périphérique est une manifestation commune des maladies mitochondriales 20 et les polyneuropathies seraient relativement courante21.

Les neuropathies pourraient également avoir pour cause d’autres particularités présentes dans les TSA.

Maladies digestives[modifier | modifier le code]

Certaines personnes autistes ont également des problèmes gastro-intestinaux (GI), mais il y a un manque de publication de données rigoureuses à l’appui de la théorie qui veut que les enfants autistes aient plus de symptômes gastro-intestinaux que d’habitude22. Il a été affirmé que jusqu’à 50 % d’enfants avec autisme expérimentent des problèmes gastro-intestinaux allant de degrés d’inflammation légers à modérés dans la partie supérieure et inférieure de l’intestin. Ce qui a été décrit comme un syndrome d’entérocolite autistique par le Dr Andrew Wakefield a été invalidé par des experts médicaux. La constipation, souvent avec un trop-plein ou encoprésie, est souvent associée à des troubles du développement chez les enfants. Elle est souvent difficile à résoudre, surtout parmi les personnes ayant des problèmes de comportement et de communication23.

Troubles de coordination[modifier | modifier le code]

La première description du syndrome d’Asperger24 et d’autres diagnostics25 incluent des descriptions de dyspraxie, ou trouble de la coordination des mouvements. Les enfants atteints de TSA peuvent être retardés dans l’acquisition d’habiletés motrices qui nécessitent de la dextérité, tels que le vélo ou l’ouverture d’un bocal. Ils peuvent sembler maladroits ou « mal à l’aise dans leur propre peau ». Ils peuvent être mal coordonnés, avoir un impair un entrain dans la marche ou la posture, une mauvaise écriture ou des problèmes avec l’intégration visuo-motrice, la perception visuelle, et la perception des compétences et de l’apprentissage conceptuel24,26. Ils peuvent montrer les problèmes avec la proprioception (perception de la position du corps) sur les mesures de dyspraxie, d’équilibre, de démarche et d’apposition pouce-index24.

Epilepsie[modifier | modifier le code]

Les TSA sont également associés à l’épilepsie, avec des variations de risque d’épilepsie en fonction de l’âge, du niveau cognitif, et du type de trouble du langage27. Un enfant autiste sur quatre développe des crises, souvent à partir de la petite enfance ou de l’adolescence28. Ces crises, provoquées par une activité électrique anormale dans le cerveau, peuvent produire une perte de conscience temporaire (un black-out), des convulsions, des mouvements inhabituels. Parfois, un facteur de risque est le manque de sommeil ou une forte fièvre. Un EEG peut aider à confirmer la présence d’épilepsie. En général, l’apparition de l’épilepsie survient avant l’âge de cinq ans ou au cours de la puberté29. Elle est plus fréquente chez les femmes et les personnes qui ont aussi une comorbidité de déficience intellectuelle.

Syndrome de l’X Fragile[modifier | modifier le code]

Le syndrome de l’X Fragile est la forme héréditaire la plus fréquente de déficience intellectuelle. Il a été ainsi nommé parce qu’une partie du chromosome X a une pièce défectueuse qui apparaît pincée et fragile sous un microscope. Le syndrome de l’X Fragile affecte environ 2 % à 5 % des personnes atteintes de TSA30. Il est important de vérifier l’X Fragile chez les personnes autistes, surtout si les parents envisagent d’avoir un autre enfant. Si un enfant a l’X Fragile, il y a 50 % de chances que les garçons nés du même couple aient également l’X fragile (voir génétique mendélienne). D’autres membres de la famille, qui envisagent peut-être d’avoir un enfant, peuvent aussi vouloir vérifier la présence de ce syndrome.

Dysphorie de genre[modifier | modifier le code]

La dysphorie de genre est un diagnostic donné à certaines personnes trans qui éprouvent de l’inconfort lié à leur identité de genre31. Les personnes autistes sont plus susceptibles de faire l’expérience de la dysphorie de genre32,33.

Déficience intellectuelle[modifier | modifier le code]

La fraction de personnes autistes qui répondent également aux critères utilisés pour la déficience intellectuelle a été signalé comme allant de 25 % à 70 %, une grande variation illustrant la difficulté de l’évaluation de l’intelligence autiste34. Par exemple, en 2001, une étude britannique sur 26 enfants autistes a donné le résultat d’environ 30 % avec intelligence dans la norme (QI supérieur à 70), 50 % avec une déficience intellectuelle légère à modérée, et environ 20 %, avec un sévère à profond déficit intellectuel (QI inférieur à 35). Pour les TSA, autres que l’autisme, l’association est beaucoup plus faible. La même étude a montré une intelligence normale chez environ 94 % des 53 enfants avec TED-ns35. Selon les estimations, 40 % à 69 % des personnes atteintes de TSA ont un certain degré de déficience intellectuelle36, les femmes étant plus susceptibles d’être porteuses d’une grave déficience intellectuelle. Les troubles d’apprentissage sont également très fréquents chez les personnes présentant un TSA. Environ 25 % à 75 % des personnes ayant un TSA ont également un certain degré de trouble d’apprentissage37, bien que les types de trouble d’apprentissage varient selon les forces et les faiblesses de l’individu.

En 2006, une autre étude a remis en question l’hypothèse commune selon laquelle la plupart des enfants autistes ont une déficience intellectuelle38. Il est possible que l’association entre une déficience intellectuelle et l’autisme ne provienne pas du fait qu’ils ont généralement des causes communes, mais du fait que la présence de deux rend plus probable le diagnostic des deux39.

Le CDC estime que, sur la base des informations à partir de 11 études, 46 % des personnes autistes ont un QI au-dessus de 8540.

Neuro-inflammation et troubles du système immunitaire[modifier | modifier le code]

Le rôle du système immunitaire et de la neuroinflammation dans le développement de l’autisme est controversé. Jusqu’à récemment, il y avait peu de preuves à l’appui des hypothèses immunitaires, mais les recherches sur le rôle de la réponse immunitaire et de la neuroinflammation peut avoir d’importantes implications cliniques et thérapeutiques. Le rôle exact du renforcement de la réponse immunitaire dans le système nerveux central (SNC) des patients avec autisme est incertaine, mais peut être un facteur primordial dans le déclenchement et le maintien de nombreuses comorbidités associées à l’autisme. Des études récentes indiquent la présence accrue de neuro-activité dans les tissus du cerveau et le liquide céphalo-rachidien des patients autistes, soutenant qu’une certaine réponse immunitaire pourrait être un facteur essentiel dans l’apparition des symptômes autistiques41. En 2013, un examen a également trouvé des preuves d’activation de la microglie et d’augmentation des cytokines post-mortem dans des échantillons provenant de cerveaux de personnes avec autisme42.

Métabolisme redox anormal[modifier | modifier le code]

Un déséquilibre dans le métabolisme redox dépendant du glutathion s’est avéré associé aux troubles du spectre autistique (TSA). La synthèse du glutathion et l’équilibre rédox intracellulaire sont liés au métabolisme des folates et de la méthylation, des voies métaboliques qui se sont également révélées anormales dans les TSA. Ensemble, ces anomalies métaboliques définissent un endophénotype de TSA distinct étroitement associé aux anomalies génétiques, épigénétiques et mitochondriales, ainsi qu’aux facteurs environnementaux liés aux TSA. Le glutathion est impliqué dans la neuroprotection contre le stress oxydatif et la neuro-inflammation en améliorant le système de stress anti-oxydant.

Chez les enfants autistes, des études ont montré que le métabolisme du glutathion peut être améliorée. – Par voie sous-cutanée par injection de méthylcobalamine. – De l’acide folinique par voie orale. – Un supplément de vitamines et de minéraux qui comprend des antioxydants, des co-enzyme Q10 et des vitamines B. – La tétrahydrobioptérine. Fait intéressant, des études DBPC récentes ont démontré que la N-acétyl-l-cystéine, un supplément qui fournit un précurseur du glutathion, était efficace pour améliorer les symptômes et les comportements associés aux TSA. Cependant, le glutathion n’a pas été mesuré dans ces études.

Des essais DPBC de petites taille, moyennes et grandes et des essais cliniques ouverts de petites et moyennes taille démontrent que de nouveaux traitements pour enfants atteints de TSA contre le stress oxydatif sont associés à des améliorations des symptômes de base des TSA, du sommeil, des symptômes gastro-intestinaux, de l’hyperactivité, des crises et de l’impression parentale, des symptômes sensoriels et moteurs. Ces nouveaux traitements incluent la N-acétyl-l-cystéine, la méthylcobalamine avec et sans acide folinique oral, la vitamine C et un supplément de vitamines et minéraux comprenant des antioxydants, enzyme Q10 et vitamines B.

Plusieurs autres traitements qui ont des propriétés antioxydantes, dont la carnosine, ont également été signalés pour améliorer significativement les comportements TSA, ce qui suggère que le traitement du stress oxydatif pourrait être bénéfique pour les enfants atteints de TSA. De nombreux antioxydants peuvent également aider à améliorer la fonction mitochondriale, suggérant que des améliorations cliniques avec des antioxydants pourraient se produire par une réduction du stress oxydatif et / ou une amélioration de la fonction mitochondriale.

Ces études suggèrent que les traitements contre le stress oxydatif peuvent améliorer les symptômes de base et les symptômes associés aux TSA. De plus, ces traitements sont généralement (mais pas toujours) considérés comme sûrs avec une faible prévalence d’effets indésirables43,8.

Métabolisme des folates anormal[modifier | modifier le code]

Plusieurs éléments de preuve indiquent des anomalies du métabolisme du folate dans les TSA. Ces anomalies peuvent entraîner une diminution de la production de 5-méthyltétrahydrofolate, altérer la production de métabolites du cycle folate et réduire le transport du folate à travers la barrière hémato-encéphalique et dans les neurones. Les anomalies les plus significatives du métabolisme des folates associées aux TSA sont peut-être les autoanticorps dirigés contre le récepteur des folates alpha (FRα). Ces autoanticorps ont été associés à une carence en folate cérébral. Les autoanticorps peuvent se lier au FRα et nuire grandement à sa fonction.

En 2013, une étude a rapporté que 60 % et 44 % des 93 enfants atteints de TSA étaient positifs pour l’autoanticorps bloquant et liant FRα, respectivement. Ce taux élevé de positivité des autoanticorps anti-FRα a été confirmé par Ramaekers et al qui ont comparé 75 enfants atteints de TSA à 30 témoins non autistes avec retard de développement. L’autoanticorps bloquant FRα était positif chez 47 % des enfants atteints de TSA, mais seulement chez 3 % des enfants témoins.

De nombreux enfants atteints de TSA et de carence en folate cérébral ont des améliorations marquées de leur état clinique lorsqu’ils prennent de l’acide folinique.

Une série de cinq enfants avec carence en folate cérébral et autisme de faible fonctionnement avec des déficits neurologiques a retrouvé une récupération complète des symptômes de TSA avec l’utilisation d’acide folinique chez un enfant et des améliorations substantielles de la communication chez deux autres enfants8.

Carences vitaminiques[modifier | modifier le code]

Les carences en vitamines sont plus fréquentes dans les troubles du spectre autistique que dans la population générale.

Vitamine D : les carences en vitamines D ont concernées dans une étude allemande 78 % de la cohorte parmi une population autiste hospitalisée. 52 % de l’ensemble de la population TSA de l’étude était sévèrement carencée, ce qui est beaucoup plus élevé que dans la population générale44. D’autres études montrent également un plus fort taux de carence en vitamine D dans les TSA45. La supplémentation en vitamine D améliore significativement certains symptômes de l’autisme46.

Vitamine B12 : les chercheurs ont constaté que, dans l’ensemble, les taux de B12 dans les tissus cérébraux des enfants autistes étaient trois fois inférieurs à ceux des tissus cérébraux des enfants non affectés par les TSA. Ce profil de taux de B12 inférieurs à la normale a persisté tout au long de la vie dans les tissus cérébraux de patients affectés par l’autisme. Ces carences ne sont pas visibles par prise de sang classique47,48. Quant à la carence classique en vitamine B12, elle affecterait jusqu’à 40 % de la population 49, sa prévalence n’a pas encore été étudié dans les troubles du spectre autistique. La carence en vitamine B12 est une des plus graves.

Vitamine B9 (acide folique) : des études ont eu lieu concernant la supplémentation en acide folique dans l’autisme chez des enfants. « Les résultats ont montrés que la supplémentation en acide folique améliorait significativement certains symptômes de l’autisme comme la sociabilité, le langage cognitif verbal / préverbal, le langage réceptif et l’expression et la communication affectives. En outre, ce traitement améliorait les concentrations d’acide folique, d’homocystéine et de métabolisme redox du glutathion normalisé50,51. »

Vitamine A : La vitamine A peut induire un dysfonctionnement mitochondrial. D’après une étude non-spécifique aux TSA : “La vitamine A et ses dérivés, les rétinoïdes, sont des micronutriments nécessaires au régime alimentaire humain afin de maintenir plusieurs fonctions cellulaires du développement humain à l’âge adulte ainsi qu’au cours du vieillissement. (…) Bien que ce soit soit un micronutriment essentiel, utilisé dans des applications cliniques, la vitamine A exerce plusieurs effets toxiques sur l’environnement rédox et la fonction mitochondriale. Une baisse de la qualité de vie et une augmentation du taux de mortalité chez les utilisateurs de suppléments de vitamine A ont été rapportées. Cependant, le mécanisme exact par lequel la vitamine A provoque ses effets délétères n’est pas encore clair. (…) La vitamine A et ses dérivés, les rétinoïdes, perturbent la fonction mitochondriale par un mécanisme qui n’est pas complètement compris.”12.

Zinc : les taux d’incidence de carence en zinc chez les enfants âgés de 0 à 3 ans, de 4 à 9 ans et de 10 à 15 ans étaient estimés à 43,5 %, 28,1 % et 3,3 % chez les hommes et à 52,5 %, 28,7 % et 3,5 % chez les femmes52.

Magnésium : les taux d’incidence de la carence en magnésium chez les enfants âgés de 0 à 3 ans, de 4 à 9 ans et de 10 à 15 ans étaient estimés à 27 %, 17,1 % et 4,2 % chez les hommes et à 22,9 %, 12,7 % et 4,3 % chez les femmes.

Calcium : les taux d’incidence de la carence en calcium chez les enfants âgés de 0 à 3 ans, de 4 à 9 ans et de 10 à 15 ans étaient estimés à 10,4 %, 6,1 % et 0,4 % chez les hommes et à 3,4 %, 1,7 % et 0,9 % chez les femmes.

Aux États-Unis, il a été constaté que des régimes spéciaux inadaptés pour les enfants atteints de TSA entraînaient généralement des quantités excessives de certains nutriments d’une part et des carences vitaminiques persistantes d’autre part53,54.

Anomalies de la mélatonine et du rythme circadien[modifier | modifier le code]

Des études ont permis de constater des anomalies dans la physiologie de la mélatonine et du rythme circadien chez les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA). Ces anomalies physiologiques comprennent des concentrations plus faibles de métabolites de mélatonine ou de mélatonine dans les TSA par rapport aux témoins55.

Trouble d’apprentissage non verbal[modifier | modifier le code]

Trouble obsessionnel-compulsif[modifier | modifier le code]

Le trouble obsessionnel-compulsif est caractérisée par des pensées obsédantes ou des actes compulsifs. Environ 30 % des personnes atteintes de troubles du spectre autistique ont aussi un trouble obsessionnel-compulsif56.

Syndrome de la Tourette[modifier | modifier le code]

La prévalence du syndrome de La Tourette chez les personnes avec autisme est estimée à 6,5 %, plus élevé de 2 % à 3 % que la prévalence pour la population en général. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour cette association, y compris des facteurs génétiques et des anomalies de la dopamine, du glutamate ou de la sérotonine3.

Problèmes sensoriels[modifier | modifier le code]

Des réponses insolites à des stimuli sensoriels sont plus communes et importantes chez les personnes avec autisme, bien qu’il n’y ait pas de preuves que les symptômes sensoriels différencient l’autisme d’autres troubles du développement57. Le trouble du traitement sensoriel est comorbide des TSA, avec une prévalence de 42 % à 88 %58.

Plusieurs études ont rapporté des problèmes moteur associés qui incluent un manque de tonus musculaire, une mauvaise planification motrice, et l’équinisme. Les TSA ne sont pas associés à de graves troubles moteurs59.

Acouphènes[modifier | modifier le code]

D’après une étude, 35% des autistes Asperger seraient concernés par les acouphènes, ce qui est beaucoup plus élevé que dans la population générale. 60

Sclérose tubéreuse de bourneville[modifier | modifier le code]

La sclérose tubéreuse de Bourneville est une maladie génétique rare qui provoque la croissance de tumeurs bénignes dans le cerveau ainsi que dans d’autres organes vitaux. Il y a toujours eu une forte association avec le spectre de l’autisme. 1 % à 4 % des personnes autistes ont également la sclérose tubéreuse de bourneville61. Les études ont rapporté qu’entre 25 % et 61 % des personnes atteintes de la sclérose tubéreuse répondent aux critères diagnostiques de l’autisme, avec une proportion encore plus élevée montrant les caractéristiques d’un plus large trouble envahissant du développement62.

Troubles du sommeil[modifier | modifier le code]

Des troubles du sommeil sont fréquemment rapportés par les parents de personnes atteintes de TSA, y compris le réveil matinal précoce, et le manque de sommeil29. Les troubles du sommeil sont présents chez 53 % à 78 % des personnes atteintes de TSA63. À la différence de l’insomnie, qui a ses racines dans le comportement, les troubles du sommeil chez les personnes atteintes de TSA sont une comorbidité d’autres conditions d’origine neurobiologique, médicale ou psychiatrique63.

Si non traités, de graves troubles du sommeil peuvent exacerber les comportements propres aux TSA tels que l’automutilation64. Cependant, il n’existe pas de médicament approuvé par la Food and Drug Administration pour les enfants TSA avec insomnie65. Certaines données suggèrent qu’un complément de mélatonine améliore les habitudes de sommeil chez les enfants avec autisme, mais les études de qualité sont globalement insuffisantes66,67.

Troubles mentaux[modifier | modifier le code]

Les phobies, la dépression et d’autres psychopathologies ont souvent été décrits avec les TSA, mais cela n’a pas été systématiquement évalué68.

La présentation de la dépression dans les TSA peut dépendre du niveau de fonctionnement cognitif, avec une réduction du fonctionnement des enfants ayant plus de problèmes de comportement5. La dépression se développe plus chez les personnes à haut niveau de fonctionnement au cours de l’adolescence, quand ils développent une plus grande conscience de leurs différences avec les autres36

Gestion de la dysphorie de genre[modifier | modifier le code]

Chez les pré-adolescents

Dysphorie de genre chez les enfants

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La dysphorie de genre chez les enfants ou le trouble de l’identité de genre chez les enfants est un diagnostic utilisé par les psychologues et les médecins pour décrire les enfants qui éprouvent une dysphorie de genre avec leur genre assigné à la naissance.

Ce diagnostic a été formalisé dans la troisième révision du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux en 19801 et se réfère principalement aux comportements de genre non-conforme. Ce diagnostic est resté dans le DSM de 1980 à 2013, quand il a été remplacé par le diagnostic de « dysphorie de genre » dans la cinquième révision, avec un effort pour réduire la stigmatisation liée à la variance de genre tout en maintenant un diagnostic et des interventions médicales telles que le traitement hormonal et la chirurgie2.

La controverse entourant la pathologisation et le traitement de l’identité et des comportements de l’autre genre, en particulier chez les enfants, a été importante dans la littérature depuis les années 1980. Les partisans du diagnostic chez les enfants font valoir que l’intervention thérapeutique aide les enfants à être plus à l’aise dans leur corps et peut prévenir les troubles de l’identité de genre à l’âge adulte. Les opposants disent que les interventions thérapeutiques équivalent à celles qu’on donnait aux gais et lesbiennes (intitulées « conversion » ou « thérapie réparatrice »), elles ont été fortement remises en question ou déclarées contraires à l’éthique par l’association américaine de psychologie, l’association américaine de psychiatrie, l’American Association of Social Workers et l’American Academy of Pediatrics3. L’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres indique que le traitement visant à essayer de changer l’identité et l’expression de genre d’une personne afin de la faire devenir plus congruente avec le sexe assigné à la naissance « n’est plus considéré comme éthique »4.

Depuis le début des années 2010, le nombre de d’enfants ayant recours à de la chirurgie de réattribution sexuelle est en forte augmentation au Royaume Uni.

Le trouble de l’identité de genre chez les enfants est plus fortement lié à l’homosexualité adulte qu’à la transidentité adulte. Selon des études limitées, la majorité des enfants diagnostiqués avec ce diagnostic cessent de désirer d’être de l’autre sexe à partir de la puberté, avec une augmentation d’orientation gaie ou lesbienne avec ou sans intervention thérapeutique5,6.

Sommaire

1 Description générale et prévalence

2 Causes

3 Classification diagnostique

3.1 DSM-IV TR (2000)

3.2 DSM-5 (2013) : diagnostic de dysphorie de genre

4 Intervention thérapeutique

4.1 Alignement de l’identité sexuelle sur le sexe anatomique

4.1.1 Historique

4.1.2 Promoteurs

4.1.3 Opposants

4.1.4 Controverse du DSM-5

4.1.5 Données génétiques

4.2 Alignement du sexe anatomique sur l’identité sexuelle

4.2.1 Promoteurs

4.2.2 Opposants

5 Approches alternatives de la diversité des genres chez les enfants

6 Orientation sexuelle

7 Voir aussi

8 Références

9 Liens externes

Description générale et prévalence[modifier | modifier le code]

La dysphorie de genre chez l’enfant décrit un état psychologique dans lequel les enfants vivent une incongruité entre leur identité genrée et le sexe biologique qui leur est attribué à la naissance. Lorsque cela se produit chez l’enfant prépubère, le trouble disparaît dans la grande majorité des cas à la fin de l’adolescence : 80 à 95 pour cent des enfants prépubères atteints de troubles de l’identité sexuelle connaîtront une résolution à la fin de l’adolescence s’ils ne sont pas exposés à une affirmation sociale et à des interventions médicales7. Les taux de prévalence de la dysphorie de genre chez les enfants ont été estimés à moins de 1 %8.

Causes[modifier | modifier le code]

Les études sur des jumeaux suggèrent un rôle prépondérant des facteurs environnementaux dans le développement des troubles de l’identité de genre chez l’enfant9. En 2016, les recherches n’ont toutefois pas permis de déterminer des facteurs familiaux, sociaux, des événements particuliers ou des combinaisons de ces facteurs qui pourraient déclencher chez un enfant ces troubles de l’identité10. Les études suggèrent que le renforcement social, des psychopathologies parentales, la dynamique familiale et l’influence des médias grand public et des réseaux sociaux, peuvent contribuer au développement et/ou à la persistance de la maladie chez certains enfants vulnérables10.

Parmi les causes possibles, les études citent la tolérance et l’encouragement par les parents des comportements transsexuels de leurs enfants, le deuil pathologique du genre, c’est à dire lorsque le sexe de l’enfant né ne correspond pas au sexe souhaité ou attendu et entraîne un comportement pathologique de la part des parents11, un père peu présent ou absent durant la petite enfance dans les cas de garçons efféminés, la présence de psychopathologies maternelles, en particulier dépression et trouble bipolaire12.

Classification diagnostique[modifier | modifier le code]

DSM-IV TR (2000)[modifier | modifier le code]

La quatrième version éditée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux établit des diagnostics différentiels :

302.6 Trouble de l’identité de genre chez les enfants

302.85 Trouble de l’identité de genre chez les adolescents ou les adultes

L’édition actuelle[Quand ?] de la Classification internationale des maladies (ICD-10) a cinq diagnostics différents pour le trouble de l’identité de genre, notamment un pour quand il se manifeste durant l’enfance13.

Il est important de noter que les diagnostics de trouble de l’identité de genre ne sont pas donnés à des personnes intersexes. En outre, il est important de noter que, comme avec tous les troubles psychologiques, ces symptômes doivent causer une détresse directe et une altération du fonctionnement de l’individu présentant les symptômes (Bradley, Zucker, 1997)14.

F64.2 Trouble de l’identité sexuelle dans l’enfance : Un trouble, généralement manifeste au cours de la petite enfance (et toujours bien avant la puberté), caractérisé par une détresse persistante et intense par rapport au sexe assigné, avec un désir d’être (ou dire avec insistance que l’on est) de l’autre sexe. La préoccupation est persistante concernant les vêtements et les activités du sexe opposé et la répudiation de la personne pour son propre sexe. Le diagnostic nécessite une perturbation profonde de l’identité de genre ; un simple comportement de « garçon manqué » chez les filles, ou de « fille manquée » chez les garçons, ne suffit pas. Le trouble de l’identité de genre chez les personnes pubères ne doit pas être classé ici, mais dans le chapitre F66.0.

Dans le DSM des troubles mentaux utilisés par les psychologues américains, le trouble de l’identité sexuelle est donné par deux ensembles de critères. Le critère A indique que l’enfant s’identifie comme un membre du sexe opposé. L’enfant doit faire la preuve de quatre des cinq symptômes suivants : s’habiller comme un membre du sexe opposé, se lier principalement d’amitié avec les membres du sexe opposé, ce qui démontre une volonté de s’engager dans des activités de jeu caractéristique du sexe opposé, et indiquant activement qu’il souhaite être du sexe opposé. Le critère B, d’autre part, indique que l’enfant ne s’identifie pas au sexe assigné à la naissance (Bradley, Zucker, 1997)14.

DSM-5 (2013) : diagnostic de dysphorie de genre[modifier | modifier le code]

En mai 2013, l’Association américaine de psychiatrie a publié la cinquième version du DSM dans laquelle le diagnostic chez les enfants a été supprimé et remplacé par la dysphorie de genre pour la première fois15. Lev stipule que la dysphorie de genre met l’accent sur la détresse liée au corps, plutôt que liée à la conformité d’avec la société ou les normes de genre16.

Intervention thérapeutique[modifier | modifier le code]

Le débat sur la façon de traiter les enfants atteints de dysphorie de genre est avant tout un débat éthique. Les interventions thérapeutiques ont longtemps essayé d’aider les enfant à aligner leur identité sexuelle sur leur sexe anatomique. Depuis environ le début des années 2000, la nouvelle norme de traitement des enfants prépubères dysphoriques a changé. Ce nouveau paradigme se base sur l’hypothèse que la dysphorie de genre est innée et traite les enfant par la suppression pubertaire avec des agonistes de l’hormone de libération de gonadotrophine (GnRH) suivie de l’utilisation d’hormones sexuelles croisées, une combinaison qui entraîne la stérilité des mineurs17.

Alignement de l’identité sexuelle sur le sexe anatomique[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

L’introduction du diagnostic de « trouble de l’identité de genre dans l’enfance » dans le DSM-III en 198018 a été précédée par de nombreuses études américaines dès les années 1950 et 1960 ; la plus importante étant celle de John Money et Richard Green à l’hôpital Johns-Hopkins et l’université de Californie à Los Angeles (UCLA)19. La prévention de la transidentité et/ou de l’homosexualité était explicitement déclarée comme le but de beaucoup de ces études20. Bryant note que les garçons féminins n’étaient pas un phénomène nouveau à cette époque ; toutefois, le public émergent de l’adulte femme trans dans les années 1950 était nouveau et a créé un certain nombre de problèmes pour les psychologues, de la motivation pour entreprendre des efforts de prévention quant à leur apparition21. Les chroniques de Meyerowitz ont entrainé de profonds désaccords entre les psychologues et les médecins après la transition publique de Christine Jorgensen, sur le fait de savoir si les personnes trans doivent être autorisés à aligner leur corps avec leur identité intérieure ou si leur identité profonde doit être mise en conformité avec leur corps22. À l’époque, les femmes trans ont commencé à publier des récits à la première personne qui ont souligné leur prise de conscience de leur féminité à un jeune âge23 et Bryant note que certains cliniciens et chercheurs ont ainsi porté leur attention vers les garçons féminins21.

Les premières recherches ont été réalisées par George Alan Rekers (en) qui réalisé en 1972 une thèse sur le traitement des garçons féminins24. Dans ce travail, Rekers décrit une litanie de comportements féminins qu’il catalogue, notamment : la posture féminine, la démarche, les gestes de la main et des bras, l’inflexion féminine dans le discours, ainsi que l’intérêt pour les vêtements féminins, les jeux et les sujets de conversation. À l’aide de techniques de modifications comportementales, d’une équipe au fait des « problèmes » liés aux comportements féminins, et avec l’aide des parents et parfois les enseignants, on donne des récompenses et des peines correspondant aux comportements jugés désirés ou non. La thèse de Rekers décrit en détail le cas de Kraig (un pseudonyme pour Kirk Andrew Murphy25), dont la mère recevait des consignes par écouteur, et devait alternativement complimenter ou ignorer l’enfant, selon qu’il jouait avec des jouets réputés pour être destinés aux filles (généralement des poupées) ou aux garçons (généralement des armes). Elle a également été formée pour le suivi de son comportement à la maison, avec des visites hebdomadaires d’assistants de recherche pour s’assurer qu’elle remplissait correctement les quatre observations quotidiennes de Kraig concernant son comportement de genre. La punition physique du père de Kraig est nommée comme l’une des principales raison du comportement féminin à la maison. Tout au long des travaux ultérieurs de Rekers, il cite ses traitements avec Kraig comme un succès, affirmant que « les comportements féminins de Kraig ont apparemment cessé entièrement […] »26.

En revanche, un certain nombre d’informations au sujet de Kraig sont devenus publiques, notamment sur le fait qu’il était un homme gay, que, selon sa famille, il n’a jamais été guéri par ces traitements, et que, en 2003, à l’âge de 38 ans, il s’est suicidé25. Même sans confirmation de ces résultats, dès le milieu des années 1970, les publications de Rekers ont déjà attiré des critiques sévères issus d’universitaires27 et de médias populaires28, et Bryant spécule que c’est l’une des explications possibles pour expliquer pourquoi de nombreux cliniciens n’ont pas publié sur leurs techniques de traitement, en se concentrant plutôt sur les aspects moins controversés du TIGE, tels que les critères de diagnostic21. À l’heure actuelle, les traitements administrés aux enfants diagnostiqués TIGE sont mal expliqués dans les travaux des cliniciens tels que Kenneth Zucker, qui est aussi un défenseur des droits des gais et des transgenres ; toutefois, les médias populaires qui relatent des histoires à la première personne semblent indiquer que les comportements féminins chez les garçons continuent à être identifiés pour être éliminés29, d’où l’opposition à cette pratique.

Promoteurs[modifier | modifier le code]

Les approches thérapeutiques diffèrent de celles utilisées pour les adultes ; elles comprennent la thérapie comportementale, la thérapie psychodynamique, la thérapie de groupe, et des conseils aux parents. Les partisans de cette intervention cherchent à réduire la dysphorie de genre, rendre les enfants plus à l’aise avec leur corps, réduire l’ostracisme, et réduire les comorbidités psychiatriques de l’enfant ; la majorité des thérapeutes emploient actuellement ces techniques30. « Deux objectifs à court terme ont été discutés dans la littérature : la réduction ou l’élimination de l’exclusion sociale et des conflits, et la réduction de la psychopathologie sous-jacente et associée. Les objectifs à long terme ont mis l’accent sur la prévention du transsexualisme et/ou de l’homosexualité31. »

Les thérapies individuelles avec l’enfant cherchent à identifier et à résoudre les facteurs sous-jacents, notamment les facteurs familiaux, encourager l’identification au sexe assigné à la naissance, et encourager les amitiés de même sexe. Les conseils aux parents impliquent de fixer des limites à l’enfant dans ses comportement du genre opposé, encourager le genre neutre ou les activités typiques du sexe, l’examen des facteurs familiaux, et l’examen des facteurs parentaux tel que la psychopathologie. Longtemps, les chercheurs Kenneth Zucker et Susan Bradley (en) ont constaté que les garçons ayant un trouble de l’identité de genre ont souvent des mères qui ont renforcé leur comportement stéréotypé de jeune fille. Ils notent également que les enfants ayant un trouble de l’identité de genre ont tendance à provenir de familles où le comportement de rôle de genre inversé n’a pas été explicitement découragé. Toutefois, ils reconnaissent aussi que ces résultats puissent être une simple indication sur le fait que les parents qui étaient plus dans l’acceptation du comportement de rôle de genre inversé de leur enfant étaient également plus susceptibles d’amener leurs enfants consulter un psychiatre, contrairement aux parents qui étaient moins enclins à accepter le comportement de rôle de genre inversé chez leur enfant (Bradley, Zucker, 1997)14. “32. Les promoteurs reconnaissent des données limitées sur le TIGE : « à l’exception d’une série de thérapies comportementales rapportées à partir des années 1970, on ne trouvera pas un seul essai randomisé de traitement dans la littérature » (Zucker 2001)32. Le psychiatre Domenico Di Ceglie est d’avis que, pour une intervention thérapeutique, « l’efficacité est incertaine »33 et la psychologue Bernadette Wren dit : « Il y a peu de preuves, cependant, sur le fait que les traitements psychologiques aient beaucoup d’effet dans l’évolution de l’identité de genre, bien que certains centres de traitement continuent à promouvoir cet objectif (par exemple, Zucker, & Bradley, 1995) »34. Zucker a déclaré : « the therapist must rely on the ‘clinical wisdom’ that has accumulated and to utilize largely untested case formulation conceptual models to inform treatment approaches and decisions »35.

Le professeur Paul R. McHugh a critiqué les États de Californie, New Jersey et Massachusetts qui ont adoptés des lois interdisant aux psychiatres même avec l’accord des parents, d’essayer de traiter par la psychiatrie les mineurs souffrant de troubles de l’identité sexuelle alors même que 70 % à 80 % des enfants atteints connaissent une résolution spontanée de leurs troubles avec le temps36.

Opposants[modifier | modifier le code]

Le consensus de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres est qu’un traitement visant à essayer de changer l’identité de genre d’une personne et son expression pour être plus en harmonie avec le sexe assigné à la naissance « n’est plus considéré comme éthique »4. Les cliniciens ont évoqué l’intervention thérapeutique de Zucker et Bradley comme « quelque chose de dérangeant, proche de la thérapie de conversion pour les homosexuels »37, et ils ont noté que l’objectif était la prévention de la transidentité : « la thérapie réparatrice est censée réduire les chances que l’adulte ait un trouble de l’identité de genre, que Zucker et Bradley caractérisent comme indésirable »38. L’auteur Phyllis Burke a écrit : « Le diagnostic de TIG chez les enfants, pris en charge par Zucker et Bradley, est tout simplement de la maltraitance sur mineur »39.

Zucker rejette le livre de Burke pour être « simpliste » et « non particulièrement éclairant », la journaliste Stéphanie Wilkinson dit que Zucker a caractérisé le livre de Burke comme « le travail d’un journaliste dont les points de vue ne devraient pas être mis dans le même sac que ceux des chercheurs tels que Richard Green ou lui-même »40. Toutefois, les fortes critiques sur l’approche du Dr Zucker ne sont pas seulement issues des militants et des journalistes, mais aussi des psychiatres et des psychologues à l’intérieur de son propre camp. Edgardo Menvielle, un pédo-psychiatre du Children’s National Medical Center de Washington a dit : « les thérapeutes qui prônent un changement de comportements de genre variant doivent être évités »41. La psychologue développementale et clinique Diane Ehrensaft dit dans le Psychiatric Times : « La profession de santé mentale a toujours été de faire du tort aux enfants qui ne sont pas de “genre normal”, et elle a besoin de se recycler »42.

Les critiques soutiennent que le trouble de l’identité de genre chez les enfants était une manœuvre pour remplacer l’homosexualité dans le DSM, et Zucker et Robert Spitzer comptent que l’inclusion du TIGE a été basée sur un « consensus d’experts » qui « est le même mécanisme qui a conduit à l’introduction de nombreux nouveaux diagnostics psychiatriques, y compris ceux pour lesquels des essais systématiques sur le terrain n’étaient pas disponibles lorsque le DSM-III a été publié »43. Katherine Wilson de l’association GID Reform Advocates a déclaré :

Dans le cas de l’identité de genre non-conforme des enfants et des adolescents, les critères du GID sont significativement plus importants dans le DSM-IV (APA, 1994, p. 537) que lors des précédentes révisions. Un enfant peut être diagnostiqué avec un trouble de l’identité de genre, sans jamais avoir déclaré avoir le souhait d’être de l’autre sexe. Les garçons sont inexplicablement tenus à un standard de conformité beaucoup plus strict que les filles. La plupart des psychologues qui se spécialisent dans le trouble de l’identité genre chez les enfants ont un nombre plus important de patients de sexe assigné masculin. Une explication possible serait que le comportement adopté de l’autre sexe est moins acceptable et, par conséquent, plus perceptible et plus susceptible d’être perçu comme problématique par les parents de l’enfant (Bradley, Zucker, 1997)14. La préférence pour le transvestissement ou le port de vêtements pour femmes fait partie des critères de diagnostic pour les garçons assignés, mais pas pour les filles, qui doivent porter des vêtements masculins sur une période de temps relativement longue et avec insistance pour entrer dans les critères diagnostiques. Les références aux vêtements « stéréotypés », aux jouets et aux activités de l’autre sexe sont imprécis dans une culture américaine où de nombreux vêtements pour enfants sont unisexes et appropriés aux rôles selon le sexe, ce qui est le sujet de débats politiques. De manière toute aussi étonnante, le critère répertoriant une « forte préférence pour les amis de l’autre sexe » est symptomatique, et semble être assimilé à la santé mentale, avec la discrimination et la ségrégation sexuelle qui va avec44.

Les cliniciens font valoir que le TIGE « a servi à faire pression sur les garçons pour se conformer aux rôles de genres traditionnels et hétérosexuels »45. Feder note que le diagnostic est basé sur les réactions des autres vis-à-vis de l’enfant, et non au comportement lui-même46. Langer et coll. établissent que « le genre atypique est une construction sociale qui varie au cours du temps en fonction de la culture et de la classe sociale et, par conséquent, ne devrait pas être pathologisé »47. Zucker a réfuté leurs revendications dans une réponse48. Les critiques « prétendent que c’est un précurseur de l’homosexualité, que les parents doivent simplement accepter, et que le diagnostic est basé sur des hypothèses sexistes »49,50.

Controverse du DSM-5[modifier | modifier le code]

L’intervention thérapeutique pour le trouble de l’identité de genre chez les enfants est venue dans le cadre de la révision de mai 2008, lorsque Kenneth Zucker a été nommé au comité correspondant pour le DSM-551. Selon MSNBC : « La pétition accuse Zucker d’avoir engagé la “pseudo-science” et d’avoir fait la promotion de “théories blessantes” au cours de sa carrière »52. Zucker est accusé par les militants LGBT de promouvoir « les thérapies de genres conformes chez les enfants »53 et de « traiter ces enfants en prévention de l’homosexualité adulte et de la transsexualité »54. Zucker « rejette la charge de la pseudo-science, en disant qu’il y a une base empirique à modifier quelque chose » dans le DSM. Sur le fait de blesser les gens, il a dit : « dans ma carrière, ma principale motivation en travaillant avec les enfants, les adolescents et les familles est de les aider dans la détresse et la souffrance qu’ils vivent, quelles qu’en soient les raisons. Je veux aider les gens à se sentir mieux avec eux-mêmes, et ne pas leur faire du mal »52. Cependant, les opposants continuent de faire valoir que le diagnostic « nuit fortement aux enfants qu’il prétend aider »21.

Le changement dans le DSM-5 pour la « dysphorie de genre » a été approuvé par les militants transgenres et leurs alliés car la stigmatisation a été réduite, tout en maintenant un diagnostic pour bénéficier de soins médicaux particuliers55. Cependant, Lev stipule que le diagnostic de dysphorie de genre continue à pathologiser les expériences transgenres16.

Données génétiques[modifier | modifier le code]

Une étude de jumeaux a trouvé que 28 % de paires de jumeaux homozygotes étaient tous les deux trans, comparé à seulement 2,6 % pour les jumeaux hétérozygotes qui étaient élevés dans la même famille, en même temps, mais qui ne sont pas génétiquement identiques9. Cela signifie qu’au moins 72 % des causes de transsexualisme chez un jumeau et non chez l’autre se produit après la naissance et n’est pas biologique. Un taux de discordance aussi élevé suggère l’absence de détermination à l’avance d’une dysphorie de genre. Cela est conforme aux taux très importants de résolution de dysphorie de genre chez les enfants lorsqu’ils ne sont pas encouragés à se faire passer pour des personnes du sexe opposé9,10.

Alignement du sexe anatomique sur l’identité sexuelle[modifier | modifier le code]

Ce traitement vise à un changement de sexe biologique. Depuis environ le début des années 2000, la nouvelle norme de traitement des enfants prépubères dysphoriques a changé. Ce nouveau paradigme se base sur l’hypothèse que la dysphorie de genre est innée et traite les enfant par la suppression pubertaire avec des agonistes de l’hormone de libération de gonadotrophine (GnRH) suivie de l’utilisation d’hormones sexuelles croisées, une combinaison qui entraîne la stérilité des mineurs17. L’administration de ces hormones visent à rendre les chirurgies ultérieures de changement de sexe moins onéreuses mais freinent la croissance des enfants et risquent de provoquer leur stérilité56. Le nombre d’enfants ayant recours à ces traitements, et notamment des interventions chirurgicales, a augmenté rapidement en Grande Bretagne entre les années 2010 et 2018 passant de 40 à 1000 enfants concernés57.

L’affirmation selon laquelle les traitements bloquant la puberté sont entièrement réversibles n’est pas étayée par des preuves scientifiques58.

Promoteurs[modifier | modifier le code]

Pour les promoteurs des traitements de réassignation sexuelle, ce n’est pas aux médecins de décider ce qui va être nocif ou non. C’est à l’enfant de décider en fonction de ses propres pensées et sentiments subjectifs59. Pour l’American College of Pediatricians, les enfants et les adolescents n’ont pas la maturité cognitive nécessaire.

Opposants[modifier | modifier le code]

Une communauté croissante d’opposants incluant des médecins, des professionnels de la santé mentale et des universitaires affirment être préoccupés par la tendance actuelle qui consiste à diagnostiquer et à affirmer rapidement que des jeunes soient transgenres ce qui les met souvent sur la voie d’une transition de sexe médicale. Ces critiques estiment que des actes de chirurgies inutiles et les traitements hormonaux n’ont pas prouvé leur innocuité à long terme et représentent des risques importants pour les jeunes concernés. Il n’est pas possible à l’heure actuelle selon eux d’évaluer les risques et les avantages de ces traitements de réassignation sexuelle60.

Les personnes trans présenteraient après un changement de sexe des risques considérablement plus élevés de mortalité, de comportement suicidaire et de morbidité psychiatrique que le reste de la population. Le changement de sexe, bien qu’il atténue la dysphorie de genre, peut ne pas suffire comme traitement pour la transidentité et devrait être accompagné de soins psychiatriques et somatiques61.

Selon le psychothérapeute Bob Withers, « La chirurgie – qui est irréversible – ne devrait jamais être qu’un dernier recours »57.

Selon le professeur Paul R. McHugh, le changement de sexe est « biologiquement impossible » et « prétendre qu’il s’agit là d’une question de droits civils et encourager l’intervention chirurgicale, c’est en réalité collaborer avec un trouble mental et en faire la promotion »62. Pour McHugh, le traitement médical de changement de sexe pour les jeunes transgenres est comparable à faire « une liposuccion à un enfant anorexique »63. Selon le Dr McHugh, la transsexualité est un trouble semblable à celui d’une personne dangereusement maigre souffrant d’anorexie qui se regarde dans le miroir et se croit en surpoids64. Selon McHugh, l’administration d’hormones retardatrices de puberté est assimilable à la « maltraitance sur mineurs ».

Pour la Cour européenne des droits de l’homme, les opérations chirurgicales et les traitements hormonaux irréversibles, pratiqués sur des enfants en bas âge afin que ceux-ci s’identifie au sexe féminin ou masculin, sont en contradiction avec le droit à l’autodétermination sexuelle65. Le Comité des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations Unies a également émis, le 29 juin 2016, des critiques à l’égard de la France par rapport à des interventions pratiquées sur les enfants intersexués sans leur consentement65.

Compte tenu des nombreuses incertitudes et inconnues, il serait approprié de reconnaître l’utilisation des traitements bloquant la puberté pour la dysphorie de genre comme des traitements expérimentaux et avoir recours à des essais cliniques soigneusement contrôlés, ainsi qu’à des études de suivi à long terme58.

Approches alternatives de la diversité des genres chez les enfants[modifier | modifier le code]

L’existence de personnes bispirituelles a été documentée dans plus de 130 pré-colonies et nations autochtones d’Amérique du Nord66, y compris chez les lhamana (en) de Zunis et les winkte de Lakota. Dans certains de ces pays, l’identification d’un enfant bispirituel a été considéré comme une bénédiction pour la famille et la communauté67. Bien que les rôles des personnes bispirituelles varient largement d’un pays à l’autre, dans certains cas, elles ont été tenues en haute estime ; par exemple We’wha (en) a été l’ambassadeur culturel des personnes de Zunis à la fin du xixe siècle66. L’existence historique et contemporaine d’autres rôles de genre a également été documentée dans le monde entier68, par exemple : les katoïs en Thaïlande et au Laos, les hijras d’Inde, les muxhes de la culture Zapotèque au Mexique, les mukhannathun de ce qui est aujourd’hui l’Arabie Saoudite, les mahu de Hawaii, les fakaleiti de Tonga et les fa’afafine de Samoa. Bien que la signification historique de ces rôles soit souvent contestée, leur existence ne l’est pas.

Orientation sexuelle[modifier | modifier le code]

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Hepp, Milos, et Braun-Scharm[Qui ?] établissent dans leur étude sur les troubles de l’identité genre et l’anorexie mentale chez les jumeaux monozygotes masculins que la corrélation entre les troubles de l’identité genre de l’enfance et l’homosexualité adulte est plus forte que la corrélation entre les troubles de l’identité de genre de l’enfance et la transidentité adulte. Cohen-Kettenis et Gooren[Qui ?] notent dans leur revue littéraire sur la transidentité que les enfants ayant un trouble de l’identité de genre sont plus susceptibles d’être gay ou lesbiens plus tard que transgenre. En outre, les adultes gays et lesbiens déclarent avoir manifestés plus de comportement de rôle du genre opposé que les adultes hétérosexuels69.

Article principal :.

La question de savoir s’il est préférable de conseiller aux jeunes enfants d’être heureux avec leur sexe assigné, ou de les encourager à continuer à manifester des comportements qui ne correspondent pas à leur sexe assigné — voire explorer une transition de genre — est controversée. Certains cliniciens rapportent qu’une proportion significative de jeunes enfants diagnostiqués avec dysphorie de genre ne présentent plus aucune dysphorie à l’âge adulte16.

Les professionnels qui traitent la dysphorie de genre chez les enfants ont commencé à prescrire des hormones, connues sous le nom de bloqueur de puberté, pour retarder le début de la puberté jusqu’à ce qu’un enfant soit assez âgé pour prendre une décision éclairée sur un traitement hormonal conduisant à une chirurgie de réattribution sexuelle.

Inhibiteur d’hormones

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Les inhibiteurs d’hormones, parfois appelés bloqueurs de puberté, sont un groupe de médicaments utilisés pour inhiber la puberté. Ils sont à l’origine prescrits aux enfants connaissant une puberté précoce pour empêcher la croissance des organes sexuels et la production d’hormones. Ils freinent également l’apparition de pilosité sur le visage, la mue de la voix et le développement de la pomme d’Adam chez les garçons, la croissance des seins et la menstruation chez les filles1

Dans certains pays, ils sont aussi prescrits à certains enfants chez qui une dysphorie de genre a été diagnostiquée, c’est-à-dire qu’ils s’identifient à un genre ne correspondant pas à leur sexe biologique. Ils sont prescrits par un endocrinologue avec l’accord des parents, et généralement après une évaluation psychiatrique.

Les bloqueurs de puberté sont administrés sous la forme d’une injection à un rythme mensuel.

Sommaire

1 Traitement des enfants

2 Liste de médicaments

3 Références

4 Voir aussi

4.1 Articles connexes

4.2 Liens externes

Traitement des enfants[modifier | modifier le code]

Depuis environ le début des années 2000, la nouvelle norme de traitement des enfants prépubères dysphoriques a changé. Ce nouveau paradigme se base sur l’hypothèse que la dysphorie de genre est innée et traite les enfants par la suppression pubertaire avec des agonistes de l’hormone de libération de gonadotrophine (GnRH) suivie de l’utilisation d’hormones sexuelles croisées, une combinaison qui entraîne la stérilité des mineurs2. L’administration de ces hormones visent à rendre les chirurgies ultérieures de changement de sexe moins onéreuses mais freinent la croissance des enfants et risquent de provoquer leur stérilité3.

Une communauté croissante d’opposants incluant des médecins, des professionnels de la santé mentale et des universitaires affirment être préoccupés par la tendance actuelle qui consiste à diagnostiquer et à affirmer rapidement que des jeunes soient transgenres ce qui les met souvent sur la voie d’une transition de sexe médicale. Ces critiques estiment que des actes de chirurgies inutiles et les traitements hormonaux n’ont pas prouvé leur innocuité à long terme et représentent des risques importants pour les jeunes concernés. Il n’est pas possible à l’heure actuelle selon eux d’évaluer les risques et les avantages de ces traitements de réassignation sexuelle4.

Liste de médicaments[modifier | modifier le code]

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Agoniste de la GnRH

Inhibiteur de l’aromatase

Références[modifier | modifier le code]

↑ (en) « Puberty blocker for children considering sex change » [archive], Telegraph Online, 15 avril 2011.

↑ « Gender Dysphoria in Children » [archive], sur American College of Pediatricians, 2 août 2016 (consulté le 9 janvier 2019)

↑ (en) « Johns Hopkins Psychiatrist: Transgender is ‘Mental Disorder;’ Sex Change ‘Biologically Impossible’ » [archive], sur CNS News (consulté le 16 novembre 2018)

↑ Professionals, Youth Trans Critical. “Professionals Thinking Critically about the Youth Transgender Narrative.” En ligne: https://youthtranscriticalprofessionals.org/about/

Traitements psychologiques[

Jusque dans les années 1970, la psychothérapie était le traitement principal de la dysphorie de genre et visait généralement à aider la personne à s’adapter aux caractéristiques sexuelles physiques cohérentes au sexe assigné à la naissance. La psychothérapie est une interaction thérapeutique qui vise à traiter un problème psychologique. Bien que certains cliniciens utilisent encore seulement la psychothérapie pour traiter la dysphorie de genre, elle peut maintenant être utilisée en plus des interventions biologiques comme un accompagnement ou un soutien en parallèle de la transition physique. Les traitements psychothérapeutiques de la dysphorie de genre impliquent d’aider le patient à s’adapter. Les tentatives de soigner la dysphorie de genre en changeant l’identité de genre du patient se sont révélées inefficaces1.

Traitements biologiques

Les traitements biologiques altèrent physiquement les caractères sexuels primaires et secondaires pour réduire l’écart entre l’aspect corporel physique d’une personne et son identité de genre20. Les traitements biologiques de la dysphorie de genre sans aucune forme de psychothérapie est assez rare. Les chercheurs ont constaté que si les individus évitent la psychothérapie dans leur traitement de la dysphorie, ils se sentent souvent perdus et confus lorsque leurs traitements biologiques sont terminés21.

La psychothérapie, la thérapie de remplacement d’hormone, et la chirurgie de réattribution sexuelle ensemble peuvent être efficaces pour traiter la dysphorie de genre quand les standards de soin de la WPATH sont respectés19. Le niveau global de satisfaction des patients vis-à-vis des traitements psychologiques et biologiques est très élevé.

Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres

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World Professional Association for Transgender Health

Logo de la WPATH.

Cadre

But Compréhension et traitement de la dysphorie de genre.

Surnom WPATH

Zone d’influence Internationale

Fondation

Identité

Siège East Dundee

Président Gail Knudson

Secrétaire Randi Ettner

Trésorier Walter Pierre Bouman

Site web wpath.org/site_home.cfm

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L’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (en anglais : « World Professional Association for Transgender Health, Inc. », ou « WPATH »), qui s’appelait anciennement l’« association internationale Henry Benjamin de dysphorie de genre » (en anglais : « Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association, Inc. »), est une association professionnelle consacrée à la compréhension et au traitement de la dysphorie de genre. L’organisation a été initialement nommée d’après Harry Benjamin, l’un des premiers médecins à travailler avec des personnes trans1. L’association est plus connue pour la publication des Standards de soin pour la santé des personnes transsexuelles, transgenres, et de genre non-conforme, mais fournit également des informations pour les professionnels, les concernés, et les sponsors de conférences scientifiques, et offre des directives éthiques pour les professionnels2.

La première version des Standards de soin a été publiée en 19793. La version 7 a été publiée en 20114.

Sommaire

1 Présidents

2 Références

3 Voir aussi

3.1 Articles connexes

3.2 Liens externes

Présidents[modifier | modifier le code]

Plusieurs présidents se sont succédé à la tête de l’association ; dans l’ordre : Paul Walker de 1979 à 1981, Donald Laub de 1981 à 1983, Milton T. Edgerton de 1983 à 1985, Ira Pauly de 1985 à 1987, Aaron T. Bilowitz de 1987 à 1989, Jan Walinder de 1989 à 1991, Leah Schaefer de 1991 à 1995, Friedmann Pfaefflin de 1995 à 1997, Richard Green de 1997 à 1999, Alice Webb en 1999, Eli Coleman de 1999 à 2003, Walter Meyer III de 2003 à 2005, Stan Monstrey de 2005 à 2007, Stephen Whittle de 2007 à 2009, Walter O.Bockting de 2009 à 2011, Lin Fraser de 2011 à 2013, Jamison Green de 2013 à 2015, et Gail Knudson de 2016 à 2018.

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « World Professional Association for Transgender Health » (voir la liste des auteurs).

↑ Allee, Kegan M. Harry Benjamin International Gender Dysphoria Association.

↑ Wong, Gillian (17 juin 2009).

↑ Figures, K (2007).

↑ World Professional Association for Transgender Health (2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Société française d’études et de prise en charge de la transidentité

Transgender Health

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site officiel [archive]

(en) Site de l’Association professionnelle européenne pour la santé des personnes transgenres [archive]

Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres, « Standards de soins pour la santé des personnes transsexuelles, transgenres et de genre non-conforme, version 7 » [archive], septembre 2011.

Identité de genre

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 Ne doit pas être confondu avec Identité sexuelle.

L’identité de genre se réfère en sociologie au genre auquel une personne a le ressenti profond d’appartenir.

En sciences sociales, le sexe ou le type sexuel d’une personne désigne les caractéristiques biologiques (génétique, chromosomes, hormones, notamment) et le genre renvoie à une construction sociale.

Selon certains, l’identité de genre pourrait être non alignée sur l’identité sexuelle. Cependant, cette hypothèse selon laquelle l’identité de genre serait indépendante du sexe biologique ne s’appuierait, selon certains chercheurs, sur aucune preuve scientifique1.

L’identité de genre est également affectée par des facteurs sociaux, comme l’appartenance culturelle, le statut social, la situation professionnelle, l’éducation ou la famille.

Distincte du sexe biologique, l’identité de genre est également distincte de l’orientation sexuelle (hétérosexualité, bisexualité, pansexualité, homosexualité, etc.)2.

Le terme « identité de genre » est généralement préféré (par exemple, dans des recommandations européennes) au terme lié d’« identité sexuelle », pour éviter une confusion avec l’orientation sexuelle ou pour centrer le caractère masculin ou féminin sur le seul facteur du ressenti de la personne, et non sur ses caractéristiques biologiques.

Sommaire

1 Statistiques

2 Origine du concept

3 Développement de l’identité de genre chez l’enfant

4 Différence entre identité de genre et sexe : transgénérisme et transidentité

5 Droit international des droits de l’homme

6 Relation avec le genre social

7 Troisième genre reconnu socialement

7.1 Les Fa’afafine

7.2 Hijra

8 Identité de genre – sous la surface

9 Critique du concept

10 Notes et références

11 Voir aussi

11.1 Articles connexes

11.2 Liens externes

Statistiques[modifier | modifier le code]

Environ 0,6% des adultes américains s’identifieraient comme un genre ne correspondant pas à leur sexe biologique1.

Origine du concept[modifier | modifier le code]

Les psychologues ont commencé à étudier le développement de l’identité de genre des enfants pendant les années 1950 et 1960, en partie pour comprendre les origines de l’homosexualité (à l’époque encore pensée comme un trouble psychique). Le Gender Identity Research Project fut fondé en 1958 à l’Université de Californie à Los Angeles pour étudier les intersexués et les personnes transgenres.

Le psychanalyste Robert Stoller parle de beaucoup des résultats de leurs analyses dans son livre Sex and Gender: On the Development of Masculinity and Femininity3. On lui attribue aussi l’introduction du terme « gender identity » lors du Congrès Psychoanalytique International de 1963.

Le psychoendocrinologiste John Money joua également un rôle important dans le développement des premières théories concernant l’identité de genre. Son travail à la clinique de l’identité de genre à l’Université Johns-Hopkins (établie en 1965) développa et fit connaître la théorie interactionniste de l’identité de genre qui suggère que l’identité de genre reste fluide et sujette à négociation constante jusqu’à un certain âge. Son livre Man and Woman, Boy and Girl4, fut très utilisé dans les universités5. Les travaux de John Money ont fait l’objet de nombreuses et vives critiques (voir également David Reimer)6.

Développement de l’identité de genre chez l’enfant[modifier | modifier le code]

Article connexe : Enfant transgenre.

La théorie de l’apprentissage social de Albert Bandura rend compte de certains des aspects de l’identité de genre. Cette théorie directement inspirée du béhaviorisme met l’accent sur le rôle de l’imitation de modèles de comportements. Bandura défendait l’idée que les enfants imitaient plus fréquemment les modèles de leur sexe. Cette théorie cependant ne fournit pas une explication exhaustive de tous les processus psychologiques et biologiques impliqués7.

Lawrence Kohlberg, dans les années 1960, a proposé un modèle cognitif expliquant et décrivant le développement de l’identité de genre. Entre deux ans et trois ans et demi, stade de l’identité de genre de base (basic gender identity), l’enfant devient conscient qu’il appartient à un genre particulier, garçon ou fille. L’enfant apprend d’abord le label qui lui correspond (garçon ou fille) et découvre ensuite que les mêmes termes s’appliquent à d’autres personnes. Au stade suivant, le stade de la stabilité du genre (trois ans et demi à quatre ans et demi), l’enfant comprend que le sexe est permanent, mais il pense aussi qu’en changeant d’apparence (un garçon se déguisant en fille et vice-versa), le sexe change. Les confusions liées aux apparences sont communes à cet âge : un chat n’est plus forcément un chat si l’expérimentateur le coiffe d’un masque de chien7. Enfin, vers quatre ans et demi à sept ans, au stade de consistance du genre (gender consistency) l’enfant se rend compte que le sexe ne change jamais, quelle que soit la situation7. La théorie de Kohlberg postule que lorsque l’enfant apprend qu’il est un garçon ou une fille, il cherche des informations en accord avec son sexe et agit en fonction de ces données.

La théorie du schème du genre de Sandra Bem s’inspire de l’approche de la théorie sociale cognitive de Bandura et de la psychologie du développement cognitif de Jean Piaget dont elle emprunte le concept de schème. Le schème du genre est « une représentation mentale d’un ensemble de comportements qui aide l’enfant a traiter l’information relative à ce que signifie être un garçon ou une fille ». Bem propose que l’enfant développe un schème du genre en observant dans son environnement comment la société catégorise les personnes en fonction de leur genre, masculin ou féminin. Une fois que l’enfant réalise à quel genre il appartient, il ajuste son comportement à ce schème8. Cependant, cette théorie souffre de plusieurs limites. Elle prédit que l’enfant développe des comportements de plus en plus stéréotypés à mesure que des connaissances sur les genres masculin et féminin se consolident, or plusieurs chercheurs observent que c’est l’inverse qui se produit et que l’enfant comprend de mieux en mieux la complexité des rôles et intègre mieux les informations contradictoires sur les sexes (Bussey et Bandura, 1999 ; Martin et Ruble, 2004)8.

Quand l’identité de genre d’un individu est masculine, mais que ses organes génitaux sont féminins (ou vice-versa), l’individu peut vivre une dysphorie de genre, une grande insatisfaction causée par son expérience de vie en tant qu’homme ou femme sans les organes génitaux de son identité de genre[réf. nécessaire].

Certaines recherches[réf. nécessaire] ont été menées en demandant à des personnes transgenres adultes à quel âge ils se sont rendu compte que leur identité de genre n’était pas celle que leur imposait la société. Ces études suggèrent que l’âge de formation de l’identité de genre se situe autour de deux ou trois ans. Des critiques[réf. nécessaire] ont été adressées à ces recherches, les déclarant biaisées par l’absence de questionnement sur l’âge de découverte de l’identité de genre chez les personnes cisgenres.

L’accès à une hormonosubstitution et la chirurgie de réassignation sexuelle est généralement contrôlée par les médecins. L’une des questions que posent certains[réf. nécessaire] pour distinguer entre les « vrais » transsexuels et les autres est l’âge de la première identification au sexe opposé. Les chercheurs[réf. nécessaire] pourraient donc avoir involontairement exclu certaines personnes de leurs recherches en essayant de déterminer l’âge de la formation de l’identité de genre. Les transsexuels ont pu se sentir obligés de donner la « bonne » réponse dans l’espoir d’obtenir la thérapie par hormones de substitution. Patrick Califia, auteur de plusieurs ouvrages sur la sexualité9, indique que les personnes transgenres savaient quelles réponses donner lors des questionnaires médicaux afin d’avoir droit à la thérapie et/ou la chirurgie :

« Aucun des spécialistes en sexualité ne semble réaliser qu’ils sont eux-mêmes responsables de cette situation où des personnes transgenres doivent décrire un ensemble prédéfini de symptômes et réciter une histoire qui a été élaborée en termes clairement prescrits pour obtenir des médecins l’autorisation d’accéder à ce qui devrait être leur droit inaliénable. »

Différence entre identité de genre et sexe : transgénérisme et transidentité[modifier | modifier le code]

Certains individus éprouvent un inconfort entre leur genre assigné à la naissance et leur identité de genre réelle, notamment les personnes transgenres, et/ou intersexes.

Les personnes intersexes sont celles dont le sexe chromosomique n’a pas été traduit dans les organes génitaux, de par des atypicités hormonales ou autres pendant la gestation du fœtus. Elles peuvent donc être classées selon un genre ressenti comme inadapté ou étranger. Les causes de la transidentité sont moins bien établies ; elles ont été le sujet de beaucoup de conjectures et aucune théorie psychologique n’a fait consensus. Les théories se basant sur une différence sexuelle dans le cerveau sont relativement récentes et difficiles à mener car elles requièrent une analyse destructive des structures internes du cerveau. Toutefois, des recherches en génétique moléculaire ont été entreprises par l’équipe australienne du professeur Vincent Harley en relation avec l’Université de Californie à Los Angeles et une première série de résultats randomisés ont été publiés dans Biological Psychatry le 30 octobre 2008[réf. souhaitée].

La chirurgie de réassignation sexuelle existe depuis quelques décennies. Une personne éprouvant une dysphorie de genre peut donc demander ce genre d’intervention médicale pour que certains éléments ayant trait à l’apparence physique se modifient.

Droit international des droits de l’homme[modifier | modifier le code]

Les Principes de Yogyakarta, qui est un document sur l’application sur le droit international des droits de l’homme donnent une définition sur l’identité de genre. L’identité de genre y est compris comme faisant référence à l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre, y compris l’habillement, le discours et les manières de se conduire10. Son Principe 18 est refuse la classification de l’identité de genre comme maladie mentale et l’« Annotation de jurisprudence sur les Principes de Yogyakarta » dénonce cette classification comme une cause des maltraitances médicales y compris l’électroconvulsivothérapie11.

Relation avec le genre social[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2013). 

Le genre social est l’expression sociale de l’identité de genre, à savoir l’ensemble des comportements sociaux assignés par la société à chaque personne en fonction de son sexe[réf. nécessaire].

La société française, comme la plupart des sociétés, admet l’existence de deux genres sociaux bien distincts et très codifiés : homme et femme. Ce constat est tiré de l’observation biologique des types sexuels.

Le genre social est attribué d’après le sexe dès la naissance. Un enfant qui naît avec un pénis (sexe) sera désigné comme garçon (genre) et la société attendra de lui qu’il se comporte d’une certaine manière pour cette raison (rôle de genre)[réf. nécessaire]. Les sociétés tendent donc à assigner certains rôles aux individus mâles et d’autres aux individus femelles, selon leur manière de déterminer le genre. Dans certaines cultures, il existe d’autres genres sociaux, par exemple les mâles chirurgicalement castrés, les eunuques (voir aussi hijra). Le lien entre l’identité de genre et le genre social peut être flou.

Des recherches faites dans les domaines de la biologie et de la sociologie ont fortement soutenu le point de vue « le sexe entre les oreilles est plus important que le sexe entre les jambes »[réf. nécessaire], qui implique que les personnes adoptent le genre social de leur identité de genre et s’expriment en tant qu’homme, femme ou autre selon leur identité de genre. Il peut être très difficile de déterminer, par exemple, si une drag queen en particulier est une personne à identité de genre féminine qui apprend le genre social féminin ou si c’est une personne avec une identité de genre masculine qui aime imiter le genre social féminin pour amuser les autres ou pour se moquer des personnes plus strictes de sa culture ou encore pour toute autre raison.

Tous individus ont une identité de genre mais toutes les identités de genre ne sont pas sanctionnées ou validées de la même façon par les normes sociales en vigueur. Aujourd’hui[Quand ?], l’expérience et l’identité de genre débordent de la binarité[Selon qui ?]12.

Troisième genre reconnu socialement[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Berdache et Troisième sexe.

Les Fa’afafine[modifier | modifier le code]

Dans certaines cultures polynésiennes, les fa’afafine sont un troisième genre au même niveau que les hommes et les femmes. Ils sont biologiquement mâles mais se comportent de manière considérée comme typiquement féminine. Selon Tamasailau Sua’ali’i, les fa’afafine de Samoa sont physiologiquement incapables de reproduction. Les fa’afafine sont acceptés en tant qu’un genre naturel et ne sont ni discriminés ni méprisés13. Les fa’afafine renforcent leur féminité par le fait qu’elles(ils) ne sont attirées que par les hommes hétérosexuels et attirent uniquement l’attention de ceux-ci. Elles (ils) ont été (et sont toujours) initialement reconnues par leur choix de travail, les fa’afafine exécutent les travaux de maison identifiés comme féminins14.

Hijra[modifier | modifier le code]

Dans la culture du sous-continent indien, un hijra n’est considéré ni homme ni femme. La plupart sont biologiquement hommes ou intersexués, mais certains sont biologiquement femmes.

Identité de genre – sous la surface[modifier | modifier le code]

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La plupart des gens sont considérés comme « cisgenres » (« cisgender » en anglais), leur identité de genre étant la même que leur sexe (par exemple, un enfant né avec des organes sexuels féminins, élevé en tant que fille et qui se sent femme). Avant le xxe siècle, le sexe d’une personne était déterminé seulement par l’apparence des organes sexuels visibles, mais depuis la découverte des chromosomes et des gènes, ceux-ci sont aussi utilisés. Les personnes de sexe féminin ont des organes sexuels féminins et deux chromosomes X ; ceux de sexe masculin ont des organes sexuels masculins ainsi qu’un chromosome X et un chromosome Y. Toutefois, phénomène extrêmement rare, il existe des personnes qui ont des combinaisons de chromosomes qui n’entrent pas dans les définitions traditionnelles d’ homme et de femme. Les appareils reproducteurs varient d’une personne à une autre, certains individus ayant en apparence plus d’un type d’appareil reproducteur, bien qu’en réalité un seul appareil reproducteur ne fonctionne ; d’autres attributs physiques attribués au sexe d’une personne (forme du corps, pilosité faciale, voix grave ou aiguë, etc), peuvent ou non coïncider avec le genre, homme ou femme, d’après l’apparence des appareils reproducteurs. Des recherches récentes suggèrent que deux personnes sur cent pourraient avoir une caractéristique intersexe15. Les personnes transgenres sont celles dont l’identité de genre diffère des définitions traditionnelles. Les identités de genre, et plus spécifiquement les aspects considérés comme relevant du bon comportement ou de l’apparence correcte en fonction du genre, diffèrent selon la culture. L’identité de genre de la plupart des gens s’écarte d’une manière ou d’une autre des rôles stéréotypés d’homme et femme, et certaines en divergent davantage que d’autres.

Pour bien comprendre la différence entre le sexe et l’identité de genre, les cas les plus simples à prendre sont ceux où l’appareil reproductif extérieur (pénis, clitoris…) a été enlevé.

La libido et la capacité d’exprimer son désir sexuel sont changés, mais l’identité de genre peut rester la même. Un contre-exemple très connu est celui de David Reimer16, dont le pénis fut détruit lors d’une circoncision mal faite peu après sa naissance. Un clitoris lui fut construit chirurgicalement, et il fut élevé en tant que fille, mais il insista toujours sur le fait que son identité de genre était celle d’un garçon avant de connaître l’histoire de son enfance. Il refusait énergiquement son nouveau prénom féminin, déchirait ses robes, voulait jouer aux voitures avec son frère jumeau. En d’autres cas, l’identité de genre d’une personne ou son apparence (androgyne, homme ou femme) peut contraster avec son sexe physique (les organes reproducteurs).

Le terme d’identité de genre est donc différent du seul sexe biologique déterminé par les organes sexuels extérieurs (qui peuvent, rarement, être indéterminés).

Il existe quatre types d’anomalies ou d’ambiguïtés sexuelles : les physiologiques, les chromosomiques (nombre de chromosomes différent de deux, XX avec le gène SRY ou XY sans le gène SRY ; ces deux problèmes sont causés par mutation ou translocalisation du gène SRY), celles reliées spécifiquement aux gènes, les hormonales et les psychologiques (le cerveau étant protégé des hormones par la barrière hématoencéphalique, la divergence psychologique-physique n’est pas due aux hormones sexuelles bien qu’elles agissent peut-être prénatalement avant la formation de la barrière hématoencéphalique). Plusieurs d’entre elles ne sont pas découvertes à la naissance. Certaines le sont seulement à la puberté lorsque les caractères sexuels secondaires diffèrent de ce à quoi on s’attendait. D’autres n’apparaissent que lorsqu’une personne désire procréer et se rend compte qu’elle est stérile. D’autres encore ne se révèlent que lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie grave et que des examens poussés le lui confirment17.

Histoire et évolutions terminologiques

La dysphorie de genre est classée comme un trouble sous travestisme bivalent dans la CIM 10 en 2017.

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Classification internationale des maladies

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 Pour les articles homonymes, voir CIM.

La Classification internationale des maladies (CIM) 1,2 est une classification médicale codifiée classifiant les maladies et une très vaste variété de signes, symptômes, lésions traumatiques, empoisonnements, circonstances sociales et causes externes de blessures ou de maladies.

Elle est publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et est mondialement utilisée pour l’enregistrement des taux de morbidité et des taux de mortalité touchant le domaine de la médecine3.

La dernière version est la CIM-10. L’adoption de la CIM-11 est programmée pour mai 2019.

Sommaire

1 Descriptions

2 Historique

3 Versions

3.1 CIM-6

3.2 CIM-9

3.3 CIM-10

3.4 CIM-11

4 Problématiques

5 Controverses au sujet du chapitre V portant sur la psychiatrie

6 Notes et références

7 Voir aussi

7.1 Articles connexes

7.2 Sites officiels

7.3 Liens externes

Descriptions[modifier | modifier le code]

La CIM a été conçue pour « permettre l’analyse systématique, l’interprétation et la comparaison des données de mortalité et de morbidité recueillies dans différents pays ou régions à des époques différentes » (volume 2 p. 2). Les travaux pour l’élaboration de la dixième révision (CIM-10, en anglais : ICD-10) ont commencé en 1983 et ont été achevés en 1989, pour une adoption le 17 mai 19904. La CIM-9 ayant vu le jour en 1975, la CIM-10 a rompu le rythme décennal des révisions. L’un des motifs en est l’importance des modifications effectuées. L’OMS avait prévu que les révisions décennales seraient remplacées par des mises à jour. La première a été publiée en 1996, suivie d’autres selon un rythme annuel5.

Les affections (symptômes, maladies, lésions traumatiques, empoisonnements) et les autres motifs de recours aux services de santé sont répertoriés dans la CIM avec une précision qui dépend de leur importance, c’est-à-dire de leur fréquence et de l’intensité du problème de santé publique qu’ils posent (par exemple, le chapitre des maladies infectieuses est le plus gros et le plus détaillé parce que ces maladies sont la première cause mondiale de morbidité et de mortalité).

La CIM est une classification statistique et mono-axiale. Elle est statistique en ce sens que l’entité faisant l’objet d’un codage ne peut être attribuée qu’à une et une seule catégorie de la classification. Cela découle des règles de codage pour le choix de l’affection principale ou de la cause de mortalité. Elle est mono-axiale en ce sens que chaque entité (maladie) ne correspond qu’à un seul code, les ambiguïtés de classement étant levées par les règles d’exclusion. La CIM attribue aux entités répertoriées un code alphanumérique comportant trois à cinq caractères.

La CIM-10 comprend trois volumes, publiés respectivement en 1993 (vol. 1), 1995 (vol. 2) et 1996 pour le vol. 3.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1893, un médecin français, Jacques Bertillon, intronise la Classification des causes de décès lors d’un congrès à Chicago, aux États-Unis6. Cette classification a fait l’objet de cinq révisions décennales jusqu’en 1938. À la création de l’OMS en 1945, celle-ci se vit confier l’évolution et la mise à jour de la classification de Bertillon. La sixième révision devint en 1948 la Classification statistique internationale des maladies, traumatismes et causes de décès : elle cessait en effet de ne répertorier que les causes de décès pour s’intéresser de façon plus générale à la morbidité.

Versions[modifier | modifier le code]

CIM-6[modifier | modifier le code]

La CIM-6, publiée en 1949, était le premier manuel contenant une classification des troubles mentaux.

CIM-9[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de codes CIM-9.

La CIM-9 termine sa neuvième révision en 19756 et est publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé en 1977. Elle est finalement remplacée par la CIM-10, la version actuellement en utilisation par l’OMS et par la plupart des pays mondiaux. Donnant une plus grande expansion des données, il est impossible de convertir les données exposées dans la CIM-9 avec les données exposées dans la CIM-10, bien qu’il existe certains guides d’utilisateur7.

CIM-10[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de codes CIM-10.

Les projets de la CIM-10 ont débuté en 1983, et la nouvelle révision est faite par l’Assemblée mondiale de la santé, qui l’adopte le 17 mai 19904, pour rentrer en application à compter du 1er janvier 19938. La dernière version est en utilisation par les États membres de l’OMS dès 19949. Le système de classification expose plus de 155 000 différents codes et permet à l’aide des diagnostics et procédures, une expansion significative sur 17 000 codes disponibles dans le CIM-910. Plusieurs facilités sont disponibles sur le site officiel de l’OMS pour aider à son utilisation, et incluent un manuel, un mode d’emploi et des données à télécharger3. Certains pays ont adapté le manuel, comme la « CIM-10-AM », publiée en Australie en 1998 (également en utilisation en Nouvelle-Zélande)11, et la « CIM-10-CA », commercialisée au Canada en 200012.

La table analytique comporte vingt-deux chapitres depuis 2006, du fait de sa plus récente mise à jour ; elle en comptait vingt et un auparavant. Chaque chapitre est divisé en catégories affectées d’un code à trois caractères, par exemple : asthme J45. La majorité des catégories propose un niveau de détail supplémentaire ou sous-catégorie dont le code est précisé par un quatrième caractère (séparé des trois premiers par un point), par exemple : asthme allergique J45.0. Les vingt-deux chapitres avec l’indication des codes des première et dernière catégories qu’ils contiennent sont les suivants :

Chapitre Codes Titre

I A00-B99 Certaines maladies infectieuses et parasitaires

II C00-D48 Tumeurs

III D50-D89 Maladies du sang et des organes hématopoïétiques et certains troubles du système immunitaire

IV E00-E90 Maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques

V F00-F99 Troubles mentaux et du comportement

VI G00-G99 Maladies du système nerveux

VII H00-H59 Maladies de l’œil et de ses annexes

VIII H60-H95 Maladies de l’oreille et de l’apophyse mastoïde

IX I00-I99 Maladies de l’appareil circulatoire

X J00-J99 Maladies de l’appareil respiratoire

XI K00-K93 Maladies de l’appareil digestif

XII L00-L99 Maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané

XIII M00-M99 Maladies du système ostéo-articulaire, des muscles et du tissu conjonctif

XIV N00-N99 Maladies de l’appareil génito-urinaire

XV O00-O99 Grossesse, accouchement et puerpéralité

XVI P00-P96 Certaines affections dont l’origine se situe dans la période périnatale

XVII Q00-Q99 Malformations congénitales et anomalies chromosomiques

XVIII R00-R99 Symptômes, signes et résultats anormaux d’examens cliniques et de laboratoire, non classés ailleurs

XIX S00-T98 Lésions traumatiques, empoisonnements et certaines autres conséquences de causes externes

XX V01-Y98 Causes externes de morbidité et de mortalité

XXI Z00-Z99 Facteurs influant sur l’état de santé et motifs de recours aux services de santé

XXII U00-U99 Codes d’utilisation particulière

Seuls les vingt-et-un premiers chapitres sont actuellement présents dans l’édition papier de la CIM-10. Le chapitre XXII est accessible en anglais sur le site Internet de l’OMS, avec l’ensemble des mises à jour faites depuis 199613. Il est aussi accessible avec les mises à jour, en français, sur le site de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation14Source insuffisante .

CIM-11[modifier | modifier le code]

L’Organisation mondiale de la santé a révisé la Classification internationale des maladies (CIM) en fonction de la CIM-11. Son développement a eu lieu sur un espace de travail basé sur Internet qui continue d’être utilisé comme « plate-forme de maintenance » [archive] pour les discussions et les propositions de mises à jour de la CIM. N’importe qui peut soumettre une proposition fondée sur des données probantes. Les propositions sont traitées d’une manière ouverte et transparente, avec des examens des preuves scientifiques, de la facilité d’utilisation et de l’utilité des diverses utilisations de la CIM.

Il est prévu qu’il ne sera pas nécessaire d’apporter des modifications nationales à la CIM-11, en raison de sa richesse et de sa souplesse dans les détails à signaler.

La version finale pour la mise en œuvre est publiée le 18 juin 20189 et devrait être soumise pour adoption à l’Assemblée mondiale de la santé (AMS) en mai 2019, pour rentrer en application à compter du 1er janvier 20229.

La CIM-11 est accompagnée d’une trousse de mise en œuvre qui comprend des tableaux de transition de et vers la CIM-10, un outil de traduction, un outil de codage, des services Web, un manuel, du matériel de formation et plus encore « Classification internationale des maladies » [archive]. Tous les outils sont accessibles après l’auto-inscription à partir de la plate-forme de maintenance15.

La version officielle est accessible en ligne16. Une traduction française est en train d’être préparée.

Environ 300 spécialistes de 55 pays, organisés en 30 groupes de travail principaux, ont apporté leur contribution à l’actualisation scientifique de la CIM-11, et les problèmes structurels qui sont apparus à l’aide de la CIM-10 ont été résolus.

La CIM-11 est beaucoup plus facile à utiliser que la CIM-10. Son infrastructure ontologique permet un meilleur guidage de l’utilisateur par rapport à la CIM-10.

Le recours systématique à l’utilisation de combinaisons de codes et de codes d’extension rend la CIM finalement cliniquement pertinente. Avec les combinaisons, n’importe quelle condition peut être codée au niveau de détail désiré.

Les soins primaires, le codage du cancer, la médecine traditionnelle (actuellement module 1 : médecine chinoise ancienne – Chine, Corée et Japon), et une section pour l’évaluation du fonctionnement sont maintenant inclus.

Des versions spécialisées, comme pour la santé mentale, les soins primaires ou la dermatologie sont produites à partir du noyau commun, la fondation.

La CIM-11 est vraiment multilingue. La CIM-10 existe en 43 langues dans des versions électroniques et la CIM-11 a déjà 15 traductions en cours. L’outil produit tous les fichiers et formats à partir de l’outil de traduction de base sur la « plate-forme de maintenance » [archive]. Pour l’autorisation des traductions, les demandes doivent être adressées à l’OMS.

La CIM-11 est prête pour la santé numérique (anciennement la santé électronique) en raison de l’utilisation d’identificateurs de ressources uniformes et de ses fondements ontologiques. Le système permet de connecter n’importe quel logiciel via une API standard. Le même emballage est également préparé pour une utilisation hors ligne.

La CIM-11 est basée sur un composant de base électronique qui contient tout le contenu, l’information structurelle, les références et les descripteurs dans un format lisible par machine. Le contenu est ensuite rendu pour une utilisation mécanique ou humaine, sous forme électronique ou imprimée.

Dans la CIM-11, chaque entité pathologique a une description qui donne des descriptions clés et des conseils sur la signification de l’entité/catégorie en termes lisibles par l’homme, afin de guider les utilisateurs. Il s’agit d’un progrès par rapport à la CIM-10, qui n’avait que des libellés. Les Définitions ont une structure standard selon un modèle avec des modèles de définition standard et d’autres caractéristiques illustrées dans un “modèle de contenu”. Le modèle de contenu est un cadre structuré qui saisit les dimensions sous-jacentes à la définition d’une entité de DCI. Le modèle de contenu permet donc l’informatisation (avec des liens vers des ontologies et des SNOMED CT). Chaque entité ICD peut être vue à partir de différentes dimensions ou “paramètres”. Par exemple, il y a actuellement 13 paramètres principaux définis dans le modèle de contenu (voir ci-dessous) pour décrire une catégorie dans le DCI.

CIM libelé de l’entité – Fully Specified Name

Propriétés de classification – maladie, trouble, blessure, etc

Définitions textuelles – courtes descriptions standard

Termes – synonymes, autres inclusions et exclusions

Description du système et de la structure du corps – anatomie et physiologie

Propriétés temporelles – aiguës, chroniques ou autres

Sévérité des propriétés des sous-types – mild, modéré, sévère, ou d’autres échelles

Propriétés de manifestation – signes, symptômes

Propriétés causales – étiologie : infectieux, cause externe, etc.

Propriétés fonctionnelles – impact sur la vie quotidienne : activités et participation

Propriétés de l’affection spécifique – relation avec la grossesse, etc.

Propriétés du traitement – considérations spécifiques au traitement : p. ex. résistance

Critères diagnostiques – définitions opérationnelles pour l’évaluation

La CIM-11 fait appel à une architecture plus sophistiquée que les versions historiques, conformément à sa génération en tant que ressource numérique. Le contenu de base du système, appelé Composante Fondation, est un réseau sémantique de mots et de termes, où tout terme donné peut avoir plus d’un parent. Pour répondre à l’exigence que les classifications statistiques présentent une exclusivité mutuelle (de sorte que les événements ne sont pas comptés plus d’une fois) et une exhaustivité (de sorte qu’il y a une place pour comptabiliser tous les événements), la CIM11 soutient la sérialisation de la Composante Fondation en un nombre arbitraire de linéarisations, optimisé pour les cas d’utilisation. La linéarisation principale, actuellement appelée linéarisation conjointe pour les statistiques de morbidité et de mortalité, est le format tabulaire avec lequel la plupart des utilisateurs traditionnels se familiariseront. Cependant, d’autres linéarisations, pour les soins primaires, les dérivés de sous-spécialités multiples ou des applications telles que l’aide à la décision clinique sont possibles. Enfin, des travaux préliminaires en partenariat avec l’IHTSDO sont en cours pour assurer la cohérence sémantique de la composante Fondation de la CIM-11 par le développement de l’ontologie commune, un sous-ensemble de SNOMED CT qui ancrera la composante Fondation à des termes définis par logique de description.

Problématiques[modifier | modifier le code]

Le but de la CIM est de permettre l’analyse comparative internationale, mais cela se heurte à plusieurs difficultés.

Les révisions périodiques de la classification ne doivent pas concilier la continuité des définitions (stabilité) tout en l’adaptant à l’évolution du savoir médical (pertinence), ce qui peut rendre plus difficile la valeur comparative des statistiques sanitaires. Par exemple, lorsque différents pays adoptent les nouvelles révisions avec des décalages de temps différents ; ou encore lorsque l’on veut étudier les statistiques sur de longues durées (plusieurs décennies)17.

De même, si la classification gagne en précision et en raffinement, cela accroit le besoin d’expertise sur le terrain (moyens et technique de diagnostic). Il peut alors se produire un décalage de qualité de collecte des données entre les pays selon le niveau de leur service de santé17.

Controverses au sujet du chapitre V portant sur la psychiatrie[modifier | modifier le code]

Cette classification qui globalement s’est alignée sur celle du DSM (particulièrement depuis la 4e révision, DSM-IV) est très critiquée et pour les mêmes raisons : réductionnisme sous couvert de position a-théorique, développement en fonction d’une vision purement organique et pharmacologique, selon l’intérêt des laboratoires pharmaceutiques18,19.

Par ailleurs, le fait qu’elle ne reprenne pas les « axes » du DSM fait que la liste des diagnostics a tendance à s’allonger sans fin et sans qu’on puisse clairement hiérarchiser ceux qui sont pertinents actuellement, ceux qui relèvent d’un aspect structurel, etc.

Enfin, la partie des diagnostics pédopsychiatriques (enfants et adolescents) est insuffisante, ce qui a tendance à confondre pédopsychiatrie et psychiatrie de l’adulte dans une vision « adultomorphe »20.

Travestisme bivalent

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Travestisme bivalent

Données clés

Spécialité Psychiatrie

Classification et ressources externes

CIM-10 F64.1

 Mise en garde médicale

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Le travestisme bivalent est le diagnostic formel utilisé par les psychologues et les médecins pour décrire les personnes qui portent des vêtements du sexe opposé, faisant l’expérience d’être du sexe opposé temporairement, mais qui n’ont pas de motivation sexuelle et ne veulent pas de chirurgie de réattribution sexuelle. La classification internationale des maladies (CIM-10) liste trois critères de diagnostic pour le « Travestisme bivalent » (F64.1)1.

Une personne qui est diagnostiquée comme ayant un travestisme bivalent ne devrait pas recevoir un diagnostic de travestissement fétichiste (F65.1)2.

Le trouble de l’identité de genre a été renommé en dysphorie de genre par le DSM-523,24. Certaines personnes transidentitaires et chercheurs soutiennent la déclassification du trouble de l’identité de genre au motif que le diagnostic donne une connotation pathologique à la variance de genre, renforce le modèle binaire du genre25, et peut avoir comme conséquence la stigmatisation des individus transgenres.

Binarité de genre

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Signes de toilette manifestant une binarité de genre.

Article connexe : Binarité de sexe.

La binarité de genre, aussi appelée binarisme de genre (parfois abrégée simplement par binarisme), est un concept utilisé en sciences sociales pour désigner la classification de l’identité de genre en deux et uniquement deux formes distinctes, opposées et déconnectées, masculin et féminin1.

Comme l’un des principes fondamentaux du genrisme, il peut s’apparenter, selon certains chercheurs, à un tabou qui décourage les gens à traverser ou à mélanger les rôles de genre.

Dans ce modèle binaire, « sexe », « genre » et « sexualité » sont alignés par défaut ; par exemple, une personne homme ou femme devrait avoir une apparence, des traits de caractère et des comportements qui correspondent à cette assignation ainsi qu’une attirance pour le sexe opposé2.

Sommaire

1 Généralités

2 Critique du concept

3 Défense du concept

4 Voir aussi

4.1 Articles connexes

4.2 Liens externes

5 Références

Généralités[modifier | modifier le code]

Dans le monde entier, de nombreuses personnes peuvent être considérées comme des exceptions à la binarité de genre ou aux identités transgenres typiques. Les rôles sociaux impliquent certains aspects sexués : notamment les Amérindiens bispirituels et les hijra de l’Inde. En Occident contemporain, le transgénérisme est utilisé pour « casser » la binarité de genre sous la forme du genderqueer3.

Selon une enquêtes réalisée en France en 2016, « 56 % des 13/20 ans connaissent une personne qui se qualifie à travers des pronoms neutres (au lieu d’une utilisation classique du masculin/féminin) »4. En 2018, selon deux enquêtes, 13 % des 18-30 ans interrogés et 6 % des interviewés ne se définissent pas de façon binaire5. Pour le sociologue Arnaud Alessandrin, les expériences de genre « débordent » de la binarité de genre 6.

Critique du concept[modifier | modifier le code]

Anne Fausto-Sterling suggère l’abandon de la classification binaire des sexes des hommes et des femmes, qui est selon elle, socialement construite7.

Maria Lugones observe que parmi les Yoruba, le concept de genre et son système n’existait pas du tout avant le colonialisme. Elle fait valoir qu’un système de genre a été introduit par les puissances coloniales comme outil de domination et que cette cause a fondamentalement changé les relations sociales entre les populations autochtones8.

Variance de genre

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La variance de genre, ou la non-conformité de genre, est le comportement ou l’expression de genre d’un individu qui ne correspond pas aux normes de genre masculines ou féminines. Les personnes qui expriment une variance de genre sont dits de « genre variant », de « genre non conforme », de « genre divers », de « genre atypique » ou genderqueer, et peuvent être transgenres ou d’une autre variance d’identité de genre. Certaines personnes intersexes peuvent aussi exprimer une variance de genre.

Sommaire

1 Terminologie

2 Variance de genre dans l’enfance

3 Statut social des hommes et des femmes

4 Rôles de genre atypiques

5 Association avec l’orientation sexuelle

6 Vêtements

7 Reconnaissance légale

7.1 Australie

8 Références

9 Voir aussi

9.1 Articles connexes

9.2 Liens externes

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les termes variance de genre et genre variant sont utilisés par les étudiants américains de psychologie1,2, de psychiatrie3, d’anthropologie4, et dans les gender studies, ainsi que par les groupes de défense des genres variants eux-mêmes5. Le terme genre variant est délibérément large, englobant des termes plus spécifiques comme transsexuel, butch et fem, queen, sissy, tomboy, travesti, ou hijra.

Le mot transgenre est parfois utilisé pour signifier genre variant6, mais habituellement, il a un sens plus restrictif et avec des connotations quelques peu différentes, notamment la non-identification du genre assigné à la naissance. Le Guide de Référence Media du GLAAD (anciennement Gay and Lesbian Alliance Against Defamation) définit le terme transgenre comme un « terme parapluie pour les personnes dont l’identité et/ou l’expression de genre diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. »7 Les personnes ayant un genre variant ne s’identifient pas toutes comme transgenres, et toutes les personnes transgenres ne s’identifient pas comme genre variant ; beaucoup s’identifient simplement comme hommes ou femmes. L’identité de genre est le ressenti interne de son propre genre ; alors que la plupart des gens ont une identité genre d’un garçon ou d’un homme, ou d’une fille ou d’une femme, l’identité de genre pour d’autres personnes est plus complexe que deux choix. En outre, l’expression de genre est la manifestation extérieure de son identité de genre, généralement par l’apparence ou par le comportement  « masculin », « féminin » ou d’un genre variant7.

Dans certains pays comme l’Australie, le terme genre divers ou historiquement, sexe et/ou genre divers, peut être utilisé à la place de transgenre8,9,10,11,12. L’ambiguïté à propos de l’inclusion ou de l’exclusion des personnes intersexes dans la terminologie, conduit à décliner les termes sexe et/ou genre divers et sexes et genres divers9,13,14,15. La réglementation actuelle prévoyant la reconnaissance des identités trans et d’autres genres utilisent des termes tels que genres divers et transgenre16. En juillet 2013, la National LGBTI Health Alliance australienne a produit un guide intitulé « Inclusive Language Guide: Respecting people of intersex, trans and gender diverse experience » qui distingue clairement les différences entre le corps physique et l’identité12.

Variance de genre dans l’enfance[modifier | modifier le code]

De multiples études suggèrent une corrélation entre les enfants ayant une identité de genre non conforme et leur éventuel coming out en tant qu’homosexuel, bisexuel, ou transgenre17,18. Dans d’autres études, une majorité des personnes qui s’identifient comme gay ou lesbienne s’auto-proclament de genre non-conforme quand ils étaient enfants17,18. Cependant, la pertinence de ces études a été remise en question, en particulier au sein de la communauté universitaire19. La communauté thérapeutique est actuellement divisée sur la réponse appropriée du genre non-conforme dans l’enfance. Une étude a suggéré que le genre non conforme de l’enfant était acquis17. Bien qu’il soit fortement associé à l’homosexualité, le genre non-conforme est plus susceptible de prédire une maltraitance sur mineur. Une étude récente montre que les personnes hétérosexuelles et homosexuelles qui n’expriment pas leurs rôles de genre en accord avec la société sont plus susceptibles de faire l’expérience d’agressions physiques, sexuelles, et psychologiques20.

Des études ont également été menées sur les attitudes des adultes envers les enfants de genre non conformes. Il n’y aurait pas d’effets importants (à l’exception de quelques valeurs aberrantes) sur les attitudes, les intérêts et les comportements envers les enfants ayant des traits de genre non conformes21.

Les enfants ayant une variance de genre peuvent avoir du mal à se conformer plus tard dans la vie. Ils peuvent essayer de mener une vie « normale » en ayant des relations hétérosexuelles ou en se mariant pour tenter de dompter leur identité de genre de base. Comme les enfants vieillissent et ne sont pas traités pour ce « décalage » entre l’esprit et l’apparence corporelle, ils peuvent éprouvés un mal-être, et une image de soi négative, ce qui peut éventuellement conduire à de la dépression, le suicide, ou le doute de soi22. Si un enfant est de genre non conforme à un très jeune âge, il est important de fournir un soutien familial pour un impact positif sur la famille et l’enfant23. Les enfants qui ne sont pas conformes avant 11 ans ont tendance à avoir un risque accru de dépression, d’anxiété, et des idées suicidaires au début de l’âge adulte24.

Roberts et al. (2013) ont trouvé dans leur étude que les participants âgés de 23 à 30 ans, où 26 % font l’expérience du genre non conforme, ont des sortes de symptômes dépressifs par rapport aux 18 % qui ont un genre conforme24. Il n’y a pas de traitement curatif pour le genre non conforme, mais la thérapie comportementale a été rapportée comme étant un succès25. En fait, le traitement des troubles de l’identité de genre tels que la variance de genre ont été un sujet à controverses depuis trois décennies26. Les travaux de Hill, Carfagnini et Willoughby (2007), Bryant (2004), « suggèrent que les protocoles de traitement pour ces enfants et adolescents, en particulier ceux basés sur la conversion de l’enfant à un stéréotype de genre, font empirer les choses, les obligeant à intérioriser leur détresse. » En d’autres termes, le traitement de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents peuvent avoir des conséquences négatives26. Des études suggèrent que le traitement devrait se concentrer davantage à aider les enfants et les adolescents pour se sentir à l’aise dans la vie avec la dysphorie de genre. Il y a un sentiment de détresse qui accable un enfant ou un adolescent avec dysphorie de genre26. Hill et al. (2007) déclarent : « si ces jeunes sont en détresse en ayant un état jugé par la société comme indésirable, est-ce la preuve d’un trouble ? ». Bartlett et ses collègues (2000) notent que les difficultés à déterminer la détresse est aggravée dans les cas de dysphorie de genre, parce que, généralement, on ne sait pas si la détresse de l’enfant est due à la variance de genre ou à des effets secondaires (par exemple, l’ostracisme ou la stigmatisation)26. Hill et al. (2007) suggère : « Une approche moins controversée, respectueuse de la variance de genre dans notre culture, et sympathique envers la lutte d’un enfant avec le genre, serait plus humain. »26

Statut social des hommes et des femmes[modifier | modifier le code]

La non-conformité de genre chez les hommes assignés est habituellement plus sensiblement et violemment contrôlée que la non-conformité de genre chez les femmes assignées. De nombreux théoriciens pensent que c’est parce que la féminité est intrinsèquement dévalorisée dans une société patriarcale, donc qu’un homme qui cherche à être plus féminin abaisse son statut social, mais une femme agissant d’une manière masculine est tolérée et encouragée parce que son statut social sera renforcé (par exemple, la puissance physique, l’affirmation de soi, l’ambition). L’intense pression sociale sur les personnes traditionnellement considérées « hommes », pour être masculines, peut être perçue à travers les niveaux particulièrement élevés de violence envers les femmes trans7.

Rôles de genre atypiques[modifier | modifier le code]

Un rôle de genre atypique est un rôle de genre comprenant des comportements non typiques en référence à une norme culturelle27. Les stéréotypes de rôle de genre sont des modèles socialement déterminés. Ils correspondent à ce que la société attend des hommes et des femmes en matière de pensées, de comportements, de ressentis, etc. ; ils sont souvent basés sur les normes de genre.

Exemples de quelques rôles de genre atypiques :

Househusbands : hommes qui restent à la maison et prennent soin de leur intérieur et de leurs enfants pendant que leur partenaire est au travail. Selon Sam Roberts du New York Times, en 1970, 4 % des hommes américains gagnaient moins que leurs épouses. La National Public Radio a rapporté qu’en 2015, ce chiffre était passé à 38 %28.

Métrosexuel : un homme de toute orientation sexuelle qui a un intérêt pour le style, la mode, et les vêtements également.

Androgynie  : une personne ne s’identifiant ni comme homme, ni comme femme, OU présentant un genre mixte ou neutre.

Travesti : une personne qui s’habille avec des vêtements ou ayant approximativement une apparence de l’autre sexe, en public ou seulement en privé. Leur identité de genre, cependant, n’est pas nécessairement congruente avec le genre auquel ils se réfèrent pour s’habiller.

Hijra : Une personne (parfois neutre) dont l’anatomie est identifiée comme masculine (plus rarement féminine ou intersexe), mais dont l’identité de genre n’est ni masculine ni féminine, et dont le rôle de genre inclut des vêtements spéciaux qui les identifie comme hijra ; ce rôle genre donne une place particulière dans la société et permet des professions particulières.

Khanith : Le partenaire gynécomimétique en relation homosexuelle hétérogenrée, peut conserver son statut public d’homme, malgré ses vêtements et son comportement de rôle masculin socio-normal. Les vêtements de ces individus doivent être intermédiaires entre ceux d’un homme et ceux d’une femme. Son rôle social inclut la liberté d’associer les femmes dans l’ensemble de leurs interactions sociales, y compris en chantant avec eux lors de mariages.

Association avec l’orientation sexuelle[modifier | modifier le code]

Les comportements tels que l’expression de l’émotion, un penchant pour le soin et l’attention des autres, un intérêt pour la cuisine ou d’autres tâches domestiques, le soin porté à soi-même, et le désir de prendre soin des enfants sont tous les aspects du genre masculin non-conforme17,18,19. Les hommes qui présentent de telles tendances sont souvent identifiés comme gay. Une étude a révélé une incidence élevée d’hommes gay auto-proclamés, ayant eu des comportements de genre atypiques dans l’enfance, comme ayant peu d’intérêt pour le sport et une préférence à jouer avec des poupées29. La même étude a trouvé que les mères d’hommes gay ont rapporté de tels comportements atypiques chez leurs fils avec une plus grande fréquence que les mères d’hommes hétérosexuels29. Mais alors que de nombreux hommes gays ou bisexuels présentent des caractéristiques traditionnellement féminines, beaucoup d’entre eux ne le font pas, et pas tous les hommes féminins sont nécessairement gays ou bisexuels.

Pour les femmes, le genre non-conforme est souvent associé au lesbianisme en raison des identités limitées auxquelles les femmes sont confrontées à l’âge adulte17,18,19. Les notions de féminité hétérosexuelle exigent souvent un rejet des activités physiquement exigeantes, la soumission sociale à un personnage masculin (mari ou petit ami), un intérêt pour la procréation et les tâches ménagères, et un intérêt à se rendre plus attrayante pour les hommes avec des vêtements appropriés, du maquillage, une coupe de cheveux stylisée, et des formes corporelles. Un rejet de l’un de ces facteurs peut conduire une femme à être catégorisée lesbienne indépendamment de son orientation sexuelle réelle. Par conséquent, attirer un partenaire romantique ou sexuel masculin peut jouer un rôle important pour une femme adulte pour supprimer ou rejeter son propre désir d’être variante de genre. Les femmes lesbiennes et bisexuelles, étant moins préoccupés par attirer les hommes, peuvent trouver plus facile de rejeter les idéaux traditionnels de la féminité, car la punition sociale d’une telle transgression n’est pas efficace, ou du moins pas plus efficace que les conséquences d’être ouvertement homosexuel.le.s ou bisexuel.le.s dans une société hétéronormative (qu’iels connaissent déjà). Cela peut aider à expliquer les niveaux élevés de genres non-conformes auto-déclarés chez les lesbiennes17,18,19.

Vêtements[modifier | modifier le code]

Chez les adultes, le port de vêtements féminins par des hommes est souvent socialement stigmatisé et considéré comme du fétichisme, ou considéré comme sexuellement anormal. Pourtant, le travestisme peut simplement être une forme d’expression de genre, sans être nécessairement lié à l’activité érotique, et il n’est pas non plus lié à l’orientation sexuelle7. D’autres hommes au genre non-conforme préfèrent simplement modifier et styliser leur vêtements pour exprimer leurs intérêts pour l’apparence et la mode.

Reconnaissance légale

Géraldine Claise

geraldineclaise@me.com

Stigmatisation

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Un juif allemand portant « la rouelle » sur la poitrine, un petit anneau jaune considéré comme forme de stigmatisation antisémite.

La stigmatisation est un processus qui, à terme, marque l’individu ou le groupe d’un opprobre : les stigmatisés sont ceux et celles qui subissent une réprobation sociale parce qu’ils auraient contrevenu à une loi ou une norme sociale; ils sont vus comme étant déviants.

Sommaire

1 Origine

2 Conception en sciences

3 Références

4 Voir aussi

4.1 Articles connexes

4.2 Liens externes

Origine[modifier | modifier le code]

La stigmatisation vient de Stigma qui signifie marques de supplice du Christ apparaissant sur les gens, il signifie donc qu’il s’observe et qu’il est vu de tous ce mot signifie donc une présentation très négative.

Conception en sciences[modifier | modifier le code]

Selon Erving Goffman, la stigmatisation d’un individu intervient lorsqu’il présente une variante relative par rapport aux modèles offerts par son proche environnement1.

Il existe trois formes de stigmatisation reconnues par Eving Goffman2 :

la présence de déformations externes, telles que les cicatrices et les manifestations physiques d’anorexie mentale, de lèpre, d’infirmités physiques ou handicap social, telle que l’obésité ;

les déviations de traits personnels, incluant troubles mentaux, toxicomanie, alcoolisme et antécédents criminels ;

les groupes ethniques et les nationalités ou religions perçus comme étant hors des normes sociales.

Les maladies telles que l’herpès, le VIH/SIDA, l’illégitime, l’orientation sexuelle, l’identité de genre3, la couleur de la peau ou affiliation avec une nationalité spécifique, la religion (ou son abscence4), se proclamer être supérieur à une autre ethnie sont également des formes de stigmatisation sociale. Les enfants hyperactifs ou dits difficiles sont souvent stigmatisés5. La perception ou attribution, qu’elle soit vraie ou fausse, d’une criminalité, est une forte stigmatisation sociale.

Selon Howard Becker, les stigmatisés peuvent choisir de cacher l’identité socialement vue comme étant déviante, ou encore de se l’approprier. Il mentionne quatre étapes6:

Exposition : à une pratique ou une culture jugée déviante

Apprentissage : des normes et valeurs dans une sous-culture vue comme déviante

Dissimulation du stigmat : Pratiques visant à ne pas faire connaitre l’identité jugée déviante

Adhésion à la culture déviante : Adoption du stigmat, réappropriation

La déviance est d’après l’approche proposée par Becker, le résultat d’un processus d’apprentissage social, qui passe par une redéfinition de l’identité sociale.

Les ouvrages de Goffman et Becker posent les premiers jalons d’une réflexion d’envergure sur le discrédit et la déviance comme qualifications socialement construites, c’est-à-dire des étiquettes dont il faut faire l’histoire pour comprendre les effets. Ils mobilisent à cet effet un savoir-faire méthodologique spécifique, qui veut observer au ras du sol ce que Goffman a appelé les « comportements mineurs ».

Ils continuent de faire l’objet d’appropriations nombreuses dans le champ des sciences humaines et sociales7.

Références[modifier | modifier le code]

↑ (en) Nettleton, Sarah, The sociology of health and illness, Polity Press, 2006, 95 p. (ISBN 0-7456-2827-3).

↑ (en) Erving Goffman, Stigma: Notes on the Management of Spoiled Identity’, Prentice-Hall, 1963 (ISBN 0-671-62244-7).

↑ Les Principes de Jogjakarta, le Préambule.

↑ (en) « globeandmail.com » [archive].

↑ Kühni, K., « Prévenir, prédire ou proscrire les discriminations ? », Revue petite enfance, no 118, 2015 (32-39).

↑ « The Labeling Tradition » [archive], sur deviance.socprobs.net (consulté le 29 novembre 2018)

↑ Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust, « Le stigmate ou « La différence comme catégorie utile d’analyse historique » », Hypothèses, 2014, p. 215-228 (lire en ligne [archive])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Exclusion sociale

Discrimination

Théorie de l’étiquetage

Liens externes[modifier | modifier le code]

Stigmatisation, discrimination et violations des droits de l’Homme associées au VIH [archive].

 Portail de la sociologie

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La reclassification officielle de la dysphorie de genre dans le DSM-5 peut aider à résoudre certaines de ces problèmes, parce que le terme dysphorie de genre s’applique seulement à l’expérience du malaise résultant des problèmes d’identité de genre23.

L’Association américaine de psychiatrie, éditrice du DSM-5, établit que « la non conformité de genre n’est pas en soi un trouble mental. L’élément primordial dans la dysphorie de genre est la présence de la détresse clinique significative associée à la condition ».

Les principales approches psychiatriques pour le traitement des personnes diagnostiquées dysphoriques de genre sont psychothérapeutiques ou celles soutenant le genre préféré de la personne à travers le traitement hormonal, l’expression de genre ou le rôle, ou la chirurgie.

En France, la dysphorie de genre n’est plus classée dans la nomenclature de la Sécurité sociale dans le chapitre des troubles de la personnalité ouvrant droit a une prise en charge en ALD depuis février 2010. « En dépit de toute classification allant dans le sens contraire, l’orientation sexuelle et l’identité de genre d’une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées »

Hormonosubstitution (dysphorie de genre)

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Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2016).

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En pratique : Quelles sources sont attendues ? Comment ajouter mes sources ?

L’hormonosubstitution pour une personne transgenre est un traitement hormonal à but féminisant ou masculinisant (on parle généralement de transition). Elle vise à remplacer les hormones sexuelles de la personne transgenre par celles du sexe cible, ce qui en fait donc une étape importante dans le cheminement physique et psychologique de la personne. Elle se déroule en deux phases de durées variables en fonction de l’état de santé physique et psychologique du patient.

Sommaire

1 Description

1.1 Accès au traitement

1.2 Première phase

1.3 Molécules disponibles

1.4 Deuxième phase

2 Durée du traitement et suivi

3 Contre-indications et effets secondaires

3.1 Effets secondaires

3.2 Contre-indications

4 Interrogations actuelles

5 Notes et références

Description[modifier | modifier le code]

Accès au traitement[modifier | modifier le code]

L’hormonosubstitution est accordée par le psychiatre ou l’équipe médicale (pouvant être composée d’un médecin généraliste, de chirurgiens, d’un endocrinologue) qui encadre le patient. Des bilans de santé (dont éventuellement des bilans psychologiques afin de suivre le développement de sa transidentité) sont effectués pour vérifier si le patient n’a pas de contre-indication à l’hormonothérapie.

Le psychiatre ou l’équipe médicale peut aussi exiger que le patient ait vécu en permanence dans le sexe désiré pendant une période pouvant durer de 3 mois à 2 ans. Pendant cette période (appelée « expérience de vie réelle »), le patient a notamment adopté, mais a surtout dû faire adopter à son entourage, un prénom correspondant à sa personnalité et les attitudes adéquates. Ce laps de temps est rarement considéré comme le début d’une nouvelle vie par les patients, qui vivent souvent déjà comme la personne qu’ils sont.[pas clair] En général, il marque surtout le départ de leur épanouissement en tant qu’homme ou femme, et il permet à l’équipe médicale d’observer les capacités d’intégration sociale du patient dans sa « nouvelle » identité ainsi que sa détermination à poursuivre le processus enclenché.

Première phase[modifier | modifier le code]

Le traitement commence souvent par des injections intramusculaires ou sous-cutanées d’anti-androgènes (non stéroïdiens pour les MtF, souvent stéroïdiens pour les FtM) qui ont pour but de faire baisser au plus bas la production des hormones sexuelles du patient, jusqu’à la bloquer totalement, supprimant ainsi leurs effets sur le corps1.

Transgenre homme vers femme (MtF)

La suppression des hormones chez une personne transféminine peut se faire par l’injection de trois différents types de substances, avec chacun un but différent :

Bloquer la production de testostérone et de ses dérivés (DHT)

Empêcher la captation de la testostérone et de ses dérivés

Empêcher la gamétogenèse (spermatozoïdes) en saturant les taux de gonadotrophines par l’injection de molécules similaires à la LHRH ou à la GnRH

Transgenre femme vers homme (FtM)

Pour amorcer le processus de masculinisation, il est possible de tout de suite injecter de la testostérone, mais en général, le médecin commence d’abord par prescrire des antigonadotropes :

Substances similaires à la LHRH ou à la GnRH pour diminuer les taux d’œstradiol et empêcher la production de gamètes (ovules)

Bloquer les récepteurs d’œstrogènes : Acétate de cyprotérone (progestatif synthétique stéroïdien) et autres progestatifs pour stopper le cycle menstruel.

Molécules disponibles[modifier | modifier le code]

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2016). 

Analogues de LHRH

Leuproréline

Triptoréline

Anti-androgènes stéroïdiens

Cyprotérone

Acétate de médroxyprogestérone

Spironolactone

Anti-androgènes non stéroïdiens

Finastéride

Flutamide

Progestatifs

Prégnane

Norprégnane

Deuxième phase[modifier | modifier le code]

Le patient reçoit des injections d’hormones du sexe cible, afin de favoriser l’apparition des caractères sexuels secondaires correspondants. Les changements sont visibles entre 6 et 8 semaines après le début du traitement par hormones exogènes. Les noms des produits peuvent différer selon le pays, mais les molécules utilisées, et les voies de traitement, restent les mêmes.

Transgenre homme vers femme (MtF)

Article connexe : Changement de voix (transidentité).

Dans cette deuxième phase, on injecte à la patiente des hormones féminines, les œstrogènes, qui permettent certaines modifications corporelles : la poitrine pousse, les traits du visage, la voix et la peau s’adoucissent, la pilosité est moins visible, les testicules s’atrophient, et les érections sont moins importantes et moins régulières.

La transition physique MtF reste toute de même assez incomplète, car la testostérone a déjà irrémédiablement modifié le squelette, la musculature et la pilosité de la patiente pendant sa puberté, elle gardera donc toujours sa carrure et devra recourir à des traitements par électrolyse si elle souhaite faire disparaître sa barbe.

Transgenre femme vers homme (FtM)

Contrairement à la première, la transition FtM, par la testostérone, permet une modification quasi totale du corps du patient : la pilosité se développe sur tout le corps, la peau s’épaissit, la musculature se développe, la répartition des graisses change, la voix mue et le clitoris grandit. Seules la poitrine et la taille reste insensibles aux hormones, étant donné que la période de croissance du patient, et sa puberté, sont terminées. On observe aussi une augmentation de la libido chez la plupart des patients FtM sous testostérone.

Durée du traitement et suivi[modifier | modifier le code]

La durée totale du traitement par hormonosubstitution avant que le patient ne puisse demander une chirurgie de réattribution sexuelle est d’un an, minimum.

Une fois la transition finie, il faut tout de même garder à l’esprit que le patient n’est pas génétiquement prédisposé à produire les nouvelles hormones qui circulent dans son corps. S’il arrête les injections, les caractères secondaires de son sexe génétique réapparaîtront petit à petit, l’hormonothérapie est donc un traitement à vie.

Pendant le traitement, les rendez-vous avec l’endocrinologue sont environ tous les six mois, et le patient doit régulièrement faire des bilans de santé afin de surveiller l’influence des hormones sur les organes (surtout le cœur et le foie).

Il est possible d’arrêter le traitement, et de reprendre sa vie antérieure, si les organes reproducteurs, en particulier les ovaires et les testicules (qui sécrètent les hormones sexuelles nécessaires au corps) sont encore présents. Cependant, dans les cas des personnes MtF, la pousse de la poitrine est irréversible sans intervention chirurgicale. Dans les cas des personnes FtM, la mue et la pilosité resteront même après l’arrêt du traitement.

Contre-indications et effets secondaires[modifier | modifier le code]

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

La triptolérine et la leuroprorelin peuvent causer des bouffées de chaleur similaires à celles de la ménopause. Dans 50 à 60 % des cas des personnes FtM traitées par la testostérone, on observe l’apparition d’une acné plus ou moins importante, selon la prédisposition génétique. Seulement 10 à 15 % de ces patients ont ensuite recours à un traitement (cas graves).

La testostérone cause souvent une modification du profil lipidique, ce qui peut engendrer un danger de cholestérol, de surpoids et d’hypertension, donc des risques de problèmes cardiaques ; les patients FtM, et les patients transgenre de manière générale, doivent donc avoir de préférence une bonne hygiène de vie (pas de tabac, une bonne alimentation et de l’exercice physique régulier).

Dans les cas de patientes MtF de plus de 40 ans, et traitées par injection d’œstrogènes, on a noté un certain nombre de cas de trombo-embolies veineuses. L’évolution des traitements permet aujourd’hui à ces patientes d’être traitées par voie orale ou transdermale (patch).

Dans les effets secondaires les plus graves, on trouve des cas de cancers du sein ainsi que des problèmes cardio-vasculaires graves (crises et infections cardiaques) apparemment liés à l’utilisation de l’ethinyl-estradiol et de l’acétate de cyprotérone.

Contre-indications[modifier | modifier le code]

Le patient doit obligatoirement être en bonne santé pour pouvoir supporter un tel traitement. Les maladies graves comme un cancer, ou une forte obésité, entraînent un refus catégorique des médecins.

L’hormonosubstitution est aussi déconseillée aux personnes souffrant de problèmes hépatiques, car les hormones de synthèse, surtout la testostérone, ont des répercussions importantes sur le foie, et peuvent mettre la vie du patient en danger. Dans ce cas, la demande de traitement est refusée.

Il y a aussi un risque d’ostéoporose accru (dû au manque d’hormones) dans la première phase du traitement, les patients sont donc très surveillés.

Interrogations actuelles[modifier | modifier le code]

La transidentité se manifeste en général dès l’enfance, et ne fait que s’affirmer aux alentours de la puberté, les personnes transgenres adultes se demandent donc s’il ne serait pas préférable d’intervenir avant la puberté, et proposer un traitement hormonal dès l’adolescence.

Cette intervention précoce permettrait ainsi aux jeunes transgenres de ne pas développer les caractéristiques secondaires de leur sexe génétique, mais de faire leur puberté comme l’homme ou la femme qu’ils sont psychiquement, évitant, de ce fait, l’état de mal-être qu’engendre leur situation jusqu’à leur majorité, ou au-delà.

Causes de la transidentité

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L’étude des causes de la transidentité est une zone d’intérêt pour de nombreuses personnes, notamment les personnes transgenres, les médecins, les psychologues, les autres professionnels de santé mentale, et les membres de la famille et les amis des personnes trans. La transidentité correspond habituellement à une expression de l’identité de genre qui diffère de celle traditionnellement associée au genre assigné à la naissance, et des comportements considérés « normaux » par rapport au genre assigné, ce qui peut entraîner de l’inconfort appelée « dysphorie de genre »1. À l’heure actuelle, il existe de nombreuses explications possibles pour la cause de la transidentité, comme la génétique, la structure du cerveau, le fonctionnement cérébral, et l’exposition aux androgènes prénatales. D’autres théories ont proposé de lier la cause à des raisons psychologiques et comportementales ; ces théories ne sont pas nécessairement mutuellement exclusives.

En 2016, s’il existe des pistes d’explication, les causes de la transidentité restent malgré tout inconnues2.

Références

Théories biologiques[modifier | modifier le code]

Article connexe : Sexualisation du cerveau.

Génétique[modifier | modifier le code]

Le récepteur aux androgènes (AR), aussi connu comme NR3C4, est activé par la liaison de la testostérone ou du dihydrotestostérone, où il joue un rôle essentiel dans la formation des caractéristiques sexuelles masculines primaires et secondaires. Hare et al. ont constaté que les personnes male-to-female ont plus de répétitions du gène, ce qui réduit son efficacité de liaison à la testostérone3.

Une variante du génotype d’un gène appelé CYP17, qui agit sur les hormones sexuelles prégnénolone et progestérone, est en lien avec le transsexualisme female-to-male, mais pas avec le transsexualisme MtF. Plus particulièrement, les sujets FtM avaient non seulement la variante génotypique, mais aussi une distribution d’allèles équivalente aux sujets masculins cisgenres contrôles, contrairement aux témoins femmes cisgenres. Le document conclut que la perte d’un allèle spécifiquement associé aux femmes CYP17 T -34C, est associée au transsexualisme FtM4.

Structure cérébrale[modifier | modifier le code]

Dans une première étude de ce genre, Zhou et al. (1995) ont constaté que dans une région du cerveau appelée noyau du lit de la strie terminale (BSTc), une région connue pour les réponses sexuelles et anxieuses, les femmes trans avaient une taille de femme cisgenres, tandis que les hommes trans avaient une taille d’hommes cisgenres. Aucune relation avec l’orientation sexuelle n’a été trouvée5.

Dans une étude qui a suivi, Kruijver et al. (2000) ont regardé le nombre de neurones dans la BSTc, au lieu du volume. Ils ont trouvé le même résultat que  Zhou et al. (1995), mais avec des différences encore plus significatives, en incluant également une personne MtF qui n’avait jamais été hormonée6.

En 2002, une étude réalisée par Chung et al. a constaté que le dimorphisme sexuel (variation entre les sexes) du BSTc ne s’établit pas jusqu’à l’âge adulte. Chung et al. ont théorisé le fait que l’évolution des niveaux d’hormones fœtales produisent des changements de la densité synaptique du BSTc, de l’activité neuronale, ou du contenu neurochimique qui conduisent plus tard à la taille et au nombre de neurones du BSTc, ou que la taille du BSTc est affectée par l’impossibilité d’avoir une identité de genre cohérente avec son sexe anatomique7.

Dans un examen de 2006, Gooren confirme la recherche antérieure en soutenant que le transsexualisme est un trouble de la différenciation sexuelle du sexe dimorphique cérébral8. Dick Swaab partage également ce point de vue9,10.

En 2008, une nouvelle région avec des propriétés similaires à celle du BSTc concernant le transsexualisme a été trouvée par Garcia-Falgueras et Swaab : le noyau interstitiel de l’hypothalamus antérieur (INAH3), une partie du noyau hypothalamique. Le même procédé d’utilisation hormonale a été effectué que celui de Zhou et al. (1995) et Kruijver et al. (2000). Les différences sont encore plus prononcées qu’avec le BSTc ; les hommes cisgenres témoins ont en moyenne 1,9 fois le volume et 2,3 fois les neurones que les femmes cisgenres témoins, encore une fois, quel que soit le niveau d’exposition aux hormones, les personnes MtF se situaient dans la gamme féminine, et les personnes FtM dans la gamme masculine11.

Alors que la résolution des tomographes IRM est en général assez fine, les noyaux indépendants ne sont pas visibles en raison d’un manque de contraste entre les différents types de tissus neurologiques. Par conséquent, ces images ne montrent pas de structures détaillées, telles que BSTc et INAH3, et des études sur BSTc ont été effectuées par bissection de cerveaux post-mortem.

Cependant, l’IRM ne permet pas plus facilement l’étude des grandes structures cérébrales. Dans Lùders et al. (2009), 24 personnes MtF n’avaient pas encore bénéficié du traitement hormonal. Bien que les concentrations régionales de matière grise étaient plus semblables aux hommes cisgenres qu’aux femmes cisgenres, il y avait un bien plus grand volume de matière grise dans les régions du putamen par rapport aux hommes cisgenres. Comme dans de nombreuses études antérieures, ils ont conclu que le transgénérisme était associé à un modèle cérébral distinct12,13.

Une caractéristique supplémentaire a été étudiée dans un groupe de personnes FtM qui n’avait pas encore bénéficié de traitement hormonal ; concernant les valeurs d’anisotropie fractionnelle (FA) pour la matière blanche dans les parties médiales et postérieures du faisceau longitudinal supérieur droit (FLS), et la voie corticale, Rametti et al. (2010) ont découvert que : « par rapport aux femmes cisgenres contrôles, les personnes FtM ont montré des valeurs FA plus élevées dans la partie postérieure droite du FLS, et dans la voie corticale. Comparé aux hommes cisgenres contrôles, les personnes FtM ont montré des valeurs de FA inférieures dans le tractus cortico-spinal14. »

Hulshoff Pol et al. (2006), ont étudié le volume du cerveau brut des sujets soumis à un traitement hormonal. Ils ont découvert que l’ensemble du volume cérébral des sujets change vers la taille de celui du genre revendiqué. La conclusion de l’étude était : « Les résultats suggèrent que, tout au long de la vie, les hormones gonadiques restent essentielles pour maintenir les aspects des différences sexuelles spécifiques dans le cerveau humain15. »

Plasticité cérébrale[modifier | modifier le code]

Les différences de structures cérébrales associées au transsexualisme ne sont pas isolées. De façon similaire, des différences de structures cérébrales concernant l’orientation sexuelle et biologique ont été relevées entre les hommes homosexuels et les hétérosexuels, et entre les lesbiennes et les femmes hétérosexuelles16,17.

Des recherches plus récentes ont trouvé que les activités répétées telles que la méditation modifient les structures du cerveau dans un processus appelé plasticité cérébrale ou neuroplasticité. En mai 2014, le Proceedings of the National Academy of Sciences a signalé que la parentalité « rebranche le cerveau masculin » pour les pères18.

Fonctionnement cérébral[modifier | modifier le code]

Le syndrome du membre fantôme est fréquent, c’est une expérience, souvent douloureuse, qui se produit après la perte d’un organe externe. Ramachandran (2008) a constaté que, bien que près des deux tiers des hommes cisgenres qui ont un pénis enlevé chirurgicalement, expérimentent la sensation d’un pénis fantôme, seulement un tiers des personnes trans MtF l’expérimentent après la chirurgie de réattribution sexuelle. Cette étude, cependant, compare une amputation complète, où les nerfs qui relient le pénis et le cerveau sont sectionnés, à la chirurgie de conversion sexuelle MtF, où une partie du pénis et le scrotum sont réutilisés pour créer un canal vaginal, des lèvres et le clitoris. Dans ce cas, certains des nerfs reliant les nouvelles parties génitales du cerveau demeurent en grande partie intacts. En outre, les deux tiers des personnes trans FtM ont rapporté la sensation d’un pénis fantôme dès l’enfance, avec des érections fantômes et d’autres phénomènes de ce type19, comme le sentiment de dépersonnalisation et d’inadéquation corporelle20.

Berglund et al. (2008) ont testé la réponse de femmes trans gynophiles aux deux phéromones sexuelles : la progestérone 4,16-androstadien-3-one (AND), et l’œstrogène 1,3,5(10), 16-tetraen-3-ol (EST). Malgré la différence de sexualité, les réseaux hypothalamiques des personnes MtF sont activés en réponse à la AND, comme les groupes témoins des femmes cisgenres androphiles. Les deux groupes ont connu l’activation de l’amygdale en réponse à la EST. Les groupes témoins masculins cisgenres (gynophiles) ont connu l’activation hypothalamique en réponse à la EST. Cependant, les sujets MtF ont également connu une activation hypothalamique limitée à la EST aussi. La conclusion des chercheurs est qu’en termes d’activation de la phéromone, les personnes MtF occupent une position intermédiaire avec des fonctions à prédominances féminines21. Les sujets MtF transsexuelles n’avaient subi aucun traitement hormonal au moment de l’étude22.

Transsexualisme chez les jumeaux[modifier | modifier le code]

Dans une étude de 2013, il a été constaté que sur 39 paires de jumeaux monozygotes de sexe “biologique” masculin, 13 (33 %) ont été identifiés comme étant tous les deux MtF. Cela a été trouvé dans 8 des 25 (22,5 %) paires “biologiquement” féminines. Alternativement, seulement 1 sur 38 (2,6 %) provenant de différents œufs fécondés, paires dizygotes mâles et femelles, s’est identifié comme transsexuel. Le pourcentage significatif d’identification transsexuelle chez les jumeaux monozygotes, et la quasi-absence de cette corrélation chez les jumeaux dizygotes élevés dans la même famille, dans le même temps, est un argument en faveur de l’influence fortement génétique du transsexualisme23.

Exposition prénatale aux androgènes[modifier | modifier le code]

L’exposition prénatale aux androgènes24,25, l’absence de celle-ci, ou une faible sensibilité aux androgènes prénataux sont souvent cités comme mécanismes pour expliquer les découvertes ci-dessus. Schneider, Pickel et Stalla (2006) ont trouvé une corrélation entre l’indice de Manning (un marqueur généralement accepté pour l’exposition prénatale aux androgènes) et les transsexuelles MtF, dont le rapport de chiffres s’est révélé être supérieur à celui des hommes cisgenres témoins, et qui est comparable à celui des femmes cisgenres témoins26.

Théories psychologiques et comportementales[modifier | modifier le code]

Les premières études se sont principalement basées sur la psychanalyse : la pulsion de changement de sexe ou « délire de transsexualisme » est décrite à maintes reprises. Si certaines descriptions de cas sont retrouvées dans la première moitié du xixe siècle, c’est surtout dans la seconde moitié de ce même siècle27 que ce comportement a fait l’objet d’études, associées à celles des comportements considérés, à l’époque, comme des perversions sexuelles, en particulier l’homosexualité[réf. souhaitée]. Selon Colette Chiland, psychiatre et psychanalyste, le transsexualisme demeure une énigme28. La question est de savoir s’il s’agit d’une véritable entité nosographique, ou d’une conséquence de l’accessibilité plus aisée aux traitements chirurgicaux et endocriniens permettant une transformation pour ceux qui la souhaitent.

Les premières observations comportementales proviennent du docteur Harry Benjamin, en 1953. Il dira que « les vrais transsexuels ont le sentiment qu’ils appartiennent à l’autre sexe, ils veulent être et fonctionner en tant que membres du sexe opposé, et pas seulement apparaître comme tels. Pour eux, leurs organes sexuels, primaires (testicules) aussi bien que secondaires (pénis et autres), sont de dégoûtantes difformités devant être changées grâce au bistouri du chirurgien. Le tableau a changé à la suite des récentes et grandes avancées de l’endocrinologie et des techniques chirurgicales. » La caractéristique principale du syndrome repose sur la conviction : il s’agit, chez un sujet dont la physiologie est normale, de la conviction d’appartenir à l’autre sexe. Cette conviction, souvent issue de l’enfance, est constante et donne lieu, à l’âge adulte, à des manifestations telles que le travestissement, d’abord privé, puis public, et à des demandes de traitements hormonaux et chirurgicaux qui permettent de rectifier l’apparence corporelle. Pour l’école lacanienne, le transsexualisme est une psychose29 dans laquelle le sujet présente un délire : être né dans le mauvais corps.

Éducation/Trauma[modifier | modifier le code]

Pendant de nombreuses années, beaucoup de personnes incluant le psychiatre et sexologue David Oliver Cauldwell30, ont fait valoir que le transsexualisme est un trouble psychologique/émotionnel causé par des facteurs psychologiques et environnementaux, en raison de conflits de personnalité.

Harry Benjamin a écrit : « Notre matériel génétique et endocrinien constitue un socle sur lequel un traumatisme psychologique peut éventuellement grandir et se développer et qui, par la suite, peut entraîner le transsexualisme31. »

L’échec de la tentative d’élever David Reimer, victime d’une mutilation génitale accidentelle précoce, comme une fille, de l’enfance à l’adolescence, est citée comme réfutation de la théorie selon laquelle le sens inné du genre se développe à travers la parentalité32,33. Néanmoins, aucune étude n’a pu démontrer ce résultat à grande échelle, en partie à cause d’un désaccord généralisé sur la méthodologie de l’étude, et pour des raisons éthiques34. Le cas de David Reimer est utilisé par les associations telles que l’Intersex Society of North America comme un récit édifiant sur la raison pour laquelle il ne faut pas modifier inutilement les organes génitaux des mineurs non consentants35.

Une étude portant sur 45 sujets transsexuels a montré que 60 % d’entre eux avait subi une forme quelconque de violence pendant leur enfance, 31 % avait été victimes de violence sexuelle, 29 % de violence psychologique et 38 % de violence physique36.

Sexualité[modifier | modifier le code]

Les théories de Ray Blanchard représentent une taxonomie des femmes transsexuelles et une explication de ses causes37, établie sur la base du travail de son collègue, Kurt Freund38. Les théories stipulent que les femmes transsexuelles peuvent être divisées en deux groupes : les « transsexuelles homosexuelles », qui transitionnent parce qu’elles sont attirées par les hommes, et les « transsexuelles non-homosexuelles », qui transitionnent parce qu’elles sont autogynéphiles (sexuellement excitées par la pensée ou l’image d’elles-mêmes en tant que femme). Les éminents partisans de la théorie comprennent J. Michael Bailey, Anne Lawrence, James Cantor, et d’autres qui soutiennent qu’il existe des différences significatives entre les deux groupes, notamment au niveau de la sexualité, l’âge de la transition, l’origine ethnique, le QI, le fétichisme, et la qualité de l’adaptation39,40,41,42,43. La critique scientifique de la théorie comprend des articles de Veale, Nuttbrock, Moser, et d’autres qui soutiennent que la théorie est peu représentative des femmes trans, non-instructive, que les expériences sont mal contrôlées ou contredites par d’autres données44,45,46,47. De nombreuses sources, notamment celles issues des partisans de la théorie, critiquent le choix de Blanchard au motif d’être confus ou dégradant. Bien qu’il ait des partisans, la communauté trans a en grande partie rejeté la théorie avec véhémence48. Dans son livre Whipping Girl, la biologiste évolutionniste, femme trans et activiste Julia Serano a déclaré que la preuve de l’autogynéphilie était douteuse et qu’elle manquait de preuves scientifiques. Les idées de Blanchard à propos des femmes trans ont également été rejetées par la World Professional Association for Transgender Health, la plus grande association de professionnels de santé qui fournit des soins pour les personnes transgenres, au motif de manquer de preuves empiriques et pour stigmatiser le comportement au lieu de se concentrer sur le traitement de la détresse.

Différences liées au sexe dans l’autisme

Autisme

L’autisme, ou plus généralement les troubles du spectre de l’autisme (TSA), est un trouble du développement humain caractérisé par des difficultés de l’apprentissage social et de la communication, avec des comportements stéréotypés et persévératifs1. Ces symptômes sont souvent détectés par les parents durant les premières années de vie de l’enfant. En fonction de la présence ou non de troubles associés et de l’origine prototypique ou secondaire, les personnes autistes peuvent maîtriser ou non le langage, avoir des retards ou des précocités scolaires, une déficience intellectuelle ou une intelligence supérieure à la moyenne, et plus rarement manifester du savantisme.

La compréhension de l’autisme a grandement évolué, d’une pathologie jadis considérée comme unique, rare et sévère, vers un regroupement de différents troubles aux symptômes communs, les troubles du spectre de l’autisme, précédemment nommés troubles envahissants du développement. Ces troubles pourraient avoir des causes diverses, provoquant les mêmes types de comportement clinique chez les individus concernésHAS 1. Leurs origines comprennent une part génétique complexe, impliquant plusieurs gènes, et des influences environnementales encore mal comprises. La notion de spectre de l’autisme reflète également la diversité des phénotypes qui sont observés. Cette diversité suggère que les troubles du spectre de l’autisme ne sont que l’extrémité pathologique d’un spectre d’états de santé normalement présents dans la population générale.

L’autisme pourrait provenir d’un développement différent du cerveau, notamment lors de la formation des réseaux neuronaux et au niveau du fonctionnement des synapses. Les recherches se poursuivent dans différents domaines, neurophysiologie2, psychologie cognitive3, ou encore épigénétique. Ces études visent à mieux cerner les différentes causes biologiques, permettre une meilleure classification, et ainsi concevoir des interventions adaptées, par progression vers une médecine personnalisée. Des centaines de mutations génétiques différentes semblent affecter principalement la neurologie du cerveau, le métabolisme et le système immunitaire, ainsi que la présence d’anomalies dans la flore intestinale5 Les garçons sont plus souvent diagnostiqués que les filles. Le ratio de l’autisme diagnostiqué est d’environ trois garçons pour une fille, ces différences liées au sexe étant en cours d’étude.

L’histoire de l’autisme est complexe. L’évolution des critères de définition, notamment depuis 2013 avec la 5e édition du DSM7, et celle prévue pour la CIM, retiennent une notion dimensionnelle prenant en compte l’évolution des individus dans la société. Plusieurs articles connexes couvrent en détail divers aspects de ce sujet.

La Fondation Fondamental, fondation de coopération internationale de recherche en santé mentale, créée en juillet 2007 par le Ministère de la Recherche et de la Santé, bien qu’acceptant la notion de trouble du spectre de l’autisme et de syndrome d’Asperger, considère que l’autisme est «assimilé aux maladies mentales»8. Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca considèrent l’autisme au titre de trouble psychiatrique aux côtés de la dépression, de la schizophrénie, des troubles bipolaires et des conduites suicidaires9.

Cependant, des travaux de recherche montrent que le stress associé à des troubles mentaux chez les personnes autistes, ainsi que le taux élevé de suicide chez cette population (voir Mortalité des personnes autistes) serait associé à la stigmatisation des minorités10. Ces données montrent que l’autisme et les problèmes de santé mentale ne sont pas intrinsèquement liés, et que ces derniers pourraient être limités par des mesures de lutte contre la discrimination10.

Le 2 avril est la « journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme »11. L’autisme est internationalement reconnu par l’ONU comme étant un handicap, en vertu de la Convention relative aux droits des personnes handicapées12. La communauté autiste préfère généralement reconnaître l’autisme comme une différence neurologique, et non un trouble ou un handicap.

Cependant, il existe également l’autisme à haut niveau de fonctionnement ou AHN (en anglais high-functioning autism) qui désigne toute forme d’autisme quand la personne concernée est, à des degrés divers, capable d’exprimer son intelligence et d’avoir des interactions sociales. L’autisme est présent, mais la personne peut vivre de façon relativement indépendante.

La description de l’autisme renvoie aux critères de psychopathologie clinique de référence : la classification internationale des maladies (CIM), et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM).

C’est l’association de deux critères de trouble, l’un social et l’autre comportemental, qui tend à définir aujourd’hui l’autisme (dans le DSM 5)7. Ces deux critères se substituent à une notion de triade autistique qui fait néanmoins toujours office de définition de référence (dans le CIM 10)13, sans contradiction car elle ne fait que distinguer communication et interaction dans le volet social. Cette triade mise en évidence cliniquement est la suivante14 :

troubles qualitatifs de la communication verbale et non verbale ;

altérations qualitatives des interactions sociales ;

comportements présentant des activités et des centres d’intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs.

« Ces anomalies qualitatives constituent une caractéristique envahissante du fonctionnement du sujet, en toutes situations13,HAS 2,N 1. »

Les parents peuvent percevoir des premiers signes de l’autisme durant les deux premières années de leur enfant par l’absence ou la présence d’un certain nombre de comportements15, par exemple : une impression d’indifférence au monde sonore (ne réagit pas à son prénom) et aux personnes ; l’absence de tentative de communication avec l’entourage par les gestes ou le babillage ; au niveau du regard, la difficulté à le fixer, regard périphérique. Le décalage avec les comportements des autres enfants apparaît de plus en plus important avec l’avancée en âge, néanmoins certains enfants se développent d’abord normalement, puis soudainement régressent16,17.

Il faut également tenir compte d’un cas particulier : l’autisme à haut niveau de fonctionnement ou AHN (en anglais high-functioning autism) pour lequel la personne peut vivre de façon relativement indépendante.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Autisme » est une traduction du mot Autismus, terme créé par le psychiatre zurichois Eugen Bleuler18,19 à partir du grec ancien αὐτός, autós (« soi-même »)20,21. Bleuler introduit le mot en 1911, « dans son ouvrage majeur, Dementia praecox ou groupe des schizophrénies »22.

Évolution des descriptions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la notion d’autisme.

En 1911 Eugen Bleuler individualise chez le jeune adulte le “groupe des schizophrénies”23. Sur la base du radical grec « αὐτος » qui signifie « soi-même », il crée le terme d’autisme (autismus) pour qualifier certains symptômes de cette pathologie, qui coexistent avec d’autres symptômes comme le délire hallucinatoire.

En 1943, les signes et symptômes de référence catégorisant l’autisme comme un trouble infantile distinct ont été établis par le pédopsychiatre Leo Kanner24, mais ce n’est qu’en 1980 qu’ils ont été distingués sous le nom d’« autisme infantile » dans le DSM, et non plus comme un type infantile de schizophrénie25. L’autisme est reconnu en France comme handicap seulement en 199626.

En 1983, la psychiatre Lorna Wing établit la triade autistique de référence14 (voir triade de Wing), après avoir mis en évidence la notion de continuité au sein des troubles du spectre autistique27 sur la base de travaux réhabilitant ceux de Hans Asperger28, qui furent concomitant à ceux de Kanner. Elle crée ce faisant la notion moderne des troubles autistiques.

En 1987, la catégorie autisme infantile est renommée « trouble autistique » avant de devenir « trouble envahissant du développement » (TED) en 1994 dans le DSM IV25. Elle deviendra enfin « troubles du spectre de l’autisme » (TSA) en 2013 dans le DSM 5, qui instaure des critères diagnostiques continus, en les quantifiant sur une échelle à trois degrés, distinguant l’intensité et le retentissement de trouble sociaux d’une part et comportementaux d’autre part, en supprimant les sous-catégories comme le syndrome d’Asperger7.

Si les critères du DSM servent mondialement de référence (en plus du CIM très proche), l’autisme en France reste souvent abordé selon une approche distincte, et c’est la classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (CFTMEA) qui est souvent utilisée, notamment par les psychiatres non spécialistes de l’autisme, même si la Fédération Française de Psychiatrie impose depuis 2005 de préciser une correspondance selon les références internationales (CIM-10)HAS 3.

La version « Beta Draft » de la CIM-11, rendue publique par l’OMS et dont l’approbation par l’assemblée générale de l’OMS est prévue pour mai 2018, reprend la formulation habituellement traduite « troubles du spectre de l’autisme ». Ces « troubles du spectre de l’autisme » figurent dans ce document officiel présenté à la consultation mondiale des professionnels comme l’item diagnostique à propos d’autisme, « troubles » comportant l’ensemble des niveaux de fonctionnement intellectuel et de capacité de langage29.

Recherches des symptômes physiologiques[modifier | modifier le code]

Des recherches ont identifié de multiples singularités physiologiques cérébrales chez des autistes.

Des différences au niveau du cerveau ont été observées chez les personnes autistes, apportant une signature anatomique à la définition antérieure par des critères cliniques. Les études en neurosciences ont montré des différences dans l’organisation du cortex30,31, au niveau des dendrites (arborescences des neurones) et des synapses (connexion entre neurones), voire des modifications plus larges de structures cérébrales. Il est possible que les différences corticales apparaissent au cours d’un stade de développement anténatal30.

En corrélation avec les différences fonctionnelles observées au niveau comportemental, les études d’Eric Courchesne et de son équipe relèvent que les enfants autistes ont un nombre de neurones plus élevé de 67 % en moyenne dans le cortex préfrontal32, et une croissance cérébrale plus importante que la moyenne au niveau des lobes frontaux, ce qui s’est traduit dans la littérature scientifique antérieure par des observations de périmètre crânien plus élevé33.

Cependant, le 14 octobre 2014, dans une étude basée sur des données par imagerie par résonance magnétique (IRM), des chercheurs de l’Université Ben-Gourion du Néguev et de l’Université Carnegie-Mellon (États-Unis) ont estimé que les différences anatomiques entre le cerveau d’individus de plus de 6 ans autistes et celui de personnes du même âge non autistes sont indiscernables34,35. Pour arriver à ce résultat, ces chercheurs ont utilisé la base de données Autism Brain Imaging Data Exchange (ABIDE), qui a permis pour la première fois de procéder à des comparaisons de grande échelle de scanners IRM entre des groupes de personnes autistes et des groupes contrôle36. Cette base de données est une collection mondiale de scanners IRM de plus de 1 000 individus, pour la moitié autistes, âgés de 6 à 35 ans37.

L’Institut de neurosciences de la Timone (Marseille, France) a identifié un marqueur anatomique spécifique de l’autisme, détectable par IRM et présent dès l’âge de deux ans. Ce marqueur consiste en un plissement spécifique du cortex cérébral. Il est appelé « racine du sillon »38,39,40.

À l’échelle des synapses, des études mettent en évidence des modifications dans le système des neurotransmetteurs, en particulier celui du transport de la sérotonine en association notamment avec des modifications de gènes impliqués. L’implication du système dopaminergique ou glutamatergique semble moins bien démontrée. Enfin, des études sont en cours sur le rôle du système cholinergique, de l’ocytocine ou encore de certains acides aminés impliqués dans la neurotransmission1.

Une étiologie complexe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théories de l’autisme et des troubles envahissants du développement.

Les différents troubles liés à l’autisme semblent le plus souvent d’origine « multifactorielle, avec une forte implication de facteurs génétiques41 » et de nombreux facteurs de risques concomitants1.

La modification de gènes liée à la maturation synaptique semble principalement en cause et oriente ainsi les études neurobiologiques vers les modifications de la connectivité et des neurones induites par l’expression de ces gènes1. Leurs suppressions chez des rongeurs provoquent des symptômes pseudo-autistiques42,43.

Des travaux sur l’héritabilité de l’autisme suggèrent que 90 % de la variabilité est attribuable à des facteurs génétiques1. Selon une étude parue en mai 201444, l’une des plus vastes réalisées, l’autisme n’est génétique qu’à hauteur de 50 %, à part égale avec les facteurs environnementaux45. Il est cependant difficile de distinguer les facteurs génétiques et les facteurs environnementaux, l’autisme étant un caractère phénotypique issu d’interactions complexes46. Selon une étude de 2015, 50 % des cas d’autisme s’expliqueraient par des mutations de novo47.

Les structures cérébrales caractéristiques de la maladie étant acquises durant la grossesse48, il n’est pas possible d’isoler l’effet de l’environnement en étudiant les jumeaux monozygotes qui sont exposés aux mêmes conditions de développement prénatal. Les interactions des gènes liés à l’autisme entre eux et avec l’environnement sont complexes : un même profil génétique et le même environnement peut produire des individus autistes et normaux, les jumeaux monozygotes n’étant pas systématiquement autistes ou normaux. Dans les années 1990, l’autisme était considéré comme une maladie polygénique de 5 à 15 gènes à transmission non mendélienne. Or, depuis les années 2000, plusieurs centaines de gènes à transmission mendélienne impliqués dans l’autisme ont été mis en évidence49. L’autisme serait lié à 1 034 gènes différents, et les effets de mutations spontanées ne sont pas négligeables50.

Facteurs de risques environnementaux[modifier | modifier le code]

Plusieurs corrélations statistiques ont été mises en évidence :

l’acide valproïque, un médicament antiépileptique, pris chez la femme enceinte semble favoriser la survenue d’un autisme (ou de troubles apparentés) chez l’enfant51 ;

si la mère a consommé des boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, ce peut être la cause d’un trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF) dont des symptômes peuvent être à tort interprétés comme ceux du spectre autistique52,53 ;

les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pris durant la grossesse ont été suspectés54, puis innocentés55,56 ;

les troubles respiratoires périnatals57 ;

l’exposition à la pollution atmosphérique durant la grossesse58 ;

le fait que la mère ait subi des maltraitances durant son enfance59 ;

les naissances trop tôt, par césarienne et les nouveau-nés trop légers ont plus de risques60 ;

déficiences nutritionnelles de la mère, notamment en vitamines, notamment D61,62 et en acide folique63 ;

les liens entre une concentration élevée de testostérone durant la vie fœtale et l’apparition de traits autistiques font l’objet de diverses études64 ;

l’exposition fœtale à l’hyperglycémie lors d’un diabète gestationnel augmente le risque de développer un autisme65 ;

la proximité du lieu de résidence de la mère durant la grossesse avec des champs traités par des insecticides de la famille des organophosphorés et des pyréthroïdes66. Il faut noter que cette étude ne décrit pas de mécanisme et ne comprend pas de mesures de la contamination réelle des mères ;

un rôle du microbiote digestif dans le développement des symptômes autistiques pourrait exister. Diverses études, sujettes à caution, évoque une cause intestinale à l’autisme. Si de nombreuses personnes autistes ont des troubles gastriques et intestinaux, ceux-ci sont néanmoins considérés majoritairement par les chercheurs comme un trouble associé, une conséquence et non une cause. Dans une étude sur des souris présentant des symptômes pseudo-autistiques, des chercheurs ont découvert qu’une molécule appelée 4-ethylphenylsulphate (4EPS) était présente à des taux 46 fois plus élevés dans la flore intestinale d’animaux souffrant de troubles pseudo-autistiques et que ce composé chimique possédait une structure similaire à celle du paracresol (en), une molécule retrouvée en quantité importante chez les personnes autistes67,68. Cette molécule ayant été injectée dans la flore intestinale de souris saines, celles-ci ont commencé à se comporter comme les souris pseudo-autistes, répétant plusieurs fois le même mouvement ou couinant de manière inhabituelle. D’autre part, les chercheurs ont constaté que ces souris pseudo-autistes présentaient des trous dans leurs intestins et étaient plus sujettes aux problèmes gastriques67,69. Ils ont enfin montré que les souris malades possédaient moins de bactéries de l’espèce Bacteroides fragilis (en) dans leur système digestif, que chez les animaux sains et que, en nourrissant les rongeurs pseudo-autistes avec la bactérie en question, leurs comportements ainsi que leurs troubles digestifs ont été améliorés69. « Il est incroyable de voir qu’en ajoutant uniquement cette bactérie on peut inverser les symptômes de l’autisme » explique John Cryan, un pharmacien de l’University College Cork en Irlande70 ;

causalité bactérienne : une corrélation entre les bactéries intestinales et les troubles autistiques est étudiée depuis les années 198071.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Dépistage précoce (12-30 mois)[modifier | modifier le code]

Environ la moitié des parents d’enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme remarquent la présence de comportements inhabituels chez leur enfant avant l’âge de 18 mois, et environ les 4/5 avant l’âge de 24 mois72. La présence d’un ou plus des signes d’alerte suivant nécessite de consulter un médecin spécialiste73 (voir les recommandations de la Haute Autorité de SantéHAS 4) :

absence de babillage à 12 mois ;

absence de gestes communicatifs (pointer, faire coucou, etc.) à 12 mois ;

aucun mot isolé prononcé à 16 mois ;

aucune phrase de deux mots prononcée spontanément à 24 mois (à l’exception de phrases écholaliques) ;

toute régression des capacités sociales et langagières, quel que soit l’âge de l’enfant.

Le dépistage et le diagnostic précoce de l’autisme sont essentiels afin de mettre en place une prise en charge adaptée le plus tôt possible73. De nombreux outils de dépistages standardisés ont été développés dans ce but. Parmi ces outils, on peut noter le test M-CHAT (« Modified Checklist for Autism in Toddlers », une version francophone en ligne est disponible ici [archive]), le test ESAT (« Early Screening of Autistic Traits Questionnaire »), et le questionnaire FYI (« First Year Inventory »). Les données préliminaires récoltées concernant le test M-CHAT et son prédécesseur, le test CHAT (« Checklist for Autism in Toddlers »), chez de jeunes enfants de 18-30 mois suggèrent d’une part que ces tests sont d’autant plus utiles qu’ils sont administrés dans un contexte clinique, et d’autre part que la sensibilité de ces tests est basse (fort taux de faux-négatifs) mais que leur spécificité est élevée (peu de faux-positifs)74. L’efficacité de ces outils de dépistages précoces est augmentée lorsqu’ils sont précédés d’un dépistage plus large des troubles neuro-développementaux en général75. Enfin, il faut noter qu’un test de dépistage développé et validé au sein d’une culture particulière doit être adapté avant d’être généralisé à une culture différente : par exemple, regarder l’autre dans les yeux est un comportement normal et attendu dans certaines cultures mais pas dans d’autres76.

Les tests génétiques ne sont généralement pas indiqués dans le cadre d’un diagnostic d’autisme, sauf lorsque celui-ci s’accompagne d’autres symptômes tels que des troubles neurologiques ou une dysmorphie faciale77.

Diagnostic clinique[modifier | modifier le code]

Il n’existe à ce jour pas d’examens complémentaires permettant de dépister l’autisme. Le diagnostic de l’autisme et des autres troubles envahissants du développement (TED) est cliniqueHAS 1 et se fonde sur une double approche :

un entretien approfondi avec les parents, afin de préciser au mieux les différentes étapes du développement de l’enfant et d’établir un bilan de ses comportements et interactions actuels ;

l’observation de l’enfant et des mises en situation à visée interactive, afin d’évaluer les différentes manifestations du syndrome autistique qu’il peut présenter, et le degré de son aptitude à nouer des liens sociaux, communiquer et interagir avec un environnement donné.

Le diagnostic doit être supervisé par un médecin spécialiste (psychiatre ou neuropédiatre) et comprend obligatoirement l’élimination de pathologies qui peuvent se manifester d’une manière proche de celle d’un autisme (voir les recommandations de la HASHAS 4) :

un bilan auditif, pour éliminer une surdité éventuelle ; en effet un enfant malentendant peut manifester des comportements similaires à ceux d’un enfant autiste (ces diagnostics ne sont cependant pas totalement exclusifs, une personne peut être à la fois sourde et autiste) ;

un ou plusieurs bilans-diagnostics avec un psychologue ou psychiatre spécifiquement formé : ADI-R, ADOS, CARS sont les plus connus et validés ;

un bilan d’orthophonie (développement du langage oral), afin d’évaluer le niveau de retard de langage s’il y a lieu ;

un bilan psychomoteur : on retrouve fréquemment des troubles du développement moteur dans l’autisme.

En complément :

un examen neurologique pour détecter une pathologie neurologique ou une épilepsie associée ;

si jugé nécessaire par le neurologue, une IRM pour rechercher des anomalies visibles du cerveau ;

une enquête génétique pour dépister certaines affections génétiques connues pouvant entraîner un TED.

Le spécialiste (psychiatre ou neuropédiatre) effectue la synthèse de ces éléments et de ses propres observations cliniques pour délivrer le diagnostic, qui doit être posé selon la nomenclature de la CIM-10.

En France, étant donné le déficit de professionnels formés à ce sujet, il est recommandé, en cas de soupçon de TED, d’effectuer le diagnostic dans un des Centres Ressource Autisme régionaux78.

Une étude menée par l’Université de Caroline du Nord (Chapel Hill) a montré qu’une IRM pratiquée à l’âge de un an sur un enfant ayant déjà un frère ou une sœur présentant un trouble du spectre de l’autisme permettait de prédire le développement d’un TSA à l’âge de deux ans avec une sensibilité de 81 % et une spécificité de 97 %79,80. Toutefois, les résultats demandent à être confirmés et les applications cliniques potentielles sont limitées car la méthode n’est pas prédictive sur la population générale79.

Les différents diagnostics de l’autisme[modifier | modifier le code]

Les sous-catégories diagnostiques[modifier | modifier le code]

Si le DSM 5 ne fait plus de distinction interne au spectre autistique autre que la quantification des troubles sociaux d’une part et comportementale d’autre part, la CIM-10 distingue principalement trois diagnostics :

L’autisme infantile — en tant que diagnostic distinct — appelé aussi trouble autistique (DSM-IV) ou parfois autisme de Kanner en référence aux premiers critères cliniques établis par ce dernier ;

Le syndrome d’Asperger (sous-catégorie supprimée dans le DSM-5) ;

L’autisme atypique, par exclusion des deux précédents.

Les classifications de l’autisme et des TEDHAS 5

CIM-10 CIM-1081 DSM-IV DSM-5 CFTMEA

F.84 TED TED TSA Psychoses précoces (TED)

F.84.0 Autisme infantile Troubles autistiques Inclus dans les TSA Autisme infantile précoce – type

Kanner

F.84.1 Autisme atypique NC Autres formes de l’autisme

Psychose précoce déficitaire

Retard mental avec troubles autistiques

Autres psychoses précoces ou autres

TED

Dysharmonie psychotique

F.84.2 Syndrome de Rett Syndrome de Rett NC82 Troubles désintégratifs de l’enfance

F.84.3 Autres troubles désintégratifs de l’enfance Troubles désintégratifs de l’enfance NC83

F.84.4 Troubles hyperactifs avec retard mental et stéréotypies NC NC NC

F.84.5 Syndrome d’Asperger Syndrome d’Asperger Inclus dans les TSA Syndrome d’Asperger

F.84.8 Autres troubles envahissants du développement NC NC NC

F.84.9 Trouble envahissant du développement non spécifié Trouble envahissant du développement non spécifié Inclus dans les TSA NC

Autisme infantile[modifier | modifier le code]

Exemple de comportement stéréotypé d’un enfant autiste

Article détaillé : Autisme infantile.

Le terme renvoie aux troubles autistiques du contact affectif définis en 1943 par Leo Kanner24. Il a officiellement été distingué sous ce nom d’autisme infantile pour la première fois dans le DSM III en 198025.

Dans le même temps, la notion, appelée autisme par commodité, a évolué au point que ces critères premiers sont distingués comme autisme typique (ou autisme de Kanner, ou encore autisme infantile précoce), tandis que l’ensemble plus vaste est appelé trouble envahissant du développement (TED) dans le DSM-IV25 et la CIM 10, et tend à devenir celui des troubles du spectre autistique dans les évolutions.

Syndrome d’Asperger[modifier | modifier le code]

Un intérêt hors norme pour un domaine d’étude particulier (ici la structure moléculaire), peut être représentatif de l’autisme.

Article détaillé : Syndrome d’Asperger.

Appelé psychopathie autistique en 1943 par Hans Asperger84, ce syndrome est formalisé cliniquement en 1981 par Lorna Wing28. Ses travaux suivants27,14 permettent d’inclure ce syndrome dans l’autisme et de définir une triade autistique qui dès lors sera la définition de référence de l’autisme en général13.

Ce syndrome, qui incarne donc la continuité d’un spectre autistique, rejoint dans un premier temps les critères diagnostiques dans le CIM-10 en 1993 et le DSM IV en 199425, puis la distinction spécifique tend à disparaître au profit d’une notion de continuité incarnée par les critères diagnostiques du DSM V en 20137.

Autisme atypique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Autisme atypique.

C’est un critère diagnostique qui distingue un caractère autistique autre que l’autisme infantile ou le syndrome d’Asperger. Contrairement au diagnostic de trouble envahissant du développement non spécifié, le caractère autistique est clairement indiqué (il pointe l’existence des trois critères de référence de l’autisme, sociaux, communicationnel et de centre d’intérêt).

Autres troubles[modifier | modifier le code]

Certaines affections connues et identifiées sont parfois associées à un diagnostic d’autisme, et considérées comme une cause des troubles autistiques. Parmi elles :

le trouble désintégratif de l’enfance ; un trouble rare caractérisée par l’apparition soudaine et tardive d’une régression sévère et rapide des habiletés sociales, verbales et motrices; n’est plus un diagnostic officiel depuis la parution du DSM-V, mais des cas ont été observés ;

le syndrome de Rett, maladie génétique ou trouble neurodéveloppemental concernant la substance grise du cerveau n’affectant que les filles ;

le syndrome de l’X fragile, une autre maladie génétique aussi appelée syndrome de Martin-Bell, ou syndrome d’Escalante (plus employé dans les régions d’Amérique du Sud) dont un seul gène est la cause d’un retard mental ;

Isodicentric 15 (en) ;

syndrome de délétion 22q13 — aussi connu sous le nom de syndrome de Phelan-McDermid. Il s’agit d’un trouble causé par une micro-délétion sur le chromosome 22 ;

neurones Spindle, aussi appelé neurones von Economo ; c’est une catégorie spécifique de neurones caractérisés par un large soma fusiforme, qui s’effile progressivement vers son seul axone apical, et qui n’a qu’une seule dendrite.

Dans l’ensemble, le fait de parler d’autisme dans ces cas n’est pas consensuel. Ainsi, pour faire les comptes épidémiologiques le syndrome de Rett a été tantôt inclus, tantôt exclu des décomptes. « Il est à noter que leur appartenance au spectre des troubles autistiques est actuellement en cours de discussion41. »

Affections associées et comorbidités[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comorbidité des troubles du spectre autistique.

DévelopperCette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2016). 

Les personnes atteintes d’autisme et d’autres TED en général sont fréquemment affectées par d’autres troubles et pathologiesHAS 6 :

l’épilepsie est plus fréquente parmi les TED que dans la population générale85 et pourrait partager avec l’autisme un point génétique commun : notamment une mutation dans le gène SYN1 ;

des troubles du sommeil sont fréquemment rapportés par les familles d’enfants autistes ;

retard mental ;

le trouble du déficit de l’attention est fréquemment mentionné comme pathologie associée à l’autisme ; autour de 50 % à 55 % selon une étude de 2006 (Leyfer) et 43 % selon une étude de 2009 (Hofvander)HAS 7 ;

hyperactivité seule ;

maladie cœliaque ;

maladie de Crohn ;

dyscalculie ;

dysgraphie ;

dyslexie ;

dyspraxie ;

écholalie – répétition automatique des vocalisations ou mots d’une autre personne ;

hyperlexie – précocité de lecture, apparaissant avant 5 ans ;

trouble obsessionnel compulsif ;

déficience dans la théorie de la cohérence centrale ;

faible théorie de l’esprit ;

synesthésie ;

troubles sensoriels (hyper ou hypoacousie, hyper/hypo sensibilité tactile, hyper/hypo sensibilité à la lumière, etc.)86 ;

troubles alimentaires (notamment le pica [consommation de matériaux non-comestibles] ou une alimentation très limitée [trouble d’évitement/de restriction de la consommation alimentaire]) ;

allergies ;

dysfonctionnement exécutif ;

handicap visuel ou auditif (relativement rare) ;

le syndrome du X fragile ;

la trisomie 21 ;

troubles génétiques rares ;

maladies mentales (e.g. schizophrénie, trouble bipolaire) ;

troubles du comportement (e.g. trouble grave du comportement, trouble explosif intermittent, trouble d’opposition avec provocation, pyromanie) ;

l’anxiété et la dépression sont fréquents chez les adultes TED sans retard mental ; un risque existe également à l’adolescence lors de la prise de conscience difficile de la différence avec les autres durant cette période critique du développement psycho-affectif87.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Le diagnostic différentiel des troubles du spectre autistique se fonde en partie sur une évaluation des trois critères centraux du spectre : socialisation, communication, comportementN 2.

Trouble autistique Syndrome d’Asperger Trouble envahissant du développement non spécifié

Âge au diagnostic 0–3 ans (3–5 ans) > 3 ans (6–8 ans) Variable

Régression ≈25 % (sociale / communication) Non Variable

Ratio (m:f) 2:1 4:1 M>F (variable)

Socialisation Pauvre (> 2 critères DSM-IV) Pauvre Variable

Communication En retard, anormale ; peut être non verbale Pas de retard précoce ; difficultés qualitatives et pragmatiques plus tard Variable

Comportement Plus sévèrement atteint (inclut comp. stéréotypés) Variable (intérêts circonscrits) Variable

Déficience intellectuelle > 60 % Absente ou légère Légère à sévère

Cause Plus probable d’établir des causes génétiques autres que dans s.A. ou PDD-NOS Variable Variable

Épilepsie 25 % sur la durée de l’existence Autour de 10 % Autour de 10 %

Pronostic Pauvre à modéré Modéré à bon Modéré à bon

Il est à noter que le DSM-5, version la plus récente des classifications internationales, ne distingue plus le Syndrome d’Asperger et le Trouble envahissant du développement non spécifié du Trouble autistique mais les inclut dans le Trouble du Spectre de l ‘Autisme. Le diagnostic de trouble du spectre de l’autisme ainsi défini ne s’accompagne pas nécessairement d’un retard de langage ou d’une déficience intellectuelle. Ces deux éléments viennent éventuellement préciser le diagnostic s’ils sont présents, mais leur présence n’est pas nécessaire pour poser un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme88.

Le DSM-5 inclut aussi le Trouble pragmatique du langage dans le diagnotique différentiel, les symptômes décrits dans le TPL n’étant pas définis dans le DSM-4, de nombreuses personnes avec les symptômes du TPL peuvent avoir été diagnostiqué avec un Trouble envahissant du développement non spécifié, une personne présantant ces symptomes mais ne présentant pas les autres symptomes des Trouble du Spectre Autistique seraient diagnostique avec un Trouble pragmatique du langage avec les nouvaux critères du DSM-589.

Accompagnement des personnes[modifier | modifier le code]

Une prise en charge adaptée d’enfant autiste est souvent associée à une diminution des troubles observés.

Article détaillé : Méthodes de prise en charge de l’autisme.

Il existe différentes dimensions d’accompagnement des personnes autistes pour les aider à compenser leur handicap, selon plusieurs approches — éducatives, psychologiques ou médicales — et donc diverses méthodes plus ou moins en concurrence90.

En France, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) émet le 8 novembre 2007 dans son avis no 102 le constat suivant :

« Il n’y a pas aujourd’hui de traitement curatif, mais une série de données indiquent depuis plus de quarante ans qu’un accompagnement et une prise en charge individualisés, précoces et adaptés, à la fois sur les plans éducatif, comportemental, et psychologique augmentent significativement les possibilités relationnelles et les capacités d’interaction sociale, le degré d’autonomie, et les possibilités d’acquisition de langage et de moyens de communication non verbale par les enfants atteints de ce handicap91. »

L’autisme affecte parents et proches (anxiété, fatigue, dépression) du fait de l’insuffisance de structures adaptées à la prise en charge scolaire, éducative, sociale et thérapeutique de leurs enfants92.

Dans le cadre d’une recherche menée en Suisse, V. Zbinden Sapin, E. Thommen, A. Eckert et Ch. Liesen93 analysent la situation des enfants, adolescents et les jeunes adultes, et identifient différents manques notamment au niveau des mesures prises pour le diagnostic : nombre insuffisant de centres diagnostiques compétents, méthode diagnostique standardisée souvent absente et déficit quant à la qualification de base des professionnels impliqués dans les processus de diagnostic. Dans cette étude, d’autres manques sont également identifiés en lien avec les interventions (notamment la nécessité d’avoir plus de mesures d’éducation précoce intensive), l’éducation et la formation, l’intégration professionnelle, le soutien aux familles et l’encouragement de l’autonomie ainsi que le conseil et la coordination.

À l’âge adulte, des modalités de prises en charge sont proposées par le rapport d’Autisme Europe de 2009 : 

« Le projet thérapeutique adulte doit mettre l’accent sur :

l’accès au logement avec des réseaux de soutien ;

la participation au monde du travail et l’emploi ;

l’éducation continue et permanente ;

le soutien nécessaire pour prendre ses propres décisions, d’agir et de parler en son propre nom ;

l’accès à la protection et aux avantages garantis par la loi94. »

Méthode éducative[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Approches comportementales.

Selon de nombreuses études, mais également de nombreux témoignages de parents ainsi que de personnes autistes, les interventions cognitives et comportementales, notamment ABA, TEACCH et PECS, permettent dès les premiers symptômes durant la petite enfance, et dans une moindre mesure à tous les âges de la vie, d’aider les personnes autistes à gagner en autonomie et à développer des habitudes de communication95. Ces approches, basées sur les avancées de la science sont en évolution constante et continuent d’être développées.

Absence de traitements médicamenteux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : traitement médicaux.

L’avis no 102 du CNCE précise qu’« il n’existe pas de traitement curatif »91, et il n’existe pas non plus de traitement médicamenteux recommandé officiellement96. Néanmoins, certains déséquilibres souvent associés aux troubles autistiques, comme le taux d’ocytocine ou de mélatonine, peuvent trouver des réponses médicales.

Par exemple, la prescription de mélatonine pourrait améliorer significativement le temps de sommeil total97,98,N 3. Un nombre important de personnes autistes étant épileptiques, elles reçoivent des médicaments anti-épileptiques afin de prévenir les crises.

L’influence psychanalytique remise en question[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Autisme en psychanalyse, Théorisation de l’autisme par la psychanalyse et Autisme infantile en psychanalyse.

Le rapport de la psychanalyse avec la notion d’autisme est complexe et fortement relié aux travaux des précurseurs de la psychanalyse (Jung, Freud ou Bleuler, cf. l’Histoire de la notion d’autisme).

Dans l’ensemble, l’approche psychanalytique reste source de vives controverses, qu’elle concerne les théories sur l’origine des troubles autistiques ou leur prise en charge90. En France, des recommandations spécifiques91,HAS 8 ont été élaborées en 2012 par la Haute Autorité de Santé. Celles-ci, après une consultation pluridisciplinaire sur l’état des connaissancesHAS 2, classent l’approche thérapeutique psychanalytique dans la catégorie des approches « non consensuelles ». Ces recommandations ont entraîné un vif débat qui reflète la grande influence des méthodes psychanalytiques en France, à l’opposé de nombreux pays anglo-saxons. Des associations de familles militant pour que l’approche psychanalytique soit considérée comme « non recommandée » ont exprimé leur déception99 et certaines associations de psychanalystes ont protesté100. Faisant suite à la dénonciation répétée de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme101, une proposition de résolution parlementaire visant à l’interdire a été formulée en 2016 par le député Daniel Fasquelle102, soutenu publiquement par le porte-parole du collectif Autisme Florent Chapel103.

Cette controverse est notamment centrée sur l’importance des théories psychanalytiques culpabilisant le rôle de la mère dans le développement de l’autisme. Notamment les théories émises par Bruno Bettelheim, qui a proposé l’idée de « mère réfrigérateur » en s’inspirant des propos de Leo KannerN 4 pour désigner des mères comme cause de l’autisme de leur enfant104. Bien qu’il prône une prise en charge psychoéducative105 et qu’il exclue de sa définition de l’autisme les causes innéesN 5 (là où Kanner fait le contraire106) il reste le symbole du refus d’entendre la part génétique, innée de ces troubles. Ses théories ont souvent été reprises en psychanalyse de l’autisme107.

Les faibles possibilités de prise en charge autre que celles d’inspiration psychanalytique ont été dénoncées par des associations de parents, accusant les théories psychanalytiques de guider un nombre important de pédopsychiatres français90,108,109. Ces théories culpabilisantes seraient progressivement abandonnées par les praticiens d’inspiration psychanalytique actuels, certains prenant acte des avancées scientifiques et mettent l’accent sur une position éthique de respect de la souffrance des patients et de leur famille110,111.

En 2009, le psychiatre et psychanalyste Hochmann qui a retracé l’histoire de l’autisme écrit :

« La psychanalyse bien comprise et les hypothèses qu’elle permet de faire sur la psychopathologie de l’autisme n’ont aucune prétention causaleN 6. »

Dans une tribune adressée au journal Le Monde, les scientifiques Yehezkel Ben-Ari, neurobiologiste, Nouchine Hadjikhani, neuroscientifique et Éric Lemonnier, pédopsychiatre, ont souligné le manque de fondement scientifique de la psychanalyse et récusé sa prétention à guérir une maladie biologique comme l’autisme112.

D’après les résultats préliminaires d’une étude scientifique française, effectuée dans le cadre de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, l’approche psychothérapeutique de l’autisme, qu’elle soit d’inspiration psychanalytique ou d’inspiration cognitivo-comportementale, donne des améliorations significatives de l’état des enfants autistes113,114. L’étude fait l’objet d’une bonne réception de la part de divers psychiatres, psychologues cliniciens et psychanalystes115 mais également de critiques venant du cognitiviste Franck Ramus116. Cette étude n’est qu’un premier pas et montre le besoin d’un plus grand nombre d’analyse scientifique rigoureuse à grande échelle pour estimer les effets de la psychothérapie, qu’elle soit d’orientation psychanalytique ou autre, dans la prise en charge de l’autisme.

Traitements « alternatifs » et risques de dérive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Controverse sur le rôle de la vaccination dans l’autisme.

L’autisme reste mal compris, ce qui peut entraîner une grande anxiété chez les familles, ainsi qu’un douloureux phénomène d’impuissance117. Cet état de fait a attiré de nombreux thérapeutes para-médicaux malintentionnés et autres escrocs, qui proposent des méthodes « alternatives » soi-disant miracles, facturées à des prix souvent très élevés117,118. On assiste ainsi, comme pour le cancer ou la maladie d’Alzheimer, à la prolifération d’une pseudo-science autour de l’autisme, de ses causes hypothétiques et de son soi-disant traitement, impliquant un grand nombre de thérapies non conventionnelles, parfois sur la base de traitement oraux (« thérapies par chélation », « Miracle Mineral Solution », « Coconut kefir »117…), parfois sensorielles (snoezelen, balnéothérapie), ou sur la base de régimes119, ou encore plus farfelues (bains de boue, oxygène sous pression117…). Si certaines méthodes considérées comme alternatives, comme le contact avec des chevaux entraînent des bénéfices chez certains enfants120,121,122 (encore à confirmer123), la plupart n’ont pas démontré la moindre efficacité, et constituent de simples arnaques117. Les méthodes peu ou non-évaluées, telles que la méthode Son-Rise et la méthode des 3i, sont non-recommandées par la HAS en France

Comptant sur la fragilité émotionnelle des familles, des charlatans et certaines sectes118 attribuent à l’autisme des causes farfelues (qu’ils se proposent de traiter à l’aide de recettes miracle), notamment les vaccins124,125 ou encore le gluten126 et le mercure, ou évoquent d’autres théories du complot. Les études scientifiques nient tout lien entre ces éléments et l’autisme, dont les causes réelles sont sans doute beaucoup plus complexes127.

Grâce aux importants revenus générés par ces pseudo-thérapies, de puissants instituts se sont formés aux États-Unis pour promouvoir et centraliser ce genre de méthodes (comme l’Autism Society of America, l’Autism Research Institute et le Strategic Autism Initiative), appuyés par une communication et un lobbyisme actifs, impliquant jusqu’à Donald Trump128. Cette communication est généralement basée sur des témoignages isolés et invérifiables et une grande force de persuasion, parfois assortis de fausses études scientifiques117. En réponse, la FDA américaine a publié un guide intitulé « Beware of False or Misleading Claims for Treating Autism [archive] »117, et des associations d’aide aux victimes se sont montées, comme la Autism Rights Watch, en lien en France avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires118.

Pronostic et évolution[modifier | modifier le code]

Temple Grandin, qui s’exprime ici sur l’autisme en tant qu’autiste129, est un exemple d’accès à l’autonomie, dont l’histoire est présentée dans le film du même nom.

Si l’autisme est officiellement reconnu comme un handicap dans de nombreux pays dont la France, la perspective d’une évolution hors de certains critères du handicap n’est pas exclue, notamment en ce qui concerne l’autonomie. Parmi des exemples notables de personnes devenues autonomes130 peut être cité le cas emblématique de Donald Grey Triplett131, qui n’est autre que le premier cas de la toute première étude de Leo Kanner qui a initié l’acceptation actuelle de la notion d’autisme132.

Bien qu’il n’existe aucun traitement connu faisant largement consensus95, il est rapporté que certains enfants autistes peuvent « guérir »133.

Selon un rapport publié en 2016 par l’ONG anglaise Autistica, une personne atteinte de troubles du spectre autistique (TSA) meurt aujourd’hui 18 ans plus tôt que la moyenne (et 30 ans plus tôt que la moyenne si elle était porteuse d’une déficience intellectuelle)134. L’épilepsie et plusieurs autres troubles neurologiques sont plus fréquent chez des personnes atteintes à la fois de TSA et de troubles d’apprentissage ce qui fait évoquer des causes neurodéveloppementales précoces134.

Une étude épidémiologique publiée en 2015 a porté sur plus de 27 000 Suédois atteints de TSA, 6 500 d’entre eux présentaient aussi une déficience intellectuelle. Le risque de décès prématuré était chez eux environ 2,5 fois plus élevé que pour l’ensemble du groupe, souvent lié à un risque accru de diabète et de maladies respiratoires (pour lesquels le diagnostic pourrait souvent être retardé en raison de difficulté pour ces patients à exprimer leurs symptômes aux médecins ou à l’entourage (l’un des auteurs souligne à ce propos que les médecins généralistes devraient mieux explorer les symptômes et antécédents des patients autistes))134. Cette étude suédoise a aussi montré que les adultes autistes sans trouble d’apprentissage étaient neuf fois plus susceptibles que la population témoin de mourir par suicide, surtout chez les femmes, ce qui pourrait être une conséquence de l’isolement social de ces patient(e)s et/ou d’un risque accru de dépression134.

Intégration sociale et professionnelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Exclusion sociale des personnes autistes.

Les difficultés liées à l’autisme et surtout l’exclusion sociale des personnes autistes font que les personnes autistes sont peu intégrées dans la société : accès à l’école (en France seul 20 % des enfants autistes sont scolarisés), à un travail… Leur insertion dans le monde du travail est difficile, notamment lorsque le relationnel a beaucoup d’importance (aux États-Unis, par exemple, 10 % des autistes ne peuvent pas parler, 90 % n’ont pas d’emploi régulier et 80 % des adultes autistes sont dépendants de leurs parents). Une étude suisse a montré que les stress des parents des enfants atteints d’autisme sont nombreux et douloureux ainsi que pour les familles de ces enfants, et qu’ils concernent aussi la vie sociale et quotidienne, et les relations aux professionnels135.

Pourtant, selon Laurent MottronN 7, seuls 10 % d’entre eux souffrent d’une maladie neurologique associée qui diminue l’intelligence (par exemple, le syndrome du X fragile)136. Selon Fabienne Cazalis, neuroscientifique137, « 70 % des autistes ont une intelligence dans la norme, voire supérieure ».

Les facultés autistiques[modifier | modifier le code]

Zones activées en situation de coordination visualo-motrice : [jaune] pour le groupe des autistes ; [bleu] pour le groupe-témoin ; [vert] pour les deux groupes.

Ces différences pourraient ne pas être qu’une preuve d’un trouble fonctionnel, mais aussi la preuve d’une « organisation alternative du cerveau », parfois plus efficace (cf. tests d’intelligence non verbale)136.

Les TSA sont souvent associés à des facultés particulières, y compris chez les personnes autistes ayant un retard de langage et/ou une déficience intellectuelle associée. Dès 1943, Hans Asperger affirmait que les personnes autistes avaient des facultés spécifiques potentiellement utiles à la société. Divers mouvements pour les droits des personnes autistes revendiquent l’épanouissement dans les singularités propres plutôt que de les contrarier systématiquement. Certaines équipes scientifiques travaillent sur cette dimension et la documentent, comme c’est le cas à l’Université de Montréal de Laurent Mottron et Michelle Dawson (elle-même autiste) qui développent « un regard différent sur l’autisme »138.

Certains autistes peuvent exceller dans certaines tâches, même non répétitives, grâce à une forte capacité de concentration qui en font parfois de réels « experts autodidactes »139,136,140. Certains autistes possèdent une excellente capacité de discrimination, par exemple en détectant plus facilement une forme dans un contexte distrayant, un motif musical au sein d’un morceau de musique ou de bruit par exemple141. Ils possèdent parfois des capacités particulières d’apprentissage ou des formes différentes d’analyse des problèmes (parfois plus efficace et jusqu’à 40 % plus rapidement dans le test des matrices progressives de Raven (test d’intelligence non verbale)139, avec dans ce cas la mobilisation d’aires différentes du cerveau chez les autistes139). Enfin, ils ont peut-être toujours l’impression qu’il y a un problème à résoudre.

Les différences d’activation de certaines régions du cerveau montrées par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pourraient ne pas être seulement une preuve d’un trouble du fonctionnement du cerveau, mais aussi la preuve d’une organisation alternative du cerveau (observée comme efficace, par exemple lors de tests d’intelligence non verbale). Ainsi, les variations de volume du cortex cérébral sont considérées comme des facteurs de déficit quand elles sont associées à l’autisme, peut-être à tort quand il s’agit d’un épaississement136. Cette organisation différente permettrait parfois d’effectuer certaines tâches complexes avec plus de succès. Une autre communication (non verbale) existe chez beaucoup d’enfants autistes (par exemple quand ils prennent non pas leur main, mais la main d’une autre personne pour la diriger vers un frigidaire pour demander à manger, ou vers la poignée d’une porte pour signifier qu’ils aimeraient sortir)136.

Ainsi, Laurent Mottron, après avoir travaillé sept ans avec Michelle Dawson, une de ses collaboratrices, autiste, ancienne postière devenue scientifique, qui a depuis publié treize articles de recherche et coécrit plusieurs chapitres d’ouvrages scientifiques, estime ainsi qu’« une personne « autiste » douée d’une extrême intelligence et d’un intérêt pour la science, peut être une chance incroyable pour un laboratoire de recherche » et que « trop souvent, les employeurs ne réalisent pas ce que les autistes sont capables de faire, et leurs assignent des tâches répétitives et presque serviles »136.

La plupart des autistes repèrent plus vite un motif atypique dans une série ou un environnement, peuvent simultanément traiter de grandes quantités d’informations perceptives, dans des ensembles volumineux de données, et avoir une vision heuristique de type down-up, c’est-à-dire basée sur les données (très utile pour analyser des systèmes à grand nombre de données)136, mieux que les non-autistes142. Ce pourrait être très utile dans le domaine scientifique ou pour certains métiers, dès lors qu’un employeur et une équipe y facilitent leur intégration ; idéalement avec accompagnement d’un médiateur expérimenté pouvant les aider face à des situations génératrices d’anxiété tels que déclenchent des événements non planifiés ou vécus comme hostiles (ex : panne ou problème informatique, critique négative…). Mottron ajoute que la personne autiste, focalisant l’essentiel de son intérêt sur les faits concrets et les données réelles, est moins susceptible de biais (quand elle a accès à toutes les données nécessaires) et qu’elle est aussi moins soumise à des motifs carriéristes, qui peuvent consciemment ou inconsciemment induire des biais même chez les meilleurs scientifiques136.

De la même manière que la société a cherché à aider les déficients visuels et auditifs à s’insérer dans le monde du travail et les lieux publics, Mottron estime qu’il faudrait faire de même pour les personnes autistes, en encourageant la science à mieux étudier les particularités autistiques, sans vouloir toujours passer par le langage (qui met en avant le déficit, et n’invite pas à tenir aussi compte des capacités et atouts dont beaucoup de personnes atteintes d’autisme sont dotées), en comprenant comment les autistes apprennent et réussissent dans un environnement naturel136.

L’intelligence globale et d’autres capacités cognitives des autistes se développent souvent d’une manière peu harmonieuse et irrégulière par rapport à l’âge; par exemple, un jeune autiste de 7 ans lit des romans pour adultes, peut prendre soin de lui-même à un niveau normal pour son âge, mais présente la maturité émotionnelle et sociale d’un enfant de 3 ans. Cela a été également démontré que bien des personnes autistes nonverbales — c’est-à-dire, qui ne parlent aucune langue oralement — peuvent avoir de connaissances profondes, comprendre adéquatement le sens des mots et avoir des conversations intéressantes s’ils ont un moyen alternatif de communiquer, bien que la société puisse croire que ces individus n’ont qu’une compréhension verbale et intellectuelle très limitée en général143.

Initiatives[modifier | modifier le code]

Les personnes autistes sont victimes des discriminations à l’embauche, l’accès au travail est une barrière puisque les employeurs ont généralement peur du handicap et de ses conséquences, ils se préoccupent de l’image de leur entreprise reflétée par ces personnes. Cependant, des initiatives associatives permettent à ces personnes de pouvoir intégrer les entreprises. Des entreprises, dans l’informatique notamment, ont compris la plus-value qu’elles pouvaient en retirer.

Des ONG aident des autistes à trouver du travail leur convenant (par exemple l’association Aspiritech144, place des autistes (porteurs du syndrome d’Asperger en particulier) comme testeurs de logiciels dans des entreprises informatiques).

En Europe, la société danoise Specialisterne a aidé plus de 170 autistes à trouver un emploi entre 2004 et 2011 et sa société-mère, la fondation Specialist People Foundation, vise à aider un million de personnes autistes à trouver un travail136.

En 2013, le groupe SAP annonce un objectif d’embauche de personnes autistes correspondant à 1 % de ses salariés pour l’année 2020145,146.

L’AFIRRA (Agir, Former, Inventer, Répondre aux Réalités de l’Autisme) est une association créée en 2008 qui a pour but d’aider tous les autistes dans leur intégration au niveau social, à l’école ou au travail147.

L’AFG Autisme, l’Association Française de Gestion de services et établissements pour personnes autistes, est une association permettant l’encadrement de personnes autistes ayant le trouble du spectre autistique (TSA). Cette association a été créée en 2005 et a pour but de promouvoir l’insertion sociale et professionnelle des enfants et adultes autistes et leur accompagnement148.

Actions pour l’Autisme Asperger est une association qui agit pour la scolarisation des enfants atteints d’Asperger, la prise en charge par des thérapeutes et leur intégration sociale et professionnelle149.

Le Collectif pour la Liberté d’expression des personnes autistes (CLE Autistes) est une association militante uniquement gérée par des personnes autistes et milite pour les droits, l’autodétermination et l’expression des personnes autistes à travers le paradigme de la neurodiversité et du modèle social du handicap 150.

Épidémiologie et politique de santé dans le monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Épidémiologie de l’autisme.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Plusieurs publications font état d’une prévalence de plus de 60 enfants sur 10 000, touchés par une forme d’autisme, soit 1 enfant sur 166. Aux États-Unis en 2000N 8 ; en Angleterre en 2001151 ; en France en 2002152.

Ce chiffre serait en augmentation selon les dernières études épidémiologiques menées aux États-Unis depuis 2000 par les CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies), sur des centaines de milliers d’enfants : la prévalence de l’autisme atteindrait désormais un enfant sur 150153, un garçon sur 94 ; il est question en 2008 d’1 sur 88154 pour les troubles du spectre autistique, en 2010, il s’agit d’ 1 enfant sur 68 (1 garçon /42, 1 fille /189)155 et en 2012 d’un chiffre en augmentation156. Au Royaume-Uni, une étude de 2009 arrivait à une estimation de 1 enfant sur 64157. Une étude en Corée en 2011 estime la prévalence de l’autisme à 1 sur 38 (prévalence 2,64 %, échantillon de 22 337 enfants) dans la population générale158. En Suède, la prévalence a été multipliée par 3,5 entre 2001 et 2011159.

S’est alors posée la question de la raison de cette évolution de la prévalence d’autistes diagnostiqués. Les réponses proposées sont une amélioration du diagnostic, une inclusion plus large d’enfants auparavant diagnostiqués d’une autre manière, une augmentation du nombre d’autistes ou, plus vraisemblablement, une combinaison de tous ces facteurs160.

« Nous avons estimé qu’un enfant sur quatre qui reçoit un diagnostic d’autisme aujourd’hui n’aurait pas été diagnostiqué ainsi en 1993. Ce constat n’exclut pas la contribution éventuelle d’autres facteurs étiologiques, y compris les toxines environnementales, la génétique ou leurs interactions, dans l’augmentation de la prévalence de l’autisme. En fait, il nous aide à reconnaître que de tels facteurs jouent certainement un rôle important dans l’augmentation de la prévalence de l’autisme. Il n’y a aucune raison de croire que l’une de ces hypothèses de travail est erronée et de nombreuses raisons de croire que l’augmentation de la prévalence de l’autisme est en fait le résultat de plusieurs processus qui s’auto-renforcent »160.

L’augmentation de la prévalence des troubles du spectre autistique diagnostiqués est constatée dans de nombreux pays. Cette croissance serait donc en partie due au changement des méthodes de diagnostic, qui font que plus de personnes sont détectées et incluses dans ce diagnostic. L’autre part pourrait être due à des facteurs tels que l’augmentation de l’exposition à des toxines environnementales (thème développé dans les théories sur le rapport entre autisme et intoxication).

En Belgique[modifier | modifier le code]

En janvier 2014, le Conseil Supérieur de la Santé a publié un avis scientifique très complet sur la qualité de vie des jeunes enfants autistes et de leur famille. Le Conseil a notamment réalisé un aperçu des politiques existantes et à mettre en œuvre en Belgique pour améliorer la qualité de vie des enfants autistes (de moins de 6 ans) et celle de leur famille. Un « Plan National Autisme » devrait d’ailleurs faire à la suite de ces recommandations et de celles du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE). Pour la Belgique, le Conseil recommande notamment161 :

de se référer à l’avenir à la définition du DSM-5 pour les troubles du spectre de l’autisme (TSA), tout en faisant attention à ne pas exclure des services les jeunes enfants ayant le syndrome d’Asperger ;

coordination et renforcement des centres de références et des structures d’accueil ;

formation continue et promotion des pratiques les plus « evidence based ». À l’heure actuelle, pas assez de preuves scientifiques et d’évaluation critique des approches psychanalytiques pour être recommandées. Par contre, le « Projet Personnalisé d’Intervention » (PPI) est l’outil majeur de coordination des interventions entre les professionnels bien sûr mais aussi avec la famille. Il faut associer à cela l’importance du coordinateur professionnel, et le partenariat étroit avec les parents. Ensuite, les pratiques recommandées pour les jeunes enfants de moins de 4 ans sont « les interventions éducatives, comportementales et développementales » (par exemple, ABA et Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicapped Children (TEACCH)) d’une durée d’au moins 25 heures par semaine par des professionnels formés ou de 20 heures par semaine + 5 heures par semaine par les parents avec un taux d’encadrement 1/1 – y compris les temps de scolarisation avec un accompagnement individuel adapté et les activités en petit groupe, organisées dans un environnement structuré adapté aux particularités de l’enfant. L’analyse comportementale appliquée, ou Applied Behavior Analysis (ABA) est la méthode de traitement la plus détaillée et évaluée. Quand cette méthode est appliquée de manière très intensive (20 à 40 heures par semaine ; on parle alors d’Intervention Comportementale Intensive Précoce, ICIP) il semble que les jeunes enfants avec un TSA évoluent plus positivement que si on applique des traitements éclectiques plus conventionnels. Ces interventions intensives sont cependant encore difficiles à mettre en application en Belgique. L’accompagnement à domicile et la revalidation sont en effet limités à quelques heures par semaine ;

simplification et clarification des démarches et de l’offre de prise en charge et renforcement du support global pour familles et les fratries ;

importance de la détection et du dépistage précoces par les enfants et tous les intervenants du secteur de la petite enfance et directives de qualité pour le diagnostic dans un délai inférieur à trois mois ;

en Belgique, les enfants avec un TSA se retrouvent aussi bien dans l’enseignement normal que spécialisé de différents types. Ici aussi, une meilleure collaboration devrait permettre à plus d’enfants d’être intégrés dans l’enseignement normal, en bénéficiant de moyens spécifiques. Les enseignants devraient également être formés à cet accueil inclusif (le système scolaire s’adapte aux enfants avec un TSA et non le contraire). Le Conseil souligne également la problématique des enfants avec un TSA (surtout en dessous de 6 ans, et particulièrement en Région Bruxelloise) qui ne sont pas scolarisés ;

que les institutions prévues à cet effet doivent informer et aider les parents dans leurs démarches pour faire valoir les droits fondamentaux des enfants avec un TSA.

En Chine[modifier | modifier le code]

Une étude préliminaire sur la prévalence du syndrome autistique en Chine, menée de façon concertée, suggère qu’un pour cent de la population chinoise pourrait être concerné162.

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Autisme en France.

L’Inserm évoque 100 000 personnes de moins de 20 ans atteintes d’un TED en France, avec un ratio masculin/féminin de 4 pour 1)163.

Dépistage[modifier | modifier le code]

La Haute Autorité de santé, dans ses « Recommandations sur le dépistage et le diagnostic de l’autisme », précise que le diagnostic se fonde sur divers arguments cliniques avec la collaboration des proches de la personne, et émet des recommandations destinées aux professionnels et intervenants164.

La Fédération française de psychiatrie a émis depuis 2005 des recommandations pour le diagnostic de ces troublesHAS 9. Tout patient ou représentant légal du patient (par exemple, s’agissant d’enfants, les parents) est en droit de s’opposer à un diagnostic (y compris « en contre ») qui n’a pas été réalisé selon ces recommandations et à demander à un autre praticien de réaliser ce diagnostic selon les recommandations.

Les associations Autisme France et Autistes sans Frontières proposent des indications sur les signes d’alerte pouvant indiquer un autisme durant la petite enfance165,166.

Un dépistage précoce peut être effectué à partir de 18 mois de manière assez fiable (avec le test M-CHAT) par un pédiatre ou par les parents le cas échéant167. En cas de doute, à la suite de ce test il est recommandé d’effectuer dans les mois qui suivent un diagnostic plus précis en milieu spécialisé avec l’ADOS et l’ADI-R. La possibilité d’un dépistage précoce, avant 18 mois, est un enjeu important et fait l’objet d’intenses recherches. De nombreuses études sur le développement des personnes autistes démontrent par ailleurs qu’un dépistage précoce permet la mise en place d’une prise en charge adaptée au plus tôt, ce qui permet d’augmenter notablement les chances de progression ultérieure de l’enfant.

Concernée par le diagnostic des adultes, la Haute Autorité de santé a également publié en juillet 2011 une recommandation de bonne pratiqueHAS 10 visant à améliorer le repérage des troubles et le diagnostic des TED chez l’adulte, grâce à une meilleure sensibilisation des professionnels de la santé. En Suisse, les centres diagnostics compétents sont en augmentation et proposent de poser un diagnostic différencié et standardisé fondé sur des connaissances interdisciplinaires. Ces centres restent néanmoins peu présents dans certaines régions et une méthode de diagnostic standardisée est encore trop souvent absente168.

Politique de santé[modifier | modifier le code]

Ruban de participation à la campagne de prise de conscience de l’autisme au Royaume-Uni (Autism Awareness Campaign UK (en)).

La France est le seul pays dans lequel il existe un autre système de référence que la CIM et le DSM : la CFTMEA. Un ensemble de praticiens y reste très attaché, tandis qu’un ensemble de parents d’autistes y est très opposé[réf. souhaitée]. En 2003, un rapport du député Jean-François Chossy exposant la situation des personnes atteintes d’autisme est remis au Premier ministre169. Rendu en 2007, l’avis no 102 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) – saisi par des associations de familles d’autistes en 2005 – indique que la France accuse un retard, en comparaison aux pays d’Europe du Nord ou anglo-saxons, en ce qui concerne le diagnostic et l’accès à un accompagnement éducatif adapté91.

Parmi les sujets de controverse, on trouve la notion de psychose, le rapport à la psychanalytique et l’éventuelle déduction théorique sur le rôle des parents. Ces derniers, regroupés en association, ont amené ces controverses en politique ; c’est pourquoi il y a eu dans les années 2000 de nombreuses interventions politiques qui ont abouti à des recommandations sur les bonnes pratiques par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en 200591 et la Haute Autorité de santé (HAS) en 2012HAS 8. Qualifié d’interventionniste cette situation n’est pas du goût de tous les praticiens90.

À partir de 2005[modifier | modifier le code]

Une circulaire interministérielle demande en mars 2005 une évaluation quantitative et qualitative de la politique concernant les personnes autistes ou atteintes de TED, afin d’établir un état des lieux et de définir les réponses à apporter, notamment en ce qui concerne les centres de ressources autisme170.

Les familles ou proches de personnes autistes disposent en France depuis 2005 de centres Ressources Autisme (CRA) dans leur région, structures dédiées résultant du Plan Autisme 2005-2007171,172 pour obtenir un diagnostic selon les critères internationaux. Des associations de parents et de professionnels ont été créées pour accompagner les 600 000 autistes français et leurs familles avec une prise en charge éducative des sujets autistes et un soutien aux familles173.

2012, Recommandations de la HAS et plan autisme 3[modifier | modifier le code]

En 2012, des recommandations ont été émises par la Haute Autorité de Santé à l’attention des professionnels du paysHAS 8, deux ans après le bilan sur l’état des connaissances sur le sujetHAS 2. À cette occasion, la HAS note que « l’absence de données sur leur efficacité et la divergence des avis exprimés ne permettent pas de conclure à la pertinence des interventions fondées sur les approches psychanalytiques ou la psychothérapie institutionnelle »HAS 11 et elle considère ces données comme étant « non consensuelles »HAS 11. Ces recommandations ont également entraîné un vif débat. Les associations de familles militant pour que l’approche psychanalytique soit considérée comme « non recommandée » ont exprimé leur déception99, certaines associations de psychanalystes ont protesté100.

La revue médicale Prescrire a émis des réserves sur la méthodologie d’élaboration de ces recommandations, évoquant un « faux-consensus ». Laurent Mottron, neuroscientifique spécialiste de l’autisme par ailleurs très hostile à l’utilisation de la psychanalyse dans le traitement de l’autisme, a critiqué la trop grande importance donnée à la méthode ABA tout en reconnaissant que « le rapport argumentaire de la HAS et ses recommandations sont dans leur quasi totalité un travail remarquable »174.

Les résultats des premières structures expérimentales de “Centres Experts sur ABA” du plan autisme 3 montrent que seulement 3% des enfants autistes ont intégré l’école ordinaire et les résultats sont en deçà des études originelles des méthodes comportementales175.

L’association de personnes autistes CLE Autistes [archive] va aussi dans le sens de la revue médicale Prescrire et dresse une analyse détaillée de ce “faux-consensus”176

Au Canada[modifier | modifier le code]

Le nombre des personnes atteintes d’autisme ou de TED a été évalué à 69 000 en 2003, soit une personne sur 450177. Une étude de l’Hôpital de Montréal pour enfants sur l’année 2003-2004 indique une prévalence de 0,68 pour 1 000 ; une augmentation du taux chez les enfants scolarisés est évoquée dans plusieurs provinces par la Société canadienne d’autisme 177.

En Inde[modifier | modifier le code]

Des initiatives ont vu le jour telle la Society For The Autistics In India (SAI), organisme créé en 1995 à Bangalore, ses objectifs sont l’intervention précoce et un programme de développement de la communication178.

Au Maroc[modifier | modifier le code]

La part de la population autiste au Maroc est estimée en 2000 de 4 000 à 26 000 personnes179, dont la plus grande partie est prise en charge exclusivement par la famille. Il existait des centres d’accueil dans les grandes métropoles telles que Casablanca et Rabat, qui sont d’ailleurs fermés jusqu’à présent. La scolarisation des enfants autistes dépend essentiellement des initiatives privées. Le milieu associatif tente d’établir un partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale (MNE) afin de disposer de classes adaptées dans les écoles primaires publiques et d’auxiliaires de vie scolaire180.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la notion d’autisme.

Leo Kanner expose en 1943 les « dérangements autistiques du contact affectif ».

En 1908, le professeur autrichien Théodore Heller décrit un trouble qu’il présente comme une « démence juvénile » et qui sera dénommé plus tard sous le nom générique de « trouble désintégratif de l’enfance ».

La première formalisation clinique d’un trouble infantile distinct des schizophrénies a été faite en 1943 par Leo Kanner qui définit les « troubles autistiques du contact affectif » à travers onze cas correspondants24.

Il reprend le terme « autisme » créé en 1911 par le psychiatre Eugen Bleuler à partir de la racine grecque αὐτός qui signifie « soi-même »181. Il l’utilisait alors pour distinguer l’un des trois comportements typiques des schizophrénies (adulte)23 pour faire face à une réalité oppressante. Ce premier comportement, nommé « autisme », consistait pour y faire face à l’ignorer ou à l’écarter ; un deuxième consistait à la reconstruire, c’est la psychose ; et un troisième consistait à la fuir par dé-socialisation, ce qu’il associait aussi à la plainte somatique (hypocondrie). Bleuler est alors marqué par les travaux de psychopathologie de Wilhelm Wundt et par les idées de Sigmund Freud qui lui furent transmises par Carl Jung, alors son assistant.

Le besoin de distinguer et d’isoler un trouble propre au jeune enfant se retrouve avant 1943 chez Melanie Klein comme le rapporte Jacques Hochmann182.

Vers la fin des années 1970, Lorna Wing redécouvre le travail oublié de Hans Asperger qui, comme Leo Kanner la même année, avait isolé des cas cliniques d’un trouble spécifiquement infantile qualifié d’« autistique »84. Elle publie en 1981 sa propre étude sur ce qu’elle nomme syndrome d’Asperger28. En 1982, elle propose l’idée d’une continuité entre les distinctions faites par Kanner et celles faites par Asperger27, ce qu’elle met en évidence l’année suivante (1983) en définissant trois critères de référence14 :

troubles qualitatifs de la communication verbale et non verbale ;

altérations qualitatives des interactions sociales réciproques ;

comportement présentant des activités et des centres d’intérêt restreints, stéréotypés et répétitifs.

Cette « triade autistique » reste aujourd’hui une référence pour identifier et définir l’autisme et le trouble envahissant du développement. Cette catégorie (en abrégé : TED) est apparue en 1994 avec le passage du DSM III au DSM IV25, mais la tendance en 2011 semble être à la préférence de la notion de spectre autistique et à la simplification de la triade en deux critères : l’un social, l’autre comportemental. Cette description clinique a permis le développement, dans les années 1990, de la recherche en génétique et en neurophysiologie sur les causes et le traitement de l’autisme, puis du spectre autistique.

On se donne rendez-vous pour la suite
dans le magazine N° 2

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